de Pierre Assouline

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La République des livres
N° 11 Bossus & cockers studies

N° 11 Bossus & cockers studies

Le subjonctif et les écrouelles (abcès du cou, d’origine tuberculeuse). Après son couronnement, le roi effleurait du doigt les écrouelles en disant : « Le roi te touche, Dieu te guérit. » C’était un peu fanfaron, pour ne pas dire bravache. À partir de 1722 (sacre de Louis XV), la formule devint plus prudente : « Le roi te touche, Dieu te guérisse. »

*

Uncle·aunt Sam·e.
Chez les éditeurs américains, des sensitivity readers traquent dans les manuscrits la moindre trace de racisme, de sexisme et de grossophobie.

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(Suite)
Création, dans de nombreuses universités américaines, de Fat studies. Pas encore de Stupid studies.

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(Suite)
Le mot « Nègre ». En 2011, au nom des « lecteurs modernes qui s’en offusquent », une maison d’édition de l’Alabama a expurgé, en les remplaçant par « esclave », les 219 occurrences du mot dans Les aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain, publié en 1885 aux États-Unis. Donc nègre = esclave ?

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L’imprononçable (fin)
Sur le modèle du n-word (nigger), le L.-F. C.-word.

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Les crayons, autrefois ronds, et qui roulaient sur les tables. Devenus hexagonaux.

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Cet acteur américain qui parvient à effacer son sourire en deux temps : d’abord la partie droite de sa bouche, puis la gauche.

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Personne ne sait.
Pourquoi on a tous plus ou moins des dorsalgies, des lombalgies, des lumbagos, enfin pourquoi on a tous plus ou moins mal au dos, alors que des bossus, cassés en deux, vertèbres écrasées, moelle épinière en tire-bouchon, ne souffrent pas le moins du monde.

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(Suite)
Dans la trilogie de Kieslowski (Bleu, Blanc et Rouge), le personnage récurrent de la petite vieille qui veut mettre sa bouteille vide dans le trou du conteneur, mais qui est trop bossue pour l’atteindre.

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Dresser la liste des langues du monde qui ne possèdent pas d’équivalent au mot « littérature ».

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Ils se rendent à leur  travail, sans résistance.

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Stellovski, un éditeur russe. Par contrat, Dostoïevski devait lui remettre en main propre un roman le 1er novembre 1866 – faute de quoi l’éditeur aurait eu le droit de publier tout ce que l’auteur écrirait pendant neuf ans, et sans lui verser un sou. Pressé par le temps Dostoïevski dicte Le joueur en vingt-sept jours, et se rend in extremis chez Stellovski, le 31 octobre, pour lui remettre son manuscrit. L’éditeur fait dire qu’il est en voyage. Dostoïevski dépose le manuscrit dans un commissariat de police, et obtient un reçu daté. L’arroseur est arrosé.
(Le contrat, 3000 roubles, valait, en sus du roman, pour une édition complète des œuvres de Dostoïevski.)

*

(Suite)
D’après Dostoïevski, Stellovski (également éditeur de musique) avait acheté à Glinka l’ensemble de son œuvre pour 25 roubles.

*

(Glinka, suite)
Il avait toujours eu une horrible voix de ténor, rauque, éraillée. Il est en Italie. Il tombe malade. Une fois guéri, il chante comme un ange.

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Pour s’informer auprès du fisc sur le « droit à l’erreur », il faut se connecter sur un site nommé oups.gouv.fr. Oups, oui, oups.

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Les sondages, qui disent que « 41% des Français croient à une vie après la mort ». Qu’est-ce qu’ils en savent, les sondages ?

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(Dernière minute)
Canicule
C’est encore aux toilettes qu’il fait le plus frais. De l’avantage d’être constipé.

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j.drillon@orange.fr
(Tous les vendredis)

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Les deuxième et troisième séries (Papiers recollés, Papiers découpés) feront l’objet d’une publication en volume et ne sont plus en ligne. La première (Papiers décollés) a été publiée sous le titre Les fausses dents de Berlusconi (Grasset, 2014).

Cette entrée a été publiée dans Les petits papiers de Jacques Drillon, Non classé.

19

commentaires

19 Réponses pour N° 11 Bossus & cockers studies

Janssen J-J dit: à

y’en a marre de ces 2 bossues canules, pablita et hamlito sur l’aut’ chaine principale, hein ? des vraies amphibioles tordues qu’ont décidé de faire leur concours de répliques tte la journée pour la gaypride, pas de quoi en être fières, hein !…
https://www.youtube.com/watch?v=0lCAvfHGVoo

Janssen J-J dit: à

@ Poétisez-vous toujours durant cette chaleur, cher monsieur Prunier ?

Je viens d’avoir ma réponse en cliquant sur les prunes rouges. « Les jeunes vies » du jour, un fort joli poème… Quelle chance avez-vous de pouvoir inspirer ces mots qui travaillent et vous apportent sans doute paix et sérénité, ce que je souhaite, en dépit des douleurs septuagésimes bien connues.

raymond Prunier dit: à

mais oui cher monsieur Janssen plus que jamais. Dans mon jepeinslepassage, ça chante ça chante. Poésie, je ne sais, c’est difficile à dire.

raymond Prunier dit: à

La fibromyalgie associe des douleurs chroniques durant des années, une fatigue injustifiée et des troubles du sommeil. Appelée aussi fibrosite, syndrome polyalgique idiopathique diffus (SPID) ou polyenthésopathie, la fibromyalgie est une maladie chronique, mal reconnue et de traitement difficile.

Merci et alii pour cette mise au point.

Janssen J-J dit: à

@ « j’aime beaucoup ce qu’écrit Jacques Drillon aussi. Je trouve sa curiosité formidablement élégante ».

eb bien, nous partageons ce sentiment. Je ne crois qu’il faille avoir de l’âge pour connaître ce célèbre vers ni même d’aimer Brassens. D’ailleurs, JD n’a pas du tout évoqué ce célèbre chanteur ans son billet, me semble-t-il, ce sont ses autres histoires de bossus qui m’y ont fait penser.
Bien à vous. Poétisez-vous toujours durant cette chaleur, cher monsieur Prunier ?

raymond Prunier dit: à

JJJ Janssen
« Ainsi que des bossus tous deux nous rigolâmes »
est en effet de ces vers qu’on n’oublie pas. Mais ce qui m’étonne c’est de trouver cette notation chez Jacques Drillon qui n’aime pas beaucoup Brassens. La chanson « La veuve » datant de la fin des années soixante, je ne crois pas que Monsieur Drillon l’ai beaucoup entendu. Enfin on ne peut pas être d’accord sur tout et j’aime beaucoup ce qu’écrit Jacques Drillon aussi. Je trouve sa curiosité formidablement élégante.

Janssen J-J dit: à

Ici j’ai l’impression que l’intention n’est pas tres claire

Il ne faut pas voir le mal partout non plus, hein… Je pense que Drillon a oublié de légender et nous autres, de mettre des émoticônes en guise d’understatment… Souvent beaucoup de méprises sur ce blog à cause de… Et ça se barre en c… très rapido, les gens sont tellement soupe au lait dans l’ensemble… Et n’ont pas de coupe lait en verre au fond de leur casserole… Qui se souvient d’ailleurs de cet aimable ustensile ?

Janssen J-J dit: à

@ Moi aussi.
Vraiment ?… voulez bien rire avec moi icite ? Incroyab’ !…
Me revienr également ce vers à la mémoire, mais d’où sort-il au juste ! ça ! Pas de la rdl en tout cas…
« Ainsi que des bossus, tous deux nous rigolâmes »…
Je m’avise qu’il pourrait même s’agir d’un alexandrin.

Marie Sasseur dit: à

@Moi je ris de la blague sur le bossu qui aime l’orage surtout quand un éclair le fout droit.

Moi aussi.

l’amphibologie de cette phrase : « Des bossus ne souffrent pas le moins du monde » est patente, alors que je trouve l’ensemble de phrase dans le texte de monsieur Drillon, consternant.

Deridez-vous.

Marie Sasseur dit: à

Et moi je trouvais drôle que le rendu en noir et blanc de cette photo, fait oublier les coups de soleil. Ce qui est une expérience vécue.
A trop vouloir  » jouer » sur les mots, il vaut mieux effectivement, que se soit au préalable établi un understatement, car sans filtre, le cynisme peut apparaître là où il n’y en a pas.
Il y a des blogs où les photos sont légendées, avec humour. Ici j’ai l’impression que l’intention n’est pas tres claire .

Janssen J-J dit: à

@ Oui, c’est exact , on peut ne pas rire de tout avec tout le monde.

A qui vous adressez vous, là, MS.
Moi je ris de la blague sur le bossu qui aime l’orage surtout quand un éclair le fout droit. En CP, me souviens que cette blague me faisait rire, mais aujourd’hui, je n’aimerais pas en rire avec vous. Cette blague bein lourde et totalement inepte s’adressait surtout à Drillon, je ne sais pas trop s’il la connaissait, voilà pour l’explicitation du jour. Pas la peine non plus d’en faire un drame, Bien du pathos à vous, dénuée d’humour nègre, hein !

Marie Sasseur dit: à

Je m’excuse de ne pouvoir rattraper de lourdes fautes d’orthographe.

Marie Sasseur dit: à

Oui, c’est exact , on peut ne pas rire de tout avec tout le monde. Je connais une personne bien handicapée, suite à problème lors de l’accouchement , dont la colonne et l’épaule ne le prenait jamais de court, quand il racontait sa visite à la médecine du travail, et toujours cet humour. Sauf lorsqu’il devait rester coucher plusieurs heures, pour atténuer cette douleur, qu’il ne montrait pas.

Janssen J-J dit: à

@ Donc nègre = esclave.

(égal ?) N’importe quoi. Quelle dialectique !

@ « alors que des bossus (…) ne souffrent pas le moins du monde »,
Surtout, ceusses qui ont ont été foudroyés. On y comprend bien.

@ Ces billets désormais réguliers hébergés par la rdl nous changent pas mal du supplément du Monde du vendredi. Oui, merci ! Je pense que Mmes Bassa et MS en tiendront compte dans la mise à jour de leurs thèses de doctorat respecitves.

Janssen J-J dit: à

@ Donc nègre = esclave.

(égal ?) N’importe quoi. Quelle dialectique !

@ « alors que des bossus (…) ne souffrent pas le moins du monde »,
Surtout, ceusses qui ont ont été foudroyés. On y comprend bien.

@ Ces billets réguliers nous changent pas mal du supplément du Monde du vendredi. Merci ! Je pense que Mmes Bassa et MS en tiendront compte dans la mise à jour de leurs thèses.

Janssen J-J dit: à

Encore une propagande péd.opor.nograp.hique sur la RDL (via le Grillon du vendredi matin n° 11).
Ca va chercher loin, passoul ! ‘tation. Que fait le robot ?

et alii dit: à

eh mettez vous à l’heure:
La fibromyalgie associe des douleurs chroniques durant des années, une fatigue injustifiée et des troubles du sommeil. Appelée aussi fibrosite, syndrome polyalgique idiopathique diffus (SPID) ou polyenthésopathie, la fibromyalgie est une maladie chronique, mal reconnue et de traitement difficile.

Marie Sasseur dit: à

Amphibologie, plutôt ; caractère d’une phrase ambiguë.

Marie Sasseur dit: à

C’est le mot de linguistique amphobologie qui ne passe pas.

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