de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Anatole France, tout le monde descend !

Anatole France, tout le monde descend !

Il apparaît donc, à la lecture de Facebook, Twitter et autres chambres d’écho numériques de nature à diffuser la vox populi urbi et orbi, qu’Anatole France serait essentiellement une station de tramway. Ou de métro. Peut-être même d’autobus. Certainement un boulevard et une avenue ici ou là. Bref, quelle idée les gens de l’EducNat ont-ils eu d’aller chercher un texte de cet inconnu et qui aurait dû le rester plutôt que l’éloge funèbre de Michaël Jackson par le reste du monde. D’ailleurs, sur les réseaux sociaux, il s’est pris une branlée pour avoir osé se taper l’incrust au bac.

Et qu’il ait choisi de ne plus s’appeler Thibault comme tout le monde mais France comme personne, qu’il ait été couronné du prix Nobel de littérature, qu’il ait milité pour la libération du capitaine Dreyfus et dénoncé le génocide arménien aussi bien que le colonialisme et la Terreur sous la Révolution (voir son chef d’œuvre Les Dieux ont soif), qu’il ait inspiré le personnage de Bergotte à Proust, qu’on l’ait considéré en son temps comme l’un des plus importants écrivains et critiques littéraires, que son nom figure au fronton de tant d’écoles et de bibliothèques, qu’il ait su comme peu d’autres s’emparer de l’Histoire par le biais de la fiction, qu’il ait eu droit à des obsèques nationales, qu’il ait été avant tout un sceptique ce que les surréalistes n’auront pas supporté au point de vouloir gifler son cadavre, qu’il soit enterré à Neuilly, qu’un certain Milan Kundera en soit fan (dans Une Rencontre, il consacre tout un chapitre à louer notamment son sens de l’humour en ce qu’ «il a le don de retirer leur dose de pathos aux sujets les plus graves »), que ses œuvres complètes soient en accès libre sur wikisource, tout cela serait, il est vrai, en ces temps d’inversion des valeurs, de confusion des genres et de déréliction générale, de nature à l’enfoncer.france

A la lecture des commentaires de nombre de candidats au bac ces derniers jours sur les réseaux sociaux, on a envie de dire, tel Paul Painlevé, le président de la Chambre des députés, à l’annonce de sa mort :

« Le niveau de l’intelligence humaine a baissé cette nuit-là. »

Pour les candidats au bac S et au bac ES 2016, le thème de l’écrit de français s’accompagnait donc de quatre textes : l’un, de Victor Hugo, Discours prononcé aux funérailles de M. Honoré de Balzac (29 août 1850). L’autre, d’Emile Zola, Discours prononcé aux obsèques de Guy de Maupassant (7 juillet 1893). Le troisième, d’Anatole France, Eloge funèbre d’Emile Zola (5 octobre 1902), et enfin Paul Eluard, Allocution prononcée à la légation de Tchécoslovaquie à l’occasion du retour des cendres de Robert Desnos (15 octobre 1945)

Après une question de compréhension, ils ont eu le choix entre trois sujets d’écriture :

Commentaire : Vous commenterez le discours d’Anatole France.

Dissertation : Les écrivains ont-ils pour mission essentielle de célébrer ce qui fait la grandeur de l’être humain ?

Invention : A l’occasion d’une commémoration, vous prononcez un discours élogieux à propos d’un écrivain dont vous admirez l’œuvre. Ce discours pourra réutiliser les procédés, à vos yeux les plus efficaces, mis en œuvre par les auteurs du corpus.

Histoire d’enfoncer le clou là où ça fait mal, et plus encore puisqu’il s’agit là de la version intégrale, voi-ici donc l’objet du délit :

« Messieurs,

Appelé par les amis d’Émile Zola à parler sur cette tombe, j’apporterai d’abord l’hommage de leur respect et de leur douleur à celle qui fut durant quarante années la compagne de sa vie, qui partagea, allégea les fatigues des débuts, égaya les jours de gloire et le soutint de son infatigable dévouement aux heures agitées et cruelles.

Messieurs,

Rendant à Émile Zola, au nom de ses amis, les honneurs qui lui sont dus, je ferai taire ma douleur et la leur. Ce n’est pas par des plaintes et des lamentations qu’il convient de célébrer ceux qui laissent une grande mémoire, c’est par de mâles louanges et par la sincère image de leur œuvre et de leur vie.

L’œuvre littéraire de Zola est immense. Vous venez d’entendre le président de la Société des gens de lettres en définir le caractère avec une admirable précision. Vous avez entendu le ministre de l’Instruction publique en développer éloquemment le sens intellectuel et moral. Permettez qu’à mon tour je la considère un moment devant vous.

Messieurs, lorsqu’on la voyait s’élever pierre par pierre, cette œuvre, on en mesurait la grandeur avec surprise. On admirait, on s’étonnait, on louait, on blâmait. Louanges et blâmes étaient poussés avec une égale véhémence. On fit parfois au puissant écrivain (je le sais par moi-même) des reproches sincères, et pourtant injustes. Les invectives et les apologies s’entremêlaient. Et l’œuvre allait grandissant.

Aujourd’hui qu’on en découvre dans son entier la forme colossale, on reconnaît aussi l’esprit dont elle est pleine. C’est un esprit de bonté. Zola était bon. Il avait la grandeur et la simplicité des grandes âmes. Il était profondément moral. Il a peint le vice d’une main rude et vertueuse. Son pessimisme apparent, une sombre humeur répandue sur plus d’une de ses pages cachent mal un optimisme réel, une foi obstinée au progrès de l’intelligence et de la justice. Dans ses romans, qui sont des études sociales, il poursuivit d’une haine vigoureuse une société oisive, frivole, une aristocratie basse et nuisible, il combattit le mal du temps : la puissance de l’argent. Démocrate, il ne flatta jamais le peuple et il s’efforça de lui montrer les servitudes de l’ignorance, les dangers de l’alcool qui le livre imbécile et sans défense à toutes les oppressions, à toutes les misères, à toutes les hontes. Il combattit le mal social partout où il le rencontra. Telles furent ses haines. Dans ses derniers livres, il montra tout entier son amour fervent de l’humanité. Il s’efforça de deviner et de prévoir une société meilleure (ici s’arrête l’extrait proposé aux candidats au bac)

zolaIl voulait que, sur la terre, sans cesse un plus grand nombre d’hommes fussent appelés au bonheur. Il espérait en la pensée, en la science. Il attendait de la force nouvelle, de la machine, l’affranchissement progressif de l’humanité laborieuse.

Ce réaliste sincère était un ardent idéaliste. Son œuvre n’est comparable en grandeur qu’à celle de Tolstoï. Ce sont deux vastes cités idéales élevées par la lyre aux deux extrémités de la pensée européenne. Elles sont toutes deux généreuses et pacifiques. Mais celle de Tolstoï est la cité de la résignation. Celle de Zola est la cité du travail.

Zola, jeune encore, avait conquis la gloire. Tranquille et célèbre, il jouissait du fruit de son labeur, quand il s’arracha lui-même, d’un coup, à son repos, au travail qu’il aimait, aux joies paisibles de sa vie. Il ne faut prononcer sur un cercueil que des paroles graves et sereines et ne donner que des signes de calme et d’harmonie. Mais vous savez, Messieurs, qu’il n’y a de calme que dans la justice, de repos que dans la vérité. Je ne parle pas de la vérité philosophique, objet de nos éternelles disputes, mais de cette vérité morale que nous pouvons tous saisir parce qu’elle est relative, sensible, conforme à notre nature et si proche de nous qu’un enfant peut la toucher de la main. Je ne trahirai pas la justice qui m’ordonne de louer ce qui est louable. Je ne cacherai pas la vérité dans un lâche silence. Et pourquoi nous taire? Est-ce qu’il se taisent, eux, ses calomniateurs? Je ne dirai que ce qu’il faut dire sur ce cercueil, et je dirai tout ce qu’il faut dire.

Devant rappeler la lutte entreprise par Zola pour la justice et la vérité, m’est-il possible de garder le silence sur ces hommes acharnés à la ruine d’un innocent et qui, se sentant perdus s’il était sauvé, l’accablaient avec l’audace désespérée de la peur? Comment les écarter de votre vue alors que je dois vous montrer Zola se dressant, faible et désarmé, devant eux? Puis-je taire leurs mensonges? Ce serait taire sa droiture héroïque. Puis-je taire leurs crimes? Ce serait taire sa vertu. Puis-je taire les outrages et les calomnies dont ils l’ont poursuivi? Ce serait taire sa récompense et ses honneurs. Puis-je taire leur honte? Ce serait taire sa gloire. Non! je parlerai.

Avec le calme et la fermeté que donne le spectacle de la mort, je rappellerai les jours obscurs où l’égoïsme et la peur étaient assis au Conseil du Gouvernement. L’iniquité commençait à être connue, mais on la sentait soutenue et défendue par de telles forces publiques et secrètes, que les plus fermes hésitaient. Ceux qui avaient le devoir de parler se taisaient. Les meilleurs, qui ne craignaient pas pour eux-mêmes, craignaient d’engager leur parti dans d’effroyables dangers. Égarée par de monstrueux mensonges, excitée par d’odieuses déclamations, la foule du peuple, se croyant trahie, s’exaspérait. Les chefs de l’opinion, trop souvent, caressaient l’erreur, qu’ils désespéraient de détruire. Les ténèbres s’épaississaient. Un silence sinistre régnait. C’est alors que Zola écrivit au président de la République cette lettre mesurée et terrible qui dénonçait le faux et la forfaiture.

De quelles fureurs il fut alors assailli par les criminels, par leurs défenseurs intéressés, par leurs complices involontaires, par les partis coalisés de toutes les réactions, par la foule trompée, vous le savez et vous avez vu des âmes innocentes se joindre avec une sainte simplicité aux hideux cortège des aboyeurs à gages. Vous avez entendu les hurlements de rage et les cris de mort dont il fut poursuivi jusque dans le Palais de Justice, durant ce long procès jugé dans l’ignorance volontaire de la cause, sur de faux témoignages, dans le cliquetis des épées.

Je vois ici quelques-uns de ceux qui, se tenant alors à son côté, partagèrent ses périls : qu’ils disent si jamais plus d’outrages furent jetés à un juste! Qu’ils disent aussi avec quelle fermeté il les supporta! Qu’ils disent si sa bonté robuste, sa mâle pitié, sa douceur se démentirent une seule fois et si sa constance en fut ébranlée.

En ces jours scélérats, plus d’un bon citoyen désespéra du salut de la patrie et de la fortune morale de la France. Les républicains défenseurs du régime actuel n’étaient pas seuls atterrés. On entendit un des ennemis les plus résolus de ce régime, un socialiste irréconciliable s’écrier amèrement : » Si cette société est à ce point corrompue, ses débris immondes ne pourront même pas servir de fondement à une société nouvelle. » Justice, honneur, pensée, tout semblait perdu.

Tout était sauvé. Zola n’avait pas seulement révélé une erreur judiciaire, il avait dénoncé la conjuration de toutes les forces de violence et d’oppression unies pour tuer en France la justice sociale, l’idée républicaine et la pensée libre. Sa parole courageuse avait réveillé la France.

Les conséquences de son acte sont incalculables. Elles se déroulent aujourd’hui avec une force et une majesté puissantes; elles s’étendent indéfiniment : elles ont déterminé un mouvement d’équité sociale qui ne s’arrêtera pas. Il en sort un nouvel ordre de choses fondé sur une justice meilleure et sur une connaissance plus profonde des droits de tous.

Messieurs,

Il n’y a qu’un pays au monde dans lequel ces grandes choses pouvaient s’accomplir. Qu’il est admirable, le génie de notre patrie! Qu’elle est belle, cette âme de la France, qui dans les siècles passés, enseigna le droit à l’Europe et au monde! La France est le pays de la raison ornée et des pensées bienveillantes, la terre des magistrats équitables et des philosophes humains, la patrie de Turgot, de Montesquieu, de Voltaire et de Malesherbes. Zola a bien mérité de la patrie, en ne désespérant pas de la justice en France.

Ne le plaignons pas d’avoir enduré et souffert. Envions-le. Dressée sur le plus prodigieux amas d’outrages que la sottise, l’ignorance et la méchanceté aient jamais élevé, sa gloire atteint une hauteur inaccessible.

Envions-le : il a honoré sa patrie et le monde par une œuvre immense et par un grand acte. Envions-le, sa destinée et son cœur lui firent le sort le plus grand : il fut un moment de la conscience humaine. »

Anatole France, 5 octobre 1902

(« Anatole France lisant son discours aux obsèques de Zola », « Emile Zola » photos D.R.)

 

Cette entrée a été publiée dans vie littéraire.

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commentaires

760 Réponses pour Anatole France, tout le monde descend !

Charles dit: 22 juin 2016 à 9 h 59 min

. On ne connaît pas assez Valentin de Boulogne, sorte de géniale synthèse des Le Nain et autres Poussin.

… avec un zist de Simon Vouet et un zest de Georges de la Tour

JC..... dit: 22 juin 2016 à 9 h 50 min

Le Nain et Poussin, c’est Cazeneuve et Macron ? Comme peintre, j’préfère Goya/Martinez, en sang et en eau, demain …

Charles dit: 22 juin 2016 à 9 h 43 min

Difficile de faire plus jubilatoire que la Judith de Valentin de Boulogne : au premier plan, en bas, la tête de Jean-Baptiste — mais non! d’Holopherne ! jusqu’à dix heures du mat’ je confonds tout — sur un plat d’argent, sanguinolente à souhait, un glaive dégouttant au bout d’un bras superbe, digne d’une nageuse olympique ; le tout surmonté d’une divine paire de lolos émergeant d’un décolleté vaporeux ; l’amour et la mort; traité dans une gamme de rouges-roses à vous faire perdre la tête. On ne connaît pas assez Valentin de Boulogne, sorte de géniale synthèse des Le Nain et autres Poussin.

guillaume dit: 22 juin 2016 à 9 h 41 min

Charles zouzou « L’ennui, c’est que le téléspectateur accro en redemande. »
C’est exprès! Mais pas assez sanglant pour zouzou! Faut reconnaître que les échanges rdéliens eux-mêmes manquent de punch!les protagonistes mollissent et zouzou s’ennuie telle la France pre-post-gaullienne, ce n’est pas rien (qu’en pense Daaphnée?)

JC..... dit: 22 juin 2016 à 9 h 40 min

….quand je pense que j’ai perdu mon temps à lire du … Garaudy ! Quel boulet, le Roro …

Charles dit: 22 juin 2016 à 9 h 31 min

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 22 juin 2016 à 8 h 49 min

Le 8 h 17 me donne positivement envie de vomir.

Clopine n’a pas vraiment compris mon post de 8h17. En réalité, ma position est celle d’un téléspectateur déçu de « Plus belle la vie ». Comparés à ceux de l’actualité récente, les scénarii de nos meilleurs concepteurs de séries populaires me paraissent d’une affligeante indigence. Au lieu que, de 11 septembre en 13 novembre, ça n’arrête pas de rebondir : toujours plus ! L’ennui, c’est que le téléspectateur accro en redemande. Or, imaginons un instant le déroulement des événements de demain : pendant que, du haut des toits, des commandos fascistes arrosent la foule à la grenade DF, une dizaine de djihadistes, parmi lesquels Anatole France récemment converti, s’y font sauter ; à bout de nerfs, et ordres ou pas, les CRS tirent dans le tas, à balles réelles; désespéré de n’avoir cessé de renier ses engagements de campagne, Flanby se noie dans la pièce d’eau de l’Elysée ; ou plutôt c’est Judith Gayet qui lui tranche la tête et la présente à Pujadas sur un plateau d’argent, dans un remake fumant de Valentin de Boulogne. pour couronner le tout, Martinez, la moustache en bataille, se couronne nouveau Petit Pépère des Peuples. A défaut de me satisfaire complètement, voilà un téléfilm qui arracherait au moins quelques grognements jubilatoires au téléspectateur blasé que je suis. Ne désespérons pas les studios de Billancourt.

Phil dit: 22 juin 2016 à 9 h 31 min

Personne n’y était pour vérifier le rôle des philosophes andalous, sauf Garaudy qui a raconté pas mal de fo.utaises, porté par les vents mous de son époque.

la vie dans les bois dit: 22 juin 2016 à 9 h 17 min

« Où le bât vous blesse- t-il ? »

Nulle part. Je regrette juste d’avoir pu abuser, heu, de votre crédulité, en mettant un intrus, venu là, par hasard.

L’été semble s’installer, je vous espère le même.

closer dit: 22 juin 2016 à 9 h 10 min

Ma réponse à WG sur le rôle des philosophes andalous, sereine et sans polémique, a disparu, alors que le quasi appel au meurtre de Charles est toujours là…Comprenne qui pourra.

Charles dit: 22 juin 2016 à 9 h 09 min

JC….. dit: 22 juin 2016 à 9 h 00 min

Ce gouvernement n’en est pas un ! Normal, la gauche ne sais pas gouverner. La droite, non plus. Le centre est inexistant…. on est foutus !

Ôte ta barbe, Widergänger, je t’ai reconnu !

Charles dit: 22 juin 2016 à 9 h 02 min

Rose a complètement raison, je suis le partisan d’une démocratie tempérée par des méthodes ultra-fascistes.
S’agissant de l’idéologie des joyeux lurons de l’E.I., son côté hard me séduit, mais j’ai du mal à la partager entièrement : même en mobilisant toute mon imagination,à l’exemple de Pascal, comme le souhaiterait Widergänger, je ne parviens pas à faire exister Allah !

JC..... dit: 22 juin 2016 à 9 h 00 min

Vomir ! Vomir ! …. cela ne règle rien, et c’est idiot…

Ceci étant dit, autoriser des manifs en situation d’Etat d’Urgence, c’est débile…

Ce gouvernement n’en est pas un ! Normal, la gauche ne sais pas gouverner. La droite, non plus. Le centre est inexistant…. on est foutus !

guillaume dit: 22 juin 2016 à 8 h 58 min

Chaloux dit: 22 juin 2016 à 7 h 38 min
« C’est La République des Prophètes?  »
Il en faut..En tout cas il y en a comme dirait Coluche

Charles dit: 22 juin 2016 à 8 h 17 min
Charles zouzoun courage, vous n’avez pas encore tout vu!Grève générale le 24 juin en Belgique

Charles dit: 22 juin 2016 à 8 h 58 min

JC….. dit: 22 juin 2016 à 8 h 48 min

Charles, votre humanisme explosif m’enchante et 50 morts de gauche, caisse après tout ?!

Avec Clopine, ça ferait 51.

rose dit: 22 juin 2016 à 8 h 56 min

La question soulevée par Charles, Clopine, sous l’allure révulsive est de l’interdiction d’une manifestation d’ouvriers de gauche par un gouvernement de gauche et ses petits roquets. C’est comme cela que je la lis. Comme un durcissement politique antinomique de la démocratie.

JC..... dit: 22 juin 2016 à 8 h 48 min

Charles, votre humanisme explosif m’enchante et 50 morts de gauche, caisse après tout ?!

Cependant, le Bon Géant Cazeneuve a tout prévu. Il n’y aura pas d’attentat : les djihadistes à la veste qui fait boum n’ont pas le droit d’intervenir…

Dame, on est en Etat d’Urgence, n’est il pas vrai ?

rose dit: 22 juin 2016 à 8 h 45 min

Le premier passage étant la description des Halles.
Avec les forts des Halles.
Qui ne sont pas forcément forts comme les fumistes n’enfument pas forcément non. Pas même les canards laqués.

rose dit: 22 juin 2016 à 8 h 42 min

lvdlb 21h17
Les deux extraits de Zola sont les premiers et derniers.
Jamais il n’a parlé de Freud dans ses textes. Jamais il n’a écrit « la littérature ». Il la faisait lui.

Le premier le ventre de Paris. Le dernier l’Assommoir. Gouget est l’ouvrier parfait blond avec des bouclettes travailleur sobre aux outils soigneusement rangés.

Il est un des grands personnages de l’Assommoir. J’oserai dire comme un porteur d’espoir.

rose dit: 22 juin 2016 à 8 h 31 min

Je suis prof et ne connais rien d’Anatole France. J’ai aimé apprendre ici le soutien indéfectible qu’il a apporté à Zola.
Dans l’article du Temps il est souligné la qualité de cet éloge funèbre.
Maintenant vous quittez ?

Devenez ce que vous êtes ainsi que l’a écrit notre ami Nietzsche (Ze suis en route. Depuis onze ans. Et contente. Et lentement. À pas de chameau.)

Et je répète parce que vous avez du mal (et vite fait ciao), l’article du Temps reprend in extenso (faux, il manque la crise cardiaque sur le trottoir de Henri Buronfosse un mois après sa confession à Pierre Hacquin : c’est donc l’affaire Buronfosse et non pas le contraire ; de plus Hacquin était préparateur en pharmacie à Sarcelles et pas pharmacien, nuance légèrement importante) l’article écrit par Jean Bedel publié le 29 septembre 1953.
Jean Bedel, sans pouvoir être totalement affirmatif et désigner à l’époque le meurtrier nommément, conclut qu’Emile Zola avait sans nul doute été assassiné…

In fine, je ne comprends pas sur quoi vous butez, là.
Article de presse. Enquête. Armand Lanoux qui faisait paraître à la même époque son ouvrage »Bonjour Monsieur Zola » […]reprend cette information, mentionne cette révélation dans son livre, en indiquant qu’elle lui paraissait fondée… .

Où le bât vous blesse- t-il ?

Charles dit: 22 juin 2016 à 8 h 17 min

J’avoue ne pas être un admirateur inconditionnel des exploits du terrorisme dijihadiste, mais si quelques uns de nos amis de l’E.I. choisissaient l’occasion de la manif parisienne de demain (si elle a lieu) pour s’y faire sauter, j’y prendrais un plaisir extrême. On trouvera fort vilain de ma part cette jubilation dans l’attente du malheur qui frapperait des gens qui, après tout, sont mes compatriotes et mes concitoyens, je répondrai qu’il ne suffit pas qu’ils aient dans leur poche une carte nationale d’identité pour que je les perçoive comme tels. Plus que les djihadistes, ils sont à mes yeux l’ennemi intérieur, la tourbe antinationale par excellence et, pour les contrer, pourquoi ne pas escompter le secours d’alliés de circonstance, quand bien même on ne partagerait pas (entièrement) leur idéologie.

la vie dans les bois dit: 22 juin 2016 à 8 h 03 min

Voui, une sorte d’apesanteur, un instant de grâce, un ange est passé… et tout s’est envolé.

la vie dans les bois dit: 22 juin 2016 à 8 h 00 min

« Merci pour l’article de presse du Temps qui reprend les infos données en 1953 par le Quotidien de Paris. »

c’est faux. Car cet article du journal suisse, paru lors du centenaire de la mort de Zola, tient compte des dernières éditions
c’est vrai également, car depuis 1953, il ne semble pas y avoir eu d’éléments tangibles et vérifiables, nouveaux, concernant l’affaire Hacquin.

Dans cet article du journal suisse, on en apprend, par ailleurs, un peu sur l’épouse survivante d’ Emile Zola, et sur le père d’ Emile Zola.

l’intrus, de mon message d’hier, à 21h17 était architecte.

Pour en revenir, au sujet, que je quitte ici,

maintenant, j’ai mieux compris, en lisant qq profs ici, pkoi des jeunes, des, et non les, pouvaient ne pas savoir qui était Anatole France.

christiane dit: 22 juin 2016 à 7 h 56 min

Il me semble que l’échange avec W. et Rose continuait. Des mots ont disparu, avalés par la nuit.
Il en reste suffisamment pour, en les lisant,ce matin, se dire que c’était un dialogue, hors du temps…

rose dit: 22 juin 2016 à 7 h 44 min

Et nous avons parcouru une grande distance à pas lents. Deux mille ans. Ce qui est une méthode certaine pour franchir les siècles.

Chaloux dit: 22 juin 2016 à 7 h 38 min

C’est La République des Prophètes? Il y en a ici qui sont mûrs (c’est le mot) pour fonder un mouvement militaro-religieux.

JC..... dit: 22 juin 2016 à 7 h 34 min

L’avantage de « causer des dieux » invisibles entre aficionados est considérable, comparativement à la tâche de « faire des hommes », travail ingrat et, lui, visible !

rose dit: 22 juin 2016 à 7 h 29 min

Merci Marc Court de vos considérations.
Bonjour JC
D’accord sur le massacre d’une innocente. J’ai parcouru tout mon village la nuit dernière. Tout le monde était dehors. C’était mieux ici, je vous le dis (croyez-moi).

rose dit: 22 juin 2016 à 7 h 25 min

Merci pour l’article de presse du Temps qui reprend les infos données en 1953 par le Quotidien de Paris.
Ce n’était guère Requiem hier au soir mais plutôt Allegria.
Deux petits points sur lesquels j’achoppe : il me semble que le chemin pour aller vers Dieu ne passe pas seulement/obligatoirement par la peur effroyable de l’homme mais aussi peut passer par la confiance aveugle.
Qu’elle soit inhérente à un profond dénuement c’est un autre questionnement.
Secondement, il me semble bien que, dans la Genèse, le passage et/ou céder à la tentation ne soit pas vouloir l’imagination d’un mieux mais plutôt l’imagination d’un plus.
Que l’on rejoint ainsi le problème de l’insatiabilité.
Que l’arbre de la connaissance du bien et du mal, au musée juif de Berlin cela est suggéré- le grenadier n’est accessible qu’en toute humilité ; sinon, il est dangereux d’y accéder parce que ce syndrome de toute puissance porte en lui le germe de sa destruction (c’est en cela que porter un oeil inquiet sur d’éventuels envahisseurs ne tient pas compte du fait qu’opérant ainsi, ils s’auto-détruisent).
C’est un peu brouillon, pardon, mais ce sont peut être deux filons à exploiter.

Bonne journée,

JC..... dit: 22 juin 2016 à 7 h 04 min

En RdL, les soirs de Fête de la Musique (moment où on la fait terriblement souffrir dans les rues …), on a droit au Requiem de Blaise ! Géant …. !

MC dit: 22 juin 2016 à 3 h 02 min

Dans les Confidences faites à un français, Tolstoï souligne à plaisir les différences entre la dégradation de laz littérature française, coupable de réalisme et d’immoralisme, et la sienne . Le procès fait à la littérature française est de manquer d’idéalisme. Il ne voit ni le boomerang symboliste, ni le retour du religieux.
C’est dire qu’il est conscient de l’opposition dont nous a entretenu Wiederganger.
MC

la vie dans les bois dit: 22 juin 2016 à 1 h 06 min

Suite, car après tout si faire une demande en provoquant une affirmation, c’est kom ça et pas autrement, de « l’ancienne », petite mère du peuple des couchés

Cette confirmation de l’assassinat de Zola, -confirmation validée par le biographe de Zola-, par des nationalistes anti-dreyfusards, semble être venue des recherches de A. Pagès et O. Morgan, dans leur guide Zola, paru en 2002, source wiki.
Pourquoi alors A. Pagès, qui sort un livre en 2008,invoque la nécessaire complicité d’un domestique, si on prend la ref biblio de wiki référençant son livre est exacte.

En Suisse, en 2014, ils n’avaient aucune idée fixe non plus.

https://www.letemps.ch/culture/2014/08/07/asphyxie-emile-zola

D. dit: 22 juin 2016 à 1 h 02 min

Mon cher Jibé, je vais le dire avec la maximum de délicatesse mais le catéchisme n’a pas à s’adapter à votre pensée. Le catéchisme est, un point c’est tout, et il se trouve en effet que certaines personnes en soient dérangées.
Essayez peut-être de voir ce qui peut vous plaire et vous faire vibrer dans le catéchisme, qui est finalement très vaste. C’est une façon de se rapprocher de Dieu.,qui voit très bien qui est de bonne volonté ou non, nous connait est sait très bien aussi nous ouvrir les chemins qui nous conviennent spécifiquement, pour peu qu’on le désire au fond de soi-même.

D. dit: 22 juin 2016 à 0 h 56 min

Michel, je vous invite à lire plus souvent la Bible et un peu moins Pascal qui vous emporte là où vous ne devriez pas (disons trop) aller.
Relisez tout simplement la Genèse, qui montre à quel point la Création est parfaitement ordonnée et adaptée à l’homme. Voyez comme le péché originel, c’est à dire la tentation immanente dans l’homme de s’éloigner de Dieu par l’imagination d’un mieux.
Tout cela fait d’ailleurs partie des fondements de votre religion et je ne peux que m’étonner que vous l’oubliiez à ce point.

Jibé dit: 22 juin 2016 à 0 h 43 min

« Ce que vous écrivez là est blasphématoire, Michel. Vous ne vous en rendez même pas compte, »

Au contraire, D., c’est très beau et plus réjouissant que votre vue à court terme : ici, l’éternité est plus ouverte et plus mystérieuse, ce qui convient mieux à ma curiosité naturelle. Pour le catéchisme, j’ai déjà donné et très vite m’y suis ennuyé. C’est alors que j’ai découvert le cinéma, en commençant par les péplums, on ne se refait pas, juste avant d’entrer en littérature, perdant de plus en plus la présence de Dieu de vue, celui des Chrétiens, bien sûr !

la vie dans les bois dit: 22 juin 2016 à 0 h 33 min

@petit rappeL dit: 19 juin 2016 à 21 h 34 min

je redemande, excusez-moi, mais je n’ai saisi sur quelles bases objectives la thèse de l’assassinat de Zola a été déclarée comme avérée, depuis la lettre mise à jour en 1953 ?

la vie dans les bois dit: 22 juin 2016 à 0 h 23 min

cette information là, en revanche est bien réelle:

Les Quatre Évangiles est le dernier cycle romanesque conçu par Émile Zola de 1898 à sa mort en 1902. Il est inachevé puisque seuls les trois premiers romans de la série, Fécondité, Travail et Vérité ont été publiés. Justice, le dernier projet du romancier, n’a été qu’ébauché.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Quatre_%C3%89vangiles

D. dit: 22 juin 2016 à 0 h 12 min

…et ne me dites pas que vous ne faisiez que citer Pascal, parce qu’on sent à plein nez votre adhésion.

D. dit: 22 juin 2016 à 0 h 11 min

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 22 h 21 min

Dieu, c’est ce qu’en dit Pascal, c’est le Dieu caché. C’est le D.ieu des Juifs au fond. Il le dit fort bien justement dans le fragment 230. On ignore les principes qui fondent la réalité du monde. Le monde s’est fait par hasard et par hasard il s’est organisé ; l’organisation du monde n’est en réalité qu’une forme de chaos, une forme particulièrement intéressante et géniale parce qu’elle a donné de la néguentropie qui s’appelle la vie, l’homme, la raison. Mais ce n’est au bout du compte qu’une forme très séduisante du chaos. C’est ça D.ieu, c’est le mystère de cette séduction. Et ça c’est tout aussi réel que la chaise sur laquelle je suis assis et ne tombe pas…!

Ce que vous écrivez là est blasphématoire, Michel. Vous ne vous en rendez même pas compte, c’est au moins ça.

rose dit: 21 juin 2016 à 22 h 51 min

Et puis Paul, Paul, au XIX ème

– Aujourd’hui, l’Action et le Rêve ont brisé
Le pacte primitif par les siècles usé,
Et plusieurs ont trouvé funeste ce divorce
De l’Harmonie immense et bleue et de la Force.
La Force, qu’autrefois le Poète tenait
En bride, blanc cheval ailé qui rayonnait,
La Force, maintenant, la Force, c’est la Bête
Féroce bondissante et folle et toujours prête
A tout carnage, à tout dévastement, à tout
Egorgement, d’un bout du monde à l’autre bout !
L’Action qu’autrefois réglait le chant des lyres,
Trouble, enivrée, en proie aux cent mille délires
Fuligineux d’un siècle en ébullition,
L’Action à présent, – à pitié ! – l’Action,
C’est l’ouragan, c’est la tempête, c’est la houle
Marine dans la nuit sans étoiles, qui roule
Et déroule parmi les bruits sourds l’effroi vert
Et rouge des éclairs sur le ciel entre ouvert ?

– Cependant, orgueilleux et doux, loin des vacarmes
De la vie et du choc désordonné des armes
Mercenaires, voyez, gravissant les hauteurs
Ineffables, voici le groupe des Chanteurs
Vêtus de blanc, et des lueurs d’apothéoses
Empourprent la fierté sereine de leurs poses :
Tous beaux, tous purs, avec des rayons dans les yeux,
Et sous leur front le rêve inachevé des Dieux !
Le monde, que troublait leur parole profonde,
Les exile. A leur tour ils exilent le monde !
C’est qu’ils ont à la fin compris qu’il ne faut plus
Mêler leur note pure aux cris irrésolus
Que va poussant la foule obscène et violente,
Et que l’isolement sied à leur marche lente.
Le Poète, l’Amour du Beau, voilà sa foi,

L’Azur, son étendard, et l’Idéal, sa loi !
Ne lui demandez rien de plus, car ses prunelles,
Où le rayonnement des choses éternelles
A mis des visions qu’il suit avidement,
Ne sauraient s’abaisser une heure seulement
Sur le honteux conflit des besognes vulgaires
Et sur vos vanités plates ; et si naguères
On le vit au milieu des hommes, épousant
Leurs querelles, pleurant avec eux, les poussant
Aux guerres, célébrant l’orgueil des Républiques
Et l’éclat militaire et les splendeurs reliques
Sur la kithare, sur la harpe et sur le luth,
S’il honorait parfois le présent d’un salut
Et daignait consentir à ce rôle de prêtre
D’aimer et de bénir, et s’il voulait bien être
La voix qui rit ou pleure alors qu’on pleure ou rit,
S’il inclinait vers l’âme humaine son esprit,
C’est qu’il se méprenait alors sur l’âme humaine.

– Maintenant, va, mon Livre, où le hasard te mène.

in les poèmes saturniens

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 22 h 45 min

Oui, c’est tout un courant de la pensée contemporaine, une sorte de New Age nouvelle version, avec l’économie positive chez Attali, qui veut prendre en compte les générations futures, c’est le moine Matthieu Ricard avec son bouddisme adapté à l’Occident.

Je crois que tous ces gens se trompent avec de bonnes intentions.

Pascal est beaucoup plus intelligent qu’eux. Et il nous manque certainement un typed e la dimension de Pascal pour inventer le discours dont nous aurions besoin pour inventer la modernité dont nous avons besoin.

Comment s’y prend Pascal ? Il se sert précisément de l’imagination, maîtresse d’erreurs et de fausseté, en la retournant comme un gant et en la faisant servir à persuader l’homme de croire en Dieu. C’est tout à fait extraordinaire comme truc, c’est véritablement génial. Il se sert de ce qui est le Mal pour amener l’homme vers Dieu !

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 22 h 39 min

Vous faites sans doute référence à la pensée de Saint Augustin sur le Temps. Il montre que le Temps est impensable. Toute pensée du Temps échappe à l’homme.

Pascal dira plus généralement : L’homme peut certes penser, mais il ne peut pas penser quelque chose. La pensée humaine est impuissante à penser quoi que ce soit sinon qu’elle est incapable de penser. C’est le fond des Pensées de Pascal précisément… La plus grande œuvre de tout l’Occident chrétien. La plus grande.

rose dit: 21 juin 2016 à 22 h 38 min

Assez d’accord pour l’influence prégnante de l’Andalousie (Cordoue et Grenade en preuves architecturales).
Dans le quatrième églogue de Virgile dans les Bucoliques annonciation aussi d’un enfant qui amènera la paix sur terre

http://www.mediterranees.net/litterature/virgile/bucoliques/laignoux4.html

certains ensuite, ont qualifié Virgile de prophète ; Il l’a annoncé quarante deux ans avant l’histoire du petit zésus.

brefle, je retourne à mes moutons, même si à l’estive.

christiane dit: 21 juin 2016 à 22 h 30 min

W.
« C’est précisément le projet à la fois fou et admirable qui s’appelle la modernité. »
C’est un peu la conclusion de la conférence de J.Attali à l’école Polytechnique que vous aviez évoquée et que B. a mis en lien. Ce choix encore possible entre individualisme et altruisme.

Puisque vous l’évoquez, pourquoi Saint-Augustin (livres 11et 12) écrit qu’il s’est « éparpillé dans le temps, dont [il] ignore l’ordre », ce temps-origine, « non selon le temps, puisqu’il n’existait pas encore » ?
C’est la même problématique que dans votre commentaire précédent « être et ne pas être » pour Di.eu.

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 22 h 21 min

Dieu, c’est ce qu’en dit Pascal, c’est le Dieu caché. C’est le D.ieu des Juifs au fond. Il le dit fort bien justement dans le fragment 230. On ignore les principes qui fondent la réalité du monde. Le monde s’est fait par hasard et par hasard il s’est organisé ; l’organisation du monde n’est en réalité qu’une forme de chaos, une forme particulièrement intéressante et géniale parce qu’elle a donné de la néguentropie qui s’appelle la vie, l’homme, la raison. Mais ce n’est au bout du compte qu’une forme très séduisante du chaos. C’est ça D.ieu, c’est le mystère de cette séduction. Et ça c’est tout aussi réel que la chaise sur laquelle je suis assis et ne tombe pas…!

christiane dit: 21 juin 2016 à 22 h 15 min

W.
« Dieu c’est le Vide, un Vide absolument nécessaire »
Son dévoilement dans le non-sens de l’Histoire, est-ce ce rien où l’on se perd en le trouvant, ce désert du ciel ?
Donc, c’est sans pourquoi cette nuit immémoriale ? Une racine de personne qui n’agrippe que le vide ?

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 22 h 09 min

Oui, sans doute que Deguy a raison sur le fond. L’histoire est tragique. Il n’y a d’histoire que du Mal, jamais du Bien. Mais en même temps, l’homme aspire à autre chose. Le Mal reste insatisfaisant.

Une preuve parmi d’autres : Saint Augustin passait son temps à forniquer, et puis un jour il en a eu marre, il est devenu un saint homme. L’homme est donc perfectible ! C’est précisément le projet à la fois fou et admirable qui s’appelle la modernité.

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 22 h 05 min

Relire le grand fragment 230 des Pensées de Pascal. Fragment d’un art consommé et vraiment tout à fait admirable. A-t-on jamais écrit quelque chose d’à la fois si grand, si idiot, si admirable en tout jusqu’à l’idiotie même qui le fonde ? Moi, je suis bouche bée devant la grandeur littéraire de Pascal. C’est assurément le plus grand esprit de l’Occident chrétien.

christiane dit: 21 juin 2016 à 22 h 05 min

W.
Dans l’expérience de votre questionnement, une disposition inquiète ouvrant un abîme. Vous rapprochez le monde du monde écrit : « C’est une question de vie ou de mort pour l’Europe. ». Vous me faites penser à Michel Deguy (La poésie n’est pas seule p.15) quand il écrit : « Le monde est inaméliorable, c’est lui le tonneau danaïdien et sisyphéen qui roule en carnaval, qu’aucun bain de sang ne peut désaltérer ; il est seulement métamorphosable dans le moment de sa fin, théâtralement. »

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 22 h 03 min

Christiane, ce qui est difficile de comprendre c’est ceci : ce n’est pas parce que Dieu apaprtient au domaine de l’imaginaire qu’il n’est pas Dieu. C’est bien au contraire comme le montre aussi bien Montaigne que Pascal, précisément parce que Dieu est imaginaire qu’il existe bel et bien. Je sais, c’est très difficile à comprendre. Mais il faut relire Montaigne et surtout Pascal et c’est très clair pour Pascal.

Il dit par exemple que l’imagination est une maîtresse derreurs et de fausseté. Et en même temps il se sert de l’imaginaire pour faire peur à l’homme ordinaire et le conduire vers Dieu. C’est pareil dans le Judaïsme. Dieu c’est le Vide, un Vide absolument nécessaire pour y glisser l’essieu qui fera rouler la charrette… !

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 21 h 57 min

Je dirai plutôt closer que l’islam du Moyen-Âge a fécondé l’Europe. L’Andalousie islamique c’est la fine fleur de la modernité au Moyen-Âge.

C’est d’ailleurs de là, comme l’a fort bien montré J. Attali dans ses conférences sur Averroès, Maïmonide et Thomas D’Aquin, la modernité. Ce sont ces trois grands penseurs, l’un juif, l’autre musulman, le troisième chrétien, qui ont littéralement inventé l’homme moderne, la notion philosophique d’individu qui a d’ailleurs commencer d’apparaître en France à la même époque dans la haute aristocratie. Tout l’enjeu idéologique profond de la Chanson de Roland tourne précisément autour de cette notion d’individu mais dans la haute aristocratie. Pour que l’individu sorte du peuple, il faut attendre la Renaissance et, en France, tout spécialement Rabelais, qui lui donne une figure exemplaire et éternelle dans le personnage de Panurge, sous l’égide et la haute protection de deux figures de la noblesse et deux nobles cœurs, Ganrgantua et Pantagruel. Puis il a encore fallu attendre deux siècles pour que la Révolution le dote de droits et de devoirs, et que Rousseau lui donne une sensibilité, le Romantisme.

C’est une sacrée histoire ! Une histoire exaltante ! C’est l’histoire de l’Occident.

rose dit: 21 juin 2016 à 21 h 49 min

Merci Clopine

la démence liée à la syphillis et pas besoin d’aller à Bergame ; c’était en haute normandie ou dans les bas fonds de Paris que Maupassant s’est attrapé la chaude pisse. Ce qui n’enlève rien à son immense talent : on se bat avec Edgar Allan Poe où on laisse pisser tous les mérinos qui montent ces temps à l’estive ?

Moi aujourd’hui, j’ai appris, avec grande satisfaction, beaucoup de choses : l’engagement d’Anatole aux côtés de Zola pour défendre le capitaine Dreyfus (rendre ses décorations ce n’est pas si simple), des histoires géopolitiques assez compliquées, et que nous ne sommes pas obligatoirement soumis à la résignation (sur la distance entre les siècles, je n’ai pas fait mon miel, mais qui sait, si D. demain m’expliquera, je pourrai comprendre ce concept là.). Merci à tous,

Paul Edel dit: 21 juin 2016 à 21 h 47 min

le XIX eme siècle? rendez nous Baudelaire, Rimbaud, déjà y a fort à faire avec des deux là….

christiane dit: 21 juin 2016 à 21 h 46 min

W.21h36
vous écrivez :
« Dieu ne serait pas mort. Dieu est mort de manière irréversible. »
Comment peut-il, tout à la fois, exister (avoir été – être mort)) et ne pas exister ? Appartient-il au domaine de l’imaginaire pur ?

closer dit: 21 juin 2016 à 21 h 45 min

« (…) Mais on oublie ce faisant que l’Europe s’est constituée au Moyen-Âge et jusqu’à une date assez récente (dont la guerre en ex-Yougoslavie n’était qu’une conséquence) contre l’islam. »

Oui WG, mais on peut aussi dire que l’islam s’est constitué contre l’Europe, d’abord par l’anéantissement de ce bout d’Europe romaine en orient qu’était l’empire byzantin de langue grecque, puis par la colonisation de la plus grande partie de la péninsule ibérique, poussant jusqu’en France, puis par les tentatives incessantes et réussies en partie des turcs de conquérir l’Europe orientale et centrale (ils ne se seraient évidemment pas arrêtés à Vienne s’ils avaient pu la prendre; aveuglement de François 1er!)…N’oubliez pas que les musulmans ont toujours vu dans leurs conquêtes militaires extraordinairement rapides des premiers siècles, essentiellement contre l’Europe, un signe d’élection divine et une confirmation de la vérité de leur religion. Il leur a fallu déchanter mais ils ne l’ont jamais accepté.

L’islamisation progressive actuelle de l’Europe n’est rien d’autre que la reprise de cette marche en avant par d’autres moyens que la guerre, moins rapides mais plus efficaces et irréversibles: la submersion démographique. Je n’y vois évidemment pas un plan concerté avec un chef d’orchestre tapi dans l’ombre. C’est plutôt comme un déplacement de plaques tectoniques, encouragé et applaudi intérieurement par certains islamistes plus ou moins modérés comme Tariq Ramadan qui entrevoit la réalisation du rêve des frères musulmans: la soumission de l’Europe qui avait osé résister à l’islam et même par endroits et par moments à le soumettre. La grande revanche…

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 21 h 36 min

Je pense comme Rémi Brague, comme Richard Millet qu’il serait suicidaire pour l’Europe de faire passer à la trappe de l’histoire tout le passé de l’Europe, qui appartient à la tradition. Aussi, tout esprit raisonnable ne peut pas souhaiter la disparition des racines judéo-chrétiennes dans le discours officiel de l’U.E. Mais en même temps, je pense qu’il est impossible et non souhaitable de revenir à une époque où Dieu ne serait pas mort. Dieu est mort de manière irréversible. Le monde désormais s’autodétermine, ce n’est plus la religion qui le détermine. La régression religieuse à laquelle nous assistons en Europe avec l’islam est inconcevable en Europe. On a coupé la tête du roi en 1792 et elle ne repoussera jamais plus. Le cordon ombilical avec la transcendance est à jamais coupé.

Aussi nous faut-il conjuguer un paradoxe : prendre en compte les racines judéo-chrétiennes de l’Europe sans pour autant régresser vers ce que A. France, parlant de Tolstoï, appelle justement et avec beaucoup de clairvoyance, la résignation. Car la modernité c’est précisément le contraire de la résignation, c’est une vision prométhéenne du monde qui croit au progrès humain (progrès certes d’abord technique et scientifique) mais qui va plus loin encore, qui croit à la perfectibilité de l’homme, ce qui est incompatible avec la résignation du discours chrétien (Tolstoï ou pas Tolstoï d’ailleurs, c’est le christianisme en soi qui prône cette résignation ; il n’y a qu’à lire le grand Pascal pour s’en rendre compte !).

Or, c’est ça qui est difficile de mettre en œuvre aujourd’hui : une référence à la tradition qu’il est impossible de nier, une promotion de la modernité. Il nous manque une pensée, un narratif qui sache articuler aujourd’hui la tradition et la modernité. C’est une question de vie ou de mort pour l’Europe.

rose dit: 21 juin 2016 à 21 h 28 min

>Serguéi

ai connu une fois ancienne, vers 2007 ou 2008 l’ennui. C’était ailleurs. J’ai cru que j’allais en pleurer.

Depuis, plus jamais : je ne m’ennuie jamais. J’ai de la couture du repassage, je lis, je décanille, l’ennui connais pas.

Voilà : et je suis immensément fière de moi car j’ai appris à Paul que Zola avait été assassiné ; j’ai fait mon taf correctement. Palme dort, rose.

Jack Tong dit: 21 juin 2016 à 21 h 27 min

Mais non Madame Sceaucette, Personne n’a le monopole d’une religion de l’amour laïcisé ; et puis le « moule républicain » est une contradiction dans les termes vous dirait France. Les religions qui comptent des fidèles en nombre significatif (combien de divisions…) prétendent d’une manière ou d’une autre affranchir l’homme mais ne redoutent rien tant que l’homme affranchi des religions…

rose dit: 21 juin 2016 à 21 h 21 min

>Clopine merci de votre enthousiasme pour sortir l’épée du fourreau : comme bérénice ce sont mes années lycée donc très lointain.

En 2012, j’ai replongé et ce fut génial Zola et puis Tolstoï dont j’ai découvert pour la première fois Anna Karénine. La mort d’Ivan Illitch je devrai vérifier. Mais j’ai lu aussi les embrouilles de Tolstoï d’avec sa légitime Passou en avait parlé ici (cela ne vaut pas Anna Karénine).

Vous aussi arrogez-vous le droit !

Merci en tout cas à vous d’avoir initié ce beau débat concernant Zola et Tolstoï

Bien cordialement

la vie dans les bois dit: 21 juin 2016 à 21 h 19 min

Des clous, des boulons, des rivets, et trop de marteaux…

alors ce sera pour demain.

la vie dans les bois dit: 21 juin 2016 à 21 h 17 min

Des clous, des boulons, des rivets, et trop de marteaux…

A l’aveugle, trois extraits de texte, il y a un intrus, puisque deux sont de Zola.

« Il leva une dernière fois les yeux, il regarda les Halles. Elles flambaient dans le soleil. Un grand rayon entrait par le bout de la rue couverte, au fond, trouant la masse des pavillons d’un portique de lumière ; et, battant la nappe des toitures, une pluie ardente tombait. L’énorme charpente de fonte se noyait, bleuissait, n’était plus qu’un profil sombre sur les flammes d’incendie du levant. En haut, une vitre s’allumait, une goutte de clarté roulait jusqu’aux gouttières, le long de la pente des larges plaques de zinc. Ce fut alors une cité tumultueuse dans une poussière d’or volante. Le réveil avait grandi, du ronflement des maraîchers, couchés sous leurs limousines, au roulement plus vif des arrivages. Maintenant, la ville entière repliait ses grilles ; les carreaux bourdonnaient, les pavillons grondaient ; toutes les voix donnaient, et l’on eût dit l’épanouissement magistral de cette phrase que Florent, depuis quatre heures du matin, entendait se traîner et se grossir dans l’ombre. A droite, à gauche, de tous côtés, des glapissements de criée mettaient des notes aiguës de petite flûte, au milieu des basses sourdes de la foule. C’était la marée, c’étaient les beurres, c’était la volaille, c’était la viande. Des volées de cloche passaient, secouant derrière elles le murmure des marchés qui s’ouvraient. Autour de lui, le soleil enflammait les légumes. Il ne reconnaissait plus l’aquarelle tendre des pâleurs de l’aube. Les cœurs élargis des salades brûlaient, la gamme du vert éclatait en vigueurs superbes, les carottes saignaient, les navets devenaient incandescents, dans ce brasier triomphal. A sa gauche, des tombereaux de choux s’éboulaient encore. Il tourna les yeux, il vit, au loin, des camions qui débouchaient toujours de la rue Turbigo. La mer continuait à monter. Il l’avait sentie à ses chevilles, puis à son ventre ; elle menaçait, à cette heure, de passer par-dessus sa tête. Aveuglé, noyé, les oreilles sonnantes, l’estomac écrasé par tout ce qu’il avait vu, devinant de nouvelles et incessantes profondeurs de nourriture, il demanda grâce, et une douleur folle le prit, de mourir ainsi de faim, dans Paris gorgé, dans ce réveil fulgurant des Halles. De grosses larmes chaudes jaillirent de ses yeux. »

« Les dépouilles d’une société morte il fallait bien les embaumer et les enfouir sous des fleurs; il fallait des chants et des oraisons. Voici donc l’autel dressé et des trophées dessus. Voici les flammes vertes d’une cérémonie à la mémoire de tant de choses qui furent. Rideaux de pourpre éclairés de flammes vertes, évocation des mânes, désubstantialisation, dématérialisation. Des songes ! Freud ! Des ombres dans les Limbes ! Spiritisme, presque. Spiritualité , récits, évocation. Littérature. Il n’y a plus d’os là-dedans, mais des choses désarticulées, hors monde, passant en assemblages et promiscuités stupéfiantes. Les âmes sensitives peu charpentées, les voici occupées à ce beau décor de crépuscule. la mer se retire. Le ciel saigne à l’horizon, sur l’eau très verte; des ruines sont construites en cénotaphe, les nuages sont en lambeaux; des tronçons de colonnes gisent à terre; par association des troncs de femmes coupées en morceaux et du sang noir, des oiseaux, un cheval de l’antiquité décadente. des symboles, des raccourcis, des évocations. Quelle est donc cette liturgie ?
Quelle cérémonie raffinée émouvante et spectrale ? Quel appel au passé ? On enterre ? On enterre ce qui fut, ce qui a cessé d’être. On pleure sur des morts. C’est une très belle chose. Entendu ! Mais la cérémonie touche à sa fin. Le monde nouveau attend des ouvriers »

« La fabrique de boulons et de rivets devait se trouver par là, dans ce bout de la rue Marcadet, elle ne savait pas bien où ; d’autant plus que les numéros manquaient souvent, le long des masures espacées par des terrains vagues. C’était une rue où elle n’aurait pas demeuré pour tout l’or du monde, une rue large, sale, noire de la poussière de charbon des manufactures voisines, avec des pavés défoncés et des ornières, dans lesquelles des flaques d’eau croupissaient. Aux deux bords, il y avait un défilé de hangars, de grands ateliers vitrés, de constructions grises, comme inachevées, montrant leurs briques et leurs charpentes, une débandade de maçonneries branlantes, coupées par des trouées sur la campagne, flanquées de garnis borgnes et de gargotes louches. Elle se rappelait seulement que la fabrique était près d’un magasin de chiffons et de ferraille, une sorte de cloaque ouvert à ras de terre, où dormaient pour des centaines de mille francs de marchandises, à ce que racontait Goujet. Et elle cherchait à s’orienter, au milieu du tapage des usines : de minces tuyaux, sur les toits, soufflaient violemment des jets de vapeur ; une scierie mécanique avait des grincements réguliers, pareils à de brusques déchirures dans une pièce de calicot ; des manufactures de boutons secouaient le sol du roulement et du tic tac de leurs machines. Comme elle regardait vers Montmartre, indécise, ne sachant pas si elle devait pousser plus loin, un coup de vent rabattit la suie d’une haute cheminée, empesta la rue ; et elle fermait les yeux, suffoquée, lorsqu’elle entendit un bruit cadencé de marteaux : elle était, sans le savoir, juste en face de la fabrique, ce qu’elle reconnut au trou plein de chiffons, à côté. »

christiane dit: 21 juin 2016 à 21 h 13 min

W – 20h34
Vous écrivez :
 » Mais les citoyens européens seraient plutôt pour la reconnaissance des racines judéo-chrétiennes de l’Europe tout en étant profondément laïques, c’est-à-dire moderne. »
Pouvez-vous approfondir cette contradiction ? Vous touchez du doigt quelque chose d’inédit et de passionnant.

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 20 h 35 min

(…) Mais on oublie ce faisant que l’Europe s’est constituée au Moyen-Âge et jusqu’à une date assez récente (dont la guerre en ex-Yougoslavie n’était qu’une conséquence) contre l’islam.

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 20 h 34 min

Cette opposition Zola/Tolstoï est intéressante pour une autre raison, à mon avis. C’est qu’elle renvoie aux contradictions de la construction européenne actuelle. Pourquoi, me direz-vous ?

Eh bien, pour ceci.

L’U.E. refuse d’inscrire dans la constitution européenne les racines judéo-chrétiennes de l’Europe qui l’ont fait telle qu’elle est pourtant. On craint bien sûr d’exclure les musulmans qui vivent en Europe. Mais on oublie ce faisant que l’Europe s’est constituée au Moyen-Âge et jusqu’à une date assez récente (dont la guerre en ex-Yougoslavie n’était qu’une conséquence). En même temps il est clair que « Dieu est mort » pour reprendre la célèbre formule nietzschéenne, c’est-à-dire que le monde croit au progrès par l’autodétermination de l’homme par l’homme, au fond c’est ce que Nietzsche appelle du nom de surhomme si on veut bien lui enlever toutes les scories nazies attachées à ce « slogan » en somme. Or, Zola est à l’évidence du côté de la modernité de l’autodétermination et contre les vieilleries religieuses à la Tolstoï. Mais les citoyens européens seraient plutôt pour la reconnaissance des racines judéo-chrétiennes de l’Europe tout en étant profondément laïques, c’est-à-dire moderne. Tolstoï mène néanmoins comme le christianisme à la résignation comme le dit fort intelligemment A. France dans son discours, alors que la conception prométhéenne de la modernité, par définition, ne se résigne à rien. Telles sont les contradictions de l’Europe moderne.

la vie dans les bois dit: 21 juin 2016 à 20 h 22 min

vous aurez corrigé, il en manque un bout.
Je recommence pour ceux qui n’ont pas compris, occuipés qu’ils sont de ce concours à la foire agricole, dans le pays de Bray.

l’auteur de l’un des discours, reçu 1er à l’ENS ! académicien !, devient un collabo de première bourre, et fait l’éloge d’un homme bon, qui n’a pas eu son bac.

Essayez de trouver une argumentation raisonnable pour faire un commentaire élogieux de la France.

la vie dans les bois dit: 21 juin 2016 à 20 h 12 min

Trois discours sont prononcés pour faire l’éloge d’un homme bon. Mort.
Merci Barozzi de mettre en clair.

Dommage de ne pas avoir « l’argumentaire » des deux autres qui ne firent pas partie de la société des amis de Zola. L’un des discours, celui du représentant des gens de Lettres, la SDGL, Abel Hernant, fut ensuite un collaborationniste notoire sous l’occupation nazie et exclu de l’académie française

Zola, fut « assassiné » deux fois…

Cela me rappelle une histoire de T. Bernhard, « le neveu de Wittgenstein », où le narrateur doit prononcer un discours lors de l’enterrement de l’un de ses amis, qui se voyait enterré en grandes pompes, et puis finalement, le sort en avait décidé autrement.

bonne fête de la zique !

berguenzinc dit: 21 juin 2016 à 20 h 11 min

Charles, je sais pourquoi votre citation de Céline n’est pas passée. Les concepteurs de logiciels sont des abrutis parfaitement incultes. Céline pour ces crétins, c’est sans doute une allusion à l’oeuvre de Hue ! Gaufrette, et dont leur programmation renvoie à « droits d’auteurs, SACD, SACEM » etc.Destouches, y ne connaissent pas…

Sergio dit: 21 juin 2016 à 19 h 21 min

Charles dit: 21 juin 2016 à 18 h 38 min
Céline, persona non grata sur la RdL ?

Non non, c’est jamais des questions de fond, cette modération, c’est parfaitement erratique.

Clopine, définitivement un cas à part... dit: 21 juin 2016 à 19 h 15 min

radioscopie, ne remuez pas le couteau dans la plaie, s’il vous plaît ! Qui suis-je, pour qualifier Zola de « maçon » ? Où sont mes instruments, mon ciment, mes briques, mes plans ? Je ne suis même pas foutue, d’après les éditeurs, de construire même une cabane de jardin. Et je saute sur place, en disant « j’ai raison » !!!

Ma tête me dit que je n’ai pas tort, en vrai. Pas si tort que ça. Mon coeur, lui, dénie aux malveillants tout droit de me contredire. Mais c’est que vous savez ce que c’est qu’un coeur ! Il en faut, des années, avant qu’il cesse de battre, quelle que soit sa valeur, d’ailleurs.

closer dit: 21 juin 2016 à 19 h 02 min

Eh bien soit, Clopine, remplaçons « lunettes » par « oeillères » et n’en parlons plus! Croyez bien que je ne faisais aucune allusion au fait que vous portez des lunettes. C’était une image, point.

radioscopie dit: 21 juin 2016 à 19 h 00 min

Clopine, faites ce test : même si n’est pas recommandable, appropriez-vous un extrait savant du grand spécialiste de Zola, Henri Mitterand. Vous verrez que vous serez pareillement vilipendée.

closer dit: 21 juin 2016 à 18 h 59 min

Pardonnez moi d’insister Luc, mais ce que signalait Wiki, c’est que France quittait un journal anti-dreyfusard pour un journal dreyfusard à ce moment là. C’est ça l’important.

luc n. dit: 21 juin 2016 à 18 h 47 min

closer de 17h 40min je ne prétendais rien vous apprendre… à vous, mais vous savez ce que c’est, les gens ont vite fait de rendre respectable ce qui ne l’est pas (du côté droit). Et s’agissant d’une affaire qui débute à la mi-novembre 1897, et dont le ‘Figaro’ retire ses billes dès le 18/12 : c’est peu raisonnable de le présenter comme un… journal dreyfusard.

Clopine, définitivement un cas à part... dit: 21 juin 2016 à 18 h 43 min

Closer, non, ce n’est pas bien trouvé. J’ai une gratitude infinie pour mes lunettes, d’autant qu’il me suffit de les ôter pour rendre le monde flou (et donc plus supportable. Ce qui aurait été bien trouvé, c’est de parler d' »oeillères » : elles vous empêchent d’élargir votre vision, et c’est cela que vous vouliez fustiger chez moi. Les amples cornettes des bonnes soeurs ne servaient pas à autre chose…

Mais vous vous trompez lourdement. Mais je n’ai pas le courage de vous en convaincre. Mais tout ceci, finalement, n’est que pétales flétris retombant sur le tombeau de Zola.

Clopine, définitivement un cas à part... dit: 21 juin 2016 à 18 h 40 min

france, « au nom des amis de Zola », Jibé ? Où voyez-vous de l’amitié là-dedans, et quel contraste, encore une fois, avec le discours de Zola sur Maupassant (modéré encore, Passou ?)

Amère, comme si souvent sur ce blog : pour une Rose qui met (et elle a bien le droit) à égalité Tolstoï et Zola (mais a-t-elle lu la mort d’Ivan Illitch ?), en toute sincérité, combien de ricanements fatigants à entendre ?

Charles dit: 21 juin 2016 à 18 h 38 min

J’ai voulu mettre en ligne un passage de Céline qui illustre le sujet de bac sur l’exaltation de la grandeur humaine. Malgré deux modifications successives. les modérateurs ont sucré mon post. Céline, persona non grata sur la RdL ?

Charles dit: 21 juin 2016 à 18 h 36 min

Les écrivains ont-ils pour mission essentielle de célébrer ce qui fait la grandeur de l’être humain ?

» L’Homme, il est humain autant que la poule vole. Quand elle prend un coup dans le pot, quand une auto la fait valser, elle s’enlève bien jusqu’au toit, mais elle repique tout de suite dans la bourbe, rebecqueter la fiente. C’est sa nature, son ambition. » (Céline)

Sergio dit: 21 juin 2016 à 18 h 31 min

rose dit: 21 juin 2016 à 16 h 54 min
l’ennui cela se cultive non ?

Et cela devient passionnant… La modulation de phase ! Il n’y a pas que l’amplitude et la fréquence…

En plus après ça devient compressible, extensible…

Sergio dit: 21 juin 2016 à 18 h 25 min

Charles dit: 21 juin 2016 à 18 h 19 min
» tsseuh qui fouette la Grrrrindeur de l’étronhumain. Tsouin tsouin. »

Et surtout l’haîtrumin vrounzé, comme dirait Ferdine…

Charles dit: 21 juin 2016 à 18 h 19 min

Les écrivains ont-ils pour mission essentielle de célébrer ce qui fait la grandeur de l’être humain ?

Taille moyenne : 1m60 au garrot. Espérance de vie : 65 berges. Intelligence : légèrement au-dessus de celle du caniche. Les concepteurs de sujets de bac n’ont aucune idée du ridicule des questions qu’ils soumettent aux candidats. Sans parler de celui de la formulation :  » tsseuh qui fouette la Grrrrindeur de l’étronhumain. Tsouin tsouin. »

closer dit: 21 juin 2016 à 18 h 09 min

« Closer, je ne crois pas pouvoir discuter « à l’infini » avec quelqu’un qui parle de moi en ces termes « ha.rpie normande avec ses lunettes de petite bourgeoise beauvoirisée et confite dans l’onfraytude… »

Je retire ha.rpie écrit sous le coup de la colère si vous voulez, mais avouez que c’est sacrément bien trouvé pour caractériser un certain type humain dans une certaine époque (si je ne me complimente pas, qui le fera?)!

closer dit: 21 juin 2016 à 18 h 03 min

Je rectifie l’opinion que Clopine me prête en me citant (excuses):

« Tenez, je risque une hypothèse: s’il n’a pas prononcé le nom de Dreyfus, c’est d’abord pour donner une dimension universelle à son combat pour la justice et éviter d’avoir l’air de régler des comptes politiques dans des circonstances qui ne s’y prêtaient pas. »

Parler de lâcheté à propose de ce discours d’Anatole France, compte-tenu de son attitude antérieure (que j’ai rappelée), est une calomnie pure et simple.

Le sujet du bac était autant sur Zola que sur AF, ce que Clopine ne semble pas comprendre.

Charles dit: 21 juin 2016 à 17 h 55 min

bouguereau dit: 21 juin 2016 à 17 h 36 min

Les écrivains ont-ils pour mission essentielle de célébrer ce qui fait la grandeur de l’être humain ?

ça me rapplle Céline comparant l’humain à la poule qui fait côt côt et qui reboume dans la crotte. Faudrait que je retrouve la citation complète.

closer dit: 21 juin 2016 à 17 h 40 min

« l’affirmation de closer (21 juin 2016 à 13 h 20 min) selon laquelle le Flicaro aurait été conservateur et catholique, « mais dreyfusard », témoigne -au mieux- de l’ignorance. »

Vous ne m’apprenez rien Luc Nemeth. Le journal a eu des ennuis avec ses lecteurs. Mais l’important est que, quand France l’a rejoint, le journal était dreyfusard.

bouguereau dit: 21 juin 2016 à 17 h 36 min

Les écrivains ont-ils pour mission essentielle de célébrer ce qui fait la grandeur de l’être humain ?

une chose certaine..ils le préfèrent mort plutôt que vivant..

bouguereau dit: 21 juin 2016 à 17 h 29 min

Belle phrase de Flaubert qui définit la tragédie contemporaine de la modernité, notamment dans la construction européenne

les angliches hate your guts

bouguereau dit: 21 juin 2016 à 17 h 21 min

(la tombe que nous avons visitées ensemble avec DHH, et la famille Trouillefou, Clopine…)

péripapête.. c’étoye un grand caveau

bouguereau dit: 21 juin 2016 à 17 h 17 min

je mets tout sur attali chez noursoultan..en voilà de l’hinvictusse sous l’soleil exactement..dreyfuss peut bien haller sfaire défoncer la rondelle à l’ile du diabe..passez la monnaie

D. dit: 21 juin 2016 à 17 h 11 min

Sur la photo c’est la rame 3-07, composée des voitures suivantes :
M.10116 – B.14078 – NA.12063 – B.14077 – M.10115

rose dit: 21 juin 2016 à 17 h 10 min

D. dit: 20 juin 2016 à 10 h 20 min
les 19 et 18èmes siècles sont bien plus éloignés du début du 21ème que les 17èmes et même 16èmes.
——-
D. dit: 21 juin 2016 à 17 h 02 min
Ben c’est tout simple : il ne s’agit pas de différences, mais de distances. Ce sont deux notions distinctes.
Si je dis qu’il y a de la distance entre x et y, ça ne les empecherait pas d’être quasiment pareils et vice-versa. De plus, la distance implique du temps pour la parcourir or si je raccourcis la distance, je raccourcis le temps que je mets pour la parcourir, surtout si je vais vite (mais je n’y suis pas obligé). Cela devrait être normalement plus clair à présent ?

Pas trop.

En termes de quoi parlez-vous ?
Quand vous dites distances vous parlez d’évolution ? De modes de gestion politiques d’avancées technologiques ou de quoi d’autre ?

Grand Rappel dit: 21 juin 2016 à 17 h 07 min

rose, demandez donc à JC, il connait Tchekov comme personne, surtout « les quatre sœurs » et « la couette »

rose dit: 21 juin 2016 à 17 h 02 min

il naît trente deux ans après Tolstoï et meurt six ans avant lui, peucheure Tchekhov ; c’est un petit poulet (poids plume)
Zola naît douze ans après Tolstoï et meurt deux ans avant Tchekhov à cause de l’assassin qui bouche sa cheminée.
Tolstoi l’emporte sur la longévité : c’est bien la seule concession acceptable à mes yeux.

D. dit: 21 juin 2016 à 17 h 02 min

Ben c’est tout simple : il ne s’agit pas de différences, mais de distances. Ceux sont deux notions distinctes.
Si je dis qu’il y a de la distance entre x et y, ça ne les empecherait pas d’être quasiment pareils et vice-versa. De plus, la distance implique du temps pour la parcourir or si je raccourcis la distance, je raccourcis le temps que je mets pour la parcourir, surtout si je vais vite (mais je n’y suis pas obligé). Cela devrait être normalement plus clair à présent ?

Jibé dit: 21 juin 2016 à 16 h 57 min

Peu importe, Paul, je préfère sa légèreté de danseuse, qui ne manque pas de profondeur, je suis moins fan des deux poids lourds !

Paul Edel dit: 21 juin 2016 à 16 h 54 min

Jibé, Anton Tchekov , c’est un poids Welter!!!.. et petite santé..parfois arrêt entre le cinquième et septième round pour crachements de sang..

Jibé dit: 21 juin 2016 à 16 h 53 min

Clopine, sur les trois discours, voilà ce que l’on peut lire dans le lien mis en ligne par Passou :

Trois discours sont prononcés

Le premier, par le ministre de l’Instruction publique, Joseph Chaumié qui apporte le salut du « Gouvernement de la République », qui a tenu à l’honneur de prendre part à ces funérailles »

Le deuxième, par Abel Hermant président de la Société des Gens de Lettres, qui dresse de Zola un portrait littéraire fouillé et perspicace et termine en rappelant « qu’à la fin d’un de ses plus beaux livres (L’œuvre) » il avait « décrit une cérémonie comme celle-ci », qui s’achevait par « cette humble et magnifique devise de toute sa vie » : « Allons travailler »

.Le troisième, par Anatole France, au nom des amis de Zola.Le corps de l’écrivain, mort le 29 septembre1902, fut embaumé et inhumé au cimetière Montmartre le 5 octobre 1902p.s.
Un peu plus tard, le 21 mars 1904 le buste modelé par Philippe Solari, dont une version ornait l’appartement de la rue de Bruxelles, prendra place sur le monument funéraire en porphyre rouge réalisé par Frantz Jourdain.(la tombe que nous avons visitées ensemble avec DHH, et la famille Trouillefou, Clopine…)

rose dit: 21 juin 2016 à 16 h 41 min

D. dit: 20 juin 2016 à 10 h 20 min
Ce que personne n’a remarqué, et c’est bibi qui s’y colle une fois de plus, c’est que les 19 et 18èmes siècles sont bien plus éloignés du début du 21ème que les 17èmes et même 16èmes.
Et ça personne ne peut le contester.

Voilà.

(Rappelez – vous ce qui a été dit par celui qui s’y est collé il y a moins de différence entre le XVII et le XIX qu’entre le XIX et le XXI. Cette remarque est loin d’être anodine.) : euh vous pouvez développer (j’avais cru avoir compris) ?

Paul Edel dit: 21 juin 2016 à 16 h 39 min

A ma drrrrroite, Léon Tolstoi !!! poids moyen.. le taurrrreau d’Isnaïa Poliana !!!! dit « le cosaque du Ring » « 89 kilos, 71 combats, un nul et aucune défaite..A ma gauche !!! Emile Zooooola !!! dit » l’assommeur des barrrrrières, » dit » la Bête huuuuumaine » !!! dit « Ventrrrre de paris ».. 86 kilos !! 66 victoirrres par KO et une défaite !!!!….la rencontre a lieu a l’Olympia Stadium de la RDL devant 18 990 personnes..

Sergio dit: 21 juin 2016 à 16 h 36 min

Ha le dancing ça c’était bien ; il y en a dans Marcel (les Jeunes filles), dans Modiano. Mais je me demande si c’est pas comme les tennis déserts d’Anne-Marie Stretter, les plus beaux sont les fermés, ou en rénovation (Modiano c’en est bourré), en attente, quoi. Tout est dans la tension de l’attente. Une fois que ça marche on s’ennuie !

christiane dit: 21 juin 2016 à 16 h 36 min

@Korb dit: 21 juin 2016 à 15 h 30 min
Pour ne pas interrompre cet échange littéraire passionnant, je vous réponds sous le billet précédent.

Charles dit: 21 juin 2016 à 16 h 24 min

D. dit: 21 juin 2016 à 16 h 20 min

Qui a écouté Lambert Wilson hier soir aux choregies d’Orange ?

Personne. Y avait « Winchester 73 » sur Arte.

Charles dit: 21 juin 2016 à 16 h 21 min

Jibe dit: 21 juin 2016 à 15 h 37 min

Dans des genres et un temps différents, le cas de France, figure du grand écrivain et conscience morale de toute une génération, n’est pas sans rappeler celui de Sartre.

Pas faux, mais littérairement parlant, Anatole n’arrive pas à la cheville de Jean-Sol. Le premier enrobe ses pauvres fictions dans la ouate, celles de l’auteur des « Mots » et des « Mains sales » développent un peu plus de watts !

D. dit: 21 juin 2016 à 16 h 20 min

Oh et puis flûte, il y en a assez de toutes ces histoires sur Anatoke France, Émile et Léon.
Changeons un peu de sujet s.v.p.
Qui a écouté Lambert Wilson hier soir aux choregies d’Orange ? Il s’est largement ridiculisé, n’est-ce pas, en prétendant se mettre au niveau des Grands, lui qui n’est qu’un petit chanteur amateur ? Quand va-t-il cesser ses pitreries et retourner au Théâtre où ses résultats sont honorables?

rose dit: 21 juin 2016 à 16 h 17 min

>D je le recherche je le redis tel que vous l’avez écrit.
> Widerganger j’ai retrouvé le paragraphe c’est le second à droite de la photo du bs d’anatole (et en dehors de l’extrait donné aux lycéens).

D. dit: 21 juin 2016 à 16 h 08 min

Rappelez – vous ce qui a été dit par celui qui s’y est collé il y a moins de différence entre le XVII et le XIX qu’entre le XIX et le XXI

Je n’ai jamais dit ça, Rose. Vous deformez mes propos. Relisez, s’il vous plaît.

Jibé dit: 21 juin 2016 à 16 h 06 min

Quand WGG ferme le ban, c’est le moment où jamais de l’ouvrir !
Je vous trouve bien prudent sur ce coup, Phil. Vous en dites quoi de l’AF (non, pas l’Action Française !) ?

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 16 h 05 min

Zola, lui, a droit à tout notre respect bien entendu. Mais enfin, son ombre portée s’arrête bien avant celle de Tolstoï, voyons… (Clopine)
_________
On vous a connue plus pertinente, Clopine ! Vous n’avez même pas conscience que ce que représente Zola !

Je dirais bien au contraire, si on se place du point de vue de la modernité, que Zola dépasse de très loin la résignation toute religieuse de Tolstoï.

Vous qui vous prétendez athée, vous ne comprenez rien à la modernité de Zola qui croit en la modernité, c’est-à-dire à ce qui est à la base de la construction européenne et du monde mondialisé qui se détermine par rin d’autre que l’homme. Ce que, de son côté, Rémi Brague, interprète, non sans arguments très forts, comme le suicide de l’homme. Le suicide actuel de l’Europe tend à lui donner, hélas, raison !

rose dit: 21 juin 2016 à 16 h 01 min

Alors là je m’engage : bien sûr qu’Anatole France a raison sur ce coup là : Zola et Tolstoi sont de même stature ont la même envergure.
Et puis, madre de dios, pourquoi les mettre en concurrence ? Mais quelle idée!

Allez je ne m’engage plus.

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 16 h 00 min

Non, vous n’en avez pas le droit ! Ce sont tous deux de grands écrivains. Vos propos restent insignifiants.

rose dit: 21 juin 2016 à 15 h 56 min

Je préférerai ne pas m’en mêler ; néanmoins l’oraison funèbre Bossuet XVII ème siècle. Zola écriture pas difficile à analyser c’est vite dit… etc

Rappelez – vous ce qui a été dit par celui qui s’y est collé il y a moins de différence entre le XVII et le XIX qu’entre le XIX et le XXI. Cette remarque est loin d’être anodine. Foin de la révolution industrielle suivant la révolution française, il s’agit là d’évolution des moeurs et de poussées technologiques foudroyantes.
Sur Anatole, ne peux m’engager : n’ai connu que des lapins albinos & angoras portant ce prénom là ; vous rappelle toutefois qu’avant le bachot (précédant le dancing et la.fievre du samedi soir) c’est Xavier Dolan le premier qui a rappelé ce patronyme lors du festival de Cannes 2016 en faisant une citation du dit sieur et déjà nous fumes soufflés. Et nous continuons de plus belle. France par ci France par là. Belle et douce France de mon enfance.

Clopine définitivement un Cas à Part a dit: 21 juin 2016 à 15 h 55 min

Charles, vous me fatiguez itou. Bien sûr que je sais que c’est le Narrateur (et non Proust) qui « admire Bergotte » dans la Recherche. Et si vous me connaissiez mieux, vous sauriez que je considère que chaque personnage de cette dite-recherche est un coktail, manié vigoureusement par Proust, comme un shaker l’est d’un barman. Mais ici, j’allais vite, et nous parlions de France.

Vous êtes vraiment d’une lourdeur incroyable, et je me rends compte qu’on ne peut converser, ici, qu’en se justifiant et en usant de répétitions insensées.

Ma fatigue réelle va me conduire à la paresse…

(et pourtant, je suis exactement comme le personnage du nom de la Rose : j’ai raison !!!)

Clopine-Guillaumette de Baskerville.

Phil dit: 21 juin 2016 à 15 h 50 min

aujourd’hui, beaucoup de contre-sens et mauvaises lectures proclamées sur le prestigieux blog à passou. m’est avis que ça cache des personnalités complexifiantes.

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 21 juin 2016 à 15 h 49 min

Wgg, vous me fatiguez. Bien entendu, France oppose Zola à Tolstoï : mais il les rapproche en nous disant qu’ils ont la même envergure, ce que je conteste absolument (et j’en ai bien le droit !) De plus, France les compare tous les deux en ce qu’ils seraient des « phares » d’égale importance, aux deux bouts du continent littéraire… Moi je dis que cette comparaison est absurde, car Tolstoî est supérieur à Zola en ce sens qu’il est d’une portée universelle soutenue par un destin hors du commun. Zola, lui, a droit à tout notre respect bien entendu. Mais enfin, son ombre portée s’arrête bien avant celle de Tolstoï, voyons… Et quel russe pourrait écrire comme Zola écrit ? Aucun, à mon sens, car la littérature russe ne fonctionne pas comme ça. M’enfin je me répète, là… soupir.

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 15 h 40 min

Mais enfin Clopine, A. France n’assimile pas du tout Zola à Tolstoï. Il les oppose bien au contraire ! Vous l’avez mal lu ou trop rapidement. Vous faites un énorme contre-sens.

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 15 h 37 min

«L’adoration de l’humanité pour elle-même et par elle-même, ce culte du ventre engendre du vent» (Flaubert)
_________
Belle phrase de Flaubert qui définit la tragédie contemporaine de la modernité, notamment dans la construction européenne.

Jibe dit: 21 juin 2016 à 15 h 37 min

Dans des genres et un temps différents, le cas de France, figure du grand écrivain et conscience morale de toute une génération, n’est pas sans rappeler celui de Sartre. Son cadavre n’était pas encore refroidi que déjà, ceux qui l’avaient le plus admiré se sont mis à le renier. j’imagine qu’Aragon avait dû beaucoup lire et admirer France avant de vouloir gifler son cadavre ?

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 21 juin 2016 à 15 h 32 min

Mais justement, c’est parce que j’aime beaucoup Anatole France que je ne comprends pas que, pour une fois qu’on le cite, on se serve d’un texte qui ne lui rend pas hommage, à mon sens.

Un texte dithyrambique, certes, mais qui ne contient rien de précis, rien de « ressenti » : rien de la solide amitié et de la compréhension littéraire qui émane de l’éloge de Zola à Maupassant, par exemple (celui qui est « en attente de modération, hahaha !)

Cela ne veut pas dire que l’éloge de France est nul, bien entendu. Il a compris l’écriture de Zola (faut dire que ce n’est pas trop difficile), il en rend compte… Mais allier à la fois un flou artistique pareil et des comparaisons loupées (franchement, Tolstoï et Zola ! Un maître génial et un excellent ouvrier des lettres… Ca ne se compare pas, à mon sens, c’est inadéquat !)

Quant au « flou artistique » : Closer l’explique par la crainte de la répétition et l’envie d’apaisement social.. Moi j’ai une toute autre interprétation. C’est qu’à l’époque de l’éloge funèbre, France est à son apogée, reconnu par tous, en route vers le Nobel et le panthéon. Alors il a l’élégance de se charger de l’éloge funèbre du controversé, du sulfureux Zola qui parle du peuple, mais il a la prudence de ne point en dire trop non plus, d’éviter « les mots qui pourraient fâcher » . Du coup, malgré l’emphase, voici un texte raté, à cause du non-dit qui me semble, moi, relever d’une certaine réserve, allons disons le fond de ma pensée, d’une sorte de ‘lâcheté », comme si déjà c’était bien beau que « lui, France, fasse l’éloge du plus petit que lui, on n’allait tout de même pas aller jusqu’à ne PAS finir par le nationalisme convenu et les valeurs morales… »

Tout cela, vous en conviendrez, ne peut qu’échapper à l’élève lambda, et l’embrouiller tout au plus.

Moi qui aime France même dans ce qu’il peut représenter de raffinement franchouillard, j’aurais préféré qu’on choisisse autre chose pour illustrer son nom. Il y a de si jolies choses, chez France… Mais bon. L’équipe pédagogique qui a choisi l’épreuve devait être animée des meilleures intentions (l’enfer en est pavé). Dommage qu’elle n’ait pas réfléchi à ce que les qualités intrinsèques de France, la finesse, l’humour, l’art du pastiche, les clins d’oeil de l’entre-soi, soient si cruellement absents d’un éloge ni chair, ni poisson…

Korb dit: 21 juin 2016 à 15 h 30 min

Auster? Le Paul austerus à disgressions de Christine Le Boeuf…il est bon,celui là aussi.De là à mettre dans les dents des lycéens la grosse pomme .Phil? Certains n’iront jamais alors que d’autres y vont de en stage de langue.Justice? Pour Virginia Raggi ,Christiane;le post d’AliRoux sur l’inquiétude d’une récup populiste après la claque des électeurs à la bande sortante des voyous du P.Démocrate,il ne sert à rien de monter la mayonnaise en sortant l’artillerie « fasciste ».Edel a résumé la situation avec sa mise au point .Les populismes prennent des formes opportunistes,tous ne peuvent être confondus .Ce qu’Annelise montre sur Catane,quand quand elle parle de « la méchanceté ordinaire des braves gens qui en ont marre des bateaux » flanque le nez dedans:elle dit tout ,ce n’est plus la politologue ou l’intellectuelle qui parle,mais l’écrivain ,avec sa plume sensitive qui reflète tout à distance juste ,jamais avec hauteur ,en pleine chair…Pour ça que ça porte autant et qu’on la lit .

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 15 h 26 min

Clopine, Passou a cité l’intégralité du discours d’A. France, mais les élèves n’ont eu à leur épreuve qu’une partie du discours.

Charles dit: 21 juin 2016 à 15 h 23 min

Cela se laissait lire, mais je n’en ai conservé aucun souvenir… (Jibé)

C’est ce que je dirais, moi aussi, des lectures que je fis, adolescent, de « l’Orme du mail » et de « la Rôtisserie etc. » Nous devons être nombreux à n’avoir pas été autrement émus par les gentillettes productions d’Anatole. Il n’aura pas résisté à la concurrence, très relevée il faut dire. Claudel a touché juste en comparant le style d’Anatole à de la ouate. C’est mou, assez ignoblement élastique et douceâtre. Ce n’est pas Proust lui-même, mais le narrateur de « La Recherche » qui, dans sa jeunesse, admire Bergotte qui n’est pas, comme le croit Clopine, un strict équivalent d’Anatole.

Miss Tigris dit: 21 juin 2016 à 15 h 20 min

Il a l’air malin le GROS PORC de JC avec sa cuculture cinématographique, on comprend pourquoi il ne va plus sur la RdC… « le bal des croque-morts » de Wajda, uhuhuhuhu

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 15 h 10 min

Bah, jibé, on peut être grand homme et petit écrivain… Le fait est qu’il est aujourd’hui bien oublié alors que Flaubert reste on ne peut plus actuel. Si Proust ne l’avait élevé à la figure de l’écrivain raffiné que resterait-il de lui ? Les deixu ont soifs sans doute qui tient la route pour une vision critique de la Révolution, qui, malgré tout, reste convenu, car, comme dit Deleuze, faut vraiment être « débile » pour penser qu’une révolution ne débouche pas inéluctablement sur la barbarie et la dictature !

Jibé dit: 21 juin 2016 à 15 h 07 min

Il y a aussi la scène où à la mort de Bergotte ses livres refleurissent spontanément aux vitrines des librairies, Clopine, un beau morceau d’anthologie !

Jibé dit: 21 juin 2016 à 15 h 03 min

Et beaucoup plus tard, j’ai été surpris de voir que Clopine, elle aussi, l’appréciait beaucoup, et était la seule à en parler ici où là…
Aujourd’hui, à l’occasion du sujet du bac et pour mieux fustiger l’ignorance des lycéens, tout le monde nous parle du grand homme qu’il fut, à commencer par Passou !

regia dit: 21 juin 2016 à 15 h 03 min

Benoîte Groult et Pisani, 96 et 97 ans. La fete de la music ne démarre pas fort pour ces deux-là. Mme Groult m’a assommé avec son féminisme hérité de SdB, pas comme Zola ni Anatole France, mais j’aimais bien son mariage avec guimard.. l’alliance de la grande bourgeoise dans les années vingt, la cousine de Poiret il me semble bien comme il faut qui découvre son corps d’une façon qui paraît bien lourdingue aujourd’hui ,avec Paul Guimard, l’écrivain, alors qu’elle avait eu deux filles avec GDeCaune.Elle n’avait pas le droit de vote jusqu’en 45…fallait s’occuper.

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 21 juin 2016 à 15 h 02 min

jibé, c’est plus compliqué que cela : dans la Recherche, c’est le jeune Narrateur qui admire Bergotte (= France), qui trouve son style d’une incomparable finesse et d’une grande profondeur. Mais petit à petit, le Narrateur estime que le style de Bergotte sacrifie trop à la joliesse et la superficialité, que cette élégance-là ne contente qu’elle-même. Proust fait mourir Bergotte dans une magnifique allégorie : le vieil écrivain se pâme devant un petit pan de mur jaune peint par Vermeer : « c’est comme cela qu’il fallait écrire », dit Bergotte expirant – sous-entendu : moi je n’ai fait que du superficiel, il aurait fallu aller jusqu’au profond des choses même dans le plus modeste des motifs »… Nous admettrons donc que, nonobstant les chutes de pierre et les écroulements consécutifs aux tremblements de terre, Proust a désigné un « petit pan de mur jaune », clairement, comme un assassin !!!

luc nemeth dit: 21 juin 2016 à 15 h 02 min

l’affirmation de closer (21 juin 2016 à 13 h 20 min) selon laquelle le Flicaro aurait été conservateur et catholique, « mais dreyfusard », témoigne -au mieux- de l’ignorance. En effet dès le 18 décembre 1897 son directeur Fernand de Rodays, constatant que son soutien à cette cause était en train de lui faire perdre les-amis-et-l’estime que lui avaient valu trente-ans-de-bon-et-honnête-journalisme, décida de retirer ses billes et le fit savoir en première page dans un éditorial ‘A nos lecteurs’.
Quant aux caricatures signées Caran d’Ache parues dans le n° du 14/1/1898 avec en sous-titre « Ils en ont parlé », un contresens majeur continue de les entourer dans les manuels scolaires : elles se voulaient aviser lecteur que… mieux vaut, ne pas en parler en famille !

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 21 juin 2016 à 14 h 56 min

Paul Edel de 14 h 30, je crois que je ne vais pouvoir résister…

Vous, qui abreuvez généreusement vos interlocuteurs de conseils de lecture, parfois un peu « vexants » (dans le genre : « Clopine, lisez Sand ! », vous vous souvenez ? Vous m’avez fait penser à ma liseuse Kobo, ce jour-là. Huit jours après l’achat, la Kobo m’a donné son premier « conseil de lecture » : elle me suggérait… de lire la Recherche du Temps Perdu…ouarf., vous qui indiquez ceci, cela ( d’ailleurs, votre description de l’univers de France est juste, il y manque simplement l’humour fin, et le sentiment « d’entre-soi » qui s’en dégagent), vous n’avez lu que le « lys rouge » !?

Bon, alors ça va être(enfin !) à mon tour de vous conseiller ceci, cela, et cela encore ?

Alors, foncez sur « Thaïs » ; ça commence par une phrase magnifiquement absurde « en ce temps-là, le désert était peuplé d’anachorètes », et ce pseudo-récit biblique est truffé de vacherie anticléricales…

Puis les deux récits délicieusement parodiques,n des pastiches de romans historiques façon 18è siècle : la rôtisserie de la Reine Pédauque (=aux pieds palmés) et les opinions de Jérôme Coignard,

Puis, pour vous reposer un peu, le livre de mon ami

L’île aux pingouins est encore un livre parodique…

mais le plus drôle de tous est « le crime de Sylvestre Bonnard », que je vous recommande en priorité !

Jibé dit: 21 juin 2016 à 14 h 56 min

Aussi, ai-je été quelque peu étonné en découvrant le cas qu’en faisait Proust dans La Recherche… !

en passant..... dit: 21 juin 2016 à 14 h 55 min

JC à 14 h 36 : le problème est que Wajda n’a jamais réalisé de film intitulé « le bal des croque-morts »…
la charcutaille est riducucule, une fois de plus

Jibé dit: 21 juin 2016 à 14 h 52 min

Pour ma part, j’avais lu en poche, dans ma jeunesse, l’Anneau d’améthyste et la Rôtisserie de la reine Pédauque. Cela se laissait lire, mais je n’en ai conservé aucun souvenir…

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 14 h 50 min

Clopine, ce n’est pas le texte des épreuves du bac série S et ES. Cherchez le texte officiel des épreuves anticipées de français, vous verrez que Tolstoï n’y est pas mentionné.

Au reste, la comparaison que vous mentionnez dit bien la différence entre Zola et Tolstoï ! Je ne vois pas où est le problème.

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 14 h 46 min

« Il s’efforça de deviner et de prévoir une société meilleure. » (A. France dans le discours sur Zola)
____________
Quel plus bel hommage peut-on écrire ? C’est magnifique et quelque peu naïf en même temps. Car, à mes yeux, la grandeur d’un écrivain ne se mesure pas à son optimisme pour l’avenir de l’humanité, mais à sa lucidité et son sens du tragique. L’optimisme est une autre forme d’aveuglement sur le monde. Les grands écrivains qui nous nourrissent ce sont précisément les écrivains tragiques comme Baudelaire, Flaubert, Pascal, parce qu’ils sont lucides.

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 21 juin 2016 à 14 h 42 min

« Ce réaliste sincère était un ardent idéaliste. Son œuvre n’est comparable en grandeur qu’à celle de Tolstoï. Ce sont deux vastes cités idéales élevées par la lyre aux deux extrémités de la pensée européenne. Elles sont toutes deux généreuses et pacifiques. Mais celle de Tolstoï est la cité de la résignation. Celle de Zola est la cité du travail. »

Wgg, le sentiment de votre importance est-il tel qu’il vous conduit-il à ne pas lire ce que Pierre Assouline met en ligne, tout en vous autorisant à en parler ?

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 14 h 38 min

Au reste, Clopine, je n’ai guère lu dans le discours d’A. France qu’il comparait Zola et Tolstoï ! Où avez-vous lu ça ?

la vie dans les bois dit: 21 juin 2016 à 14 h 37 min

Zola est mort enfumé, Paul !
D’une manière ou d’une autre, de n’importe quel côté qu’on retourne la chose, c’est pas faux.

JC..... dit: 21 juin 2016 à 14 h 36 min

Parfois, les amis, j’ai le sentiment d’assister au film de Wajda : « Le Bal des Croque-morts »…

P’tain ! Zola, Proust, France…. c’est fini, n’est ce pas ! à quoi ça sert de se souvenir de ces lambris des salon, rapés ?

Aucune valeur ! aucune ! sinon historique pour les undertakers…

petit rappeL dit: 21 juin 2016 à 14 h 33 min

Que France écrive ici en service commandé, on le sait. Mais Quand il parle de Tolstoï, c’est le Zola messianique des derniers romans -les Trois Villes, les Evangiles- que France vise. Pour le reste, son engagement au PC était sand doute de meme nature que son embrigadement par Madame de Cailhavet.
Ce n’est vraiment pas un compliment d’en faire la caution spirituelle de la politique d’abandon d’Aristide Briand…

Paul Edel dit: 21 juin 2016 à 14 h 30 min

Quelque part Claudel écrit qu’Anatole France, sa prose, c’est de la ouate. Proust, ne l’oublions pas, s’est servi d’Anatole France pour composer son Bergotte.
Je n’ai lu de cet A.F. que « le lys rouge ».Je l’ai trouvé en poche dans une caisse sur le marché de Paimpol, prés d’un marchand de galettes ;c’est un mince livre jaune à couverture gondolée, coincé entre des Hervé Bazin et des Troyat, auteurs à la mode dans la Bretagne lisante des années 60.. Ce « lys rouge », donc, est agréable à lire parce qu’il a quelque chose de délicieusement daté. Les chapitres dégagent un parfum de salon Verdurin ; dans le ton il y a du henry James moins moins alambiqué, moins réticent, une espèce d’hédonisme bon enfant..France écrit là,le gilet ouvert, bottines jetées dans un coin du bureau.. écriture d’insouciance pour décrire un petit monde hédoniste délivré de pas mal de soucis et qui regarde, dans le jardin, des enfants en dentelles ou en costumes marin jouer au croquet.. et puis ce petit voyage en Italie à Florence et Fiesole, avec une idylle pleine de naturel, c’est une jolie lecture d’été.. ajoutez une analyse de la jalousie pas bête du tout, un vrai talent pour enchainer les commérages, sans chercher toutes les arcanes et les cavernes d’un monde horrible…il y a un petit vent aigre , une succulence, qui soufflent sur tout ça.. On a parfois l’impression d’ouvrir un tiroir de commode 1900 dans une chambre à l abandon. on y hume un flacon de parfum un peu éventé , on trouve une paire de gants soyeux ,un bouquet de violettes fanées, quelques photos de ces jeunes bourgeois à redingote cintrée et hauts de forme. C’est, bien sûr une affreuse petite société égoïste et endimanchée que nous condamnons tous unaniment,bien sûr, et qui jacasse dans une voluptueuse lumière de jardin façon Monet.. bref, tout un art de vivre.. ça fait plaisir cette écriture souriante, loin des grandes machines romanesques à messages.. et puis ces vacheries cachées dans la courtoisie des salons, c’est une distraction de vacances à Arcachon dans une villa avec pins et tamaris, prêtée par un ami qui a réussi avec sa start up.
Enfin, ce matin, je n’ai pas perdu ma matinée sur la RDL car j’ai appris que Zola avait été assassiné, ce que j’ignorais bêtement.

D. dit: 21 juin 2016 à 14 h 24 min

C’est mal vu, les lunettes petite bourgeoise, parce que Clopine n’a rien d’une bourgeoise et on voit du premier coup d’oeil que ses lunettes sont d’une gamme très accessible.

JC..... dit: 21 juin 2016 à 14 h 22 min

Clopine, mon amour, mon bébé lubrique, ma tendre armoire !…. vous n’êtes pas plus proche de Closer que de moi, hein ?!

Il me semble que j’en mourrai*
*figure de style ….

JC..... dit: 21 juin 2016 à 14 h 13 min

Il semblerait que chez les Normandes péter plus haut que son culte, comme on dit chez nous, soit un don de dieu…. !

Quelle puanteur !

closer dit: 21 juin 2016 à 14 h 12 min

 » je serais toujours plus proche de ces deux-là que de vous, Closer !  »

C’est trop cruel, Clopine! Dites moi au moins que vous êtes plus proche de moi que de JC!

JC..... dit: 21 juin 2016 à 14 h 04 min

 » Harpie normande avec ses lunettes de petite bourgeoise beauvoirisée et confite dans l’onfraytude…  »

Insulte ! ou simple constat, partagé par tous les gens normaux, logique, libres de juger de la petitesse de la crotte.

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 21 juin 2016 à 14 h 03 min

Insultes autorisées même si, en l’occurrence, elles partent d’un constat réel : oui, j’ai lu Beauvoir et Onfray, et je serais toujours plus proche de ces deux-là que de vous, Closer ! Sachez que votre stigmatisation est une source de fierté, pour bibi !

JC..... dit: 21 juin 2016 à 14 h 01 min

Notre cœur saigne : Benoite Groult est passé de l’autre coté…

Qui était ce, dans le fond ? Que restera t il d’elle, sinon un tas de cendres…

Heureusement…. on oublie vite !

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 21 juin 2016 à 14 h 01 min

Closer, je ne crois pas pouvoir discuter « à l’infini » avec quelqu’un qui parle de moi en ces termes « ha.rpie normande avec ses lunettes de petite bourgeoise beauvoirisée et confite dans l’onfraytude… »

-il est vrai que les insultes, ici, sont autorisées…

la vie dans les bois dit: 21 juin 2016 à 13 h 52 min

Surtout la date où se situe le texte, en fait Phil. Si cela coïncide, je reviendrai vous en dire un petit mot. Qui ne fera pas plaisir, mais alors pas du tout plaisir à ceux qui font de l’éloge funèbre le seul argumentaire en littérature…

la vie dans les bois dit: 21 juin 2016 à 13 h 49 min

Phil, qui était l’auteur du texte donné à l’épreuve d’anglais au bac, et qui fait le buzz ?
ça m’intéresse.

JC..... dit: 21 juin 2016 à 13 h 48 min

« Seuls les livres m’ont permis de continuer à vivre… La vie est insupportable, sans eux  » (Clopin clopantelant)

…. non mais ?…. quelle clonasse !…..

JC..... dit: 21 juin 2016 à 13 h 45 min

« Bon, ce que j’en dis, il faudrait encore avoir une once de bon sens et de bonne foi pour l’admettre, ce qui n’est guère le cas par ici. » (L’Armoire normande, vide)

…et ça juge le peuple erdéelien … du fond de son lisier ….!

la vie dans les bois dit: 21 juin 2016 à 13 h 44 min

Eh bien javert, tu vois, je te dois des excuses. J’ai cru que le décérébré qui signe berguenzinc était une un jeu de ton cerveau dérangé.
J’ai eu tort.
berguenzinc n’imite pas,; il ne simule pas du tout une trépanation… Il a le cerveau qui déborde.

Phil dit: 21 juin 2016 à 13 h 42 min

passou déjeune, dame clopine. c’est long, après le nespresso, modération. vous avez eu une bonne note au bac français ?

closer dit: 21 juin 2016 à 13 h 42 min

Donc vous reconnaissez qu’Anatole a raison dans sa comparaison entre Tolstoï et Zola, Clopine. Sauf sur la « grandeur », mais c’est très subjectif et on peut en discuter à l’infini…

Jibé dit: 21 juin 2016 à 13 h 41 min

Tiens, le boug, si tu es amateur de d’organes conservés dans le formol, un extrait de mon prochain livre illustré de photos, « Trésors des musées parisiens », à paraître en octobre 2016, aux éditions Massin !

Musée Dupuytren
Centre des Cordeliers
15, rue de l’Ecole de médecine
Tél. : 01 44 27 45 45
Métro : Odéon

Véritable « petite boutique des horreurs », le musée Dupuytren, spécialisé en pathologies anatomiques, présente au public des squelettes, moulages de cire et autres organes et fœtus conservés dans l’alcool et illustrant les diverses malformations du corps.
Fondé en 1835 grâce à un legs de Guillaume Dupuytren (1777-1835), professeur de médecine opératoire à la faculté de médecine de Paris, le musée fut d’abord installé dans le réfectoire du couvent des Cordeliers et y restera un siècle. En 1935, en raison du délabrement du bâtiment, il fut transféré dans les caves de la faculté, où il végéta jusqu’en 1967, date à laquelle il fut réinstallé dans les locaux actuels.
Aujourd’hui, le musée totalise environ 6000 spécimens.
Les plus anciennes cires datent de la fin du XVIIIe siècle et sont des vestiges des collections du Collège royal de chirurgie.


La majeure partie du fonds Dupuytren est constituée de plusieurs milliers de pièces osseuses, allant du squelette complet aux crânes ou aux fragments osseux ou ostéo-articulaires.
La troisième catégorie d’objets du musée est une grande série de bocaux contenant des pièces immergées dans un fixateur spécial dont les anciens laborantins du musée avaient le secret. Certaines d’entre elles ont une valeur historique, tel le cerveau du patient qui permit à Paul Broca (1824-1880) de décrire les lésions de l’aphasie et d’élaborer la doctrine des localisations cérébrales.


Au début du XXe siècle, le legs de Jules Dejerine (1849-1917), professeur de neurologie à la faculté de médecine de Paris, et de son épouse, née Augusta Klumpke, qui fut la première femme interne des hôpitaux, est venu se surajouter à celui du docteur Dupuytren. Il est constitué pour l’essentiel de la bibliothèque, des planches photographiques, des microscopes et des instruments à partir desquelles Jules Dejerine élabora sa « séméiologie du système nerveux ».

closer dit: 21 juin 2016 à 13 h 37 min

« dès 1924 et que des accords secrets sont passés entre la France et la grande industrie chimique allemande, celle-là même qui produira le zyclon B, ainsi qu’une firme française pendant la guerre qui assassinera les juifs hongrois à Auschwitz. »

Dès 1924, la France avait planifié l’extermination des juifs hongrois à Auschwitz, cqfd…parano, quand tu nous tiens.

Clopine définitivement un Cas à Part dit: 21 juin 2016 à 13 h 36 min

Mais, Wgg, parce que Zola, même en dénonçant les excès de l’exploitation de l’homme par l’homme, met cependant le travail comme première valeur morale, ce qui le fait approuver par tous les petits-bourgeois façon France, alors que Tolstoï dit précisément l’inverse. Je ne me souviens plus où j’ai lu que pour Tolstoï, le travail est aussi peu « vertueux » que l’alimentation peut l’être…
Et quand à les mettre sur un pied d’égalité, non en considérant leurs idées mais en considérant leurs mérites littéraires, alors là ! Ce serait comme comparer, je ne sais pas moi, une belle commode de Boulle, certes de la belle ouvrage, solide et tout, avec la Sagrada familia ! D’un côté, des gestes sûrs, mesurés, des effets efficaces. De l’autre, une signature de génie, un esprit large, ample, universaliste, enveloppant, embrassant une destinée humaine hors du commun… Bon, ce que j’en dis, il faudrait encore avoir une once de bon sens et de bonne foi pour l’admettre, ce qui n’est guère le cas par ici.

bouguereau dit: 21 juin 2016 à 13 h 35 min

closer y va dire que quand dracul y cassra sa pipe le niveau dl’hintelligence humaine va grimper hen flèche..te laisse pas faire dracul..dis y que tant qu’y a dla vie ya pas que dla konnerie

closer dit: 21 juin 2016 à 13 h 28 min

Arrêter de nous pomper l’air avec Annie Lacroix-Riz, Widergänger! J’ai compris par votre intermédiaire qu’elle accuse les grandes firmes capitalistes d’avoir travaillé avec l’Allemagne nazie. Et alors? Est-ce-que cela exonère le Traité de Versailles? Vous croyez sérieusement que le fait que l’Allemagne ait eu la tête maintenue hors de l’eau sur le plan économique par ses échanges avec des firmes occidentales explique la deuxième guerre mondiale?

Ce n’est même plus du marxisme primaire, c’est de l’infantilisme.

Widergänger dit: 21 juin 2016 à 13 h 26 min

La politique américaine en Europe dès 1924 dans le règlement des dettes et des indemnités de guerre signale le début de la construction européenne en fait !

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