de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

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Pinault, artiste du marché

Pinault, artiste du marché

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Etrange, cette impression que l’on retire de la lecture d’un livre dont on a goûté l’esprit, la manière, le ton, le contenu mais pas le personnage principal. Plus étrange encore lorsque l’auteur en fait à la fois le héros et l’antihéros. Dans le territoire de la fiction, cela n’a rien d’extraordinaire, c’est même monnaie courante tant cette ambivalence constitue l’un des charmes du genre. Mais dans celui du document, il en va tout autrement. Ce qui peut apparaître comme un paradoxe n’est-il pas dans certains cas exigé par la complexité du personnage ? Vous connaissez François Pinault (1936) ? C’est l’autre de […]

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Ces romans, quel cinéma !

Ces romans, quel cinéma !

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Nul besoin d’être gardnerologue pour savourer Les nuits d’Ava (304 pages, 20 euros, Actes sud) de Thierry Froger puisque ce n’est ni un biopic ni une biographie. Ava Gardner n’est qu’un prétexte pour exprimer bien d’autres choses. C’était un peu la démarche de Laurent Binet avec HhHhh dans lequel le narrateur parlait autant de son passion pour Prague, pour sa petite amie etc que de l’assassinat du gauleiter Heydrich par deux résistants tchèques venus de Londres, le « sujet ». Bref rappel du détail de l’existence de Gardner qui sert de fil d’Ava : un jour à Rome en août 1958, en marge du […]

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Tout sauf avoir raison avec Emmanuel Berl

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Cet été, l’une des séries de France Culture signée Brice Couturier dans la dernière semaine de juillet s’intitulait « Avoir raison avec Emmanuel Berl ». Sans même un point d’interrogation qui eut marqué la réserve ou l’incertitude. Au fil de l’écoute, un étrange malaise m’a pris, semblable à celui éprouvé récemment à la lecture de Emmanuel Berl. Cavalier seul ( (490 pages, 27 euros, La Librairie Vuibert) d’Olivier Philipponnat et Patrick Lienhardt, biographie très complète en forme de course-poursuite sur les traces d’un insaisissable. Et pour cause ! Non qu’il soit fuyant : il n’a pas la consistance qu’on lui prête. Au vrai, Berl est un […]

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Pour saluer Claude Lanzmann

Pour saluer Claude Lanzmann

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Tous les auteurs ne gagnent pas à être connus ; certains, il vaut mieux les éviter, changement de trottoir ostentatoire et salutaire qui s’impose tant l’oeuvre paraît indissociable de l’homme. Ce qui est parfois dommage car ce mouvement dicté par un réflexe naturel peut faire parfois passer à côté d’un bon livre. Ainsi Claude Lanzmann qui vient de définitivement déposer les armes à 92 ans. C’est le cas de le dire car il y avait non seulement du militant mais du combattant et du guerrier en lui. A croire qu’il s’épanouissait avant tout dans le conflit (un soir, arrivant en retard sur le […]

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Costa le Grec

Costa le Grec

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Aujourd’hui encore, pour ceux qui le connaissent, Costa-Gavras (Loutra-Iraias, en Arcadie, 1933) est de ces hommes qui séduisent par leur enthousiasme. Surtout lorsqu’il est question de cinéma. Ou plutôt de films, ceux des autres comme les siens. Autant de balises d’un parcours plein d’embûches, mais de nature à l’exciter davantage encore, évoqué dans Va où il est impossible d’aller (520 pages, 25 euros, Seuil). Des mémoires si l’on veut, mais surtout un récit dans lequel sa gourmandise des choses de la vie semble inentamée. Des pages où on sent qu’il aime mieux parler des films que du cinéma. Aux Etats-Unis, assistant […]

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La forme d’un fleuve change plus vite, hélas, que le cœur d’un mortel

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Longtemps j’ai cherché mon fleuve et je ne désespère pas de le trouver un jour. La Seine ? La Tamise ? Le Tage ? le Drâa ? encore que le lac Léman… Pour un écrivain, dire le fleuve c’est se raconter. Qu’on le remonte ou qu’on le descende, il y a là quelque chose d’initiatique. On en tous en nous quelque chose de Marlowe naviguant sur le fleuve Congo et s’enfonçant au cœur des ténèbres à la recherche de Kurtz, sauf que nul n’osera jamais s’emparer de ce fleuve-là après Joseph Conrad. C’est la première borne de toute tentative dans ce registre aquatique, la […]

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Rompre tout commerce avec ces gens

Rompre tout commerce avec ces gens

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Appelons cela une simple coïncidence afin de pas convoquer la providence en vain : deux livres paraissent en même temps qui invitent à méditer sur la nature du pouvoir consacrés à deux personnages qui viennent de se croiser sous le regard de millions de Français. François Hollande sur le départ, Emmanuel Macron à l’arrivée. L’un et l’autre racontés de l’intérieur. Du vécu à coup sûr. De près, de si près même que c’en est d’un peu trop près. Beau titre que le récit trouvé par Philippe Besson pour son récit Un personnage de roman (246 pages, 18 euros, Julliard). Mais dangereux […]

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Virginia met sa vieille théière au clou

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A l’heure où nous mettons sous presse, nous sommes en mesure de vous révéler, à vous authentiques lecteurs de livres et non pas vulgaires consommateurs de papier, une information capitale : l’écrivain est un être vivant comme un autre. Entendez qu’il mange, boit, dort, paie son loyer et ses factures d’électricité, souffre d’hernie fiscale, connaît des problèmes de fins de mois en début de mois. Bref, lui comme vous et parfois davantage. Cela paraît évident. Pourtant, à en croire ceux qui les mettent si souvent à contribution pour faire la roue en public, il vivrait d’amour et d’eau fraiche. Au-delà même […]

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La vie, quand même

La vie, quand même

Daniel Lefort

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  Le récit du combat contre la maladie ou l’infirmité est devenu un genre en soi. Les uns constituent de brillantes réussites littéraires, d’autres sont émouvants sans susciter l’émotion esthétique. On me dira que seule l’émotion transmise compte, mais seule la qualité de l’écriture peut transformer le témoignage en œuvre et assurer une transfiguration, pliant les accidents de la vie à la rectitude de l’art pour que la flèche frappe en vibrant au centre de la cible. Nous en avons un exemple avec le livre unique d’Ariel Crozon – hapax imprévisible – qui doit sa consécration littéraire à Daniel Pennac […]

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Seul le fauve marque la mesure

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Parfaitement conscient que le présent de la tauromachie est de plus en plus incertain, du moins dans le sud de la France et dans les parages de Nîmes, en raison des pressions des défenseurs des animaux, Bartolomé Bennassar ose tout de même un portrait passionné d’un très grand torero. Rien moins que Antonio Ordonez, celui-là même qui avait inspiré son héros à Hemingway dans L’été dangereux, réflexion en creux sur le courage, la fierté, l’honneur lorsqu’il s’agit d’affronter la mort en face. Historien et hispaniste renommés, il affiche d’emblée la couleur : « Je suis un très vieil aficionado ». Ainsi débute Antonio […]

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