de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Littérature étrangères

Cent ans de métamorphoses

Cent ans de métamorphoses

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Il n’avait pas tort, Italo Calvino. A force de mettre “kafkaïen” à toutes sauces, de galvauder l’adjectif outrageusement à le synonymisant avec « illogique » ou « absurde » jusqu’à le vider de son sens, ou du moins à le pervertir ce qui est une face de la rançon du succès (“surréaliste” a subi le même sort funeste), on en oublierait ce qu’il y a de véritablement kafkaïen dans l’œuvre de Kafka. Le centième anniversaire de la publication de La Métamorphose (Die Verwandlung) par Kurt Wolff à Leipzig, nouvelle dans laquelle Vladimir Nabokov voyait la quintessence de toute son œuvre, est l’occasion d’y revenir. […]

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La mauvaise herbe de la mafia

La mauvaise herbe de la mafia

Philippe Godoy

1

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L’herbe, même la mauvaise herbe, a besoin d’air, d’oxygène ; or, c’est ce qui manque à Giueseppe Grassinelli depuis plus de vingt  ans. Enfant, il était surnommé par sa famille malerba ce qui signifie en italien « mauvaise herbe ». C’est le titre de son récit qui vient de sortir en France sous le titre Malerba (traduit de l’italien par Nathalie Bauer, JC Lattès), co-écrit avec Carmelo Sardo. Effectivement,  l’auteur de ce texte  est emprisonné à perpétuité après avoir été condamné pour de nombreux assassinats avec préméditation. Un mafieux de plus, pensera le lecteur français. Mais pourquoi à vie ? Tant de repentis ont […]

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Ces années du boom latino-américain

Ces années du boom latino-américain

JORGE CARRION

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Nous sommes face à un livre important. Un livre qui, à partir d’aujourd’hui, sera cité dès qu’on parlera du boom, ce mouvement littéraire amorphe qui a réuni, peut-être comme aucun autre dans l’histoire, le succès commercial et la grande littérature. Aquellos anos del boom. Garcia Marquez, Vargas Llosa y el grupo de amigos que le cambiaron todo (RBA, 876 pages, Barcelone, 2014), autrement dit « Ces années du Boom. García Marquez, Vargas Llosa et le groupe d’amis qui a tout changé », est un livre de référence, fruit de nombreuses années de voyages, d’interviews et de lectures, écrit par Xavi Ayén, un […]

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Les éditeurs sont-ils vraiment tenus d’écrire ?

578

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Une fois rangé des voitures, quand bien même continuerait-il à accompagner quelques uns de ses auteurs, un éditeur a le choix entre lire et écrire. Gaston Gallimard s’était bien gardé de prendre la plume quand Bernard Grasset ne pouvait s’en empêcher. Mais même lorsqu’il cède à la tentation de l’écriture, souvent après avoir juré ses grands dieux durant toute sa carrière que jamais il ne succomberait à un tel pêché d’orgueil, l’éditeur hésite entre raconter sa vie et raconter celle des autres. Dans le premier cas, il présente son ours comme un « roman », alors que cela ne trompe personne (André […]

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Résurrection d’un roman macédonien

Résurrection d’un roman macédonien

Maria Béjanovska

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Quand j’évoque le titre de ce roman unique de Živko Čingo, La Grande eau, j’ai le cœur qui chavire. C’est à cause de ce texte, ou plutôt grâce à lui, que je suis devenue traductrice littéraire. Je devrais parler de vocation, car à l’époque j’avais déjà un métier passionnant, le journalisme. Je revenais de reportage en Macédoine et, comme toujours, ma valise était pleine de livres. Connaissant mon intérêt pour la littérature, les écrivains et les éditeurs de mon pays natal n’hésitaient pas à me charger d’une quantité invraisemblable d’ouvrages qui ne manquaient pas de me poser quelques problèmes à […]

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55, rue Jablonski, Berlin

55, rue Jablonski, Berlin

395

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Quel écrivain n’a pas été tenté par le projet littéraire de partir du particulier pour atteindre à l’universel en racontant à travers la vie d’un immeuble un peuple et un pays pris dans l’étau d’une époque ? L’exercice est aussi tentant que périlleux car, s’il échoue, le huis clos devient inutilement oppressant ; mais en cas de réussite, quel grand souvenir ! en tout cas pour le lecteur… Les Français penseront aussitôt à La vie, mode d’emploi de Georges Perec : on s’en souvient (ou pas, d’ailleurs, foin de cette manie des critiques de feindre de croire que tout le monde a nécessairement tout […]

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Mark Twain écrivait en langue américaine

Mark Twain écrivait en langue américaine

Philippe Jaworski

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La peu commune puissance de séduction de Huckleberry Finn (…) si elle doit beaucoup à la figure de son héros éponyme, tient autant, et peut-être plus, à la qualité de la langue orale que Mark Twain fait entendre: la langue américaine de tous les jours, le parler des autochtones, qu’on ne trouvait ni chez Washington Irving, ni chez James Fenimore Cooper, ni chez Nathaniel Hawthorne. Cette fois, la rupture avec la prose bien policée héritée du Vieux Monde est consommée: l’Amérique parle sa langue en littérature; un roman est, pour la première fois, écrit d’un bout à l’autre en américain. «You […]

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Pour saluer François Maspéro et…

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Pour ceux qui ne le connaissaient pas, François Maspéro, qui vient de disparaître à 83 ans , était quelqu’un de pudique, discret, réservé. Du genre qui pèse chacun de ses mots avant de les employer. Des qualités manifestées tant dans son activité d’éditeur (« éditeur engagé » clament ce matin les médias, mais s’agissant de lui, c’était d’une telle évidence que cela en devenait pléonastique) que dans celle de traducteur et d’écrivain. Tout le contraire d’un bateleur de médias. Il fut autrefois le fondateur et l’âme des éditions Maspéro, résolument engagées à gauche, et l’animateur de la légendaire librairie « La joie de […]

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Du trafic épistolaire entre Kafka et Milena

Du trafic épistolaire entre Kafka et Milena

Robert Kahn

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(…) Kafka a rencontré Milena à Prague, au café Arco, sans doute en septembre 1919. Après cette rencontre, la jeune femme lui a rapidement proposé de traduire en tchèque le premier chapitre, « Der Heizer » — « Le Chauffeur » — de ce qui allait devenir L’Amérique. Un rapport flatteur s’installe donc d’emblée entre cet auteur juif pragois certes connu des milieux littéraires de sa ville natale mais qui n’occupe encore qu’une position marginale, et cette jeune femme de 24 ans si séduisante : « elle est un feu vivant comme je n’en ai encore jamais vu », écrit-il plus tard […]

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Le Kâmasûtra est ce qu’il semble ne pas être

Le Kâmasûtra est ce qu’il semble ne pas être

Frédéric Boyer

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J’entreprenais cette lecture et cette traduction dans le noir. Il y a plus de quatre ans déjà. Ne connaissant à peu près rien à l’Inde ancienne et moins encore au sanscrit. Sans savoir où cette curiosité et ces efforts laborieux me conduiraient. Et toutes ces années je voyais que ma vie changeait rapidement et que j’allais être amené à vivre différemment. La ligne imaginaire du plaisir scinde souvent nos vies. Le sexe est le point le plus intense et le plus secret des vies, rappelait le regretté Michel Foucault, celui où se concentre leur énergie, leur vitesse, qui nous emporte […]

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