de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

LE COIN DU CRITIQUE SDF

L’au-revoir à Claude Durand

L’au-revoir à Claude Durand

Régis Debray

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Excuse moi, mon cher Claude. Je ne vais pas pouvoir évoquer, pour une fois que tes amis sont réunis autour de toi et que se retrouvent entre eux tous ceux qui te doivent quelque-chose (et Dieu sait s’ils sont nombreux) – tous les Claude Durand que nous avons connus, dont nous avons les uns et les autres profité sans vergogne, à un moment donné ou un autre de notre vie. Énumérons-les. Il y a le Claude accoucheur, de textes et de vocations ; il y a le Claude des longues fidélités et non des clientèles, et non des coups médiatiques ; il […]

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A Kamel Daoud

A Kamel Daoud

Régis Debray

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Il est assez rare que des livres soient des actes. Il est assez rare que la littérature soit pratiquée et pas seulement considérée comme une tauromachie. Michel Leiris vous en aurait sans doute félicité. Il n’est plus des nôtres, les Goncourt sont heureux de le faire à sa place, un peu tard peut être, mieux vaut tard que jamais. Vous êtes, je crois, un chroniqueur abondant et un écrivain rare. Avec Meursault contre enquête vous vous exposez à la corne acérée du taureau. Le taureau au front bas, pieux, bête et méchant – vous l’avez frôlé, et vous êtes sur […]

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Lettre ouverte à Robert Paxton

Lettre ouverte à Robert Paxton

François Chaslin

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le 2 mai 2015, Cher Monsieur, Je suis l’auteur d’un gros ouvrage sur Le Corbusier paru début mars dans la collection Fiction & Cie des éditions du Seuil. Il est simplement intitulé Un Corbusier. Il s’agit d’une sorte de « caractère » de l’architecte au ton plutôt littéraire. Un portrait dans le genre cubiste, à multiples facettes, assez bienveillant, mais qui ne dissimule pas ce qu’il fut, ni quels groupes il fréquenta du milieu des années vingt jusqu’à Vichy, notamment ceux qui s’était constitués autour du Faisceau et qui, durant une dizaine d’années, avant d’abandonner ce qualificatif vers 1935, se déclarèrent fascistes. Deux autres […]

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Une logique « soft » de taliban contre le latin et le grec

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Évoquant, il y a maintenant plus de 15 ans, « la disparition programmée du latin » comme référence culturelle majeure de notre enseignement général, nous la disions à la fois injuste et absurde, soulignant qu’elle allait à rebours d’un véritable aggiornamento, indispensable, des études littéraires. Depuis, l’Association ALLE,  le latin dans les littératures européennes, n’a cessé d’œuvrer pour qu’apparaisse avec le maximum de clarté et d’ambition cette présence du latin dans le français, comme langue de culture, et dans les littératures européennes. La préface de notre ouvrage collectif Sans le latin… postfacé par Yves Bonnefoy, entérine ce souci de mettre le latin […]

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Adonis, un sang d’encre

Adonis, un sang d’encre

Donatien Grau

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L’œuvre d’Adonis est la manifestation – et le manifeste – puissants de la pertinence durable de l’idée et de la réalité que recouvre l’expression « avant-garde ». L’œuvre poétique témoigne d’une ambition de dire le monde dans sa pérennité : il est le maître d’une parole mystique qui dépasse largement les frontières de l’actuel, et qui s’accorde à elle-même la légitimité de son ambition. Adonis n’est pas un poète de la crainte, de la peur, ou de la timidité : il est le tenant, face à la menace imposée au Verbe, d’une consolidation et de l’altération de la foi en la capacité pour le langage […]

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En défense d’Henri Dutilleux

En défense d’Henri Dutilleux

Jean-Pierre Bertin-Maghit

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Devant la polémique (ici une pétition) suscitée par les propos * tenus par Christophe Girard, maire du IVème arrondissement, sur  Henri Dutilleux, au sujet d’un projet de plaque commémorative sur l’immeuble où il vécut dans l’île Saint-Louis, précisons quelques faits historiques. Henri Dutilleux a composé la musique de Force sur le stade (1942). Ce film du Commissariat général à l’éducation générale et aux sports, fait suite à L’appel du stade (1941), est réalisé par Marcel Martin en direction des patrons d’usines pour les inciter à construire des terrains de sport près des lieux de travail des ouvriers. Rien à voir […]

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Un titre problématique de Giraudoux

Un titre problématique de Giraudoux

JACQUES BODY

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Les traducteurs ont souvent reculé devant le titre de la pièce de Jean Giraudoux La guerre de Troie n’aura pas lieu (ici en Pdf). Annette Kolb a préféré Kein Krieg in Troja (Pas de guerre à Troie), Christopher Fry Tiger at the Gates (Tigre aux portes de la ville), et même si l’on est revenu à des traductions littérales, ce titre n’a jamais été plagié par les journalistes anglais ou allemands comme en France, faute d’avoir trouvé semblable euphonie, semblable cadence (La guerr’ de Troie n’aura pas lieu, soit un octosyllabe de quatre ïambes). La formule semble gravée dans le marbre. Elle […]

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Un grand roman européen

Un grand roman européen

Milan Kundera

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L’histoire de l’art du roman approche discrètement de sa fin. Même la critique littéraire, qui occupait jadis une grande place dans tous les journaux, n’y apparaît aujourd’hui que de plus en plus rarement. Et, bien sûr, plus un pays est petit, moins ses livres sont connus à l’étranger et plus ils ont de mal à trouver un public. La Macédoine. Parmi tous les piétons qui passent autour de moi  dans la rue, combien savent ce que ce mot veut dire ? On éprouve une sorte de tristesse quand on pense à la solitude dans laquelle se trouve forcément un grand romancier […]

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De quoi faire lire les illettrés

De quoi faire lire les illettrés

Antoine Sénanque

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Bastos à crédit s’adresse « …à ceux qui n’aiment pas lire. C’est court, y a des illustrations. Si t’en lis plein comme ça, t’as lu un gros livre » dixit le délicieux Jean-Pascal Zadi, l’auteur. Question posée : comment faire lire la tribu des illettrés ? Attirer le regard sur la chose écrite des néanderthaliens d’aujourd’hui ? Autrement dit : les jeunes… C’est le défi auto-lancé par cette fraîche et prometteuse maison d’édition pleine de hardiesse et d’optimisme : Izarts, qui évoque phonétiquement ces chamois des Pyrénées, maîtres des pentes escarpées et rocailleuses, réservées aux corps souples et aux esprits équilibrés. L’éditeur pour cette course sélective a choisi un champion emblématique, […]

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Richard Flanagan, le diable de Tasmanie

Richard Flanagan, le diable de Tasmanie

MARIE TOURRES

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EN 2014, le vénérable Booker Prize fut teinté d’un relent de polémique sur les spécificités de la culture du Commonwealth, de l’Irlande et du Zimbabwe. Pour la première fois, le prix était ouvert à tout auteur écrivant en anglais et publié au Royaume-Uni, dégageant donc une large voie aux oeuvres américaines. Cette modification, rompant avec une tradition vieille de 45 ans, ne remporta pas l’approbation générale. Certains criant à la globalisation de la littérature, d’autres au manque d’équité puisque jamais le Pulitzer ne laisserait place libre à des auteurs étrangers. Mais l’honneur est sauf. C’est bien un écrivain du Commonwealth qui […]

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