de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Théâtre

Le discours de la méthode de Stanislavski

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On hésite toujours à s’emparer pour la première fois de ce que la rumeur désigne de longue date comme « la bible du métier » quel que soit celui-ci. C’est impressionnant ; on craint que la moindre critique ne soit prise pour un blasphème ; on anticipe une déception. Bref, on y va souvent à reculons. Mon cas lorsque j’ai reçu l’édition de poche de La Formation de l’acteur (traduit de l’anglais par Elisabeth Janvier, 352 pages, 9,10 euros, Petite Biblio Payot) de Constantin Stanislavski (1863-1938), d’après une traduction du russe en anglais, incomplète, largement amputée de pages sur les improvisations, mais il faut s’en […]

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L’homme qui hésitait entre toutes les morts possibles

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Il y a des livres que l’on ne sait où ranger. Echappant à la tyrannie des genres, inclassables au propre comme au figuré, ils résistent et demeurent au seuil de notre bibliothèque en attendant qu’une géniale intuition les assigne à un rayon, jusqu’au prochain déménagement. Le philosophe Walter Benjamin a évoqué ses affres de lecteur compulsif dans Je déballe ma bibliothèque (traduit de l’allemand par Philippe Ivernel, 210 pages, 9 euros, Rivages poche), recueil où il médite sur sa pratique de la collection de livres. J’espérais y trouver une solution à mon problème : où ranger Ancien malade des hôpitaux de […]

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Un titre problématique de Giraudoux

Un titre problématique de Giraudoux

JACQUES BODY

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Les traducteurs ont souvent reculé devant le titre de la pièce de Jean Giraudoux La guerre de Troie n’aura pas lieu (ici en Pdf). Annette Kolb a préféré Kein Krieg in Troja (Pas de guerre à Troie), Christopher Fry Tiger at the Gates (Tigre aux portes de la ville), et même si l’on est revenu à des traductions littérales, ce titre n’a jamais été plagié par les journalistes anglais ou allemands comme en France, faute d’avoir trouvé semblable euphonie, semblable cadence (La guerr’ de Troie n’aura pas lieu, soit un octosyllabe de quatre ïambes). La formule semble gravée dans le marbre. Elle […]

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Michael Lonsdale joue les mots derrière les mots

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 L’acteur et comédien Michael Lonsdale (1931) ne figure pas seulement au générique d’un nombre considérable de films, téléfilms et pièces de théâtre : celui qui a incarné dans Des hommes et des dieux frère Luc, moine assassiné à Thibirine, est également un grand lecteur, à voix basse comme à voix haute, et l’auteur de plusieurs livres, tous tournés vers la foi. Le dernier en date est un hommage à l’œuvre de Charles Péguy Entre ciel et terre (212 pages, Cerf). Je l’ai rencontré récemment chez lui à Paris pour évoquer Péguy mais aussi Beckett, Duras, le métier… La République des livres […]

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Céline en Lavant fait danser les alligators sur scène

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S’emparer de Céline ? Soit. Mais qu’en faire après tant d’autres ? On s’en doute, un célinien aussi averti qu’Emile Brami s’était posé la question avant d’oser y toucher. Non pour un livre de plus, d’autant qu’il en avait déjà plusieurs à son actif. Mais une pièce de théâtre. Une vraie et non pas une lecture du Voyage au bout de la nuit, assis sur une chaise derrière un bureau en tournant les pages comme le fit l’un, ou arpentant la scène en récitant le texte comme le fit l’autre. Emile Brami a donc saisi à bras le corps l’immense corpus de […]

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Diable de Caubère !

Diable de Caubère !

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Mais comment fait-il ? Trois heures durant, Philippe Caubère est partout sur la scène de l’Athénée-Louis Jouvet, on ne voit et on n’entend que lui, et à la fin, il a l’élégance de ne pas paraître exténué quand les spectateurs le sont allègrement d’avoir autant savouré, souri et surtout ri sans discontinuer. Que c’est bon d’entendre des gens rire de bon cœur, d’un rire qui n’est pas le rire gras des shows télévisés ni le rire de dérision que Canal + a incrusté dans les esprits. Rire moliéresque, finesse de marivaudage, tragique russe, hénaurmité rabelaisienne, humour bouffon, ridicule de la farce, et […]

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Shakespeare, pionnier de la théorie des genres ?

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Shakespeare, le premier, pour avoir été ou être encore acteur, quand il écrit Comme il vous plaira, sait combien sont peu crédibles les jeux de masques au théâtre en termes de « ressemblance » réaliste et ce qu’il faut de complicité entre l’auteur et son public pour laisser croire qu’on y croit. À moins que le jeu soit de n’en rien croire et d’en faire un artifice de plus dans l’art du détournement maniériste où auteur et public sont de connivence dans la manipulation des leurres. Le dramaturge a saisi tout le parti à tirer du travestissement de la Rosalynde […]

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Le songe d’une nuit de théâtre

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Une pièce, on y met ce qu’on veut. Qu’on la mette en scène, ou qu’on y assiste, il est permis de la bousculer, et même de lui faire violence, donc de la violer dès lors qu’on lui fait un bel enfant (merci Dumas !). Ce genre de réflexion est inévitable lorsqu’on assiste à un spectacle tel que Le Songe d’une nuit d’été (A Midsummer Night’s Dream, écrit en 1594) monté par Muriel Mayette-Holtz depuis hier à la Comédie française. On peut tout faire subir à Shakespeare, il en sortira toujours vainqueur. Ce qui est rassurant. Tel est le privilège des génies : […]

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Shakespeare, toujours aussi déconcertant

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Déconcertant : c’est le mot. Celui qui revient le plus souvent pour évoquer les comédies de Shakespeare. Leur interprétation y semble ad infinitum.  On dit de cet univers qu’on peut s’y perdre comme dans l’ordonnancement labyrinthique d’un jardin anglais. Leur structure est pleine d’énigmes. Dès qu’en surgit la part dissimulée le doute envahit le lecteur/spectateur (la, précision s’impose car on en connaît qui n’apprécient pas Shakespeare au théâtre mais s’en régalent lorsqu’ils en tournent les pages). On aura beau ranger ces comédies sous l’étiquette bien commode de « maniériste », avec tout ce que cela suppose d’énergie dans le scepticisme, il en faudrait […]

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Feydeau à la folie !

Feydeau à la folie !

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Feydeau ? Adultères et portes qui claquent. Soit. Mais une fois qu’on a lancé ce lieu commun, on n’a rien dit. Car si son théâtre n’était réductible qu’à sa caricature, pas sûr qu’il ferait autant d’effet plus d’un siècle après. On le dirait daté, obsolète et on le remiserait au grenier. Or il suffisait l’autre soir de voir la salle bondée du Vieux-Colombier pliée de rire du début à la fin, et le large sourire des spectateurs à la sortie, pour imaginer qu’il n’en est rien et qu’il porte en 2013 comme en 1892, date de la création à Paris du […]

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