de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Cet été, bovarysez !

Cet été, bovarysez !

On va finir par croire que Madame Bovary, en vérité, c’était lui ! Car vingt ans après sa propre édition du roman de Gustave Flaubert, Jacques Neefs en donne une nouvelle à nouveau au Livre de poche (672 p., 3,90 €). Ce qui s’appelle avoir de la suite dans les idées. Il en est l’éditeur, le commentateur et le préfacier. Mais comment s’y prend-on pour renouveler  le classique des classiques afin de l’actualiser ? L’universitaire s’en est expliqué sur le site En attendant Nadeau :

«  Il s’agit non pas d’arrêter une interprétation « contemporaine » de ce qui serait son sens, mais plutôt de faire apparaître ce qui en elle demeure activement problématique, ce qui est sa puissance de suspens esthétique.

Dans le fol espoir d’appréhender l’intensité d’une insaisissable présence, de pénétrer cette prose lente dans son inaccessible quête de la « splendeur du vrai », il a fait profiter son édition des vingt dernières années de recherches génétiques sur l’œuvre de Flaubert menées à l’université de Rouen ainsi qu’à Lyon notamment. De quoi interroger et renvoyer à d’autres livres de Flaubert bien sûr mais aussi autour de lui.  Celui de Pierre-Marc de Biasi par exemple Gustave Flaubert, une manière spéciale de vivre (494 pages, 21,50 euros, Grasset) qui se veut une enquête biographique du troisième type. Non  pas la vie seule, ni même saviesonoeuvre, mais une biographie génétique, fondée sur l’étude des manuscrits et des carnets, laquelle est la spécialité de l’auteur puisqu’il en fut jadis le pionnier éditeur.

Son domaine, c’est l’entre-deux de l’existence et de la littérature, ce no man’s land incertain mais fascinant dissimulé dans les manuscrits. C’est si riche et si fécond qu’il est impossible d’aborder, fût-ce en passant, toutes les facettes de la main à plume creusées par Pierre-Marc de Biasi. Arrêtons-nous donc sur le chapitre 7 puisqu’il permet de pulvériser un poncif et une légende une fois pour toutes qui ont la vie dure. Gustave Flaubert n’a jamais écrit « Madame Bovary, c’est moi ! ». Il ne l’a même pas dit. Mais par quels chemins cette idée reçue s’est-elle si bien installée dans les esprits jusqu’à acquérir force de vérité ?

En fait, c’est un ouï-dire. Suivez la chaîne : 1. René Descharmes lance la chose dans Flaubert, sa vie son caractère et ses idées en 1857 que Ferroud publia il y a très exactement cent ans. En rapportant le mot, ce premier biographe donne tout de même une source : une femme  de ses relations le tenait de la bouche même d’Amélie Bosquet, correspondante de Flaubert, qui dit l’avoir plusieurs fois interrogé sur le personnage à l’origine de son héroïne et l’avoir entendu plusieurs fois répondre : »Madame Bovary, c’est moi !… D’après moi ! » 2. Albert Thibaudet rapporte le mot comme « certain » et l’authentifie au passage en 1935 3. Un an après, René Dumesnil, éminent flaubertien, enfonce le clou, aussitôt suivi par J. Nathan qui prétend même que cela se trouve dans la Correspondance, mais sans aller jusqu’à fournir la référence, et pour cause ! 4. Hubert Juin le prend au mot en 1965. Il est suivi un an après par André Maurois.

Bien entendu, nombreux sont ceux qui savent que la formule n’est pas de Flaubert. Ou du moins que rien ne permet sérieusement de la lui attribuer. Mais beaucoup plus nombreux sont ceux qui l’ignorent, et continuent à la citer avec autant d’assurance que le « Je est un autre » placé dans la bouche ou sous la plume de Rimbaud. Destin des formules. Pour autant, Biasi n’est pas de ces fols qui irait jusqu’à nier toute dimension autobiographique dans cette entreprise fictionnelle:

« Indiscutablement, Flaubert avec Madame Bovary fait une plongée dans son propre passé littéraire (…) L’érotisme de Madame Bovary, très atténué, il est vrai, des brouillons au texte définitif, paraît profondément inspiré par les expériences amoureuses (réelles et fantasmatiques, difficile de distinguer en ce domaine) de l’homme Gustave Flaubert. »

Reste à savoir si, de la dérision universelle à l’ironie dépassionnée, on a affaire à la marque d’une personnalité rebelle ou à l’effet généralisé d’un style ? C’est tout le sujet de cet essai qu’il vaut mieux aborder en possédant déjà quelques lettres en flaubertisme mais qui , dès lors, ouvre des perspectives enchantées à celui se sera aventuré dans cette traversée. Le plus extraordinaire est encore qu’en le refermant, on se fiche bien de savoir qui était Madame Bovary. Lui ou une autre. C’est la preuve éclatante de la réussite de cette « vie d’écrivain » semblable à peu d’autres. On sait juste que ce n’était ni Jennifer Jones, ni Valentine Tessier, ni Isabelle Huppert. Et moins encore une femme de la vraie vie. L’authentique Madame Bovary existe et elle est innombrable : toute lectrice troublée, voire chavirée, par ce roman

Depuis le bovarysme a fait du chemin. Rappelons que cet état d’âme a été effectivement défini comme « la capacité qu’a l’être humain de se concevoir et de se vouloir autre qu’il n’est » par Jules de Gaultier dans Le bovarysme (Presses universitaires de Paris-Sorbonne, 2006). Ce « délire du coeur », qui consiste à s’enivrer en rêvant à un avenir radieux mais fantasmé, avait été esquissé par Flaubert dans Passion et vertu, Novembre ainsi que dans la première Education sentimentale (« Il souffrait toujours de quelque chose qui lui manquait ; il attendait sans cesse je ne sais quoi qui n’arrivait jamais ») avant de devenir si central dans Madame Bovary que cela le ferait bientôt accéder au rang de concept et consacrer en néologisme :

« Mais, en écrivant, elle percevait un autre homme, un fantôme fait de ses plus ardents souvenirs, de ses lectures les plus belles, de ses convoitises les plus fortes; et il devenait à la fin si véritable, et accessible, qu’elle en palpitait émerveillée, sans pouvoir le nettement imaginer, tant il se perdait, comme un dieu, sous l’abondance de ses attributs. Il habitait la contrée bleuâtre où les échelles de soie se balancent à des balcons, sous le souffle des fleurs, dans la clarté de la lune. Elle le sentait près d’elle, il allait venir et l’enlever tout entière dans un baiser. Ensuite, elle retombait à plat, brisée; car ces élans d’amour vague la fatiguaient plus que de grandes débauches. » (III, 6)

N’allez pas croire que j’ai trouvé cela tout seul. J’ai puisé dans l’indispensable Dictionnaire Flaubert (780 pages, 39 euros, CNRS éditions) de Jean-Benoît Guinot, somme pratique et complète.

Et si l’on est flaubertien canal historique, on peut toujours savourer l’édition très originale de Madame Bovary (515 pages, 32 euros, Droz). Rien moins que la reproduction au trait de l’original de 1857 annoté par Gustave Flaubert en personne. C’est l’exemplaire tel que tinrent entre leurs mains de Maxime du Camp et Léon Laurent-Pichat, poète et rédacteur-propriétaire de la Revue de Paris qui publia le roman du 1eroctobre au 15 décembre 1856. On oublie souvent qu’ils l’ont censuré « pour son bien et en toute affection » ( !) avant le procureur impérial Pinard, lequel était au fond dans son rôle de gardien de la morale publique. Alors qu’eux étaient censés n’être guidés que par un souci esthétique.

Ce sont eux qui, les premiers, exigèrent de l’auteur des coupes, ce qu’il ne leur pardonna pas, dussent-ils se retrouver ensuite in solidum devant le tribunal. Raturés au crayon ou biffés à la plume, parfois encadrés, souvent commentés dans la marge, ces passages sont censés purger le livre de son immoralité. Flaubert n’hésitait pas à exhiber son exemplaire (aujourd’hui conservé à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris) devant ses amis afin de les édifier sur l’état de la chose littéraire. Parfois drôle, d’autre fois pathétique, toujours instructif sur les mœurs littéraires, et les mœurs en littérature (ne pas oublier le sous-titre sur la couverture : « Mœurs de province »).

Dans une postface aussi éclairée qu’éclairante, Yvan Leclerc rappelle que les censeurs s’en sont pris principalement aux morceaux les plus fameux : la noce (banquet provincial), les comices (une foire de bêtes de gens), le pied-bot (une opération chirurgicale), toutes choses qui mettaient en cause des valeurs sociales. Petite anthologie de ces retouches à 71 reprises. Parfois un mot (« concupiscence », « ta concubine ! », « bandages ») ou un groupe de mots (« la première grossesse de sa femme », « couvert de scrofules au visage », « suant sous ces couvertures », « leurs jambes entraient l’une dans l’autre », « Napoléon représentait la gloire ») parfois deux pages (la scène du fiacre) dont le choix souvent déconcerte tant il paraît anodin, même en se replaçant dans l’époque ; enfin, pas toujours :

« Auprès d’une parisienne en dentelles, dans le salon de quelque docteur illustre, personnage à décorations et à voiture, le pauvre clerc, sans doute, eût tremblé comme un enfant ; mais ici, à Rouen, sur le port, devant la femme de ce petit médecin, il se sentait à l’aise sûr d’avance qu’il éblouirait. L’aplomb dépend des milieux où il se pose : on ne parle pas à l’entre-sol comme au quatrième étage, et la femme riche semble avoir autour d’elle, pour garder sa vertu, tous ses billets de banque, comme une cuirasse, dans la doublure de son corset ».

Ou encore :

« On le vit pendant une semaine entrer le soir à l’église. M. Bournisien lui fit même deux ou trois visites, puis l’abandonna. D’ailleurs, le bonhomme tournait à l’intolérance, au fanatisme, disait Homais ; il fulminait contre l’esprit du siècle et ne manquait pas, tous les quinze jours, au sermon, de raconter l’agonie de Voltaire, lequel mourut en dévorant ses excréments, comme chacun sait »

Quelle logique à l’œuvre ? Celle qui consiste à anticiper sur l’application de la loi de 1819 par la Justice (outrage à la morale publique ou religieuse ou aux bonnes mœurs). On dirait aujourd’hui qu’ils ont agi en vertu du principe de précaution. Le procureur Pinard approuvera d’ailleurs l’essentiel de ces censures. En conservant précieusement cet exemplaire pour la postérité, Flaubert voulait se venger. C’est réussi tant cette lecture demeure éloquente et émouvante plus d’un siècle et demi après. On n’entre jamais autant en empathie avec Gustave qu’en suivant sa main à plume courir contre son gré sur ces pages pour témoigner avec éclat de l’étroitesse d’esprit et la bêtise de la police des Lettres, l’officielle et l’autre, tout près et pire encore car si amicale et si confraternelle…

Il y a peut-être d’autres urgences, encore que, rien de moins évident. Il est grand temps de rouvrir le dossier du bovarysme. Après tout, il s’agit rien moins que penser notre rapport au réel en libérant « un moi situé au-dessus de soi ». Madame Bovary, c’est nous. (

( » Il Ballo, Festa di Capodanno a Villa Airoldi, 1985, photo © letizia battaglia ; « Audrey Hepburn à NY » photo D.R. ; photo Toni Frissell ; « California 1955 photo Elliott  Erwitt/courtesy agence Magnum)

 

 

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire.

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commentaires

1 745 Réponses pour Cet été, bovarysez !

Soleil vert dit: 13 août 2019 à 23 h 22 min

D. dit: 13 août 2019 à 23 h 09 min
C’est subjectif, mais je suis de votre avis.
Quand on compare à Stravinsky …

Jean Langoncet dit: 13 août 2019 à 23 h 19 min

@1 minute de raffinement et de bulle française

Dans la rubrique « on dirait le sud », bien plus subtil et délicat qu’un Prosecco : une Clairette de Die

Delaporte dit: 13 août 2019 à 23 h 19 min

« Tenez bon Delaporte, 3000 euros, c’est pas cher. La Bovary s’est endettée pour moins que ça. »

Sublime Sasseur, vous verrez, la lumière est si belle à Syracuse. Elle est bleue comme une orange. On la contemple simplement, pauvrement, magnifiquement. Elle ne coûte rien, et surtout pas 3000 €. Et on n’a pas besoin de parler. C’est un silence que j’ai encore dans l’oreille.

D. dit: 13 août 2019 à 23 h 13 min

Trouvez-moi seulement 1 minute de raffinement dans toute l’oeuvre de Chostaco et je suis prêt à revnir sur mon jugement.
Une seule. J’attends.

D. dit: 13 août 2019 à 23 h 11 min

C’est que j’apelle de la musique épaisse.
Même les flonflons du bal sont moins épais que cette musique.

Pablo75 dit: 13 août 2019 à 23 h 04 min

Chostaco il nous casse surtout les oreilles.
D. dit: 13 août 2019 à 20 h 25 min

Tu n’as pas honte de dire cela? C’est l’un des plus grands compositeurs de l’histoire de la musique, auteur d’une oeuvre gigantesque. Le dernier très grand. Immense symphoniste, très grand auteur de musique de chambre, génial compositeur d’opéras et même auteur de « tubes » comme la célèbre vals de Suite for Variety Orchestra No. 1

https://www.youtube.com/watch?v=-s8QDizuokU

Bérénice dit: 13 août 2019 à 22 h 55 min

Et un homme suspendu ? Celui qui ne marche plus.
Ce billet n’attire pas les foules, il va falloir que Passou présente rapidement une autre marchandise

Petit Rappel dit: 13 août 2019 à 22 h 37 min

Jacques Barozzi, 22H 15
Rappelons que dans la langue de Villon, un homme « branché » est un homme pendu! A transmettre aux bobos de tout poil…

MCourt dit: 13 août 2019 à 22 h 35 min

DHH, il y a certes Homais, mais aussi Lheureux dement responsable de la Tragédie.

Pour ce qui concerne Delaporte et Choses Vues: Un premier choix est effectué par les Héritiers pour Ollendorff en 1887.
Suite à la dispersion de manuscrits de Hugo soit par la famille, soit par l’entourage, des manuscrits seront rattachés après 1945 comme faisant partie de Choses Vues. C’est le fait d’universitaires collectionneurs comme, par exemple Henri Guillemin, ou de passionnés très recommandables comme Hubert Juin.
Le parti pris de faire éclater les posthumes pour reconstituer l’ordre chronologique de la création Hugolienne trouve son sommet avec la très sérieuse édition Massin (1967) ou Choses Vues, en tant que tel, ne figure pas. C’est le moment ou se développe, en grande partie sous l’impulsion de Journet et Robert, l’étude des Manuscrits Hugoliens.
Les éditions Folio et Quarto, constituées bien après l’Ollendorff et l’Edition dite Nationale, bénéficiant des remarquables travaux de Groupugo, amènent à un état du texte augmenté et différent. En bref, là ou les Héritiers avaient constitué une anthologie de la Geste du grand Homme, les universitaires ont complété, parfois à partir du noyau de la BN, parfois à partir de leurs propres fonds: eux-mêmes parfois issus d’une sorte de pillage post mortem puisque tous les Ms de Hugo devaient entrer par Testament à la BN. Ce fut le cas de quatre-vingt dix-neuf pour cent, mais pas tous. Le Livre des Tables Tournantes en est un célèbre exemple. On en revient à la formule de Jean Gaudon: « le pillage a commencé par des gens très bien. »
On a donc, d’Ollendorff à Quarto via Guillemin, une sorte de « work in progress » qui aurait ravi Hugo, grand amateur de structures ouvertes.
Bien à vous.
MC

Jazzi dit: 13 août 2019 à 22 h 15 min

« un mec branché sur place, puis tué »

Oui, Ed, il y a quelques années, un mec s’était fait agresser et poignarder à mort par une bande de loubards homophobes. Je ne me souviens pas que Houellebecq en ait parlé ? Et encore moins Angot ! Mais chez d’autres, peut-être ?

Bérénice dit: 13 août 2019 à 21 h 52 min

Il y aussi la danse des chevaliers, que j’aime beaucoup. Pablo dispose t il d’une orchestration parfaite ?

Marie Sasseur dit: 13 août 2019 à 21 h 50 min

la prochaine fois que je poste ce sera de Syracuse.
Ici, faut pas rester longtemps, on se fait vite tartir.
Tenez bon Delaporte, 3000 euros, c’est pas cher. La Bovary s’est endettée pour moins que ça.

Bérénice dit: 13 août 2019 à 21 h 48 min

Si cela vous fait plaisir, Marie Sasseur, pourquoi pas. Je n’ai rien à objecter.Mais je comprends tout à fait le tourment de cette femme , que vaut une vie sans amour, c’est une nécessité que de repriser ce trou dans sa cote de maille.

Bérénice dit: 13 août 2019 à 21 h 44 min

J’ai toujours entendu la danse macabre ensorcelante , vive , enlevée, avec ça et là quelques passages angoissants. Le diable surement s’est invité à la table du compositeur.

Marie Sasseur dit: 13 août 2019 à 21 h 44 min

« Duras s’attaque à un tout autre sujet. »

Si on peut dire en bavassant, as usual.
Duras a mis de l’air à  » le vent était mou », mou, sans consistance, un peu comme vous, lol.

Bérénice dit: 13 août 2019 à 21 h 05 min

Marie Sasseur, je lis au bas d’une analyse fournie et détaillée :
« Le roman a toutes les apparences de la logique fonctionnelle d’une cure psychanalytique. »

Les deux romans ne sont pas nés d’un meme contexte social, moral et historique pas même s’il s’agit d’amour, vivace ,brisé , inexistant. Pourquoi devrait on songer à une compatibilité entre des textes, cette pensée ne m’est jamais venu. Flaubert à,je crois , voulu déranger la bien-pensance de son temps ( pour preuve , les procès pour outrages aux bonnes moeurs ou quelque chose du genre), Duras s’attaque à un tout autre sujet.

rose dit: 13 août 2019 à 21 h 02 min

Bérénice
À 17h44 la lettre.

En lien avec les suicidés debmauvais augure, Boulin écriviez vous ce matin ; et Jean Edern Hallier sans doute.

Et alii
Pas toujours. Ds le train, oui.
Merci.

Ed dit: 13 août 2019 à 20 h 57 min

Je sais bien jazzi. J’essayais juste de me rappeller chez qui je l’ai lu ou bien si j’ai découvert ce petit secret parisien dans la rubrique fait divers (un mec branché sur place, puis tué).

Delaporte dit: 13 août 2019 à 20 h 41 min

« payer 1000€ la nuit (spécial Delaporte) »

Merci de votre solidarité, pado, oui je reviens de loin.

Marie Sasseur dit: 13 août 2019 à 20 h 37 min

C’était osé, mais il fallait peut-être le faire ce rapprochement entre Emma Bovary, et Lol.V.Stein. Pour mieux en montrer l’incompatibilité, Et. Al.
Entre Lol, que tout le monde se disputait au collège, « bien qu’elle vous fuit entre les mains comme l’eau parce que le peu que vous reteniez d’elle valait la peine de l’effort. Lol était drôle, moqueuse, impenitente, et très fine bien qu’une part d’elle-même eût été toujours en allée loin de vous et de l’instant  »
A des années-lumière de cette souffe-douleur, un peu paumée , que Flaubert n’aura fait vivre que par procuration, prisonnière de conventions sociales aussi petites que ce milieu où elle a vécu.
Merci enfin de redonner toute sa place, Et Al. à Jarlot, dont le nom me fuyait. Et dont aucune femme digne de ce nom, ne souhaite croiser la route.
la Bovary allait se -et vous donner-des émotions fabriquées au bal de la Vaubyessard.
Lol, a vecu d’autres risques et périls.
Le chavirement , lol.

https://youtu.be/rdZMWc4XwuI

Bérénice dit: 13 août 2019 à 20 h 36 min

D, j’ai lu, à propos d’oreille, que la cochlee après la puberté est un organe -quand il n’est pas vestige et bien qu’à ce stade il serve aussi- utile et fiable pour l’identification sexuelle. Pour le monde des fossiles, de l’archéologie et peut être en criminologie c’est une grande découverte.

Bérénice dit: 13 août 2019 à 20 h 31 min

Et Alii 17h37, je n’ai pas réussi à dénicher la lettre que vous attendiez, en échange je vous en propose une autre, grivoise, limite porno , salace et licencieuse.
J’aimerais tout de même découvrir ce que GF et LB ont échangé sur la bêtise, quelqu’un disposerait il d’un lien pour un thème annoncé plus convenable?
https://www.google.com/amp/s/www.nouvelobs.com/rue89/rue89-la-lettre-du-dimanche/20140608.RUE0297/lettre-de-gustave-flaubert-on-avoue-sa-sodomie-et-on-en-parle-a-table.amp

D. dit: 13 août 2019 à 20 h 25 min

Chostaco il nous casse surtout les oreilles.
M’étonnerait qu’un esthète musical comme Chaloux l’apprécie.

Bloom dit: 13 août 2019 à 20 h 13 min

Julian Barnes est aussi l’auteur d’une superbe biographie romancée de Chostakovitch, « Le fracas du temps »

En effet, Lavande, très beau livre que ‘The Noise of Time’, où l’on voit Chosta dormir tout habillé avec une valise pour ne pas déranger son épouse quand ‘ils’ viendront le chercher. De la fréquentation du pouvoir en dictature…
Il n’aura pas le courage de « trop » déplaire. Il semblerait aussi que la musique instrumentale, signifiant sans signifié ni référent soit moins directement subversive que l’écrit. Songeons aux trahis de la Révolution, Goumiliov, Essenine et Maïakovski, ou encore à Mandelstam qui affronta le Pouvoir bille en tête avec son Epigramme contre Staline, qui lui valut l’exil, puis le goulag et la mort.

« Nous vivons sans sentir sous nos pieds le pays,
Nos paroles à dix pas ne sont même plus ouïes,
Et là où s’engage un début d’entretien, —
Là on se rappelle le montagnard du Kremlin.

Ses gros doigts sont gras comme des vers,
Ses mots comme des quintaux lourds sont précis.
Ses moustaches narguent comme des cafards,
Et tout le haut de ses bottes luit.

Une bande de chefs au cou grêle tourne autour de lui,
Et des services de ces ombres d’humains, il se réjouit.
L’un siffle, l’autre miaule, un autre gémit,
Il n’y a que lui qui désigne et punit.

Or, de décret en décret, comme des fers, il forge —
À qui au ventre, au front, à qui à l’œil, au sourcil.
Pour lui, ce qui n’est pas une exécution, est une fête.
Ainsi comme elle est large la poitrine de l’Ossète. »

Traduction d’Élisabeth Mouradian et Serge Venturini
(Wiki)

Fou comme cette description du Petit père des peuples a valeur paradigmatique…

Jazzi dit: 13 août 2019 à 20 h 01 min

Ed, la drague homo aux Tuileries, de notoriété publique, est une vieille tradition qui remonte à l’Ancien Régime ! Bien des auteurs en ont parlé…

pado dit: 13 août 2019 à 19 h 49 min

Ya que les clients de l’hôtel Meurice qui doivent faire la gueule, payer 1000€ la nuit (spécial Delaporte) pour que quelques centaines de nikon mitraillent vos fenêtres c’est pas jouissif, surtout si vous vous retrouvez en caleçon sur instagram.
Ya des hôtels qu’ont pas de chance.

Lavande dit: 13 août 2019 à 19 h 47 min

Bloom dit: 13 août 2019 à 18 h 53 min
Julian Barnes est aussi l’auteur d’une superbe biographie romancée de Chostakovitch, « Le fracas du temps », que j’avais lue quand « ma » troupe de théâtre avait monté une pièce sur Anna Akhmatova et Dimitri Chostakovitch : une rencontre sur un banc au bord de la Neva, un dialogue dans lequel ils racontent leurs peurs, la surveillance et les persécutions dont ils sont l’objet l’un et l’autre, interdits de publier ou de jouer leurs oeuvres.

pado dit: 13 août 2019 à 19 h 29 min

@Annibal
C’est le « admiré la grande roue » de 16h24 qui m’avait titillé.
Sinon bien d’accord que si elle doit exister elle est plus supportable actuellement (surtout qu’avec les travaux la rue de Rivoli est inabordable)

Jazzi dit: 13 août 2019 à 19 h 18 min

« qui inspira à Louise, la vieille servante de Un coeur simple, une étrange passion. »

Félicité, Bloom !

pado, la roue de Campion (qui n’est pas une fontaine) n’avait pas sa place sur la place de la Concorde. A la rigueur dans les jardins où se tient la fête foraine, pourquoi pas. Lors de ma traversée de ladite fête, j’ai repensé à Yves Mourousi, qui, nommé monsieur moto par Jack Lang, avait permis à Campion de s’installer au coeur du jardin des Champs-Elysées, avec la polémique d’usage qui s’en était suivie à l’époque…

pado dit: 13 août 2019 à 19 h 13 min

N’empêche que sur le coup (et ça fait mal de l’admettre) c’est Pablo (tiens ! j’ai même pas écrit pablito) qui fait la course en tête, et de loin.
Même que depuis deux trois jours il devient très lisible (l’absence de mon chaloux ?)
Pourvu qu’il n’ait pas sorti la machine à insultes entre temps.

Delayourte dit: 13 août 2019 à 19 h 00 min

Pablo75 est jaloux de mon succès auprès de la sublime Chantal, pendant que lui se traîne dans son canapé putride à écouter des requiems monotones. Pablo75 doit avoir 3000€ nets à dépenser, mais à quoi? Personne ne veut l’accompagner en Zélande, pas même ses enfants qui ont fui ses radotages littéraires et musicaux depuis longtemps. Ne parlons même pas de faire l’amour sur une plage venteuse, comme me l’a proposé la belle Chantal. Alors Pablo75 laissez moi compter et recompter ces 3000€ nets que moi, je n’ai pas, et retournez dans votre canapé.

Bloom dit: 13 août 2019 à 18 h 53 min

Puisque personne ne prend la route de la métafiction & de ses poupées russes, je me sacrifie:

Le Perroquet de Flaubert, Julian Barnes, 1986.

Médecin anglais spécialiste de Flaubert, Geoffrey Breathwaite découvre dans un recoin du musée Flaubert, à Rouen, le perroquet empaillé qui inspira à Louise, la vieille servante de Un coeur simple, une étrange passion. Mais à Croisset, la propriété de famille des Flaubert, se trouve un second perroquet avec les mêmes prétentions à l’authenticité. Où est le vrai perroquet, qui est le vrai Flaubert, où est la vérité de l’écrivain ? Si rien n’est certain, l’inspecteur Barnes, au bour de son éblouissante enquête littéraire, démontre néanmoins, avec élégance et humour, que la seule chose importante, c’est le texte…Né à Leicester en 1946, Julian Barnes est l’auteur de plusieurs romans et essais. Le perroquet de Flaubert (Prix Médicis étranger) a été traduit dans le monde entier.

Delaporte dit: 13 août 2019 à 18 h 51 min

Bien sûr que si que Mme Bovary est prophétique. Elle est la femme moderne. La preuve, nous avons ici sa réincarnation en Chantal avec son désir de Caraïbes à 3000 €. Je préfère m’offrir la nouvelle version de Neefs (moins de 4 € !) et la déguster chez moi (l’édition, pas Chantal). Il y a aussi que, en vacances, je n’aime pas lire sur la plage, et que je m’y ennuie très rapidement. En général, je me baigne et je rentre à l’hôtel. Ce n’est qu’à l’hôtel que j’aime bien lire, sans grains de sable qui s’introduisent entre les pages du livre.

Delaporte dit: 13 août 2019 à 18 h 44 min

« C’est la 14ème fois !!! (je viens de compter) que tu répètes le même chiffre pour dire la même chose. »

La preuve que ça m’a marqué. Pour vous, 3000 € c’est peut-être rien. Pour moi, c’est une fortune, relative, certes, mais quand même. 750 exemplaires de Mme Bovary dans la nouvelle édition ! Cela équivaut à trois jours avec Chantal sur la plage. A vous de choisir !

Delaporte dit: 13 août 2019 à 18 h 40 min

« J’ai appris ca dans un roman de Wellbouc (je ne sais plus lequel). »

Et alors, vous en tirez quelle conclusion ?

Pablo75 dit: 13 août 2019 à 18 h 40 min

@ Delaporte

« Cela ne veut pas dire que je vais gâcher 3000 € pour aller en Caraïbe… »

C’est la 14ème fois !!! (je viens de compter) que tu répètes le même chiffre pour dire la même chose.

Tu ne crois pas que ÇA SUFFIT?

Tu ne vois pas que ton comique de répétition est devenu du radotage de vieillard atteint d’alzheimer?

Delaporte dit: 13 août 2019 à 18 h 38 min

Vous auriez su faire une homélie qui se tienne, Jacuzzi ? Je crains que non, même avec du labeur. La morale, vous ne savez pas ce que c’est. Vous préférez flâner sur les deux rives, en restant sur votre quant-à-soi. C’est respectable…

Ed dit: 13 août 2019 à 18 h 35 min

« Au passage, j’ai pu constater que du côté des labyrinthes des jardins des Tuileries, la drague nocturne homo battait son plein, Delaporte… »

J’ai appris ca dans un roman de Wellbouc (je ne sais plus lequel). En revanche, cela fait longtemps que ce n’est plus le cas, Grindr oblige.

Delaporte dit: 13 août 2019 à 18 h 35 min

« Rien n’est moins sûr, Delaporte… »

Jacuzzi, étant homo, vous auriez pu être prélat (cf. Sodoma), comme vos ancêtres italiens. Cela aurait eu une autre gueule, je trouve. Vous ne seriez cependant pas monté très haut, vous le demi-journaliste, le presque esthète, le quasi-cinéphile, la feignasse flaubertienne…

pado dit: 13 août 2019 à 18 h 25 min

Annibal 18h04

Manquerait plus que tu tapes sut Tinguely et Saint-Phalle (accessoirement ça fait combien de fois que tu le postes celui-là ? 3, 4 ?)
Mais préférer Campion aux Bouroullec faut oser, ça doit être une conséquence de l’atmosphère des Tuileries sous les étoiles.

Delaporte dit: 13 août 2019 à 18 h 21 min

« J’ai lu à Jérusalem un livre socialiste (Essai de philosophie positive, par Auguste Comte). Il m’a été prêté par un catholique enragé, qui a voulu à toute force me le faire lire afin que je visse combien, etc. »

Sans doute un ancêtre de Delaporte !
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Jacuzzi, je ne suis pas un « catholique enragé ». Je suis très tolérant, et je respecte les autres religions que la mienne, et même l’athéisme. Simplement, on peut rester ici à parler de sa foi sans pour autant aller aux Caraïbes néerlandaises ou que sais-je.

Delaporte dit: 13 août 2019 à 18 h 16 min

« Au passage, j’ai pu constater que du côté des labyrinthes des jardins des Tuileries, la drague nocturne homo battait son plein, Delaporte… »

A part vous, Jacuzzi, tout le monde est hétéro, ici. Même moi, bien que grand catholique (cf. Sodoma). Cela ne veut pas dire que je vais gâcher 3000 € pour aller en Caraïbe néerlandaise avec une Chantal dont je ne connais même pas le visage. Même si c’est pour faire l’amour sur la plage. Je reste chez moi à lire une encyclique papale, et c’est bien suffisant pour cet été, et assez onéreux comme ça.

Jazzi dit: 13 août 2019 à 18 h 15 min

renato passe désormais son temps à répertorier les lieux à revoir. Une sorte d’inventaire avant faillite ? Moi, depuis toujours, je fais le tour du propriétaire et me livre à un inventaire de Paris : ses jardins, ses cimetières, ses fontaines et ses statues, ses lieux de spectacles, ses musées, etc., etc.

Jazzi dit: 13 août 2019 à 18 h 11 min

« J’ai lu à Jérusalem un livre socialiste (Essai de philosophie positive, par Auguste Comte). Il m’a été prêté par un catholique enragé, qui a voulu à toute force me le faire lire afin que je visse combien, etc. »

Sans doute un ancêtre de Delaporte !

L’essentiel de la lettre est là, et toujours d’actualité !

« Oui, la bêtise consiste à vouloir conclure. Nous sommes un fil et nous voulons savoir la trame. Cela revient à ces éternelles discussions sur la décadence de l’art. Maintenant on passe son temps à se dire : nous sommes complètement finis, nous voilà arrivés au dernier terme, etc., etc. »

Jazzi dit: 13 août 2019 à 18 h 04 min

Pas du tout, mauvaise langue de pado. Je raconte ce que je vois, je m’interroge sur ce qu’il y avait avant et je ne manque jamais de souligner les belles réalisations nouvelles …
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Fontaine Stravinsky
Place Igor-Stravinsky
Métro : Hôtel-de-Ville

La fontaine animée

Conçue par Jean Tinguely et composée, à l’intérieur d’un vaste bassin rectangulaire, de seize figures articulées et multicolores dues à sa compagne Niki de Saint-Phalle, c’est, incontestablement, la plus spectaculaire fontaine contemporaine réalisée dans la capitale. Inaugurée en 1983, elle offre une heureuse transition entre les arches gothiques du chevet de l’église Saint-Merri et les tubulures vivement colorées du Centre Pompidou. Depuis lors, sa margelle en acier inoxydable, formant une banquette ininterrompue, en ont fait une halte ludique, plébiscitée par les nombreux visiteurs du Centre Beaubourg et particulièrement appréciée des enfants. Aménagée sur le parvis de l’Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique (Ircam), cette fontaine, baptisée à l’origine Le Sacre du Printemps, rend hommage, ainsi que la place au centre de laquelle elle s’inscrit, au compositeur Igor Stravinsky. Plus généralement appelée fontaine Stravinsky, elle est animée en fait de figures d’automates inspirées de l’ensemble de l’œuvre du musicien. C’est ainsi que, parmi les sculptures symbolisant les thèmes de la vie, de la mort ou de l’amour (le cœur, les lèvres rouges), et les représentations fantastiques du bestiaire (serpent, éléphant) propres à l’univers fantasmagorique du compositeur russe, nous pouvons admirer la haute silhouette de L’Oiseau de feu, émergeant au centre du bassin.

pado dit: 13 août 2019 à 17 h 56 min

Jazzi dit: 13 août 2019 à 16 h 48 min

Ah ! Buren, Pei, les Bouroullec, tous dans le même sac.
Ce qui rassure c’est que lors du remplacement des « douches publiques » il y aura un Annibal pour hurler à la mort.

et alii dit: 13 août 2019 à 17 h 49 min

Dans sa correspondance, à partir de 1846, la philosophie et les philosophes deviennent les cibles d’une critique . [4] Mais c’est au nom d’une autre idée de la philosophie qu’il s’en prend aux philosophies : « La recherche de la cause est antiphilosophique et antiscientifique, et les Religions en cela me déplaisent encore plus que les philosophies, puisqu’elles affirment la connaître. » (lettre à Mme Roger des Genettes de l’été 1864). Il y a donc deux sens du mot « philosophie » employé par Flaubert : l’un péjoratif lorsqu’il désigne la métaphysique, l’autre à l’inverse positif lorsqu’il renvoie à la Critique, invention majeure du XIXe siècle, selon Flaubert, avec le « sens historique » (lettre à Edmond et Jules de Goncourt du 3 juillet 1860) duquel elle est d’ailleurs indissociable. Contre les discours de Vérité, il défend ce qui a pu passer pour un scepticisme voire un nihilisme : « […] il n’y a de vrai que les rapports, c’est-à-dire la façon dont nous percevons les objets », écrira-t-il en 1878 (lettre à Maupassant du 15 août) . [5]Il ébauche déjà l’idée avant la lettre d’une archéologie nécessaire des représentations. Il ne pouvait donc qu’être irrité par la foi naïve en l’existence d’une réalité stable dont la connaissance pourrait progresser : « Cette manie de croire qu’on vient de découvrir la nature et qu’on est plus vrai que les devanciers m’exaspère. La tempête de Racine est tout aussi vraie que celle de Michelet. Il n’y a pas de Vrai ! Il n’y a que des manières de voir. » (lettre à Léon Hennique du 3 février 1880) . [6]

Dans ces conditions, comment redonner à l’œuvre littéraire une raison, une valeur éthique, et une dignité à une époque où le rapport avec la connaissance et la vérité semblait encore en être la condition ? Flaubert se pose la question en 1852 : « […] nous tâtonnons dans les ténèbres. Nous manquons de levier, la terre nous glisse sous les pieds. Le point d’appui nous fait défaut, à tous, littérateurs et écrivailleurs que nous sommes. À quoi cela sert-il ? À quel besoin répond ce bavardage ? De la foule, à nous aucun lien » (lettre à Louise Colet du 24 avril 1852). La « foule », écrit-il, et non le peuple, ni la nation et pas même le public. Le terme employé dit à lui seul que Flaubert – qui, contrairement à Hugo, fait définitivement l’économie de Dieu – ne cherchera pas non plus la raison et la valeur éthique de la littérature du côté d’une transcendance de l’histoire. Il ne croit pas à la possibilité d’une articulation harmonieuse de l’individuel et du collectif, du particulier et de l’historique : l’accord de l’écrivain et d’un peuple en devenir est un rêve naïf . [7]Il n’est pas de ceux qui se croient la voix de leur siècle [8] ou qui s’autorisent d’un quelconque sacerdoce pour écrire. Il ne pense d’ailleurs pas l’articulation de l’individuel et du collectif mais une atomisation sociale : « […] la fantaisie d’un individu me paraît tout aussi légitime que l’appétit d’un million d’hommes » (lettre à Louise Colet du 24 avril 1852). Certes, « chaque chose a ses raisons », reconnaît-il aussi dans la même lettre. Mais la caractéristique du XIXe siècle est l’égalité des raisons. Comment refonder la puissance et la légitimité de la littérature ? D’abord en prenant acte des conditions historiques qui expliquent sa situation pour en déduire une stratégie :
Je crois […] que les règles de tout s’en vont, que les barrières se renversent, que la terre se nivelle. Cette grande confusion amènera peut-être la Liberté. – L’art, qui devance toujours, a du moins suivi cette marche. Quelle est la poétique qui soit debout maintenant ? La plastique même devient de plus en plus presque impossible, avec nos langues circonscrites et précises et nos idées vagues, mêlées insaisissables. Tout ce que nous pouvons faire, c’est donc, à force d’habileté, de serrer plus raide les cordes de la guitare tant de fois raclées, et d’être surtout des virtuoses, puisque la naïveté à notre époque est une chimère. (Lettre à Louise Colet, 4 septembre 1852).
https://epistemocritique.org/flaubert-et-le-philosophique-ethique-et-esthetique/

Jazzi dit: 13 août 2019 à 17 h 44 min

Vos désirs font des ordres, et alii !

À Louis Bouilhet.
Damas, 4 septembre 1850.
Toi aussi, mon fils Brutus ! Ce qui ne veut pas dire que je sois un César !
Toi aussi, pauvre vieux, que j’admirais tant pour ton inébranlable foi ! Tu as raison de le dire, va, tu as été beau pendant deux ans, et le jour où tu as remporté ce fameux prix d’honneur qui décore la cheminée maternelle, ta mère a pu être fière de toi. Mais elle ne l’a jamais été autant que je l’étais, sois-en sûr. Au milieu de mes lassitudes, de mes découragements et de toutes les aigreurs qui me montaient aux lèvres, tu étais l’eau de Seltz qui me faisait digérer la vie. En toi je me retrempais, comme en un bain tonique. Quand je me plaignais tout seul, je me disais : « Regarde-le » et plus vigoureusement je me remettais à l’ouvrage. Tu étais mon spectacle le plus moral et mon édification permanente. Est-ce que le saint, maintenant, va tomber de sa niche ? Ne bouge donc pas de ton piédestal. Serions-nous des crétins, par hasard ? Ça se peut. Mais ce n’est pas à nous de le dire, encore moins de le croire. Le temps, cependant, nous devrait être passé de la migraine et des défaillances nerveuses. Il y a une chose qui nous perd, vois-tu, une chose stupide qui nous entrave : c’est « le goût », le bon goût. Nous en avons trop, je veux dire que nous nous en inquiétons plus qu’il ne faut. La terreur du mauvais nous envahit comme un brouillard (un sale brouillard de décembre qui arrive tout à coup, vous glace les entrailles, pue au nez et pique les yeux). Si bien que, n’osant avancer, nous restons immobiles. Ne sens-tu pas combien nous devenons critiques, que nous avons des poétiques à nous, des principes, des idées faites d’avance, des règles enfin, tout comme Delille et Marmontel ! Elles sont autres, mais qu’est-ce que ça fait ? Ce qui nous manque, c’est l’audace. À force de scrupules, nous ressemblons à ces pauvres dévots qui ne vivent pas de peur de l’enfer, et qui réveillent leur confesseur de grand matin pour s’accuser d’avoir eu la nuit des rêves amoureux. Ne nous inquiétons pas tant du résultat. Aimons, aimons ; qu’importe l’enfant dont accouchera la Muse ! Le plus pur plaisir n’est-il pas dans ses baisers ?
Faire mal, faire bien, qu’est-ce que ça fait ? J’ai renoncé pour moi à m’occuper de la postérité. C’est prudent. Mon parti en est pris. À moins qu’un vent excessivement littéraire ne survienne à souffler d’ici à quelques années, je suis très résolu à « ne faire gémir » les presses d’aucune élucubration de ma cervelle. Toi et ma mère et les autres (car c’est une chose magnifique qu’on ne veuille pas laisser exister les gens à leur guise) blâmiez fort ma manière de vivre. Attends un peu que je sois revenu, et tu verras si je vais la reprendre. Je me fous dans mon trou et, que le monde croule, je n’en bougerai pas. L’action (quand elle n’est pas forcenée) me devient de plus en plus antipathique. Je viens tout à l’heure de renvoyer sans les voir plusieurs écharpes de soie qu’on m’apportait pour choisir ; il n’y avait cependant qu’à lever les yeux et à se décider. Ce travail m’a tellement assommé d’avance que j’ai renvoyé les marchands sans leur rien prendre. J’aurais été sultan, je les aurais jetés par la fenêtre. Je me sentais plein de mauvais vouloir contre les gens qui me forçaient à une activité quelconque. Revenons à nos bouteilles, comme dit le vieux Michel.
Si tu crois que tu vas m’embêter longtemps avec ton embêtement, tu te trompes. J’ai partagé le poids de plus considérables ; rien, en ce genre, ne peut plus me faire peur. Si la chambre de l’Hôtel-Dieu pouvait dire tout l’embêtement que pendant douze ans deux hommes ont fait bouillonner à son foyer, je crois que l’établissement s’en écroulerait sur les bourgeois qui l’emplissent. Ce pauvre bougre d’Alfred ! C’est étonnant comme j’y pense et toutes les larmes non pleurées qui me restent dans le coeur à son endroit. Avons-nous causé ensemble ! Nous nous regardions dans les yeux, nous volions haut.
Prends garde, c’est qu’on s’amuse de s’embêter ; c’est une pente. Qu’est-ce que tu as ? Comme je voudrais être là pour t’embrasser sur le front et te flanquer de grands coups de pied dans le derrière ! Ce que tu éprouves maintenant est le résultat du long effort que tu as subi pour Melaenis. Crois-tu que la tête d’un poète soit comme un métier à filer le coton, et que toujours il en sorte sans fatigue ni intermittence ? Allons donc, petiot ! Gueule tout seul dans ta chambre. Regarde-toi dans la glace et relève ta chevelure. Est-ce l’état social du moment qui t’indispose ? Cela est bon pour les bourgeois que ça trouble au comptoir ; moi aussi, je sens par moment des angoisses d’adolescent. Novembre me revient en tête. Est-ce que je touche à une renaissance, ou serait-ce la décrépitude qui ressemble à la floraison ? Je suis pourtant revenu (non sans mal) du coup affreux que m’a porté Saint Antoine. Je ne me vante point de n’en être pas encore un peu étourdi, mais je n’en suis plus malade comme je l’ai été pendant les quatre premiers mois de mon voyage. Je voyais tout à travers le voile d’ennuis dont cette déception m’avait enveloppé, et je me répétais l’inepte parole que tu m’envoies : « À quoi bon ? »
Il se fait pourtant en moi un progrès ? (Tu aimerais peut-être mieux que je causasse voyage, grand air, horizons, ciel bleu ?) Je me sens devenir de jour en jour plus sensible et plus émouvable. Un rien me met la larme à l’oeil. Il y a des choses insignifiantes qui me prennent aux entrailles. Je tombe dans des rêveries et des distractions sans fin. Je suis toujours un peu comme si j’avais trop bu ; avec ça, de plus en plus inepte et inapte à comprendre ce qu’on m’explique. Puis de grandes rages littéraires. Je me promets des bosses au retour. Voilà.
Tu fais bien de songer au Dictionnaire des idées reçues. Ce livre complètement fait et précédé d’une bonne préface où l’on indiquerait comme quoi l’ouvrage a été fait dans le but de rattacher le public à la tradition, à l’ordre, à la convention générale, et arrangée de telle manière que le lecteur ne sache pas si on se fout de lui, oui ou non, ce serait peut-être une oeuvre étrange et capable de réussir, car elle serait toute d’actualité.
Si, en 1852, il n’y a pas une débâcle immense à l’occasion de l’élection du président, si les bourgeois triomphent enfin, il est possible que nous soyons encore bâtis pour un siècle. Alors, lassé de politique, l’esprit public voudra peut-être des distractions littéraires. Il y aurait réaction de l’action au rêve ; ce serait notre jour ! Si au contraire nous sommes précipités dans l’avenir, qui sait la poésie qui doit en surgir ? Il y en aura une, va, ne pleurons rien, ne maudissons rien, acceptons tout, soyons larges. On vient de me dire un fait qui m’épouvante : les anglais sont en train de faire le plan d’un chemin de fer qui doit aller de Calais à Calcutta. Il traversera les Balkans, le Taurus, la Perse, l’Himalaya. Hélas, serions-nous trop vieux pour ne pas éternellement regretter le bruit des roues du char d’Hector ?
J’ai lu à Jérusalem un livre socialiste (Essai de philosophie positive, par Auguste Comte). Il m’a été prêté par un catholique enragé, qui a voulu à toute force me le faire lire afin que je visse combien, etc. J’en ai feuilleté quelques pages : c’est assommant de bêtise. Je ne m’étais du reste pas trompé. Il y a là dedans des mines de comique immenses, des Californies de grotesque. Il y a peut-être autre chose aussi. Ça se peut. Une des premières études auxquelles je me livrerai à mon retour sera certainement celle de toutes ces déplorables utopies qui agitent notre société et menacent de la couvrir de ruines. Pourquoi ne pas s’arranger de l’objectif qui nous est soumis ? Il en vaut un autre. À prendre les choses impartialement, il y en a eu peu de plus fertiles. L’ineptie consiste à vouloir conclure. Nous nous disons : mais notre base n’est pas fixe ; qui aura raison des deux ? Je vois un passé en ruines et un avenir en germe ; l’un est trop vieux, l’autre est trop jeune. Tout est brouillé. Mais c’est ne pas comprendre le crépuscule, c’est ne vouloir que midi ou minuit. Que nous importe la mine qu’aura demain ? Nous voyons celle que porte aujourd’hui. Elle grimace bougrement et par là rentre mieux dans le romantisme.
Où le bourgeois a-t-il été plus gigantesque que maintenant ? Qu’est-ce que celui de Molière à côté ? M. Jourdain ne va pas au talon du premier négociant que tu vas rencontrer dans la rue. Et la balle envieuse du prolétaire ? et le jeune homme qui se pousse ? et le magistrat ! et tout ce qui fermente dans la cervelle des sots, et tout ce qui bouillonne dans le coeur des gredins !
Oui, la bêtise consiste à vouloir conclure. Nous sommes un fil et nous voulons savoir la trame. Cela revient à ces éternelles discussions sur la décadence de l’art. Maintenant on passe son temps à se dire : nous sommes complètement finis, nous voilà arrivés au dernier terme, etc., etc. Quel est l’esprit un peu fort qui ait conclu, à commencer par Homère ? Contentons-nous du tableau ; c’est aussi bon.
Et puis, ô pauvre vieux, est-ce qu’il n’y a pas le soleil (même le soleil de Rouen), l’odeur des foins coupés, les épaules des femmes de trente ans, le vieux bouquin au coin du feu et les porcelaines de la Chine ? Quand tout sera mort, avec des brins de moelle de sureau et des débris de pot de chambre, l’imagination rebâtira des mondes.
Je suis bien curieux de le voir, ce brave conte chinois. Ce voyage-là me consolera des tristesses du retour. Je peux te dire une chose fortifiante et qui a le mérite d’être sincère, c’est que, comme nature, tu peux marcher hardiment. Tout ce que je vois ici, je le retrouve. (Il n’y a que les villes, les hommes, usages, costumes, ustensiles, choses de l’humanité enfin, dont je n’avais pas le détail net.) Je ne m’étais pas trompé. Pauvres diables, que ceux qui ont des désillusions. Il y a des paysages où j’ai déjà passé, c’est certain. Retiens donc ceci pour ta gouverne, c’est le résultat d’une expérience faite exactement qui ne se dément point depuis dix mois : c’est que nous sommes trop avancés en fait d’Art pour nous tromper sur la nature. Ainsi, marche.
Tu me demandes pourquoi tu es fidèle à ta Dulcinée. L’explication est facile : parce que tu ne l’étais pas aux autres. Mais pourquoi à celle-là plus qu’aux autres ? C’est que celle-là est venue à l’époque où tu devais l’être. L’amour est un besoin ; qu’on l’épanche dans un vase d’or ou dans un plat d’argile, il faut que ça sorte. Le hasard seul nous procure les récipients. Dieu ! les belles femmes qu’il y avait à Nazareth ! des bougresses à la fontaine, avec des vases sur la tête. Dans leur robe serrée aux hanches par des ceintures, elles ont des mouvements bibliques. Ça marche royalement. Le vent lève le bas de leur vêtement de couleur rayé à larges bandes. Elles ont la tête entourée d’un cercle de piastres d’or ou d’argent. C’est tout profil, et ça passe près de vous comme des ombres.
Au milieu du jour, à l’heure la plus chaude, quand la lumière tombe d’aplomb, quand nous cheminons sans parler sur nos maigres et solides chevaux et que les mulets fatigués tendent au vent leurs gencives blanchies par la soif, c’est alors qu’on voit sortir les lézards du tronc creux des oliviers et que sur les haies de nopals s’avance, en levant les pattes, le caméléon prudent qui roule ses yeux ronds.
Il y a deux ou trois jours nous sommes allés voir la léproserie. C’est hors la ville, près d’un marais d’où des corbeaux et des gypaètes se sont envolés à notre approche. Ils sont là, les pauvres misérables, hommes et femmes (une douzaine peut-être), tous ensemble. Il n’y a plus de voiles pour cacher les visages, de distinction de sexes. Ils ont des marques de croûtes purulentes, des trous à la place du nez, et j’ai mis mon lorgnon pour distinguer à l’un d’eux si c’était des loques verdâtres ou ses mains qui lui pendaient au bout des mains (sic). C’étaient ses mains. (Ô coloristes, où êtes-vous donc ?) Il s’était traîné pour boire auprès de la fontaine. Sa bouche, dont les lèvres étaient enlevées comme par une brûlure, laissait voir le fond de son gosier. Il râlait en tendant vers nous ses lambeaux de chair livides. Et la nature calme tout à l’entour ! de l’eau qui coulait, des arbres verts tout frissonnants de sève et de jeunesse, de l’ombre fraîche sous le soleil chaud. Puis deux ou trois poules, qui picotaient par terre dans l’espèce de basse-cour où ils sont. Les clôtures étaient en bon état ; leur logement même est très propre.
À peu près dans le même quartier se trouve le cimetière chrétien, vers la place où l’on dit que saint Paul fut renversé de cheval par l’apparition de l’ange. On y pue raide ; ça sent son fruit. Dans un caveau en ruines, nous avons vu, en nous baissant par l’ouverture, plusieurs débris humains, des squelettes, des têtes, des thorax, un mort desséché et tout raidi sous les morceaux de son linceul, une longue chevelure blonde dont le ton doré tranchait sur la poussière grise et, ce que nous avons trouvé assez gaillard, un gros toutou blanc qui sans doute était venu là pour s’y donner une bosse et qui, ne pouvant plus en sortir, y avait crevé. Quelle farce !
Adieu, pauvre vieux.
Le jeune Du Camp devient très socialiste. L’avenir de la France l’inquiète, et il s’emporte dans la discussion.

et alii dit: 13 août 2019 à 17 h 37 min

conclure:déjà dans un précédent séminaire Derrida avait dit qu’il ne fallait pas conclure;dans son dernier séminaire sur « la bête et le souverain »,c’est autour de Flaubertqu’il précise:
la bêtise consiste, certes, à vouloir conclure, selon l’expression célèbre de la lettre à Louis Bouilhet du 4 septembre 1850, mais peut-être surtout, et peut-être avant tout, à vouloir définir et, en particulier, à vouloir définir la bêtise  »
http://www.actu-philosophia.com/Jacques-Derrida-La-Bete-et-le-Souverain
si quelqu’un peut citer ici cette lettre? MERCI

Pablo75 dit: 13 août 2019 à 17 h 26 min

D. dit: 13 août 2019 à 11 h 56 min

Les vrais dangers sont souvent cachés:

« Une parlementaire alerte sur «l’autre» dette de l’État.

C’est un péril peu connu du contribuable. Les engagements hors bilan de l’État, ces obligations de financement public à plus ou moins long terme, seraient en dérapage depuis plusieurs années, sans que l’on en ait averti les Français. Selon l’économiste Jean-Yves Archer, récemment auteur d’une tribune dans Les Échos , ils s’élèvent désormais à près de 4300 milliards d’euros au 31 décembre 2018, soit plus de 130 milliards d’euros par rapport à 2017, et quatre fois plus qu’en 2005. Une somme qui approche du… double de celle de la dette publique au sens de Maastricht (2315,3 milliards d’euros fin 2018)! Des chiffres qui font bondir Nathalie Goulet, sénatrice (UDI) de l’Orne. Pour celle qui est rapporteur spécial de la mission «Engagements financiers de l’État», le danger est bien réel pour le budget public français, notamment en cas de crise économique. »

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/une-parlementaire-alerte-sur-l-autre-dette-de-l-etat-20190813

Il faut savoir que les marchés prêteront de l’argent à la France tant qu’elle ne dépassera pas un niveau de dette totale de 10.000 milliards d’euros, qui est le montant qu’ils considèrent que ce pays peut rembourser, étant à peu près celui de la richesse de l’État et des Français (chiffre entendu il y a quelques années à un financier dans un débat à la TV sur la dette française).

On est à 6.500 milliards d’euros et la dette croit à la vitesse de 3 000 euros par seconde. Tout va bien donc, pour l’instant (tant que les taux d’intérêt ne montent pas d’un coup, ce qui est de plus en plus probable). Surtout qu’on a un expert du calibre de Macron aux commandes…

christiane dit: 13 août 2019 à 17 h 26 min

@DHH
Bon, que de coquilles… Pour remettre un peu d’ordre :

Mais vous avez, hélas raison : il devient un des personnages principaux au point d’être, dans une note de Flaubert, le « double d’Emma ».
J’ai vraiment passé un bon moment à vous lire. Si tout cela nous l’avions dit au cours d’une conversation dans la vraie vie, nous serions parties pour des prolongations animées ! Encore merci.

Pablo75 dit: 13 août 2019 à 17 h 14 min

Là deux Japonais hilares filmaient de gros rats qui gambadaient dans les allées.
Jazzi dit: 13 août 2019 à 16 h 24 min

Vendredi, Bd. Richard-Lenoir, vers 14 h, j’ai vu sortir d’une poche de poubelle ouverte qui était sur le trottoir deux gros rats et 3 ou 4 petits qui se sont enfuis vers le square (avant je n’avais vu des rats que Gare Montparnasse, tard le soir, traversant les rails).

L’indiscipline des Français en général et des Parisiens en particulier, a des conséquences de plus en plus visibles. Dans cette ville on a attendu 40 ans pour installer une « répression féroce » contre les crottes de chiens, qui a été, évidemment, très efficace tout de suite, mais on attendra encore 40 ou 50 ans pour sévir contre les crétins qui mettent des poubelles sur les trottoirs ou jettent des aliments n’importe où. Pour l’instant on est dans la phase d’information (on voit des affiches dans les squares pour demander aux gens de ne pas jeter des aliments), une phase qui durera probablement 20 ou 30 ans encore. Avec un peu de patience tout s’arrange dans cette charmante ville.

Jazzi dit: 13 août 2019 à 17 h 05 min

« même si on ne fait pas l’amour sur la plage »

Au passage, j’ai pu constater que du côté des labyrinthes des jardins des Tuileries, la drague nocturne homo battait son plein, Delaporte…

Jazzi dit: 13 août 2019 à 17 h 02 min

Voilà ce que j’écrivais dans mon livre « Paris de fontaine en fontaine »(éditions Parigramme, 2010), livre qui a tant déplu à la Mairie de Paris que mon éditeur a envoyé les exemplaires dans les boutiques de livres en solde !

« Bassins du Rond-Point des Champs-Elysées
Rond-Point des Champs-Elysées
Métro : Franklin-D-Roosevelt

La(r)mes de cristal

Les six bassins qui ornent les massifs floraux du Rond-Point des Champs-Elysées se présentent aujourd’hui dans un état général tout aussi désolant que les fontaines évoquées dans la notice précédente ! Si les décorations florales continuent de bénéficier de toute l’attention des jardiniers de la ville, qui les renouvellent à chaque saison, il n’en va pas de même pour ces bassins circulaires en marbre, aménagés en 1863 par Gabriel Davioud. Ils s’étaient enrichis, en 1958, de lamelles de verre, en cristal de Baccarat, d’où jaillissait l’eau en autant de gerbes majestueuses. Ces dernières réalisations, auxquelles collaborèrent les maîtres verriers René Lalique et Max Ingrand, semblent désormais totalement hors d’usage ? »

Delaporte dit: 13 août 2019 à 16 h 48 min

Jacuzzi aime les belles promenades, surtout dans Paris, surtout que c’est gratuit de marcher des Champs-Elysées aux Halles. Cela remplit bien la journée, même si on ne fait pas l’amour sur la plage, en savourant chaque seconde. Prenons exemple sur l’esthète du blog, le presque écrivain, le semi-sage, le demi-cinéphile, le flâneur des deux rives, qui sait comment économiser 3000 € !

christiane dit: 13 août 2019 à 16 h 47 min

@DHH – 14h31
Merci pour ces extraits de votre article cernant, pour vous, « la gémellité entre D’Emma et Homais ».

« tous deux médiocrement intelligents ; tous deux habités d’un sentiment dérisoire de supériorité culturelle et intellectuelle sur les êtres qu’ils côtoient. Et cela, parce qu’un fatras de lectures mal digérées, qui n’ont laissé dans leur esprit que clichés, formules galvaudées et idées reçues, leur a donné la certitude d’avoir accédé à une culture autre, au nom de laquelle tout ce qui les entoure se trouve dévalorisé. »

Lisant ces lignes, j’ai un peu renâcle, tant je sépare Homais d’Emma. Peut-être l’influence du film de Chabrol avec le choix de Jean Yanne pour interpréter si justement le personnage de papier créé par Flaubert. Un J.Yanne lourd, prétentieux, bavard, hâbleur. L’archétype de la bêtise.
Flaubert n’écrivait-il pas à Louise Collet, le 26 avril 1853 : « J’ai une tirade de Homais sur l’éducation des enfants et qui, je crois, pourra faire rire. Mais moi qui la trouve très grotesque, je serai sans doute fort attrapé, car pour les bourgeois c’est profondément raisonnable. […] ». Il le ridiculise avec joie jusque dans ses points d’exclamation, se moque de ses ambitions, accumule les détails pour montrer le grotesque du personnage…
c’est un personnage qui m’exaspère. Chabrol dit de J.Yanne interprétant ce personnage : « Il est Homais de l’intérieur ! Homais est un con, pas un abruti congénital mais c’est un homme qui tire des conclusions, qui n’arrête pas de vouloir conclure ; d’où la connerie de son discours. » (ça c’est du Chabrol !)
Alors qu’Emma, même si effectivement, n’est pas très intelligente s’accroche à ses fantasmes, ses désirs. Et vous analysez avec finesse « Les schémas réducteurs auxquels elle se réfère la privant de reconnaître les qualités des êtres qui l’entourent, de comprendre la réalité des situations, de s’y adapter. Il en fait aussi une dupe, capable de se laisser abuser par le premier venu, à qui il suffit pour l’éblouir, de savoir manier un langage convenu. » (Je me suis permis de rapporter à la seule Emma votre pensée car pour Homais je diverge un peu.). Vous ajoutez, cette triste remarque : « C’est ainsi qu’Emma ne voit pas que Charles lui porte un amour total, inconditionnel, immense, en fait celui dont elle rêve. »
Je ne trouve pas que Homais est le double d’Emma mais son contrepoint. Il triomphe là où Emma perd. Flaubert devait être pas seulement ironique mais aussi très pessimiste quand il l’a créé ! Envieux, jaloux, un cuistre qui veut régner à Yonville en impressionnant les ignorants par son langage « savant » servi avec emphase. Ses propos sont truffés de lieux communs, de préjugés. Quelle sot prétentieux ! Quel pédant ! Il est considéré à tort comme un intellectuel. Satisfait de lui-même. Obséquieux devant les forts, écrasant pour ceux ceux qu’il méprise. C’est un couard, médisant et grotesque, toxique pour les Bovary, entretenant avec eux des rapports totalement intéressés, se détournant d’eux quand ils seront moins glorieux. Du vide, du néant…
J’ai une tendresse pour Emma (« la petite dinde gavée d’images romantiques »), une répulsion pour Homais (« l’imbécile, pesant d’érudition inutile. ») ! Et comme je suis d’accord quand vous écrivez : « Faute de percevoir la réalité des situations, obsédé par le besoin d’étaler son savoir, et incapable d’ordonner son comportement autrement qu’autour de ses principes primaires, Homais se montre toujours inadapté, dépourvu de perspicacité, de sensibilité. »
Votre conclusion est terrible : « Et pourtant l’un est heureux, l’autre ne l’est pas. »

Mais vous avez, hélas raison : devient un des personnages principaux au point d’être, dans une note de Flaubert, le « double d’Emma ».
J’ai vraiment passer un bon moment à vous lire. Si tout cela nous l’avions dit au cours d’une conversation dans la vraie vie, nous serions parties pour des prolongations animées ! Encore merci.

Delaporte dit: 13 août 2019 à 16 h 39 min

« Delaporte n’a pas encore parlé de Plácido Domingo? Il est en retard, notre Chroniqueur de la Vie Sexuelle Dissolue des Stars… »

Ce qui est marrant, c’est qu’on dit souvent qu’un ténor qui abuse trop des plaisirs amoureux perd sa voix. Alors, Domingo = Weinstein ? A suivre.
MCourt, c’est peu clair vos propos sur Choses vues, dont je suis évidemment un admirateur. C’est une masse bizarre de notes, qui courent sur toute son existence. C’est disparate. En disant que c’était un livre culte pour les journalistes, je ne voulais pas dire que Hugo faisait ici du journalisme. Dans mon esprit, ç’aurait été le rabaisser profondément, comme Jacuzzi qui nous dit que Flaubert fait ici ou là du journalisme, lui aussi. Jacuzzi n’avance que des lieux communs, sur Flaubert, il enfonce des portes ouvertes qui donnent sur des murs. Jacuzzi ferait mieux de flâner dans Paris, lui le presque esthète, le quasi-journaliste, le demi-cinéphile, la feignasse flaubertienne du blog !

D. dit: 13 août 2019 à 16 h 34 min

 » L’art contemporain] est un art dans l’antichambre de l’histoire, c’est un art du présent. C’est pourquoi il est extrêmement intéressant, parce qu’avec l’art du passé on n’a pas de contact avec les artistes. On est dans l’effervescence de la création artistique. C’est un art où l’incertitude est majeure. »

Moi ce genre de déclaration, Patricia, j’appelle ça du flamby.

Pat V dit: 13 août 2019 à 16 h 28 min

Disparition de Raymonde Moulin ,spécialiste du monde de l’art et du fonctionnement de son marché 9 08 19.
( avec une superbe émission sur France culture à réécouter absolument pour comprendre les rouages du marché de l’art )

« Pour l’essentiel, l’art qu’on appelait à ce moment-là l’art de mouvement ou l’art vivant, qui était souvent l’art abstrait […], cet art-là dépendait essentiellement du marché parce qu’il n’était pas compris, ni acheté par les institutions. Donc cet aspect « drôle » de l’argent dans le domaine de l’art m’a intéressé dès le départ. Non pas en tant que disons l’argent pour l’argent mais parce que c’était le moyen d’existence des artistes et le système d’organisation de la vie artistique qui était à ce moment-là le marché. Tandis que 25 ans après, pour cet art-là, qui s’appelle maintenant l’art contemporain […], il y avait le soutien conjugué des institutions et du marché.

[L’art contemporain] est un art dans l’antichambre de l’histoire, c’est un art du présent. C’est pourquoi il est extrêmement intéressant, parce qu’avec l’art du passé on n’a pas de contact avec les artistes. On est dans l’effervescence de la création artistique. C’est un art où l’incertitude est majeure. »

https://www.franceculture.fr/peinture/raymonde-moulin-lart-contemporain-est-un-art-dans-lantichambre-de-lhistoire-cest-un-art-du-present?fbclid=IwAR1nDFL8VOydyw1wCNqD7TRllIT8Zq-Nrrb0Zk7LKUXYbcKs9Itr_WEITCg

Jazzi dit: 13 août 2019 à 16 h 24 min

« Rien de palpitant »

Après la gauche caviar, une histoire de la gauche cashmere, Bloom !

Dimanche en soirée, je suis allé voir un film sur les Champs-Elysées. « Nomades » d’Olivier Coussemacq. Gentil film, qui m’a intéressé mais dont je n’ai pas cru bon de devoir vous en parler. Je voulais surtout voir Tanger, ville que j’aimerais visiter, histoire d’aller saluer Genet. Une mère marocaine dont les deux premiers fils sont partis en France et qui fait tout pour retenir le troisième à ses côtés…
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19584952&cfilm=254375.html

En sortant de la projection, à 22 h passées, j’ai redescendu à pieds les Champs-Elysées, traversé la place de la Concorde et les jardins des Tuileries, déserts et ouverts en pleine nuit, admiré au passage la grande roue de Marcel Campion réinstallée dans un coin des jardins, puis j’ai longé ensuite le jardin des Halles. Là deux Japonais hilares filmaient de gros rats qui gambadaient dans les allées. Nouvelle attraction touristique dont j’imagine que la presse étrangère doit faire ses choux gras ? Pauvre Paris ! Après avoir constaté à nouveau l’état d’abandon déplorable de la fontaine des Innocents, une fois parvenu à l’Hôtel de Ville, découragé et me demandant bien pour qui j’allais voter aux prochaines municipales, je me suis engouffré dans le métro…

DHH dit: 13 août 2019 à 16 h 10 min

@jazzi
je crois me souvenir que Passou avait fait un billet sur le -médiocre -roman impliquant, au cours des siècles, divers personnages, réels ou imaginaires, liés aux tribulations de ce manuscrit

et alii dit: 13 août 2019 à 16 h 00 min

le manuscrit sépharade le plus précieux au monde »
je l’ai évoqué de vive voix un jour à Beaubourg(rencontre)

MC dit: 13 août 2019 à 15 h 56 min

L’Originale des Choses Vues, et le recueil grossira par la suite d’apports divers,commev Le « Journal des choses que j’apprends chaque jour », c’est tout de meme 1887, Delaporte. Ce qu’on appelle un posthume. Le Journaliste est dans l’évènement, l’immédiat. Hugo est dans un capharnaüm qui tient de l’atelier, des pilotis de roman (les premières scènes des Misérables), et du témoignage historique (Praslin, Teste et Cubières) façon Chateaubriand à l’envers. Ce pourquoi d’ailleurs il ne prévoit pas de le publier de son vivant, non plus que d’autres textes capitaux comme Promontorium Somnii, méditation sur le rêve et en filigrane la folie qui en laisse plus d’un derrière. « Il faut que le Songeur soit plus fort que le Songe ».
Idée récurrente que l’on retrouve dans « Dieu », pas le votre, celui de VH, avec entre autres quelques vers assassins sur l’échec de Swedenborg. On se rappellera que l’un des châtiments de Satan, dans la Fin de Satan, c’est justement de ne pas pouvoir dormir.
Donc ne pas unifier un texte posthume ou, comme d’habitude, il y a de tout, et que divers apports ont rendu depuis 1887 assez labyrinthique.
Bien à vous.
MC

Bloom dit: 13 août 2019 à 15 h 53 min

Je ne connaissais pas cette « Histoire » entre Maren Sell et Yann Andréa, Bloom !

Rien de palpitant, Baroz, la femme qu’a vu l’homme qu’avait vu la femme qu’avait vu l’homme qui revenait des camps.

et alii dit: 13 août 2019 à 15 h 38 min

c’est plus simple,en somme, de s’appeler Dustin comme Hoffman!
(Dustin Lee Hoffman est né à Los Angeles, dans une famille juive2 ashkénaze d’origine roumaine (de Iaşi) et ukrainienne (de Kiev)3,4. Il est le deuxième fils de Lillian (née Gold) et Harry Hoffman, un décorateur de plateau chez Columbia Pictures5. Dustin doit son prénom à l’acteur de théâtre et du cinéma muet, Dustin Farnum.)

Bérénice dit: 13 août 2019 à 15 h 33 min

Il sera utile mais non obligatoire de cliquer sur Psychiatrie. C’est wiki mais cela donne une idée un peu plus juste que celle qui fait des femmes adultères des hystériques.

et alii dit: 13 août 2019 à 15 h 27 min

Flaubert : son papa était médecin. Ceci explique cela.PAS IMPOSSIBLE et même vraisemblable!
ceci permet-il une enquête?

Bérénice dit: 13 août 2019 à 15 h 22 min

DHH, Emma Bogart dans sa reverie naive d’ex pensionnaire d’institution religieuse croit au prince charmant et pour continuer se laisse aller trompant l’ennui ainsi que son époux, ne questionnant aucune vertu. De l’autre côté, un apothicaire pervers, manipulateur et fourbe, bêtement prétentieux si vous voulez. Je n’ai pas lu la meme version que vous.

Bloom dit: 13 août 2019 à 15 h 18 min

Vice-Consul de France à Lahore (poste fictif)
et alii dit: 13 août 2019 à 14 h 53 min

Il existe bien un Consul honoraire de France à Lahore, autrefois Jahangir Malik, dit Jeannot, grand monsieur trop tôt appelé à des fonctions éternelles.
Sur Yann Andrea, on peut aussi lire L’histoire, de Maren Sell (qui elle préfère Pondichéry à Lahore).

@Lavande,
Touché!
Amicalement

Clopine dit: 13 août 2019 à 15 h 13 min

jazzi, les idées reçues SUR Flaubert existent aussi… (hélas, j’y participe…)

Flaubert : préférer la correspondance aux romans.
Emma Bovary : clairement hystérique. Flaubert avait cinquante ans d’avance.
Flaubert : son papa était médecin. Ceci explique cela.
Les trois contes : oui, mais quand même, l’éducation sentimentale !
Flaubert : écrivait des trucs cochons avec Sand. C’était l’époque qui voulait ça.

Bérénice dit: 13 août 2019 à 15 h 11 min

DHH, vous souvenez vous qui des présents à la veillée funèbre pense à offrir au veuf tout frais une belle et épaisse mèche de ses cheveux empoisonnés ?

Bérénice dit: 13 août 2019 à 15 h 05 min

…C’est une étrange chose que la plume d’un côté et l’individu de l’autre. Y a-t-il quelqu’un qui aime mieux l’antiquité que moi, qui l’ait plus rêvée, et fait tout ce qu’il a pu pour la connaître ? Et je suis pourtant un des hommes (en mes livres) les moins antiques qu’il y ait. A me voir d’aspect, on croirait que je dois faire de l’épique, du drame, de la brutalité de faits, et je ne me plais au contraire que dans les sujets d’analyse, d’anatomie si je peux dire. Au fond, je suis l’homme des brouillards, et c’est à force de patience et d’étude que je me suis débarrassé de toute la graisse blanchâtre qui noyait mes muscles. Les livres que j’ambitionne le plus de faire sont justement ceux pour lesquels j’ai le moins de moyens. Bovary, en ce sens, aura été un tour de force inouï et dont moi seul jamais aurai conscience : sujet, personnage, effet, etc., tout est hors de moi. Cela devra me faire faire un grand pas par la suite. Je suis, en écrivant ce livre, comme un homme qui jouerait du piano avec des balles de plomb sur chaque phalange. Mais quand je saurai bien mon doigté, s’il me tombe sous la main un air de mon goût et que je puisse jouer les bras retroussés, ce sera peut-être bon. Je crois, du reste, qu’en cela je suis dans la ligne. Ce que vous faites n’est pas pour vous, mais pour les autres. L’Art n’a rien à démêler avec l’artiste. Tant pis s’il n’aime pas le rouge, le vert ou le jaune ; toutes les couleurs sont belles, il s’agit de les peindre. […] Gustave Flaubert.

Lavande dit: 13 août 2019 à 15 h 01 min

Bloom 14h12 :
« Leonard Bernstein, de West Side Story,’stein’ ou ‘sti:n’? »

« Leonard Bernstein est un compositeur, chef d’orchestre et pianiste américain né à Lawrence (Massachusetts) le 25 août 1918 et mort à New York le 14 octobre 1990. Son père, qui appartient à une communauté de juifs ukrainiens immigrés, dirige un salon de coiffure permettant à la famille de vivre aisément. »

Bloom 13h45 :
… « st:in » quand il est juif russe. CQFD.

et alii dit: 13 août 2019 à 14 h 53 min

EN PENSANT QUE Bloom est là:
Marguerite Duras, ici en 1981 avec Yann Andréa, son dernier compagnon. GERARD FOUET / AFP
Qu’est-ce que l’amour? Marguerite Duras, qui aurait eu cent ans cette année, cherchera toute sa vie la réponse à cette question. Son oeuvre, marquée par l’insatisfaction et l’incommunicabilité entre les êtres, en témoigne.
Ce n’est pas parce qu’elle a beaucoup aimé, et alors que toute son oeuvre illustre la même obsession, à savoir que « l’amour reste la seule chose qui compte vraiment » (La Passion suspendue), qu’il faut n’y discerner que les échos respectifs des amours rencontrées à partir de son installation dans le Paris des années 1930. Qu’en a-t-elle fait, elle qui estimera que ses livres les plus beaux, elle les a écrits « seule, ou avec des amants de passage » ?

De Frédéric Max, « le petit juif » de Neuilly, qui, muet pendant l’amour, retrouvait sa voix pour parler à la jeune étudiante de L’Ecclésiaste, par la suite devenu vice-consul de France à Bombay, Marguerite Duras tirera le nom du Vice-Consul de France à Lahore (poste fictif), tandis qu’elle s’inspirera, pour la folie du personnage, de la tristesse du beau Jean Lagrolet. C’est ce dernier qui, en 1936, lui présentera Robert Antelme, sans doute l’amour de sa vie, épousé en 1939, et dont elle divorcera
https://www.lexpress.fr/culture/livre/marguerite-duras-l-amour-plus-facile-a-faire-qu-a-vivre_1315726.html

et alii dit: 13 août 2019 à 14 h 47 min

r l’incommunicabilité des êtres, qu’on dirait aujourd’hui sorties d’un roman-photo ;
pas d’internet?

Jazzi dit: 13 août 2019 à 14 h 43 min

Bien vu, DHH.
Les idées reçues sont la grande préoccupation de Gustave Flaubert.
Après Emma et M. Homais, Bouvard et Pécuchet !

Pablo75 dit: 13 août 2019 à 14 h 43 min

Delaporte n’a pas encore parlé de Plácido Domingo? Il est en retard, notre Chroniqueur de la Vie Sexuelle Dissolue des Stars…

et alii dit: 13 août 2019 à 14 h 37 min

Je souhaite attirer votre attention sur une information qui circule sur internet depuis quelques années et se propage de site en site : Le Zouave du pont de l’Alma aurait été positionné en aval sur l’ancien pont. Or plusieurs photographies de l’ancien pont montrent clairement qu’il était positionné sur la pile rive gauche en amont du pont. Cela se voit bien sur certaines cartes postales éditées lors de la crue 1910, montrant en arrière-plan, la cathédrale américaine située rive droite avenue Georges V et montrant les remous au pied des 2 piles du pont. D’autre part, Maxime Du Camp, écrivain de la deuxième moitié du XIXe siècle, dans son livre ‘Paris, Seine et Ponts ‘ publie une photographie du pont en 1870 où se voit la courbure de la Seine à cet endroit avec la plage, rive gauche, où les chevaux venaient s’abreuver.
Pour vous en convaincre, regardez la carte postale que vous publiez avec la publicité ‘Chocolat Meunier’, on y distingue très clairement le zouave à gauche et le grenadier à droite et la tour Eiffel derrière le pont donc…
PS; Je peux vous envoyer la photographie du livre de Maxime Du Camp
Vous remerciant par avance, de l’intérêt de vous porterez à mes arguments
12 février 2018 à 14:00
http://paris-bise-art.blogspot.com/2014/03/le-chasseur-du-pont-de-lalma.html
assez pour maxime !

DHH dit: 13 août 2019 à 14 h 31 min

@ Christiane 11h 35
pour répondre a votre demande ces lignes extraites d’un article ,où je plaidais pour la gemellité entre D’Emma et Homais,d’où le sens de la pesence de ce personnage dans le roman
Car Homais, au-delà des apparences, est le double d’Emma, mais un double heureux.

Il peut apparaître à première vue paradoxal de vouloir rapprocher ainsi Homais, esprit laborieux à l’érudition pesante et aux préoccupations terre à terre, de cette âme sensible, exacerbée et immature, de ce personnage imaginatif et naïf, à la fois désespéré et exalté qu’est Emma.

Pourtant intellectuellement les deux personnages sont jumeaux : tous deux médiocrement intelligents ; tous deux habités d’un sentiment dérisoire de supériorité culturelle et intellectuelle sur les êtres qu’ils côtoient. Et cela, parce qu’un fatras de lectures mal digérées, qui n’ont laissé dans leur esprit que clichés, formules galvaudées et idées reçues, leur a donné la certitude d’avoir accédé à une culture autre, au nom de laquelle tout ce qui les entoure se trouve dévalorisé.

La seule différence entre eux à cet égard, c’est qu’Emma et Homais – l’allitération est-elle pur hasard, ou clin d’œil de Flaubert pour souligner la gémellité des personnages ? – n’ont pas puisé aux mêmes sources l’aliment de leurs prétentions culturelles.

Pour Emma, c’est dans la littérature romantique, rencontrée à travers ses lectures de jeune fille, qu’elle trouve ses références ; Homais, lui, les tire de la philosophie des Lumières.

Mais chez l’un comme chez l’autre, ces références, sont tout le contraire d’une culture. Ces lectures leur ont « orné » l’esprit, mais ne les ont pas aidés à comprendre le monde, à enrichir leur regard sur les êtres et les choses. Ils n’en ont retenu que des schémas appauvris, parfois caricaturaux, et toujours superficiels : imagerie romantique à base de larmes versées sur fond de ruines au clair de lune, et exotisme de pacotille pour Emma ; credo laïc réduit à quelques principes outrageusement simplificateurs pour Homais, dont Italo Calvino dit joliment, qu’il est un « imbécile frotté de savoir ».

Loin de les aider à se construire une personnalité, cette pseudo-culture est pour l’un comme pour l’autre un facteur de stérilité et d’appauvrissement de leur sensibilité. Les schémas réducteurs auxquels ils se réfèrent les privent de reconnaître les qualités des êtres qui les entourent, de comprendre la réalité des situations, de s’y adapter. Ils en font aussi des dupes, capables de se laisser abuser par le premier venu, à qui il suffit pour les éblouir, de savoir manier un langage convenu.

C’est ainsi qu’Emma ne voit pas que Charles lui porte un amour total, inconditionnel, immense, en fait celui dont elle rêve. Mais il aurait fallu, pour cette lectrice d’Ivanhoé, qu’il lui dise cet amour au clair de lune, habillé d’un pourpoint de velours et chaussé de bottes molles. En revanche, c’est sans doute la vue de ces bottes molles, dont Flaubert nous dit que Rodolphe est chaussé, qui l’aident à composer en imagination, derrière le hobereau noceur et cynique qui les porte, le héros de roman, auquel elle va céder, au cours d’une promenade à cheval, vécue comme une chevauchée romantique.

Pour en arriver là il a suffi à ce roué, qui connaît les ficelles, de l’entraîner à l’écart pendant les comices agricoles, et de lui débiter quelques fadaises sur l’incommunicabilité des êtres, qu’on dirait aujourd’hui sorties d’un roman-photo ; elle, a vécu cette scène de séduction vulgaire comme un moment rare où deux êtres d’exception, si différents des autres et de leurs préoccupations mesquines et marchandes, ont la révélation d’une prédestination qui rendait leur rencontre fatale, et dont l’amour-passion, dévorant et tragique, doit triompher de l’adversité.

Que ce soit pour l’admirer, ou pour déplorer le parti pris d’écriture « artiste » qu’elle représente, on ne peut méconnaître la virtuosité avec laquelle Flaubert utilise comme dans cette scène la technique du contrepoint, pour faire sentir la distance entre la réalité et la manière dont ses deux imbéciles la jugent et le vivent.

Mille scènes seraient à citer à cet égard : promenade en barque avec Léon, vécue par Emma comme une réminiscence du Lac, et qui fait venir sur ses lèvres les vers de Lamartine ; Scène dérisoire à la Vaubeyssard, où Emma se laisse fasciner par un vieillard, assis en bout de table, parce qu’on dit qu’il a été l’amant de Marie-Antoinette, sans même être sensible à l’image désolante qu’offre ce débris humain, qui ne voit pas ce qu’il mange, qu’on nourrit à la cuillère comme un bébé, et dont la barbe dégouline de sauce.

Où encore, ce qui est peut-être à cet égard la scène la plus achevée, le dialogue de la première rencontre, dans l’auberge d’Yonville, avec Léon, où la femme du médecin et l’adolescent romantique, s’imaginent, parce qu’ils se retrouvent sur les mêmes clichés, qu’une connivence subtile s’établit entre eux. Et Flaubert souligne avec cruauté le ridicule de la scène en nous montrant Léon, empêtré dans ses évocations rousseauistes de « torrents suspendus au-dessus des précipices », qui veut « en rajouter » et plante dans ce décor de Nouvelle Héloïse, au mépris de toute vraisemblance, le piano du musicien, son cousin, précise-t-il avec platitude, qui a besoin d’installer son instrument dans ce cadre tourmenté pour trouver l’inspiration. Et le plus grave, c’est qu’Emma a le sentiment, au sortir de cette rencontre, d’avoir été enfin comprise dans la subtilité de son être.

Ces scènes de décalage ont leur équivalent pour le personnage d’Homais : triomphe du fin psychologue qu’il se croit être, lorsqu’il se vante avec coquetterie et fausse modestie d’avoir percé à jour le sentiment que Justin nourrirait pour la bonne des Bovary, alors que l’observateur le moins averti comprend que le petit paysan rêveur fréquente alors la maison du médecin le parce qu’il est fasciné par le côté « grande dame » qu’il prête à Emma.

Faute de percevoir la réalité des situations, obsédé par le besoin d’étaler son savoir, et incapable d’ordonner son comportement autrement qu’autour de ses principes primaires, Homais se montre toujours inadapté, dépourvu de perspicacité, de sensibilité.

Cette absence de tact culmine avec la veillée funèbre d’Emma, lorsqu’au mépris du chagrin de Charles, dont il ignore même la présence alors que son rôle serait de la réconforter, oublieux même du respect dû au cadavre qu’il est censé veiller, il s’engage dans une joute oratoire avec le curé où, dans ce qu’il prend pour une polémique brillante, il l’accable de poncifs anticléricaux, avec la vanité satisfaite de se prendre pour Voltaire « écrasant l’infâme ».

Scène dont Flaubert souligne cruellement l’inconvenance, avec la vision finale de ses deux lourdauds endormis, bercés par leurs ronflements, un sommeil épais ayant eu raison de leur minable controverse.

Il y a donc une grande parenté intellectuelle, entre Emma et M. Homais ; entre la petite dinde gavée d’images romantiques et l’imbécile, pesant d’érudition inutile. Et pourtant l’un est heureux, l’autre ne l’est pas.

Pablo75 dit: 13 août 2019 à 14 h 27 min

Les Souvenirs littéraires de Maxime Du Camp mériteraient une édition complète
Jazzi dit: 13 août 2019 à 13 h 21 min

Si j’étais Passou, je créerai les Éditions de la République des livres et publierais tous les livres introuvables dont on parle ici. Je pourrais ajouter quelques chefs-d’oeuvre en espagnol que personne encore a eu en France l’idée de traduire.

DHH dit: 13 août 2019 à 14 h 23 min

j’ai lu autrefois une excellente biographie de Maxime du Camp par Gerard de Senneville.
certains sans doute la connaissent ici.

Jazzi dit: 13 août 2019 à 14 h 23 min

Une fois parvenus sur le Pont-Neuf, il ne vous reste plus qu’à lire ce que mon amie Marie-Christine et moi en disons :

« SQUARE DU VERT-GALANT 1884
1° arr., place du Pont-Neuf, M° Pont-Neuf
C’est au III° siècle avant J.-C. que la tribu celte des Parisii s’installe dans la plus grande des îles de la Seine, un site naturel qui offre de multiples avantages : située sur le fleuve qui constitue une voie d’échange, la future île de la Cité en facilite aussi la traversée et forme un territoire qu’il est possible de défendre ; avant la fin du II° siècle, les Parisii en ont fait un oppidum.
Au cours de la conquête romaine, les Parisii, qui ont répondu à l’appel au soulèvement général lancé par Vercingétorix, sont écrasés à la bataille de Lutèce, que l’on situe dans la plaine de Grenelle en 52 av. J.-C., par les légions de Labiénus, envoyé par César qui a bien mesuré l’importance stratégique de ce passage sur la Seine commandant l’accès au nord du pays.
L’administration romaine s’installe dans l’île reconstruite tandis que Lutèce s’étend à la rive gauche de la Seine, sur les pentes de la montagne Sainte-Geneviève.
Dans la deuxième moitié du III° siècle, les invasions barbares contraignent les habitants de Lutèce à se réfugier dans l’île qu’ils ceignent d’une enceinte, utilisant pour cela une partie des constructions qui avaient été établies sur la rive gauche. En 359-360, au cours de son second séjour à Lutèce, Julien se fait proclamer empereur par ses légions. C’est à cette époque que la ville prend le nom de ses habitants pour s’appeler désormais Paris.
Dans les premières années du VI° siècle, Clovis choisit Paris pour y établir le siège de son royaume et l’île devient île de la Cité.
Au Moyen Age, la Cité est le siège du pouvoir : pouvoir royal à l’ouest, dans le Palais royal de la Cité dont il reste la Sainte-Chapelle et la Conciergerie, dans l’enceinte de l’actuel palais de Justice ; pouvoir religieux à l’est, avec la cathédrale Notre-Dame, reconstruite au XII° siècle par l’évêque Maurice de Sully à l’emplacement de la cathédrale mérovingienne dédiée à saint Etienne.
Jusqu’à la fin du XVI° siècle, la pointe occidentale de l’île de la Cité se termine par deux îlots, l’île des Juifs au sud et l’île du Patriarche au nord, séparés de l’île principale par des bras de Seine marécageux et souvent ensevelis sous les crues du fleuve. C’est là, sur l’île des Juifs, que Philippe le Bel avait fait brûler vif, en 1314, le dernier Grand Maître de l’ordre du Temple, Jacques de Molay, au supplice duquel il avait assisté depuis son palais.
C’est Henri III qui décida d’aménager la pointe de l’île lorsqu’en 1578 il posa la première pierre du Pont-Neuf. Il s’agissait en réalité de deux ponts, reliant la rive droite à la rive gauche en prenant appui sur le terre-plein formé après le rattachement des deux îlots à l’île de la Cité par le comblement des bras de Seine marécageux. Les travaux du Pont-Neuf, arrêtés par les guerres de Religion, ne reprirent que sous Henri IV, en 1598, pour s’achever en 1606. Ce pont, le plus ancien de la capitale, était le premier qui ne comportait pas de maisons, offrant une vue dégagée sur le fleuve et le Louvre, le premier aussi à être pourvu de trottoirs protégeant les piétons de la circulation. Il attira tout naturellement badauds et bateleurs, et une foule de petits métiers qui contribuèrent encore à l’attraction de la nouveauté.
Alors que le lotissement de la place des Vosges est en cours, Henri IV poursuit sa politique d’urbanisation et d’embellissement de la capitale. C’est ainsi qu’il concède en 1607 à Achille de Harlay, premier Président du Parlement, le terrain gagné par le rattachement des îlots à la Cité et situé entre le Pont-Neuf et le Palais (siège du Parlement), afin d’y établir la future place Dauphine, baptisée en l’honneur du jeune dauphin Louis XIII.
En 1614, Louis XIII pose sur le terre-plein central du Pont-Neuf la première pierre du monument destiné à recevoir la statue équestre de son père. Ce projet du premier monument équestre de la capitale datait en réalité de 1604. Le cheval de bronze, primitivement destiné à recevoir une statue de Ferdinand de Médicis, fut offert à la nièce de ce dernier, Marie de Médicis, épouse d’Henri IV. Réalisé à Florence par Jean de Bologne puis par son élève Pierre Tacca, il fut embarqué en 1613 pour la France, mais le bateau fit naufrage et le cheval, repêché en 1614, put enfin prendre place sur son piédestal. La statue d’Henri IV en cavalier ne l’y rejoignit qu’en 1634 et c’est seulement en 1635 que l’ensemble fut achevé avec les bas-reliefs du piédestal et, aux angles, les Quatre esclaves enchaînés, en bronze, par Pierre Franqueville (aujourd’hui au Louvre). La Révolution renversa et brisa la statue dont les débris furent envoyés à la fonte pour fabriquer des canons. En 1814, pour l’entrée de Louis XVIII dans Paris, le Pont-Neuf accueillit une statue en plâtre d’Henri IV à l’imitation du monument originel et finalement un nouveau bronze, réalisé par François Lemot, fut érigé en 1818. On avait notamment utilisé pour la fonte le bronze provenant de deux effigies de Napoléon et le fondeur, bonapartiste convaincu, aurait enfermé à l’intérieur de la nouvelle statue une figurine représentant l’empereur.
Le square du Vert-Galant, qui évoque le surnom du roi Henri IV, grand amateur de femmes, est situé en contrebas de cette statue. Cette pointe, formée après le rattachement des îlots des Juifs et du Patriarche à l’île de la Cité, marque le niveau primitif de l’extrémité occidentale du petit archipel. Elle resta longtemps une grève déserte, fréquentée par les vagabonds, puis accueillit en 1765 l’un des établissements de bains qui fleurirent alors sur les berges du fleuve. Le square a été aménagé en 1884 et la stèle qui y figure est un fragment de rocher de l’île canadienne de Sainte-Hélène, offert à Paris en 1967 à l’occasion de l’Exposition internationale de Montréal. »

et alii dit: 13 août 2019 à 14 h 20 min

on trouve sur la toile
maxime du camp paris bienfaisant
j’avais les archives de son enquête sur rothschild et sur les cimetières juifs

closer dit: 13 août 2019 à 14 h 10 min

Ben evidemment tu le montres enfant ou vieux! Je me souviens d’un temoignage d’epoque decriVant une salle de theatre a Rouen se tournant vers lui debout mince tres grand, un vrai viking dit le temoin en question…

Jazzi dit: 13 août 2019 à 14 h 08 min

Extrait de l’introduction, où Maxime Du Camp nous conseille, pour bien admirer Paris, d’aller sur le Pont-Neuf :

« Dans ma vie de voyageur, j’ai vu bien des capitales, celles qui naissent, celles qui grandissent, celles qui sont au sommet de leur destinée, celles qui meurent, celles qui sont mortes, mais je n’ai vu aucune ville produire une impression aussi énorme que Paris et donner plus nettement l’idée d’un peuple infatigable, nerveux, vivant avec une égale activité sous la lumière du soleil, sous la clarté du gaz, haletant pour ses plaisirs, pour ses affaires, et doué du mouvement perpétuel. Par une journée de printemps, lorsque l’on s’arrête sur le terre-plein du pont Neuf et que l’on regarde autour de soi, on demeure émerveillé de la grandeur vraiment extraordinaire du spectacle qui frappe les regards. Le fleuve, semblable à un immense Y, enjambé par des ponts nombreux, sillonné de barques rapides, portant les lavoirs, les bains, les dragues en action, remonté par des bateaux à vapeur qui soulèvent la chaîne du touage, descend lentement et pousse ses eaux vertes contre les grands quais où fourmille la foule active. Tous les monuments essentiels de Paris paraissent avoir été groupés là intentionnellement comme pour affirmer, au premier coup d’œil, la splendeur de la vieille cité que traverse la Seine. Il suffit de se tourner aux différents points de l’horizon pour les voir et reconnaître en eux les témoins de notre histoire communale, qui si souvent a été l’histoire de la France même. Tout au fond, Notre-Dame, qui consacre notre berceau ; à ses côtés, l’Hôtel-Dieu, qu’on est bien lent à terminer ; plus près le Palais de Justice et la Conciergerie, qui, avec la Préfecture de police, forment une redoutable trinité. Sur la rive droite, la grande citadelle des jours populaires, où des rois ont été chercher leur investiture, et dont la possession donne la victoire pendant les heures du combat, l’Hôtel de Ville dresse son campanile rajeuni ; le Louvre abritant autant de soldats que d’objets d’art et relié aux Tuileries[1], représente la forteresse centrale du Paris stratégique actuel ; puis à travers les arbres des Champs-Élysées, une vaste toiture vitrée offrant l’apparence d’une mer tranquille couvre un prétendu Palais de l’Industrie qui n’a jamais pu remplir l’objet auquel on l’avait dérisoirement destiné. Sur la rive gauche, le triste Marché aux Volailles, abandonné aujourd’hui, a remplacé la chapelle du couvent des Grands-Augustins ; l’hôtel Conti, la Tour de Nesle ont disparu devant l’hôtel des Monnaies et devant le collège des Quatre-Nations, qui est devenu le palais de l’Institut, où l’Académie française peut dire encore, comme au temps de Fontanelle :

« Quand nous sommes quarante, on se moque de nous ;
Sommes-nous trente-neuf, on est à nos genoux. »

Au delà du quai où mourut Voltaire, au delà de cette caserne qui, après avoir été habitée par les mousquetaires de la maison du roi, par les élèves de Mars, par la garde consulaire, par les guides, par les gardes du corps, l’est aujourd’hui par les cent-gardes, un maigre fronton annonce le Corps législatif, où s’agitèrent des questions qui tenaient jadis l’Europe en suspens ; puis l’horizon se ferme par la colline qui devait porter le palais du roi de Rome et qui, vide encore à cette heure, prouve l’inanité des rêveries humaines.

C’est de là, des abords de la statue de Henri IV, qu’il faut regarder Paris ; du haut de Montmartre, de Notre-Dame ou de Saint-Sulpice, on voit mal. La brume de fumée bleuâtre, incessamment poussée par deux cent mille cheminées, plane au-dessus des toits, enveloppe la ville d’une atmosphère indécise, noie les détails, déforme les édifices et produit une inextricable confusion. Là, au contraire, sur le pont Neuf, près de l’ancien îlot de la Gourdaine, le panorama est net et précis, la perspective garde des plans distincts qui conservent dans l’éloignement des proportions exactes ; tout est clair, s’explique et se fait comprendre. »

Pat V dit: 13 août 2019 à 13 h 45 min

closer dit: 13 août 2019 à 13 h 02 min

Sade mis à part.
C’est comme de traiter Hans Bellmer de pornocrate aux pratiques obsessionnelles et douteuses ( ou Klimt)ce qui l’obligea à quitter l’ Allemagne nazie et pour le second à brûler ses œuvres!

Bloom dit: 13 août 2019 à 13 h 45 min

Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi certains journalistes prononcent « Wennstine » pour Weinstein, « Epstine » pour Epstein,

« -stein » se prononce à l’allemande quand le patronyme est juif allemand, et « st:in » quand il est juif russe. CQFD.

D. dit: 13 août 2019 à 13 h 39 min

closer dit: 13 août 2019 à 12 h 48 min

Le commentaire de D est rassurant car il se trompe quasiment toujours.

Té… Et pourquoi que tu crois que l’or monte sans s’arrêter ?

D. dit: 13 août 2019 à 13 h 37 min

Des photos comme ça je sais en faire au kilo dans n’importe quel cocktail. Il suffit d’activer le mode noir et blanc.

closer dit: 13 août 2019 à 13 h 26 min

Tu me déçois Annibal. Tout le monde sait que Flaubert jeune avait un physique époustouflant de viking.

Jazzi dit: 13 août 2019 à 13 h 26 min

Cette femme nue, offerte, quasi en extase, en tête du billet est une véritable agression visuelle pour moi, un harcèlement, pas pour vous ?

Pat V dit: 13 août 2019 à 13 h 21 min

christiane dit: 13 août 2019 à 12 h 52 min

Si critiquer des propos publics sur des objets littéraires ou picturaux c’est vous salir, ( alors que vous me traitez de tous les adjectifs)on est bien dans un rabattement moralisateur avec qui plus est une notion d’intériorité qui est à proprement parler un véritable phantasme.
Je ne relève pratiquement rien de vos propos sur la littérature et à peine sur ce qui concerne les arts en général.
D’autres chats à fouetter.
Vraiment.
 » Interrogez-vous sur… »
 » Chercher donc en vous… »
Ces deux énonciations – parmi bien d’autres – indique par ailleurs chez vous cette exigence d’examen de conscience chez les autres!
Intériorité avez-vous dit?

Jazzi dit: 13 août 2019 à 13 h 21 min

Les Souvenirs littéraires de Maxime Du Camp mériteraient une édition complète, Pablo75 !

Beau, Flaubert, qui l’eût cru ?

« Lorsque je fis sa connaissance, Gustave Flaubert avait vingt et un ans. Il était d’une beauté héroïque. […] Avec sa peau blanche, légère- ment rosée sur les joues, ses longs cheveux fins et flottants, sa haute stature large des épaules, […] ses yeux énormes, couleur vert de mer, abrités sous des sourcils noirs, avec sa voix retentissante comme un son de trompette, ses gestes excessifs et son rire éclatant, il ressemblait aux jeunes chefs gaulois qui luttèrent contre les armées romaines […]. »

et alii dit: 13 août 2019 à 13 h 13 min

lien:. Lorsqu’il écrit « Madame Bovary », il est dans la plénitude de ses acquisitions scientifiques. Il n’oublie pas de noter « un pauvre marmot chétif, couvert de scrofules au visage », alors qu’il aboutit à la description rigoureuse du « pied-bot » d’Achille, le garçon d’auberge, et de la résection du tendon – et aussi au portrait si horriblement poussé de « l’aveugle » : deux pages maîtresses de ce chef-d’œuvre.

Pire encore pour l’enfant que la défaillance organique, voici la détresse morale :
berthe
. Et l’enfance d’abandon et de larmes de la pauvre petite Berthe Bovary : « Entre la fenêtre et la table à ouvrage, la petite Berthe était là, qui chancelait sur ses bottines de tricot, et essayait de se rapprocher de sa mère pour lui saisir, par le bout, les rubans de son tablier. – Laisse-moi ! dit celle-ci, en l’écartant avec la main.

« La petite fille revint bientôt plus près encore contre ses genoux et, s’y appuyant des bras, elle levait vers elle son gros œil bleu, pendant qu’un filet de salive pure découlait de sa lèvre sur la soie du tablier. – Laisse-moi ! répète la jeune femme tout irritée.

« Sa figure épouvanta l’enfant qui se mit à crier. – Eh ! laisse-moi donc ! fit-elle en la repoussant du coude. « Berthe alla tomber au pied de la commode, contre la patère de cuivre ; elle s’y coupa la joue, le sang sortit ».

closer dit: 13 août 2019 à 13 h 02 min

Christiane, je ne vois pas pourquoi vous vous abaissez à répondre à Pat V sur Sade. Sade était un criminel qui a décrit complaisamment des pratiques criminelles, abjectes, dégradantes pour la personne humaine. Il n’y a nulle besoin d’être cul bénit ou coincé pour rejeter cet individu, quelle que soit la qualité de son écriture. Il suffit de vouloir vivre dans une société humaine.

et alii dit: 13 août 2019 à 12 h 57 min

Les enfants dans l’œuvre de Flaubert — 1
Les Amis de Flaubert – 1ère Année 1951 – Bulletin n° 1 – Page 33

Les enfants dans la documentation
et l’œuvre de Flaubert — 1

L’évidente dualité de pensée de Flaubert, lyrique et scientifique, éclate dans l’ensemble de son œuvre, « singulier réaliste romantique », a dit Faguet : Il eût été plus exact, d’ailleurs, d’écrire « romantique-réaliste », en concordance avec l’évolution mentale de l’écrivain.
https://www.amis-flaubert-maupassant.fr/article-bulletins/001_033/

christiane dit: 13 août 2019 à 12 h 52 min

@Pat V dit: 13 août 2019 à 12 h 45 min
C’est vous qui commencez, toujours comme pour ‘Horreur ». Et je réponds toujours à quelqu’un qui essaie d’induire des jugements erronés à mon égard.
Oui, Sade m’intéresse comme beaucoup d’autres romanciers.
Malsain est un mot que vous savourez semble-t-il. Cela ne m’étonne pas. Cherchez donc en vous l’origine de ce malaise qui vous pousse à me poursuivre à partir de commentaires allusifs et sournois… à me salir.

closer dit: 13 août 2019 à 12 h 47 min

Je ne m’en souvenais pas, D.

Toujours pas de réponse, pourtant je suis à peu près sûr que quelqu’un pourrait en donner une.

pado dit: 13 août 2019 à 12 h 47 min

D. dit: 13 août 2019 à 11 h 56 min
Toutes les éléments sont en train de se mettre en place pour que l’Europe communautaire s’effondre enfin.

Enfin ! Enfin ! Une bonne guerre en perspective qu’il admirera du haut de ses puys.
Commentaire de merdre.

closer dit: 13 août 2019 à 12 h 45 min

DHH, ne soyez pas trop envahie de sentiment religieux, sinon Clopine va vous coller dans le même sac que Christiane et votre prestige va en prendre un coup…

Pat V dit: 13 août 2019 à 12 h 45 min

Mais vous n’êtes pas obligé de me lire.

Mais vous vous adressez à moi,christiane alors je vous répond. Cela est-il encore possible en ce lieu? 😉

Pat V dit: 13 août 2019 à 12 h 35 min

christiane dit: 13 août 2019 à 12 h 25 min

Mais que voulez-vous prouver, christiane maîtresse des colles, avec tout ce laïus copié/collé d’ histoire littéraire que nous connaissons déjà avec intérêt et plaisir?

 » que vous êtes malsaine. Sade, oui, vous donnez l’impression de bien connaître vous aussi? 😉

christiane dit: 13 août 2019 à 12 h 29 min

@Sarah dit: 13 août 2019 à 11 h 35 min
Je ne donnais pas de notes à mes élèves, juste je les aidais à évaluer leurs progrès, leurs difficultés. Ce n’est pas ici que je vais commencer ! je fais écho aux commentaires les plus intéressants et j’essaie de ne pas perdre trop de temps avec les autres.

christiane dit: 13 août 2019 à 12 h 25 min

@Pat V dit: 13 août 2019 à 10 h 56
Ah encore une fois, vous divaguez : « Lire Sade, c’est malsain, cela en dit long sur votre étroitesse d’esprit et votre vrai fond de moralisatrice réactionnaire ». Où ai-je écrit cela ? Je dis seulement, puisque vous le citez, que la lecture de Sade vous va bien.
Sade est un romancier. La fiction est son domaine. «Le philosophe des lumières de la nuit », «l’esprit le plus libre qui ait jamais existé» (dixit Apollinaire).
En 2014, une passionnante expo s’est tenue à Orsay, consacrée à Alphonse-Donatien-François, le «divin marquis» de Sade. L’avez-vous visitée ? Y étaient exposés Le rouleau du manuscrit des Cent vingt Journées de Sodome et bien d’autres choses dont je vais faire mémoire. L’exposition débutait par des vidéos présentant des extraits de films : Bunũel (L’Age d’or, Benoît Jacquot (I>Sade), Salò ou les 120 Journées de Sodome, Les chasses du comte Zaroff car le cinéma s’est emparé des thèmes sadiens.
Sade ? le paradoxe d’un XIX° siècle qui enferme son œuvre dans « l’Enfer » des bibliothèques tout en étant fasciné par sa pensée.
Lamartine, Hugo, Balzac, Verlaine ont été influencés par la lecture de son œuvre et Baudelaire écrit : «Nous sommes tous nés marquis pour le mal» et Flaubert dans La tentation de saint Antoine ou Mirbeau (Le Jardin des Supplices), Barbey d’Aurevilly (Le bonheur dans le crime).
C’est Apollinaire qui préfacera et publiera Œuvres du marquis de Sade, Pages choisies, en 1909.
Pour les surréalistes, Sade était un «soleil noir».
En 1947, Jean-Jacques Pauvert sera le premier à publier Sade officiellement.
Et en art, on retrouve son empreinte chez Odilon Redon ( 6 dessins pour le conte de Flaubert – « La tentation de saint Antoine »), Géricault, Gustave Moreau, etc.
L’expo dévoilait les fantasmes des artistes : des dessins érotiques de Rodin superbes, d’André Masson, de Félicien Rops, de Picasso, des photos de Man Ray, celles des inquiétantes poupées de Hans Bellmer.
Et Bernard Noël dans Les plumes d’Éros écrit : « Tout désir qui se donne en spectacle jouit à la fois de son étalement et de l’espoir de sa répétition. A défaut de durer, nous avons appris à faire durer, car notre but n’est pas dans l’assouvissement, mais plutôt dans la faim de la fin. »
Vous voyez, je suis loin des « cris d’horreurs d’une vieille rombière qui se met à fuir en courant dès qu’elle entend le nom de Sade! »… Encore un de vos fantasmes !
Pauvre Pat V. la haine vous égare. Mais vous n’êtes pas obligé de me lire. N’avez-vous pas autre chose à faire dans votre atelier d’encadreur ?

D. dit: 13 août 2019 à 11 h 56 min

Toutes les éléments sont en train de se mettre en place pour que l’Europe communautaire s’effondre enfin.
Il n’y aura plus qu’à gratter l’alumette.
Brexit sans accord quasi assuré, situation économique italienne désastreuse (dont Salvini n’est en rien responsable), freinage chinois, descente des bourses, hausse de l’or, Gilets jaunes qui bon remettre ça dès septembre, appuyés par l’ultra-gauche européenne, macron empêtré par la, réforme des retraites.
On va bien s’éclater.

et alii dit: 13 août 2019 à 11 h 47 min

Ce double dispositif fonctionne comme en écho du système binaire que le roman de Flaubert ne cesse de produire et souligné par la critique littéraire. [24]
[24]
Duchet C., « Deux ou le chiffre clé », in Madame Bovary, texte… Ainsi ce principe de dualité apparaît dans le texte comme « un procédé d’invention et un schéma structurel » désignant le couple réalité/illusion au principe de l’intrigue romanesque. Mais il prend souvent des proportions envahissantes et s’immisce jusque dans la vie des objets au point que, virant presque au tic d’écriture, dans le chapitre de la noce, le chiffre « deux » apparaît en dix-huit occurrences.
lien et bibliographie en note:
Duchet C., « Deux ou le chiffre clé », in Madame Bovary, texte et contexte, ss la dir. de G. Gengembre, Éd. Magnard, 1988, p. 357-359.

Jazzi dit: 13 août 2019 à 11 h 42 min

« Emma et Gabriel sont les prénoms les plus donnés en 2018. »

Le bovarysme fait encore des ravages !

D. dit: 13 août 2019 à 11 h 40 min

Le font-ils exprès (pas sûr) :

–> « On ne peut pas laisser un pont dans cet état » : à Crépy-en-Valois, des habitants s’inquiètent d’un pont décrépit »

…titre en ce moment France-Info sur son site Internet.

D. dit: 13 août 2019 à 11 h 35 min

closer dit: 13 août 2019 à 11 h 15 min

Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi certains journalistes prononcent « Wennstine » pour Weinstein, « Epstine » pour Epstein, alors que je n’ai jamais entendu personne au monde parler d’Albert Ennstine pour le grand Albert ou de Leonard Bernnstine pour le compositeur de West Side Story?

Il se trouve que j’ai posé exactement la même question il y a quelques mois, Closer, et j’ai eu exactement la même absence de réponse.

christiane dit: 13 août 2019 à 11 h 35 min

@DHH dit: 13 août 2019 à 11 h 26 min
Ah, je suis ravie. Comme j’aimerais que vous exposiez ce que vous ressentez de ce roman de Flaubert, de ces personnages…

Sarah dit: 13 août 2019 à 11 h 35 min

christiane dit: 13 août 2019 à 10 h 41 min

@Sarah – 12 août 2019 à 15 h 30
Vraiment intéressant ce texte mis en lien.

Et vous me donnez combien pour la note? 😉

DHH dit: 13 août 2019 à 11 h 32 min

@Renato 8h 40*
Un souvenir de san Geminiano:
C’était au petit matin, à mon réveil, un jour de mai où de la fenêtre de ma chambre d’hôtel perchée sur les hauteurs de San Geminiano, j’ai découvert en contrebas, dans la douceur d’une vallée toscane verdoyante, un paysage placide de champs cultivés, blottis au creux de tendres collines .
Encore voilées par place d’écharpes de brume , comme d’une gaze légère et transparente, les parcelles impeccablement plantées de vigne et d’oliviers formaient un patchwork, qui commençait sous le ciel déjà rose à prendre des teintes d’aquarelle; Cela avait la fraîcheur et l’innocence sereine d’une image pieuse, comme un tableau de fra Angelico dans toute sa pureté et sa simplicité naïves ,.
Je me suis sentie toute remuée, envahie d’un sentiment religieux de rencontre apaisante avec le sacré et l’intemporel, à regarder s’éveiller à la lumière dans la brume qui s’évaporait lentement ce terroir si bien ordonné, façonné dans sa perfection par des siècles de travail des hommes et de retour immuable, année après année, de l’ordre eternel des champs

Delaporte dit: 13 août 2019 à 11 h 31 min

« On est très loin du journalisme. »

MCourt, si vous aviez compris ce que je disais, c’est ce que j’essayais de dire. Je parlais de « discours moderne » de la littérature, bien de tout journalisme prosaïque.

et alii dit: 13 août 2019 à 11 h 16 min

Flaubert, exténué par cet exercice de style, dira à Louise Colet : « Quel mécanique que le naturel, et comme il faut de ruses pour être vrai !(…) » [35]
[35]
Lettre à Louise Colet du 6 avril 1853, correspondance II,….
lien donné

closer dit: 13 août 2019 à 11 h 15 min

Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi certains journalistes prononcent « Wennstine » pour Weinstein, « Epstine » pour Epstein, alors que je n’ai jamais entendu personne au monde parler d’Albert Ennstine pour le grand Albert ou de Leonard Bernnstine pour le compositeur de West Side Story?

Pat V dit: 13 août 2019 à 10 h 56 min

Oh là, une grosse pique suivit de deux compliments jetés à la ronde, la Juge Pinard du blog a sévit! 😉 Lire Sade, c’est malsain, cela en dit long sur votre étroitesse d’esprit et votre vrai fond de moralisatrice réactionnaire, maîtresse christiane!

« Interrogez-vous sur ce que vous apportez à ce blog. » écrivez-vous.
Mais rien ma chère maitresse des colles, rien. Aucune prétention à jouer l’ instit comme vous le faites ici nuit et jour collée à votre chaise. J’y viens par plaisir, vous savez ce que cela veut dire, par plaisir?
On est pas dans votre classe sur ce blog, non?
Je pourrais retourner à vous mêmes les remarques de votre copie ci-dessous.
Mais ce serait trop dépenser de l’énergie pour rien.
La plouc ridicule, c’est vous, à courir dans la cour à donner des remarques sur le carnet de classe de chacun ici, à donner des comparaisons  » à la bougie  » d’un peintre catho (et non bien sûr, scato!).
Le monde de l’art n’est pas le monde du pardon et votre  » quelle horreur  » marque bien vos limites d’ouverture d’esprit. Quand on montre ses œuvres, on est prêt à affronter les critiques les plus exigeantes et les plus navrantes, (depuis 1975 ) même les cris d’horreurs d’ une vieille rombière qui se met à fuir en courant dès qu’elle entend le nom de Sade!

renato dit: 13 août 2019 à 10 h 48 min

« … non dispersée tous azimuths comme les réverbères classiques comme les réverbères classiques. »

Réverbères classiques qui dérangent la vie des animaux de la nuit. Par-dessus le marché, s’est installée la mode du faisceau de lumière du bas en haut pour mettre en valeur des monuments que le touriste moderne pourrait admirer sans peine pendant la journée.

christiane dit: 13 août 2019 à 10 h 48 min

@Lavande – 10h41
 » limiter la pollution lumineuse tout en améliorant la qualité des services et de l’éclairement.
Tout cela a été rendu possible grâce à une rénovation massive du patrimoine. L’ensemble des lampes à mercure ont été remplacées et la Ville sera équipée de plus de 56% de lampes led d’ici à 2023. En plus d’avoir une durée de vie plus importante (10 ans), les lumières led permettent d’optimiser le réseau grâce à leur éclairage évolutif. Elles varient en intensité au cours de la nuit, ce qui, couplé à un système de gradation par détection, permettra à terme de diminuer de plus de moitié la consommation d’énergie.
En éliminant 80% de la pollution lumineuse et en assurant aux habitants des services fiables en cas de problème, le Plan Lumière améliore la qualité de vie tout en s’insérant dans une démarche de transition énergétique efficace. » Oui, bien vu ! (je fais suivre…). Merci.

Paul Edel dit: 13 août 2019 à 10 h 47 min

L’année du bac, à 19 ans, le jeune Flaubert tient un « cahier intime », publié pour la première fois en 1965 chez Buchet-Chastel et repris dans l’excellent volume pléiade « œuvres de jeunesse ». C’est l’époque où il lit passionnément Montaigne qui le fascine en notant les contradictions et illogismes des comportements. « J’ai en moi, écrit Flaubert, toutes les contradictions, toutes les absurdités, toutes les sottises ».Il découvre aussi Sade avec enchantement. Le lycéen affirme déjà des convictions qu’on reconnaitra dans ses œuvres à venir : » «l’histoire du monde, c’est une farce », ou « le christianisme est à son lit de mort ».
J’ai surtout noté ceci, écrit 10 ans avant qu’il n’ébauche le début de « Madame Bovary » eton constate que le « bovarysme » est déjà en germe:
« Si j’ai de suaves désirs d’amour, j’en ai d’ardents, j’en ai de sanglants, j’en ai d’horribles.
L’homme le plus vertueux a dans le cœur des choses épouvantables.
Il y a des pensées ou des actions qu’on n’avoue à personne, pas même à son complice, pas même à son ai, et qu’on ne se redit pas tout haut.(..)
Souvent je suis dans l’Inde, à l’ombre des bananiers, assis sur des nattes, les bayadères dansent, les cygnes s’arrondissent dans les lacs bleus, la nature palpite d’amour. Il y a huit jours j’ai pensé pendant deux heures à deux brodequins verts et à une robe noire !
Je baguenaude dans ma tête, je me chatouille pour me faire rire, je me fais des tableaux et je suis le spectateur, des tableaux avec des horizons roses, un beau soleil- tout y est lumière, bonheur, rayonnement. »

christiane dit: 13 août 2019 à 10 h 45 min

@Lavande dit: 13 août 2019 à 10 h 37 min
J’étais au dessus de Voreppe, face à la Belladonne, avec des amis.
Le lien et le commentaire donnés par Sarah devrait vous intéresser, vous qui avez habillé récemment des marionnettes.

Sarah dit: 12 août 2019 à 15 h 30 min
« Au musée des automates, dit «galerie Bovary» à Ry, petit bourg devenu célèbre, près de Rouen, le destin tragique d’Emma est représenté par des figurines automates miniatures, hautes de quinze centimètres. La fiction romanesque de Flaubert, matérialisée et déployée tel un livre d’images ouvert à toutes les pages y occupe une place centrale. L’idée a germé dans l’esprit de M.B., artisan-horloger du bourg et facteur d’automates, convaincu qu’Emma a réellement existé dans son village et que « toute cette histoire est vraie ». La rumeur [1]
[1]M. Ducamp fait allusion à cette histoire dans une lettre…
, à l’époque où Flaubert écrit son roman, rapporte qu’une certaine Delphine Couturier, mariée à un médecin Delamare à Ry (ancien élève du père Faubert, chirurgien en chef de l’hôtel Dieu à Rouen), s’est donné la mort après un amour adultère avec un petit hobereau, à quelques lieues du village. »

https://www.cairn.info/revue-sociologie-de-l-art-2005-2-page-39.htm

MCourt dit: 13 août 2019 à 10 h 41 min

Je n’ai pas dit que c’était le seul cas que je connaissais, Rose. On cite, dans un pays ami, une bibliothèque léguée disons par l’Italie à la France, et que les représentants français ont mis à la poubelle, nonobstant des originales de Baudelaire et quelques autres.
Delaporte, 3H 34; N’importe quoi comme d’habitude. Derrière les Choses Vues , il y a , inversé quant aux convictions et à la forme,le fantôme de Chateaubriand. La phrase  » je veux être Chateaubriand ou rien », qui aurait été écrite à sept ans a peut-être été perdue, mais elle résume bien une concurrence obsessionnelle. On est très loin du journalisme. Quant à la forme éclatée de l’ensemble, formé d’agrégats divers. elle est consubstantielle à Hugo qui d’ailleurs ne destine pas ce texte à une publication de son vivant. Outre-tombe, quand tu nous tiens…
MC
MC

christiane dit: 13 août 2019 à 10 h 41 min

@Sarah – 12 août 2019 à 15 h 30
Vraiment intéressant ce texte mis en lien.
« G. Dubosc, chroniqueur littéraire au Journal de Rouen déclenche les hostilités en affirmant que Ry est le véritable lieu du drame romanesque. Flaubert aurait été inspiré par un fait divers survenu à Ry : « Si vous cherchez sur une carte le petit bourg d’Yonville-l’Abbaye, où Gustave Flaubert a fait se dérouler l’action de Madame Bovary, vous courrez chance de ne pas le rencontrer. Par contre, si par un jour d’été vous vous égarez jusqu’au gros village de Ry, situé sur les confins du Vexin et du Pays de Bray, vous serez frappé de la ressemblance qu’il présente avec la bourgade si minutieusement décrite par le romancier. […] les notes intimes lui furent, pendant un séjour à Ry, fournis par le pharmacien de l’endroit, qu’il connaissait […]. Ces faits nous donnent des indications précises sur la méthode littéraire de G. Flaubert et sur ses procédés de composition.
(G. Dubosc, « La Véritable Madame Bovary », Le Journal de Rouen, 22 novembre 1890).

Belle découverte aussi que ce musée des automates, dit «galerie Bovary» dont « l’idée a germé dans l’esprit de M.B., artisan-horloger du bourg et facteur d’automates, convaincu qu’Emma a réellement existé dans son village et que «toute cette histoire est vraie» (Delphine Couturier).

Reste ce roman inoubliable que Flaubert a fait de ce fait-divers.

Lavande dit: 13 août 2019 à 10 h 37 min

christiane dit: 13 août 2019 à 10 h 19 min
« je me souviens d’une nuit des étoiles filantes dans la grande Chartreuse, donc bien loin de la pollution lumineuse des grandes villes, la nuit. »

Non ce n’est pas loin de Grenoble mais tous les réverbères de la ville ont été changés il y a déjà longtemps pour que la lumière soit réfléchie vers le bas et non dispersée tous azimuths comme les réverbères classiques

christiane dit: 13 août 2019 à 10 h 19 min

@rose dit: 13 août 2019 à 5 h 50 min
Exact ! je me souviens d’une nuit des étoiles filantes dans la grande Chartreuse, donc bien loin de la pollution lumineuse des grandes villes, la nuit. Ces poussières d’astres minuscules qui s’illuminent en entrant dans l’atmosphère terrestre, offrent un spectacle magique.

christiane dit: 13 août 2019 à 10 h 13 min

@Pat V dit: 13 août 2019 à 9 h 12 min
C’est bien ce qui me semblait.
Vous êtes un menteur. Je n’ai jamais dit que je n’aimais pas Dali mais j’ai exprimé mes réserves par rapport à ces études.
Vous êtes un frustré. Des compliments justifiés, et non en « belle portion » (où ?) ne vous seront jamais adressés de ma part.
Quant à la « dînette »… je vous laisse l’utilisation de ce jeu d’enfant qui n’est en rien lié à mes commentaires, qu’ils soient adressés à Chantal, Jazzi ou Rose. L’emploi d’émoticônes ou smileys à la fin de vos commentaires sont par contre une marque enfantine de votre pensée.
Vous ne savez utiliser que le mépris. Je vous l’ai déjà signalé ou un ton doucereux quand vous voulez vous attirer les bonnes grâces d’un commentateur.
Vous êtes un fat, vous réclamant de travaux en commun avec des vrais critiques d’art. Mais en fait, à part vos liens, vous n’apportez aucune argumentation personnelle.
Vous êtes vexé que j’ai pu trouver la référence aux travaux de Dali sans vous. Études que vous n’avez ni signalées, ni commentées personnellement.
Vous avez été ridiculisé par une vidéo mise en lien par Chaloux et commentée par son alter ego cela ne passe pas. Rien d’inoubliable, effectivement, dans votre leçon d’art appliqué. Même en petite section de maternelle, elle lasserait par ses conseils simplistes et répétitifs.
Quant à votre blog. Il fait illusion par les citations. Mais « vos œuvres », mises en ligne, sont puériles et témoignent d’un goût certain à laisser des traces colorées sur des pages imprimées ou non, des enveloppes… Vous êtes bien loin des artistes que vous citez.
Le ridicule ne tue pas c’est ce qui explique que vous soyez encore là…
L’exemple de la « cire chaude » prouve par ailleurs que vous êtes malsain. Sade, oui, vous devez bien connaître…
Sur ce, assez perdu de temps avec vous. Relisez vos commentaires depuis juillet. Interrogez-vous sur ce que vous apportez à ce blog.

Pat V dit: 13 août 2019 à 9 h 12 min

Bof, bof, christiane dit: 13 août 2019 à 1 h 50 min
Vous n’aimez pas Dali, c’est votre choix et votre droit mais n’essayez pas de vous rattraper en en faisant une pelle ( et par la même occasion de jouer encore à la dinette en versant une belle portion de compliments aux unes et aux autres).
Beaucoup à dire sur votre « cire chaude » et votre façon d’ « approcher l’index de la cire fondante ». (le 12 08 19 à 18 h 11)Vous êtes bien plus près du Marquis de Sade que de Bachelard, mais là encore, vous énoncez l’évitement! 😉
Et à propos de Dali, il faisait comme vous, il notait ses collègues! 😉

c. à https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/67954245_2474475556164233_8473278598726287360_n.jpg?_nc_cat=101&_nc_oc=AQnFrfd2mv2i50HX_wba8ZJeXZ97nRKdJyN04nQueHnJ0oRlyv2_cbHWuVIzINJl270&_nc_ht=scontent-cdg2-1.xx&oh=cca7ca8f3e91f38de70c6734576d7519&oe=5E1521D5

Bérénice dit: 13 août 2019 à 9 h 05 min

Bloom, la pédophilie est un mal qui ravage jusqu’aux ONG et même quelques militaires ont je crois été inquiétés, en vase clos avec des  » damnés » en quête de redemption en proie à la tentation, c’est pas gagné. La foi ne sauve pas à tous les coups.

Pablo75 dit: 13 août 2019 à 8 h 53 min

Jazzi dit: 12 août 2019 à 23 h 46 min

Les « Souvenirs Littéraires » et les « Mémoires d’un suicidé » de Maxime du Camp sont en poche?

Bloom dit: 13 août 2019 à 8 h 53 min

Les pédophiles dans l’Eglise catholique, c’est du Polanski puissance 1 000. Et les grenouilles de bénitiers de continuer à bouc émissairiser Polanski quand les vils criminels à soutane sont en leur sein. Je voyais et maintenant je suis aveugle, merci mon Dieu. Incurables antisémites.

et alii dit: 13 août 2019 à 8 h 28 min

Votre texte est réécrit plusieurs fois.
mes excuses lessplus plates(on dit comme une limande
pour inspirer D)
j’avais voulu mettre un autre lien;
smyrne me fait penser à un autre rénégat fameux dont la conversion fit le buzz sur les places d’Europe
bonne journée et bonnes vacances

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