de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Georges Perec en plein vertige taxinomique

Georges Perec en plein vertige taxinomique

Un étrange débat s’est récemment engagé sur le forum de la « République des livres », allez savoir comment et pourquoi, sur la question de savoir si Les Choses de Georges Perec (1936-1982) relevait de la littérature ou de la sociologie, genre de problématique binaire, donc réductrice, dont les livres de Michel Houellebecq ont eu le monopole ces dernières années. L’une ou l’ autre, en tout cas, cela tombe bien à la veille du cinquantième anniversaire de la publication de ces fameuses Choses couronnées du prix Renaudot (le jury, lui, y avait bien vu un premier roman ), et que Julliard célèbrera comme il se doit le mois prochain en rééditant le livre sous une couverture à l’identique. L’occasion de raviver la controverse qu’illustre bien la critique paru sous la signature de Jean Bloch-Michel dans la Gazette de Lausanne en 1965.

Mais si l’on dispute encore de la vraie nature des Choses (Perec s’en expliquait à l’époque, ici dans un entretien à la télévision), que dire alors de Penser/Classer (175 pages, 7,80 euros, Points) qui vient de paraître pour la première fois en format de poche ? Pense-t-on avant de classer, ou classe-t-on avant de penser et comment le fait-on ? Rien de moins. On s’en doute, un tel défi ne pouvait laisser un tel esprit indifférent. Ultime texte publié du vivant de l’auteur puisque Perec l’a vu paraître en 1982 dans la revue le Genre humain quelques jours avant sa disparition, il lui avait été demandé par l’éditeur et historien Maurice Olender. Sa revue de sciences sociales, transdisciplinaire tant sur le plan universitaire que littéraire ou poétique,  en était à ses débuts. Elle préparait ses trois premiers numéros. L’un d’eux s’intitulait « Penser Classer ». L’écrivain, prince obsessionnel du classement, ne pouvait décemment y échapper, jamais à bout de sa quête infinie d’épuisement des lieux et des choses.

Perec donna son accord d’un simple « oui ». Lorsqu’il remit son texte, il lui donna comme titre « Penser/Classer », récupération et réappropriation éhontées ; et, devant les craintes d’une confusion avec le titre même du numéro, il tint bon en précisant que les guillemets et la barre de fraction suffiraient à les balayer (plus de trente ans ont passé depuis et les guillemets ont disparu de la couverture de l’édition de poche…). Maurice Olender, qui y est longuement revenu dans un entretien pour le dossier spécial consacré à Perec par la revue Europe (No 993, janvier 2012), se souvient que dans l’Express, Yves Hersant écrivit que « depuis l’Encyclopédie chinoise de Borges, on n’a rien écrit de plus troublant et de plus drôle que l’article de Perec sur le vertige taxinomique ».AVT_Georges-Perec_4221

 Classer le monde pour le comprendre, c’est de cela qu’il s’agit à l’origine de ce drôle de recueil, c’est bien le mot, puisqu’on y trouve rassemblés un certain nombre de textes épars que Perec avait publiés un peu partout à l’exception du dernier écrit tout exprès et intitulé justement « Penser/Classer ». Il commence par y classer son œuvre. Au moment où il écrit, une grande partie en a déjà été publiée : Les Choses, Un homme qui dort, La Disparition, Les Revenentes, W ou le souvenir d’enfance, Je me souviens, la Vie mode d’emploi, Un Cabinet d’amateur etc Il les classe  en quatre catégories,  non des genres mais des « champs » ou des « modes d’interrogation » : sociologique (en ce qu’il questionne le quotidien comme dans Les Choses, rangé là par l’auteur même…), autobiographique (Je me souviens), ludique (Oulipo and co), romanesque (La Vie mode d’emploi).  Puis il essaie d’interpréter sa manière de ranger sa table de travail, l’aménagement de son territoire, et se livre à un inventaire systématique des objets qui s’y trouvent.

Après quoi inévitablement l’art et la manière de ranger sa bibliothèque. Cela nous vaut un développement par l’absurde de l’exemple d’un ami qui s’y prend à partir d’un modèle idéal par lui établi autour du nombre K=361. Tout ajout doit se corréler à un rejet. Celui qui vient exclut celui qui y est. Ce ui ne va pas de soi avec un volume de la Pléiade contenant trois livres. Sauf à considérer alors qu’il s’agit de 361 auteurs. La bibliothèque, c’est une question d’espace et d’ordre. On s’en doute, Perec s’emploie à énumérer les critères de classement jusqu’à donner le tournis : alphabétique bien sûr mais aussi par continents, pays, couleurs, dates d’acquisition ou de parution, formats, genres, grandes périodes littéraires, langues, priorités de lecture, reliures, séries… De toute façon, la sagesse et l’expérience acquises par tout lecteur bien disposé inclinent à penser qu’il n’est de rangement en bibliothèque que provisoirement définitif, tout ordre étant aussitôt caduc.

« Comme les bibliothécaires borgésiens de Babel qui cherchent le livre qui leur donnera la clé de tous les autres, nous oscillons entre l’illusion de l’achevé et le vertige de l’insaisissable. Au nom de l’achevé, nous voulons croire qu’un ordre unique existe qui nous permettrait d’accéder d’emblée au savoir ; au nom de l’insaisissable, nous voulons penser que l’ordre et le désordre sont les deux mêmes mots désignant le hasard. Il se peut aussi que les deux soient des leurres, des trompe-l’œil destinés à dissimuler l’usure des livres et des systèmes. Entre les deux en tout cas il n’est pas mauvais que nos bibliothèques servent aussi de temps à autre de pense-bête, de repose-chat et de fourre-tout »

Mais le taxinomiste fou n’en a pas que pour les livres. Les titres et mots-clés du Malet & Isaac, les fiches-cuisines pour débutants, les lunettes, les animaux en copropriété bien qu’il n’en porte pas… Rien n’échappe à sa manie de la typologie et au pur plaisir de l’énumération. Même les vêtements, décrits en détail et assortis de leur prix –et quand on lit que dès 1976 il se disait dépassé par l’idée qu’un bipède normalement constitué d’un cerveau ait à cœur de porter un sac frappé du monogramme de son fabricant et donc de payer pour arborer ses initiales et lui faire sa publicité, on imagine la tête qu’il ferait aujourd’hui… L’excipit du volume est un classement des interjections auquel le grand verbicruciste en lui ne pouvait se soustraire : « Z) ? ». Mais là, je l’avoue, je rends les armes.

Dresser des listes peut mener loin. La passion de la classification poussée à l’extrême peut se muer en un Toc handicapant. D’aucuns jugeront certainement que c’est ici un exercice de style, une pochade oulipienne, le passe-temps gratuit d’un écrivain trop doué et assez névrosé. Pour ma part, j’y verrais plutôt l’indispensable complément aux grands livres de Perec, le manuel intérieur de celui qui voit le monde comme un puzzle. Il lui faut non seulement le rassembler sans nourrir d’illusion sur la cohérence de l’image reconstituée, mais ne pas s’interdire de penser/classer tout en se laissant envahir par un irrésistible passer/clamser, écho de son humour tragique. A propos, bien malin sera celui ou celle qui saura classer Penser/Classer au sein d’un genre bien défini selon les canons de l’histoire littéraire. Et si ses errances dans ses labyrinthes, et le récit de « mes ivresses verbeuses de ces petits vertiges pansémiques », relevaient tout simplement de la littérature ? Disons que c’est du Perec et savourons !

(« Penser/Classer au Mémorial du massacre de Nankin » photo Passou ; « Georges Perec » photo D.R.)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire, Littérature de langue française.

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commentaires

935 Réponses pour Georges Perec en plein vertige taxinomique

Laissons le texte dit: 16 août 2015 à 9 h 36 min

Widergänger dit: 15 août 2015 à 23 h 52 min
le « bacile de coque »

Et le crétin des Alpes?

christiane dit: 16 août 2015 à 9 h 35 min

@ de nota / 15 août 2015 à 20 h 45 / Conférence prononcée par Perec le 5 mai 1967 à l’université de Warwick( publiée in Parcours Perec, Presses universitaires de Lyon, 1990)
Merci.
Il m’a fallu du temps pour traverser ses préférences négatives avant qu’il n’aborde l’essentiel : qui est-il ? De quelle identité introuvable, de quelles lectures cet homme de l’impossible d’écrire est-il né à l’écriture comme on tombe dans le sommeil ? L’ironie libératrice de T.Mann, le héros somnolent de Melville (qui lui aussi commence toujours ses phrases par un refus), l’angoisse d’un Kafka, l’incertitude.
J’ajouterais les jeux de l’OuLiPo comme l’unique issue vers une certaine « forme » d’écriture.
J’aime qu’il évoque L’homme qui dort, son livre le plus poignant avec W. ou le souvenir d’enfance.

nouvelle lettre dit: 16 août 2015 à 9 h 26 min

Penser/Classer ou Nourrir/Soigner ?

La taxinomie touche à tout comme la pensée sous-tend bien des actes. Penser dire faire agir convaincre, telle était la devise d’un silencieux voisin. D’un autre côté, la pensée a besoin de se nourrir, le soin d’être pensé, le classement d’une matière qui peut trouver son rayonnage dans les hyper-marché.

nouvelle lettre dit: 16 août 2015 à 9 h 19 min

Radioscopie ( pour rire évidemment) A chaque printemps de disette, quand refleurissent les marronniers, qu’ils soient roses ou blancs, mon esprit se prend à espérer quelques pénétrations mais aussitôt la conscience et la science viennent avec un plumeau pour le ménage de saison, éloigne énergiquement, sainement le spectre maladif de l’hystérisassions des images qui affluent à chaque boulevard, dans chaque allée, sur les sentiers. D’ailleurs pour n’avoir plus à fournir cet effort épuisant, j’ai changé de région. Ici les platanes sont malades et du chancre qui les ronge, ne résulte que désolation puis disparition. Les berges du canal sont un vastes cimetière où la mémoire des géants défunts peine à les faire oublier.

nouvelle lettre dit: 16 août 2015 à 9 h 08 min

comme métaphore dudit « bâton ». radioscopie.

Oh il est des êtres hallucinés qui d’un rien et n’importe quel objet s’en approchant ou s’en éloignant conçoivent de phalliques symboles, la nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles;…

Les Yeux Fatigués (de Clopine Trouillefou) dit: 16 août 2015 à 8 h 55 min

Sergio de 22 h 53 : moi j’ai fait pire, vous savez – j’ai inventé, non un écrivain, mais des fausses citations de Sartre, parsemées ici ou là dans mon devoir de philosophie du baccalauréat, et sensées provenir de « qu’est-ce que la littérature »…

Faut dire que j’aimais bien, déjà, le pastiche. J’avais remarqué qu’il suffisait de lire soigneusement un livre pour être « imprégné » du style de son auteur. C’est toujours vrai, d’ailleurs. Je dois faire un effort, une fois un bon livre refermé, pour redevenir moi-même. Sinon, c’est du sous-Chevillard (par exemple) qui sort. Voire du sous-sous-sous-Chevillard !

La veille du bac, j’ai ainsi lu Sartre, du coup, les pastiches sortaient tout seuls…

Forcément, ils collaient pile poil à mon propos !

Je m’étais dit : « soit le correcteur ne va pas s’apercevoir de la triche, et ça va passer, soit il va s’en apercevoir, mais ça va le faire rire et il va admirer le culot et le savoir-faire, alors ça passera aussi ».

Ca a passé.

Mais tant d’années après, j’aimerais bien savoir si le correcteur s’est, ou non, rendu compte de quelque chose…

radioscopie dit: 16 août 2015 à 8 h 37 min

Widergänger dit: 15 août 2015 à 23 h 52 min
becilum, qui a donné un bacile, le « bacile de coque » (un bâtonnet) et son contraire, imbecilum, qui a donné « imbécile »… (celui qui manque d’appui).

Vous traficotez aussi le latin. Le rapport à « bâton, gourdin » semble attesté. Plus prosaïquement et coquinement, il pourrait s’agir du sexe masculin (pénis) comme métaphore dudit « bâton ».

un peu de chronologie dit: 16 août 2015 à 6 h 41 min

Widergänger dit: 15 août 2015 à 23 h 01 min « … Faut pas oublié que Perec appartient à un groupe politque d’extrême-gauche, la Ligne générale, Lg. Et qu’à la même époque se développe la Gauche Prolétarienne, aussi à Normale Sup d’ailleurs, foyer rouge… »
—-
Gauche prolétarienne : 1968-1974.
« La ligne générale » : « … Entre 1959 et 1963, Georges Perec et quelques-uns de ses amis échafaudèrent longuement un projet de revue littéraire, baptisée La Ligne générale, en référence au film d’Eisenstein. Le groupe de La Ligne générale fut une nébuleuse aux contours incertains : une à quelques dizaines de participants, tous fort jeunes (de dix-huit à moins de trente ans), très majoritairement étudiants, assez souvent membres du parti communiste, plus souvent encore en proximité conflictuelle avec lui. De cette revue qui ne vit jamais le jour, les plus substantiels morceaux épars sont présentés ici(…) »

Widergänger dit: 16 août 2015 à 0 h 19 min

« Ecrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose : arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse, laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes. »
(Perec, fin de Espèces d’espaces, 1973-1974)

Widergänger dit: 16 août 2015 à 0 h 04 min

Dans son Dictionnaire des cinéastes, j’aime bien cet article :

Bernardo Bertolucci

À la fin d’un déjeuner chez Lipp, Gault et Millau se chamaillent pour la note. Millau finit par proposer un pari :
— Allons voir en bas ; si ce grand dadais d’Hallier est là, c’est moi qui paye ; sinon, c’est toi.
— D’acc, fait Gault.

Ils descendirent donc, et, bien entendu, Hallier est là.

Et cet autre :

Orson Welles

Ne crois pas que le bouddhisme zen soit une école de bonté : c’est tout le contraire.

Sergio dit: 16 août 2015 à 0 h 02 min

Widergänger dit: 15 août 2015 à 23 h 52 min
becilum, qui a donné un bacile, le « bacile de coque » (un bâtonnet) et son contraire, imbecilum, qui a donné « imbécile »… (celui qui manque d’appui).

Ah c’est bien… Et même je l’ai jamais su, ou alors j’ai dû le savoir peut-être un quart d’heure aux temps anciens…

Widergänger dit: 15 août 2015 à 23 h 52 min

becilum, qui a donné un bacile, le « bacile de coque » (un bâtonnet) et son contraire, imbecilum, qui a donné « imbécile »… (celui qui manque d’appui).

Sergio dit: 15 août 2015 à 23 h 44 min

Widergänger dit: 15 août 2015 à 23 h 15 min
comment on appelle ça en latin

De l’avis général numérisé (enfin j’en ai regardé deux, quoi…) palus, un pal. Bien sûr, c’est plus emberlificotant qu’autre chose, même les vraies ! Mais on sait jamais : comme disait Guillaume d’Orange…

Giovanni Sant'Angelo dit: 15 août 2015 à 23 h 43 min


…il en reste, un fait entre tout de désagréable au moins,!…
…avec, les supports de gestions Windows depuis le 95,…98,…2000,…XP,…Vista,…et les 7,…32 ou 64 bits,!…

…tout les programmes, conçus pour les versions chaque fois antérieurs, au nouveaux deviennent obsolètes à consulter ou à suivre,!…

…ne serait ‘il pas pertinent,!…dans les Windows ou autres Internet Explorer,!…d’y adjoindre une disque à copier/coller,!…
…pour développer les programmes antérieurs dans un cadre délimité,  » musée & zoo d’archives « ,…à Explorer,!…
…il existait tellement de services différents pour nos détails évolutifs,!…
…résumons-nous,!…
…avoir le droit à des sources de cultures, que les programmes actuels rendent aujourd’hui  » obsolètes « ,…et à chaque nouveau Windows, vous devez renouvelez tout le paquet à Word,…excell,..etc,…et des milliers de disquettes sur les Programmes indispensables de nos 20 dernières années,…

…en fait ne pas jeter ses P.C.,ordinateurs précédents,!…
…penser la liberté de gestion géographique et en strates de ce qui à déjà exister,!…à consulter,!…et non pas l’impasse obscurantiste qui convient aux seuls dirigeants dans la mondialisation,!…

…questions, sans réponses,!…et faire un nouveau système d’exploitation, entre fonctions médicales de pointes par satellites, et les fonctions de commerces généralisés entre subalternes des états, à leurs profits,!…
…etc,!…de la poussière sous les tapis,…
…les bonnes à se glander,!…Amor, Amor,!…etc,!…
…Perec,!…qui çà,!…

christiane dit: 15 août 2015 à 23 h 24 min

14:08… 14:20

« …au nom de l’insaisissable, nous voulons penser que l’ordre et le désordre sont les deux mêmes mots désignant le hasard. Il se peut aussi que les deux soient des leurres, des trompe-l’œil… »
G. Perec (citation billet)
Une bibliothèque personnelle, ou cabinet de travail, ou caisses de livres, ou piles de livres ? nés du hasard ? Quel est le premier livre que vous avez gardé et qui fut le premier de votre bibliothèque ? N’est-il pas arrivé par hasard dans vos vies même si ceux qui ont suivis vous les avez choisis ?
Un lecteur se confond peut-être peu à peu avec sa bibliothèque devenue sa tanière pleine d’ombres et de fantômes. Je pense à Borges qui, aveugle, sur le tard, habitait au milieu de ses livres…
« Un vieil homme est toujours Robinson. »
(F. Mauriac / Nouveaux mémoires intérieurs)
Une bibliothèque c’est une ile…
Dans La vie mode d’emploi il y a une telle accumulation de listes en tout genre que replongeant dans ces pages, hier, j’ai revu l’immense bric-à-brac de Citizen Kane et dans ces mots un Rosebud perdu. (très belle intervention de W. – je ne sais plus à quelle heure – sur l’enfance de Perec)

Widergänger dit: 15 août 2015 à 23 h 15 min

Oui, enfin, Sergio, une citation n’est jamais qu’une béquille… Ce n’est pas là l’essentiel d’une dissertation. Une béquille, vous savez comment on appelle ça en latin et comment on nomme ceux qui en ont besoin d’une…

Widergänger dit: 15 août 2015 à 23 h 12 min

À l’époque de Perec, Normale Sup était un foyer rouge occupé par des juifs, aujourd’hui, c’est un foyer rouge mais antisémite… Les temps changent…

Widergänger dit: 15 août 2015 à 23 h 01 min

Il dit bien aussi comme je le disais l’autre jour à propos du billet sur Pontalis, que la littérature romanesque est fondée sur une rhétorique de la persuasion, sauf le roman intime.

Ce qui est intéressant dans son roman Les Choses, c’est que les protagonistes emploient dans leur profession les procédés rhétoriques mais en les pervertissant. En cela, la critique politique est très engagée dans ce roman.

Faut pas oublié que Perec appartient à un groupe politque d’extrême-gauche, la Ligne générale, Lg. Et qu’à la même époque se développe la Gauche Prolétarienne, aussi à Normale Sup d’ailleurs, foyer rouge…

Sergio dit: 15 août 2015 à 22 h 53 min

Au lycée quand on était vraiment sec en dissert on commençait par inventer des citations… Tout le monde pouvait y passer, Kant, Hegel, Saint-Simon ; quand elles étaient vraiment cradingues on prenait un mec mins connu… Au pire on inventait le mec !

nouvelle lettre dit: 15 août 2015 à 22 h 43 min

Les choses servent de prolongation à l’être comme l’écriture ou le texte ( je ne fais pas bien la différence) , l’illustrent, en témoignent, l’affirment, réussissent à constituer sa trace, elles partent de lui pour revenir à lui. Je ne vois pas que du nihilisme, après que des individus se noient ou se perdent de vue dans les consommations, ne trouvant rien de plus à vivre ou éprouver, raye l’autre, la nature, une démarche constructive ou exploratoire de leur univers pour ne trouver satisfaction ou bonheur que par l’échange marchand, monnaie contre objet, relève d’un mode de vie qui pour faire tourner un système économique, a remplacé quelque chose par autre chose. Mais quoi? La religion par la consommation de masse ?

Sergio dit: 15 août 2015 à 22 h 39 min

hildenrath dit: 15 août 2015 à 19 h 55 min
les brevvets de stupidité

C’est vrai, ça ! Faudrait les faire comme la Ritterkreuz, mit Diamants…

Widergänger dit: 15 août 2015 à 22 h 33 min

Et il dit bien aussi que c’est fondamentalement un livre à teneur moral, que les méditations de Kafka sur le péché ont inspiré aussi. On est très très loin du traité de sociologie qu’y lit ce lamentable Fr. Nourissier ; ça en dit plus long sur Nourissier d’ailleurs, incapable d’y lire un écrit en vérité de moraliste — et de moraliste juif dans ce que cela peut avoir de plus beau et de plus élevé, car derrière la froideur du ton s’élèvent comme des jérémiades prophétiques.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 22 h 24 min

Ce qui me paraît très intéressant aussi, c’est qu’il rattache Les Choses à l’Espèce humaine de R. Anthelme. Pour moi, ça a toujours été évident, le rapport de ce roman avec la Shoah. Le consumérisme comme substitut à l’être appartient au même nihilisme que ce qui a produit la Shoah. C’est pourquoi il est si important d’essayer de comprendre la Shoah.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 22 h 16 min

Ce qu’il appelle la « liberté à l’intérieur de l’écriture », c’est ce que lui a permis en réalité l’analyse qu’il a faite avec de M’Uzan. Il est pudique, il ne peut pas en parler à ce moment de sa vie, mais c’est bien de cela qu’il s’agit. Et on voit bien à quel point ses problèmes d’ordre psychologique l’ont littéralement, dans son âge tendre, rendu infoutu de comprendre le fonctionnement d’une phrase de Flaubert. Il revient de très loin. Il a eu besoin d’un très grand courage pour en sortir.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 22 h 10 min

Ce qui est intéressant aussi, c’est que dans la liste des auteurs à ses yeux « ironistes », Flaubert n’y figure pas ! Alors qu’il est si présent dans Les Choses.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 22 h 02 min

Pompage, plagiat sont-ils vraiment des synonymes de « littérature citationnelle » ? Ou, pour le dire autrement : la « littérature citationnelle » n’est-elle qu’une façon raffinée et élégante de parler de pompage et de plagiat ?

Ça peut se discuter longtemps…

Montaigne, comme je l’ai maintes fois répété pratique déjà la citation, le pompage, le plagiat. Mais on peut faire sur Montaigne le même genre de remarque que sur l’emprunt d’un paragraphe de Flaubert dans Les choses, le sens du paragraphe change et ne peut pas ne pas changer, c’est clair ! La recontextualisation d’une citation en bouleverse le sens.

Le nom de Brecht indique une époque ; Brecht était encore à la mode. Mais son roman n’est guère « brechtien ». La distanciation qu’il met en œuvre, c’est quand même autre chose.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 21 h 55 min

Il est bien gentil, Perec, avec sa belle expression de « littérature citationnelle » mais enfin c’est un peu un pléonasme. Depuis Chrétien de Troyes, la littérature ne cesse de se citer. Perec a simplement bouché le bouchon très loin, censément un pont trop loin…à mon sens. Sa voie est une impasse (mais comme tant d’autres de la même époque au fond).

Lucien Bergeret dit: 15 août 2015 à 21 h 32 min

Les Yeux Fatigués–oh! combien!– (de Clopine Trouillefou) ont dit le 15 août 2015 à 18 h 44 min
« La journée se termine, et elle a été disons douloureusement surprenante, pour moi.

Dexter-Hamlet-Puck-JC-Lucien Bergeret ne font qu’un. »

Mais non, Yeux, je ne suis ni Dexter, ni Hamlet, ni JC.
Il m’est arrivé de signer AC, passante, Jacques le F, voire Zoé Bergeret ici, mais je ne suis ni JC, ni Dexter, ni aucun des habitués de ce blog.
Je viens sur ce blog souvent : je lis, je n’écris que très rarement.

la vie dans les bois dit: 15 août 2015 à 21 h 28 min

Très interessant De nota cette intervention de Perec. Peut-être constater qu’il n’était pas un grand rheteur, la rhétorique étant un art oral par excellence.
Ces révélations -elles en sont pour moi- de pompages intégraux et ponctuels, la critique en fait dans le meilleur des cas de l’intertextualite-mot de mécaniciens- et quand ça veut chauffer, on dit: plagiat.

Freud & Jung & Lacan Associés dit: 15 août 2015 à 20 h 51 min

Les Yeux Fatigués (de Clopine Trouillefou) dit: 15 août 2015 à 18 h 44 min
« Dexter-Hamlet-Puck-JC-Lucien Bergeret ne font qu’un. »

… c’est cela… c’est cela…. c’est clair…. très clair …. nous arrivons… nous arrivons !…

de nota dit: 15 août 2015 à 20 h 45 min

Conférence prononcée par Perec le 5 mai 1967 à l’université de Warwick( publiée in Parcours Perec, Presses universitaires de Lyon, 1990)

Je vais d’abord vous dire une chose tout à a fait évidente, c’est que je suis écrivain et je ne suis pas orateur. J’écris et je ne parle pas, et non seulement je ne parle pas, mais je ne parle pas de ce que j’écris, moi, je déteste ça. Et pourtant, je suis ici pour transformer en réflexion ma production littéraire; Je produis des livres et, d’une certaine manière, vous me demandez, disons, des comptes, et je suis bien obligé de vous les donner. Néanmoins, ceci m’amène à trois remarques préliminaires; disons que tout ce que je dis doit être corrigé par trois choses:

-La première, c’est que je ne suis pas critique, par conséquent je ne suis pas spécialiste de mon œuvre. Le fait que je l’ai écrite ne m’autorise pas à pontifier dessus, ou bien…

– Deuxièmement, je suis plongé dans le milieu dont je vais parler, puisque je vais parler de la littérature française contemporaine. Je suis moi-même un représentant de la littérature française contemporaine, et c’est tout à fait regrettable, parce qu’il vaux mieux, pour parler d’un sujet, en être légèrement éloigné ou avoir une certaine distance vis-à-vis de lui et évidemment ce n’est pas mon cas.

-Et troisièmement, tout ce que je dis de la situation esthétique des écrivains français contemporains- puisque c’est en gros ce dont je vais parler- doit être rattaché à quelque chose dont je ne parlerai pas parce que je ne sais pas en parler, qui est la situation sociale et économique des écrivains, une situation plus globale, leur statut dans la société française contemporaine. J’en dirai seulement un mot à la fin, si j’y pense.

Bien. Voilà. Je vais vous parler de ma propre expérience d’écrivain, je vais essayer de vous raconter comment, pas du tout pourquoi, mais comment je suis devenu écrivain, comment ça c’est passé, par quel chemin je suis passé. Je vais essayer de vous faire comprendre que je pense que ce chemin a été partagé par beaucoup d’autres écrivains que je ne connais pas mais qui sont actuellement vivants en France, et qu’il y a une nouvelle image de la littérature française , du roman contemporain, qui est en train de se dessiner et qui est tout à fait différente de ce que l’on a connu jusqu’à il y a , disons, quatre, cinq ans, et quelles sont les perspectives, intéressantes ou inintéressantes, ouvertes par cette nouvelle couche d’écrivains français, bien.

Je vais donc commencer par parler de mon propre…, de ma propre expérience d’écrivain et je pourrais appeler ça » comment je suis devenu écrivain après avoir été romancier », ou, si vous préférez, « Comment je suis passé du roman à l’écriture ». A l’époque où j’ai commencé à écrire, c’était en 1953, j’avais 17 ans, c’est-à-dire il y a 14 ans, et j’ai dit, j’ai commencé, je veux dire c’est ce jour là que j’ai commencé à écrire un roman que je n’ai jamais fini, que j’ai repris plus tard et que j’ai finalement fini en 58, et qui n’est jamais paru, Dieu merci!

A l’époque où j’ai commencé à écrire, le mot « écriture » n’existait pas dans la langue française. Il y avait des romanciers, il n’y avait pas d’écriture. Le problème de l’écriture ne se posait pas. Le problème qui se posait était un problème de contenu, un problème idéologique, on était en plein dans ce qu’on appelait, ce qu’on appelle, la littérature engagée. Autrement dit, ou, pour dire autre chose…la littérature sartrienne. Cette littérature sartrienne était une littérature qui essayait de faire passer un certain nombre de sentiments à ses lecteurs. Ces sentiments étaient généralement portés par un personnage qui avait généralement une très grande conscience de tout ce qu’il faisait, c’est-à-dire, enfin, il y a un autre exemple si vous voulez de la littérature de ce genre, non il y en a beaucoup d’autres…, et puis ça n’a pas d’importance. La littérature engagée était à peu près la seule existante vers 1953, du moins c’était la seule qui était très diffusée. Bon, il y avait , bien sûr, Blanchot qui écrivait déjà, il y avait déjà Leiris qui écrivait depuis même très longtemps, il y avait eu le surréalisme, il y avait eu Proust, il y avait eu Joyce, il y avait eu beaucoup de choses, mais en 1953, depuis 19…c’est-à-dire entre 45 et environ 55, il y avait deux types de littérature, l’une qui était engagée et qui était défendue par Sartre et par les écrivains communistes, et l’autre qui était dite dégagée, c’est-à-dire qui était le contraire: au lieu qu’il y ait de beaux sentiments, il y avait de vilains sentiments, au lieu qu’il y ait des histoires intéressant la société française sous ses aspectes politiques et économiques, il y avait des histoires qui intéressaient les rapports entre un jeune homme riche et une jeune fille pauvre,enfin, c’était des choses de ce genre là. Alors mon projet à l’époque était – et est toujours resté- proche de la littérature engagée en ce sens que je désirais, je voulais être un écrivain réaliste. J’appelle écrivain réaliste un écrivain qui établit une certaine relation avec le réel. Le réel, je ne savais pas ce que c’était, plutôt je le savais mais ça ne m’était pas d’un très grand secours pour écrire, et cette relation que doit établir l’écriture avec le réel, eh bien je ne savais pas en quoi elle consistait. C’est-à-dire que j’avais beau lire Sartre, par exemple, ou bien tous ses épigones, je ne trouvais pas de chemin qui pouvait m’être, disons, spécifique, ou pouvait m’être particulier . Il fallait que je trouve…, si vous voulez ça a été …, il y a toute une série de mutations par lesquelles je suis passé et par lesquelles je pense beaucoup d’écrivains sont passés et qui, en dix ans, m’ont permis de prendre, de conquérir un certain contrôle de ce que je fais quand j’écris. Il est évident qu’on peut toujours se mettre devant une feuille de papier et essayer de dire, disons, ce qu’on a dans la tête. Maintenant, en général, dans la tête on n’a pas grand chose. On a de beaux sentiments, on a des idées généreuses, on a des impressions intelligentes, on a des bouts de phrase et toutes ces choses- là ne servent à rien; Il faut quelque chose, une espèce de modèle littéraire, quelque chose qui vous permette d’avancer d’une manière un peu plus sûre.

Mon premier modèle a été Brecht. Comme par hasard, je suis allé chercher au théâtre ce que je ne trouvais pas dans le roman, et Brecht m’a appris une chose très importante qui est la notion de distanciation, c’est-à-dire ce fait que ce qui est représenté sur le théâtre de Brecht, ce n’est pas un événement ou un sentiment auquel le spectateur peut s’accrocher, c’est au contraire un sentiment ou un événement que le spectateur est obligé de comprendre. C’est un théâtre qui fait entièrement appel à l’intelligence à travers la sensibilité, et pas du tout un théâtre qui fait appel à l’adhésion pure et simple, selon les…, enfin, comme le théâtre bourgeois normal. Cette notion de distanciation je l’ai trouvée reprise par Lukacs, qui est un philosophe marxiste hongrois, dans un livre qu’il a publié vers 57-58 qui s’appelle Signification présente du réalisme critique et où, pour la première fois, j’ai eu…disons…eh bien, je dois m’excuser mais dans tous ces …, dans tous ces…dans tous ces…événements, j’étais relativement retardé. J’étais un peu…j’étais un enfant retardé si vous voulez, c’est-à-dire que j’ai mis beaucoup de temps à comprendre ce que des gens ont compris beaucoup plus vite que moi, ou avaient compris bien avant que je le comprenne . Et j’ai donc découvert à travers Lukacs la notion absolument indispensable d’ironie, c’est-à-dire le fait qu’un personnage peut faire une action ou éprouver un sentiment dans un livre alors que l’auteur n’est pas du tout d’accord avec ce personnage et montre comment ce personnage est en train de se tromper. C’est très important parce que c’est ce qui gouverne, c’est ce qui a gouverné toute ma compréhension de Thomas Mann, toute ma compréhension de Fielding, de Sterne, de Diderot, de Stendhal, et finalement de tous les écrivains que j’aimais. Ca a été fondamental en ce sens que pour la première fois j’ai pu écrire une œuvre que j’ai terminé et que je n’ai pas publié où j’ai réussi- enfin, je pense avoir réussi- à décrire de cette manière un personnage en ayant un certain recul vis-à-vis de ce personnage. J’avais découvert, il me semble, pour ma propre gouverne, pour mon propre devenir littéraire, j’avais découvert, disons, ce qu’on peut appeler la liberté à l’intérieur de l’écriture. Comment Est-ce que l’on peut laisser le lecteur libre de comprendre, de choisir, comment Est-ce qu’on peut influencer par des moyens détournés, comment Est-ce qu’on peut enfin…, comment Est-ce qu’on peut le convaincre si vous voulez. D’une certaine manière, je peux dire que tous les…, toutes les idées que j’ai quand je suis en train d’écrire un livre sont inutiles si je ne parviens pas à les transformer en mots, en phrases, qui vont frapper le lecteur et qui vont produire sur lui une impression que je ne peux pas décider à l’avance mais que je peux essayer, disons, de dessiner. Et ceci est possible si j’essaie de ne jamais affirmer quelque chose, si je laisse toujours la possibilité- enfin c’est là que Thomas Mann est le plus grand écrivain que j’aie jamais rencontré, à peu près- si je laisse toujours au lecteur la possibilité de décider entre un certain nombre d’interprétations possibles d’un événement ou d’un sentiment.

Alors cette notion d’ironie m’a amené beaucoup plus tard -quatre ans plus tard- à la découverte d’un ensemble conceptuel qui s’appelle la rhétorique; La rhétorique, c’est l’ensemble des moyens qui permettent de convaincre. La rhétorique s’utilisait d’abord…sur les …, à d’abord été utilisée…, a été…découverte dans la Grèce antique, à Syracuse, pour des histoires de procès où il s’agissait -ayant à décider si quelque chose était vrai où faux- de le présenter de la manière la plus convaincante. Ensuite, c’est devenu une manière d’exposer un problème, toujours dans la parole, et ensuite c’est passé dans la littérature , c’est devenu une certaine manière de maîtriser le langage. La rhétorique était très célèbre en France, elle a été enseignée en classe jusqu’au milieu du XIX siècle, ensuite on a cessé de l’enseigner, il n’y a plus un seul livre de rhétorique actuellement disponible en France mais on est de nouveau en train d’en écrire, ce qui prouve que ça a quand même une certaine importance.

Alors, si vous voulez, pour résumer ces passages, je…peux …dire …, je peux essayer de simplifier comme ça: tout ce que je dis, enfin, tout ce que j’écris, passe nécessairement par l’écriture, c’est-à-dire par un ensemble de moyens qui me permettent, à partir d’une sensation, d’une impression, d’un refus, d’un acquiescement, de grouper ensemble des mots, des phrases, des chapitres, en un mot de produire un livre. Si vous voulez, entre le réel que je vise- puisque dans tout ceci la seule chose que je cherchais à décrire, ce que j’avais devant moi, c’était le réel, mais je vous dis un réel que je ne savais pas comment maîtriser- entre le réel que je vise et le livre que je produis il y a , il n’y a …, il y a seulement l’écriture. Le projet d’écrire, c’est-à-dire ce que je décide avant d’écrire, ce que j’ai envie d’écrire, est vraisemblablement, comme on me l’a fait remarquer un peu partout, une affaire de morale, c’est-à-dire que, effectivement, je peux figurer à vos programmes comme moraliste contemporain parce que la question que je me suis posée au départ de mon livre Les Choses est peut-être une question morale. Mais la vision du monde, ce qu’on appelle la « Weltanschauung », ce n’est pas un ensemble de concepts, c’est seulement un langage, un style des mots. C’est-à-dire qu’en somme, il n’y a pas d’écriture naturelle, il n’y a pas d’inspiration, il n’y a rien qui m’aide, qui se trouve au-dessus de ma tête et qui m’aide à produire du langage. L’écriture est un acte culturel et uniquement culturel. Il y a uniquement une recherche sur le pouvoir du langage. Entre le monde et le livre, il y a la culture. Alors, si vous voulez, c’est à ce moment-là que j’ai fait pratiquement une sorte de découverte. Si entre le langage et le monde il y a la culture, c’est que pour parler, enfin, pour écrire, il faut passer par quelque chose qui est culturel. Et par une espèce de métaphore, j’en arrive à ce ci, que tout ce que les écrivains ont produit fait partie du réel, de la même manière que le réel. Si vous voulez, quand on dit « le réel » on appelle « réels » les objets qui nous entourent. On n’appelle pas réel un livre: un livre, on l’appelle culture. Mais néanmoins, lorsque j’écris, tous les sentiments que j’éprouve, toutes les idées que j’ai ont déjà été broyés, ont déjà été passés, ont déjà été traversés par des expressions, par des formes qui, elles, viennent de la culture du passé. Alors, cette idée en amène encore une autre, à savoir que tout écrivain se forme en répétant les autres écrivains. C’est une idée tout à fait banale. On sait , si vous voulez, que Flaubert a commencé à écrire en pastichant Balzac, que tous les textes de jeunesse de Flaubert sont des reprises, des espèces de trucs qu’il avait cherchés chez Balzac. On sait aussi que Stendhal, paraît-il, a appris à écrire avec un nommé de Tracy, c’est-à-dire avec un Physiocrate, etc. C’est une idée que Malraux a beaucoup défendue à propos de la peinture, que tout peintre commence par pasticher celui qui l’a précédé. Seulement, c’est une idée qui était cachée, qui était… C’était une idée un peu tabou. On disait d’un écrivain, tel écrivain s’inspire de …il n’a pas encore trouvé sa propre voix, il n’a pas trouvé sa vraie parole, il n’a pas encore trouvé cette espèce d’oiseau au-dessus de sa tête qui va lui dicter ce qu’il a à dire, ni sa Muse qui vient chanter pendant qu’il dort. Bon. Maintenant, si vous voulez, ce qu’il y a de fondamentalement différent, c’est que c’est une idée que l’on peut revendiquer. Non seulement on peut mais je pense qu’on doit.

Alors, je vais par exemple vous montrer au tableau que, quand j’ai écrit les Choses, je me suis servi de quatre écrivains.

FLAUBERT NIZAN

les Choses

ANTELME BARTHES

Ce n’est pas du tout au hasard que je les ai placés de cette manière. C’est parce que Nizan était un ami d’enfance , un ami de jeunesse de Sartre, qui était ensuite communiste, et puis qui a été tué à la guerre, au début de la guerre…en 39. Antelme est un écrivain qui a écrit un seul livre qui s’appelle l’Espèce humaine, qu’il a écrit au retour d’un camp de concentration, et ces deux livres ne m’ont pas servi au niveau des phrases. Le livre de Nizan m’a servi au niveau de l’esprit simplement. Le livre de Nizan raconte…le livre de Nizan s’appelle la Conspiration, il raconte l’histoire de jeunes gens qui ont le même âge que les personnages des Choses et qui essaient de faire la révolution et qui, évidemment, n’y arrivent pas. Dans mon livre, les personnages ne font pas la révolution mais l’espèce d’esprit critique que Nizan a vis-à-vis de ses personnages m’a été d’un très grand secours. Antelme a écrit L’Espèce humaine et m’a servi, là je veux dire c’est vraiment le secours le plus inconscient qui puisse exister parce que , finalement, je sais qu’il y a une relation entre les Choses et l’Espèce humaine d’Antelme, mais j’ai beaucoup de mal à la spécifier.

Barthes -j’aurais dû rajouter « Madame Express » en dessous- m’a servi réellement à titre de corpus, c’est-à-dire que j’ai écrit les Choses avec une pile de 3madame Express », et , pour me laver les dents après avoir lu un peu trop de 3madame Express », je lisais du Barthes, ce qui me reposait un peu, et qui, en plus, me donnait, bien…

Quant à Flaubert, il m’a servi de trois manières. Premièrement, j’ai repris des images, enfin, des images…, des scènes, que Flaubert utilise dans L4education sentimentale. En particulier, il y a une vente aux enchères dans l’education sentimentale, il y en a une dans les Choses; il y a un voyage en bateau dans l’Education sentimentale, Il y a un voyage en bateau dans les Choses. Il y a une manifestation politique dans l’Education sentimentale et dans les Choses. Ca c’est le premier emprunt que j’ai fait à Flaubert. Le deuxième, je l’ai fait en piquant une trentaine de phrases sans mettre de guillemets et…il n’empêche que personne ne le voit, et , de toute façon, même si on le voyait…Et la troisième chose, c’est que j’ai construit mes phrases exactement comme Flaubert construit les siennes, c’est-à-dire avec un rythme ternaire. Bon.

Pour mon dernier livre qui s’appelle Un homme qui dort, j’ai fait la même chose en me servant principalement de deux auteurs, l’un est Kafka, l’autre est Herman Melville. Alors, si vous voulez, il y a, en ce qui me concerne, une image de la littérature qui se dessine et qui serait l’image d’un puzzle. Ca , c’est une …Butor a très bien expliqué cela. Butor a expliqué que tout écrivain était entouré par une masse d’autres…, enfin, il est là et il y a autour de lui, plus ou moins près, plus ou moins loin, d’autres, d’autres écrivains qui existent ou qui n’existent pas, qu’il a lus, qu’il n’a pas lus, qu’il a envie de lire, et, si vous voulez, ce puzzle qui est la littérature, dans l’esprit de cet écrivain, a toujours une place vacante, et cette place vacante, c’est évidemment celle que l’œuvre qu’il est en train d’écrire va venir remplir. Si vous voulez, quand j’ai écrit les Choses, enfin, je ne veux pas dire que ça été aussi facile, mais au bout de deux ans, mettons, que j’étais en train d’écrire les Choses, que j’ai recommencé plusieurs fois, il y a vraiment eu une relation nécessaire entre Flaubert, Barthes, Nizan et Antelme. Au centre de ce groupement, il y avait ce livre qui s’appelle les Choses, qui n’existait pas encore, mais qui s’est mis à exister à partir du moment où il a été décrit par les quatre autres. De la même pour Un homme qui dort, la lecture, à outrance, enfin, pendant des semaines et des semaines, d’une nouvelle de Melville qui s’appelle Bartelby the scrivener et des Méditations sur le péché , la souffrance et le vrai chemin de Kafka, enfin du Journal intime de Kafka, m’a conduit presque nécessairement, comme à travers une espèce de voie à la fois royale et tout à fait étroite, m’a conduit au livre que j’ai produit. Si vous voulez, je peux définir mon écriture comme une espèce de parcours- il y a une très belle phrase de Michaux qui dit « J’écris pour me parcourir »-, comme une espèce de parcours, une espèce d’itinéraire que j’ essaie de décrire à partir, disons, d’une idée vague, d’un sentiment, d’une irritation, d’un refus, d’une exaltation, en me servant, non pas de tout ce qui me tombe sous la main, mais de tout un acquis culturel qui existe déjà. A partir de là, j’essaie, si vous voulez, de dire tout ce que l’on peut dire sur le thème d’où je suis parti.

C’est ce que les rhétoriciens appelaient des lieux rhétoriques. Les Choses sont les lieux rhétoriques de la fascination, c’est tout ce que l’on peut dire à propos de la fascination qu’exercent sur nous les objets. Un Homme qui dort, c’est les lieux rhétoriques de l’indifférence, c’est tout ce que l’on peut dire à propos de l’indifférence.

Alors, vous voyez, j’espère que vous voyez, qu’il y a quand même entre mes points de départ d’écrivain se voulant réaliste à l’époque de la littérature engagée et le point d’arrivée, il y a un certain chemin qui est parcouru. Alors, maintenant, ce chemin me semble significatif: il me semble que, pendant très longtemps, la littérature française a été écartelée entre une fausse…enfin dans une fausse…a été prise dans une fausse contradiction, entre ce qu’on appelle la forme et le contenu. Il y avait d’un côté le contenu, c’est-à-dire l’idéologie, ce que le livre raconte, et de l’autre côté la forme, c’est-à-dire non pas l’écriture, mais le style. Dans le roman engagé, il n’y a pas d’écriture, c’est quelque chose qui est parfaitement tabou, on ne parle pas de bien écrire ou de mal écrire, l’écriture est un…, est quelque chose qui reste spontané, qui reste secret, qui reste privilégié; l’écriture est le privilège de l’écrivain, on ne demande à l’écrivain de comptes que sur ce qu’il exprime, c’est-à-dire sur son idéologie, sur son continu. Ceci correspond tout à fait au statut social de l’écrivain qui est dans la société un individu privilégié, et qui est d’une certaine manière irresponsable de ce qu’il produit, il produit de la littérature, mais ce n’est pas de sa faute, il la produit parce qu’il y a l’inspiration derrière lui, parce qu’il y a une force qui le pousse à écrire, parce qu’il est une espèce de mage inspiré comme l’était Victor Hugo, mais finalement totalement irresponsable.

Dans le Nouveau Roman même, l’écriture reste encore quelque chose d’absolument privilégié. Et il faut attendre très longtemps pour que la littérature se revendique elle-même en tant qu’écriture. Il a fallu attendre les travaux de Roland Barthes, ensuite un livre de Marthe Robert sur Kafka qui a éclairé de manière vraiment très, très définitive, comment ce qu’on appelle la vision du monde de Kafka était absolument inséparable de la technique littéraire utilisée par Kafka, ce qui fait que, finalement, il est possible que la « Kafkaité » ça soit Kafka, mais la « kafkaité », c’est d’abord un ensemble de phrases, un ensemble de mots, une certaine technique d’écriture mise au point spécifiquement par Kafka à partir, d’ailleurs, d’autres éléments. Et enfin, il a fallu attendre le groupe Tel Quel…les perspectives ouvertes sont nombreuses. La limite évidemment c’est qu’on tombe, on abandonne, si vous voulez, le projet réaliste qu’il y a au départ et que l’on tombe véritablement, uniquement dans une exploration du langage par le langage, ce que Tel Quel est en train de faire, en confiant à la psychanalyse ou à une exploration psychanalytique le soin de …enfin, d’extraire le signifié, la signification de ce texte. C’est un peu la crise, ou le danger, que connait en ce moment Tel Quel. Mais pour tout le reste, il me semble que jamais la littérature française n’a connu une telle ouverture et que, aujourd’hui, sont possibles des recherches tout à fait nouvelles sur le langage- et il y a un très bon exemple dans un livre de Maurice Roche qui s’appelle Compact- sur le montage- en particulier tout ce qu’écrit Butor-, sur le relais du réel, c’est-à-dire sur ce choix ou bien d’un écrivain qui sert de relais entre le monde et le livre. Il y en a plusieurs exemples en France, enfin indépendamment du mien. Il y a un livre de Jean Ristat qui s’appelle Le Lit de Nicolas Boileau et de Jules Verne, qui, comme son nom l’indique, est fait de Nicolas Boileau et de Jules Verne. Ou bien le livre peut être relayé par un matériel qui n’est pas à proprement parler littéraire. L’exemple est « Stalingrad, descriptions d’une bataille », c’est un livre allemand d’Alexander Kluge, qui est un livre fait, qui est un montage fait à partir de lettres de soldats, de comptes rendus, qui est tout à fait…enfin, qui est très intéressant. Il y a un autre exemple, mais alors dans un autre domaine, qui est ou bien Les Enfants de Sanchez d’Oscar Lewis qui est fait à partir d’interrogations au magnétophone de paysans mexicains, ou bien même

De sang-froid de Truman Capote, où tout le travail d’écriture à d’abord…a été fait sur un matériel n’appartenant pas réellement, enfin n’appartenant pas à la réalité ou à l’imagination mais appartenant à quelque chose de déjà élaboré. Bon. Donc, on peut arriver à une espèce de littérature qu’on peut appeler expérimentale, qu’on peut appeler…citationnelle, par exemple. Et je peux même…enfin, ce qu’il y a d’intéressant, c’est les relations de cette nouvelle littérature avec d’autres formes esthétiques. Je pense que ce type de littérature ressemble, enfin a , ou entretient, des rapports avec le « po » art, avec une certaine forme du « pop » art, où il n’est jamais question que de peindre quelque chose qui a déjà été peint, en le détournant de sa fonction, avec le « free jazz » qui est une forme tout à fait récente de jazz qui se caractérise par l’abandon de toute contrainte rythmique et mélodique et part uniquement, enfin, uniquement- si l’on peut dire- de l’inspiration, puisque les joueurs jouent ensemble sans thème, sans tempo et sans harmonie. Seulement, ce qui est intéressant, c’est que, étant obligés comme ça de se jeter perpétuellement à l’eau, ils ont recours pour se sauver à toutes les formes traditionnelles que le jazz a utilisées avant eux. C’est une forme de jazz qui utilise énormément la citation, c’est pour ça que j’en parle. Ca a des rapports évidemment aussi avec les films de Godard, que je déteste, mais ça c’est une autre chose…voilà. Alors, je voudrais dire en fin de compte, ça c’est une conclusion tout à fait provisoire, tout à fait hypothétique et hasardeuse, que…j’ai dit tout à l’heure que le statut social de l’écrivain était d’être un mage inspiré irresponsable, je pense que, enfin, ce statut social dans la bourgeoisie, je pense qu’à partir du moment où l’écrivain cesse de se revendiquer comme créateur, c’est-à-dire comme un monsieur siégeant dans les cieux et faisant descendre son inspiration jusqu’à terre, sans ce…enfin, en revendiquant seulement sa spontanéité, enfin, le privilège de l’écriture, quand il abandonne ce privilège et qu’il revendique le contrôle et la connaissance de ses moyens de production, je pense qu’il accomplit une certaine forme sociale de contestation. C’est à peu près tout ce que j’avais à vous dire.

la vie dans les bois dit: 15 août 2015 à 20 h 34 min

Bof, faire le deuil d’une taille de guêpe à 60 balais, ma foi c’est proustique en diable. Mais Javert qui a l’anthropometrie comme une passion a dû être intéressé par des joues en forme de menton galoche, nan?

hildenrath dit: 15 août 2015 à 20 h 26 min

je n’oublie pas que je ne me souviens pas des lointains billets où ce blog a commencé à taper sur Clopine et que je ne l’envie pas par ailleurs:clopine est femme de passions -onfray -et a suffisamment de personnalité pour se défendremême des compliments .

hildenrath dit: 15 août 2015 à 20 h 23 min

à bout de sa quête:comme si on pouvait être à bout d’une quête:elle peut lasser , désorienter mais pour ce qui est de l’achèvement, c’est elle qui vient à bout de celui qui s’y est naÏvement ou non lancé ; en un mot, on en meurt

Echelle dit: 15 août 2015 à 20 h 21 min

hildenrath dit: 15 août 2015 à 19 h 55 min
clopine n’est pas et de loin la plus stupide

N’oubliez pas H.R. que vous êtes hors concours.

hildenrath dit: 15 août 2015 à 19 h 55 min

qui est qui ne m’intéresse pas ; moins encore les brevvets de stupidité décernés à longueur de commentaires et pout lesquels il y a une concurence acharnée ; clopine n’est pas et de loin la plus stupide, et essaime ses histoires de manière plaisante; elle a plus d’un tour dans son sac

Il faut faire quelquechose dit: 15 août 2015 à 19 h 48 min

Les Yeux Fatigués (de Clopine Trouillefou) dit: 15 août 2015 à 18 h 44 min
Dexter-Hamlet-Puck-JC-Lucien Bergeret ne font qu’un.

La débilité de la normande n’a pas de bornes.
tant de bêtise fait peur.
Pauvre Clopin.

hildenrath dit: 15 août 2015 à 19 h 45 min

dommage que le thème se soit transformé en critique d’un film.je ne vais pas chinoiser sur les identités multiples de x et de y et de qui passe pour crétin et qui pour fieffé crétin chacun a déjà son opinion fondée ou non sur l’ancienneté et les histoires de famille plus ou poins privées de sens et se refait le puzzle un jeu que j’ai bien aimé avec des enfnats qui y étaient très habiles tnat pis pour moi

uedada dit: 15 août 2015 à 19 h 32 min

Widergänger dit: 15 août 2015 à 16 h 49 min
Deux beaux rêves, Ueda. Les seins d’Albertine au bord des étangs de Sologne,

c’est rien en compaaison de daaphnnéné

le droit chemin dit: 15 août 2015 à 19 h 29 min

Widergänger dit: 15 août 2015 à 15 h 58 min
Apprendre à penser

Indécent -Incompatible avec le devoir de rester scolaire pour avoir la moyenne et au-dessus

Sergio dit: 15 août 2015 à 19 h 20 min

Revenons au texte dit: 15 août 2015 à 18 h 35 min
pourquoi ce héros, ayant tant de particularités communes avec les habitants de Sodome, reste à l’extérieur de la Cité maudite ». »

Parce que c’est comme la Vallée heureuse, c’est dangereux de rester dedans… Y a des soirs où c’est bombardé !

Revenons au texte dit: 15 août 2015 à 19 h 18 min

@C.P. Je crois qu’il faut prendre ce film qui a de beaux instants comme la célébration d’une divinité absente. Il ne faut pas lui en demander davantage.

Zoon dit: 15 août 2015 à 19 h 14 min

Widergänger dit: 15 août 2015 à 16 h 43 min
Ce qui m’a parut intéressant aussi dans le film, c’est qu’il respecte le fait qu’il s’agit d’un roman d’apprentissage

Tout-à-fait d’accord. Peut-être à cause d’un titre qui nous oriente dans une toute autre direction, peut-être aussi parce que Proust a publié son livre en épisodes séparés, on a souvent tendance à négliger cet aspect essentiel de l’oeuvre. Je trouve que l’adaptation de Nina Companeez le restitue avec beaucoup de finesse et de sensibilité, aidée en cela par le jeu de l’interprète du narrateur, dont la plupart des commentateurs sous-estiment la qualité et la justesse.

C.P. dit: 15 août 2015 à 19 h 14 min

@ Revenons au texte : comme je n’aime guère plus que ma fille Céline le film de Nina Companeez mais que je l’ai revu, j’observe tout de même, bien avant les révélations touchant, par Jupien, les amours de Morel et Saint-Loup, que la cinéaste a traité, avec les variations d’humeur de Charlus, la relation que l’on peut dire « pédérastique » et éducative de Charlus avec le narrateur-personnage, lui recommandant la vertu, etc. Sauf que cela en reste là…
Et tout de même, dans le film, LES homosexualités masculines et féminines sont alignées, le narrateur revoyant immédiatement Mademoiselle de Vinteuil et son amie, non pas au moment du « pot cassé » d’Albertine, mais à ceux où Jupien, puis le maître d’hôtel de Balbec le mettent au courant des rapports entre Saint-Loup et Morel.

Le vieux garçon qu'on appelle monsieur dit: 15 août 2015 à 19 h 10 min

Après vérification on ne peut pas le dire et c’est fou comme c’est rassurant. J’espère que c’est pareil pour vous.

Sergio dit: 15 août 2015 à 19 h 09 min

Une andouille… Celle de Guéméné ? Alors c’est proustien ; c’est pas eux qui paument tout, le château l’hôtel le pognon et peut-être même l’emprunt russe au jeu en un après-midi ? Sketch qui a été pompé par Ferdine, soit dit en passant…

L'Œil dit: 15 août 2015 à 18 h 56 min

Vous vous trompez, Clopine, Lucien Bergeret n’est ni JC ni hamlet.
Et JC n’est pas D., contrairement à ce que croit TKT.
Il n’y a que deux types néfastes sur ce blog : JC et Ueda le daaphnéiste.
Quant à D., il me semble qu’il ne s’en est jamais pris à vous, seulement à TKT. Or, si vous êtes honnête, vous reconnaîtrez que tout le monde tient TKT pour une andouille. Seul Baroz l’a défendu, pour des raisons qui le regardent.

Les Yeux Fatigués (de Clopine Trouillefou) dit: 15 août 2015 à 18 h 44 min

La journée se termine, et elle a été disons douloureusement surprenante, pour moi.

Dexter-Hamlet-Puck-JC-Lucien Bergeret ne font qu’un.

Notez bien que, d’un autre côté, ça limite les dégâts : il n’y a donc qu’un seul pervers sous tous ces « personnages ».

Dommage que ça soit ici qu’il sévit…

Dans son dernier message, comme je lui faisais part de mes doutes grandissants et que je lui demandais donc de se décrire, ce grand malade a dressé un portrait, non de lui, mais de ce qu’il croit savoir de moi…

Jeux de miroirs, faux-semblants, jouissance exquise de qui croit manipuler l’autre ! Il s’est ainsi inventé une grande soeur « trop brillante » qui l’aurait inhibé et une problématique « du regard de l’autre ». Mais il parlait évidemment de moi, en fait…

J’ai toujours aimé ma grande soeur, qui ne m’a jamais inhibée et nous sommes encore très proches l’une de l’autre. Elle me protégeait, enfant, et mon admiration pour elle était toute sincère… Mais un tel malade ne peut comprendre la simplicité d’un tel lien.

Quand aux regards des autres, bien sûr, c’est une problématique que tous nous devons affronter un jour ou l’autre, et dont j’ai rendu compte dans mes « petites histoires ». Seulement, voilà : comme pour beaucoup d’autres, c’est à l’adolescence que cette problématique peut devenir véritablement douloureuse. Je me croyais laide, cela suffisait vraisemblablement pour que je le fus. Mais je n’étais certes pas si « laide » que cela. J’ai en réalité un physique assez banal, je crois, et j’avais, jeune fille, l’atout d’une réelle absence de coquetterie et d’une minceur qui n’a disparu qu’après 45 ans. Je n’ai donc eu aucune difficulté à plaire physiquement à ceux que je choisissais. Et la problématique du regard sur soi s’estompe peu à peu : je crois tout bonnement que j’ai dépassé ça.

L’espèce de s… qui a donc osé prendre directement contact avec moi, en me téléphonant (et en fouillant sur internet pour trouver mon numéro), et en se faisant passer pour quelqu’un de bienveillant à mon égard, comme quelqu’un qui demande honnêtement un avis sur un texte, alors qu’il est aussi ce JC – franchement ! est donc abbsolument un mythomane, qui devrait filer consulter au lieu de multiplier les pirouettes ici ou là.

J’ai toujours avoué ma profonde répulsion pour les trolls, et ma fragilité devant eux.

Mais ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort, pas vrai ?

Et je crois bien que là, oui, là, moi qui suis si peu habituée à ressentir ce sentiment envers qui que ce soit, je vois grossir de minute en minute le brouillard jaunâtre du mépris : il devient de plus en plus dense, et bientôt, grâce à lui, je ne verrai plus ce pauvre type qui, comme une souris qui galope dans la roue placée dans sa cage, sans même se rendre compte qu’elle n’avance pas, resasse ad libitum ses piteuses obsessions.

Revenons au texte dit: 15 août 2015 à 18 h 35 min

« Sans vouloir confondre l’auteur et le Narrateur de RTP, certains critiques font valoir les tendances homosexuelles refoulées de celui-ci, mettant en avant sa sensibilité, l’ambiguïté de son amitié avec Saint-Loup, et l’intérêt parfois passionnel que Charlus montre à son égard. Selon Marie Miguet-Ollagnier, Proust « amène le lecteur à se demander pourquoi ce héros, ayant tant de particularités communes avec les habitants de Sodome, reste à l’extérieur de la Cité maudite ». »

Dictionnaire Marcel Proust, Honoré champion, ed. 2014, p. 480.

Albert dit: 15 août 2015 à 18 h 13 min

Vingt-et-un mois, c’était la durée de la grossesse de ma mère. Faut dire qu’elle a eu des triplés.

C.P. dit: 15 août 2015 à 17 h 55 min

Oui : les chats domestiqués adultes ronronnent encore. hamlet réclame vingt-et-un mois de gestation pour les zhumains… Il a raison, ça va de soi !

Revenons au texte dit: 15 août 2015 à 17 h 53 min

Les Yeux Fatigués (de Clopine Trouillefou) dit: 15 août 2015 à 17 h 49 min

Z’avez raison Madame de ne pas lire l’extrait donné ci-dessous. Lire Proust comme on lirait Martin-du-Gard peut également donner certains résultats.

Les Yeux Fatigués (de Clopine Trouillefou) dit: 15 août 2015 à 17 h 49 min

Dans la Recherche, le narrateur n’est ni homo, ni juif, ni snob.

Mais il ne parle que de cela…

Les deux seuls traits qu’il s’attribue en toute clarté sont :
– son amour filial (« mais enfin, Monsieur, j’adore ma grand’mère !)
– son dreyfusisme

Tout le reste est masqué : ainsi, s’il souhaite tant fréquenter le gratin, c’est à cause de son amour de la France, des rêveries que les noms aristocratiques lui provoquent, etc. S’il décrit l’homosexualité jusqu’à la fureur (à la fin de la Recherche, on dirait que tous les hommes sont en réalité homosexuels), c’est uniquement pour démonter les mensonges de ses contemporains. Et s’il cite, sans se troubler, des propos ouvertement antisémites, ce n’est pas pour tenter de « noyer le poisson » à ce sujet, non. C’est pour analyser les effets du judaïsme sur des caractères comme celui de son camarade Bloch. Qui sera évidemment rejeté par la famille du narrateur, non par antisémitisme (ben voyons) mais à cause des excès de Bloch.

le Narrateur construit ainsi, dans toute la Recherche, des personnages « pare-feu », ou bien « porte-gâchette », qui lui permettent de se moquer de caractéristiques qui en réalité, appartenaient bel et bien à Proust. Le snob Legrandin, Bloch le juif honteux qui change carrément de nom lui aussi, Charlus l’homosexuel : perpétuel Janus, Proust tente grâce à eux de mettre à distance ses propres démons.

Enfin, à mon sens, hein.

Revenons au texte dit: 15 août 2015 à 17 h 40 min

La néoténie décrit, en biologie du développement, la conservation de caractéristiques juvéniles chez les adultes d’une espèce, ou le fait d’atteindre la maturité sexuelle par un organisme encore au stade larvaire.

Sergio dit: 15 août 2015 à 17 h 29 min

Mo Yan….. dit: 15 août 2015 à 16 h 49 min
Albertine, beaux seins, belles fesses…

Gulp ! C’est marqué qu’elle est hommasse dans je sais plus quel tome… Le quatre-vingt-quatre, izenite ?

C.P. dit: 15 août 2015 à 17 h 27 min

Ce n’est pas la peine d’y réfléchir, mon gars ! Vous coupez tous les machins romanesques, dix-douze pages et ça fait la rue Michel ! En route pour la néoténie, et ne vous laissez pas détourner par des affaires sentimentales, nom de dieu !

Widergänger dit: 15 août 2015 à 17 h 10 min

Ben oui, mais c’est un film ; il doit forcément trancher dans le vif ! Compte tenu de cette nécessité incontournable, le film s’en tire justement assez bien.

CELINE dit: 15 août 2015 à 17 h 06 min

Judith, oui ! Et quant à évoquer des relations proprement sexuelles, sur lesquelles le narrateur du roman ne s’étend d’ailleurs PAS, le film hésite, parce qu’il est IMAGES, en reste à quelques déshabillages d’Albertine (ici Michel Alba a pourtant raison sur la justesse de cette figure, comme sur les quelques sautes d’humeur de Charlus / Didier Sandre, sauf qu’il reste mince). L’époque dont vous appréciez la reconstitution costumée est tout de même pour moi caricaturale, et demeure une série de « mines » lointaines. A ce compte, la robe de Fortuny est allusive… mais l’affaire Dreyfus également, présente par raccroc dans une phrase de Swann, enfin présent… avant qu’il ne disparaisse. Voudrez-vous bien croire que je connais ce film et n’ai pas voulu le revoir ? Les « récupérations » finales de Nina Companeez m’avaient paru vraiment d’une triste facilité.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 17 h 06 min

Albertine, justement, n’a nul besoin de Wonderbra…! C’est ce qui fait tout son charme. Le wonderbra, c’est pour la duchesse, qui commence à les perdre un peu…

Widergänger dit: 15 août 2015 à 17 h 04 min

Albertine dit: 15 août 2015 à 17 h 01 min
Vous êtes une bande de gros dégueulasses.
__________
Mais oui, ma chérie !

Et on sent dans le mot « casser » que tu emploies tout un univers merveilleux que ce pauvre Marcel à la fois envie et réprouve.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 17 h 02 min

Vous vous livrez à une interprétation quelque peu excessive. De la à voir en Marcel un homo ! Rien dans le texte ne le suggère même. Il s’agit d’une spéculation.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 16 h 59 min

Oui, oui, je sais bien! Heureusement, le monde s’est libéré de toute cette affreuse pesanteur qui criminalise le sexe.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 16 h 57 min

Je connais même un étang de Sologne où il y a une petite île de Cythère absolument charmante où on peut se rendre en barque… Ah ! mon Dieu, Albertine…!

Attila dit: 15 août 2015 à 16 h 56 min

A cette époque là, ce n’était pas possible, WGG ! Voyez le cas de Pierre Loti.
Il fallut attendre l’après guerre et le XXe siècle affirmé pour que les écrivains puissent avancer moins masqués… Et encore, voyez Aragon !

Revenons au texte dit: 15 août 2015 à 16 h 55 min

Widergänger dit: 15 août 2015 à 16 h 35 min
Marcel n’est pas du tout homo dans le roman, Baroz.

Est-si simple?

Revenons au texte:
« Le poète est à plaindre, et qui n’est guidé par aucun Virgile, d’avoir à traverser les cercles d’un enfer de soufre et de poix, de se jeter dans le feu qui tombe du ciel pour en ramène quelques habitants de Sodome.aucun charme dans son oeuvre; la même sévérité dans sa vie qu’aux défroqués qui suivent la règle du célibat le plus chaste pour qu’on ne puisse attribuer à autre chose qu’à la perte d’une croyance d’avoir quitté la soutane.encore n’en est-il pas toujours de même pour ces écrivains. Quel est le médecin des fous qui n’aura pas à force de les fréquenter eu sa crise de folie? heureux encore s’il peut affirmer que ce n’est pas une folie antérieure et latente qui l’avait voué à s’occuper d’eux. L’objet de ses études, pour un psychiatre, réagit souvent sur lui. mais avant cela, cet objet, quelle obscure inclination, quel fascinateur effroi le lui avait choisir? ».

La Prisonnière.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 16 h 53 min

Quand on compare avec l’époque impudique d’aujourd’hui, on se dit aussi que dans La Recherche, c’est quand même beaucoup de bruit pour rien, toutes ces histoires de sexe. Marcel n’avait qu’à monter un ménage à trois… En plus, je suis sûr que ça lui aurait beaucoup plu, ce fourbe…!

Widergänger dit: 15 août 2015 à 16 h 50 min

Oui, Baroz, je dois avouer que c’est ce qui me rebute le plus aussi dans La Recherche, et ça finit par me fatiguer à la longue…

Attila dit: 15 août 2015 à 16 h 49 min

« rien que pour couler la Rdl à l’assouline »

En décuplant les chiffres de fréquentation, c’est sympa, tu touches combien D. !

Widergänger dit: 15 août 2015 à 16 h 49 min

Deux beaux rêves, Ueda. Les seins d’Albertine au bord des étangs de Sologne, hhhuummmmm… Attention à ne pas salir vos draps…!

Ueda dit: 15 août 2015 à 16 h 47 min

D. dit: 15 août 2015 à 16 h 42 min

Ce post prouve que D. est hamlet. Il s’est trompé de pseudo.

Bien, je vais me coucher. En pensant aux seins d’Albertine. Et à la Sologne.

Salut la compagnie.

Attila dit: 15 août 2015 à 16 h 47 min

C’est cette « transposition » que l’auteur des Faux Monnayeurs reprochait avant tout à Proust.

Attila dit: 15 août 2015 à 16 h 44 min

« Marcel n’est pas du tout homo dans le roman, Baroz. »

Justement, c’est ça qui n’est pas crédible dans le livre et encore moins à l’image !

Widergänger dit: 15 août 2015 à 16 h 43 min

Ce qui m’a parut intéressant aussi dans le film, c’est qu’il respecte le fait qu’il s’agit d’un roman d’apprentissage aussi d’une certaine manière et que la vision qui nous est donnée est celle de l’immaturité d’un jeune homme (et voilà d’ailleurs un vrai roman de l’immaturité !) avec tout ce que cela implique : un aspect conte de fée, une certaine ferveur naïve, une imagination débordante et agaçante qui veut toujours voir autre chose que ce qui est là devant ses yeux, qui transpose toujours dans un monde d’une idéale beauté le prosaïsme de la vie, et avec des échappées bizarres comme une vision orientaliste du Paris pendant la guerre la nuit.

Solognot de naissance dit: 15 août 2015 à 16 h 39 min

les sentiments du narrateur hypocritement transposés : tous homos, sauf lui, tu parles ! (Attila)

Où est l’hypocrisie ? La Recherche n’est pas une autobiographie. C’est un roman-fleuve à prétention universelle : si Proust avait fait du narrateur un homo, tout s’écroulait, on changeait de sujet.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 16 h 37 min

DHH, vous attendez trop du cinéma, ça trouble votre visionnage du film de Companez, qui est plus subtil que vous ne le dites. Je ne l’ai pas du tout trouvé caricatural.

Attila dit: 15 août 2015 à 16 h 34 min

« Ce que j’ai beaucoup aimé aussi, ce sont les seins d’Albertine. Là, j’ai compris Marcel… »

Euh, c’est ce qu’il y a de moins crédible, dans le livre et le film, et qui a probablement fait tiquer Gide à la lecture du manuscrit. Les seins sont beaux, certes, mais les sentiments du narrateur hypocritement transposés : tous homos, sauf lui, tu parles !

DHH dit: 15 août 2015 à 16 h 33 min

Tout à fait d’accord avec Céline sur le côté appauvrissant et caricatural de cette transposition ;
Les personnages sont outrancièrement conformes à l’étiquette simpliste que leur accoleraient ceux qui ne connaitraient Proust qu’ à travers « la culture pour les nuls « , car le film ne réussit à rendre aucune des subtilités ,complexités et même incohérences de caractère et de sensibilité qui font les vrais personnages proustiens .
Mais ce qui est réussi ,il faut le reconnaître c’est la peinture assez viscontienne de l’univers matériel et moral dans lequel évoluaient ces nantis d’avant 1914, les décors les costumes, la faune des grands hôtels ,l’obséquiosité du personnel hôtelier ,l’ambiance « bains de mer »d’alors

J’avais deja vu le film sans enthousiasme ;Neéanmoins je l’ai repris hier sur la recommandation d’un fidele de la RDL ; mais sans être plus convaincue je et me suis arrêtée vers la fin du premier tiers ;juste assez longtemps ,pour que mon petit fils de 8 ans qui regardait distraitement l’écran me fasse part de son étonnement devant ces gens bizarres qui s’habillent à la mer en « tenue de bureau »

U.JC.D.hamlet dit: 15 août 2015 à 16 h 29 min

Les Yeux Fatigués (de Clopine Trouillefou) dit: 15 août 2015 à 15 h 31 min
on tremble en pensant à sa « no-life », tel que dirait le Clopinou

Exact. Si vous saviez ! L’idée du suicide ne me quitte pas.
Je fais de la voile quand la mer s’y prête. Le reste du temps, je bouquine, je bois, je m’ennuie.
Et je lis la RdL en attendant l’agonie.

Sergio dit: 15 août 2015 à 16 h 28 min

Les Yeux Fatigués (de Clopine Trouillefou) dit: 15 août 2015 à 16 h 15 min
Tout rdélien normalement constitué serait ABSOLUMENT DEVASTE d’avoir pu être confondu avec JC

Ca dépend ça dépend… S’il a quarante milliards, je sais pas, moi… A Dubaï ! Ou dans les caves du Lutetia du Cornavin… Même à Balbec ! C’est pas du tout emballé pesé, cette affaire…

Faut jamais raisonner sans le contexte, on se tue à le dire !

Non mais... dit: 15 août 2015 à 16 h 27 min

Widergänger dit: 15 août 2015 à 16 h 25 min
Ce que j’ai beaucoup aimé aussi, ce sont les seins d’Albertine. Là, j’ai compris Marcel…

A 63 ans… enfin…

Tetram dit: 15 août 2015 à 16 h 25 min

« Tout rdélien normalement constitué serait ABSOLUMENT DEVASTE d’avoir pu être confondu avec JC »
Trouillefou

Mais tout rdélien normalement constitué, et sachant lire, n’aurait jamais confondu JC avec qui que ce soit.
Sauf le célèbre trio des allumés du troll : TKT (nous manque-t-il ?), Barozzi et la mythomane brayonne.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 16 h 25 min

Ce que j’ai beaucoup aimé aussi, ce sont les seins d’Albertine. Là, j’ai compris Marcel…

Non mais... dit: 15 août 2015 à 16 h 16 min

Widergänger dit: 15 août 2015 à 16 h 12 min
il est très facile de faire de gros contre-sens de lecture.

Sans parler des gros contresens de non-lecture dont il est le spécialiste incontesté.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 16 h 16 min

Clément Rosset ignoré ?

C’est pas l’impression que j’avais. Il est quand même assez connu maintenant. En tout cas, connu par les gens qui s’occupent de penser et largement au-delà je crois.

Les Yeux Fatigués (de Clopine Trouillefou) dit: 15 août 2015 à 16 h 15 min

Attila, laissez tomber, c’est un malade. Il vient de m’envoyer un autre mail qui me le prouve définitivement : il trouve « un brin vexant » d’être pris pour JC. Tout rdélien normalement constitué serait ABSOLUMENT DEVASTE d’avoir pu être confondu avec JC, et n’aurait de cesse de prouver le contraire…

Tout cela me donne la nausée. Je m’en vais aller retrouver Clopin au jardin quelque temps, moi. Caresser mon gros chat roux au passage,donner une carotte ou deux à mes équidés, cueillir une rose, regarder le ciel.

Respirer.

Profondément.

A plus tard !

Karto dit: 15 août 2015 à 16 h 15 min

Louis C. dit: 15 août 2015 à 16 h 05 min

Chaloux a ses nerfs, ne rien connaître de la Sologne et du Berry le rend fou.
Il est à 250 km de Paris et il veut attaquer Montmartre.
Pauvre de lui.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 16 h 12 min

Je trouve que le film de Nina Companez est vraiment une excellente introduction à La Recherche. Il contient tous les passages clés et donne un éclairage intéressant sur les personnages et l’architecture globale du roman. Après il est beaucoup plus aisé, me semble-t-il, de rentrer dans le cœur des difficultés de lecture de l’œuvre. Sa lecture demande de gros efforts et il est très facile de faire de gros contre-sens de lecture.

C.P. dit: 15 août 2015 à 16 h 11 min

Clopine, inutile de faire semblant : hamlet-puck a un nom, une identité civile que vous devez connaître comme moi, puisque comme à vous il m’a envoyé ses DEUX textes, le premier sans doute à réduire de 80% pour en faire, à mon sens et en supprimant toute l’intrigue romanesque, un court récit éventuellement publiable dans une revue de science-fiction. Le second est en effet plus lisible en longueur, et modeste dans ses réconciliations finales, je l’ai déjà dit discrètement.

Je le dis parce qu’il y a bel et bien une fidélité de hamlet, qu’on la trouve répétitive ou non, dans ses remarques sur l’immaturité, généralement hostiles aux philosophes bon-genre, mais signalée chez des écrivains qu’il cite (trop) souvent, et selon lui réparable. Le reste est souvent ici mélange de provocations et d’aveux sournois, puis poliment destructifs, mais cela n’est pas grave, au contraire !

Attila dit: 15 août 2015 à 16 h 11 min

J’ai déjà le titre, D. : A la recherche du pseudo perdu !
Une façon de gagner du temps et de l’argent ?

hamlet dit: 15 août 2015 à 16 h 10 min

en plus vous balancez ça comme si être un crétin était une chose facile à porter.
vous n’imaginez pas la douleur pour D., JC, U., et moi de porter notre crétinerie, c’est un fardeau, vous pourriez avoir un minimum de compassion, pas tous les jours de l’année mais au moins aujourd’hui, en ce 15 août, cette fête de l’assomption, qui est, je vous le rappelle la fête de la pureté
pour nous les crétins ce jour est une épreuve difficile à surmonter, cette fête de l’assomption, cette élévation dans la pureté, nous renvoie à la misère d’être crétin, parce que c’est un fardeau douloureux et misérable que d’être crétin.
vous voir tous, aussi beaux et intelligents, c’est comme un gamin pauvre regardant une vitrine le soir de Noel, et quoi ? ce gamin misérable qui va passer le soir de Noel dans la solitude et la misère vous n’avez pas envie de lui tendre la main, lui donner une petite pièce, commettre pour une fois dans votre vie passée dans les hauteurs stratosphériques de l’intelligence un petit geste de charité.
non, même le 15 août vous continuez de vous acharnez sur les crétins comme s’ils étaient responsables de toute la crétinerie du monde,
mon Dieu quelle misère… quelle misère sur cette terre parce que quand sonnera l’heure du jugement dernier, là nous referons les comptes, et vous verrez passer devant vous les premiers tous les pauvres crétins de la terre, car le chemin des Cieux leur appartient, et là pouet pouet cacahouète ! vous, ce jour-là ils vous restera que les yeux pour pleurer, et ce sera bien fait pour vous, cette punition vous l’aurez méritée, toutes ces humiliations que vous aurez fait subir toute votre vie durant à tous ces pauvres crétins qui portaient douloureusement leur fardeau, il faudra bien le payer un jour…

lenormandy dit: 15 août 2015 à 16 h 08 min

quand il dérape pas… surtout sur Israel, WG est vraiment intéressant à lire, ce qu’il pense de Onfray et Giono me semble juste… par ailleurs, Popaul ressasse beaucoup, trop, en ce moment

Attila dit: 15 août 2015 à 16 h 07 min

Si tu n’étais que quatre crétins, hamlet, ce serait un moindre mal, mais il y en a bien d’autres !
Moi, perso, je ne demande même pas ton exclusion, je ne voudrais pas faire chuter vertigineusement les chiffres de fréquentation de Passou.
Tu as le droit d’exister dans toute ta diversité, D. !
Mais avec un tel talent, et ta capacité d’entrer dans la peau d’un personnage de croyant intégral (D.) ou de païen parfait (JC), ne devrais-tu pas plutôt consacrer ton temps à écrire des romans ?

Widergänger dit: 15 août 2015 à 16 h 05 min

Non, le narrateur ne peut pas être absent de l’écran. C’est une autre difficulté de réaliser ce genre de film. Il y a deux « je » en réalité dan La recherche.

Le « je » de la situation d’énonciation, comme on dit, et le « je » de la diégèse…, de l’histoire proprement dite. Le « je » de l’énoncé. Le cinéma est impuissant à rendre compte de cette dualité.

radioscopie dit: 15 août 2015 à 16 h 01 min

Vu d’ici(Poughkeepsie, New York)la querelle sur les limites du Berry ne manque pas de piquant : merci aux chipoteurs.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 15 h 58 min

Surtout ses cours n’apprennent pas du tout à penser par soi-même. C’est la grosse différence avec de vrais cours de philo, du moins ceux que j’ai eu la chance de suivre quand j’étais en khâgne. Apprendre à penser est une chose difficile, pénible. Au début, on se rammasse des 03/20 !

Pour apprendre à penser, on peut lire par exemple La philosophie de la Mythologie de Schelling, chez Aubier. C’est une pensée très progressive qui procède par déduction avec de lentes transitions. Ça me rappelle mes cours de khâgne et mes dissertations de philo surtout. Mais il ne faut pas lire les bouquins de Jankélévitch pour apprendre à penser ! C’est beaucoup trop touffu, trop dense.

Observateur neutre dit: 15 août 2015 à 15 h 57 min

Si le Solognot chasse mouillé, le Berrichon chasse archi-sec, ce qui est beaucoup plus difficile à dire.

hamlet dit: 15 août 2015 à 15 h 56 min

« Un lointain cousin dit: 15 août 2015 à 15 h 23 min
Déjà, il faudrait prouver que D. est hamlet.
Pour TKT, D. était aussi JC.
Barozzi pense que D. est Ueda et JC.
S’il a également inventé hamlet, la question est : pourquoi n’invente-t-il que des cré.ins ? »

je suis sans doute un crétin mais je ne suis pas pour autant ni JC, ni D. ni U.,

je ne comprends vraiment pas ce désir obsessionnel que tous les crétins soient la même personne ?

s’il n’y avait qu’un seul crétin sur cette terre ça se saurait nom d’une pipe !

JC est un crétin, D. est un autre crétin, U. un troisième et moi j’en suis un quatrième !

ce qui fait un total, si je ne m’abuse de 1 et 1 = 2, plus 1 ça fait 3 et si on rajoute 1 ça fait, si je compte bien 4 !

4 crétins différents les uns des autres c’est quand même pas la mer à boire, non ?

et vous, vous êtes combien de pas crétins ?
vous êtes au moins une centaine de pas crétins.

ce qui fait 4% de crétins, 4% c’est peanuts, vous devriez vous réjouir d’être 96% de non crétins, pourquoi vouloir être 99% ? 99% ou 96% qu’est-ce ça change ?
ces 3 petits % vont peut-être changer la face du monde selon vous ?

alors, de grâce, admettez d’accepter de reconnaitre l’idée que JC, U., D. et moi, nous puissions êtres 4 crétins différents, donnant à la crétinerie 4 formes différentes, chacune très spécifique et distincte des 3 autres.

c’est ça la diversité, pourquoi faudrait-il revendiquer la diversité dans tout le reste à pas chez les crétins ? pourquoi les crétins n’auraient pas le droit eux aussi de se distinguer les uns des autres, pourquoi faudrait-il les mettre tous dans le même sac ?

cet essentialisme porte un nom : le racisme.
je suis désolé mais vouloir faire que tous les crétins se ressemble c’est comme dire les arabes ou les juifs c’est bien tous les mêmes : c’est ça le racisme.

vous voulez rouvrir les camps de concentration ? déporter tous les crétins au motif qu’ils sont les mêmes ?
hé ben non je suis désolé de vous l’apprendre tous les quatre avons chacun notre singularité, notre crétinerie s’exprime différemment pour chacun de nous, nous avons notre existence propre, notre propre individualité de crétin se distinguant de celle de ses voisins.

désolé mais il va falloir vous y faire.

Attila dit: 15 août 2015 à 15 h 55 min

Le narrateur ne peut pas être absent de l’écran, Clopine, car dans le livre il est narrateur ET acteur. Il est même le pivot central de la Recherche, impossible d’en faire une Arlésienne ! Sinon ce ne serait plus un film, mais un livre parlé et illustré, sans le personnage principal !

Louis C. dit: 15 août 2015 à 15 h 52 min

Widergänger dit: 15 août 2015 à 15 h 32 min
Non, pas du tout ! Le Berry est une région au sud d’une ligne Saint-Aignant/Vierzon/Argent

Widergänger dit: 15 août 2015 à 15 h 41 min
Plus exactement au nord-est de Vierzon.

Monsieur Alba, vous êtes un imbécile qui ne sait pas ce qu’il dit.

Observateur neutre dit: 15 août 2015 à 15 h 52 min

Quoi qu’il en soit, sachant que la Cannebière monte jusqu’à Paris, on peut considérer que la Sologne est un faubourg de Marseille.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 15 h 51 min

Non, non, la Sologne ne mord pas du tout sur le Berry. Vous fatiguez pas, vous avez complètement tort…!

Widergänger dit: 15 août 2015 à 15 h 50 min

Dans ses cours, non, on ne peut pas dire qu’Onfray soit un charlatan. Dans ses livres, oui.

Ses cours, je trouve, c’est bien pour une première approche globale d’un penseur. Ça débroussaille très bien le terrain. Mais après ça, le plus gros du travail reste encore à faire.

Mais si, au bout du compte, ça permet aux auditeurs qui l’écoutent d’aller y voir de plus près, je ne vois pas ce qu’on peut trouver à y redire. Mais il faut rester lucide et ne pas prendre Onfray pour ce qu’il n’est pas.

Observateur neutre dit: 15 août 2015 à 15 h 48 min

La carte du Berry donnée en lien par Chaloux montre que la Sologne mord un peu sur le Berry.
Mais vraiment un tout petit peu, car Wiki (qui peut certes se tromper) est formel : le sancerrois ne fait pas partie de la Sologne.

Cela étant dit, je m’en voudrais de les réconcilier : leurs chamailleries d’écolier sont trop charmantes. Puissent-ils continuer à nous divertir.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 15 h 46 min

Poilly-lez-Gien définit précisément l’entrée en Sologne par le nord-est. C’est juste la frontière.

Sergio dit: 15 août 2015 à 15 h 43 min

Ueda dit: 15 août 2015 à 15 h 34 min
A mon humble avis, le spectateur serait vite lassé.

Dans sa bande dessinée (qui est comme chacun sait un film, mais sans film), Stéphane Heuet le fait sagement figurer, c’est bien le Marcello ; ça a dû aussi gamberger un max pour décider…

Widergänger dit: 15 août 2015 à 15 h 41 min

Et Poilly-lez-Gien n’est pas au sud de Vierzon mais au nord de Vierzon… Et c’est pas en Sologne.

Sergio dit: 15 août 2015 à 15 h 38 min

hildenrath dit: 15 août 2015 à 8 h 58 min
la modération est-elle la solution au classement ou à la pensée ?

La réponse technique est simple : pour le classement, on a les mots-clés, seulement privé du contexte le résultat est le plus souvent abracadabrant, et pour la pensée il faudra déjà un bon Dieu de logiciel d’I.A. qui va tout obscurcir ramer jusqu’à plus soif…

Revenons à la source dit: 15 août 2015 à 15 h 38 min

ueda est ueda, JC est JC et D est D.
Que ueda soit Zhu (et quelques autres) et que D. soit hamlet, puck, dexter, deneb et plein plein d’autres n’est que pur hasard

Ueda dit: 15 août 2015 à 15 h 38 min

Les Yeux Fatigués (de Clopine Trouillefou) dit: 15 août 2015 à 15 h 31 min
tous les jours, tout le temps, depuis des années et des années, se cache un seul et unique individu

C’est forcément un type un peu particulier.

Il lui arrive d’avoir du talent et de jouer les ventriloques de manière créative.

Parfois en revanche, il ne produit qu’un mimétisme assez pauvre (comme Ueda dit: 15 août 2015 à 15 h 30 min), ou un bavardage inutile (comme Ueda dit: 15 août 2015 à 15 h 30 min).

La paix soit avec lui…

Widergänger dit: 15 août 2015 à 15 h 38 min

Je suis assez d’accord avec Ueda. Onfray fait de la biographie, de la doxographie, de l’histoire des idées. Ce n’est pas du tout à négliger. Mais ce n’est pas de la philosophie, c’est certain. Comprendre des concepts et leur fonctionnement dans la pensée d’un auteur, c’est ardu.

Ueda dit: 15 août 2015 à 15 h 34 min

ET JE NE FERAI PAS APPARAÏTRE LE NARRATEUR A L’ECRAN. Le narrateur, ce serait LA CAMERA (« oeil » à la Dziga Vertov, vous voyez ?) (Clopine)

Pas à la Dziga Vertov. Ce que vous évoquez est un vieux procédé éculé appelé « caméra subjective », utilisé pour la première fois en long métrage, je crois, dans La Dame du lac.

A mon humble avis, le spectateur serait vite lassé.

lola dit: 15 août 2015 à 15 h 33 min

Hildenrath dit -15/8/15§§10h14″ (Pérec) son écriture est un moyen de rompre avec tout une tradition de la psanalyse » (citant burgelin)
L’E de toute a chu,et, le PSY de l’analyse a fui au fond du puits.
Ainsi sont effacés les spectres du passé.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 15 h 32 min

Non, pas du tout ! Le Berry est une région au sud d’une ligne Saint-Aignant/Vierzon/Argent sur Sauldre. Ce n’est plus la Sologne.

Les Yeux Fatigués (de Clopine Trouillefou) dit: 15 août 2015 à 15 h 31 min

Un lointain cousin :

Si véritablement, derrière cette multiplicité de pseudos et de « personnages » campés ici, sur la RDL, tous les jours, tout le temps, depuis des années et des années, se cache un seul et unique individu, alors c’est bien simple :

– ce type est génial, puisqu’il arrive à incarner tant de personnages différents, à brouiller les pistes, à être cohérent dans ses différents rôles, à se souvenir de tout (!!!) et à nous emberlificoter tous.

– ce type est détraqué, car il n’a pas plus de sens moral que mon poisson rouge (et encore, je n’en ai pas, c’est vous dire)et qu’on tremble en pensant à sa « no-life », tel que dirait le Clopinou

– ce type est un PERVERS qui n’a aucune empathie pour ses victimes (et je me considère comme une de ses victimes, même si je ne suis pas la seule qu’il a calomniée, humiliée, provoquée et moquée).

– et la relation entre ce génial malade et notre hôte est passablement inquiétante, à mes yeux…

Ueda dit: 15 août 2015 à 15 h 30 min

Un lointain cousin dit: 15 août 2015 à 15 h 23 min

Pépèpe !

Je suis peut-être un cr.tin, certains l’affirment, mais je ne suis pas D., n’en déplaise à l’ami Jacques.

Ugh.

Polémikoeur. dit: 15 août 2015 à 15 h 28 min

« Etrange débat », quel étrange débat ?
Pourquoi ne pas arpenter la Sologne
ou décortiquer la fabrique Onfray
pendant qu’on y est !
Foisonnicieusement.

Les Yeux Fatigués (de Clopine Trouillefou) dit: 15 août 2015 à 15 h 25 min

Attila, si jamais un jour j’entreprenais de « filmer » la Recherche, je ne tournerai que « le temps retrouvé ». Et je prendrai Jean-Claude Dreyfus pour jouer Charlus chez Jupien (je ferai interpréter Jupien par Luchini), Anémone pour jouer Madame Verdurin-Guermantes, ET JE NE FERAI PAS APPARAÏTRE LE NARRATEUR A L’ECRAN. Le narrateur, ce serait LA CAMERA (« oeil » à la Dziga Vertov, vous voyez ?) , et je la ferai TOURNER COMME SUR UNE VALSE, encore et encore et encore….

Evidemment, à la fin de la projection, on élargirait le plan jusqu’à la salle de cinéma, avec les fauteuils vides : il n’y aurait plus que l’ouvreuse (« Albertine ») dans la salle, avec son panier rempli de bonbons et les yeux pleins de larmes.

Y’a que cette manière-là de s’en tirer. Sinon, vaut mieux laisser tomber. D’ailleurs, je rassure tout le monde : je laisse tomber. (sourire).

Ueda dit: 15 août 2015 à 15 h 24 min

Onfray ne fait pas de la philosophie mais de la doxographie.

C’est de l’histoire des idées, ce qui est naturellement légitime.
Le problème est de savoir si c’est de la bonne ou de la mauvaise histoire des idées.

Non mais... dit: 15 août 2015 à 15 h 23 min

La Sologne, quand on la connait, est en partie dans le Berry. Quand on ne la connait pas, elle est uniquement dans le Val de Loire.

Polémikoeur. dit: 15 août 2015 à 15 h 21 min

Le problème est, peut-être,
que la France n’est pas tout à fait claire
à l’origine de sa longue amitié avec l’Allemagne
(sous leurs formes de l’époque), quand elle l’a chatouillée
en 70, croyant déjà que ce serait facile,
et qu’elle a semé la graine de 40
dans l’humiliation de 18.
Sans plus ouvrir sur l’infini
notre croisière dans le temps.
Beaucoup de pantins ballottés
dans des événements organisés
par des intérêts « supérieurs ».
Agionarment(e).

Ueda dit: 15 août 2015 à 15 h 15 min

« Onfray tendait à expliquer que le pacifisme est une impasse quand on a, en face de soi, un ennemi tel que le nazisme. »

Et l’auditoire, il en pense quoi?

« Courageux, l’mec »
« Putain, c’est juste »
« Y’en a là d’dans ».

Un lointain cousin dit: 15 août 2015 à 15 h 15 min

Bon, alors, sur wiki, on dit que le Berry est une région naturelle VOISINE de la Sologne.

Peu importe.
Ce que je n’arrive jamais à comprendre, c’est pourquoi Ueda dit toujours qu’il est D. Hamlet.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 15 h 09 min

Rigoureux dans ses cours, c’est peut-être aussi un peu excessif. Ses cours sont de très bons cours panoramiques. Mais il ne rentre pas vraiment dans le vif du sujet qui est de comprendre la pensée d’un philosophe avec des inventions de concept comme le fait par exemple Deleuze dans ses cours sur la pensée de Leibniz. Un philosophe c’est un monde imaginaire au même titre que l’univers imaginaire d’un grand écrivain comme Proust par exemple. Et c’est pas si facile que ça de comprendre un tel univers de concepts. Quand on se met par exemple à lire L’Ironie de Jankélévitch, on rencontre d’abord une épaisse forêt broussailleuse avec quelques clairières ici ou là. Mais ce n’est pas très facile à comprendre dans le détail même si on voit bien globalement où il veut en venir.

Attila dit: 15 août 2015 à 15 h 08 min

Dans un téléfilm et s’agissant de l’adaptation d’un roman fleuve inadaptable, on est obligé de jouer la carte de la caricature. Cette vision du narrateur follasse est acceptable. Le Charlus et la Verdurin de Companeez très crédibles aussi. Et le petit Morel, morue à souhait, ou le Saint-Loup ambigu ne m’ont pas déplu. Ce qui m’a intéressé c’est comment la réalisatrice voyait les personnages : autant d’auteurs-adaptateurs autant de visions possibles. Qu’en aurait fait un Visconti ? Du Visconti. Et un Losey itou…

Widergänger dit: 15 août 2015 à 15 h 02 min

Pendant mon dernier séjour en Sologne, j’ai lu le bouquin de Christophe Petitfils sur Alain Fournier et son grand amour qu’il transpose dans Le grand Meaulnes. Une bio très intéressante, très bien faite sur l’homme, ses goûts, sur l’époque et des analyses littéraires très pertinentes et très éclairantes sur Le grand Meaulnes et toutes les transpositions auxquelles se livre Alain Fournier.

Polémikoeur. dit: 15 août 2015 à 15 h 00 min

Est-ce un nouvel « étrange débat »
propre au commentarium
que de basculer
la page sur Perec
vers le procès classé
d’un Giono assez éloigné ?
Carnavalièrement.

Ueda dit: 15 août 2015 à 14 h 58 min

Attila dit: 15 août 2015 à 14 h 41 min
Finalement, des trois adaptations pour l’écran, je crois que c’est celle que je préfère.

Moi celle que je préfère, c’est celle que Visconti n’a pu réaliser.

Les Yeux Fatigués (de Clopine Trouillefou) dit: 15 août 2015 à 14 h 58 min

Merci pour les réponses et le lien. Onfray donnait le nom de Giono parmi d’autres, il tendait à expliquer que le pacifisme est une impasse quand on a, en face de soi, un ennemi tele que le nazisme.

Je suis soulagée d’apprendre que, d’un, Giono n’a pas « collaboré », que, deux, il a visiblement « fait un pas de côté », trois, qu’il a visiblement aidé des personnes dans la peine…

Onfray est malhonnête sur ce coup-là/ Ce n’est pas parce que Giono n’a pas répondu à l’appel du 18 juin, et qu’il est resté dans son rôle de « civil », qu’il a ciré les pompes de Pétain, or, c’est clairement ce qu’Onfray sous-entendait.

Onfray est à la fois rigoureux dans ses cours, et démago dans ses « réponses aux questions ». Mais bon. Humain, quoi, trop humain.

CELINE dit: 15 août 2015 à 14 h 58 min

Jacques, le maquillage est tellement facile par rapport à telle phrase de Proust sur Odette, fleur alors gelée qui n’apparaît d’ailleurs pas auparavant dans un film qui fait l’impasse sur « Un amour de Swann » et sur Swann lui-même, n’apparaissant qu’au cours de la soirée où le duc et la duchesse ne comprennent pas qu’il va mourir. La vulgarité du duc de Guermantes y est, c’est vrai. Curieuse impression, si j’ai bonne mémoire, de Nina Companeez récupérant au passage quelques moments décisifs, pour finir par le baiser maternel. Mais Zoon a raison : il ne fallait sans doute pas… En ce sens, Ruiz, limitant l’oeuvre, a fait mieux à mon sens.

Widergänger dit: 15 août 2015 à 14 h 47 min

Non, moi je suis comme Baroz, j’ai trouvé vraiment intéressant le film de Nina Companez. J’ai trouvé Didier Sandre vraiment excellent et très convaincant au point qu’il m’a permis de bien mieux comprendre le personnage de Charlus et donné envie de relire à nouveau La Recherche. C’est au contraire Didier Sandre que j’ai trouvé le plus intéressant par ses sautes d’humeur brusque, son caractère à la fois tyrannique, méprisant et d’une infinie tendresse, passant soudain de l’un à l’autre. J’ai eu le sentiment de pénétrer (si je puis dire…) de l’intérieur le caractère d’un « inverti ». Albertine est absolument magnifique, adorable, un charme fou !

Et par contraste avec le roman, on comprend aussi bien mieux ce qu’est la littérature, qui n’est pas vraiment de l’ordre de ce qui se voit, qui n’appartient pas à ce que le roman montre mais à tout un discours brodé autour du monde qui est de l’ordre plutôt de la perception du monde qu’une caméra ne peut pas vraiment montrer même si on sent bien que c’est un peu le défi que s’est lancé Nina Companez, avec, somme toute, une assez belle réussite. Il y a tout un fond Merleau-pontien dans le roman proustien.

Polémikoeur. dit: 15 août 2015 à 14 h 47 min

Quant à Giono, de la difficulté
de l’entre-deux en période troublée,
il ne passe pas non plus pour avoir été
très révolté quand la France était occupée.
D’autres, plus compromis, s’en sont mieux tirés !
Naturaléatoirement.

Attila dit: 15 août 2015 à 14 h 46 min

Ne pas oublier non plus que Giono est un rescapé de la Grande Guerre : on serait pacifiste à moins ! Onfray ne devrait pas s’ériger en juge suprême, c’est avouer n’avoir rien compris à rien…

la pansée catégorique dit: 15 août 2015 à 14 h 43 min

Giono était pacifiste. C’est une position que pour ma part je retrouve catégoriquement.

Attila dit: 15 août 2015 à 14 h 41 min

Chère CELINE, passée la stupeur amusée de retrouver ce Proust de boulevard comme échappé de La Cage aux folles, j’ai regardé l’adaptation pour ses belles images et aussi pour la belle diction, quand il ne pousse pas des cris hystériques, du comédien !
La scène où tous les survivants vieillis se retrouvent à la fin est un assez bon raccourci du livre fleuve : bravo aux maquilleurs !
Finalement, des trois adaptations pour l’écran, je crois que c’est celle que je préfère. Elle laisse libre cours à mon imagination…
Celle de Ruiz est trop cérébrale et parcellaire à mon goût et celle de Schlondorff trop académique…

Widergänger dit: 15 août 2015 à 14 h 37 min

Non, Clopine, l’accusation d’Onfray n’est pas justifiée. Giono était pacifiste. C’est une position que pour ma part je retrouve catégoriquement. Mais de là à en faire un criminel pro-Vichyste, non ! C’est une de ces saloperies dont Onfray est assez coutumier…

Mes pauvres chéris, j’ai la carte de la Sologne sous le nez. La Sologne est une vaste région de France limitée au nord par Blois et Orléans, Châteauneuf sur Loire (région de Raboliot, de Maurice Genevoix ; au sud par Selles-sur-Cher et Vierzon plus à l’est ; à l’ouest par Cheverny, Les Montils, Contres, Sambin, Thenay et le château de Fougères sur Bièvre où Eric Rohmer tourna Les Amours d’Astrée et de Céladon (le château a d’ailleurs conservé le mobilier du tournage ; château très intéressant d’ailleurs, construit à la charnière du Moyen-Âge et de la renaissance, pour une autre raison : il permet de bien comprendre l’innovation de l’escalier du château de Blois par comparaison) et à l’est par Gien, Argent sur Sauldre célèbre pour l’abbé Moreux, qui devint astronome et professeur de mathématiques au petit séminaire de Bourges où il aura Georges Bernanos comme élève ; Sainte Montaine (pays de Marie-Claire, de Marguerite Audoux) et un peu plus au sud Aubigny et La Chapelle d’Angillon (le pays du grand Meaulnes et de Henri dit Alain Fournier).

Le Berry, mes petits chéris, c’est au sud de cette région…!

La rentrée scolaire 1952 est déterminante pour Perec puisqu’il passe de la Seconde (à Étampes) à la Première B au lycée Claude Bernard où enseigne Louis Poirier dit Julien Gracq. Et c’est précisément l’année où Gracq reçoit le prix Goncourt. Perec, élève de Claude Bernard dans les classes où enseignait Poirier ne pouvait pas ne pas le savoir. Même s’il ne l’avait pas comme professeur de sa classe, il avait des copains qui l’avaient comme prof, et il le croisait tous les jours dans les couloirs du lycée où dans la cour. C’est d’ailleurs pour Perec ce que son biographe, qui s’appuie sur de très nombreux témoignages et une riche documentation, appelle dans son chapitre 12 ‘Le tournant 1952-1954″ : « Ce fut dans les deux ans qui suivirent son départ d’Étampes que Georges Perec prit la décision de devenir écrivain », écrit son biographe. Il ajoute en citant Perec : « Mais Perec lui-même ne prétendit jamais pourquoi (souligné) il avait décidé de devenir écrivain. (citation de Perec) Je sais, en gros, comment je suis devenu écrivain. Je ne sais pas précisément pourquoi. Avais-je vraiment besoin, pour exister, d’aligner des mots et des phrases. (Je suis né, p. 72). »

Perec ne lut Le rivage des Syrtes que 8 ans plus tard et il trouva le livre « majestueux, admirable, bien que mince. » (je dois que c’est aussi mon point de vue…). S’il est vrai que la présence de Louis Poirier au lycée a indéniablement indéniablement compté pour Perec, puisqu’il en parle dans Je suis né (que ce soit fantasmé ou réel n’y change rien !), la prose de Gracq et son style n’ont eu manifestement aucune influence sur lui.

Zoon dit: 15 août 2015 à 14 h 33 min

le film réducteur et en somme nul de Nina Companeez (Céline)

Prétendre donner un équivalent cinématographique de « la Recherche » est de toute façon, et quel que soit le talent du metteur en scène, une entreprise réductrice. Quant à déclarer « nul » le travail de Nina Companeez et de ses interprètes, c’est porter là un jugement on ne peut plus … réducteur. Tout ce qui est exagéré…

Zoon dit: 15 août 2015 à 14 h 28 min

Les Yeux Fatigués (de Clopine Trouillefou) dit: 15 août 2015 à 13 h 22 min

Onfray a accusé Giono d’avoir, par pacifisme, adhéré aux positions du gouvernement de Vichy.

Il faudrait connaître, pour juger, la teneur précise des propos d’Onfray. L’article de la revue « L’Histoire » auquel Thomas renvoie permet de se faire une idée plus claire des positions de Giono sous l’occupation. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’a jamais cautionné la politique pro-hitlérienne de Vichy, et si Vichy a pu croire reconnaître dans certains textes de Giono l’exaltation de valeurs que prônait l’idéologie vichyste, ce n’était pas l’affaire de Giono mais seulement celle de Vichy. L’apologie d’une société paysanne et artisanale se rencontre dans les romans de Giono bien avant 1940. Pour le reste, les travaux de spécialistes de Giono comme Pierre Citron ont depuis longtemps fait justice de calomnies qui contribuèrent à envoyer Giono en prison en 44. On sait que l’affaire se termina par un non-lieu.

CELINE dit: 15 août 2015 à 14 h 25 min

Cher Jacques Barozzi, puisque je passe et vous lis, comment avez-vous pu supporter de revoir, cinq ans après, le film réducteur et en somme nul de Nina Companeez ? Il y a là de quoi alimenter toutes les proustophobies (dont une à laquelle vous pensez comme moi). Micha Lescot, bon comédien ailleurs, y est accablant de mines naïves, Didier Sandre peu convaincant en Charlus, pas plus que Dominique Blanc en Madame Verdurin. Minable retour final à la madeleine associée au pavé. Aucune évocation véritable des « côtés », tout juste une Albertine aux belles joues. Vraiment, Ruiz avait fait un peu plus !

Polémikoeur. dit: 15 août 2015 à 14 h 20 min

Le hasard n’est pas romancier.
En revanche, il peut très bien
être imbattable comme nourricier
de l’imagination de l’écrivain.
Ainsi, au Maroc, le mois dernier,
une souris a semé le tintouin
pendant la prière à la mosquée.
C’était la Nuit du Destin…
Ses voies sont bien compliquées !
Immanessentiellement.

hildenrath dit: 15 août 2015 à 14 h 15 min

qualifiée par Perec dans une lettre à Ledererde « livre de la défilialité »: »j’ai tant souffert d’être le fils que ma première oeuvre ne peut être que la destruction totale de tout ce qui m’engendra(le bourreau,thème connu…..il livre là en faisant du livre un « achèvement définitif des spectres du passé »

Zoon dit: 15 août 2015 à 14 h 10 min

Les Yeux Fatigués (de Clopine Trouillefou) dit: 15 août 2015 à 13 h 22 min

Onfray a accusé Giono d’avoir, par pacifisme, adhéré aux positions du gouvernement de Vichy.

Si c’est vrai, on aimerait savoir sur quels documents et témoignages le sieur Onfray s’appuie. S’il ne produit pas ses preuves, on considérera qu’il se borne à relayer une calomnie.

vous avez dit hasard dit: 15 août 2015 à 14 h 08 min

christiane dit: 15 août 2015 à 13 h 31 min
@vous avez dit ‘hasard’ dit: 15 août 2015 à 13 h 09 min
Oui oui, sinon, où serait la liberté ?

à tâtons sur un fil conducteur (rétrospectivement) peut-être

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