de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
A la trappe, Maurras aussi !

A la trappe, Maurras aussi !

Décidémment, dès que ça sent un peu le souffre, ils n’en ratent pas une. « Ils » ? Les princes qui nous gouvernent quel que soit le régime. Sous Sarkozy déjà, on avait eu droit au triste spectacle d’un ministre de la Culture se déjugeant publiquement, quitte à être indigne de sa charge, en faisant retirer in extremis à la demande du patron la page consacrée à Louis-Ferdinand Céline du catalogue des « Célébrations nationales » qui précise l’agenda de l’Etat pour les anniversaires. Elle était pourtant équilibrée, rédigée avec un soin extrême, chaque terme ayant été pesé au trébuchet par le méticuleux éditeur de l’œuvre de l’écrivain dans la Pléiade, Henri Godard. Avec la page, c’était la présence même de Céline qui était interdite de commémoration après que Serge Klarsfeld eut rendu visite au chef de l’Etat pour faire pression. Gros scandale. Du coup, l’examen de conscience fut tel qu’en lieu et place de « célébration », il fut décidé d’inscrire « commémoration ». N’empêche que dans l’affaire, le travail du comité d’historiens qui avait mis au point le catalogue était purement et simplement foulé aux pieds.

Et aujourd’hui, bis repetita ! Cette fois, c’est Charles Maurras qui risque de prendre la porte. Or la question, cette fois encore, n’est pas de savoir si c’est un gentil ou un méchant mais d’évaluer la place qui fut la sienne dans le passé de la France. Théoricien du nationalisme intégral et de l’antisémitisme d’Etat, journaliste et essayiste, co-fondateur du quotidien L’’Action française, antiparlementaire, antirépublicain, antidreyfusard, antidémocrate, anticommuniste, antimaçon, antiprotestant, anti tout et tous ce et ceux qui constituaient à ses yeux « l’anti-France » à commencer par les idéaux de la Révolution, partisan d’une monarchie héréditaire, né le 20 avril 1868,Maurras_duel il a bien évidemment sa place dans ce Livre des commémorations nationales 2018 (338 pages, 10 euros, éditions du Patrimoine), qui n’a pas vocation à devenir un best-seller de librairie mais à raison d’un scandale tous les dix ans, qui sait…. Non pour ses idées, qu’aucun historien membre du Haut-comité des commémorations nationales n’aurait le goût de célébrer, mais bien pour la place considérable qu’il a occupée dans l’histoire des idées politiques de la première moitié du XXème siècle en France. Le reconnaître n’est pas l’approuver, on est confondu d’avoir à rappeler cette évidence – comme on hésite à préciser que c’est justement parce qu’on a lu et étudié ses textes qu’on en a rejetés tous les principes fondateurs et qu’on ne partage pas ses idées. Pour autant, il serait vain, absurde et représentatif d’une défaite de la pensée typique de notre époque de tenter de les effacer de l’histoire nationale alors qu’il faut au contraire les montrer pour dire ce que fut aussi la France de ce temps-là.

Rares sont les élites qui ont échappé à son emprise, sinon à son empire, quitte à s’en défaire ensuite. Innombrables sont les étudiants de l’avant-guerre et de l’entre-deux-guerres qui ont reçu son influence, ou subi son imprégnation, avant d’évoluer par la suite et emprunter d’autres voies en défense et illustration de « la gueuse » comme Maurras la désignait avec mépris. On cite souvent les cas des anciens socialistes ou communistes (Marcel Déat, Jacques Doriot etc) passés dans les rangs du collaborationnisme sous l’Occupation ; mais plus remarquables encore sont les anciens maurrassiens que l’on retrouve dans ceux de la Résistance tel Henri Frenay, fondateur de Combat et bien sûr le général de Gaulle lui-même (il disait : « Maurras avait tellement raison qu’il en est devenu fou ») et bien des intellectuels par la suite de Pierre Boutang à Jacques Lacan en passant par Maurice Clavel ainsi que d’innombrables écrivains (Maurice Barrès bien qu’il n’accepta pas son royalisme, Proust, Mauriac, Gide, Malraux ont subi son attrait puis la génération suivante, Michel Déon qui fut son secrétaire, Jacques Laurent etc), historiens (Raoul Girardet, Daniel Cordier etc)

Après avoir accueilli l’accession du maréchal Pétain au pouvoir comme « une divine surprise », Maurras, replié à Lyon avec son journal plus que jamais germanophobe (« La France, la France seule » était sa devise) n’étant plus que son ombre dans les années 40, plus que jamais enfermé dans sa surdité, prouva à son procès après la Libération à quel point il était désormais décalé, archaïque et anachronique, hors du temps, et n’avait rien compris au film en accueillant la sentence par une formule longtemps ruminée et mûrie : «  C’est la revanche de Dreyfus ! ». Il a été condamné le 17 janvier 1945 à la réclusion criminelle à perpétuité et à la dégradation nationale pour intelligence avec l’ennemi.  Mais le vrai responsable de Vichy, celui dont les idées influencèrent le plus les hommes qui conçurent la Révolution nationale, du moins jusqu’au retour de Laval en 1942 (après, les plus radicaux lui reprochèrent d’être vraiment trop anti-allemand) c’est bien lui, Maurras.

l-ecrivain-et-homme-politique-charles-maurras-(1868-1952)-assis-sur-le-banc-des-accuses-assiste-a-son-proces-le-25-janvier-1945-au-palais-de-justice-de-lyon-photo-archives-afp-1517077982Faire l’impasse sur son rôle, son impact, son existence, c’est se condamner à ne rien comprendre de l’histoire intellectuelle, morale et politique de ce pays pendant un demi-siècle qui a vu passer deux guerres mondiales et une occupation par une armée étrangère. Cela, les historiens qui constituent le comité des commémorations nationales (Jean-Noël Jeanneney, Pascal Ory etc) l’ont bien compris en intégrant Maurras dans leur catalogue. Non pour en faire un héros national comme d’aucuns veulent le croire ( !) mais parce qu’il a compté. Autant si ce n’est davantage que certains noms qui figurent dans le cru 2018 : Maurice Druon, Survage, Pierre Emmanuel, Patachou …

Il n’y a rien de contradictoire, d’ambigu, ni même de paradoxal, à voir la République honorer dans le même temps un Jean Zay ou un Pierre Brossolette en les panthéonisant. En un temps où le pays est atteint de commémorationnite aigüe, ces historiens sont parfaitement conscients de la dimension politique de leur rôle. Ce serait leur faire injure que d’imaginer le contraire. Mais qu’on n’attende pas d’eux qu’ils confondent pour autant l’Histoire et la mémoire, même dans un tel comité. Françoise Nyssen, qui a signé la préface de leur catalogue comme le fit jadis son prédécesseur à son fauteuil Frédéric Mitterrand, a crû éteindre la polémique naissante par un communiqué de son cabinet :

« La ministre souhaite qu’il n’y ait aucune ambiguïté dans sa position et rappelle son rejet total des thèses et de l’engagement de Maurras. Elle s’appuie sur un travail d’historiens qui recensent des anniversaires clés de l’histoire de France. Il ne s’agit évidemment pas de célébrer le penseur de l’extrême-droite qu’était Maurras, mais au contraire de connaître son rôle dans l’Histoire de France ».

En ligne, la référence à Maurras a d’ores et déjà disparu. Le catalogue papier sera réimprimé sans le nom frappé d’indignité nationale. « Pour lever l’ambiguïté sur des malentendus qui sont de nature à diviser la société française» a dit le ministre en prenant cette décision. On verra bien si cela suffit à calmer ceux qui ont fait pression pour qu’il soit viré des commémorations (le catalogue fait pour chacun l’inventaire de toutes manifestations organisées à cette occasion : colloques, débats etc), les inévitables Dilcrah, Licra, SOS racisme et Alexis Corbière pour lesquels commémorer, c’est rendre hommage ; cette fois, Serge Klarsfeld n’aura même pas eu à se déranger. Le principe de précaution a frappé plus vite que l’éclair, et le honteux rétropédalage a suivi. charles-maurras1

Quant aux historiens du Haut Comité présidé par l’écrivaine Danielle Sallenave (et membre d’une compagnie, l’Académie française, qui avait exclu Maurras au lendemain de la guerre), une fois de plus, le pouvoir, qui avait pourtant sollicité leur expertise, s’est assis dessus ; on se demande bien ce que le premier ministre va pouvoir leur raconter en les recevant ces jours-ci : qu’ils n’ont pas bien compris qui était Maurras ? que sa ministre n’avait pas lu leur catalogue avant de le préfacer ? etc Mais pour mai 68, rien à craindre : pour commémorer, ça va commémorer ! Comme l’écrit la ministre dans la chute de sa préface :

« A vous qui aimez l’Histoire de France, à vous qui aimez la voir reprendre vie, je conseille chaleureusement la lecture du Livre des Commémorations nationales de 2018. Il vous apportera, j’en suis sûre, un grand plaisir et de belles émotions ! »

Et youpi l’Histoire de France ! Maurras était à peu près introuvable en librairie, en tout cas en format de poche. Ne restait plus que le Cahier de l’Herne à lui consacré paru il y a quelques années. Jean-Luc Barré, qui dirige la collection Bouquins chez Robert Laffont et sent bien ces choses-là, a pris il y a quelques temps l’initiative d’y remédier ; un recueil des oeuvres de Maurras doit paraître au printemps contenant outre L’Avenir de l’intelligence, des chroniques, des articles, les minutes de son procès, des essais, des romans, des poèmes et des textes théoriques. En attendant, les travaux pionniers d’Eugène Weber suivis de ceux de Victor Nguyen sur l’Action française, puis les biographies d’Olivier Dard (qui signe la notice « Maurras » dans le catalogue) et de Stéphane Giocanti permettent de mieux cerner le « phénomène Maurras » dans sa complexité et son étendue (la biographie que lui a consacré Pierre Boutang est si indéchiffrable que la pensée de son maître en devient incompréhensible).

Alors à la trappe, Maurras aussi. Eu égard à l’air du temps, si favorable aux ligues de vertus, à leur police de la pensée et leurs groupes de pression, c’était à craindre. Du moins dans le catalogue des célébrations nationales. Et encore, les vigilants ne se sont pas aperçus qu’y figurait également l’écrivain Jacques Chardonne mort en 1968… Attendez un peu qu’ils se réveillent ! Alors, en être ou n’en être pas ? Telle est la réponse, eût dit Woody Allen. Ni l’un ni l’autre, eût ajouté Cioran. Je préfèrerais ne pas, eût précisé Bartleby. Mais c’est naître qu’il aurait pas fallu! eût tranché Céline.

(« Maurras avec Pujo, Daudet et les dirigeants d’Action française défilant pour Jeanne d’Arc à Paris, à son bureau à l’Action française, se battant en duel contre Paul de Cassagnac en 1912, à son procès, à son bureau  » photos D.R.)

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1 460 Réponses pour A la trappe, Maurras aussi !

Giovanni Sant'Angelo dit: 4 février 2018 à 14 h 31 min


…le meilleur en tout,!…prendre les dispositions, par avances,!…

…et, ces mouvements perpétuels,!…

…?, la question, que je me suis poser,…depuis, plus d’un quart de siècle,…sur différentes créations – antiques,… » et, si,… »,…pourtant, Archimède existait déjà,!…

…des solutions, techniques,!…inexistantes, et pourtant, à porter d’esprits simples,!…Oui,!…à mourrir de rire,!…
…je n’en dirait rien,…etc,…je ne crève pas l’écran déjà,!…

rose dit: 4 février 2018 à 14 h 19 min

l’ai mangé à midi passée ce petit porc adobo avec riz basmati du Penjab et chou chinois.
absolument dé-li-ci-eux : merci D.
viande tendre délicatement épicé : excellente recette qui m’a permis de créer un précédent.
suis ravie 😊

Giovanni Sant'Angelo dit: 4 février 2018 à 14 h 13 min


…il n’y a pas de sots métiers, les jambes grandes ouvertes, la bouche, en accordailles,!…

…çà pouvait être ma belle-maman,!…
…je l’ai échappée de justesse,…aux châteaux des justes, en besogne,…

…pourtant, hameçonnages, était du meilleur, aux profils,…protéger, des dieux païens,!…Ah,!Ah,!Ah,!…
…aujourd’hui, j’en serait, comme sauce tomates,!…etc,…

JC..... dit: 4 février 2018 à 13 h 57 min

Evidence dit: 4 février 2018 à 12 h 32 min
« Mon logiciel anti-JC Landouille commence à bien fonctionner, ses commentaires insipides disparaissent progressivement de mon ordi YOUPI ! »

Il reste dans l’ordinateur de ce fada Evident : des factures, des psaumes, deux trois sourates, une photo de JOHNNY VALLYDAY nu, une photo de Clopine sous son âne, son testament Word, une collection de photos des joueurs du Barça, un poème inachevé, un compte rendu du syndic, une lettre de licenciement en provenance de Carrefoutre, pour masturbation en public ….

Dur, dur !

JC..... dit: 4 février 2018 à 13 h 47 min

Aucun conseil valable possible, en provenance d’individus en mal-être comme Foulcault ou Proutprout !

A plus forte raison asthmatique, grabataire, rentier, sodomites, ou délirants !

Giovanni Sant'Angelo dit: 4 février 2018 à 13 h 33 min


…des amies, des connaissances, sur la toile,!…
…et, alors, si, çà, leurs plait, de se prendre, le pieds en exhibitions en public de chambres,!…

…de ces histoires, trop crus, de leçons de choses,!…les saillies en profusions,…
…la classe, peut mieux faire,…Bip, Bip,!…toujours les mêmes en positions,!…
…en Alpha – Oméga,!…aux vents,!…

Giovanni Sant'Angelo dit: 4 février 2018 à 13 h 20 min


…Oh,!…la la,!…encore obsédés avec çà,!…

…la sexualité, pour faire des enfants, qui plaisent, à tous,!…

…et, rien, d’autres,…toutes perversions confondantes,…aux rôles de prostitutions volontaires d’hameçonnages aux rôles,…etc,…

…à nos déviants  » curés ‘ baiseurs,!…sans tuniques noires de foutre,!…Ah,!Ah,!…
…recto-verso,!…etc,…
…tiens bon, le boudin,…

Evidence dit: 4 février 2018 à 13 h 06 min

Comment comprendre l’admiration de Christiane pour les commentaires débiles (maintenant disparus) de JCLandouille

Delaporte dit: 4 février 2018 à 13 h 04 min

Dans Les Echos, article enthousiaste de Roger-Pol Droit sur le livre inédit de Foucault qui paraît cette semaine, Les Aveux de la chair. Ou comment Foucault, d’outre-tombe, nous parle de nos problèmes actuels, qui agitent en grand notre société : la sexualité, le viol, le consentement érotique, Weinstein, Polanski, que sais-je… Un événement éditorial :

« ce travail érudit, dense, traitant des Pères de l’Eglise (Clément d’Alexandrie, Cassien, Augustin) et de leurs relations à des penseurs païens (Aristote, Plutarque, Musonius Rufus) entre en résonance directe avec les débats engendrés par Balance ton porc et #Metoo ! Les discussions des premiers siècles chrétiens sur la virginité, le mariage, les normes érotiques acceptables ou pas sont truffées de considérations sur le viol, la pudeur, la chasteté, les pratiques tolérables ou non entre les sexes qui consonnent avec nos discussions fleuves d’aujourd’hui sur le harcèlement et sur les rapports hommes-femmes. C’est la magie de Michel Foucault. »

christiane dit: 4 février 2018 à 12 h 44 min

@Paul Edel dit: 4 février 2018 à 11 h 44 min
Vous avez de la chance, promeneur, de traverser ainsi la Recherche, comme un jardin, près d’un narrateur amoureux des plantes. Je fais une traversée plus rude de ce livre. Je l’entends sortir de la bouche d’un solitaire plus souvent enfermé dans sa chambre avec tous ses médicaments que dans un jardin, avançant à tâtons dans le labyrinthe de ses souvenirs avec une conscience en proie à trop de temps, trahissant ce qui lui manque par des métaphores, ordonnant secrètement ses affections. Il parle bas, oui, pour dire quelque chose qu’il ne veut pas dire et qu’il ne dit pas, qui ne se laisse pas rendre présent. Écrire me semble pour lui un labeur, long, obstiné, pour ne pas oublier ce qu’il a été, ce qu’il a vécu, ce qui l’a meurtri. C’est une sorte de livre de … l’Intranquillité. Une interminable narration où son écriture trouve une identité par un jeu de dédoublement(avec le narrateur) où il n’est jamais où il prétend être, s’isolant et en même temps assurant son lien au monde par cette écriture.
Mais votre commentaire fait rêver…

Evidence dit: 4 février 2018 à 12 h 32 min

Mon logiciel anti-JC Landouille commence à bien fonctionner, ses commentaires insipides disparaissent progressivement de mon ordi YOUPI !

Giovanni Sant'Angelo dit: 4 février 2018 à 12 h 20 min


…récemment, sur un ? blason,…américain, U.S.A.,?…j’ignore son parcourt a quel servage  » royal « ,de bon cru,…en bouteilles,…

…j’ai pu lire,… » faire et ne rien dire « ,…
…il y a mieux, à écrire,…ne rien faire,…et dire n’importe quoi,!…du pareil, au même, dans nos perverses démocraties,…à l »euro  » rolling stones satisfaction « ,…

…Ah,!Ah,!Ah,!…tell me you’re coming bac again,… to me,….,…etc,…
…out of time,…
…les forces vives des nations en hymnes,!…Go,!…

…la raison, de son âge, en poids-plumes,…
…moins de 65 kg,…magnifiques pour des rôles au cinéma,!…etc,…
…pas le temps,…first, la peinture, les arts,!…la vie,…avant, toutes notoriétés,…Go,!…
…la calèche aux petits ronds,…Ah,!Ah,!…

JAZZI dit: 4 février 2018 à 12 h 14 min

Au mitan de son livre de plus de 800 pages, « A défaut de génie », François Nourissier, en pleine rédaction d’un chapitre sur Mai 68, apprend la mort de Chardonne. Commence alors un savoureux portrait :

« Pendant quelques années, Chardonne m’entoura d’une amitié extraordinairement vigilante. (…) A cette époque -les années cinquante à soixante- la correspondance de Chardonne fut considérable. Embusqué derrière ses lupins de la Frette, il mitraillait sans répit la littérature parisienne. Pas un ridicule ne lui échappait, ni un talent encore balbutiant. Ses admirateurs avaient naturellement du génie, mais il se hâtait de rectifier, dans un mot adressé à un tiers, le jugement trop indulgent dont il venait de régaler un flatteur. Il était capable d’accabler les gens sous d’énormes bontés, puis de les exécuter d’une phrase atroce. Ses proches n’échappaient pas mieux au massacre que les indifférents. Je garde, cachées au fond de profonds tiroirs, des lettres où il m’écrivait sur X ou Y -qui l’aimaient et qu’il aimait- des choses si abominables qu’ils lui voueraient, s’ils les découvraient aujourd’hui, une de ces haines d’outre-tombe d’autant plus frustrantes qu’on ne pourra jamais les assouvir. Si l’on excepte les jeunes gens et les familiers, ses bêtes noires étaient Malraux et, plus étrangement, Proust. »

JC..... dit: 4 février 2018 à 12 h 07 min

Evidence dit: 4 février 2018 à 11 h 52 min
« le arguments de JC Landouille face à ceux de Popaul : du pipi de chat avarié »

On n’a pas le droit de parler d’un homme, rarement félin mais qui écrit bel et bon, de cette façon …

JC..... dit: 4 février 2018 à 12 h 02 min

Dans le fond, les voyeurs de Proust n’ont pas vu que l’impuissance inutile de ce bolo de salon maladif, cachait un gourou les conduisant au suicide intellectuel.

Paul Edel dit: 4 février 2018 à 11 h 44 min

Devant la multiplicité des personnages et les longues analyses d’une société , devant l’organisation monumentale si impressionnante d’ »a la recherche du temps perdu », on aurait pu -façon Sartre- hurler à l’auteur qui se prend pour Dieu ! Mais non. Le lecteur qui traverse ces étendues de prose a plutôt l’impression d’écouter ce narrateur comme on écoute un jardinier nous parler de ses plantes. Cependant le jardin est si vaste, les espèces si étonnantes, les sentiers si innombrables et tortueux, les serres si étonnantes (Totor enc.. Tatave) , qu’on est pris de vertige. Pas le narrateur. Lui, il nous promène dans un jardin aux dimensions immenses, ce qui ne l’ empêche pas d’être minutieux, ironique, nonchalant, tranquille, méticuleux, inattendu, satirique, toujours tenté par la digression, un peu illuminé à première vue.Il dissèque ses chaines de pensées et nous fait partager ses vues si personnelles et si singulières qu’on le suspecte dns un premier tant de charlatanisme. Mais il poursuit et nous parle des caractéristiques de telle ou telle plante rare avec une telle sereine conviction qu’on le croit.. .il sait comment elles naissent, croissent, se modifient , vieillissent, ses plantes au fil des saisons. L’aspect si végétal et jardinier de la » Recherche » est un délice
Il y a quelque chose de brumeux, d’indolent, de distrait, dans cette promenade jardinière. Mais c’est une fausse impression. Le narrateur qui nous guide, tout tranquillement nous fait réapparaitre le baron de Forcheville après l’avoir oublié pendant deux mille pages .. On pensait qu’il l’avait oublié.. et puis non..on navigue dans cette galaxie proustienne avec pas mal de vertige. Récit où le comique et le cosmique intérieur s’interpénètrent et s’enchevêtrent, une œuvre presque magique dans laquelle un manteau , une tasse de thé, l’exclamation idiote d’un invité , peuvent soudain ouvrir des perspectives métaphysiques, morales, ou des lois de mémoire involontaire.
Il y a un Proust prestidigitateur dans ces apparitions disparitions- réapparitions magiques :il sort la maquette du Combray de son enfance dans une tasse de thé comme on sort trois tourterelles d’une chapeau.. Comme tout bon prestidigitateur, il commence par une petite séance d’hypnose(« longtemps je me suis couché de bonne heure..) et de détente. Tour de passe- passe magique de ce qui se cache sous les apparences les plus ordinaires (le pli d’une serviette empesée) . Tout ça advient et survient au fil de ses phrases-bobines (parfois emmêlées) dans une sorte d’abandon et de fausse langueur et de pénombre (un cabinet d’analyste ? il a écrit allongé) narrateur aux intonations veloutées d’un grand frère .. .Non, ce n’est pas un Dieu qui fait surgir le monde d’un coup de bâton, mais un ami qui chuchote, un ami plein de secrets révélés, au pessimisme cruel quand il s’agit de parler d’amour ou de décrire des snobs et qui avoue , en fi, de promenade qu’il y a délicatement une quête mystique à percevoir sur le sens de son travail.

JC..... dit: 4 février 2018 à 11 h 42 min

Homère a dit les combats des aigles, haut et loin, au dessus des monts, des dieux et des mers.

Proust, un verbeux impuissant, a enculé des mouches de salon sous le regard de voyeurs envieux.

Héraclite a dit l’essentiel. Montaigne, Pascal, ont dit. Rabelais est notre frère.

Le reste est littérature Intermarché, moins 70% sur le Goncourt.

JC..... dit: 4 février 2018 à 11 h 25 min

J’ai quitté la messe pour l’Institut Bartabacs et l’apéro : il y a des fois raisonnables, supérieures à des croyances stupides.

Perdre son temps à étudier les imbécillités proustiennes est du niveau des amateurs de football collés au jeu de jambe de leurs idoles colorées comme leurs limousines …

Votre Proust est votre drogue.

christiane dit: 4 février 2018 à 11 h 06 min

Pour la vidéo précédente, offerte par W., où J-Y.Tadié présente son essai : « Le lac inconnu », j’attends de lire ce livre. Retrouver dans la « Recherche », par le travail et l’intuition de J-Y.Tadié, la relation entre l’inconscient et ces lapsus (langage inversé), mots d’esprit, sommeil et importance des rêves. Bien sûr, il faudra repasser par l’enfance proustienne habitée de passions, de cauchemars, de l’attente du baiser du soir, du rôle de la mère, du père et tout cela par la mémoire, seul chemin pour connaître l’enfance. Mais Freud et Proust, s’ils s’étaient rencontrés, que se seraient-ils dit ? le sous-titre de l’ouvrage, « Entre Proust et Freud », est-il adéquat ?
Cette métaphore de la Recherche (« Le Temps retrouvé ») à l’origine de l’Essai de J-Y.Tadié :
« Ce langage (…)où l’émotion fait dévier ce que nous voulions dire et épanouir à la place une phrase tout autre, émergée d’un lac inconnu où vivent ces expressions sans rapport avec la pensée et qui par cela même la révèlent. »
Qu’écrit cet universitaire qui a dédié une bonne part de sa vie de chercheur à Proust, ? « Ce lac inconnu est une magnifique image de l’inconscient, qui communique avec toutes les eaux de la Recherche, depuis la Vivonne jusqu’à la mer de Balbec. »
Tadié connaît Proust comme personne. Hâte de lire ce nouvel ouvrage. La « Recherche » est inépuisable…

Chaloux dit: 4 février 2018 à 10 h 30 min

Christiane, Tadié répond par son œuvre à cette question:

« Qu’est-ce que le génie du lecteur? ».

Il est génial.

Phil dit: 4 février 2018 à 10 h 29 min

C’est Bernard Faÿ, aujourd’hui ardemment décommémoré, qui a fait connaître Proust à nos amis américains. Ceci pour raccrocher pilpoulement au sujet Maurras.

christiane dit: 4 février 2018 à 10 h 25 min

La vidéo « Désirs funèbres » offerte par Chaloux, nous permet d’écouter Jean Yves Tadié explorant un passage du « Temps retrouvé », celui de cette nuit terrible des bombardements sur Paris. L’érotisme nocturne, le sexe et la mort: sa préoccupation, se trouve éclairée par un palimpseste aux temporalités superposées. La Bible (Sodome et Gomorrhe) et le récit de Pline le jeune sur l’éruption du Vésuve et la destruction de Pompéi.
Cette jouissance funèbre atteinte, à l’approche de la mort (possible). Ces amours interdites qui ne le sont plus. « Le danger physique menaçant les délivrait de la crainte dont ils étaient maladivement persécutés depuis longtemps. » Les parisiens deviennent des Pompéiens « sur qui pleuvait déjà le feu du ciel » alors qu’ils descendent « dans les couloirs du métro noirs comme des catacombes », sans juge, sans lumière, sans Dieu. Sans parole et sans regard, également. Cette superposition du contingent et de l’éternel est remarquable et donne une profondeur au texte de Proust que je n’avais pas perçue.
Une autre piste de réflexion de J-Y.Tadié, à la fin de la conférence, est celle du Temps. De l’ange de l’Apocalypse qui avertit : « Il n’y a plus de temps », à cette madeleine « Un peu de temps à l’état pur », le conférencier évoque cette double tentation de Proust : être hors du temps tout en étant passionné par l’Histoire. Cette façon d’échapper au temps par la mémoire involontaire ou par le sommeil ou de détruire ses personnages par le vieillissement ou la mort.
Cette conférence est remarquable et se termine par le rappel de l’image des « échasses » qui termine « Le temps retrouvé ». Echasses qui finissent par rendre aux personnages « la marche difficile et périlleuse » et quant au narrateur : « Je m’effrayais que les miennes fussent déjà si hautes sous mes pas, il ne me semblait pas que j’aurais encore la force de maintenir longtemps attaché à moi ce passé qui descendait déjà si loin. » .

Widergänger dit: 4 février 2018 à 10 h 10 min

La question qui se pose c’est de savoir si le Temps retrouvé est la révélation des essences des personnages ou si l’identité est conçue chez Proust comme une quête sans fin liée à la relecture comme effet de la structure en spirale de l’œuvre.

Widergänger dit: 4 février 2018 à 10 h 07 min

Mais comme le rappelle un critique il y a une grande différence entre les personnages de la famille de Marcel, qui sont données d’emblée dans leur totalité, et les autres comme Swann, qui ne sont révélés au lecteur que progressivement. Le triangle œdipien est posé dès les premières pages pour construire le fondement de toute l’œuvre à partir duquel elle se déploie dans toute sa complexité mouvante.

Widergänger dit: 4 février 2018 à 9 h 57 min

Proust explore les mêmes domaines inconnus à son époque que Freud sans avoir lu Freud même s’il a pu le lire après 1920 mais à cette date la scène du coucher à Combray était écrite depuis longtemps, scène très freudienne comme le rappelle à juste raison Y. Tadié.

Proust explore les souffrances de l’enfance, les malheurs de la sexualité infantiles. C’est très freudien. Ce qui est proprement littéraire, c’est que Proust l’articule sur la composition même de l’œuvre et même sa conception du personnage dans une dynamique narrative qui rappelle celle des deux vitres du du train de Doncières dans la description du paysage que j’ai analysée chez Popaul un jour pas très lointain.

Y. Tadié ne va pas jusqu’au bout de son analyse. Il en reste à des rapprochements thématiques alors que le travail de l’inconscient dans l’écriture proustienne met en jeu jusqu’aux structures narratives de l’œuvre et à la conception même des personnages très différente de celle à l’œuvre chez Balzac et à la conception de l’identité qui est perçue dans le jeu des interactions humaines et non des essences, comme l’analyse quelque part dans l’un de ses ouvrages Clément Rosset de son côté, jusqu’à l’identité juive qui n’apparaît que sous le regard de l’autre à la manière de la conception qui sera celle de Sartre.

Bloom dit: 4 février 2018 à 9 h 33 min

Proust n’a jamais lu une seule ligne de Freud..

En êtes- vous sûr? La première traduction française date de 1920 (Cind leçons de psychanalyse),; par ailleurs cela faisait bien longtemps que le travail de Freud était débattu en France.

JC..... dit: 4 février 2018 à 9 h 11 min

Quittons nous, mes petits chéris, j’ai à bosser à l’Eglise, moi, ce matin : enfant de chœur ! Je vais prier pour votre salut …
(et transmettre en sous-main votre dossier d’admission repoussant, uhuhu !)

rose dit: 4 février 2018 à 9 h 09 min

Chaloux

je vous dirai tout ailleurs : cela va prendre du temps. Dix ans déjà pour  » je vous dirai tout » si je trouve quelque chose sur Winona Ryder que je n’ai jamais trouvé. Donc m’a rien dit du tout.
Ai deux conceptions work in progress sur la conjugalité :
(ne sont pas rangées par ordre d’importance)
Le Festin de Babette
Rachel

postule (je) ardemment pour qu’elle soit enterrée aux côtés de Jacob. même s’il y a Léa et les deux servantes.
cela ne m’empêche pas de haïr la polygamie.

une troisième conception se dessine ici par les interventions de christiane et sa manière d’instaurer un dialogue fructueux.

Le respect de l’autre, le suivi de ses idées à soi sans y renoncer, la parole donnée à autrui, la manière de le mettre en valeur et de lui laisser grande place, le dialogue.
Y rajouter intimité, stabilité et durabilité et cela regroupe ma conception du couple.

JC..... dit: 4 février 2018 à 8 h 54 min

Renato est comme ces mauvais musiciens qui « jouent les notes » : lui, il « lit les lettres » dans les livres! Inculte, la betterave…

renato dit: 4 février 2018 à 8 h 42 min

Pauvre garçon, même pas capable d’un brin d’imagination, je comprends qu’il ne puisse vivre qu’en état d’échec permanent.

JC..... dit: 4 février 2018 à 8 h 04 min

« signalons que Proust n’a jamais lu une seule ligne de Freud. »

Popaul,
Bloobloo ferait son Blabla …? Quelle belle imagination, ce Bloom !

Paul Edel dit: 4 février 2018 à 7 h 59 min

« car Freud n’avait pas grande estime pour l’oeuvre de Proust et vice versa. »euhhh « vice versa »? signalons que Proust n’a jamais lu une seule ligne de Freud..

JC..... dit: 4 février 2018 à 7 h 46 min

« Jacques Rivière eut bien du mérite lors de ses conférences au au Vieux-Colombier, car  » (Bloobloom)

Au au ?
Ah ah ah !!!

Bloobloom bébégaye…

Bloom dit: 4 février 2018 à 7 h 40 min

Jacques Rivière eut bien du mérite lors de ses conférences au au Vieux-Colombier, car Freud n’avait pas grande estime pour l’oeuvre de Proust et vice versa.
« Je ne crois pas que l’oeuvre de Proust puisse être durable. Et ce style! Il veut toujours aller vers les profondeurs et ne termine jamais ses phrases », écrivait-il à M. Bonaparte en 1926…

Paul Edel dit: 4 février 2018 à 7 h 23 min

Selon certains anglophones , la traduction de Proust en français est tout à fait remarquable malgré l’anonymat de celui (ou de celle) qui a traduit.

Paul Edel dit: 4 février 2018 à 7 h 19 min

C’est en 1922 qu’on publie en France la première traduction de » l’introduction à la psychanalyse de Sigmund Freud ». Et c’est Jacques Rivière qui,le premier, sur une centaine de feuillets compare le travail de Freud et celui de Proust.il dit bien dans sa conférence intitulée «Marcel Proust l’inconscient dans son œuvre » que,enfin, « le cœur humain » , grâce à la « recherche du temps perdu »n s’enrichit d’une nouvelle composante : l’inconscient. Cette conférence est remarquable, d’autant qu’il ne faut pas oublier que Jacques Rivière est mort en 1925 et qu’il n’a pas donc pas pu lire le dernier volume « le temps retrouvé »,publié en 1927.et Rivière, avec beaucoup d’intelligence met l’accent sur les abysses que découvre son narrateur découvre dans les zones de son passé et de la sexualité de ses personnages.

Bloom dit: 4 février 2018 à 7 h 15 min

Bloom, qui ne peut lire Proust qu’en version anglaise !

Exactement l’effet recherché (sic), Baroz; pour des milliers de lecteurs anglophones, Proust c’est ça…
Nombre de grands amateurs et fins lecteurs de littérature française hors l’hexagone et ses colonies, sont d’accord sur un point: il y a bien trop de graisse dans la Recherche, qui pourrait très avantageusement être ramenée à 600 pages (la mort de la grand-mère y figurerait en bonne place).
Pour une Recherche passée à la cure d’amincissement du digest! (Itou pour Ulysses de joyce, Burgess ayant déjà fait le boulot pour le Wake).
Pour les agrégatifs, la traduction de Scott Moncrieff est un excellent terrain d’entrainement au thème anglais. Une demi-page par jour et on se promène le jour du concours.
Il m’arrive parfois de lire les auteurs étrangers dans leur version anglaise car ils sont souvent mieux traduits (notamment Kafka, Musil, Joseph Roth, Mishima, Shi Nai’an, Cees Noteboom, pour n’en citer que quelque-uns). Exception notable, Gao Xinjian, fabuleusement bien traduit par le couple Dutrait et simplement calamiteux en anglais.
Rien de tel que la traduction comparée, plongée au coeur du vif de la matière première littéraire.

JC..... dit: 4 février 2018 à 6 h 50 min

On a eu trois Grands Rois de France après la révolte bourgeoise de 1789, Napoleone Buonaparte, Napoléon III, Charles de Gaulle, et trois Rois des Cons, François Mitterrand, Jacques Chirac et François Hollande.

Nous autres Français, n’aimons pas la République : nous restons attachés à la notion d’homme providentiel, si possible christique faiseur de miracles…. hélas, point de vint notre Sauveur !

JC..... dit: 4 février 2018 à 6 h 42 min

C’est inutile de restaurer la MONARCHIE !

Depuis la décapitation de notre bon roi Louis XVI, on a jamais cessé d’être gouverné par des rois, ou des roitelets dans le genre Bébé MACRON et sa Reine BRIGITTE ….

Vive le Roy !

JAZZI dit: 4 février 2018 à 6 h 32 min

Si Passou fait durer son billet encore deux jours, Maurras sera commémoré à sa façon !

« Parmi les principales ligues présentes le 6 février 1934, la plus ancienne est l’Action française. Fondée en 1898/1899 par Maurice Pujo, Henri Vaugeois et Charles Maurras (60 000 membres revendiqués), elle a pour but de renverser « la gueuse » (la République) afin de restaurer la monarchie. »

JC..... dit: 4 février 2018 à 6 h 14 min

L’honneur de notre démocratie exemplaire, patrie des Droits de l’Homme, serait après avoir interdit de commémorer ce rat de MAURRAS, d’interdire immédiatement la lecture de ce prout de PROUST.

Brûlons ses livres saisis dans les bibliothèques et les foyers, en présence du Président de la République, de la Ministre de l’Inculture, de quelques pompiers au cas où ça tourne mal, en PLACE DE GREVE !

Il y va de la survie du bon goût rn France….

JC..... dit: 4 février 2018 à 5 h 57 min

Bloom est un Crusoé perdu sur son îlot : il parle seul, il délire, mais en anglais ! La langue des boutiquiers ….

JC..... dit: 4 février 2018 à 5 h 55 min

En tant que clinicien de l’âme, j’ai posé un de ses ouvrages pesant il y a longtemps, blablaterie obscure, ennuyeuse à crever, en poussant un juron libérateur :
« Que cette nouille de Proustinette fasse un peu de sport, bordel ! Comment pourrait il avoir un Mens sana, dans son corpore pas sano du tout, ce taré !? »

JC..... dit: 4 février 2018 à 5 h 51 min

Hélas, JiBé, trainant ici depuis une décennie, j’ai été contaminé par les phares de la pensée littéraire intelligent …

Rassure toi, tu es innocent, n’ayant d’aucune façon participé à ce méfait !

JAZZI dit: 4 février 2018 à 5 h 50 min

Cent ans après, La Recherche… déchaîne toujours les passions, JC !
Tu crois que Chouchou va finir par enculer Blabla ?
Le plus comique c’est Bloom, qui ne peut lire Proust qu’en version anglaise !

JC..... dit: 4 février 2018 à 5 h 34 min

« C’est un profond malheur que d’être intelligent. »

A 22h44, l’ami Wiwi a raison !

Pour s’en persuader, il suffit de lire les échanges intelligents des uns et des autres à propos d’un « écrivain de l’inconscient »… Marcelito Proutprout ! ». ON ne rit pas !

Proust, qui reste aux yeux de tout bolo standard contribuable, un rentier fainéant, vaguement homosexuel, ennuyeux comme une femme de ménage d’aristocrates désœuvrés ….

Groddeck est mille fois plus intéressant à lire, même Ferenczi, que cette loche de Marcelou la faignasse.

Bloom dit: 4 février 2018 à 3 h 44 min

Proust, dans la traduction de Scott Moncrieff – La mort de la grand-mère de Marcel, (en fait, la mère de Proust):

An hour or two later Françoise was able for the last time, and without
causing them any pain, to comb those beautiful tresses which had only
begun to turn grey and hitherto had seemed not so old as my
grandmother herself. But now on the contrary it was they alone that
set the crown of age on a face grown young again, from which had
vanished the wrinkles, the contractions, the swellings, the strains,
the hollows which in the long course of years had been carved on it by
suffering. As at the far-off time when her parents had chosen for her
a bridegroom, she had the features delicately traced by purity and
submission, the cheeks glowing with a chaste expectation, with a
vision of happiness, with an innocent gaiety even which the years had
gradually destroyed. Life in withdrawing from her had taken with it
the disillusionments of life. A smile seemed to be hovering on my
grandmother’s lips. On that funeral couch, death, like a sculptor of
the middle ages, had laid her in the form of a young maiden.

The Guermantes Way, II

Chaloux dit: 4 février 2018 à 1 h 42 min

que je ferai certainement un jour.

Sans commentaire.

Sauf : c’est déjà fait donc Blabla s’en occupe.

Widergänger dit: 4 février 2018 à 1 h 40 min

On peut aller beaucoup plus loin que Y. Tadié. Le chapitre de Stéphane Lojkine sur Proust dans son ouvrage sur la scène romanesque n’en est qu’une excellente introduction. Ce qui est passionnant à étudier, c’est l’articulation de l’inconscient avec les structure narrative. Ça fait très longtemps que l’idée m’est venue à l’esprit à propos de Kafka. Mais il y faudrait beaucoup de temps, dont je ne dispose pas, pour mener ce travail, que je ferai certainement un jour.

Chaloux dit: 4 février 2018 à 1 h 16 min

Oui, réservé, crétin, car cette démarche de réunir l’un et l’autre n’a aucun intérêt si les généalogies ne sont pas constituées.

Chaloux dit: 4 février 2018 à 1 h 00 min

Blabla, ignoble petit en-brenné calomniateur, j’ai évidemment beaucoup lu Tadié mais pas le dernier, le Freud Proust (le Lac inconnu) sur lequel je serais d’ailleurs à l’avance assez réservé…

Quant à traiter les autres de nuls, il faut avoir des munitions pour être crédible et tu n’en as guère…

Widergänger dit: 4 février 2018 à 0 h 50 min

Il n’a même pas lu Tadié, cet âne, alors que c’est la bible en la matière ! C’est vraiment n’importe quoi.

Widergänger dit: 4 février 2018 à 0 h 47 min

Vous êtes des nains, mes pauvres biquets. Vous ne comprenez rien à ce que vous lisez. Christiane a mis en ligne ce qu’il faut savoir pour comprendre le projet de Proust expliqué très bien d’ailleurs par lui-même en toute lucidité : réussir à dire l’inconscient. C’est sa grande ambition, et il y réussit, et en assène la preuve par son œuvre, même si Marc Court y reste coincé. Le grand art comme la grande littérature reste inaccessible aux nains dont vous êtes, mes pauvres chéris. Le génie ne parle qu’aux génies.

Chaloux dit: 4 février 2018 à 0 h 28 min

Christiane, il faut se méfier de ce que dit Proust sur ces thèmes. Pour une raison toute simple, c’est qu’il a cru que ce qui ferait durer son œuvre, c’était les lois psychologiques qu’il avait découvertes. Dominique Mabin, que vous avez lu, montre très bien par quels moyens il a fini par s’installer dans un monde qui n’était plus tout à fait celui de la réalité, ou plutôt dans une réalité presque complètement phagocytée par son roman et les lois de son roman. A cet égard, les lettres au prince de Polignac parues il y a quelques années, sont édifiantes. Il faut lire ce petit volume plusieurs fois pour comprendre de quoi il retourne, et pourquoi pour quelles raisons, qui ne sont pas seulement de mœurs, et peut-être sans tout comprendre, Polignac a brutalement coupé les ponts en en répondant même plus aux lettres de Proust. Il existe aussi une lettre, traitant de la mort de Montesquiou ou Proust semble croire que Montesquiou n’est pas vraiment mort, tout comme il lui arrive parfois de ressusciter étourdiment des personnages défunts. Au milieu de la lettre, il se reprend mais la chose a été dite et semble-t-il sérieusement.
Quant au contenu des pensées inconscientes, de ce qu’il entend par inconscient, il ne faut pas trop vite l’assimiler à ce que la psychanalyse entend par ce mot.
Plus intéressant que de le psychanalyser, (il existe un bouquin qui s’intitule Psychanalyse de Proust, à feuilleter) ou de l’assimiler grossièrement au freudisme, il faudrait savoir comment le monde flottant dans lequel il a semblé passer une grande partie de sa vie s’est constitué, s’il a senti qu’il s’y laissait aller, s’il s’en est défendu, ou s’il l’a constitué volontairement, consciemment.
La recherche n’est pas seulement un grand livre, un grand roman et un monde en soi. Elle est aussi un piège.
(Il faudrait lire le livre de Tadié sur le sujet, ce que je n’ai pas fait).

MC dit: 4 février 2018 à 0 h 15 min

J’aime bien « En assène la preuve ». Ou voyez-vous Proust asséner quoique ce soit? de la transformation des écrivains de génie en bagarre d’hominidés à la massue…

christiane dit: 4 février 2018 à 0 h 06 min

Proust et l’inconscient…
Paru dans le journal « Le Temps », le 13 novembre 1913, cet entretien a ensuite été repris dans quelques journaux en 2013, à l’occasion du centenaire de la publication de Du côté de chez Swann. Il a été republié dans Souvenirs sur Marcel Proust de Robert Dreyfus, « Les Cahiers rouges », Grasset.
http://www.leparisien.fr/magazine/grand-angle/marcel-proust-mon-roman-vient-du-fond-de-moi-meme-23-07-2015-4966661.php

Chaloux dit: 4 février 2018 à 0 h 06 min

Blabla ne connait pas la littérature. Il a très peu lu, même s’il a beaucoup parcouru, surtout sur Internet. Il y a dix ans, il était d’une ignorance crasse. Il a fini par partir pendant deux tellement ça se voyait, il se faisait ramasser toutes les deux minutes, pas seulement par moi, il faudrait par exemple retrouver les commentaires de notre regretté Zhou . Deux années qui ont dû être bien douloureuses…Alors il a élaboré une méthode : reformuler rapidement ce qu’il trouve au petit bonheur d’Internet, être le plus théorique possible pour avoir l’air de dominer le sujet, s’attaquer presque exclusivement à des sujets, généralement hors-sujet, dont il sait que les participants ne savent pas grand-chose et dont il espère qu’ils n’iront pas y voir de trop près. Il fabrique de fausses traductions à partir de Babelfish dans lesquelles il arrive qu’il ne subsiste pas une idée du texte original, nous informe régulièrement de son génie, parle de tout ce qu’il ignore, et entend de la sorte s’égaler à ce qu’il aurait aimé devenir et qu’il n’est pas devenu. Son public est aussi un troupeau de victimes, car il faut à sa grandeur qu’il y ait holocauste.
tout cela, je trouve, n’a que trop duré.

Delaporte dit: 3 février 2018 à 23 h 54 min

Parler de Proust est une chose très délicate, où l’on sent tout de suite l’escroc et le pédant. Evidemment, wgg ne passe pas l’épreuve, fatale pour lui. C’est un sujet-limite qu’il lui faudrait éviter, car il y montre immédiatement son insuffisance. Mais son caquet est plus fort que lui ; il faut qu’il y aille. A ses risques et périls…

Chaloux dit: 3 février 2018 à 23 h 45 min

Oui, Delaporte, j’ai failli lui demander où, mais j’ai renoncé. Assez de sottises pour aujourd’hui…

Chaloux dit: 3 février 2018 à 23 h 44 min

Oui, tu lis tout, tu vois tout, d’ailleurs il n’y a pas de toit jaune dans le Vermeer…

Va dodo, pauvre naze, je ne sais même pas pourquoi je te réponds.

Delaporte dit: 3 février 2018 à 23 h 44 min

« À la fin de l’œuvre Proust retrouve l’art de la conversation propre au XVIIIè siècle où se joue la quête du Moi. » wgg

Quel grotesque court-circuit critique, bien digne de notre ridicule pédant !

Chaloux dit: 3 février 2018 à 23 h 42 min

« face à un homme d’esprit que tu jalouses depuis toujours »

Hurkhurkhurk!

Je me demande surtout comment tu te supportes. A ta place, il y a longtemps que j’aurais mis la tête dans le four.

« Quand on refuse les lois de la civilité comme toi ».
Relis toi, petit por.c, surtout tes insanités toutes récentes à Assouline. S’il ne t’interdit pas, comme il le fait avec boumou, c’est qu’il doit penser que te laisser pour.rir ici le venge…

Widergänger dit: 3 février 2018 à 23 h 38 min

Pourquoi Persée ? Toi qui prétends connaître le bouquin de Anne Henri, que t’as manifestement pas lu, mon pauvre biquet ! C’est à la page 59. Tu vois bien que t’es un fourbe, un ignare prétentieux, une bêêêête…

Chaloux dit: 3 février 2018 à 23 h 37 min

Blabla, où est le livre dans ton survol de reformulations de choses dites par d’autres et que tu vas glaner à la hâte sur Internet. Il n’est nulle part, il n’y a pas de trace de lecture dans ton verbiage. tu es vraiment un mythomane et un nul.

Widergänger dit: 3 février 2018 à 23 h 36 min

De toute façon, mon pauvre chéri, je n’aurai jamais à tes yeux de pauvre fou assez de preuves à mon actif. Quand on refuse les lois de la civilité comme toi, il n’y a pas de discussion possible. T’es simplement imbibé de haine, qui te rend idiot et aveugle, si toutefois tu n’es pas tout simplement un idiot par nature animé par un fort ressentiment du pauvre en esprit face à un homme d’esprit que tu jalouses depuis toujours. C’est sans remède.

Widergänger dit: 3 février 2018 à 23 h 33 min

Là où Anne Henri a raison c’est quand elle dit que son œuvre commence dans une chambre pour finir dans une bibliothèque, passant en somme de l’inconscient au conscient pour aboutir à un Livre d’où émerge l’identité. C’est tout à fait juste, mais à condition d’ajouter aussitôt que l’identité est plus conçue par Proust comme un jeu d’interrelation, comme un entre-jeu, une quête, une interrogation mise en œuvre par le jeu de la conversation de salon que comme une essence qui émergerait de l’inconscient comme elle le prétend. À la fin de l’œuvre Proust retrouve l’art de la conversation propre au XVIIIè siècle où se joue la quête du Moi.

Chaloux dit: 3 février 2018 à 23 h 30 min

Blabla, tu me gonfles, je ne suis pas ton biquet.
Le name dropping n’est pas une preuve de lecture. Et tu n’en donnes guère. Les causeries alambiquées sur la littérature ne remplacent pas la lecture.
Quant à Freud, mieux vaut en effet s’y référer quand on n’a lu ni Freud ni Proust.
Jung, et Groddeck.
Tu es vraiment un nain.

Widergänger dit: 3 février 2018 à 23 h 27 min

Mais justement bien de chez nous ne signifie absolument pas fermé au monde ! C’est ce que tu ne comprends pas, mon pauvre biquet.

La sensibilité de Proust n’est pas allemande comme le veut Anne Henri dans son grand livre sur l’esthétique proustienne. Il a une sensibilité très française au contraire.

Et l’humour proustien est très français aussi, il n’a rien d’allemand par exemple. Rien à voir avec le Witz.

Widergänger dit: 3 février 2018 à 23 h 23 min

On peut rarement le dire des autres écrivains justement. C’est ce qui fait de Proust un écrivain de l’ère de la psychanalyse, sans doute le plus en phase avec Freud, son contemporain, bien davantage que quiconque en son temps.

Et c’est la marque même de la modernité de la littérature héritée de la déconstruction de la rhétorique et des codes de la littérature classique qui bride la Forme par la hiérarchie des discours et les normes du classicisme.

Proust donne raison rétrospectivement à Lacan affirmant que l’inconscient est structuré comme un langage. Proust et toute son œuvre en assène comme la preuve. C’est celui qui est allé le plus loin en ce domaine.

Chaloux dit: 3 février 2018 à 23 h 20 min

Mais, gros c…, je ne fais que répondre à tes étourderies… « un écrivain français, bien de chez nous ». Visiblement, tu aurais été doué pour sélectionner les camemberts.

Chaloux dit: 3 février 2018 à 23 h 18 min

Je ne m’énerve pas, je m’amuse, mais je me demande pourquoi tu t’obstines à parler d’écrivains dont tu ne connais que des résumés fabriqués par des prémacheurs de cours de français.

Widergänger dit: 3 février 2018 à 23 h 17 min

Comme si les écrivains français vivaient en vase clos ! Que de bêtise crasse chez ce malheureux chaloux que la nature n’a pas verni, hélas !

Widergänger dit: 3 février 2018 à 23 h 15 min

Ne t’énerve pas comm ça, mon pauvre chéri, tu ne comprendras jamais un traître mot de mes commentaires, qui te dépassent de cent coudées. T’es juste un pauvre imbécile, un type complètement borné, très limité, c’est sans rémission… Tu ne fais pas le poids.

Chaloux dit: 3 février 2018 à 23 h 14 min

Proust était très ouvert sur la littérature européenne. Sans cette ouverture, il n’y aurait pas de « Recherche ». En un sens, c’est le contraire d’un écrivain français.

Chaloux dit: 3 février 2018 à 23 h 12 min

Widergänger dit: 3 février 2018 à 22 h 28 min

Blabla, tu es malheureux parce que tu es c…, ne cherche pas plus loin, tu ne trouverais rien.

Pour le reste, quel charabia.

1er paragraphe). C’est vrai de beaucoup d’ouvrages écrits à la première personne du singulier et au passé.

2e)L’allusion à l’après-balzac c’est au choix ou un truisme grossier ou une contre-vérité digne du niveau collège. La généalogie littéraire de Proust n’a rien à voir avec ça. la recherche est même anti-balzacienne. Piège des références.

« Elle est bâtie sur une structure de l’inconscient qui informe la forme narrative de l’œuvre »
Joli, mais ça ne veut rien dire. On peut le dire de mille autres écrivains.

Quant au troisième paragraphe, il est tellement dépourvu de sens que je ne commente même pas.

Quoiqu’il en soit, aucune trace d’une lecture véritable. Des banalités, des absurdités érigées en système, de la chantilly à vernis intellectuel. Rien. Nada. Blabla ne connait pas davantage Proust qu’il y a dix ans.

Widergänger dit: 3 février 2018 à 23 h 04 min

Ce qui me fait le plus rire aujourd’hui, c’est le mot « expert ». Heureusement qu’il y a le rire pour nous faire sortir de cette chape de plomb de la bêtise de notre époque.

Widergänger dit: 3 février 2018 à 22 h 59 min

On ne peut pas vraiment le savoir quand on est bête, étant donné qu’on est bête… Mais il est clair que le bonheur et l’intelligence sont incompatibles.

Widergänger dit: 3 février 2018 à 22 h 58 min

Anne Henri est une bonne commentatrice de Proust, mais elle insiste un peu trop sur l’influence du Romantisme allemand sur Proust, qui demeure malgré ce qu’elle en dit, un écrivain bien de chez nous, français jusqu’à la pointe des cheveux, tout juif qu’il soit par ailleurs quand même aussi pour passer ainsi près de 3000 pages à faire du pilpoul mondain…

JAZZI dit: 3 février 2018 à 22 h 52 min

« C’est un profond malheur que d’être intelligent. »

Et c’est un très grand bonheur que d’être bête…

Widergänger dit: 3 février 2018 à 22 h 51 min

Et je comprends très bien la furie de Schopenhauer face à la bêtise de Hegel. Schopenhauer c’est quand même un penseur autrement plus intelligent que Hegel.

Deleuze c’est l’intelligence même, et son livre sur Proust est une merveille même si on peut en contester la démarche comme se l’est permis Paul Ricœur. Mais évidemment la critique de Ricœur n’a rien à voir avec ce qu’en dit ce misérable chaloux, qui ne l’a même pas lu et qui, de toute façon, est bien incapable d’y comprendre quoi que ce soit tellement il est bête.

christiane dit: 3 février 2018 à 22 h 51 min

W.
apaisé ou en furie, j’apprécie ces lignes de vous :
« C’est une œuvre qui est à la fois terminus ad quem dans la mesure où elle est un aboutissement de toute la littérature romanesque depuis Balzac, et son commentaire critique ; mais c’st aussi un terminus a quo dans la mesure où elle est bâtie sur une structure de l’inconscient qui informe la forme narrative de l’œuvre, ce qui en fait une œuvre on ne peut plus moderne et encore aujourd’hui d’avant-garde. « 

Widergänger dit: 3 février 2018 à 22 h 44 min

Sachez que je ne suis JAMAIS apaisé, mais toujours dans un état proche de la furie quand je vois à quel point la bêtise domine le monde…! Rien ne me met plus en furie que la bêtise, parce qu’on demeure impuissant face à la bêtise qui aura toujours forcément le dernier mot. C’est un profond malheur que d’être intelligent.

christiane dit: 3 février 2018 à 22 h 39 min

@Widergänger dit: 3 février 2018 à 22 h 28 min
Comme c’est agréable de vous lire quand vous êtes apaisé. Votre commentaire est passionnant.

Widergänger dit: 3 février 2018 à 22 h 28 min

Les commentaires de Gracq sont insuffisants parce qu’ils ne tiennent pas compte d’un fait qui fait toute l’originalité de l’écriture proustienne, à savoir qu’elle se dispose — et de manière indistincte et quasi fusionnelle — sur deux plans, le plan de la diégèse et le plan du commentaire de la diégèse. Et dès l’incipit : « Longtemps je me suis couché de bonne heure. », ce qui suppose dans un même mouvement que celui qui écrit ça ne se couche plus de bonne heure (le narrateur) pour parler de lui enfant (le personnage). Le « je » est double, à la fois narrateur et personnage à quelques décennies de distance pourtant, miracle également de l’emploi du passé composé qui équivaut à un passé simple et à la répercussion de ce passé lointain dans le temps présent. Si bien que tous les personnages ont aussi l’avenir de la révélation du Temps et de son sens.

C’est une œuvre qui est à la fois terminus ad quem dans la mesure où elle est un aboutissement de toute la littérature romanesque depuis Balzac, et son commentaire critique ; mais c’st aussi un terminus a quo dans la mesure où elle est bâtie sur une structure de l’inconscient qui informe la forme narrative de l’œuvre, ce qui en fait une œuvre on ne peut plus moderne et encore aujourd’hui d’avant-garde.

On peut dire comme Antoine Compagnon que c’est une œuvre entre deux siècles (XIXè-XXè siècles), mais elle peut encore nous servir de guide en ce début du XXIè siècle pour la dernière raison évoquée, le rôle de l’inconscient dans la composition de l’œuvre. C’est une lecture récente de La Recherche, que Stéphane Lojkine a su dégager mais incomplètement, et qui repose dès le début de l’œuvre sur deux espaces, celui de la chambre et celui de la salle à manger où la mère de Marcel reçoit Swann, le cygne mystérieux, qui vaut aussi comme signe. Et on retrouve cette dualité de l’espace travaillé tout au long de l’œuvre dans une dynamique narrative où le mouvement a précisément toute sa place, et notamment le mouvement du petit train où lui apparaît la laitière. Mais le mouvement chez Proust est celui de l’inconscient, chez Stendhal c’est celui du désir.

christiane dit: 3 février 2018 à 22 h 27 min

@Chaloux – 21 h 17
Vous êtes en forme, ce soir, Chaloux. Libre et heureux de partager. Surprenant aussi.
@Zerbinette
Lunettes rouges. Oui. J’aime beaucoup voyager dans son blog. Il prend des risques et c’est bien. Sur Paolo Uccelo, il est grandiose !
http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/
@Witold
Vos interventions sont trop rares. C’est important ce que vous dites.
@ Clopine
vous ne pouvez pas ne pas intervenir sur ce petit pan de mur jaune, sur la Recherche. On vous attend.

Chaloux dit: 3 février 2018 à 21 h 29 min

Witold dit: 3 février 2018 à 20 h 48 min

Cette distinction sur le sens que prend un personnage à cause de la première impression qu’on a de lui est très intéressante. De cette façon, quand j’ai commencé à m’intéresser au cycle de l’Orestie, j’ai lu quelques pages de l’Electre de Giraudoux que j’ai refermée tout aussitôt, pour ne pas polluer le paysage, avec le très fort sentiment qu’il ne fallait pas lire cette pièce.

zerbinette dit: 3 février 2018 à 21 h 22 min

Merci Christiane pour Lunettes Rouges que j’avais délaissé et que je retrouve avec Uccello ! Quel plaisir.

Il va falloir aussi que je relise Proust ; il y a si longtemps… je l’avais réellement découvert grâce à un prof de français de prépa. Mais il y en a tant que je veux relire…

Chaloux dit: 3 février 2018 à 21 h 17 min

Christiane, il y a trente cinq ans que j’en lis, à commencer par le remarquable tombeau égyptien de Anne Henry, (le livre D. Mabin que vous citez est capital)-, articles de revues etc., Compagnon (et ses cours au collège de France, qui renouvellent la lecture Proust, totalement indispensables), les Tadié, évidemment mais pas encore le dernier sur la psychanalyse, celui de Kristeva, pas ce qu’elle a fait de mieux et des tas d’autres qui ne me viennent pas à l’esprit immédiatement, comme les livres Luc Fraisse et d’autres, Henri Bonnet qu’on ne cite plus beaucoup dans les bibliographies mais dont le principal livre –Marcel Proust de 1907 à 1914– reste très intéressant. Et de petits bijoux presque ignorés comme Proust vous écrira de Marie-Odile Beauvais sur la correspondance-, la lecture de cette correspondance est contrairement à ce que Proust a tenté d’affirmer lui-même capitale elle aussi. Beaucoup de témoignages de ses contemporains.

Surtout une lecture de choses qui n’ont rien à voir à priori mais qui fonctionnent par analogie. On continue de penser à lui quand on s’en croit très éloigné.

La méthode du lecteur de Proust est très comparable, je crois, à celle que se forge un écrivain. C’est du même ordre et se fait peu à peu. Pourquoi certaines portes s’ouvrent-elles et d’autres non? C’est un mystère. Mais il faut faire avec celles qui s’ouvrent et prendre le chemin qu’elles permettent d’emprunter…

Cela dit, il serait très amusant d’établir une liste.

christiane dit: 3 février 2018 à 21 h 05 min

@rose dit: 3 février 2018 à 20 h 09 min
Mais oui, Rose, une extrême finesse comme dans les Fra Angelico. Toute une époque… Quelle beauté… mais j’aime aussi m’enfouir dans les œuvres torturées de F.Bacon ou les langueurs de E.Hopper. Cet après-midi, sous la pluie, j’ai fait une pause rue vieille du temple à la Galerie Felli. retrouvé les grandes toiles de Pietropoli. Il peint sur un fond de feuilles d’argent. Dessins d’une sûreté rare, rigueur du détail. Beaucoup de paysages urbains. Ponts métalliques de Manhattan. Lumières atténuées, voilées. Belle atmosphère. Beaucoup de toiles inspirées du Louvre. Des portraits des dames du passé repris à sa façon. Les Palais de Venise. Des fenêtres ouvertes sur un monde immense…

rose dit: 3 février 2018 à 20 h 51 min

Il n’y en a pas d’autre, c’est celui dans lequel il faut vivre.

ben non hein, on peut s’absenter

Chaloux

pourquoi, si ce n’est pas trop indiscret, est ‘elle un modèle de conjugalité alors qu’elle a trompé son mari qui s’est fait tuer à la guerre ?

christiane dit: 3 février 2018 à 20 h 49 min

@Chaloux dit: 3 février 2018 à 20 h 19 min
Je m’y suis intéressée (totalité de l’œuvre), très tardivement, explorant « L’écriture de soi de Saint-Augustin à Proust… ces écrivains qui explorent les comportements et sentiments humains, ce travail du passé en nous.
Ma « Recherche » (Quarto Gallimard), est striée de lignes au crayon où je souligne, j’annote, j’entoure, je place des post-it aux passages remarquables (ils sont si nombreux !) (Combray -Le côté de Guermantes -La Prisonnière – -Albertine disparue – Le temps retrouvé sont mes livres préférés).
J’ai en fin de compte lu peu d’ouvrages critiques sur Proust : Jean-Yves Tadié qui a dirigé l’édition Pléiade , ce Deleuze que nous évoquions , l’auto-dictionnaire de P.Assouline et Le sommeil de Marcel Proust par D.Mabin. Et vous ?

Witold dit: 3 février 2018 à 20 h 48 min

Chaloux dit: 3 février 2018 à 19 h 27 min
Mon amour pour Bethsabée, qui est pour moi le modèle de la conjugalité et que j’ai rencontrée dans la vie (le tableau a précédé la femme, comme souvent l’intuition la précède) n’a jamais faibli, ni dans un cas ni dans l’autre.

>>> Alors, respect, comme disent les jeunes. Peut-être êtes-vous béni. (Et je vous le souhaite.)

Bethsabée, c’est pour moi encore un tableau du Rijks, probablement d’un peintre mineur (mais tous les Flamands du XVIIème sont bons, sauf Rubens). Bethsabée se baigne vaguement au deuxième plan, on devine à peine David l’observant. Au premier plan se trouve l’essentiel: une robe jetée négligemment au bord de l’eau, froissée, tangible, concrète, où se concentre toute la sensualité de la scène.

Cette petite expérience fait que je n’ai pas la même interprétation du personnage biblique.

Chaloux dit: 3 février 2018 à 20 h 40 min

« car ce monde un peu superficiel, qu’il croque ironiquement »

Là, Christiane, je ne suis pas d’accord. Le monde de Proust, et le -grand, et demi- monde qu’il décrit, avec de fréquentes incursions dans celui du peuple par le biais des domestiques et employés d’hôtels, n’est pas superficiel. C’est le monde tel qu’il est, avec sa bêtise, ses bassesses, ses absurdités, ses horreurs, parfois ramassées dans le Journal des Goncourt -qu’il n’a pu lire que dans des versions expurgées mais la famille Daudet a dû le renseigner sur ce point-, chez Baudelaire etc. Il n’y en a pas d’autre, c’est celui dans lequel il faut vivre.

christiane dit: 3 février 2018 à 20 h 19 min

Witold – 19h11
Rijksmuseum… la « ruelle »…
Même émerveillement.
« … que dire qui n’ait déjà été dit ? Je m’en sens bien incapable. La ruelle, outre son éloge des vertus domestiques, frappe par sa composition : chaux blanche qui structure le tableau, volets verts fermés, volet rouge ouvert à droite, porte noire à gauche où on devine une ombre blanche, cadrage de la maison à pignons formel plus que descriptif, et nuages moutonneux au fond; mais, dans ce décor si précis, les personnages ne sont que des ébauches. » ( 06 décembre 2012, par Lunettes Rouges, sous le titre « Vermeer, et d’autres… »)

Chaloux dit: 3 février 2018 à 20 h 19 min

@Christiane.
On lit toujours Proust (c’est vrai de tous les écrivains, mais plus ils sont complexes plus c’est vrai, et c’est terriblement vrai en ce qui le concerne) d’où l’on est, et d’où l’on vient. Chez lui tout compte. Vous a-t-il été transmis (c’est mon cas), êtes-vous allé seul(e) vers lui, à quel âge etc.
Je vous avouerais que certaines lectures de Proust me semblent inutiles et même rébarbatives, comme celle de Deleuze, et comme souvent les textes de Deleuze portant sur la littérature -à propos d’Apocalypse de Lawrence, par exemple. N’y revenons pas, je n’y peux rien et vous non plus. Il se peut qu’une lecture campagnarde de Proust, d’un Proust aux champs, en quelque sorte, ait pour vous quelque chose de rebutant.

Paul Edel dit: 3 février 2018 à 20 h 11 min

Sur « l’absence d’avenir des personnages » de Proust, reproché par Gracq , je trouve que c’est un argument de façade;il est gonflé Gracq ! et ouvre une « fausse fenêtre » habile.. mais c’est un argument non recevable, le monde de proust est affectivement, géographiquement, socialement merveilleusement dessiné , limité , historicisé,cadré mais quelle plongée verticale en nous, le lecteur.. son frère et ce monde interieur dont il décrit toutes les connexions et dont il analyse les ramifications de notre mémoire et de nos sens, ce monde qu’il elucide et pénètre avec une telle virtuosité dans les nuances , avec une telle puissance qu’il touche à notre univers intérieur personnel, ses lois e t ses maladies (la jalousie par exemple), et il nous radiographie, nous, son lecteur.. outre, évidemment,il,nous offre sa description d’un monde (balzacien) d’une aristocratie finissante.

d’une generation à l autre .immense puissance spirituelle proustienne ut d’avoir trouvé autabnt de correspondances et d’avoir réussi à dégager l’essence de nos sensations, une vie autre,douvble, une vie seconde, qui nous touche tant et qui là, nous ouvre à une réalité spirituelle autre et qui traverse le Temps comme une flèche….Gracq,ici, triche,dans son reproche.

rose dit: 3 février 2018 à 20 h 11 min

Giono est aussi quelqu’un qui travaille énormément en amont, recherches historiques, notes prises, griffonnées, corrigées

rose dit: 3 février 2018 à 20 h 09 min

christiane
la dimension de la toile est minuscule : c’est un travail d’une finesse inouïe et comme l’enfant est petit dans les bras de sa mère

JAZZI dit: 3 février 2018 à 20 h 07 min

Le pan de mur jaune est un prétexte, Proust parle de son art d’écrire, qui ne manque pas de couches et surcouches, par opposition au style du grand écrivain Bergotte, dont Anatole France est une clé, entre autres, du personnage. Un plaidoyer pro domo.

christiane dit: 3 février 2018 à 20 h 07 min

@rose dit: 3 février 2018 à 19 h 46 min
Oui, ces pigments d’origine terreuse qui étaient travaillés à l’époque avec de l’œuf, des graisses, de l’eau, de la cire…

Chaloux dit: 3 février 2018 à 20 h 03 min

Pour Gracq, un livre qu’on écrit est un pur-sang dont on se doit de tenir les rênes jusqu’au bout, au risque si on relâche un instant son effort d’une chute définitive –Les Terres du Couchant-. Pas de travail préparatoire, pas de plan, pas de scénario, et si je comprends bien, assez peu de brouillons. Le texte doit être coulé presque d’une traite, comme on travaille un métal en fusion -même si Gracq a écrit Le Rivage sur quatre années presque uniquement pendant ses vacances d’été-. C’est aussi la méthode de Michon, d’après ce qu’il explique, peut-être dans Le roi vient quand il veut – là ou ailleurs-, celle de Bergougnoux, etc. En somme, c’est l’anti-Flaubert, accablé de textes préparatoires, notes, scénarios, plans, croyant qu’il sera achevé par un chapitre, l’anti-Tournier, etc. Encore que Biasi montre que souvent, après avoir torturé une phrase, Flaubert revient à celle qu’il avait d’abord notée dans son carnet.
Je trouve ces questions de composition très intéressantes, en ce qu’elle posent le problème de la trop fameuse spontanéité. N’y a-t-il pas au fond autant de cette spontanéité dans un travail acharné, dans le retour mille et une fois sur le même paragraphe, sur la même phrase, sur le même mot, que dans la méthode hallucinée de l’écrivain dompteur de fauves?
Je crois bien que si. Mille spontanéités au lieu d’une.

christiane dit: 3 février 2018 à 20 h 02 min

@rose dit: 3 février 2018 à 19 h 56 min
Ce tableau m’a toujours étonnée. Comme cette Vierge (splendide) est à l’étroit dans cette cathédrale. Il fallait oser cette disproportion ! Elle en devient symbolique.

christiane dit: 3 février 2018 à 19 h 57 min

@JAZZI dit: 3 février 2018 à 19 h 49 min
C’est exactement la page que lit François Bon (lien offert par Chaloux) avec en prime les pages manuscrites de Proust.

christiane dit: 3 février 2018 à 19 h 54 min

@Chaloux dit: 3 février 2018 à 19 h 42 min
Oui, Chaloux, c’est certainement pour cette raison qu’il y a eu cet accrochage regrettable avec Clopine l’autre jour. Elle aime tant cet écrivain et cette « Recherche ». Je suis venue à Proust beaucoup plus tard. J’ai dû m’habituer à une écriture qui m’a perturbée, énervée, lassée puis, beaucoup plus tard, fascinée. Mais c’est philosophiquement, psychologiquement qu’elle m’a ouvert des pistes de réflexion car ce monde un peu superficiel, qu’il croque ironiquement, il m’a fallu le traverser (avec difficulté) pour arriver aux sortilèges de l’amour, du désir, de la jalousie, du regret puis comme vous le dites, de la mise à mort des marionnettes aux cheveux blancs.
Alors oui, on revient aux premières pages dans l’enfance : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure… »

JAZZI dit: 3 février 2018 à 19 h 49 min

Oubliez un peu les commentaires et autres analyses et revenez au texte originel !

« De quelle façon allons-nous nous endormir ? Et une fois que nous le serons, par quels chemins étranges, sur quelles cimes, dans quels gouffres inexplorés le maître tout-puissant nous conduira-t-il ? Quel groupement nouveau de sensations allons-nous connaître dans ce voyage ? Nous mènera-t-il au malaise ? A la béatitude ? A la mort ? Celle de Bergotte survint le lendemain de ce jour-là où il s’était ainsi confié à un de ses amis (ami, ennemi ?) trop puissant. Il mourut dans les circonstances suivantes : Une crise d’urémie assez légère était cause qu’on lui avait prescrit le repos. Mais un critique ayant écrit que dans la Vue de Delft de Ver Meer (prêté par le musée de La Haye pour une exposition hollandaise), tableau qu’il adorait et croyait connaître très bien, un petit pan de mur jaune (qu’il ne se rappelait pas) était si bien peint qu’il était, si on le regardait seul, comme une précieuse œuvre d’art chinoise, d’une beauté qui se suffisait à elle-même, Bergotte mangea quelques pommes de terre, sortit et entra à l’exposition. Dès les premières marches qu’il eut à gravir, il fut pris d’étourdissements. Il passa devant plusieurs tableaux et eut l’impression de la sécheresse et de l’inutilité d’un art si factice, et qui ne valait pas les courants d’air et le soleil d’un palazzo de Venise ou d’une simple maison au bord de la mer. Enfin il fut devant le Ver Meer, qu’il se rappelait plus éclatant, plus différent de tout ce qu’il connaissait, mais où, grâce à l’article du critique, il remarqua pour la première fois des petits personnages en bleu, que le sable était rose, et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune. Ses étourdissements augmentaient ; il attachait son regard, comme un enfant à un papillon jaune qu’il veut saisir, au précieux petit pan de mur. « C’est ainsi que j’aurais dû écrire, disait-il. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit pan de mur jaune. » Cependant la gravité de ses étourdissements ne lui échappait pas. Dans une céleste balance lui apparaissait, chargeant l’un des plateaux, sa propre vie, tandis que l’autre contenait le petit pan de mur si bien peint en jaune. Il sentait qu’il avait imprudemment donné la première pour le second. « Je ne voudrais pourtant pas, se dit-il, être pour les journaux du soir le fait divers de cette exposition. »
Il se répétait : « Petit pan de mur jaune avec un auvent, petit pan de mur jaune. » Cependant il s’abattit sur un canapé circulaire ; aussi brusquement il cessa de penser que sa vie était en jeu et, revenant à l’optimisme, se dit : « C’est une simple indigestion que m’ont donnée ces pommes de terre pas assez cuites, ce n’est rien. » Un nouveau coup l’abattit, il roula du canapé par terre, où accoururent tous les visiteurs et gardiens. Il était mort. Mort à jamais ? Qui peut le dire ? Certes, les expériences spirites pas plus que les dogmes religieux, n’apportent de preuves que l’âme subsiste. Ce qu’on peut dire, c’est que tout se passe dans notre vie comme si nous y entrions avec le faix d’obligations contractées dans une vie antérieure ; il n’y a aucune raison dans nos conditions de vie sur cette terre pour que nous nous croyions obligés à faire le bien, à être délicats, même à être polis, ni pour l’artiste athée à ce qu’il se croit obligé de recommencer vingt fois un morceau dont l’admiration qu’il excitera importera peu à son corps mangé par les vers, comme le pan de mur jaune que peignit un artiste à jamais inconnu, à peine identifié sous le nom de Ver Meer. Toutes ces obligations, qui n’ont pas leur sanction dans la vie présente, semblent appartenir à un monde différent, fondé sur la bonté, le scrupule, le sacrifice, un monde entièrement différent de celui-ci, et dont nous sortons pour naître à cette terre, avant peut-être d’y retourner revivre sous l’empire de ces lois inconnues auxquelles nous avons obéi parce que nous en portions l’enseignement en nous, sans savoir qui les y avait tracées – ces lois dont tout travail profond de l’intelligence nous rapproche et qui sont invisibles seulement – et encore ! – pour les sots. De sorte que l’idée que Bergotte n’était pas mort à jamais est sans invraisemblance.
On l’enterra, mais toute la nuit funèbre, aux vitrines éclairées, ses livres, disposés trois par trois, veillaient comme des anges aux ailes éployées et semblaient, pour celui qui n’était plus, le symbole de sa résurrection. »
(« La Prisonnière »)

christiane dit: 3 février 2018 à 19 h 44 min

@Paul Edel dit: 3 février 2018 à 19 h 25 min
Cette succession de jugements contradictoires montre à quel point l’écriture de ces deux romanciers pouvait être non superposable.
Pour le lecteur qui n’a ni votre recul ni cette connaissance intime de tant de livres, il y a une position de sauvegarde : s’adonner à la lecture de l’un ou de l’autre en des temps différents. Deux voyages si différents…

Chaloux dit: 3 février 2018 à 19 h 42 min

Christiane, je suis persuadé qu’on ne fait guère que commencer à lire Proust. Certainement parce qu’il a trouvé une sorte de cryptage qui fait que son livre ne se développe dans le temps qu’avec la plus extrême lenteur. Quand je compare ma lecture, ou plutôt mon embryon de lecture, avec celle que faisaient les gens qui, il y a plus de trente-cinq ans, m’ont incité à le lire (nés vers 1910), ça n’a plus rien à voir. Le roman entre temps est devenu un monde, un univers en expansion.

rose dit: 3 février 2018 à 19 h 41 min

Chaloux dit: 3 février 2018 à 16 h 11 min

impossible de manger des pommes de terre pas assez cuites ; c’est lourd à digérer. Du riz blanc, un tout petit filet d’huile d’olive, deux miettes de parmesan, si possible coupé plutôt que rapé, mon petit frichti de D. cuit : ne sais si sera bon, comme françois, mais sent bon en tout cas.

ou bien fromage blanc câlin avec miel, du doux pour vous.

christiane dit: 3 février 2018 à 19 h 34 min

@Chaloux dit: 3 février 2018 à 19 h 19 min
Vous êtes étonnant. Je n’avais jamais songé à cela. Un dépouillement extrême…
Comme dans ces toutes dernières pages du « Temps retrouvé » quand il écrit : « L’esprit a ses paysages dont la contemplation ne lui est laissée qu’un temps. J’avais vécu comme un peintre montant un chemin qui surplombe un lac dont un rideau de rochers et d’arbres lui cache la vue. Par une brèche il l’aperçoit, il l’a tout entier devant lui, il prend ses pinceaux. Mais déjà vient la nuit où l’on ne peut plus peindre, et sur laquelle le jour ne se relèvera pas. »

Chaloux dit: 3 février 2018 à 19 h 33 min

Sur l’absence d’avenir des personnages de Proust, rien n’est plus juste que le jugement de Gracq. Mais comment pourraient-ils avoir un avenir alors qu’ils sont dès la première ligne rejetés dans le temps perdu et que leur seule perspective est d’être ressuscités dans un livre pour y être finalement détruits un par un? Car c’est aussi de cela qu’il s’agit.

Chaloux dit: 3 février 2018 à 19 h 27 min

Witold dit: 3 février 2018 à 19 h 11 min

J’avais dix-sept ou dix-huit ans, visite au Louvre, et découverte de Rembrandt qui se trouvait alors dans de petites salles contigües à la grande galerie.
Mon amour pour Bethsabée, qui est pour moi le modèle de la conjugalité et que j’ai rencontrée dans la vie (le tableau a précédé la femme, comme souvent l’intuition la précède) n’a jamais faibli, ni dans un cas ni dans l’autre.

Paul Edel dit: 3 février 2018 à 19 h 25 min

Julien Gracq, admirable paysagiste, avait une conception si hautaine de la littérature qu’il s’est montré réticent, instable, embarrassé et fasciné, corrigeant sans cesse son jugement, au fil des années envers Proust. Il résume sa position en constatant que c’est un »terminus » du roman du XIX° siècle. On peut en discuter..Proust lui n’a pas refusé le Goncourt, comme Gracq. Ce dernier écrit en 1980 : « « Encore » la Recherche du temps perdu « que je viens de terminer. Un prurit ininterrompu de prolongement, de développement, de discussion, de contradiction, de commentaire enfièvre cette lecture de Proust(..) Mais Proust maintient en fait pendant 15 tomes la matière littéraire qu’il brasse et malaxe dans un état critique et instable de surfusion :une pincée ajoutée au mélange et l’élément romanesque se libère comme une débâcle, le récit commence à couler ; une goutte d’eau froide et tout caille et se fige pour l’investigation de l’observateur. »
Plus loin dans « en lisant en écrivant » on saisit son indécision, sa balance et sa perplexité : »
Je n’ ergote en rien sur l’admiration que je porte comme tout le monde à « la Recherche du temps perdu » , si je remarque que la précision miraculeuse du souvenir, qui de partout afflue pour animer ses personnages, leur donne le rendu du détail vrai avec lequel aucune imagination ne peut rivaliser, les prive en même temps d’un tremblement d’avenir, de cette élévation vers l’éventuel qui est une des cimes les plus rares de l’accomplissement romanesque, et dont je trouvais encore récemment en le relisant une illustration admirable dans une scène du « Sang noir » de Louis Guilloux(..).
Enfin il constate ceci,en 1992, qui reste étonnant : » » La seule chose que Proust ignore c’est le mouvement ; et en ce sens il est l’antipode de Stendhal qui EST mouvement, et qui n’a presque besoin de rien d’autre. »

christiane dit: 3 février 2018 à 19 h 24 min

@Chaloux dit: 3 février 2018 à 16 h 11 min
Belle lecture de François Bon avec ce rapport au tableau incessant.
Cet auvent est effectivement un indice même s’il est vrai que Vermeer a peint plusieurs vues de Delft, ses rues, ses murs. Dans la peinture classique de ce siècle, les touches de lumière (blanc – jaune citron…) étaient posées en dernier sur la toile après tout le travail de superposition des ocres, des bruns, des Sienne-terre brûlée… En approchant de ces œuvres c’est souvent ces éclats de lumière qui attirent l’œil.
W. a raison, également – mais comme d’habitude, sur un ton agressif – c’est tout le travail d’écriture de Proust qui se dévoile en ces lignes, ses ratures, ses ajouts (bandelettes) jusqu’à la touche finale.
Parfois, je rêve d’une association positive de vos commentaires en Terre d’utopie…

Chaloux dit: 3 février 2018 à 19 h 19 min

Assez curieux, Christiane, car si la mort de Bergotte semble une réminiscence du malaise de Proust visitant avec Vaudoyer l’exposition Vermeer, ce n’en est pas moins le moment où le narrateur voue Bergotte à l’oubli en démontrant qu’il n’a jamais pénétré dans le saint des saints de la littérature, un style né d’une vision. Étrange dédoublement qui serait à creuser, comme si le narrateur à travers Bergotte condamnait le jeune Marcel, auteur des Plaisirs et les jours, qui n’avait pas encore compris (cas peut-être plus répandu qu’on ne pourrait croire, la correspondance sait déjà tout mais pas l’œuvre, les deux ne cheminent pas au même rythme). Feindre de tuer un vieillard pour tuer un jeune homme…
Mais tout cela est peut-être moins étonnant qu’on ne pourrait croire. Il y a chez Proust presque l’équivalent d’une conversion comme chez les grands saints chrétiens, c’est à dire un retournement complet de l’être. Ou du moins, c’est un processus qui semble avoir compté pour lui. Il m’a toujours fait un peu penser à François d’Assise.

Ed dit: 3 février 2018 à 19 h 19 min

Grand exemple de l’architecture nazie qui vous glace le sang et de laquelle il vous est impossible de détourner le regard : Tempelhof à Berlin.

Witold dit: 3 février 2018 à 19 h 11 min

« Chaloux dit: 3 février 2018 à 12 h 14 min
Gracq avouait détester que soit évoquée une œuvre artistique existante dans un roman ou une nouvelle, au prétexte que cette référence y introduit un autre monde, déchire le tissu de la fiction (à peu près cela).  »

Et on peut bien lui donner raison, tant abondent les écrivains qui pensent pallier leur manque d’art par un amas de références (littéraires, historiques, musicales, etc.). D’ailleurs, à la première page du balcon en forêt, on apprend que l’aspirant Grange est un « grand lecteur » d’Edgar Poe, information dont on se passerait bien et qui, pour moi, gâche un incipit mémorable.

Cette vue que je n’ai jamais vue, n’ayant jamais mis le pied à Delft ni à La Haye, me renvoie à un autre Vermeer. À Amsterdam, j’étais entré, à vingt ans, au Rijksmuseum, un peu par hasard, le but de mon voyage étant principalement de passer un week-end à fumer des joints avec un pote. Je n’avais aucune idée de ce que j’allais voir, je ne m’attendais à rien. Au bout de plus de deux heures de visite déjà fort plaisante, je débouche sur une salle où un tableau me scotche; c’était la « ruelle », ce petit décor urbain de rien du tout, apparemment simple, mais qui avait une couleur, une lumière, quelque chose de différent de tout ce que j’avais vu dans ce musée ou partout ailleurs. Ils ont été en fin de compte assez rares dans ma vie, les tableaux auxquels je dois de telles émotions. Je donnerais cher pour être à nouveau ainsi bouleversé par une oeuvre d’art, un livre, ou même un être humain.

christiane dit: 3 février 2018 à 19 h 04 min

@Chaloux dit: 3 février 2018 à 12 h 14 min
oui, Chaloux, si Bergotte apparait dans « Un amour de Swann », c’est dans la prisonnière que ce passage bouleverse la lecture de la Recherche. Sa mort. Il se retrouve, chancelant devant le Vermeer. Mais au-delà du personnage, c’est Proust qui m’apparait et son attachement pour ce tableau.

Chaloux dit: 3 février 2018 à 19 h 01 min

Une demi-heure, au moins, durant laquelle Blabla va fermer son gros cla-pet d’ignare verbeux. Du moins, il est permis de l’espérer.

vedo dit: 3 février 2018 à 18 h 52 min

A propos du palais de Chaillot, (JAZZI 3 février 2018 à 17 h 59 min), il m’a toujours semblé être le seul vestige de l’architecture nazi que prévoyait Speer, surtout illuminé le soir, où en clignant un peu des yeux, on peut presque apercevoir dans la pénombre un aigle au sommet de chaque pavillon.

Chaloux dit: 3 février 2018 à 18 h 52 min

La raison du petit pan de mur comme preuve pour le narrateur que Bergotte n’a pas compris ce qu’est le style, qui est le résultat de la vision de l’écrivain et non un problème de technique d’atelier, (sécheresse des derniers livres, opposée dans les dernières pensées de Bergotte à un nombre plus grand de couches de couleur permettant un rendu plus précieux) est une autre question.

TRUOMPEU dit: 3 février 2018 à 18 h 45 min

PAN de mur jaune….

« Il en est toujours ainsi chez Proust, et c’est sa conception tout à fait nouvelle ou moderne de la réminiscence ; ‘une chaîne associative hétéroclite n’est unifiée que pas un point de vue créateur, qui joue lui-même la rôle de partie hétéroclite dans l’ensemble’. Tel est le procédé qui garantit la pureté de la rencontre ou du hasard, et qui refoule l’intelligence,* l’empêchant de venir en avant. On chercherait en vain chez Proust les platitudes sur l’oeuvre d’art comme totalité organique… Même le tableau de Ver Meer ne vaut pas comme Tout, mais par le petit pan de mur jaune planté là comme un fragment d’un autre monde encore… »
Gilles Deleuze, Proust et les Signes, p 138

* ‘l’intelligence’ c’est le processus de dépassement du sensible, de la marche vers la raison et au-delà même, présent chez Platon. Proust creuse en somme ce sensible qu’on croît être le « réel » romanesque pour y rechercher sa vraie origine. Mais de là à la trouver…

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En tout cas; depuis 1964, on n’a jamais fait mieux pour essayer de comprendre le mystère Proust. Deleuze n’était peut-être pas un ‘génie’ philo historique, mais c’était un très grand prof

Sergio dit: 3 février 2018 à 18 h 45 min

« théorie proustienne de la phrase-type, selon laquelle l’artiste crée une seule œuvre d’une facture originale et distinctive, dont toutes les autres ne sont qu’imitation ou variation, car bon nombre de tableaux de Vermeer montrent un pan de mur ensoleillé en arrière-plan. » »

Oui, c’est très compréhensible. Cela explique bien l’affaire.

Chaloux dit: 3 février 2018 à 18 h 35 min

Widergänger dit: 3 février 2018 à 16 h 33 mi
Et le plus drôle, c’est que cette buse de chaloux voit un toit là où le texte parle effectivement d’un mur et où Fr. Bon nous montre un mur et non un toit… Il est déjà à Sainte-Anne, le pauvre !

« La phrase petit pan de mur jaune avec un auventa divisé les critiques ; certains estiment qu’il s’agit d’une partie du mur de la ville en briques à l’extrême droite du tableau, d’autres croient que Proust a pris une toiture en pente avec une lucarne pour un pan de mur. Comme ce petit toit, d’un jaune éclatant, qui attire l’attention, est le point de mire du tableau, cette dernière hypothèse parait vraisemblable. En tout cas, le petit pan de mur jaune est l’exemple de la théorie proustienne de la phrase-type, selon laquelle l’artiste crée une seule œuvre d’une facture originale et distinctive, dont toutes les autres ne sont qu’imitation ou variation, car bon nombre de tableaux de Vermeer montrent un pan de mur ensoleillé en arrière-plan. »
E. Eells, Dictionnaire Marcel Proust, Honoré Champion, p. 1037, article Vermeer.

Delaporte dit: 3 février 2018 à 18 h 25 min

« Mais le « pan de mur jaune » chez Proust n’a qu’un rapport lointain avec celui de Vermeer,… »

Bien sûr que le petit pan de mur jaune est chez Proust celui de Vermeer. Seulement, Proust développe ses idées et son interprétation jusqu’au bout, quitte à en faire un pur objet littéraire. wgg, avec ses gros sabots théoriques de prof raté, n’a pas compris cela, qui est pourtant basique.

Widergänger dit: 3 février 2018 à 18 h 16 min

Mais le « pan de mur jaune » chez Proust n’a qu’un rapport lointain avec celui de Vermeer, dont le nom n’est là que pour justifier un développement à part d’une défense et illustration de sa poétique. Mais vous n’êtes pas assez intelligent pour le comprendre et vous êtes victime de l’illusion naturaliste qui a toujours besoin de l’illusion de la mimesis pour accorder une valeur à la littérature, alors que Proust, dans cette sorte de manifeste illustré de sa manière, en prend le contre-pied. Vous ne comprendrez jamais rien à Proust, mes pauvres enfants.

de nota dit: 3 février 2018 à 18 h 12 min

j’ouvre au hasard le Journal de Richard Millet ( 1971-1994, éditions Léo Scheer)qui est arrivé aujourd’hui à la librairie:

« Relisant les Frères Karamazov, il me faut bien de l’imagination pour oser me croire encore écrivain »

Sergio dit: 3 février 2018 à 18 h 09 min

zerbinette dit: 3 février 2018 à 17 h 57 min
le lien que j’ai posté
3 février 2018 à 17 h 14 min

il y a trois « pans » qui pourraient correspondre…

Oui. Du coup cela complique, et simplifie tout ! Avec Proust il y a généralement trois solutions…

christiane dit: 3 février 2018 à 18 h 03 min

Zerbinette,
cet article est excellent. Je n’aime pas du tout ces sculptures monumentales de Jeff Koons dont il impose la présence, le lieu et les frais d’installation. Après Versailles, l’esplanade du Trocadéro ! Quant au « cadeau », il ne l’a pas « offert », ce sont des mécènes privés, franco-américains qui financent ce cadeau tout en obtenant en contrepartie des déductions fiscales !!!
Un bouquet de tulipes, ou un champ de tulipes c’est tellement plus frémissant et fragile. Les fleurs meurent après nous avoir offert un éblouissement éphémère et vouloir les figer dans cette gonflette métallique de douze mètres, aux couleurs criardes, c’est peut-être ignorer leur grâce fragile.

zerbinette dit: 3 février 2018 à 18 h 02 min

« j’ai beau habiter aux portes des Pays-Bas, je n’ai jamais mis les pieds dans ce pays qui ne m’attire pas du tout. »

Ed, il faut y aller rien que pour les musées ! Oh et puis aussi les canaux, et puis aussi les façades des maisons….
Oh et les tulipes !
J’ai fait un voyage en logeant chez les habitants, ils étaient tous charmants et avec l’allemand on se débrouille très bien.

JAZZI dit: 3 février 2018 à 17 h 59 min

« Le palais de Chaillot est un témoignage de l’art mussolinien à la française.
Je me rappelle mon effroi, à dix ans, quand on me mena « visiter l’Exposition » (celle de 1937), de découvrir, se faisant face en bas de la colline, parallèles à la Seine, les deux pavillons de l’URSS et de l’Allemagne nazie. Affrontement si évident, parades idéologiques, provocation si explicite qu’on ne pouvait, mesurant tant de haine, penser qu’à la guerre et à la mort. Tout était d’ailleurs prévu : non loin de là s’était faufilé un discret pavillon de la Défense passive. »
(François Nourissier in « A défaut de génie », éditions Gallimard, 2000.)

zerbinette dit: 3 février 2018 à 17 h 57 min

Sergio, regardez le lien que j’ai posté
3 février 2018 à 17 h 14 min

il y a trois « pans » qui pourraient correspondre…

Sergio dit: 3 février 2018 à 17 h 52 min

On dirait vraiment un toit, mais pourquoi donc aucune doc (toutes font allusion à Proust) ne clarifie-t-elle la situation ?

Ed dit: 3 février 2018 à 17 h 51 min

D’ailleurs j’ai beau habiter aux portes des Pays-Bas, je n’ai jamais mis les pieds dans ce pays qui ne m’attire pas du tout.

Chaloux dit: 3 février 2018 à 17 h 42 min

Laissons cela, pauvre Blabla, je n’ai nul besoin de la considération d’une é.pave dans ton genre. Ce serait pour moi un meuble inutile.

Widergänger dit: 3 février 2018 à 17 h 36 min

Ne me comparez pas avec cet abruti de chaloux. Je n’ai rien à voir avec un tel personnage pour qui je n’ai que le plus profond mépris.

JAZZI dit: 3 février 2018 à 17 h 33 min

“Si on a peur de se faire insulter, on ne fait rien”

Aucune crainte à avoir pour Chaloux et WGG, ils se sont vaccinés l’un l’autre !

JAZZI dit: 3 février 2018 à 17 h 15 min

« elle va pas survivre bien longtemps, la mythique libraire »

Raison pour laquelle il faut absolument qu’Ed voit çà, Bloom : une librairie-maison-musée unique en son genre, avec ses banquettes, son chat, le piano et la chambre d’amis de passage !

Frantz dit: 3 février 2018 à 17 h 14 min

Ed, si vous allez au Louvre pour voir la  » Vue de Delft  » de Vermeer, vous serez déçue. Le tableau est au Maurishuis à La Haye.

Chaloux dit: 3 février 2018 à 17 h 06 min

2)
Blabla, je ne sais pas si j’inonde, mais tes tsunamis de c… comment fais-tu pour ne pas t’apercevoir que la plupart des gens d’ici en ont ras la casquette? C’est ton seul mystère. Les ratés hys.tériques dans ton genre n’en ont généralement pas d’autre.

Widergänger dit: 3 février 2018 à 17 h 05 min

Moi, j’en ai vraiment rien à cirer de tes idioties. Tu peux inonder ce blog de tes idioties, ça me laisse totalement indifférent.

Chaloux dit: 3 février 2018 à 17 h 05 min

Blabla, je ne sais pas si j’inonde, mais tes tsunamis de connerie comment fais-tu pour ne pas t’apercevoir que la plupart des gens d’ici en ont ras la casquette? C’est ton seul mystère. Les ratés hystériques dans ton genre n’en ont généralement pas d’autre.

Widergänger dit: 3 février 2018 à 16 h 59 min

Mais mon pauvre choux, tu inondes de tes idioties le blog de tes âneries depuis des jours ! Dès que quelqu’un s’y oppose, tu crois que c’est moi, c’est dire ta paranoïa de plébéien du livre.

Chaloux dit: 3 février 2018 à 16 h 43 min

Pour le reste, manuscrits, littérature, généalogie etc. on sait ce que vaut ta parole. Je n’y miserais pas un kopeck.
Le fait que tu apparaisses, comme Thomas de dessous le lit, quelques minutes après ma réponse est donc un effet du divin hasard.

Chaloux dit: 3 février 2018 à 16 h 39 min

Pauvre Blabla, ce n’était pas mon sujet. L’opposition narrateur-Bergotte n’était pas mon sujet. Et c’est une scie. Décidément, tu es mort à jamais. On peut le dire.

Widergänger dit: 3 février 2018 à 16 h 38 min

Je ne suis pas à l’affût du tout ! C’est un pur hasard, ce pauvre chaloux est paranoïaque en plus…

Chaloux dit: 3 février 2018 à 16 h 36 min

Non, ce n’est pas toi, Blabla, mais on peut dire que quoique jouant les absents tu es à l’affut! Ce qui rend ton déni assez suspect. Mais j’ai toujours pensé que tu es avant tout un suspect!

Hurkhurkhurk!

Widergänger dit: 3 février 2018 à 16 h 33 min

Et le plus drôle, c’est que cette buse de chaloux voit un toit là où le texte parle effectivement d’un mur et où Fr. Bon nous montre un mur et non un toit… Il est déjà à Sainte-Anne, le pauvre !

Ce pauvre chaloux n’a pas compris qu’à travers ce mur jaune, Proust nous parle de sa poétique qui accorde une place centrale au langage, ce que dénonce précisément Maurras, l’antimoderne, dans un des textes en ligne qu’on peut lire sur Valéry. Bergotte c’est celui qui n’a pas su comprendre l’importance du langage dans la littérature, c’est l’anti-Proust.

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