de Pierre Assouline

en savoir plus

La République Des Livres par Pierre Assouline
Le bon goût d’un faux guide

Le bon goût d’un faux guide

Nul doute que l’on peut très bien voyager sans guide. Ce serait même recommandé. Rien prévoir, rien anticiper, pas même le gîte et le couvert, et pourquoi pas. Question de tempérament. Encore que certains ont l’art et la manière d’organiser l’inattendu. Adresses, conseils, contexte etc : la plupart des guides de voyages se ressemblent ; seule la cible visée fait vraiment la différence, selon les moyens supposés du voyageur, et les exigences qui en découlent. Mais s’il en est qui prend ses distances, c’est bien celui qui paraît dans la collection « Le goût de… » dans la collection de poche à bas prix Le Petit Mercure. D’abord parce qu’il se glisse vraiment dans la poche et n’encombre pas ; ensuite parce qu’il ne se présente pas comme un guide de voyage ; enfin parce que sa formule est vraiment originale.

Avec plus d’une centaine de titres au catalogue, elle a largement fait ses preuves. Un auteur, le plus souvent un écrivain ou un journaliste, y constitue une anthologie de textes littéraires autour d’une ville. De quoi donner le goût de s’y rendre, de s’y retrouver et de s’y perdre sur les pas de ceux qui nous y ont précédés avant d’en chanter la louange. Pour des raisons de droits, l’extrait est bref (deux petites pages en moyenne) et précédé d’une utile introduction, parfois assez ancien pour être tombé dans le domaine public, souvent issu du catalogue Gallimard (groupe auquel appartient le Mercure de France) ce qui n’empêche pas à chaque fois la présence d’auteurs contemporains et de traductions récentes de toutes origines.

Un exemple parmi d’autres, choisi presque au hasard puisqu’il s’agit du Goût de Grenade (140 pages, 6,80 euros, Le petit Mercure) que j’ai eu récemment l’occasion de mettre à l’épreuve sur le terrain. L’écrivain Gérard de Cortanze, à qui l’éditeur a confié le soin du florilège, ancre dès sa préface sa familiarité avec la ville en puisant dans ses souvenirs de jeunesse et dans ce qu’il en reste une fois effectué le travail de décantation. Sa Grenade baigne dans la nostalgie et la solitude. C’est un point de vue. Tous chantent la Grenade des palais nasrides, les patios rafraîchissants, les pentes de l’Albaicin, les tristes échos assourdis du cante jondo, au pied de la Sierra-Nevada. Mais s’il y a une chose que la mémoire du temps est impuissante à restituer, c’est bien la lumière de Grenade, et pour cause. alhambra

On peut lire Grenade d’une regard romantique. Mais il n’y a pas que la chute de Boabdil. Les quartiers, à commencer celui qui fut le leur avant de revenir le Realejo, sont pleins de juifs qui ne sont plus là. Un comble quand on sait qu’ils étaient établis entre ces murs depuis la période l’exil babylonien (VIème siècle av JC). Ils ont été eux aussi l’orgueil de la ville à tel point qu’elle fut appelée Garnata al yahud ou Granada de los judios. Non seulement il n’en reste plus rien, plus la moindre trace (cimetière, synagogue, tout a été rasé, enseveli), sinon au musée de l’Inquisition entre sorcières et hérétiques, mais cette présence est souvent reniée par la part la plus catholique de la population qui, de Fête-Dieu en Semaine sainte, et d’une procession l’autre y compris celle qui célèbre l’expulsion des juifs chaque début janvier depuis des siècles, déteste se voir rappeler que nombre de Grenadins ont des origines marranes ou conversos comme leur patronyme s’en fait l’écho. On devrait leur conseiller la lecture du fascinant roman de Michel del Castillo La Tunique d’infamie, histoire de leur rafraichir la mémoire, ce dont ce petit guide se charge déjà.

Al-Andalous a bien connu un âge d’or durant lequel juifs, musulmans et chrétiens ont coexisté, notamment sous le califat omeyyade. Mais depuis, on a tellement étendu cette période que cela a fabriqué un légendaire. 4000 juifs massacrés en une journée a mis un terme à la belle entente. La guerre sainte des Almoravides et des Almohades a élargi le spectre aux chrétiens. En tout état de cause, 1492 sonne le glas de l’Espagne des trois religions. Pour ce qui est des Grenadins, ils passent du statut de citoyens du royaume maure souverain à celui de sujets de la couronne de Castille.

L’anthologie fait la part belle aux poètes et géographes arabes du Moyen-Age qui ont magnifié le souvenir de Grenade (Ibn Batuta, Ibn H’Ayyan), aux historiens français et espagnols, aux romanciers (Alexandre Dumas, Théophile Gautier, le Chateaubriand du Dernier Abencérage) et poètes français (Cocteau ou l’Aragon du Fou d’Elsa). Mais s’il est un auteur dont la mémoire enveloppe la ville, c’est bien Federico Garcia Lorca, le poète assassiné. Né tout près à Fuente Vaqueros, étudiant avec son ami Manuel de Falla à l’université de Grenade, revenu y vivre et y mourir au début de la guerre civile, il est ici chez lui. Son duende vit dans ces pages à travers ses poèmes et ses chansons mais aussi par les vers que lui consacrèrent Antonio Machado ainsi que Rafael Alberti lequel, retour du long exil imposé par la victoire des franquistes, fut sidéré de découvrir que la fameuse fontaine des Larmes était jonchée en son fond vaseux de boites de sardines vides, de bouteilles de Coca et de peaux de fruits. Cela dit, aujourd’hui encore, malgré la Fondation qui lui est consacrée, l’œuvre de Lorca ne jouit pas de la notoriété qu’elle mérite ; il y en a pour la réduire à sa dimension andalouse ; peut-être les conflits incessants entre sa famille et ses ayant-droit d’une part, et les institutions culturelles madrilènes d’autre part, récemment ravivés par l’ouverture d’un centre à Madrid, n’y sont pas étrangers.

Une bonne place est faite à l’évocation et aux écrits de Washington Irving (1782-1859), un auteur américain qui voyagea longtemps en Espagne et habita même à l’Alhambra quand l’endroit était désert et abandonné après avoir été une splendeur pendant huit siècles. Il y écrivit ses fameux Contes de l’Alhambra (1832). La ville, pas ingrate, sait ce qu’elle lui doit et cite son nom sur des plaques (jusque sur la porte de sa chambre à l’Alhambra !) ou des statues pour lui rendre hommage.

De quoi donner aux voyageurs qui ne l’ont pas le goût de se laisser guider. Il y en a pour tous. La collection, qui fait toujours la part belle à l’Histoire, la poésie et la littérature, c’est même son principe, compte plus d’une centaine de titres. On ne perdra pas son temps à lire Le Goût de Cannes et le Goût de l’Afrique d’un certain Jacques Barozzi…. Les hôteliers et les compagnies aériennes seraient bien inspirées d’offrir Le Goût de Nice du même auteur à tous ceux qui ont annulé cette semaine leurs réservations.

(photos D.R.)

Cette entrée a été publiée dans documents, Histoire.

1092

commentaires

1 092 Réponses pour Le bon goût d’un faux guide

D. dit: 31 juillet 2016 à 21 h 24 min

Bien, revenons à nos moutons. Je disais donc :

Mes travaux actuels portent sur quand exactement s’est produit le cataclysme de l’Atlantide. D’un point de vue ésotérique, je le vois pendant l’ère d’un signe d’eau, donc celle du Cancer pour la plus récente (après celle des poissons),soit une apogée en -6133 BC.
Sinon il faut reculer à l’aire du Scorpion. Ce qui est très intéressant c’est qu’il existe une stèle du Roi Scorpion, que l’on date de près de 5000 ans, mais qui pourrait en fait en avoir pas loin de 15000. A creuser.

Et en effet, après une semaine d’intense labeur, j’ai creusé. Et je vais dans très peu de temps vous faire des révélations incroyables.

Jibé dit: 22 juillet 2016 à 17 h 41 min

De sucrée, D. a tourné au vinaigre !

Le goût des chats, Berguenzinc est l’un des rares, je crois me souvenir, où je ne parle pas directement de moi dans les inter-textes. Mais je l’ai réalisé en gardant à l’esprit notre beau chat Mistigri. Une splendide bête rayée blanc et gris. Le premier de la longue série des chats qui m’ont accompagné depuis ma jeunesse. Quand il est mort, ma petite soeur fut inconsolable. Comme nous vivions en appartement, avec balcons, sans jardin, nous allâmes discrètement l’enterrer au pied d’un arbre au fond d’un terrain vague où jouaient les enfants du quartier des Broussailles à Cannes. Une tombe secrète, où ma soeur et moi allions parfois nous recueillir par la suite…

D. dit: 22 juillet 2016 à 17 h 38 min

Mes travaux actuels portent sur quand exactement s’est produit le cataclysme de l’Atlantide. D’un point de vue ésotérique, je le vois pendant l’ère d’un signe d’eau, donc celle du Cancer pour la plus récente (après celle des poissons),soit une apogée en -6133BC.
Sinon il faut reculer à l’aire du Scorpion. Ce qui est très intéressant c’est qu’il existe une stèle du Roi Scorpion, que l’on date de près de 5000ans, mais qui pourrait en fait en avoir pas loin de 15000. A creuser.

berguenzinc dit: 22 juillet 2016 à 17 h 34 min

Widergänger dit: 22 juillet 2016 à 17 h 23 min
Non, c’est Pierre Loti. Mais c’est pas du jeu, avec Google on trouve tout…

tu as raison Alba, Gogole, c’est la Nouvelle Samaritaine….on y trouve tout….
bàt

berguenzinc dit: 22 juillet 2016 à 17 h 32 min

@D

là, on ne rigole plus. Mais alors plus du tout…plus d’ananas à Pompéï ou de nicotine dans les roubignolles de Ramsès !!!!!

« Les constructions de cette époque ont été détruite par la végétation et l’ensevelissement progressif du sable, la civilisation « du Nil » n’est rien d’autre que la reduction autour du nil de la civilisation saharienne tropicale « blanche » issue en droite ligne par l’Occident des réfugiés atlantes. »

c’est carrément facho, votre truc…les réfugiés Atlantes !!! civilisation tropicale blanche…la belle affaire….les Arabes, les Berbères ont les mêmes caractéristiques haplotypiques que les européens..Et alors????
Marre de la dingoterie qui sous couvert de dingoterie permet de balancer des truc bien faisandés façon nazillon….et puis tout le monde le sait que le Sahara s’est asséché , vers -8000, et qu’il abritait une société pastorale d’éleveurs…(fresque du Tassili) et que, probablement les Egyptiens sont les héritiers de cette civilisation agro-pastorale. Mais que vient faire l’Atlantide aryen dans cetre galère?
Au secours !

berguenzinc dit: 22 juillet 2016 à 17 h 24 min

Décidément , ils ne s’arrêteront JAMAIS !!!!

JULIEN DRAY, au micro d’Apolline de Malherbe

« « La faille est aussi par la pression populaire des gens qui n’ont pas envie d’attendre… » Que l’on appelle cela un dérapage ou tout simplement une bourde, il est certain que le gouvernement se serait bien passé de cette sortie de Julien Dray, ce matin, sur BFM TV. Invité d’Apolline de Malherbe, le conseiller régional d’Ile-de-France, qui fut longtemps le monsieur sécurité du Parti socialiste, réagissait à la publication, jeudi, par Libération, d’une enquête révélant des lacunes dans la sécurisation du feu d’artifice de Nice.
Après avoir reconnu qu’il y avait eu « des failles, forcément, puisqu’il y a eu un attentat », Julien Dray a expliqué que le manque de moyens policiers déployés n’était pas la seule piste d’explication du drame survenu sur la promenade des Anglais : « Il faut savoir ce qu’est la fin d’un feu d’artifice. Parce que la fin d’un feu d’artifice dans cette région-là, c’est une fête populaire, il y a des familles et des enfants, c’est même souvent la seule fête que ces enfants-là ont. Et donc les gens sont pressés de partir, et souvent on lève les barrages de contrôle pour permettre le flux parce que les gens ne veulent pas attendre, ils veulent vite partir. Et c’est malheureusement là qu’il y a peut-être une faille. »
Dame, si les péquenots du midi se sont fait buter, c’est leur faute !! Y vont quand même pas emmerder les soces , non ! Pis de toute façon , dans le VIème et le VIIème , y a pas eu d’attentat…

la truie natinale a un boulevard devant elle…à se demander si ce n’est pas ce qu’ils cherchent tous…! C’est sans doute parce que le fantasme des bottes et des impers mastic, ça les fait jouir, ces pourris du PS…

D. dit: 22 juillet 2016 à 17 h 22 min

Jacques, je puis vous dire que l’Égypte antique est bien plus ancienne que ce qu’on nous enseigne depuis trop longtemps, sur la base de quelques fouilles et des écrits de ce fichu Manethon, qu’on boit comme du petit lait alors qu’il ne s’agit que d’un travail bâclé dans l’Antiquité.
J’en peux vous dire que Narmer n’est pas du tout un commencement de civilisation, que de son temps il y a près de 5000 ans en pleine apogée de l’aire des Gémeaux, l’Égypte antique était très développée, et coexistait avec des tribus d’autres ethnies qui étaient elles assez primitives et ne pratiquaient même pas l’Agriculture, ces tribus étaient en servage total, sous le joug de Pharaon issu de la lignée Atlante. Les constructions de cette époque ont été détruite par la végétation et l’ensevelissement progressif du sable, la civilisation « du Nil » n’est rien d’autre que la reduction autour du nil de la civilisation saharienne tropicale « blanche » issue en droite ligne par l’Occident des réfugiés atlantes.

Jibé dit: 22 juillet 2016 à 17 h 22 min

Ce ne serait pas Francis Jammes, l’auteur de ton texte, Berguenzinc ? Je ne connaissais pas cet extrait. Un peu trop « antropomorphisant » à mon goût. Je préfère celui de Paul Léautaud…

Jibé dit: 22 juillet 2016 à 17 h 16 min

Bon, puisque vous faites votre sucrée, D., ainsi que me disait jadis un ancien ami, j’ai cherché par moi-même. Neuf, c’est en fait de carré de Trois. Et comme je suis né le 30 01 1952 : 3+1+1+9+5+2 = 21, 2+1 = 3, cette structure correspond à mon moi profond. J’ai bon ?

Widergänger dit: 22 juillet 2016 à 17 h 04 min

Sur hospitAlem, l’accent tonique porte sur le A, pas sur le I, en latin. Ton explication ne tient pas, Bergui.

D’ailleurs, si les Francs avaient déplacé l’accent tonique sur le O, le « t » serait passé à la sonore « d » au 5è siècle. Or, le « t » est resté, c’est bien qu’il appuyait le A tonique.

L’évolution de l’étymon est à peu près la suivante :

hospitAlem > hospitAl (1er siècle) > hostAl > hostel (fin 6è siècle) > hôtel.

hôpital est un mot refait, d’origine savant.

Jibé dit: 22 juillet 2016 à 17 h 00 min

Va t-on dépasser les scores des deux précédents billets, alors que celui-ci se conclut par les lignes que voici : « On ne perdra pas son temps à lire Le Goût de Cannes et le Goût de l’Afrique d’un certain Jacques Barozzi…. Les hôteliers et les compagnies aériennes seraient bien inspirées d’offrir Le Goût de Nice du même auteur à tous ceux qui ont annulé cette semaine leurs réservations. » ?

berguenzinc dit: 22 juillet 2016 à 16 h 45 min

De Mathilde de la Môle à Mme de Rénal , on assiste à une…transplantation rénale…..je sors, oui ,oui…

berguenzinc dit: 22 juillet 2016 à 16 h 43 min

@D, oui, au fait, Quelles nouvelles de l’Atlantide ?

@DHH, « tm » a dérivé en « pn » en grec pour la même raison que p en grec a dérivé en q en grec…c’est une question de « gosier », me disait mon vieux prof de Seconde…de même comment hospItalem a t-il donné hôtel? parce que les francs prononçaient le latin en appuyant sur l’initiale et la finale…un peu comme les Allemands prononcent le latin..
« tm » sanskrit se retrouve donc intact en allemand…atmen. et atmosphère en grec, d’ailleurs…et la dérivaiton « tm » vers « pn » est un « régionalisme  » grec ancien entré dans la koinè…

désolé d’être un peu chiant, DHH, mais dès qu’on me branche là-dessus et sur le ferroviaire, on ne m’arrête plus…chacun sa dingoterie…
bàv

Delaporte dit: 22 juillet 2016 à 16 h 43 min

Paul edel dit: 22 juillet 2016 à 16 h 36 min

Tout à fait, c’est dire l’importance logique et prépondérante du personnage de Mme de Rênal, par rapport à celui de Mathilde qui décroît en importance dans la conclusion du roman.

D. dit: 22 juillet 2016 à 16 h 37 min

Ce qui est terrible, c’est qu’une majorité de professeurs de lettre s’imaginent que la lecture de Beyle va apporter quelque chose à leurs petits élèves, amies que cela aura au contraire toute les chances de les éloigner encore un peu plus de la littérature, à tel point ce qui se passe dans le Rouge et le Noir ainsi que la façon dont c’est dit et démultiplié leur est totalement étranger.

Paul edel dit: 22 juillet 2016 à 16 h 36 min

Delaporte n oublie pas que madame de renal est l image de la mère et de la protectrice et l initiatrice sexuelle :l obsession de stendhal qui raconte ce que fut la perte de sa mère quand il était tout petit
dans « la vie d Henri brulard. »

D. dit: 22 juillet 2016 à 16 h 30 min

Jibé dit: 22 juillet 2016 à 16 h 17 min
Et pour le Neuf, chiffrologue D., toujours rien ?

Je ne suis pas votre domestique, jacques. Apprenez-le.

DHH dit: 22 juillet 2016 à 16 h 27 min

@bergenzinc
si tous vos autres exemples étymologiques me sont intelligibles ,notamment ceux concernés par les différences de traitement du W selon les langues,je ne vois pas l’articulation entre atmen et pneuma.Pouvez vous m’expliquer?
par ailleurs c’est vrai que les élèves adorent(adoraient?) quand on leur explique ce genre de choses ,et qu’on leur fait découvrir pourquoi le même mot devient quatuor en latin et tetra en grec ,ou comprendre que aurora et eos représentent deux résultats d’évolutions du même mot ,et que la racine dw celle du nombre deux(duo) se retrouve dans les mots allemands qui indiquent le doute.

Delaporte dit: 22 juillet 2016 à 16 h 27 min

Mathilde de La Mole est un beau personnage, mais l’on peut se demander qui Julien aime le plus dans le roman : elle ou Mme de Rênal. A la fin du roman, quand Julien est en prison, il revoit avec une grande joie Mme de Rênal, alors que les visites de Mathilde l’importunent. Il la traite même de folle. On sent qu’il regrettera surtout Mme de Rênal.

D. dit: 22 juillet 2016 à 16 h 26 min

Paul Edel dit: 22 juillet 2016 à 15 h 54 min
Pour ceux qui aiment « le rouge et le noir

Je n’aime pas du tout ce roman, Paul.
C’est très laborieux à lire, très redondant, l’atmosphère est sombre et poussiéreuse, l’histoire est peu vraisemblable et met un temps infini à se dérouler, les personnages sont sans expression spontanée, comme bridés par une grisaille permanente, pour moi Beyle est un imposteur en littérature, quelqu’un qui n’aurait jamais dû prendre la plume.

Sergio dit: 22 juillet 2016 à 16 h 24 min

Ca y est, ça va être la course en sac pour retrouver les plans de la Veuve !

Au pire on fait ça en heuristique on essaie les essais de bric et de broc sur les condamnés…

berguenzinc dit: 22 juillet 2016 à 16 h 19 min

comme c’est la torpeur d’un bel après-midi d’été encore démocratique, voici un texte terrible…De qui est-ce?

Noyade de chat

Les chats ont un cri spécial pour l’heure de la grande angoisse, l’heure où ils voient la mort apparaître. Tous ceux qui les fréquentèrent et surent les comprendre le connaissent aussi bien qu’eux-mêmes, ce cri, tellement peu semblable à leurs habituels miaulements de demande, de vague ennui, de colère ou d’amour. C’est leur appel à on ne sait quelle pitié supérieure, obscurément conçue par eux, — pitié des êtres ou peut-être pitié latente des choses; on pourrait dire que c’est leur prière, leur prière d’agonie…

Hier après midi, au grand resplendissement de trois heures, au milieu du silence coutumier de ma maisonnette qui baigne dans l’estuaire basque, par ma fenêtre, j’entendis ce cri-là venir d’en bas, monter du bord de l’eau, et je vis les deux chats gardiens du logis, qui dormaient voluptueusement dans le jardin sur l’herbe, tout à coup dresser la tête, puis se lever, prendre leur course ensemble vers le balcon d’une terrasse qui domine la grève, pour voir quel drame se passait.

Quand je vins les rejoindre, leur attitude était caractéristique, et révélait un monde de pensées différentes dans ces deux petites cervelles fantasques, pour moi impénétrables à jamais. L’un, tout jeune, un matou de dix-huit mois, né dans la maison, heureux depuis l’enfance et par suite très confiant dans l’humanité, regardait, les oreilles droites, le cou tendu, les yeux dilatés, comme n’arrivant pas à bien comprendre et se refusant à croire. L’autre, sa mère, une vieille chatte violente et rancunière, qui a connu des jours sans pâtée et amassé maintes preuves de la malice des hommes avant de trouver enfin chez moi le bon refuge, l’autre était furieuse; en grondant, elle allait et venait, tournait sur elle-même à la façon des bêtes féroces dans leur cage, et évidemment devinait tout, ayant assisté souvent à des noyades pareilles; même à mon arrivée elle me fit la grimace et : Pfft ! Pfft ! comme me rendant responsable aussi et m’englobant dans son dégoût de l’espèce humaine.

Ce que j’aperçus quand je regardai sur cette grève au-dessous de moi, dans la première minute, comme le jeune matou naïf, je ne compris pas bien. Une fille en cheveux — quelque servante du voisinage — était là debout, et près d’elle, se réfugiant tout contre sa robe, un pauvre chaton d’environ deux mois, mouillé, trempé, avec sur le museau un peu de sang qui coulait d’une blessure. C’était lui qui poussait le cri de la grande angoisse, ouvrant tant qu’il pouvait sa petite gueule rose bordée de perles blanches, levant vers la fille ses petits yeux pleins d’eau et pleins de larmes.

Dans la terreur de la mort entrevue, il exhalait à pleine voix sa suprême prière, tout enfantine : « Qu’est-ce que j’ai fait de mal, moi ? Je ne suis qu’un pauvre petit chat innocent ? C’est donc possible qu’on me tue comme ça ? Mais je demande grâce, vous voyez bien; je crie au secours ! On n’aura donc pas de pitié !… »

Oh ! Le dernier cri des bêtes condamnées, leur pauvre cri qui est si inutile et qui, on le sait d’avance, ne touchera personne !… celui d’un bœuf à l’abattoir, même celui d’une humble poule qu’un marmiton égorge pour la faire cuire !…

Ce qui s’était passé avant mon arrivée sur la terrasse, je le reconstituai, bien entendu, presque aussitôt. La fille voulant noyer le chaton, sans avoir même la pudeur de lui mettre une pierre au cou pour que ce fût fini plus vite, avait dû le lancer d’abord du haut de son logis, par quelque fenêtre : d’où la blessure et le petit museau saignant. Ensuite, ayant vu qu’il nageait avec tant de courage pour essayer encore de survivre, elle était descendue afin de l’achever. Mais voici maintenant qu’elle prolongeait son attente et ses grands cris, ayant commencé de rire avec un batelier qui passait justement dans sa barque le long du bord et l’intéressait davantage.

Enfin, elle se baissa vers la petite chose impuissante et blessée qui l’implorait de toutes ses forces, et sans me laisser le temps d’intervenir, elle l’avait jetée à nouveau, d’une grosse main brutale, très loin, en plein courant. Quelques secondes on vit surnager deux oreilles minuscules, le bout d’une mince queue noire qui se tordait; et puis, plus rien : la petite chose qui avait tant supplié et tant souffert était rentrée dans la paix.

Alors elle s’en alla tranquillement, la sauvagesse, en gardant aux lèvres, à l’adresse du batelier, son sourire de brute.

Un moment plus tard, la chatte de ma maison, qui s’était rendormie sur l’herbe avec son fils, se réveilla inquiète; puis, jetant de vilains cris de haine, retourna vers la terrasse d’où elle avait vu tuer. Mais en route, distraite tout à coup, elle fit halte pour se lécher une griffe; évidemment les images se brouillaient dans sa tête, elle ne se souvenait plus bien, et, calmée, indifférente, elle revint se coucher.

Les bêtes ont leurs idées surtout par éclairs, d’une façon aussi vive que nous peut-être, bien que toujours incomplète et sans suite. La grande Pensée, immanente au fond de tout, et qui depuis les origines continue la lutte pour se dégager, s’est fourvoyée, comme en autant d’impasses, dans ces pauvres têtes-là, obscurcies de matière, et du reste à peu près imperfectibles, — fourvoyée bien plus maladroitement encore que dans les nôtres, qui restent cependant si inaptes à concevoir le pourquoi de la vie. Mais il est croyable que certains animaux supérieurs, pendant les minutes où ils sont lucides (chiens qui hurlent à la lune, chats qui se lamentent sur les toits les soirs d’hiver), sentent aussi désespérément que nous la tristesse d’être l’un des milliers d’échelons, si vite brisés, sur lesquels cette Pensée essaye sa marche ascendante, — l’indicible tristesse d’exister et l’horreur de finir.

Et nos Évangiles, pourtant si admirables dans les leçons de charité qu’ils nous donnent, ont une déroutante lacune : la pitié pour les bêtes n’y est même pas indiquée, alors que le Brahmanisme, le Bouddhisme et l’Islam nous l’enseignent en termes que l’on n’oublie plus.

Jibé dit: 22 juillet 2016 à 16 h 19 min

Moi aussi, je vais relire le Rouge et le Noir, pour y rechercher le passage sur la beauté du paysage dont WGG a parlé.

berguenzinc dit: 22 juillet 2016 à 16 h 16 min

@Paul Edel « Stendhal ajoute que tout ceci lui était « monté à la tête » »

…à la tête et ailleurs aussi, sans aucun doute…
du cou je vais me replonger dans le Rouge et le Noir, et je considérerai Mathilde de la Môle avec un tout autre regard…Mathilde de la Moule…pardon…ça m’a échappé…

Jibé dit: 22 juillet 2016 à 16 h 14 min

Sur les pages de Léautaud tu vas pleurer, Berguenzinc. Lui il vire sa maitresse, mieux que la Louise Colet, à cause de son insensibilité devant la mort du petit chat !

Jibé dit: 22 juillet 2016 à 16 h 10 min

Sans doute les deux, mais Richelieu est le plus retord. Nos chats ne sont-ils pas les éminences grises de nos foyer ? Les vrais maitres de maison !

bouguereau dit: 22 juillet 2016 à 16 h 09 min

..c’est une recherche en filiation mirifique comme dracul..la trace du serpent ..à mouaa..tout est à mouaaa..et non pas boa polo..comme me le préconise mon correcteur himbécylle

Jibé dit: 22 juillet 2016 à 16 h 07 min

C’est beau ce que tu dis de la beauté géographique, Berguenzinc, tu en parles comme d’une divine maitresse !

berguenzinc dit: 22 juillet 2016 à 16 h 03 min

Et je ne sais plus, mais toi ,tu dois le savoir, Baroro, c’était Mazarin ou Richelieu qui aimait les chats. Mazarin, c’était plustôt les chattes ….royales, je crois, mais j’ai la mémouarre qui flanche…
et j’ai la flemme de vérifier.
Morand, oui, ce vieux collabo…

berguenzinc dit: 22 juillet 2016 à 16 h 01 min

Les chats, c’est évidemment Brassens et ce vieux pisseux abominable de Léautaud…qu’il ne faut pas confondre avec…Léotard…sinon Léo part, même si léo est Ferré… je sors, je sors !!!

berguenzinc dit: 22 juillet 2016 à 15 h 59 min

Paul Edel, vous allez encore me vouer au diable, mais…

je préfère Madame Arthur à Madame Azur…encore que…non, blaque à part, le Rouge et le Noir est une merveille, mais il est si difficile à un fanatique de Flaubert comme moi d’y entrer !

bàv

Jibé dit: 22 juillet 2016 à 15 h 58 min

Merci, berguenzinc, mais fais gaffe à la vengeance de Bouffchidor, c’est rancunier ces bêtes-là !
Ce titre est l’un de mes premiers. Le vendeur de la Fnac Montparnasse m’avait dit que dès qu’il y a le mot chat en titre de couverture, ça se vendait ! Celui-ci, plusieurs fois réédité, suit parfaitement la structure en 3×9…
En le préparant, j’ai découvert que, pour son livre sur les chats, Morand avait quasiment pompé celui de la jeune femme de Michelet, celle au con infini !

berguenzinc dit: 22 juillet 2016 à 15 h 55 min

Dans Augustin, vous avez des pages sublimes sur la Beauté ! et pas seulement la Beauté divine…
Je suis d’accord, moi Vadius, avec Trissotin, pour faire plaisir à Jibé !!! quand il écrit que la Beauté est plutôt l’affaire des grecs, come la philosophie. Aux Romains, la beauté des lieux, de la campagne, du fracas des batailles, des navires fendant la mer….mais aussi la beauté des femmes de Pompéï…

enfin, l’autre jour, en me trouvant à Châteauneuf de Randon, j’ai marché un peu sur l’ancienne voie romaine du pays gabale, qui reliait Civitas Cadurcorum (Cahors) à Massilia….et on ne peut, comme quand on marche le lng du Mur d’hadrien, s’empêcher d’être saisi par le sens de la géographie qui habitait ces gens…elle est là la Beauté romaine…

Paul Edel dit: 22 juillet 2016 à 15 h 54 min

Pour ceux qui aiment « le rouge et le noir » , voici quelques éléments pour savoir qui fut modèle de cette Mathilde de le Mole, cette jeune ardente cavalière qui frissonna de joie quand Julien la menace d’une épée, et se dit «tiens, celui là ne vit pas à genoux ».. Puis c’est elle qui soudain, montre une autre face et devient froide avec Julien lorsqu’il étale son désespoir..
Quand Stendhal eut l’idée décrire « le rouge et le noir, » – roman qu’il appelait « Julien » dans sa première version- ce fut dans un temps d’amour intense avec Alberthe de Rubempré , que Stendhal nommait « madame Azur »dans sa correspondance parce qu’elle habitait rue bleue. C’était une jeune femme belle, sensuelle, avec une nuque admirable et des cheveux torsadés le long de son cou.
Ses seins, parait-il, étaient parfaits. Elle vivait séparée de son mari, et surtout elle ne cachait rien de ses mœurs libres et de ses appétits, à la manière de George Sand. Elle avait un parler assez cru ; de l’avis de tous elle possédait un charme d’une pureté surnaturelle, selon plusieurs témoins.
Stendhal dit clairement que les couleurs de cette « Alberthe », c’était le rouge et le noir. Stendhal ajoute que tout ceci lui était « monté à la tête ». On pense que le merveilleux personnage de Mathilde de la Mole doit beaucoup à cette Alberthe.

berguenzinc dit: 22 juillet 2016 à 15 h 46 min

Jibé, je me suis acheté le Goût des Chats, à Issoire. Formidable petit bouquin..j’ai regardé Bouffchidor, mon chat pourri, dans les mirettes et je lui ai brandi ton livre….pschouuuuuu..il a filé, ce glaireux !

En tous cas, c’est passionnant.

bàt

Jibé dit: 22 juillet 2016 à 15 h 46 min

Oui, « L’Art d’aimer », merci Echo ! Des conseils de beauté à la femme et de la beauté des saunas…
Mais je cherche aussi un point de vue plus métaphysique ? A part Platon ?

Echo dit: 22 juillet 2016 à 15 h 44 min

JB, pourquoi dit-on d’un éphèbe qu’il est « canon » ? Il faut le demander au fantôme de Polyclète, ou plutôt à ses copistes et à ses paraphraseurs.
Tout cela étant « bel-et-bon »/ kalokagathon chez Platon — voir aussi les notions de perfection et d’harmonie.
Pour le charme et la grâce faire un tour chez Plotin.
Question : on touche une participation si on vous mâche le travail ou il faut vous rencarder juste pour vos beaux yeux ?

ici Londres dit: 22 juillet 2016 à 15 h 29 min

Bonsoir chez auditeurs de la RdHaine, nous sommes désolés de vous informer que nous trouvons ici les enfants naturels de Jean Luchaire, Paul Ferdonnet, Alfred Baudrillart et Jean Hérold-Paquis qui concourent allègrement à celui qui écrira ce qu’il y a de plus odieux, obscène et haïssable… laissons-les touiller dans leurs miasmes et autre déjections mais nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts et eux les plus minables

Delaporte dit: 22 juillet 2016 à 15 h 28 min

« les expériences de William Burroughs avec les drogues »

Cela fait chaud au coeur d’apprendre que la littérature peut faire avancer la science, notamment par l’entremise du grand William Burroughs, qui a beaucoup oeuvrer également, lors d’un certain épisode de sa vie, pour faire progresser la balistique, comme on sait.

JC..... dit: 22 juillet 2016 à 15 h 23 min

 » JC, je ne veux plus être mêlée à vos propos nauséabonds et à vos envolées lyriques. Laissez Blanche-Neige où elle est et regardez-vous dans un miroir. »

Tu as raison, ô Christiane, de me vouvoyer … il n’est jamais facile de reconnaître ses erreurs.

guillaume dit: 22 juillet 2016 à 15 h 17 min

ibé dit: 22 juillet 2016 à 14 h 19 min
« BO ne peut pas faire ce qu’il veut, le Congrès lui est hostile »

La dignité politique voudrait alors qu’il eût démissionné depuis longtemps, guillaume ! Question d’éthique démocratique ancienne, propre aux Républiques et aux Empires démocratiques…

c’est le système là-bas: pas de 49.3
BO ou un bushien..ou donald…

Echo dit: 22 juillet 2016 à 15 h 08 min

« Ce qui est curieux, et assez inquiétant […] c’est justement combien il s’est trouvé peu de gens ici, aux premières nouvelles, pour considérer cette affaire froidement.

***

J’étais frappé de constater, au hasard des conversations surprises çà et là, quelle très faible part de réflexion critique s’appliquait à ce qu’on connaissait — très inexactement et très imparfaitement […]

***

Des figures nouvelles et parfois inquiétantes de hardis parleurs se montraient dans les cercles les plus fermés de la ville […] et il était presque alarmant de voir quelle créance ils rencontraient en divulguant et en discutant sans gêne les résolutions — grossièrement inexactes — qu’ils prêtaient [au gouvernement] pourvu qu’elles fussent de nature à frapper l’imagination. Un besoin d’inouï s’était soudain emparé des cervelles […] et la dernière chose dont on se fût avisé de s’enquérir à propos des nouvelles fantastiques qui parcouraient la ville presque d’heure en heure était leur origine : la rapidité instantanée de leur transmission par des centaines de bouches leur donnait à elle seule comme une consistance solide qu’on ne s’avisait pas d’éprouver : on eût dit qu’elles prenaient de minute en minute […]

Le point qu’on discutait passionnément, c’était de savoir si [le gouvernement] entreprendrait une démonstration militaire ou si la politique traditionnelle prévaudrait […] La pensée semblait ne pouvoir venir à quiconque que l’adversaire jugeât et décidât de façon autonome, indépendamment des desseins que pouvait former la ville […] Pour tous le signe gardait autorité, survivait à la chose signifiée. […] énorme était par exemple l’écart entre « la flotte […] » dont je sentais le poids intact gonfler d’importance des bouches trop assurées, et [les embarcations] qui pourrissaient dans notre port […]

L’éventualité d’une expédition ou d’une guerre était agitée d’autant plus complaisamment qu’elle n’entraînait dans presque tous les esprits qu’une représentation abstraite et sans couleur […] au contraire, les incidences de l’affaire sur le plan intérieur étaient partout supputées et grossies de la manière la plus passionnée : la possibilité agitée d’une crise extérieure grave, en réalité on la pensait presque exclusivement comme la promesse d’une mutation de personnel […]
Bref, je retrouvais […] un peuple que rien n’avait jamais disposé à penser tragiquement. Placé devant un problème si éloigné de son optique habituelle, et où l’inconnu l’emportait sur les données, [il] réagissait avec la myopie entêtée de l’extrême décrépitude […]

Un édito de Médiapart ? Une réponse à Alain Juppé ? Un diplomate qui balance sur bhl ? Un contempteur d’internet ?

la fille à la voilette dit: 22 juillet 2016 à 15 h 05 min

Victor Hugo? sur la sellette, ce matin,à ce qu’il me semble.Ce qu’il m’en reste (entre autre…):
« Madame il fait grand vent et j’ai tué six loups »
–inoubliable,c’était G.Philipe le porteur du billet.
Curiosité, relire la scène, c’est la scène 3 de l’acte II . Scène qui témoigne du ..génie de Hugo où tient presque toute l’intrigue, comme on dit, de la pièce.Le Roi au loin cavalant,se moquant comme d’une guigne de la Reine,seule au palais, entourée de ses confidentes et de Don Guritan,qui a quelques espoirs..le pauvre, et l’arrivée de ce jeune et beau messager, qui ,fou d’amour pour la Reine.. Une scène faite d’apartés, de non dits, de regards .
J’ai appris que c’était Aragon qui avait persuadé Jean Vilar, circonspect, de jouer « Ruy Blas »; au TNP et à Avignon. Aragon qui écrivit un pamphlet »avez-vous lu Victor Hugo? » pour, dit la note,se moquer d’une certaine élite intellectuelle qui jugeait l’auteur de  » la légende des Siècles », un peu trop populaire,donc peu digne d’elle.

Jibé dit: 22 juillet 2016 à 15 h 04 min

Hollande n’est que le représentant des réformes du patronat et de l’économie libérale, à la sauce PS. Un premier chambellan, en somme. Le Louis XVI de la 5e République. Madame Royale et lui risquent de finir sous le couperet de la guillotine rétablie par la révolution populaire qui gronde…
WGG peut se réjouir, ça va saigner !

D. dit: 22 juillet 2016 à 14 h 59 min

closer dit: 22 juillet 2016 à 13 h 34 min
Alors Clopine, ça vient la tarte n°5 ?!

Attends ! Elle cherche sa salle.

Jibé dit: 22 juillet 2016 à 14 h 57 min

Lavande, en arrivant à l’Elysée, Hollande avait pour lui, la chambre, les régions et la Ville de Paris : pleins pouvoirs ! Pour quel résultat ?

D. dit: 22 juillet 2016 à 14 h 54 min

Je ne voudrais pas vous faire rougir, mais si je l’écris c’est que je le pense car je suis un être de franchise.

D. dit: 22 juillet 2016 à 14 h 50 min

On ne peut pas vous oublier, Christiane, vous avez pris une telle importance que vous vous imposez en tous temps, partout, naturellement. Vous êtes en quelque sorte l’alpha et l’oméga de ce blog.

D. dit: 22 juillet 2016 à 14 h 41 min

Les grecs n’ont jamais placé la beauté ailleurs que dans l’enveloppe et la proportion. C’est une forme de beauté mais ce n’est qu’une forme, peut-être même l’une des plus inférieure.

christiane dit: 22 juillet 2016 à 14 h 37 min

Jibé
Dites ce que vous voulez à P.E (qui vous a vexé) mais évitez de me mêler à vos propos. Vous ne savez rien des raisons qui m’ont poussé à ne plus commenter sur son blog. Il se peut tout simplement que je n’aime ni les lâches, ni les hypocrites, ni ceux qui tantôt ont besoin leurs amis, tantôt les renie.
Faites votre chemin tout seul comme un grand et à propos de Castafiore il y en a une mega-pot de colle près de vous… Dites-lui votre admiration inconditionnelle (elle adore cela) et oubliez-moi.
JC
je ne veux plus être mêlée à vos propos nauséabonds et à vos envolées lyriques. Laissez Blanche-Neige où elle est et regardez-vous dans un miroir.

D. dit: 22 juillet 2016 à 14 h 36 min

Bien, s’il était enfin possible de quitter les guides vrais ou faux pour parler de livres, de littérature, d’écrivains..?

Lavande dit: 22 juillet 2016 à 14 h 33 min

Pour le coup Jibé c’est vous qui faites preuve d’idéalisme naïf: si votre principe était appliqué il n’y aurait plus guère de chefs d’état sur la planète!

Jibé dit: 22 juillet 2016 à 14 h 19 min

« BO ne peut pas faire ce qu’il veut, le Congrès lui est hostile »

La dignité politique voudrait alors qu’il eût démissionné depuis longtemps, guillaume ! Question d’éthique démocratique ancienne, propre aux Républiques et aux Empires démocratiques…

Jibé dit: 22 juillet 2016 à 14 h 15 min

MC, il faut apprendre à lire, pas seulement à compiler les vieux papiers :
« Marc Court merci pour l’ampleur des références : entre Michelet cité par Jibé et Montherland j’ai pas dose. »
C’est clair !

A quoi vous sert-il, WGG et Berguenzinc, tout votre grec et votre latin, à nous rejouer la scène des médecins de Molière ? Pas un de vous pour me donner une référence d’auteur ancien sur la Beauté. Sujet par excellence de nos doctes philosophes de jadis !
Moi, qui d’autorité ai opté pour des études modernes, je peux vous dire que pour Platon : « La simplicité véritable allie la bonté à la beauté », ainsi qu’il l’écrivit dans La République. Vers la même époque, la poétesse de l’île de Lesbos, Sappho, proclamait : « J’ai servi la beauté. Oui, la beauté avant tout est grecque…

guillaume dit: 22 juillet 2016 à 13 h 52 min

Jibé
Lavande
BO ne peut pas faire ce qu’il veut, le Congrès lui est hostile,

WG
Pou r faire aussi bien que la Rome antique, il ne reste plus qu’à rétablir l’esclavage épicétout (du calme!)

MC ( dit: 22 juillet 2016 à 13 h 45 min

Rose
Michelet, c’est Jibé, Montherlant, ce n’est pas moi!
Mais relisez Ruy Blas, II, 5 . vous verrez que la réplique arrive quand Don Guritan s’est fait posséder pour le pas dire plus par Marie de Neubourg. Ce n’est pas de la mesquinerie, c’est l’alliance du sublime et du grotesque théorisée par Hugo dans la Préface de Cromwell. Je ne suis pas éloigné de penser qu’ elle trouve son illustration la plus convaincante dans cet acte.
Bien à vous.
MC

bouguereau dit: 22 juillet 2016 à 13 h 41 min

ah? Sauf que c’est ça la démocratie, mon p’tit pote ! pas la peine de pousser des cris d’orfraie…

mouais toudsuite les grands mots pour flatter..c’est été plus havisé et juste de dire que keupu est un con borné et que lassouline ne peut suivre ses recommendations sans trop se compromettre..la démocratie peut fonctionner havec un batracien au cheveux teint baroz..ce sont forcément ses nnemis qui disent qu’elle doit être belle et que ce serait à ça qu’on la reconnaitrait..casuiste antiparlementariste

JC..... dit: 22 juillet 2016 à 13 h 38 min

L’équivalent de :
« Montjoie, Charlemagne ! »
càd :
« A TABLE ! »
vient de retentir…
Adieu, camarades !

bouguereau dit: 22 juillet 2016 à 13 h 35 min

Un édito du journal »Le monde ? de « Libé » ? discours d’ Hollande à la tv ? Non ? Ciceron, novembre 63 avant JC.(.enfin, pas celui de la RDL.)

les stoïquent havaient a vivre des temps trés incertains..n’est ce point lui qui dit que certains riches allaient jusqu’a faire des stage de pauvreté et de misère pour s’entrainer aux revers du destin..et les stoique n’étaient pourtant rien sauf de gôche..et pour celui qui a lu sénèque il sait bien qu’il n’aurait pas aimé les petits agités d’ici..un politique à dabord du sang froid et l’expressions de ses passions ne sont que calcul..

JC..... dit: 22 juillet 2016 à 13 h 35 min

« Nota : j’aime bcp Christiane Taubira. J’ai même vote pour elle. Parce que c’est une femme. Et parce qu’elle est noire. » (rose)

J’adore ….
(cependant, deux petites erreurs à rectifier :
– quand on est grosse comme cela, on n’est plus une femme, on est une barrique de graisse à vélo
– quand à être une femme noire ?!… va en Afrique centrale, ma rose, tu en verras des vraies noires : pas des fausses négresses qui se la joue Césaire subventionné !)

rose dit: 22 juillet 2016 à 13 h 34 min

J’ai ma dose surtout avec Montherland s’il n’en reste qu’un. Exécrable type. Pardon Marc Court.

Rire et boire un coup sur ta tombe JC. Je veux bien en être Jibé. Je vous dirai sa tendresse. On ne pleurera qu’en partant. Ou pas du tout. On sera heureux encore.

rose dit: 22 juillet 2016 à 13 h 25 min

Sujet EN académie de Bordeaux sur un discours destiné à galvaniser les troupes… Nutella jeux vidéos non ?
Chez nous c’est Stromae. Avec Papaouté. Tu crois que c’est mieux ? J’ai cru m’étrangler moult fois.
Lavande pas encore vu le film. Le verrai.
Christiane pas encore lu Taubira ; je rattraperai. Ni Hugo mais lu Genêt matricule ….. en attendant. Très bel article merci.

Ils sont le théâtre du Centaure à Campagne Pastré. Ceux qui ont travaillé aux Baumettes. Le souci de cette incarcération là c’est (et je n’y connais rien) que cela recrée une famille violente certes mais j’imaginé chaleureuse. Alors que la famille de dehors est défaillante et qu’il y a manque cruel de références stables.
Bien sûr que les détenus ont fait de grosses con……ries. N’empêche qu’ils ont leur chance après. Si tu l’espérés pas tu meurs.

Marc Court merci pour l’ampleur des références : entre Michelet cité par Jibé et Montherland j’ai pas dose. Ne suis pas friande de tels discours. Ai été peinée par Totor. Une telle ampleur et là, une telle mesquinerie ! Comment c’est ti possible de la part du grand Tom ?

Nota : j’aime bcp Christiane Taubira. J’ai même vote pour elle. Parce que c’est une femme. Et parce qu’elle est noire.
Le programme on s’en fout. Il est là pour faire.joli. Dès qu’un tel est élu il ne le respecte pas.

Mon vote a été minoritaire cette année là et dispersé. Las. Nous aurions eu Taubira comme présidente. Sexuellement elle se serait mieux comportée que petit bedon. Elle a un mari qui a compté pour elle. On aurait gagné un vase de Chine à la Lanterne et économisé la légion d’honneur au grand-père de la Gayet. La j’agis sur l’oreiller. Quelle honte cette femelle.

Jibé dit: 22 juillet 2016 à 13 h 23 min

Paupol, drapé d’une aristocratique toge stendhalienne, agitant de la main son Cicéron tout usé (ton hautain) :
-Mon petit Jibé, on voit bien que vous n’avez pas lu la correspondance du père Flaubert !
Jibé
-Pourtant je le le lis soir et matin !
-C’est donc que vous êtes bien myope mon petit !
-Oui, mais je met des lunettes, et j’ai bien le droit de dire que j’aime bien le père Flaubert !
-c’est pas suffisant, vous devez présenter vos arguments !
-J’en ai donné, me semble t-il ? Et j’ai même ajouté que la mère Colet vous ne l’auriez pas tolérée sur votre blog, comme la mère Christiane !
-Non, ce sont des hypothèses, c’est tout différent !
-Vous ne seriez pas un peu de mauvaise foi, avec tous le respect que je vous dois ?

Clopine, définitivement un cas à part... dit: 22 juillet 2016 à 13 h 13 min

Jibé de 12 h 37 : c’est tellement bien vu, (et si bien dit) ce que tu dis là, que je m’en vais accrocher ta citation au mur de la cuisine, tiens.

Mais en poursuivant un peu, on pourrait quand même leur demander, à tous, de faire un peu gaffe à la chaîne avec laquelle ils signent leurs contrats : pourquoi font-ils semblant de préférer les chaînes publiques, tentent de faire croire qu’ils passent sur ARTE, alors qu’en fait ils travaillent tous au 20 heures de Bouygues ?

JC..... dit: 22 juillet 2016 à 13 h 08 min

« Comment se fait-il alors que tu ne te sois pas encore suicidé, JC ? » (JB)

Pas question de faire plaisir à tant de mécréants jicéphobes ! …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*