de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Les incertitudes manifestes de Frédéric Pajak

Les incertitudes manifestes de Frédéric Pajak

Un tel projet force l’admiration que ce soit vis à vis de l’auteur Frédéric Pajak comme de l’éditeur, Noir sur blanc ayant pris le relais des PUF. Car il y a là, derrière le risque d’inscrire dans la durée une entreprise littéraire, historique, biographique en l’échelonnant avec un certain nombre de volumes, une vision artistique d’une ténacité et d’une singularité sans égales ni équivalent dans ce qui se publie de nos jours. Ils ne savent pas où ils vont ni le temps que cela prendra mais ils savent qu’ils y vont. C’est d’autant plus remarquable qu’en creusant ce sillon unique, l’artiste a inventé son genre et sa forme. Ni bande dessinée ni roman graphique, appelons « du Pajak » ces histoires dans l’Histoire où le texte et le dessin, tracés par la même main, dialoguent et se complètent.

Il s’était lancé dans ce type de « récit écrit et dessiné », ainsi qu’il le présente, en 1997 avec un Martin Luther, inventeur de la solitude, suivi deux ans après de L’Immense solitude, avec Friedrich Nietzsche et Cesare Pavese sous le ciel de Turin qui le fit connaître ; d’autres suivront encore de la même encre, autobiographique, mélancolique (mais d’une mélancolie exaltante), nostalgique (quoi qu’il s’en défende) et ombrée d’un humour léger. Il y a deux ans, Frédéric Pajak (1955) a inauguré une nouvelle série intitulée Manifeste incertain (il en parlait ici au micro d’Alain Veinstein) dont le troisième volume vient de paraître (217 pages, 23 euros, les éditions Noir sur blanc). On retrouve sa manière, son trait, sa touche et cette façon unique d’assembler, selon une technique proche du montage cinématographique, ce qui pourrait paraître décousu. Un apparent chaos de souvenirs et de fantômes. Il faut une vraie sensibilité pour ranger un tel monde, et des personnages par rapport à leurs sentiments. Ce travail de miniaturiste est d’une précision d’autant plus efficace qu’elle est invisible, comme les coutures des meilleurs faiseurs. La bande annonce « La mort de Walter Benjamin / Ezra Pound mis en cage » ; ce qui n’empêche pas cet album à l’impeccable impression (suisse !, et pour le prix d’un mince roman aussitôt oublié, on croit rêver) d’être hanté par le Pavese du Métier de vivre. ob_3ccc40_walter-benjamin-03-03-2014

Le temps est suspendu dans ces pages au fort grain, entre ce qui est révolu et ce qui n’est pas advenu, dans l’un de ces moments d’incertitude où se creusent les failles. Son récit est très documenté, mais la correspondance des écrivains demeure sa source privilégiée. Il saisit Walter Benjamin en 1940 lorsque le grand philosophe en fuite, déchu de la nationalité allemande, contraint au vagabondage européen, hésite entre la Palestine de Gerschom Sholem et les Etats-Unis d’Hannah Arendt, deux amis qui le pressent de fuir avant qu’il ne soit tard. Il est trop tard : piégé par l’avance allemande, il se jette du haut du pont à Port-Bou. Benjamin selon Pajak est un homme qui subit l’Histoire, un intellectuel remarquable mais dont le dogmatisme écrase la lucidité, au contraire d’un Elie Faure par exemple qui avait compris dès la guerre civile espagnole que ce n’était qu’une répétition générale de ce qui devait advenir. Au même moment, Ezra Pound, c’est le contraire. Le génial poète des Cantos se fait fasciste, admirateur du Duce, et verse dans un antisémitisme délirant. Pajak réglant sa focale autant sur le détail que sur le panorama, on apprend au passage que sa femme s’appelait Shakespear (mais Dorothy), ce qui ne l’empêchera pas le dément d’être enfermé pendant des années dans un asile d’aliénés à son retour aux Etats-Unis.

Cela dit, cette fois comme avant, il n’éprouve pas d’empathie pour ses personnages; seule leur étrangeté, leur mystère l’attirent et le fascinent. Ils n’ont plus des têtes d’oiseaux comme à ses débuts. Ils ont leur tête, pour le meilleur et pour le pire. L’auteur fait entendre leur voix, et au-delà, leur grain ; à croire qu’il écrit à condition d’entendre des voix. Sensible aux coïncidences, volontiers fleur bleue, il excelle à tresser des destinées, à nouer les œuvres, à tisser les failles et les désarrois. Les échos assourdis du XXème siècle entrent en résonance avec ceux du nôtre. Il n’est pas inutile de se rappeler combien le désespoir gagnait les plus lucides pendant la montée des périls. Enfin, pas pour tous, ainsi que le montre l’ultime contrepoint de choisi par Pajak : des fragments du Journal littéraire de Léautaud…Pas sûr pour autant qu’il goûte la compagnie de ses contemporains ; il ne ne s’adresse pas à des consommateurs mais à des lecteurs, même s’il se sait issu d’une génération « rescapée d’un monde douillet », celui des Trente glorieuses.

pajak001--672x359Il sera toujours hanté par la disparition de son père, le suicide, la solitude, les deux guerres mondiales, le monde d’avant et puis la mort, la mort, la mort. C’est peu dire qu’il est intranquille, pour notre plus grand bonheur, dirait-on, car son inquiétude est le terreau de ses albums. Il y a là toute l’ironie d’un désenchanté. Me croira-t-on si j’avoue que, même lorsque l’on croit bien connaître les biographies de ces deux grands écrivains, deux témoins d’un même naufrage, leur rencontre dans les mêmes pages, sous la plume et le pinceau du même artiste, à défaut de s’être faite dans la vraie vie, fait naître des intuitions inédites chez le lecteur. Autant reconnaître que son invitation à rêver, soutenue par un art poétique souligné à l’encre de Chine, porte ses fruits fussent-ils parfois des plus sombres.

Celui-ci étant le troisième opus, la boucle sera bouclée lorsque le neuvième Manifeste incertain paraîtra. Il aura alors atteint son but : » proposer un tableau du monde d’aujourd’hui à la lumière du passé ». Le monde de l’artiste nous est devenu si proche qu’on se plaît à imaginer les écrivains que l’on aimerait retrouver dans sa méditation sur l’Histoire quand des écrivains sont pris dans ses rêts et que la littérature s’emploie à la déchiffrer : WG Sebald, Robert Walser, Joseph Roth, Franz Kafka… Ce n’est pas pour être intrusif : c’’est juste qu’on se sent de la même famille de papier.

(« Walter Benjamin emporté par la foule des réfugiés, lui seul »; « Frédéric Pajak, autoportrait » extraits de Manifeste incertain III)

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commentaires

954 Réponses pour Les incertitudes manifestes de Frédéric Pajak

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2014 à 13 h 32 min

D., allez voir le film russe « Léviathan », ils y boivent la vodka au goulot comme de l’eau, un film pour vous, à voir entre deux rasades !

ueda dit: 27 septembre 2014 à 13 h 31 min

D., prétendant à la couronne francilienne de souche dit: 27 septembre 2014 à 13 h 26 min
Je n’ai jamais été sensible au physique de Brigitte Bardot, j’aime les femmes soumises, reproductrices et buveuse de vodka russe. Vive Poutine !

C’est un choix honorable.
Evidemment, c’est no sex, on ne peut pas tout avoir.

Widergänger dit: 27 septembre 2014 à 13 h 28 min

Votre méchanceté m’amuse. Je n’ai absolument aucun parcours psychiatrique. Marusa, elle, a dû être hospitalisée et elle a très bien été soignée d’ailleurs. Elle a même eu comme amant son psychiatre. Sa souffrance psychique mérite le respect et non pas ce genre de propos délirants que vous tenez à son égard et au mien. Vous êtes insignifiant.

ueda dit: 27 septembre 2014 à 13 h 26 min

B comme BERLIN dit: 27 septembre 2014 à 13 h 23 min
Des miracles,
et des fantômes…
Prositt !.

Ne croyez pas notre ami Berlin, Daaphnée.
Cafè macchiato, pas p’tit blanc.

D., prétendant à la couronne francilienne de souche dit: 27 septembre 2014 à 13 h 26 min

Brigitte Bardot partage mon idéal d’une France pour les vrais Français.
Je n’ai jamais été sensible au physique de Brigitte Bardot, j’aime les femmes soumises, reproductrices et buveuse de vodka russe. Vive Poutine !

Dimitri Armanvitchsky, Dr. psy dit: 27 septembre 2014 à 13 h 22 min

« quand je l’ai connue elle avait encore des tendances paranoïaques qui se sont vite effacées à mon contact »:
Michel Alba, quand deux paranos se croisent, on imagine mal que l’un devienne sain d’esprit. Comme vous, MLB (marie-louise broggi) entendait des voix. Vous étiez liés tous deux par votre parcours psychiatrique. Rien de négatif. Sans malades, les psychanalystes et les psychiatres seraient au chômage.
Votre contact, ne pouvait avoir de résultats positifs.

ueda dit: 27 septembre 2014 à 13 h 19 min

Citons un autre miracle historique, le Japon.

Remarquez combien en disant ça on s’attire quelques regards sombres, qui sont parfois suisses ou nippons, ils font partie du miracle, c’est tout à fait normal.

ueda dit: 27 septembre 2014 à 13 h 13 min

D. le vrai dit: 27 septembre 2014 à 13 h 05 min
Un très bonne anniversaire, Brigitte.
80 ans demain !

Elle n’a jamais été aussi belle, Dédé.

(Vous avez remarqué?, un os pareil, il s’en trouve toujours pour le ramasser)

ueda dit: 27 septembre 2014 à 13 h 08 min

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2014 à 12 h 36 min
A part que la Suisse n’est pas dans L’UE, ueda !

Dans les termes relatifs qui s’imposent à notre monde sublunaire, la Suisse a été un petit miracle historique.
Il suppose la petitesse géographique et la longue durée historique, et bien sûr, l’UE n’a ni l’un ni l’autre.

Mais chacun comprend bien que l’échec éventuelle de la Suisse, merveilleux laboratoire, compromettrait l’idée même d’une Europe comme ensemble de nature politique.

Curieuse, la sympathie qui a accompagne les tentatives séparatistes de l’Ecosse ou de la Catalogne.
Cette sympathie je la sens en moi, mais je lui serre le kiki.
Sans aller jusqu’à l’étouffement!, j’écoute son joli filet de voix avec attention.
C’est comme le biniou, je pleure un peu, mais ce n’est pas une musique pour gentlemen.

bérénice dit: 27 septembre 2014 à 13 h 05 min

11h27 « S’il donne à voir quelque chose du socle du réel… » En somme un livre serait comme un discours de politique générale, peut nous importerait qui le dit, ce qui le sous-tend mensonge vérité démagogie demi-mesure, l’identité et le parcours de l’écrivain ne revêtiraient aucune espèce d’importance qu’il soit vertueux créatif efficace condamnable condamné novateur conservateur visionnaire autre pourvu qu’il nous délivre de l’ordinaire et du quotidien projetés et reconstitués minutieusement comme base à la critique et analyse compréhensive du bouillon dans lequel nous nageons, l’auteur pressant l’agrume y ajoutant ses sels, inventant sa propre cuisine au fil de cette architecture comme si lentement le drap qui recouvrait le réel glissait pour dévoiler enfin dans une lumière nouvelle et personnelle un ici et maintenant transfigurés par sa plume à moins que ce ne soit un ailleurs lointain et dépassé qui pourrait expliquer ce à quoi nous sommes confrontés ou encore une projection plus ou moins vérifiable de ce monde qui aurait pu qui devrait naitre dans la logique inventive du fil à coudre se dévidant inévitablement suivant les lois de la gravité et des probabilités exploitables variables selon chacun et fasse vibrer en nous la petite musique enchanteresse d’un ailleurs ou d’un ici même fictif. En résumé peu importe l’expéditeur et ses intentions qui ne peuvent relever que d’une honnêteté intellectuelle du moment qu’il irradie le monde du lectorat l’invitant à un regard nouveau pour entreprendre en osmose et en oiseau sensible élevé de quelques degrés par dessus ce monde que tous nous construisons en démiurges bien inspirés et qui par conséquent reproduit dans un mouvement de va et vient perpétuel l’empreinte fidèlement traduite pour l’éternité de ce que l’humanité contient d’immuable beauté ou d’incommensurable bêtise.

Widergänger dit: 27 septembre 2014 à 12 h 59 min

Non, mais ça, ça n’a rien à voir avec de la reconnaissance sociale. C’est comme si vous réduisiez Les Essais de Montaigne à un désir de reconnaissance de Michel de Montaigne parce qu’il cherche lui aussi à naître par/grâce à l’écriture du Moi.

C’est spirituel, pas social. C’est en quelque sorte un problème d’ordre métaphysique qui ne peut pas se réduire à un besoin social de reconnaissance comme ceux qui participe à Kholenta ou à je ne sais quelle télé-réalité.

Je vous avouerai même que la reconnaissance — si ça m’arrive un jour — sociale en tant qu’écrivain, ça me fout les jetons. Je redoute ce truc-là. Je n’ai pas du tout envie d’être connu. Mais que mon livre le soit, ça oui. Mais ça n’a rien à voir avec moi. C’est un problème universel lié à la Shoah. Au contraire de ce que vous croyez, j’aimerais pouvoir m’effacer. Mais c’est impossible puisqu’il me faut dire « ce qui nous traverse ».

Le titre exprime d’ailleurs cet effacement constitutif d’une identité précaire, problématique, mise en question, travaillée de l’intérieure, fissurée de part en part, qui inclut un « je » mais au milieu d’un « nous », et un « je » incertain, un « je » qui n’existe pas encore, qui n’existera jamais sinon par les commentaires infinis qu’il peut susciter sans être pour autant de l’ordre de quelque besoin de reconnaissance sociale que ce soit, une identité évanescente comme la neige qui tombe sur Zürich, comme les peintures presque blanches de Marusa qui connaissait la même problématique d’identité incertaine qu’elle a payé par une vraie crise de folie où elle a bien failli basculer dans la psychose mais quand je l’ai connue elle avait encore des tendances paranoïaques qui se sont vite effacées à mon contact (mais sans que je le sache alors, elle était déjà atteinte de son cancer) : un problème de notre époque, qui nous vient en partie de la Shoah et de ses conséquences lointaines. C’est aussi le problème de Kafka, de Michaux et de tant d’autres. La Shoah est simplement à cet égard une loupe grossissante.

______________

Tiens, juste les deux chapitres qui suivent :

3

Elle avait laissé à la maison une paire de chaussures d’été qu’elle avait achetées à Montréal en compagnie de son amie Marta — finalement elle ne les a presque pas portées —, un rasoir dans la salle de bain, un shampoing, une encre de Chine qu’elle m’avait offerte dans son cadre, un bloc de papier à dessin format 24X32 cm, une photo numérique du lago maggiore avec un voilier aux voiles couleur ocre tirant vers le brun au centre qui sert désormais de fond d’écran à mon ordinateur, qu’elle avait retouchée et voulue en sépia pour être en harmonie avec le voilier, souvenir d’une journée d’été passée en bateau sur le lac en compagnie de son frère Yves.

En guise de plaisanterie, il avait dit, avec son accent suisse, comparant sa sœur à une sorcière : « Bei uns brent man die Hexen. » Chez nous, les sorcières, on les brûle. Et moins d’un an plus tard, elle avait été réduite en cendres ; il était allé les chercher à l’aéroport de Zürich, enfermées dans une petite boîte en bois qui trônait sous l’escalier dans le chalet avec des fleurs et désormais gît sous la terre dans le trou qui a été creusé dans le carré de la tombe de son père et de sa mère pour les trente ans à venir ; ensuite la tombe sera remplacé par une autre ; même chez les morts, les places sont comptées. A Bergün, il existe une élévation dans le paysage qui a la forme d’un crâne, une sorte de Golgotha, où la légende veut qu’on y ait brûlé des sorcières jadis.

J’aurais aimé connaître l’origine de ces objets, en approfondir les lieux où ils avaient séjourné chez elle et, dans le lent dépérissement du monde en retenir jusqu’à la plus infime trace en eux.

Au début, je me servais un peu du shampoing, puis peu à peu ces objets sont devenus des reliques intouchables. Les chaussures sont restées sous le bureau, dans la poussière qui s’accumule. Elle les avait photographiées avec une paire des miennes, un jour, sur le tapis persan où est brodée une image du paradis.

4

Le lendemain, à mon réveil, encore tout cotonneux alors que je me dirigeais vers la gare centrale de Zürich pour reprendre le chemin de Bergün avec les gouaches dans ma valise, toute la neige tombée la veille avait fondu. Un ciel dégagé s’offrait à la vue, entièrement bleu tandis que je montai dans le train. Un rabbin s’étant installé avec son épouse sur la banquette à côté de la mienne, bientôt plongé dans la lecture de la Torah, soudain le train s’arrêta, nous voilà en plein milieu du lac, les eaux nous cernant de toutes parts, le lac débordait-il ? Allions-nous pouvoir avancer ? Voilà que nous filions maintenant sur les eaux. La neige sur les hauteurs avait tracé une limite bien nette à une certaine altitude commençant d’effacer le sommet des montagnes qui surplombaient la large vallée où nous nous enfoncions ; ailleurs, d’immenses ratures blanches balaffraientt le paysage ; j’avais encore trois bonnes heures de train devant moi, l’esprit perdu dans les sinuosités de la Suisse alémanique. Il fallait changer de train à Chur ou Coire et prendre la Rätische Bahn qui passait par Cazis où elle était née en 1947. Son arrière grand-père, un émigré italien de la région de Como, était monté vers 1890 s’installer ensuite plus en amont dans la vallée de l’Albula à la tête de son entreprise de bâtiment qui construit encore, reprise par Yves, le frère de Marusa, des chalets ou restaure les anciens qui datent parfois — ce qui n’est pas rare — du XVIè siècle, comme si le temps ni les ravages des guerres n’avaient jamais atteint le pays, d’immenses et somptueuses bâtisses isolées, parfois jusque dans les hameaux les plus reculés.

Avant de nous rendre à Bergün, cet été-là, nous devions rester deux ou trois jours chez un ami à Zürich, rue de Neptune, là-même où elle avait laissé ses gouaches une quinzaine d’année auparavant lors d’une crise de folie. Elle avait un double des clés qui lui permettait de descendre chez lui n’importe quand à l’improviste au hasard de ses voyages, même en son absence. Cette fois-là, elle l’avait prévenu, nous passerions quelques jours en son absence chez lui, il devait nous rejoindre durant notre séjour. Mais Marusa oublia cette fois-là les clés à la maison chez moi. Nous étions déjà arrivés à la station Marcadet-Poisonnier pour nous rendre à la gare du Nord quand elle s’aperçut qu’elle les avaient laissées sur mon bureau. Je remontai à la maison au pas de course et redescendis aussitôt le plus vite possible, à en perdre haleine, vu que nous étions juste pour l’horaire. Nous risquions de rater le TGV. Elle m’attendait avec les valises devant la bouche du métro. Pourtant, bien que me voyant manifestement affolé et hors de moi à cause de la course improvisée et de l’horaire et de l’énervement général où son oubli m’avait plongé, elle ne se pressait pas pour autant, prenait son temps, traînant derrière sans un mot comme si de rien n’était tandis que j’imaginais déjà le pire. Mais le pire, je l’ignorais : sans qu’elle m’eût dit quoi que ce soit, elle se savait déjà malade et elle maintenait coûte que coûte les apparences pour faire bonne figure, quitte à se rendre insupportable à qui ignorait ses raisons. Elle souriait. J’étais sur le point d’exploser. La maladie nous avait déjà séparés sans que nous ne le sachions et avant même que la mort n’imprime sur son corps les marques de la terreur.

Deneb dit: 27 septembre 2014 à 12 h 36 min

Abdelkader, je suis passé hier, il faisait soleil, 27, rue du Fb Saint-Honoré, j’ai vu dans la vitrine une trançonneuse et une boite à outils gainées de crocodile. J’ai pensé à vous.

ueda dit: 27 septembre 2014 à 12 h 17 min

François de Bassompierre écrivait à H IV sur le gouvernement trop limité de l’ancienne confédération suisse:

« L’esprit lent, pour ne pas dire pesant des Suisses, les rend formalistes, considérés & tardifs en toutes leurs résolutions; mais principalement en celles d’importance »…

C’est par avance le portait de l’Union européenne.

Entendu ce matin chez Finkielkraut un dialogue particulièrement foireux sur l’Europe.

(Pour M. Court, qui n’aime pas les paroles en l’air, cette citation est tirée de l’étude de Jürg Stüssi, Das Schweizer Militärwesen des 17. Jahrhundert in ausländischer Sicht, 1982)

Deneb dit: 27 septembre 2014 à 12 h 03 min

Mimi, j’ai moi aussi mon fantôme. Je l’ai rencontré en regardant une fête paysanne de Brueghel. Pas dans un musée, mais en regardant gratuitement des livres au supermarché de Beaugrenelle. Mon fantôme mange des saucisses, boit de la bière et courtise un chien. Mon grand-père, héros de la Milice, mort pour Laval, depuis cet incident, hante mes jours. Mes nuits sont réservées au sommeil et aux rêves secs. Comme vous, j’ai une fratrie géniale. Comme vous je désire ne jamais devenir inconnu, je me suis inventé mille pseudos et mille personnalités. Ma meilleure création est JC, dans une autre vie, je le ferais vivre sur l’Ile-aux-cignes avec vue non sur le 16ème, mais sur mes fenêtres de la Tour Mamelle. Mimi, je suis en admiration devant vos connaissances en langues étrangères. Je suis dialecte cantalou langue de naissance et français langue de promotion sociale.
Comme vous, Mimi, jai le cafard. Ma collègue de bureau est devenue ma cheffe, la honte pour moi, je ne supporte pas d’ être commandé par une femme qui pourrait être ma petite-fille.

Deneb dit: 27 septembre 2014 à 11 h 48 min

Daphnée, vierge pas verge, en effet j’ai bien, quand même, une verge, ce qui me permets de pisser debout sans effort. Je n’ai pas d’orgueil phallique, je place espoirs dans la vie après la mort, quand je serais sur une galaxie catholique et délivrée du péché de chair. Eau bénite et vodka, voila mes deux mamelles. Quand Martine Le pen sera Présidente de la France, nous fermerons les frontières, et nous partirons à la Reconquêtes des colonies d’outremer. Nous créerons une Afrique Française, les Allemands en Namibie (Südwestafrica) nous ont montré le chemin. Nous enverrons les cantalous faire le travail subalterne, j’ai une grande expérience en tant que comptable.

brève dit: 27 septembre 2014 à 11 h 47 min

j’ai un bouledogue super mignon mais qui pète souvent, à chaque fois je pense à quelqu’un : prouttt, à votre avis ?

Widergänger dit: 27 septembre 2014 à 11 h 46 min

Besoin de reconnaissance sociale, non. Pas du tout. Si je pouvais publier un jour mon livre sans qu’on sache qui je suis, ce serait parfait. Mon idéal.

Reconnaissance du fantôme par le monde, oui ! Mais il ne s’agit pas du tout de la même reconnaissance.

Vous voyez les choses à l’aune de votre monde, qui n’est pas du tout le mien. Les apparences simplement vous trompent. Et si elles vous trompent, c’est qu’elles sont nécessaires pour que vous soyez trompé. Dans l’économie générale des choses, c’est certainement une mesure faite pour protéger quelque chose. Je ne chercherai même pas à vous détromper. Ce serait de toute façon peine perdue et ce serait aussi agir contre mes propres intérêts qui sont que je sois protégé. La vision que peut se faire une Clopine de la chose n’est pas seulement très drôle, c’est un discours fait pour me protéger par le voile impénétrable qu’il dépose sur tout ce que je peux écrire ici. Et c’est très bien ainsi. Clopine a sa raison d’être dans les voies impénétrables qui président à mon travail depuis tant et tant d’années (travail sur soi autant que travail d’écriture)., l’un va avec l’autre. Rien n’est plus comique que toute les sottises de la bonne Clopine qui ne comprendra jamais rien à rien. Mais ce n’est pas vraiment de sa faute, il ne faut pas lui en vouloir de quoi que ce soit. C’est simplement un être humain qui vit dans un autre monde.

La Reine des chats dit: 27 septembre 2014 à 11 h 27 min

Le trait de Pajak, sa noirceur, son inquiétude, longtemps qu’ils me parlent, même si je me soupçonne de m’y être penchée pour de mauvaises raisons (communauté d’appartenance à la confrérie des morts accidentés de la route,style Pollock ou autres), peu importe, le résultat est là.
Clopine, ce qui me dérange dans votre façon de commenter l’extrait de WGG, « vous ne trouvez pas que si on enlevait le « comme », ce serait mieux » etc : si la critique empruntait ce trajet, ce serait la condamnation à mort assurée du style, l’étêtement de la littérature et de tous les livres au nom d’un plébiscite démocratique, référendum, prise à témoin de la foule, consultation, primaire ouverte. Et quoi encore? Ecrire un livre n’a rien de démocratique. Le genre de conseil que vs pronez n’est recevable que dans le cadre d’un travail éditorial – et encore : consenti, sous le mode d’une conjugaison volontaire, vétilleuse, entre l’auteur et son éditeur. Pas un bouquet élaboré en priant la fleuriste d’y adjoindre ou d’en ôter telle ou telle fleur choisie dans un kiosque ouvert 7j/7. C’est une entité rude, dure, infrangible et cohérente, du moins lorsque c’est réussi, fût-elle constituée de fragments épars, de bouts de mosaïque mal joints, pour reprendre l’expression de WGG, construction non linéaire en apparence, kaléidoscope, qu’importe : une entité globale, autonome, irréductible même au lecteur auquel elle est destinée in fine – parfois même réfractaire en partie à l’auteur qui se collette à ce fameux « faire livre ». On ne saucissonne pas un texte de la sorte pour en faire autopsie, y mettre son grain de sel. Libre ensuite au lecteur de s’y retrouver, d’aimer,d’y adhérer, redécouper selon SES critères ou de n’y rien comprendre, rejeter – bien que même cela, comme le soulignait P.Edel, ne soit pas exempt de relativité, d’une labilité éventuelle liée aux circonstances, au temps de la lecture ou à l’âge. Critiquez le fond, attaquez la forme en profondeur, fourbissez vos réserves, vos détestations, dites que ça vous sort par les yeux! Mais cette conception qui consisterait à tenter de démonter le moteur en y suppléant ce qu’on aurait aimé y voir ou ce que nous, nous y aurions mis, pour moi est une aberration, va dans le mur. Cela consiste à finir au milieu d’un tas de pièces éparpillées, ahuri, dans l’incapacité de refaire le puzzle faute d’avoir respecté la délicatesse de l’agencement, pris le temps de l’apercevoir, de l’éprouver. Les bouquins que je n’aime pas, je les laisse tomber. Et certains que j’ai cru détester, qui ne m’ont pas accrochée, quelquefois en secret me font de l’oeil, alors j’y reviens pour voir ce qu’ils disent, si je ne suis pas passée à côté de qq chose, d’où vient ce scintillement – et quelquefois il ne se passe rien, et quelquefois la surprise est énorme. Brecht, cent fois d’accord pour l’écriteau accroché au-dessus de sa tête. Mais ma main au feu qu’il l’aurait fait avaler, sa pancarte, au premier venu lui expliquer que non, là, il n’aurait pas dû écrire ça comme ça, faire plutôt comme ci ou comme ça…Je trouve la métaphore de nager sous l’eau belle, et juste.J’ai toujours gardé en tête une lettre d’E.Carrère, où il confiait sa conviction que si on enlevait de n’importe quel livre ce que chacun à tour de rôle y trouve raté, aucune oeuvre n’existerait jamais.Pour le coup, j’avais trouvé ça très parlant, très intelligent, d’une humilité réelle et d’une belle hauteur. Peut-être est-ce d’ailleurs grâce à cette lettre, si je me ré-essaierai au « Royaume » dans qq temps, alors que le livre ne m’a pas bcp plu (ma réserve ne se nourrissant aucunement de ces pages prétendûment porno, dont l’espèce de naiveté bravache, frisant la crise d’adolescence, m’a davantage fait rire que consternée). Bien sûr que vous avez raison, Paul, par ailleurs seul le texte compte, peu importe la vie des gens. Sauf que je pense que les livres SONT véritablement les gens qui les écrivent, au moment où ils les écrivent! Et je me fiche que l’auteur soit un salaud, un ivrogne, un maniaco-dépressif passant 23 ans à trier des haricots avant de mourir dans la neige, atrabilaire, mystique, chrétien, obsédé sexuel, dévot, schizo, un modèle d’équilibre et de droiture, un pauvre type, un camé, une blonde, un homosexuel ou un prince de sang, si son livre réussit à traduire quelque chose de nous et du monde, un trouble, une solitude, un désespoir ou une promesse d’espérance, une peinture sociale, une drôlerie voire une méchanceté exemplaires, s’il donne à voir, en entier ou sous forme d’éclat, qqchose d’un socle du réel, de l’ici et du maintenant. Pas le temps d’en reparler aujourd’hui, ms j’ai trouvé votre lecture de Dostoievski intéressante, bien qu’extrêmement partisane,vous sélectionnez bien entendu là-dedans ce qui vous gêne quand moi, je vais à ce que j’y trouve – mais d’accord sur Tchekov, et mieux encore, sur Boulgakov, qu’on ne devrait en théorie pas pouvoir aimer de conserve, tant leur ADN diffère. Et pourtant.Un de ces petits miracles, de ces non antagonismes obligés permis par la lecture, et c’est heureux comme ça! Quant à ne pas connaître ceux qui écrivent afin de ne pas risquer d’être influencé ou déçu, pour moi la question ne tient pas,j’en suis depuis toujours naturellement, géographiquement coupée, puis lorsque je lis, je suis en effet retranchée entièrement dans la bulle du livre. Mais vous, qui avez vécu par nécessité ou par choix, au milieu d’eux, quid de cette neutralité? M’apercevoir, après avoir cherché des précisions sur la « Marusa » évoquée par WGG, que ML a été capable de la filmer marchant dans l’eau, cheveux blonds aux épaules, en corsage aubergine et pantalon noir qu’elle peine à remonter pour éviter de le mouiller, en 2008, à Royan, je crois, m’a émue, pour autant n’écorne ni ne modifie rien de spectaculaire ni d’essentiel! C’est un prolongement sans risque de fraction du noyau. Je le lis tjs pareil, après, ou c’est que je l’aurais bien mal lu, avant. Cette donnée supplémentaire, cet enrichissement nouveau seulement intégrés dans mon logiciel intérieur.Comme m’avait frappée, Dieu sait pourquoi, une petite phrase, à la suite d’un de vos posts, en l’occurrence bourré de fautes de frappe dues à la mauvaise vue. Vous aviez écrit: « je n’avais pas mes lunettes, une amie qui m’apporte mon café et un biscuit à la cuiller m’a corrigé ». C’est cet « une amie qui m’apporte mon café et un biscuit à la cuiller » qui inexplicablement (ou au contraire de façon très explicable) avait soudain touché quelque chose de vif en moi. Ni attendrissement particulier, ni trémolo à la grosse sauce émotionnelle – mais brusquement, au détour d’un paragraphe, de façon imprévue, un indice, renseignement, croquis, polaroïd qui sonne plein, jette sur l’ensemble une coloration charnelle, humaine et crédible qui fait sens. C’est quand même ça, la lecture, non? La tentative de dissoudre un peu de cet isolement tuant, universel.
P.S L’amie qui vous apporte le café, gardez-la, surtout.Une excellente amie. (Le fait de penser au biscuit à la cuiller dit tout ou presque)

ueda dit: 27 septembre 2014 à 11 h 24 min

Deneb dit: 27 septembre 2014 à 11 h 19 min
j’ai décidé vers 13 ans, de devenir verge pour le restant de mes jours

Théologie du phallus?

ueda dit: 27 septembre 2014 à 11 h 21 min

Ce qu’il y a de commun dans le roman de Jacques et celui de WG, c’est la thématique du trou.
Trou physique, trou métaphysique.

Une collection « Asshole of the world », j’écris ça avec admiration.

J’avais trouvé que le titre suggéré par WG lui-même était le bon:
« Bordel de Shoah ».
Ce commentaire réfléchi a été sucré, c’est dommage.

Il y a, comme on dit, quelque chose à creuser.

Deneb dit: 27 septembre 2014 à 11 h 19 min

Barozizi, vos aventures nocturnes me dégoutent. Le sexe c’est fait pour se reproduire. Ainsi, vu mon QI et mes moyens économiques, j’ai décidé vers 13 ans, de devenir vierge pour le restant de mes jours. Mimi et JC, mes héros, pourraient me faire changer d’avis.

bouguereau dit: 27 septembre 2014 à 11 h 18 min

« Je te lis, moi non plus. »

joli..ce qui me sidère c’est que mettons qu’il y ait du défi chez baroz mithridate chez dracul il y a une espèce d’horreur dans le geste et une nausée a lire les réponse..certes j’ai un petit estomac zouzou..le jésus et le ricard ça prépare pas a tout

Une pov'normande ben rouillée dit: 27 septembre 2014 à 11 h 17 min

Je ne m’étonnai même pas qu’un tel organe pût me pénétrer sans difficulté. Tout se passa avec aisance. Il m’empala longuement. Il me fit tournoyer sur moi-même. Et tressauter de bas en haut. Il m’encula de face, jambes en l’air, et de dos, les fesses bien cambrées. Il me prit sous tous les angles et dans toutes les positions. Il se remuait en moi avec frénésie. Il râlait bestialement tandis que je l’exhortais par des paroles grossières. Je disais que j’étais une salope, qu’il pouvait me l’enfoncer jusqu’au bout, que j’aimais ça. Quand il poussa son chant final et se retira, je ne fus pas surpris de le voir céder la place à un autre homme derrière lequel se profilait la file des guerriers.
Au petit matin, épuisé, je tombai à genoux et remerciai béatement sainte Elasticité.

C’est pas mon cochon qui m’tirbouchonnerait à cet’allure nom de d’là!

ueda dit: 27 septembre 2014 à 11 h 15 min

bouguereau dit: 27 septembre 2014 à 11 h 03 min
ose dire que ce n’est pas la honte que vous partagez avec dracul..

« Je te lis, moi non plus. »
Pas mal.

Deneb dit: 27 septembre 2014 à 11 h 14 min

D., c’est M le maudit
M wie Mörder
Ducornaud, tu fais du mal à ma réputation d’homme de culture.
Aujourd’hui, je fais jeûne, vodka, que du liquide. Demain dimanche, j’vas cuisiner cantalou, mon budget: 6 € 9 centimes

bouguereau dit: 27 septembre 2014 à 11 h 12 min

Tu fais aussi dans l’auto-gratitude ?!

tes entrées sont réussis..ta première tirade acceptable et aprés ça manque complétement de panache..

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2014 à 11 h 11 min

Vous vous souvenez du début de mon roman « Anus Dei » ?

Cela se passa dans une belle oasis, à l’orée d’un désert. J’errais parmi les survivants d’un horrible massacre qui avait opposé deux tribus rivales se disputant le même territoire. Seuls les plus vigoureux guerriers étaient encore en vie. Les femmes, les enfants, les vieillards et les hommes les plus faibles avaient péris. Les vainqueurs, ivres de sang et d’alcool s’étaient radoucis.
C’était par une nuit de pleine lune. En pénétrant dans le campement, j’ai vu un âne qui bandait ostensiblement. A mon approche, il s’agita si violemment qu’il parvînt à rompre la corde qui le retenait à un pieu fiché en terre. Puis il détala comme une flèche en direction du désert, en poussant d’effroyables braiments. Je sus dès lors que tout pouvait arriver.
Dans le campement, je découvris des groupes d’hommes avachis au sol, au centre d’amoncellements de bouteilles vides. Certains parvenaient encore à marmonner des paroles incompréhensibles à la lune, d’autres ronflaient bruyamment. La nuit était déjà bien avancée. Mon père se tenait debout contre un arbre en grande discussion avec un homme plus jeune que lui. Quand il me vit, il abandonna son compagnon et vint vers moi en titubant. Non sans grâce. Il tenait une bouteille dans la main droite. Ses yeux parlaient pour lui. Instinctivement, je me raidis et pris une allure froide. D’une voix pâteuse il me supplia de venir me promener avec lui sous les arbres. Il voulut me faire boire. Je refusais. Il se fit de plus en plus suave. J’étais gêné, car je surpris plusieurs regards qui nous observaient dans le noir. Enfin nous nous éloignâmes. Quand nous nous retrouvâmes complètement isolés au milieu du bois, il commença à me caresser avec une très grande douceur. Le contact de ses doigts rugueux m’enflamma. Etait-ce à cause de l’énorme astre au-dessus de nos têtes ? De la tiédeur nocturne après une journée brûlante ? Des parfums balsamiques qui embaumaient l’air ? Je fus saisi d’un désir sauvage, jamais ressenti à ce jour, et m’offris alors sans pudeur, sans plus de retenue.
Je ne m’étonnai même pas qu’un tel organe pût me pénétrer sans difficulté. Tout se passa avec aisance. Il m’empala longuement. Il me fit tournoyer sur moi-même. Et tressauter de bas en haut. Il m’encula de face, jambes en l’air, et de dos, les fesses bien cambrées. Il me prit sous tous les angles et dans toutes les positions. Il se remuait en moi avec frénésie. Il râlait bestialement tandis que je l’exhortais par des paroles grossières. Je disais que j’étais une salope, qu’il pouvait me l’enfoncer jusqu’au bout, que j’aimais ça. Quand il poussa son chant final et se retira, je ne fus pas surpris de le voir céder la place à un autre homme derrière lequel se profilait la file des guerriers.
Au petit matin, épuisé, je tombai à genoux et remerciai béatement sainte Elasticité.

bouguereau dit: 27 septembre 2014 à 11 h 10 min

Maintenant Clopine, j’aimerais bien lire quelques pages de l’un de vos projets

des menaces..relis biens ce sont des menaces..car il est bien question de les paster ici

ueda dit: 27 septembre 2014 à 11 h 09 min

D. dit: 27 septembre 2014 à 11 h 00 min
Maintenant Clopine, j’aimerais bien lire quelques pages de l’un de vos projets. Je vais souvent sur votre blog et j’avoue que vos proses me sont souvent agréables.

Ça me rappelle un film qui s’appelait « D le maudit ».
Petites filles, grand manteau, sucreries dans la poche.

bouguereau dit: 27 septembre 2014 à 11 h 04 min

Tiens! il s’est reconnu…

je suis trés bon public rénateau..j’applaudis facilement..j’ai de la gratitude pour celui qui paie de sa personne moi

bouguereau dit: 27 septembre 2014 à 11 h 03 min

ce n’est que le sceptre du pouvoir..il est mû par le peuple grace a la puissance du ricard et du porc..ose dire que ce n’est pas la honte que vous partagez avec dracul..vous vous en moquez et lui même s’en moque.. »pauvre type qui se prend pour un écrivain » « enculé de lecteur »..on est en plein xxi eme siecle..certes

D. dit: 27 septembre 2014 à 11 h 00 min

Maintenant Clopine, j’aimerais bien lire quelques pages de l’un de vos projets. Je vais souvent sur votre blog et j’avoue que vos proses me sont souvent agréables. Il y a de l’humour, de la dérision, du sentiment.

bouguereau dit: 27 septembre 2014 à 10 h 55 min

vous y rencontrerez les esprits des chamans du Néolithique

les esprits les esprits..t’es trop intello à petites lunettes à la lénone dédé

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2014 à 10 h 54 min

Avez-vous vu sur l’illustration 1, la tête de mort voilée qui engloutit le crâne du pauvre Walter Benjamin, qui en a le regard glacé !?

brève dit: 27 septembre 2014 à 10 h 52 min

parmi les beaufs, il y en a de beaux, les beaux- beaufs, il y en a aussi de moches comme bougue-rototo et JC le disparu-revenu, ce sont des beaufs-moches… ou laids-beaufs

D. dit: 27 septembre 2014 à 10 h 52 min

Je peux vous dire, Clopine, que vous avez tort de ne pas croire aux fantômes. Je suis d’ailleurs un spécialiste en la matière et de bien d’autres sujets touchant au paranormal.
Le fantômes existent bel et bien, assez rarement sous leur forme la plus aboutie, silhouette ou le corps.
Mais nous sommes traversés sans cesse par ces esprits, sans que nous nous en rendions compte. Souvent des centaines de fois par jour, et il n’y a pas que des humains, mais aussi des animaux, grands et petits, et tout cela vient de tous les temps. Ne croyez pas qu’en traversant une tourbière déserte vous pourrez vous tenir éloignée de tout cela, vous y rencontrerez les esprits des chamans du Néolithique et de bien d’autres. Il n’y a que l’espace interstellaire et intergalactique qui soit à peu près vide et tranquille -et encore.

Giovanni Sant'Angelo dit: 27 septembre 2014 à 10 h 50 min


…un bon lien,!…les travaux et les jours,!…à tricoter et détricotés,…les Apocalypses en pelotes,!…bien grosses,!…

…l’Apocalypse des têtes à noeuds,…pour travaux et aiguilles,!…pas de quoi se monter en épingles,!…pour un brochage,!…

…le vin en poupe un client content, qui ne s’exprime qu’ivre de joies,!…en purée de poix,!…c’est pour un collage,…poser vous sur la tranche, du cuir, du velin,…pour l’éternité,…

…le contenu égal le contenant,…les fleuves de merdes,…de quoi traverser sur des arcs-boutants,!…en diligences,!…Ollé,!…Ah,!Ah,!..Bip,!Bip,!…etc,!…Go,!…

…les immigrés,!…pour remplacer les autochtones qui sont partis, voir ailleurs,!…les variétés d’humanismes,!…
…le futur,…des çà ira, çà ira,…en nombres pour réduire l’Optimum à Paretto, à une pelote à tricoter,!…à l’endroit, à l’envers, cousue mains,!…
…un attaché-case,…porte-couilles pour l’hiver en laines,!…doublé de vachettes,!…cordon bleu,!…Ah,!Ah,!…qu’est ce qu’il dit,!…
…un gros, porte-bonheurs à monnaies,…les billets pour l’€culs,!…Go,!…
…l’amorçage ou la pêche,!…au gros,!…au terreau,…remonter le filet,…Oui,…dans la bassine,!…à transvaser,!…etc,!…le lien,!…

…bras dessus bras dessous,!…etc,!…envoyez,!…

bouguereau dit: 27 septembre 2014 à 10 h 46 min

C’est la couleur du ciel, de l’UMP, du Roy

le roy c’est françois dédé..dailleurs t’y vois décidément que du bleu

bouguereau dit: 27 septembre 2014 à 10 h 44 min

Ils ne craignent plus rien et vivent désormais leur propre vie et moi la mienne !

ou c’est par humilité ou c’est par espoir de se durcir la couenne..ou l’on espère s’ameliorer ou l’on souhaite pouvoir s’en foutre et dormir..c’est ça que vous partagez tout deux a citer et commenter dracul sinon : l’espoir de vous endurcir de vous saouler d’indifference..avec du recul vous et dracul dans la picture..c’est pas jojo

jean claude dit: 27 septembre 2014 à 10 h 30 min

@JC « Vivre de la vente de livres !!! Y a pas pire …à part la prostitution. »

jc le beauf dans toute sa spendeur! Pathologique son besoin de ch ier son illusion d’aller à contre-courant pour paraître intelligent …

Clopine dit: 27 septembre 2014 à 10 h 28 min

Bien sûr, Jacques, vous avez raison ; mais néanmoins, si je pouvais échapper à la syphilis… Et la relation de WGG à son dieu est syphilitique (à mon sens !)

Néanmoins, je vous rejoins ici : moi aussi, j’aime l’ivresse des mots : à notre guise…

Scène normande dit: 27 septembre 2014 à 10 h 25 min

c’est ici que j’ai commencé à divaguer, et qu’un internaute a versé des sous sur un site, pour que je puisse publier ces textes (je n’y pensais pas avant !!!) – Trouillefou

A Epreville, sur le parvis de l’église une femme en haillons.

– La normande, un mauvais fichu jusqu’aux yeux: à vot’bon coeur m’sieur dames, j’suis qu’une pauv’paysanne qu’à un cochon qu’est trop gros.
– Le choeur: Pauvre femme!
– Le Bardelé: Tenez ma bonne, prenez mes bourses.
– La normande pliée à grand peine sur son ventre qu’elle a trop gros: Merci mon beau seigneur, Dieu vous le rendra.

Dans la chaumière.
Le normand: j’allions tué le cochon et remiser la farine, v’là t’y pas que la femme s’en r’vient avec un sac plein d’écus sur l’épaule! Nom de d’là!

brève dit: 27 septembre 2014 à 10 h 24 min

vlatipas que le JC nous refait le coup de nous quitter définitivement… pour revenir sous d’autres pseudos; il nous/vous prend vraiment pour des cons alors qu’il en est le ROI

casoaràcasque dit: 27 septembre 2014 à 10 h 18 min

JC, Bougre de coquin concupiscent polymorphe ! Cette description n’est pas sans rappeler la série de tableaux intitulée Le Cauchemar.

Proustine dit: 27 septembre 2014 à 10 h 12 min

mais pas de manière « travaillée », comme j’ai pu le faire après.Clopine

Ah, là, là, qu’est-ce que l’on aime les travailleuses du texte!

JC..... dit: 27 septembre 2014 à 10 h 12 min

C’est effectivement -le besoin de reconnaissance- un attachement dérangeant que le vrai bouddhiste que je suis, n’éprouve pas.

Clopine dit: 27 septembre 2014 à 10 h 11 min

Jacques, nous quitter pour nous retrouver, d’accord, mais pas dans une promesse d’au-delà qui, à mon sens, est la cause principale du tourment des hommes. La relation de WGG à son dieu me fait froid dans le dos. Or, je préfère le frémissement de l’eau courante à la glace empesée qui fige la mémoire. Et c’est ce que, année après année, WGG nous somme de faire, dans un paradoxe qui n’étonnera que ceux qui n’ont jamais entendu parler de la pulsion de mort, ce Thanatos dont je me détourne résolument. Le paradoxe est que WGG est une « furie » (au sens mythologique du terme), qui manie le fouet, pour nous forcer, nous pauvres mortels n’est-ce pas, à nous figer dans la glace…

La pauvre Marusa sous la neige n’aura même pas le droit de fondre.

JC..... dit: 27 septembre 2014 à 10 h 07 min

Juste avant de vous quitter, définitivement :

– Clopine, je vous prie de me pardonner toute ces insultes, méritées, à votre égard : c’est la jalousie qui me fait jurer ! Vous savoir toutes les nuits entre les bras de ce bon à rien de Clopin, sous le regard du Nègre à Grandes Oreilles me rend fou d’envie, de désir et de concupiscence bourgeonnante … Je vous aime ! Me pardonnerez-vous ? Un jour, peut être, à l’asile des fous d’amour ?

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2014 à 10 h 05 min

« c’est ici que j’ai commencé à divaguer, et qu’un internaute a versé des sous sur un site, pour que je puisse publier ces textes (je n’y pensais pas avant !!!) »

Les voies de D.ieu sont impénétrables, dirait ML, moi je penserais plutôt les voies de l’inconscient, Clopine !

JC..... dit: 27 septembre 2014 à 9 h 58 min

J’adore l’argent ! Ah ! faire rouler des doublons espagnols entre mes mains décharnées par les travaux des champs …

Non ! mais sérieusement ! Vivre de la vente de livres !!! Y a pas pire …à part la prostitution.

Clopine dit: 27 septembre 2014 à 9 h 57 min

Jacques, pas ici, pas sur ce blog, tout de même : les textes des « petites histoires » ont d’abord été mis en ligne sur mon blog, certes, mais pas de manière « travaillée », comme j’ai pu le faire après. Votre remarque serait plus juste pour la Recherche Racontée : c’est ici que j’ai commencé à divaguer, et qu’un internaute a versé des sous sur un site, pour que je puisse publier ces textes (je n’y pensais pas avant !!!)

L’entreprise de WGG est certes estimable, mais elle ne peut me toucher en rien : ni son sujet enfoui (la grand’mère morte pendant la shoah), ni son sujet contemporain (une histoire d’amour sur fond de mort, de solitude et de rencontres virtuelles), ni la personnalité de son auteur (un érudit imprécateur un brin fêlé, d’accord nous le sommes tous mais WGG obtient la palme haut la main) ne m’attirent vraiment. J’éprouve même une sorte de malaise, vous savez, un peu comme lordsqu’on va voir un ami qui « se repose un peu » dans un hôpital psychiatrique : cela m’est arrivé.

J’avais cueilli, avant de partir, de grandes branches de groseilles et de cassis, surchargées de petits fruits ; et je portais une robe bleue, intense et au tomber lourd, qui me forçait à redresser les épaules. Je me suis sentie, non seulement déplacée, incongrue (ça, j’ai l’habitude), mais encore presqu' »accusatrice », oui c’est cela : comme si le soin dont j’avais entouré ma visite, apportant un peu de mon jardin, me mettant, par ma toilette, un peu en avant, tentant de rappeler la clarté du « dehors », ne faisait que renforcer l’obscurité dans laquelle étaient plongés les patients de ce sinistre endroit, enfermés « dedans ».

Evidemment, l’équipe soignante m’a « sauté dessus », m’accueillant à bras ouverts comme si j’étais le printemps en personne, et mon ami déprimé (tentatives de suicide…) m’a largement récompensée de mes efforts maladroits par un sourire hésitant, d’abord, puis plus large, et enfin il a commencé à dépouiller les branches de leurs fruits, et m’a annoncé qu’il partagerait avec les autres malades. J’étais du même coup justifiée, mais cependant : quel abîme.

Le livre de WGG sera sans doute érudit, tourmenté, glacé et brûlant à la fois, allez savoir. Mais je ne crois pas une seule seconde qu’il puisse s’adresser à quelqu’un comme moi, qui ne crois pas une seule seconde aux fantômes, et qui approuve, tenez, un livre de l’Oubli tel qu’il a été évoqué ici, écrit par une toute jeune fille…

Je m’étonne, non de votre admiration, mais de l’intérêt passionné que vous mettez à l’affaire. Les thèmes évoqués par WGG ont été tant de fois et tant de fois utilisés dans notre littérature contemporaine. Sa voix est sans doute singulière, mais cependant ? Vous, Jacques, qui semblez si à l’aise dans votre vie parisienne, avec comme cet équilibre qui se reflète dans votre manière de marcher, dansante et calme, vous auriez besoin, vraiment, de ces fantômes-là ? Ou bien est-ce la concommittance du projet de WGG avec son appartenance à ce blog, qui vous réjouit tant que vous saluez la naissance du bébé, avant même que les douleurs n’aient commencé ?

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2014 à 9 h 55 min

Mais d’où te vient JC cette haine de l’argent ?
Vois le cas de cette pauvre directrice d’école qui est inculpée pour avoir pris sa mission éducatrice trop à coeur en permettant à ses élèves d’entrer de plain-pied dans le monde du travail lucratif. Ne mérite t-elle pas plutôt une médaille ?

JC..... dit: 27 septembre 2014 à 9 h 49 min

Ecrivain professionnel ? C’est rabaisser l’art d’écrire à faire le gigolo ou la pute, deux professions rémunératrices, je l’admet et le comprend bien volontiers !

casoaràcasque dit: 27 septembre 2014 à 9 h 48 min

les Chrétiens de France, ça n’est plus ce que c’était. Dans le pire des cas, on pourra tjrs tenir une boulangerie en Islande. Jacques, vous vous occuperez de la caisse.

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2014 à 9 h 45 min

« pense à ceux qui tiennent un Journal, pense à ceux qui se foutent d’être lus »

Chaloux te dirait que c’est toute la différence entre un écrivain amateur et un écrivain professionnel, JC, et il t’adjoindrait de traverser le fleuve à la nage pour aborder au doux rivage de la consécration !

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2014 à 9 h 37 min

Paul Edel a fait de même avec ses chroniques romaines ou bretonnes, devenues par la suite des livres, Clopine, et, à tout seigneur tout honneur, Passou aussi, dont j’ai retrouvé dans ses « Vies de Job » des morceaux entiers de ses notes publiées ici même en avant-première.

JC..... dit: 27 septembre 2014 à 9 h 33 min

Pour revenir aux choses sérieuses, ne pensez-vous pas que l’expression de Boubakeur (lors de cette pitrerie surjouée devant la Grande Mosquée), est la confirmation consciente/inconsciente d’un refus d’intégration à la Nation ?

En effet, parlant de « Musulmans de France » au lieu de « Français musulmans », il place -ce qui est en accord parfait avec les textes saints- l’appartenance à la religion avant l’identité nationale !

Les choses sont claires pour ceux qui ne sont pas borgnes …uhuhu !

casoaràcasque dit: 27 septembre 2014 à 9 h 26 min

WGG parviendra t’il à charmer et convaincre l’impitoyable jury agricole et forestier de l’académie Clopine ? Rien n’est moins sûr. Il devra notamment abjurer sa vision pro-israélienne, mettre des sabots, changer de pseudonyme (trop allemand)…

Proustine dit: 27 septembre 2014 à 9 h 21 min

pense à ceux qui tiennent un Journal, pense à ceux qui se foutent d’être lus par des connasses, genre l’idiote normande agricolo-proustienne !

C’est bien mon cas, Journal d’un corps de dame, damned!

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2014 à 9 h 16 min

casoaràcasque, c’est la vie qui est tour à tour divine et diabolique, je n’en suis qu’un simple greffier-traversé !

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2014 à 9 h 07 min

Clopine, la plupart de mes « goûts » se sont écrits en direct et sont passés au crible du « feu purificateur » de la RDL avant publication. Ainsi que des pans entiers de mon roman encore en devenir…
Ils ne craignent plus rien et vivent désormais leur propre vie et moi la mienne !

JC..... dit: 27 septembre 2014 à 9 h 06 min

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2014 à 8 h 55 min
« On ne met pas un enfant au monde pour soi-même, JC ! »

Je ne vois pas ce qui justifie une telle réflexion : pense à ceux qui tiennent un Journal, pense à ceux qui se foutent d’être lus par des connasses, genre l’idiote normande agricolo-proustienne !

Clopine dit: 27 septembre 2014 à 9 h 00 min

Jacques, j’en tremble : M. Court, vraiment ?

En lisant Alba en long et en large, je me disais qu’on n’avait qu’à tous faire de même : balancer ici nos brouillons (bon, lui dit que ces premières pages sont gravées d’ores et déjà dans le marbre, m’enfin il changera peut-être d’avis quand son futur éditeur, fourni par Bloom, lui suggèrera quelques modifications ?) et attendre les réactions ; comme dit WGG, c’est un truc assez inédit…

Et je vous préviens d’avance : j’en ai au moins quinze, moi, des projets plus ou moins avancés. Tremblez, carcasses de simples mortels ! Il faudrait aussi que Jacques Chesnel nous copiecolle ses textes si drôles, et puis que tous les autres sortent leurs manuscrits des tiroirs où ils reposent à côté des espoirs déçus… (sauf Jcé, évidemment, qui ne sait pas ce que c’est qu’un livre, ni un projet de livre, ni un rêve de livre. Tout au plus conçoit-il les éditos du journal Minute, en quelque sorte…)

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2014 à 8 h 44 min

Déjà, cette nuit, deux miracles : saint Bloom et saint Abdel réunis autour de ton berceau renaissant, ML !

Jacques Barozzi dit: 27 septembre 2014 à 8 h 40 min

« Marseille : une directrice d’école soupçonnée de proxénétisme »

Madame Claude à l’école !

JC..... dit: 27 septembre 2014 à 8 h 14 min

Questions qui vont probablement te paraître stupides, ami : pourquoi publier ton roman ?

L’écrire, le faire naître, ne te suffit donc pas ? Il pourrait être édité sans être diffusé comme tu le sais … Ainsi, tu tiens à « faire savoir » ? A qui ? Pourquoi.

Je compte sur ta compréhension pour pardonner ma franchise qui n’a rien d’agressive, tant je te félicite de tenter cette expérience !

Widergänger dit: 27 septembre 2014 à 8 h 02 min

En tout cas, ce qu’on peut dire, c’est que si mon roman voit effectivement le jour un jour :
1°) il sera passé au feu purifiant de la Rdl avant même d’être publié, procédure tout de même inédite sur la terre jusqu’à présent, à ma connaissance;
2°) j’aurai certainement la plus grande trouille de ma vie quand il sera publié parce que je serai alors séparé à tout jamais de l’enfant que je porte en moi et qu’il lui faudra vivre de sa propre vie, et moi de mon côté sans lui. Ce sera une épreuve, je le sais. La plus grande épreuve de ma vie très certainement.
3°) Les commentaires qu’il suscitent depuis tant d’années… L’appareil critique du roman en question, bonjour les dégâts… La Rdl comme appareil critique… sur des années… Ça va être drôle !

casoaràcasque dit: 27 septembre 2014 à 7 h 38 min

« Ainsi je suis tombé un jour moi-même
hors de ma folie de vérité,
hors de mes désirs du jour,
las du jour, malade de lumière… »

Widergänger dit: 27 septembre 2014 à 7 h 38 min

Merci, Bloom en tout cas pour l’offre généreuse. J’y suis sensible, croyez-le bien. Mais j’ai toujours eu l’habitude de ne compter que sur D.ieu… C’est plus sûr. Enfin, qui vivra verra comme on dit. Mais c’est très aimable de votre part. Je vous en remercie chaleureument. Vraiment.

Bloom dit: 27 septembre 2014 à 7 h 15 min

Un soleil de meurtrissure des jours durant
Puis subitement la pluie.
Un fil électrique se brise et l’obscurité m’engloutit,
Elle est chez elle sur cette terre
De sel et de marais anciens,
Où des tribus torpides se rafraichissaient l’âme
Comme les buffles dans l’eau peu profonde;
Allongé, immobile, je les rejoins
L’esprit vide, une brise moite m’enveloppe
D’une fine fraicheur. Les limites de mon corps
Sont devenues celles de mon monde.

Sapin & Rebsamen, duettistes dit: 27 septembre 2014 à 7 h 00 min

« Bon, mais ça va demander du budget tout ça ! »

Déficit pour commencer. Emplois aidés pour les femen. A suivre.

casoaràcasque dit: 27 septembre 2014 à 6 h 36 min

Je pense à WGG pour garder le pôle femen. C’est un bon coq, avec lui elles pondront quantité d’œufs. Avec Jacques le goupil aux aguets. Bon, mais ça va demander du budget tout ça !

JC..... dit: 27 septembre 2014 à 6 h 27 min

Excellente idée, se servir de Clopine !

On pourrait lui confier la gestion d’un collectif de femmes (elle va adorer) avec Bérénice, Rose, Christiane, Chantal, Daaphnée … ce sera le bordel ! Pendant ce temps là, on sera tranquille.

Vous prendriez la responsabilité de contrôler ce maelstrom sextoyiste ?

JC..... dit: 27 septembre 2014 à 6 h 16 min

Casoaràcash, voulez-vous, sur ce roman, être mon nègre littéraire ? On engage Bouguereau pour la partie technique, D pour l’aspect moral de la révolte, Court pour le lien avec les libertins pré-révolutionnaires, Popaul pour une bonne critique bien rémunérée, ueda pour les passages TV, les interviews étrangers, les retombées cinéma …

JC..... dit: 27 septembre 2014 à 6 h 06 min

« La Révolte des Sex-toys » ?

C’est loin de ce que l’esprit humain attend depuis Héraclite et Bouddha… !

Mais j’avoue que le tirage des œuvres de Valérie, le revenu qui en découle, le coup de vent qui en résulte…. c’est tentant !

Attendons. Réfléchissons. Nous sommes encore trop jeunes pour saisir tout ce que peuvent faire des sex-toys devenus intelligents par la lecture quotidienne du Monde, et l’asservissement humain qui suit.

Il y a matière à fabuler …

casoaràcasque dit: 27 septembre 2014 à 5 h 58 min

Il faudra quand même développer cette idée de roman érotique basé sur les nouvelles technologies. C’est que l’on pourrait en faire plusieurs tomes, des best sellers à foison ! Puis on peut y mettre aussi le Sénat si vous le désirez

JC..... dit: 27 septembre 2014 à 5 h 58 min

Le politico-mediatique se félicite d’une manifestation ratée de quelques centaines de personnes à Paris.

Le politico-médiatique se désole de manifestations réussie de plusieurs centaines de milliers de personnes à Paris concernant l’union des invertis.

Dame ! Il était important que Schwarzenegger puisse « épouser » Conchita Wurst et Fourest, la Boutin !

casoaràcasque dit: 27 septembre 2014 à 5 h 41 min

Mais brève elle, est tjrs là pour vous emmerder à ce que je vois, JC. Qui Est-ce, une sorte de chienne de garde ?

JC..... dit: 27 septembre 2014 à 5 h 37 min

A 92 ans aujourd’hui, moi-même, je crève

…d’une insolente santé : celle que le Bon Dieu réserve aux cons ! Portez-vous bien, mes petits choux !

JC..... dit: 27 septembre 2014 à 5 h 33 min

La manifestounette devant la Grande Mosquée indique clairement ce que pensent ceux qui sont venus, et surtout, ce qui sont restés chez eux.

La France crève

Bloom dit: 27 septembre 2014 à 4 h 32 min

Allez-y, ML, continuez à écrire. Et si vous avez besoin d’un coup de pouce pour qu’il atterrisse aux bons endroits, je pourrai vous suggérer quelques pistes.

Romain Dugard dit: 27 septembre 2014 à 3 h 33 min

dîtes vos histoires de machin, ça me rappelle ce verlaine

Monsieur Prud’homme

Il est grave, il est maire et père de famille,
Son faux-col engloutit son oreille, ses yeux
Dans un rêve sans fin flottent insoucieux
Et le printemps en fleurs sur ses pantoufles brille

Que lui fait l’astre d’or, que lui fait la charmille
Où l’oiseau chante à l’ombre et que lui font les cieux
Et les prés verts et les gazons silencieux.
Monsieur Prud’Homme songe à marier sa fille,

Avec Monsieur Machin, un jeune homme cossu,
Il est juste milieu, botaniste et pansu
Quant aux faiseurs de vers, ces vauriens, ces maroufles,

Ces fainéants barbus mal peignés, il les a
Plus en horreur que son éternel coryza
Et le printemps en fleurs brille sur ses pantoufles.

et je n’ai jamais su dire si les deux derniers quatrains concernaient Machin ou Prud’homme. Un vais

abdelkader dit: 27 septembre 2014 à 2 h 23 min

Alba, j’aime votre style éclectique…si si…et le monde a besoin du roman définitif sur Auschwitz…quoique pas dans le style de Mme Bovary…tain…laissez le pauvre Flaubert tranquille…il a bien mérité son repos…non, si j’ai une suggestion, ce serait plutôt de mettre en valeur le style ‘collage’ de votre roman, a la Dos Pasos…comment ? j’étais sur que vous aviez lu JDP…pas grave…je pense même qu’un extrait du catalogue Black & Decker , section outils de jardinage, inséré a un endroit propice et stratégique du récit, donnera un effet ‘nouveau roman industriel’ a votre œuvre…vos lecteurs seront abasourdis et surpris…car c’est en fait ca qui manque au roman français : il ne nous surprend plus…enfin, j’dis ca hein… c’est votre bouquin, après tout…mais continuez, vous êtes sur la bonne voie…

Giovanni Sant'Angelo dit: 27 septembre 2014 à 1 h 38 min


…j’ai la tête à mes livres,!…merci de vos diversions,!…etc,!…
…bonne nuit,!…à toutes nos constellations,!…

Giovanni Sant'Angelo dit: 27 septembre 2014 à 1 h 10 min

…@,…Romain Dugard,…à…0 h 19 mn,…0 h 20 mn,…0 h 29 mn,!…

…adorables,…faire gros dos,!…avec les premiers besoins à casser du sucre,…dès que les textes sont ambivalents,!…en gauloiseries,!…

…déjà un client content,…purée de poix,…qui ne s’exprime qu’ivre,…
…un lien sur mon livre en cour de lecture,…( sans amalgames , que le raisin au fût ),…

… » Les Arts du Vin « ,…Crédit Communal, Bruxelles 1995.

…le rire avec ou sans vin,!…un degré d’échelon,!…etc,!…

Romain Dugard dit: 27 septembre 2014 à 0 h 20 min

Giovanni Sant’Angelo dit: 27 septembre 2014 à 0 h 08 min


…vivre ivre,…la tête aux passions,…sans se faire siphonné,…son sang,!…aux aboies de la curée,!…belles peaux,…c’est un écrivain,!…

…un romantisme de charcutier,…pourtant un savoir faire de bûcherons,!…etc,!…des rôles polyvalents,!…

tiens, ça c’est purée de poix,
elles ne s’expriment qu’ivres

Giovanni Sant'Angelo dit: 27 septembre 2014 à 0 h 08 min


…vivre ivre,…la tête aux passions,…sans se faire siphonné,…son sang,!…aux aboies de la curée,!…belles peaux,…c’est un écrivain,!…

…un romantisme de charcutier,…pourtant un savoir faire de bûcherons,!…etc,!…des rôles polyvalents,!…

Polémikoeur. dit: 26 septembre 2014 à 23 h 51 min

Idéalement !…
Bien sûr, il y a le chef-d’œuvre en puissance
entre les doigts du sculpteur ou du potier
mais s’il advient que ce dernier perd
sa maîtrise, il aura tout de même senti
la matière vivre de son toucher
et peut-être sera-t-il heureux de boire
à sa coupe imparfaite en laquelle les autres
ne verront qu’une grossière écuelle.
Dans sa vie en image, donnée par Arte,
déjà signalée ici-bas, B. B. King conclut ainsi
ou presque: « the sky is the limit ».
Nous sommes aussi souvent notre limite
mais nous avons le droit, le devoir,
diront certains, de l’inscrire
sous les étoiles. Et un coup de chapeau
à la très petite élite qui grave la sienne
dans les étoiles !
Saintillement.

Polémikoeur. dit: 26 septembre 2014 à 23 h 34 min

L’écrit, au plus près de soi,
est-il au plus près de l’autre
à qui, hasard de rencontre,
il peut servir d’appui ?
Question de la distance,
du langage en commun,
des signes de reconnaissance.
La publication la pose,
si tant est que l’écriture
ne la sous-tend pas déjà.
Géomaîtriquement.

Widergänger dit: 26 septembre 2014 à 23 h 34 min

Une écriture fantomatique qui se déconstruit au fur et à mesure qu’elle se construit, comme un ruban de Mœbius. Voilà encore une structure de mon roman, une structure de Mœbius. Et c’ets dramatique à sa façon une structure de Mœbius.

Beaucoup de structures qui se complètent, se juxtaposent pour produire du sens qui se construit en se déconstruisant. C’est ce que je veux faire idéalement. D.ieu m’aidera à le réaliser pour que le fantôme de ma grand-mère vive et sa mémoire à travers les siècles, elle que les nazis ont voulu exterminer jusqu’à la mémoire dans ses propres petits-enfants.

Polémikoeur. dit: 26 septembre 2014 à 23 h 26 min

Quel pâle fantôme se dissoudrait dans l’écrit,
même du plus accompli des ouvrages ?
Non, il changera de scénario, il cessera
de se dresser dans le passage pour marcher à côté
ou mettre ses pas dans ceux de qui le ressent.
Médiumniquement.

le fil du roman dit: 26 septembre 2014 à 23 h 23 min

Il est même pas fœtus d’être, lui-même.
B de s.

C’est donc un avorton réel de soi.
Cocon de ver à soie.

Widergänger dit: 26 septembre 2014 à 23 h 22 min

La présence du fantôme est un signe d’élection.

De même c’est à moi que mon père s’est adressé et à moi seul avant d’aller mourir d’un cancer à l’hôpital. J’ai donné mon sang à l’hôpital pour mon père. Mon père a demandé à voir mon frère aîné qui n’est jamais venu le voir à l’hôpital. Je plains profondément mon frère. De même c’est moi qui ait recueilli les dernières paroles de ma mère dans ses rares moments de lucidité. Mes frères ne sont jamais venue la voir. Le fantôme en eux en a fait deux monstres. C’est tragique. Alors que le fantôme, moi, m’a sauvé la vie.

Widergänger dit: 26 septembre 2014 à 23 h 15 min

Une naissance en somme infinie, une naissance à naître infiniment. D’où la structure en miroir pour lui permettre de recommencer sans cesse infiniment.

Polémikoeur. dit: 26 septembre 2014 à 23 h 14 min

Le presque oubli, dans le tramway,
d’un legs irremplaçable
est-il interrogé plus loin ?
Un acte manqué manqué ?
Ici, dans le commentarium d’une Rdl
où remontent pas mal d’écrits posthumes,
ils ont une valeur presque sacrée,
littéraire, bien que parfois discutable.
Qui connaît l’épreuve du tri « post mortem »,
le travail de bourreau des affaires personnelles
quand la charrette fantôme est déjà passée ?
Qui a sauvé de la benne un dessin d’enfant,
un cahier d’école, une lettre ou un journal ?
Qui a eu entre ses doigts le secret indiscret ?
Pas la clé du coffre ni le numéro du compte,
non, l’intime, le dernier message, peut-être,
avant le grand silence, et bien, le laisser
même sous le coup de l’émotion, même l’instant
d’un rêve, l’abandonner dans le courant,
risquer de le perdre, même par crainte
de ce qu’il peut encore révéler,
n’est pas neutre et mérite un autre traitement qu’à peine plus qu’une allusion.
Non ? Non, bon !
Variablement.

Barbare de soi dit: 26 septembre 2014 à 23 h 13 min

Alba n’ arrête pas de naître, de n’ être, en fait.
Et sa maman qui ne vient pas à son secours!
Il est même pas fœtus d’être, lui-même.

Widergänger dit: 26 septembre 2014 à 23 h 13 min

Mais c’est aussi la question que se pose Montaigne, la question que se pose Rembrandt dans ses autoportrait peint devant le miroir : Est-ce maintenant que « je » nais/naît (on pourrait même l’é »crire de la sorte pour objectiver la transformation.

Giovanni Sant'Angelo dit: 26 septembre 2014 à 23 h 13 min


…c’est du  » caca « ,…quand çà vient d’une source sûre,!..sans équivoques pour faire sa cuisine universelle,!…je dis çà, et je dis rien,!…

…le roman,…une partis de venerie qui s’est pris le pied,…les boyaux de lumières pour les chiens à courre,!…Ah,!Ah,!…etc,!…
…Ah,!Ah,!…les vessies de couleurs,!…c’est aux huiles,!…Ah,!Ah,!…prenez et multiplier les,!…merci,!…on est servi,…nous en constatons les  » limites « , à notre portée,!…

…donc présentement enfin,…des produits ignifuges et hydrofuges enfin une cape transparente comme l’état des nation,…la paix sans assurances,!…un plus ou un moins,…bon Dieu, mais pour qui,!…

…en pharmacie,…Oui,!…2 kilos de cannabis of course,!…c’est pour un punch, un baptême-d’étudiants,!…profonds sans coutures,!…
…merdes alors,!…des sacs ignifuges-hydrofuges,!…
…etc,!…allongé vous mêmes,!…une pose-modèle,!…l’avenir,!…à terme,!…

Widergänger dit: 26 septembre 2014 à 23 h 10 min

Mais j’estime que le fantôme d’Auschwitz est aussi un fantôme d’amour. Ce n’est pas pour rien que le fait de revendiquer l’héritage juif de la famille m’ait touché moi seul de la fratrie. Mes frères subissent le fantôme, qui pourrit leur vie goutte à goutte, qui la mine de l’intérieur parce qu’ils ne le reconnaissent pas en eux. Moi, il est venu m’habiter et en somme se révéler à moi, contrairement à mes deux frères. C’est aussi le fruit d’un amour mystérieux, un amour qui vient de D;ieu seul.

Romain Dugard dit: 26 septembre 2014 à 23 h 05 min

Une bonne question à se poser (on sait faire un vent, d’accord?), l’idée ne nous t’elle pas été soufflé par un génie mauvais?

Deux secondes… On a eu un bad avec la navette d’ulysse… deux secondes…

c’est là là la véracité telle… choplifter of the world unite?

Jacques Barozzi dit: 26 septembre 2014 à 23 h 05 min

ML, vous aviez déjà et depuis longtemps le fantôme de mort, il vous manquait le fantôme d’amour, qui, ironie du sort, est mort aussi. Plus d’autres alternatives s’offrent à vous : mourir ou vivre : nos morts nous redonnent la vie, il nous reste à l’écrire !

Barbaresco...d' Alba dit: 26 septembre 2014 à 23 h 04 min

Est-ce maintenant que je nais ?wgg

Est-ce qu’Alba nait?
Oui, Alba nait et c’est ce qui le traverse, cette nouvelle patrie retrouvée!

Widergänger dit: 26 septembre 2014 à 23 h 00 min

Je pense que j’écrirai « je » en italique. Ce qui signifiera que le « je » du roman n’est pas « je », que ce n’est qu’un « je » potentiel, un « je » à naître, un « je » dans le ventre fantasmatique de l’univers, de la Grande Maman cosmique dont le fantôme d’Auschwitz n’est qu’une expression, un Ange devenu protecteur, un Ange gardien qui doit m’aider à renaître de sa mort.

Bergamotte dit: 26 septembre 2014 à 22 h 58 min

Quand on pense que ce WGG a expédié l’œuvre de Y. Bonnefoy en trois mots et qu’il s’étale ici en longues phrases banales sur des sujets éculés…
Manque pas d’air!

Widergänger dit: 26 septembre 2014 à 22 h 57 min

Je ne sais pas ce qui lui prend à Barozzi, mais dans son enthousiasme il voit juste. Oui, c’est exactement ça. de tous les FrançaisTrès modestement dire ce qui nous traverse, tout en l’organisant pour que ce qui nous traverse me fasse renaître. C’est tout.

Et il s’agit bien de dire ce qui NOUS traverse. Ça s’adresse à la communauté de tous les Français ou même du monde entier.

Widergänger dit: 26 septembre 2014 à 22 h 55 min

Moi, je sais déjà vers où je vais. Mon roman se terminera par ces mots : Est-ce maintenant que je nais ? Tout le roman est aussi l’histoire d’une naissance, une naissance à soi-même, grâce à l’écriture de soi où celui qui écrit est séparé de lui-même par le fantôme d’Auschwitz. Le roman consiste à naître en liquidant le fantôme tout en lui donnant la parole en quelque sorte. Mais c’est profondément l’histoire d’une naissance, ou d’une renaissance comme le dit mon nom : Michel Alba. Je suis D.ieu qui est celui qui renaît, comme Hadrien de la Yourcenar qui se prend pour un dieu.

Sergio dit: 26 septembre 2014 à 22 h 54 min

Chaloux dit: 26 septembre 2014 à 21 h 48 min
La révélation c’est souvent d’être devenu impitoyable avec soi-même.

Cela, c’est très vrai, mais une fois que l’on a trouvé un quelque chose, tonalité, style, ou tout bonnement fond. Il faut aussitôt mettre des remparts et faire vivre la citadelle comme dirait Saint-Ex.

Jacques Barozzi dit: 26 septembre 2014 à 22 h 54 min

« L’écrivain amorce, WGG, mais ce qu’il suit cesse d’être « lui-même ». »

Il fait plus qu’amorcer, Chaloux, il réorganise ou orchestre « ce qui nous traverse », justement !?

Widergänger dit: 26 septembre 2014 à 22 h 50 min

Ce que dit Popaul me semble être une parole de bon sens. Mais on n’a pas dit grand chose quand on a dit ça. Il y a mille manière différentes de maintenir l’intérêt du lecteur. Chrétien de Troyes en a inventé plusieurs : le merveilleux, le suspens, l’enjeu moral du roman, la défense des opprimés, etc., etc. Le problème c’est de savoir quel moyen on peut trouver qui ait du sens pour l’histoire qu’on raconte. Tout est là.

Widergänger dit: 26 septembre 2014 à 22 h 47 min

Vous prêchez un convaincu, Chaloux. Depuis toujours, je sais qu’un écrivain est du côté de la mort. J’ai suffisamment parlé ici du fameux article de Blanchot, l’écrivain et le droit à la mort.

Un grand artiste est celui qui a un pied dans la tombe et un autre vivant qui le regarde. Edgar Poe le dit de manière imagée dans une nouvelle qui met en scène une morte qui revient, repris d’aulleurs par Baudelaire dans un petit poème en prose. C’est une métaphore très pertinente de la création.

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