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La République Des Livres par Pierre Assouline
Lire Rilke, c’est d’abord prêter l’oreille

Lire Rilke, c’est d’abord prêter l’oreille

Etant entendu que la fonction de la poésie est selon Yves Bonnefoy « d’inquiéter le langage », et que sa traduction reflète d’après Paul Valéry la nécessité de « créer de la grâce au plus près de la gêne », on n’en continuera pas moins à ses demander si un poète est le mieux placé pour traduire un poète. Le problème se pose avec moins d’acuité s’agissant d’un romancier pour un romancier, à supposer que cela fasse vraiment problème. Avec les poètes, il en va autrement. Le linguiste Roman Jakobson ayant décrété que par définition, la poésie était intraduisible, et que seule la transposition créatrice était envisageable dans le meilleur des cas, beaucoup se sont fort heureusement employés à le démentir. Rainer Maria Rilke, parfait francophone, traduisait dans notre langue ses propres Cahiers de Malte Laurids Brigge (1910).

Lorsqu’un poète traduit un poète, le rayonnement s’effectue à double sens. Le poème nous éclaire alors sur ses deux auteurs : celui du départ et celui de l’arrivée. La lecture des Elégies de Duino, écrites en vers libres, renseigne presque autant sur Philippe Jaccottet que sur Rilke pour qui veut bien en prendre conscience ; l’imprégnation de Rilke et de Holderlin sur sa propre œuvre, tant en prose qu’en poésie, est évidente. Boris Pasternak allait jusqu’à revendiquer cette influence car il n’envisageait pas de traduire Kleist, Rilke, Shakespeare sans faire corps avec eux. Ce qui provoqua en Vladimir Vissotski une réflexion qui ne manque pas de piquant après avoir mis en scène « leur » Hamlet : « Comment jouer deux génies ? ». Ce qui est effectivement beaucoup pour un seul texte…

Autant dire qu’il y a une certaine prétention à se hisser au niveau du plus haut quand on ne s’y trouve pas déjà soi-même. Mais le domaine public ne permet-il pas à chacun de s’emparer des classiques à charge pour les lecteurs de juger ? Je ne connaissais Claude Neuman que par son travail sur Hölderlin auquel j’avais fait écho en lui donnant la parole sur la RDL. Il avait alors fait paraître en éditions trilingues ses traductions des Sonnets à Rilke-et-Paul-ValeryOrphée de Rilke, ainsi que desSonnets de Shakespeare. Or il vient de publier Rimes, Rythmes (trilingue français/anglais/allemand, 150 pages, 26 euros, éditions Ressouvenances), un recueil de cinquante poèmes écrits entre 1897 et 1926 choisis dans l’œuvre de Rainer Maria Rilke. Un fil d’Ariane l’a guidé dans son travail sur les errances énigmatiques du poète : l’être-ici, la présence au monde (Dasein). Et la conviction que le langage est un dérivé de la musique, que la poésie est et demeure objet sonore avant tout. Le rythme gouverne la prosodie, son mouvement intérieur, certitude qui devrait suffire à condamner toute tentative de mot à mot s’agissant de poésie. Mais il n’est pas sûr que l’analogie que dresse le traducteur dans sa postface soit convaincante :

“De mon point de vue, traduire ces poèmes sans se préoccuper de leurs rimes et de leurs rythmes équivaudrait à reproduire en noir et blanc les oeuvres d’un peintre et prétendre donner par un aperçu de ses qualités de coloriste.”

Cela dit, inutile de se précipiter sur une calculette pour apprécier la traduction de ces poèmes et de compter les accents toniques, les trochées, les assonances, les allitérations, les échos de mots, le nombre de pieds par vers, de syllabes dans les pentamètres iambiques, ou de se reporter à la Table d’analyse rythmique reproduite en fin de volume. Foin de la technique ! La musique se juge à l’oreille. Alors écoutons Rilke tel qu’il le transpose et jugeons :

DIE ARMEN WORTE

Die armen Worte, die im Alltag darben,

die unscheinbaren Worte, lieb ich so.

Aus meinen Festen schenk ich ihnen Farben,

da lächeln sie und werden langsam froh.

Ihr Wesen, das sie bang in sich bezwangen,

erneut sich deutlich, dass es jeder sieht ;

sie sind noch niemals im Gesang gegangen

und schauernd schreiten sie in meinem Lied.

 

LES PAUVRES MOTS

Les pauvres mots qu’affament les mornes heures,

les ternes mots, oh, je les aime tant !

Avec mes fêtes je leur prodigue couleurs,

là ils sourient et se font gais, lentement.

Leur être, qu’en eux, craintifs, ils avaient dompté,

se renouvelle, si clair que le voit chacun ;

jamais encore ils n’ont été chantés,

et frémissants, ils courent dans mes quatrains.

 

THE HUMBLE WORDS

The humble words that starve through bland hours,

the unpretentious words, I love them so.

With my revels I offer them colours,

and there they smile, and slowly gay they grow.

Their nature, that they tamed within in fear,

renews itself, so clear that all see it ;

they never yet have gone singing, and here

they now proceed, trembling, out of my lied.

Alors, qu’entend-on lorsqu’on écoute un poème de Rilke dans une autre langue, et donc d’autres mots, que les siens propres ?

(« Château de Duino. La table où Rainer Maria Rilke a écrit les Élégies » photo Hannah Assouline ; « Rainer Maria Rilke et Paul Valéry » photo Fondation Rilke)

Cette entrée a été publiée dans Poésie.

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commentaires

791 Réponses pour Lire Rilke, c’est d’abord prêter l’oreille

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 23 h 14 min

On peut dominer avec tact et douceur. C’est d’ailleurs conseillé sinon vous passerez pour un despote si vous êtes un homme, un tyran, un autoritaire repérable comme un girophare, un affreux macho réactionnaire, un hasbeen à la traîne, et si vous êtes une femme pour une patronne, une mégère, une dominatrice grotesque.

Petit Rappel dit: 21 août 2018 à 23 h 13 min

Pour Clérambault, lire si ce n’est déjà fait le petit opuscule La Fin d’une Voyante, consacré au cas de Mademoiselle Couedon, qui, sur la fin du Dix-Neuvième siècle, fit délicieusement frémir le Faubourg Saint-Germain en lui prophétisant une sorte d’Apocalypse européenne, une sorte de Secret de La Salette du pauvre d’esprit, avant de sombrer dans la folie. Il y a aussi des pages émouvantes sur sa cataracte, celle de Clérambault, qui devait entrainer son suicide.
Bien à vous.
MC

Pat V dit: 21 août 2018 à 23 h 09 min

Gisèle, j’ai rencontré une fois une jeune femme, étudiante, atteinte de ce trouble. Beltégueuse

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 22 h 35 min

C’était pas plutôt des nympho? La nymphomanie est elle un des tableaux de l’hystérie?
Bon, il ‘ agit vraisemblablement d’ érotomanie ( voir le sus nommé Gatien De Clérambault et les suites qu’ en donnera Lacan ).

( C’est drôle ici, on peut jouer au docteur! 😉 )

Petit Rappel dit: 21 août 2018 à 23 h 07 min

« la violence se cache dans les draps de la domination ».
Tout commentaire affaiblirait la pensée Clopinienne…

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 23 h 07 min

Ou alors il vous opter pour une mise en scène d’Olivier Py qui par souci d’économie ne fournit plus de costumes, du coup plus de costumieres en revanche les éclairagistes sont à la tâche.

Jazzi dit: 21 août 2018 à 22 h 55 min

« des chemises de nuit très… déboutonnées ! »

Y a pas moyen de montrer un gras de cuisse, Lavande ?

Clopine dit: 21 août 2018 à 22 h 51 min

Alors, peut-être avez-vous tous raison et ne s’agit-il que d’extorsions du fric d’une célébrité, sur un fonds perméabilisé par l’affaire Weinstein à une trop grande prise en compte des plaintes pour agression sexuelle.

Ben d’abord, cette « trop grande prise en compte des agressions sexuelles » qui permettrait un arbitraire dans la constitution des plaintes est évidemment complètement à côté de la plaque. Les agressions sexuelles, toutes les statistiques le disent, existent bel et bien, et l’omerta existait bel et bien aussi, surtout dans le domaine du spectacle. L’argument avancé vise donc, in fine, à jeter le discrédit sur le mouvement féministe issu de l’affaire Weinstein, et n’est donc pas recevable.

Ensuite, perso j’hallucine quand j’entends l’incrédulité basée sur le « sex-appeal » de l’actrice en question. Je crois que, dans un procès pour viol, jamais un avocat n’a encore osé user d’un tel argument à lac… : « Monsieur le juge, il ne peut y avoir eu viol, parce que ma cliente (ou mon client) est fort bien fait de sa personne ; c’est donc impossible qu’il ait pu user de violence : regardez comme il est beau (soupir) »…

Alors, là, comme argument foireux, je trouve qu’on a guère fait mieux depuis l’affaire Dreyfus !

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 22 h 41 min

Pablo, 18h37. C’est très beau ce que vous avez donné à lire de Rilke, émouvant . Comme si la vie devait se confondre , se fondre dans chaque fibre du tissu, l’imprégner avant que l’esprit du poète puisse distiller une essence poétique .

closer dit: 21 août 2018 à 22 h 27 min

Non seulement il s’est fait s…par une femme superbe, mais en plus il va lui extorquer du pognon des années après! Qui n’achèterait ce genre de deal?

On vit dans un monde de fous…

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 22 h 26 min

Gisèle, j’ai rencontré une fois une jeune femme, étudiante, atteinte de ce trouble. Elle avait accepté de se faire soigner avant que son idée fixe amoureuse ne provoque des poursuites judiciaires de l’homme sur qui l’avait conduit sa maladie. Drôle d’atteinte, je ne sais trop comment les psy ont pu l’aider mais elle était sacrement persuadée de la légitimité de son sentiment et d’une réciprocité. Une fille intelligente qui en dehors de ce problème menait une vie normale. Rétive à la confidence , discrète, effacée.

Lavande dit: 21 août 2018 à 22 h 24 min

Au fait, Christiane, j’ai beaucoup aimé votre lien INA sur Claudel. Un ton déclamatoire très années cinquante, de belles vues de villages et de campagne.
De plus je connais Brangues qui est dans ma région, au bord du Rhône (parfois inondé par ses crues).
« Le soulier de satin » a été joué début juillet dans le parc du château en intégrale: deux ans de préparation, une soixantaine de comédiens amateurs, une demie-douzaine de metteurs et metteuses en scène, une sacrée aventure !

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 22 h 17 min

Ceci dit une femme a été condamne à une peine d ’emprisonnement fermé pour le viol de son voisin pendant son sommeil , lu dans la presse il y a quelques jours. Peut être a t Elle attendu l’érection matinale.

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 22 h 14 min

Delaporte , la prochaine fois il lui faudra faire attention à la date de naissance de ses apericubes.

Jazzi dit: 21 août 2018 à 22 h 13 min

« ça ne colle pas toujours avec le personnage »

Faites des hystériques des Néreïdes dignes de Rubens, Lavande !

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 22 h 12 min

Le garçon connait quelques difficultés financières et c’est sa deuxième affaire du genre. On a une petite idée des tractations auxquelles sont soumises des célébrités aux USA avec des avocats toujours prompts à encaisser de généreux honoraires . Des pourris.

Lavande dit: 21 août 2018 à 22 h 10 min

Avez-vous regardé le lien que je donnais ce matin sur Melle Bottard, Jazzi?
C’était difficile d’en faire une Asia Argento.

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 22 h 09 min

Closer, vous oubliez Pavlov. Cela dit cette histoire sent le chantage. Vu la chronologie , faits, Festival, demande de rançon.

Delaporte dit: 21 août 2018 à 22 h 08 min

« Le cas Argento ne nous dit rien d’autre : qu’une femme soit elle aussi dans une position de domination, de pouvoir social, d’emprise psychologique sur autrui, et là voilà qui potentiellement peut tout aussi bien qu’un mec être violente et agressive sexuellement… »

Clopine, vous n’avez pas l’air de l’aimer beaucoup, Asia Argento. C’est pourtant une belle femme, pour qui Weinstein s’est damné ! J’en connais beaucoup qui auraient facilement donné de l’argent pour « subir » ce qui est arrivé au malheureux adolescent qu’elle avait pris sous sa coupe. Je ne crois pas qu’une femme soit jamais si malfaisante qu’un homme en matière sexuelle, sauf s’il s’agit d’une nymphomane ceinture noire de karaté ! Asia Argento bientôt condamnée pour le viol d’un jeune puceau ! On aura tout vu !!!

Lavande dit: 21 août 2018 à 22 h 07 min

Quand c’est possible, je n’hésite pas Jazzi, mais ça ne colle pas toujours avec le personnage !

closer dit: 21 août 2018 à 21 h 59 min

« Ce n’est pas une nature irrépressible et d’essence masculine qui fait que les hommes exercent des violences physiques et/ou psychologiques sur les femmes. »

Sacré Clopine! Elle a tout simplement oublié qu’il y a une légère asymétrie entre la sexualité masculine et la sexualité féminine…Il est physiquement quasi impossible à une femme de « violer » un homme, même pour une simple fellation, alors que le contraire…

Enfin, ayons une pensée compatissante, mes bien chers frères, pour ce pauvre jeune homme qui s’est retrouvé seul dans une chambre d’hôtel avec la superbe Asia Argento, laquelle s’est montré entreprenante! Il est bien à plaindre…(ce n’est pas à moi que ça arriverait…)

Jusquezakan ce foutage de gueule autour du harcèlement va-t-il se poursuivre?

Jazzi dit: 21 août 2018 à 21 h 59 min

Bravo, Lavande ! Pour les costumes, n’hésitez pas à les érotiser en larges échancrures, le théâtre commence avec le corps !

D. dit: 21 août 2018 à 21 h 45 min

William Legrand dit: 21 août 2018 à 18 h 42 min

17:05… quoi ? Delaporte avec des p.utes ridées ???

rôôhh arrêtez ça m’excite.

D. dit: 21 août 2018 à 21 h 43 min

On aurait pu se croiser. Je suis sorti deux fois, la deuxième vers 14 h au « La Vie claire » du 305 Rue des Pyrénées.

tu as acheté des nouilles au quinoa, pablo ?

Giovanni Sant'Angelo dit: 21 août 2018 à 21 h 18 min


…avant, de reprendre, d’autres claviers,…

…si, laisser, une trace,…à ne pas, se laisser, prendre, aux jeux, de choisir, un  » modèle « , pour peintre,…
…les codes, sont trop évasifs, et, vous risquer, de bien, vous faire, harponner, aussi, du portefeuille,…

…voilez, Mr….ici,!…la belle chute de rein, qu’elle a,!…Oui,!…
…tourne-toi, ma chérie,…et, là, la cambrure,!…Ah,!…c’est là, la cambrure,…

…poser, mais, poser, pour qui,!…Félicien Rops,…Ah,!…bon,…

…vous la reprenez, dans un mois,…logée, nourrie,…comme, à l’hôtel,…

…elle a tout, à apprendre, de vous, même, un gros souvenir,…en partage,…
…n’est ce pas, ma grande,!…Oui,!…Madame,!…
…c’est du théâtre,…c’est à glisser, tout seul,!…s’en Claudel, à s’endormir,…

…au, début, elle peut poser,…avec le crucifix, Oui, Mme.!…
…vous, en voulez, combien, au moi,…
…c’est selon, vos dépenses a bien l’entretenir, à tout égards, elle doit s’émancipe,…des promenades aux jardins,…

…vous commencer, à être son père,…des baises au front, vous savez y faire, comme artiste, c’est pas, le front populaire,…
…remuer-vous un peu,…du pinceau,…

…un début, sur d’autres chapiteaux,…forcer, vous la main, dieu, vous le rendra, au centuple,…
…c’est, très, gênant,…de recevoir, sans compter,!…
…vous en avez du choix,…l’imagination,!…etc,…

…qu’est ce qu’elle sont chaudes, depuis le temps, à dégeler,!…

Lavande dit: 21 août 2018 à 21 h 16 min

gisèle dit: 21 août 2018 à 20 h 00 min

Etonnant votre remarque sur de Clérambault !
Nous avons monté le spectacle « les leçons du Professeur Charcot » en 2015, puis en 2016 un spectacle intitulé « La Folie – Lacan ». Les deux ont très bien marché. Lacan a été présenté dans le Off à Avignon dans une petite salle certes, mais nous avons refusé du monde tous les soirs. A la suite de ça, nous l’avons également joué à Ste Anne, à l’invitation de quelqu’un de Ste Anne qui l’avait vu à Avignon: une soixantaine de spectateurs et un débat qui a suivi, passionnant (avec entre autre des gens qui avaient travaillé avec Lacan)
Depuis il y a eu pas mal d’autres choses, dans d’autres registres, mais l’auteur et le metteur en scène envisagent un spectacle global reprenant les deux précédents (raccourcis) + une nouvelle partie sur … De Clérambault:
celà s’intitule:
« CHARCOT – de CLERAMBAULT – LACAN
Cent ans de Présentation de Malades « .
J’ai effectivement le grand plaisir de m’occuper des costumes: étude, recherche et réalisation.
Sans doute ce tropisme « psy » peut paraitre étonnant mais il faut préciser qu’il y a dans la troupe un comédien/auteur qui est psychiatre et psychanalyste et qui a écrit la plupart des textes que nous avons mis en spectacle.
Il a écrit aussi une pièce sur un entretien entre Mahler et Freud et une autre qui est un dialogue entre Anna Akhmatova et Dimitri Chostakovitch.
La dernière en date, qui démarre, met en scène le musicien fondateur des Pink Floyd, Syd Barett avec une mise en parallèle de sa biographie avec l’histoire d’Orphée: elle s’intitule « pourquoi Syd s’est-il retourné ». Grosse frustration pour la costumière, il porte un vieux marcel déchiré et taché !
Comme vous le pensez bien tout ça est passionnant.

Jazzi dit: 21 août 2018 à 21 h 09 min

Avant d’aller me mettre à l’ombre sous un arbre au sommet d’une pente herbeuse des Buttes-Chaumont, je suis passé à la médiathèque Marguerite Duras. Là, j’ai emprunté « La correspondance » de Lili Brik et Elsa Triolet. Un énorme pavé sur l’ensemble de lettres que les deux soeurs ont échangé sur près d’un demi siècle (1921-1970). Un livre qu’il faudrait mettre dans les mains de toutes les jeunes femmes, que les messieurs peuvent lire aussi avec profit ! Deux femmes, belles, intelligentes, aimées chacune d’un poète qui les a chantées (Maïakovski et Aragon), qui furent mariées et eurent des amants, pratiquant les principales langues européennes, voyageant beaucoup, participant aux grandes aventures intellectuelles du siècle, se livrent ici à un libre et éblouissant dialogue, interrompu seulement par la mort d’Elsa, la cadette. Un roman épistolaire vrai…

Jazzi dit: 21 août 2018 à 20 h 54 min

« Et si elles l’obtenaient vraiment, la violence diminuerait d’autant… »

Pas sur, Clopine. Elle pourrait rester constante par un phénomène de vases communicants ?

Clopine dit: 21 août 2018 à 20 h 46 min

L’affaire Asia Argento, si les accusarions du jeune homme sont confirmées, me renforcent encore dans ma conviction : c’est que rien n’est « naturel », rien n’est inscrit dans les gênes ou le sexe…

Car la violence se cache dans les plis des draps de la domination. Ce n’est pas une nature irrépressible et d’essence masculine qui fait que les hommes exercent des violences physiques et/ou psychologiques sur les femmes. C’est que la masculinité est dominatrice dans notre société… Et que la domination est violente, et amène à la violence.

Le cas Argento ne nous dit rien d’autre : qu’une femme soit elle aussi dans une position de domination, de pouvoir social, d’emprise psychologique sur autrui, et là voilà qui potentiellement peut tout aussi bien qu’un mec être violente et agressive sexuellement…

Donc ce n’est pas la qualité d’homme ou de femme qui est en cause, mais bien la problématique de la domination.

Or, je le rappelle tout de même aux machos obtus qui, par peur inconsciente ou mauvaise foi, avancent le contraire, les thèses féministes ne demandent pas une domination « par les femmes ». Elles demandent l’égalité, ce qui est l’exact contraire de la domination. Et si elles l’obtenaient vraiment, la violence diminuerait d’autant…

Mais bon. IL n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre, ni pire calomniateur que celui qui relaie des opinions sur le féminisme sans jamais avoir pris le temps d’ouvrir un ouvrage féministe, ah là là !

Jazzi dit: 21 août 2018 à 20 h 40 min

Quand le poète écrit sur sa propre tombe : « ici reposent les restes et la semence de Paul Claudel », il faut prendre le mot semence dans le sens littéraire du terme : germe d’où naît quelque chose. Ici, la Résurrection ?

Chaloux dit: 21 août 2018 à 20 h 23 min

Ed, pour la grosse mouche qui vous tourne autour, il vous faudrait une tapette à portée de main. Choisissez-là solide, car je soupçonne la bête d’être coriace. Et surtout ne l’écrasez pas dans les rideaux, ils seraient foutus.

et alii dit: 21 août 2018 à 20 h 22 min

gisèle,j’ai aussi vu l’expo à beaubourg de photos;je crois que le commissaire de cette expo était le psy Tisseron.

Jazzi dit: 21 août 2018 à 20 h 17 min

J’a eu la télévision très tôt, Christiane. Et j’étais avide de documents sur les écrivains. Ici, on comprend comment Claudel, terrien, les pieds bien ancrés au sol, est passé de la ferme au château. Après une vie d’aventures, Ulysse est rentré à Itaque pour y déposer définitivement ses bagages…

gisèle dit: 21 août 2018 à 20 h 00 min

Lavande, je lis souvent vos posts ,quand j’en ai le temps.Vous faites ou avez fait du Théâtre,et vous créez les costumes;c’est cela qui m’intéresse.En Juillet,vs aviez posé une question sur « Thyeste »,à Avignon.Je l’avais vu, retransmis en direct à la tv. L’aviez- vous vu ? Très sommairement,je pense que j’aurais mal résisté,sur une chaise à Avignon.Dans un rock- in- chair,j’ai survécu jusqu’à la fin.. Spectacle ambitieux,sans fausse note,pas de reconstitution pseudo-historique,costumes réussis par les couleurs et très inventifs. Avant « Thyeste »,était diffusé d’Avignon » Iphigénie », vrai cauchemar….avec des costumes à flanquer tte la troupe à la mer,hideux est un euphémisme,les alexandrins taillés à la hache. L’aviez-vous vu ?Vs parlez de votre prochain spectacle,en rapport avec Charcot. Connaissez-vous Gaétan Gatian de Clérambault ?Beaux arts,droit, médecine. Il fut le maître de Lacan et ses travaux portèrent sur l’érotomanie féminine,et, ceci pour vous, il fit des cours aux Arts deco sur l’art des drapés. Il laissa des milliers de photos de drapés; c’est au Centre Pompidou que je l’avais vraiment découvert. Expo extraordinaire.Il a écrit des livres dont » la passion érotique des étoffes chez la femme ». Je n’insinue pas que vs soyez atteinte d’un tel mal ! mais vs semblez exercer avec passion cette activité de costumière.
* si cela ne vs intéresse pas,laissez couler !

Jazzi dit: 21 août 2018 à 20 h 00 min

Sous le bon élève de Dieu et le bon élève d’Etat Claudel, se cache, sous une chape de Droiture tenue de main de maître, la folie contenu du poète à son plus haut degré d’alchimie, Pablo…

Pablo75 dit: 21 août 2018 à 19 h 59 min

@ Jazzi

On aurait pu se croiser. Je suis sorti deux fois, la deuxième vers 14 h au « La Vie claire » du 305 Rue des Pyrénées.

Jazzi dit: 21 août 2018 à 19 h 52 min

Le verbe poétique de Rilke me parait un peu faible, Pablo (même dit par Didier Sandre). Je trouve plus de poésie dans sa prose que dans ses vers.
Alors que tout est bon dans le Claudel. Théâtre, poésie, prose…

Jazzi dit: 21 août 2018 à 19 h 39 min

Je suis allé faire la sieste avec un bon livre à la main, aux Buttes-Chaumont, Pablo. Puis je suis passé à pied dans ton quartier jusqu’à la place Gambetta : à la station du métro Pyrénée, j’ai croisé des juifs portant la kippa, plus loin les bars arabes voisinaient avec les terrasses à bobos, tout ça dans une ambiance villageoise et bon-enfant…

Delaporte dit: 21 août 2018 à 19 h 39 min

Asia Argento n’a vraiment pas de bol. Tout le monde aurait voulu se faire sucer par elle, et cela tombe justement sur l’adolescent mal dégrossi qui ne voulait pas. Les avocats de Weinstein, qui sont de gros fumiers, vont se servir de cette histoire pour essayer d’innocenter et blanchir leur client. Cependant, il y a tant de témoignages à charge dans cette histoire que cela m’étonnerait que Weinstein échappe définitivement à la prison.

Ed dit: 21 août 2018 à 19 h 35 min

Les homos, je ne sais pas, mais vous oui, en bonne mouche à mer.de que vous êtes. Bzzzzzzz. Elle n’est pas prête de se poser.

Delaporte dit: 21 août 2018 à 19 h 35 min

« Delaporte, vous n’avez ^pas remarqué que tout le texte de Sollers est à prendre au second degré??? » MC

Vous êtes bien généreux et trop charitable avec les capacités intellectuelles de Sollers. Il est strictement incapable de second degré, malgré ce qu’il cherche à faire accroire depuis qu’il a été maoïste. Sollers, c’est du premier degré veule et lâche, une horreur !

Jazzi dit: 21 août 2018 à 19 h 31 min

Personne avant moi n’en avait parlé, Ed !
Cela confirmerait-il votre génial théorème sur les homos ?

Ed dit: 21 août 2018 à 19 h 23 min

On n’entend peut-être pas les féministes – encore que, c’est toujours les mêmes qui ne les étendent pas et estiment trop les entendre le reste du temps – mais alors les machos, qu’est ce qu’on les entend avec cette affaire. Ils ont dû bien jouir dans leur slip en apprenant cela. Mauvaise nouvelle : elle ne discrédite en rien le mouvement. Personnellement je m’en fous d’Asia Argento. Son seul intérêt est d’être le sosie de mon idole d’adolescente.

Jazzi dit: 21 août 2018 à 19 h 12 min

Magnifique, Christiane, le film sur Claudel réalisé pour la télévision par Jean Amrouche ! Il y avait de superbes programmes au temps de l’ORTF…

Petit Rappel dit: 21 août 2018 à 19 h 08 min

Argento… Oui, je me suis fait la réflexion que depuis que l’information est connue, c’est à dire une journée, le chœur des féministes de choc brillait par son silence. Il n’est sans doute que momentané!

Pablo75 dit: 21 août 2018 à 18 h 37 min

«Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs… à des jours d’enfance dont le mystère n’est pas encore éclairci… à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut, et volaient avec toutes les étoiles… Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs eux-mêmes ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers».

Rilke.Cahiers Laurids Brigge.

Pablo75 dit: 21 août 2018 à 18 h 35 min

«La plupart des artistes d’aujourd’hui, gaspillent leurs forces à aller et venir entre le centre de leur art et les spectateurs ou leurs juges, et à se demander comment leur œuvre est appréciée par les autres, par le public. Ce qu’il y a d’infiniment grandiose et de saisissant chez un homme comme Cézanne, c’est d’être demeuré pendant presque quarante ans, sans interruption, au centre le plus intime de son œuvre».

(Rilke. Lettre de 1921 au docteur Heygrodt)

Jazzi dit: 21 août 2018 à 18 h 33 min

« Quelques putridés delaportiens célèbres : Polanski, Woody Allen, Harvey Weinstein, Sollers, Bécassine, le professeur Tournesol et Mickey Mouse… d’autres encore, nécrologue ? »

Il manque l’harcelée-harceleuse Asia Argento, William Saurin !

Petit Rappel dit: 21 août 2018 à 17 h 44 min

Delaporte, vous n’avez ^pas remarqué que tout le texte de Sollers est à prendre au second degré???
MC

Pat V dit: 21 août 2018 à 17 h 42 min

christiane dit: 21 août 2018 à 9 h 46 min

Excusez ce retard à vous répondre, mais A. Roumieux s’ en tient aux rapports psychiatriques d’ archives découvertes par lui et à quelques minces témoignages d’ infirmiers qui ont côtoyés Artaud.
Il essaie d’ être rigoureux et c’ est l’ impression qu’ il donna lors de notre rencontre en…avril 1997, soit quelques mois seulement après la publication de son travail que l’ on aperçoit dans la main de Virmaux son interlocuteur dans le film, qui a publié le  » Pour en finir avec le jugement de dieu  » cassette et livre avec son épouse Odette à la Manufacture dans son livre qui êtes-vous M. Antonin Artaud?
Pour le reste, excusez-moi, je ne vois pas de quoi il retourne.
A +

Petit Rappel dit: 21 août 2018 à 17 h 37 min

Certes Pablo 75,mais en 1974 on n’avait pas encore le singulier courage d’attaquer Claudel soixante ans après sa mort!

Pablo75 dit: 21 août 2018 à 17 h 22 min

Delaporte dit: 21 août 2018 à 16 h 20 min

« Dire que cette actrice a vécu avec Julien Doré. »

Oui, c’est catastrophique. Elle a tourné dans un clip de ce chanteur à deux balles, sans voix et sans texte. C’était pour le coup tomber bien bas. Saura-t-elle remonter la pente un jour ? Nous l’espérons tous. »

Ou quand l’ironie de D., s’amusant comme un fou, perce sous le pseudo de Delaporte…

William Legrand dit: 21 août 2018 à 17 h 05 min

Quelques putridés delaportiens célèbres : Polanski, Woody Allen, Harvey Weinstein, Sollers, Bécassine, le professeur Tournesol et Mickey Mouse… d’autres encore, nécrologue ?

christiane dit: 21 août 2018 à 16 h 51 min

Sous la phrase de Gilles Deleuze qui fait bandeau, cet internaute inconnu signa des billets tout aussi piquants jusqu’au 26/10/2014.
Cinéma et littérature. J’aimais beaucoup. Il a dû tomber dans un trou noir du temps et de l’espace…

Pablo75 dit: 21 août 2018 à 16 h 38 min

@ Petit Rappel

« Si Darius Milhaud avait vécu une quarantaine d’années plus tard, il n’est pas impossible que certains de ses coreligionnaires particulièrement tolérants l’auraient trainé devant les tribunaux pour avoir « collaboré » avec Claudel. »

Ils ont eu largement le temps de le faire, puisqu’il est mort en 1974.

Delaporte dit: 21 août 2018 à 16 h 31 min

Christiane : sauf qu’en 2007, Gilles Deleuze était déjà mort. Mais ça ne m’étonne pas, il a ressuscité pour aller voir la pièce de Claudel, de manière christique. Plutôt sympa…

« Gilles Deleuze est un philosophe français né à Paris le 18 janvier 1925 et mort par suicide à Paris le 4 novembre 1995. » Wikipédia

christiane dit: 21 août 2018 à 16 h 24 min

Gilles Deleuze sur son blog « Mes engouements » posta ce petit billet piquant après avoir vu ce « Partage de midi » :

« 8 avril 2007
Marina Hands est Ysé
La Comédie-Française reprend Partage de midi de Claudel, dans une nouvelle mise en scène d’Yves Beaunesne. Au milieu des trois personnages masculins (De Ciz, Amalric, Mesa), Marina Hands est Ysé.
Le théâtre de Claudel produit des effets variables. L’autre soir, un quart d’heure après le début du spectacle, mon voisin de droite s’est mis à ronfler. Doucement, sereinement. Quand à ma voisine de gauche, je n’ai su qu’elle dormait que lorsqu’elle a grogné (un mauvais rêve ?) et qu’elle s’est soudain réveillée. Pourtant, Partage de midi est une pièce dense, riche, belle à bien des égards. Et la mise en scène d’Yves Beaunesne, qui choisit là un rythme vif (trop, pour certains), est à la fois géométrique et incarnée. Une réussite.
Mais c’est Claudel. De très longs monologues apparemment abscons sur notre présence au monde, notre doute face à la destinée. Des mots simples pour dire des choses simples, mais par un chemin tortueux. Et soudain au bord d’une phrase, d’un dialogue, des phrases qui claquent, sommet de poésie et de théâtre : « Je suis celle qui est interdite. Regarde moi, Mesa… »
La déchirure de l’amour et de l’existence. Et là, Marina Hands est magnifique.
C’est pour elle, d’abord, qu’il faut voir ce Partage de midi. Mieux que les autres, elle fait vibrer les mots de Claudel : avec elle, tout résonne. Ysé a trois amants. Avec chacun, elle est une Ysé différente. Autant de visages de l’amour, et plus encore. Marina Hands passe de l’un à l’autre sans prévenir, de la drôlerie à la chiennerie, de la séduction la plus bête à la douleur la plus profonde, la plus murmurée. Minérale et ondoyante. »

ed dit: 21 août 2018 à 16 h 23 min

« de ce chanteur à deux balles, sans voix et sans texte », mais qui sera dans ma ville dans un mois dans le cadre d’un festival, et que j’ai hâte de voir !

Delaporte dit: 21 août 2018 à 16 h 20 min

« Dire que cette actrice a vécu avec Julien Doré. »

Oui, c’est catastrophique. Elle a tourné dans un clip de ce chanteur à deux balles, sans voix et sans texte. C’était pour le coup tomber bien bas. Saura-t-elle remonter la pente un jour ? Nous l’espérons tous.

Delaporte dit: 21 août 2018 à 16 h 17 min

William Legrand dit: 21 août 2018 à 16 h 12 min

Libre à vous d’aimer les cadavres en putréfaction.

William Legrand dit: 21 août 2018 à 16 h 12 min

Je m’interroge sur la « charité chrétienne » de Delaporte de la sacristie, un renifleur de soutane comme vous voyez qui d’autre ?, un de ces ricaneurs qui osent prétendre savoir tout sur tout, de quoi faire aimer Sollers

Delaporte dit: 21 août 2018 à 16 h 09 min

« Marina Hands c’est lady Chatterley »

Le film lui-même était très beau, sur un sujet aussi casse-gueule. Marina Hands est une très grande actrice, je l’avais vue au Français dans ce même Partage de midi. Un moment inoubliable, de grande intensité. Dommage premièrement que dans ce théâtre, les spectateurs soient traités par le mépris, comme des chiens, littéralement, quand on réserve une place ou pour y être accueilli (très mal). – Dommage surtout, plus globalement, que Marina Hands ait quitté la troupe peu de temps après, elle aurait pu encore y travailler de longues années, en servant un très beau répertoire. Elle n’a pas voulu choisir de faire cet effort, et a choisi la solution de facilité. Résultat, on n’en parle plus, sa carrière s’est brutalement arrêtée, me semble-t-il.

ed dit: 21 août 2018 à 15 h 53 min

« Marina Hands c’est lady Chatterley »
Et oui. Je l’ai également découverte, sublime, dans ce film.
Dire que cette actrice a vécu avec Julien Doré.

Giovanni Sant'Angelo dit: 21 août 2018 à 15 h 32 min


…les mécanismes de conversations, pour râper, les durillons, des pieds de l’esprit,…

…les mêmes gens, comme aussi, les machines, du boulanger,…probablement, tout, les corps de métiers,…
…intellos, parasites, replier, sur eux-même, des cas d’écoles,…
…sur, ce blog, la pensée  » unique  » française,…etc,…
…ou, plus, l’impérialisme, de l’état  » Waterloo « , répoblique à deux balles, sur le court,…
…des  » avteurs « , a nous déballer, les auteurs, à rien penser, de pratique, pour se libérer, des pouvoirs occultes, sur l’état,…

…vive, l’académie à Richelieu,…
…les débiles à pointures,…etc,…

Delaporte dit: 21 août 2018 à 15 h 28 min

« Delaporte votre amour du mot « putride » serait à … psychanalyser ! »

Lavande, l’explication est toute simple : quand je suis amené à parler de la presse et des médias, ainsi que des journalistes, je constate que ce mot de « putride » rend exactement compte de cette réalité… putride. C’est le mot, l’adjectif, qui vient à point nommé pour exprimer cette entité monstrueuse, qui empuantit nos vies et le monde de manière… putride. En tant que personnage ridicule et pitoyable, Sollers, qui mange à tant de râteliers journalistiques, est bien lui-même une entité… « putride ». Pas besoin de psychanalyse pour le vérifier, je vous prie de le croire. J’ai l’odorat sensible, pour ma part, et quand je respire une atmosphère qui n’est pas faite pour moi, qui est… putride, je le capte immédiatement. J’espère que pour vous, c’est pareil.

Lavande dit: 21 août 2018 à 15 h 09 min

Petit Rappel dit: 21 août 2018 à 11 h 18 min

« Didi-Huberman, in l’Invention de l’Hystérie, et d’autres mettent au jour le coté théâtre de Charcot, »
tout à fait et c’est à partir des comptes rendus des leçons de Charcot qu’a été monté notre spectacle (dont je parle à 9h51)

Delaporte dit: 21 août 2018 à 14 h 52 min

Comment un vulgaire « libertin », un DSK du monde des lettres, une « zézette mégalomane », pourrait-elle parler avec sérieux du grand, de l’immense Claudel ?

Delaporte dit: 21 août 2018 à 14 h 49 min

« Et rien que pour emm.erder Delaporte, plusieurs articles de Sollers sur Claudel »

Les articles de Sollers sur Claudel n’apprennent pas grand chose. C’est du journalisme putride, par quelqu’un qui joue à être critique. J’ai lu ces articles en leur temps, et bien sûr, je ne me souviens pas de Sollers – mais je me souviens de Claudel. Claudel est assez fort pour résister au traitement infligé par le calamiteux Sollers, si obscène quand il ose parler de « porc ». Les journaux et magazines putrides avaient mieux à faire, me semble-t-il, que d’ouvrir leurs colonnes à quelqu’un qui se prend pour un écrivain, qui tire sans cesse la couverture à lui, qui ressasse des énormités et lieux communs, recopie ses citations favorites comme une personne du troisième âge en Alzheimer avancé, et finalement fait pschitt, là encore. Rappelons que Sollers a été émasculé dans un roman contemporain, alors que dans le même roman, l’auteur prophétisait que sa femme Kristeva avait été une espionne du régime communiste bulgare. Triste fin.

closer dit: 21 août 2018 à 13 h 39 min

Je n’ai pas pu attendre la réponse et suis allé gougoler Marina Hands…Hélas, hélas…Elle n’est pas mal bien sûr, beaucoup seraient contentes de lui ressembler, mais après Ludmilla…

closer dit: 21 août 2018 à 13 h 36 min

Est-ce-que Marina Hands est aussi belle que sa sublime mère, dont je n’oublierai jamais la présence dans une représentation des « Trois Sœurs »?

closer dit: 21 août 2018 à 13 h 33 min

Des informations et éclairages donnés ici par Paul Edel sur les Claudel, on peut facilement conclure qu’ils étaient, pour parler simple et direct, une belle famille de cinglés!

Avec deux génies dans le lot par dessus le marché…De quoi apporter de l’eau au moulin de ceux qui pensent qu’il y a un lien entre folie et génie…

Jazzi dit: 21 août 2018 à 13 h 30 min

Comment est-on passé de Rilke à Claudel ?

Tout a commencé par la question de Bételgeuse dit: 19 août 2018 à 10 h 45 min
Donc vous ne vous souvenez plus pour moi qui est l’écrivain qui garda un mauvais souvenir du poète ? Cela prouverait qu’entre le poète et l’homme , une distance. Cela dit impossible d’être poète 24h/24 et à 💯% .

J’ai esquissé une réponse : Claudel.

Non, répondit Bételgeuse.

Paul Edel intervint alors avec un premier extrait du Journal de Claudel : « Ce R. M. Rilke me fit un jour une espèce de scène parce qu’il s’était aperçu que je ne faisais aucun cas de lui. Il suintait la médiocrité et la tristesse. Pas un pauvre, mais un indigent. Sa poésie est illisible. »

Et c’est alors que Bloom surgit sur son superbe destrier : « Qui lit Claudel aujourd’hui? Non seulement sa poésie amphigourique est abstruse, mais son théâtre est une punition longue et douloureuse. Ecrivain largement surestimé, le repoussoir des Surréalistes a depuis longtemps rejoint les ténèbres extérieures. »

christiane dit: 21 août 2018 à 12 h 42 min

Le partage de midi ? Le premier acte est situé sur un paquebot en route vers l’Extrême-Orient, au milieu de l’Océan Indien. Quatre personnages, à l’heure de midi, s’entretiennent sur le pont du navire… Un drame va se jouer là. Une lutte entre raison et corps, entre appel religieux et appel de la chair entre Ysé et Mesa.
C’est donc l’heure où le soleil est aveuglant et le « midi » de leur vie mais le partage absolu n’aura lieu qu’à minuit, au dernier acte de ce huis-clos, entre Mesa et Ysé. Envolée poétique et mystique. « O Mésa, voici le partage de minuit! »
(Claudel, fou de douleur après sa rupture avec Rosalie Vetch. Silence de Dieu. Silence de la femme aimée. Écriture…
J’avais assisté, Jazzi, en 2009, au Théâtre Marigny à une reprise magnifique (avec Marina Hands et Eric Ruf) de la pièce mise en scène en 2007 à la Comédie Française par Yves Beaunesne.

Jazzi dit: 21 août 2018 à 12 h 33 min

Un autre extrait tiré de mon « Goût des îles Baléares » :

DIEGO RODRIGUEZ

Dès le milieu de la nuit j’ai reconnu l’odeur de Majorque, comme si c’était une femme coup par coup qui me l’envoyait avec son éventail noir. Il n’y a que la Corse qui sente aussi bon.

LE LIEUTENANT

Il y a aussi la ville de Marseille.
Comme je donnerais la Corse et les trois Baléares pour respirer l’odeur du bois humide qui brûle sur le rivage de Timor !

DIEGO RODRIGUEZ

Si je vous entends répéter ces paroles impies, je vous envoie par le fond la tête la première.

LE LIEUTENANT

Ah ! je n’ai fait qu’y mettre les lèvres et vous me l’avez retirée aussitôt ! Que n’ai-je bu plus profond à cette coupe empoisonnée !

DIEGO RODRIGUEZ, braquant sa longue-vue.

Rien n’a changé ! Voilà la maison du notaire, voilà celle de Monsieur le Bailli, voilà le couvent des Clarisses au milieu des cyprès ! C’est ridicule.

LE LIEUTENANT

Montrez-moi la maison de Doña Austrégésile.

DIEGO RODRIGUEZ

On ne la voit pas. Elle est de l’autre côté de la pointe.

LE LIEUTENANT

Nous y serons dans quelques minutes avec ce bon vent. Vous pourrez débarquer ce soir.

DIEGO RODRIGUEZ

Non, nous n’avançons pas avec ce vieux rafiot à la quille incrustée de barnacles. Il est trop tard. Je vais dire qu’on mette l’ancre.

LE LIEUTENANT

Vous avez peur, Capitaine ?

DIEGO RODRIGUEZ

J’ai peur, j’ai peur ! c’est vrai.

LE LIEUTENANT

Peur de cette joie qui vous attend ?

DIEGO RODRIGUEZ

Quelle joie ? Doña Austrégésile aura eu le temps de se marier et d’être veuve deux fois ou trois. Au moins je n’ai pas d’illusion ! Je ne suis pas assez béjaune pour croire qu’elle soit restée fidèle à ses serments ces dix ans qui viennent de s’écouler.

LE LIEUTENANT

Non, je ne le crois pas non plus. […]

Entre Don Alcindas.

DON ALCINDAS

Je salue Don Rodriguez, capitaine du Santa Fé. Je suis Don Alcindas.

DIEGO RODRIGUEZ

Bien le bonjour, Monsieur Alcindas, c’est vous la douane ?

DON ALCINDAS

Non, ce n’est pas moi la douane.

DIEGO RODRIGUEZ

Je pensais qu’il n’y avait que la douane pour nous amarrer aussi vite. […]

DON ALCINDAS

Eh quoi ! avez-vous donc oublié Doña Austrégésile ?

DIEGO RODRIGUEZ

Doña Austrégésile est vivante ?

DON ALCINDAS

Elle est vivante.
DIEGO RODRIGUEZ

Achevez. dites-moi le nom qu’elle porte à présent
Quel est le nom de son époux ? […]

DON ALCINDAS

Personne. Elle n’est pas mariée.

DIEGO RODRIGUEZ

Et puis-je savoir pourquoi, belle, riche, vertueuse et la plus noble femme de Majorque, cependant elle n’a trouvé aucun époux ?

DON ALCINDAS

Eh quoi ! ne pouvez-vous, Don Diègue, le deviner ?

DIEGO RODRIGUEZ

Non, je ne le sais pas ! Non, je ne le sais pas !

DON ALCINDAS

Encore quelques minutes, elle vous le dira elle-même. C’est elle qui a reconnu votre bateau. Chaque jour elle montait sur cette tour pour regarder la mer. C’est elle qui m’envoie. […]

DIEGO RODRIGUEZ

Mais sait-elle en quel état je reviens, un homme vieux, un conquérant manqué, un marin claqué, un commerçant failli, et le plus ridicule et pauvre homme de toutes les mers d’Espagne ?

DON ALCINDAS

Vous n’êtes pas pauvre. Doña Austrégésile s’est occupée de votre bien en votre absence et vous êtes l’homme le plus riche de Majorque.

Bloom dit: 21 août 2018 à 12 h 30 min

Mais non, le porc c’est Claudel, toi tu n’es que l’ayatollah prescripteur de fatwa, Bloom !

Traiter quelqu’un de porc n’est pas mon genre. Claudel est un écrivain et un homme que je ne goûte guère, c’est peu de le dire, mais jamais il ne me viendrait à l’idée de lui dénier son humanité. C’est au nom de celle-ci que je le critique pour les propos qu’il a tenu.
Si j’argumente, et souvent de façon provocatrice, il est rare que j’ai recours à l’insulte, parce qu’elle salit autant celui qui la profère que sa cible. Je laisse ce jeu facile à celles et ceux qui ici s’en font une spécialité.

Petit Rappel dit: 21 août 2018 à 12 h 29 min

Dans ce domaine là, le plus convaincant est peut-être à chercher dans les conversations dans le Loir-et-Cher, avec le joli passage sur la Belle-Mère.
MC

Jazzi dit: 21 août 2018 à 12 h 24 min

Exemple du comique chez Claudel dans Le Soulier de satin :

Les pêcheurs Alcochete, Bogotillos, Maltropillo, Mangiacavallo,
qui est très poilu et noir et a l’air particulièrement stupide.
A l’arrière, l’enfant Charles Félix tenant une ligne à la main.

ALCOCHETE, trempant son doigt dans la mer
et le suçant avec attention

C’est sucré !

BOGOTILLOS. Il prend de l’eau dans sa main,
la fait passer dans l’autre, les frotte toutes deux
avec force et respire l’odeur.

Si ça ne vous a pas un petit goût de vendange, je veux qu’on me fiche dans les Contributions Indirectes.

MALTROPILLO. Il puise de la mer dans une tasse
et les yeux blancs, s’étant rincé la bouche avec,
la recrache à la manière des buveurs de vin.

Je vas vous dire, si ça ressemble à quelque chose, c’est à du malvoisie que le père portier du couvent m’a fait une fois boire un soir.

AlCOCHETE

Goûte donc, Mangiacavallo.

MANGIACAVALLO, incertain et déjà penché.

Vous voulez me tirer la jambe.

BOGOTILLOS, lui fourrant la tête dans la mer.

Goûte, que je te dis, artiste !

MANGIACAVALLO, ruisselant et éternuant.

Puah ! frtt ! Prha !

MALTROPILLO

C’est-i du sec ou de l’oloroso ?

MANGIACAVALLO

Bougres d’idiots ! j’ai jamais rien goûté de si salé ! pour sûr que c’est ici les entrepôts ! […] Ca goûte tout pareil aussi la même chose que de l’eau salée qu’est salée.

BOGOTILLOS

Toi, tu n’es pas ici pour causer. On te paye pour ramer, rame. Quand on aura besoin de ton avis on te le dira.
Tout le monde sait qu’il y a ici quelque part une source de vin, une espèce de tonneau débondé.

Jazzi dit: 21 août 2018 à 12 h 16 min

« Il est pas drôle le Claudel ? »

Très drôle, Paul. Ce catho dont le théâtre est plein d’histoires d’adultères !
J’ai lue et interviewé longuement pour le Gai Pied jadis, son biographe, le recteur Gérald Antoine. La vie de Paul Claudel (Paul Edel !) n’est pas un long fleuve tranquille. Il a même eu un épisode passionné dans sa jeunesse pour un jeune homme…

Petit Rappel dit: 21 août 2018 à 12 h 14 min

Si Darius Milhaud avait vécu une quarantaine d’années plus tard, il n’est pas impossible que certains de ses coreligionnaires particulièrement tolérants l’auraient trainé devant les tribunaux pour avoir « collaboré » avec Claudel.

MC

christiane dit: 21 août 2018 à 12 h 14 min

closer dit: 21 août 2018 à 10 h 30 min

Léautaud / Artaud ! lapsus incompréhensible…
la liste c’est celle des noms des allées de l’hôpital Sainte-Anne. Faut-il trier ? Ceux qui n’ont jamais connu… la folie et les autres. Ce lieu a été un lieu et de soins et d’échanges culturels… ou ne retenir que leur nature de créateurs ? mystère…

Paul Edel dit: 21 août 2018 à 12 h 08 min

Jazzi, dans cet article Sollers se moque des clichés attachés à Claudel, avec panache et gaieté..comme souvent.. . Sollers est un avisé lecteur de Claudel et notament du Claudel qui a écrit pus de 1000 pages d’exegéses de la Bible..ce que peu de lecteurs abordent.. Il en parle bien dans plusieurs articles recueillis dans « Discours parfait » dont je te recommande la lecture.Mais plonge Jazzi dans cet immense chantier théâtreux poétique et chaotique,le grenier à merveilles de l’oeuvre entière du Popaul catho.. Exelmple le personnage de Don Camille (tiens il prend le prénom de sa soeur pour un personnage masculin) dans la troisième journée du « soulier de satin » souhaite « un bel amant pour les femmes amoureuses, dans ce monde, ou dans l’autre.
L’éternité bienheureuse dont nous parlent les curés, n ‘étant là que pour donner aux femmes vertueuses dans l’autre monde les plaisirs que les autres s’adjugent en celui-ci ».. Il est pas drôle le Claudel?

Jazzi dit: 21 août 2018 à 11 h 57 min

En faisant inscrire sur sa tombe « Ici reposent les restes et la semence de Paul Claudel », à quelle semence fait-il allusion ? Celle reçue de Rimbaud ? La semence poétique ?

Lui qui affirmait : « Rimbaud a exercé sur moi une influence séminale, et je ne vois pas ce que j’aurais pu être si la rencontre de Rimbaud ne m’avait pas donné une impulsion absolument essentielle. »

Laura Delair dit: 21 août 2018 à 11 h 54 min

Question troubles du comportement ici c’est le silence des agneaux chers à Lacenaire que je trouve très drôle, il y a pourtant du boulot mais comme je suis gentille je ne dirais rien de plus
A ++

Bloom dit: 21 août 2018 à 11 h 54 min

Baroz, je retiens que tu me traites de « porc » par Sollers interposé. Voilà qui prouve qu’à force de contorsions multiples & variées, tu es tombé bien bas. Dans mon estime, sous le degré zéro.

Pablo75 dit: 21 août 2018 à 11 h 50 min

C’est le même cas que Eloy Sánchez Rosillo (Murcia, 1948), poète médiocre mais auteur d’un très beau poème:

Principio y fin

Puede ser que te digas: “El verano que viene
quiero volver a Italia”, o: “El año que hoy empieza
tengo que aprovecharlo; con un poco de suerte
acabaré mi libro”, y también: “Cuando crezca
mi hijo, ¿qué haré yo sin el don de su infancia?”.
Pero el verano próximo, en verdad, ya ha pasado;
terminaste hace muchos años el libro aquel
en el que ahora trabajas; tu hijo se hizo un hombre
y siguió su camino, lejos de ti. Los días
que vendrán ya vinieron. Y luego cae la noche.
A la vez respiramos la luz y la ceniza.
Principio y fin habitan en el mismo relámpago.

Pablo75 dit: 21 août 2018 à 11 h 43 min

Aquilino Duque (Séville, 1931) est un poète, écrivain, professeur et traducteur très moyen, qui a trop écrit dans sa longue vie dédiée à la littérature. Dans son livre « Aire de Roma andaluza » (1978), il a pourtant publié l’un des poèmes en espagnol les plus beaux du XXe siècle:

Renovación

Si dices la verdad no la repitas.
Sólo el que miente insiste.
Hay que cantar siempre algo nuevo,
nacer un poco cada día.
No permitas que el tiempo te aprisione
en su círculo mágico. Cada aurora es distinta,
y lo que anoche se te derrumbaba
se yergue con el alba más triunfante que nunca.
El hombre sólo es libre cuando mira adelante.
Solamente es feliz quien se inventa el destino.
En la rueda del año, para algunos monótona,
todo revive y se renueva:
el hijo, el libro, el árbol,
y esta bendita lluvia mientras arde
el fuego del hogar
y arma su gran guiñol la fantasía.

Jazzi dit: 21 août 2018 à 11 h 39 min

Merci, Pablo, on dirait que Sollers parle de l’ayatollah Bloom !

« C’est un porc, il a d’ailleurs célébré le porc dans un texte de l’un de ses chef-d’oeuvres, Connaissance de l’Est. « Une jouissance profonde, solitaire, consciente, intégrale. » Vous voyez bien : il mérite une fatwa définitive. Qu’on ne le lise plus, que ses oeuvres soient pilonnées, que les pièces d’un tel monstre ne soient plus jouées. Le programme de censure est en bonne voie, on me dit que personne n’ouvre plus ses livres. Mais son théâtre plaît encore au public, c’est inadmissible. Comment s’en débarrasser ? Par l’oubli.
La machine est en marche, on lui reprochera tout : la folie de sa soeur Camille, sa conversion, sa manie de convertisseur, ses emplois aux quatre coins du monde (New York, Prague, Bruxelles, Francfort, Hambourg, Rome, Rio, Copenhague Tokyo, Washington), ses insultes hyper-surréalistes (« les pourritures terrestres », pour Gide, les « saligauds » pour Proust ou Genet, « la bière pas fraîche » pour Rilke, et ainsi de suite), sa laideur enfin, dont il convient volontiers (« Je suis laid comme un macaque »). »

Pablo75 dit: 21 août 2018 à 11 h 27 min

Stefan Zweig sur Rilke:

« Son extraordinaire sensibilité ne supportait pas que rien ni personne l’approchât de trop près, et tout particulièrement un caractère masculin très marqué excitait en lui une sorte de malaise physique. Il se donnait plus facilement aux femmes dans la conversation. Il leur écrivait souvent et volontiers, et il était plus libre en leur présence. »

(Le monde d’hier : souvenirs d’un européen. Livre de poche).

« Mardi 18 mars 1913 :

Le matin, courses, lettres, après déjeuner, chez Rilke. Il habite rue Campagne-Première, qui ne tient pas les promesses de son nom, mais son logement est haut situé, un atelier et une pièce contiguë. Comme naguère rue de Varenne, peu d’objets, un tableau ancien, son blason, une bibliothèque, la massive table noire et le pupitre sur lequel, me dit-il, il aime travailler. Il traverse en ce moment une phase de lassitude, depuis un an et demi, depuis Malte, il n’a rien fait, partie pour des raisons intimes, partie par fatigue et une forte congestion de la tête et des yeux. Il a même abandonné les traductions. S’il a été en Espagne, c’est pour son oeuvre dont il doit la majeure partie au Greco et à Cézanne, sans quoi il est las de voyager, Paris lui offre cette forme suprême de solitude qui n’oppresse point, parce que nous touchons ici au tempérament latin, cette ville permet à chacun une prise de contact directe: […]

Nous abordons le sujet «lettres», il me me dit combien des ses correspondances le poursuivent des années durant; sa crainte d’en relire une intégralement. Il avoue qu’il lui est difficile (même dans une lettre) d’exprimer concrètement ce qu’il éprouve, d’où son incapacité à tenir un Journal. Il écrit dans de petits carnets de notes dont il change souvent, les poèmes dans un minuscule paroissien, qu’il me montre. Ce sont ses tout derniers poèmes, ramassé sur un espace des plus étroits, d’une écriture élégante, mais toujours ferme. […]

Il parle beaucoup de Rodin, et avec chaleur ; R. a renoncé aux réceptions et veut mener une vie plus calme ; Rilke ne dit jamais de mal de personne, il est d’une beauté merveilleuse, c’est presque avec tendresse qu’il s’intéresse à mes travaux.

Samedi 5 avril 1913

A midi, Rilke vient me chercher, nous examinons ensemble quelques poèmes, puis allons déjeuner. Il parle de l’inhibition, de la difficulté croissante d’être un poète allemand qui se heurte à la perfection du langage. Pour le Français, dès qu’il a trouvé sa langue, celle-ci continue à écrire, l’Allemand doit sans cesse repartir de zéro. Pour lui, dit-il, écrire de la poésie est un acte religieux, comme prier, et on ne l’accompagne pas toujours avec le même recueillement, cela exige une harmonie intérieure. […] Peu de gens parlent de façon aussi pure et agréable que Rilke. Elle est discrète, comme tout dans son être, comme son visage même que le pince-nez rend encore plus indéfinissable et d’où le caractère enfantin disparaît de plus en plus. Il dit du bien de presque tout le monde, même pour Heymel il n’a que douce ironie. »

(Stéphan Zweig. Journaux, 1912-1940. Livre de poche – 1,70 euros sur Amazon).

Petit Rappel dit: 21 août 2018 à 11 h 18 min

Gilles de la Tourette, au delà d’un syndrome trop connu, a beaucoup fait pour l’édition des procès de Sorcellerie et de Possession dans lesquels il voit l’ancêtre féminin de l’Hystérie.
Didi-Huberman, in l’Invention de l’Hystérie, et d’autres mettent au jour le coté théâtre de Charcot, et une pathologie fourre-tout un peu semblables à nos « troubles bipolaires » actuels. Mots valises qui parfois sonnent juste et parfois tombent à coté.

Gisèle, la dépossession de l’identité dépend de l’établissement ou le malade est placé. On a plus d’égard chez le Docteur Blanche, chez qui défile le Tout-Paris aliéné, qu’à Charenton sauf quand on s’appelle Martin de Gallardon et que le Roi s’intéresse à vos prédictions, ou à la Salpétrière. Tout est une question de lieu, de degré, de moment. Ne pas oublier aussi le paiement. Adèle Hugo mourra en 1918 à Suresnes, non guérie mais bien traitée, si j’ose dire.
Bien à vous.
MC

Jazzi dit: 21 août 2018 à 11 h 11 min

Le Partage de Midi. Beau titre bien mystérieux. Qu’est-ce donc qui se partage à midi ? Ou à minuit ?

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 11 h 03 min

Paul Edel, d’après les éléments que vous livrez, Camille Claudel n’était pas si dérangée et on pourrait conclure que l’enfermement, le rejet familial et notamment maternel, l’isolement affectif aient eu raison de ce qui de sa raison restait .

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 11 h 00 min

Ed, bien tapée signifierait vieille, je ne connaissais pas cette expression. Pour les ado et post ado, à vingt ans c’est déjà cuit ou suffisant pour mériter  » c’est un vieux »  » c’est une vieille ». C’est un âge où l’absence de maturation faut se sentit inoxydable et éternel, d’où les prises de risques.

Lavande dit: 21 août 2018 à 10 h 58 min

Oui et alli, bien que hystérie dérive de utérus on s’est rendu compte que ce n’était pas une spécificité féminin.
Betelgeuse heureusement la situation a évolué depuis cette époque. On a privilégié les médicaments à la camisole de force puis les échanges avec des psy aux médicaments mais il semblerait que sur cette dernière étape il y ait actuellement un retour en arrière (économie de personnel !)

Paul Edel dit: 21 août 2018 à 10 h 46 min

Si on lit attentivement les biographies de Camille et de Paul Claudel ce qui frappe c’est que Paul, comme Camille, son aînée, insistent pour affirmer que la mère était d’une absolue froideur, une mère inaccessible .. ( depuis la perte d’un de ses enfants ?) Incapable pendant toute leur jeunesse d’embrasser ses enfants et frénétiquement absorbée par des tâches ménagères totalement névrotiques. .Paul souligne d’ailleurs que sa conversion le 25 décembre 1886, à Notre-Dame de Paris, se fait « auprès de la Vierge Marie « qui représente pour lui la figure féminine la plus aimante des Evangiles. Dans une lettre de 1886 à Rodin, Camille souligne combien douloureuse a été l’absence d’amour maternel Elle a cette phrase terrible :« Il y a toujours quelque chose d’absent qui me tourmente » écrit-elle.
De son père, Claudel dit ceci : » Il avait fait de sa famille un cercle fermé où l’on se disputait du matin au soir comme au sein d’un conseil municipal ».Il souligne aussi sa « brutalité » physique, sans préciser..
Intéressant aussi, voire capital, le rôle néfaste de la mère dans l’enfermement prolongé de sa fille. .C’est d’abord et avant tout la mère qui refuse catégoriquement et plusieurs fois la sortie de Camille Claudel sur proposition du directeur. Son argument est étonnant : elle dit que si sa fille, sort, c’est tout l’équilibre de la famille qui va s’effondrer ..Enfin, il y a chez Paul, comme chez Camille, la même coupure absolue, définitive, gravissime psychiquement au moment d’une rupture amoureuse.,.
Et c’est la même année ! en 1905, que le frère et la sœur vont vivre, le plus grave traumatisme de leur vie …Claudel après le départ de, sa maitresse Rosalie Vetch,(il se cogne une nuit entière la tête contre les murs dit-il et veut se suicider..) C’est après le départ de Rosalie e Paul prend la décision de s’enfermer dans un cloitre… Tous deux vont faire une sorte de compensation artistique , de sublimation en créant ;lui, la pièce le Partage de Midi , et elle en sculptant..Paul trouve réconfort auprès des prêtres qui lui déconseillent d’ entrer dans les ordres, et Camille, elle, plus seule, sombre dans un déséquilibre et une douleur psychique .

ed dit: 21 août 2018 à 10 h 41 min

closer,

Si elle vient de terminer ses études, c’est une vraie jeune, a priori. Contrairement à moi. J’ai plus de 30 ans et pour beaucoup, je suis déjà bien tapée.

closer dit: 21 août 2018 à 10 h 41 min

« Bienheureux sont ceux qui souffrent persécutions pour le justice»

Cette citation des Béatitudes renvoie au comportement juste de ceux qui sont persécutés, évidemment. Elle n’est pas surprenante sous la plume d’un Claudel qui venait justement de louer les  » cœurs généreux et délicats » qu’il avait « toujours » trouvé parmi les j.ui.fs.

closer dit: 21 août 2018 à 10 h 30 min

Léautaud n’a jamais été considéré comme fou Christiane. En revanche, Artaud…
A vrai dire je ne comprends pas bien votre liste.

closer dit: 21 août 2018 à 10 h 29 min

Léautaud n’a jamais été considéré comme fou Christiane. En revanche, Artaud…
A vrai dire je ne comprends pas bien votre liste.

En jetant un œil sur la notice wiki de Léautaud, je m’aperçois que celui-ci n’a pas été très net au cours de la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il avait été dreyfusard…l’évolution inverse de Claudel en somme.

Le commissaire politique a-t-il mis à jour sa fiche « Léautaud Paul »?

et alii dit: 21 août 2018 à 10 h 29 min

les psys font même des journées sur l’hystérie masculine voir la toile pour des liens bien avertis

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 10 h 07 min

Depuis , je crois, définition et vision de cette maladie ont évolué et le portrait de l’hystérique essentiellement féminin à cette époque reculée et comme son nom l’indique n’a je crois rien à voir avec la femme hurlant et s’agitant. L’hystérie peut être silencieuse mais néanmoins se révéler par une multitude de symptômes .

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 10 h 03 min

Lavande, à vrai dire et comme d’habitude je suis très peu documentée , je garde cependant en mémoire ces accessoires, ces ceintures , des espèces de corsets qui servaient à comprimer l’abdomen des hystériques , un peu une torturé, pour les calmer. Sauriez vous si la technique est contemporaine du docteur Charcot?

Lavande dit: 21 août 2018 à 9 h 51 min

Gisèle et Betelgeuse:
Pour des raisons de théâtre (comme souvent dans mon cas) je me suis particulièrement intéressée à la personne de Marguerite Bottard.
Nous avons monté une pièce basée sur « les leçons du mardi du professeur Charcot à la Salpétrière ».
Melle Bottard était l’infirmière en chef du service du professeur Charcot. Elle figure à côté de Charcot sur le célèbre tableau de André Brouillet qui montre une de ces « leçons » (voir lien ci-dessous et cliquer sur le petit bout du tableau). C’est, je crois, la première infirmière laïque, ce rôle étant précédemment dévolu exclusivement aux religieuses ; la création de la première école d’infirmières (à la Salpétrière) date de cette époque. Elle est moins connue que Florence Nightingale mais c’est quand même quelqu’un de tout à fait exceptionnel. Pour vous situer la femme extraordinaire que c’était, vous faisiez allusion aux internées qui sont mortes de faim : au moment de la guerre de 70 où la famine régnait à Paris et où nourrir les « folles » était sans doute la dernière des préoccupations, elle a décidé (elle qui n’était quasiment jamais sortie de la Salpétrière depuis qu’elle y était entrée à 19 ans) d’embarquer en train toutes les patientes de son service pour les emmener dans le Massif Central et ainsi pouvoir les nourrir !!!
Elle faisait tourner le service de Charcot de main de maitre (250 personnes) et était particulièrement appréciée et aimée de tous les internes et collaborateurs de Charcot, entre autres Gilles de la Tourette dont on peut lire une longue lettre la concernant dans le lien ci-dessous. Freud aussi a fait un stage dans ce service.

http://baillement.com/internes/bottard.html

Bref, c’est une des femmes (à peine) célèbres pour qui j’ai une grande admiration.

christiane dit: 21 août 2018 à 9 h 49 min

Rose,
je ne sais pour quelles raisons vous vous éloignez. Cela me rend vraiment triste. Comme l’écrit Closer : « Envoyez-nous une carte postale de temps à autre pour nous dire que tout va bien… »

christiane dit: 21 août 2018 à 9 h 46 min

Pat.V.
Votre document sur l’internement d’Artaud est terrible. Lui, comme d’autres ont pu voir leurs symptômes aggravés par ces conditions d’internement. Le document donne peu de détails sur la façon dont s’exprimait sa maladie mentale avant, pendant et après ces longues années d’internement, à part cette écriture incessante sur tout support, écrits parfois illisibles, souvent détruits.
Je pense au poète Hölderlin et son « adieu à la raison ». La promiscuité avec d’autres malades très agités, le régime de surveillance, la sous-nutrition sont autant d’éléments aggravants. Terrible, oui.
Gisèle fait une mise au point claire dans son dernier commentaire.
Connaissez-vous le roman de Jacques Teboul Cours, Hölderlin ! (Seuil) ? Lui aussi a été coupé du monde, enfermé à Tübingen d’août 1806 à sa mort en juin 1843, 37 années à tenir ferme dans l’hébétude et la répétition mortelle… Écrivant tous les jours et pour rien. Roman écrit sur cette période d’internement à partir de sa correspondance (textes en italiques de Hölderlin, de Suzette Gontard ou de sa fille Lotte), de documents d’époque et de témoignages. Fiction violente mais peut-être plus vraie que des explications et des théories.

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 9 h 38 min

Bloom, j’ai lu hier l’extrait du communiqué de Claudel qui écrit _ métèques _ auquel vous avez ajouté j.ifs .C’est une interprétation , métèque signifiant étranger, vous vous eloignez tout de même un peu de la teneur du discours de PC pour lui donner la couleur que vous voulez y trouver.

Bloom dit: 21 août 2018 à 9 h 35 min

C’est en mai 2009 que l’affaire des « Magdelene landries »

A voir, « Philomena », le film poignant de Stephen Frears sur « les blanchisseries de Marie Madeleine », un autre de ces enfers sur terre aménagé par l’Eglise catholique romaine.

Bloom dit: 21 août 2018 à 9 h 32 min

« Bienheureux sont ceux qui souffrent persécutions pour le (sic) justice».*

Vey iz mir! En anglais, on appelle ça « adding insult to injury ». Depuis quand les persécutions antiju.i.v.es (qui ne datent pas d’hier) ont-elles un quelconque rapport avec la justice? De quelle « justice » s’agit-il? L’auteur de ces lignes pense-t-il que dans le jud.aïsme, la souffrance a une quelconque valeur rédemptrice? Funeste erreur.
Au mieux, on a, avec Claudel, affaire à un esprit confus, en proie à des élans paradoxaux./

et alii dit: 21 août 2018 à 9 h 27 min

C’est en mai 2009 que l’affaire des « Magdelene landries » connut un nouveau rebondissement. En effet la commission d’enquête sur la maltraitance des enfants en Irlande a publié un rapport de 2 000 pages détaillant des dizaines de milliers de cas d’horribles sévices commis dans de nombreuses écoles, y compris dans les Couvents de la Madeleine. Le 5 février 2013, l’État irlandais reconnaît sa responsabilité dans «l’asservissement » de plus de 10 000 femmes enfermées entre 1922 et 1996 dans les « blanchisseries Madeleine ».

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 9 h 25 min

Renato, il est des cas où malheureusement la maladie ne relève pas du régime et bien que les problèmes de rapport à la nourriture soit liés très souvent à des problèmes relationnels, affectifs profons, enfouis, en plus d’une frequente méconnaissance des aliments qui entraîne chez les pauvres plus que chez les gens qui ne rencontrent pas ce problème de moyens à manger des aliments trop riches en graisses et sucrés sans comptage calorique. Anorexie et obésité sont un résultat de désordres ou de malaises , les deux extrêmes sont difficiles à soigner et s’originent dans une complexité à laquelle les psychiatres sont confrontés et restent en échec. Mais en dehors de l’atteinte au corps, par une prise de poids ou une perte extreme, les gens qui en souffrent ne sont pas souvent agités ou dangereux pour autrui, leur conduite alimentaire n’en demeure pas moins quelquefois morbide.

Bloom dit: 21 août 2018 à 9 h 24 min

« Bienheureux sont ceux qui souffrent persécutions pour le (sic) justice».*

Vey iz mir! En anglais, on appelle ça « adding insult to injury ». Depuis quand les persécutions antijuives, qui ne datent pas d’hier, ont-elles un quelconque rapport avec la justice? De quelle justice s’agit-il? L’auteur de ces lignes pense-t-il que dans le judaïsme, la souffrance a une quelconque valeur rédemptrice? Funeste erreur.
Au mieux, on a, avec Claudel, affaire à un esprit confus, en proie à des élans paradoxaux./

Giovanni Sant'Angelo dit: 21 août 2018 à 9 h 09 min


…j’ai, eu, plusieurs périodes  » dancing « ,…

…et, des dispositions à boire,…

…une seule fois, j’ai battu des records,…

…un copain, qui voulait, ma peau,…
…quelque chose, comme, dix-huit verres, bières, gin, vodka,…etc,…
…en, plus, il me ramène , près de ma voiture, pour prendre, le volant,…
…et, j’ai, réussi, à rentrer chez-moi, en optant, par, la régularité des feu-vert,…

…une fois, chez-moi, j’ai subis des vomissements,…

…tout, ces gens, qui se prennent, pour des  » 007 « ,…Ah,!Ah,!…la main nu, dans le sac,!…etc,…
…comme, des employés de banque, sur votre compte,…etc,…
…que grand bien, leurs fassent, de nos misères, sans châteaux,…etc,…
…déjà, se faire, une idée, de qui est qui, dans notre entourage,…
…a nos amours, du fric facile,…

closer dit: 21 août 2018 à 9 h 04 min

Rose, votre départ m’attriste…Envoyez-nous une carte postale de temps à autre pour nous dire que tout va bien! Merci.

renato dit: 21 août 2018 à 9 h 03 min

 » Remplacer psychotropes par neuroleptiques. »

Et pourquoi pas une alimentation équilibrée, par exemple ?

Laura Delair dit: 21 août 2018 à 8 h 48 min

Coucou me revoilou, finies les études mes diplômes sous le bras, je rentre embauchée dans une grande entreprise pour évaluer les troubles du comportement du personnel, nombreux, comme ici d’ailleurs.
Les intéressés peuvent me joindre par message privé.
A +

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 8 h 19 min

Cela dit chère Gisèle, il n’est nullement besoin de remonter si loin dans le temps pour avoir pu constater les ravages de la maladie mentale ou neuro psychiatrique sur l’individu avant l’invention des camisoles chimiques , tranquillisants et psychotropes. Souvenir de pavillon des chroniques année 1981 , les portraits effrayants de pauvres égarés incapables de rien d’autre qu’un enfermement en collectivité après avoir eu à subir les effets secondaires des traitements existants à cette époque et qui n’étaient pas sans laisser de traces sur la posture, l’expression, l’ideation. On peut imaginer l’effet des quasi tortures infligés aux agités, aux hystériques, au psychotiques du temps de Charcot. Traitements physiques, entraves, douches glaces, isolation, puis vinrent les électrochocs mais CC est née trop tôt pour en avoir  » bénéficié ».

Bételgeuse dit: 21 août 2018 à 8 h 10 min

Delaporte, a l’origine donc, la brandade était une pâte de poisson parfumée aux huiles. Un peu comme une rillette de poisson , à déguster avec un bon pain et quelques olives, en tapas. Cela éloigné du hachis communément servi qui avec une salade croquante s’il est fabriqué avec des ingrédients de choix se laisse manger par temps frais à froid. Pour le cocktail, je n’imaginais pas que le Martini s’améliore au mélange. Je le bois blanc avec un iceberg et du citron.

Lacenaire dit: 21 août 2018 à 7 h 40 min

Messieurs, ne touchez pas à Dame Christiane mais moutons ne s’en remettraient pas et moi non plus

gisèle dit: 21 août 2018 à 2 h 12 min

Petit Rappel 21h29. Les précisions que vous donnez sont importantes.Les questions que je m’étais posées étaient sans réponse.Or celles que l’ON enfermait,perdaient toute identité et disparaissaient sans laisser de trace. ;quels symptômes? pourquoi ?L’enfermement pouvait créer la « folie ». Cas différent des malades mentaux,internés,soignés ET créateurs,peintres, romanciers….
Les folles de la Salpêtrière sont un véritable scandale. Les « poupées » de M Xenakis,dans leur nudité étaient un appel.
Quant à C Claudel,c’est extrêmement complexe,une destruction totale de l’être et de sa force créatrice. Ds l’expo, il y avait un portrait de Rodin, dessin,qui était effrayant. Rôle de la famille ? la discussion semble infinie.

Delaporte dit: 21 août 2018 à 1 h 49 min

La recette telle que Ian Fleming l’a composée pour son héros débile :

« Le héros de Ian Fleming, James Bond, a popularisé une seconde recette, une mesure de Vodka, trois mesures de gin et une demi-mesure de Lillet ou simplement du vermouth avec un large zeste de citron ; le cocktail est remué dans un verre à mélange ou shaker (« Shaken, not stirred (en) » selon la formule du roman et du film) sans olive ; ce cocktail est aussi appelé Vesper, martini-vodka ou vodkatini. »

Delaporte dit: 21 août 2018 à 1 h 33 min

Dans le martini gin, on peut aussi mettre, à la place du gin, de la vodka. Histoire de faire comme James Bond. Et on peut doubler la dose, en cas d’urgence.

Delaporte dit: 21 août 2018 à 1 h 30 min

En fait, la « vraie » brandade de morue, c’est comme le martini gin : il n’y a que du gin. C’est tout blanc, et fait avec art grâce au shaker, – sans oublier l’olive. Tout un art. Je n’en ai pas souvent bu de bon, sauf dans les bars de palace, que je ne fréquente plus guère.

Delaporte dit: 21 août 2018 à 1 h 24 min

Par contre, la brandade de morue trouve plutôt ses origines à Nîmes, ce qui me va. La vraie brandade, première nouvelle, ne comporte pas de patates dans la recette. Ce n’est donc pas l’infâme brouet qu’on nous sert parfois au restaurant. Dont acte :

« L’histoire veut alors qu’une Nîmoise très créative eut l’idée de broyer la chair de morue dans un mortier de pierre, de la délayer et de la mélanger à des huiles fines et parfumées des garrigues environnantes. C’est ainsi qu’on appela ce nouveau plat « brandade », du mot « brandado », participe passé de « brandar » qui signifie « remuer » en provençal. La Brandade de Morue était donc née et fit rapidemment l’unanimité notamment grâce au cuisiner Durand qui la rendit populaire ! Ainsi, l’authentique Brandade est dépourvue de pommes de terre et ne peut provenir que de l’ancienne cité romaine de Nîmes ! »

Delaporte dit: 21 août 2018 à 1 h 18 min

Est-ce que les vrais Portugais mangent de la brandade de morue ? Si oui, c’est sûrement un plat de pauvres, là-bas, comme ici d’ailleurs. Il ne faut jamais prendre ça au restaurant, même si c’est dans le menu. Il vaut mieux payer plus cher, et manger quelque chose de comestible.

Delaporte dit: 21 août 2018 à 1 h 14 min

L’autre plat dont je ne raffole jamais, c’est la brandade de morue. Je pense qu’avec un poisson, la purée n’est jamais adéquate. Mais il existe tellement de légumes du potager qui font l’affaire, ou même du riz, qui va avec tout. Et des pâtes fraîches au beurre avec le saumon.

Delaporte dit: 21 août 2018 à 1 h 10 min

« Ce soir j’ai mangé de la saucisse de morteau. »

C’est un mets que je n’apprécie pas outre mesure, aussi bien on ne peut en manger des tonnes. Avec une bonne purée, cela peut à la rigueur passer. Une purée à la Robuchon… et sans racisme antimarocain !

Petit Rappel dit: 21 août 2018 à 0 h 15 min

Le dessinateur fou Foxius, que les Beaux-Arts s’apprêtent à réhabiliter en grande pompe, était tout sauf un génie.
Garouste, c’est autre chose. un Art qui reconstruit par la composition un monde brisé.

rose dit: 20 août 2018 à 23 h 49 min

On ne peut pas écrire délicieusement odieux pck cela ne va pas ensemble.

Je vais m’absenter. Je pense pas définitivement mais quelques mois.

Essayez de ne pas vous disputer parce que cela me fait souffrir. Et même si je ne suis pas là, je suis quand même avec vous.

avec ma tendresse à tous,

rose

Giovanni Sant'Angelo dit: 20 août 2018 à 23 h 34 min


…systèmes en tout, je me suis retaper, des ordinateurs, sans câble,…
…pour réapprendre l’anglais, et jouer,…

…je garde, les liens avec internet, aussi,…
…les affaires, tout est arts,…du lucre,…Ah,!Ah,!…Go,!…et dérisions humoristiques,…et ses déviances,!…
…la vie, partout,…

Pat V dit: 20 août 2018 à 23 h 15 min

Un lien entre le génie et le trouble mental peut-il être mis en évidence ? christiane.

D’ abord, il faudrait savoir si le génie est une chose quantifiable, conceptuellement analysable, on peut en douter.
 » Frappe toi le cœur, c’ est là qu’ est le génie  » !, comme disait l’ autre…

Giovanni Sant'Angelo dit: 20 août 2018 à 23 h 09 min


…la belle folie, c’est de brûler, un billet de banque, devant, la caméra nationale,…

…pour expliquer, pas autrement, ce que l’état, lui coute,…
…d’autres vont vivre, ailleurs, je parle du siège social, des entreprise,…
…pas, fous, épargner, son, argent,…
…des administrations parasites, pour se remplir, les poches,…et, qui somment, les artistes, comme fous,…
…autrement, dit, des psy,( collabos ) grassement, payer, et des artistes, a ne plus créer,…plus économique, pour tous,…

…mon, dieu, battre, les endoctrinés, aux échecs, çà passe mal,!…etc,…

christiane dit: 20 août 2018 à 23 h 03 min

@Et Alii – 22h54
Heureuse de lire cet entretien où Garouste dit des choses importantes comme : « Cela m’agace toujours un peu qu’on lie la folie à l’art. Moi, ma maladie m’a empêché de créer autant que j’aurais voulu. Et ce que j’ai peint pendant mes périodes de délire, je l’ai souvent détruit après, car je n’en étais pas satisfait. Heureusement, avec les nouveaux traitements, la psychiatrie, j’ai pu avoir de longs intervalles stables pour travailler. Je suis sûr que si Van Gogh avait eu cette chance, son oeuvre serait encore plus riche…  »
MERCI.
Sur ce, bonsoir. Envie d’éteindre la machine infernale !!!

christiane dit: 20 août 2018 à 22 h 57 min

@closer dit: 20 août 2018 à 22 h 14 min
Voilà :
Jazzi dit: 18 août 2018 à 23 h 04 min
Christiane, si tu veux voir un bon film, je te conseille celui-ci !
https://www.youtube.com/watch?v=e9gX2BzVfd8

Et je lui ai répondu :
christiane dit: 19 août 2018 à 16 h 55 min
@J.Barozzi
Bon conseil que ton film vu cet après-midi. « Une valse dans les allées » de Thomas Stuber. Sandra Hüller (Marion) – je l’avais remarquée dans « Toni Erdmann -, Franz Rogowski (Christian) et Peter Kurth (Bruno) mais les autres acteurs aussi nous plongent dans ce monde de solitude, d’illusion et de solidarité courageuse, d’une façon convaincante. Pas loin, finalement, du cri inaudible de Rilke dans ses élégies. « Qui si je criais m’entendrait ? » . Une histoire abrupte, tragique et mélancolique… La vie, l’amour et la mort des invisibles.

et enfin ce dernier commentaire à 22h07

christiane dit: 20 août 2018 à 22 h 49 min

Pat.V.
Lourde question… qui éclaire l’évolution de certains artistes mais qui laisse hors de la folie bien des créateurs. Parfois un nom émerge. Écriture ou toiles… particulières… sur fond d’une si grande souffrance.
Je parlerais d’oscillation entre des phases de création débordante et des accès de folie (F.Bacon, A.Artaud, N.de Saint-Phalle…) ou d’articulation entre folie et création et folie et destruction ou d’apaisement de l’extrême tension d’un état fragile par la discipline artistique.
C’est un peu le paradoxe de l’œuf et de la poule : « Qu’est-ce qui est apparu en premier : l’œuf ou la poule ? ». Aucune réponse n’est satisfaisante…
Jean Dubuffet disait à cet égard : « Il n’y a pas plus d’art des fous que d’art des malades du genou ».
Camille Claudel se sentant incomprise cessa de créer, s’enferma dans la solitude et sombra dans le désespoir, de même, Artaud quand il fut interné à la fin des années trente, (délire mystique avec hallucinations) fut dans l’incapacité de créer pendant ces quatre ou cinq années. Un lien entre le génie et le trouble mental peut-il être mis en évidence ? L’art, la littérature n’exigent pas d’être atteint de folie (maladie) pour être. Dans son Histoire de la folie, Michel Foucault associe même la folie et l’absence d’œuvre.

closer dit: 20 août 2018 à 22 h 14 min

Bon, Barozzi n’a pas l’air emballé finalement…Nous ne risquons pas d’aller au cinéma ensemble!

Christiane, rappelez moi votre verdict (si vous avez cinq minutes)…

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