de Pierre Assouline

en savoir plus

La République Des Livres par Pierre Assouline
A l’ombre des forêts

A l’ombre des forêts

Il n’y a pas comme des étrangers pour nous rappeler au souci de la langue française qui devrait être le nôtre. Encore que l’anglais Michael Edwards et l’irlandais Samuel Beckett n’ont jamais eu besoin d’une carte d’identité nationale en bonne et due forme pour ressentir une profonde intimité avec leur pays d’adoption. Ils ne la ramènent pas ; n’empêche qu’à les lire, on se sent un peu morveux, contrit de n’avoir rien compris de ce qui se joue aujourd’hui d’essentiel dans cette affaire là.

La langue, c’est ce qui nous sort de l’âme car c’est celle que nos parents nous ont apprise. Sans renoncer à l’anglais, eux ont fait le choix du français. Par plaisir de l’écrire, de le parler, de l’écouter. De quoi nous entretiennent-ils ? De chant varié des voyelles, d’effleurement des consonnes, de pentamètre iambique, de diversité vocalique et de la fable de la clarté française, cette légende qui a la vie dure. Edwards le fait explicitement dans Dialogues singuliers sur la langue française (210 pages, 14 euros, PUF), Beckett allusivement dans Lettres (traduit de l’anglais par Gérard Kahn, 832 pages, 58 euros, Gallimard), troisième volume de sa correspondance couvrant les années 1957-1965

Au fond, il est surtout question de musique et de silence même si tout n’est pas gouverné par un système de sons. Mais à partir de quand l’accès à un nouveau monde suscite-t-il un nouveau moi ? A la manière de réagir à un même événement dans les deux langues ; ainsi lorsque dans le métro londonien un « Mind the gap » ramassé avec énergie en deux mots grésille dans les hauts parleurs afin d’inviter à la prudence, tandis que dans le métro parisien, une douce injonction murmure « Attention à la marche en descendant du train » dans lequel l’académicien pointe « un alexandrin classique avec césure à la sixième syllabe » qui aura peut-être échappé aux autres voyageurs. Fécondes sont les réflexions de Michael Edwards sur la capacité d’une langue étrangère à nous « initier à l’étrange au cœur du familier », à nous y lover et nous y baigner dans l’idée que cette imprégnation est une voie vers la sagesse.

Lisez et relisez ces étrangers qui font la France et sa langue, en tout cas ceux-là. Ils nous invitent chacun au souci du style, et à voir à travers la langue jusqu’à la percer pour mieux la rendre invisible. La faire disparaître c’est mettre à bas l’échafaudage. On comprend mieux alors le respect maniaque que, dans ses didascalies, Beckett a imposé et continue d’imposer d’outre-tombe aux metteurs en scène de ses pièces. Cette exigence, souvent présentée comme une marque d’intransigeance, se justifie pleinement par son rapport fondamentalement sonore à la langue.

Celui qui fit front face à la censure britannique des années 50 en a vu d’autres. Ses échanges avec le Lord Chamberlain aux ciseaux agiles sont tordants, celui-ci exigeant la suppression de « Le salaud ! Il n’existe pas ! » à propos de Dieu dans une scène de Fin de partie ; par esprit de conciliation, le malicieux dramaturge proposa alors de remplacer par « Le porc, il n’existe pas ». Finalement, la pièce fut jouée à Londres avec salaud incorporé mais… en français ! Et Beckett de s’emporter tant contre les « salauds de critiques », censeurs à leur manière, que contre les sorbonnagres atteints d’analogie aiguë, comme c’était déjà le cas dans le précédent volume à propos d’En attendant Godot :

« Si les gens veulent attraper des maux de tête parmi les sous-entendus, laisse-les. Et qu’ils apportent leur propre aspirine ».

Lorsqu’on aimerait vraiment changer de contemporains tant ceux-ci nous exaspèrent avec leurs « c’est clair » et leurs « pas de souci », leurs « sur Paris » et leurs « en mairie », qu’il est doux d’entendre un natif de la langue anglaise tel Michael-Edwards-de-l’Académie-française méditer en français, en laissant courir ses rêves, sur l’idée mystérieuse qui a présidé chez Racine quand il inventa de faire asseoir Phèdre « à l’ombre des forêts » lors de son premier aveu :

« Dieux ! que ne suis-je assise à l´ombre des forêts !
Quand pourrai-je, au travers d´une noble poussière,
Suivre de l´œil un char fuyant dans la carrière ? »  (I,3, 176-178)

Une énigme nonobstant le goût de l’époque pour certaines figures de rhétorique (litote par pronomination) conjugué au souci du son. Si encore il n’y en avait qu’une… A l’ombre de plusieurs forêts, ce n’est peut-être pas très clair mais qu’est-ce que c’est beau !

(« Une forêt en Allemagne » photo D.R.)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire.

507

commentaires

507 Réponses pour A l’ombre des forêts

bérénice dit: 27 décembre 2016 à 0 h 08 min

j’ai enregistré je ne sais plus où que l’expérience de Conrad que j’aime était assez réduite, est-ce vrai, cher Bloom?

correction, sans espoir d’obtenir réponse qu’il serait possible d’aller cueillir ailleurs, ma motivation se situait dans le plaisir d’un échange qui aurait pu être amical. Excusez moi cher Bloom de vous avoir importuné à moins que votre absence puisse s’interpréter d’une façon différente que de devoir me situer pour quantité négligeable ce qui en rien ne vous donnerait tors. Une sorte de litote.

bérénice dit: 26 décembre 2016 à 17 h 49 min

D’aboville,

Un vieil homme accort et sans la mer me la désigna de loin dans un lieu éloigné des regards que nous maintiendrons le secret. Bel endroit, je l’envie mais à tout effort, récompense. Quel courageux veinard!

bérénice dit: 26 décembre 2016 à 17 h 43 min

Conrad

j’ai enregistré je ne sais plus où que l’expérience de Conrad que j’aime n’a de la navigation qu’une expérience réduite, est-ce vrai, cher Bloom?

bérénice dit: 26 décembre 2016 à 17 h 41 min

Mais paruez donc, trais chaire, cheu me paut. Bloom.

je parie, excusez mes matins embrouillassés par mes nuits de débauches, en revanche j’aurais misé pour chère , enfin connaissez-vous des chères qui se prennent pour des chaires ?sachez néanmoins que ce n’est nullement mon cas, peu vous chaut, j’en suis fort aise, cela me chiffonnerait de déranger d’un millimètre votre situation enviable et gagnée honnêtement, de cela nous ne remettrons rien en cause ni dans la balance de Thémis. cependant si vous cultivez des motifs d’admiration, vous devriez laissez à d’autres sans vouloir les ternir les leurs.

Widergänger dit: 26 décembre 2016 à 14 h 27 min

Les c.uls bénis de propalestiniens ont du mal à trouver le sommeil, d’après ce que je vois. On comprend pourquoi.

Pour la navigation en mer, préférez les soucoupes volantes, c’est plus rapide…

Je me demande quand les gouvernements vont reconnaître la présence d’extraterrestres sur notre planète. Ce seront sans doute les derniers terriens à le faire. La moitié des Américains y croient. Il y a déjà plus d’un million de preuves.

Nicolas dit: 26 décembre 2016 à 14 h 04 min

Les écrivains, je pensais que c’était du genre à faire de long voyage en solitaire mais si ce n’est que pour ramener trois feuillets à vendre aux médias pour briller en soirée ce semble bien vain. F’raient mieux d’aller pécher des moules.

JC..... dit: 26 décembre 2016 à 13 h 50 min

Tu n’es qu’une marionnette culturelle mon pauvre Bloom : tu connais la moitié d’un monde, celle qui est morte.

JC..... dit: 26 décembre 2016 à 13 h 28 min

Qui est le plus à plaindre ?

Celui qui vit une vie d’aventure nautique magnifique, prodigieuse, extraordinaire « en autiste » heureux…. ou le kon qui ne vit que sa vie de terrien étroit, de merbe molle, fournie, et puante ?

Tu es au maximum de l’ignorance, mon pauvre Bloom !

Bloom dit: 26 décembre 2016 à 13 h 12 min

je parue que vous ne sortirez pas du port.

Mais paruez donc, trais chaire, cheu me paut.

Traverser les océans en autiste et en ramener sa petite joie d’égoïste en solitaire sur les médias, c’est une insulte à tous les travailleurs de la mer. Aux écrivains aussi, qui savent la pêche au gros, comme dans Les Rois d’ailleurs, de Nicolas Deleau (Rivages), sans parler des Hugo, Melville, Conrad & O’Brien…
Non seulement inutile, toxique.

JC..... dit: 26 décembre 2016 à 13 h 11 min

Question posée à ce kon de Bloom à la suite de son imbécile propos sur l’inutilité de l’exploit de Thomas Coville :
 » Eh ! Duckon bloommique ! entre François Hollande et Alexandre le Grand, entre toi et Albert Einstein, lequel est le meilleur ? Dukon ! ….tu pourriras dans un cercueil en sapin plastique (les familles sont souvent ingrates avec les inutiles) alors que tes petits enfants se souviendront de Surcouf, Slocum, Bombard, D’aboville, Colas, Tabarly, et de Coville… »

Je ne peux pas supporter le sacrilège d’un terrien aussi « plat » que ce ckonnard !…

Nicolas dit: 26 décembre 2016 à 11 h 07 min

C’est parfaitement inutile d’autant plus qu’il n’est nul besoin de « corruption », suffit de voir que Fillon a gagné la primaire en promettant la destruction de la Sécu.

bérénice dit: 26 décembre 2016 à 10 h 51 min

Nicolas, cela pourrait fonctionner sans compter sur la corruption qui détourne les fonds destinés à l’amélioration du sort des hommes. Faut-il rappeler qu’on spécule toujours sur la misère prévisible.

bérénice dit: 26 décembre 2016 à 10 h 44 min

Mais rien ne vous empêche, cher Bloom, d’aller surfer sur les côtes d’Algarve, vous ferez marcher l’industrie de la planche, fournirez nombre d’emplois tout en affirmant votre statut d’inutile touriste en villégiature contribuant, à votre décharge, de faire prospérer l’industrie du tourisme et le maintien de l’emploi saisonnier dans cette partie de l’Europe.

Nicolas dit: 26 décembre 2016 à 10 h 44 min

C’est n’importe quoi ce Billy sur ce blog. C’est là qu’il faudrait consacrer un peu d’argent pour faire marcher ce bordel. Triste monde.

Nicolas dit: 26 décembre 2016 à 10 h 42 min

C’est un vieux débat voir une vielle ritournelle qui joue faux et il faudrait arrêter avec cette idée de soit disant mieux utiliser l’argent de la conquête spatial parce que le problème est ailleurs. Ce qu’il faudrait plutôt c’est consacrer plus d’argent à la recherche, et justement les courses en bateau c’est aussi cela.

Nicolas dit: 26 décembre 2016 à 10 h 41 min

« que penser de l’exploration de l’espace qui coûte des fortunes qui vraisemblablement employées au sort des vivants serviraient à les faire vivre dans d’autres conditions »
« l’ordinateur de vol des capsules Apollo (AGC) est le premier ordinateur au monde à circuits intégrés (1966) » Source « Avancées technologiques liées à la conquête de l’espace » Wikipedia

Nicolas dit: 26 décembre 2016 à 10 h 39 min

« que penser de l’exploration de l’espace qui coûte des fortunes qui vraisemblablement employées au sort des vivants serviraient à les faire vivre dans d’autres conditions »
« l’ordinateur de vol des capsules Apollo (AGC) est le premier ordinateur au monde à circuits intégrés (1966) » Source Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Avanc%C3%A9es_technologiques_li%C3%A9es_%C3%A0_la_conqu%C3%AAte_de_l'espace si ça ce n’est pas vivre dans d’autres conditions…
C’est un vieux débat voir une vielle ritournelle qui joue faux et il faudrait arrêter avec cette idée de soit disant mieux utiliser l’argent de la conquête spatial parce que le problème est ailleurs. Ce qu’il faudrait plutôt c’est consacrer plus d’argent à la recherche, et justement les courses en bateau c’est aussi cela. Brefle ne pas tout confondre http://www.slate.fr/story/41769/eradiquer-misere-100-milliards-de-dollars

bérénice dit: 26 décembre 2016 à 10 h 37 min

pourquoi devrait-on accepter que certains laissent libre cours à leur passion, tirer les derniers éléphant d’Afrique, tigres, sans prendre un seul risque pour priver ces challengers de leur défit courageux , allons Bloom, ou l’on ne garde que l’utile ou l’on s’accommode du tout dont une part mériterait plus que vos sarcasmes mal venus en ce choix de vous attaquer aux sport de voile . Ils sont au moins respectueux de environnement et pour certains sont sponsorisés pour faire avancer la cause scientifique. Initiative coeur, mucoviscidose, j’imagine que c’est aussi une façon pour les mécènes de choisir la façon dont il auront à payer l’impôt plutôt qu’à renflouer les caisses des états déficitaires.

bérénice dit: 26 décembre 2016 à 10 h 26 min

La c.nnerie nautique est habilement satirisée

Bloom, allez donc exercer votre génie à naviguer par bon et mauvais temps, je parue que vous ne sortirez pas du port.

bérénice dit: 26 décembre 2016 à 10 h 18 min

consuméristes, contribuent, pas,

et ne se font pas payer par les émirats pour perdre ce qui n’est pas le cas à l’évidence pur toutes les équipes.

Un grand BRAVO à Thomas Coville!

bérénice dit: 26 décembre 2016 à 10 h 14 min

Le tour du monde à la voile, le type d’exploit qui ne sert à rien

si l’on se réfère à l’utilité de nombre de choses, l’art, la poésie, la littérature sont au moins autant utiles à ceux qui n’ont ne la possibilité de s’abriter des tyrans, de ne pas souffrir des orgies conuimeristes de l’occident et de ses conséquences sur ceux moins bien lotis qui contribuer dans des conditions dantesques et indignes de l’humanité d’y pourvoir pur le bonheur des happy-few, que penser de l’exploration de l’espace qui coûte des fortunes qui vraisemblablement employées au sort des vivants serviraient à les faire vivre dans d’autres conditions, des constructions pharaoniques que certains états continuent d’édifier sans acceuillir un seul réfugié victime d’un de leur frère de religion, du luxe dans lequel ces fameux philantropes sans la moindre pensée pour les miséreux qui n’ont pas de quoi s’acheter du pain. Supprimons tous les sports qui engloutissent des fortunes, le foot est je crois en tête de tous les classements et ne sert qu’à canaliser la violence des peuples qui s’ils en étaient privés iraient en découdre en direct et dans la rue avec ceux qui ne leur ressemblent pas. Les Skippers même s’ils sont récompensés au péril de leur vie sont loin d’empocher les sommes de n’importe quel joueur de première division et à ce que je sache ne se font pas payer par les émirats pour perdre .

étudiant sérieux dit: 26 décembre 2016 à 10 h 12 min

« Son chez-lui, c’était l’horizon. C’était toiler la mâture, c’était le prochain mille à courir. »
Yann Queffélec, Tabarly

ribouldingue dit: 26 décembre 2016 à 9 h 35 min

« …Tout ça sans rien voir du monde & des hommes qui l’habitent. »

C’est justement ça l’intérêt, Bloom, mais comme d’habitude, tu n’as rien compris…

Bloom dit: 26 décembre 2016 à 9 h 27 min

Le tour du monde à la voile, le type d’exploit qui ne sert à rien, juste à faire mousser le vainqueur, les sponsors, le constructeur, & donner des vapeurs au petit monde de la voile…Tout ça sans rien voir du monde & des hommes qui l’habitent. Au moins le Capitaine Cook & son équipage dressaient-ils des cartes, notaient des coutumes, relevaient des espèces exotiques…
La c.nnerie nautique est habilement satirisée par Jonathan Coe dans The Terrible Privacy of Mr Sim avec le contrepoint narratif de l’histoire tragicomique du navigateur Donald Crowhurst.

JC..... dit: 26 décembre 2016 à 7 h 29 min

« François Bon a l’air de nous dire qu’il faut nous accrocher au nouveau monde électronique, alors que c’est ce monde qui est à l’origine de la fermeture de librairies comme celle de Corti. Oui, le village global s’est déplacé, et c’est une décadence, une extinction. » (Delaporte)

La décadence c’est celui qui gémit sur un passé fait de diligences pour le transport, de manuscrits, de copistes, d’enlumineurs !

Quel dédain du progrès technologique que nos enfants utilisent naturellement. Inévitable !

L’extinction, c’est ce qui caractérise ces enfonceurs, rassis, de portes ouvertes du c’était-mieux-avant !

Delaporte dit: 26 décembre 2016 à 4 h 22 min

Heureusement que Perec n’est plus là pour voir d’Ormesson entrer dans la même collection que lui. Il en eût peut-être été piqué. Plus largement, c’est les couleuvres que doit avaler tout auteur un peu regardant rentrant dans la prestigieuse collection.

Delaporte dit: 26 décembre 2016 à 4 h 18 min

Egalement intéressant, un Perec en deux tomes avec quasiment toutes les oeuvres. Mais ce projet a pris du retard (cf. Brumes, blog d’un lecteur). Un Cahier de l’Herne consacré au même Perec vient de paraître. Donc, Perec a bien la cote.

Delaporte dit: 26 décembre 2016 à 4 h 08 min

Chic! On va pouvoir relire « Guillaume le Maréchal »

A condition qu’il soit dans les oeuvres choisies. C’est vrai qu’une Pléiade, c’est du solide. C’est fait pour durer, comme bouquin. C’est pourquoi mettre du Jean d’Ormesson dedans, cela frise le non-sens : bientôt d’Ormesson ne sera plus lu, et il y aura tous ces exemplaires dont on saura quoi faire ni ou les stocker et qui perdureront à l’auteur.

bérénice dit: 26 décembre 2016 à 1 h 32 min

L’exploit est immense. Et propulse Thomas Coville dans la catégorie des très grands. Ceux qui marquent leur temps. Et les esprits des terriens. Ceux qui sont capables de maitriser des trimarans de plus de 30 mètres, des monstres de carbone et de technologie, ceux qui domptent les océans, les tempêtes, les vagues du bout du monde. Ceux qui prennent des risques et les assument. Ceux qui partent avec ambition mais humilité et reviennent en héros. Thomas Coville est désormais l’un d’eux. Après quatre tentatives ratées. Et 17 ans d’un investissement sans relâche avec son fidèle partenaire Sodebo.

Petit Rappel dit: 25 décembre 2016 à 23 h 13 min

Une Pléiade Duby?
Chic! On va pouvoir relire « Guillaume le Maréchal « sans que le livre se décolle entre vos mains! De tous ses livres, je crois que c’est le plus mal fabriqué!
Joyeux Noel.
MC

Sergio dit: 25 décembre 2016 à 23 h 13 min

Jibé dit: 25 décembre 2016 à 23 h 02 min
« c’est clair », « pas de souci », « sur Paris », « en mairie »

On dirait du Céline !

Ha mais non haucunement en aucun cas ничего нет, du Ruquier !

Chaloux dit: 25 décembre 2016 à 23 h 02 min

Source Académie française
Pas de souci

« Le 06 octobre 2011

Emplois fautifs

On entend trop souvent dire il n’y a pas de souci, ou, simplement, pas de souci, pour marquer l’adhésion, le consentement à ce qui est proposé ou demandé, ou encore pour rassurer, apaiser quelqu’un, Souci étant pris à tort pour « difficulté », « objection ».

Selon les cas, on répondra simplement oui, ou bien l’on dira Cela ne pose pas de difficulté, ne fait aucune difficulté, ou bien Ne vous inquiétez pas, Rassurez-vous. »

Sergio dit: 25 décembre 2016 à 22 h 48 min

« c’est clair » et leurs « pas de souci », leurs « sur Paris » et leurs « en mairie »

Il faut les mettre dans une cage ; et toutes les cinq six heures, les taper avec un Gummi… Bien sur la tête, hein !

Delaporte dit: 25 décembre 2016 à 20 h 12 min

Houellebecq avait bien noté, dans son roman, que Huysmans n’y était pas, alors qu’il aurait dû. Voilà une priorité.

Chaloux dit: 25 décembre 2016 à 20 h 09 min

Bérénice, on ne peut pas réduire un homme à sa conversation -et encore, à un aspect de sa conversation. Ce serait dommage.

Delaporte dit: 25 décembre 2016 à 20 h 08 min

La Pléiade Kundera me semblait bien prématurée, également. pourquoi pas Philippe Sollers, pendant qu’on y est ?

Delaporte dit: 25 décembre 2016 à 20 h 07 min

En Pléiade, il y aurait cependant eu des priorités avant Tournier. C’est un choix intéressant, mais loin d’être complètement satisfaisant pour ceux qui, il y a longtemps, vénéraient cette collection. Même Cioran en Pléiade, je n’en voyais pas la nécessité. Lui non plus, d’ailleurs.

Delaporte dit: 25 décembre 2016 à 20 h 04 min

« Michel Tournier étant mortel laisse tout de même son oeuvre à la postérité »

On va même pouvoir le lire en Pléiade, qui l’accueille après le très léger Jean d’Ormesson.

bérénice dit: 25 décembre 2016 à 20 h 04 min

Chaloux, j’ignore ou méconnais l’étendue de votre catalogue quoiqu’il en soit je vous avoue que malgré ces circonstances festives, je n’ai toujours pas changé d’avis quant à vous, la première impression tenace que vous n’avez en rien le long de toutes ces années qui nous nous ont pas rapprochés chercher à dissiper, à contrario ont creusé cet écart en un canyon infranchissable pour lequel n’existera aucun passage et pour cause. . Je vous épargnerai des qualificatifs qui ont pu s’ajouter tout au long du chemin, longue vie à vous et à ceux que vous gratifiez de votre affection ou qui vous sont chers .

D. dit: 25 décembre 2016 à 19 h 31 min

Il faudrait que vous appreniez à vous détacher de ces détails, Chaloux. C’est une autre époque.
Soyez un homme moderne, allez de l’avant, profitez de la chance que nous offre l’explosion du numérique. Laissez vos vieux papiers kraft pour les mites et les souris. Aujourd’hui c’est l’univers des microprocesseurs, de l’informatique, du dialogue interactif sur écran et clavier.

Chaloux dit: 25 décembre 2016 à 19 h 15 min

Bérénice, il vient un moment, pour tout homme, où la ville familière se métamorphose lentement en une ville inconnue, où la promenade devient plus souvent une occasion de suivre du coin de l’œil sa propre caducité, – tout comme à la longue les fêtes de fin d’année s’apparentent à des veillées durant lesquelles ressurgit le souvenir des disparus. C’est le vieux cœur de Baudelaire qui change moins vite que la ville et nous emporte un instant avec lui. Vialatte cite souvent dans ses chroniques la pensée de Buffon selon laquelle « la plupart des hommes meurent de chagrin », mais il est vrai que nous n’en sommes pas là.

bérénice dit: 25 décembre 2016 à 18 h 55 min

« On accorde 5 pour cent aux fonctionnaires »

Les pauvres fonctionnaires menacés vont regretter la fermeture de cette librairie. Peut-être ne l’avait-il pas reconnu ou était-ce une façon de le situer un sans plus lui accorder d’importance parmi les autres .

bérénice dit: 25 décembre 2016 à 18 h 51 min

Chaloux, ne me faites pas croire qu’avec cette mémoire couplée à votre intelligence supérieure, ces repères seront inutilisables, Saint Simon, Sainte Beuve servent encore à éclairer vos jours et vos nuits en retrait du tout qui occupe le terrain. Valeurs refuge, qu’est-ce d’autre?

de nota dit: 25 décembre 2016 à 18 h 46 min

Mitterrand ayant choisi quelques livres chez Corti, la personne qui accompagnait Mitterrand commença à remplir un chèque (il se dit que Mitterrand n’avait jamais d’argent sur lui) quand Corti l’interrompit:
« On accorde 5 pour cent aux fonctionnaires »

bérénice dit: 25 décembre 2016 à 18 h 25 min

17h36 vos index relativisent la noirceur de l’année, Michel Tournier étant mortel laisse tout de même son oeuvre à la postérité et le catalogue des éditions Corti n’est pas encore enterré.

Sergio dit: 25 décembre 2016 à 17 h 40 min

Delaporte dit: 25 décembre 2016 à 17 h 28 min
Le bon vieux temps ne reviendra pas

A l’identique, non ; mais…

Passeque les machins sans guichets, les CD sans CD mais les mots de passe, eux, avec mots de passe, autrement dit toutes les bonnes occases de faire faire par le client le boulot de l’employé, i commence à y en avoir très sérieusement un peu ralbol.

Déjà pour le fisc depuis plusieurs années maintenant on peut revenir au papier ; pourquoi ? Pour avoir la grappe ; c’est pas dur !

Chuis peut-être le seul à le penser mais y a moi aussi, quand même…

Chaloux dit: 25 décembre 2016 à 17 h 36 min

Que dire d’une année qui commence avec la disparition de Michel Tournier et qui s’achève avec la fermeture de la librairie José Corti? Une année noire.

Sergio dit: 25 décembre 2016 à 17 h 30 min

Les Palistiniens, les Palestiniens… Et si on leur faisait un polder ? Mais grand mahousse ! Havec des étages des excavités… Faudrait voir les plans du barrage de l’autre avec sa Léon Bollée…

Delaporte dit: 25 décembre 2016 à 17 h 28 min

François Bon a l’air de nous dire qu’il faut nous accrocher au nouveau monde électronique, alors que c’ est ce monde qui est à l’origine de la fermeture de librairies comme celle de Corti. Oui, le village global s’est déplacé, et c’est une décadence, une extinction :

« Accrochons-nous à notre web, à nos sites, à tout ce bruissement de nos échanges réseaux, ces questions, ces partages, cette fraternité aussi : c’est le village global qui s’est déplacé. »

Le bon vieux temps ne reviendra pas, on peut juste le pleurer, au-delà des paradoxes inconvenants de François Bon.

Delaporte dit: 25 décembre 2016 à 17 h 07 min

Lors de sa bénédiction Urbi et Orbi, le pape n’a pas oublié les Palestiniens :

«Qu’Israéliens et Palestiniens aient le courage et la détermination d’écrire une nouvelle page de l’Histoire, où haine et vengeance cèdent la place à la volonté de construire ensemble un avenir de compréhension réciproque et d’harmonie», a-t-il plaidé.

Bloom dit: 25 décembre 2016 à 15 h 51 min

J’ai mis la main ce matin sur la seule oeuvre de fiction publiée par Bob Dylan, Tarantula, publié pour la 1ère fois par Panther (histoire de bêtes) en 73 et republié par Harper Perennial en 2005. Sur la couverture, une citation de Van Morrison: « DylaN is the greatest living poet ». Van The Man, originaire du nord de l’Irlande, où la poésie est presque aussi essentielle à la vie que la pinte de bière et l’exil intérieur, n’a pas pour habitude de raconter des craques… Extraits à venir.

Sergio dit: 25 décembre 2016 à 15 h 41 min

bérénice dit: 25 décembre 2016 à 8 h 49 min
On acclame sans minorer le geste par l’ adverbe d’intensité

Ca dépend y a toujours moyen d’enfourguer des mathématiques quelque part ; dans la grlrlrlande Rlrlrlussie soviétique les happlaudissements c’était au chrono, tout calculé d’avance ; il y avait un type qui faisait le batteur pour donner le signal comme dans Ben Hur les galères.

L’orateur qui avait parlé six heures pour zéro virgule trois seconde d’applaudissements comme ça il savait déjà… que les types de la camionnette l’attendaient avec son vestiaire sur le bras !

Sergio dit: 25 décembre 2016 à 15 h 25 min

Boh j’aimais bien l’Hymne à la joie par les taupes de chez les curés, là… Ca dépotait pire que nique nique nique…

Sinon y a les choeurs de l’Armée Rouge ça récure les baffles par électrolyse…

Janssen J-J dit: 25 décembre 2016 à 14 h 30 min

@ Vous choisissez quelle « solution » ? La plus dégueulasse ou la plus brève ….?
Ni l’une ni l’autre, bonnes fêtes JC, l’avenir du passé en 2017 ne succombera jamais à ces injonctions binaires. Et de moins en moins caricatural, deviendrez-vous, car nous croyons en votre aptitude perfectible à la nuance.

JC..... dit: 25 décembre 2016 à 14 h 10 min

« les Corti ferment leur librairie (un pincement) »

Pas plus qu’un pincement, hein !? car d’autres commerçants ferment dans l’indifférence générale … et après tout, le plus utile, est ce un libraire ou un bon plombier ?

Widergänger dit: 25 décembre 2016 à 14 h 01 min

Il faut souhaiter également de fêtes de Hanouka à nos amis extraterrestres qui doivent se les geler au fond des lacs, au fond des mers et sur la face cachée de la lune. J’espère qu’il peuvent se connecter à la Rdl pour y pouvoir y lire toutes nos çonneries…

Widergänger dit: 25 décembre 2016 à 13 h 57 min

Chers amis,

Vous trouverez ci-jointe une étude intitulée « La gestion étatique du travailleur étranger dans la France des années trente, reflet de la priorité de l’ennemi intérieur : les cas polonais et yougoslave », publiée en 2008 (Pilar Gonzàlez-Bernaldo, Manuela Martini et Marie-Louise Pelus-Kaplan, dir., Étrangers et Sociétés. Représentations, coexistences, interactions dans la longue durée, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 127-138).

Ce travail sur la manipulation étatique et patronale de la xénophobie ‑ sur la protection systématique clandestine des alliés du Reich hitlérien et la croisade contre les ouvriers étrangers qui ne menaçaient pas les intérêts nationaux français ‑ complète la communication « « Pour une nouvelle problématique des “indésirables” dans la France des années 1930 », in Françoise Richer, éd., Minorités ethniques et religieuses (XVe-XXIe siècles) La voie étroite de l’intégration, Paris, Michel Houdiard Éditeur, 2014, p. 168-191, déjà publiée sur le site (http://www.historiographie.info/probindsirable1930.pdf ).

Diffusion libre, naturellement, selon l’habitude.

Je profite de l’occasion pour vous remercier de votre contribution, en ces temps difficiles, à la diffusion de l’histoire critique et pour vous souhaiter mes meilleurs vœux pour les fêtes et l’année 2017, qui sera aussi celle du centenaire d’Octobre.

Bien cordialement
Annie Lacroix-Riz

Widergänger dit: 25 décembre 2016 à 13 h 56 min

Les éditions Corti préparent un nouveau site web.
Il sera mis en ligne dans le courant du mois de janvier.
Ci-joint en pdf, la liste des parutions du premier semestre 2017,
et les argumentaires des nouveautés de janvier 2017.

JC..... dit: 25 décembre 2016 à 13 h 55 min

Amis littéraires, bonjour !

Vous avez désormais le choix, c clair, pas de souci :
– vivre avec votre temps, et couper des têtes
– vivre au passé, et avoir la tête coupée

Vous choisissez quelle « solution » ? La plus dégueulasse ou la plus brève ….?

Widergänger dit: 25 décembre 2016 à 13 h 54 min

Les éditions Corti
poursuivent leur activité éditoriale
à l’adresse ci-dessous – non ouverte au public –
60 rue Monsieur le Prince 75006 Paris
(et en province)
[email protected]
Leur librairie est louée dès le 1er janvier 2017 à
La librairie des Éditeurs Associés.
Le fonds éditorial des éditions Corti
y sera toujours bien représenté.

bérénice dit: 25 décembre 2016 à 13 h 19 min

Jibé, 13h04:  » Siège déjà transféré rue Monsieur-le-Prince, et le repreneur de la librairie promet – selon l’info reçue – que des livres du catalogue Corti resteront présents dans son fonds généraliste : tant mieux, mais probablement plus une raison suffisante pour le détour. »

Janssen J-J dit: 25 décembre 2016 à 13 h 09 min

Oui, u bien émouvant papier de François Bon sur « la fin des Corti ». Une maison ayant préféré disparaître écroulé sous du papier, plutôt que d’avoir jamais voulu survivre en numérisant son fond. C’est mieux ainsi. Gardons-en la poussière en mémoire ainsi les bouquins trouvés là-bas, pas toujours déflorés au coupe-papier, vu le caractère sacré que leur attribuait le « fou de gracq » !… Replongeons une dernière fois dans les mémoires de José C, merveilleux éditeur.
Et maintenant, place à un nouveau Pantashop ! c vrai qu’on a plus besoin de se fringuer que de se farcir la tête, c clair, hein !… :-)

Jibé dit: 25 décembre 2016 à 13 h 04 min

Mieux vaudrait que Gallimard rachète la librairie Corti, plutôt qu’un traiteur de luxe ou un marchand de fringues griffées, comme à Saint-Germain ?

Bloom dit: 25 décembre 2016 à 12 h 36 min

De très bons livres chez Corti, mais le lieu était peu engageant, comme chez les bouquinistes, fétichistes du vélin. Avais eu grand plaisir à lire le « Villiers de l’Isle Adam & le mouvement symboliste » de Alan Raitt. Et les Gracq, oeuf corse.

JC..... dit: 25 décembre 2016 à 12 h 11 min

Je vous livre le nom d’un vrai ckon, certifié EU, qui déclare sans rire dans « Libé » -oui, le journal des ckons, lus par les ckons d’abonnés- la main sur le cœur, le cerveau chez le garagiste :

« Remontons une épicerie dans chaque village, la grande distribution c’est la partouze ! »

Joyeux Noël !

JC..... dit: 25 décembre 2016 à 11 h 47 min

« ceux que nous aimions et qui nous ont quittés. » (Christiane)

Ils ne nous ont jamais quitté : ce n’est qu’une illusion d’optique !…

JC..... dit: 25 décembre 2016 à 11 h 45 min

« Le contemporain idéal pour Passou, c’est Passou »

C’est clair ! Pas de souci !
Sur Paris et en mairie, aussi !

christiane dit: 25 décembre 2016 à 11 h 17 min

@Sant’Angelo Giovanni dit: 25 décembre 2016 à 10 h 26 min
Mais Noël, c’est la fête des enfants et c’est une nuit, la plus profonde, la plus noire de l’année (Solstice…), donc de la lumière que chacun apporte à l’autre qu’il soit croyant ou non, c’est la trêve parfois dans les temps de guerre comme dans certaines tranchées en 14/18, c’est le conte d’Andersen « La petite fille aux allumettes »…. Ou Michka du Père Castor…
Et cette belle légende de la crèche à l’étoile, des rois mages, du bœuf et de l’âne, des bergers, des santons, goutte de paix au milieu du carnage, laissez-la, lovée au fond des cœurs et des mémoires.
Parfois l’irréel porte en lui le réel, comme le passé est coque de l’à venir.
Et puis il y a pour chacun la mémoire de cette fête de lumière douce, de ceux que nous aimions et qui nous ont quittés.
Oh, Sant’Angelo, avec un pseudo pareil cherchez des copains aux pieds ailés.

Jibé dit: 25 décembre 2016 à 10 h 37 min

« on aimerait vraiment changer de contemporains tant ceux-ci nous exaspèrent avec leurs « c’est clair » et leurs « pas de souci », leurs « sur Paris » et leurs « en mairie »… »

Quel peut bien être le contemporain idéal pour Passou ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*