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La République Des Livres par Pierre Assouline
Nicolas Mathieu en proie à l’effroyable douceur d’appartenir

Nicolas Mathieu en proie à l’effroyable douceur d’appartenir

Donner un titre énigmatique à son roman, il faut oser. Un risque autant qu’un pari. Car l’introuvable « grand public » risque de passer à côté pour n’y avoir rien compris, voir même rien perçu, au premier coup d’œil. A quoi pense-t-on et que déchiffre-t-on en apercevant au milieu de la couverture du livre de Nicolas Mathieu, lauréat du prix Goncourt 2018, le titre : leurs enfants après eux (425 pages, 21,80 euros, Actes sud) ? Rien de moins évident. On peut toujours traduire la pensée de l’auteur, lui-même donne sa clé dès l’épigraphe, tirée du Siracide (44, 9), l’un des livres sapientiaux de l’Ancien Testament :

« Il en est dont il n’y a plus de souvenirs,/ Ils ont péri comme s’ils n’avaient jamais existé ;/ Ils sont devenus comme s’ils n’étaient jamais nés,/ Et, de même, leurs enfants après eux. »

De telles lignes, placées en avant du texte pour en être l’ambassadeur, disent bien sa double ambition aussi bien poétique que politique. On ne saurait mieux annoncer une intention, une vision et un projet : la dénonciation du déterminisme social dans lequel s’engluent les invisibles de nos sociétés, la résignation à cet indémêlable fatum, le sentiment d’abandon ressenti par les habitants de régions qui se vivent comme des provinces, les ravages du chômage et de la désindustrialisation. Demain ne sera pas un autre jour mais le même. Il ne suffit pas de traverser la rue pour trouver du travail, message reçu cinq sur cinq.

C’est l’histoire d’une petite vallée de Lorraine (son comté de Yoknapatawpha, dette payée à son maître Faulkner) dont les jeunes habitants n’ont qu’une idée en tête, fixe comme une obsession : partir. Car dans ce monde où les hauts-fourneaux appartiennent déjà à l’Histoire alors qu’il en vivait hier encore, cet imaginaire sidérurgique qui héroïsait ses travailleurs en hommes de fer, il faut se tirer si on veut s’en tirer. Nous sommes à la fin des années 1990 durant quatre étés consécutifs à Heillange, ville imaginaire qui sonne comme Hayange et ce n’est pas un hasard. La France est alors championne du monde, mais que de football. L’ennui suinte dans le quotidien de ses adolescents désoeuvrés. Un noyau d’ennui massif, sourd, poisseux qui les persuade que leur plafond de verre est en réalité fait de béton armé. Ils le trompent en buvant, en clopant, fumant, en baisouillant, en chapardant, en jouant à la vidéo, en tentant des petits coups tordus.

On s’attache très vite à ces personnages si français jusque dans leurs immigrés. Ils parlent juste et vrai. Car le souci de la langue prime sur celui du message. Ils écoutent Nirvana comme Nicolas Mathieu à leur âge écoutait les Ramones. Ca ne fait pas oublier leur désenchantement mais ça lui donne des couleurs, du rythme, l’illusion d’une évasion. De quoi cimenter un complot de solitudes. On en a vues et lues bien d’autres, le plus souvent dans des nombrils de l’autofiction ou des regards jetés vers le grand ailleurs. Mais combien de jeunes romanciers ont-ils mis l’esprit de la fresque, ordinairement réservé à la restitution historique,  au service de la question sociale en France ?

Parfois, une simple incise suffit à marquer le temps : « A Berlin, un mur était tombé ». Il s’en trouvera toujours pour réduire et ramener cette chronique sociale à un roman de camping, avec short et birkenstock. Sans en appeler aux mânes de Zola, en évitant tant l’écueil du misérabilisme que celui du regret du monde d’avant, convenons plutôt que sa grande réussite aura été de fixer dans cette histoire et dans ces pages l’image sombre et lumineuse d’une France en voie de disparition. Non que cette réalité s’estompe, tout au contraire puisque c’est sa contemporanéité même qui nous parle et nous touche. Mais tout se déroule dans une certaine mélancolie née du passage du temps sur les êtres.

Inutile de chercher des clés ou des autoportraits, il n’y en a pas et s’il en demeure un reflet à travers tel personnage, peu importe. Dans son grand souci de restitution du réel, fut-il suffocant, ce roman de formation s’attache à parler des gens tout simplement, mais sans cette démagogie politicienne qui consiste à les interpeller comme étant « les gens », le peuple authentique. On les sent tragiquement soumis et résignés à leur statut d’invisibles, d’abandonnés, de laissés-pour-compte. Tel est l’état des choses et pourquoi changerait-il ? Ne reste pas grand chose du mérite républicain quand les dés sont pipés dès le début. Nicolas Mathieu a aussi raconté cette histoire pour se réconcilier avec cet état-là quitte à régler ses propres comptes avec son adolescence.

D’où parle-t-il ? Né en  1978 à Epinal (Vosges), nancéen depuis plusieurs années après avoir été parisien le temps de ses études d’histoire de l’art et de théorie du cinéma (mémoire de maitrise sur Terence Malick en philosophe),  il vient des classes moyennes. Il a grandi dans un quartier pavillonnaire dit de la Jeanne d’Arc à Golbey, une commune implantée sur la rive gauche de la Moselle ; père électro-mécanicien, mère comptable ; mais c’est en poursuivant sa scolarité dans une école privée qu’il a pris conscience de la différence sociale dont il dit qu’elle le définit aujourd’hui encore (cette trahison de classe le hante plus encore depuis la découverte d’Annie Ernaux). Plus tard, ce sera une suite de petits boulots, des essais d’écriture avant Aux animaux la guerre (Actes sud noir), le premier vrai roman il y a quatre ans, un pur polar très bien accueilli, primé et bientôt porté à l’écran. Un monde imaginaire nourri de rencontres, d’observations, biberonné aux polars de Jean-Patrick Manchette, aux romans de Georges Pelecanos, décillé par le Voyage du au bout de la nuit à 17 ans, et gouverné par le principe de Joe Louis :

« J’ai fait du mieux que j’ai pu avec ce que j’avais ».

Quand on lui demande quel écrivain il aurait voulu être s’il n’en avait pas été un lui-même, après mûre réflexion il répond Bonnard. Oui, le peintre, pour son immense talent et pour la qualité de son bonheur avec Marthe. Nicolas Mathieu a de l’empathie et de la tendresse pour ses personnages, tous « car tout le monde a ses raisons » comme il est dit dans La Règle du jeu de Jean Renoir, les jeunes comme les vieux, le petit blanc comme le beur, tous aussi paumés. « Comprendre et  ne pas juger » : c’était la devise de Simenon sur son ex-libris. On dirait que Nicolas Mathieu l’a faite sienne avec une sensibilité qui fait merveille tant dans l’expression de la violence et de la colère que dans la caresse du vent sur la peau. Les trois mots formant l’excipit de ce magnifique roman d’apprentissage formellement classique, sans hiatus, d’une écriture fluide grâce à la note juste trouvée dès l’entame et tenue jusqu’au bout, disent tout :

« L’effroyable douceur d’appartenir »

Un oxymore à première vue, encore que, à y bien réfléchir… A propos, leurs enfants après eux est dédié à un certain Oscar, 5 ans et demi, son fils.  Dans ses remerciements, Nicolas Mathieu commence par exprimer sa gratitude à sa mère pour son aide et il finit ainsi :

« Une pensée pour mon père. Sous les silences, nous n’en pensons pas moins ».

(« Nicolas Mathieu hier chez Drouant et le portrait d’un des frères Goncourt » photo Passou)

Cette entrée a été publiée dans Littérature de langue française.

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commentaires

1 285 Réponses pour Nicolas Mathieu en proie à l’effroyable douceur d’appartenir

Delaporte dit: 15 novembre 2018 à 19 h 24 min

En général, le Goncourt est remis à un écrivain de son vivant, et jamais plus d’une fois (sauf pour Romain Gary).

Delaporte dit: 15 novembre 2018 à 19 h 22 min

Le pire, c’est que Phil et Ed ont cru que Chateaubriand, le vicomte, avait eu le Goncourt. Qu’il aurait vécu jusqu’à cette date. Ou peut-être qu’on lui a remis le pris de manière posthume : ses Mémoires sont en effet d' »outre-tombe » ? Il y a de quoi pisser de rire, en effet !!!

DHH dit: 15 novembre 2018 à 19 h 20 min

Sur le livre d’Elizabeth de Fontenay un excellent « Répliques » sur France culture il y a quelques semaines. Grand moment de radio avec un interwieweur et une interwiewée d’un niveau exceptionnel

Delaporte dit: 15 novembre 2018 à 19 h 16 min

« Avouez que l’un est un immense écrivain (qui n’a pas eu de Goncourt) tandis que l’autre est très confidentiel (et a eu le Goncourt). »

Ed, vous êtes soit de mauvaise foi, soit ignorante, soit les deux. Châteaubriant n’était pas un écrivain « confidentiel », pas du tout. Il a eu certes son heure de gloire, et est moins lu aujourd’hui. Mais l’on se souvient de lui, à la différence de tant d’autres. Et il est toujours « lisible » : certains écrivains contemporains ne lui arrivent pas à la cheville. Je pense que PaulEdel, qui connaît ça par coeur, ne me contredirait pas.

Jazzi dit: 15 novembre 2018 à 19 h 14 min

« Dans Pétrole de Pasolini, la plus ennuyeuse — scène de sexe —. »

Pas d’accord, renato, je la trouve d’une grande virtuosité !

Claudio Bahia dit: 15 novembre 2018 à 19 h 10 min

AH ! mais si, ça marche!!
mais le fait est qu’on ne peut voir son texte avec les passages en italique qu’après l’avoir envoyé. faut faire confiance

Ed dit: 15 novembre 2018 à 19 h 10 min

Closer,

Oui sur le principe. Non dans le cas présent, car elle a un rôle à jouer dans la révélation de la personnalité de mon héroïne ainsi que dans l’évolution de son état d’esprit.

Ed dit: 15 novembre 2018 à 19 h 09 min

Lavande,

Avouez que l’un est un immense écrivain (qui n’a pas eu de Goncourt) tandis que l’autre est très confidentiel (et a eu le Goncourt). Comme quoi…la mort ramasse les copies etc etc.

DHH dit: 15 novembre 2018 à 19 h 04 min

@ n’importe quoi
non je ne parlais pas d’Aurelie Philppetti
celle dont je parlais n’est pas une agrégée mais une énarque, pur produit de l’ascenseur social lorsqu’il fonctionnait, et grâce l’intervention d’une prof dans son destin .

N'IMPORTEQUOI dit: 15 novembre 2018 à 18 h 51 min

JJJ, il est possible de déplorer devoir voir et lire du sexe partout et sous toutes les formes, des formes les plus rudimentaires aux plus raffinées , bien que la sexualité intègre toutes les vies elle donne quelquefois l’impression ainsi présentée d’être le centre névralgique , une espèce d’indépassable incontournable et subsidiaire. Un aliment culturel doit être en être saupoudré sans quoi il ressemblerait à une gouffre sans sucre glace.

raymond dit: 15 novembre 2018 à 18 h 43 min

D et Delaporte
Vous avez raison d’échanger sur le boudin à propos du Goncourt. Pour ma part je recommande le boudin blanc de Rethel avec par exemple des lentilles corail. Pour le boudin noir j’avoue que j’en mange davantage depuis les attentats, je ne sais pas pourquoi; j’y mêle la compote, c’est presque obligatoire. J’aime les blancs de Rethel avec de la purée faite maison, pomme de terres cuites à l’eau puis broyées au fouet avec du beurre évidemment peut-être peut-on risquer un peu de crème, mais bon, faut pas exagérer non plus; cela dit le boudin est notre vrai plat national en Angleterre ou en Allemagne ils ignorent ces merveilles. Le boudin noir aux oignons tel que je l’ai connu en Limousin emporte la palme, parfois ils y mêlent des châtaignes, c’est incroyable, c’est un paysage, c’est l’autre bout du monde, on croit rêver.

christiane dit: 15 novembre 2018 à 18 h 40 min

@Janssen J-J dit: 15 novembre 2018 à 18 h 24 min
Ah, vous êtes idiot. Je m’étais trompée… Pas grave…

Lavande dit: 15 novembre 2018 à 18 h 39 min

Rose j’ai fait une erreur pour le texte souligné: c’est (u) entre balises – pour underlined.
s est équivalent à strike.
Et effectivement pour les italiques on peut utiliser (i) ou (em)

(à chaque fois pas de parenthèses)

Delaporte dit: 15 novembre 2018 à 18 h 36 min

Ma chère Ed, avant de tressaillir de joie et de pisser de rire à mon encontre, il faudrait être sûre de votre fait. J’ai le regret de constater qu’une fois de plus, c’est vous qui l’avez dans le baba. Cela n’étonnera personne. Je vous conseille ce Châteaubriant, écrivain sensible, un vrai gentilhomme breton, qui a hélas mal fini.

N'IMPORTEQUOI dit: 15 novembre 2018 à 18 h 35 min

Mais, euh, votre jeune et brillante collègue correspond tout à fait selon le portrait et contexte rapportés à une de nos anciennes ministres de la culture qui de plus écrit et publie. Agrégée de Lettres. Un profil laissant rêveur, une perle rare.

Delaporte dit: 15 novembre 2018 à 18 h 33 min

Lavande dit: 15 novembre 2018 à 18 h 13 min

Merci pour votre soutien, Lavande. Je crois que Phil et Ed se sont gourés, avec Châteaubriant, qui est également une sorte de « classique », mais bien différent du cher Vicomte.

N'IMPORTEQUOI dit: 15 novembre 2018 à 18 h 30 min

« Avec une jeune et brillante collègue », dhh on connait le refrain. C’est semblable aux balades aux puces de Pablo qui toujours éprouve le besoin de préciser qu’il a acquis tel ou tel livre rare pour 1 euro. Depuis le temps vous devriez vous éviter la peine de vous illustrer de personnalités indubitablement à votre image.

Janssen J-J dit: 15 novembre 2018 à 18 h 24 min

PS : c’est chouette de vous lire malgré « EDF » !

Ne vous fatiguez pas… Plus j’essaie de vous comprendre, plus je mesure les fossés qui nous opposent. Et j’essaie de ne pas perdre mon sang froid. Ce qui m’attriste le plus, voyez, c’est que vous n’avez vraiment aucun humour, vous prenez tout au premier degré. EDF c’est drôle non ? Un peu de distance que diantre, vous avez le parc Montsouris pas loin et les luminaires Pedzel ou Petzel. Bon halhors, va-t-on devoir constater qu’on n’a pas les memes valeurs ? Vous n’allez pas me faire croire au risque de vous sentir contaminée par la médiocrité de la vie des anti héros de Mathieu, quand même, du-elle, leur vie lamentable pas encore trop pourris pas leurs smartphones vou sinspirer du dégoût!…, Allez, je vous remets ses vraies initiales, EdF (ou EF comme Elena Ferrante). Pas GDF…, là c’est vous qui dégazez, chère Madame.

Lavande dit: 15 novembre 2018 à 18 h 22 min

Ce que vous racontez du livre d’Elisabeth de Fontenay, Christiane et JJJ, me fait penser au beau film de Sandrine Bonnaire, « Elle s’appelait Sabine » sur sa soeur autiste.

Janssen J-J dit: 15 novembre 2018 à 18 h 15 min

Quant aux scènes de sexe que certains trouvent réussies, je les ai trouvées lamentables : séries de fouaillement dans les sexes mouillés des filles, érections fragiles et égoïstes des garçons. Un monde tellement décevant, absurde même dans son final où les jeunes se casent en couple et s’ennuient vite avec leur épouse et les bébés qui pleurent la nuit.

Mais pourquoi portez vous tous ces jugements de valeur, bon sang ? C’est cru, c’est réaliste, c’est vrai et pas complaisant du tout. Ca raconte exactement la vie comme elle est. Que vous faut-il de plus, voyons donc. Je ne vous comprends pas, à ce sujet. Vous ne supportez pas les romans naturalistes contemporains ou quoi ?

Lavande dit: 15 novembre 2018 à 18 h 13 min

Pas sûr que vous ne fassiez pas fausse route, Phil et ED.
Delaporte ne parle pas du vicomte (qui n’a jamais eu le prix Goncourt… pour cause) : « son » Chateaubriant s’écrit bien avec un T:
« Alphonse Van Bredenbeck de Châteaubriant est un écrivain français né à Rennes le 25 mars 1877 et mort à Kitzbühel (Autriche) le 2 mai 1951.
Il fut un chantre de la collaboration durant l’occupation de la France par l’Allemagne nazie. »

Janssen J-J dit: 15 novembre 2018 à 18 h 12 min

Drôle, j’ai lu ‘Gothique Charpentier’ en français il y a huit ans, (il m’avait été recommandé par des québéqouis à Montréal, mais n’ai gardé aucun souvenir d’une scène érotique. Vous êtes sûr de vous, Renato ? Je l’espère. J’irai le rouvrir dans ce cas là, quand je retrouverai ma bibli à qq centaines d’encablures !

christiane dit: 15 novembre 2018 à 18 h 10 min

Janssen J-J dit: 15 novembre 2018 à 17 h 15 min
Peut-être avez-vous raison mais pas en ce qui concerne l’âge de mes élèves. Je travaillais avec de jeunes enfants, pas encore abimés, enfin pas tous (car certains qui avaient vécu trop de violence en famille soit, dormaient en classe, soit piquaient des colères pleines de rage pour expulser l’angoisse). Les ados, dans les cités,les grands frères, donc, j’en avais eu certains comme élèves mais généralement non, car j’avais choisi une mobilité professionnelle dans les départements où j’ai travaillé. (Question de survie !). Ce que ce roman m’a évoqué outre les banlieues que je sillonnais, c’est ce langage où les femmes étaient arrosées comme dans le livre de mots infamants. Et ce rien de ces vies médiocres gouvernées par la violence, l’alcool, la drogue. Quant aux scènes de sexe que certains trouvent réussies, je les ai trouvées lamentables : séries de fouaillement dans les sexes mouillés des filles, érections fragiles et égoïstes des garçons. Un monde tellement décevant, absurde même dans son final où les jeunes se casent en couple et s’ennuient vite avec leur épouse et les bébés qui pleurent la nuit. La finale de foot comme feu d’artifice et les mob, c’est un peu juste, non ? C’est vous qui m’étonnez JJJ , mais qu’est-ce qui vous a donc ébloui dans ce livre ?
Et pourtant, j’en ai connu des jeunes, méritants, qui valaient la confiance qu’on leur portait. Intelligents, drôles, avides d’apprendre, de devenir et certains de ces mêmes milieux… Qu’est-ce qui a fait la différence ? Je ne sais, peut-être une certaine joie d’être au monde. Enfin, à chacun ses appréciations…
Quant à Elizabeth de Fontenay (cessez de l’appeler EDF pourquoi pas « gaz se France » !), bien sûr qu’elle n’écrit pas comme une littéraire aguerrie mais cette difficulté de dire, de cerner son angoisse, sa culpabilité est une écriture du cœur où la philosophe qu’elle est prend des risques pour permettre à ce frère enfermé dans son silence de dire « je », pour défendre les « sans-défense » face aux horreurs de l’Histoire. Et c’est maladroitement magnifique et lumineux. Un livre qui s’est gravé en moi. Et celui-ci, je ne m’étonne pas que vous l’aimiez.
(Je ne pense pas que ce sera le cas avec celui de Nicolas Mathieu que j’ai fait l’effort de lire en entier et qui doit réjouir ceux qui méprisent ces populations en se sentant « différent », préservé, observant cette « populace » avec dédain !)
Nicolas Mathieu a une bonne tête, un beau sourire, une grande simplicité dans les entretiens, un talent pour écrire pour observer le monde qui l’entoure… Peut-être un autre livre de lui me convaincra davantage.
PS : c’est chouette de vous lire malgré « EDF » !

Janssen J-J dit: 15 novembre 2018 à 18 h 08 min

Frères d’âme est également une réussite, notamment pour les rêves du protagoniste emmené à l’Arrière du front (2e partie) après avoir pété les boulons dans les tranchées (1ère partie), et surtout pour la douceur des souvenirs de la naissance de sa fraternité sénégalaise. Y copris les souvenirs érotiques de son dépucelage, une réussite formidable, d’une infinie douceur. Evidemment tout autre chose que l’expérience d’Anthony chez Mathieu, dans la voiture, un vrai fiasco… so what ?
J’en connais ici qui pourraient en prendre de la graine, chez David Diop autant que chez Nicolas Mathieu…
Un beau petit roman, Frères d’âme, qui se lit en quatre heures, mais pour le dire comme C., dont l’objet finit par lasser un brin.., depuis Lemaître (au revoir là haut) ou mieux encore, le Boyden (le chemin des âmes), etc.

renato dit: 15 novembre 2018 à 18 h 08 min

« Paradoxe intéressant… »

Dans Carpenter’s Gothic de William Gaddis, l’une de plus réussite scènes de sexe de la littérature ; très instructive, aussi.

DHH dit: 15 novembre 2018 à 17 h 57 min

C’est par erreur qu’on m’impute un point de vue sur le Goncourt; je ne l’ai pas encore lu je le ferai plus tard mais je crois que je lirai d’abord frères d’âmes.
Quant au monde né de la désertification industrielle de Lorraine je l’avais découvert au cours de conversations avec une jeune et brillante collègue qui en était issue.
Elle était née et avait grandi à Longwy au sein d’une famille ouvriere immigrée d’Italie
Elle appartenait à la génération précédente de celle sur laquelle porte le roman de Mathieu.
Le probleme à l’epoque ou elle l’avait vecu avec ses proches n’était pas encore celui de la clochardisation de ce monde , aujourd’hui rongé parla misère matérielle et morale , la violence et la délinquance , mais le désarroi de familles qui voyaient s’écrouler tout ce en quoi elles avaient cru ,la perte de confiance en eux de ces ouvriers fiers de leur savoir-faire qui avec la suppression des hauts fourneaux se re- trouvaient en préretraite avec le sentiment d’avoir perdu leur respectabilité ;la certitude douloureuse qu’il n’y avait pas d’avenir pour leurs enfants là où cette population souvent issue de l’immigration, italienne notamment, avait voulu s’enraciner ; ,le chagrin en face de la dévalorisation brutale de maisons qui, selon le mot de cette amie, représentaient des « vies d’économie' »
Ce malaise n’a pas eté suffisamment reconnu alors et pris en compte par l’Etat qui aurait dû des la fin des années 70 prendre les mesures de réindustrialisation nécessaires pour enrayer à temps un processus qui abouti au marasme irréversible actuel , tel que semble t-il ce livre le décrit

closer dit: 15 novembre 2018 à 17 h 56 min

« Paradoxe intéressant : la chose la plus agréable à faire est aussi la plus désagréable à conter. »

Rien ne vous oblige à en écrire, chère Ed…Ça n’ajoute généralement rien au récit et n’est là que pour attirer le chaland.

Lavande dit: 15 novembre 2018 à 17 h 48 min

J’ai regardé moi aussi la liste des lauréats du Goncourt : j’en ai lu 30 (dont celui de Paul Edel) !
Je dois avouer qu’ils ne m’ont pas tous laissé un souvenir impérissable.

Delaporte dit: 15 novembre 2018 à 17 h 40 min

« Dear Delaporte, Chateaubriant est grillé. est-ce vous qui moquiez ce « Perrec » ? »

Que voulez-vous dire, mon cher Phil ? Vous n’avez pas lu M. des Lourdines ? C’était d’un très bon écrivain, qui hélas a mal joué sous l’Occupation.

Delaporte dit: 15 novembre 2018 à 17 h 33 min

Tron acquitté… voilà qui va mettre du baume au coeur de tous les pervers qui courent encore, Weinstein, Polanski (attendu par un juge américain), Woody Allen, Luc Besson (qui serait jugé en France, où il a donc des chances d’être lui aussi acquitté)… Quel horrible tableau de l’humanité !

Ed dit: 15 novembre 2018 à 17 h 26 min

Saviez-vous ce qui est le plus difficile à écrire ? Une scène de sexe. Paradoxe intéressant : la chose la plus agréable à faire est aussi la plus désagréable à conter.

Delaporte dit: 15 novembre 2018 à 17 h 20 min

Je viens de regarder la liste des Goncourt, pour plus de précision. En réalité, j’en ai lu 10, souvent sans savoir qu’ils avaient eu ce prix. Je ne suis pas un maniaque du Goncourt, mais ça prouve qu’un certain nombre des titres récompensés sont des incontournables, comme Proust, Modiano (rue des Boutiques-Obscures), Chateaubriant, Malraux, etc.

Janssen J-J dit: 15 novembre 2018 à 17 h 15 min

@ Vu en début d’aprèm le film sur les animaux fantastiques, d’après JK Rawling, la mère d’Harry Poter. Edifiant au décoiffage ébouriffé ! Oui, pas boudé son plaisir…. Pour Nicolas Flamel au meeting du Père Lachaise notamment et surtout… qui se prend pour le père Fouras.

@ Les « réserves » de Ch. sur le Goncourt, maintenant ? Triste. L’explication ne vient pas du contenu qui lui a pesé, semble-t-il, mais du langage et des pétardes djeunes de banlieue mal éduqués qu’elle ne supportait plus, après les avoir subis dans sa carrière de prof qui n’en pouvait plus apparemment. Nuance. Voilà ce que j’apprécie chez elle. SOn droit au repos qui dicte sa critique littéraire. L’honnêteté de ses explications, quand elle nous fait part de ses déceptions. Au moinss, sait-on à quoi s’en tenir exactement ; pas se tromper de cible, les feignasses et les feignants de la lecture !

En revanche, bien apprécié ses plus grands éloges à Gaspard de la nuit, s’agissant de la philosophe progressiste Elisabeth de Fontenay. Une autrice d’abord menée par les idées, mais certainement pas par le style, contrairement à ce qu’on nous affirme. EDF n’a jamais prétendu faire de la littérature, à la différence de N. Mathieu qui, lui, a un réel talent littéraire, n’en déplaise. Le témoingnage d’EDF bouleversera d’autant plus son.sa lecteur.trice qu’il.elle aura partagé longtemps avec elle un indicible secret de famille (du genre : mon frère Gilbert-Jean, [enfin nommé à la dernière page], cet être humain sans langage et sans affect apparent). EDF a surtout réussi à expliquer la nature de ses engagements par une clé très intime de sa sensibilité aux « animal studies ». En cherchant obstinément à témoigner de la souffrance des bêtes en silence, elle en vient à établit un parallèle vertigineux d’audace par le détour du rapport à son frère dépourvu d’affect et de causalité au monde. Je crois que l’amie compliquée de Finkie, désormais tutrice de son frère cadet, aurait gagné à la fréquentation de l’oeuvre de Kenzaburo Oé qu’elle ne connait manifestement pas. Elle l’aurait délectée d’un immense poids de culpabilité. Son témoignage poignant est sauvé par un passage cité de M. Duras que j’ignorais, apparemment fascinée et rendue stupide par la gorille Koko : « accepter de ne pas savoir, ni savoir expliquer ce qu’éprouve cet animal, des choses sans doute plus intenses que pas mal d’hominidés » (qq chose comme cela, de mémoire). EDF partira avec son frère sans laisser aucune descendance, sauf une trace de leur passage dans la nuit, dont on ne remerciera jamais assez. Elle dit s’être enhardie à le faire sur le très tard, car le moment était venu, l’impulsion lui serait venue du regretté Pierre Pachet évoquant l’autobiog de son propre père.

@ r., ma propre mère, frappée par la démence sénile de la maladie à corps de Léwy séjourne aux « PSDP » à S. depuis neuf ans, un établissement qu’elle avait souhaité ardemment regagner, avouant alors à ses enfants (merci pour nous, maman) que sa vraie vocation à l’adolescence aurait dû être de devenir religieuse. Mais elle dût subir un mariage forcé. 0 87 ans, elle assiste à deux offices religieux par jour, et c’est le seul « plaisir » (?) qui lui reste dans ses mornes jourénes où elle marmonne ses prières, elle trébuche parfois sur le notre père, mais jamais sur le je vous alue marie. Pas pu m’empêcher d’établir un parallèle avec Gaspard, toujours visiblement heureux d’aller à la messe et de communier, nous dit sa soeur. Et avec d’autres mamans, celle de jzzz, celle de r. qui a sans doute bien raison d’avoir renoncé aux petites soeurs, si elle en a un peu la crainte. Heureux d’apprendre qu’elle aurait encore ses capacités décisionnelles. Elles ont ri ensemble, et je n’arrive pas à le faire avec la mienne. Elle disait ceci quand elle avait encore toutes ses facultés : « ton père voulait toujours aller chez les nus (à Montalivet), mais moi j’aimais pas ça, il me forçait un peu ». Et là, je pense à la mère de Chantal Thomas qui préférait nager. Sûr qu’à la fin, elle n’osait plus, croyant qu’elle ne saurait plus.

Mais pourquoi tu te racontes tout ça, jjj ? Mais parce qu’il y a plein de résonances positives ici, où le mélange des genres et des rebonds divers et variés est la loi du blog de la rdl. Qui cela peut-il bien gêner après tout, voyons donc.

Delaporte dit: 15 novembre 2018 à 17 h 13 min

« C’est énorme. Je viens de lire la liste des Goncourt depuis sa création et je n’ai lu qu’un seul des livres récompensés. »

lequel avez-vous lu ? Moi, c’est le Rivage des Syrtes, de Gracq, qui a refusé le prix.

Delaporte dit: 15 novembre 2018 à 17 h 11 min

Il a confondu Maurras et Marc Bloch, la boulette du ministre :

« Invité sur France Inter, le porte-parole du gouvernement a attribué à l’historien juif et résistant une formule à connotation xénophobe et anti-démocratique de l’intellectuel d’extrême droite. »

Ed dit: 15 novembre 2018 à 16 h 42 min

C’est énorme. Je viens de lire la liste des Goncourt depuis sa création et je n’ai lu qu’un seul des livres récompensés. La plupart des auteurs sont d’ailleurs moins connus que les grands écrivains ayant passé la postérité sans jamais recevoir ce prix. Ahouuu

Lavande dit: 15 novembre 2018 à 16 h 39 min

Avant le texte à mettre en italique on met des balises d’ouverture:
(inférieur à) (i) (supérieur à)
après le texte, des balises de fermeture:
(inférieur à) (/) (i) (supérieur à)
(j’individualise chaque élément à utiliser en le mettant entre des parenthèses qui, elles, ne sont pas écrire)
italique : i
gras (bold) : b
souligné : s
(inférieur à) et (supérieur à) sont les deux signes groupés sur la touche à droite de la touche de majuscule.

rose dit: 15 novembre 2018 à 16 h 33 min

D
vous êtes trop gourmand.
C’est un des sept péchés capitaux.

supériorité en mega-octets, je vous le concède. C’est bien le seul domaine, non ?

Sont ce les rillettes qui vous rendent ainsi ?

Delaporte dit: 15 novembre 2018 à 16 h 21 min

Lavande, avec le boudin noir, je préfère les patates en purée. C’est avec le boudin blanc que je fais frire des pommes. J’en ai mangé très récemment, mon charcutier commençant à en confectionner, comme un avant-goût de Noël.

D. dit: 15 novembre 2018 à 16 h 19 min

Bon évidemment il execute mes balises.

Donc pour ouvrir le champ en italiques c’est em encadré des signes

Pour le fermer c’est /em encadré des mêmes signes.

Delaporte dit: 15 novembre 2018 à 16 h 15 min

Vous avez raison, avec le boudin noir, il faut de l’écrasé de pommes de terre. Ce qui est bon pour le corps, l’est également pour l’âme, qui vous le rend au centuple. Le boudin noir est un plat de grand catholique ; Emile Zola en décrivait minutieusement la fabrication artisanale dans Le Ventre de Paris. C’est ce même boudin de Zola que je vais manger ce soir.

D. dit: 15 novembre 2018 à 16 h 08 min

Bon je ne voudrais pas monopoliser l’antenne, je n’aime pas ça. Continuez sur le Goncourt s’il vous plaît. Moi je le lirais volontiers mais personne ne me l’a encore passé.

D. dit: 15 novembre 2018 à 16 h 06 min

Il vaut mieux des pommes cuites avec le boudin, Delaporte. Pour le cholestérol c’est bien mieux. Sinon s’il n’est pas trop gras le boudin noir est un excellent aliment pour le corps matériel, apportent protéines, vitamines et fer. Pour le corps spirituel c’est en revanche une catastrophe. On ne peut guère faire pire. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle dans l’ordre ésotérique 2 des 3 religions monothéistes l’interdisent.

D. dit: 15 novembre 2018 à 16 h 00 min

Force est d’avouer que le sens du nom nous échappe et force est d’avouer que York est fort loin de Paris et même de l’estuaire de la Seine.

Delaporte dit: 15 novembre 2018 à 15 h 56 min

« Pour ce soir je me tâte : bananes farcies veau-échalotes ou bien tartare de cervelle de mouton. »

Les rillettes sont bien passées, mon cher D ? Ce qui nous rassure, c’est que vous n’êtes pas trépassé. Ce soir, pour moi, de l’excellent boudin noir, avec des patates sautées.

D. dit: 15 novembre 2018 à 15 h 55 min

Bien sûr il s’agit d’un millionième de litres. Je suis étonné qu’une infirmière ne sache pas ça. Cela correspond à une gouttelette. La bonne grosse goutte fait quant à elle dans les 30 microlitres.

Claudio Bahia dit: 15 novembre 2018 à 15 h 47 min

Sur Paris, voir: Jean Favier « Paris – Deux mille ans d’Histoire »; Fayard, 1997
Page 21 je lis:
« Le pont et le carrefour gaulois offrent une double possibilité de fortune à ces Parisii qui s’installent dans l’île à l’époque de la Tène II, vers 250-225, alors qu’une autre branche du même peuple s’en va peupler dans l’île de Bretagne la région d’York. Le nom de cette peuplade celtique est d’abord Quar-Isii, ce en quoi certains ont voulu voir une trace abusivement précoce d’un culte d’Isis. force est d’avouer que le sens du nom nous échappe. Par la suite on ne parle plus que des Parisii. Quant à la bourgade faite de cabanes de bois et de pisé, les unes rondes, les autres carrées, elle s’appelle Lucoteciia, Loucotocia, ou Leucotecia. C’est encore sous ce nom qu’elle est citée par les géographes de hellénisme tardif : ainsi Strabon qui, vers 10 ap. J.-C., cite sa position dans une île, et Ptolémée qui la mentionne au IIème siècle. Mais César, déjà, connait la forme contractée Lutetia ou Lucetia….. »
Une lecture intéressante pour Jazzi, par exemple, en fait pour tout le monde.

N'IMPORTEQUOI dit: 15 novembre 2018 à 15 h 25 min

Ah c’est donc juste un problème d’unité de mesure, vous vous exprimez rigoureusement scientifiquement et j’utilise l’image moins précise.

N'IMPORTEQUOI dit: 15 novembre 2018 à 15 h 18 min

D, j’ai ecrit quelque bêtise? Veuillez m’en informer plus explicitement. Qu’est ce qui vous heurte, vous hérisse ou vous désespère dans mes énoncés tous aussi pertinents les uns que les autres?

christiane dit: 15 novembre 2018 à 15 h 13 min

@Ed dit: 15 novembre 2018 à 14 h 55 min
Merci, Ed, mais si vous avez l’occasion, lisez ce livre et dites-moi ce que vous en pensez. Ça m’intéresserait vraiment car vous êtes franche et peu m’importe l’avis de certains… Ce livre m’a pesé, peut-être l’apprécierez-vous…

N'IMPORTEQUOI dit: 15 novembre 2018 à 15 h 10 min

Ed, soit une goutte d’eau d’un océan ou une étoile du firmament, il reste quand même nous ne le lirions pas touS lES autres!

N'IMPORTEQUOI dit: 15 novembre 2018 à 15 h 02 min

J’ajoute que je ne sais comment les professeurs décident du choux des oeuvres à découvrir , pourquoi ne proposerait ils pas un éventail de trois titres pour lesquels les élèves chercheraient des info et décideraient ensuite par le vote majoritaire l’oeuvre qu’un choix éclairé soumettrait à l’étude.

N'IMPORTEQUOI dit: 15 novembre 2018 à 14 h 56 min

Phil, concernant l’auteur refusé, ne faudrait il pour intéresser les collégiens à la langue française privilégier les auteurs arabes dans les quartiers, départements où ils sont susceptibles de rencontrer adhésion et enthousiasme. Auparavant, nous ne rencontrons pas ce problème, tous les auteurs proposés étaient du répertoire des classiques de langue francaise et la population si elle était mixée comprenait essentiellement des latins, quelques fils et filles d’immigrés italiens et espagnols.

Ed dit: 15 novembre 2018 à 14 h 55 min

Merci à christiane de nous avoir fait partager ses réserves sur le Goncourt qui semble faire l’unanimité. Bien argumenté (contrairement à la plupart des neuneus qui critiquent un peu tout sans arguments). Et hop ! Une lecture en moins.

N'IMPORTEQUOI dit: 15 novembre 2018 à 14 h 49 min

Phil, dans le même monde, un éloge et retour sur la mise en scène et le jeu des comédiens dans Les femmes savantes, les parisiens disposent.

closer dit: 15 novembre 2018 à 14 h 46 min

DHH et Christiane tombent d’accord sur les limites du Goncourt…J’ai tendance à les croire, surtout quand on connaît l’indulgence habituelle de Christiane.

Toujours ça d’économisé.

D. dit: 15 novembre 2018 à 14 h 45 min

Aulcuns dient que pres dicelle ou lieu quon dit sainct Germain des Prez estoit ung temple dedie à une Idole de la deesse Ysis laquelle selon Jehan le Maire fut royne Degypte, et femme du grant Osiris surnomme Jupiter le juste, et dit que la statue dicelle est veue audit lieu de sainct Germain des Prez, laquelle chose est vraye, car plusieurs de nostre temps l’ont veue, et estoit la statue fort grande, laquelle vulgairement estoit appellee lidole sainct Germain et depuis peu de temps elle a este ostee et mussee. Et dient iceulx que a cause que ladicte cite estoit si prochaine dudict temple quelle fut nommee Paris, quasi juxta ysis (qui est a dire jouxte et pres de la deesse ysis).
Les autres ont dit que la dicte deesse estoit veneree a Meleun qui a ceste cause estoit nommee yseos, et pource que la dicte cite de Paris est quasi semblable a celle cite de Melun, tant a lassiete de la cite entre deux eaues comme de la ville, quelle fut a ceste cause appellee Paris, quasi par Isis, cest a dire pareille a celle cite Diseos, qui depuis fut Melun appellee, quasi mille et ung, pource quil y avoit ia mille et ung an quelle auoit este premierement fondee quant le nom luy fut donne. Iseos est en France situee du nom Disis, qui de nom fut muee des ans apres son bastiment mille ung. Et pour cela on lappelle Melun.

Phil dit: 15 novembre 2018 à 14 h 40 min

Le Monde d’aujourd’hui, sauce française, pleine sur les gays qui prennent des baffes dans la rue. anonymes (les baffes), of course. Deux pages après, grand article (faut pas trop ézagérer) sur une classe de la France profonde qui refuserait d’étudier un excellent écrivain parce qu’il est arabe. Qu’en pensent Nicolas Mathieu, Edouard Louis et le corps professoral assidu du bocal dans le prestigieux blog à passou ?

N'IMPORTEQUOI dit: 15 novembre 2018 à 14 h 33 min

Jazzi, c’est le lien wiki , celui que vous donnez qui renvoie à GC, cliquez sur le nom et cette version est donnée pour étant la plus probable. D n’invente rien, il déplie le lien.

Jazzi dit: 15 novembre 2018 à 14 h 03 min

Tu lis trop Lorànt Deutsch, D. ! Il publie un nouveau livre sur l’histoire de la langue française. Dans « la plus grande librairie indépendante parisienne », que j’ai visité hier, sur les Grands Boulevards, ses piles étaient plus impressionnantes que celles du dernier Goncourt. De même pour le livre de Michele Obama. C’est dire l’originalité de cette librairie !

Delaporte dit: 15 novembre 2018 à 13 h 31 min

Est sorti mardi le livre de Michelle Obama. Pas très passionnant, à première vue, comme le montre le résumé :

« Devenir (« Becoming » en anglais) est sorti dans le monde entier mardi, traduit simultanément dans une trentaine de langues. Michelle Obama, 54 ans, y confie notamment ses difficultés à tomber enceinte, son désintérêt de la politique et l’impossibilité de pardonner à Donald Trump la polémique sur la citoyenneté de son mari Barack Obama. »

Jazzi dit: 15 novembre 2018 à 12 h 47 min

« Jacques-Antoine Dulaure, archéologue et historien du XVIIIe – XIXe siècles, démontre que les premiers Parisiens, les Parisii, ne descendaient ni du Troyen Paris, fils du roi Priam, ni de la déesse égyptienne Isis, mais plutôt d’une petite peuplade « qui se composait d’étrangers, peut-être originaires de la Belgique, échappée au fer de ses ennemis ». Selon Dulaure, Parisii signifie « peuple de frontière » »

Jazzi dit: 15 novembre 2018 à 12 h 44 min

« la veille ville latine était en effet truffée de temples consacrés à Isis. Culte apporté par les Romains décadents, qu’ils avaient eux-même importé d’Egypte. »

Mais non, D., les Parisii, qui donnent leur nom à Paris, bien avant Lutèce, ont largement précédé les Romains !
https://fr.wikipedia.org/wiki/Parisii

D. dit: 15 novembre 2018 à 12 h 23 min

Oui, belle version humoristique d’époque Renaissance !

Paris vient de Parisii, comme tout le monde le sait dans doute.
Et Parisii vient d’Isis, la veille ville latine était en effet truffée de temples consacrés à Isis. Culte apporté par les Romains décadents, qu’ils avaient eux-même importé d’Egypte.
La célèbre abbaye de Saint-Germain des Prés est d’ailleurs bâtie sur l’un de ces nombreux temples d’Isis.
Quant à la nef des armes de Paris, que l’on a coutume d’attribuer aux marchands d’eau ou même aux nautes de Lutèce, elle représente en réalité la barque d’Isis, directement associée au meurtre d’Osiris et à sa résurrection.

christiane dit: 15 novembre 2018 à 12 h 13 min

@rose dit: 15 novembre 2018 à 9 h 40 min
Depuis trois ans j’habite à deux pas du parc Montsouris et des théâtres de Montparnasse, un ilot de calme et de soleil. Mes fenêtres ouvrent sur les vieux toits de Paris et sur mon balcon des plantes fleuries ou non, attirent papillons et abeilles. Le logement tout petit et très clair est parfait pour m’abriter mes livres et moi sans oublier les lampes et une multitude d’objets qui sont présences.
Donc, loin des villes de banlieue ou de la Normandie où j’ai habité et travaillé pendant 40 ans… Toutefois, en ce retour d’exil, j’ai laissé la Butte et mon enfance au nord de Paris. J’avais envie d’un territoire différent et semblable. Des bus directs pour le Louvre ou le jardin du Luxembourg, le bould’ Mich, les quais et le métro qui passe sous les rues et les immeubles pour rendre tout le reste de la ville accessible.
Donc, aucun regret. Oui, j’ai aimé les déménagements pour tourner certaines pages…

Lavande dit: 15 novembre 2018 à 12 h 10 min

Jazzi 11h55 : Bachar el Assad est pas mal non plus ! Comme quoi !
Sans parler d’Asla el Assad qui est une vraie beauté !

N'IMPORTEQUOI dit: 15 novembre 2018 à 12 h 06 min

Bien que cela s’intéressera personne, les trois femmes dont je faisais mention hier, étaient des nobles , pas très belles et soeurs. Ce doit être dans les pamphlets et la reine de Chantal Thomas, je ne vois pas trop où j’ai pu les rencontrer ailleurs.

N'IMPORTEQUOI dit: 15 novembre 2018 à 11 h 59 min

11h16 D, foin de toutes ces pecadilles connues et comprises du moindre Pékin,
vous incarnez à jamais le Caligula de la high-tech , fendant la vague de toutes nos novations, en tête du processus. Sinon, il est à l’ordre du jour de réduire tous les trafics, un accord unanime réduira définitivement les convoyages maritimes aériens et spatiaux pour nous éviter les chinois à Paris et Paris à Bali, ce qui à terme aboutira à précipiter d’un saut de kangourou ( pour changer du cabri) l’économie macroscopique des différents belligérants. Hormis les fabricants liés à cette filiale délétère et la toile stellaire qui en découle, nous devrions tous en bénéficier moyennant 10% d’individus en age d’activité à l’échelle mondiale rendus disponibles à une industrie verte.

Jazzi dit: 15 novembre 2018 à 11 h 35 min

J’en sais ce que dit Rabelais, D. :

« [Gargantua] visita la ville [de Paris], et fut veu de tout le monde en grande admiration, car le peuple de Paris est tant sot, tant badault et tant inepte de nature, qu’un basteleur, un porteur de rogatons, un mulet avecques ses cymbales, un vielleuz au mylieu d’un carrefour, assemblera plus de gens que ne feroit un bon prescheur evangelicque .
Et tant molestement le poursuyvirent qu’il feut contrainct soy reposer suz les tours de l’eglise Nostre Dame. Auquel lieu estant, et voyant tant de gens à l’entour de soy, dist clerement :
« Je croy que ces marroufles voulent que je leurs paye icy ma bien venue et mon proficiat. C’est raison. Je leur voys donner le vin, mais ce ne sera que par rys. »
Lors, en soubriant, destacha sa belle braguette, et, tirant sa mentule en l’air, les compissa si aigrement qu’il en noya deux cens soixante mille quatre cens dix et huyt, sans les femmes et petiz enfans.
Quelque nombre d’iceulx evada ce pissefort à legiereté des pieds, et, quand furent au plus hault de l’Université, suans, toussans, crachans et hors d’halene, commencerent à renier et jurer, les ungs en cholere, les aultres par rys : « Je renie bieu, Frandiene, voy tu ben, la mer Dé, po cab de bious, das dich gots leyden schend, Ja martre schend, ventre saint Quenet, vertus guoy, par saint Fiacre de Brye, saint Treignant, je fais voeu à saint Thibaud, Pasques dieu, le bon jour dieu, le diable m’emporte, Carymary, carymara, par saint Andouille, par saint Guodegrin qui fut martyrisé de pommes cuites, par saint Foutin l’apôtre, Nê, Diâ, Mà Diâ, par sainte Mamye, nous son baignez par rys ! » Dont fut depuis la ville nommée Paris, laquelle auparavant on appelloit Leucece, comme dict Strabo, lib. iiij , c’est à dire, en grec, Blanchette, pour les blanches cuisses des dames dudict lieu. »

renato dit: 15 novembre 2018 à 11 h 34 min

Alfred Jarry, Gestes et opinions du Docteur Faustrol, livre III — De Paris à Paris par mer ou le Robinson belge.

Jazzi dit: 15 novembre 2018 à 11 h 27 min

L’idéal serait de creuser des canaux à la place des boulevards et des avenues. Paris en vaporetto ne serait-ce pas plus beau !

Jazzi dit: 15 novembre 2018 à 11 h 22 min

A Parsi, un homme a volé des chèvres au jardin des Plantes et s’est enfui avec dans le métro. Résultat, la ligne 1 a été immobilisée durant 30 minutes !

Anne Hidalgo annonce qu’elle a décidé de rendre le centre historique de la capitale entièrement piétonnier. Mais ce sera fait en concertation avec les riverains et les commerçants concernés, précise-t-elle. De quelle concertation s’agit-il ? Celle-ci n’aurait-elle pas dû avoir eu lieu avant l’annonce de cette mesure ?

D. dit: 15 novembre 2018 à 11 h 16 min

Avec mon processeur Exynos 8 Octa 8890 à huit cœurs avec un groupe de 4 cœurs M1 cadencés à 2,3 GHz et un autre quatuor ARM-Cortex-A53 à 1,6 GHz, je vous bats à plate couture, Rose.

Jazzi dit: 15 novembre 2018 à 11 h 14 min

Sur ma boite mail le mot « spam » a été remplacé par le mot « pourriel » : le courriel pourri ? C’est pas beau !

D. dit: 15 novembre 2018 à 11 h 11 min

Pourquoi m’appelez-vous Samsung J, Rose ?
Je vous ai dit que je possédais un S7 Edge.
Le haut de gamme avec les bords courbes, la sse-cla totale quoi.
Vous êtes jalouse avec votre J low-cost ?

Jacques R. dit: 15 novembre 2018 à 10 h 24 min

Ce que dit Delaporte du dernier livre d’Ormesson ne m’incite pas à le lire. Plutôt pitoyable, cet acacadémicien entre chèvre et chou. L’athée que je suis ne s’embarrasse, quant à lui, ni d’un dieu ni d’un purgatoire ni d’un paradis ni d’un enfer, pures inventions humaines. La mort n’est rien pour moi. Epicure a raison : je ne risque pas de la rencontrer. Seule existe ma vie présente. Je n’étais pas avant elle. Je ne serai pas après.

rose dit: 15 novembre 2018 à 9 h 51 min

renato

ne le savais pas. croyais que c’était dans Ulysse de Joyce. pas lu mais sur la pile. C’est poétique.
Un portrait de cette femme, alors.
Merci à vous.

rose dit: 15 novembre 2018 à 9 h 46 min

L’ai vécu deux ans et demi cette réalité, christiane, au Blanc Mesnil.

Puis, en province dans les écoles et collèges où j’ai bossé.
Comme un fatum qui s’applique violemment : un rejet du pays d’accueil, pour la plupart, un rejet de la misère, un rejet de l’autorité parentale, souvent mono. et des dérapages constants parce qu’encouragés par « peucheure, le pauvre. »
Le lirai, toutefois.

christiane dit: 15 novembre 2018 à 9 h 11 min

@rose dit: 15 novembre 2018 à 0 h 59 min
Une réalité ? Un monde où j’ai vécu pendant vingt ans, voyant peu à peu la vie y devenir… invivable entre pétarades de motos (même la nuit), dealers à tous les coins de rue avec de très très jeunes guetteurs, avec le chômage, l’alcool, les bandes de filles, le racisme galopant, les miséreux s’installant à demeure sur les trottoirs… Alors prendre la lorgnette d’un roman pour y replonger (le son y compris), disons que ce fut une mauvaise traversée. Je suis heureuse d’avoir et déménagé et terminé ce roman.

renato dit: 15 novembre 2018 à 8 h 34 min

Giacomo Joyce ce n’est pas un extrait, rose, mais quelque chose comme un poème en prose où par une série de billet JJ cherche à comprendre l’esprit d’une dark lady — période Trieste, enseignant en anglais à l’école Berlitz.

Publié par Richard Ellmann en 59 chez Faber & Faber. Vous trouvez les notes de Richard Ellmann dans l’édition Gallimard — 1973, traduction d’André Du Bouchet, introduction et notes de Richard Ellmann traduites par Yves Malartic, Gallimard, 1973 —.

rose dit: 15 novembre 2018 à 6 h 46 min

À six heures, ce matin, renonciation à entrer chez les petites soeurs des pauvres.
Il faut obéir et marcjer droit dit-elle.

Et elle ne veut pas.

Pourtant, rajoute-t’elle c’est beau là-bas.

ertes.
Des bidonvilles de Calcutta, des déshérités du Caire, elles dorment dans un château, cerné d’un parc aux arbres majestueux parce que centenaires, les derniers soudain premiers.

(grand ouf, pas besoin de faire faire son séminaire à ma mère).

rose dit: 15 novembre 2018 à 6 h 20 min

D
Samsung J.
ai vérifié sur le grand Atlas.
C’est bien en Bolivie, à Uyuni, après la traversée du grand salar qui a duré trois ou quatre jours ; ceci faisant suite au séjour à San Pedro de Atacama, où, quoiqu’ayant eu le privilège de travailler avec un collègue féru d’astronomie, n’ai pas eu le privilège octroyé par ses collègues chiliens de visiter le grand observatoire, en dépit de mon mail de demande pour échapper à la file d’attente inhérente aux non possesseurs de coupe-file qui, par internet, gèrent, achètent en pré-vente, organisent, foncent.
Y retournerai donc.

rose dit: 15 novembre 2018 à 6 h 12 min

N’importe quoi

je vous remercie d’avoir exhumé le texte.
D’autant plus que, pour Gadda, en cuisine, n’avions pas eu la même chance lors de l’échange entre DHH et D.

Vais le lire.

Delaporte dit: 15 novembre 2018 à 3 h 21 min

Un meilleur titre eût été « Les premiers seront les derniers ». Plus réaliste, plus traditionnel. Le livre paraît chez sa fille, Héloïse, qui est éditrice, comme on sait. Prudente, elle a prévu un petit tirage. Elle ne sait pas s’il y aura d’autres inédits, elle n’a pas encore rangé les papiers de son père dans son bureau. Ah ! si le bureau pouvait flamber, et qu’on soit sûr que c’est bel et bien fini !!!

Delaporte dit: 15 novembre 2018 à 3 h 15 min

Le dernier livre de d’Ormesson paraît ce jeudi. Il y est question de religion, l’académicien ne pouvant louper Dieu à quelques encablures de son rendez-vous définitif avec lui. Il le caresse dans le sens du poil, car on ne sait jamais… D’Ormesson a toujours été un type prudent, ami des honneurs et de son confort bourgeois. Il préférerait siéger à droite du Très-Haut, plutôt qu’à gauche. Paradis, Enfer, Purgatoire… quel est le plus tendance ? Dans lequel l’esprit léger (et insuffisant) de d’Ormesson va-t-il se déployer le mieux ? Mais ce n’est pas à lui de choisir, bien qu’académicien, c’est-à-dire pas grand-chose. Son dernier livre a pour titre une phrase du Vicomte, « Un infini hosanna », fait pour la réconciliation. Retourner sa veste une dernière fois, éviter Jean Ferrat, et zou !
___________________________________________

Si Jean d’Ormesson ne « prétend pas que Dieu existe », mais laisse largement la porte ouverte, il estime que les chrétiens ont « la chance d’avoir pour modèle, sous leurs yeux, un personnage à qui l’existence et la place dans notre histoire ne peuvent pas être contestées : Jésus ». Il est par ailleurs admiratif de la « trace éclatante » que Jésus a laissé dans « l’esprit des hommes ». (La presse putride du jour)

rose dit: 15 novembre 2018 à 0 h 59 min

Merci christiane.
Mais, le succès du premier ne vient il pas du fait qu’ il décrit lucidement, même si cruauté, une réalité ?

Je le lirai.

Le second est lumineux à vous entendre.
Gaspard est, également, avec Melchior et Balthazar, un des rois mages.

C comme si nous étions salis ou embellis par ce que nous lisons (et ce que nous pensons aussi).

rose dit: 15 novembre 2018 à 0 h 52 min

le 17 nov.
Bah, sans doute jouerons- nous au scrabble.
Les nouvelles sont ordinaires :

Philippe : « nous ne reculerons pas ».
Castaner : « Là, très peu l’ont déclarée. J’appelle ceux qui nous écoutent à déclarer le lieu de la manifestation ».
Macron : « Je me méfie toujours de ces mouvements où on mélange tout ».

ce n’ est pas lui, de prime abord, qui a mélangé pas mal de choses ?

Clopine dit: 15 novembre 2018 à 0 h 45 min

Je ne résiste pas au plaisir d’envoyer un message d’où je suis : dehors, le bruit d’un torrent couvre l’incessant crissement de la cigale locale. Mais je ne sais s’il sera suffisamment puissant si jamais un « mono congo » se met à chercher à communiquer avec ses congénères, ce qui lui sera de toute façon moins difficile que, pour moi, de me faire comprendre ici ! Bah, mon espagnol s’améliore de jour en jour, je me rattraperai ce soir à la table de Don Roberto. La Rdl est très loin, mais cependant accessible immédiatement, wifi aidant : qu’elle drôle de sensation, que dechiffre pour la première fois notre génération. Reste à savoir, pour moi, si j’aime vraiment cela,.

christiane dit: 15 novembre 2018 à 0 h 44 min

@rose dit: 14 novembre 2018 à 23 h 26 min
Surfait ? Non, c’est le choix d’un jury que je respecte, mais ce langage des cités, ces jeunes intéressés seulement par le commerce souterrain, les virées sur leur bécane, les filles car ce sont essentiellement des garçons, les mères dépassées, les pères très absents et très fatigués. Les ZAC bétonnées, moches. Tout cela émaillé d’un vocabulaire cru et limité de ces ados tristes de la crise, qui pèse au fil des pages, des répétitions avilissantes de ces jeunes désœuvrés qui fument du shit, sniffent du poppers s’embrument d’alcool. Une moto YZ volée (empruntée au père sans qu’il le sache) et tout sera vengeance et déchéance.
Puis ils deviendront des hommes avec des routes qui les sépareront…
Oui, mon enthousiasme du début du roman s’est flétri dans ces pages sans illusion, terribles. Un roman qui n’arrange pas l’image sociale de ces gens « d’en bas », des déclassés si on joint le racisme à l’exclusion sociale et intellectuelle. Nicolas Mathieu a réussi, pas ceux qu’il décrit dans ce livre et cela m’a gênée.
Le livre que j’avais lu avant d’Elizabeth de Fontenay Gaspard de la nuit. Autobiographie de mon frère (Stock) était si bouleversant, solide, écrit avec une telle finesse et tant de délicatesse pour évoquer ce frère quasi mutique enfermé dans ce silence désespérant, vieil homme à sa charge, né quelques années après elle et atteint d’un handicap mental. Elle choisit de le nommer Gaspard, à cause du « Gaspard de la nuit », d’Aloysius Bertrand mis en musique par Maurice Ravel et certainement Gaspard Hauser. Et la musique des mots traverse ce livre. C’est érudit, digne, sobre, honnête. Elle revisite certains philosophes qu’elle a étudiés à la lumière de ce drame : l’élimination des faibles, des handicapés mentaux, pour affirmer la dignité de tout homme et pour terminer par cette question sans réponse : comment chaque être négocie-t-il lui même tout au long de son existence avec son moindre être, malgré les blessures, la vieillesse, les handicaps ?
Voilà, Rose, une façon bien étrange de répondre à votre question en vous parlant d’un autre livre qui a écrasé de sa lumière celui de Nicolas Mathieu.

rose dit: 15 novembre 2018 à 0 h 35 min

notre monde nage dans la plus totale confusion morale.

hamlet
ce sont les gens.
Oui, je plussoie.
Ce n’ est pas à cause des livres sympa. C’ est parce qu’ ils ont du fric. Ils sont dans la réussite, alors tout leur est pardonné.
À l’ inverse, lorsque tu es dans l’ échec, rien ne t’ es pardonné.
Il y a une très grande cruauté de l’ être humain envers celui qui est faible. Un désir de l’ anéantir. Fort peu d’ empathie.

Or, ce qui me surprend, hors l’ avc de Lucchini, réel IRL, est le fait que peu semblent savoir que les choses s’ inversent toujours.
Boualem Sansal le sait, l’ a dit à la grande librairie. La force est dans la faiblesse.

Ma maman m’ a dit ce matin vouloir entrer aux petites soeurs des pauvres aux Chartreux. Lieu superbe, où hier, nous sommes allées visiter le prêtre qui a marié mes parents en 1954. Dans son appartement de retraité, affiché, Liberté de Paul Éluard.

Bref.
Elle doit se faire nonne donc.
C’ est une maison de retraite pour religieux.
Nous rions, nous rions.
Aujourd’ hui, elle a pu parler à son époux, 7 mn et 28s. Je l’ ai complimentée. Nous faisons bcp de progrès.

À l’ émission Enquêtes criminelles ce soir, passionnantes, il a été dit en closure  » un meurtre prémédité se nomme un assassinat et cela vaut perpétuité. »
J’ attends de me réchauffer.

rose dit: 15 novembre 2018 à 0 h 17 min

renato

c très beau cet extrait de Joyce : merci
mon préféré, après Chaloux

Her soul is sorrowful, trembles and would weep. Weep not for me, O daughter of Jerusalem !

remplacerai bien her par his.
Comme sont jumeaux los dos, madre de dios.

comprends par trop l’ insertion de latin et/ ou d’ italien. Valeur de maximes ?

Si j’ avions pas été rev’ nue ici, par ces temps sont durs, j’ aurions mouru. Merci bilou.

hamlet dit: 14 novembre 2018 à 23 h 53 min

@3J : vous soulevez là une question importante qui se pose, non seulement pour Actes Sud, mais dans la plupart des activités humaines actuelles : les choses bonnes qui justifient et pardonnent les choses mauvaises.

comme Actes Sud publient des livres sympas ils échapperaient à toute forme de condamnation de leur comportements mafieux ?

je n’ai pas la réponse, j’ai juste l’impression que notre monde nage dans la plus totale confusion morale.

rose dit: 14 novembre 2018 à 23 h 26 min

christiane
la citation serait de La chèvre de M. Seguin, donc.

Ce serait surfait à vos yeux, ce Goncourt, ou bien seulement le langage ne vous convient pas ?

rose dit: 14 novembre 2018 à 23 h 23 min

Ed

proximité sordide. Marseille/Hambourg.
je ne crois pas.
Proximité maritime ; rue d’ Aubagne et quartier de Noailles les immeubles sont de belle facture et anciens.
Comme ils sont gérés par des propriétaires peu scrupuleux, l’ entretien n’ est pas fait, ni les réparations.
Les loyers sont donc plus modérés (cf. wles étudiantes ds le grenier) en échange de rentrée d’ argent régulière.

Dans mon village, il y a le même pb au coeur dudit.
Il a fallu qu’ enfants jouant sur des poutres vermoulues frôlent la mort pour que travaux de rénovation de grande ampleur opérés par la commune voient enfin le jour.
Dans d’ autre village voisin, l’ enfant ado. est mort du même jeu trap trap dans des décombres. J’avais son frère en classe.

Les responsabilités de la Cité sont pointées.

christiane dit: 14 novembre 2018 à 22 h 24 min

Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux (425 pages…)
J’ai bien aimé les 200 premières pages. Depuis, je ralentis. Quelque chose de pesant et de répétitif me lasse. La multiplication des scènes de sexe, à l’identique, finit aussi par lasser. Seules les mères prennent peu à peu de l’étoffe, passant de la lassitude face à leurs enfants usants à une sorte d’indifférence puis d’égoïsme salvateur. Elles tracent… ailleurs et autrement. Entre Hacine et Anthony les mauvais coups se multiplient. Le cousin parti au pays se fait de l’argent facile avec la drogue puis y laisse sa chemise…
Mais plus que tout le style m’étouffe. Ce langage ado finit par me hérisser et j’ai envie d’un bain de jouvence dans une écriture plus claire, plus classique. Une petite dizaine de pages et je refermerai le livre qui, pour moi, n’a pas tenu la longueur après des débuts prometteurs. Je suis moins enthousiaste que P.Edel et Passou. Mais je pourrai mieux en parler dans quelques semaines. Quelle traces aura-t-il laissées en moi ? Mystère…
Je vais explorer de Carole Fives Tenir jusqu’à l’aube (l’arbalète gallimard). Une romancière à l’écriture vive.
Une femme « solo » avec un gamin de deux ans (qui fait des fugues, le soir, quand l’enfant dort…)
Une citation ouvre le roman : « C’était, parait-il, des chèvres indépendantes, voulant à tout prix le grand air et la liberté. » (Alphonse Daudet)

N'IMPORTEQUOI dit: 14 novembre 2018 à 21 h 39 min

Rose, 17h38, c’est que j’aime cet ustensile, c’est de plus drôle et mignon , cela fait un peu mesquin mais la sonorité est agréable, le tout foutraque.

N'IMPORTEQUOI dit: 14 novembre 2018 à 21 h 34 min

À ce propos, les liaisons dangereuses, je ne sais si je l’ai imaginé mais il me semble que l’épisode des trois inséparables a été inspiré à Laclos par l’existence bien réelle dans notre histoire de trois courtisanes , est ce que M Court peut confirmer ou infirmer ? J’ai malheureusement oublié où j’ai pris note de leur existence et du rapprochement rendu possible avec ces personnages du roman de Laclos.

N'IMPORTEQUOI dit: 14 novembre 2018 à 21 h 06 min

Dhh Gisèle dans le même sac de couchage si elles sont soeurs ou mère et fille puisque le cinéma donne chatouille .

N'IMPORTEQUOI dit: 14 novembre 2018 à 21 h 04 min

L’auteur des liaisons dangereuses a écrit un petit livre traitant de l’éducation des femmes qui est réédité en folio et préfacé par Chantal Thomas, 142 pages ou 150 sans une poussière. Gisèle sans vouloir contrarier votre mythomanie créative et romanesque , retirez votre barbe , on vous a reconnue. A ce sujet chaud brûlant , une presque actualité: https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20180113.OBS0585/de-l-education-des-femmes-la-reponse-de-laclos-au-droit-d-importuner.html

N'IMPORTEQUOI dit: 14 novembre 2018 à 20 h 51 min

17h02 parce que jusqu’ici vous utilisiez la fonction – effacer- que tout un chacun connait bien spécialement sur ce blog?

Jazzi dit: 14 novembre 2018 à 19 h 58 min

« Vous êtes rancunier ? »

Aucunement, Delaporte. Je ne connais pas ce sentiment. Et si je conseille à Savigneau de ne pas placer ses billes dans cette affaire, c’est pour son bien. Je suis sympa !

Chtimimi dit: 14 novembre 2018 à 19 h 29 min

Des ‘ nouvelles ‘ du front : Les fusillés de 14-18

Un Mathieu chasse l’autre. Emprunté à la bibli : Frédéric Mathieu, Les fusillés de 14-18 ;(2013 ; 900 pages ; 29€)
Généralités sur les lois militaires suivies des notices biographiques , motif des condamnations, témoignages d’exécutions, mention (ou non) sur les monuments aux morts…
Index par ordre alphabétique, département (nomenclature actuelle), date de décès, affectations militaires

http://www.babelio.com/livres/Mathieu-14-18-les-fusilles/521538

Delaporte dit: 14 novembre 2018 à 19 h 29 min

Mon cher Jacuzzi, vous n’avez pas l’air de l’aimer beaucoup Savigneau. Pourtant, elle a cessé de sévir (et de servir la soupe) il y a longtemps déjà. Vous êtes rancunier ?

Ed dit: 14 novembre 2018 à 19 h 20 min

rose,
Nos deux villes sont jumelées et ironie sordide des faits : en 2013, un complexe d’immeubles moches surnommé « Esso-Häuser » à cause de la station-service qu’il abritait a été évacué en pleine nuit…car il était en train de s’effondrer. Les clubbers connaissent bien cette histoire car les clubs autour de ce complexe de St. Pauli ont été délocalisés après une longue fermeture.

D. dit: 14 novembre 2018 à 19 h 19 min

le lièvre c’est assez dangereux.
Une personne qui en mangeait souvent eh bien une petite queue blanche a fini par lui pousser et le matin il faisait de toutes petites crottes partout dans son appartement.
C’est une histoire attestée. Je l’ai vu à la télé dans Les 100 histoires les plus incroyables, présentée par Bellemarre.

Jazzi dit: 14 novembre 2018 à 19 h 16 min

JJJ, seriez-vous un double de madame Irma, la voyante. Je rentre à l’instant du 25, bd Poissonnière ! Après avoir vu un film tunisien à la Bastille, j’ai eu envie d’aller y faire un tour.
Je connais pratiquement toutes les librairies de Paris. A chaque sortie de l’un de mes livres, je vais vérifier les mises en place, incognito.
Le seul argument de cette adresse est de dire que c’est la plus grande librairie indépendante de Paris. Pour le reste, c’est comme partout ailleurs… Le Goncourt y était exposé, sans grand tapage et en petite quantité, au milieu des piles de tous les autres livres primés de l’année.
Un plus, le grand bar central et la bonne odeur du café en entrant.
Au rez-de-chaussée, la littérature ; au sous-sol : jeunesse-tourisme-livres pratiques…
Un ascenseur et un grand escalier, au choix, relie les deux niveaux.
J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de personnel, principalement des filles, plutôt jeunes et jolies (il y en à une qui a le cul aussi large que la porte d’Aix, à Marseille !). Va falloir les payer, charges comprises. Et les caisses n’étaient pas prises d’assaut ! Faut voir le bilan sur un an… mais je ne conseillerait pas à Savigneau d’y mettre ses billes. Elle peut toujours aller y reluquer les filles !
La librairie et ses deux libraires assossiées se sont installées dans l’ex plus grande boite de nuit des lesbiennes parisiennes venues des deux côtés du périphérique. Où vont-elles aller se draguer et danser ? Sur les lieux flotte toujours l’ombre de Sappho !

Delaporte dit: 14 novembre 2018 à 19 h 16 min

Le premier ministre a parlé de « bololo », et personne ne savait ce que cela signifiait. Décryptage par le journal :

Selon un magazine militaire cité par le Huffington Post, « le bololo » est un « terme d’argot des OPEX [opérations extérieures de l’armée française] en Afrique qui désigne un capharnaüm, une situation confuse et désordonnée. Il tire son origine d’un quartier délabré de N’Djamena, la capitale du Tchad ».

D. dit: 14 novembre 2018 à 19 h 14 min

Jacques R. dit: 14 novembre 2018 à 16 h 37 min

Je mange depuis l’enfance des rillettes du Mans arrosées de petits blancs du val de Loire. C’est le secret de ma santé de fer ! Ma dose : 1 kg par semaine.

C’est à peu près ma dose aussi et je me porte comme un charme. Delaporte est un exagérateur né.

rose dit: 14 novembre 2018 à 19 h 01 min

on a ri.
Qui on ?

fin de journée sur le vieux port : mouvement en colère à 18h rue d’Aubagne pour lutter contre les logements insalubres.
Gaudin dit aussi « je ne partirai pas ». Sous entendu « pour si peu.
C’est vrai que huit personnes, trois femmes et cinq hommes sous quinze mètres de gravats, enterrés avant que de l’être, c pas une raison suffisante pour partir.
Dans le si chouette quartier de Noailles, qui vaut bien le Prado, ah oui…

Une fois qu’ils sont au chaud dans la place, pour qu’ils partent, ce n’est oas gagné.
À coup de rillettes ?

On, c’est le chat et toi JJJ ?

renato dit: 14 novembre 2018 à 19 h 00 min

« On voit tout de suite les images du film porno… », et en même temps se profile l’image du gars qui pratique peu — ou pas — le passe-temps qu’il évoque.

Chtimimi dit: 14 novembre 2018 à 18 h 57 min

BERNARD CLAVEL
La Bourrelle
suivi de
L’Iroquoise
Éditions J’ai Lu
© La Bourrelle, Éd. Balland 1980
© L’Iroquoise, Éd. Balland, 1979.

Janssen J-J dit: 14 novembre 2018 à 17 h 52 min

@ trace de 17h02 : Chodelos de Laclos :-)
C’est cho, surtout en fin de repas, samedi, où les gilets jaunes vont nous causer du souci avec le prix du fioul à manu.
Villepin a dit ce matin à mme Léa que c’était un mouvement de colère non canalysé par des vrais interlocuteurs proposant des alternatives, et donc que le gvt ne tomberait pas pour si peu, comme le sien pour le CPE de 2006.
Affaire à suivre, ça + le Prélèvement à la source, (comme dit mon agent bancaire du crédit agricole aux aguets de ce que lui dit la france profonde),… tu vas voir, ça peut te balayer le paysage, la colère monte au café du commerce.
Rendez-vous en février 19, hein. Espérons au moins que la rdl sera toujours là pour le débrif., et qu’on aura encore le loisir de dévorer un dernier morceau de bûche entre temps sur des rillettes aux seins doux (on a ri mais on a ri).

rose dit: 14 novembre 2018 à 17 h 52 min

et tu ne reconnais pas, rose.
Bon, t’as tes coins photo. Au boulot.

gisèle,

ce n’est peut être pas la peine d’en faire trop, non ?

N'IMPORTEQUOI dit: 14 novembre 2018 à 17 h 11 min

15h20 D, je savais que les vins gagnaient en degrés supplémentaires en raison d’un ensoleillement accru mais au point de les transformer en inflammables, tout de même. Les fumeurs vont devoir observer une temps d’attente entre le boire et le fumer au cours des repas de famille dont on sait que les sujets de conversations s’avèrent souvent explosifs si en plus le vin vient enflammer les locuteurs, cela va devenir très risqué d’inviter qui un beau frère, qui une belle mère. Sans compter que la période électorale approche et sépare habituellement les individus qui n’ont pas pris le temps de passer au chinois leur réseau.

gisèle dit: 14 novembre 2018 à 17 h 02 min

Petit Rappel , afin qu’il n’y ait aucune ambiguité, le vous indique que mon post de 12h36,à vous adressé ne parle ni de Molière ni des F.Savantes, ms de l’Education des filles et de Chodelos de Laclos.
Quant à mon post de 12h44,il répond au post de D 12h23 qui parle de fioul. J’apprends à être prudente, et garde maintenant trace de l’heure à défaut du contenu.

Jacques R. dit: 14 novembre 2018 à 16 h 56 min

A l’ortograf convenue « concubinage », je préfère « con-cul-binage » : c’est plus expressif, et puis ça vous un côté jardinage d’agrément intensif qui me plaît.

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