de Pierre Assouline

en savoir plus

La République des livres
Parano dans le marigot

Parano dans le marigot

A ceux qui doutent encore que l’édition soit un sport de combat, on ne saurait trop recommander la lecture de La vie comme un livre (588 pages, 25 euros, Philippe Rey éditeur, en librairie le 3 septembre). Son auteur Olivier Bétourné (1951) y raconte par le menu ses quarante ans dans ce métier où il est entré comme lecteur puis secrétaire général du Seuil, vice-président de Fayard, directeur général d’Albin Michel et enfin Pdg du Seuil. Un parcours exemplaire sans compter ses responsabilités dans de nombreux organismes corporatifs.

Quelle place un éditeur, et plus encore s’il a beaucoup œuvré dans le champ des sciences humaines et sociales, tient-il dans l’histoire des idées et dans le débat intellectuel ? Passionnant pour qui a connu tous les acteurs de cette comédie si française. Mais les autres : que penseront-ils de ce tout petit monde, ce microcosme qui se donne pour une élite ? L’édition vue de l’intérieur n’a d’intérêt, comme c’est ici le cas, que lorsqu’elle se fait la chambre d’écho sinon l’aiguillon de fractures et d’affrontements idéologiques ou de débats moraux qui agitent la société. On se fait des idées sur cet univers car il en sort tout de même des livres. Gaston Gallimard ne disait-il pas en s’exprimant au nom de ses confrères :

 » Nous sommes des commerçants d’un type un peu particulier : nous avons passé un pacte avec l’esprit »

Sauf qu’à l’usage, le gouvernement des hommes s’y révèle être rien de plus que l’administration des egos – et c’est aussi médiocre qu’ailleurs, d’autant qu’une forme ordinaire de la paranoïa y est largement répandue. Ainsi, ce qui pourrait se traduire par des batailles d’idées se traduit souvent par des querelles de personnes. Et lorsque l’orgueil ou la cupidité l’emportent, toute mystique se dégrade en politique ; peu de vocations y résistent.

On ressort de cette lecture éclairé sur les liens génétiques du Milieu littéraire avec le Milieu. On y meurt tout autant de mort violente à ceci près qu’elle est professionnelle, donc sociale. Mais pour l’essentiel, les mémoires d’Olivier Bétourné, qui a le grand mérite de ne pas manier la langue de bois (« Nous ne nous aimions pas » reconnait-il à propos des membres d’un comité de lecture) et de ne pas taire ses inimitiés, empruntent au thriller son lexique : il n’est question que de tueurs, vendettas, luttes de clans, rumeurs assassines, délires d’interprétation, obstructions systématiques, jalousies, alliances opportunistes, campagnes de dénigrement, insinuations en rafales, sabotages, harcèlements, rivalités, petites combines, exacerbations des passions, menaces et chantage. Sauf que là, le rapport de forces est plus feutré ; et si tout est légal, tout n’est pas nécessairement moral.

Les dix « leçons » qui égrènent son récit sonnent comme autant de commandements à tout futur éditeur dont la responsabilité de l’éditeur est le centre de gravité dès lors qu’il ne se contente pas d’organiser et de programmer, des taches qui elles-mêmes ne sont pas neutres :

  1. Ne pas transiger sur certains sujets
  2. Se méfier de ses meilleurs amis
  3. Savoir de quoi est faite la responsabilité de l’éditeur
  4. Renoncer au métier d’éditeur si l’on refuse d’envisager à avoir un jour à traverser Paris une mallette pleine de petites coupures à la main
  5. Ne jamais rien laisser passer
  6. Dans le doute, abstiens-toi
  7. Assume tes responsabilités, toutes tes responsabilités, mais jamais celles d’autrui
  8. Dans tes rapports avec les médias, n’abandonne rien au hasard
  9. Ne t’engage dans la campagne des prix que si tu en maitrises la configuration et qu’il y a un pilote dans l’avion
  10. Tes convictions éditoriales, quelles qu’elles soient, nourris-les et impose-les jusqu’au bout sans faiblesse

Au fond, il y a deux catégories d’éditeur : celui qui privilégie l’offre sur la demande et l’inverse. La conviction d’abord, le marché ensuite ; dans la longue durée plutôt dans que le court terme ; mais de l’accommodement au compromis, et du compromis à la compromission, la voie est étroite et rapide pour celui qui ne se tient pas à un absolu du métier d’éditer. L’évocation des pressions exercée par la direction du groupe Hachette pour convaincre Fayard de ne pas publier une biographie de l’homme d’affaires Jean-Marie Messier ainsi qu’une enquête sur les réactions de L’Oréal face au boycott arabe, ou contraire de publier une hagiographie de Deng Xiaoping écrite par sa fille, afin de ménager ses relations avec des pouvoirs ou des annonceurs est à cet égard instructive ; mais celle du changement d’esprit au Seuil lors que ses éditeurs sont passés de la communauté au parlementarisme ne l’est pas moins.

Qu’on n’attende pas de lui qu’il se donne le mauvais rôle, c’est la loi du genre. Une mosaïque d’anecdotes, dialogues, choses vues, lues, entendues souvent éclairantes, parfois inutiles n’en dessinent pas moins à son corps défendant un autoportrait plus porté à l’autosatisfaction (notamment via les lettres personnelles à lui adressées par des auteurs) qu’à l’autocritique. Mais que de pages captivantes sur Julien Green, Claude Durand, Jean Lacouture ou Pierre Bourdieu dont il tisse des portraits d’une acuité, d’une profondeur et d’une sensibilité remarquables, ou sur la tentation de la démission face au cas de conscience (peut-on tout publier au nom de la liberté d’expression ?) sans parler des mauvais choix, des erreurs, des catastrophes dont il ne cèle rien. A cet égard, le rappel de l’affaire Umberto Eco est terrible, l’universitaire italien ayant publié tous ses livres théoriques au Seuil :

«Mais François (Wahl, son éditeur attaché), qui nous fit un certain vendredi une présentation éblouissante de ce roman (« Le Nom de la rose »), conclut fermement son exposé sur la nécessité de le refuser, Eco s’étant « égaré », nous expliqua-t-il dans un projet littéraire flou et sans aveu (théorique). Aux yeux de François, la « trahison » d’Eco était consommée : il avait renié d’un même mouvement et la « structure » et la sémiologie, sa discipline d’origine ».

On connait la suite : un succès mondial, des millions d’exemplaires vendus, un livre qui fit le bonheur de Grasset pendant des années… La liste de « ses » livres induit un pesant côté catalogue. Mais le récit de l’intérieur des « affaires » auxquelles il fut mêlé ès-qualités vaut vraiment le détour qu’il s’agisse de la réédition émondée de ses passages antisémites du Journal de Renaud Camus (La campagne de France) ou du séisme provoqué dans le quotidien par l’enquête de Péan & Cohen sur la Face cachée du Monde. Très enclin (parfois trop) à détailler tant le mémorialiste tient à justifier son action à la lettre alors que nul ne lui en fait l’injonction, Olivier Bétourné aurait-il cédé à son tropisme d’historien même s’il s’en défend ? Le fait est qu’il a tout noté, tout conservé, tout archivé, tout inventorié de ce qu’il a vécu. Des milliers de documents dans trois cents boites.

Tout bilan a sa part de règlement de compte. Forcément lorsqu’il s’agit d’une vie vouée à une certaine idée de son métier et que celui-ci est vécu comme une vocation. Des crises y sont restituées à la minute près. Les professionnels de la profession s’y retrouveront et tous n’auront peut-être pas à s’en réjouir. Toujours le même personnel depuis un demi-siècle. Un tout petit monde qui tient dans un mouchoir de poche au centre de Paris, entre Saint-Germain-des-Prés et Montparnasse. De solides amitiés s’y nouent, et des affections durables s’y développent mais, lorsqu’est évoquée la figure charismatique de Claude Durand, le patron de Fayard, quel conservatoire de haines recuites !

Le récit porte le sous-titre « Mémoires d’un éditeur engagé ». Mais en connait-on qui ne le soit pas d’une manière ou d’une autre ? Tout éditeur est engagé puisque c’est par essence un métier de joueurs ; seulement certains le sont plus que d’autres car il y faut une âme de parieur. Comment ne pas avoir une pensée pour Robert Laffont, l’un des réinventeurs de son métier à l’ère moderne, qui s’exclamait en pareille circonstance : « C’est facile de prendre des risques avec l’argent de la Maison où l’on travaille…; mais moi, c’est mon nom et mon argent que j’ai risqués à chaque fois ! »

(Photos de Gilbert Garcin)

 

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire.

1368

commentaires

1 368 Réponses pour Parano dans le marigot

Chaloux dit: à

Cricri : « Ne connaissant rien de la vie de Maurice Ravel, de son allure, je n’avais eu aucun mal à entrer dans la vie d’un personnage de roman appelé « Ravel » ».

C’est vrai, l’ignorance est encore le meilleur moyen de ne rien savoir. Et puis c’est si facile! Cricri est une grande filosofe.

J’avais le boléro en tête comme tout le monde et surtout son tempo invariable.

Son rythme.

christiane dit: à

Ah, bonjour, Jibé,
merci pour cette longue réponse.
Vous avez peut-être raison. Je n’ai peut-être pas tort mais je ne peux éclaircir mes impressions car j’ai lu ce livre il y a 14 ans… C’est loin. C’est flou. Une vérité vague… Nos deux lectures ne se contredisent pas, elles parlent de fidélité à nos impressions. Un roman… un compositeur de musique… Une distribution digne d’un échiquier.
J’ai essayé de traverser cet effacement partiel pour retrouver ce qu’il y a de l’autre côté de l’oubli. La critique de J-P.Amette, l’entretien mis en ligne ont réveillé une émotion de lecture enfouie dans le temps, une réminiscence, des touches fugitives : quelque chose et rien. Le livre, je le revois, mince dans sa couverture blanche aux inscriptions bleues, léger en main.
Ne connaissant rien de la vie de Maurice Ravel, de son allure, je n’avais eu aucun mal à entrer dans la vie d’un personnage de roman appelé « Ravel ».
J’avais le boléro en tête comme tout le monde et surtout son tempo invariable. Il a commencé à prendre sens pour moi quand j’ai vu la chorégraphie de Maurice Béjart, avec en rôle masculin, Jorge Donn, sa sensualité exaspérée, cette reprise inéluctable du thème, presque macabre. Et puis il y a eu « Le Concerto pour la main gauche » créé pour Paul Wittgenstein, (le frère du philosophe Ludwig Wittgenstein), qui avait perdu le bras droit durant la Première Guerre mondiale. J’avais lu que Ravel n’aimait pas du tout son interprétation à Vienne, qu’ils se disputaient à ce propos.
On est tous souvenir et oubli.
Je ne relirai pas ce roman. j’aime son clignotement dans le passé. Je crois que dans la deuxième partie quelque chose de grave se jouait pour Echenoz. Une inversion entre la vie et la mort. Un pressentiment. Nous sommes en dehors et dans le temps.
Une lecture flottante…

Sur le fil suivant, Chantal nous fait un cadeau merveilleux, des oiseaux en plein vol filmés de près. Ils pèsent si peu. Un souffle… Comme une voix inaudible.

Echenoz je l’ai connu par un roman en 1979 : « Le Méridien de Greenwich »,(Minuit). Je revenais de Villers sur mer. Sur la plage, juste après le casino, une ligne sur l’avancée de forme arrondie de la digue centrale, là où passe le méridien de Greenwich, cette ligne imaginaire qui détermine la longitude 0° et sépare la terre en deux hémisphères. Il entre en Europe continentale par Villers-sur-Mer. Au Paléospace, une salle lui est même entièrement dédiée. J’étais restée longtemps.
Le temps et l’espace, dos à dos. Une ligne séparant et reliant une journée et son lendemain…
Echenoz s’en était saisi dans ce roman obscur où deux récits s’emboîtent avec un effet de symétrie. Une île en plein Pacifique traversée par le méridien de Greenwich et Paris. Un jeu de logique. Une histoire policière où les chapitres indiquent à chaque fois des lieux et des personnages différents.
Je crois que pour « Ravel », Echenoz a d’abord voulu écrire un roman situé dans l’entre-deux-guerres, les années 1930. Puis Ravel est apparu, fugitivement et a court-circuité son projet. Sa visite de la maison du compositeur, à Montfort-l’Amaury, a été décisive. Cela a dû être un livre difficile à écrire.
Là encore une ligne-méridien entre la fidélité biographique et la marge de liberté qu’il se donne dans les scènes de fiction.
Aucune solution pour entrer dans ses romans. Son monde est fantaisiste, désinvolte, invérifiable, fait de bascules entre puissance et déclin. Des vies imaginaires. Il ne se préoccupe pas d’être vrai. Il aime le non-sens.

Jibé dit: à

Je comprends bien, Christiane, que Jean Echenoz n’a pas voulu faire une biographie de Ravel, qu’il se joue autre chose dans ce roman. je suis d’ailleurs touché par la manière dont vous le défendez en défendant votre approche personnelle. Mais, voyez-vous, justement, je n’ai pas du tout le même Ravel en tête, cependant que j’en ai un, c’est-à-dire qu’il ne m’est pas indifférent qu’on s’empare de sa biographie pour en faire un texte auquel je n’arrive pas à adhérer. Dès lors, tout m’agace dans les manières d’Echenoz et dans le déroulé du roman, comme s’il s’emparait d’un thème auquel je tiens trop. Sur Ravel, je pourrais dire aussi sur Rimbaud, Apollinaire, … quelques autres, Virginia Woolf aussi me vient en tête, je suis susceptible.
Et puis je ne reconnais rien de Ravel en Echenoz, rien qui fasse « portrait miroir ».

Jibé dit: à

@Monsieur Charoulet
Fort bien, or donc abreuvez-vous, cher monsieur, à la source, sûrement revigorante pour vous, de mes plus plates excuses

excuses

Patrice Charoulet dit: à

A Jibé

Je n’ai pas lu ça dans l’Obs, mais en écoutant l’émission d’Olivier Duhamel, sur Europe 1, ce samedi matin.
Et, bien entendu, je connaissais « Sutor, ne supra crepidam ».
Et la fin du post est de moi.
Et la critique des « toutologues » est ancienne : elle de Philippe Meyer, chassé de France Inter, car mâle blanc de plus de 50 ans.
Je suis du même avis que lui.
Je n’avais donc pas à citer une source à laquelle je ne me suis pas abreuvé, cher Monsieur.

christiane dit: à

Bonjour, Jibé,
Bloom ferme la discussion… Vous prenez la suite.
Vous aussi n’avez « pas apprécié le Ravel d’Echenoz », au point, écrivez-vous que vous ne vous en rappelez pas « sauf cette impression irritante que Ravel était malmené ».

C’est si loin vos impressions des miennes. J’ai abordé ce livre comme un roman, pas comme une biographie même si le personnage choisi par Echenoz est Maurice Ravel (comme dans la vraie vie). Ce personnage il l’isole et le suit, d’abord gare Saint-Lazare en vue de prendre un train qui le conduira au Havre pour monter à bord du paquebot France pour sa tournée triomphale (conférences, concerts…) aux États Unis. Ravel est alors au faîte de sa gloire puis à son retour en France (deuxième partie du roman).
Pourquoi cette attirance pour Ravel ? Parce qu’il lui pose une énigme par une sorte de décalage entre son apparence de dandy chic tiré à quatre épingles, son caractère et sa solitude, la musique qu’il crée.
Peu à peu, Ravel (il l’appelle ainsi) devient un personnage de fiction, tragique, pris dans l’étau de ses contradictions, un grand compositeur, pétri de petites manies…
C’est dans la deuxième partie, lors de son retour d’Amérique, que l’on découvre un Ravel vulnérable, insomniaque, fatigué, qui s’ennuie. Pourtant il y aura la création du concerto pour piano et le célèbre Boléro. (« une chose qui s’autodétruit, une partition sans musique, une fabrique orchestrale sans objet, un suicide dont l’arme est le seul élargissement du son. »)
Le roman, dans sa réinvention d’une vie réelle, devient inquiétant, entrant dans le monde d’Echenoz.
Deux registres d’écriture se superposent et deviennent un échange entre le réel et le fictif. Echenoz ne prétend pas que c’est le vrai Maurice Ravel. Alors qu’est-ce ? Un portrait romanesque d’un personnage réel.
Jean Echenoz est romancier pas biographe mais pour écrire ce roman, il a lu à peu près tout ce qui avait été écrit sur Ravel.
«J’ai lu à peu près tout ce qui le concernait, que ce soit les biographies, surtout celle de Marcel Marnat, ou bien les textes et témoignages de ses proches, de ses élèves et de ses contemporains. Je ne pouvais pas me permettre de trahir la réalité de la vie de Ravel et je devais donc être très attentif et très fidèle au fil de cette vie. Je n’ai pu commencer mon travail de romancier qu’une fois que j’ai eu construit un ensemble d’éléments assez solide pour pouvoir m’aventurer dans les petits espaces imaginaires que me laissait le scénario de sa vie.»
Le résultat ? un roman bref, à peine 100 pages, qui commence par un départ et se termine par la mort de Ravel, en passant par sa maladie et sa chute et c’est aussi la fin du roman d’Echenoz.
Ce roman « Ravel », a été adapté pour le théâtre par Anne-Marie Lazarini au printemps 2013, Théâtre Artistic Athévains, Paris 11e.

Jibé dit: à

@Christiane ,
moi non plus je n’ai pas apprécié le Ravel d’Echenoz, au point que je ne m’en rappelle rien sauf cette impression irritante que Ravel était malmené. L’extrait que vous produisez montre quelle fut son approche. Eh bien, ça ne marche pas, en fait, dans la réalité du roman.
D’ailleurs, même un peu à côté de la plaque et a priori assez discret, Echenoz est tout de même un peu trop sûr de lui. Dans la promo de son dernier roman, on lui servait la soupe et il l’avalait avec plaisir, comme toutes les vedettes de librairie.

J’ai d’ailleurs acheté e dernier roman, La vie de Gérard Fulmard, qui m’a laissé totalement froid… Texte rapide, un peu drôle – mais vain, surtout.

Jibé dit: à

« Patrice Charoulet dit: à
SUTOR, NE SUPRA CREPIDAM

Il y a un mot pour qualifier les personnes qui énoncent des avis sur des sujets qu’ils ne connaissent pas : c’est » l’ultracrépidarianisme »

c’est ce qu’on découvre en lisant l’Obs de fin août. Citons les sources.

Bloom dit: à

Ce qui dit untel de machin m’importe peu, Christiane, je suis assez libre pour me forger ma propre opinion de mes lectures. La critique peut donner envie ou non de lire, mais elle ne se substitue pas à la lecture.
Toujours se méfier de ceux qu’Augie March appelle « the teachers of reality »…Première recommandation à l’égard des étudiants.

Chaloux dit: à

Papouilles à Paimpopol!

christiane dit: à

Bloom,
vous avez lu le « Ravel » d’Echenoz et vous n’avez pas « du tout aimé la façon dont il s’est emparé de son sujet ».
Jusqu’à là, je vous suis.
Mais quand vous justifiez ce sentiment de rejet en attribuant à Echenoz « condescendance, sinon du mépris pour celui-ci & aucune trace d’empathie pour le personnage. Ce voyeurisme morbide qui s’attache à retracer les dernières heures, les derniers jours, les dernières années d’un être historique a un côté charognard, malsain. », puis-je vous dire que j’ai ressenti juste le contraire ? Comme quoi les impressions des lecteurs sont différentes…
Ensuite, vous comparez Echenoz à d’autres écrivains pour le juger « pas très bon » : « Mille coudées au-dessous d’un Jean Rouaud, ou d’un Philippe Claudel, pour ne parler que de gens de sa génération. »
Quelle idée de comparer ces trois écrivains qui n’ont rien en commun.
Et quand vous terminez par : « ce livre m’a fait l’effet d’une insulte venue de bien bas à l’encontre d’un compositeur de génie. », je crois que vous attendiez une biographie louangeuse et non ce roman.

Entre temps j’ai retrouvé l’excellent billet critique de Jacques-Pierre Amette, paru sur « Le Point ». Il était tout simplement sur la page de l’éditeur (« Minuit ») dans la rubrique « Presse », comme l’entretien que je citais partiellement.

Puisse-t-il vous offrir d’autres pistes de lecture de ce roman, de cet écrivain.

Jacques-Pierre Amette, Le Point, jeudi 2 février 2006

« Ravel-Echenoz, portrait en miroir »

« Physiquement, Jean Echenoz ressemble à un pilote de ligne de la Scandinavian Airlines dans les années 50. Il est blond, calme, se fait photographier comme s’il contemplait la mer du pont d’un paquebot. Allure à la fois distante et décontractée, contrôlée et indulgente, mi-attentive, mi-narquoise. Ses amis, son éditrice, ses proches parlent de sa distance et de sa courtoisie, de sa drôlerie. Donc, il ressemble à ses romans ou vice versa. «Une exquise ironie, quelque chose d’une légère bouffonnerie, un second degré, une manière de ne pas peser ni insister, une façon personnelle de rester discret», remarque Olivier Rolin, l’auteur de «Tigre en papier», qui le connaît depuis longtemps. Comme le personnage de son roman «Ravel», sa courtoisie est une distance, son ironie une défense polie contre les importuns, et sa concentration peut se confondre avec une absence ou une rêverie ininterrompue…
Ses neufs précédents romans (parmi lesquels «Cherokee», «Lac», «Nous trois», «Les grandes blondes») sont écrits avec une minutie visuelle, raffinée, des intrigues à surprises rigolotes. Ce sont des sortes de boîtes à malices, avec des changements de ton, des décalages de style. Personnages silhouettés saisis dans une instabilité du monde. Ses histoires font penser à des mobiles. Syntaxe travaillée, incises dialoguées bien serties, adjectifs incongrus, espace étiré comme dans les rêves : un vrai travail de perfectionniste. Une précision d’horlogerie pour casser net les paresseuses habitudes de lecture. A cela il faut ajouter les subtils pastiches de tous les grands genres (le polar, la science-fiction, mais aussi le style guide touristique, catalogue de La Redoute, mode d’emploi de machine à laver, mais aussi le récit de voyage, la description style manuel militaire, plan architectural). Ces détournements stylistiques aboutissent à obtenir un effet d’étrangeté. Il y a aussi, chez lui, un nettoyeur de vitre, un polisseur de verre qui décrasse la vue. Prose nette, brillante, lavée, vue dans les chromes d’une voiture américaine des années 50. Peu de boue chez cet hygiéniste. Ce grand collectionneur de disques et de CD s’est essayé au jazz (saxo) dans sa jeunesse. Il syncope facilement ses pages.
Dans son «Ravel», une valise bleue, un smoking, le pavillon de Montfort-l’Amaury où vit le musicien prennent des allures de motifs laqués sur une boîte chinoise. Il y a une subtile transformation lilliputienne comme si son «Ravel» était une maquette, un modèle réduit. Il aime aussi montrer les creux de l’instant, Ravel en train de sculpter des canards dans de la mie de pain ; ou bien en peintre de nature morte, il évoque Ravel seul ne faisant rien dans une chambre d’hôtel. On se demande alors si ce livre n’est pas qu’une entreprise d’inspection du vide métaphysique. C’est dans cette fouille d’une existence vers les coins inertes que le bon écrivain se remarque.
Sa carrière est en ligne droite, lisse, royale. Né en 1947 à Orange, père médecin. Lui fit des études de sociologie à Aix-en-Provence. A 7 ans, il lit «Ubu roi», la part de dérision qui imprègne ce qu’il touche vient-elle de là ? Il a publié son premier roman, «Le méridien de Greenwich», à 32 ans. Il confesse : «J’aimerais écrire des romans géographiques comme d’autres écrivent des romans historiques.» Mission accomplie. Aujourd’hui, il est à la tête d’un prix Médicis et d’un Goncourt obtenu haut la main cinq jours d’avance sur la date officielle. Acclamé par la presse française, un lundi 8 novembre 1999, pour «Je m’en vais», il reste discret comme Ravel après un concert. Il est férocement soigneux, scientifique, limpide, courant d’air.
Un léger vertige au creux des êtres. Qui est Ravel ? qui est Echenoz ? Est-ce Ravel qui a écrit «Je m’en vais» ? est-ce Echenoz qui a composé «Le boléro» ? Allez savoir… Une clé du livre est donnée quand Echenoz s’attarde, justement, sur la composition du «Boléro» : «Une chose qui s’autodétruit, une partition sans musique, une fabrique orchestrale sans objet, un suicide dont l’arme est le seul élargissement du son.» Remplacez «musique» par «littérature», vous aurez l’originalité du ton et de la manière Echenoz. Un art proche de la broderie : raffiné et plein de trous. Morosité, rigueur, dandysme, sécheresse, élégance, finesse, esprit acéré. Echenoz est français comme Fauré et Chabrier, Bonnard et Monet, Mérimée et Queneau. La mélodie et la lumière scintillent sur beaucoup de silence. Davantage que dans ses précédents romans, ce «Ravel» fait songer au personnage d’Alain du «Feu follet» de Drieu la Rochelle. Une vie fuit sous les doigts, des pensées friables, les nuits blanches, une peau exsangue… Couleurs tendres, sons ténus…
Un léger vertige au creux des êtres, un ciel nu, des paumes moites. Une immobilité au centre d’un tourbillon de mondanités, le vague opium du succès qui ne grise plus, des concerts qui rendent neurasthénique, des gens qui vous acclament mais lointains. Quelque chose de blanc et de laqué barre ses romans.
Si on demande à Echenoz qui l’a influencé, il répond : «Peu de monde, en vérité.» A-t-il aimé l’école ? «Je garde un mauvais souvenir de mes années de lycée.» Êtes-vous un auteur comique ? «Je ne crois pas.» Le Goncourt ? «Je n’ai jamais bien compris qu’un prix littéraire puisse bouleverser la vie d’un auteur.» Au fond, cet homme est un buvard : il boit les questions. Il est obstiné, lent, évasif, minimaliste, postmoderne, woody-allénien, incertain, sur ses gardes, inquiet, suspicieux, écorché. Et également un écrivain à tant de facettes qu’il en devient facétieux. Parfois, son imagination l’entraîne dans les glaces polaires ou en Inde, mais c’est pour y percevoir le tam-tam lancinant du pessimisme. Echenoz se cherche son Afrique intérieure, comme Ravel se cherchait une Espagne boréale dans son «Boléro». Son Ravel sec, nerveux, insomniaque, écorché, au rasoir, tout en saillies, ressemble à un manifeste pour un art froid.
Acclamé par une presse qui en général aime les écrivains engagés, turbulents, histrionesques, pressés d’apparaître, Echenoz est un retiré. Il aime attendre la fin du monde au fond des bars ; d’évidence, il est le plus flaubertien de sa génération. Coquetterie, trains, valises, trousse de toilette, cigarettes, TSF, mondanités, Carnegie Hall et voilà, ces ingrédients suffisent pour élaborer un récit au cordeau.
On pense à Flaubert dans ses babouches à Croisset, dans l’évitement des autres et qui se demande où ça mène. Flaubert a répondu : à l’Art ; et certains jours : à Rien. »

Du même auteur :
Le Méridien de Greenwich, 1979
Cherokee, 1983
L’Équipée malaise, 1987
L’Occupation des sols, 1988
Lac, 1989
Nous trois, 1992
Les Grandes blondes, 1995
Un an, 1997
Je m’en vais, 1999
Jérôme Lindon, 2001
Au piano, 2003
Ravel, 2006
Courir, 2008
Des éclairs, 2010
14, 2012
Caprice de la reine, 2014
Envoyée spéciale, 2016
Vie de Gérard Fulmard, 2020

Ed dit: à

« mon oncle Johnny »

Ah oui. Pas de doute, on est bien en Belgique 😉

Bloom dit: à

Christiane, j’ai lu le Ravel d’Echenoz et n’ai pas du tout, mais lors pas du tout aimé la façon dont il s’est emparé de son sujet. J’y ai trouvé de la condescendance, sinon du mépris pour celui-ci & aucune trace d’empathie pour le personnage. Ce voyeurisme morbide qui s’attache à retracer les dernières heures, les derniers jours, les dernières années d’un être historique a un côté charognard, malsain.
A comparer avec la façon toute en nuance et intelligence dont Michaël Ferrier traite ses sujets (Ambroise Vollard, Jeanne Duval et Edmond Albius) dans « Sympathie pour le fantôme »(Gallimard).
Echenoz n’est pas un très bon écrivain. Mille coudées au-dessous d’un Jean Rouaud, ou d’un Philippe Claudel, pour ne parler que de gens de sa génération.
Chacun son ressenti, mais franchement, ce livre m’a fait l’effet d’une insulte venue de bien bas à l’encontre d’un compositeur de génie.

Janssen J-J dit: à

on sent que vous vous êtes rebellée contre l’éducation d’une famille petite bourgeoise trop exigeante… et que cela a forgé votre talent. Merci pour l’évocation de ce fragment de vie familiale à propos de la mémoire d’Annie C.
Belle journée à vous, Chantal.

Chaloux dit: à

Le Ravel d’Echenoz était vraiment à ch… Un de ces petits bouquins d’Echenoz à dimension de nouvelle, sans intérêt autre que formel (« tellement gratuit », dit Gracq). Une plume dans la main droite, une biographie dans la main gauche, un travail de sagouin paresseux. Faire un succès de ce genre d’œuvrette montre à quel point l’exigence intellectuelle s’est effondrée en France. Evidemment, les maîtresses d’école sont contentes.

Chantal dit: à

@ les 3 j, je ne suis pas insensible à la disparition d’Anne Cordy, même si elle était un sujet discordant en famille.

Lors de réunions et cousinades qui réunissaient les membres français et belges sous l’égide de ma grand-tante qui avait un fort beau jardin dans les Yvelines, mon oncle Johnny et mes 4 cousins qui formaient un big band surnommé les Hot Brothers interprétaient inévitablement le succès pétillant de la » bonne du curé ». A la satisfaction quasi générale, l’ambiance était cordiale, on dégustait des tartes aux groseilles vertes et des javanais au café. Si ce n’était la tête froncée de mon beau – père qui n’aimait pas que l’on se moque de la religion, et de ma mère qui désapprouvait cette idiotie quand on sait danser  » correctement »de s’adonner au French Cancan. Et si l’on avait le malheur de se lancer crânement dans une improvisation, un long sermon sur le chemin du retour …

Ils se donnaient un mal fou pour faire de nous des singes savants capables de ne vivre que d’inspirations de prières et d’art …

Nos cousins par contre allaient au collège normalement, à l’académie de musique, leur père gagnait sa croûte comme représentant chez cockerill et accompagnait les plus grands lors de croisières tournées et tenait l’orgue paroissial, ce qui ne l’empêchait pas de rire et d’ambiancer . Lors de son décès il y a maintenan il y a 2 ans en avril, la cérémonie fut une ode à la musique ses petits enfants et ses fils ainsi que de nombreux artistes interprètes on rempli l’église de ses airs préférés, noyant ainsi le curé dans ses paraboles d’adieu.

bonne journée, nouveau billet.

christiane dit: à

@hamlet
Je me souviens d’un roman inattendu retraçant les dix dernières années de la vie de Maurice Ravel : Ravel de Jean Echenoz (Minuit).
Ce n’était pas une biographie romancée du musicien même si le personnage central est ce grand compositeur. Qu’était-ce alors ? un roman plein d’inquiétude, de mystère, de fantaisie, de tendresse… de musique.

Extraits de l’entretien avec Jean Echenoz et Philippe Barrot, La Quinzaine littéraire du 16 janvier 2006 :

« Philippe Barrot : Pourquoi Ravel ?
Jean Echenoz : Il y a eu un faisceau de raisons de m’intéresser à lui. D’abord c’est une œuvre que je crois assez bien connaître, que j’ai pu entendre dès mon enfance et qui a aussitôt fait partie des musiques qui allaient rester importantes, comme Stravinsky. Elle est restée très présente toute ma vie, j’y suis très attaché et je l’ai beaucoup écoutée. Il y avait donc au départ ce lien avec l’œuvre. Puis il se trouve que j’ai eu plusieurs projets successifs, ces dernières années, dont l’un se situait dans les années 30. J’avais envie de faire apparaître des personnages de fiction en même temps que des personnages réels de cette période qui joueraient, si l’on peu dire, leur propre rôle, et je pensais à Ravel dont la figure m’intéressait, sans bien alors la connaître. J’ai commencé à me renseigner sur sa vie, mais j’ai abandonné ce projet. […]
J’ai décidé de m’arrêter aux dix dernières années de la vie de Ravel, de la tournée américaine jusqu’à sa mort. Je voulais être très fidèle à ce qui s’est passé, à son parcours de 1928 à 1937, rester le plus près possible de lui tout en m’autorisant en même temps un traitement romanesque, en abordant Maurice Ravel comme un personnage de fiction.
C’est sans doute une vie douloureuse. Il donne le sentiment d’un personnage assez dandy, sortant beaucoup et, en même temps, d’un homme absolument clos. On ne sait au fond pas beaucoup de choses sur lui. Il reste dans une espèce d’opacité.[…]

P.B. : Ravel est construit sur des ralentis et des accélérés…

J.E. : Comme on peut désirer le faire dans une construction musicale, dans une série de mouvements divers, à partir de moments de cette vie que j’avais envie de raconter. Comme une construction musicale, donc, ou sur le plan cinématographique, comme une suite de mouvements de caméra, en s’attardant plus longuement sur un gros plan et se permettre des ellipses dans la durée à l’aide de plans plus larges. »

J’avais lu sur Le Point, à l’époque de sa parution, en 2006, une critique très belle de J-P. Amette. Je ne la retrouve pas. Je me souviens que J-P.A. développait l’idée d’une écriture en miroir entre Echenoz et Ravel, d’un rapprochement entre un personnage « Alain » du «Feu follet» de Drieu la Rochelle et ce.. personnage… « Ravel » de Echenoz, d’une « immobilité au centre d’un tourbillon de mondanités ».

Bloom dit: à

La calligraphie, le pinceau ou le roseau et l’encre, voilà un art total. Il faut plusieurs vies pour avoir la maîtrise d’un tel art.

Oui, Jibé, c’est une ascèse et une morale.

Shitao, le moine Citrouille-amère en question, était un peintre de paysage, comme le furent en partie, selon la technique de l’estampe, Hokusai, Hiroshige & Utamaro au Japon.

En chinois le mot qui désigne le ‘paysage’ littéraire ou artistique,’shānshuǐ’ est formé des deux caractères « montagne + eau ». Le paysage concret est quant à lui toujours un peu venteux,c’est le ‘fēngjĭng’ = vent + paysage.
Bien à vous

Patrice Charoulet dit: à

SUTOR, NE SUPRA CREPIDAM

Il y a un mot pour qualifier les personnes qui énoncent des avis sur des sujets qu’ils ne connaissent pas : c’est  » l’ultracrépidarianisme « , formé sur la locution latine « Sutor, ne supra crepidam » qui signifie « cordonnier, pas plus haut que la chaussure » – l’idéologie que l’information continue et de ses « . On devrait le dire aux toutologues qui , dans les débats TV ou radio, prétendent mensongèrement pourvoir parler de tout.

christiane dit: à

hamlet dit: « parmi mes passages préférés de « La musique et l’ineffable » ceux consacrés à l’ambiguïté musicale… »

Merci, hamlet, pour cette remarquable citation de Jankélévitch.

christiane dit: à

Janssen J-J dit à @ Ch.
« Quatre catalpas place Furstenberg., pas des paulownias… »

Où voir des Catalpas à Paris ? au Marché aux fleurs, île de la Cité.
Le Catalpa et le Paulownia se ressemblent. Dans le 6e arrondissement, la place de Fürstenberg se caractérise par ses arbres d’ornement : des paulownias.
Il y aurait près de 900 Paulownias plantés dans Paris, (à ne pas confondre avec les Catalpas – il faut regarder comment sont attachées les feuilles). C’est un arbre qui pousse très vite, pouvant atteindre 15 mètres de haut. Originaire de Chine et de Corée, il a été introduit en Europe via le Japon en 1834.
En cherchant sur le Net, j’ai même trouvé cet inventaire de tous les lieux où on peut trouver chaque arbre, dont la place Furstenberg :
https://opendata.paris.fr/explore/dataset/arbresremarquablesparis/table/

Jean Langoncet dit: à

@DHH

Kant à la rescousse n’en peut mais.

Jibé dit: à

« L’unique trait de pinceau est à la fois traudction et métaphore du contrôle de soi et du geste créateur »
merci Bloom
La calligraphie, le pinceau ou le roseau et l’encre, voilà un art total. Il faut plusieurs vies pour avoir la maîtrise d’un tel art.

et alii dit: à

D:surtout quand on pense qu’il y a des instituions qui n’ont pas eu un seul cas (j’en connais une) ni dans les résidents, ni dans le personnel à cause des mesures qu’ils ont prises dès le début

christiane dit: à

DHH dit à Christiane
« […]le dernier chapitre qui donne son sens au roman nous dit qu’il a fait le bon choix ce que Wharton concentre dans cette phrase : «…le mariage le plus ennuyeux n’est pas une faillite tant qu’il garde la dignité d’un devoir»

Rester dans la famille, taire cette passion, épargner à cet amour les remords et les regrets… un sacrifice motivé par le « devoir » et les conventions.
Dans « Le temps de l’innocence », (Scorsese / Wharton), une vraie passion réciproque prise dans l’étau de la grande bourgeoisie du vieux New-York et de ses lois strictes.
« Le temps de l’innocence » peint un amour devenu impossible.
Dans l’émission (lien) que j’ai écoutée hier, Sarah Fosse, nouvelle traductrice en 2019 de ce roman ajoute : « Le véritable amour est peut-être celui qui n’a pas été vécu… »

J’ai hâte de recevoir le roman d’Édith Wharton, cette femme cérébrale, puritaine et libre de la Belle époque qui avait obtenu le prix Pulitzer pour ce roman en 1921.
Elle y décrit ce monde qu’elle a bien connu, elle, née en 1862 à New-York dans une famille aisée. Mœurs encore coloniales, salons et bals, oisiveté de la bonne société mondaine de ce roman. Tableau subtil et cruel…
Elle a vécu l’atrocité de la guerre de 14-18, allant sur le front de Verdun et écrivant des articles.
Tiraillée, donc, entre deux mondes, entre deux siècles, une femme au tournant du siècle.
Un mariage où elle étouffait avec Edward Wharton, plutôt raté. Un divorce en France (1913) qu’elle décida presque virilement « On arrête ! » (dixit Jean Pavans qui a traduit Henry James et de nombreux ouvrages d’Edith Wharton : notamment son autobiographie, « Chemins Parcourus » – Flammarion, 1995) et qui est invité dans une autre émission de France Culture*.
Elle restera en France pour vivre et écrire, même si elle a continué à écrire en anglais pour le public américain.
La bibliothèque paternelle ne contenant que des classiques l’aura sauvée, l’installant dans un monde intellectuel androgyne, lui permettant d’échapper au destin qui lui était promis.
C’est dans les livres qu’elle trouvera une véritable compagnie.
Elle lisait la littérature dans la langue d’origine, parlant plusieurs langues. Avant l’âge de dix ans, elle parcourut l’Europe et découvrit Rome, Paris, l’Espagne et l’Allemagne.
Je crois qu’elle vivait sa vie imaginaire par l’écriture et le réel dans sa vie de société.
Elle me fait penser à Henry James dont elle a subi, je crois, l’influence, dans ses premiers romans.

Je réfléchis à votre citation. J’attends de lire le livre.

*https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-oeuvres/edith-wharton-14-la-vie-et-moi
Émission passionnante où Jean Pavans retrace la vie d’Édith Wharton.

Bloom dit: à

La célèbre armée de soldats en terre cuite, c’est lui.

Il faut se prémunir contre les tentatives de coup d’état post-mortem…On n’est jamais trop prudent.
Le culte martial n’est pas moins important en Chine qu’au Japon. Depuis toujours, les meilleurs soldats des armées chinoises viennent du Shandong, qui se trouve être également le berceau du confucianisme: maitre Kong enseigna à Qufu, où il est enterré avec sa très longue descendance, en ce lieu probablement plus central à « l’identité chinoise » que Xian…
Pas un hasard si le best-seller chinois est L’art de la guerre, de Sūn Zǐ (mâitre Zǐ) , dont la lecture est recommandée aux managers, marketeurs, etc..
On peut lui préfèrer aux 2 maitres, Kong et Zǐ, les chroniques de Sima Qian (très bien traduites en anglais), et Les propos sur la peinture du moine Citrouille-amère, traduits par le très regretté Pierre Ryckmans/Simon Leys. L’unique trait de pinceau est à la fois traudction et métaphore du contrôle de soi et du geste créateur…!

D. dit: à

Bon Pablo, puisque tu veux tout :

En France, hier AP :

– 309156 malades soit + 8975 en 24 h ! C’est considérable et déjà plus élevé que les chiffres de mars/avril qui avaient déclenché le confinement

– 4,5 % de taux de positivité aux tests. Ce qui veut dire en gros 3 millions de contaminants en puissanceen circulation sur le territoire

– 444 clusters en cours d’investigation. + 53 en 24h dont 202 en EHPAD

– 30686 décès dont 20210 en hôpital. Soit + 19 en 24 h

– 1628 nouvelles hospitalisation sur les 7 derniers jours dont 290 en réanimation

– 60 départements en situation de vunérabilité dite « modérée ou élevée »

—————–

Ces chiffres sont évidemment extrêmement préoccupants. Ou catastrophiques selon les appréciations individuelles.

La cause en est les réunions familiales en nombre sans prise de protection, la clandestinité d’activités exercées sans protection, l’indiscipline d’une partie des personnes obligées au port du masque (exemple patent dans ma grande copropriété où 75 % circulent sans masque y compris dans les ascenseurs empruntés à plusieurs, sous le prétexte qu’ici ils ne risquent aucune amende – ce genre d’inconscience débile qui peut tout fiche en l’air ; autre exemple les commerçants qui pour certains exigent de leurs clients le port du masque mais se contentent eux d’une visière ou pensent que la protection par écran plexi ou film va suffire.
Évidemment les écoles primaires, maternelles ou crèche, énorme plaque tournante de propagation du virus à l’échelle du pays. C’est très dommage parce qu’un enfant en âge de raison est parfaitement capable de comprendre la nécessité du porte du masque et peut facilement s’éduquer à le porter.

Chaloux dit: à

@Pablo. A propos de Ravel, on ne lui a jamais connu de relation amoureuse. Fargue raconte qu’il quittait ses amis le dimanche soir en leur disant « Bon, bah je vais au bordel! ». Et c’est Sauguet, je crois, qui a prétendu dans ses souvenirs que tout le monde savait à quoi s’en tenir à propos des amours de Ravel mais que le secret n’a jamais été éventé. Gavoty, qui l’a rencontré plusieurs fois dit (INA) qu’il ressemblait littéralement à un enfant (il était de très petite taille). Peut-être était-il une sorte de tambour? Un écrivain dont j’ai oublié le nom mise sur une relation cachée avec Misia Godebska mais ça me semble très douteux.
Jankelevitch (texte ci-dessous) a le tort d’opposer Ravel à la masse aliénée. Il faut s’intéresser à Ravel pour lui-même, c’est un trésor.

et alii dit: à

BLOOM,pouvez vous traduire,SVP?
merci

Jibé dit: à

« En effet. Extrait de 书经 書經, si ma mémoire ne me fait pas défaut ? »

n’est-il pas?

Janssen J-J dit: à

On vient d’apprendre le décès d’annie cordy, cette chanteuse si sympathique et intéressante.
Je salue Chantal, sans avoir si.
Bàv,

Jibé dit: à

L’empereur Qin, que je connaissais aussi par François Cheng, a brûlé les bibliothèques et causa ainsi la pertes des documents de « cent écoles de pensées »
… qui n’étaient pas son genre. Il fondait une dynastie et devait manquer de confiance en lui pour avoir besoin de faire du passé table rase.
La célèbre armée de soldats en terre cuite, c’est lui.

Chaloux dit: à

@Pablo. Je trouve cette interprétation consensuelle, sans plus, un brin académique mais le jeu est bon.
Pour l’ouvrage manquant, ça peut attendre.
Schubert et des transcriptions et arrangements de Schubert par Liszt. Toujours dans D.960, malheureusement seulement quand j’en ai le temps avec un piano pas trop loin (toujours problématique en été). Mais j’essaierai de faire le petit enregistrement dont j’ai parlé un jour de cette semaine. Je trouve que la plupart des pianistes, même les meilleurs, comme Clara Haskil, jouent le premier mouvement à un tempo beaucoup trop rapide.

D. dit: à

En effet. Extrait de 书经 書經, si ma mémoire ne me fait pas défaut ?

Bloom dit: à

Chroniquerait-il l’époque que Sima Qian aurait pu écrire, avec sa perspicacité proverbiale: |Nàge huà míngwéi xībānyárén de húndàn zài tánlùn tā bù zhīdào|

Bloom dit: à

Jazzi dit: à

« Musique et ontologie »

C’est d’un chiant, Bloom !

Remet ton slip quand tu écris, Baroz, c’est assez indécent.

Bloom dit: à

Merci de cette bonne nouvelle, de nota surtout à l’heure où Simon Rattle pose la question de la survie de la musique classique, à l’époque du coronamachin (hier, à la BBC).

Janssen J-J dit: à

@ Ch.
Quatre catalpas place Furstenberg., pas des paulownias… Laissez cet arbre à l’admiration de Junger lors de ses visites à Banine, rue Lauriston.
@ B.
le présocratiques étaient-il préprostatiques, par hasard ? ce qui expliquerait pas mal de chose jusqu’à présent mal élucidées…
@ Claro,
Déroutant roman d’Helen Philipps que notre traducteur inspiré vient de donner avec « la femme intérieure » (in vice caché, sa nouvelle collection au cherche-midi) ; mais ô combien exaspérant… et passionnant d’innovation narrative. Athmosphère : chambre des enfants, 4 ans et 1 an, cuisine, cuvette des WC, salle de bain. Caca, boudin pipi, vomi, « surveille ton petit frère ». Mère dédoublée -Molly-Moll- comme le serait Rôz ici (faille, fêlure, Fosse, pré et post traumatisme). Vache allaitante. Elle voulait détruire la bible au féminin. « Coupez en deux l’enfant qui vit ». Comme un lumineux jugement de Salomon…
S’accrocher coûte que coûte. Vraiment… Helen Philipps, une sacrée découverte !… dans le sillon (???) d’un B. Cyrulnik (ensorcellement et résilience) et d’une A. Lurie (femmes et fantômes au supermarché).
On pourrait en discuter avec la RDL de Passoul de fois que… Je garde cette notule pour l’avenir.
Bàv, 5.9_9.45

x dit: à

encore !
On savait les deux compères inculpabilisables (voir Kundera), on les découvre incaricaturables : on est toujours en deçà de la réalité…

et alii : Dericquebourg rejoindrait Steiner sur l’envahissement de la glose comme un lierre étouffant l’arbre vivant, mais le risque inverse n’est-il pas celui que dénonçait Burke (si chaque génération doit repartir de zéro au lieu de prendre le relais, on piétine) ? Que de métaphores ; peut-être interroge-t-il la sienne (le culte de la littérature) ? On en reparlera quand j’aurai lu l’article et au moins quelques pages du livre…

Bloom dit: à

Renato, si vous vous reportez au texte du grand historien classique Sima Qian, le Hérodote chinois, vous constaterez que l’autodafé ne concernait que la poésie, l’histoire et la philosophie (et non pas toute la littérature comme dans Farenheit 451). Les livres médicaux, de divination, sur l’agriculture & les forêts, n’étiaent pas la cible par le premier empereur de Chine, Qin Shi Huangdi, dont François Cheng narre magnifiquement la cruauté et les turpitudes dans Quand reviennent les âmes errantes.
La lecture de Sima Qian est une très saine occupation.

de nota dit: à

Dans la collection Agora des éditions pocket seront prochainement disponibles trois titres de Jankélévitch:
Fauré et l’inexprimable,
Debussy et le mystère de l’instant,
Liszt et la rhapsodie.

renato dit: à

« … laisser mourir cette « Culture » et son « Corpus »… »

Une ancienne idée chinoises : je ne me souviens pas du nom de l’empereur qui projeta de brûler tous les livres pour redonner des possibilités à la créativité.

Ce sont deux approches de l’euthanasie : passive ou active.

et alii dit: à

Baptiste Dericquebourg propose de laisser mourir cette « Culture » et son « Corpus » afin de réapprendre à écrire et à parler, via une nouvelle « rhétorique » à rebours de la pédagogie actuelle centrée sur le commentaire et l’admiration. En revanche, littérature et philosophie (sans majuscules) restent essentielles pour lui, en cela qu’elles forment au discours, moteur pour l’action du « Citoyen », dans le contexte d’un dépassement de la démocratie représentative par des formes plus directes.
J AJOUTE La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (parfois abrégée en DDHC)

Sant'Angelo Giovanni dit: à

…replay à 8 h 26 min.
…samedi 5 septembre 2020 à 0 h 51 min.

…non, non, rien n’a changer,!…

…on reprend les mêmes dogmes, concepts, astuces, systèmes d’arnaques des populations abusées,!…entre-elles,…
…et, et tout, recommence,…avec d’autres têtes faisant fonctions social-machinal,!…

…rien n’a changer,!…avec ou sans le virus-19,…un don de plus, pour s’évangéliser au bitume du macadam-médical des escrocs en médecine,…
…le machinisme de la consommation techno,…
…survivre, pourquoi, pour qui,!…
…avec des bandes de tarés, sous coupoles de pestes,…porcines, à vaches-folles,!…
…et autres cancers à tours de bras,!…
…riches de stupidités des droits de l’homme – esclave, des systèmes machinales d’usuriers.
…envoyez,!…

et alii dit: à

Avec Le Deuil de la littérature, Baptiste Dericquebourg s’en prend également aux études de lettres de notre époque. Son essai est d’abord le récit d’une déception, qu’il estime partagée : celle de l’auteur vis-à-vis de ses études de lettres et de philosophie. Tout au long de ses six années de formation, à l’issue desquelles il décroche un poste d’enseignant, il se pose la question du bien-fondé de sa présence : « J’étais entré au séminaire avec la foi, j’avais trouvé les prières, les rites et les gestes de la foi ; mais la foi, nulle part, et aucun chemin vers le salut. […] J’ai eu du mal à admettre que c’était le culte lui-même qui posait problème, et qui expliquait la médiocrité des desservants. » L’écriture de ce livre a pour but de l’aider à faire le « deuil » de la littérature et de la philosophie, qu’il regroupe sous le terme de « Culture ». En échange, il souhaite redonner une place au « discours » et à l’ « écriture », à l’encontre de la réification du texte promue par les études littéraires.
Baptiste Dericquebourg commence par un réquisitoire contre les études de lettres actuelles, qu’il assimile à du bavardage à partir d’œuvres par des enseignants-chercheurs dénués de projet pédagogique. Le cursus n’apprend pas à « lire, écrire, penser et s’exprimer. » Au contraire, Dericquebourg relève la faiblesse des enseignements pratiques, autour de la production de textes, et la centralité du commentaire. Le seul exercice relativement utile pour l’auteur n’est autre que la dissertation – pourtant décriée –, qui forme au moins à argumenter. Philosophie et littérature se caractérisent par leur pédagogie passive. En conséquence, elles « ne forment pas à la maîtrise de leur objet d’étude, mais à son observation. » Enseignement de la rhétorique et ateliers d’écriture n’ont pas droit de cité en leur sein et trouvent refuge dans les Instituts d’études politiques et autres écoles de commerce, qui forment de futurs salariés du privé.
Certains s’engagent dans la voie universitaire et contribuent à augmenter les Marginalia – le commentaire – du Corpus. L’auteur offre alors une description au vitriol de l’exercice de la thèse, qui invite au conformisme via, entre autres, l’hommage rendu à l’état de la recherche – les autres Marginalia – par la bibliographie.

Il décrit deux disciplines – Littérature et Philosophie, avec majuscules – ayant perdu de vue leur finalité, notamment sous l’effet du développement de la science pour la seconde. Pour l’auteur, le philosophe se caractérise surtout par la détention d’une agrégation. En complément, il dresse une typologie peu reluisante des différentes incarnations du philosophe contemporain – du « paraphraseur » au « scientiste » en passant par le « naze ». De son côté, la Littérature aurait été transformée par l’avènement du livre-marchandise, par la fin de ses ambitions politiques et le choix de se réfugier dans l’art pur. Pour autant, « [l]e Parnasse n’a rien d’un retour à un beau classique :
SUR
Le Deuil de la littérature
Baptiste Dericquebourg

2020

Allia

112 pages
https://www.nonfiction.fr/article-10433-lettres-est-le-neant.htm

DHH dit: à

@jean langoncet

Vous avez raison le mot « soumission est ambigu et peut faire contresens ;je l’entendais au sens kantien de respect absolu et d’acceptation fidèle d’une règle qu’on s’est donnée, parce qu’on en a compris par une réflexion personnelle la validité.
Tout le contraire de la soumission a une religion dont les regles et le contenu vous sont imposéees de l’extérieur au mépris du libre arbitre de l’individu

B dit: à

Tête de lard, pardon, rectificatif.

B dit: à

Pourquoi Pablo et Chaloux font part ici de points de vue et intérêts qu’ils pourraient tout aussi bien échanger par téléphone ou tout autres moyens puiqu’ils se connaissent, parisiens tous deux et se sont rencontrés . en dehors d’une volonté d’afficher une coincidence de gouts, une proximite culturelle, un etat d’esprit partagé et commun à chacun des deux, je ne comprends pas l’utilité et le besoin qu’ils ressentent si ce n’est cette complicité à faire suer le monde par leurs humeurs exécrables et une obstination également partagée. Chaloux et ses hurk obsessionnels et butés depuis des années, Pablo et ses injures en guise d’invitation genre hé du con tu comprends pas que tas rien compris. Je repensais à ce gros lard qui là d’où je communique m’m’apparaît tout à fait adapté au cas Chaloux, gauchiste et Robin des bois, je tiens à préciser que cette qualification fut je crois accordée à notre ex-président, ce qui pourra donc faire de ce grade une flatterie. Qui penserait à temoigner un manque de respect à un de ces éminents diplomés qui gouvernent avec brio et constance pour réussir à pérenniser un systeme défaillant obligés qu’ils sont de garantir paix sociale et prospérité du Capital.

Chantal dit: à

ça démarre sur la frivolité musicale : « vaine déambulation et lambinerie sans but, le discours musical est une vélocité qui s’attarde et qui ne va nulle part ».

Vient ensuite la question centrale : l’idée de profondeur est-elle applicable à la musique ?

Première réponse : « Non » parce que la musique n’est qu’une apparence sonore derrière laquelle il n’y a rien à chercher : « la musique ne dit rien dans la mesure où dire est déjà communiquer un sens (…) elle donne raison à ceux qui la considèrent comme un jeu insouciant ou un divertissement frivole voué tout entier aux délices de l’apparence et à l’ingénuité des sensations – ‘le délicieux plaisir d’une occupation inutile’ Ravel a inscrit ces mots d’Henri de Régnier en tête des Valses nobles et sentimentales…».

Bourrée fantasque Emmanuel Chabrier : souvenir … j’ai dansé là-dessus

ça démarre sur la frivolité musicale : « vaine déambulation et lambinerie sans but, le discours musical est une vélocité qui s’attarde et qui ne va nulle part ».

Vient ensuite la question centrale : l’idée de profondeur est-elle applicable à la musique ?

Première réponse : « Non » parce que la musique n’est qu’une apparence sonore derrière laquelle il n’y a rien à chercher : « la musique ne dit rien dans la mesure où dire est déjà communiquer un sens (…) elle donne raison à ceux qui la considèrent comme un jeu insouciant ou un divertissement frivole voué tout entier aux délices de l’apparence et à l’ingénuité des sensations – ‘le délicieux plaisir d’une occupation inutile’ Ravel a inscrit ces mots d’Henri de Régnier en tête des Valses nobles et sentimentales…».

La Bourrée fantasque d’Emmanuel Chabrier. j’ai dansé là – dessus.

Correspond bien à la description çi-dessus

https://www.youtube.com/watch?v=k76LU9QWOEc

JiCé..... dit: à

Samedi 5 septembre 2020, 6h41

La république des livres ne ressemble plus à un salon littéraire prestigieux, grand dieu non, mais plutôt à une salle d’attente de gare désaffectée, bien sale, un vestiaire bavard précédant des rencontres sportives pour vétérans non genré, une soute de paquebot crasseux emportant sa cargaison d’esclaves négroïdes vers d’improbables destins…

hamlet dit: à

sujet de philo du jour : en quoi le « sans intérêt » peut-il être d’intéressant ?

hamlet dit: à

autres passages intéressants dans la musique et ineffable : ceux sur l’expressivité de la musique, ou la non expressivité musicale : la musique n’exprime rien.

« la musique disait profondément Schopenhauer, n’exprime pas telle joie déterminée, ou telle tristesse particulière, mais elle instille en nous la mélancolie en général, la joie en général,, la sérénité en soi, l’espérance sans cause. Nietzsche va plus loin encore : l musique n’exprime pas la douleur en général ou la joie en général, mais elle exprime l’émotion indéterminée, la pure puissance émotionnelle de l’âme ; la musique exalte la faculté de sentir (…). L musique n’exprime, de près, aucun sens assignable, et pourtant la musique est grosso modo expressive, et puissamment expressive. Incapable de développer, inapte au progrès discursifs, comment s’exprimerait-elle, sinon « en gros » ?
(…)

pour commencer 2 chapitres plus loin par un :

« La musique n’est ni un langage, ni un instrument pour communiquer des concepts, ni un moyen d’expression utilitaire (…) »

et poursuivre par : « et pourtant la musique n’est pas purement inexpressive ; et pourtant l’espressivo n’est pas un péché ! »

et dire ensuite : « Deviner un texte à travers la musique c’est se donner une devinette où il n’y a que des inconnues et tâtonner indéfiniment dans l’attente d’un miraculeux hasard : car en aucun cas l’interprétation ne parcourt à l’envers le chemin de la création, ne remonte tout droit (sauf quand on sait d’avance la solution) à l’intuition originaire. (…) Appelons Espressivo inexpressif la première de ces équivoques. »

et voilà comment se déplie la pensée de Jankélévitch : d’équivoques en incertitudes, de contradictions en irrésolutions, toujours le sourire aux lèvres, toujours au bord du rire, car tout ça est la fois sérieux, grave et en même temps « sans intérêt », et c’est dans ce « sans intérêt » que ce trouve toute la richesse inépuisable de son propos ! Il est lui-même ce qu’il dit de la musique : une déambulation sans but, le lire c’est comme écouter Fauré, Debussy ou même Satie.

hamlet dit: à

je le remets encore une seconde fois pour que nos deux débiles, nos Laurel et Hardy de la musique ne le loupent pas :

parmi mes passages préférés de la musique et ineffable ceux consacrés à l’ambiguïté musicale,

ça démarre sur la frivolité musicale : « vaine déambulation et lambinerie sans but, le discours musical est une vélocité qui s’attarde et qui ne va nulle part ».

Vient ensuite la question centrale : l’idée de profondeur est-elle applicable à la musique ?

Première réponse : « Non » parce que la musique n’est qu’une apparence sonore derrière laquelle il n’y a rien à chercher : « la musique ne dit rien dans la mesure où dire est déjà communiquer un sens (…) elle donne raison à ceux qui la considèrent comme un jeu insouciant ou un divertissement frivole voué tout entier aux délices de l’apparence et à l’ingénuité des sensations – ‘le délicieux plaisir d’une occupation inutile’ Ravel a inscrit ces mots d’Henri de Régnier en tête des Valses nobles et sentimentales…».

Deuxième réponse « oui » : « de même que les richesses de sens implicites et latentes sommeillent dans les mots d’un texte ‘profond’ de même une musique ‘profonde’ accumule dans ses notes, à l’état d’implication réciproque, un nombre infini de virtualités : comme le tout est immanent selon Bergson, à chaque partie, ainsi la mélodie entière sommeille, repliée en chaque harmonie ; aussi arrive-r(il que des intentions cachées passent inaperçues. Et d’autre part l’impression de profondeur, dans les deux cas, nous est suggéré par l’effort qui serait nécessaire pour pénétrer les intentions du philosophe et du musicien. (…) une phrase lourde se sens par exemple est une phrase qui n’a l’air de rien mais qui va loin et qui amorce une longue suite de pensées, quelques mots ont suffi pour la dire, des volumes ne suffiront pas pour la commenter, ni une vie entière pour la méditer ; la profondeur n’est peut-être que cet immense avenir de réflexion et de perplexité enveloppé quand quelques mots d’une simple phrase… »
pour conclure : « de même que les richesses de sens implicites et latentes sommeillent dans les mots d’un texte ‘profond’ de même une musique ‘profonde’ accumule dans ses notes, à l’état d’implication réciproque, un nombre infini de virtualités […] une phrase lourde se sens par exemple est une phrase qui amorce une longue suite de pensées, quelques mots ont suffi pour la dire, des volumes ne suffiront pas pour la commenter, ni une vie entière pour la méditer ; la profondeur n’est peut-être que cet immense avenir de réflexion et de perplexité enveloppé quand quelques mots d’une simple phrase… »

hamlet dit: à

Pablo :

Encore une fois, comment peut-on parler de « cœur secret » d’un côté et de « cœur simple et pur » de l’autre? Et c’est quoi ce vocabulaire de bonne soeur?

Et comment Jankélévitch peut être si sûr de la sexualité de Ravel? Il n’est pas en train de nous raconter la sienne, plutôt?

À creuser…
 »

belle initiative Pablo ! continue de creuser ! il finira bien par en sortir quelque chose…

hamlet dit: à

parmi mes passages préférés de la musique et ineffable ceux consacrés à l’ambiguïté musicale,

ça démarre sur la frivolité musicale : « vaine déambulation et lambinerie sans but, le discours musical est une vélocité qui s’attarde et qui ne va nulle part ».

Vient ensuite la question centrale : l’idée de profondeur est-elle applicable à la musique ?

Première réponse : « Non » parce que la musique n’est qu’une apparence sonore derrière laquelle il n’y a rien à chercher : « la musique ne dit rien dans la mesure où dire est déjà communiquer un sens (…) elle donne raison à ceux qui la considèrent comme un jeu insouciant ou un divertissement frivole voué tout entier aux délices de l’apparence et à l’ingénuité des sensations – ‘le délicieux plaisir d’une occupation inutile’ Ravel a inscrit ces mots d’Henri de Régnier en tête des Valses nobles et sentimentales…».

Deuxième réponse « oui » : « de même que les richesses de sens implicites et latentes sommeillent dans les mots d’un texte ‘profond’ de même une musique ‘profonde’ accumule dans ses notes, à l’état d’implication réciproque, un nombre infini de virtualités : comme le tout est immanent selon Bergson, à chaque partie, ainsi la mélodie entière sommeille, repliée en chaque harmonie ; aussi arrive-r(il que des intentions cachées passent inaperçues. Et d’autre part l’impression de profondeur, dans les deux cas, nous est suggéré par l’effort qui serait nécessaire pour pénétrer les intentions du philosophe et du musicien. (…) une phrase lourde se sens par exemple est une phrase qui n’a l’air de rien mais qui va loin et qui amorce une longue suite de pensées, quelques mots ont suffi pour la dire, des volumes ne suffiront pas pour la commenter, ni une vie entière pour la méditer ; la profondeur n’est peut-être que cet immense avenir de réflexion et de perplexité enveloppé quand quelques mots d’une simple phrase… »
pour conclure : « de même que les richesses de sens implicites et latentes sommeillent dans les mots d’un texte ‘profond’ de même une musique ‘profonde’ accumule dans ses notes, à l’état d’implication réciproque, un nombre infini de virtualités […] une phrase lourde se sens par exemple est une phrase qui amorce une longue suite de pensées, quelques mots ont suffi pour la dire, des volumes ne suffiront pas pour la commenter, ni une vie entière pour la méditer ; la profondeur n’est peut-être que cet immense avenir de réflexion et de perplexité enveloppé quand quelques mots d’une simple phrase… »

dans ces passages (comme ceux hilarants sur le public) on retrouve l’élégance, la finesse et le sourire de VJ.

hamlet dit: à

Chaloux dit: Je pense que cet X est Clopine
 »

génial !!!

comme Pablo : comment, avec un esprit critique aussi faible, peut-on ensuite faire confiance à ce que vous écrivez sur la musiqe et le reste ?

ne pas faire la différence entre x clopine équivaut à confondre Bach et Sylvie Vartan.

ce qui est probablement le cas, après, comme pablo le fait, on peut toujours masquer ce manque de discernement derrière un discours creux de précieuse ridicule du genre :

« j’y ai repensé, car j’ai singulièrement accru mon rayon Schubert. En plus dudit Massin que j’ai depuis longtemps et de celui (deux éditions Actes-Sud dont l’une couplée avec son Liszt) de notre ami JD, j’ai fait l’emplette du Bellamy, du Cassard, et de Schubert raconté par ceux qui l’ont vu, un très bel exemplaire de l’édition de 1997. Je vais devenir imbattable! Plus L’album de famille Schubert dont JD avait rédigé la préface. »

à mourir de rire !

et alii dit: à

il m’a été dit que sur ce blog, la langue principale était de préférence la « langue du billet » ; je ne suis jamais sure de comprendre les énoncés -et les critiques-des contributeurs , même lorsqu’ils ne me sont pas adressés ,et que l’interprétation-au premier degré- que j’en trouve -si j’en trouve une-soit « à propos »; (le second degré pourrait être le choix entre « l’orgueil et la cupidité »billet) eu égard « aux principes » de la RDL de toujours descendre le tiers,quel qu’il soit (ce à quoi a priori je refuse de me soumettre , d’autant que j’ai beaucoup de réserves sur « la perfection »;il serait incohérent de vouloir m’affilier-adhérer- à ce que je ne comprends pas suffisamment alors qu’il est inimaginable d’ en demander un éclaircissement ou une explication; peut-être suis-je la seule à oser prendre conscience,et à oser le risque, de cette question (de cet élitisme); « Meshuy c’est fait. » (MONTAIGNE
Chapitre 2. Du repentir)aussi en ai-je produit une

et alii dit: à

À propos de la religion et de l’histoire des religions
Le premier concerne le choix des auteurs retenus. Pour Gauthier celui-ci serait inintéressant. On pourrait se demander : de quel point de vue ce choix est-il inintéressant ? Du point de vue de leur pertinence et utilité ? De toute évidence, la plupart d’entre eux sont dépassés depuis très longtemps, la critique en a été faite. Je partage d’ailleurs certaines des préventions exprimées par Gauthier à l’égard de nombre d’entre eux – et je suis aussi agacé que lui par l’enracinement protestant (d’ailleurs bien connu et documenté) de l’histoire des religions. Mais une anthologie d’auteurs ayant marqué d’une manière ou d’une autre une discipline n’a pas pour prétention d’équiper la lectrice ou le lecteur d’outils et concepts performants et immédiatement applicables, mais plutôt d’ouvrir une lucarne sur l’histoire de l’étude académique des religions. De donner à voir quelques nœuds dans celle-ci, et parmi ces nœuds, l’un des plus intéressants est, à mon sens et je crois que Gauthier est d’accord sur ce point, la transformation du sacré des Durkheimiens en celui de la phénoménologie de la religion (aussi déplorable ce développement puisse-t-il être).
Sont-ils dès lors inintéressants parce que, comme le suggère Gauthier, ils ne sont pas lus par nos collègues Français ? Devrait-on leur préférer des personnalités mieux connues dans l’Hexagone comme Georges Bataille, Roger Caillois ou encore René Girard ? Outre leur intérêt scientifique, les travaux de ces auteurs auraient l’avantage, selon Gauthier, d’être davantage éloignés du christianisme. Concernant Bataille, on pourra se faire une idée de son intérêt en comparant ses travaux sur le sacrifice à l’essai de Henri Hubert et Marcel Mauss consacré au même thème (Bataille 1949, 1974 ; Hubert et Mauss 1899). Quant à un Bataille « aux antipodes du Christianisme », c’est sans doute oublier un peu vite ce que cet auteur doit à la mystique chrétienne (Hollywood 1996 ; voir aussi Lincoln 2012). En ce qui concerne Girard, son profond enracinement dans la théologie est notoire (voir notamment Kaplan 2016). Enfin, il ne me semble pas que Rudolf Otto soit véritablement « inconnu » du public français. Traduit de l’allemand en 1949, l’ouvrage d’Otto, Das Heilige (Le Sacré), a été un succès de librairie en France, comme en témoignent ses nombreuses rééditions.

Plus fondamental me semble être le désaccord entre Gauthier et moi quant à la place qu’il faut attribuer à la religion dans notre discipline. La religion est-elle un objet ou un outil ? Gauthier semble (c’est du moins ce qui ressort de son propos) pencher pour la première option. Pour ma part je privilégie explicitement la seconde. C’est donc tout naturellement que ces définitions de la religion qu’il juge mauvaises le fâchent et qu’il se propose d’ajuster le tir. Pour ma part, je préfère faire du concept de religion un outil permettant de
http://www.journaldumauss.net/?A-propos-de-la-religion-et-de-l-histoire-des-religions

Pablo75 dit: à

Il te manque le pavé du tenor Ian Bostridge: « Le voyage d’hiver de Schubert. Anatomie d’une obsession »(Actes Sud, 2018), qui a de très bons commentaires.

https://www.amazon.fr/voyage-dhiver-Schubert-Anatomie-obsession/dp/2330077459/ref=sr_1_5?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&dchild=1&keywords=schubert&qid=1599257625&s=books&sr=1-5

Dans ton lien, moi je n’ai pas accès au portrait de Jean et Brigitte Massin.

(Tu as vu plus bas les opinions de Jakélévitch sur Ravel et compagnie?)

et alii dit: à

les gens qui veulent dicter à autrui leur langue et leur musique ne sont pas tenus d’ignorer la leur et
devraient pouvoir en présenter les règles d’usage ,voire leur histoire

et alii dit: à

il n’y a pas de données pour la religion. La religion est uniquement le produit de l’imaginaire scientifique : elle n’existe que par les actes de comparaison et de généralisation opérés par les savants à des fins analytiques. La religion n’a pas d’existence indépendamment de cette réflexion. » (J.Z. Smith, 2014, Magie de la comparaison et autres d’histoire des religions, Genève, Labor et Fides, p.23, cité p.16) Les définitions ont ainsi d’abord et avant tout pour but de constituer une discipline, de lui procurer une cohérence interne. On serait tenté d’ajouter, en trahissant ici volontairement la pensée de l’auteur : de la fonder ; autrement dit de performer une fonction religieuse. De permettre et d’inaugurer un espace pour le savoir par un croire.
lien donné

et alii dit: à

La définition de la religion : Ethnocentrisme, Wittgenstein, Mauss
À propos de « Qu’est-ce que la religion ?  » de Nicolas Meylan

La définition de la religion : Ethnocentrisme, Wittgenstein, Mauss
À propos de « Qu’est-ce que la religion ?  » de Nicolas Meylan
François Gauthier
Ce texte reprend les idées exprimées par l’auteur lors d’une table ronde tenue à l’Université de Genève le 12 décembre 2019, autour du livre Qu’est-ce que la religion ? de Nicolas Meylan, paru aux éditions Labor et Fides. L’auteur remercie les précieux retours faits par Alain Caillé et Philippe Chanial sur une version préliminaire de ce texte.

Nicolas Meylan (2019) Qu’est-ce que la religion ? Onze auteurs, onze définitions. Genève : Labor et Fides, 200p. ISBN 978-2-8309-1694-2 (21€)

La définition de la religion : Ethnocentrisme, Wittgenstein, Mauss
À propos de « Qu’est-ce que la religion ?  » de Nicolas Meylan
François Gauthier
Ce texte reprend les idées exprimées par l’auteur lors d’une table ronde tenue à l’Université de Genève le 12 décembre 2019, autour du livre Qu’est-ce que la religion ? de Nicolas Meylan, paru aux éditions Labor et Fides. L’auteur remercie les précieux retours faits par Alain Caillé et Philippe Chanial sur une version préliminaire de ce texte.

Nicolas Meylan (2019) Qu’est-ce que la religion ? Onze auteurs, onze définitions. Genève : Labor et Fides, 200p. ISBN 978-2-8309-1694-2 (21€)

Nicolas Meylan est quelqu’un que les amis du MAUSS auraient intérêt à connaître. Éminemment sympathique, vif, il est le produit du programme d’histoire des religions de l’Université de Genève, dirigé jusque récemment par Philippe Borgeaud, qui a laissé une forte empreinte sur sa discipline. Meylan, aujourd’hui Maître d’enseignement et de recherche à l’Université de Lausanne et chargé de cours dans son Alma Mater, a également récemment publié Mana. A History of a Western Concept (Leiden, Brill, 2017), sur lequel il nous faudra revenir.

Le présent ouvrage est une commande de l’éditeur visant à introduire aux théories de la religion de la fin du XIXe siècle à nos jours. L’ouvrage se compose d’une brève introduction, suivie de onze courts chapitres composés d’une brève présentation des auteurs suivi d’un extrait, lui aussi court (de quatre à dix pages), d’un texte de l’auteur dans lequel figure une définition explicite de la religion. L’ouvrage est organisé diachroniquement, en trois sections : « Le Temps des Grands Ancêtres », comprenant Max Müller, Edward Tylor, Émile Durkheim et R.R. Marett ; « Entre-Deux-Guerres », comprenant Nathan Söderblom, Rudolf Otto et Bronislaw Malinowski ; et « La Religion à l’Ère Atomique », comprenant Melford Spiro, Clifford Geertz et Bruce Lincoln ; à quoi se rajoute un « CODA : La Religion, une Catégorie Ethnocentrique à Sauver ? », où l’on retrouve Benson Saler, avant une à nouveau très brève conclusion
http://www.journaldumauss.net/?La-definition-de-la-religion-Ethnocentrisme-Wittgenstein-Mauss.

Jean Langoncet dit: à

@« et alli » est l’orthographe de la famille erdélienne pour « et alii » dont la nationalité » (et le droit de vivre

Il vous est loisible de vivre une vie minuscule, chez vous

et alii dit: à

et alli qui faisait de la DDH et plus généralement des principes qui gouvernent la république une « religion laïque
Je soupçonne que « et alli » est l’orthographe de la famille erdélienne pour « et alii » dont la nationalité » (et le droit de vivre!) dépend de l’autorisation des erdéliens ; mais si comme il a été dit , le pardon doit être demandé pour être accordé, je ne demande pas pardon d’être vivante et de savoir faire « la poule au pot » mais n’en fais jamais le dimanche et ne prépare pas de sandwich jambon beurre parce que je n’aime pas trop le beurre sans pour autant dire que « c’est dégueu » et « contraire à mon éthique »;
ceci n’est pas un aveu mandibulaire compétuné à la gloire de mon fétiche « perso »
bon dimanche

Chaloux dit: à

Tu as raison, Pablo, je ne sais même pas pourquoi j’ai répondu. Je pense que cet X est Clopine ou quelqu’un du même niveau, c’est dire.

Un portrait de Jean et Brigitte Massin.

https://m.ina.fr/video/CPF86625985/portrait-de-jean-et-brigitte-massin-la-piste-aux-etoiles-video.html

j’y ai repensé, car j’ai singulièrement accru mon rayon Schubert. En plus dudit Massin que j’ai depuis longtemps et de celui (deux éditions Actes-Sud dont l’une couplée avec son Liszt) de notre ami JD, j’ai fait l’emplette du Bellamy, du Cassard, et de Schubert raconté par ceux qui l’ont vu, un très bel exemplaire de l’édition de 1997. Je vais devenir imbattable! Plus L’album de famille Schubert dont JD avait rédigé la préface.

Retrouvé aussi le Bach et sa famille de Karl Geiringer -Buchet-Chastel, immaculé- qui m’a été offert en 1982 et que je n’ai toujours pas lu intégralement, ce qui ne saurait tarder. Heureusement, ma bibliothèque est assez stable. Feuilleté, en attendant : Bach joue trop fort et il va casser l’orgue!

Pablo75 dit: à

@ D.

Les chiffres importants sont celui des malades en réanimation et celui des morts. Eux, ils progressent comment?

D. dit: à

Pablo, les chiffres de mon exercice concernent des « cas », c’est à dire des gens malades que leur état à obligé à consulter et chez lesquels la Covid a été confirmée. Ce soir environ 9500. Il y a6 jours un peu plus de 4000. Bien évidemment il y en a un gros paquet à côté qui ont la Covid et qui ont pas jugé bon d’aller consulter. Ou seront obligés de le faire bientôt. Plus tous les porteurs asymptomatiques qui circulent joyeusement avec ou sans masque un peu partout. Les morts c’est encore un autre sujet.
À cette progression en passe d’être exponentielle va bientôt s’ajouter un facteur défavorable : la baisse d’immunité due à la fatigue de l’automne et au syndrome de dépression bien connu à cette période, qui aura son pic en novembre.
Malade ne veut pas dire hospitalisé. Sur les 100000 malades que je prévois début octobre, 1/5ème devra être hospitalisé soit 20000. Et la moitié devrait se retrouver en réa soit 10000. Donc 1000 par département en moyenne pour donner un ordre d’idée. La répartition ne se fera évidemment pas de cette façon.
Ce sont des pronostics fallibles dans un sens comme dans l’autre.
On ne viendra à bout de cette merde qu’avec une vaccination obligatoire répétée à intervalles réguliers, peut-être tous les six mois pendant 5 ou 10 ans. Imaginez le marché colossal !!

Jibé dit: à

La citation était « bon philosophe » pablosoixante quinze…

Jazzi dit: à

Merci, DHH.

Jazzi dit: à

« Musique et ontologie »

C’est d’un chiant, Bloom !

renato dit: à

« … la musique est un signifiant sans signifié ni référent… »

Normalement, après la première leçon d’harmonie on sait que cette proposition est fausse — n’importe quel garçon moyennement intelligent peut en comprendre le pourquoi en se penchant un moment sur le Traité d’harmonie de Schönberg.

Enfin, peu importe.

Pablo75 dit: à

En 6 jours le nombre de malades du Covid en France a doublé : près de 10000 aujourd’hui.
Calculez combien de malades y aura-t-il dans 6 jours. Puis dans 12 jours. Puis dans 18 jours.
D. dit:

En Espagne il y a eu 184 morts par covid dans les dernières 24h. 184 minimum – puisque le chiffre est officiel, et très probablement, donc, manipulé (comme le chiffre total réel des morts, qui dépasse les 50000).

B dit: à

Au choix pour les réjouissances:
# le très répétitif Pablo.
# le tête le lard, Chaloux.

Bonsoirs.

Pablo75 dit: à

@ Chaloux

Moi tous ces x je ne les lis plus depuis longtemps. Pas la peine de perdre son temps avec des insignifiants pareils.

Chaloux dit: à

X est tellement bête qu’on a envie de l’appeler Clopine.

Hurkhurkhurk!

Pablo75 dit: à

Onfray, grand philosophe????
Jibé dit:

Après le Pétomane et Court, voici un troisième analphabète.

Qui a écrit dans ce blog que Michel Onfray était un grand philosophe?

Répondre aux objections que personne a fait est le propre des crétins.

Jean Langoncet dit: à

@« moi » et « je » sont dissociés et ne forment pas un tout

Quel asile d’aliénés fréquentez-vous donc durant vos vacances ?

Bloom dit: à

va leur offrir, oeuf corsé

Bloom dit: à

Allez, une majorité rdliens demandent un peu de sérieux et de qualité, ce que Janké, justement va leur offre en rappelant, entre autres choses passionnantes, que la musique est un signifiant sans signifié ni référent, dans ce sous-chapitre de La musique et l’ineffable, joliment intitulé ‘Musique et ontologie’. Enjoy !

La rancune puritaine contre la musique, la persécution du plaisir, la haine de l’agrément et de la séduction, l’obsession antihédonique enfin sont des complexes comme la misogynie elle-même est un complexe ! Dans ces conditions on est amené à se demander si la musique n’aurait pas, plutôt qu’une fonction éthique, une signification métaphysique. De tout temps l’homme féru d’allégorie a recherché la signification de la musique ailleurs que dans le phénomène sonore : ἁρμονίη άφανὴς φανερῆς ϰρείττων… Car il y a une harmonie invisible et inaudible, supra-sensible et supra-audible qui est la véritable « clef des chants » ; pour Clément d’Alexandrie et saint Augustin, et pour le mystique anglais Richard Rolle, le chant perceptible aux oreilles du corps est l’enveloppe exotérique d’une ineffable et suave mélodie céleste. Plotin dit que la musique sensible est créée par une musique antérieure au sensible ! La musique est d’un autre monde… L’harmonie, à en croire Fabre d’Olivet, n’est pas dans l’instrument ni dans les phénomènes physiques ; aussi Fabre d’Olivet s’est-il intéressé tout ensemble à l’arithmologie pythagoricienne, à la langue hébraïque et à une espèce de musicosophie, à une musique philosophale qui transmuerait transmuerait les âmes. Richard Rolle et Antoine de Rojas ont entendu la musique des anges… Sans doute les concerts de nos orchestres sont-ils la pâle doublure des concerts célestes ! C’est ainsi que la ville invisible, chez Rimski-Korsakov, révèle le sens ésotérique de Kitiège.
Pourtant les carillons et les cantiques de jubilation qui résonnent dans l’invisible Kitiège vibrent matériellement pour les hommes de la terre ; la ville est invisible, mais ses sublimes musiques ne sont pas inaudibles : car Rimski-Korsakov, après tout, est un musicien, et non pas un mystique néoplatonicien. C’est le métaphysicien, ce n’est pas le musicien qui déprécie l’harmonie physique au profit des paradigmes transcendants et des musiques surnaturelles.
Et Roland-Manuel, musicien lui-même, s’il pense que la musique « fait écho à l’ordre du monde », croit aussi à son autonomie. Déchiffrer dans le sensible je ne sais quel message cryptique, ausculter dans et derrière le cantique quelque chose d’autre, percevoir dans les chants une allusion à autre chose, interpréter la chose entendue comme l’allégorie d’un sens inouï et secret – ce sont là les traits permanents de toute herméneutique, et ils s’appliquent d’abord à l’interprétation du langage : celui qui lit entre les lignes ou croit comprendre à demi-mot se propose lui aussi de pénétrer dans les arrière-pensées et les arrière-intentions. Alcibiade, comparant Socrate à un flûtiste qui, sans flûte ni syrinx, ἄνευ ὀργάνων, ψιλοῖς λόγοις, produit chez ses auditeurs le délire des Corybantes, Alcibiade traite le grand ironiste comme un silène, c’est-à-dire comme un masque derrière lequel des figures divines sont cachées. Toutefois les mots, par eux-mêmes, signifient déjà quelque chose : leurs préférences naturelles, leurs traditions résistent à l’arbitraire et limitent notre liberté d’interprétation ; le langage de l’hermétiste qui parle à mots couverts possède déjà un sens littéral… Mais la musique ? directement et en elle-même, la musique ne signifie rien, sinon par association ou convention ; la musique ne signifie rien, donc elle signifie tout… On peut faire dire aux notes ce qu’on veut, leur prêter n’importe quels pouvoirs anagogiques : elles ne protesteront pas !
L’homme est d’autant plus tenté d’attribuer au discours musical une signification métaphysique que la musique, n’exprimant aucun sens communicable, se prête avec une docilité complaisante aux interprétations les plus complexes et les plus dialectiques ; il incline d’autant plus à lui conférer la dimension de la profondeur qu’elle est, peut-être, une apparence plus superficielle. La musique a bon dos ! Ici tout est plausible, les idéologies les plus fantastiques, les herméneutiques les plus insondables… Qui nous démentira jamais ? La musique « crée le monde », dit le grand poète russe Alexandre Blok : elle en est le corps spirituel, ou la pensée fluide… Il est vrai que Blok est lui-même un poète, et que les poètes ont le droit de tout dire !
On a souvent critiqué la « métaphysique de la musique » de Schopenhauer, au risque parfois d’en méconnaître les intuitions originales et profondes. Ce qu’il faut dire, c’est que toute méta-musique ainsi romancée est à la fois arbitraire et métaphorique. Arbitraire d’abord, car on ne voit pas ce qui justifie la promotion privilégiée dont l’univers acoustique fait l’objet. Pourquoi, seule parmi tous les sens, l’ouïe aurait-elle ce privilège de nous ouvrir un accès vers la chose en soi et de crever ainsi le plafond de notre finitude ? en vertu de quel monopole certaines perceptions, celles qu’on nomme auditives, seraient-elles seules à déboucher dans le monde des noumènes ? faudra-t-il distinguer, comme jadis, des qualités primaires et des qualités secondes ? et pourquoi, s’il vous plaît, le criticisme qui nous retient parmi les phénomènes serait-il suspendu en faveur des seules sensations sonores, soumises pourtant plus que les autres à la forme du temps ? On comprendrait ce favoritisme si le temps était l’essence de l’être et la réalissime réalité : c’est ce que dit Bergson, mais ce n’est nullement ce que dit Schopenhauer ; et d’ailleurs même en ce cas, l’homme, être tout devenant, n’aurait pas besoin de la musique pour pénétrer in medias res ; l’être temporel nagerait dans les noumènes comme un poisson dans l’eau. Suffit-il, d’autre part, que l’ordonnancement des perceptions musicales soit réglé par l’art pour acquérir une portée ontologique ? Dans ce cas, à nouveau, on ne voit pas pourquoi la métaphysique de la poésie ne jouirait pas du même privilège que la métaphysique de la musique, ni pourquoi les prétentions des poètes métaphysiciens ne seraient pas aussi justifiées que les rêveries des métaphysiciens sur la musique et les musiciens. Ce qui, pour tout dire, reste à justifier, c’est le « réalisme » musical, en l’espèce le privilège d’une musique plus-que-phénoménale qui serait l’objectivation immédiate du « vouloir », dont les développements récapituleraient les avatars douloureux de ce vouloir.

DHH dit: à

@Jazzi
Moi je pense comme vous; pas de virgule
mais je peux aussi vous dire(avec virgule):je pense comme vous, moi.
là la virgule se justifie car « moi » et « je » sont dissociés et ne forment pas un tout
bonnes vacances

Marie Sasseur dit: à

« aux valeurs républicaine (sic) »

Et ça veut donner des leçons…

Marie Sasseur dit: à

@ »discours en forme d’ode aux valeurs républicaine avec rappel de ces étrangers qui ont fait la France »

Et en  » même temps »…

French Prosecutor Seeking Court Appearance for Ex-Macron Bodyguard Benalla

By Reuters

Jean Langoncet dit: à

« .

Jean Langoncet dit: à

Ce contresens, peut-être pas si naïf qu’il paraît, m’évoque une tirade de et alli qui faisait de la DDH et plus généralement des principes qui gouvernent la république une « religion laïque

B dit: à

Une langue ciment, voilà qui nous change de la langue de bois , côté langue , c’est pas encore gagné et d’ailleurs pourquoi dans son entourage tous ces emprunts à anglais pour donner l’impression d’être en direct avec ce temps de merde et d’agir efficacement?

Jean Langoncet dit: à

@de la soumission de tout citoyen aux lois et aux principes

Le terme de soumission est impropre

DHH dit: à

J’ai trouvé insupportable le dernier coup de com de Macron cumulant, dans une opération de synthèse a sa gloire, anniversaire de la République , entrée solennelle sous son égide dans la nation française de quelques de quelques nouveaux citoyens soigneusement choisis enfin discours en forme d’ode aux valeurs républicaine avec rappel de ces étrangers qui ont fait la France
Et malgré tout j’ai aimé son discours, je dirais même qu’il m’a émue ; je me sus sentie en phase et même concernée par tout ce qu’il a dit sur le sentiment d’appartenance que donne la citoyenneté sur l’adoption d’une culture et d’un passé que cela implique d’être ou de devenir français , de l’attachement charnel à une langue qui en est le ciment, de la soumission de tout citoyen aux lois et aux principes de notre république qui forte de sa laicité reconnait a chacun ,au nom de la liberté, un droit à vivre librement sa difference mais exclut qu’on amenage pour tel ou tel groupe un droit de la différence

Chaloux dit: à

X, c’est de votre don de petit maître-chanteur d’extrême droite qu’il s’agit. Vous êtes de gauche? La belle affaire… adaptez-vous à votre vraie nature…

Je vous trouve également très vulgaire, dans un autre genre, assez déplaisant.

Maintenant, brisons là, s’il vous plait, je n’ai plus de goût pour les échanges prolongés avec des imbéciles.

B dit: à

D, je précisais mon peu d’appétence pour l’info et posais une question . Je m’en vais rechercher des précisions.

D. dit: à

Vous êtes consternante Bérénice. Une sorte d’allégorie de la pensée unique française qui nous fout dedans depuis tant de décennies déjà.
La situation est de nouveau critique, on y peut pas grand chose. Cette fois on a mis le curseur moins haut côté confinement. Cela se défend et je le défends parce que si on ne le fait pas on aura plus de morts indirects.
Les personnes à comorbidité font un peu un attention et disposent de masques, qu’ils n’avaient pas en février-mars. C’est tout. Le virus est aussi méchant pour elles qu’au printemps. On aura sous 3 semaines des services de réa surchargés. De nouveau. Des transferts de malades entre regions, de nouveau. Les 100 km et peut être moins, de nouveau itou. On ne se sortira de cette merde créée en laboratoire que par la chloroquine et la vaccination intensive et systèmatique.
Les écoles commencent à fermer par dizaines. Ce sera bientôt par centaines parce que bien évidemment là où se rassemblent en nombre dès humains sans masques, là se forment et essaiment les clusters à vitesse grand V.

Chantal dit: à

je me suis échappée un temps du réel en allant voir la version restaurée du « Miroir « de Tarkowski, en partie autobiographique, bel hommage à sa mère. Cette fugue du temps émietté sans fil narratif logique m’a procuré une espèce de paix intérieure, tout en contemplant comme l’enfant cinéaste ce visage de madone italienne à laquelle il juxtapose celui de sa mère. Bien aimé cette ellipse.

B dit: à

Enfin, il nous reste le Figaro…

Journal de droite respectable. Vous avez raison, EM se fera réélire avec les soutiens de la droite, des indécis de l’extrême droite qu’il commence à cuisiner et du centre. Les ecolo, c’est moins sûr, à l’assemblée en débat et au vote l’utilisation du glyphosate après les neonicotinoïdes sur les betteraves. Quant aux autres insoumis, naufragés socialistes et communistes, il reste à espérer qu’ils s’entendent afin de former une opposition qui puisse avoir les moyens de réagir.

https://www.google.com/amp/s/www.novethic.fr/amp/actualite/environnement/biodiversite/isr-rse/le-retour-des-neonicotinoides-sur-les-betteraves-un-recul-sans-precedent-pour-la-biodiversite-selon-les-associations-ecologistes-148945.html

Jibé dit: à

« Et ses cours gratuits de philosophie dans son université populaire pendant des années, ils sont aussi un produit « purement médiatique »? -à propos d’Onfray…

pour avoir participé à ces cours gratuits en qualité de contributeur, je vous prie de croire qu’on n’a pas intérêt à déplaire à papa. Et j’ai connu une universitaire qui avait été largement plagiée, sur Empédocle en l’occurrence. Alors, le « bon philosophe »! warf!

x dit: à

Allons Chaloux, venant de quelqu’un qui manie allègrement l’ordure et ne sait pas ce que « scrupules » peut bien signifier, qui applaudit les procédés tout aussi agressifs et vulgaires de son compère en diffamation et provoc’, comment pourrait-on prendre ces accusations au sérieux ?

Jibé dit: à

Onfray, grand philosophe????
On f’rait mieux d’se taire!
C’est un compilateur.
Narcissique.

B dit: à

D, est ce le chiffre des depistés positifs ou des malades? La France de piste enfin plus massivement, je n’ai pas l’impression que les hospitalisations augmentent en proportion des positifs. Je lis peu la presse. Si les hôpitaux risquaient dores et deja la saturation, cela serait relayé.

Pablo75 dit: à

Tout à l’heure, cherchant dans mes e.b.o.oks (puisque les 4 ou 5 livres en papier de Vladimir Jankélévitch que j’ai restent introuvables), j’ai découvert que j’avais de lui « L’enchantement musical. Textes inédits » (Albin Michel, 2017). Je regarde ce qu’il a écrit sur Ravel et je trouve des affirmations étranges:

« Mais il y a un miracle propre à Ravel, et c’est le contraste entre l’ingénuité foncière de son cœur et la complexité sublimissime de son art, car il fut aussi simple que raffiné. »

« Si le musicien a aimé les automates, il a donné dans son œuvre une grande part à l’enfant. Comment alors concilier la chasteté, la naïveté, l’innocence de Ravel avec son sens de l’agression ? Il faut y voir l’épanchement d’un cœur secret. Ravel est simple malgré sa complexité.  »

Question: si Ravel a un « coeur secret » comment Jankélévitch peut en connaître son « ingénuité foncière »?

« Ravel, artiste secret et limpide, incarnait cette innocence. Ravel, comme Albéniz, comme Moussorgski, était pur : aussi représente-t-il pour l’érotisme morose de nos contemporains une merveilleuse leçon de pudeur, de discrétion, de pureté. »

Mais comment notre ami Vladimir connaît la sexualité d’un type aussi secret que Ravel? Il paraît, d’ailleurs, obsédé par la pureté sexuelle de l’auteur du si sensuel (pour ne pas dire orgiaque) « Bolero » :

« Maurice Ravel n’a pas seulement devancé notre époque : il lui offre encore tout ce dont elle s’est elle-même privée : la sincérité, la tendresse passionnée d’un plaisir exquis où l’érotisme n’a aucune part. Érotisme et violence ne sont-ils pas les deux alibis d’une époque foncièrement privée d’amour et d’une jeunesse sans convictions qui trouvent dans l’échauffement sexuel je ne sais quelle compensation à leur incurable sécheresse ? Puccini, la basse viennoiserie et l’inavouable mauvais goût représentent pour nos violents et nos faux ascètes la permission de prendre de temps en temps de petites vacances bien méritées, la permission d’aimer ce qu’il est en principe défendu d’estimer. Ravel ne serait-il pas
pour eux, dans l’ordre des joies les plus hautes, un moyen de se réconcilier avec soi-même ? Ceux qui fatiguent l’univers avec leur intéressante sexualité ne sont pas insensibles à la voix d’un cœur simple et pur. »

Encore une fois, comment peut-on parler de « cœur secret » d’un côté et de « cœur simple et pur » de l’autre? Et c’est quoi ce vocabulaire de bonne soeur?

Et comment Jankélévitch peut être si sûr de la sexualité de Ravel? Il n’est pas en train de nous raconter la sienne, plutôt?

À creuser…

Comme à chaque fois que je regarde un livre sur des compositeurs, je regarde si on parle de Mahler, le compositeur le plus surcoté du XXe siècle. Et là, je trouve des phrases qui me comblent:

« Au fond Gustave Mahler était né pour la musique de ballet ; la mégalomanie, la volonté de puissance et une sorte de tourment intérieur l’ont orienté malheureusement vers des constructions de plus en plus colossales et informes. »

« Un simple scherzo de Chabrier est infiniment plus « libéré », plus hardi, plus neuf que toutes les symphonies de Mahler malgré leurs convulsions, leurs grimaces, leur outrance, leur douloureuse tension. »

Voilà qui est bien dit !!

Malheureusement, ma joie est de courte durée. Je regarde s’il parle aussi de Bruckner, et je vois que, dans une note, l’auteur de l’édition parle de ce qu’il a écrit sur lui. Après avoir rappelé sa phrase (stupide) « La musique allemande est trop subjuguée par le néant, trop habitée par la volonté du grandiose» (dans « Quelque part dans l’inachevé »), il écrit: « On comprend alors qu’il n’ait eu aucune sympathie pour « les diplodocus monstrueux d’un Bruckner, ni tous ces ogres d’emphase et d’inflation pléonastique dont seul le délire des grandeurs germaniques était capable d’accoucher » (dans « Liszt, rhapsodie et improvisation »).

Ah, l’andouille !!!

La Huitième symphonie de Bruckner (l’oeuvre que je préfère écouter en direct et que je ne rate jamais quand elle est jouée par un bon orchestre et un bon chef)… un « diplodocus monstrueux » !!! … »un ogre d’emphase et d’inflation pléonastique » !!!

Pauvre Vladimir. Si délicat que Bruckner lui donne le vertige…

Anton Bruckner – 8e symphonie –
Orchestre philharmonique de Munich & Celibidache
Japan 1990

https://www.youtube.com/watch?v=pfq_mdBtHdc

(À partir de 21min le début de la fin du Premier mouvement, avec son fabuleux crescendo, que personne fait « exploser » avec la puissance de Celibidache – en direct, près de l’orchestre, on a l’impression d’être presque soulevé du siège).

Marie Sasseur dit: à

Le pauvre nul d’ Haenel, on le dirait en train de regarder un mauvais film sur Netflix et de devoir raconter le scénario.

« Ces personnes sont accusées de « participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle », et voici que nous les écoutons pendant des heures, un jour de septembre 2020. Est-ce que nous nous faisons complètement avoir, ou est-ce que nous offrons notre temps, notre écoute, à de petits bandits perdus qui n’ont rien à voir avec l’horreur que nous avons en tête ? La grande chose est peut-être, dès ce deuxième jour, d’être capable de se poser des questions. Cela s’appelle la justice. Elle s’élabore devant nous »

Quand on pense à tous les écrivains, qui par le passé ont confronté leur plume à cet exercice souverain, on a un peu pitié, et un peu de regret pour ceux qui y ont laissé leur peau.

et alii dit: à

«Quand ‘permettre’ est à la forme pronominale, indique l’Académie, les pronoms compléments «me», «te», «se», «nous» ou «vous» sont indirects et ne commandent donc pas l’accord.» Exemple: «Elle s’est permis d’étonnantes remarques.» En revanche, si le COD est placé devant le verbe, le participe passé de «permettre» se termine par un «e». Exemple: «L’intervention qu’il s’est permise.»

et alii dit: à

. Le terme «compte», pour sa part, occupe la fonction de COD. Situé après le verbe, celui-ci empêche le moindre accord. La locution est de ce fait toujours invariable. Pour être correct il faut donc écrire: «Elle s’est rendu compte qu’elle avait tort» et non «Elle s’est rendue compte qu’elle avait tort».

Le CNRTL nous rappelle que le verbe peut également s’employer de façon transitive sous la forme «rendre compte» et signifier: «Présenter un rapport détaillé, spécialement à une autorité supérieure pour l’informer, se justifier auprès d’elle» et «expliquer».

» Posez toutes vos questions de langue française sur notre forum.

La rédaction vous conseille
«De toute(s) façon(s)»: ne faites plus la faute!

Chaloux dit: à

X, que vous ayez le don de déformer les propos d’autrui exactement comme les petits journaux de chantage d’extrême droite est votre problème, pas le mien. On a les vocations qu’on peut, la vôtre est profondément répugnante.

DHH dit: à

Christiane
La decision definitive du heros est moins un choix entre deux femmes qu’ entre deux style de vie ,on pourrait même dire entre deux destinées et le dernier chapitre qui donne son sens au roman nous dit qu’il a fait le bon choix ce que Wharton concentre dans cette phrase-que j’avais relevé naguère-qui ne peut que nous hérisser au nom de notre conception actuelle du couple.
« …le mariage le plus ennuyeux n’est pas une faillite tant qu’il garde la dignité d’un devoir »

Jazzi dit: à

« L’interprète de « Tata Yoyo » n’est plus. Annie Cordy a été retrouvée morte ce vendredi soir à son domicile, annonce le journal Nice-Matin. L’information a ensuite été confirmée par sa famille à l’AFP.
La célèbre chanteuse et actrice a été retrouvée morte à son domicile de Vallauris, près de Cannes, par les pompiers, appelés à 19h30 après un malaise. Elle était âgée de 92 ans. »

Elle était doublement ma voisine, à Cannes et dans le XIIe arr. de Paris !

Marie Sasseur dit: à

Lapine, qui est en train de pourrir par la queue, souhaitons lui qu’a bientôt 70 balais, le ciel abrège son calvaire.

christiane dit: à

Et pour ma soirée, grâce à votre commentaire, DHH :
https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-auteurs/edith-wharton-34-lamour-impossible

« Avec Sarah Fosse, en première partie, qui a traduit « L’âge de l’innocence » (paru aux « Belles Lettres » en 2019) qui n’avait pas été traduit depuis sa première parution en France dans les années 1920. Elle propose d’ailleurs un nouveau titre, puisque l’ouvrage, pour lequel Wharton a reçu le Prix Pulitzer en 1921, était traduit en France sous le titre « Le temps de l’innocence ». « L’âge de l’innocence » est aussi le titre d’un tableau de Reynolds, peintre anglais du XVIIIe siècle, qui est en couverture de l’édition des Belles Lettres. »

Jazzi dit: à

« j’ai raté une carrière »

On n’en doute pas MS !
Et les amours pas mieux, semble-t-il ?

Marie Sasseur dit: à

« Marie Sasseur s’est renduE compte . Elle s’est permisE cette horreur orthographique. »

Merci deachach, je fais souvent la faute.
Inadmissible quand on n’a de compte à rendre qu’à soi-même.

DHH dit: à

Marie Sasseur s’est renduE compte . Elle s’est permisE cette horreur orthographique
De sa part on aime mieux croire à une faute de frappe

Marie Sasseur dit: à

Lapine s’est reconnu. Il a aussi identifié tata mégot.

Comme quoi, j’ai raté une carrière.

J’espère que l’un va perir par la queue, et l’autre par le filtre.
C’est très chrétien. Souhaiter un monde meilleur.

Jazzi dit: à

Je me demande si la Sasseur n’est pas préprostatiques, B ?
Elle s’aigrit en vieillissant !

christiane dit: à

DHH dit à : christiane
« Scorsese doit avoir une tendresse particulière pour ce lieu parisien, puisqu’il y a transféré cette dernière scene du roman qu’Edith Warthon situe sur la rive droite, dans le quartier de invalides. »
Merci pour l’info. J’ai commandé le roman. J’aime beaucoup la finesse des romans d’Edith Warthon. C’est donc elle qui a créé cette situation : un homme partagé entre deux femmes et subissant les conventions liées à ce milieu bourgeois du XIXe siècle à New York. Il se marie par faiblesse et parce qu’un enfant est annoncé et laisse partir la femme de sa vie… Il doute, tout le temps…
Paris, donc. Deux lieux (roman/film) mais dans les deux cas, je suppose, l’homme ne pourra affronter la rencontre finale avec la femme aimée.
Le film était d’une grande beauté (décors, costumes, musique, voix-off féminine, très douce).

Marie Sasseur dit: à

François Boucq va illustrer le procès, pour Charlie.

C’est tout un art, croqueur d’audience .
On peut croquer un pangolin de profil, c’est criant de vérité.

N’empêche, la seule BD de Boucq que j’ai lue, c’est  » la femme du magicien « . L’histoire était horrible, et le graphisme très  » réaliste », si on aime le genre boucherie.

Marie Sasseur dit: à

Je vous ai trouvé de nouveaux sobriquets. Lapine pour l’un et tata mégot pour l’autre.
Ça fait du bien de prendre un peu de recul.

Marie Sasseur dit: à

Je le croyais parti. J’espère que lapine , en deux mots, a fait provision de couches- culottes, pour partir en mer.

D. dit: à

Exercice

En 6 jours le nombre de malades du Covid en France a doublé : près de 10000 aujourd’hui.
Calculez combien de malades y aura-t-il dans 6 jours. Puis dans 12 jours. Puis dans 18 jours.

Jazzi dit: à

« La fille qui vient de publier Moi les hommes, je les déteste. (Sans virgule après « moi ».) »

Vous êtes d’accord avec Jacques Drillon, DHH ?
Moi je ne mettrais pas de virgule…

DHH dit: à

@christiane
Scorsese doit avoir une tendresse particulière pour ce lieu parisien, puisqu’il y a transféré cette dernière scene du roman qu’Edith Warthon situe sur la rive droite, dans le quartier de invalides

Pablo75 dit: à

vous incarnez cette pensée ultra libérale qui permis de placer des gens à la con du genre d’Onfray au rang d’intellectuel sous les prétextes que vous avez évoqués.
hamlet dit:

Je te répète pour la quarantième fois que tes méthodes des discussion léninistes apprises chez les cocos (dont le mensonge systématique), ne marchent pas ici.

Regarde ces lignes que j’ai écrit plus bas et que tu as lues sans les comprendre, comme Court:

« Je ne juge pas Onfray, dont tu ne m’as pas demandé ce que j’en pense (il y a très peu de choses de lui qui m’intéressent – c’est un philosophe, donc un enculeur de mouches en plein vol, donc très peu pour moi). »

Après il y a les gros mensonges, typiques des cocos vexés parce qu’Onfray méprise le PCF: « Cette université a permis à Onfray d’écrire ses gros bouquins sur l’athéisme, Freud, Nietsche, Kant et autres : des équipes faisaient (en partie) le boulot à sa place, j’en ai connu certains ils ne sont pas sortis ravis de cette expérience d’écriture collective. »

Réfléchit une minute à la nullité de ton mensonge (aussi gros que celui de ta soeur attachée de presse de Jankélévitch): avec tous les ennemis qu’il a Onfray, si ce que tu inventes était vrai il aurait eu déjà une douzaines de bouquins et des centaines d’articles qui auraient dénoncé le fait, sans parler des interviews à la TV.

Mais calomniez, il restera toujours quelque chose. Et comme par hasard , ton invention est la calomnie typique des vieilles ordures staliniennes comme toi, celle qu’on sort à chaque fois qu’on est aux abois, quand on n’a plus d’arguments: la cible à abattre est toujours un exploiteur des faibles (comme mon père qui selon toi défendait les exploitants des sans-papiers africains).

C’est ta méthode de toujours, la méthode des Ordures Morales de ton espèce. Celle appliquée par les Nazis et les Staliniens contre des millions d’innocents, et dont tu continues la tradition.

Eh oui, Pétomane, tu es le Goebbels du Blog.

B dit: à

En parlant d’étoiles, découvert une application pour aider à situer les constellations et les nommer, skymap. Pour se repérer dans l’infini et ramener le débat à une échelle humaine.

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Sky_Map

B dit: à

Les préprostatiques sont toujours très actifs. Je ne sais néanmoins si nous pouvons entrevoir et comprendre un courant philosophique, une nouvelle école dans leurs façons de penser et communiquer. Les hommes sont je crois quelquefois gâchés par ces hormones en circulation, soit c’est trop et c’est la guerre, virile, mâle, brutale soit ils souffrent d’une irrégularité faiblissante de secretions qui réussit à les rendre irritables. Certains d’entre eux voient s’accentuer leurs penchants : ingérables, désagréables, aigris, vieux schnocks en quête de victoires. Et contrairement à ce qui s’offre aux femmes vieillissantes, aucun traitement de substitution ne leur viendra en aide pour pallier aux troubles que ces fluctuations déclinantes entrainent. Le caractère dans les cas les plus marqués se sclérose dans l’aigreur, l’acidité, le commerce devient difficile quoiqu’il puisse être prévisible. Y’ a qu’à amplifier ou aggraver ce qui avant faisait déjà défaut pour obtenir une peinture de leur entrée dans le givre de l’hiver et mettre des bûches dans l’âtre pour réchauffer l’atmosphère, de plus le feu est plaisant à entretenir tout en donnant l’illusion de leur conserver une attention .

hamlet dit: à

Pablo je ne sais pas si vous aimez l’astrologie, mais j’ai bien l’impression qu’elle, elle ne vous aime pas beaucoup.
Oubliez vos étoiles, ce sont vos pires ennemis : elle vous donne une assurance qui repose sur des sables mouvants.

hamlet dit: à

Pablo : ps : ma frangine n’a pas été attachée de presse pendant 40 ans, mais juste une dizaine d’années environ (entre 75 et 85 environ).

Comment faites-vous pour pondre des affirmations aussi catégoriques sans rien savoir ? avec l’aide des étoiles ?

Marie Sasseur dit: à

Voudraient. Ils sont très nombreux.

Marie Sasseur dit: à

Bonsoir Passou, je le permets de signaler un problème pour ceux qui comme moi voudrait suivre l’affaire du « procès « , par deux chroniqueurs très talentueux. Et puis, je me suis rendue compte que depuis presque 4 mois, je n’avais pas acheté de journal parisien.

« Privés des titres nationaux depuis le 12 mai, les 280 kiosquiers et marchands de journaux des Bouches-du-Rhône sont victimes d’« un déni de démocratie », dénonçait le 31 août Culture Presse, l’association représentative de la profession, en stigmatisant « les blocages de la CGT et des salariés ex-SAD ». »

Ed dit: à

dédé ce que t’es coincé !!

hamlet dit: à

Pablo75 dit: Et tu ne m’as pas répondu sur son université populaire et gratuite.
 »

c’est un projet qui a démarré quand le Pen s’est retrouvé au 2ème tour contre Chirac. Il s’agissait d’éduquer le peuple pour éviter qu’il sombre dans les extrêmes (surtout celle de droite) : 20 ans plus tard les (nouvelles ?) idées d’Onfray servent l’extrême-droite…

Au début Enthoven a participé, au bout de quelques années ils se sont mis sur la tronche : bataille d’égos et d’idéalité platonicienne.

Cette université a permis à Onfray d’écrire ses gros bouquins sur l’athéisme, Freud, Nietsche, Kant et autres : des équipes faisaient (en partie) le boulot à sa place, j’en ai connu certains ils ne sont pas sortis ravis de cette expérience d’écriture collective.

Ce projet leu a aussi servi d’alibi et surtout de caution morale : philosophe du (pour le) peuple vs philosophes universitaires. PArce que vous l’aurez remarqué Onfray c’est pas vraiment Diogène de Laerce : il est toujours du bon côté du manche ! Position qui lui permet de faire la morale à ceux qui ne savent pas faire de politique, le plus souvent en public transformé pour l’occasion en tribunal populaire ou il joue le rôle du Grand Inquisiteur.

que dire d’autre ? que vous êtes un crétin ? mais ça il me semble vous l’avoir déjà dit je crois.

Pourquoi êtes-vous un crétin : parce que vous tombez toujours dans le panneau comme un gamin de 4 ans devant un théâtre de Guignol.

Vous manquez de discernement et de jugement critique, vous ne savez pas prendre de hauteur sur les évènements : vous restez au niveau des pâquerettes.

Et surtout vous incarnez cette pensée ultra libérale qui permis de placer des gens à la con du genre d’Onfray au rang d’intellectuel sous les prétextes que vous avez évoqués. Vous êtes un parfait petit consommateur de produit culturel comme notre monde capitalisme les créés.

Cela dit je ne vous déteste pas Pablo, c’est juste que je vous plains.

Patrice Charoulet dit: à

ECRIRE A DEUX  ?

Il y a des ouvrages collectifs, où chaque auteur se charge d’un aspect ou d’un chapitre. C’est facile à comprendre. Ce que je comprends mal c’est un livre prétendument écrit à deux ou un grand article prétendument écrit à deux.
Dans « Le Monde » du mercredi 3 septembre, on peut lire par exemple un grand article de 14 longs alinéas , article signé par deux éminents hauts magistrats, MM. Molins et Nadal. Chaque alinéa développe une idée. Chacun était d’accord avec chaque idée ? Chaque phrase étant composée de mots, chacun était d’accord avec l’autre sur chaque mot ? Je ne puis le croire. L’un a-t-il rédigé et l’autre a-t-il souscrit, comme dans les pétitions à vingt, trente ou quarante signataires ? Les deux auteurs sont-ils des siamois ? Pas du tout, ce sont deux personnes au caractère très affirmé, avec un parcours très original pour chacun.
Mystère !

x dit: à

Chaloux Chabot Pujadas de Malherbe, vous penseriez que les extrêmes se rejoignent ?
Quelle surprise !
Mais au moins je n’aurai plus à me demander comment vous avez pu redevenir persona grata ici.

Quant à Minute, que vous mentionnez, je me vois dans l’obligation de me fier à ce que vous en dîtes puisque pour ma part je ne l’ai jamais lu.

christiane dit: à

Heureuse de trouver dans « Les petits papiers » de Jacques Drillon, la présence de la place Fürstenberg, même si elle y est présentée comme un site parisien aimé des cinéastes américains. Quatre paulownias, un lampadaire à cinq globes sur une placette silencieuse, toute proche de Saint-Germain-des-Prés et du café de Flore, des ateliers de peintres célèbres (Delacroix – le musée et le jardin), Monet, Bazille), un lieu aussi où résida le compositeur Alexandre Tcherepnine. Souvenir aussi de la librairie de l’éditeur-historien Etienne Charavay.
Donc, elle serait présente dans de nombreux films américains…
à part celui de Martin Scorsese s’ouvrant sur le « Faust » de Gounod, à l’opéra de New York : « Le temps de l’innocence », et la scène finale tournée sur la place Fürstenberg, dentelles et pétales de l’amour impossible de ce triangle amoureux), avec l’aristocrate distingué et indécis (Newland Archer) interprété par l’indéchiffrable Daniel Day-Lewis – qui me fait penser à Phil – je ne vois pas…

Clopine dit: à

Drillon qui parle de « la fille qui a écrit « moi, les hommes, je les déteste ».

Drillon, tout à son indignation, ne se rend pas compte qu’il n’a même pas pris la peine de citer le nom de « cette fille ». Alors que ses « petits papiers » sont truffés de noms, de références, là, le mépris : « la fille qui… »

Pauline Harmange, donc. Une fille qui a un nom, un prénom, et ce serait sympa de les lui laisser.

Jazzi dit: à

A la fin, un tas de cendres, Chaloux !

D. dit: à

Ed dit: à

D’ailleurs qu’est-ce qu’une voie nazillarde ? Une voie avec des croix gammées dessinées au sol 😀

Ah oui, super-marrant. C’est Phil qui te l’a racontée je parie ?

Pablo75 dit: à

Je crois que ton problème, Pétomane, ce que tu lis, mais que tu ne comprends pas ce que tu lis. Relis ce que j’ai écrit sur Onfray. Tes objections montrent que tu es encore plus analphabète que Court.

Et tu ne m’as pas répondu sur son université populaire et gratuite.

Chaloux dit: à

Et à la fin?

Chaloux dit: à

Evidemment, Jazzy. Au cas où quelqu’un ici aurait pu croire que tu faisais une retraite spirituelle.

Jazzi dit: à

Là où nous allons, Phil, le slip n’est pas nécessaire : on doit probablement garder le masque mais on peut enlever tout le reste !

hamlet dit: à

Pablo : Sa place dans les médias on ne lui a pas donnée gratuitement.
 »

rien n’est donné gratuitement. Si on lui a donnée cette place c’est qu’il offrait quelque chose en échange, même Ruquier a voulu le prendre dans son émission, parce qu’en échange il donne de l’audimat, quand il fait la une d’un magazine avec un gros titre c’est parce que c’est vendeur etc etc etc…

mais où se trouve la philosophie dans cette histoire ?

marrant cette façon de toujours raisonner à l’envers : vous prenez un fait et vous considérez l’effet comme la cause et inversement, exactement ce que vous faites avec l’astrologie.

Pablo on vous a déjà mesuré votre QI ?

Chaloux dit: à

Hamlet, il ne faut pas être désolé.

(Je te compète et tu es tout compété! Comme petite gamelle!)

Hurkhurkhurk!

Pablo75 dit: à

Chaloux, désolé mais Mr Court a raison c’est hyper gênant ces insultes à répétition
hamlet dit: à

Quand un Pétomane Analphabète ne comprend pas ce qu’un Érudit Analphabète a mal compris…

Décidément ce blog devient une garderie pour des pépés gâteux…

Pablo75 dit: à

MC, vous lisez mal, c’est Jankelevitch qui serait ou ne serait pas « compétant », non Pablo. Apprenez à lire et revenez nous voir.
Chaloux dit:

Quel crétin, ce Court, l’Érudit Analphabète du Blog…

Il lit: « Par contre, je n’ai jamais dit qu’en tant que musicologue IL ne soit pas compétant » et il comprend: « écrit lui-même que pour les écrits sur la Musique de Jankélévitch, il n’est « pas compétant » (sic).Tout commentaire affaiblirait la portée de cette révélation qui ne paraitra sidérante… »

Le ridicule total.

Le Pétomane, Bloom-Bloom dit le Marquis de Mes Deux, l’Érudit Analphabète… Mais quel bonheur être détesté par des Crétins pareils !!!

Ed dit: à

D’ailleurs qu’est-ce qu’une voie nazillarde ? Une voie avec des croix gammées dessinées au sol 😀

Pablo75 dit: à

Vous estimez un auteur comme on estime un vache dans un concours agricole : au poids. […] comme Onfray a écrit beaucoup de livres donc c’est un Grand Philosophe…
hamlet dit:

Je t’ai déjà dit que tes méthodes léninistes de discussion ne marchent pas avec moi. Je ne juge pas Onfray, dont tu ne m’as pas demandé ce que j’en pense (il y a très peu de choses de lui qui m’intéressent – c’est un philosophe, donc un enculeur de mouches en plein vol, donc très peu pour moi).

Tu me dis qu’il a été fabriqué par la presse et la TV et moi je te réponds qu’il a écrit plus d’une centaine de lives et a donné des cours de philo gratuits (certains sur des philosophes inconnus très intéressants, d’ailleurs) pendant des années dans une université populaire qui devrait te combler toi, le coco qui se prend pour un philosophe alors qu’il n’est qu’un commentateur de comptoir et un pondeur de Perles de Blog. Ce n’est donc pas une création de la presse, mais un type avec une grosse oeuvre derrière lui (on s’en fout de sa valeur maintenant) qui a su utiliser les média habilement pendant des décennies et avec une patience que j’admire. Ou dit d’une autre façon: Onfray a beaucoup travaillé avant d’arriver là où il est. Sa place dans les médias on ne lui a pas donnée gratuitement.

Pour que tu le comprennes mieux, je veux te mettre un exemple: si demain la presse et la TV décidaient faire de Maurice Desborels le romancier à la mode, là on pourrait parler de coup médiatique. Pourquoi? Parce que derrière Desborels il n’y a que deux pseudo-romans minables publiés en Finlande à compte d’auteur (malgré le fait d’avoir une soeur attachée de presse à Paris pendant 40 ans qui connaît personnellement tous les éditeurs et tous les écrivains qui comptent dans ce pays). C’est à dire, derrière Desborels il n’y a que du vent (tu me diras que normal pour un pétomane, et pour une fois je te répondrai que tu as raison).

Là cela serait un vrai coup médiatique, même s’il raterait lamentablement. Parce que même avec l’aide de Zemmour, Gisbert, Ruquier ou le Pape lui-même, ça ne suffirait pas.

Ed dit: à

« L’Allemand est une langue épouvantable à entendre parler »

« Mais finalement pas moins désagréable que l’américain dit avec une voie nasillarde. »

Garçon, un pastis et des noix de cajou !

hamlet dit: à

sinon personne n’a une idée pertinente d’Onfray à proposer ?

c’est dommage parce qu’on pourrait la vendre aux enchères : les objets rares ça peut rapporter gros.

hamlet dit: à

Chaloux, désolé mais Mr Court a raison c’est hyper gênant ces insultes à répétition, traiter les gens d’Ordure Morale, de Pétomane, de Raté etc…

ça la fout mal, moi je m’en tape mais c’est pas top pour votre ami, et vous devriez le lui dire, lui glisser un petit conseil d’ami, parce que ça ne donne pas une bonne image de lui, déjà qu’elle est pas trop tip top ça le descend en flèche.

à moins bien sûr que, comme Jazzi le dit, toutes ces insultes « bas de gamme » ce soit vraiment sa langue de coeur ?

ce qui entre nous soit dit ne me surprendrait pas du tout.

Phil dit: à

have a nice trip, baroz, n’oubliez pas le masque, ni le slip

Jazzi dit: à

MC, quand on lit Pablo75 on a du mal à sa souvenir que le français n’est pas sa langue natale mais sa langue de coeur.
Chedly et moi bouclons nos valises et nous apprêtons à rejoindre une île de la Méditerranée.
A bientôt !

Bloom dit: à

[…] Je surveille l’invisible. Je survole le désordre. Je découvre un vieux continent glouton, drogué, productivore, qui commande sans fin: une Europe ogre, friande d’ustensiles improbables. […]

Alexandre Labruffe, Un Hiver à Wuhan, Verticales.

Chaloux dit: à

MC, vous lisez mal, c’est Jankelevitch qui serait ou ne serait pas « compétant », non Pablo. Apprenez à lire et revenez nous voir.
En ce qui vous concerne, nous sommes tout prêts à vous nommer « docteur honoris causa en compétance », tant vous vous plaisez à compéter sans trêve avec les élites des hôtes de ces bois, elles-même fort compéteuses : Cricri-gobe-tout, Gigi la visqueuse etc.., rien que du beau linge, évidemment un peu souillé par une tendance au dévoiement, mais : Ah oui, quelle confrérie de compèteurs, riche en gazouillis de compèterie, et même quelle compète! Quel compèteux vous faites! Bref, je vous compète!

Petit Rappel dit: à

Est-ce un hasard? un retour du refoulé? notre si stylé Pablo qui ne manque jamais , en bonne courtoisie, de traiter Hamlet de « Pétomane » écrit lui-même que pour les écrits sur la Musique de Jankélévitch, il n’est « pas compétant » (sic).

Tout commentaire affaiblirait la portée de cette révélation qui ne paraitra sidérante qu’à celles et ceux qui ignorent combien notre Pablo est humble devant autrui, doux en société, prudent dans ses jugements, et quelle boussole, quel compas,en un mot quelle autorité morale il représente pour ce blog…
MC

Chaloux dit: à

J’apprends par Jacques Drillon la mort d’Ornella Volta, cette femme extraordinaire. Je crois que j’ai encore dans mon portefeuille sa carte de visite en mince feuille de bois. Que la terre lui soit -vraiment-légère.
Adieu.

hamlet dit: à

B dit: MO n’est pas à l’aise avec l’art, il n’a rien à en dire de pertinent, du moins,si j’en reste à ce moment. Ce n’est pas son rayon.
 »

si quelqu’un peut me donner un seul exemple d’un truc pertinent pondu par MO je suis preneur.

même que la moitié d’un, ou le quart, ou le moitié du quart d’un truc pertinent je suis preneur.

allez-y ! j’attends !

B dit: à

Voir le traitement, la traite qu’il réserve à Baudelaire et notamment au « Peintre de la vie moderne ». Fallacieux, indigne.

J’avais vu et entendu MO dans l’émission consacrée au Jardin des délices, approche, regard, analyse de différents intervenants venant d’horizons divers. MO n’est pas à l’aise avec l’art, il n’a rien à en dire de pertinent, du moins,si j’en reste à ce moment. Ce n’est pas son rayon.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*