de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Passer l’hiver avec Schubert

Passer l’hiver avec Schubert

Il y a quelques temps dans ces colonnes même, j’exhortais éditeurs et traducteurs (car c’est ce sont souvent ces derniers qui découvrent, révèlent et apportent les textes aux comités de lecture) de s’emparer d’un livre dont la lecture en anglais m’avait fasciné : le récit d’une obsession et de son anatomie par le grand ténor Ian Bostridge (Londres, 1964) dans Schubert’s Winter Journey publié par Faber and Faber en Grande-Bretagne et Knopf aux Etats-Unis. Et depuis, chaque fois qu’un micro m’était tendu notamment à France Musique et France Culture, quel que fut le sujet, je m’arrangeais pour placer mon petit couplet sur l’émerveillement que m’avait causé la lecture de ce livre, ce qui me valut à chaque fois courriers et courriels d’auditeurs pressés d’en savoir davantage. Gardons-nous de croire en notre influence, coupable pêché d’orgueil. Cela a dû alimenter le bouche-à-oreillece petit concert a peut-être eu sa part dans la parution aujourd’hui du Voyage d’hiver de Schubert (traduit de l’anglais et de l’allemand par Denis-Armand Canal, 440 pages, 29 euros, Actes sud). Une édition qui rend justice à l’édition originale non seulement la délicatesse de sa traduction (avec le souci de respecter leur musique en musique par Schubert lorsqu’il s’est agi de traduire les poèmes de Wilhelm Müller) mais encore par le soin apporté à la fabrication de l’objet ; car sans relever de la catégorie « Beaux-Livres », ce qu’il n’est en rien à commencer par le format courant, il est illustré selon le voeu de Ian Bostridge par des incrustations de tableaux bien sûr mais aussi de poèmes, portées, photos, dessins et même le logo de la Deutsche Post !

Cette enquête ne captivera pas seulement les interprètes, les férus d’histoire de la musique et les mélomanes mais tout autant ceux sur qui le romantisme allemand exerce une durable et profonde séduction. Ce livre est des rares à pouvoir modifier tant l’interprétation que l’écoute d’une oeuvre aussi célèbre, même si le récital de lieder n’occupe plus la place suprême qui était autrefois la sienne tant dans la vie privée quotidienne que dans les concerts publics. Ian Bostridge, lui, a grandi avec les enregistrement du pianiste Gerald Moore et la voix de Dietrich Fisher-Dieskau. Difficile de s’en déprendre, il l’admet. Son livre n’en demeure pas moins le fruit d’une intime fréquentation d’une grande oeuvre par son interprète, une rumination de vingt ans comme peu d’écrivains y consentent avant de coucher sur le papier le motif de leur tourment. On peut goûter ce voyage dans le voyage, plus allègre que l’austère beauté qu’il analyse, sans avoir en permanence dans le creux de l’oreille les vingt-quatre lieder qui constituent le Winterreise de Schubert, le grain de la voix du chanteur, les accords du piano ni même les poèmes de Wilhelm Müller qui disent l’amour, la perte, l’identité, la crise existentielle, le sens de la vie…bostridge1_0

Au long de ses soliloques, un jeune homme abandonne l’amour de sa vie et se résigne lentement à l’idée de sa propre mort. Son désastre amoureux ne peut aboutir qu’à un départ car il sent dès lors un étranger dans ce qui fut le décor de sa passion. Au cours de son périple de retour, il fait d’étranges expériences avec des lieux et des choses de la nature, jusqu’à ce que dans le chant ultime, il rencontre le joueur de vielle (Der Leiermann ou The Hurdy-Gurdy Man, audacieusement rapproché de Mr Tambourine man). Ce voyageur est un exilé solitaire dont Bostridge invite à décrypter la lamentation enfouie au cœur de son secret. Dans son élan, il n’hésite pas à lui prêter des intentions, sinon une biographie, suggérant par exemple que le jeune homme avait dû être viré pour avoir commis le faux-pas d’avoir une liaison avec la jeune fille dont il était le précepteur. Et pourquoi pas ? Il se permet tout, jusqu’à nous faire part de son admiration pour Bob Dylan, Billie Holiday et Frank Sinatra.

Schubert a composé ce voyage d’hiver à la toute fin de sa courte vie, à 31 ans en 1828. C’était un vrai gentil, lui. Pas un faible : un homme profondément bon. Incroyable ce qu’il a pu donner, pour rien, naturellement. Bostridge a le mérite de le rappeler, ce qui ne l’empêche pas de nous entretenir de sa combinaison du Volkslied et du Kunstlied, de la simplicité de l’un et du raffinement de l’autre, ou de son culte de la nuit. Ou de ce que le voyage chez Schubert a quelque chose de fantastique, de surnaturel et même, osons le dire, de religieux. On ne célèbrera jamais assez le discret génie de celui qui a osé inscrire la trompe de chasse dans sa messe en la bémol majeur, et pas petitement puisqu’il lui a fait sonner le sanctus !

La lecture de ce livre est plus que mélancolique (il est vrai que le sous-titre « Anatomie d’une obsession » n’est pas sans résonance avec le fameux Anatomie de la mélancolie de Robert Burton), parfois joyeusement déprimante, et plus encore sur un fond de paysage enneigé, mais non sans humour, avec un je-ne-sais-quoi de sardonique. Bostridge fait d’ailleurs remarquer que Beckett était un grand fan de cette œuvre. N’empêche que, malgré la solitude du voyageur, on pense moins aux personnages de son théâtre qu’à un mot de Cioran assurant que « la musique est ce qui nous aide à être un peu mieux malheureux ». Pourtant, ces lieder de Schubert sont certes pleins de désespoir mais plus encore de passion, de sensualité et d’humour ; Bostridge ne va pas jusqu’à écrire que le silence qui clôt un concert du Voyage d’hiver est encore de la musique, mais il distingue la qualité de ce silence-là des autres. Et il sait parfois se taire dans son enquête, se lançant à lui-même et à nous autres lecteurs l’injonction « Assez de musicologie ! » quand il sent qu’il en fait trop sur l’assimilation du triolet ou la configuration rythmique. Ce même silence qui selon lui clôt tout récital du Voyage d’hiver :

« Un silence se fait, une fois éteints dans la salle les échos de la dernière phrase de la vielle- silence souvent prolongé et qui fait partie de l’expérience partagée pendant le cycle. Silence interprété autant par le public que par les artistes. Suivent habituellement les applaudissements « muets » qui peuvent se transformer en acclamations (…) Les règles normales du récital de chant sont ici suspendues. Aucun « bis » n’a été préparé : le public n’en attend pas, si enthousiaste qu’ait pu être sa réception du concert, et il n’y en aura pas de toute façon. Il règne un sentiment de gravité, d’avoir approché un univers supérieur quelque chose d’ineffable et d’intouchable »

SchubertC’est peu dire que cette œuvre (elle dure soixante-dix minutes en tout) jouit d’une discographie abondante. Dietrich Fischer-Dieskau l’a même en registrée à cinq reprises. Par des barytons donc (Schubert en avait tant écrit pour le baryton Vogl) mais aussi par des barytons-basse, des mezzo-sopranos, des ténors, des femmes aussi donc (Christina Schaefer) car l’œuvre ne propose pas un message mais une rencontre… Mais on ne sache pas qu’aucun d’entre eux ait jamais consacré des centaines de pages à creuser l’envoutement provoqué par le compagnonnage du Voyage d’hiver. C’est aussi que Ian Bostridge est un musicien atypique en ce qu’il n’a pas été formé dans les écoles de musiques et les conservatoires, mais plutôt du côté des historiens puisqu’il est diplômé d’histoire et de philosophie des sciences après avoir étudié à Oxford puis Cambridge et qu’il a un temps enseigné la théorie politique et l’histoire de l’Angleterre au XVIIIème siècle (il n’est chanteur professionnel que depuis l’âge de 30 ans). Et même parmi eux, il est marginal puisqu’il avoue que sans le moteur de recherche dans son ordinateur, il n’aurait pu mener ses recherches à bien.

Pour écrire ce qui apparaît comme un « Winterreise à travers les âges », il fait autant appel à la musicologie qu’à l’histoire culturelle et à la psychanalyse, mais sans excès car contrairement à tant d’universitaires, du moins des Américains, il ne passe pas son temps à conjecturer sur l’éventuelle homosexualité du compositeur (au milieu du XIXème siècle, il était courant de désigner la musique de Beethoven comme masculine, et celle de Schubert comme féminine !). Au fond, s’il a écrit ce livre, c’est aussi pour conserver en lui cette œuvre dans toute sa fraicheur alors qu’il l’a interprétée en public une centaine de fois, et qu’un nouveau pianiste, un nouveau public et une autre salle ne suffisent pas toujours à renouveler le bonheur des premières fois. En 1997 déjà, il avait ouvert une nouvelle voie en consacrant un documentaire au cycle romantique de Schubert que Channel 4 diffusa en Grande-Bretagne.

Digressif ? C’est peu dire. Il y est autant question de l’enseignement de Salieri ou du climat politique  réactionnaire de l’Allemagne et de l’Autriche des années 1820 que de la formation et de la fonte des glaciers, de la fascination du compositeur pour les livres de James Fenimore Cooper, des effets de la syphilis sur le mental, de l’arbre magique au cœur de Des Lindenbaum ou de la culture teutonne. On s’en doute, les poèmes de Müller y sont passés au peigne fin tant pour eux-mêmes que dans une perspective comparatiste (Byron). C’est l’occasion pour l’auteur de payer sa dette à l’un de ses maîtres de jeunesse, son professeur d’allemand qui lui révéla la beauté poétique des lieder, et pas seulement ceux de Schubert.

Oserais-je l’avouer, si je me suis laissé emporter par cette exploration inouïe d’une œuvre musicale, c’est aussi parce que les Lieder de Schubert sont une de mes madeleines. Pas seulement le Voyage d’hiver , car il y en a près de six cents. Je n’ai pu m’empêcher d’en placer certains au cœur de mon roman Sigmaringen ; et si mon héros s’appelle Julius, c’est sans doute parce que j’avais en permanence sous les yeux la couverture du CD des lieder de Schubert interprétés par Ian Bostridge accompagné au piano par … Julius Drake. Mes préférés sont An Den Mond ou Auf Dem Wasser Zu Singen, ou encore Nacht und Traüme. Que des chants d’une pureté cristalline qui ont le pouvoir d’ouvrir plus largement l’âme toutes passions abolies.

C’est peu dire que l’on quitte ce livre à regret. En fait, on s’en sépare comme on abandonne une salle de concert après un récital du Winterreise. A la fin de son récit, Ian Bostridge dit que, contrairement aux autres concerts de musique classique, ic il n’y a pas de distance d’ébahissement entre le public et le chanteur, la virtuosité étant dissimulée, discrète, tant le public est invité à s’identifier au personnage habité par le chanteur.

« Dans ces conditions, après avoir pénétré si profondément des arcanes aussi intimes; après cette confrontation mutuelle de part et d’autre de la rampe; après avoir dévoilé nos fragilités réciproques pendant soixante-dix minutes (ce qui est une durée considérable), un retour à la « normalité » peut poser quelques problèmes. Les rituels de fins de concert peuvent aider tout bien que gêner : il est parfois impossible de faire les choses habituelles -retrouver des amis, prendre un verre, souper. La solitude est souvent plus attirante -et préférable »

Etrange comme il en va parfois de même avec les rituels de fin de lecture, de certaines lectures, d’une telle lecture.

(« Cantonnement d’étape devant Paris, 24 octobre 1870 » huile sur toile, 1894, de Anton von Werner, BPK/nationalgalerie ; « Ian Bostridge » photo D.R. ;

Cette entrée a été publiée dans Musique.

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commentaires

2 377 Réponses pour Passer l’hiver avec Schubert

JC..... dit: 14 janvier 2018 à 6 h 18 min

Jack Lang considère que le Président élu de la Nation américaine est un « Président de merde » ?

Euh….c’est celui qui dit, qui est….

MC dit: 14 janvier 2018 à 6 h 10 min

Je ne crois pas qu’il y ait d’humour dans ce trait d’Expiation. Il y en a, en revanche, dans la présentation de la Cour de Napoléon III. tout le passage
« Tu revis, écuyer du Cirque Beauharnais »
Plus spécifiquement, Choses Vues procède du Complexe d’etre Chateaubriand ou rien. c’est moins de l’humour que l’antithèse. On voit mal Hugo se moquer du duc d’Orléans, lui qui entretint des liens avec sa femme Hélène de Mecklembourg. Et l’histoire de la cervelle de Talleyrand n’est rapportée que par Hugo…
Enfin, on arrive aux mornes plaines par un chemin tortueux, via dans les Odes et Ballades Les Deux Iles, Buonaparte, qui doit commencer par ,et c’est révélateur, « Toujours lui, lui partout! » C’est lui qui passe dans Cromwell.
La mythologie conciliatrice de Hugo n’opère qu’à partir de l’Ode à la Colonne:
« Au bronze de Henri mon orgueil te marie »
Tandis que quelques personnages familiaux mais aussi de l’Epopée. C ‘est très net dans les Rayions et les Ombres, ou le jeune aigle s’en prend à la municipalité de Paris, coupable d’avoir refusé l’enterrement de la Duchesse d’Abrantès au Père Lachaise!

« Puisqu’ils n’ont pas compris, dans leur étroite sphère
Qu’après tant de splendeur, de puissance , et d’orgueil,
Il était grand et beau que la France dut faire
L’aumône d’une fosse à ton noble cercueil;

Puisqu’ils n’ont pas compris que celle qui sans crainte
Toujours loua la gloire et flétrit les bourreaux,
A le droit de dormir sous la colline sainte,
A le droit de dormir à l’ombre des héros.

Puisque le souvenir de nos grandes batailles
Ne brule pas en eux comme un sacré flambeau;
Puisqu’ils n’ont pas de cœur, puisqu’ils n’ont pas d’entrailles,
Puisqu’ils t’ont refusé la pierre d’un tombeau.

Puisqu’un stupide affront, pauvre femme endormie,
Monte jusqu’à ton front que César étoila,
C’est à moi, dont ta main pressa la main amie,
De te dire tout bas, « ne crains rien! je suis là! »

Car j’ai ma mission, car, armé d’une lyre,
Pleins d’hymnes irrités ardents à s’épancher,
Je garde le trésor des gloires de l’Empire;
Je n’ai jamais souffert qu’on osât y toucher. »

Viennent tout de suite après, à quelques mois d’intervalle, Les Funérailles de l’Empereur.
Le cycle napoléonien se referme sur le Retour des Cendres, et le mythe est poétiquement né.

Widergänger dit: 14 janvier 2018 à 4 h 29 min

Non, vous n’êtes certainement pas un « écrivain du genre de Balzac » ! Balzac c’est un visionnaire.

Widergänger dit: 14 janvier 2018 à 4 h 20 min

Le « roman » de Passou n’a vraiment rien de romanesque. C’est une sorte de prolongement de la Rdl sur 400 pages. Rien de personnel là-dedans.

Du journalisme bcbg.

Aucun effort de style, aucune émotion à partager, aucune métaphysique du Moi ou du Ça, aucune recherche de création littéraire.

Rien à jouir.

Un pensum somme toute.

C’est triste.

Bloom dit: 14 janvier 2018 à 4 h 01 min

La Hongrie également offre la possibilité aux famille de ses juifs rescapés de prendre la nationalité magyare, mais elle fait moins de bruit que l’Espagne (parce que ses plages sont moins nombreuses?). Comment peut-on souhaiter devenir hongrois?

CP dit: 14 janvier 2018 à 2 h 16 min

En commentaire du remarquable tableau,
« In October 1914, young Hans Fleischer was near Blamont on the edge of the Vosges Mountains. On a day in rest quarters he went for a stroll and came across a chateau, that of Baron de Turckheim, in a state of almost total devastation. A priceless library, paintings, furniture, and paneling had all been smashed. But in one corner of the ruin Fleischer found a grand piano, a Steinway to boot, untouched by the war’s rage, and under the piano he found some scores. And what did he choose? A piano version of Wagner’s Die Walküre. He sat down, played, and sang—energetically, he wrote—the Lied von Liebe und Lenz. And then he left. `I had been at home, made German music and now once again I could return to the war.’ ”

Delaporte dit: 14 janvier 2018 à 1 h 29 min

Le chanteur pour midinettes Benjamin Biolay soutient sa belle-doche, Catherine Deneuve, tout en condamnant le texte. Un bel exercice d’équilibrisme, prétentieux et vain, qui ravira les amateurs de déconneries :

« Si le musicien considère qu’avoir signé cette pétition «confuse, imbécile, a mille lieux des réalités et surtout rédigée avec les pieds» est tout simplement «une connerie», il soutient tout de même que ce n’est «certainement pas un motif de lynchage». » Figaro

Jean Langoncet dit: 14 janvier 2018 à 1 h 28 min

A noter au catalogue :
Louis-Ferdinand Céline
Voyage au bout de la nuit – Mort à crédit
Épuisé
Parution le 9 Avril 1962

rose dit: 14 janvier 2018 à 1 h 25 min

non je renonce. à chaque fois cela me débecte.
aime bien pourtant les critiques ciné.
mais là je te lèche les pieds et le reste ça me fait gerber.
tant pis pour moi.
je me frustre, fruste rose, ambiance étrangère

rose dit: 14 janvier 2018 à 1 h 22 min

moi aussi j’ ai vécu avec un bête, j’ en fais pas tout un plat.
j’ y retourne à peine.
n’ en fais pas mon miel : cette ambiance lèche- cul sur la rdc, nulle à iech.

Phil dit: 14 janvier 2018 à 1 h 13 min

Ma palme je la décerne au grand Meaulnes, ce ridicule mélange de réalisme campagnard et de faux merveilleux

votre détestation de la rêverie dans la province française, dear dhh, vous a fait écrire une horreur littéraire.

l’ombelle des talus dit: 14 janvier 2018 à 1 h 05 min

Céline Célyne Lycéen

L’Education Nationale, ce n’est pas rien. Dites-le aux Larsfeld, père et fils.

Phil dit: 14 janvier 2018 à 0 h 55 min

Yourcenar n’a pas été reliée en peau de mouton du temps de son vivant, dear Chaloux.
Céline peut faire rire vos élèves, hélas.., dear Widergänger.

Delaporte dit: 14 janvier 2018 à 0 h 44 min

« Céline est bcp trop difficile à lire pour des lycéens ! »

Surtout avec des profs ratés de l’acabit de wgg !

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 23 h 21 min

C’est une contradiction de la végétarienne Yourcenar que d’avoir accepté le meurtre de tant de moutons pour relier sa prose immortelle.

Ed dit: 13 janvier 2018 à 23 h 20 min

Tout nous ramène à Israël ici, à l’insu de notre plein gré

Tous les chemins menaient à Rome et toutes les conversations ici mènent en Israël. Fatiguant.

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 23 h 19 min

Pierre Assouline a remis le tableau à l’endroit. Sur la couverture du bouquin le piano s’ouvre à gauche.

rose dit: 13 janvier 2018 à 23 h 06 min

c’est le retour de la grande campagne de Russie chantal2

ce n’est pas assez long je crois

ils ont eu très froid

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 23 h 04 min

Bonaparte, tremblant comme un enfant sans mère,
Leva sa face pâle et lut : – DIX-HUIT BRUMAIRE !

Il ne faut pas sous-estimer l’humour plus ou moins volontaire de Victor Hugo. L’épicerie, tombeau du duc d’Orléans, la cervelle de Talleyrand jetée à la voirie et dévorée par un chien, le conventionnel des Misérables… Il y aurait tout un petit travail à faire, et sans doute déjà fait, sur l’histoire de France de Victor Hugo

Chantal 2 dit: 13 janvier 2018 à 23 h 02 min

rose
Je n’en demandais pas tant, mais toute ma reconnaissance…
Ah l’exil ! Qu’est-ce qu’il devait rager, Hugo Victor, sur son île –
Pour se fendre d’un tel poème !

rose dit: 13 janvier 2018 à 22 h 55 min

chantal 2, me voici bien confuse, mais ne crois pas un rapport avec les mornes plaines
L’EXPIATION
I

Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois l’aigle baissait la tête.
Sombres jours ! l’empereur revenait lentement,
Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.
Il neigeait. L’âpre hiver fondait en avalanche.
Après la plaine blanche une autre plaine blanche.
On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.
Hier la grande armée, et maintenant troupeau.
On ne distinguait plus les ailes ni le centre.
Il neigeait. Les blessés s’abritaient dans le ventre
Des chevaux morts ; au seuil des bivouacs désolés
On voyait des clairons à leur poste gelés,
Restés debout, en selle et muets, blancs de givre,
Collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre.
Boulets, mitraille, obus, mêlés aux flocons blancs,
Pleuvaient ; les grenadiers, surpris d’être tremblants,
Marchaient pensifs, la glace à leur moustache grise.
Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise
Sifflait ; sur le verglas, dans des lieux inconnus,
On n’avait pas de pain et l’on allait pieds nus.
Ce n’étaient plus des coeurs vivants, des gens de guerre
C’était un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d’ombres sous le ciel noir.
La solitude vaste, épouvantable à voir,
Partout apparaissait, muette vengeresse.
Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse
Pour cette immense armée un immense linceul.
Et chacun se sentant mourir, on était seul.
– Sortira-t-on jamais de ce funeste empire ?
Deux ennemis ! le czar, le nord. Le nord est pire.
On jetait les canons pour brûler les affûts.
Qui se couchait, mourait. Groupe morne et confus,
Ils fuyaient ; le désert dévorait le cortège.
On pouvait, à des plis qui soulevaient la neige,
Voir que des régiments s’étaient endormis là.
Ô chutes d’Annibal ! lendemains d’Attila !
Fuyards, blessés, mourants, caissons, brancards, civières,
On s’écrasait aux ponts pour passer les rivières,
On s’endormait dix mille, on se réveillait cent.
Ney, que suivait naguère une armée, à présent
S’évadait, disputant sa montre à trois cosaques.
Toutes les nuits, qui vive ! alerte, assauts ! attaques !
Ces fantômes prenaient leur fusil, et sur eux
Ils voyaient se ruer, effrayants, ténébreux,
Avec des cris pareils aux voix des vautours chauves,
D’horribles escadrons, tourbillons d’hommes fauves.
Toute une armée ainsi dans la nuit se perdait.
L’empereur était là, debout, qui regardait.
Il était comme un arbre en proie à la cognée.
Sur ce géant, grandeur jusqu’alors épargnée,
Le malheur, bûcheron sinistre, était monté ;
Et lui, chêne vivant, par la hache insulté,
Tressaillant sous le spectre aux lugubres revanches,
Il regardait tomber autour de lui ses branches.
Chefs, soldats, tous mouraient. Chacun avait son tour.
Tandis qu’environnant sa tente avec amour,
Voyant son ombre aller et venir sur la toile,
Ceux qui restaient, croyant toujours à son étoile,
Accusaient le destin de lèse-majesté,
Lui se sentit soudain dans l’âme épouvanté.
Stupéfait du désastre et ne sachant que croire,
L’empereur se tourna vers Dieu ; l’homme de gloire
Trembla ; Napoléon comprit qu’il expiait
Quelque chose peut-être, et, livide, inquiet,
Devant ses légions sur la neige semées :
« Est-ce le châtiment, dit-il, Dieu des armées ? »
Alors il s’entendit appeler par son nom
Et quelqu’un qui parlait dans l’ombre lui dit : Non.

II

Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons.
D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France.
Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l’espérance
Tu désertais, victoire, et le sort était las.
Ô Waterloo ! je pleure et je m’arrête, hélas !
Car ces derniers soldats de la dernière guerre
Furent grands ; ils avaient vaincu toute la terre,
Chassé vingt rois, passé les Alpes et le Rhin,
Et leur âme chantait dans les clairons d’airain !

Le soir tombait ; la lutte était ardente et noire.
Il avait l’offensive et presque la victoire ;
Il tenait Wellington acculé sur un bois.
Sa lunette à la main, il observait parfois
Le centre du combat, point obscur où tressaille
La mêlée, effroyable et vivante broussaille,
Et parfois l’horizon, sombre comme la mer.
Soudain, joyeux, il dit : Grouchy ! – C’était Blücher.
L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme,
La mêlée en hurlant grandit comme une flamme.
La batterie anglaise écrasa nos carrés.
La plaine, où frissonnaient les drapeaux déchirés,

Ne fut plus, dans les cris des mourants qu’on égorge,
Qu’un gouffre flamboyant, rouge comme une forge ;
Gouffre où les régiments comme des pans de murs
Tombaient, où se couchaient comme des épis mûrs
Les hauts tambours-majors aux panaches énormes,
Où l’on entrevoyait des blessures difformes !
Carnage affreux ! moment fatal ! L’homme inquiet
Sentit que la bataille entre ses mains pliait.
Derrière un mamelon la garde était massée.
La garde, espoir suprême et suprême pensée !
« Allons ! faites donner la garde ! » cria-t-il.
Et, lanciers, grenadiers aux guêtres de coutil,
Dragons que Rome eût pris pour des légionnaires,
Cuirassiers, canonniers qui traînaient des tonnerres,
Portant le noir colback ou le casque poli,
Tous, ceux de Friedland et ceux de Rivoli,
Comprenant qu’ils allaient mourir dans cette fête,
Saluèrent leur dieu, debout dans la tempête.
Leur bouche, d’un seul cri, dit : vive l’empereur !
Puis, à pas lents, musique en tête, sans fureur,
Tranquille, souriant à la mitraille anglaise,
La garde impériale entra dans la fournaise.
Hélas ! Napoléon, sur sa garde penché,
Regardait, et, sitôt qu’ils avaient débouché
Sous les sombres canons crachant des jets de soufre,
Voyait, l’un après l’autre, en cet horrible gouffre,
Fondre ces régiments de granit et d’acier
Comme fond une cire au souffle d’un brasier.
Ils allaient, l’arme au bras, front haut, graves, stoïques.
Pas un ne recula. Dormez, morts héroïques !
Le reste de l’armée hésitait sur leurs corps
Et regardait mourir la garde. – C’est alors
Qu’élevant tout à coup sa voix désespérée,
La Déroute, géante à la face effarée
Qui, pâle, épouvantant les plus fiers bataillons,
Changeant subitement les drapeaux en haillons,
À de certains moments, spectre fait de fumées,
Se lève grandissante au milieu des armées,
La Déroute apparut au soldat qui s’émeut,
Et, se tordant les bras, cria : Sauve qui peut !
Sauve qui peut ! – affront ! horreur ! – toutes les bouches
Criaient ; à travers champs, fous, éperdus, farouches,
Comme si quelque souffle avait passé sur eux,
Parmi les lourds caissons et les fourgons poudreux,
Roulant dans les fossés, se cachant dans les seigles,
Jetant shakos, manteaux, fusils, jetant les aigles,
Sous les sabres prussiens, ces vétérans, ô deuil !
Tremblaient, hurlaient, pleuraient, couraient ! – En un clin d’œil,
Comme s’envole au vent une paille enflammée,
S’évanouit ce bruit qui fut la grande armée,
Et cette plaine, hélas, où l’on rêve aujourd’hui,
Vit fuir ceux devant qui l’univers avait fui !
Quarante ans sont passés, et ce coin de la terre,
Waterloo, ce plateau funèbre et solitaire,
Ce champ sinistre où Dieu mêla tant de néants,
Tremble encor d’avoir vu la fuite des géants !

Napoléon les vit s’écouler comme un fleuve ;
Hommes, chevaux, tambours, drapeaux ; – et dans l’épreuve
Sentant confusément revenir son remords,
Levant les mains au ciel, il dit : « Mes soldats morts,
Moi vaincu ! mon empire est brisé comme verre.
Est-ce le châtiment cette fois, Dieu sévère ? »
Alors parmi les cris, les rumeurs, le canon,
Il entendit la voix qui lui répondait : Non !

III

Il croula. Dieu changea la chaîne de l’Europe.
Il est, au fond des mers que la brume enveloppe,
Un roc hideux, débris des antiques volcans.
Le Destin prit des clous, un marteau, des carcans,
Saisit, pâle et vivant, ce voleur du tonnerre,
Et, joyeux, s’en alla sur le pic centenaire
Le clouer, excitant par son rire moqueur
Le vautour Angleterre à lui ronger le cœur.

Évanouissement d’une splendeur immense !
Du soleil qui se lève à la nuit qui commence,
Toujours l’isolement, l’abandon, la prison,
Un soldat rouge au seuil, la mer à l’horizon,
Des rochers nus, des bois affreux, l’ennui, l’espace,
Des voiles s’enfuyant comme l’espoir qui passe,
Toujours le bruit des flots, toujours le bruit des vents !
Adieu, tente de pourpre aux panaches mouvants,
Adieu, le cheval blanc que César éperonne !
Plus de tambours battant aux champs, plus de couronne,
Plus de rois prosternés dans l’ombre avec terreur,
Plus de manteau traînant sur eux, plus d’empereur !
Napoléon était retombé Bonaparte.
Comme un romain blessé par la flèche du Parthe,
Saignant, morne, il songeait à Moscou qui brûla.
Un caporal anglais lui disait : halte-là !
Son fils aux mains des rois ! sa femme aux bras d’un autre !
Plus vil que le pourceau qui dans l’égout se vautre,
Son sénat qui l’avait adoré l’insultait.
Au bord des mers, à l’heure où la bise se tait,
Sur les escarpements croulant en noirs décombres,
Il marchait, seul, rêveur, captif des vagues sombres.
Sur les monts, sur les flots, sur les cieux, triste et fier,
L’œil encore ébloui des batailles d’hier,
Il laissait sa pensée errer à l’aventure.
Grandeur, gloire, ô néant ! calme de la nature !
Les aigles qui passaient ne le connaissaient pas.
Les rois, ses guichetiers, avaient pris un compas
Et l’avaient enfermé dans un cercle inflexible.
Il expirait. La mort de plus en plus visible
Se levait dans sa nuit et croissait à ses yeux
Comme le froid matin d’un jour mystérieux.
Son âme palpitait, déjà presque échappée.
Un jour enfin il mit sur son lit son épée,
Et se coucha près d’elle, et dit : « C’est aujourd’hui »
On jeta le manteau de Marengo sur lui.
Ses batailles du Nil, du Danube, du Tibre,

Se penchaient sur son front, il dit : « Me voici libre !
Je suis vainqueur ! je vois mes aigles accourir ! »
Et, comme il retournait sa tête pour mourir,
Il aperçut, un pied dans la maison déserte,
Hudson Lowe guettant par la porte entrouverte.
Alors, géant broyé sous le talon des rois,
Il cria : « La mesure est comble cette fois !
Seigneur ! c’est maintenant fini ! Dieu que j’implore,
Vous m’avez châtié ! » La voix dit : Pas encore !

IV

Ô noirs événements, vous fuyez dans la nuit !
L’empereur mort tomba sur l’empire détruit.
Napoléon alla s’endormir sous le saule.
Et les peuples alors, de l’un à l’autre pôle,
Oubliant le tyran, s’éprirent du héros.
Les poëtes, marquant au front les rois bourreaux,
Consolèrent, pensifs, cette gloire abattue.
À la colonne veuve on rendit sa statue.
Quand on levait les yeux, on le voyait debout
Au-dessus de Paris, serein, dominant tout,
Seul, le jour dans l’azur et la nuit dans les astres.
Panthéons, on grava son nom sur vos pilastres !
On ne regarda plus qu’un seul côté des temps,
On ne se souvint plus que des jours éclatants
Cet homme étrange avait comme enivré l’histoire
La justice à l’œil froid disparut sous sa gloire ;
On ne vit plus qu’Eylau, Ulm, Arcole, Austerlitz ;
Comme dans les tombeaux des romains abolis,
On se mit à fouiller dans ces grandes années
Et vous applaudissiez, nations inclinées,
Chaque fois qu’on tirait de ce sol souverain
Ou le consul de marbre ou l’empereur d’airain !

V

Le nom grandit quand l’homme tombe ;
Jamais rien de tel n’avait lui.
Calme, il écoutait dans sa tombe
La terre qui parlait de lui.

La terre disait : « La victoire
A suivi cet homme en tous lieux.
Jamais tu n’as vu, sombre histoire,
Un passant plus prodigieux !

» Gloire au maître qui dort sous l’herbe !
Gloire à ce grand audacieux !
Nous l’avons vu gravir, superbe,
Les premiers échelons des cieux !

» Il envoyait, âme acharnée,
Prenant Moscou, prenant Madrid,
Lutter contre la destinée
Tous les rêves de son esprit.

» À chaque instant, rentrant en lice,
Cet homme aux gigantesques pas
Proposait quelque grand caprice
À Dieu, qui n’y consentait pas.

» Il n’était presque plus un homme.
Il disait, grave et rayonnant,
En regardant fixement Rome
C’est moi qui règne maintenant !

» Il voulait, héros et symbole,
Pontife et roi, phare et volcan,
Faire du Louvre un Capitole
Et de Saint-Cloud un Vatican.

» César, il eût dit à Pompée :
« Sois fier d’être mon lieutenant ! »
On voyait luire son épée
Au fond d’un nuage tonnant.

» Il voulait, dans les frénésies
De ses vastes ambitions,
Faire devant ses fantaisies
Agenouiller les nations,

» Ainsi qu’en une urne profonde,
Mêler races, langues, esprits,
Répandre Paris sur le monde,
Enfermer le monde en Paris !

» Comme Cyrus dans Babylone,
Il voulait sous sa large main
Ne faire du monde qu’un trône
Et qu’un peuple du genre humain,

» Et bâtir, malgré les huées,
Un tel empire sous son nom,
Que Jéhovah dans les nuées
Fût jaloux de Napoléon ! »

VI

Enfin, mort triomphant, il vit sa délivrance,
Et l’océan rendit son cercueil à la France.
L’homme, depuis douze ans, sous le dôme doré
Reposait, par l’exil et par la mort sacré.
En paix ! – Quand on passait près du monument sombre,
On se le figurait, couronne au front, dans l’ombre,
Dans son manteau semé d’abeilles d’or, muet,
Couché sous cette voûte où rien ne remuait,
Lui, l’homme qui trouvait la terre trop étroite,
Le sceptre en sa main gauche et l’épée en sa droite,
À ses pieds son grand aigle ouvrant l’œil à demi,
Et l’on disait : C’est là qu’est César endormi !
Laissant dans la clarté marcher l’immense ville,
Il dormait ; il dormait confiant et tranquille.

VII

Une nuit, – c’est toujours la nuit dans le tombeau, –
Il s’éveilla. Luisant comme un hideux flambeau,
D’étranges visions emplissaient sa paupière ;
Des rires éclataient sous son plafond de pierre ;
Livide, il se dressa ; la vision grandit ;
Ô terreur ! une voix qu’il reconnut, lui dit :

– Réveille-toi. Moscou, Waterloo, Sainte-Hélène,
L’exil, les rois geôliers, l’Angleterre hautaine
Sur ton lit accoudée à ton dernier moment,
Sire, cela n’est rien. Voici le châtiment :

La voix alors devint âpre, amère, stridente,
Comme le noir sarcasme et l’ironie ardente ;
C’était le rire amer mordant un demi-dieu.

– Sire ! on t’a retiré de ton Panthéon bleu !
Sire ! on t’a descendu de ta haute colonne !
Regarde. Des brigands, dont l’essaim tourbillonne,
D’affreux bohémiens, des vainqueurs de charnier
Te tiennent dans leurs mains et t’ont fait prisonnier.
À ton orteil d’airain leur patte infâme touche.
Ils t’ont pris. Tu mourus, comme un astre se couche,
Napoléon le Grand, empereur ; tu renais
Bonaparte, écuyer du cirque Beauharnais.
Te voilà dans leurs rangs, on t’a, l’on te harnache.
Ils t’appellent tout haut grand homme, entre eux, ganache.
Ils traînent, sur Paris qui les voit s’étaler,
Des sabres qu’au besoin ils sauraient avaler.
Aux passants attroupés devant leur habitacle,
Ils disent, entends-les : – Empire à grand spectacle !
Le pape est engagé dans la troupe ; c’est bien,
Nous avons mieux ; le czar en est mais ce n’est rien,
Le czar n’est qu’un sergent, le pape n’est qu’un bonze
Nous avons avec nous le bonhomme de bronze !
Nous sommes les neveux du grand Napoléon ! –
Et Fould, Magnan, Rouher, Parieu caméléon,
Font rage. Ils vont montrant un sénat d’automates.
Ils ont pris de la paille au fond des casemates
Pour empailler ton aigle, ô vainqueur d’Iéna !
Il est là, mort, gisant, lui qui si haut plana,
Et du champ de bataille il tombe au champ de foire.
Sire, de ton vieux trône ils recousent la moire.
Ayant dévalisé la France au coin d’un bois,
Ils ont à leurs haillons du sang, comme tu vois,
Et dans son bénitier Sibour lave leur linge.
Toi, lion, tu les suis ; leur maître, c’est le singe.
Ton nom leur sert de lit, Napoléon premier.
On voit sur Austerlitz un peu de leur fumier.
Ta gloire est un gros vin dont leur honte se grise.
Cartouche essaie et met ta redingote grise
On quête des liards dans le petit chapeau
Pour tapis sur la table ils ont mis ton drapeau.
À cette table immonde où le grec devient riche,
Avec le paysan on boit, on joue, on triche ;
Tu te mêles, compère, à ce tripot hardi,
Et ta main qui tenait l’étendard de Lodi,
Cette main qui portait la foudre, ô Bonaparte,
Aide à piper les dés et fait sauter la carte.
Ils te forcent à boire avec eux, et Carlier
Pousse amicalement d’un coude familier
Votre majesté, sire, et Piétri dans son antre
Vous tutoie, et Maupas vous tape sur le ventre.
Faussaires, meurtriers, escrocs, forbans, voleurs,
Ils savent qu’ils auront, comme toi, des malheurs
Leur soif en attendant vide la coupe pleine
À ta santé ; Poissy trinque avec Sainte-Hélène.
Regarde ! bals, sabbats, fêtes matin et soir.
La foule au bruit qu’ils font se culbute pour voir ;
Debout sur le tréteau qu’assiège une cohue
Qui rit, bâille, applaudit, tempête, siffle, hue,
Entouré de pasquins agitant leur grelot,
– Commencer par Homère et finir par Callot !
Épopée ! épopée ! oh ! quel dernier chapitre ! –
Entre Troplong paillasse et Chaix-d’Est-Ange pitre,
Devant cette baraque, abject et vil bazar
Où Mandrin mal lavé se déguise en César,
Riant, l’affreux bandit, dans sa moustache épaisse,
Toi, spectre impérial, tu bats la grosse caisse ! –

L’horrible vision s’éteignit. L’empereur,
Désespéré, poussa dans l’ombre un cri d’horreur,
Baissant les yeux, dressant ses mains épouvantées.
Les Victoires de marbre à la porte sculptées,
Fantômes blancs debout hors du sépulcre obscur,
Se faisaient du doigt signe, et, s’appuyant au mur,
Écoutaient le titan pleurer dans les ténèbres.
Et lui, cria : « Démon aux visions funèbres,
Toi qui me suis partout, que jamais je ne vois,
Qui donc es-tu ? – Je suis ton crime », dit la voix.
La tombe alors s’emplit d’une lumière étrange
Semblable à la clarté de Dieu quand il se venge
Pareils aux mots que vit resplendir Balthazar,
Deux mots dans l’ombre écrits flamboyaient sur César ;
Bonaparte, tremblant comme un enfant sans mère,
Leva sa face pâle et lut : – DIX-HUIT BRUMAIRE !

25-30 novembre. Jersey.

Victor Hugo

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Chantal 2 dit: 13 janvier 2018 à 22 h 55 min

Hum… Tout à fait raison de rigoler… Tout nous ramène à Israël ici, à l’insu de notre plein gré.

rose dit: 13 janvier 2018 à 22 h 52 min

chantal 2
cela a même un lien avec l’héraldique
3. HÉRALD. Qui est d’un seul émail ; qui ne comporte aucune pièce, ni aucun meuble. in atilf

rose dit: 13 janvier 2018 à 22 h 50 min

chantal 2

c’est inventé par les juifs et je ne plaisante pas
La leçon des lamentations de Jérémie, porte un caractère tout particulier; elle peut avoir été retouchée par les modernes, mais le fond nous en paroît hébraïque, car il ne ressemble point aux airs grecs du plain-chant. Le Pentateuque se chantoit à Jérusalem, comme des bucoliques, sur un mode plein et doux; les prophéties se disoient d’un ton rude et pathétique, et les psaumes avoient un mode extatique qui leur étoit particulièrement consacré.
CHATEAUBR., Génie, t.2, 1803, p.6.

me marre comme une baleine :-)

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 22 h 49 min

Il n’y a pas d’élèves que dans les collèges, affligés de pédagogues panglossesques et pansus aux raisonnements boiteux. Il y a un truc qui s’appelle le lycée, dont on se demande contemplant de bas en haut certains enseignants s’ils y ont jamais mis les pieds. Et même si le niveau littéraire y est extrêmement bas, il suffit qu’un seul élève pose une question pour que le prof se sente tenu d’y répondre.

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 22 h 42 min

Les élèves ne lisent pas Céline, alors les pamphlets… Céline est bcp trop difficile à lire pour des lycéens ! Des extraits du Voyage, à la rigueur, c’est bien tout.

Le problème de la publication est tout autre. Mais au royaume des aveugles les borgnes sont rois.

D. dit: 13 janvier 2018 à 22 h 41 min

Le Petit prince est à l’image de ce que les médias de l’époque poussaient Saint-Exupéry à être.
Je sais pas si ma phrase est correcte, je la trouve bizarre.

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 22 h 38 min

Le « roman » de Passou est un reportage, c’est bien ce que je craignais. La fibre intime a été volontairement gommée. Pas d’engagement, le seul qui vaille. Ce faisant, pas de littérature. Du reportage. On a ce qu’on mérite.

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 22 h 34 min

Don Quichote et chochote… c’est vraiment n’importe quoi ! J’ai jamais fait un tel rapprochement quant à moi.

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 22 h 31 min

P. Assouline, a raison. Céline est certainement peu lu dans les banlieues (j’aime beaucoup ce mot, plein d’un humour presque indétectable).
Quant à l’antisémitisme d’aujourd’hui, il n’a pas besoin des pamphlets. Ajoutons à cela que Céline a été vu comme une créature plutôt ridicule par les allemands, voir ce qu’en dit Junger, et la prudence, la distance d’Abbetz à son égard. Alméras explique très bien que ce que voulait Céline c’était du papier -le papier était rationné comme le reste- pour pouvoir être imprimé et continuer à toucher des droits d’auteurs, il y avait pris goût.
(J’ai regardé récemment le portrait que Polac a fait de Céline -on peut voir ça sur le site l’Ina-, et Lucette Destouches y dit des choses tout à fait essentielles sur son mari. C’est à voir).
Pour ce qui est des pamphlets, je ne parviens pas à comprendre que des esprits supposés sensés pensent que des textes qui circulent librement sur Internet à la sauvage, ne doivent surtout pas être repris par un éditeur, avec un appareil critique convenable, qui permettrait entre autres choses à des professeurs de répondre à leurs élèves. Il n’y a qu’un nom qui me vienne à l’esprit pour mener ce travail à bien, c’est Pascal Ory, qui s’est occupé de la republication des Décombres.

Jean Langoncet dit: 13 janvier 2018 à 22 h 30 min

PAMPHLET
Court écrit satirique, souvent politique, d’un ton violent, qui défend une cause, se moque, critique ou calomnie quelqu’un ou quelque chose. Synon. diatribe, factum, libelle, satire.Pamphlet incendiaire, piquant, virulent; pamphlets électoraux; stupide pamphlet; écrire un pamphlet contre qqn; lancer un pamphlet contre les jansénistes, Mazarin, Molière, l’Académie, un gouvernement. Un nommé Bowring prend la liberté de m’adresser un petit pamphlet où, d’un bout à l’autre, il me présente comme une espèce de monstre, moitié âne et moitié tigre (Lamennais,Lettres Cottu,1820, p.97).Je lisais un assez vif pamphlet de physicien contre Einstein. Il y était dit que ses célèbres doctrines de la relativité sont absurdes (Alain,Propos,1923, p.471):
1. L’arrêt de la Cour de Cassation marque un tournant décisif dans l’affaire Dreyfus. Quand l’immortel pamphlet de Zola eut mis la justice en chemin, ce fut pendant une année un des plus furieux combats de l’histoire. Clemenceau,Vers réparation,1899, p.549.

Ed dit: 13 janvier 2018 à 22 h 24 min

D’ailleurs, beaucoup d’enfances sont l’histoire d’un crime. Dickens l’a très bien vu.

+1

J’ai immédiatement pensé à Dickens en lisant cette remarque.

Jean Langoncet dit: 13 janvier 2018 à 22 h 22 min

@c’est tout

Pour l’apprentissage de l’espingouin et le vocabulaire courant, un début de circonstance : bomberos ; on peut ajouter : volontarios

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 22 h 17 min

Raphael Enthoven dit n’importe quoi !

Ce n’est pas parce que les textes de Céline sont délirants qu’ils ne sont pas dangereux.

Cela revient à dire que les autres textes antisémites nazis ne sont pas délirants !

C’est n’importe quoi. Il n’y a pas de raisonnement possible sur de tels textes. Ils sont bons à mettre au feu, c’est tout.

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 22 h 15 min

Chez Baudelaire, toutes les lettres de jeunesse sont importantes, y compris celles à son demi-frère. Pour moi, Baudelaire était un enfant merveilleux qu’on n’allait pas se fatiguer à comprendre, un diamant jeté dans la fange d’institutions scolaires toutes plus répugnantes les unes qu les autres. L’enfance de Baudelaire est l’histoire d’un crime.

Chantal 2 dit: 13 janvier 2018 à 22 h 10 min

En passant par ici, je vois des références à Baudelaire.
Vous conseille ardemment   » LETTRES A SA MÈRE  » de Charles Baudelaire sous le regard de Catherine Delons
Juste les lettres de Charles, celles de sa mère sont introuvables (à peu de choses près).
C’est effarant, on entre de plein pied dans sa vie.
C’est sans filtre.
Je n’ai jamais lu quoi que ce soit sur ses relations avec sa mère, mais là… on peut se faire sa propre opinion.

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 22 h 08 min

La seule qu’ait pu comprendre le pauvre Blabla au cours d’une existence déjà longue, c’est : plus c’est gros plus ça passe, ce dont on a la preuve ici chaque jour. Cette immense découverte du -très- relatif confort qu’offre l’habitude de mentir, d’abord aux autres, puis à soi-même, jusqu’à l’absurde, l’a dispensé de tout le reste. Et c’est moi qui suis le naïf, comme dirait Feydeau.(C’est moi qui suis l’drapeau d’la France!).

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 22 h 04 min

En l’espace de cibq cents ans, mes ancêtres séfarades ont eu le temps d’oublier complètement le castillan, et d’apprendre à parler le français, le hollandais très probablment, le yiddish, le polonais, le russe, l’allemand, le turc.

Pas de clé, pas de ladino… S’ils ne veulent pas me la donner, leur nationalité, je m’en passerai ! C’est plus utile pour vivre en Espagne aujourd’hui.

Ed dit: 13 janvier 2018 à 22 h 02 min

Vous devriez aller boire un café à Paris, les deux coqs. Si j’avais été en France, j’aurais organisé ça, mais j’ai une bonne excuse.

Ed dit: 13 janvier 2018 à 21 h 59 min

Ca me fait penser à une anecdote similaire dans le métro.
Moi lisant un livre, une maman et son fils en face de moi, le père à côté.
Le gosse, me montrant du doigt:
« Was ist das »
La mère
« Ein Buch ».

Le premier mot qui m’est venu à l’esprit : flippant.

Bon pour être tout à fait honnête, je pense qu’il parlait de mon stylo au design quelque peu déroutant. Je pense et j’espère.

closer dit: 13 janvier 2018 à 21 h 58 min

Il serait intéressant de comparer la « Loi du retour » établie par l’Allemagne pour permettre l’entrée en RFA des allemands de la Volga et autres contrées russes, persécutés par Staline, à la Loi du retour espagnole au bénéfice des séfarades. Je me souviens que la RFA exigeait des candidats qu’ils prouvent leur attachement à la culture allemande (une question m’avait frappée que je garde en mémoire: « est-ce-que vous faites un « sapin de Noël »?).

Que l’Espagne mette des conditions, quoi de plus normal? La réaction excessive de WG est absurde. Aucun des descendants actuels des séfarades n’a subi le moindre préjudice de la part de l’Espagne actuelle. Je ne crois pas à la responsabilité collective et imprescriptible. L’Espagne est en droit d’exiger la démonstration d’un minimum d’attachement à sa culture et à sa langue, puisque c’est justement cet attachement conservé pendant des siècles qui justifie en grande partie la loi…Cela ne devrait poser aucun problème. Je doute que l’examen de langue espagnole soit du niveau agrégation ou CAPES…

En quoi quelqu’un qui s’appelle Toledano ou Tartempiono aurait-il, sur cette seule base du nom, le droit d’exiger la nationalité d’un pays sous prétexte que ses ancêtres en auraient été expulsés il y a cinq cents ans, alors que 20 générations ont refait leur vie ailleurs et n’ont gardé aucun souvenir ni trace culturelle de leur pays d’origine?

Comment soutenir une pareille position et refuser le retour des palestiniens expulsés d’Israël et de leurs descendants?

rose dit: 13 janvier 2018 à 21 h 58 min

on m’a demandée.
C’est bien la première fois que cela m’arrive.
Moi, je pense que brigitte lahaie et catherine millet pourraient considérer que, même si elles ont eu un départ dans la vie assez chaotique et plutôt peu épanouissant, elles ont toutes leur chance de continuer de plus belle manière. Et que cela leur est possible.

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 21 h 57 min

Ed, il faut beaucoup relire. Il y a certainement un lien entre la relecture et la pratique musicale. Vous pouvez jouer chaque jour pendant des années un morceau que vous aimez sans jamais vous lasser. C’est toujours de cette façon que j’ai procédé avec la lecture, toujours beaucoup relu.

rose dit: 13 janvier 2018 à 21 h 55 min

La petite fille lui a dit quelque chose que je n’ai pas compris.

c’est très dommage : ce devait être très important. Il eût été possible de demander à la petite fille  » mais ma chérie, que voulais-tu dire là ? » d’couter sa réponse, d’entamer un dialogue avec la maman, de s’extasier sur c eprénom extraordinaire, etc.
Nous sommes des animaux sociaux.

Ed dit: 13 janvier 2018 à 21 h 53 min

Ce qu’il faut, c’est apprendre à relire.

À différents âges, oui. J’ai dû relire un seul livre dans ma vie, car d’est déjà difficile de lire tout ce qu’on a envie de lire…Mais je vais sans doute reprendre « Une vie » de Maupassant car il m’avait bouleversée à l’époque.

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 21 h 50 min

Tu vois le pauvre gars qui découvre Balzac à quinze ans et qui se dit : »Il faut que j’apprenne à lire lentement », alors qu’il est dévoré de passion, complètement tourneboulé par sa découverte. Rien ne sert de lire lentement. Ce qu’il faut, c’est apprendre à relire.

JAZZI dit: 13 janvier 2018 à 21 h 49 min

J’ai dû passer 3/4 d’heure à lire « Retour à Séfarad » au frais du BHV. A un moment, tandis que je parcourais les longues pages de la biographie finale dont se réclame pompeusement Passou, suivie de ses remerciements mondains, la mère, l’air satisfait, mais pas gênée pour deux sous, a interrompue sa lecture et nous a regardé avec un sourire en coin, la vieille dame et moi. La petite fille lui a dit quelque chose que je n’ai pas compris. Elle lui a répondu fermement : « Mais non, Salomé, ça ce n’est pas la réalité, c’est toi qui l’a imaginé ! » C’est alors que le visage de la petite fille s’est renfrogné et qu’elle a commencé à pleurer en hurlant : « T’as pas le droit de me dire que c’est imaginaire maman, houin, houin !!!!!  » La vieille dame a regardé la gamine, effarée. J’ai fermé le livre à Passou et pris mes jambes à mon cou, sans oublier de remettre l’ouvrage à sa place…

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 21 h 46 min

Blabla :  » D.ieu m’a épargné ça…! »

Il t’a aussi épargné la moindre trace de talent… ce qui ne nous épargne pas, hélas.

Ed dit: 13 janvier 2018 à 21 h 46 min

laissez une place à l’étonnement, à l’inconnu, sinon vous vous gâcherez. J’ai appris des choses essentielles sur moi-même à 45 ans, on n’en finit jamais.

« Lettre à une jeune bloggueuse ». Je prends quand même !

rose dit: 13 janvier 2018 à 21 h 46 min

c’est pas la peine d’être jaloux, wider
À la sortie, on m’a demandé pour la même devant un public plus large, quatre fois plus large…
Et puis,j’ai mis deux jours à me remettre : c’est très fatigant. Une dépense d’énergie énorme.

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 21 h 44 min

Ed, laissez une place à l’étonnement, à l’inconnu, sinon vous vous gâcherez. J’ai appris des choses essentielles sur moi-même à 45 ans, on n’en finit jamais.

Quant à Blabla, cerné de fausses lectures, de faux manuscrits, de faux voyages et de fausses amours, que lui répondre? Surement pas grand-chose…

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 21 h 44 min

Les deux orthographes se trouvent, rose !

Pauvre chaloux, l’est bien à plaindre en tout cas. D.ieu m’a épargné ça…!

rose dit: 13 janvier 2018 à 21 h 44 min

Je ne vois pas l’intérêt de lire un livre d’une traite si c’est pour en avoir une idée aussi fausse.

je n’ai pas de voisins proches : ils m’entendraient hurler de rire. Brailler.

rose dit: 13 janvier 2018 à 21 h 42 min

je rigole : clavier aimé

nota : sépaharade c’est séfarade que j’avais zécrit sépharade ; cela ne lui a pas plu.

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 21 h 41 min

Baudelaire, je l’ai senti d’un coup, en fermant des volets juste avant de partir dans les Ardennes, par un froid novembre, j’avais dix-huit ans. Brusquement, j’ai aimé. Un moment très étrange. Au bout de la route, à Charleville, une rimbaldite aiguë.

Ed dit: 13 janvier 2018 à 21 h 36 min

Chaloux,

Non, le problème n’est pas mon manque d’expérience. Son style est lourd et poussiéreux. Et qui vous dit que je n’y ai pas goûté ? Vous ne pouvez pas toujours me sortir l’argument de la jeunesse (toute relative d’ailleurs).

rose dit: 13 janvier 2018 à 21 h 36 min

et puis in fine, mais je vous pardonne de bon coeur, vous ne savez pas grand chose : celivre le petit prince n’est pas du tout un conte pour enfant. Alan Vircondelet et Consuelo de saint Exupéry, la seule épouse l’ont dévoilé grâce aux malles de la transatlantique que je ne sais pas combien de temps Consuelo a laissées fermées.
C’est grâce à José Martinez-Fructuoso le secrétaire particulier de Consuelo que celle-ci a dsigné comme son légataire universel que nous savons la vérité sur Le Petit Prince;

La rose, c’est Consuelo.
Le renard c’est au Sahara.
Le serpent qui avale le boa c’est l’île de Los pajaros à la péninsule de Valdès Argentine, l’aviateur c’est Saint Ex. pur qui l’enfance a été déterminante, ah avoir une enfance heureuse, and so on.

Le Petit Prince, ce n’est pas un conte pour enfants sages ou modèle;

Le Petit Prince c’est une histoire d’amour inouïe entre un homme et une femme. Une femme qui ira le voir lorsqu’au Guatemala il essaye de mourir terrassé par le désespoir lorsqu’ele retourne chez ses parents (cinq jours dans le coma des blessures qui le feront souffrir jusqu’à sa mort).
Une femme qui lui sauvera la vie lorsqu’il se noiera aux trois quarts en faisant les essais d el’hydravion en Méditerranée.
Une femme qui lui écrira incessamment pour lui soutenir le moral qu’il a de plus en plus défaillant.

Alors, je vous le dis si vous ne l’aimez pas, et bien, vous ne m’empêchez pas de l’aimer.

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 21 h 35 min

Baudelaire c’était un dieu quand j’étais en Première au lycée. Avec lionel Ray, mon prof d’alors, il nous avait fait étudier une bonne partie des FduMal. Et c’est toujours un dieu ! Rimbaud le vénérait, à juste titre. Et puis je vieillis, plus je le trouve grand.

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 21 h 34 min

« apprendre à lire lentement. »

A quinze ans, c’était l’ivresse de la découverte. Ce crétin de Blabla toujours aussi lui-même.

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 21 h 33 min

Vous parlez de la trentaine comme si c’était l’adolescence. C’est plutôt déjà le temps des désillusions et le début de la sagesse.

Ed, ce qui peut surgir dans la trentaine, c’est ce dont on n’avait aucune idée auparavant. Il y a des choses inimaginables.

Vous me rappelez une conversation entre deux vieilles dames, il y a trente-cinq ans, la première la femme la plus extraordinaire qu’il m’ait été donné de rencontrer, la seconde une veuve de général abandonnée par son militaire depuis trente ans. Et moi âgé de quinze ans… Un grand moment.

Ed dit: 13 janvier 2018 à 21 h 31 min

Comme l’a écrit Nietzsche, il faut au contraire apprendre à lire lentement.

Me voilà rassurée. Lire lentement, enfin quelque chose que j’sais faire !

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 21 h 27 min

Ed, vous n’aimez pas Baudelaire peut-être parce que vous ne savez pas encore de quoi il parle. Quand vous saurez vous changerez d’avis.

Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon,
Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses.
Que ton sein m’était doux ! que ton coeur m’était bon !
Nous avons dit souvent d’impérissables choses
Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon.

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !
Que l’espace est profond ! que le coeur est puissant !
En me penchant vers toi, reine des adorées,
Je croyais respirer le parfum de ton sang.
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !

La nuit s’épaississait ainsi qu’une cloison,
Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,
Et je buvais ton souffle, ô douceur ! ô poison !
Et tes pieds s’endormaient dans mes mains fraternelles.
La nuit s’épaississait ainsi qu’une cloison.

Attendez d’y avoir goûté…

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 21 h 27 min

Tu parles…

Je ne vois pas l’intérêt de lire un livre d’une traite si c’est pour en avoir une idée aussi fausse.

Comme l’a écrit Nietzsche, il faut au contraire apprendre à lire lentement.

Delaporte dit: 13 janvier 2018 à 21 h 26 min

Enthoven est une sorte de sous-sophiste, qui veut toujours paraître plus intelligent qu’il n’est. C’est un faiseur de paralogismes, qui ne berne que ceux qui le veulent bien, et qui ne valent pas cher. Avec lui, on pense au rabais. C’est ce qui doit enchanter des fumistes comme wgg.

rose dit: 13 janvier 2018 à 21 h 26 min

moi, je ne vais pas le défendre parce que je le vis : on ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux, c’est mon viatique.

Et, je vais vous dire quelque chose : jeune c’est pas facile, jeune femme encore moins, femme mûre c’est très difficile mais alors, dès que, comme moi l’on commence à vieillir, c’est du petit lait.
Parce que le corps vieillit, mais pas le coeur.

C’est un secret : partagez-le avec ceux que vous aimez.
Heureusement que nombre de gens le détestent. C’te planète rare, est aux bisounounours.

Ed dit: 13 janvier 2018 à 21 h 25 min

Et qui vous dit que je ne suis pas déjà passée par le feu ? Vous parlez de la trentaine comme si c’était l’adolescence. C’est plutôt déjà le temps des désillusions et le début de la sagesse. Du moins pour ma part…je l’espère.

Ensuite, chaque vendredi sitôt les cours finis, j’avais pris l’habitude de lire un livre entier. Grande époque.

Moi je regardais le Bigdil:D

rose dit: 13 janvier 2018 à 21 h 22 min

jazzi, je peux vous pardonner et à jjj et à shh
ce livre est traduit et lu autant que la bible

si vous y êtes allergique c’est votre droit : moi j’ai défendu il y a deux jours
Du Petit Prince à une oeuvre de grande ampleur : un parcours exceptionnel, Antoine de Saint Exupéry.

Il était dépressif, à New York c’éait un an avant sa mort; Il déjeunait avec son éditeur newyorkais Reynal qui, essayant de lui remonter le moral lui dit  » et si vous écriviez un conte pour enfant ». Il se saisit de je ne sais quoi (crayon mine stylo ou ? ou sauce du moanrd) (homard) et il griffonne un ‘ti garçon les cheveux ébouriffés au vent.
Ce qui est exactement l’autoportrait fait par Consuelo quelques années avant.
Franchement, heureusement qu’il y en a pour tous les goûts.
Je sais tout sur Antoine.

Je n’ai pas encore fini Citadelle, j’ai repris skolastique qui parle des tutsis et des hutus le long de la source du Nil ; n’éanmoins j’ai lu Carnets qui m’a époustouflée.

Et autant vous le dire chers Erdéliens : à mes yeux, avertis, Saint Exupéry est un homme au talent exceptionnel, tel Albert Camus. Un grand.

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 21 h 22 min

Blabla ignore qu’on peut avoir d’excellentes raisons de détester un chef-d’œuvre. Blabla ignore généralement.

« mais j’y adhère totalement. » Pas trop vite, Ed, ce n’est pas de votre âge. De grandes surprises vous attendent certainement sur le bord de la route. Il faut être passé par le feu pour connaître le feu. Et ce feu-là, mieux vaut ne pas l’ignorer. Il y a d’excellentes réflexions sur ce point dans la présentation critique de Constantin Cavafy de Marguerite Yourcenar.

J’ai ma petite théorie sur le Grand Meaulnes. Je la dirai un autre jour… Mais même si j’en vois mieux les ficelles, j’en ai gardé le goût. Je l’ai lu à quinze ans, d’une seule traite, un vendredi après-midi et jusque dans la nuit, après qu’un professeur de français que j’aperçois encore de temps en temps sans lui parler, nous ait dit qu’il était déjà presque trop tard. Pour moi, en tout cas, il n’était pas trop tard. Ensuite, chaque vendredi sitôt les cours finis, j’avais pris l’habitude de lire un livre entier. Grande époque.

Ed dit: 13 janvier 2018 à 21 h 21 min

Peut-être que, tous, vous êtes des vieux rabougris, qui n’avez pas gardé votre âme d’enfant.

Si vous lisez mon dernier commentaire reprenant les propos d’Enthoven, vous sauriez que c’est justement parce qu’on a gardé son âme d’enfant que l’on déteste ce conte.

Delaporte dit: 13 janvier 2018 à 21 h 19 min

Moi, par contre, j’aime beaucoup le Petit Prince. Dans le genre, c’est une sorte de nec plus ultra. Comme disait La Fontaine : Si « Peau d’Ane » m’était conté, J’y prendrais un plaisir extrême… Peut-être que, tous, vous êtes des vieux rabougris, qui n’avez pas gardé votre âme d’enfant. C’est triste.

Ed dit: 13 janvier 2018 à 21 h 14 min

Sur le plateau d’ONPC la semaine dernière, Enthoven disait que selon lui, Le Petit Prince était une oeuvre que les adultes aimaient car elle correspondrai à ce qu’ils s’imaginent d’une oeuvre pour enfants. Or aucune enfant n’est assez con pour aimer Le Petit Prince.

Pas mieux.

Giovanni Sant'Angelo dit: 13 janvier 2018 à 21 h 12 min


…les juifs, sont, aussi, des tanneurs,!…
…pas seulement,…collabos de tout,…sournois et assassins,…pour fabriquer, des misérables , aux autres,!…
…les techniques de la concurrence, faire des clivages en sociétés, et en profiter, suivant, leurs normes,!…
…des accrocs pour les soumissions, & destins,…comme toutes les églises, les tanneurs des peuples, comme tout les commerçants,…et nos émigrés , de tout chameaux d’ailleurs, la complicités, en corps de métier,…
…et, nos artistes, à fonds perdues, la communauté, à se mépriser, de vomir, l’art,…

…toute les affaires, et contorsions en Bourses, les mêmes, rêver, d’être rois, entre deux contrats, bien ficelés, en confiance,…nos notaires, avocats, se les rouler, entre deux préceptes,…
…des artistes, pour nous encadrer, ces guerres d’usuriers,…en guerres sociales, à la mode des César,…
…la peau du public ,…gendarmes et voleurs,…la peau des frais de Sécurité & Précision,…etc,…

…les juifs, comme tout le monde,…avec grand-mère et chaperon-rouge,!…la peau du loup, encore frétillant,..etc,…

…l’art, de s’estimer, aux desseins des désirs,…Oh,!…que,que je suis moche, et laid, sale et infect personnage,…pour rester en paix,…
…des manœuvres et ruses, sur l’échiquier, politique, aussi,…un client éternel,..
…Ah,!Ah,!…participons, sans s’engager, et ces chandelles,…
…les nouvelles toutes prêtent,…aux pots de chambres,…etc,…
…la boucles des histoires, comédies,…d’un pied à l’autre,…Go,!…le choc,…

Ed dit: 13 janvier 2018 à 21 h 11 min

Ça me rappelle ces merveilleux moments dans lgl où les écrivains invités sur le plateau disent tout le mal qu’ils pensent d’œuvres considérées comme grandes.

En ce qui me concerne, c’est Les Fleurs du mal. Et je suis loin d’être la seule.

rose dit: 13 janvier 2018 à 21 h 11 min

j’aimerai bien jazzi ; je dois parfaire l’espagnol que je baragouine tout juste.je ne suis pas sépaharade : y ai-je droit ?

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 21 h 11 min

C’est comme si on demandait à ma grand-mère d’aimer les Polonais !

Est-ce qu’on peut aimer un pays où une majorité d’étudiants espagnols dit ne pas vouloir s’asseoir à côté d’un juif sur les bancs de l’université ?

DHH dit: 13 janvier 2018 à 21 h 08 min

moi aussi je deteste le Petit prince ,ce texte poseur, tout en artifice, cette mise en récit et en images poussives, de ce qui se veut l’expression d’une fraîcheur d’âme naïve
Mais il n’arrive qu’au deuxièmes rang des livres_cultes que je deteste.
Ma palme je la décerne au grand Meaulnes, ce ridicule mélange de réalisme campagnard et de faux merveilleux

rose dit: 13 janvier 2018 à 21 h 04 min

pour en être au troisième, est nécessaire un second ; pour avoir connu un second, il eût fallu un premier. Pour connaître le premier, il eût fallu un jeune premier.

aujourd’hui, j’ai dit cela à un gamin de trente ans, que j’aime bcp. j’y ai dit moi j’y crois encore. Il m’a répondu « le choc si mon père se mariait » Il est devenu grave.

trop tard pour moi aussi.

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 21 h 03 min

Si au bout de cinq cents ans, il faut passer par l’institut Cervantes, un notaire à Madrid, et l’amour de l’Espagne, et pis quoi encore ?!

Je vais leur dire que le nom de leur ancien prince espagnol est gravé dans le marbre du Mur des Noms. Tiens, ça va leur faire plaisir, ça…!

L’Espagne se moque de ses anciens Juifs !

Je vais y aller, moi, au consulat, mais pour leur dire tout ce que je pense de leur loi bidon…! Et pis même que je suis capable de lui écrire au roi en personne !

C’est n’importe quoi ! C’est honteux !

Ed dit: 13 janvier 2018 à 20 h 57 min

Je ne connaissais pas la définition de Gautier, mais j’y adhère totalement.
Quant aux lettres à un jeune poète, merci de m’avoir fait partager votre expérience. Je peux le lire tranquillement, je ne risque rien. Peut-être même n’est-il plus fait pour moi ?

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 20 h 57 min

Encore un de ces livrs que ce pauvre chaloux a lu sans le comprendre…

Les Lettres à un jeune poète c’est un chef-d’œuvre. C’est une ds plus profonds méditations que je connaisse sur la création littéraire.

Il n’y a pas à croire à quoi que ce soit.

Avec les entretiens de Bram van Velde à Charles Juliet, ce sont deux œuvres extraordinaires.

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 20 h 50 min

Ed, ce serait un peu indiscret -pour moi- de vous répondre. Disons que j’ai lu ce livre à 17 ans et que j’y ai cru. Il s’en est suivi une longue crise tout à fait inutile. Mais quel âge avez-vous? 30, 35 ans, vous ne risquez plus rien…

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 20 h 47 min

Ed, je ne suis plus assez romanesque pour les passions à distance.
Vous connaissez la définition de Gautier :
« L’amour est un sentiment ridicule accompagné de mouvements malpropres ».
Reste le mariage…généralement, le troisième est très bien.

Ed dit: 13 janvier 2018 à 20 h 43 min

Lettres à un jeune poète est dans ma liste des livres à lire. Pourrais-je en savoir un peu plus sur les raisons de votre dégoût ?

Ed dit: 13 janvier 2018 à 20 h 37 min

Sûrement pas moi. Trop tard.

Je crois que les deux filles se sont fait des films. Rah ces femmes ! Toujours à voir des intrigues partout.

Chaloux dit: 13 janvier 2018 à 20 h 32 min

JAZZI dit: 13 janvier 2018 à 10 h 24 min
Grand suspens sur la RDL. Qui de D. ou de Cheloux va pecho Ed ?

Sûrement pas moi. Trop tard.

(Les deux livres qui me donnent des haut-le-cœur : Le Petit prince et les lettres à un jeune poète).

Ed dit: 13 janvier 2018 à 20 h 30 min

Je ne pouvais m’empêcher de regarder la gamine, restée debout, le visage sérieux et attentif.

Les enfants sont toujours très sages et attentifs quand on leur raconte une histoire. Croyez-en mon expérience. C’en est même déroutant !

Clopine dit: 13 janvier 2018 à 20 h 26 min

Jazzi, penses-tu, comme moi, que les « petites filles modèles » sont surtout des « petites filles modelées »?

Ed dit: 13 janvier 2018 à 20 h 18 min

Dans mes bras, Jazzman, j’ai toujours éprouvé le même sentiment, mais moi je sais pourquoi. Ce bouquin a toujours été la plus grosse bouffonnerie littéraire jamais écrite au 20e s.

luv ya

Delaporte dit: 13 janvier 2018 à 19 h 57 min

Cette histoire des pamphlets, il faudrait vraiment en sortir. Je suivrais volontiers l’idée de Yann Moix dans le Monde (pour une fois qu’il a une idée brillante !) qui estimait qu’il faudrait les publier dans les OEuvres complètes, c’est-à-dire dans une Pléiade commentée et annotée scientifiquement. On publierait ça d’un coup, et hop ! on n’en parlerait plus. C’est à l’éditeur de faire son boulot, à Gallimard. Il faudrait qu’il renoue avec l’édition, la vraie. A force de produire des objets insipides de consommation en série, Gallimard n’a plus l’habitude de faire de l’édition sérieusement. On attend qu’ils s’y remettent, dans leur rue à leur nom !

Janssen J-J dit: 13 janvier 2018 à 19 h 46 min

@Faut dire le Petit prince a le don de me mettre de mauvaise humeur, je ne sais pas pourquoi

Dans mes bras, Jazzman, j’ai toujours éprouvé le même sentiment, mais moi je sais pourquoi. Ce bouquin a toujours été la plus grosse bouffonnerie littéraire jamais écrite au 20e s.

Jean Langoncet dit: 13 janvier 2018 à 19 h 45 min

Et voilà que la raison d’être de la vieille garde se trouve prolongée et le devoir de mémoire accompli.
Bonne nuit

TRUOMPEU dit: 13 janvier 2018 à 19 h 41 min

L’édition de la réédition en question est suspendue
(tandis que se pose celle nouvelle de la bande dessinée « les aventures de Bamboula » (1951) – on va voir ?)
Ouf ! on a eu peur..
Du coup sans doute Daniel Lindenberg est mort !
(ne pas confondre avec le grand -1.91m- Lindbergh)
Immanquablement prof de quelque chose, chargé de recherche en machin truc et sciences Pot, alors qu’il était invité à un colloque Céline à Beaubourg et devait avouer ne pas connaître l’écrivain… Son Job à lui c’était traquer les réactionnaire et le discours racisteS (à ces yeux même PA. Taguieff était réactionnaire !). Fanatique du « livre », il participa à l’aventure « maoïste » sans être en rien troublé par les massacres de la Révolution culturelle (il voulait pareil en France) et crut que le rêve se réalisait au Cambodge avec Pol Pot…
L’Université française et le monde des « Idées » sont en deuil

Jean Langoncet dit: 13 janvier 2018 à 19 h 36 min

 » L’accueil de Bagatelles par la critique est logiquement divisé. D’un côté, certains voient dans le pamphlet de Céline une vaste et sinistre plaisanterie qu’il est impossible de prendre au sérieux. Ainsi, André Gide, dans un article intitulé « Les juifs, Céline et Maritain » publié dans les colonnes de la NRF (n°295, 1er avril 1938), considère Bagatelles pour un massacre trop grotesque pour pouvoir être pris au sérieux. De nombreux articles de presse vont dans ce sens, s’interrogeant en même temps sur les motivations réelles de Céline. Cela prouve que l’humour présent dans le pamphlet contredit de manière claire la force et la virulence du propos antisémite…(…) Beaucoup continueront donc de citer un ouvrage qu’ils n’ont pas lu… »

http://louisferdinandceline.free.fr/pamphlet/bagatel/bagate.htm

JAZZI dit: 13 janvier 2018 à 19 h 33 min

Tu peux rejoindre Passou à l’institut Cervantès de Paris, pour parfaire ton espagnol, WGG !
Hier, confortablement installé à la librairie du BHV, je lisais un passage palpitant. Notre jeune Tintin reporter, Passou, racontait être aller à la rencontre d’un certain ayatollah iranien à l’heure de la prière en banlieue parisienne, avant son grand retour à Persopolis. C’était du temps du dernier Shah. Il n’avait pas le droit de le regarder dans les yeux et de s’adresser directement à lui. Un acolyte du vénérable enturbanné a joué les intermédiaires. Qu’elle est votre question, lui fut-il demandé : « Qu’est-ce que les Juifs vous ont fait ? », répliqua, non sans audace, le jeune journaliste. Après un moment, celui-ci revint avec la réponse : « Rien ». Malheureusement, ce dialogue hautement historique, aurait sauté au montage du fait du grand mamamouchi de la rédaction du journal de Passou !
Ai-je bien compris ou est-ce que je projette, WWG ?
Je suis tombé aussi sur un passage où Passou parle de l’importance pour l’auteur du choix de l’illustration de la couverture…
Il faut dire que pendant ce temps-là, j’étais un peu perturbé par une jeune mère qui, assise à une table voisine, lisait à haute voix « Le petit prince » à sa fillette. Je ne pouvais m’empêcher de regarder la gamine, restée debout, le visage sérieux et attentif. Et je me demandais si elle était passionnée par ce qu’elle entendait ou si elle jouait en public les petites filles modèles. Je croisai parfois le regard d’une vieille lectrice, assise de l’autre côté de la table, qui semblait aussi agacée que moi. Faut dire (que rose me pardonne), que le Petit prince a le don de me mettre de mauvaise humeur, je ne sais pas pourquoi…
Au fait, rose, qui y a droit pleinement, va-t-elle demander la nationalité espagnole ?

raymond dit: 13 janvier 2018 à 18 h 45 min

Je me permets de faire remarquer que nous étions partis de Schubert et de son Winterreise.
Je me suis toujours demandé si l’expression « Voyage d’hiver » n’était pas au fond une métaphore de l’existence.

rose dit: 13 janvier 2018 à 18 h 44 min

les juifs n’étaient pas seulement tanneurs, ils travaillaient la soie

https://books.google.fr/books?id=yKcQz1o_AQgC&pg=PT242&lpg=PT242&dq=pourquoi+les+juifs+etaient+ils+tanneurs&source=bl&ots=YEyLMzcR2w&sig=WSH4XDiZpGhiuzwoD_Fk5otHzzg&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiZybesvtXYAhVhKcAKHcNRBZkQ6AEINjAC#v=onepage&q=pourquoi%20les%20juifs%20etaient%20ils%20tanneurs&f=false

et aussi les fourrures, chapeliers et fourreurs ; je cherche un chapelier pour une réparation pour ma part. Je ne sais si cela existe encore.

rose dit: 13 janvier 2018 à 18 h 31 min

DHH à 15h25

en hommage à ce cardinal dont vous nous parlez, a été nommée Villa Cisneros aujourd’hui appelée Dakhla

source wiki

Dakhla est une ville située au Sahara occidental — territoire disputé et non autonome selon l’ONU — et sous administration de facto du Maroc depuis 1975.
Toponymie
Le nom de Dakhla, en arabe, est : الداخلة2 ; et en berbère : (…) (écrit en tifinagh), Ed-Daḵla. Du temps du « Sahara espagnol », la localité était appelée Villa Cisneros, en hommage à Francisco Jiménez de Cisneros.

bouguereau dit: 13 janvier 2018 à 18 h 20 min

A bien y réfléchir, ceci ne peut que relancer auprès d’esprits faibles à qui les grotesques Protocoles ne suffisent plus

la cocaine oui!..ferndinanannancécélinine non!

bouguereau dit: 13 janvier 2018 à 18 h 17 min

soit par Eliphas Levi

houi y’a des traces trés claires..des lettres..et pis désolé mais t’houblies un trés gros morceau..james macpherson..napo il aurait été vesqué

MC dit: 13 janvier 2018 à 18 h 16 min

Le second Faust, mis en musique par Schumann, précisément. Encore un que le vertige a touché….

Sur la question des consternants Pamphlets, quelques remarques.
Personne ne parait se poser la question de l’accord de Rémi Ferland pour voir son travail annexé par Gallimard.
Ni si les grands sentiments D’Antoine Gallimard ne cachent pas un achoppement desdites négociations, avec d’un coté « le géant de la gloire », et de l’autre, une maison d’éditions qui se donne les gants de ne publier qu’un ouvrage par an. La question vaut au moins d’être posée
Que l’on en soit à reprendre le travail d’ailleurs remarquable de Tetrazzi dit assez la frilosité des mandarins céliniens pour ne pas s’attaquer à l’inommable. il y a des carrières en jeu…
Enfin, oui, je ne vois pas en quoi la censure de Mr Klarsfeld se distingue d’une censure catholique, protestante, calviniste , voire bouddhiste, et pourquoi il exercerait un magistère par procuration au nom du peuple élu, en brandissant un génocide comme une « massue morale ». A bien y réfléchir, ceci ne peut que relancer auprès d’esprits faibles à qui les grotesques Protocoles ne suffisent plus, et il faudra donc bien arriver à cette édition que l’on retarde, avant la chute des textes dans le domaine public. Je suis ici d’accord avec Pierre Assouline, qui doit avoir présent à l’esprit l’exemple, si l’on peut dire, de Mein Kampf, republié mais encadré.

bouguereau dit: 13 janvier 2018 à 18 h 10 min

J’aurais voulu me faire un avis sur cette partie de l’œuvre de Céline mais je n’ai pas l’intention de courir les sites révisionnistes ou fascisants sur la toile, ni me la procurer chez ces sauvages de canadiens sans foi ni loi. Tant pis

hallons bon..hévidemment faut pas compter sur lassouline pour te donner le lien direc..il a signé plein dclause de non concurrence pis tout..mais kabloom a bon coeur..dmande lui pas en angliche..même si y te dit qu’c’est hencore mieux

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 17 h 56 min

Non, moi je n’ai aucune blessure à l’endroit de l’Espagne.

Et mes ancêtres n’ont même été expulsés en plus…! Ils sont partis d’eux-mêmes tellement la vie là-bas devait leur être pénible.

Mais à l’heure de l’Europe, tant d’obstacles pour un passeport espagnol, c’est le monde à l’envers !

Les Espagnols se fichent de nous !

Autant j’aurais aimé devenir aussi Espagnol, autant il ne me viendra jamais à l’idée de vouloir devenir Polonais, Russe ou Ukrainien. Ah, c’est clair, Passou… !

Ed dit: 13 janvier 2018 à 17 h 53 min

Claudio Bahia dit: 13 janvier 2018 à 17 h 50 min
Elisabeth Lévy, une plume formidable, une grande dame, l’honneur de la France.
Elisabeth Lévy future présidente de la RF.

Et qui semble aimer le sexe autant que l’alcool et la coke !

Claudio Bahia dit: 13 janvier 2018 à 17 h 50 min

Elisabeth Lévy, une plume formidable, une grande dame, l’honneur de la France.
Elisabeth Lévy future présidente de la RF.

Paul Edel dit: 13 janvier 2018 à 17 h 41 min

Je vous conseille de lire « Le traquet kurde » de Jean Rolin. 170 pages qui, à partir des chasses des ornithologues -souvent britanniques, dont le célèbre Richard Meinertzhagen( auteur de « Birds of Arabia)qui volait aussi des oiseaux dans les tiroirs de ses collègues….)nous entraine aussi bien au sommet du puy de Dôme, que dans le Bird Room du British Museum ou dans le sillage de John Philby,le père du célèbre espion anglais Kim Philby qui « vendit son âme au diable soviétique » sur un banc de Regent ‘s Park .
On croise TE Lawrence, Ibn Saoud, Wilfred Thesiger .Ce dernier fut aussi fastueux traqueur d’oiseaux .Il traversa le pays Danakil, (abyssinia) et rapporta 872 oiseaux admirables qu’il bourra de coton .par ailleurs il tua bon nombre de fauves et quelques soldats allemands, et contribua à la restauration de Hailé Sélassié. Évidemment, on passe par Dohouk, territoire kurde.. Tout en zig -zags, rencontres malicieusement décrites, érudition narquoise, ce récit buissonnier et intranquille,est un d’un écrivain oiseleur, grand enchanteur de sa génération. Une heure et demie de lecture exquise .Chez le regretté POL

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 17 h 33 min

S’il y a autant d’obstacles pour avoir droit à un passeport espagnol, ce n’est même pas la peine que je me déplace au consulat…!

Ou je me déplacerai peut-être mais pour leur dire que leur loi est bidon et uniquement publicitaire.

C’est vraiment n’importe quoi, cette loi ! Je ne pensais pas qu’ils étaient aussi cons les Espagnols. Ils se fo.utent de la gueule des Juifs en réalité !

Ed dit: 13 janvier 2018 à 17 h 19 min

rose dit: 13 janvier 2018 à 17 h 12 min
qui c qui va pêcho ed pour un chauffage organique ?
Bah, elle les laisse venir.

Comme quoi, on est encore loin de l’apocalypse tant crainte pas la mère Deneuve et ses copines.
Une jeune femme qui se laisse draguer sur un blog ! Incroyable. Et si elle faisait la même chose dans la vie ?

rose dit: 13 janvier 2018 à 17 h 09 min

Oui.
Et en Allemagne faut parler l’espagnol couramment.
Reconnaissons que pour unir les états en Amérique ne se posait pas le problème de la langue.

Jean Langoncet dit: 13 janvier 2018 à 16 h 58 min

Mon petit doigt me dit que ceux que vous décrivez se félicitent de cette non édition.

Quant au domaine « de l’idéologie, de la propagande, de la haine meurtrière, du pathologique, de la bouffée délirante et monomaniaque » il a du faire tache d’huile depuis les années 30, avec ou sans les pamphlets. J’ai toujours été perplexe sur l´engagement idéologique d’un Céline qui aurait mis son talent au service d’une cause ou d’une autre.

J’aurais voulu me faire un avis sur cette partie de l’œuvre de Céline mais je n’ai pas l’intention de courir les sites révisionnistes ou fascisants sur la toile, ni me la procurer chez ces sauvages de canadiens sans foi ni loi. Tant pis

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 16 h 56 min

Halte d’étape.
Je n’en suis qu’à la page 50. C’est drôle, ça se lit bien. Une pause café avant la suite.

Mais i font chiller, ces cons, si font passer un examen d’espagnol, je suis cuit pour le moment. Faut que je progresse ! À moins qu’ils acceptent l’allemand, un souvenir…

Bloom dit: 13 janvier 2018 à 16 h 36 min

Tout ce raisonnement spécieux consistant à prétendre « encadrer » le texte n’est qu’une douce fumisterie qui ne trompe personne.

Yes, ML.
Les antisémites bon teint ou en puissance n’ont pas besoin de notes de bas de page. C’est le corps du texte qui les intéresse & qui fait autorité ». Il faut être réaliste, personne ne lit les notes de bas de page, sinon les universitaires, quelques profs, de rares étudiants & une infime proportion du public sensuel moyen. Avec ces pamphlets, on n’est pas dans le domaine de la raison, mais dans celui de l’idéologie, de la propagande, de la haine meurtrière, du pathologique, de la bouffée délirante et monomaniaque.
Le jus dans lequel baignent les pamphlets me fait songer au « nala » (égout à ciel ouvert) qui coule pas très loin d’ici.

Ed dit: 13 janvier 2018 à 16 h 35 min

Avec les Casanova de Passou affolants de séduction, la belle ED ne passera pas l’hiver sans chauffage organique gratuit …

J’ai un radiateur, mais merci de vous soucier de mon confort.

Ed dit: 13 janvier 2018 à 16 h 34 min

JAZZI dit: 13 janvier 2018 à 10 h 24 min
Grand suspens sur la RDL. Qui de D. ou de Cheloux va pecho Ed ?

Sinon ça va, vous ?

Ed dit: 13 janvier 2018 à 16 h 25 min

Alors ça méritait précision.

Ben…non. Mais si je peux vous permettre de vous sentir mieux en étalant votre confiture comme les autres protagonistes de ce blog, avec plaisir !

Vous êtes nouvelle sur ce blog et vous ignorez manifestement que je suis un grand mathématicien et logicien.

Et je m’en tamponne le coquillard, mais une fois de plus, j’en suis sincèrement ravie pour vous.

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 16 h 10 min

Bon ! qu’on ne me dérange plus ! Je lis Retour à Séfarad. Et pour me consoler, j’ai acheté quasiment tout J. Roth…

En tout cas, j’aime pas le début. On va voir la suite.

Jean Langoncet dit: 13 janvier 2018 à 15 h 54 min

L’information principale est accessible gratuitement.
Gallimard cède aux pressions et repousse la réédition des pamphlets sine die.
Le feuilleton continue

MC dit: 13 janvier 2018 à 15 h 54 min

la vieille anima Mundi remonte en effet à l’Antiquité, et quelque chose de cela passa avant 1790 dans la cosmologie du Docteur Mesmer 5eN très gros, guérir par un Fluide personnel qui communique avec Dieu. iL faudrait relire le texte de Mesmer. Mais l’idée d’un Dieu nécessairement unique sans subtilité trinitaire, laisse à l’anima mundi la possibilité de devenir une anima Terrae, ceci au moins après 1840 lorsqu’un mAitre du Barreau devenu un fou littéraire, L »avocat Hennequin, publie  » Sauvons le Genre Humain », livre ou il se dit en communication avec l ‘esprit de la Terre
Et, par certaines sociétés de pensée, sans verser dans les théories du complot, cette cosmologie se déverse dans le romantisme français, sans toutefois les très fortes connotations ésotériques et alchimiques du monde Germanique.
Deux exceptions, le germaniste Nerval et Hugo frotté de ce qu’il connaît de Kabbale, soit par Adolphe Franck, ce qui est douteux, soit par Eliphas Levi et quelques autres dont Alexandre Weil,  » le Prophète du Faubourg Saint Germain », selon ses contemporains, qui exagère sans doute son influence. les Précisions sur Isis Lilith dans la Fin de Satan ne s’expliquent toutefois pas autrement.
la vision d’une humanité cyclique dominée par le retour des Anciens Dieux chère au  » doux Gérard » encamisolé est si forte qu’elle passe radicalement inaperçue des Contemporains:
« Ils reviendront, ces Dieux que tu pleures toujours »
Il y a là une sorte de Gotterdamerung greco-latin, mettant entre parenthèse le christianisme alors memes ou sont traduits dans la France du Roi Bourgeois, les poèmes des Niebelungen – circa 1841?- que personne n’a vu venir, et que le nommé Richard W remodèlera un peu par défaut. Les contemporains, qui n’ont ni les gouffres, ni la profondeur d’un Nerval,se rallieront plus de vingt ans plus tard à ce Paganisme poétique. Le plus convaincant exemple en est Banville avec son Retour des Dieux, à la fin des Exilés. Tout romantisme finit par le Parnasse disait Valéry…
Sur la quête chtonienne de Nerval, il y a tout ce qu’il traduit du Second Faust, et plus encore ce qu’il en rejette. La descente dans le monde des mères rejoignant ici « le cadavre broyé par les eaux de la Néva. » Rien n’est plu logique que le monde nervalie, et plus proche, jusqu’à la folie, du monde germanique, puisque organisé jusque dans le désordre;
Bon après-midi.
MC

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 15 h 49 min

Mais enfin, il ne s’agit pas du préfacier, même s’il endosse, ce faisant, la responsabilité de la publication. Il s’agit de la publication de textes absolument contraires aux lois de la République !

C’est une évidence sur laquelle il n’y a pas à discuter et et ergoter encore moins.

Tout ce raisonnement spécieux consistant à prétendre « encadrer » le texte n’est qu’une douce fumisterie qui ne trompe personne. Il n’y a pas d’encadrement qui tienne face à la haine propagée par de tels textes.

Et l’argument selon lquel il y aurait bien pire n’a strictement aucun sens. On peut aller jusqu’à la chambre à gaz à ce compte là !

Ce pays a perdu la raison.

Widergänger dit: 13 janvier 2018 à 15 h 42 min

Bien sûr que l’Espagne n’a pas attendu Felipe V pour s’intéresser à son passé juif. Personne n’a dit ça.

DHH dit: 13 janvier 2018 à 15 h 25 min

Bien que l’Espagne soit devenue theoriquement « judenrein »ou plutôt « limpia de sangre » à partir de 1492 une tolerance tacite des juifs s’était installée dans certaines regions et sur laquelle tant le pouvoir que l’inquisition fermaient les yeux .
Deux cas que j’ai rencontré dans mes lectures ;A Majorque et dans le preside espagnol d‘Oran en algerie
A Majorque les juifs qui etaient restés sur place apres l’expulsion étaient oficiellemnt des convertis mais leur statut de marranes , s’il était de notorieté publique, ne représentait aucune menace reelle pour eux ;ils on ainsi pu continuer à « judaïser » pesque ouvertement pendandt detres nombreuses année,perpetuant une certaine cohesuion interne de leur communauté. Et encore au XXeme siecle ,devenus de bons chretiens ,oublieux de la religion juive de leurs aescendants ils ont forment un groupe social specifique assez etanche marqué par l’ endogamie dont la visibilité est particuliere au sein de la population : ce sont les Chuetas
Un roman de Blasco Ibanez datant des annéee 20 du siecle dernier a pour cadre le monde des Chuetas.J’ai eu l’occasion il y a plusieurs années de rencontrer dans une manifestation professionnelle le maire de majorque et l’on m’a expliqué qu’avec le nom qu’il portait, Agulho si je me souviens bien il était probablement Chueta.
En ce qui concerne Oran lorsque les espagnols ont installés ce préside au debut du quinzième siecle ils ont compris que les les juifs pourraient être des intermédiaires utiles dans leurs rapports avec les arabes. Et le cardinal Cisneros l’ancien confesser de la reine Isabelle, à tête de ce territoire colonisé a jugé utile d’y avoir sous son autorité une communauté juive de nationalité espagnole. Pour cela il a invité à s’installer sur cette terre devenue espagnole des marranes auxquels il permettait ainsi de revenir ouvertement à leur religion ou des exilés de 1492 installés au Maghreb. Cette communauté placée sous la protection des autorités espagnoles a compté jusqu’à 500 membres mais en 1669 elle a fait l’objet d’un décret d’expulsion spécifique.
Enfin il faut noter que l’Espagne n’a pas attendu Felipe V pour s’intéresser à son passé juif ,du moins dans le monde de la recherche et de l’université .A l’époque où j’étais curieuse de ces questions il y avait en Espagne un institut universitaire « Arias montanos »,très actif dont les travaux étaient consacrés à ces questions et il publiait une revue passionnante Sefarad ,que j’ai goulument feuilletée à la Boseb où elle était en libre acces

TRUOMPEU dit: 13 janvier 2018 à 14 h 36 min

WGG -13.27
« Et les polonais dans les provinces sont pourris… »
& « l’EU aide à … sortir du bourbier catholique pourri et son nationalisme pourri »

Vidangeur, vous jouez très bien le jeu visant à montrer que Céline après tout.. en écrivant, hein… bon… oui après tout, à l’époque aussi…
bref à révéler TOUT le contexte ayant conduit à cette écriture des PAPAMPHLTES
Depuis Noêl et la Sainte Nativité vous avez fait un gros effort de ma-culage.
Mais bon le côté fanatic-détraqué peu nuire à votre entreprise ! les honnêtes gens risquent de comprendre ! Et puis l’édition des PAmtaplafets
en Pleiade c’est remis au mois prochain.
Alors prenez un peu de repos.
Ha aaHiiïty par exemple! ça vous dirait ?
au mois prochain

Jean Langoncet dit: 13 janvier 2018 à 14 h 29 min

luc n. dit: 13 janvier 2018 à 14 h 04 min

Vous pensez sérieusement que Pierre Assouline se livrerait à « la propagation de la haine antisémite »?
Cela me semble ridicule.
Il faudrait évidemment pouvoir juger sur pièce.

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