de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Pinault, artiste du marché

Pinault, artiste du marché

Etrange, cette impression que l’on retire de la lecture d’un livre dont on a goûté l’esprit, la manière, le ton, le contenu mais pas le personnage principal. Plus étrange encore lorsque l’auteur en fait à la fois le héros et l’antihéros. Dans le territoire de la fiction, cela n’a rien d’extraordinaire, c’est même monnaie courante tant cette ambivalence constitue l’un des charmes du genre. Mais dans celui du document, il en va tout autrement. Ce qui peut apparaître comme un paradoxe n’est-il pas dans certains cas exigé par la complexité du personnage ?

Vous connaissez François Pinault (1936) ? C’est l’autre de Bernard Arnault. On les confond régulièrement, du moins lorsqu’on n’est pas de leur monde. Les deux magnats également milliardaires, à la tête de multiples entreprises, animaux à sang froid, implacables dans les affaires, épris d’art. Quant au reste, qui est l’essentiel, à savoir leur personnalité, rien à voir. Dans les pages « Portraits », on les apparie souvent en raison d’une sorte de rivalité que les gazettes se plaisent à faire mousser mais elle est aussi factice et improbable que l’actuel accrochage Basquiat/Schiele sur les cimaises de la Fondation Louis Vuitton. José Alvarez, éditeur, romancier, essayiste et surtout excellent connaisseur de l’intérieur du milieu de l’art contemporain, a consacré une enquête à François Pinault, artiste contemporain (326 pages, 23 euros, Albin Michel), portrait plutôt que biographie, choix qui donne les coudées plus franches et autorise davantage de digressions, de subjectivité, de libertés. Ce dont l’auteur ne se prive pas et c’est heureux car, au-delà de ce que le titre annonce avec un parti pris prometteur, cela nous vaut un tableau saisissant de ce tout petit monde si incestueux au sein duquel un argent fou circule. Pour le coup, un vrai pognon de dingue !

Son goût, lui qui se dit réfractaire à toute tyrannie du goût ? Au départ, les Nabis et l’école de Pont-Aven, Bretagne oblige. Mais le choc d’un Mondrian en 1990, vu donc acheté (un collectionneur a besoin de posséder pour apprécier), lui fera franchir le pas vers l’art moderne. Ce n’est pas une collection mais un portefeuille boursier. A ceci près que les tableaux, contrairement aux titres, actions et participations, peuvent s’accrocher aux murs et permettre de jeter de la poudre aux yeux aux gogos qui en redemandent. Cela ne porte pas jugement sur l’art en question mais sur ceux qui l’instrumentalisent à des fins exclusivement financières.

François Pinault passe pour l’archétype du grand collectionneur d’art de son temps, voire le plus grand en France, ce qui va de soi car on les compte sur les doigts d’une main, mais aussi dans le monde. Or, il n’y a pas en démordre et ce livre y engage plus encore : cette image est une pure illusion, fabriquée avec la complaisance d’un milieu qui en tire profit, qu’il s’agisse des experts, des marchands, des conservateurs de musées, des commissaires d’exposition ou des critiques d’art dont les magazines vivent de la publicité des galeries, des commissaires-priseurs et de l’univers du luxe en général.

twombly_iliumQu’est-ce que ce collectionneur modèle dont nul, à commencer par ses collaborateurs, n’est en mesure de préciser ce qu’il possède, de dresser un inventaire ou, rêvons un peu, un catalogue raisonné de la collection ? Personne ne s’y risque pour la bonne raison que sa collection se confond avec sa maison de vente aux enchères (depuis 1998), rien moins que Christie’s, l’une des plus importantes au monde, ce qui lui permet de maîtriser le marché, la côte des artistes, le positionnement des œuvres, le marketing de l’art. Ce que le prétendu mécène expose dans ses « Fondations » vénitiennes et autres se retrouve souvent peu après dans des ventes chez Christie’s sans quel nul ne s’aventure à dire ce qui appartient à l’un ou l’autre Pinault. A se demander si la notion même de conflit d’intérêts a encore du sens pour ce spécialiste du mélange des genres. Ce cynique dévoiement de l’idée de collection est un bon reflet de la vulgarité de l’époque. Au vrai, le-plus-grand-des-collectionneurs devrait être l’antimodèle des collectionneurs.

Nous voilà loin, si loin, des vrais collectionneurs, ceux qui gravitaient autour de Paul Durand-Ruel à la fin du XIXème ou de Daniel-Henri Kahnweiler au début du suivant ; bien sûr, il y avait aussi et déjà des spéculateurs parmi eux, ce serait naïf de l’ignorer, mais vite éclipsés de l’histoire de l’art par des amateurs qui consacraient leur temps et leurs moyens à la passion exclusive de l’art et des artistes qui leur étaient contemporains. Eux n’étaient pas guidés par « l’optimisation des profits ». Le mot-valise « specullector » a été créé par le journaliste Jean-Gabriel Fredet pour François Pinault. Il faut vraiment être son ami pour dire comme Alain Minc que ce qui distingue en lui l’homme d’affaires opportuniste du collectionneur opportuniste, c’est l’affect, l’esthétique, le surcroit d’émotion.

On sait la saga de l’insolite breton (fait « Breton de l’année » en 2006 par Armor magazine) née dans la ferme de son enfance à la Cour Heuzé, au village de Trévérien ; on connait le parcours de l’ancien enfant de chœur qui a conservé un rapport paysan à la mort, du fournisseur de bois pour les scieries à la constitution de la holding Artémis(Fnac, Le Point etc) et du groupe Kering (anciennement Pinault-Printemps-Redoute, qui comprend dans le luxe Gucci, Saint-Laurent), après avoir édifié sa fortune en reprenant pour un franc symbolique nombre d’entreprises du secteur en dépôt de bilan et en profitant de montages pour échapper à l’impôt sur le revenu et à l’ISF. Une ascension jalonnée d’innombrables plaintes, procès, redressements, comme si l’homme en question était toujours limite dans ses pratiques.

« Le bon business, c’est de l’art » (F.P.)02-damien-hirst-venice-treasures

José Alvarez hésite à le juger car sitôt dénonce-t-il son cynisme qu’il le dit tout aussi vulnérable. Impérieux mais humble, ainsi le voit-il, jamais l’un sans l’autre. Après lui avoir décoché une flèche, il révèle la commande qu’il a passée à un ébéniste d’un cercueil en bois d’if, aussi dépouillé à l’extrême que ses toiles, sculptures, installations préférées sont a minima. N’empêche, l’auteur a beau faire et il le fait avec talent, humour, conviction et nombre d’informations inconnues hors du sérail, on a du mal à imaginer l’humaniste derrière le spéculateur. On peut d’ailleurs voir comme un rappel de son inconscient le fait qu’il jeté son dévolu sur la Bourse de Commerce à Paris pour y déployer bientôt une partie des œuvres de la Fondation Pinault, ou plutôt de la Pinault Collection (une société commerciale, ce qui est moins chic car d’apparence moins philanthropique) : l’endroit, alors dévolu au marché à terme des matières premières, fut au milieu des années 70 le théâtre d’un gigantesque scandale financier qui provoqua sa fermeture définitive, ce qu’il ne peut ignorer puisque lui-même y réalisa une plus-value de 10 millions de francs pour une mise initiale de 300 000 francs en spéculant sur le sucre.

Enfin, lors du vernissage au début de l’année prochaine, on en saura alors un peu plus sur « sa collection » (quelques 3000 oeuvres croit-on savoir) dont l’auteur regrette que certains artistes y soient surreprésentés (notamment des business men à son image, Jeff Koons dont les jardins jouxtant le Petit Palais à Paris vont finalement devoir accueillir le « Bouquet de tulipes », Damien Hirst, Murakami) ou surévalués (Adel Abdessemed dont certaines sculptures reculent les limites de l’indignité- ici ou ). Du flair ? Pas toujours sinon il n’aurait pas revendu ses Warhol au début du siècle, ni ses Rauschenberg, et il l’aurait utilisé pour découvrir et révéler des jeunes talents au lieu d’enrichir des valeurs sûres. Quant à son discours critique sur l’art, voire juste sa vision de l’art, elle est inexistante : il suffit de lire ses interviews sur le sujet pour s’en convaincre : même pas superficiel, juste creux, inexistant. S’agissant du marché de l’art, cet incontestable artiste du marché est le plus souvent loquace sur le marché et muet sur l’art. On dira qu’il n’est pas le seul.

15406_2Pinault est l’ambiguïté faite homme sans cesse rongé par le manque comme tout collectionneur. Mais si d’un côté l’auteur le magnifie en lui donnant du « condotierre », du « corsaire », du « Laurent de Médicis », du « plus grand collectionneur français depuis Louis XIV », de l’autre il nous le dépeint déterminé à mort, perfectionniste, solitaire, sombre, sourd aux conseils, irascible, impitoyable, demeuré un enfant surpuissant et orgueilleux, capable de lâcher un ami si cela sert ses intérêts ou un artiste s’il peut tirer profit de l’opération. L’auteur avoue même que cette « autre morale de l’art » dominée par l’argent et le profit lui inspire « un certain dégoût ». Tout est si dense et concentré en son (anti)héros que lorsque celui-ci se regarde dans une glace, « il semble contempler son squelette ». Il ne suffit pas d’avoir un ego surdimensionné pour être un personnage shakespearien. Il se vit en artiste ? Soit et le titre du livre de José Alvarez le dit bien. Mais un artiste minimaliste, austère, dépouillé, au risque du paradoxe avec sa nature violente et le maximalisme de son empire. Un minimaliste qui tiendrait un discours minimal sur l’art qu’il admire et donne à voir.

Un jour, venu regarder un ensemble cohérent de seize tableaux que lui présentait l’artiste franco-polonais Roman Opalka dans la plus grande galerie d’art du monde (et la plus inaccessible puisqu’il s’agit de la zone de transit des Ports francs de Genève), il manifesta clairement son enthousiasme pour la série : « J’achète ! ». Sauf que qu’il restera sourd aux appels, ne donnera plus signe de vie et reniera la parole donnée, cas d’humiliation d’un artiste que l’auteur raconte entre autres exemples d’indélicatesse. François Pinault, dont le discours de collectionneur se réduit à répéter qu’il a une lecture humaniste de l’art et que cette élévation spirituelle lui est indispensable, aura plutôt besoin de qualités humaines s’il veut, comme on le lui prête, laisser l’image d’un homme passionné par les artistes de son temps.

 

 

(« Jeff Koons, Francois Pinault et un troisième personnage non identifié au vernissage de ‘Elogio del Dubbio’ à la Punta della Dogana le 9 avril 2011 à Venise, photo Barbara Zanon ; « Bertrand-Lavier-Gabriel-Gaveau-Cattelan-Untitled-YPM-Portrait-de-Giacometti » JC-VINAJ-©-GFM ; « Ilium (One Morning Ten Years Later) [Part I]. © Cy Twombly Foundation, oeuvre de Cy Twombly qui est d’après José Alvarez « le parfait portrait » de François Pinault ; « Head of Demon » de Damien Hirst, exposé au Palazzo Grassi  pour  » Treasures From The Wreck Of The Unbelievable » à Venise en mai 2017, photo D.R. ; Paul McCarthy: <EM>Mechanical Pig</EM>, 2005 Silicone, platinum ; « Him » sculpture en cire et résine de polyester de Maurizio Cattelan photo D.R.) 

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commentaires

1 512 Réponses pour Pinault, artiste du marché

rose dit: 24 octobre 2018 à 5 h 14 min

Mr Court métrage ( qui a mesuré le lainage jaune moutarde nécessaire au manteau de l’ oncle RaspoutineRaskine).

rose dit: 24 octobre 2018 à 5 h 04 min

Mr Court métrage ( qui a mesuré le lainage jaune moutarde nécessaire au manteau de l’ oncle Raspoutine).

rose dit: 24 octobre 2018 à 5 h 02 min

JJJ

à 15h26 le 21/10

quant au laitier

noté ds Aïe mes aïeux ce questionnement sur les mésanges charbonnières qui se transmettent en connaissances trans- générationnelles l’ art de piquer (à la porte des cottages) le couvercle des bouteilles de lait en verre pour prélever sa dîme.

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 22 octobre 2018 à 11 h 29 min

j’ai renconté un photographe japonais qui revenait d’arles devant beaubourg,ilavaint installé ses photos par terre:celles que je préférais de toutes ces installations « sauvages »:nous sommes allés ensemble au collège de philosophie où il a fait de superbes photos d’arbres dont je lui montrais les écorces « anthropomorphiques »:le visage que j’avaisrepéréés,il en a vu d’autres et fait de splendides photos;puis nous sommes allés au collège même voir les Sol LeWitt | , avons pris un rafraichissement, et la journée était passée;il a publié ses photos au japon où ilétait actif

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 22 octobre 2018 à 7 h 07 min

, le conseil d’Etat a autorisé le groupe de luxe LVMH, à remodeler, via la Samaritaine, Paris à sa guise : la construction d’un bâtiment commercial privé par Vuitton va donc détruire un îlot presque entier, pourtant protégé par les lois sur le patrimoine (abords de monuments historiques) et sur les sites (site inscrit de Paris) !
https://www.sourgins.fr/de-versailles-a-la-samaritaine-lemprise-de-la-mondialisation/

Janssen J-J dit: 21 octobre 2018 à 22 h 52 min

@ Bl., Pour un Yankee tout/s ce/ux des Mexicains qui étai/ent « beyond-the-pale » étai/en/t infranchissables/s.

Bételgeuse @ 21.29, mais que se passe-t-il ?

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 22 h 19 min

Plus proche d’Arles, au Puy-Sainte-Réparade sur les hauteurs d’Aix-en-Provence, son travail, tout en épure, est visible au château La Coste avec l’aménagement du site du château pour son propriétaire Patrick McKillen, collectionneur d’art contemporain irlandais. Tadao Ando y a conçu le Centre d’Art

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 22 h 12 min

A partir de 2010, une manifestation a été mise en place : la Setouchi Triennale, organisée en collaboration avec le département de Kagawa, a lieu au printemps, en été et à l’automne. Y participent l’île d’Oshima, qui abrita autrefois une léproserie, ou encore celle de Shodoshima, où le Taïwanais Wang Wen-Chih a installé son Dream of Olive au pied de l’éblouissant paysage de rizières en escalier de Nakayama. Christian Boltanski a ­également inauguré cet été une nouvelle installation, La Forêt des murmures sur l’île de Teshima. Une déclinaison sur le thème des furin, ces clochettes de verre ou de métal accrochées l’été à l’extérieur des maisons, qui tintinnabulent au gré du vent. L’artiste français y avait déjà conçu une œuvre permanente en 2010, Les Archives du Cœur. Elles se consultent dans une maisonnette de bois à l’orée d’une petite plage. Ces enregistrements des pulsations cardiaques de personnes à travers le monde sont une réflexion sur le temps qui passe. Une méditation à laquelle ce chapelet d’îles transformées par l’art invite tout naturellement.

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 22 h 09 min

Trente ans après, le Benesse Art Site Naoshima, fondé sur l’idée d’inviter des artistes à créer des œuvres spécifiques aux îles et mené conjointement par la richement dotée Fondation Fukutake et Benesse, est un succès. On y découvre des créations monumentales comme le Chichu Art Museum (« musée dans le sol ») dessiné par l’architecte Tadao Ando. Incrusté dans le paysage de Naoshima, le lieu a été conçu autour d’œuvres de James Turrell, de Walter De Maria et de Claude Monet et laisse la lumière naturelle jouer avec les nuances des Nymphéas… Un peu plus loin, on trouve le musée consacré au Sud-Coréen Lee Ufan, et la Benesse House, hôtel-musée de luxe où l’art est au coin du couloir.
https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2016/09/28/au-japon-l-art-en-liberte_5004617_4497186.html

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 21 h 58 min

Le centre a été fondé en 1968 par la championne du monde et olympique de patinage artistique Sonja Henie ( 1912-1969 ) et son mari Niels Onstad ( 1909-1978 ), un armateur norvégien et un collectionneur d’art1. Le centre a été conçu par les architectes norvégiens Jon Eikvar et Sven Erik Engebretsen2.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_d%27art_Henie-Onstad

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 21 h 51 min

et pourquoi ne parle-ton pas de ça
Le Henie-Onstad Art Center, fondation et musée créés par la célèbre championne olympique de patinage artistique et star Sonja Henie (1912-1969) et son mari Niels Onstad (1909-1978), a annoncé qu’il restituerait La Femme en bleu, de Matisse, à la famille de Paul Rosenberg.
http://www.veroniquechemla.info/2014/03/monsieur-gurlitt-et-le-secret-du-tresor.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+VroniqueChemla+%28V%C3%A9ronique+Chemla%29

Bėtelgeuse dit: 21 octobre 2018 à 21 h 29 min

1491, Le nombre de commentaires dépasse t il enfin le record ou faut il encore surenchérir jusqu’au bon vouloir de Pierre Assouline

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 20 h 52 min

la mode:le cochon nain!
Même Gucci a mis un petit cochon dans un shooting avec le chanteur Harry Styles.

Bloom dit: 21 octobre 2018 à 20 h 01 min

The urge to destroy is also a creative urge” autrement dit, il invoque un truisme de l’AC : la destruction est aussi une forme de création. La phrase est attribuée à Picasso, mais elle viendrait de l’anarchiste Bakounine.

Recyclage d’un des topos de l’hindouisme. Banksy & ‘the likes of his’ sont des avatars du Kali Yuga, 4ème et dernier âge de la cosmologie hindou, celui du fer, de la négativité & de la discorde, qui prendra fin quand Vishnou-la-Paix viendra restaurer l’harmonie en faisant redémarrer le cycle. Réserver sa place pour ce jour-là.

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 19 h 26 min

Mais déjà, Christie’s, la concurrente de Sotheby’s, annonce un nouveau “coup”… à suivre

Christine Sourgins

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 19 h 24 min

coup monté!
Banksy, graffeur et peintre de Bristol, garde son identité jalousement secrète, il doit cependant, d’après les observateurs, disposer d’une équipe capable d’œuvrer aux 4 coins des rues du globe, grâce à ses pochoirs. Mais on découvre que sa troupe doit s’élargir à Sotheby’s. Comment imaginer qu’une des plus grandes salles des ventes n’ait pas examiné une œuvre appelée à une enchère record (1,042 million de livres, soit près de 1,2 million d’euros ! )? Sotheby’s, qui a déclaré « s’être fait banksée », ne s’est donc pas aperçu qu’il y avait une fente au bas d’un cadre, dont le poids était inégalement réparti, suite au mécanisme caché à l’intérieur ? Soit Sotheby’s est incompétente, soit elle est complice.

Banksy a revendiqué le truquage de l’œuvre, il y a des années : ah, s’il pouvait nous donner la marque de ses piles super endurantes ! Un complice (Bansky n’a peut-être pas pris le risque d’être présent) a pu déclencher le piège par télécommande, et d’autres filmer, mais si on pose que Sotheby’s est de mèche, il y a fort à parier que l’acheteur est aussi un comparse ! Sinon Sotheby’s aurait trompé un client. On voit l’avantage du montage : l’acheteur fait monter les prix de manière vertigineuse jusqu’à une cote record pour l’artiste, mais l’opération sera blanche car l’acquéreur peut refuser, in fine, une œuvre détériorée… Sotheby’s et Banksy s’offrent un coup de com planétaire sans grands risques.

Bansky, très présent sur le net, a justifié son acte par cette citation “The urge to destroy is also a creative urge” autrement dit, il invoque un truisme de l’AC : la destruction est aussi une forme de création. La phrase est attribuée à Picasso, mais elle viendrait de l’anarchiste Bakounine. Les oeuvres de Banksy sont souvent vandalisées, ce qui provoque l’apitoiement des bonnes âmes, or voilà la victime qui s’auto-vandalise ! En réalité, l’œuvre a changé de statut, de peinture, elle est devenue « performance », par le biais d’une « installation » cachée en ces flancs, le tout filmé en « vidéo », bref, elle cumule les principaux genres chéris de l’AC. On ne s’étonnera donc pas qu’il se dise que le prix de l’œuvre a, au moins, déjà doublé ! Ne serait-il pas naïf de croire que Banksy est victime d’un système qui réussit à recycler et intégrer ce qui est présenté comme « une critique radicale du système » ?

Bloom dit: 21 octobre 2018 à 18 h 42 min

Jansen,
plutôt marrante en effet la traduction automatique. Un jour viendra où les traducteurs, de soutiers de l’édition deviendront surnuméraires. Quand, par exemple, “beyond-the-pale” ne sera pas traduit par « au-delà du pâle », mais « inadmissible, inacceptable », car en Irlande du Nord, pendant les Troubles, il fallait avant tout « appartenir » (obligation dont il demeure de fortes séquelles aujourd’hui). D’autant plus crucial de bien traduire cette expression qu’elle vient de l’histoire irlandaise, de la haute palissade (palum) érigée au 12e s par les Anglo-normans autour de Dublin pour se protéger la ville des incursions des Irlandais gaéliques. Pour un Anglais tout/s ce/ux qui étai/ent « beyond-the-pale » étai/en/t infréquentable/s.

Phil dit: 21 octobre 2018 à 18 h 42 min

A 11.22 plaisant passage du triple J , train à wagon-restaurant pour voyageurs qui déjeunent avec des couverts sans mettre le coude sur le table

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 17 h 09 min

la Demeure du Chaos. Il est dur
pour eux d’imaginer que, sous
l’héliport, il y a des salles blanches
machines où opèrent près de 900
serveurs qui distribuent le savoir
dans le monde par Internet à travers
nos propres fibres optiques.
De même, au rez-de-chaussée et
au premier étage, près de 90 personnes
se relaient jour et nuit sans
aucune interruption pour piloter
et aiguiller à travers le monde,
les grands flux d’informations que
nous produisons et faisons transiter
par l’Internet.
Un peu plus haut au cœur du bâtiment
central, les salles de catalogues
et manuscrits, avec plus
de 290000 catalogues de ventes
de 1700 à nos jours, accueillent
nos chercheurs et rédacteurs qui
les commentent et les numérisent pour former ce qui est désormais
reconnu comme le plus
grand fonds de l’histoire du marché
de l’art. Ainsi, nous avons écrit
plus d’un million de biographies
et commenté puis répertorié, 110
millions d’œuvres d’art avec leurs
photos haute définition accessibles
par l’Internet

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 17 h 04 min

Le christianisme revient dans l’Art le plus contemporain : Catherine Grenier, conservateur au centre Pompidou et commissaire de grandes expositions vient d’en faire le sujet d’un livre, « L’art contemporain est-il chrétien ? » (aux éditions Jacqueline Chambon, 2003 ). Ce livre, un premier essai, rédigé au coeur d’une institution culturelle on ne peut plus laïque, complète l’ouvrage

Delaporte dit: 21 octobre 2018 à 16 h 58 min

« Tristesse de l’homme, tristesse de Dieu ? »

Il y a aussi le texte, court mais important, de saint Jean-Paul II, « Lettre aux artistes » (4 avril 1999), qui aborde ce thème de manière plus générale. Le pape cite à la fin son compatriote Adam Mickiewicz, qui écivait : « Du chaos surgit le monde de l’esprit. »

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 16 h 41 min

Tristesse de l’homme, tristesse de Dieu ?
L’Ecole Cathédrale vient d’éditer un livre : « L’art moderne entre emprise et déprise de Dieu » qui prend acte qu’une « intense expérience esthétique peut-être le préalable à une radicale perdition comme à une profonde conversion. De multiples discernements s’imposent alors… ». Les contributions sont des plus variées : Yves Rouillère ravive la figure de Miguel de Unamuno qui…

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 16 h 34 min

By Christine Sourgins | 11 août 2014 0 Comment
Un article publié dans le numéro d’Automne de la revue Catholica (N°121 pages 113 à 119) « la Beauté fait-elle encore signe ? ». Ce texte est une analyse critique du livre de Père Valadier, philosophe et jésuite, « La Beauté fait signe » paru au Cerf. J’ai essayé là de pointer les avancées mais aussi les ambiguïtés, voire les aveuglements, d’une pensée représentative de certains milieux catholiques s’occupant d’art. Vu les propos tenus par Paul Valadier, j’ai tenu à dédier ce texte à Pierre-Marie Ziegler, récemment et tragiquement disparu, co-auteur, avec A. de Kerros et M. Sallantin, des « 1983-2013, Années noires de la peinture », livre venant de sortir en librairie aux éditions Pierre-Guillaume de Roux.
Et en attendant, méditons cette phrase fort appropriée : « Toute la philosophie n’est fondée que sur deux choses : sur ce qu’on a l’esprit curieux et les yeux mauvais » Fontenelle (1657-1757) Entretiens sur la pluralité des mondes…

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 16 h 30 min

By Christine Sourgins | 11 août 2014 0 Comment
Paris Match prétendant avoir retrouvé le héros de Michel Houellebecq dans «La carte et le territoire» en la personne de Pierre Lamalattie, une visite s’imposait à la Galerie Blondel où le peintre exposait. Pierre Lamallatie fut effectivement pendant vingt ans le complice de l’écrivain, au point d’avoir édité ensemble la revue littéraire “Karamasov” et incarné un artiste fou dans un film tourné par le futur Prix Goncourt. Mais est-il le modèle esthétique du fameux Jed Martin ?

Article paru dans la revue Commentaire N°134, été 2011, p. 473- 474. A commander auprès de la revue :
https://www.sourgins.fr/pierre-lamalattie-et-michel-houellebecq/

Soleil vert dit: 21 octobre 2018 à 16 h 21 min

« Avec l’effacement du christianisme, reviennent des sagesses et des paganismes nourris de renoncements : renoncement à la quête de la vérité, renoncement au progrès, à la royauté de l’homme, à la liberté personnelle. »

C’est surtout à la montée de l’islam (donc à un autre monothéisme)que l’on assiste. Identifier christianisme et progrès c’est à démontrer (à moins de distinguer protestantisme et catholicisme). En fin écrire que le Bien remplace le vrai, n’est ce pas l’inverse ?

Pat V dit: 21 octobre 2018 à 16 h 12 min

Puisqu’on est en bout de piste je vais vous causer d’autre chose que de l’art contemporain…

Eh bien, on aimerait plutôt que ça ne finisse pas ces discussions sur l’art contemporain.
C’est notre humble avis.

didiermongol dit: 21 octobre 2018 à 16 h 02 min

Bloom dit: 21 octobre 2018 à 13 h 39 min
P. comme Paris dit: 21 octobre 2018 à 10 h 16 min
Cela sonne bien, Bloom.

Sympa. Bien à vous.

Peecommeparis et Merdibloom ensemble dans dans le bateau-mouche de la délicatesse

Janssen J-J dit: 21 octobre 2018 à 15 h 26 min

On pourrait dire qu’en l’absence de nobel cette année, ce Booker price attribué à Anna Burns, hélas encore jamais traduite en français, aurait pu avantageusemnt le remplacer ?…

Voilà donc ce qu’un grand journal britannique, The Guardian, nous en dit de manière fort pittoresque
______________
Milkman par Anna Burns – l’invention effrayante au cœur d’un roman original et drôle

Une jeune femme est forcée d’entrer en relation avec un homme plus âgé pendant les Troubles en Irlande du Nord dans cette histoire de tribalisme et d’espoir.

« Le jour où quelqu’un a menacé de me tuer en me menaçant d’une balle dans la poitrine, le même jour de la mort du laitier, commence ce roman étrange et intrigant qui aborde le conflit en Irlande du Nord du point de vue d’une jeune fille de 18 ans sans intérêt pour les problèmes de son pays. Elle garde la tête baissée, littéralement, en l’enterrant dans un livre pendant qu’elle marche. « Ce serait un livre du 19e siècle parce que je n’aimais pas le 20e siècle. » Ce faisant, elle s’est identifiée comme « au-delà du pâle » et a attiré l’attention sexuelle non désirée d’une figure paramilitaire supérieure, le laitier, qui l’a marquée comme sa propriété. Il devient vite de notoriété publique qu’elle a une liaison avec cet homme marié plus âgé. « Mais je n’avais pas eu de liaison avec le laitier. Je n’aimais pas le laitier et j’avais été effrayée et confuse par sa poursuite et sa tentative de liaison avec moi. »
En raison du statut et du pouvoir du laitier au sein de cette communauté en bataille, notre narrateur doit endurer sa présence. « Ayant été élevé dans une société où les règles de base étaient les suivantes : pas de violence physique, pas d’insultes verbales, pas de regards moqueurs dans le voisinage, rien ne se passait, alors comment pouviez-vous être attaqué par quelque chose qui n’était pas là ? »
En tant que personnage, le laitier est une invention immensément flippante. « Je ne savais pas qui il était. Ce n’était pas notre laitier. Je ne pense pas qu’il appartenait à qui que ce soit. » Pourtant, il est partout. Une phalange d’hommes silencieux plane dans son voisinage. Il dit clairement qu’il tuera le petit ami de la narratrice si elle continue à le voir. Il travaille sur elle jusqu’à ce qu’il la brise. « Cet homme m’avait empêché de devenir un néant soigneusement construit. Aussi par la communauté, par l’atmosphère très mentale, par les détails de l’invasion. »

Anna Burns, nominée pour le prix Orange en 2002 avec No Bones, qui a également dépeint les Troubles, est excellente pour évoquer l’étrange écosystème qui émerge pendant un conflit prolongé – « cette atmosphère psycho-politique, avec ses règles d’allégeance, d’identification tribale ». Il y avait « le bon beurre ». Le mauvais beurre. Le thé de l’allégeance. Le thé de la trahison. Il y avait « nos magasins » et « leurs magasins ». » La méfiance à l’égard des forces de l’Etat est totale : « Le seul moment où vous appelleriez la police dans ma région serait si vous alliez les abattre. »
Cependant, la violence paramilitaire ou étatique n’est pas montrée. Les cibles de Burns sont des forces plus insidieuses : l’oppression du tribalisme, du conformisme, de la religion, du patriarcat, de la méfiance générale et de la peur permanente. Elle tient un miroir jusqu’à la « police communautaire » qui a lieu au sein de « toute une communauté, de toute une nation, ou peut-être simplement d’un état let immergé à long terme sur les plans physique et énergétique dans les énergies mentales obscures ; conditionné aussi, à travers des années de souffrance personnelle et communautaire, d’histoire personnelle et communautaire, à être chargé de lourdeur et de douleur et de peur et colère ».
Milkman évoque plusieurs ouvrages phares de la littérature irlandaise. Dans sa voix narrative digressive et loufoque, il ressemble à un roman cité par le narrateur : Tristram Shandy. Elle est beckettienne dans sa capacité à tracer la logique dans l’absurde. Dans son évocation d’une communauté qui s’adapte pour survivre au sein d’une « enclave totalitaire », il rappelle une œuvre d’un autre écrivain nord-irlandais, que les voisins du narrateur condamneraient comme étant de « la mauvaise religion »
Mais malgré toutes les comparaisons, Milkman a sa propre énergie, sa propre voix. Bien que le roman se déroule en Irlande du Nord dans les années 1970, il suscite des réflexions sur d’autres régimes et leur impact : La Russie stalinienne, les talibans. Les chasses aux sorcières médiévales, l’empoisonnement Skripal et le mouvement #MeToo sont également venus à l’esprit en le lisant. Malgré la surréalité, tout dans ce roman sonne vrai.
La volonté de la communauté apparaît d’abord hégémonique et invincible, mais le compagnon du narrateur « au-delà du pâle », bien que disparate, est un phare d’espoir. Il y a le couple international qui a fait ses valises pour atteindre une renommée mondiale en tant que danseurs de bal champions, inspirant les enfants locaux à les imiter. Il y a le groupe féministe naissant, les « femmes d’enjeux ». Il y a le « vrai laitier » – un vrai laitier qui ne supportait pas d’avoir des armes enterrées dans son jardin, ni des genouillères, des fouets et des courts de kangourou, se faisant ainsi un paria.
Ce qui commence par une étude de la façon dont les choses vont mal devient une étude de la façon dont les choses vont bien, et les pousses vertes ne sont pas l’œuvre des paramilitaires. La narratrice de Milkman perturbe le statu quo non pas en étant politique, héroïque ou violemment opposée, mais parce qu’elle est originale, drôle, désarmante, oblique et unique : différente. On peut en dire autant de ce livre.

Article traduit avec beaucoup d’humour et de talent :-) pour nous en donner une petite idée, par http://www.DeepL.com/Translator

Lavande dit: 21 octobre 2018 à 15 h 22 min

Au costume, DHH. Je n’ai fait que le manteau (évolutif) de l’Oncle Raskine. Les autres costumes sont de la récup. Mais le long manteau en laine bouillie jaune moutarde ne passe pas inaperçu. D’ailleurs le comédien qui crève de chaud ne l’oublie pas lui non plus : dur métier ! Sa chemise était à tordre à la sortie !
J’ai une tendresse particulière pour le « doudou-grizzli aux yeux rubis » qui est le dernier avatar du tissu provenant du manteau. Malheureusement on ne le voit pas dans les videos de répétitions.
Petite anecdote: la dessinatrice était plutôt pour des yeux bleus pour l’esthétique de son dessin. Mais pour le spectacle, des boutons rouges étaient plus visibles de loin. Donc ils sont « bleu-gris » dans le texte et « rubis » dans la chanson.

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 15 h 10 min

Avec l’effacement du christianisme, reviennent des sagesses et des paganismes nourris de renoncements : renoncement à la quête de la vérité, renoncement au progrès, à la royauté de l’homme, à la liberté personnelle. Les conséquences en sont, par un lent processus, le remplacement du vrai par le bien, des dogmes par les mythes, du temps linéaire par un retour au temps circulaire, du monothéisme par le panthéisme, de l’humanisme de liberté par un humanisme de protection, de la démocratie par le consensus, de la ferveur par le lâcher prise… Ces retournements augurent-ils une libération ou une résignation régressive ?

Christine Sourgins prend la défense de l’auteur : nul déterminisme dans ce rigoureux diagnostic, mais une invitation à penser rationnellement le recul de la vérité. Pour mieux la retrouver, comme une condition de la liberté, ce qui sera peut-être l’objet d’un prochain livre. LP

LE DERNIER LIVRE de Chantal Delsol, L’Âge du renoncement (Cerf), est un ouvrage qui s’inscrit dans la lignée de ces Grecs qui, comme Aristote, renonçaient volontairement aux ambitions théologiques pour observer la réalité avec la raison (sans prétendre ainsi en évoquer la totalité). La démarche philosophique est un questionnement qui n’a pas la présomption de prédire ou de donner des solutions. Si ce propos dérange à ce point aujourd’hui, ce que la polémique soulevée par le livre indique, c’est que Chantal Delsol vise juste : nous avons glissé dans une société qui n’est plus hantée que par les mythes ou le consensuel.

Montrer que le tandem foi-raison est désormais remisé aux accessoires irritent certains chrétiens qui réagissent en se rassurant : « Des éléphants il y en aura toujours… car ça fait trop longtemps qu’ils sont là », tant il est difficile d’accepter qu’une culture brillante vacille, fut-elle l’Occident imprégné de christianisme.
https://www.sourgins.fr/chantal-delsol-aux-prises-avec-nos-renoncements/

hamlet dit: 21 octobre 2018 à 15 h 07 min

renato, merci. j’ai un peu de mal à éviter les poncifs, vous me l’avez souvent reproché.
surtout avec Adorno, il incarne toutes les contradictions de l’occident moderne. Dans les années 70 il était vu comme un réactionnaire.
La « dialectique de la raison » ne l’a jamais quitté. Son inimitié avec Schonberg, d’où son rôle dans le Dr Faustus de Mann, son amitié avec Lukacs… Adorno nous oblige à prendre chaque oeuvre dans un temps long qui démarre aux débuts de l’Humanisme, la première grande promesse qui a vu le jour en occident, et qui a échoué, comme toutes les autres promesses, celles des Lumières, du marxisme etc… Adorno est l’auteur de la déception occidentale, et comment ne pas continuer de constater cette déception, cela amuserait Adorno d’entendre Pinault d’autoproclamer son « humanisme ». Les poncifs sont devenus des fantômes avec lesquels il nout faut apprendre à vivre.

Je sais qu’il faut éviter les poncifs, mais je crois qu’il faut aussi éviter de trop enjoliver la réalité. Garder à l’esprit tous nos musées deviennent beaux le soir, quand les femmes de ménage prennent possession des lieux pour tout nettoyer, du sol au plafond, pour un salaire de misère, la précarité, la violence.. ce n’était pas le scénario prévu, Adorno le savait, comme il savait qu’après tous ces échecs, l’occident aurait du mal écrire de nouveaux scénarios pour écrire l’avenir. Fin des grands mythes, « désacralisation », toutes ces idées nées de la déception se sont transformées en poncifs et tartes à la crème, bientôt il ne restera même plus de possibilité d’être déçu.

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 15 h 05 min

When is appropriation fair use and when is it foul? In a heated lawsuit, the Andy Warhol Foundation is asking a Manhattan federal court to “stay on the right side of history” and “reject” what it calls a photographer’s “effort to trample on the First Amendment and stifle artistic creativity”. For her part, Lynn Goldsmith, a celebrity and fine-art photographer, warns that a ruling in the Foundation’s favour “would give a free pass to appropriation artists” and destroy licensing markets for commercial photographers. Both combatants’ made their pleas in cross-motions for summary judgment filed Friday (12 October).

In 1984, Goldsmith granted Vanity Fair a one-time license to use her photograph of pop musician Prince as source material for an artist’s illustration. The artist was Warhol, who created not just the illustration for Vanity Fair but 15 other portraits of Prince. In 2016, the Foundation licensed one of those portraits to Condé Nast for $10,000 for the cover of a magazine devoted to Prince published shortly after the musician’s death. The portraits have been exhibited in museums, 12 were sold, and four are in the Andy Warhol Museum. Goldsmith says she learned of Warhol’s series from online images posted after Prince died.
https://www.theartnewspaper.com/news/fair-use-or-foul-an-appropriation-case-involving-warhol-raises-an-artistic-debate-in-new-york-court?utm_source=sunday_October21_2018&utm_medium=email&utm_campaign=email_daily&utm_source=The+Art+Newspaper+Newsletters&utm_campaign=c02b43369c-EMAIL_CAMPAIGN_2018_10_18_07_03&utm_medium=email&utm_term=0_c459f924d0-c02b43369c-43644573

Janssen J-J dit: 21 octobre 2018 à 15 h 04 min

Robert McLiam Wilson

Ah ! voilà le seul romancier d’Irlande du Nord (de votre série) que j’ai eu le bonheur de lire à plusieurs reprises… Merci Bloom, de l’avoir rappelé à notre souvenir ému.
Cela donne envie d’aller aborder votre romancière sur son seuil. Y a-t-il eu qq chose d’elle de traduit en français ?

DHH dit: 21 octobre 2018 à 15 h 03 min

@Lavande
j’ai déjà inscrit le 17 février sur mon agenda.
j’irai voir la pièce en apportant une attention particulière aux costumes.

Bloom dit: 21 octobre 2018 à 14 h 36 min

Avant le Goncourt, le Man Booker Prize, décerné cette année à la romancière nord-irlandaise Anna Burns pour Milkman, un histoire de harcèlement sexuel sur fond de guerre civile larvée à Belfast. Entièrement médiatisée par la conscience de la narratrice, à la Virginia Woolf, ce roman aux personnages sans nom (« Somebody McSomebody », »Your brothers, thingy, thingy, thingy and thingy) » ) a été plébiscité par l’intégralité du jury.
C’est la première fois qu’un auteur nord-irlandais, en l’occurrence une auteure, se voit décerner le fameux prix, ouvert depuis trois ans aux écrivains américains qui l’ont raflé en 2016 (Paul Beatty, swiftien en diable) & 2017 (Paul Sanders, pas lu).
La province d’Irlande du nord, traditionnellement giboyeuse en grands poètes (Seamus Heaney, Michael Longley, Paul Muldoon) est également fertile en grands romanciers (Michael MacLaverty, Bernard MacLaverty, Robert McLiam Wilson et Paul McVeigh), qui ont donné ses lettre de noblesse à la littérature des « Troubles » et dont le Milkman de Anna Burns est un des derniers avatars. L’une des scènes initiales du roman a pour cadre les Waterworks, parc du nord de Belfast où j’avais mes habitudes et dans lequel la narratrice se fait accoster pendant son jogging par ce mystérieux « milkman » qui n’en est pas un…
« I didn’t own this territory so that meant he was allowed to run in it just as much as I was allowed to run in it, just as much as children in the Seventies felt entitled to drink their alcohol in it, just as slightly other children would later in the Eighties feel justified sniffing their glue in it, just as older people again in the nineties would come to inject themselves with heroin in it, just as at present the state forces were hiding in in it to photograph renoncers-of-the-state (…) »

Jazzi dit: 21 octobre 2018 à 14 h 36 min

« un Oncle-Racine muet vêtu d’un étrange manteau »

Ce manteau, qui se décline, c’est tout un personnage, Lavande, et vous en êtes la créatrice. N’oubliez pas de réclamer votre part des droits d’auteur !

Lavande dit: 21 octobre 2018 à 14 h 17 min

Puisqu’on est en bout de piste je vais vous causer d’autre chose que de l’art contemporain… quoique…
Ça y est j’ai vu (à Villeurbanne) la première du conte musical « Loin de Garbo » pour lequel j’avais été la costumière personnelle de l’Oncle Ratskine : j’ai fait un manteau/veste/gilet/cravate/doudou qui ma foi tient très bien son rôle (le comédien aussi d’ailleurs).
Le spectacle est vraiment excellent. Un beau conte sur l’exil et la transmission.
Il passera à Paris le 17 février à l’auditorium du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme : je vous le conseille vivement !
Un très beau livre-CD vient de sortir aussi : présenté sur le site de l’auteure : https://sigridbaffert.net/loin-de-garbo/
Il est en vente partout.

Chtimimi dit: 21 octobre 2018 à 14 h 06 min

hamlet dit: 21 octobre 2018 à 0 h 24 min
je suis désolé et n’en déplaise aux spécialistes mais cet ananas est triste !

Et même sinistre.
Logique : l’ananas est incliné vers la gauche. La senestre. Donc sinistre. Forcément sinistre.
Pour la jeune femme, il est incliné vers la droite, donc porteur d’ondes positives, évocatrices de paysages exotiques aux effluves magnétiques, de chaleurs torrides et de parfums sensuels, et … je parle de l’ananas, bien sûr, pas de ‘la nana’ !

Janssen J-J dit: 21 octobre 2018 à 13 h 48 min

mais tout le monde s’en fiche désormais de la vie privée, ça existe pu… comme dirait le Volatile. Epi, les fichiers, c trocoule, ça fiche pour notre bien, ça détecte celzéceux qui la fichent mâle.
T’as déjà vu le conseil d’Etat servir à autre chose qu’à valider tous les textes les plus liberticides de l’Exécutif au nom de l’impératif de sécurité sécuritaire sécurisant ? T’as dit quoi là : liberte – icide ?… mais c quoi, c’te bête à foin là ?…
https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/10/18/vie-privee-le-conseil-d-etat-valide-le-fichier-rassemblant-les-informations-de-60-millions-de-francais_5371436_4408996.html

Jazzi dit: 21 octobre 2018 à 13 h 35 min

Hier, j’ai vu « L’amour flou » de Romane Bohringer et Philippe Rebbot. Une comédie sympathique sur le thème de la séparation des parents et du sort des enfants. Une histoire réelle, que le couple a traité de manière loufoque, en convoquant tous les membres de leurs familles respectives : parents, enfants, frères, soeurs…
Moitié bobo, moitié roman…ichel ou plutôt saltimbanque !
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19579752&cfilm=264969.html

Jazzi dit: 21 octobre 2018 à 13 h 27 min

La longue attente d’un nouveau billet de Passou a-t-elle un lien avec l’annonce, le 7 novembre, du prochain Goncourt ?

Les 8 titres encore en piste :

Pauline Delabroy-Allard, Ça raconte Sarah (Editions de Minuit)
David Diop, Frère d’âme (Seuil)
Paul Greveillac, Maîtres et esclaves (Gallimard)
Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux (Actes sud)
Tobie Nathan, L’évangile selon Youri (Stock)
Daniel Picouly, Quatre-vingt-dix secondes (Albin Michel)
Thomas B. Reverdy, L’Hiver du mécontentement (Flammarion)
François Vallejo, Hôtel Waldheim (Viviane Hamy)

renato dit: 21 octobre 2018 à 13 h 14 min

Transformer ses échecs — ses ratages — en succès est une particularité des plasticiens : Giacometti, de Kooning. Temps de réflexion plus long, voir l’observation de Valery à propos de Degas dans Degas, danse, dessin.

Jazzi dit: 21 octobre 2018 à 12 h 53 min

Moi j’aimerais bien que Passou nous parle de ses déboires au cinéma, Clopine, notamment à propos de l’adaptation de « Lutetia »…

Jazzi dit: 21 octobre 2018 à 12 h 43 min

« Face aux appels à la haine lancés par Mélenchon contre les journalistes, pourquoi ceux-ci ne posent-ils pas leurs micros à terre en lui tournant le dos à sa prochaine conférence de presse ? Un sursaut de fierté, est-ce trop demander ? »

Il y a eu un précédent qui avait calmé les caprices de la star, Passou !
https://photo.femmeactuelle.fr/festival-de-cannes-photos-insolites-et-scandale-sur-la-croisette-10624#isabelle-adjani-boudee-par-les-photographes-188569

renato dit: 21 octobre 2018 à 12 h 37 min

J’attends mes Puntarelle alla Romana et le verre de Frascati m’appelle, hamlet, pas envie donc de chercher le post où vous parliez d’Adorno et disiez qu’il se serait ‘adapté à l’époque en joignant les deux bouts art et culture’ — cité de mémoire —. Je ne comprends pas, car Adorno a clairement dit que l’art est un secteur de la culture — Théorie esthétique, là où il fait le rapprochement culture déchets [résidus, ordures ?] —.

Janssen J-J dit: 21 octobre 2018 à 11 h 34 min

Une fois, j’ai été traité à la rdl de « Bête à manger du foin ». J’avais pensé à un compliment, mais je m’aperçois aujourd’hui que c’est tout le contraire. Cela signifie sans doute qu’on avait voulu me traiter de « Complètement idiot, stupide ». Vérification faite, voici l’origine de cette locution trainant sur la toile (et copiée-collée) :
« Il n’est jamais bon de se faire traiter de ‘bête’, mot depuis longtemps utilisé pour désigner quelqu’un de plus ou moins idiot, par comparaison avec l’intelligence supposée d’un animal. Si, parfois, il y a dans ce qualificatif une connotation de tendresse ou d’indulgence, quand on rajoute en plus « à manger du foin », l’injure ne fait plus aucun doute. Cette expression est attestée en 1774.
Le mot ‘foin’, qui désigne une herbe fauchée destinée au fourrage, est parfois utilisé pour désigner quelque chose de peu de valeur, sans intérêt. La locution peut alors s’entendre comme : « tu es complètement stupide car non seulement tu es bête, mais tu l’es au point de manger quelque chose sans aucun intérêt ».
Parallèlement à cette expression, on trouvait aussi « bête à manger des chardons » où là, l’allusion à l’âne, cet animal supposé stupide, est très claire. Exemple : « Ben, tu ne vois pas ce qu’elles font […], mais alors tu es bête à manger du foin ! » Jean-Pierre Chabrol – La gueuse
________
Instructif, non ?…

Janssen J-J dit: 21 octobre 2018 à 11 h 22 min

Tous les jours dans les rames du RER ou du métro, le spectacle médusant de l’hexis corporelle des parisiens et des banlieusards… une société transformée en une « culture du regard baissé et de la nuque courbée » (comme dirait Grober).
Le geste permanent de saisir son smartphone et de consulter son écran…, et la déception permanente que l’on voit se peindre sur des visages rembrunis par le fait de n’être pas appelé et connecté autant qu’il le faudrait…
voilà un signe qui ne trompe personne. Vous n’existez pas, y compris pour les multiples virtuels censés vous maintenir en état d’alerte maximale, bien que vous vouliez envoyer le message que les êtres réels de la rame qui vous entourent n’existent pas. La réactivation constante par un geste de votre pouce en même temps que le regard frénétique et furtif jeté sur votre écran désespérément vide et muet, atteste du caractère pathétique de votre relation totalement aliénée au monde. Le lecteur qui tourne lentement les pages de son livre papier, la tête droite, (au milieu de cet océan de petits écrans sous les doigts et de fils branchés dans les ouïes des voyageurs), semble par contraste un homme heureux et comblé, qui sent encore la diversité du monde respirer autour de lui.

Clopine dit: 21 octobre 2018 à 11 h 16 min

Bon, comme on commence à s’ennuyer ferme, je vous propose un jeu : deviner le sujet du prochain article de notre hôte.

Perso, comme j’aimerais vraiment qu’il le fasse, je vote pour « l’arabe du futur » de Ryad Sattouf…

Quelqu’un veut jouer ?

William Legrand dit: 21 octobre 2018 à 10 h 10 min

les grandes plumes se sont barrées, ne restent que des résidus comme delaporte ou hamlet, c’est assez pour se carapater vite fait

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 9 h 42 min


Nul n’a jama
is
p
e
int, s
cul
pté,
modelé,
inventé
que
pour sort
ir de
l’en
fer de la
fol
ie”
C’est par ces mots d’Antonin
Artaud qui gravent ma chair éven
­
trée, que j’ai démarré ma plaidoirie
de deux jours en ma qualité
de prévenu après le verdict de la
Chambre Criminelle de la Cour de
Cassation qui me renvoyait pour
la quatrième fois devant la justice
des Hommes dans une enceinte
correctionnelle pour avoir com
­
mis le crime suprême d’avoir en
­
gendré un monstre tricéphale : la
Demeure du Chaos.
Le géniteur que j’étais devait donc
tuer sa créature au nom de la rai
­
son d’Etat et de l’urbanisme bien
pensant.
Dans ma tête, j’entendais Vincent
Van Gogh qui hurlait : “je lutte
pour mon art car si je gagne il sera
le meilleur paratonnerre de ma fo
­
lie”. André Breton, alors étudiant
ehrman demeure duchaos

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 21 octobre 2018 à 9 h 26 min

La Demeure du Chaos est aussi devenu un musée d’art contemporain, sous le nom de Musée L’Organe1, dont l’entrée est gratuite2.
je ne l’ai pas vue
bon dimanche

Bloom dit: 21 octobre 2018 à 8 h 45 min

Insolite : Sigurdur Hjartarson, collectionneur de pénis d’animaux

S’il avait aussi collectionné les burnes, réelles ou métaphoriques, il aurait pu ajouter la photo d’un des slogans de la manif anti-Brexit d’hier à Londres: « Bollocks To Brexshit » (« Khônerie de Brexit de Merdre »).

renato dit: 21 octobre 2018 à 8 h 35 min

« … alors que la modernité visait le contraire. »

Certaines choses changent, d’autres ne changent jamais, hamlet. Pour ne dire qu’une évidence, au contraire de la science qui ne sait que réduire son objet à une simple fonction, l’art sépare le signe de l’image (scission du langage), de ce fait la pensée ne pourra l’appréhender qu’en s’efforçant de perpétuer le souvenir et l’exigence de l’unité originaire.

Là où vous dites : « … discours accompagnant les oeuvres, un discours critique où prédomine une foi au détriment de la théorie, ce qui marquerait un retour à un «art sacré»… », c’est la possibilité d’un marais de poncifs qui se profile, et je n’ai vraiment pas envie de jouer le rôle de Charon. Restons au fait que comme en musique, en littérature et en mathématique il y a, sous-jacent à l’art, un système de signes… enfin, vous voyez bien où cela conduit…

Delaporte dit: 21 octobre 2018 à 1 h 32 min

Marguerite Duras, pour Semoun, ou encore M. Hire de Simenon. Il pourrait jouer ce personnage qui lui ressemble en tous points. A la place de la passion du bowling, on mettrait celle des plantes vertes.

Delaporte dit: 21 octobre 2018 à 1 h 28 min

Elie Semoun, au lieu de nous sortir un de ses sketchs miteux, pourraient nous lire à la place quelques pages de Duras : cela ferait le même effet. Avec cette différence que Duras était souvent drôle, et que Semoun ne l’est JAMAIS.

Delaporte dit: 21 octobre 2018 à 1 h 26 min

Les sketchs d’Elie Semoun ne m’ont jamais fait rire. La chose principal qui lui manque, c’est d’avoir un peu le sens de l’humour. On ne sait pourquoi certaines personnes rient devant lui. Sa véritable vocation, ce sont les plantes vertes. Un type très austère et désespéré, obsédé par les petites annonces.

Delaporte dit: 21 octobre 2018 à 1 h 20 min

Un des sketchs les plus foireux d’Elie Semoun, qu’il interprète à la ramasse, et dont les paroles pourraient avoir été écrites par Marguerite Duras un jour de cuite (jusqu’au mot « pute », qui apparaît à la fin, cf. La Pute de la côte normande, éditions de Minuit, aussi délétère que ça). On y perçoit la quintessence de l’esprit meetic, misérabiliste et solitaire, comme si ça sortait du tuyau pour s’épandre à la surface en un cri de rage voué au silence :

https://youtu.be/F3T7A68wuEg

hamlet dit: 21 octobre 2018 à 0 h 22 min

je l’ai retrouvé, mais bon j’espère que le/la « spécialiste » ne le verra pas sinon il/elle va encore dire sur un ton péremptoire de psécialiste que cet ananas est joyeux :

https://www.google.fr/search?biw=1280&bih=607&tbm=isch&sa=1&ei=NarLW7XKNYjyat_8o5gL&q=hopper+tableau+restaurant&oq=hopper+tableau+restaurant&gs_l=img.3…7081.11546.0.11862.15.15.0.0.0.0.99.1163.15.15.0….0…1c.1.64.img..0.2.177…0j0i30k1j0i5i30k1j0i8i30k1j0i24k1j0i8i7i30k1.0.a0gwNqLw8Fo#imgrc=3UjydarvCEOMkM:

hamlet dit: 21 octobre 2018 à 0 h 19 min

cet ananas semble tellement triste que quand on voit cette femme se pencher il nous qu’elle va venir le saisir et le prendre dans ses bras pour le réconforter !

hamlet dit: 21 octobre 2018 à 0 h 18 min

mais n’y a fait, makache walo ! à chaque fois que je suis revenu voir cet ananas il me semblait triste, et même de plus en plus triste, d’une tristesse à fendre le coeur, bien plsu triste que ce couple de côtelettes à côté de lui, qui comme tous les couples chez Hopper semble se faire la tronche..

hamlet dit: 21 octobre 2018 à 0 h 15 min

du coup j’ai essayé de regarder cet ananas avec la plus grande objectivité, essayent de faire table rase de tous préjugés et aprioris !
j’ai même relu le début du discours de la méthode de Descartes pour me mettre dans les meilleures conditions d’impartialité et de ne prendre pour vraies que les choses que j’aurais vérifiés sans apriori !

hamlet dit: 21 octobre 2018 à 0 h 12 min

du coup, je l’avoue, cet ananas m’a empêché de dormir.

je me suis demandé si ma vision personnelle et à priori erronée de cet ananas était justement erronée parce que je projetais en lui une partie de moi-même, lui faisant endossé les malheurs et les échecs d’une existence, et qui lui était étranger.

mon Dieu quelle misère !

hamlet dit: 21 octobre 2018 à 0 h 10 min

en fait j’ai très mal pris cette réponse quand je me suis permis de dire, le plus simplement du monde, que sur ce tableau je trouvais cet ananas triste.

ça n’a pas loupé ! de suite la réponse d’une personne qui m’a rétorqué : pas du tout ! cet ananas n’est pas triste, il est même assez joyeux !

difficile cohabitation entre les petits mateurs qui ne connaissent pas grand chose à l’art et les spécialistes qui n’hésitent jamais à louper l’occasion d’humilier en public les petits amateurs !!!

voilà le monde dans lequel nous vivons !

hamlet dit: 21 octobre 2018 à 0 h 00 min

exemple : « comme le vent dans les feuilles, la magie d’un instant, d’une rencontre avec une oeuvre ou avec des personnes comme Louis Clayeux, le galeriste qui m’a permis de comprendre l’art contemporain. »

peut-on parler de révélation ? ou de conversion ?

hamlet dit: 20 octobre 2018 à 23 h 58 min

« renato dit: 20 octobre 2018 à 18 h 59 min
hamlet, êtes-vous sur d’avoir étudié L’esthétique d’Adorno ? »

renato je sens poindre votre critique, et vous avez raison !

toutefois, même si Adorno réussi à s’adapter à l’époque en joignant les deux bouts art et culture, il me semble qu’il y manque quelque chose qu’il n’avait pas vu venir, une chose qui concernerait le discours accompagnant les oeuvres, un discours critique où prédomine une foi au détriment de la théorie, ce qui marquerait un retour à un « art sacré » : plus les oeuvres désacralisent plus les discours qui les accompagnent se sacralisent… alors que la modernité visait le contraire.

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 20 octobre 2018 à 20 h 40 min

Le gosse de l’Île-Grande est un des collectionneurs d’art contemporain les plus réputés. Marcel Brient était jeudi à l’avant-première du documentaire qui lui est consacré.

Entretien

Marcel Brient est réputé dans les salles de vente du monde entier pour son expertise et sa collection d’art contemporain. Il est également le plus grand collectionneur français d’objet de design. Pourtant ce fils de tailleur de pierre de l’Île-Grande se glisse mal dans le moule de plus en plus étriqué des musées et des commissions trop classiques.

Vous avez une des collections les plus importantes en art moderne dans le pays…

Je collectionne depuis presque 40 ans. J’ai travaillé à Beaubourg. Pourtant je n’existe pas pour les gens de la Fédération nationale d’art contemporain (FNAC) ou de Beaubourg. Ces gens-là restent attachés aux valeurs reconnues, pas aux nouveautés. Je dérangeais quand je travaillais avec eux, même si je leur ai permis d’acquérir des oeuvres majeures. Moi, j’attache plus de valeur à l’instant, au détail. Comme le vent dans les feuilles, la magie d’un instant, d’une rencontre avec une oeuvre ou avec des personnes comme Louis Clayeux, le galeriste qui m’a permis de comprendre l’art contemporain.

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 20 octobre 2018 à 20 h 35 min

retour sur le billet
L’exposition Sol LeWitt collectionneur. Un artiste et ses artistes présente une centaine d’œuvres issues de la collection de l’artiste américain Sol LeWitt (1928-2007).

Auteur de textes fondateurs de l’art conceptuel, de structures sérielles en trois dimensions et de plus de mille deux cents dessins muraux créés entre 1968 et 2007, cet artiste était également un collectionneur, dont la pratique eut parfois une influence sur son travail artistique.

Sol LeWitt a constitué une collection remarquable, riche de plus de 4000 œuvres, s’inscrivant ainsi dans la lignée d’artistes-collectionneurs tels que Arman, Robert Rauschenberg, Alfred Stieglitz ou Giorgio Vasari. Dans leur majorité, les œuvres de la Collection LeWitt sont issues d’échanges, notamment avec de jeunes créateurs qu’il s’efforçait ainsi de soutenir.

L’exposition se concentre sur un ensemble d’œuvres minimales et conceptuelles sur papier, principalement des années 1960 et 1970. Elle rend compte de la diversité de la Collection LeWitt, incluant des estampes japonaises du milieu du XIXe siècle ainsi que de la peinture aborigène, mais également des partitions musicales et des enregistrements d’œuvres de Johann Sebastian Bach et Steve Reich.

La présentation de la Collection LeWitt au Centre Pompidou-Metz s’accompagne également de la diffusion d’une dizaine de pièces sonores composées par Sébastien Roux, directement inspirées des dessins muraux de Sol LeWitt exposés en Galerie 2, ainsi que de la contribution de l’artiste Marcelline Delbecq, qui a rédigé la signalétique.

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 20 octobre 2018 à 20 h 31 min

Passion Phallus
Sigurður Hjartarson a toujours collectionné les phallus. De hobby alors qu’il était encore proviseur de lycée, cette passion se concrétise en 1997 dans une institution unique en son genre. Grâce à l’obtention d’une bourse de 200 000 couronnes islandaises (1 300 euros), le Musée Islandais de la Phallologie ouvre ses portes en août de cette année.

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 20 octobre 2018 à 20 h 26 min

Aujourd’hui, le Musée National des Phallus compterait plus de 217 phallus de la faune mammifère : des pénis d’ours, de phoques, de morses… et 300 objets d’art phallique. Aussi, deux hommes auraient promis au musée de faire donation de leur pénis après leur mort. En effet, le phallus humain est ce qu’il manque à la collection de Sigurdur Hjartarson. En 2011, Pall Arason, un Islandais de 95 ans avait fait don de son pénis, mais Sigurdur Hjartarson n’avait pas réussi à le conserver : « J’aurais peut-être dû le mettre dans du vinaigre avec un peu de sel pour une meilleure conservation », avait-il confié au Lonely Planet. Si vous êtes donc de passage en Islande et avez envie de voir des phallus un peu partout et de ramener des porte-clés ou des ouvre-bouteilles en forme de pénis, allez-y !

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NEON

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 20 octobre 2018 à 20 h 21 min

Regardez cet objet. D’après vous, c’est quoi ? » Jean-Jacques Lebel jubile devant notre perplexité. La chose que nous présente l’artiste de 81 ans est de forme phallique, d’usage indéfini ou… trop défini. « C’est un instrument pour ensemencer la terre », répond-il, espiègle. On trouve de tout, vraiment de tout, dans sa maison du neuvième arrondissement parisien. Des sculptures d’art africain, un saint Sébastien chiné aux puces, une œuvre de Konrad Klapheck ou encore une toile d’Augustin Lesage. Collectionneur, le pionnier du happening et de la performance, celui qui a introduit la Beat Generation en France, l’a toujours été.

Cet ensemble sera partiellement montré à partir du 16 février au Palais de Tokyo, à Paris, en dialogue avec celui d’un autre artiste collectionneur, Kader Attia, 47 ans. Les deux hommes sont amis. Et le musée parisien a décidé de montrer la proximité entre les deux plasticiens collectionneurs à travers les nombreux échanges
bonne soirée

et allii,avec 2l pour mieux voler et 2i dit: 20 octobre 2018 à 20 h 03 min

D’autres personnalités, comme Pierre Desproges ou l’acteur Pierre Doris, ont collectionné des cochons dans le passé. Mais aucun n’a réuni d’objets aussi divers et nombreux que Jean-Claude Dreyfus. Très sollicité, il ne peut répondre favorablement à tout ce qui lui est proposé.
« Jean-Claude Dreyfus chante, en toute sobriété! ». Il fera suite au précédent, intitulé « De porc en port… »

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