de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

2013 : voeux à volonté !

« … Tel un géomètre, tout entier cloué

à la mesure du cercle, qui ne trouve

nulle idée du principe qui lui manque,

tel j’étais, à cette vision nouvelle :

je voulais voir comment avait pu se joindre

la figure au cercle, et quel lieu elle y scelle ;

mais à cet envol ne suffisaient mes plumes :

or mon esprit fut ébranlé d’un éclair

dans lequel son souhait fut accompli.

Ici défaillit la sublimée vue ;

mais déjà menait mon désir et vouloir,

comme est régulièrement mue une roue,

l’amour qui meut le soleil et les étoiles ».

 

 

 

( Qual è’l geomètra che tutto s’affige/ per misurar lo cerchio, e non ritrova,/ pensando, quel principio ond’elli indige,/ tal era io a quella vista nova:/ veder voleva come si convenne/ l’imago al cerchio e come vi s’indova;/ ma non eran da cio le proprie penne:/ se non che la mia mente fu percossa/ da un fulgore in che sua voglia venne./ A l’alta fantasia qui manco possa;/ ma gia volgeva il mio disio e’l velle,/ si come rota ch’igualmente è mossa,/ l’amor che move il sole e l’altre stelle ».

 

  Un jour, un dessin croisé sur la Toile nous marque; on le met de côté. Un autre jour, on reçoit une nouvelle édition bilingue de la Commedia de Dante ; on guette le bon moment pour s’y immerger. Après il faut laisser les choses advenir. On lit et on relit les derniers vers du dernier chant du Paradis par les mots du traducteur Jean-Charles Vegliante; et, par un phénomène mystérieux, le trait de Saul Steinberg nous revient en mémoire. Alors leur rencontre que l’on veut croire inédite nous semble relever d’une grâce qui nous serait réservée ; et l’on se dit que, au fond, l’année pourrait plus mal commencer.

 

(La Comédie de Dante Alighieri, Poésie/ Gallimard, 1280 pages, 17 euros ; « Untitled, 1948 », encre sur papier de Saul Steinberg, Beinecke Rare Book and Manuscript Library, Yale University, and The Saul Steinberg Foundation/Artists Rights Society (ARS) )

Cette entrée a été publiée dans Poésie.

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commentaires

144 Réponses pour 2013 : voeux à volonté !

rose dit: 5 janvier 2013 à 18 h 55 min

très belle association passou entre ce dessin à la plume et les vers sous la plume; bravo !

treize attentivement et treize amicalement

meuh dit: 4 janvier 2013 à 14 h 11 min

Les « meuh meuh » ne semblent pas dignes de votre belle acuité de lecture, allons !!
En revanche, la traduction de « fantasia » (en gros, pour les modernes, « imagination ») ne saurait être aussi simplette… et il ne faut pas confondre « coulant de source » (c’est-à-dire allant dans le sens du courant) avec élégance – encore moins avec musicalité : car la musique de Dante est tout sauf douceâtre. La première version de ce traducteur portait (IN – ActesSud, 2007) « Ici défaillit la vision sublime » – sans doute plus lisse… il faut croire que la « vision » en elle-même n’a pas défailli (comment le pourrait-elle, au plus haut du paradis ?), d’où cette tentative, je suppose, moins facile, avec l’inversion « sublimée (passif) vue ». La critique est aisée… etc… certes certes…
De plausibles explications, en cas de besoin, dans : http://www.recoursaupoeme.fr/rencontre/jean-charles-vegliante/la-rédaction

Daaphnée dit: 3 janvier 2013 à 13 h 45 min

Quelle honte cette DHH, un billet pour les voeux et elle ne trouve que prétexte avec les supposés malheurs de notre égocentrée normande pour venir vomir son vieux jus!

Quelle lacheté et que de miasmes !
Beurk.

Giovanni Sant'Angelo dit: 3 janvier 2013 à 0 h 09 min


…si vous avez une petite spécialité de savoir faire utile,…je veux dire autre chose que de raconter des « pythagorismes » ou autres  » sophismes », a la manque,…par exemple tenir un balai, une bougie, votre pantalon, parler à haute voie, pour être entendu à cinquante mètres,…ou faire les cent pas,…
…c’est déjà, mieux que rien, pour être engager sur mes domaines & châteaux,…le jour ou ils me seront céder,…ils seront des vôtres,…
…j’espère seulement que la salle d’orgie ne sera pas constamment pleine comme la cathédrale  » Notre Dame « ,…
…il faudra bien la nettoyer une fois par jour,…S.V.P.,…n’échanger pas vos clefs d’armoires de vos affaires,…pour ne pas ressortir en tenue de Carnaval,…
…vous serez aussi honorables que les plus castes sires d’entres les lords,…
…la T.V.,…ne seras pas pas admise, et tout ce qu’on dira qui serait contraire à la  » morale »,…ne serais que pure fantaisie en vue de porter le discrédit en mes Domaines,..
…j’espère que les hôtes  » éternels » en mes châteaux seront en liesse constantes,…et que les états de l’union libres de l’Europe, sera à même de se porter garante pour nos voeux de bonheurs que nous lui souhaitons de grand coeur,…
…etc,…nous promettons de faire voeux d’accomplir des années de débauches en partage sur simple demande pour la cause à l’€uro,…
…etc,…encore un qui perd la boule de Cristal,…

D. dit: 2 janvier 2013 à 22 h 54 min

moi j’ai pas beaucoup de plaisir à te lire, Thierry. Il faut que je m’y reprenne à trois fois avant de comprendre comment t’as cherché à tourner ta phrase.
Là par exemple je viens seulement de comprendre.

D. dit: 2 janvier 2013 à 22 h 52 min

Je vous présente mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année , à vous, Cher Pierre Assouline, et à Vous tous, Chers Commentateurs.

DHH dit: 2 janvier 2013 à 20 h 57 min

mon post de 20 h 53 etait une reponse à Lavande ,parlant de clopine ,mais apparu n’importe où dans le maelstrom inintelligible de l’entrelacement deposts et de reponses ,on ne comprend plus de quoi il parle.
merci à Lavande de corriger

DHH dit: 2 janvier 2013 à 20 h 53 min

A moi aussi elle me manque,tant ici que sur son blog, reflet de son attachante personnalité et habité de son don d’ecriture
c’était pour moi la vraie star de l’ancienne RDL,mille fois plus talentueuse ,cultivée et originale que celle qui prenait plaisir à l’ecraser de son brio et de l’eclat de son CV et qui doit se trouver orpheline de quelqu’un à mépriser

A nouveau le Comte Paux-Lalane de Vair, XIIIème du nom dit: 2 janvier 2013 à 20 h 33 min

Rien à ajouter de plus. Si j’osais j’enlèverais même un « à nouveau » de trop.

Comte Paux-Lalane de Vair, XIIIème du nom dit: 2 janvier 2013 à 20 h 24 min

Une excellente année, selon l’expression consacrée, à Clopine, ma valeureuse et estimable adversaire, qui, à n’en pas douter, est la meilleure d’entre vous : elle « en a » assez pour se retirer quelque temps, elle. Elle me manque mais comme elle m’a toujours manqué, je suis habitué. Je me dis bobinesquement qu’elle est sur la voie des retrouvailles avec elle-même. Elle est l’un des rares esprits contre lesquels j’ai pris ici un peu de plaisir à me battre. Je lui souhaite la paix nécessaire pour que l’on puisse un jour, à nouveau, enfin revigorés, en surfant dans le rouleau de deux coups de sang, échanger à nouveau notre recette des marrons mal tirés du feu.

Amitié maladroite.

C’est quand qu’on mange ?

Thierry Kron dit: 2 janvier 2013 à 20 h 20 min

Jacques, c’est Monteverdi, merci à Clopine pour ce moment musical. J’aime la musique religieuse avec beaucoup de plaisir à entendre les musiques de cette période.

Daaphnée dit: 2 janvier 2013 à 19 h 34 min

D. je garde un silence relatif, certains en prendraient ombrage … puis, les cadeaux c’est pour de vrai que c’est bien surtout pour le noeud à frisettes autour du papier cadeau ..

(Bref.
Ueda, la légèreté n’exclut pas le pouponnage .. à tout le moins un sens du .. intelligemment adapté à ces bébés qui deviennent des hommes //)

Tiens! Meilleurs voeux à tous et plein de bébés de toute espèce!

Lavande dit: 2 janvier 2013 à 18 h 25 min

Vous dites que Clopine est présente ailleurs, Thierry, mais où? Elle n’écrit plus sur son blog et les commentaires y sont fermés.

PMB dit: 2 janvier 2013 à 18 h 15 min

Surtout que vous réduisez Tardi au petit statut d’auteur de BD (et déjà, sur un site tenu par un tintinophile invétéré, c’est un risque !) alors qu’il est avant tout dessinateur. A ce compte là vous mettriez au rebut les dessins de Jacques Callot (qui lui aussi dénonça les horreurs de la guerre) de Gustave Doré qui osa souiller les fables de la Fontaine et les Contes de Perrault, les caricatures de Daumier. Et, plus près de nous, Edgar Rice Burroughs, Hugo Pratt,Tomi Ungerer, John Howe, Chris Van Allsburgh.

Vous pourriez me dire où sont vos poubelles ?

Valeria Elena von Bank und Rottweiler dit: 2 janvier 2013 à 18 h 14 min

Au nom de mon petit chou, et en mon nom propre de première concubine, je vous présente mes meilleurs voeux pour 2013 ! Profitez-en, ils sont gratuits. Et ce sera pour la dernière fois !
En effet tous les voeux seront désormais taxés à 9% afin de redresser les comptes, développer la croissance, améliorer le logement, payer les frais des élus, entretenir les gens foutre, renforcer la solidarité entre les peuples, les actifs et les chômeurs à venir. Bonne année !

antoine dit: 2 janvier 2013 à 17 h 27 min

« ministresse, inculte au point d’ignorer qui est Tardi »
Ignorer « l’oeuvre » ou la « profonde pensée »d’un auteur de bd, en effet c’est impardonnable, une preuve , impardonnable, d’inculture, surtout de la part d’une agrégée -excusez du peu-…

vav dit: 2 janvier 2013 à 17 h 17 min

une hitoire de celle qu’on dit hstoire juive ur « le voeux » : le deux copains aventuriers qui e retrouventprès une facherie , et l’un présente ses voeux à l’zutre qui, en colère lui répond « alors, tu recommences » !

AH CA IRA, CA IRA ! dit: 2 janvier 2013 à 16 h 29 min

« Etant farouchement attaché à ma liberté de pensée et de création, je ne veux rien recevoir, ni du pouvoir actuel ni d’aucun pouvoir politique, quelqu’il soit. c’est donc avec la plus grande fermeté que je refuse cette médaille. »
« Je ne suis pas intéressé, je ne demande rien et je n’ai jamais rien demandé. On n’est pas forcément content d’être reconnu par des gens qu’on n’estime pas. »
Jacques Tardi

« Tout se passe comme si une petite oligarchie intéressée seulement par son avenir à court terme avait pris les commandes. »
Manifeste Roosevelt, 2012

« Notre machine à fournir des connaissances, incapable de nous fournir la capacité de relier les connaissances, produit dans les esprits myopies, cécités. Paradoxalement l’amoncellement sans lien des connaissances produit une nouvelle et très docte ignorance chez les experts et spécialistes, prétendant éclairer les responsables politiques et sociaux. »
Edgar Morin

L’ANNEE DEBUTE MAL POUR ‘LE SIECLE’.

vav dit: 2 janvier 2013 à 15 h 59 min

il ne me emblait pas que l’objet du billet ait été particulièrement d’apprécier et gloer la tradusction, maislexpérience de rencontre rapportée , d’avoir d’une part découvert ce dessin,qu’on peut sans doute sans abuer comprendre comme un autoportrait, et de l’avoir mis en attente dans un coin , de l’ordi et de la mémoire , puis d’utre part,d’avoir lu cette traduction et d’avoir immédiatement vu comme elle s’accordait avec ce dessin, sans qu’il y ait lieu de parler d’influence « intellectuelle « particulière .
mais une certaine présence d’eprit ,à l’esprit , de ce qui e passait , pour tous les protagonistes,(au moins quatredont P.Assouline qui a réalié ce rapprochement et le propose pour voir comme il parle aux lecteurs . les commentateurs n’ont pas semblé être si sensibles à ce travail d’intermédiaire traducteur si particulier de l’écrivain face aux images. en lui et devant lui .
je le regrette , et leur laisse volontiers fève et couronne et royauté de l’absence de
grace pour avoir glosé de la traduction à qui mieux mieux .

Polémikoeur. dit: 2 janvier 2013 à 15 h 54 min

Quelle lame gagne son tranchant à son premier trempage ? Quel sens élevé est comblé par le premier jet rédigé (ou traduit, s’il est « étranger ») ? Il est pourtant des maîtres, magiciens du langage, qui formulent mieux
que d’autres, à moins que, là encore,
l’affaire du goût, le subjectif,
ne s’invite au classement du succès.
Extraductionémistement.

PMB dit: 2 janvier 2013 à 14 h 57 min

(Mal placé)

Finalement, l’année commence bien : Jacques Tardi refuse une Légion d’honneur que la Miniministre de la Cuculture lui a attribué sans même avoir la correction de l’en informer.

Pauvre ministresse, inculte au point d’ignorer qui est Tardi, quelles sont ses idées et ses engagements.

A moins que, comme tous ses semblables en politique, elle croie que ce que dit un auteur, c’est juste de la posture ramasse-fric.

Tardi refuse car il veut rester un homme libre.

Peut-être aussi pour ne pas se trouver en mauvaise compagnie d’affairistes, de vaniteux, de nuls auréolés d’une gloire factice et fugace.

PMB dit: 2 janvier 2013 à 14 h 56 min

Finalement, l’année commence bien : Jacques Tardi refuse une Légion d’honneur que la Miniministre de la Cuculture lui a attribué sans même avoir la correction de l’en informer.

Pauvre ministresse, inculte au point d’ignorer qui est Tardi, quelles sont ses idées et ses engagements.

A moins que, comme tous ses semblables en politique, elle croie que ce que dit un auteur, c’est juste de la posture ramasse-fric.

Tardi refuse car il veut rester un homme libre.

Peut-être aussi pour ne pas se trouver en mauvaise compagnie d’affairistes, de vaniteux, de nuls auréolés d’une gloire factice et fugace.

de nota dit: 2 janvier 2013 à 14 h 43 min

Camarades de la rdl,une autre traduction du
Dante,celle de André Pézard,que dira renato?
S’il daigne…

« Tel s’attache et se cloue le géomètre
à mesurer le cercle,et ne ravise
le principe de quoi il s’embesogne,
tel me tenait la vision nouvelle:
je voulias voir comment l’image au cercle
se put conjoindre,et comment lieu y trouve;
mais à ce vol ne suffisaient mes ailes:
quand mon esprit fut frappé par un foudre
qui son souhait lui portait accompli.
Ci défaillit ma haute fantaisie;
mais tu virais et pressais mon vouloir
comme une roue au branle égal,amour
qui mènes le soleil et les étoiles. »

christiane dit: 2 janvier 2013 à 13 h 38 min

Ah, Jacques, c’était sympathique cet échange avec Polémikoeur. Bonne année cher Jacques à partager avec tous ceux que tu aimes. Oui, le silence de Clopine est inquiétant et inexpliqué…

Jacques Barozzi dit: 2 janvier 2013 à 12 h 44 min

Christiane, arrête de draguer Paul-Emile Coeur, et bonne année à toi !
Bonne année aussi à Clopine, une femme disparue ?

christiane dit: 2 janvier 2013 à 12 h 35 min

Merci pour ce bel échange, Polémikoeur.

« La fumée
dessine à présent
le premier ciel de l’année »
(Issa)

Signifier… d’un seul trait d’encre…

Thierry Kron dit: 2 janvier 2013 à 12 h 13 min

Oui, en effet, Tosca, au finish c’est la même fin triste et tragique. La maladie a quand même plus de « tenue » que de se jeter du haut d’un balcon.
Bonne année à vous et merci pour la correction, je confonds deux histoires qui se terminent mal.

Polémikoeur. dit: 2 janvier 2013 à 12 h 09 min

Foutu pour foutu,
autant larguer le fil rouge
et lâcher le meilleur possible
dans les courants d’Internet
en souhaitant que le chalut
d’un vagabond en remonte
quelques arêtes !
Petitpoucettement.

Polémikoeur. dit: 2 janvier 2013 à 11 h 59 min

Un écho plutôt qu’une réponse, alors que le soleil s’invite en chambellan de l’année…
« Le printemps venu,
petit flocon de neige
pleure, et c’est tout ».
(Anonyme, traduction libre).

court dit: 2 janvier 2013 à 11 h 36 min

CP
J’ai répondu à Céline sur le fil précédent.la réponse est allée se coller près de sa première intervention – (Quelle usine à gaz!)
Voeux réitérés.
Cordialement

MC

court dit: 2 janvier 2013 à 11 h 32 min

TKT
C’est dans Tosca que l’héroine se jette du toit du Chateau Saint-Ange. Traviata, c’est la tuberculose.
Bien à vous et meilleurs voeux.
MC

vav dit: 2 janvier 2013 à 11 h 27 min

Ce qu’il y a de bien, quand même, c’est que personne ne débine le dessin(qui me séduit tout particulièrement)heureusement, i y a encore un peu d’espoir sur ce blog .

renato dit: 2 janvier 2013 à 10 h 50 min

Déjà le malentendu n’attend pas qu’on l’invite pour venir gâcher à la fête, si par-dessus le marché ce machin ne marche pas comme il faut on est foutus.

C.P. dit: 2 janvier 2013 à 9 h 30 min

Oui, christiane ! La version filmée sous-titrée du spectacle de Straub a « simplement » recours à la traduction de Jacqueline Risset. Les notes et commentaires de celle-ci sont en effet élégants et convaincants.

De bonnes pensées des filles et de moi vers vous, pour une émouvante année.

Thierry Kron dit: 2 janvier 2013 à 9 h 22 min

Mécréant, nous ?
Sorti de votre bouche, c’est un compliment.
Voyez vous, Philippe Régniez, vous et l’autre catho messe en latin de ce blog, vous êtes peut-être croyants, mais la parole du Christ n’a rien à voir avec vos idées qui voudraient faire des « caucasians » des Êtres supérieurs. Les « white suprematists » comme vous deux, sont des paradigmes de tout ce qu’il ne faudrait pas être comme Humain.
Je vous souhaite quand même une bonne nouvelle année

Thierry Kron dit: 2 janvier 2013 à 9 h 09 min

Oui, Bloom, mais c’est un plaisir esthétique sans pareil, de pouvoir lire/regarder les graphiques arabes, chinois, japonais etc… sur une page en face du texte traduit. Avec les nouvelles technologies (e-book) on peut imaginer pouvoir entendre le texte récité en langue original. La poésie étant d’abord de la musique, c’est une frustration de ne pouvoir entendre le texte.
La poésie sans le son original, c’est un peu comme regarder un ballet sans musique ou voir un Opéra sans les voix. Imaginons la dernières scène de « La Traviatta », sans musique, sans voix, quand une puissante interprète fait semblant de tomber du toit…

christiane dit: 2 janvier 2013 à 8 h 49 min

Pourquoi les balises permettant l’italique ne fonctionnent pas sur le nouveau blog de Pierre Assouline ?

christiane dit: 2 janvier 2013 à 8 h 47 min

Bon jour , CP et Bons jours en cette année pour vous et vos proches. J’ai depuis longtemps les 3 volumes bilingues de GF Flammarion. La traduction est de Jacqueline Risset. Elle m’a toujours paru agréable à l’oreille, sonnant juste.
« Tel est le géomètre attaché tout entier
à mesurer le cercle, et qui ne peut trouver
en pensant, le principe qui manque,
tel j’étais moi-même à cette vue nouvelle :
je voulais voir comment se joint
l’image au cercle, comment elle s’y noue;
mais pour ce vol mon aile était trop faible :
sinon qu’alors mon esprit fut frappé
par un éclair qui vint à son désir.
Ici la haute fantaisie perdit sa puissance;
mais déjà il tournait mon désir et vouloir
tout comme roue également poussée,
l’amour qui meut le soleil et les autres étoiles. »
Elle ajoute , dans les notes de traduction, :
comment elle s’y noue : « s’indova » : se « met dans le où » : dernier néologisme de Dante dans le Paradis, particulièrement hardi et efficace.
à son désir : l’éclair marque l’illumination suprême.
l’amour qui meut le soleil et les autres étoiles : (cf. Saint Paul). Le dernier vers du Paradis reprend le premier « la gloire de celui qui meut toutes choses ». Le mot « étoiles » est le dernier mot du Paradis, comme de l’Enfer et du Purgatoire. La « haute vision » s’est évanouie.

Et dans son introduction :
(et là je songe à cet échange agréable avec Polémikoeur)
 » Et la clé de l’ancrage terrestre au spectacle du Paradis est précisément là, dans ce fait que celui qui le voit dans l’émerveillement, dans l’extase, pense en même temps à son retour sur terre, pense à rentrer sur terre pour dire ce qu’il a vu, ce qui donne à la Comédie tout entière son allure pressée, impatiente, et aussi cette structure circulaire qui l’apparente à la Recherche proustienne : la fin reporte au commencement. Le Paradis, L’Enfer, Le Purgatoire forment bien un tout inséparable, où rien n’est préliminaire, où chaque point est nécessaire à l’ensemble – qui commence.
Trasumanar. Décrire le Paradis est une entreprise excessive – elle signifie « trasumanar per verba » – outrepasser l’humain par les mots. Ecrire prend le sens d’un défi, d’un passage à la limite – il faut donc forcer les ressources du langage, et risquer, à mesure que le voyage se rapproche de son centre indicible, l’échec pur et simple, le silence, l’aphasie… La mémoire et l’imagination se révèlent incapables de suivre l’expérience
« Parce qu’en s’approchant de son désir
notre intellect va si profond
que la mémoire ne peut l’y suivre »
(I, 7-9)
Approche du désir et perte de la mémoire sont actions simultanées : ce qu’on peut écrire sera par conséquent non le royaume lui-même mais l’ombre du royaume. Et réussir à l’écrire est chose si rare qu’elle
… »devrait engendrer de la joie
à la joyeuse divinité delphique »
(I, 32-33) »

Réussir à la traduire est aussi… chose rare !

Louise Blau dit: 2 janvier 2013 à 7 h 46 min

une histoire de traits et de signes (la lecture, l’écriture, le dessin), une rencontre qui éveille comme une grâce, et qui en fait éclore d’autres, dans la bulle des esprits. Ce dessin qui s’envole…

santé et postérité à la Nouvelle République, comme une libation, pour le reste… (les trois points, c’est à force de lire Jean-Giovanni)

Bloom dit: 2 janvier 2013 à 6 h 57 min

Comment, du reste, peut-on encore éditer des poètes sans mettre à la disposition du lecteur le texte original ?

Pour les langues indo-européennes à script latin, warum nicht, mais quid des oeuvres écrites en alphabet cyrillique, arabe, nastaliq (ourdou), siddham (bengali), sans parler des idéogrammes et caractères chinois et japonais?
Pour les béotiens que nous sommes tous, ces graphies flattent agréablement l’oeil, mais elles n’aident en rien à la compréhension.
Hors de question, pour des considérations dogmatiques et arbitraires, de renoncer au verbe lumineux de Bashô, d’Ibn Arabi, de Faiz Ahmed Faiz, de Gurudev, de Maiakovski ou de Shitao.

W dit: 2 janvier 2013 à 6 h 41 min

Si l’age du renoncement n’est pas clairement défini,M,ce clip l’annonce !pas plus longtemps je n’insisterai à rêver à des cuissardes jamais portées!Tant pis…

Polémikoeur. dit: 2 janvier 2013 à 5 h 31 min

Ou éparpiloufacement… pour la part de hasard dans l’emploi du temps (de nous par lui, de lui par nous ?).

Giovanni Sant'Angelo dit: 2 janvier 2013 à 0 h 21 min


…pourvu que l’on s’en sort de la toile, par ces fils étoilés,..littéraires,…
…et discerner les options parasites, des occupations plus régénératrices dans les taches quotidiennes de la vie et ses généralités,…
…etc,…

versubtil dit: 2 janvier 2013 à 0 h 07 min

« Vœux à volonté », cher Pierre Assouline?

Alors je vous réponds comme un grognard quelquefois grognon (si peu)qui monte au front:
« 2013, comme en quatorze! »

vav dit: 1 janvier 2013 à 23 h 30 min

Alors leur rencontre que l’on veut croire inédite nous semble relever d’une grâce
oui,mais grâce partagée Qui d’un fil continu SE déployant en un portrait se poursuit au long de ce fil de voeux en dans les boucles du blog
* le fait que le fil soit continu, comme la circonférence du cercle, et UN importe tout particulièrement .

vav dit: 1 janvier 2013 à 22 h 33 min

c’est absolument sans supersition aucune ni hypocrisie aucune que j’ai présenté des voeux .
Autrefois, on les faisit écrire, ou chanter par des tierd, des enfants souvent . les usages se transforment. celui-ci des voeux de commencement se maintient , face aux tapages de fin du monde, i n’y a rien d’excessif à affirmer des commencements pour qu’ils ne soient pas des REcommencements

vav dit: 1 janvier 2013 à 22 h 10 min

plus que lourd : osons pédant ?
Mais ce n’est pas pour effrayer les commentateurs de la RdL qui sont à un voeu près
mais non à une inversion près

C.P. dit: 1 janvier 2013 à 21 h 54 min

Heureuse année à tous !

Mais ueda a raison : avec toute l’affection que l’on peut avoir pour Poésie / Gallimard, traduire « a l’alta fantasia qui manco possa  » par  » Ici défaillit la sublimée vue » est d’un lourd !
Pour sa mise en scène « O somma luce », Straub s’est contenté de :  » La haute fantaisie perdit sa puissance », ce qui est déjà plus modeste, s’il faut traduire…

W dit: 1 janvier 2013 à 21 h 18 min

rénato,ainsi vous êtes cher!je me disais aussi qu’un homme comme vous avec une telle acuité ne pouvait pas être sans conséquences!

W dit: 1 janvier 2013 à 21 h 10 min

Là vous exagérez tout de même!convention oui, hypocrisie,non!Enfin personne n’est obligé à présenter des voeux vides de sens et d’espoir,quand bien même ces voeux s’apparentent à un rituel superstitieux.

W dit: 1 janvier 2013 à 21 h 06 min

La perspicacité peut aussi être d’un ensemble de qualités dont on ne décide pas ,un peu comme l’oreille musicale,une espèce de don dont la génétique nous dote ou pas ,elle est cultivable également,peut s’acquérir,peut être faudrait il comme pour un service maintenant disparu organiser un entrainement à la perspicacité.

christiane dit: 1 janvier 2013 à 20 h 56 min

Alors, un petit crochet dans le livre onze des « Confessions » de Saint Augustin !
« Donc, comme je le disais, nous mesurons le temps au moment où il passe. si on me demandait : »Comment le savez-vous ? » je répondrais : « Je le sais, parce que nous le mesurons et qu’il est impossible de mesurer ce qui n’existe pas ; or le passé et l’avenir n’existent pas. » Quant au présent, comment le mesurons-nous, puisqu’il est dénué d’étendue ? On ne le mesure que pendant qu’il passe ; quand il est passé, on ne le mesure plus, car il n’y a plus rien à mesurer.
Mais d’où vient, par où passe, où va le temps, lorsqu’on le mesure ? D’où vient-il, sinon de l’avenir ? Par où passe-t-il, sinon par le présent ? Où va-t-il, sinon vers le passé ? De ce qui n’est pas encore, à travers ce qui est sans étendue, il court vers ce qui n’est plus.(…)
Mais comment l’avenir, qui n’est pas encore, peut-il s’amoindrir et s’épuiser ? Comment le passé, qui n’est plus, peut-il s’accroître, si ce n’est parce que dans l’esprit, auteur de ces transformations, il s’accomplit trois actes : l’esprit attend, il est attentif et il se souvient. L’objet de son attente passe par son attention et se change en souvenir. Qui donc ose nier que le futur ne soit pas encore ? Cependant l’attente du futur est déjà dans l’esprit. Et qui conteste que le passé ne soit plus ? Pourtant le souvenir du passé est encore dans l’esprit. Y a-t-il enfin quelqu’un pour nier que le présent n’ait point d’étendue, puisqu’il n’est qu’un point évanescent ? Mais elle dure, l’attention par laquelle ce qui va être son objet, tend à ne l’être plus. ainsi ce qui est long, ce n’est pas l’avenir : il n’existe pas. Un long avenir, c’est une longue attente de l’avenir. Ce qui est long, ce n’est pas le passé, qui n’existe pas davantage. Un long passé, c’est un long souvenir du passé.(…)
Mais moi, je me suis éparpillé dans le temps, dont j’ignore l’ordre…. »
Ah, Polémikoeur, voici que vous me faites ouvrir mon livre préféré et toujours impossible de répondre à la question du temps.
Rêvasivement, écrivez-vous… si justement.

vav dit: 1 janvier 2013 à 20 h 40 min

La malveillance étant la chose du monde la mieux partagée, ces échanges rituels de voeux du jour de l’an puent l’hypocrisie et la convention.
la convention, mais c’et une station:
donc ils sont rituels, l’homme un être « de cérémonie ».qui vous interdit de faire voeu de perspicacité

John Brown dit: 1 janvier 2013 à 20 h 29 min

La malveillance étant la chose du monde la mieux partagée, ces échanges rituels de voeux du jour de l’an puent l’hypocrisie et la convention.
Une édition bilingue de Dante, surtout si la traduction est bonne, cela ne se refuse pas. Comment, du reste, peut-on encore éditer des poètes sans mettre à la disposition du lecteur le texte original ?

Polémikoeur. dit: 1 janvier 2013 à 19 h 47 min

Idées de voyage et de présent qui se croisent sur la ligne d’un dessin, histoires de lignes, tracées ou suivies, franchies parfois… mais quel drôle de calcul peut-il donc bien donner le moindre espoir de s’affranchir un tant soit peu du moment présent ? Comme s’il y en avait d’autre(s) ! Inutile d’aller chercher du côté des thé-o-ries des univers multiples où tout – et son contraire – serait possible, « en vrai » des joueurs de loterie qui ont beau avoir les mêmes chances initiales de gagner ne sont plus autant de gagnants après le tirage. Aucun n’échappe le moindre instant à son présent. Reste le rêve, la fiction… une licence trompeuse qui n’agit que – ce n’est déjà pas si mal ! – sur l’état de conscience.
Rêvasivement.

ueda dit: 1 janvier 2013 à 18 h 50 min

Coup de blanc sec

Steinberg, paraît-il avait étudié la philosophie.
Son dessin, c’est l’impossibilité pour un penseur de s’inclure lui-même dans une oeuvre qui se voudrait totale ou complète, résorbant l’énonciateur dans son énoncé, comme disent les lycéens d’aujourd’hui (putain qu’ils sont bons).

C’est la belle folie de l’idéalisme allemand.
Puisque vous avez tout logiquement produit dans votre système, Herr Hegel, la totalité de ce qui est dicible/pensable/ expérimentable, comment pouvez-vous déduire la plume qui vous sert à l’écrire? Comment pourriez-vous être le « reste » d’un système qui ne veut laisser aucun reste?

Il est dommage que les Français ne connaissent pas davantage Karl Immermann.
Cet Allemand qui avait combattu à Waterloo, a ensuite laissé des satires impayables du romantisme ou de l’idéalisme allemands.
Hegel, c’est le baron de Münchhausen: son idée de se déduire lui-même de son système ressemble au baron qui veut se sortir d’un marais en tirant sur ses cheveux.

« Denn der Mensch fühlt sich souverän, wenn er lacht »!
En effet.
Devant l’idéalisme, il faut rire, pour mettre la maîtrise du philosophe en déroute.
(Vous êtes là, Dexter?)

On a traduit en français son roman ‘Müncghhausen’, grâce aux éditions Cartouche (bravo).
(Ca vaut le coup de de faire un tour sur la notice concernant K.I., si on n’a pas eu l’occasion de le rencontrer, ce qui est bien normal:
http://www.cartouche-editions.com/baronII.html)

Mais ses essais fascinants sur la jeunesse allemande au temps de Napoléon (Preußische Jugend zur Zeit Napoleons), aussi importants pour les Français que pour les Allemands pour mieux comprendre leurs relations intellectuelles, restent ignorés (je veux dire ici, car on peut le ‘kindler’ en allemand pour zéro euro).

Comme mon verre est fini et que je suis jaloux de l’érudition de M. Court, je vais quand même indiquer avant de partir où j’ai entendu parler pour la première fois de Immermann:
l’excellent Bruno Hillebrand, ‘Was Denn Ist Kunst?: Essays Zur Dichtung Im Zeitalter Des Individualismus’ (2001), p. 87-110.

Et toc.

A la semaine prochaine!

W dit: 1 janvier 2013 à 18 h 10 min

Oui Lavande il y a aussi dans le genre pour vous suivre avec finesse « l’amour c’est être à deux et regarder dans la même direction »

J.Ch. dit: 1 janvier 2013 à 17 h 02 min

mes meilleurs vœux, cher Passou, et longue vie à votre beau blog et à ses blogueurs impétrants et impertinents

christiane dit: 1 janvier 2013 à 16 h 43 min

Oh, c’est beau tout ça que vous faites avec des mots… De Paul Edel m’est venu le désir de lire le Journal de Max Frisch. Et dans le premier édité par Gallimard (1946-1949 il y a une flèche qui traverse le temps page 106/107. Écoutez dire cela aussi des mots, Polémikoeur :
« Le bonheur – la conscience éclatante : ce spectacle-là, tu ne l’oublieras jamais. Mais que ressentons-nous tant qu’il s’offre à nos yeux ? Nous nous réjouissons de faire un voyage, pendant des années peut-être, et une fois sur les lieux la joie consiste principalement dans le fait de se savoir enrichi d’un souvenir. Une certaine déception, non pas au sujet du paysage, mais du cœur humain. Le spectacle, le voici, mais où reste l’émotion ? Nous ressemblons à une pellicule qu’on exposerait ; c’est le souvenir qui la développera. On se demande parfois dans quelle mesure on peut vivre le présent. s’il était possible de représenter nos émotions, et cela en faisant abstraction de nos préjugés, de les représenter au moyen d’un graphique par exemple, leur courbe ne coïnciderait en tout cas pas avec la courbe des évènements ; on obtiendrait plutôt une ligne ondulée, qui s’apparenterait plus ou moins à cette autre courbe, la précédant puis la suivant comme un écho ; ce ne sont pas les évènements qui seraient fixés, mais les conjonctures d’un pressentiment, les conjonctures d’un souvenir. Le présent, d’une manière ou d’une autre, reste irréel, un néant entre le pressentiment et le souvenir qui sont les espaces tangibles de nos émotions ; le présent n’est qu’un passage, ce fameux vide dont on n’aime pas convenir.
– Va-t-en, que je sois près de toi !
En face d’un paysage, on en convient plus facilement. On n’est jamais là où on est, et pourtant il ne peut pas être indifférent où l’on est ; le lieu où l’on se trouve forme le pivot qui nous permet de ramener à nous le lointain. (…) Il faut qu’une personne ait été là pour que nous puissions retourner auprès d’elle. »
C’est tout à fait ce que je voulais lire, un premier janvier, après ces vers de Dante offerts par Pierre Assouline.
Proust était sur le même chemin mais sans l’intuition de cet avenir qui devient passé quand nous l’avons vécu. Saint-Augustin, oui.
Et Sartre aussi, quand Oreste répond à la question d’Electre :
« Où allons-nous ?
– Je ne sais pas ; vers nous-mêmes.
De l’autre côté des fleuves et des montagnes, il y a un Oreste et une Electre qui nous attendent. Il faudra les chercher patiemment. » (C’est dans « Les mouches », je crois…)

Lavande dit: 1 janvier 2013 à 16 h 36 min

Belle et bonne année à tous et surtout à vous cher Passou qui nous procurez de grands plaisirs livresques avec une constance méritoire.
Superbe choix que Dante pour bien lancer l’année.
Que 2013 nous apporte beaucoup de bonheurs petits et grands.
« Le bonheur c’est de partager de bons moments avec ceux qu’on aime ».

Polémikoeur. dit: 1 janvier 2013 à 15 h 53 min

Bon’heur(e), et toute cette sorte de choses,
même à « 12h 30 », qui a usé – sans en abuser – d’une délégation qui ne lui était pas délivrée.
Géométriquement, le cercle est fermé, plutôt rigide dans sa définition. Même les corps célestes, à en croire un certain Kepler, ont jugé bon de s’affranchir de son rayon constant ! Circulaire, son adjectif, donne donc un peu le tournis d’un manège répétitif. A plus forte raison, les cercles concentriques, autant sont-ils, autant de fois il faudra les franchir pour entrer (ou sortir) de la surface qu’ils délimitent. De protection ou de prison, ils sont des murs réducteurs de liberté. Cyclique offre un brin de latitude avec la possibilité d’une ouverture, celle des jours – des ans – qui se suivent mais…
Quant à l’amour, naissant de l’aperçu d’un visage, l’ajouter à l’équation qui « doit » décrire la marche de l’Univers, n’est-ce pas simplement, délicieusement, poétiquement, anthropique ?
Manontroppiquement.

ueda dit: 1 janvier 2013 à 15 h 31 min

Un café

Cette traduction vient de toute évidence d’un maître dans sa discipline, mais quoi…
Critiquer, c’est rendre hommage.

1. veder voleva come si convenne/ l’imago al cerchio e come vi s’indova;
je voulais voir comment avait pu se joindre/ la figure au cercle

Figure pour imago, c’est possible mais un peu ennuyeux quand même.
Placé dans une phrase faite de géométrie, ce mot tend à accentuer irrésistiblement la dimension intellectuelle et cognitive, alors qu’il s’agit bien entendu de l’image du Christ (qui est aussi indirectement celle du poète et de tout homme).
C’est donner au lecteur le sentiment d’une proximité forcée entre une extase de type néo-platonicien et cette vision chrétienne.
Ce vers nous parle de l’incarnation, de son caractère inatteignable par la seule intelligence. C’est naturellement l’amour qui permet seul l’appréhension de ce rapport.
La traduction ne contredit pas celà, mais « figure » est quand même trop abstrait.

2. A l’alta fantasia qui manco possa /Ici défaillit la sublimée vue ;
Là je souffre.
C’est carrément le traducteur qui a arraché le micro à Dante, et ça sent la poésie de khâgneux.

La sublimée vue…
La plate « haute fantaisie » me convient davantage, s’agissant de cet élan poétique qui est à l’origine de la DC toute entière, et non d’un épisode particulier.
Remarquez que dans cette expression incompréhensible les deux mots peuvent être pris soit comme nom soit comme adjectif.
La « sublimée vue », ça pourrait aussi bien être la petite fille, la Béatrice « sublimée dans mon imagination et que j’ai entrevu enfant ».
Je plaisante, bien sûr.

3. comme est régulièrement mue une roue, l’amour qui
meut

Evidemment, l’allitération est chez Dante, rien à redire, petit problème phonique malgré tout.
Ca ne fait pas un peu meuh-meuh, pour clore une vision sublime?
Mais c’est subjectif…

W dit: 1 janvier 2013 à 15 h 09 min

Mais l’homme n’est-il pas justement à se dessiner pour tenter de se définir , tentant de fixer en s’échappant par son trait ce qui lui manque au présent ,il n’en finit qu’à l’arrivée aux portes de son obsolescence ou alors jamais il ne commence…

dare mo dit: 1 janvier 2013 à 14 h 19 min

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  (___)      /..       

Thierry Kron dit: 1 janvier 2013 à 14 h 10 min

Vous sentez le soixante-huitard dépressif.
Bon, pour vous faire plaisir, moindre des politesses un premier janvier, je vous souhaite le plus d’emmerdements possibles pour 2013.
Retrait de votre permis de conduire les 2 roues et rappel fiscal.
Aux autres, je souhaite quelques jours de tranquillité, puis le train-train habituel.

Thierry Kron dit: 1 janvier 2013 à 14 h 05 min

il y a des trolls qui commencent l’année aussi désagréables qu’ils peuvent l’être. Quant au sabir, inutile de traduire en meilleur anglais, les trolls sont tout sauf multilingues.

christiane dit: 1 janvier 2013 à 13 h 05 min

J’aime vos remarques, Polémikoeur. Elles me font toujours réfléchir !
« Cyclique » dessine pour moi un retour à l’identique (un temps humain). « circulaire »… des cercles concentriques (Dante)? Une série expansive, un mouvement spiralé, centrifuge menant du centre à la périphérie (le centre serait l’origine et…l’énigme..) Tout structure a une forme. je pense en regardant ce magnifique dessin à un mouvement circulaire (cosmos) ou plus exactement à une spirale… un retour circulaire mais avec un léger décalage. Car rien ne se reproduit exactement.
Le temps est irréversible et l’idée de cycle c’est ce que nous disons du temps. Nous sommes entre « toujours » et le changement… Et l’énigme qui clôt le « Paradis » de Dante (XXXIII – 138-145) est celle d’un géomètre et qui cherche, « mesurant le cercle, le principe qui manque »… Pour lui : « l’amour »…

merci d'avance dit: 1 janvier 2013 à 12 h 25 min

« At least a few hours at the newborn year and the time of several hours. » svp, traduction en anglais de ce sabir.

Bloom dit: 1 janvier 2013 à 12 h 14 min

Disons, que je serai zen, TKT,’hoping for nothing, despairing of nothing’. Peut-être le meilleur moyen de n’être pas déçu et de laisser l’allégresse nous surprendre plaisamment.

Polémikoeur. dit: 1 janvier 2013 à 11 h 39 min

Circulaire ou cyclique ?
Linéaire, et pas de boutique !
La vie ne dessine de cercle
que quand une goutte, un grain,
tombe dans la flaque, et « marre » !
Le retour à la poussière alors ?
Fin de l’exception entropique !
Simple correction personnelle
de la figure du provisoire imposée.
Ephéméridiculement.

BAV dit: 1 janvier 2013 à 11 h 17 min

Vav que signifient HNY ET NYT en pas spécialiste des abréviations excepté NTM je n’en connais aucune …

BAV dit: 1 janvier 2013 à 11 h 12 min

Congratulations de circonstances ,que nos phrases sans effets jaillissent de ce premier jour du nouvel an pour retomber comme des cailloux au fond du puits ,pour ne rien changer de la profondeur de la forme et du fond.

christiane dit: 1 janvier 2013 à 9 h 57 min

Oh, quel beau choix que cette expérience fugitive où la structure circulaire de la vie se lit pour aussitôt se perdre… Merci, Pierre Assouline.
D’instant d’illumination en instant d’oubli il reste la marche sur cette terre…
Qu’en 2013 elle devienne chemin de vie hors de l’obscur pour tous…

Thierry Kron dit: 1 janvier 2013 à 8 h 38 min

Bonne Année, bien sûr car telle est la tradition et les Humains connaissent la douceur de l’espoir. Un peu de poésie pour commencer 2013, c’est bien en effet un aimable début.

Bloom dit: 1 janvier 2013 à 5 h 16 min

l’année pourrait plus mal commencer.

C’est vrai, on aurait pu avoir un discours de Hollande, par exemple.
Dans la capitale indienne, une bonne partie des célébrations du nouvel an ont été annulées par respect pour la mémoire de cette jeune étudiante en médecine violée par monsieur Ram Singh et ses acolytes alcooliques.
En accord avec les dénégations ambiantes (l’année ne commence pas si mal, etc.), je ne suis pas sûr qu’il y ait une seule bonne raison de célébrer cette nouvelle année. On eut aime que le projet collectif soit un chouia moins mal en point.
Chin up, lads!
« He would not be defeated by these (…) mediocrities ». P. Roth, The Humbling,p.134

Haura Thoriaux dit: 1 janvier 2013 à 3 h 08 min

Mr Passouline,
Vous nous avez gâtés en 2012. Merci. Puissiez-vous en faire de même pour l’année nouvelle. Gourmand nous sommes. Et reconnaîssants

Giovanni Sant'Angelo dit: 1 janvier 2013 à 3 h 07 min

Tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté.
La vanité je la range derrière le miroir nombriliste.

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