de Pierre Assouline

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La République des livres

Poésie

Des poètes qui ont fait la guerre à la guerre

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Etrangement, l’expression « poètes de guerre » a pu évoquer au cours de l’histoire des poètes, engagés dans des unités de combat ou non, dont l’œuvre a été en partie consacrée à la guerre à laquelle ils prirent part et ce depuis l’Antiquité jusqu’à la guerre américaine du Vietnam en passant par la guerre de Sécession (Walt Whitman), la guerre de Crimée (ah, la Charge de la brigade légère de Tennyson…), la guerre des Boers (Rudyard Kipling, Thomas Hardy, Swinburne) la guerre civile espagnole (Garcia Lorca, Antonio Machado) et d’autres encore en Perse, en Albanie, en Irlande, en Russie, en Grèce (qui […]

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Du texte impossible au mot insaisissable

Du texte impossible au mot insaisissable

Daniel Lefort

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Au moment où la poésie se raréfie dans l’air quotidien, elle se purifie dans le cercle des poètes authentiques comme Alain Roussel qui ont conservé le sens aigu des pouvoirs du langage en marchant sur le fil de l’expression poétique, à la fois chemin de crête, fil d’Ariane et cordon de dynamite : trois images qui s’appliquent avec assez de justesse à son dernier livre, Le texte impossible (13,50 euros, Arfuyen). L’oxymore du titre est un ressort de l’imagination : le texte est possible puisqu’il est là, sous nos yeux, découpé en trois parties. D’abord un poème liminaire – « Lettre-poème pour un […]

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Frontière de la poésie/poésie de la frontière 

Frontière de la poésie/poésie de la frontière 

Fulvio Caccia

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La frontière, thème du Printemps des poètes, résonne tragiquement dans notre actualité. C’est l’étymologie même de ce pays agressé : l’Ukraine. Car la liberté est bien ce qui fait frontière, nous sépare et nous singularise. « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits… » atteste l’article 4 de la Déclaration des droits de l’Homme. La fonction de la poésie apparaît ainsi dans son fécond paradoxe : affirmer la liberté et la […]

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Le (premier) centenaire d’un grand poème

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Notre pays a-t-il jamais fêté l’anniversaire d’un grand poème en langue française ? Moi non plus, je ne vois pas, aucune date qui s’impose à l’esprit. Oh certes, en fouillant dans les catalogues annuels des célébrations et commémorations nationales (avant qu’une stérile querelle sémantique ne les enterre), on y trouverait probablement un hommage de la nation à la Balade des pendus ou Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage ou L’Albatros ou encore au Bateau ivre. Mais un grand poème unanimement tenu pour un classique moderne et qui ait dominé le XXème siècle dont il est issu ? On a […]

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Du rififi chez les seiziémistes

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Cela vous a peut-être échappé mais il y a un sérieux problème avec Louise Labé. Ce n’est pas d’aujourd’hui. N’était-elle qu’une « créature de papier » comme le soutient depuis des années Mireille Huchon, professeur à la Sorbonne ? La longue notice que lui consacre Wikipédia la traite comme une grande poétesse née vers 1524 à Lyon et morte en 1566, entendez une vraie femme de chair, de sang et de mots ; l’encyclopédie en ligne ne réserve qu’une faible place au doute et à la contestation sous le titre « Une imposture poétique ? » et se garde bien de citer Mireille Huchon dans sa bibliographie. […]

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Les choses vues de Georges Séféris

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Il y a tellement de manières différentes de tenir son Journal intime qu’on hésite à les ranger toutes sous le label bien délimité d’un genre littéraire défini, avec ce qu’il peut avoir de corseté, de limité et de canonique. Le plus souvent, des notes à leurs dates. Mais bien rares sont les auteurs qui nous épargnent le superflu, l’anodin des travaux et des jours qui ne disent rien d’autre que ce qu’ils disent, les courses à faire et les notes de blanchisserie. En ce sens, le Journal qu’a tenu tout au long de sa vie le poète et essayiste grec […]

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Le même Shakespeare écrit « Hamlet » et les « Sonnets ».

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(…) Entreprendre de retraduire une œuvre majeure, même cent fois traduite, et parfois avec éclat, n’exprime nullement une insatisfaction vis-à-vis des accomplissements antérieurs. La retraduction ne porte pas en soi une critique voilée des poètes traducteurs qui vous ont précédé. Comme l’écrit clairement Jacques Darras, lui-même par deux fois retraducteur récent des Sonnets de Shakespeare : « C’est le propre de l’œuvre accomplie, en musique comme en poésie, que de permettre une infinie quantité de lectures, de traductions. […] Sachant qu’il n’y en aura jamais de version définitive […] traduire les Sonnets de Shakespeare, c’est toucher au principe d’insatisfaction » Il […]

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Tout habitable

Tout habitable

Marieke Lucas Rijneveld

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  Jamais perdu la pugnacité, l’originel tumulte pour le meilleur et le pire ni cédé aux prêches, au Verbe qui dit ce qui est bien ce qui est mal jamais été feignasse au point de ne pas te lever, de ne pas affronter toutes les brutes épaisses, de ne pas combattre poings dressés l’esprit d’étiquetage, les émeutes que la méconnaissance déclenche dans ta tête, * tempérant l’impuissance avec le rouge taureau dans tes yeux, ou proclamant toujours ce que tu fais à ta guise avec une fierté à toute épreuve, observant quelqu’un qu’on réduit en bouillie tout en voyant suinter […]

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Pour saluer Philippe Jaccottet

Pour saluer Philippe Jaccottet

Pierre Assouline

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Si le comité Nobel de l’Académie suédoise, régulièrement sollicité en ce sens depuis des années, ne s’était décidé à laurer Philippe Jaccottet qui vient de nous quitter à 95 ans, nul doute que sa consécration en 2014 par la Pléiade sous la forme d’un volume d’Oeuvres (1728 pages, 59 euros) y serait pour beaucoup. Par « Œuvres », il faut entendre l’œuvre poétique. Encore faut-il s’accorder sur ce qui en relève. Il était le quinzième auteur à entrer de son vivant dans le temple, quatrième suisse à y être convié après Rousseau, Cendrars et Ramuz, mais-ceux-là à titre posthume ; encore est-il davantage fêté […]

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Al Dante !

Al Dante !

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Qu’une langue puisse faire l’objet d’une exposition temporaire dans un musée, cela se conçoit ; mais qu’il y soit exclusivement dédié en permanence, cela fait rêver. Par réflexe, on cherche des précédents, dans l’esprit du Musée de la langue portugaise à Sao Paulo ; en vain, y compris dans la riche histoire mondiale des musées (Gallimard, 2020) de Krzysztof Pomian mais il est vrai qu’il ne s’agit que du premier de trois tomes, s’interrompant en 1789, alors sait-on jamais. Le projet ne sort pourtant pas de l’imagination d’un artiste conceptuel mais bien d’une volonté politique : celles, conjuguées, du maire de Florence […]

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