de Pierre Assouline

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La République des livres

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Jacques Drillon loin du funèbre glas des vertus importunes

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Inutile de présenter Jacques Drillon aux lecteurs de la République des livres puisqu’ici même ces dernières années, il fut donné l’asile poétique à ses lumineux et ironiques Petits papiers. Le simple fait d’avoir à préciser « (1954-2021) » comme il convient après son nom serre le cœur. Mais il n’était pas parti sans laisser d’adresse. On peut ainsi le retrouver ces jours-ci dans Coda sous-titré « essai autobiographique » (347 pages, 23 euros, Gallimard), un livre enjoué, injuste, cruel, drôle, chaotique constitué de fragments qui semblent réglés par un moteur à explosions et qui fait suite à Cadence (Gallimard, 2018). C’est peu dire qu’on l’y […]

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Totalement Woody sans en perdre Allen

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Allez savoir pourquoi ! on a toujours interrogé Woddy Allen sur ses rapports avec le cinéma, les enfants, les femmes, les enfants de ses femmes, le base-ball, les ailes de poulet mais jamais sur les relations qu’il entretenait avec la littérature. Or, bien qu’il ait toujours démenti sa réputation d’intello largement due à ses lunettes à monture épaisse, on se doute bien que l’imaginaire d’un tel artiste s’est aussi nourri de livres. Surtout lorsqu’on sait son aversion pour la réalité. Aussi en 2000 lui demandais-je un entretien à ce sujet à paraitre dans le magazine Lire. Sa maison de production m’accorda […]

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Les traductions aussi ont une histoire

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« Savez-vous pourquoi la traduction des livres d’histoire comme objet d’histoire laisse totalement indifférents les historiens du culturel ? Nous non plus… De fait, après avoir essuyé bien des refus, nous avons eu le plus grand mal à en trouver un qui veuille bien s’y coller ! ». Heureusement, Bernard Banoun a tenu bon. Ce germaniste est le maître d’œuvre, avec Isabelle Poulin et Yves Chevrel, du dernier tome de la monumentale Histoire des traductions en langue française (1920 pages, 48 euros). Une somme en quatre volumes qui court de l’invention de l’imprimerie jusqu’à la fin du XXème siècle éditée par Verdier sous la […]

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Quel tohu-bohu métaphorique !


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Pierre Lazareff avait coutume de dire qu’un bon papier est un papier qui arrive à l’heure. Dans le même esprit, on serait tenté de dire qu’un bon dictionnaire est un dictionnaire dans lequel on peut chercher avant même d’être celui dans lequel on peut trouver. C’est la limite du Livre des métaphores (1120 pages, 30 euros, Bouquins/ Robert Laffont) de Marc Fumaroli, de l’Académie française, professeur au Collège de France et spécialiste des rhétoriques antique et moderne (et aussi Pierre-François Burger si l’on en juge par la formule des remerciements qui lui rend hommage) relu ces jours-ci quelques années après […]

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  L’archéologie de la haine

  L’archéologie de la haine

Nathalie Hirschsprung 

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Romancier, essayiste et collaborateur régulier du Monde et de Tablet (NYC), Marc Weitzmann nous revient avec un titre qui en dit long : Un temps pour haïr (512 pages, 22 euros, Grasset). Dans nos sociétés, et la France n’y échappe pas, loin s’en faut, « l’honnête citoyen » est confronté à la désinformation, aux fake news, au politiquement correct et au prêt à penser.  Son essai/enquêteconstitue une magnifique antithèse aux logorrhées que nous subissons au quotidien et cette occasion qui nous est donnée d’échapper au manichéisme ambiant fournit une véritable et bénéfique bouffée d’oxygène. Une rencontre avec ses lecteurs, organisée par Vice Versa, la […]

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Pinault, artiste du marché

Pinault, artiste du marché

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Etrange, cette impression que l’on retire de la lecture d’un livre dont on a goûté l’esprit, la manière, le ton, le contenu mais pas le personnage principal. Plus étrange encore lorsque l’auteur en fait à la fois le héros et l’antihéros. Dans le territoire de la fiction, cela n’a rien d’extraordinaire, c’est même monnaie courante tant cette ambivalence constitue l’un des charmes du genre. Mais dans celui du document, il en va tout autrement. Ce qui peut apparaître comme un paradoxe n’est-il pas dans certains cas exigé par la complexité du personnage ? Vous connaissez François Pinault (1936) ? C’est l’autre de […]

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Ces romans, quel cinéma !

Ces romans, quel cinéma !

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Nul besoin d’être gardnerologue pour savourer Les nuits d’Ava (304 pages, 20 euros, Actes sud) de Thierry Froger puisque ce n’est ni un biopic ni une biographie. Ava Gardner n’est qu’un prétexte pour exprimer bien d’autres choses. C’était un peu la démarche de Laurent Binet avec HhHhh dans lequel le narrateur parlait autant de son passion pour Prague, pour sa petite amie etc que de l’assassinat du gauleiter Heydrich par deux résistants tchèques venus de Londres, le « sujet ». Bref rappel du détail de l’existence de Gardner qui sert de fil d’Ava : un jour à Rome en août 1958, en marge du […]

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Tout sauf avoir raison avec Emmanuel Berl

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Cet été, l’une des séries de France Culture signée Brice Couturier dans la dernière semaine de juillet s’intitulait « Avoir raison avec Emmanuel Berl ». Sans même un point d’interrogation qui eut marqué la réserve ou l’incertitude. Au fil de l’écoute, un étrange malaise m’a pris, semblable à celui éprouvé récemment à la lecture de Emmanuel Berl. Cavalier seul ( (490 pages, 27 euros, La Librairie Vuibert) d’Olivier Philipponnat et Patrick Lienhardt, biographie très complète en forme de course-poursuite sur les traces d’un insaisissable. Et pour cause ! Non qu’il soit fuyant : il n’a pas la consistance qu’on lui prête. Au vrai, Berl est un […]

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Pour saluer Claude Lanzmann

Pour saluer Claude Lanzmann

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Tous les auteurs ne gagnent pas à être connus ; certains, il vaut mieux les éviter, changement de trottoir ostentatoire et salutaire qui s’impose tant l’oeuvre paraît indissociable de l’homme. Ce qui est parfois dommage car ce mouvement dicté par un réflexe naturel peut faire parfois passer à côté d’un bon livre. Ainsi Claude Lanzmann qui vient de définitivement déposer les armes à 92 ans. C’est le cas de le dire car il y avait non seulement du militant mais du combattant et du guerrier en lui. A croire qu’il s’épanouissait avant tout dans le conflit (un soir, arrivant en retard sur le […]

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Costa le Grec

Costa le Grec

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Aujourd’hui encore, pour ceux qui le connaissent, Costa-Gavras (Loutra-Iraias, en Arcadie, 1933) est de ces hommes qui séduisent par leur enthousiasme. Surtout lorsqu’il est question de cinéma. Ou plutôt de films, ceux des autres comme les siens. Autant de balises d’un parcours plein d’embûches, mais de nature à l’exciter davantage encore, évoqué dans Va où il est impossible d’aller (520 pages, 25 euros, Seuil). Des mémoires si l’on veut, mais surtout un récit dans lequel sa gourmandise des choses de la vie semble inentamée. Des pages où on sent qu’il aime mieux parler des films que du cinéma. Aux Etats-Unis, assistant […]

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