de Pierre Assouline

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La République des livres

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Rudolf Noureev et son ange gardien

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On sait généralement combien de temps un auteur consacre à l’écriture d’un livre mais on ignore qu’il peut mettre des années à ne pas l’écrire, à décliner les sollicitations des éditeurs, à se créer des obstacles, à affronter son propre déni face à la nécessité de l’écrire. Michel Canesi aura mis trente ans à ne pas écrire Le crépuscule d’un dieu (250 pages, 22 euros, Plon) jusqu’à finir par céder à sa propre injonction. Il est vrai que l’empêchement moral, éthique, déontologique était de taille : un médecin est tenu par le secret professionnel et rien ne devrait le supplanter sinon […]

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En nageant en écrivant

En nageant en écrivant

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De même que souffler n’est pas jouer, se baigner et nager sont deux choses différentes, tout de même ! A l’approche des grandes vacances, il faudrait voir à ne pas confondre même si l’exquise couverture du petit album de Paul Morand Bains de mer, bains de rêve y invitait en 1960. Deux récents livres, plus sérieusement natatoires que ce bel éloge du farniente flottant, se font justement l’écho du souci de bien nager. Et je dois l’avouer, depuis trois mois que je rencontre des lecteurs dans des librairies un peu partout en France et au-delà, je suis frappé par le nombre […]

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Petit manuel de traduction de combat

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Tout traducteur devrait être considéré comme le co-auteur d’un livre qu’il a interprété en français puisque tous ses mots sont de lui. De quoi exiger de tout éditeur qu’il fasse figurer son nom sur la couverture fût-ce dans un caractère différent. Puisqu’on les a récemment sortis de l’invisibilité où ils étaient cantonnés de longue date, il est temps qu’ils en profitent. Mais quel traducteur a envie d’être le co-auteur de Mein Kampf ? L’édition critique de sa publication dans Historiciser le mal a été suffisamment commentée l’an dernier dans ces colonnes-même pour qu’on y revienne. Mais si Traduire Hitler (122 pages, 15 […]

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L’amitié, c’est deux solitaires ensemble

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L’amitié, chacun s’en fait une idée ; le problème, c’est que ce n’est pas souvent la même. Il n’en est guère d’aussi peu partagée. Consultez les dictionnaires de citations ou les anthologies de moralistes : les définitions de l’amitié y pullulent en tous siècles sous toutes latitudes. Beaucoup sont d’une niaiserie insondable. Mais il en est de plus fortes qui servent de mots de passe entre les générations. De mémoire et, à la limite, peu importe l’auteur : Parce que c’était lui, parce que c’était moi (et patati et patata serait-on tenté d’ajouter à l’énoncé d’une telle scie, nonobstant le respect dû à […]

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Jacques Drillon loin du funèbre glas des vertus importunes

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Inutile de présenter Jacques Drillon aux lecteurs de la République des livres puisqu’ici même ces dernières années, il fut donné l’asile poétique à ses lumineux et ironiques Petits papiers. Le simple fait d’avoir à préciser « (1954-2021) » comme il convient après son nom serre le cœur. Mais il n’était pas parti sans laisser d’adresse. On peut ainsi le retrouver ces jours-ci dans Coda sous-titré « essai autobiographique » (347 pages, 23 euros, Gallimard), un livre enjoué, injuste, cruel, drôle, chaotique constitué de fragments qui semblent réglés par un moteur à explosions et qui fait suite à Cadence (Gallimard, 2018). C’est peu dire qu’on l’y […]

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Totalement Woody sans en perdre Allen

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Allez savoir pourquoi ! on a toujours interrogé Woddy Allen sur ses rapports avec le cinéma, les enfants, les femmes, les enfants de ses femmes, le base-ball, les ailes de poulet mais jamais sur les relations qu’il entretenait avec la littérature. Or, bien qu’il ait toujours démenti sa réputation d’intello largement due à ses lunettes à monture épaisse, on se doute bien que l’imaginaire d’un tel artiste s’est aussi nourri de livres. Surtout lorsqu’on sait son aversion pour la réalité. Aussi en 2000 lui demandais-je un entretien à ce sujet à paraitre dans le magazine Lire. Sa maison de production m’accorda […]

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Les traductions aussi ont une histoire

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« Savez-vous pourquoi la traduction des livres d’histoire comme objet d’histoire laisse totalement indifférents les historiens du culturel ? Nous non plus… De fait, après avoir essuyé bien des refus, nous avons eu le plus grand mal à en trouver un qui veuille bien s’y coller ! ». Heureusement, Bernard Banoun a tenu bon. Ce germaniste est le maître d’œuvre, avec Isabelle Poulin et Yves Chevrel, du dernier tome de la monumentale Histoire des traductions en langue française (1920 pages, 48 euros). Une somme en quatre volumes qui court de l’invention de l’imprimerie jusqu’à la fin du XXème siècle éditée par Verdier sous la […]

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Quel tohu-bohu métaphorique !


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Pierre Lazareff avait coutume de dire qu’un bon papier est un papier qui arrive à l’heure. Dans le même esprit, on serait tenté de dire qu’un bon dictionnaire est un dictionnaire dans lequel on peut chercher avant même d’être celui dans lequel on peut trouver. C’est la limite du Livre des métaphores (1120 pages, 30 euros, Bouquins/ Robert Laffont) de Marc Fumaroli, de l’Académie française, professeur au Collège de France et spécialiste des rhétoriques antique et moderne (et aussi Pierre-François Burger si l’on en juge par la formule des remerciements qui lui rend hommage) relu ces jours-ci quelques années après […]

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  L’archéologie de la haine

  L’archéologie de la haine

Nathalie Hirschsprung 

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Romancier, essayiste et collaborateur régulier du Monde et de Tablet (NYC), Marc Weitzmann nous revient avec un titre qui en dit long : Un temps pour haïr (512 pages, 22 euros, Grasset). Dans nos sociétés, et la France n’y échappe pas, loin s’en faut, « l’honnête citoyen » est confronté à la désinformation, aux fake news, au politiquement correct et au prêt à penser.  Son essai/enquêteconstitue une magnifique antithèse aux logorrhées que nous subissons au quotidien et cette occasion qui nous est donnée d’échapper au manichéisme ambiant fournit une véritable et bénéfique bouffée d’oxygène. Une rencontre avec ses lecteurs, organisée par Vice Versa, la […]

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Pinault, artiste du marché

Pinault, artiste du marché

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Etrange, cette impression que l’on retire de la lecture d’un livre dont on a goûté l’esprit, la manière, le ton, le contenu mais pas le personnage principal. Plus étrange encore lorsque l’auteur en fait à la fois le héros et l’antihéros. Dans le territoire de la fiction, cela n’a rien d’extraordinaire, c’est même monnaie courante tant cette ambivalence constitue l’un des charmes du genre. Mais dans celui du document, il en va tout autrement. Ce qui peut apparaître comme un paradoxe n’est-il pas dans certains cas exigé par la complexité du personnage ? Vous connaissez François Pinault (1936) ? C’est l’autre de […]

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