de Pierre Assouline

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La République des livres

traducteur

Mario Vargas Llosa au doigt et à l’œil

Mario Vargas Llosa au doigt et à l’œil

Albert Bensoussan

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Dans les riches heures de cette année de silence et de retenue, l’écrivain hispano-péruvien Mario Vargas Llosa a cogné trois fois son bâton de magicien sur la scène des Lettres, nous donnant en début d’année l’essai La littérature est ma vengeance,  yeux croisés et voix échangée avec Claudio Magris, suivi de cette somme de pensée libérale, L’appel de la tribu, présentée comme une autobiographie intellectuelle, et maintenant, dans les feux de l’été finissant, Temps sauvages (traduit de l’espagnol (Pérou) par Albert Bensoussan & Daniel Lefort, Galllimard,  août 2021 , 390 p., 23€) un roman totalisant dans le droit fil de La Fête […]

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Traduire la langue de Camilleri

Traduire la langue de Camilleri

Bernard Alavoine

En lisant pour la première fois une enquête de Montalbano, le lecteur français est surpris par la traduction de Serge Quadruppani qui est certes plaisante mais s’éloigne sensiblement de ce qu’on appelle « le bon français ». Comme il le rappelle dans la préface des éditions en français, le traducteur explique la spécificité de la langue de Camilleri et les difficultés rencontrées pour traduire ses romans. L’auteur de la série des Montalbano qui s’est mis à écrire tardivement des romans, a choisi d’utiliser une langue originale composée de trois niveaux. Le premier est l’italien classique employé par la majorité des Italiens, niveau […]

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De quoi en faire une maladie

De quoi en faire une maladie

Jean-Pierre Pisetta

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S’il y a des fléaux qui inspirent, le Covid est bien de ceux-là. J’ai pris l’habitude, depuis un certain temps déjà, de chercher chaque année une nouvelle italienne inédite que je traduis avec ma classe de traduction littéraire de l’Université libre de Bruxelles. Dans le but de la publier, signée par les étudiants, bien sûr. Jusqu’à présent, tous les textes que nous avons tirés de l’oubli ont connu ce sort heureux, grâce aux revues qui les ont acceptés. Il y a environ un an et demi, je découvre, dans un vieux recueil de nouvelles italiennes, le texte d’un auteur dont je […]

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Le même Shakespeare écrit « Hamlet » et les « Sonnets ».

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(…) Entreprendre de retraduire une œuvre majeure, même cent fois traduite, et parfois avec éclat, n’exprime nullement une insatisfaction vis-à-vis des accomplissements antérieurs. La retraduction ne porte pas en soi une critique voilée des poètes traducteurs qui vous ont précédé. Comme l’écrit clairement Jacques Darras, lui-même par deux fois retraducteur récent des Sonnets de Shakespeare : « C’est le propre de l’œuvre accomplie, en musique comme en poésie, que de permettre une infinie quantité de lectures, de traductions. […] Sachant qu’il n’y en aura jamais de version définitive […] traduire les Sonnets de Shakespeare, c’est toucher au principe d’insatisfaction » Il […]

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Tout habitable

Tout habitable

Marieke Lucas Rijneveld

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  Jamais perdu la pugnacité, l’originel tumulte pour le meilleur et le pire ni cédé aux prêches, au Verbe qui dit ce qui est bien ce qui est mal jamais été feignasse au point de ne pas te lever, de ne pas affronter toutes les brutes épaisses, de ne pas combattre poings dressés l’esprit d’étiquetage, les émeutes que la méconnaissance déclenche dans ta tête, * tempérant l’impuissance avec le rouge taureau dans tes yeux, ou proclamant toujours ce que tu fais à ta guise avec une fierté à toute épreuve, observant quelqu’un qu’on réduit en bouillie tout en voyant suinter […]

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Discours du Nobel

Discours du Nobel

LOUISE GLÜCK

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Quand j’étais une enfant de cinq ou six ans, je crois, j’ai organisé une compétition dans ma tête, un concours pour décider quel était le plus grand poème au monde. Il y avait deux finalistes : “Le Petit Garçon Noir” de Blake et “Swanee River” de Stephen Foster. J’ai fait les cent pas dans la chambre d’ami, dans la maison de ma grand-mère, à Cedarhurst, un village sur la rive sud de Long Island, en récitant dans ma tête, car c’est ce que je préférais, plutôt qu’avec la bouche, le poème inoubliable de Blake, puis en fredonnant, toujours dans ma tête, […]

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Ce que traduire Duras veut dire

Ce que traduire Duras veut dire

Georgina Fooks

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Writing and translating could be described as sister arts. Writers become translators, and translators become writers. After all, what is writing but the translation of ideas, experience, and memory onto the page? As writer-translators, we might seek guidance and models to follow—a way out of the text to be translated, or a way through. One writer I turn to again and again to help navigate the complex threads tying together reading and writing—both so key to a sustainable translation practice—is Marguerite Duras, the celebrated French writer and experimental film-maker. Best known for The Lover (a hybrid work that is best […]

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En hommage à Louise Glück

En hommage à Louise Glück

Marie-Ange Jourdan-Gueyer

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L’IRIS SAUVAGE   Au bout de ma souffrance il y avait une porte.   Ecoute-moi : ce que tu nommes mort je me rappelle.   Au-dessus, des bruits, des branches de pin remuant. Puis rien. Un faible soleil clignotait sur le sol aride.   Il est terrible de survivre conscience ensevelie dans la terre noire.   Puis ce fut fini : ce que tu redoutes, n’être qu’une âme, incapable de parler, se termine abruptement, la terre roide fléchit un peu. Et ce que je prenais pour des oiseaux pointe en arbrisseaux.   A toi qui ne te rappelles pas l’arrivée de l’autre […]

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J’ai toujours voulu traduire « Le Maître et Marguerite »

Grâce à la traduction pionnière de Claude Ligny, Le Maître et Marguerite a été connu, et reconnu, dès 1968 en France. Son texte, partant d’une édition fautive, a par la suite été complété et amendé par Marianne Gourg, qui a conservé la belle introduction de Sergueï Ermolenski, l’un des amis les plus fidèles de Boulgakov (lire ici l’analyse de Georges Nivat).  J’ai toujours voulu le traduire. C’est un texte qui est entré dans ma vie très tôt. Ma mère a fait partie de ces lecteurs passionnés qui, ayant réussi à se procurer un exemplaire de cette fameuse première édition, n’a eu de […]

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Pour Hélène Châtelain

Pour Hélène Châtelain

Catherine Perrel

(…) Nous nous sommes rencontrées alors qu’elle fondait la collection Slovo, à la demande de Gérard Bobillier. Amitié immédiate, indéfectible. J’étais une toute jeune traductrice décidée à vouer sa vie à la littérature, voguant entre Union soviétique et France, elle, Hélène Châtelain, était déjà rompue à la guérilla des mots et prête à accorder l’asile aux grands textes. La perestroïka avait commencé, avec ses espoirs, ses illusions, un formidable appel d’air dans les capitales russes : ouverture de certaines archives, auteurs et textes redécouverts et enfin publiés, traduction de littérature étrangère, ébullition au théâtre, au cinéma, sur la scène musicale, artistique, […]

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