Barbara au coeur de sa nuit
Ce n’est même pas un paradoxe, juste un constat personnel : on peut être biographe et n’éprouver aucune curiosité pour la biographie de ceux qu’on aime, qu’ils nous fascinent ou simplement nous intriguent. Mon cas vis vis de bien des créateurs dont je n’ai jamais cherché à connaître la vie ; je me suis contenté de l’œuvre, qui est l’essentiel, probablement influencé par Nabokov pour qui le style d’un écrivain suffit à dessiner les contours de sa biographie. Mais comme les livres m’arrivent sans crier gare, Barbara m’a rattrapé. Parfaitement, la pianiste chantante, la dame en noir, la mélancolie faite femme. Des années que je l’écoute sans rien savoir d’elle, sans même avoir cherché à savoir quoi que ce soit. Sa voix, ses textes, sa présence m’ont suffi et si souvent aidé, soutenu, quand tant d’autres s’en souvent dit au contraire abattus, cafardeux, déprimés, sinon poussés au suicide, façon de parler. Un livre vient de paraître qui leur dit, avec la légèreté qui sied, que son noir est profond mais traversé d’éclairs ; on s’y enfonce, comme dans ce poème de René Char où l’on avance à tâtons dans l’inconnu, mais guidé par des repères éblouissants. Barbara (148 pages, 8,10 euros, Libretto/Phébus) [...]
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