de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Le lecteur numérique serait-il profondément superficiel ?

Le lecteur numérique serait-il profondément superficiel ?

C’est déjà une scie de tous les débats, tous les colloques, toutes les enquêtes, et Dieu sait qu’il y en a, sur les nouveaux usages de la lecture. Mais c’est en passe devenir un axiome en attente d’un Fl@ubert qui lui règlerait son compte dans un Dictionnaire des idées reçues en ligne : « Lecteur numérique : profondément superficiel ». En attendant ce point de non-retour, les recherches dans différentes disciplines (histoire, littérature, psychologie, informatique…) se multiplient pour prouver que, du moins dans les populations lycéennes et étudiantes (entendez : les générations montantes, celles qui seront demain aux manettes et nous gouverneront), lorsqu’on les compare, la lecture en ligne y est plus superficielle, quand la lecture sur papier y est, elle, plus profonde. Comme si c’était consubstantiel au support. On en a encore récemment lu une démonstration assez exemplaire dans son genre. Prenez une étude effectuée par un chercheur sur l’évolution des comportements de lecture depuis dix ans. Le « nouveau lecteur » y apparaît de toute évidence moins concentré et moins profond que l’ancien, peu porté à une lecture en continu. Prenez une autre étude focalisée sur les processus cognitifs à l’œuvre lorsque le lecteur jongle avec les hypertextes et vous verrez que, sur ce plan-là, les cerveaux lents sont désavantagés par rapport aux cerveaux rapides (qui l’eût cru ?) et tout reste encore à faire. Prenez une étude qui fait la peau à la légende selon laquelle la lecture sur écran prend plus de temps car la compréhension y est plus lente. Puis complétez-la par une autre prouvant que, contrairement à une idée reçue, on n’observe pas de différence dans l’ordre de la difficulté pour l’editing d’un texte sur papier et dans celui d’un texte numérisé. Prenez une étude effectuée avec force tests sur un panel d’étudiants sud-coréens, donc une population hautement connectée (quand […]

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