de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Il n’y a plus d’après… à Saint-Germain-des-Prés…( et plus d’avant non plus !)

Il n’y a plus d’après… à Saint-Germain-des-Prés…( et plus d’avant non plus !)

Vous connaissez Saint-Germain-des-Prés ? Non seulement cela n’existe pas mais c’est à peine si cela a brièvement existé. Juste le temps de forger un mythe médiatique et historiographique appelé à une rentabilité durable. Telle est la thèse soutenue par l’historien Eric Dussault dans L’invention de Saint-Germain-des-Prés (247 pages, 22 euros, Vendémiaire), probable synthèse d’un travail universitaire de grande ampleur si l’on en juge par l’importance des sources. Il explique le phénomène par l’indifférence des historiens du culturel et par la subordination de l’Histoire à la mémoire. Car si jusqu’en 1960 la narration de l’épopée était bien le fait des journalistes, après elle se concentra exclusivement dans la bouche et sous la plume nostalgique d’acteurs et témoins de l’époque qui firent autorité à force d’être repris en boucle depuis soixante ans sans la moindre perspective critique. Il s’agit de Léo Larguier pour son pittoresque Saint-Germain-des-Prés, mon village, du Fargue de l’inégalé Piéton de Paris, de Simone de Beauvoir mémorialiste (La Force des choses) et de Boris Vian, indispensable maître des lieux et auteur du guide Manuel de Saint-Germain-des-Prés (écrit en 1950 mais publié en 1974). Drôle de quartier. Une grande marque parisienne en soi. Un produit français qui devrait être estampillé NF (quand on pense que les Deux Magots ose s’autoproclamer sur sa carte « le rendez-vous de l’élite intellectuelle »…). Administrativement, il se délimite par la rue des Saint-Pères à l’ouest, les quais de Seine au nord, entre la rue de Seine et la rue Mazarine à l’est, et la rue du Four au sud, mais certains chroniqueurs le font déborder parfois si largement qu’il passe le pont pour étendre un peu son empire sur la rive droite au motif que de fameux clubs de jazz s’y trouvaient. Sa renaissance à l’ère moderne date du début du XXème siècle avec la concentration de maisons d’édition et son envol […]

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