de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Gérard Genette n’est plus, théoriquement

Gérard Genette n’est plus, théoriquement

Pour nombre d’anciens étudiants en Lettres en amont et en aval des années 70, Gérard Genette, qui vient de disparaître à 87 ans, restera comme un maître de la théorie des formes en littérature. Ses livres d’alors (les multiples tomes de Figures, Palimpsestes, Seuils notamment) demeurent dans certaines mémoires comme d’indispensables traités destinés notamment à garder la sémantique des ravages et galvaudages de l’esprit du temps. Lorsqu’il animait la revue Poétique avec son ami Tzvetan Todorov et Hélène Cixous, il entendait « libérer l’enseignement littéraire à l’université de la grille des nations et des siècles, et l’ouvrir à ce qui rapproche les oeuvres les unes des autres ». Mission accomplie, en partie, là où il professa et chercha, en Sorbonne, à l’Ecole pratique des hautes études, à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et pour finir à Yale. En ce cinquantenaire de Mai 68, on imagine l’épitaphe que cet homme plein d’humour et d’ironie sur soi aurait pu faire inscrire sur sa tombe : « A GG, la narratologie reconnaissante ». Ou la transtextualité, concept par lui labellisé sur tout ce qui met un texte en relation, manifeste ou secrète, avec un autre texte (in Palimpsestes). Seuils, remarquable somme de pensée critique sur tout ce qui constitue les paratextes du texte même (préface, épigraphe, intertitres etc) n’a pas pris une ride. Mais à l’heure de se souvenir de lui, l’envie nous prend de revenir plutôt à deux des livres débridés, personnels et déliés de la contrainte et de l’autocensure universitaires, publiés à partir de 2006 dans la collection « Fiction et compagnie » au Seuil. Des régals pour l’esprit.

La lecture de Bardadrac (2006) m’avait souvent fait sourire et parfois même éclater de rire, pour ne rien de la joie intérieure et gourmande que procure la découverte de mots, d’expressions, de formules jouissifs, jonglés avec une intelligence et une érudition pétillantes. C’est un abécédaire sur le modèle du Dictionnaire des idées reçues de Flaubert, réécrit par un Perec à l’instant d’être sublimé par la révélation des Chroniques de Vialatte, ou quelque chose comme ça. Des fragments d’idées, de souvenirs, d’émotions, de rêveries, de maximes, constituant un puzzle destiné à ne rien reconstituer d’autre que l’image kaléidoscopique d’un écrivain plein d’humour qui, à l’instar de Montaigne ,prétend avoir « un dictionnaire à part moi ».

On y retrouve dans un style étincelant des instants de la vie d’un professeur au long cours qui connut Barthes, Borgès et beaucoup d’autres. Je ne l’ai pas lu en continu, préférant picorer selon l’humeur du jour à telle ou telle entrée. A « Incarnation » par exemple, un mot de Marie (« Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour avoir un enfant pareil ? »). Ou à « Intervalles » un savant développement sur les anomalies sémantiques du Quichotte, à « Pneumatique » dit encore « pneu » le statut de ce mode de communication étudié par son étymologie (propre à l’Esprit) en regard de « grammatique » (propre à la Lettre). Ou encore à « Brahms » une digression exemplaire qui mène de l’interrogation existentielle « Aimez-vous Brahms ? » à l’aveu longtemps différé de l’auteur, à savoir qu’il tient Conversation du Maréchal d’Hocquincourt avec le P.Canaye de Saint-Evremond pour le chef d’oeuvre absolu de la prose classique. A « Paris » : « C’est ma ville préférée. Malheureusement, depuis que j’y habite, je n’y vais plus jamais ». Et même à « Bière » où l’on apprend que glacée, et même au bar du Ritz, elle demeurait la boisson préférée de Proust.1120366-genette-gerard

Gérard Genette a le don de nous faire participer et compatir à ses douleurs, quand on le voit par exemple pris en tenaille entre Barthes ( « La langue est tout simplement fasciste« ) et Sartre (« Le silence est réactionnaire »). On se réjouira de l’exercice flaubertissime du catalogue des idées reçues, trouvé à l’entrée « Médialecte » :

« Alchimie »:toujours mystérieuse; « Cohue »:toujours indescriptible. Ça tombe bien ; »Cornélien »: se dit d’un choix douloureux entre deux décisions également pénibles , exemple canonique To be or not to be.

Quant aux mots-valises, que l’on trouve à l’entrée « Mots-chimères »,en voici quelques uns pour la route :

« Burnesconi »: politique italien; « Diarrhiste » : incontinent du journal intime; »fascicule » : jeune mussollinien; « Gallimatias » : charabia parfois entendu rue Sébastien-Bottin; « Horroscope » :très mauvais présage; « Méphistopotamie » : enfer irakien… « Mélancomique » : humour noir…

A propos, à l’entrée « Bardadrac » (tout de même !), on apprend le statut de madeleine qu’il occupe dans l’imaginaire de l’auteur puisque c’est la métonymie par laquelle Jacqueline désignait le chaos régnant dans son sac, à Launoy, dans son enfance.

Trois ans après cet inattendu Bardadrac qui remporta un franc succès, Gérard Genette récidiva avec Codicille (2009). Il s’y posait des questions telles que : dans quelle proportion les lecteurs des Trois Mousquetaires ont-ils voulu retrouver leurs héros vingt ans après ? Puisqu’on ne change pas une équipe qui gagne, il a refait pareil malgré les risques courus par toute suite. Le résultat lui a donné raison. L’ironie de l’auteur, qui s’appuie sur un style impeccable mais qui ne se hisse pas sur sa bibliothèque, y fait mouche avec élégance, grâce et légèreté en se tenant en équilibre permanent sur les crêtes de la litote. Ni méchanceté, ni cruauté, ni agressivité. Une sorte de douceur qui s’avère plus percutante encore que les prétendues attaques. La formule du dictionnaire à multiples entrées, les plus sérieuses alternant avec les plus fantaisistes, autorise toutes les libertés et il ne s’en prive pas.

« Couillons » voisine avec « Chahuteuses », « Mots-chimères » avec « Famille » et « Vincennes » avec « Varietur » ou « Médialecte », et l’article consacré au capitaine Fracasse est aussi long que celui dévolu au roman. C’est d’autant plus savoureux que Genette maîtrise avec brio le grand art de la digression. Où qu’il s’en aille, il retombe sur ses pieds dans la chute, ce qui en accentue l’effet comique. Mélomane jamais mélomaniaque, il nous livre ses partis pris en la ramenant juste assez mais pas trop sur la dimension contrapuntique des Partitas de Bach ou en se donnant l’illusion que, le répertoire baroque n’étant pas si vaste, on croit le connaître par coeur. Sa fidélité au Neveu de Rameau ainsi qu’à Stendhal est touchante, d’autant qu’elle surgit souvent inopinément dans ce bric-à-brac plein de pirouettes ironiques et de jeux de piste sarcastiques.

Le fait est que Gérard Genette était de ces individus qui ne savent pas exprimer leur affection autrement que par l’ironie. Pour autant, on ne le suivra pas dans son amalgame entre le rosebud et la madeleine. Il a le dégoût très sûr même si on n’a aucune envie de le partager (Céline, Faulkner, Vivaldi, Chet Baker chanteur, Kubrick, bref, tout ce que j’aime) quand bien même maquillerait-il son attitude en «  »anti-goût » ». Son Codicille est un inépuisable vivier de mots et de sensations inspirés tant par ses rencontres que par ses lectures (Proust -écoutez-le ici dire ce que fut la leçon de Proust-, Flaubert, Borges). On y prend d’emblée un tel goût que, malgré sa forme fragmentaire, on le lit en continu. Et de manière oblique, faudrait-il préciser, preuve que nous sommes contaminés par sa passion pour l’oblicité, laquelle se retrouve dès l’épigraphe de Montaigne et un peu partout par la suite. Et puis quoi, c’est si rare un universitaire spécialiste du décorticage des textes, para-textes, méta-textes et sous-textes qui avoue avoir pratiqué A la recherche du temps perdu par la voie honteuse de l’anthologie bien tempérée avant d’admettre des années après qu’il s’agissait bien d’un récit, exigeant donc d’être lu comme tel. Comment détester un type qui se fait une entorse à la cheville droite en parcourant les environs du Capitole à la recherche de la roche Tarpéienne ? Qui a longtemps écrit «  »cor anglé » » en lieu et place de «  »cor anglais » » ? Qui adjoint systématiquement Dinah Washington au trio Billie, Ella, Sarah ? Qui est encore plus horripilé par le mot «  »communauté » » que par le mot «  »identité » » et va jusqu’à rêver d’une identité sans appartenance ? Qui nous révèle la loi de Stanley chère aux chercheurs («  »10% d’une archive représente 90% de sa valeur » »)? oui, comment ?

On peut tout dire de Codicille,c ela n’a aucune importance car Gérard Genette consacre toute une entrée à s’accabler(«  »structuraliste abstrait, théoricien jargonnant, fossoyeur des études littéraires » »), à anticiper et désamorcer les critiques qu’on lui adressera, en s’appuyant sur l’expérience de Bardadrac, par lui qualifié à l’aide d’un oxymore qui lui va comme un gant : »« best-seller pour happy few » ». Un jour, à la pensée de ses futures cendres biodégradables, Gérard Genette a écrit quelque part : » »Après avoir tant bicyclé, je ne déteste pas l’idée d’être un jour recyclé ». Qu’il se rassure, où qu’il soit : on ne s’en privera pas.

(« Illustration de Fernando Vicente ; « Gérard Genette » photo Olivier Roller)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire, sciences humaines.

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commentaires

952 Réponses pour Gérard Genette n’est plus, théoriquement

D. dit: 16 mai 2018 à 18 h 21 min

Cela-dit il était tout-à-fait normal qu’elle s’intéresse au sexe. C’est le contraire qui aurait été anormal.
Notre imagination est fautive. Anne Franck est certes un martyr mais pas une sainte.

D. dit: 16 mai 2018 à 18 h 16 min

Oui Phil j’ai été choqué par ces pages secrètes d’Anne Franck. Ca ternit considérablement son image.

Phil dit: 16 mai 2018 à 17 h 41 min

Deux pages salaces découvertes dans le journal d’Anne Franck, c’est un sujet pour le prestigieux passou. Cannes semble faire long feu, le cru 18 aussi faible que celui de 68 jamais projeté.

Bloom dit: 16 mai 2018 à 17 h 35 min

A propos de Tom Wolfe, un collègue écrivain me parlait ce matin avec émotion des 60 premières pages de Bloody Miami, émigrant cubain vs flic cubain, autour d’un mât…
Cela m’a rappelé le début de roman le plus hallucinant qu’il m’ait été donné de lire, celui de Enduring Love, de Iam McEwan: un homme, une montgolfière, une corde.
Visiblement, les débuts dans les airs (mât, corde) sont porteurs…Sous le signe d’Ariel.

Bloom dit: 16 mai 2018 à 17 h 24 min

« Maltraitance », « ghettoïsation », « dénégation », « exclusion collective »… La société française a-t-elle un problème avec ses personnes âgées ? (Bloom)

C’est le début d’un article du Monde. Qui me fait réagir mais dont je ne suis pas l’auteur.

Delaporte dit: 16 mai 2018 à 17 h 03 min

« 200.000 km c’est pour toi « 2 doigts »? »

Dans l’univers infini et sans limite, oui. Et même, si ça se trouve, les extra-terrestres existent peut-être. Tout est possible, comme une désintégration de la Terre un jour ou l’autre par quelque cause que ce soit, et dont ce météorite passant à 200.000 km de nous n’est qu’un pressentiment.

Jean dit: 16 mai 2018 à 16 h 15 min

Mais ghettoïsation, dénégation, exclusion collective, à coup sûr, oui. (moi)

Ouais, ouais. Nos EHPAD, avec tous leurs défauts, nous sommes tout de même très heureux de les avoir, avec toutes leurs insuffisances. Car, si nous ne les avions pas, ce serait pire, bien pire. IL y a bien des cas où le choix de l’EHPAD est salvateur. Je paye pour le savoir.

Anna Fort dit: 16 mai 2018 à 16 h 10 min

Pour ceux qui ne le savent pas, le p’tit Court se dédouble: Petit Rappel ici, chicaneur breton chez Paul Edel
oups, le calva a encore frappé

Jean dit: 16 mai 2018 à 16 h 07 min

« Maltraitance », « ghettoïsation », « dénégation », « exclusion collective »… La société française a-t-elle un problème avec ses personnes âgées ? (Bloom)

Maltraitance ? Sûrement, mais dans des cas isolés. Cependant, il faut s’entendre sur ce qu’on entend par maltraitance. La maltraitance est aussi (peut-être surtout) involontaire, par l’effet du manque de personnel, notamment. Par exemple, y a-t-il maltraitance quand une vieille femme, clouée dans son lit, crie son angoisse et appelle au secours pendant de longues minutes, sans que personne vienne ?

Mais ghettoïsation, dénégation, exclusion collective, à coup sûr, oui. Et ce ne sont pas les EHPAD qui en sont responsables. C’est la société française qui a choisi de reléguer ainsi ses personnes âgées. Cela fait partie de notre « culture », comme on dit. Mais nous savons qu’il existe, de par le monde, d’autres cultures où l’on traite les anciens tout autrement.
Les vieux des EHPAD, sauf leur famille (et encore…), personne ou presque ne s’intéresse à eux. Et, convenons-en, la relégation dans les EHPAD, cela arrange tout le monde. Cela évite à la plupart de lever le petit doigt : d’autres chats à fouetter …
Ce ne sont pas les restrictions budgétaires qui vont arranger les chose. Alors, citoyennes et citoyens, on fait quoi pour que ce ne soit pas l’horreur au quotidien ?

En attendant, moi qui, tant que je tiendrai le coup, suis un « aidant », comme on dit, eh bien, j’en suis fier, même si, parfois, je pleure.

Et pour faire reculer le pire, ne pas oublier que l’ensemble des résidents et visiteurs d’un EHPAD forment une société, où le sourire, l’écoute, l’affection, l’entraide au quotidien, cela existe. On n’attend pas tout d’un personnel dévoué et charmant. Chacun peut beaucoup.

Janssen J-J dit: 16 mai 2018 à 15 h 19 min

Le neurologue Lionel Naccache (avec Karine : Parlez-vous cerveau ? O. Jacob, 2018) fait observer que nous naissons aujourd’hui avec le même cerveau qu’à l’époque de Périclès ou Gilgamesh, ce qui est a priori bin encourageant. Mais depuis l’apparition du livre comme support de mémoire, puis…, quelques secondes plus tard, y a tout juste 20 ans, avec l’apparition des « moteurs de recherche » (et les expériences empiriques de la psychologue Betty Sparrow aux USA le confirmeraient), il semblerait que notre rapport à la mémoire soit en train de se modifier. « Sous l’effet de l’apparition de ces nombreuses mémoires externes que sont nos tablettes, smartphones et autres écrans tactiles (…), il suffit que nous ayons accès à des mémoires externes pour que nous ayons tendance à mémoriser les lieux où l’information est stockée plutôt que l’information elle-même » (p. 211). Le nouveau danger, si danger il y a, viendrait donc plutôt « non pas de ces béquilles mémorielles, mais de notre distraction permanente de nos ressources attentionnelles ».
Et ouaip !… Et c’est pas bin rassurant, pour le coup, chères amies. Tu perds la mémoire du nom de ton ou de tes fichiers, à cause de ce que t’es devenu de plus en plus distrait voire un brin neuro dégénérescent à ton insu ; tu paniques à l’idée même d’avoir définitivement perdu toutes les données perso que tu y avais mises (sans compter que tu oublies toujours de copier tes fichiers sur tes clés USB), et tu paniques à l’idée de ne pouvoir compter sur personne pour te les retrouver, ces maudits fichiers qui se sont peut-être envolés à jamais ou sauvegardés tu sais plus où. T’as bonne mine en préfiguration de l’homme 3.0 !… T’arrives de moins en moins à contrôler tes fichiers par toi-même, tes multiples codes d’accès, tu sais même pas si les « big brothers des GAFAM » qui s’en servent à ton insu iraient pouvoir t’apporter de l’aide contre eux-mêmes, à moins de leur filer un bon paquet de fric pour pas aliéner une part substantielle de ce qu’il te reste de liberté !… Te te dis : attends, je vais jamais me connecter à quoi que ce soit, parce que j’ai confiance en rien, je ne fais confiance qu’à ma pauvre mémoire où aucune cyberpolice du monde pourra jamais savoir comment elle fonctionne exactement, ni ce qu’il y a dedans… Mais même ça…, tu peux même pu y compter ! Alors, viens pas nous parler de liberté ou de sauvegarde de ton libre arbitre avec le RGPD applicable en Europe dès la fin mai 18 prochaine… Le « droit à l’oubli », quand t’es dégénérescent !… ben voyons dhonc rdl passoulinienne !… Et mon Golem, c’est d’la poularde ou du bretzel ?… Là, quand t’es en pleine dissonance cognitive, il y aura toujours le bon Naccache et sa femme pour te rassurer : le vont t’expliquer que ton cerveau est en permanence plastique et adaptable à toute dissonance cognitive, avec son aptitude inouïe à réguler tes valeurs en fonction de tes actions, et tes actions en fonction de tes valeurs, pour peu que tu refoules pas des dissonances qui n’auraient pas encore vraiment mergé à ta conscience (oufl, ça laisse un peu de place aux psy, OK ?). Mais enfin, moi, ça me console guère, hein !… Chais pas c’que t’en penses au juste. J’aimerais bien l’savoir ! Faut dire qu’il y’a pu grand-chose à glaner dans Genette à ce sujet, hélas, hein !

Bloom dit: 16 mai 2018 à 14 h 58 min

« Maltraitance », « ghettoïsation », « dénégation », « exclusion collective »… La société française a-t-elle un problème avec ses personnes âgées ? Dans un avis publié mercredi 16 mai, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) dresse un constat extrêmement sévère de la façon dont celles-ci sont considérées et prises en charge, en particulier dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

==

En résumé, dans la société française, pas de place pour les jeunes & plus de place pour les vieux.
« Vous verrez, jeune homme, tout cela finira mal » Les 7 Boules de cristal.

D. dit: 16 mai 2018 à 14 h 10 min

384 000 et des soupières interstellaires.
Depuis le temps que je fais le trajet, je connais par cœur.

Janssen J-J dit: 16 mai 2018 à 13 h 42 min

@ Oui, JJJ, je l’ai lu en son temps et c’est de la très mauvaise littérature complotiste. Ce que n’était ni le Hoover, ni La Chambre des Officiers.

Bien aise de total partager votre point de vue qui sauve à juste titre les deux autres (la déception fut d’autant plus grande). Bien à vous, MC.

Pablo75 dit: 16 mai 2018 à 13 h 33 min

@ Delaporte

200.000 km c’est pour toi « 2 doigts »?

Je te signale que la Lune est à 350.000 kms de la Terre.

Petit Rappel dit: 16 mai 2018 à 13 h 01 min

Oui, JJJ, je l’ai lu en son temps et c’est de la très mauvaise littérature complotiste. Ce que n’était ni le Hoover, ni La Chambre des Officiers.

« Ariane Doublet  » la bien nommée, » qui s’intéresse aux memes buts que notre association… a des plans aussi beaux que ceux de Kurosawa dans Rêves. »

Oups, le Calva a encore frappé…

Delaporte dit: 16 mai 2018 à 12 h 47 min

« c’était encore l’enfance de cet art (donc l’enfance de l’art, ahaha) »

En regardant ce qu’est devenu le cinéma aujourd’hui, c’est là qu’on se dit qu’il est revenu en enfance. Heureusement, il y a des créateurs comme Godard qui ont su rester adultes, comme Cocteau autrefois, qui nous faisait bien rêver.

Delaporte dit: 16 mai 2018 à 12 h 43 min

A deux doigts de la catastrophe :

« Disparu des radars peu après sa découverte en 2010, l’astéroïde 2010 WC9 refait parler de lui. Ce gros caillou, dont la taille est comprise entre 60 et 130 mètres devrait passer, ce mardi soir, à 200 000 km de la Terre à la vitesse de 45 000 km/h. »

Janssen J-J dit: 16 mai 2018 à 11 h 41 min

-< le bonheur d'être une institutrice, on le vressent bien sur le visage d'Adèle
-< la biographie d'Henri Godard sur Céline est pour l'instant définitive. A quoi bon s'achaler sur Jean-Luc ?
-< où est passée Lavande, elle manque en effet.
-< comme des tics pénibles : à mon sens – bibi – an ah ah
– Marc Dugain s'enfonce dans son dernier opus. (confié ceci au journal des romans : si son dernier roman sur le contexte de l’assassinat de Robert K. après celui de John Fitzgerald reste apparamment fort bien documenté (MD a tout lu à ce sujet), la trame filandreuse en est vraiment tirée par les cheveux. Pour pimenter son enquête journalistique en effet, -et cela reste du mauvais journalisme, car n’est pas Tom Wolfe qui veut !-, le narrateur O’Dugain (un irlandais de souche) a cru devoir raconter l’histoire personnelle de ses parents morts en 1968 dans des circonstances très mystérieuses, simultanément aux parages de l’assassinat de Los Angeles du donné futur président démocrate. Tout se passe alors comme s’il avait fallu à l’auteur raconter une autre intrigue pour susciter l’intérêt en élaborant une nouvelle hypothèse « complotiste » de la mort des Kennedy, après y être allé subrepticement de la réfutation des hypothèses des plus farfelues aux plus vraisemblables à ce sujet. Voici ce que l'on comprend de la sienne : tous ces meurtriers impliqués (Lee Harvey Oswald, Sihran Sihran, …) auraient été des marionnettes conditionnées par une technique d’hypnose bien mise au point par des savants, dont le père du narrateur qui, ayant flairé le danger à temps, aurait fini par refuser de collaborer avec une fondation de recherche aux mains des faucons de la CIA et du FBI ! Bfred, superficialité du titre trompeur du roman, objet mal cousu de l’histoire, lourds remplissages et délayages psychologisants sur la biographie archi labourée de Robert, invraisemblance de la situation du narrateur face au libéralisme de son directeur de thèse et des circonstances de son idylle avec une espionne de l’Est passée à l’Ouest en bonne et due forme, etc. Il ne resterait de tout cet entrelacs qu'une seule choses à sauver : le portrait sympathique de Johnson en pourriture emblématique (évidemment, le contraste était facile à dépeindre).
-< une hypothèse de lecture neurologique décryptant le comportement de certains de nos internautes âgés de la rdl, au sortir d'une épreuve de deuil qu'ils avaient su rapporter avec justesse, mais qui, depuis lors, lâchent avec complaisance le pire de leurs ruminations atrabiles. Apparemment, on est en présence d'un effet de rupture d'empathie lié à une altération du cerveau pour l'instant non détectée (plus précisément, une altération des "neurones miroirs") qui modifie le caractère, la personnalité et les capacités cognitives du sujet.
Notre défi à la rdl serait de l'aider à rechercher ou suggérer une solution destinée à sauvegarder son humanisme, solution faisant appel à la bonne volonté ou possible coexistence pacifique des sciences penchées sur les maladies du cerveau : neurologie, psychiatrie et neurochirurgie (Naccache).
Bonne journée à toussent, à Sergio et Lavande.

Pablo75 dit: 16 mai 2018 à 10 h 58 min

« Cocteau […] je le trouve meilleur cinéaste que poète… ».
(Jazzi)

Cocteau était aussi mauvais cinéaste que poète. Et aussi mauvais poète que peintre.

D’ailleurs, dans l’un de ses moments de lucidité, il l’a avoué lui-même (mais avec sa mégalomanie caractéristique): « Je suis le Paganini du violon d’Ingres ».

Jazzi dit: 16 mai 2018 à 10 h 44 min

Cocteau était unique, D. Et comme dit Houellebecq dans le film avec Iggy Pop, il ne faut appartenir à aucun mouvement, groupe, parti…

Clopine Trouillefou dit: 16 mai 2018 à 10 h 24 min

Jazzi, tu es le Cocteau de la Rdl.

Non seulement tu es une des très rares personnalités qui fait l’unanimité et que tout le monde aime bien, non seulement tu pratiques le partage, la convivialité et la curiosité (ce qui te permets de connaître « de visu » les participants de ce blog, et je ne sais pas QUI tu n’as jamais rencontré), mais encore tu nous fais tout ça en t’affranchissant des codes en vigueur, comme si tu ne les connaissais pas ces codes…

Tu as une liberté rafraîchissante, donc, qui te permet en toute innocence d’affirmer par exemple ta reconnaissance aux Tibéri, ton addiction aux univers magiques de la chance et du zodiaque, ton éclectisme vertigineux… Le tout ici même, où le moindre de ces trois penchants auraient dû te valoir d’être pendu haut et court (virtuellement). En fait, peut-être que feu Cocteau et toi avez le même goût (ahaha) celui… de la désinvolture ?

Jazzi dit: 16 mai 2018 à 10 h 15 min

Plus loin dans ses « Entretiens », Cocteau explique que parfois il demandait un plan à ses techniciens et que ceux-ci lui répondaient que l’on ne faisait jamais ça au cinéma. C’est justement là qu’il insistait pour que l’on fasse le plan comme il le voyait. Et qu’il fallait inventer. Notamment pour la scène d’Orphée, où Jean Marais et François Perier entrent, passent de l’autre côté du miroir. Il n’y avait pas d’effets spéciaux à l’époque. Il fallut poser verticalement au sol un cadre rempli de mercure dans lequel les acteurs s’allongeaient et disparaissaient puis réapparaissaient derrière un miroir placé à ce moment-là à l’horizontale…
https://mediartinnovation.com/tag/orphee/

D. dit: 16 mai 2018 à 10 h 10 min

Doit-on considérer Jazzi que Cocteau faisait partie intégrante du Groupe des six auquel cas il faudrait le rebaptiser Des sept ?

rose dit: 16 mai 2018 à 10 h 07 min

Clopine
vous soulignez là un immense paradoxe car la liberté est précédée de lourdes contraintes.
En regardant la bande annonce du film de Godard, fus stupéfaite par les références rangées par petits groupes de (5, 6 noms). Tout y est auteurs, cinéastes, artistes et pas seulement : il s’agit là d’un matériau culturel incommensurable. Balancé par Godard, certes, mais son terreau.

À vous lire, émue de penser à Camus qui, suite au prix Nobel de littérature, va rendre hommage à Louis Germaon son instituteur qui l’a enseigné et qui a cru en lui.

Ce que vous dites, Clopine, c’est l’histoire d’un bon terreau. Les plantes s’y déploient.

Clopine Trouillefou dit: 16 mai 2018 à 9 h 58 min

Oups, Ariane, c’est pas l’Hidec mais la FEMIS (c’est pareil au sens de mon argumentation).

Tu joues un peu, là. Cocteau n’avait pas de formation cinéma, sans doute si tu le dis, mais d’une part c’était encore l’enfance de cet art (donc l’enfance de l’art, ahaha) et d’autre part il s’entourait des meilleurs professionnels de son époque, comme Alekan pour l’image dans la Belle et la Bête. Et quand on sait que pour Cocteau « le cinéma, c’est l’écriture moderne où l’encre est la lumière », le choix d’Alekan pèse rudement, dis donc…

Jazzi dit: 16 mai 2018 à 9 h 55 min

JEAN COCTEAU

L’art à la muse impatiente

Magicien du mot et de l’image, Jean Cocteau fut avant tout un poète. L’un des tout premiers à se confronter au cinéma, genre qu’il aborda, selon ses propres termes, en amateur et non en professionnel. Ne réalisant des films sans autre obligation qu’une « envie impérieuse », il nous laissera au final une importante filmographie : Le Sang d’un poète (1930), L’Éternel retour (1943), La Belle et la Bête (1945), Les Parents terribles (1949), Orphée (1950), Le Testament d’Orphée (1960). Autant de films qui influencèrent plusieurs générations de cinéastes tout en subjuguant le grand public, et qui sont devenus désormais des classiques de la part de celui que l’on peut considérer, à juste titre, comme l’un des pères du cinéma d’auteur à la française, tant galvaudé de nos jours. Aussi apparaît-il urgent de (re)lire ses Entretiens sur le cinématographe, consignés en 1951 par André Fraigneau, et régulièrement réédités. Extraits à méditer !

« Le cinématographe m’est un moyen d’expression comme un autre. En parler m’entraînera sur différentes routes. J’use exprès du terme cinématographe pour ne pas confondre le véhicule qu’il représente avec ce que l’on a coutume d’appeler le cinéma, sorte de muse assez suspecte, en ce sens qu’il lui est impossible d’attendre alors que toutes les autres muses attendent et devraient être peintes ou sculptées dans l’attitude de l’attente.
Les gens se plaignent toujours de lenteurs ou de longueurs dans une œuvre à laquelle ils assistent pour la première fois. Outre que cela vient souvent de leur faiblesse d’écoute ou de leur inaction aux lignes profondes, ils oublient que les classiques fourmillent de longueurs et de lenteurs qu’ils admettent parce que ce sont des classiques. Les classiques durent essuyer les mêmes reproches à l’origine. Le drame du cinématographe est la nécessité où il se trouve de réussite immédiate. Handicap terrible et presque insoluble qui vient des sommes que coûte un film et de l’obligation de recettes massives. Je viens de vous dire que toutes les muses devraient être peintes dans l’attitude de l’attente. Tous les arts peuvent et doivent attendre. Ils attendent souvent la mort de leur auteur afin de vivre. Le cinématographe peut-il se ranger parmi les muses ? Toute muse est pauvre. Son argent est placé. La muse Cinéma est trop riche, trop facile à ruiner d’un seul coup.
Ajoutons que le cinéma est un lieu de passage, un divertissement que le public a, hélas, pris l’habitude de regarder du coin de l’œil alors que la machine à images ne m’a été qu’un moyen de dire certaines choses dans la langue visuelle, au lieu de les dire par l’entremise de l’encre et du papier.

Ce qu’on nomme communément le cinéma ne se présentait pas jusqu’à aujourd’hui sous la forme d’un prétexte à réfléchir. On y entrait, on regardait (peu), on écoutait (peu), on sortait, on oubliait. Or, j’estime que le cinématographe est une arme puissante pour projeter la pensée, même dans une foule qui s’y refuse. Orphée attire, intrigue, agace, révolte, mais oblige à la discussion avec les autres ou avec soi-même. Je n’ignore pas qu’un livre doit être lu et relu pour prendre sa place, mais les directeurs de salles ont observé que les spectateurs d’Orphée y revenaient plusieurs fois et en amenaient de nouveaux. En outre, une salle inerte ou hostile permet à quelques personnes attentives de voir l’œuvre. Sans ces salles, les quelques personnes inconnues auxquelles je m’adresse ne recevraient pas mon message. C’est la force d’un véhicule aussi gros. Vous me direz que si l’œuvre coule à pic, le message meurt. C’est exact ; avec Orphée je courais un risque énorme. La preuve est faite que la curiosité de voir une chose insolite l’a emporté sur la paresse qui éloigne le public des films difficiles.

Le cinématographe exige une syntaxe. Cette syntaxe n’est obtenue que par l’enchaînement et par le choc des images entre elles. Rien d’étonnant à ce que la singularité d’une syntaxe qui nous est propre (notre style) se traduise dans la langue visuelle et qu’elle déroute les spectateurs accoutumés à l’écriture des traductions bâclées ou des articles de leur journal. L’admirable langue de Montaigne, traduite en images, serait aussi difficile à regarder par de tels spectateurs que son texte leur est difficile à lire.

Je n’ai été totalement libre que dans Le sang d’un poète parce que c’était une commande privée (du comte de Noailles, comme L’Âge d’or de Bunuel) et que j’ignorais tout de l’art cinématographique. Je l’inventais pour mon propre compte et l’employais comme un dessinateur qui tremperait son doigt pour la première fois dans l’encre de Chine et tacherait une feuille avec.

L’art cinématographique est un art d’artisan, un art manuel. Une œuvre écrite par un homme et qu’un autre homme porte à l’écran n’est qu’une traduction, fort peu intéressante pour un écrivain véritable […]. Pour que l’art cinématographique devienne digne d’un écrivain, il importe que cet écrivain devienne digne de cet art, je veux dire ne laisse pas interpréter une œuvre écrite de la main gauche, mais s’acharne des deux mains sur cette œuvre et construise un objet dont le style devienne équivalent à son style de plume.

Je suis dessinateur. Il m’est naturel de voir et d’entendre ce que j’écris, de le douer d’une forme plastique. Lorsque je tourne un film, les scènes que je règle deviennent pour moi des dessins qui bougent, des mises en place de peintre. Il vous est impossible d’aller à Venise et de voir Tiepolo ou Tintoret sans être frappé par la mise en scène de leurs tableaux et par la singularité des plans qui va jusqu’à faire sortir une jambe au bas du cadre, à l’angle gauche. […] Cette méthode m’oblige à travailler en France, où le désordre règne encore et une certaine anarchie. Le syndicalisme sévère de Hollywood et de Londres ne permet de se mêler au travail que par l’entremise d’une foule de spécialistes. En France, on travaille en famille et nul ne s’insurge lorsqu’on empiète sur ses prérogatives : éclairage, décors, costumes, maquillage, musique, etc. Tout cela se trouve dans ma main et je collabore étroitement avec ceux qui m’assistent. Le film est donc, du propre aveu de mon équipe, un objet de moi, auquel ils ont apporté leur aide et les conseils de leur science. »
(« Entretiens sur le cinématographe », Pierre Belfond, 1973)

Jazzi dit: 16 mai 2018 à 9 h 50 min

Faut boycotter la cinémathèque, Phil !

« Parce que tu as à la fois raison et tort, à mon sens. »

Clopine, une vraie réponse de Normande ! C’est parce qu’il ne comprenait rien à la technique, que Cocteau a fait des films particulièrement singuliers et originaux. Et, comme Godard, je le trouve meilleur cinéaste que poète…

Clopine Trouillefou dit: 16 mai 2018 à 9 h 36 min

Jazzi, c’est intéressant (au moins pour bibi) ce que tu dis là, sur l’inutilité voire la nocivité des écoles (ou cours) :

« Quand Clopine dit que sa prof lui a montré comment Godard a fait exploser la narration cinématographique en quelques plans, elle lui enseigne déjà un nouvel académisme cinématographique… A oublier et à réinventer et trouver un nouvel équilibre entre le fond et la forme »

Parce que tu as à la fois raison et tort, à mon sens. Je veux dire que c’est comme pour l’écriture : on peut, on doit prendre des chemins de traverse pour accéder à la formation de son propre goût, n’empêche qu’il faut le lent apprentissage de l’écriture, de la lecture, des règles grammaticales et des repères littéraires historiques (ah ! Les Lagarde et Michard !) avant de pouvoir exercer sa liberté.

Ben les images c’est un peu pareil, à mon sens. Je crois qu’avant de faire exploser les codes, comme Godard, ou bien plus modestement trouver son propre langage cinématographique, rien ne remplace une formation rigoureuse et (là tu ne vas pas être d’accord, ça se trouve…) hiérarchisée…

Par exemple, en matière de documentaire (vu que j’en suis à mon troisième, je commence à connaître un chouïa ce dont je parle, ahaha), je suis particulièrement sensible au travail d’Ariane Doublet, et plus je bûcheronne et ahane dans mes si simples petits films, aiguillonnée par l’envie de « ne pas faire du reportage FR3 » et de « ne pas singer les docus Géo et National Géographic » plus j’admire l’aisance d’Ariane à proposer un univers de documentariste absolument particulier et personnel.

D’autant qu’ Ariane Doublet a le même champ d’investigation que notre petite association à nous. Je veux dire qu’elle explore dans chacun de ses films le monde paysan dans son rapport avec la nature et la société, en décrivant plus précisément ce qui se passe en pays de Caux. (et avec en arrière-fonds une prise de conscience écologique qui sous-tend son travail, sans que jamais elle ne fasse du prosélytisme écolo ou qu’elle ne tienne des discours trop démonstratifs. Elle ne fait pas dans le « merci, Patron », quoi…)

Eh bien elle arrive dans ce segment-là à faire jaillir une créativité époustouflante. Dans son dernier film « la terre en morceaux » (où elle met à jour la pression foncière qui fait disparaître les terres arables, et c’est un vrai enjeu !) elle a des plans incroyables (aussi beaux que certains de Kurosawa dans « rêves » !) , qui m’ont fait monter les larmes aux yeux, et des lenteurs qui sont tellement aux antipodes de l’esthétique actuelle qu’on a envie de la remercier à genoux.

Sauf qu’elle est passée par tout le circuit de la formation cinéma la plus conventionnelle qui soit, Idhec en tête évidemment !!!

Donc, Jazzi, je pense indispensable de s’assujettir à une solide formation avant de s’en détacher, avant de pouvoir s’en détacher.

Ecriture littéraire ou cinématographique, c’est évidemment ce qui me manque, et que j’essaie de combler, en bonne petite Danaïde que je suis (sans épingle dans mes cheveux, cependant).

Et puis ma prof ne nous disait certes pas de faire du Godard. Elle nous expliquait justement à quel point Godard avait dû tout assimiler, afin de tout envoyer paître…

Phil dit: 16 mai 2018 à 8 h 31 min

Une honte. Godard est le dernier survivant et le meilleur représentant de la Nouvelle Vague.

Baroz, la Cinémathèque censure également la distribution du livre que son éphémère directeur lui a consacré, nommé par Malraux pour remettre les pendules à l’heure de Langlois déréglées par ses trois femmes, Epstein, Eisner et Berenson.
C’était en 68, Truffaut parlait haut, parfois trop fort manière Cohn-Bendit, ses laquais encore à l’oeuvre aujourd’hui. Godard l’a compris rapidement, le portrait de la France se tire mieux de Suisse.

renato dit: 16 mai 2018 à 8 h 06 min

Pour quelqu’un qui peut vanter une police qui tire dans le dos des noirs, 59 morts c’est évidemment de la retenue. Ça c’est de la décadence.

renato dit: 16 mai 2018 à 8 h 03 min

Petit crachat quotidien — les dessous de l’inculte prétentieuse.

La barbarie aujourd’hui. Tendance diffuse à prendre position sur la base de motivations sommaires, superficielles, parfois sans valeur ni intérêt ; régurgitations à buts réconfortants formés sans une information adéquate, en se tenant à des convictions construites sur des préjugés infimes, parfois abjects, même. Emblématique conséquence ? Les refus d’accepter les ouvertures engendrées par le concept d’altérité et consécutif encrage à l’illusion d’une identité protectrice, ce qui lève le voile sur une mentalité de bande de voyous qui dénote négligence dans les relations humaines et peu d’attention au monde, et révèle un état de désorientation qui les empêche de l’interpréter [le monde] à sa juste valeur. Inefficaces, ils ne savent poser les actes qui devraient être posés, car la nécessité leur échappe, ils sont donc incapables d’incorporer les éléments des avant-gardes, d’évaluer les limites de l’opinion, d’apprécier la complexité subjacente à la construction du jugement — lacunes qui représentent un danger plus grand que l’ignorance, ce fléau mortifère qui dépeuple le territoire intellectuel contemporain. Est-ce de l’insouciance, du Prosac, une perversion ou plus banalement, sont-ils prisonniers de désirs qu’ils sont incapables de satisfaire ?

Jazzi dit: 16 mai 2018 à 7 h 48 min

Dans le film avec Iggy Pop, Houellebecq rappelle qu’il y a deux catégories d’écrivains : les révolutionnaires et les décorateurs. Il se classe dans la deuxième catégorie. Un décorateur de l’imaginaire, car pour la décoration d’intérieur il se trouve plutôt conservateur. Un décorateur-conservateur, conclut-il.

Anna Fort dit: 16 mai 2018 à 7 h 26 min

Je suis toujours là chez Paul Edel, mon p’tit Court (14 mai à 16 h 32), vous ne savez pas lire
Bien à vous
AF

Delaporte dit: 16 mai 2018 à 3 h 55 min

Tom Wolf rendait hommage à Zola et Balzac dans une interview de 2014. Ce lundi, il a rejoint ses maîtres dans l’au-delà des écrivains :

« … j’ai toujours été fasciné par la capacité de Zola de rendre compte de la réalité sans prendre parti. Quant à Balzac, je partage son ambition d’être le « secrétaire » de son temps, même si – et je le regrette – je ne suis pas aussi productif que lui, et de loin. »

P. comme Paris dit: 16 mai 2018 à 3 h 25 min

Monsieur MC,
ne préjugez point.
Le blog du nouveau breton
donne dans La cyclothymie.
Suivez le phare sur la gonio* :

…—…

*http://leradiofil.com/LotusBleu2V.htm

P. comme Paris dit: 16 mai 2018 à 3 h 14 min

« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge ! »

Tue Dieu, ma chère,
et ainsi donc,
avec légèreté,
balancerai-je ma truie.

En ce jour glorieux,
ou seules les chambres à gaz
manquent à nos amis israéliens,
je me verrai dans l’obligation
de balancer ma truie.

Que les roses ont des épines,
que les orties ne sont que nénies,
vous, vieillards concupiscents
voudriez que je balance ma truie.

A 13 ans apprendre à
vagir, mourir de plaisir
et baver entre deux roblochons,
canines sanguinaires,
lèvres ointes de cyprine
goût ou d’égouts*
de cette putain de truie.

Au viol, au viol,
aurai-je dû crier
et voir embastiller
ma salvatrice truie.

*(Rattus norvegicus).
Les suédoises ne sont pas mâle non plus.

Petit Rappel dit: 16 mai 2018 à 3 h 08 min

Tiens, Anna Fort s’est fait nettoyer de chez Paul Edel. Inde irae!
« Edouard Louis a connu cela »
Sans commentaires.

Sant'Angelo Giovanni dit: 16 mai 2018 à 0 h 42 min


…plus simple,  » jouer, aux billes « ,…

…de dédales en circuits de labyrinthes, entrer, et sorties, à sa guise,…
…et, autres  » jeux  » de l’oie, improviser,…
…à se focaliser, son parcours amovible,…
…etc,…

Sant'Angelo Giovanni dit: 16 mai 2018 à 0 h 23 min


…le cinéma, est de rester à voir, des  » extravagances « ,…et des recettes de se cuisiner sa vie,…

…le choix, de n’être, en devenir, que des autres, à vous manager, en consommateur, à réflexions,…exemple, » film Métropolis « , ou l’homme, en tant, que fourmis-acteur,…

…par rapports, aux films documentaires, ou de niveaux d’actualités, de propagandes, suivant,l’éducation de l’auteur, et son vécus, qu’il dévoile, ou qu’il se construit, …

…les films, comme la diversité, des couleurs du prisme,…comme, les livres et romans, les vagabondages, des esprits, sereins, ou à se malmené,…
…bio-chimie, à se consommer, analysé dans son cycle alchimique,…etc,…

Widergänger dit: 16 mai 2018 à 0 h 15 min

Comme le dit Clément Rosset quelque part, il y a ceux qui vont chez le psychanalyste pour guérir et qui n guériront jamais parce qu’ils en sont incapables et ceux qui se soignent tout seul parce qu’au fond rien ne peut les rendre vraiment malades. Ce n’est pas parce que la joie en elle-même est forcémnt tragique qu’elle n’existe pas. Toute joie qui a une cause est forcément précaire et en définitive une pure illusion des sens. La joie tragique n’a rien à voir avec les sens, mais avec l’être. Elle est une présence qui nous dépasse. Elle n’a rien de sensuelle.

Delaporte dit: 16 mai 2018 à 0 h 15 min

Le journal d’Anne Frank comportait des scènes de sexe censurées :

« Des chercheurs ont dévoilé pour la première fois que deux pages du journal intime d’Anne Frank, recouvertes de papier kraft, contenaient des blagues salaces et des réflexions sur le sexe. »

Ce n’est apparemment pas une plaisanterie. Ce sont seulement des notations sur cette question qui intéressait hautement l’adolescente de 13 ans qu’elle était. Rien de méchant !

Jean Langoncet dit: 16 mai 2018 à 0 h 07 min

@à combien de temps il faudra aux autres pays en guerre aujourd’hui, la Palestine
au précédent décompte, vous pouvez ajouter deux générations de pékins

rose dit: 16 mai 2018 à 0 h 04 min

c un fait divers réel Roberto Zucco.
Toute la douleur du monde tous ceux que vous citez. On pourrait y rajouter Antonin Artaud. Et Van Gogh. qui renie la foi et y pense tout le temps.

moi- je ne peux pas m’empêcher de- je pense à nous la douleur qui nous étreint suite à WWI et WWII la shoah et autres génocides ; je constate comment nous sommes marqués et songe -tristement- à combien de temps il faudra aux autres pays en guerre aujourd’hui, la Palestine, le Moyen-Orient, nombre de pays d’Afrique noire et d’Amérique latine pour se remettre de leurs blessures.

cela dit, connais bien la joie, mais pas trop la joie tragique qui me paraît bien oxymorique tout de même.

Widergänger dit: 15 mai 2018 à 23 h 53 min

La pièce de théâtre Robrto Zucco de Bernard-Marie Koltès est aussi un théâtre de la schizophrénie ; ce n’est pas seulement un thème parmi d’autres. C’est le cœur du réel.

Delaporte dit: 15 mai 2018 à 23 h 50 min

Lars von Trier a été privé de conférence de presse. Il y a sept ans, il avait fait l’apologie de… Hitler !

rose dit: 15 mai 2018 à 23 h 50 min

Le cinéma de Godard a quand même

Mais quand j’ai écouté sa conf. de presse 2018 et lu l’interview commise par Assouline, il y a 20 ans, Godard avait la soixantaine, ai trouvé un homme qui s’intéresse et se questionne sur le monde de son époque, qui semble curieux et qui raisonne.

Il a fort bien accueilli, ai-je trouvé, dans un esprit d’ouverture, ces jeunes journalistes heureux de le rencontrer.
Ai été touchée par la courtoisie récurrente de ces jeunes gens qui s’adressaient à lui tels à un pape, en français avant de switcher pour l’anglais car tous parlent anglais couramment. C’était un beau moment.
À un seulement -il ne l’envoie pas paître-il répond « je ne comprends pas votre question. »

Widergänger dit: 15 mai 2018 à 23 h 48 min

Le sculpteur Zadkin aussi. Il montre le corps divisé. Chez Kafka, le corps est constammnt divisé. Chez Michel Leiris aussi. Une expérience de la dépossession de soi. Les dépossédés.

Delaporte dit: 15 mai 2018 à 23 h 45 min

Le dernier Lars von Trier, présenté à Cannes, a, malgré son côté sanglant (c’est l’histoire d’un serial killer), séduit… La Croix :

« Alors pourquoi l’avoir invité ? C’est que le dernier opus du réalisateur est bien plus que ce que peut laisser suggérer son résumé. Réflexion sur la création, sur l’obsession de la perfection, sur la nature divine de l’art dont on doit aussi accepter la part sombre – le négatif –, le film est aussi une tentative du réalisateur de justifier sa part sulfureuse. Car la maison que construit Jack est celle du réalisateur. Au-delà de certains choix douteux – notamment des images des camps de concentration nazis –, le film est une œuvre théorique magistrale qui a bien sa place dans un festival comme celui de Cannes. »

Widergänger dit: 15 mai 2018 à 23 h 42 min

Proust lui-même nous parle de ça. C’est le sens le plus profond de son œuvre à mon avis. Il capte le début de ce phénomène de l’emprise de la schysophrénie sur nous, sur nos corps t notre rapport au monde.

rose dit: 15 mai 2018 à 23 h 41 min

à la main avec les cinq doigts.
il y a la relecture, mais il y a l’âge aussi qui permet d’entrer dans le texte. Pour le cinéma c’est pareil. C’est un travail.

rose dit: 15 mai 2018 à 23 h 38 min

mais est-ce que le perroquet de Céline a un lien -symbolique- avec le perroquet de Félicité ?

Jazzi dit: 15 mai 2018 à 23 h 38 min

Ou de le ressaisir sur ordinateur, Pablo. Ce que je fais avec la retranscription de mes extraits…

Widergänger dit: 15 mai 2018 à 23 h 36 min

Le grand art moderne ne peut être que psychotique, c’est à mon avis ce qui le différencie essentiellement des arts d’avant. Parce que la modernité est une schysophrénisation du monde, comm l dit Gisla Pankow, à juste titre, me semble-t-il. Tous les grands artistes nous parlent de ça : Kafka, Godard, le peintre Francis Bacon, Beckett, etc.

rose dit: 15 mai 2018 à 23 h 35 min

c’est comme la surface de la mer agitée par les vents. Sous la surface rien n’est vraiment atteint ni perturbé.

euh…il y a des courants sous marins extrêmement violents ou glacés, Humboldt et d’autres.

rose dit: 15 mai 2018 à 23 h 32 min

, l’un me dit : « Mais alors on ne comprend que 10% de cette histoire quand on la lit comme ça !

ah, là encore je suis totalement d’accord avec vous : je trouve cela délicat et sensoriel ce moment où le texte devient lumineux à des enfants parce qu’on leur donne la main pour le comprendre, pour entrer dedans. C’est comme si on levait les voiles ou bien comme si on encourage un enfant à marcher, seul, sans l’adulte.

Ce bonheur d’être prof.

Widergänger dit: 15 mai 2018 à 23 h 30 min

Le mot « détraqué » ne convient guère, il introduit une notion de chaos, qui est tout le contraire de Godard. Psychotique est précis, c’est un relation d’étrangeté avec le monde des choses, des objets, une étrangeté du corps aussi. La psychose touche l’image du corps. Il y a ça chez Kafka, et chez Godard. Je me souviens d’un film fait sur le roman de Kafka, L’Amérique; c’était psychotique, le roman est lui-même psychotique, il met mal à l’aise le corps lui-même.

Widergänger dit: 15 mai 2018 à 23 h 25 min

C’est vrai que la traduction est toujours une lecture profonde d’un texte. Mais ce n’en est aussi qu’une lecture parmi d’autres, comme une interprétation musicale n’est qu’une interprétation parmi d’autres possible. La traduction est aussi une expérience du vertige face à l’infini qu’est la littérature.

D. dit: 15 mai 2018 à 23 h 24 min

Widergänger dit: 15 mai 2018 à 22 h 30 min

Le cinéma de Godard a quand même quelque chose de psychotique.

on aurait pu écrire détraqué, aussi. absolument.

Pablo75 dit: 15 mai 2018 à 23 h 18 min

La meilleure façon de comprendre un texte, peut-être la seule façon de bien le lire, c’est de le traduire.

C’est là qu’on voit vraiment le texte en entier: à l’extérieur, comme le voient les bons lecteurs, mais aussi à l’intérieur, où se cachent les raisons de la forme extérieure.

C’est comme pour les édifices: le lecteur les voit dès l’extérieur, sans rentrer en eux, donc de façon incomplète. D’où le fait qu’un lecteur peut voir dans la deuxième (ou la 3ème ou 4ème) lecture d’un grand livre des choses qu’il n’avait pas vues avant – chose impossible chez un traducteur.

Parfois un traducteur apprend des choses à un auteur sur son propre texte. Ou lui pose des questions auxquelles l’auteur ne peut pas répondre, parce qu’il a écrit des fragments de son texte de façon inconsciente, sans vraiment y réfléchir.

Il y a une autre façon de comprendre à fond un grand livre sans le traduire: c’est de le copier à la main.

Widergänger dit: 15 mai 2018 à 23 h 11 min

C’est ce que Clément Rosset nomme en parlant de Nietzsche une « expérience de la béatitude ». C’est indestructible, sauf par la mort. Je crois que Kafka a connu semblable expérience ; il en parle à mot couvert quand il dit qu’il y a en lui quelque chose d’indestructible. Sinon, il n’aurait jamais pu écrire ce qu’il a écrit ; c’est tout le contraire des clichés le concernant. Il y a ça aussi chez Félicité, le personnage d’Un cœur simple, et chez Flaubert aussi. La vie de Félicité peut être lue comme une expérience de la béatitude. C’est tout le sens symbolique de son perroquet.

Jazzi dit: 15 mai 2018 à 23 h 09 min

Oui, WGG, mais celui qui a la joie tragique est ouvert aux autres et aime donner et communiquer. On imagine pas LVDLB en être atteinte !

Widergänger dit: 15 mai 2018 à 23 h 03 min

Elle est intérieure sans être intériorisée ; c’est la vie elle même qui est comme ça, sans aucun effort. Le mot « intériorisé » est de trop, trop compliqué, trop sophistiqué. Cette joie est très simple, elle s’impose d’elle-même. On ne peut que la décrire parce qu’elle est impensable. La joie tragique n’a rien de particulièrment joyeuse, elle peut même se permttre d’être triste, elle est en elle-même la joie. La tristesse, c’est comme la surface de la mer agitée par les vents. Sous la surface rien n’est vraiment atteint ni perturbé.

Widergänger dit: 15 mai 2018 à 22 h 57 min

Il ne faut pas demander aux théoriciens de la littérature plus qu’ils ne peuvent donner. Mais on s’enrichit à les lire. On ne lit pas Proust de la manière avant t après avoir lu Figures III de G.G. On en sort plus riche, plus capable de comprendre Proust. Enseigner la littérature c’est au fond faire comprendre qu’on ne saisit d’ordinaire que quelque 10% d’un texte lors d’une simple lecture naïve. Une année où je lisais Un cœur simple avec des élèves de 2de, l’un me dit : « Mais alors on ne comprend que 10% de cette histoire quand on la lit comme ça ! » Eh oui, on ne comprend que très superficiellement ce qu’on lit d’ordinaire si on lit trop vite.

rose dit: 15 mai 2018 à 22 h 55 min

moi aussi, j’ ai fait un break, jazzi, cet hiver. Du coup, votre expérience m’ a drôlement rassurée. Sinon, je me serais crue malade 😏.

rose dit: 15 mai 2018 à 22 h 53 min

la joie tragique, elle n’a rien de spectaculaire, rien d’hystérique. Elle est quasiment invisible à autrui qui n’en a pas d’expérience.

alors, elle est toute intériorisée ?

rose dit: 15 mai 2018 à 22 h 51 min

Voyage à travers l cinéma français, de Bertrand Tavernier.

ouaip, bien d’ accord avec vous, superbe film.

Widergänger dit: 15 mai 2018 à 22 h 49 min

Pour lire des trucs sur Godard qui valent la pine d’être lu, lire Marc Cérisuelo, qui a écrit quelques très bons bouquins sur Godard et sur Le Mépris.

rose dit: 15 mai 2018 à 22 h 48 min

L’horoscope vous a boosté d’ accord, jazzi

et depuis je n’ai jamais arrêté de lire.

ben si : quand on a pris un pot piscine Josephine Baker, vous m’ avez dit  » je ne lis plus « . Je me suis pensé mais alors nous n’ aurons rien à nous dire. Puis sur le blog, je vous ai vu lire et relire et je fus grandement soulagée.

Jazzi dit: 15 mai 2018 à 22 h 38 min

Il faut lire avec sa tête et avec son coeur. Ce ne sont pas les théoriciens de la littérature qui vont nous apprendre à lite. Barthes, je le lis en tant qu’écrivain, à travers ses Mythologies et ses Fragments de discours amoureux. De même pour les oeuvres de Nietzche ou de Freud, ou le Journal de Delacroix, ou encore celui de Berlioz, qui relèvent à part entière de la littérature…

Widergänger dit: 15 mai 2018 à 22 h 35 min

la personnification même de la joie tragique. Il pleure en évoquant sa vie perdue d’avant, puis éclate de rire en disant : « Et je suis rentré dans le mur ! »
__________
Ce serait plutôt quelque chose de shakespearien. Ce n’est pas ça la joie tragique, elle n’a rien de spectaculaire, rien d’hystérique. Elle est quasiment invisible à autrui qui n’en a pas d’expérience.

Widergänger dit: 15 mai 2018 à 22 h 28 min

Pour apprendre quelque chose sur le cinéma, Voyage à travers l cinéma français, de Bertrand Tavernier. De vraies leçons de cinéma comme on explique un texte. Passionnant.

Jazzi dit: 15 mai 2018 à 22 h 22 min

« avez-vous au moins fait des études cinématographiques poussées »

Petit canaillou de D. La meilleure façon d’apprendre le cinéma ou la littérature c’est en allant voir des films ou en lisant des livres. En ces matières, les écoles sont à prescrire. Quand Clopine dit que sa prof lui a montré comment Godard a fait exploser la narration cinématographique en quelques plans, elle lui enseigne déjà un nouvel académisme cinématographique… A oublier et à réinventer et trouver un nouvel équilibre entre le fond et la forme. J’ai commencé à lire des livres hors programme au collège et depuis je n’ai jamais arrêté de lire. Pour le cinéma, ça a commencé plutôt…

closer dit: 15 mai 2018 à 22 h 20 min

« avec sa tendre et chère danseuse hystérique et jamais honorée ? »

Faux Zizzi! Je me souviens très clairement d’un passage où Marcel évoque les plaisirs partagés au lit avec son Elise…Eclectique, le Marcel.

Jazzi dit: 15 mai 2018 à 22 h 06 min

Là, c’est réussi, Jean. Houellebecq, rajeuni, apparait sous les traits d’un sculpteur renommé qui a sombré dans la dépression et vit dans le pavillon de ses grands-parents, resté inchangé depuis leur décès ! Il a réalisée une oeuvre monumentale secrète cachée dans la cave et la montre en Iggy Pop qui en reste ébahi… On voit aussi le peintre Christian Combat, un autre fou furieux créatif. A ces trois-là, se rajoutent deux grands dépressifs anonymes. L’un m’a évoqué WGG, la personnification même de la joie tragique. Il pleure en évoquant sa vie perdue d’avant, puis éclate de rire en disant : « Et je suis rentré dans le mur ! » L’autre est une jeune femme poète de 31 ans, qui à écrit un poème qui commence par JE SUICIDE et se termine par ILS SONDENT (j’ai oublié les déclinaisons intermédiaires). Iggy Pop est génial. Il ne chante pas mais il parle d’une voix suave et grave, lentement et en articulant chaque mot. C’est simple, j’ai tout compris de son anglais des Etats-Unis…

Jean dit: 15 mai 2018 à 21 h 52 min

C’est entre le documentaire et la fiction, mais on s’en fout. (jazzi)

Les genres sont faits pour être mélangés. Rien de plus jouissif ni de plus productif que la transgression des frontières. Maîtriser, cependant, ces façons de jouer n’est pas à la porte de tout le monde.

Jazzi dit: 15 mai 2018 à 21 h 42 min

J’ai vu un film beau comme un poème, « Rester Vivant » de Michel Houellebecq et Iggy Pop. Le genre de film que l’on voit dans la marge et qui se révèle être une vraie pépite ! C’est entre le documentaire et la fiction, mais on s’en fout. C’est le résultat qui compte. Le film est fort, sensible, tendre et intelligent. Plus généreux que le cinéma actuel de Godard. Il y a de l’humour en plus et des plans superbes. Il passe dans très peu de salles à Paris et ne va pas rester longtemps à l’affiche…
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19576583&cfilm=254557.html

Jean dit: 15 mai 2018 à 21 h 39 min

Christian Goudineau (1939/2018), Paul-Albert Février (1931/1991) : mon très humble et très amical merci. Je me revois, accroupî au fond de mon carré, truelle en main, sous le soleil de juillet, levant les yeux vers le jeune maire de la ville, François Léotard, auquel Paul-Albert avait eu l’obligeance de me présenter. La ville, jadis un des deux grands ports militaires de l’Empire, redécouvrait son coeur romain. Grâce à Christian Goudineau, alors directeur des antiquités de Côte d’Azur, nous reçûmes la responsabilité d’explorer une huilerie, dans la forêt de chênes-liège et de pins, au pied de la barre de rhyolite amarante qui portait, elle, les restes d’un oppidum ligure. Des laies-cathédrales venaient surveiller nos travaux, sans jamais empiéter sur l’espace défriché. Mes jeunes filles étaient tout de même un peu inquiètes. Une monnaie de Trajan nous fournit le terminus ante quem. Je ne sais pas si j’ai connu alors la joie chère à Clément Rosset, mais ça s’en rapprochait, je crois.

Jazzi dit: 15 mai 2018 à 21 h 29 min

« Pas de rétrospective Godard à la cinémathèque de Berri.. de Bercy. »

C’est minable, Phil. Une honte. Godard est le dernier survivant et le meilleur représentant de la Nouvelle Vague. A lui seul, il est tout un pan de l’histoire du cinéma français. Costa-Gavras n’a pas de qui être fier !

Plus surprenant que Chardonne, c’est de trouver Jouhandeau dans la bibliothèque de Godard ! J’imagine que c’est le classicisme de son style qui le touche plus que ses ragots et sa chronique maritale avec sa tendre et chère danseuse hystérique et jamais honorée ?

rose dit: 15 mai 2018 à 20 h 21 min

Au chapitre 1 qui se nomme l’univers réversible, Genette écrit
(…) Bachelard explique la contamination fréquente des deux classes* dans l’imagination naïve :  » L’oiseau et le poisson vivent dans un volume, alors que nous ne vivons que sur une surface ».

* les deux classes étant vol et nage, le tout à partir du bestiaire de Saint Amant.

etc.

Clopine Trouillefou dit: 15 mai 2018 à 20 h 13 min

Eh bien, Pablo75, aux côtés de qui ma sottise se range-t-elle, je veux dire qui d’autres ne lisez-vous jamais quand vous venez ici ? (Juste pour connaître l’échelle de Richter de la platitude assoulinienne, d’après Pablo…)

Pat V dit: 15 mai 2018 à 20 h 07 min

Pablo75 dit: 14 mai 2018 à 19 h 23 min

(Pat V doit être en extase, pas loin de l’orgasme).

C’ est déjà de la musique un peu vieille fille John Cage, qui a passé le mur du son.
Avec Daniel Charles qui mis son esthétique musicale en ordre de mots en 1976, dans son  » Pour les oiseaux  » 😉

rose dit: 15 mai 2018 à 20 h 06 min

Figures I

Rassemble dix-huit études et notes critiques écrites entre 1959 et 1965. À travers des sujets aussi divers que Proust et Robbe-Grillet, Borgès et l’Astrée, Flaubert et Valéry, le structuralisme moderne et la poétique baroque, mais liés ici par un réseau continu d’implications réciproques, une question reste constamment posée : elle porte sur la nature et l’usage de cette étrange parole réservée (tout à la fois offerte et retenue, donnée et refusée) qu’est la littérature.

quatrième de couverture éditions du Seuil 1966, collection Points

Mimologiques 1976

rose dit: 15 mai 2018 à 19 h 59 min

Gérard Genette

né en 1930.
Directeur d’études à l’École pratique des hautes études. Codirecteur de la revue et de la collection Poétique. Depuis la publication de Figures I (1966), Figures II (1969) et Figures III (1972), il est considéré comme l’un des principaux représentants de l’analyse structurale et de la théorie des formes littéraires.

D. dit: 15 mai 2018 à 19 h 54 min

Delacroix aussi était ancien élève de Janson.
Je pense que les français s’en souviendront considérablement plus longtemps qu’Attali.

Paul Edel dit: 15 mai 2018 à 19 h 35 min

Je ne sais pas si c’est du « nouveau journalisme gonzo, »,mais je me souviendrai toujours de ma lecture en 1975 ou 76 de la manière dont Tom Wolfe décrit dans un reportage sur un porte avion ce que ressent, seconde par seconde, à l’appontage , un pilote de chasse qui doit poser les 20 tonnes de son F4 sur la piste huileuse s ’incline à cause d ‘ énormes creux d.ça m’est resté en mémoire comme un absolu modèle réussi de grand reportage . il y avait trois informations par ligne. Ca devait être un sacré bosseur ce type derrière sa silhouette de vieux dandy démodé.

la vie dans les bois dit: 15 mai 2018 à 19 h 28 min

J ‘ai recherché « Le bûcher..  » dans ma bibli, car il y a été c’est sûr, en poche, mais voilà :pas retrouvé. Probable que j’avais passé un bon moment.
Mais le film « l’étoffe des héros  » est repassé à la tv il n’y a pas si longtemps.
C’est un très bon souvenir pour moi…d’Alabama.

Chaloux dit: 15 mai 2018 à 19 h 22 min

Blabla : »Est-il vraiment le plus qualifié pour en parler ? »

Une question qu’on se pose à chaque fois que tu l’ouvres…

Hurkhurkhurk!

Janssen J-J dit: 15 mai 2018 à 19 h 18 min

Le bûcher des vanités fit de l’année 1987 l’une des plus intenses de ma vie de lecteur.
Ce roman se tint au sommet de la courbe de Gauss de ma vie. Merci Tom Wolfe de l’avoir conçu. Plus tard vint « Moi, Charlotte Simmons » (2006), qui n’empêcha en rien la pente déclinante de ne jamais pouvoir se redresser. Ce roman avait je ne sais quel goût d’amertume, l’alacrité de l’écriture journalistique wolfienne s’était comme qui dirait, filiplabroïsée.

Widergänger dit: 15 mai 2018 à 19 h 16 min

J. Attali et quelques autres, en tant qu’anciens élèves de Janson, viennent faire une conférence vendredi à Janson sur Mai 68… Est-il vraiment le plus qualifié pour en parler ?

Bloom dit: 15 mai 2018 à 19 h 10 min

Tom Wolfe avait le chic vulgaire et Zola la vulgarité chic. Bref, tout pour se faire détester des petits bourgeois qui squattent de leur insignifiance les étagères des librairies et dont il ne restera rien, à qqs exceptions près, oeuf corse.

Phil dit: 15 mai 2018 à 18 h 59 min

…Figurez-vous que je me fiche de l’innovation si elle n’aboutit à rien de convainquant. Closer

dear Closer, la visite du Louvre en moins de deux minutes est très convaincante. Aujourd’hui il suffit de la voix sépulcrale de Godard en surimpression pour donner un souffle au film, c’est bien assez, il faut savoir se contenter de quelques scènes à l’heure des incontinences netflixeuses.
Baroz rappelle les écrivains célébrés par Godard, Chardonne pour la langue évidemment et par solidarité d’exilé sans doute, après que Berri, bêtement jaloux de la nouvelle vague dont il ne fut pas, lui ait rendu la cinémathèque de France infranchissable. Pas de rétrospective Godard à la cinémathèque de Berri.. de Bercy.

la vie dans les bois dit: 15 mai 2018 à 18 h 52 min

T.Wolfe un écrivain d’investigation qui aura donné un peu de matière à quelques blockbusters, comme « l’étoffe des héros » d’anthologie.

Bérénice dit: 15 mai 2018 à 18 h 52 min

Je préfère le diabolo, jeu d adresse à pratiquer en plein air, les mômes font des prodiges avec.

Bloom dit: 15 mai 2018 à 18 h 42 min

Tom Wolfe, a man in full.
Un dandy à la pose musclée que vous raconte le malheur de ceux qui ratent la bonne sortie de l’autoroute. Précieux dans l’accoutrement, diablement canaille dans le style.
Hats off, gentleman citadin. IOU to have survived a heatwave in Canterbury.

Delaporte dit: 15 mai 2018 à 18 h 39 min

Tom Wolfe était dans un autre genre un véritable fétichiste du journalisme. Il aimait aussi un écrivain français que beaucoup de nos auteurs méprisent injustement : Zola.

Delaporte dit: 15 mai 2018 à 18 h 35 min

Cannes, les fétichistes du pied sont aux anges :

« Maux de pieds ? Ras-le-bol ? Envie soudaine de liberté ? Si Kristen Stewart n’a pas donné la raison de son geste, l’actrice américaine avait l’air sacrément heureuse de retirer ses chaussures lors de la montée des marches de «Blackkklansman » de Spike Lee. »

Bloom dit: 15 mai 2018 à 18 h 34 min

Passou est né un 17 avril, selon Wikipédia. Il est donc bélier.

Pour les Chinois, il est né l’année du Serpent. Faut pas le faire iech le Passou, un « baiser de Glasgow » (head butt) suivi d’une étreinte coulissante au niveau de la glotte, et hop, y vous envoie rejoindre la vaste armée des ombres.

Bérénice dit: 15 mai 2018 à 18 h 32 min

Pablo, il est vrai je si j’ avais pris la peine de cliquer sur le lien la question ne se serait pas présentée. Je suis idiote, pardonnez moi.

Bérénice dit: 15 mai 2018 à 18 h 28 min

Delaporte, cette histoire en rappelle une autre à l issue plus heureuse, un patient attaquè par son voisin avec qui il avait discuté une partie de l après-midi. Ce dernier était schizophrène, la sonnette ne fonctionnait pas et la victime dut son salut à son portable , il put appeler sa famille qui donna l alerte.

Delaporte dit: 15 mai 2018 à 18 h 26 min

Disparition d’un grand faiseur :

« L’écrivain américain Tom Wolfe, auteur du « Bûcher des vanités » et de « L’Etoffe des héros », est décédé lundi à New York, a annoncé le New York Times. Il avait 88 ans. »

Bloom dit: 15 mai 2018 à 18 h 25 min

Dans Godard, il y a Go.
US Go Home
Ready-Steady-Go
On you mark-Get Set-Go
Perec et le jeu de Go
« Paulette Goddard came back to me » (Charlie Chaplin).

Delaporte dit: 15 mai 2018 à 18 h 22 min

Un psychiatre tenu pour responsable dans son activité professionnelle de soignant. On peut estimer que c’est logique. Cela ne me révolte pas :

« En 2008, le meurtre d’un étudiant à Grenoble par un malade mental avait provoqué des réactions jusqu’au sommet de l’Etat. Son psychiatre écope de 18 mois de prison avec sursis en appel. »

Bérénice dit: 15 mai 2018 à 18 h 11 min

La 960 est de Schubert, merci Pablo. Justement c était une question, de qui donc cette 960.

Bérénice dit: 15 mai 2018 à 18 h 07 min

D si vous saviez, je préférerais ne plus être ce que je suis et même n être pas ce que peut être j aurais aimé être pour obtenir un passeport.

Janssen J-J dit: 15 mai 2018 à 18 h 05 min

… à croire qu’il existe sur ce blog une conjuration des imbéciles mâles qui se prennent le relais dans l’injure misogyne systématique, dès que l’un des trois vient à manquer à l’appel musical. Fascinant !…

Bérénice dit: 15 mai 2018 à 18 h 04 min

Pablo vous emettiez plus tôt un avis musical associé à une prétendue caractéristique astrale , fausse, absolument , genre idée reçue et publiée au moyen des livres nous enseignant l astrologie puisque vous vous y intéressez.

Pablo75 dit: 15 mai 2018 à 17 h 57 min

@ Chaloux

Je connais bien la version de Horowitz de la sonate D 960 de Schubert. Elle est très bonne, mais dans les moments les plus pathétiques, elle n’atteint pas la profondeur, le tragique des versions de Richter et de Zimerman. Comme la version de Guilels… (il y a quelques semaines j’ai acheté aux Puces 8 cds pour 5 euros, et dans le lot il y avait la Hammerklavier de Gilels, que j’avais déjà – si tu la veux… D’ailleurs, c’est un cd de 1983, c’est-à-dire bien plus « lourd » que ceux de maintenant et donc qui ne saute pas dans ma chaîne hi-fi, une Yamaha qui a presque 18 ans et dans laquelle beaucoup de cds « sautent » maintenant – si quelqu’un sait pourquoi, avant que je m’en achète une autre – on m’a dit que ça pourrait être une histoire de nettoyage de la lentille du lecteur de cds).

Bérénice dit: 15 mai 2018 à 17 h 54 min

Pablo, je ne crois pas non plus en l astrologie pas plus qu’en Dieu. Je crois à la moisissure et à l humus. Suis je gauffre ascendant crêpe ou l’inverse?

Pablo75 dit: 15 mai 2018 à 17 h 45 min

Clopine fait partie des gens ici que je ne lis jamais. Je vois maintenant que j’avais raison de ne pas le faire: esprit plat comme une crêpe. Et réagissant bêtement, comme tous les sots, aux thèmes qui la dépassent.

D. dit: 15 mai 2018 à 17 h 01 min

Une question Jacques Barozzi: pour parler aussi bien cinéma, avez-vous au moins fait des études cinématographiques poussées comme celles de Clopine ?

Jazzi dit: 15 mai 2018 à 16 h 51 min

Je note que dans l’interview de Passou, Godard cite parmi ses auteurs préférés, Chardonne et Marcel Jouhandeau….
Et dans la conférence de presse, il rappelle une chose qui me parait essentielle, lui le dernier survivant de la Nouvelle Vague, que les cinéastes de cette génération-là n’ont pas fait d’école de cinéma, ils allaient uniquement à la cinémathèque voir les films.

Janssen J-J dit: 15 mai 2018 à 16 h 32 min

Ernst Jünger appelait familièrement le dr Liselotte Lohrer sa 2e épouse, « le Taurillon »
(je ne connais ce surnom que dans sa traduction française de ses journaux, faute de pratiquer la langue germanique).
https://de.wikipedia.org/wiki/Liselotte_J%C3%BCnger
C’était un Bélier comme hitler, passoul et moi. Quelles engeances, vingt dieux !

rose dit: 15 mai 2018 à 16 h 21 min

Clopine
cela vient de mes enfants lorsqu’elles tentèrent de me remonter le moral, il y a qq années de cela.
J’apprécie ses références littéraires et le fait qu’il s’adresse directement à moi style « eh Taureau ».

Chaloux dit: 15 mai 2018 à 16 h 00 min

« la morne toile de fond de l’œuvre que tu mûris. »

Jazzi, soit ce type te connait personnellement, soit il connait Blabla. Il n’y a pas de troisième option.

Hurkhurhurk!

Clopine Trouillefou dit: 15 mai 2018 à 15 h 39 min

Dites, donc, Rose, merci. Votre Rob Bresnycz, là, me réconcilie d’un coup avec l’attraction des astres…

Delaporte dit: 15 mai 2018 à 15 h 38 min

Il était ministre, circonstance aggravante… Ce n’est pas en minimisant qu’on rendra les hommes politiques honnêtes :

« … en raison du montant de la fraude, estimée à 3,5 millions d’euros, modeste au regard d’autres dossiers de même nature. Ni en raison du mécanisme, somme toute plutôt banal: des honoraires en liquide étaient placés sur des comptes en Suisse, puis à Singapour, sous couvert de sociétés off-shore bidons. Mais parce qu’entre le moment où M. Cahuzac dissimula une partie de ses revenus, et celui où il fut démasqué, il était devenu ministre. Et l’une de sa priorité était la traque de la fraude fiscale. » Figaro

Clopine Trouillefou dit: 15 mai 2018 à 15 h 38 min

Notre hôte est-il taureau ou bélier (né avant ou après le 19 avril ?)

grave question… Il semble en tout cas qu’il soit du côté des bêtes à corne…

Delaporte dit: 15 mai 2018 à 15 h 28 min

« Delaporte, les prisons sont surpeuplées… »

Cahuzac a du bol : en Chine, pour moins que cela, on l’aurait condamné à mort.

Jazzi dit: 15 mai 2018 à 15 h 28 min

Quant à moi, selon Rob Bresny, je vais avoir un coup de génie !

Verseau
20 JANVIER – 18 FÉVRIER

Dans son tableau de 1931 La Persistance de la mémoire, Salvador Dalí met en scène trois montres ramollies, qui semblent être en train de fondre sous le soleil implacable du désert. Le peintre confia par la suite qu’il avait eu l’idée de cette composition surréaliste en voyant à la fin d’un repas un camembert coulant sur un plateau de fromages. Le hasard de la banalité devrait bientôt te faire un clin d’œil similaire, Verseau. Si tu es attentif au monde, des circonstances remarquablement prosaïques t’inspireront un coup de génie créatif qui transfigurera la morne toile de fond de l’œuvre que tu mûris.

Delaporte dit: 15 mai 2018 à 15 h 26 min

Commentaire putride du Point sur ce jugement :

Le jugement constitue un camouflet pour le parquet national financier qui avait réclamé la confirmation des trois ans de prison ferme infligés à l’ancien ministre en première instance, en 2016, pour une faute « d’une exceptionnelle gravité ». Point

D. dit: 15 mai 2018 à 15 h 26 min

Delaporte, les prisons sont surpeuplées et ne servent à pas grand chose pour ce genre de délinquant qu’il faut attaquer au maximum au porte-monnaie.

Delaporte dit: 15 mai 2018 à 15 h 21 min

Cahuzac n’ira pas en prison… Rejugé en appel, l’ancien fraudeur s’en sort bien. Les juges n’ont pas osé infliger à un membre de l’establishment une peine carcérale effective. Cela aurait fait selon moi un bel exemple. Mais ainsi passe la justice :

« Jugé en appel, l’ancien ministre pourrait échapper à la détention grâce à un aménagement de sa peine. »

la vie dans les bois dit: 15 mai 2018 à 15 h 14 min

Meuh non,  » Passou  » son avenir horroscoporifique c’est: traduire la torah.

21 MARS – 19 AVRIL

« La Torah est l’un des grands textes sacrés du judaïsme. Entièrement écrite en hébreu, elle se compose très exactement de 304 805 lettres. Lorsqu’un sofer, scribe professionnel hautement spécialisé, en fait une copie à des fins rituelles, il ne doit commettre aucune erreur dans la retranscription, sans quoi l’ensemble de son livre sera invalidé. Ce travail, entièrement réalisé à la main, peut prendre jusqu’à dix-huit mois. L’entreprise qui t’attend dans les prochaines semaines n’exigera certes pas un pareil soin du détail, Bélier, mais il te faudra tout de même redoubler de minutie et d’application pour accomplir ton œuvre. »

Clopine Trouillefou dit: 15 mai 2018 à 15 h 03 min

Et voici, Rose, l’horoscope que vous partagez avec notre hôte lui-même (qui s’en étonnerait ?) :

Taureau
20 avril – 20 mai

Edmund Wilson, écrivain et critique littéraire Taureau, publia plus d’une trentaine d’ouvrages et influença au moins sept grands romanciers américains. Fou de lecture, il consacrait dans sa jeunesse jusqu’à seize heures par jour à dévorer des livres. Ses parents, espérant le détourner de cette inquiétante passion, lui offrirent une tenue de base-ball. Le jeune Edmund, reconnaissant, la porta seize heures par jour… de nouveau plongé dans ses bouquins. Dans les semaines à venir, tu seras tout aussi indéfectiblement dévoué à ta cause sacrée ou à ton incoercible marotte, Taureau. Le Cosmos te donne carte blanche pour t’abîmer dans ta sublime passion.

Clopine Trouillefou dit: 15 mai 2018 à 14 h 59 min

Rose, il est génial là votre copain Rob Bresny. Songez qu’il recommande à Clopin (par exemple) de :

« Scorpion
23 octobre – 21 novembre

Aime ton prochain avec deux fois plus d’ardeur et deux fois plus de sincérité que jamais, Scorpion. Ta santé mentale te l’implore ! Tes rêves futurs t’en conjurent ! Exalte tout particulièrement l’amour que tu portes à ceux et celles que tu prétends déjà aimer de tout ton cœur, mais qu’il t’arrive de ne pas traiter avec autant d’égards que tu le devrais tant ils font désormais partie de ton paysage. Émerveille-toi de leur miraculeuse présence et émerveille-les de ton amour. Enfin, fais de ce verset de la Bible ton mantra : “N’oublie pas de bien accueillir les étrangers, car c’est ainsi que certains, sans le savoir, ont accueilli des anges »

C’est-y pas mignon ?

rose dit: 15 mai 2018 à 14 h 37 min

voilà ; je ne l’avais pas lu mais ce matin, je suis allée voir en librairie s’il y avait un cadeau pour moi, mais comme, oh que non, j’ai acheté trois thomas hardy. Et hisse et haut.
Indécrottable, la fille.
Au pif ; je n’avais pas de titres.

Clopine Trouillefou dit: 15 mai 2018 à 14 h 31 min

Bah, Jazzi, tu es pardonné (s’il le fallait); Mais tu sais, je peux te les faire aussi, moi, tes horoscopes. Tiens, hop, pour demain :

– profession : votre travail avance mais vous devez réfréner votre impatience et vous assurer que vous êtes bien dans la direction qu’on attend de vous, sinon vous risquez de décevoir votre hiérarchie
– amour : n’oubliez pas que les petites attentions peuvent entretenir une relation à long terme. Ne négligez pas les gestes quotidiens et prenez du temps pour vous deux.
– santé : attention au foie.

(et hop, plus de journal acheté, des économies ! Ca devait être inscrit dans les astres !)

Janssen J-J dit: 15 mai 2018 à 14 h 01 min

Ce matin, j’ai fait analyser aux étudiant.es de mon M2, cette saillie parue sur la rdl voici quelques jours :

« Un think tank français de gauche réfléchissant sur la sécurité des français est aussi crédible qu’un groupe de nonnes cloîtrées faisant une étude sur la sexualité des jeunes magrébines dans les banlieues françaises ».

Que vous inspire sur le plan la forme, de la syntaxe, de l’image analogique, du contenu socio linguistique et de l’idéologie véhiculée, cette prise de position d’un internaute moyen en réaction à la mise en ligne d’une étude sociologique pour le compte du think tank Terra-Nova ? (le lien leur était fourni).

Ils eurent deux heures pour composer leur réponse durant ce « partiel ».

Neuf sur dix d’entre eux.elles, après un rapide examen de l’affaire, ont conclu à la médiocrité générale de cette prise de position en la qualifiant de mal informée, vulgaire, superficielle, profondément raciste et sexiste. Au-delà de ces qualificatifs récurrents plutôt négatifs, un seul en a trouvé l’humour provocateur plutôt ravageur, tout à fait propre à atténuer ces réactions primaires.

vedo dit: 15 mai 2018 à 13 h 46 min

12h45
Ça alors! Quelle coïncidence. Un étudiant vient de me remercier, hier, en m’offrant ce disque de Zimerman, et c’était la première fois nous parlions de musique (et que je découvrais la place de la musique pour lui, violoniste, alors que je le croyais un peu « nerdy »).

Jazzi dit: 15 mai 2018 à 13 h 35 min

Clopine, tous les matins je commence la journée en lisant mon horoscope dans le Parisien, en ligne. Quand il me dit que je peux foncer, je fonce, et quand il me dit de faire profil bas, je m’y tiens…

Chaloux dit: 15 mai 2018 à 13 h 31 min

Et je suis du même signe que Beethoven !

Vous savez que je suis toujours prêt à reconnaître vos mérites, dont je ne fais pas fi.

Clopine Trouillefou dit: 15 mai 2018 à 13 h 25 min

Eh bé, je ne me moque pas (ou si peu). C’est juste que ces histoires de signes du zodiaque… De toute façon, ce serait Victor Hugo que cela ne m’arrêterait pas, vous savez, parce que quand il y a matière à, c’est trop tentant de faire tourner les tables… Donc, je réclame le droit d’admirer tant et plus mon Totor, et de le taquiner si besoin.

(et contrairement au portrait courant que l’on dresse de moi ici, je ne suis pas méchante pour un sou, vous savez !)

Chaloux dit: 15 mai 2018 à 13 h 14 min

Clopine, Pablo c’est un grand bonhomme. En dépit de vos immenses et réelles qualités, je ne crois pas que vous ayez sur vous de quoi vous moquer! Ne faites pas le Blabla…

Clopine Trouillefou dit: 15 mai 2018 à 13 h 04 min

Il est rigolo, Pablo75. IL en appelle à la croyance (« Chaloux, je ne peux pas croire… ») et termine par les signes astrologiques !!! Au fait, révisons un peu alors :

Bach était quoi comme signe zodiacale ? Et chinois ? Et Beethoven ? Seriez-vous capable, Pablo75, de nous expliquer l’influence du troisième décan dans les opéras de Mozart ?

Closer, un dernier mot : le touchant, c’est que ma famille avait, pour proférer ses jugements esthétiques sans appel, la même posture que vous : l’appel au sens commun et la ferme volonté de « ne pas se faire avoir »….

Jazzi dit: 15 mai 2018 à 13 h 02 min

Closer, j’ai à peu près suivi Godard, depuis le début. C’est un grand cinéaste. Surtout au début. Les derniers films sont un peu chiants. mais il y a toujours de superbes images et des bribes de citations intéressantes à glaner, mais le plus souvent noyé dans un bavardage intempestif. Ce que j’ai critiqué, c’est le personnage médiatique que l’on en a fait et auquel il se prête volontiers. Mais comme il le dit lui-même, il crache sur le cinéma et sur Cannes, mais il y participe afin de trouver de l’oseille pour pouvoir faire ce qui lui plait. Comment le lui reprocher ? On est pas non plus obligé d’adhérer…

Chaloux dit: 15 mai 2018 à 13 h 00 min

@Pablo. Air et feu.

C’est vrai qu’on n’aime pas toujours les mêmes pianistes.(Tureck, Zimmerman et le russe à grimaces dont le nom m’échappe, me sont insupportables). Sans remède.

J’ai écouté la tribune sur un temps qu’en principe je n’avais pas. Richter, bien sûr. Mais j’ai trouvé l’enregistrement de Guilels mille fois plus intéressant, saisissant, une leçon de piano absolument magistrale et même géniale.

(Elsa Fottorino excellente dans son écoute).

la vie dans les bois dit: 15 mai 2018 à 12 h 48 min

en complément du 12h31 préciser que tous les terroristes passes à l’acte etaient des fichés S. dont on a tout connu de leur identité dans l’heure qui suivait la tuerie. C’est ce qui explique que le Prime Philippe soit aussi énervé pour trouver le début de la moindre justification….

Pablo75 dit: 15 mai 2018 à 12 h 45 min

@ Chaloux

« Tureck, pour moi, c’est un peu boîte à musique ».

Comment tu expliques alors que G.Gould ait dit (ou écrit) que le seul pianiste qu’il admirait en Bach c’était elle? Et qu’elle l’ait beaucoup influencé pour son interprétation de Bach (il a beaucoup appris de son Clavier bien tempéré de 1952-1953, révolutionnaire pour l’époque)? Et sais-tu qu’elle était aussi musicologue et a beaucoup écrit sur Bach?

Si ce que tu appelles « boîte à musique » c’est sa façon de faire chanter Bach par rapport à la mécanique implacable de Gould, glaciale et fatigante à la fin (pendant 20 ans je n’ai écouté que lui en Bach), vive les boîtes à musique dans son genre (j’en connais pas d’autres d’ailleurs).

Mais bon, on a déjà eu cette discussion ici plusieurs fois… Quand je pense que tu n’aimes pas non plus Krystian Zimerman, dont le dernier enregistrement (les sonates D. 959 et D.960 de Schubert) est prodigieux, surtout les 2 premiers mouvements de la dernière sonate, dans lesquels il dépasse, pour moi, Richter (une référence aussi dans la sonate 21).

Je n’ai jamais entendu jouer son Andante sostenuto, qui est un autre de ces sommets absolus du piano, dans lequel Schubert voit venir la mort à grands pas (il l’a écrit 2 mois avant de mourir) de façon aussi tragique, aussi poignante, avec des silences terribles qui te « encogen el corazón », comme on dit en espagnol.

Je ne peux pas croire que tu puisses être insensible à une interprétation pareille… (Tu dois être signe de Terre, non? Capricorne? Vierge?).

À propos de ce disque:

Krystian Zimerman: « La musique jaillit honnêtement du piano et c’est tout »

Par Bertrand Dermoncourt

https://www.lexpress.fr/culture/musique/krystian-zimerman-la-musique-jaillit-honnetement-du-piano-et-c-est-tout_1970919.html

Clopine Trouillefou dit: 15 mai 2018 à 12 h 42 min

Non, Closer, nous n’avons pas grandi ensemble, et votre témoignage n’est pas inscrit dans une poque, mais dans un milieu social. Dans le mien, foin du ridicule ! Tout bonnement et sans aucun complexe, il était admis que Picasso « peignait comme un enfant de quatre ans » (= ne savait pas peindre), que l’opéra « cassait les oreilles parce que les chanteurs ne parlaient pas comme tout le monde », que le summum du cinéma c’était Gérard Oury et que les histoires de Delly étaient quand même bien écrites. Et gare à qui semblait douter de ces diktats ! (lire Edouard Louis qui a connu ça aussi, en pire…)

la vie dans les bois dit: 15 mai 2018 à 12 h 41 min

closer ou la terreur de passer pour un con devant son ordi…qu’il se rassure!

la vie dans les bois dit: 15 mai 2018 à 12 h 38 min

Honteux et cynique ce discours du Prime qui associe un attentat terroriste islamique à un fait divers. Et à ce titre ne nécessiterait pas une modification des lois existantes.

closer dit: 15 mai 2018 à 12 h 32 min

Clopine, j’ai grandi comme vous, comme presque nous tous ici, dans une époque où la terreur de chacun était de se ridiculiser en ne comprenant pas une innovation artistique ou intellectuelle. On pourrait parler du syndrome de l’impressionnisme ou, pourquoi pas, du romantisme et de la bataille d’Hernani, en référence aux malheureux béotiens qui ont résisté à ces nouveautés révolutionnaires pour leur époque! Sous une telle pression idéologique, il était très difficile d’être objectif en face de quoi que ce soit qui paraissait innovant. C’est d’ailleurs toujours le cas, avec un vocabulaire actualisé, « transgresser », « briser les codes », est aujourd’hui le summum de la critique positive qui permet de faire passer n’importe quelle m.er.de.

la vie dans les bois dit: 15 mai 2018 à 12 h 31 min

« Les actes terroristes auxquels nous sommes confrontés sont des actes de personnes très isolées, avec des moyens extrêmement réduits. Chacun sait qu’il est impossible de prévenir tout passage à l’acte partout et à tout moment. Ce qu’il faut, c’est que notre vigilance soit maximale. Elle l’est. »
Philippe le Prime.

Chacun sait bien que 9 minutes : C’est trop long…Et qu’ ‘une juridiction d’exception à l’appui des fiches pour atteinte à la sécurité, dont on peut leur accorder un statut basé sur des faits établis et concordants, est la réponse qu’attend la majorité. Qui n’est pas celle de la macronie, qui par un discours fallacieux voudrait instituer le passage à l’acte comme seule preuve. On le savait…

la vie dans les bois dit: 15 mai 2018 à 12 h 10 min

Dans toquard il y a toquard. Cela dit pour les amateurs de fragmentations intempestives.

la vie dans les bois dit: 15 mai 2018 à 12 h 03 min

Beau calembour. Mais pouvait-on s’attendre à aut’chose de la succession Genette ?

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