de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
L’« inventoire » des archives

L’« inventoire » des archives

Tout chercheur en a rêvé, l’IMec l’a fait ! On pourrait le dire ainsi. Qu’il soit professionnel ou dilettante, que sa curiosité le pousse vers l’histoire littéraire, l’archéologie des idées, l’aventure intellectuelle ou le passé des maisons d’édition, le dit chercheur disposait jusqu’à présent du riche fonds  et des collections de l’IMec (Institut Mémoires de l’édition contemporaine) sis à l’abbaye d’Ardenne (Calvados), une sorte de Thélème en pleins champs près de Caen ; mais ces archives et collections (plus de 700 entrées) n’étaient présentées que dans un environnement d’interrogation unique. Si important que soit un centre de cette nature, il ne correspond plus tout à fait à sa vocation (conserver/communiquer) s’il ne peut accorder leur pleine visibilité à ses trésors. C’est chose faite grâce à Mnesys.

Conçu par Naoned, forme bretonne de la ville de Nantes mais surtout expert numérique spécialisé dans la gestion et la valorisation du patrimoine culturel, ce logiciel avait déjà fait ses preuves dans des centres d’archives départementaux à Saint-Lô et Caen, aux archives municipales de Poitiers ou dans celles de la région Limousin. En effet, il couvre l’ensemble des besoins d’un service d’archives public : collecte, description des documents, traitement, communication…IMG_8881

Déjà, et pour la première fois, le catalogue des imprimés est accessible qu’il s’agisse des revues ou des précieuses bibliothèques personnelles des auteurs notamment.. Désormais, les inventaires sont progressivement consultables sur le Portail des Collections de son site. Les notices descriptives des archives, imprimés et périodiques peuvent être interrogées de plusieurs manières : simple, bibliographique, thématique, par le cadre de classement….

Outre les fonds  très sollicités de l’écrivain Jean Genet et du philosophe Michel Foucault qui attirent nombre de chercheurs venus des universités américaines notamment, de même que les papiers de Louis Althusser qui suscitent actuellement une intéressante initiative, on notera ceux d’écrivains aussi divers que Christine Angot, Tahar Ben Jelloun, Emmanuel Bove, Serge Doubrovsky, Sylvie Germain, Georges Hyvernaud, Irène Nemirovsky, Robert Sabatier ou Alain Robbe-Grillet, des philosophes, des sociologues, des éditeurs ainsi que des historiens tels que Jean-Pierre Vernant, Georges Duby, Jean Chesneaux, Fred Kupferman, et ceux plus récemment arrivés du grand théoricien de la modernité Paul Virilio, du passeur de mémoire Alain Decaux, du sociologue Jean Baudrillard, de l’historien de l’art Georges Didi-Huberman, de l’éditeur Jean-Jacques Pauvert etc ce qui ne donne qu’un faible aperçu de la richesse et de la diversité des papiers conservés à l’IMec. De l’extérieur, pour tout lecteur qui ne connait que les livres, cela peut paraitre très « vieux papiers », froid, désincarné ; c’est méconnaître les émotions, stupeurs et tremblements que peut provoquer ce type de recherche, tant le goût de l’archive peut donner parfois le vertige à celui qui trouve enfin (le document, la lettre, l’information, le signe) surtout s’il ne les cherchait pas vraiment.

Un blog est même consacré par les archivistes à l’actualité des collections : en cette période de commémoration de la première guerre mondiale, on peut y lire des billets sur « Les petits héros de la grande guerre » recueil de nouvelles publié par Hachette dans sa collection « Bibliothèque des écoles et des familles » ; ou encore sur les lettres de l’arrière, notamment celles des collègues, reçues à partir de 1915 par les employés des éditions Larousse mobilisés et envoyés au front.

IMG_8904Lorsque Nathalie Léger, sa directrice générale, a lancé ce chantier de réinformatisation de ses fonds, elle n’ignorait pas le risque encouru par tout projet de reprise et donc de migration de données archivistiques. Mais plutôt que le spectre de leur perte, c’est la perspective de leur amélioration et de leur restructuration qui a prévalu. Celle de leur réinvention en quelque sorte.

Dans une récente livraison des Cahiers de l’Imec (No 10, Automne 2018), un article y fait écho indirectement à propos d’un stage de futurs comédiens et d’un séminaire de metteurs en scène dans les murs de l’abbaye d’Ardenne, à deux pas des fonds de Robert Abirached, Samuel Beckett et Patrice Chéreau. Consacré au « Béguinage des inventeurs », il joue subtilement tant sur la polysémie du mot « béguinage » (petits logements individuels et espaces communs réunis autour d’un jardin en pays flamands depuis le Moyen Âge) que sur celle du mot « invention » (concevoir quelque chose de nouveau, mais aussi mettre au jour ce qui était enfoui). Tout cela pour dire que les milliers de documents conservés à l’IMec attendent en permanence leurs (ré)inventeurs :

« Un fonds d’archives n’est pas qu’un « conservatoire », c’est aussi un « inventoire ». Sans création, la mémoire est peau morte, sans mémoire la création est sans os ».

Tant le néologisme que la métaphore sont signés d’un homme de qualité qui avait voué sa vie au théâtre, Jean-Loup Rivière. Ce fut son dernier article.

(« L’IMec à l’abbaye d’Ardenne » photos Passou)

Cette entrée a été publiée dans Histoire, Histoire Littéraire, vie littéraire.

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1 308 Réponses pour L’« inventoire » des archives

jazzi dit: 10 janvier 2019 à 12 h 14 min

Si j’ai bien compris le dernier commentaire de Passou, Houellebecq va bientôt entrer à l’Académie française ? ça va déprimer grave sous la Coupole !
Pour le cinéma, c’est en Asie que ça se passe : Chine, Japon, Corée du Sud…
Je ne serais pas étonné que le prochain roman de Houllebecq, notre fin truffier national, malin comme un singe, pour qui rien ne se perd, voisin de Chinatown et ayant récemment convolé avec une bridée, nous refasse le coup de Tintin en Chine ! Un marché juteux à convertir…

renato dit: 10 janvier 2019 à 12 h 03 min

Qu’est-ce que c’est un TCEPA ? Qu’est-ce cette habitude de parler comme dans les couloirs de l’administration ?

Cela dit, je ne sais pas ce que ces deux écrivains sont, mais il ne sont pas postmodernes car ni l’une ni l’autre se caractérisent par l’éclectisme : même par la critique du capitalisme postindustriel peut se dire toujours postmoderne. Il serait d’ailleurs opportun de ne pas confondre Thomas Pynchon avec le plat du jour.

William Legrand dit: 10 janvier 2019 à 11 h 46 min

slogans jaunis valent mieux que propos ballots vieillots, dir Phil hautain, en attendant un coup de jeune icite dans les comments-taires pasque bon les croulants (sauf Passou le plus tonique) ça commence à bien faire

caulerpa dit: 10 janvier 2019 à 11 h 45 min

La grammaire nationale selon Damourette et Pichon (1911-1939). L’invention du locuteur
michel arrivé
de la grammaire!( repérer la façon
don se consrui – enre Freud e Maurras – la noion d’
inconscient collecti national
, dans lequel baigne, pour chaque locueur, le « sysème axiémaique » de sa langue.
bonne journée

William Legrand dit: 10 janvier 2019 à 11 h 34 min

« la poétique de Christiane » dit dear Phil hautain :
de la resucée de citations epicétoucépeu

Janssen J-J dit: 10 janvier 2019 à 11 h 31 min

@22.07 « Mes réponses sont celles d’un citoyen lambda, non pas d’un journaliste professionnel ».
Trop modeste, CB… Merci pour vos commentaires et éclairages sur Maud Chiaro (je me demandais bien pourquoi la vie des idées avait publié cette analyse sur le Brésil – comprends mieux avec vous le coté… « Monde diplomatique » de cette revue en ligne, ast’heure). Par ailleurs, mon chapeau pour vos engagements en défense des Indiens d’Amazonie. De quoi être furieux, voui ! Enfin, pour votre amour de notre langue. Ca me fait toujours qq chose d’étrange de la voir ainsi défendue d’aussi loin (une fierté chauvine dont nous n’aurions plus à rougir ? Rouge Brésil).

@ CT, Parlons de l’écriture de Virginie Despentes, en effet, je crois juste de la ‘mesurer’ à celle de MH plutôt qu’à celle de Kafka ou Pérec, entreprise un brin ridicule (comment commettre de tels anachronismes, sans la moindre précaution langagière d’un élémentaire TCEPA ?). Evitons seulement de hiérarchiser ces deux écrivains postmodernes… Serais vraiment intéressé de lire un point de vue clopin-clopan sur VD. Oui, pourquoi pas ? On sent que vous allez nous l’offrir bientôt.

4 – Enfourché la Sagesse d’Onfray, avec toujours autant de plaisir que celui d’avoir chevauché Cosmos et Décadence en leur temps. Cet Orlando furioso nous annonce tois nouveaux tomes supplémentaire à brève encyclopédie du monde (Anima, Esthétique, Nihilisme). Ce type est fou allié. A eux seuls, les titres de sa bibliographie composeraient un roman oulipien. Même à l’IMEC, ils se demandent s’ils auront assez de place pour ranger son fonds après sa mort. Et il vient de n’avoir que 60 ans !
Bonne année Michel.(conseil d’ami. -> Peux mieux faire. Oui, tu peux encore améliorer ton score de 2018, honorable année certes, mais où tu n’as publié que 8 ouvrages chez 5 éditeurs différents). Franchement hein, c’est bien moyen quand, moi, je n’ai couru que 10 km à pied ce matin, et lu seulement 80 bouquins l’an dernier, ça pas d’bon sang !

@ au fait DHH, voulais vous dire adorer la poésie qui se dégage des Petits Rappels et conseils relatifs de vos règles de grammaire. Je les avais intériorisées avec amour à l’écoe primaire de jadis, mais serais bien infoutu aujourd’hui de les énoncer. Vous m’y faites regresser avec un plaisir inoui. Merci.

@Phil, je sais pas trop quoi vous dire malgré les clins d’oeil, pour l’instant je vous calcule pas suffisamment.

Bon, faut que j’y aille. Bjr à tour, à passoul et son pote manu valls.

Phil dit: 10 janvier 2019 à 11 h 16 min

W. Legrand, gardez vos slogans jaunis pour le rond-point de JJJ, prenez exemple sur la poétique de Christiane.
Les cadres de la silly-con valley mettent leurs rejetons dans des écoles dites « déconnectées ». Le passé simple disparait du rayon culturel de la mémoire aussi vite que les livres papiers, remplacé par un futur immédiat sans fondement. Tout le reste n’est que foin à gogos, y compris le livre d’autosatisfait de Manguel dans sa riche bibliothèque en bois précieux.

christiane dit: 10 janvier 2019 à 11 h 06 min

@Phil dit: 10 janvier 2019 à 10 h 33 min
symptôme correspondant à un désir d’avoir une information précise mais ce qui se retient dans le domaine de la lecture demande, effectivement, du temps et des labours, des retours vers le livre et comme l’évoquait J.R. cette fermeture de notre être à ce qui n’est pas dans le livre que nous avons ouvert. Il y a un mystère qui noue alors le lecteur et le livre, une osmose.
J’esquisserais bien une expérience semblable face à une toile préférée dans une exposition ou un musée ou encore une émotion durable d’écoute d’une musique, d’une chanson, d’une voix, ou encore, de certains plans d’un film, d’une musique de film, d’un visage d’acteur, idem pour le théâtre…
d’un paysage, d’un être disparu qui nous revient à l’improviste à cause d’un objet, d’une photo, d’une promenade, d’une chanson…
Internet et ses clics ? Pour moi, seulement utilitaire et fragmentaire.
Quant aux blogs et espaces commentaires, ils sont d’écume. La vraie communication, les vrais partages ne sont pas sur la toile où les voix se cognent comme des coques de bateaux à quai.

renato dit: 10 janvier 2019 à 10 h 46 min

Un aphorisme, a dit un virtuose autrichien de cette discipline sportive, est soit une demi vérité soit une vérité et demie. Cela dit, voyons : « Celui qui cherche ne trouve pas, mais celui qui ne cherche pas sera trouvé. » Bien que concis et pas conçu dans le but de viser Heidegger — et pour cause —, cet aphorisme est peut-être la plus pertinente, critique à la bruyante, lourde et fatiguante machine que le philosophe allemand employa dans sa recherche de l’être et qui le conduisit dans un trou noir.

Phil dit: 10 janvier 2019 à 10 h 33 min

Ces lieux du savoir contenant livres et grimoires vont-ils peu à peu disparaitre ?

Dear Christiane, parlez-nous plutôt de la mémoire qui disparait dans la tête de ces générations qui cliquent et recliquent sans rien retenir durablement de l’information lue entre deux flash d’écran.

vedo dit: 10 janvier 2019 à 10 h 18 min

@Rose
L’aveu/reconnaissance de responsabilité/demande de pardon n’est en effet pas simple, surtout devant une foule, et par une personne dont l’autorité institutionnelle dépasse l’individu. Il y a très très longtemps, je regardais aux Etats-Unis une mise en film de Crime et Châtiment. Dans la scène finale, Raskolnikov sur le point de se dénoncer, fait un mouvement de demi-tour quand il rencontre le regard silencieux et ferme de Sonia qui se tenait dans l’embrasure de la porte d’entrée du couloir (qui ainsi la renforçait à contre-jour). En silence, les yeux baissés, il refait demi-tour pour aller se dénoncer. J’entends encore toute la salle qui a éclaté de rire….

DHH dit: 10 janvier 2019 à 10 h 01 min

@ clopine
je me souviens qu’il n’y a pas si longtemps Passou avait dit beaucoup de bien de l’écriture de Virginie Despentes et souligné le talent qu’il reconnaissait à sa commensale de chez Drouant

vedo dit: 10 janvier 2019 à 9 h 50 min

L’aphorisme bien connu de Picasso, fort juste, n’est pas une vantardise. C’est une pique contre le confort de « chercher » et ceux qui s’en vante.

christiane dit: 10 janvier 2019 à 9 h 26 min

@Petit Rappel dit: 10 janvier 2019 à 2 h 40 min
Oui, nous avions presque oublié avec le ressac Houellebecq. J’ai aussi ce pincement au cœur quand l’atmosphère des bibliothèques, l’objet livre, la lampe et le silence sont remplacés peu à peu par des clics de souris et les pages d’information sur l’écran d’ordinateur.
Je me souviens avoir aimé le livre d’Alberto Manguel La bibliothèque la nuit(Actes sud). L’imaginaire et la mémoire des bibliothèques… Quel essai brillant embrumé de rêverie. Comment classer ? Comment ranger tous ces livres ? Comment ne pas les robotiser ? La lecture comme un fil d’Ariane dans ce dédale.
Cette pensée, terrible, page 118 : « Tout choix en exclut un autre, celui qui n’a pas été fait. La lecture coexiste de toute éternité avec la censure. » (j’écrirais palimpseste, un livre en remplaçant un autre, comme ici)
Et cette question mystérieuse qu’il posait : ne serait-ce pas les livres qui décident, qui viennent à nous, désirent la rencontre et l’ordonnent ?
Je me souviens aussi, grâce à votre indication, de cette exposition en 2012, à la Galerie des donateurs de la BnF, consacrée au graveur Erik Desmazières. Gravures, dessins évoquaient les bibliothèques, qu’elles soient réelles ou imaginaires comme celle imaginée par Jorge Luis Borges dans une nouvelle La Bibliothèque de Babel. Un univers architectural proche de celui de Piranèse. Un dessin reste en ma mémoire : des livres sur une table dont un livre ouvert. Il y avait un texte d’Olivier Rolin sur les Globes de Coronelli, vous souvenez-vous ? Je les avais découverts peu après : une merveille.
Ces lieux du savoir contenant livres et grimoires vont-ils peu à peu disparaître ?

jazzi dit: 10 janvier 2019 à 8 h 57 min

Dernières nouvelles de la Chine.

Un météore a traversé le ciel cinématographique chinois et est venu s’écraser sur nos écrans. « An éléphant sitting still » de Hu Bo, film lent, à la narration sinueuse, de près de quatre heures, est l’unique film de ce jeune cinéaste, né en 1988, et qui s’est suicidé à 29 ans, juste après le montage de ce chef-d’oeuvre en forme de cri de désespoir. Un film à l’esthétique noire, tel « Une longue pluie sans fin » de Dong Yue, que nous avons pu voir récemment, et qui appartient à l’actuelle « septième génération » du cinéma chinois. Celle venant juste après la génération des années 1990-2000. Une génération qui se veut tout aussi réaliste et politique que la précédente, mais qui se caractérise par l’introduction d’une dose de merveilleux au plus sombre des histoires qu’elle nous donne à voir. Ici, dans une mégapole anonyme du Nord de la Chine, sous un ciel définitivement plombé, entre cités puantes et usines inquiétantes, les personnages, à la silhouette flou, évoluent dans un éternel brouillard. Les jeunes semblent n’avoir d’autre avenir qu’entre la résignation ou la délinquance. Les plus vieux sont inexorablement poussés vers des mouroirs. « Le monde est abominable » dit l’un des jeunes héros du film. Trois d’entre eux et un vieil homme décident de fuir vers la ville voisine et néanmoins lointaine de Manzhouli, pour voir un éléphant d’un cirque qui reste assis jour et nuit, refusant de se mouvoir. Quand la Chine se réveillera… pronostiquait Alain Peyrefitte. La Chine est empêtrée dans une immuable immobilité répondent en écho les artistes actuels !
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19581430&cfilm=262443.html

Delaporte dit: 10 janvier 2019 à 8 h 33 min

« Je ne cherche pas, je trouve. » Picasso, qui pouvait tout se permettre. Picasso a dit dans sa carrière beaucoup d’aphorismes, aussi stupides que celui-ci. Heureusement, son métier, c’était peintre.

rose dit: 10 janvier 2019 à 5 h 06 min

J’ai perdu mon chien l’an passé.
Me reste mon chat centenaire, l’a 18 ans.
J’ai plus le droit de voir mon père depuis le 25 septembre 2818.
Ma mère n’a plus le droit de lui parler au téléphone ( elle y gagne mais ne le sait pas encore car elle souffre).

La vie continue. Clopin clopant. On ne rit plus.
Finalement, ces fous rires c’était nerveux.

rose dit: 10 janvier 2019 à 5 h 02 min

Entre Bad time in El royal hôtel et Asako one & two, y a pas photo : Bad time.
M’étais endormie à Senses 1, 2, 3, 4 ai récidivé lors de la rupture dans Asako, mortel ennui.
Moi je demande à ma mère-qui pense.
J’lui dis « elle a eu tort de suivre Baku ».
Oui, me répondit-elle.
plus tard, le temps de rentrer à la maison, j’lui redis et elle me répond non que le premier amour c’est que celui qui compte.

Comme elle avec mon papa.

Demeuré.

J’ai repris la gym.
Je fais 124 km pour aller à la gym.
et 124 km pour rejoindre mes doubles pénates. Hors autoroute. Vinci sautera.
Oui.

rose dit: 10 janvier 2019 à 4 h 38 min

Ma mère, en tongs, sur les ronds points.
Ça va nous changer de Prisu.
bisous à dom. parti trop tôt, trop slim. Mangeait plus.

rose dit: 10 janvier 2019 à 4 h 36 min

Bollène, Narbonne Sud et Agde sur l’A9, et le péage de Bandol sur l’A50
Chaque fois, des bastions ouvriers.

ici, au pays, toujours 18 crs pour garder.

18 : logés, nourris, blanchis aux frais du contribuable.

rose dit: 10 janvier 2019 à 4 h 34 min

sur la riposte de Vinci, les sorties fermées sur l’A9 et l’A 50
Bollène, Narbonne Sud et Agde sur l’A9, et le péage de Bandol sur l’A50.

ici, au pays, toujours 10 crs pour garder l’habitation de Casta.
Logent à l’auberge.
Éviter les opinels.
Appris hier midi que si Casta revient, il sera saigné comme un sanglier.(qui sont en grosse baisse et gibier aussi chevreuil cerf etc car meute de loups dans la vallée du Jabron : le loup progresse -avance ; dans le Mercantour, il y a dix ans).

Je vous donne les infos.
Semblerait (???) que réunions clandestines s’organisent. Je ne pense qu’à ça.
Difficulté, ma mère veut venir.

Petit Rappel dit: 10 janvier 2019 à 2 h 40 min

Retour au sujet.En ces temps ou l’Inventoire célébré par Passou n’existait pas, il me souvient que dans la salle des Manuscrits de la BN, il y avait un fichier en bois dont la partie supérieure était étiquetée Fonds Cortázar. Impossible de ne pas la remarquer. Il était le seul de son espèce! C’était il n’y a pas si longtemps, quand on trouvait des Bibliothécaires savants, et qu’on ne se fiait pas aveuglément aux Mémoires des machines.

MC

Clopine dit: 10 janvier 2019 à 1 h 02 min

Au fait, je m’aperçois…Enfin je me demande… Bref je suis presque sûre… Que jamais ici ne fut prononcé (du bout des doigts) son nom… Alors voilà : je crois que, s’il y a un classement à faire, il faut définitivement placer Virginie Despentes quelques places avant Michel Houellebecq. Disons-le carrément : bien loin devant. Tellement loin devant que, pour apercevoir le Michel, ben faut non seulement se retourner, se hisser sur la pointe des pieds, scruter l’horizon, mais encore plisser les yeux. Ca m’étonne d’ailleurs carrément de moi, que je n’ai pas encore pris le temps, ici, de parler d’elle.

Phil dit: 10 janvier 2019 à 0 h 43 min

Anne Hidalgo, maire de Paris. Merci Claudio Bahia pour votre réponse circonstanciée. »
ici », nous vivons volontiers avec le souvenir de « L’homme de Rio ».

renato dit: 9 janvier 2019 à 23 h 58 min

Entendu aujourd’hui au restaurant.
Conversation animée relative au migrants. À un moment un dit : « Calme-toi, personne ne vient ici pour voler ta stupidité. »

Claudio Bahia dit: 9 janvier 2019 à 23 h 55 min

« Hidalgo gratuise les transports en commun » (Le Figaro du 9 janvier 2019)
mon correcteur d’orthographe souligne en rouge.
quelqu’un pour me dire ce que cet hidalgo veux dire? peut-être qu’il ne maîtrise pas la langue française, ce qui serait donc pardonnable.
Je ne suis qu’un lambda brésilien, mais qui a depuis tout petit eu un amour pour la langue française (trop long à expliquer historiquement). J’avais dit une fois à Chaloux que mes amis francophiles aimaient que je leurs disent des poèmes de Jacques Prévert.
Un jour il y a longtemps, un petit-fils d’une de mes cousine m’a demandé de l’aider à composer un court texte sur le sujet Pourquoi apprendre le français. (il passait un examen à l’Alliance Française, je crois). Je lui ai proposé ceci, en lui disant qu’il en tire ce qui lui conviendrait (je m’étais donné de la peine à cette époque lointaine, mais je n’avais jamais soumis ce cours texte à la critique; c’est chose faite maintenant):

Pourquoi apprendre le français ?

Je pourrais dire que l’on devrait apprendre le français pour sa précision, ou pour le plaisir de se battre avec sa complexité grammaticale, ou encore, plus simplement, pour toute autre raison plus ou moins pratique, telle que l’élargissement des possibilités de communication, le plaisir de lire les auteurs français dans le texte, pour valoriser son cursus professionnel, etc.
Mais ce serait réduire l’apprentissage du français à une fonction bien limitée. Alors, pourquoi apprendre le français ?
On pourrait dire aussi que ce serait tout simplement pour la magie et la poésie de mots nouveaux, inconnus, inexplicables, mystérieux. C’est l’apprentissage et la pratique du français qui nous fera comprendre pourquoi tant d’expressions françaises sont utilisées telles qu’elles dans d’autres langues (par exemple «un je ne sais quoi», «belle époque», « joie de vivre » ).
La langue française n’est pas tout à fait latine, et la connaissance du français permet d’aller vers d’autres langues, d’autres cultures; elle est chargée d’Histoire, de courants, d’invasions, d’emprunts.
Il faut apprendre le français, et l’apprendre jusqu’à ce que l’on puisse savoir décrire toutes les subtilités qui font la différence entre le vélo et la bicyclette, et décrire aussi toute la poésie de l’expression « le fond de l’air est frais ».

Clopine dit: 9 janvier 2019 à 23 h 45 min

On ne peut pas jouer sciemment avec l’immoralité sans avoir quelques notions de morale, voyons… De là à adopter la posture d’un « moraliste », voyons aussi, ne plaisantons pas !

renato dit: 9 janvier 2019 à 23 h 27 min

Merci, vedo, vous trouverez quelques erreurs et malfaçons, parfois corrigés tout de suite après ; désolé, lourde journée et écrit trop rapidement.

Delaporte dit: 9 janvier 2019 à 23 h 24 min

« il y a chez lui une distance ironique qu’on ne trouve pas ailleurs dans le roman francais (ce que passou appelle « malin »?) .Je pense qu’il possède aussi une autre qualité:ne pas conclure »

En effet, et c’est pourquoi certains parlent de « cynisme », qui n’est qu’une distanciation particulièrement retorse, un véritable art littéraire, n’en déplaise à Passou. Quant à « ne pas conclure », Houellebecq a bien retenu la leçon flaubertienne et l’applique à merveille, ce qui fait de lui un philosophe assez profond. Il y a une sorte d’éducation sentimentale dans les romans de Houellebecq, et surtout dans Sérotonine, mais une éducation revue à la baisse, pour faire corps avec le nihilisme ambiant. Et évidemment, la question métaphysique reste prégnante. Houellebecq est bien trop subtil pour l’évacuer a priori. C’est la question qui conclut le roman, comme s’il était temps de se faire moine.

vedo dit: 9 janvier 2019 à 23 h 15 min

Renato, je vous prie de m’excuser. Je ne suis pas assez régulièrement ce blog. Votre rectification me permettra de continuer à lire avec intérêt vos propos.

vedo dit: 9 janvier 2019 à 23 h 13 min

Rose,
Au sujet du cardinal Barbarin, ce n’est peut-être pas simple. Un prétoire au centre d’un tourbillon médiatique, on ne sait pas vraiment ce qu’on ferait. Mais l’Évangile est on ne peut plus clair, Mathieu 18, en particulier 18.6.
Dans toute mon éducation très catholique, je n’ai jamais vu ni entendu quelque chose de louche vis à vis de jeunes, si ce n’est, vers 17 ans, un réveil à l’eau froide par un moine rieur dans une cellule d’une abbaye bénédictine. On sent cela. Je suis immédiatement parti.

renato dit: 9 janvier 2019 à 23 h 11 min

Je ne compare pas MH à Kafka, vedo, suivez, svp, voyez ces posts adressés à JJJ en séquence : 19.04, 20.37, 21.31, 22.16.

rose dit: 9 janvier 2019 à 22 h 52 min

et contre la prostitution aussi
« La prostitution, c’est la bouche, le vagin, le rectum, pénétrés d’habitude par un pénis, parfois par des mains, parfois par des objets, pénétrés par un homme et un autre et encore un autre et encore un autre et encore un autre. Voilà ce que c’est. » Ainsi s’exprimait Andréa Dworkin, survivante de la prostitution dans Pouvoir et violence sexiste (Ed. Sisyphe, 2017).

rose dit: 9 janvier 2019 à 22 h 29 min

Me dégoûte aussi la position du cardinal barbarin : si j’aurais été lui, j’aurais dit
 » j’ai honte mes frères d’avoir si peu considéré la gravité de telles atteintes à la constitution de la personnalité d’enfants. »
Ensuite, j’aurais dit
 » je vous demande pardon de n’avoir pas réalisé l’ampleur de la douleur qui vous a été imposée et le poids mortifère du silence qui vous a été imposé. »
Et j’aurais conclus par
 » en notre seigneur jésus christ notre sauveur qui a donné sa vie sur la croix pour nous sauver de notre péché du mo de, je vouerai ma vie désormais au silence pour que mes prières vous conduisent à la paix et que telle ignominie jamais plus ne touche l’innocence de l’enfance.
Je porte le péché du monde, allez en paix. Pardon si vous le pouvez, redressez la tête. »

J’ai honte pour lui et d’être chrétienne.

Lorsque l’on a un poste de responsabilité, on assume ses responsabilités, on ne se défausse pas.

préfère la fille en tutu à Bruno Ganz.
On peut lui mettre des ailes.

rose dit: 9 janvier 2019 à 22 h 18 min

Bahia

deux choses me terrifient aussi : la disparition de l’Amazonie conjointe et subséquente à celle des indigènes.

renato dit: 9 janvier 2019 à 22 h 16 min

La langue de Kafka, JJJ : sans résidus littéraires ; mots avec contenu conceptuel, rarissimes ; pas de mots rares ou savants ; syntaxe simple — large usage de la parataxe —. Pourtant « un instrument expressif sans pareil dans le XXe siècle ». Ou pas ?

rose dit: 9 janvier 2019 à 22 h 12 min

C’ était une malinoise, un berger belge. C’ était un chien truffier, c’ est moi qui lui avais appris. Je sais dresser un chien truffier. Oui.
Ni carcan.
Ni menottes.
J’ ai aimé mon chien.
Oui

rose dit: 9 janvier 2019 à 22 h 09 min

je ne sais pas qu’a Paul Edel dans l’ essentiel depuis peu.
Carcan.
Menottes.
et
tourner autour du vrai problème de MH.. En mars 2011, Michel Houellebecq, perdait Clément, son fidèle compagnon, son Welsh Corgi.

La mienne se nommait Urane.
Elle avait 15 ans m’ a quittée le 23 juillet 2018.
Est dcd chez elle qui était chez moi. Suis restée à ses côtés les 3 derniers jours.L’ est partie en paix.
L’ai faite incinérer. C’était la pleine conscience de l’ amour.

Ed dit: 9 janvier 2019 à 22 h 08 min

« Houellebecq est un grand moraliste. C’est pourquoi la religion le tente »

Oui. Mais il préfère les chattes, et je parle pas sacrés de Birmanie !

Claudio Bahia dit: 9 janvier 2019 à 22 h 07 min

@ Phil et Janssen
Hier matin j’ai vu par chance et hasard un message de Janssen avec ce lien, qui je pense devrait intéresser Phil aussi.
https://laviedesidees.fr/L-ascension-de-l-extreme-droite-au-Bresil.html
J’ai enregistré ce lien et l’ai lu avec attention et beaucoup d’intérêt. Puis je suis allé voir qui était Maud Chirio: eh bien j’ai été mis sur les genoux: Maud est une très belle et jeune femme, avec un cursus universitaire et professionnel simplement inoui.
Et son texte très fouillé? eh bien il aurait pu avoir été écrit par Mélanchon parlant de la Présidente Marine le Pen!
Ce texte est une ode au défunt Lula et au presque moribond PT. J’ai d’abord pensé corriger ligne par ligne ce texte pour souligner toutes les approximations, préjugés, présupposés, distorsions, adjectifs tendencieux, etc, mais j’ai renoncé, pas le temps.
Je n’ai pas voté Bolsonaro, mais je n’ai pas voté PT non plus (je paierai ma multa, 3,50 reais, env. 1€) La gauche a institué durant 12 ans la corruption au niveau d’un art, j’allais même dire d’un art de vivre. Puis le centre-droite est venu et en deux ans les mensonges et la corruption se sont issés presque au niveau du PT, et ce n’est pas peu dire. Deux ans de pouvoir par des pourris et incapables.
Le Brésil ne voulait plus, sous quelque promesse que ce soit, du PT, les candidats de la droite étaient des has-been totalement discrédités par les deux ans de Temer; ne restait pour moi au centre-gauche que Marina Silva, une Verte, femme admirable, qui avait même l’appui de quelques milieux financiers, mais pas bien sûr de l’agrobusiness, mais qui était un peu trop sous l’emprise des évangelistes. Alors, pour éliminer le PT il fallait surtout pas voter au centre (au moins 8 candidats, vous voyez l’absurdité). Résultat, il fallait voter Bolsonaro.
Je n’aime ni n’admire Bolsonaro, mais nous ne vivons pas sous une dictature, ni un régime fasciste ou autres appellations à la mode; nous avons une Constitution et une Cour Suprême, garante de la Constitutionnalité des actes gouvernementaux.
Ce que Bolsonaro veux faire avec les genres, les gays et autres, cela ne m’intéresse pas vraiment, qu’ils se débrouillent entre eux. Pour ce qui est de l’éducation, je suis un peu inquiet, mais j’aimerais attendre pour voir.
Ce qui m’inquiète vraiment, et qui devrait tous nous inquiéter les brésiliens, ce sont 4 choses:
1) les Relations Extérieures. Le nouveau ministre est à mon avis un malade, pro-américain à outrance et anticommuniste comme on n’en fait plus. ça risque un jour de déraper, en particulier avec l’Europe, et peut-être l’Asie.
2) L’Agriculture, c’est à dire le ministère de l’Agrobusiness. La ministre est prête à soutenir toutes les visées, même les plus radicales qui consisteraient à livrer l’Amazonie entière à l’agrobusiness. Pour moi c’est un cauchemar permanent, qu’il fasse jour ou qu’il fasse nuit. Cela me reste inacceptable tout simplement.
3) Le ministère de l’environnement; il sera dirigé par un jeune avocat de 43 ans, probablement le plus jeune de l’équipe Bolsonaro, et sera entièrement entre les mains des Ruralistes, de l’agrobusiness et des lobby de la canne à sucre. Ce sera un désastre. L’environnement et l’agrobusiness ce sera comme vous dites bonnet blanc et blanc bonnet; d’y penser j’ai comme la « fureur » de Janssen,
4) Nos indigènes du Brésil: c’est un sujet dont on parle peu en Europe dans les noticias journalières, car vous avez vous-même tant de problèmes à discuter, à résoudres, gilets jaunes, islamistes, Brexit, Euro, Trump et sa tour et sa cour, terrorisme, définir et comprendre, ou pas, le terrorisme, et vous occuper aussi des autres qui ne vous ont rien fait, rien demandé (Pologne, Hongrie, Roumanie, Russie).
Pour moi les indigènes sont un sujet important; ils représentent peut-être ce que le Brésil aurait de plus précieux à préserver; montrer au monde que le Brésil est véritablement un pays civilisé, fier de protéger, d’aider, de comprendre les indigènes du Brésil. Malheureusement, depuis 500 ans cela n’a jamais été le cas (Bartolomé de las Casas, du haut de sa stature, a été l’un des très rares à vouloir les protéger, et il n’était même pas portugais, mais je m’égare). J’ai écrit une étude bibliographique sur eux, que, sur la demande d’amis européens, j’ai réussi à traduire en français. Ils sont aujourd’hui environ 400 mille, et si le gouvernement Bolsonaro (et des éventuels gouvernements suivants du même style) appliquent vraiment son programme, ce n’est pas dans 50 ans, dans les années 2070, (comme je le prévois depuis longtemps) mais dans 20 à 30 ans que les indigènes de la forêt disparaîtront définitivement.
Comme vous le voyez si vous avez eu la patiente de me lire jusqu’ici, je suis très anxieux sur ces 4 sujets.
J’espère avoir répondu un petit peu à vos questions. Mes réponses sont celles d’un citoyen lambda, non pas d’un journaliste professionnel.
En ce moment les cigales mettent leurs moteurs en marche, c’est la tombée du jour; bonne nuit aux européens

rose dit: 9 janvier 2019 à 21 h 57 min

rire sous cape versus garder le cap.

dit gentiment, P.A

je pense – moi- qu’ il s’ agit d’une différence de bonhomme : caractère, éducation, adaptation, vergogne.
=> MH différent de PA.

Jacques R. dit: 9 janvier 2019 à 21 h 44 min

J’avais sept ans. Cloué au lit par une crise de rhumatismes articulaires, je lisais « Vingt mille lieues sous les mers ». Dans la chambre obscure et silencieuse, la lampe de chevet conférait au livre ouvert une présence intense, quelque peu magique. Entre la page et mon regard, tout un monde invisible et visible naissait sans cesse. « Sérotonine » ou un autre réservoir d’images et de pensées posé sur le lutrin de ma poitrine, un deuxième oreiller en renfort, je suis étendu sur mon lit. A trente centimètres des yeux, la presbytie n’est plus une gêne. Sur la carpette, à mes pieds, le chat ronronne. Dehors, le vent fait bouger les volets clos. Autrement, tout est silence, ce silence de rigueur pour laisser atteindre ma conscience la voix de celui qui pense, raconte, chante, et qui monte de ces quelques caractères imprimés. Magique, je vous dis.

Jacques R. dit: 9 janvier 2019 à 21 h 26 min

Passou dit: 9 janvier 2019 à 17 h 34 min

Dont acte. C’est clair : prose indigente et pensée médiocre. Cela ne vaut pas seulement pour ce dernier roman. Je ne l’ai pas encore lu mais ce qu’en a dit Jean Birnbaum dans « Le Monde » m’a paru très convaincant. Pour le départager de Passou, il ne nous reste qu’à lire « Sérotonine » sans préjugé, sans oeillères, dans cet état d’innocence souriante et attentive qui est, je me le suis toujours imaginé, l’état de grâce du lecteur que les auteurs souhaitent voir rencontrer leur livre. Christiane, tout à l’heure, nous en a proposé une version assez séduisante.

renato dit: 9 janvier 2019 à 20 h 37 min

« Hermétique aux « masses moyennes », pour tout dire ? »

Pas du tout JJJ. Calvino et Perec ont démontré qu’il est possible faire usage d’une écriture que l’on peut appeler démocratique — depuis les années 60 déjà — et devellopper les matériaux décemment. Il me semble avoir déjà dit que ses personnages sont les fils de Jérôme et Sylvie et qu’ils ont grandi, et Perec l’a magistralement démontré, dans le même bouillon d’inculture et d’irresponsabilité, mais pas envie de réouvrir ce soupirail à énergie littéraire.

Cela dit, et bien à part une société où les gens qui ne sont pas en fuite, se cachent, justement, derrièr le tablier de maman, m’opposer des « masses moyennes » qui ne seraient composées que par des lecteurs limités est un choix plutôt puéril. Au fond, envers et contre mes réticences et réserves, ma vision du travail de MH est plus respectueuse de son public qui ne l’est la votre.

Pardonnez-moi les limites du développement, peu de temps à disposition.

Paul Edel dit: 9 janvier 2019 à 20 h 36 min

Delaporte, pour répondre à votre question, je trouve intéressant chez MH qu ‘avec ses moyens personnels, il s’essaie à une représentation de la réalité de notre pays qui est passionnante.il y a chez lui une distance ironique qu’on ne trouve pas ailleurs dans le roman francais (ce que passou appelle « malin »?) .Je pense qu’il possède aussi une autre qualité:ne pas conclure.il y a un mot de Flaubert(dans une lettre à George Sand) qui s’applique assez à lui lorsque qu’il se donne pour objectif : « Disséquer est une vengeance.peindre les choses qui nous exaspèrent ». Quant à savoir ce que penseront les générations à venir, aucune idée..

christiane dit: 9 janvier 2019 à 20 h 21 min

Merci, Passou, d’avoir éclairci votre relation à la succession des livres de M.Houellebecq. Terrible tentation ces ouvrages qui se succèdent pour un écrivain… l’attente d’un public, d’un éditeur. La panne d’inspiration possible ou la baisse de qualité possible.
Je n’ai pas lu Soumission et ne peux donc suivre tout ce qui s’est dit sur ce roman. Le thème ne m’attirait pas.
Ce dernier livre Sérotonine, j’aurais pu passer à côté, n’étant pas une grande lectrice de Houellebecq mais ma libraire m’a donné envie de l’acheter, de le lire, ne serait-ce que pour en parler avec elle.
Vous le voyez « rusé ». Pourquoi pas… Certains passages du livre me touchent, m’intéressent, d’autres me lassent (j’ai précisé lesquels).
J’ai aussi beaucoup aimé le film où il était déconcertant. « L’enlèvement ». Quelque chose me captive quand je le vois à l’écran ou dans un entretien filmé ou pas. Il ne ressemble tellement pas aux vedettes habituelles de plateau !
L’entretien mené par Marin de Viry pour la Revue des Deux Mondes / le Ring en 2010 était vraiment intéressant.
Il disait : « Je suis moi-même un grand amateur de littérature, et je sais ce que c’est d’aimer un écrivain. Une fois qu’on aime l’auteur, que c’est fait, on s’intéresse à tout ce qu’il écrit. On prend tout comme un témoignage unique sur le monde, émanant d’un être unique. On ne veut jamais que l’auteur arrête. Par exemple, je lis n’importe quoi de Dostoïevski. C’est ennuyeux, son journal, mais c’est le plaisir d’être avec lui. On a envie de tout lire… »
Cela m’est arrivé souvent, pas tous les livres mais un certain nombre. C’est une façon d’approcher, de situer une pensée, une personnalité.
Ma libraire a reçu Hergé. Plus de 700 pages ! Diable. Je vais enfin en savoir un peu plus sur votre attachement à Tintin. (premier chapitre « Certitudes »…)
Bien. Je vais terminer Sérotonine » avant d’attaquer cette biographie que je n’avais encore jamais lue.
Bonne soirée.

Janssen J-J dit: 9 janvier 2019 à 20 h 00 min

@ renato, « vous ne pouvez pas nier que l’écriture de MH est pauvre, que le réel qui attire son regard l’est autant ».
Non, je ne le nie pas. Dois-je en déduire que ce n’est pas un « vrai » écrivain ? Qu’un vrai écrivain devrait avoir une écriture riche ? Que le réel qui attire son regard soit riche et plus entaché de complexitude ? Hermétique aux « masses moyennes », pour tout dire ?

@ Passou « Le mystère du succès interplanétaire d’une prose aussi indigente au service d’une pensée aussi médiocre demeurera et fera l’objet de thèses en Amérique »… latine, ou de Trump…, avez-vous oublié d’ajouter, on pense pour vous… Il ne faut pas gratter loin pour voir affleurer le racisme de l’intelligence germanopratine… (Mes excuses si je surinterprète (un syndrome clopinien des blogues, Soupirs :-))

18.17 (Passoul) d’un côté vous me reprochez de « revenir sans cesse sur ce type », de l’autre vous m’enjoignez « d’expliciter » mon ressenti de son oeuvre !
Mon dieu, que vous pouvez être de mauvaise foi quand vous le voulez, cher ami (humour), et que vous écrivez mal, alhors !… Finalement, vous êtes comme tout le monde, càd vouzémoi J’aime bien quand vous vous mettez à réagir… Rassurez-vous, je n’attends rien de vous… La messe est dite. Non, seulement un autre bifton, SVP, car on commence à s’ennuyer ferme.

@DLP, « La critique littéraire, sur ce cas précis, n’aura servi à rien. Et voilà pourquoi Houellebecq est grand ! » Ça peut se défendre, si vous la réduisez à l’impact de la rdl et de son chef, nombrile du monde et ombilique des limbes…

18.34 (Edel) « La grande critique littéraire devrait noter que, depuis ce temps, il y a une tendance mystique qui oriente l’œuvre de son maitre. Ouaf grrrr.à la niche !! »
Tout s’explique par la perte du chien. Lumineux !

(non t’es pas l’arbitre des élégances, ni même le maitre du Chaix, crois pas ça mon furieux).

@

Delaporte dit: 9 janvier 2019 à 19 h 41 min

Contrairement à PaulEdel ou Clopine, je crois plutôt que Houellebecq est un grand moraliste. C’est pourquoi la religion le tente. Au lieu de se faire moine, pour l’instant, il s’est marié avec une Chinoise. Quand on lit Sérotonine, on comprend mieux pourquoi…

Paul Edel dit: 9 janvier 2019 à 19 h 33 min

Clopine, votre analyse détaillée et argumentée de Houellebecq est intéressante. Elle ouvre la discussion par sa précision. Extrait : » l’auteur fait mine de croire que, ce faisant, il ne fait qu’un juste portrait… Et du même coup, absous la lâcheté, l’égoïsme, la veulerie, etc., etc. Bien entendu, c’est provocateur : j’appelle cela « la provocation de l’immoralité » : nous dire « voilà, c’est totalement immoral ce que je dis de vous (de nous, hein, il se met dedans of course), mais c’est ainsi que nous sommes », c’est bien entendu provocateur et dangereux… car imaginez qu’on le suive… »
Deux réflexions.
La première : la « provocation à l’immoralité » dont vous parlez à propos de Houellebecq se rapproche étrangement de ce que le Ministère public a reproché à Flaubert quand il publia « Madame Bovary » .On accusait Flaubert d’immoralité pour avoir donné -outre une image lascive et flatteuse de l’adultère- une image si déprimante de la province,avec l’accumulation de personnages médiocres . Flaubert, avec Yonville, caricaturer les mœurs de province par égoïsme, lâcheté, ragots, etc.. pour atteindre ce « grotesque triste » qui semble aussi fasciner Houellebecq. Aujourd’hui, d’ailleurs, la ville de Niort, je crois, par la voix de son maire, se sent insultée par un passage de « Sérotonine ».
Enfin, seconde réflexion. Le « ton » houellebecquien qui surprend si volontiers les lecteurs par son côté « plat » , impersonnel, m’a toujours frappé parce ce qu’il se place dans la lignée « réaliste » qui cherche atteindre à une neutralité, une « impersonnalité » du style dont Flaubert est le défenseur. Il en parle dans sa correspondance quand il est en train d’écrire « madame Bovary » .

DHH dit: 9 janvier 2019 à 19 h 05 min

@ vedo
votre rapprochement avec le Piketti est tout à fait pertinente.
Cet ouvrage qui a fait le tour du monde ne contenait rien de plus que ses ouvrages antérieurs a diffusion confidentielle

renato dit: 9 janvier 2019 à 19 h 04 min

Voyons JJJ, vous ne pouvez pas nier que l’écriture de MH est pauvre, que le réel qui attire son regard l’est autant ; qu’il joue sur des arrières-goûts comme le déjà lu et le déjà vu. Je n’irais pas jusqu’à le définir « un caniche adepte des bons sentiments », je dois cependant admettre que je le comprends mais qu’il ne me représente pas, que je ne me reconnais pas. Il n’est qu’un Moravia — ce n’est pas un compliment — sans la technique de Moravia — matériaux non develloppés —, mais il n’arrive pas à exprimer-décrire la complexité du réel et de ses nombreux méandres, labyrinthiques et stratifiés, il génère certes quelques inquiétudes, car les énoncés renvoient à la fragmentation des énonciations ; au flux ininterrompu de l’existant ; aux choses comme elles sont, sans qualités ajoutées ; à la foule grouillante et bigarrée, non schématisant. Il évite donc de prendre un peu de distance et afin d’éviter le pire en ne rentre pas dans l’indistinct, car il ne peut se définir par que une position générique de confort qu’en contournant les obstacles en adoptant des formes connues. Peut-être que à l’oral il regrette un art perdu mais comme tous les matamores, dans les moments de vérité, il se cache derrière le tablier de maman, et il ne le peut être autrement parce que le salut des arts est dans l’effondrement, ce qui le nôtre peut jouer mais pas réellement affronter. Et celle-ci est peut-être la cause de son succès dans une société où les gens qui ne sont pas en fuite, se cachent, justement, derrière le tablier de maman.

Ce qui précède sur la base de La Carte et le Territoire où il est question d’un « contexte » que je connais bien… très bien, même.

vedo dit: 9 janvier 2019 à 18 h 56 min

La chambre d’écho des media planétaires a une puissance d’amplification considérable et n’est pas si facile à comprendre. On l’a bien vu récemment à propos d’un livre en économie dont le succès en a surpris beaucoup et dont la lecture a, d’après une étude de Google, été assez limitée. J’ai pu moi-même être abasourdi par un fait divers insignifiant rebondir de journal local en radios, puis en quelques journaux des deux côtés de l’Atlantique.

Delaporte dit: 9 janvier 2019 à 18 h 55 min

« Le mystère du succès interplanétaire d’une prose aussi indigente au service d’une pensée aussi médiocre demeurera et fera l’objet de thèses en Amérique. »

C’est assez gratuit comme jugement, Passou. Vous n’entrez pas dans cet univers, tant mieux pour vous. C’est un univers nihiliste, sans espoir, fait de regrets éternels. Ce n’est pas votre tasse de thé, vous à qui tout réussit. Houellebecq a pris le parti des faibles, vous vous sentez plus fort que lui. C’est votre droit. Mais écrire une prose très simple, ce n’est pas forcément une tare. Enfin, je ne vais pas entrer ici dans ce débat. Beaucoup de choses passent, dans une prose neutre. Houellebecq en fait passer des tonnes. Les thèses futures seront brillantes et bien nourries, en Amérique comme toujours. La France a cette manie (que vous incarnez, Passou) de mépriser ce qu’elle a de bon et de très bon. Par exemple Zola. Les Français n’aiment pas Zola, ne le lisent plus une fois quitté le lycée. Et pourtant, Zola, c’est grandiose ! Les Américains ne s’y trompent pas, qui lisent Zola. Dans la moindre librairie d’une ville perdue des USA, vous trouvez un roman de Zola. Houellebecq, c’est le même syndrome qui atteint les élites de la critique. A mon avis, c’est une totale erreur de perspective. J’étais aujourd’hui dans une librairie, je voyais toutes ces piles de romans, français et étrangers. Le seul volume qui ressemblait à quelque chose, qu’on avait envie d’acheter, etc., c’était le roman de Houellebecq. Et pourquoi l’achète-t-on ? Les lecteurs ne sont pas si cons. Ce n’est pas un effet du marketing. C’est tout simplement parce que c’est bon. Les lecteurs ont déjà lu du Houellebecq, le bouche à oreille fonctionne, bref, on achète. Et on lit. La critique littéraire, sur ce cas précis, n’aura servi à rien. Et voilà pourquoi Houellebecq est grand !

Chaloux dit: 9 janvier 2019 à 18 h 54 min

…Prose indigente… au service d’une pensée médiocre…

…Il a peut-être un nègre?…

…Paul…

…Edel?…

Hurkhurkhurk!

Paul Edel dit: 9 janvier 2019 à 18 h 34 min

Cessons de tourner autour du vrai problème de MH.. En mars 2011, Michel Houellebecq, perdait Clément, son fidèle compagnon, son Welsh Corgi aujourd’hui enterré au cimetière animalier d’Asnières et qui fait l‘objet d’un culte. La grande critique littéraire devrait noter que, depuis ce temps, il y a une tendance mystique qui oriente l’ œuvre de son maitre. Ouaf grrrr.à la niche !!

DHH dit: 9 janvier 2019 à 18 h 26 min

Même à supposer que, dans Sérotonine, contrairement à ce que pense Passou, la pensée ne soit pas médiocre ni l’écriture indigente, le succès planétaire que connaît le livre ne recèlerait aucun mystère . Il tient à la mise en œuvre efficace techniques mercatiques ,comme on dit en français, dont la consistance et la succès feront sans doute plus souvent l’objet d’études de cas dans les écoles de commerce que de thèses universitaires littéraires .
Voir à cet égard l’article allemand cité par Ed, sous le fil précèdent je crois, qui rappelle les manœuvres opérées pour fabriquer une attente febrile sur le marché visé
bref une belle opération marketing dont le succes ne préjugé pas comme c’est souvent le cas de la qualité du produit offert

Passou dit: 9 janvier 2019 à 18 h 17 min

Janssen, Non, sérieux, vous étiez né ?… (humour) Et puis faudrait savoir : d’un côté vous me reprochez de « revenir sans cesse sur ce type », de l’autre vous m’enjoignez « d’expliciter » mon ressenti de son oeuvre !

caulerpa dit: 9 janvier 2019 à 18 h 13 min

@Et si vous désirez vous instruire sur le sujet, je peut vous suggérer:
je peux vous suggérer de ne plus vous adresserà moi,ni jaser à mon propos, parce que je n’ai aucune affinité avec les gens qui ont une phobie de la lettre x ni avec les diagnostiqueurs intempestifs qui ont besoin d’alibi pour lever ou baisserles yeux ce qui revient à dire avec les erdéliens;

Phil dit: 9 janvier 2019 à 18 h 08 min

Mandez-nous des nouvelles de la dictature, dear Claudio Bahia. vu d’ici nous ne sommes informés que des coupures de subsides aux associations gays lesbiennes, ce qui est certes considérable mais pas assez pour élargir notre esprit en pain de sucre (nommé « motte de beurre » par les premiers Français).
Comme notre prestigieux Passou, M. Compagnon dans Lemonde a pointé la pauvreté de la syntaxe de Houellebecq pour mieux l’éreinter. Bernard Faÿ, premier titulaire de la chaire qu’il occupe aujourd’hui au Collège de France, avait effectivement une langue bien plus riche que celle de Houellebecq, malheureusement ses livres sont bien difficiles à trouver.
JJJ va répondre à la communauté, gardons l’horaire des trains à portée de main pour ajuster les réponses aux commentaires.

Janssen J-J dit: 9 janvier 2019 à 18 h 00 min

@17.34, Et bien Passou, nous qui avons votre âge ne vous avions pas attendu pour apprécier EDDDLT (le 1er). Mais vous vous êtes aigri au fur et à mesure, et n’avez pas su depasser qq faits qui vous ont heurté. OK. Pensez ce que vous voulez, mais moi, je continuerai à penser que vous avez un contentieux personnel pour revenir sans cesse sur ce type vous vous ne voyez que l’opportunisme, alors que ce qui m’intéresse, moi, c’est le vôtre ou celui de tous les récupérateurs.
Comment pouvez vous asséner ceci : « Une prose aussi indigente au service d’une pensée aussi médiocre ». Bej sûr, vous avez le droit de le oepsner, mais souffrez alors que l’on vous demande d’expliciter ce que devrait être sa prose, et la hauteur de sa pensée… ?
Aurait-on la cruauté de vous demander des comptes à ce sujet, Passoul, en tant qu’écrivain ?

Claudio Bahia dit: 9 janvier 2019 à 17 h 50 min

@ Caulerpa, hier, en passant à je ne sais quelle heure.
j’ai lu avec grand intérêt le lien de cairn-info (étude de Marion Aubrée; Brésil: santé mentale et sphère magico-religieuse).
Et j’ai ainsi compris que vous étiez peut-être un « esprit obsesseur », selon la terminologie doctrinaire du Codificateur (Allan Kardec), si toutefois vous en êtes un adepte. Et si vous avez lu comme moi avec attention cette étude, vous savez que vous pouvez vous rendre au Brésil pour y suivre dans des cliniques spirites un traitement spécifique appelé « cure de désobsession ». Ce pourrait être une solution.
Cela dit, savez-vous qu’ici de nombreuses personnes se prénomment Kardec, ou Allan Kardec, ou aussi Allankardec, comme on peut aussi s’appeler alandelon d’ailleurs; et tout naturellement, plus tard ce nom se changera en un apelido quelconque, selon ce qu’il sera devenu, prego, vira-lata, doze-balas, et ainsi de suite….
Et si vous désirez vous instruire sur le sujet, je peut vous suggérer:
Roger Bastide; Le candomblé de Bahia – Transe et possession du rite du Candomblé; coll. Terre Humaine Pocket, Plon (2000), 430 p.

Janssen J-J dit: 9 janvier 2019 à 17 h 49 min

@ 17.00, icite, pas icette… Bien vu… CB, j’ai toujours eu un faible pour les Québécois d’où sont partis mes ancêtres charentais, je comprends et aime le joual parce que j’ai baigné gamin dans un patois qui lui ressemble. Les Québécois m’ont toujours ému quand ils me traitaient de « maudit français ». Ils ont beaucoup d’humour et de simplicité dans l’ensemble, ils me détendent, et ce n’est pas un stéréotype. En revanche, les intellos nous font un méchant complexe d’infériorité, ce qui m’a toujours désolé, ils m’en ont même fait un peu baver, quand j’ai enseigné chez eux une année.

@ 16.16, CT. Mais vous attribuez à la misanthropie et au cynimse relatifs de ses personnages un pouvoir d’influence que MH m’imaginerait même pas lui-même, voyons donc ! Vous ne croyez tout de même pas que les curieux attirés par le phénomène de foire qu’en ont fait les médias en achetant son bouquin en masse, vont aller y chercher des recettes de conduite pour les aider à renoncer à leurs valeurs de solidarité et de partage, si elles étaient déjà présentes en eux… Non, non, pas d’accord. Ce qu’il conforte, ce sont les Macron et sa clique qui, comme par hasard, viennent de le décorer de la LH puisqu’il a suffi qu’il la leur demande et que tels des petits opportunites empressés, ils se soient aplatis. Ou bien cette caste est totalement cynique et amorale et c’est ce qu’elle décore chez lui en croyant devenir populaire à son contact (car elle en est là !) … Ou bien elle est totalement déconnectée au point de ne pas voir comment il leur crache à la g.
MH est totalement irrécupérable, y compris parmi les curés dont l’offensive pro-MH est tout aussi intéressante et fascinante depuis Soumission. Grand bien leur fasse à tous ! Moi, je pense que MH est bien plus futé que tout ça, pour être récupéré à quelque sauce que ce soit. Quant aux « gens » du vulgum pecus, comme vous les appelez, ils ne sont pas aussi stupides que vous le croyez, au point d’être perméables à la prétendue propagande de l’immoralité universelle que ses romans charrieraient. Vous m’émouvez vraiment, CT ! Croire à ce point aux pouvoirs de guidage de MH sur les consciences contemporaines, je n’en reviens pas !… Car enfin, même un Kundera n’aurait jamais osé aller jusqu’à justifier cette croyance d’une conception romantique des vertus émancipatrices de la littérature. Elle n’a jamais été attestée et Totor Hugo est mort il y a 134 ans, si j’ai bien calculé, nom d’un chien !

William Legrand dit: 9 janvier 2019 à 17 h 43 min

Bravo, cher Passou pour votre réplique à tous ces pleurnichards snif snif, voilà une belle réponse bienvenue et paf !

Passou dit: 9 janvier 2019 à 17 h 34 min

A Jacques R., Janssen, Christiane et alli, N’en faites pas trop sur mon « allergie » à M.H. Vous étiez peut-être trop petits à l’époque, m’enfin j’ai célébré à sa sortie « Extension du domaine de la lutte ». Le magazine Lire, dont j’avais la responsabilité, l’a mis en couverture et sur les dos de kiosques, et lui a accordé à chaque fois de longues pages d’entretien pour ses deux ou trois romans suivants (un record ). Simplement je me suis progressivement éloigné d’un auteur que je trouvais trop malin à bien des égards, et parfaitement lâche à l’épreuve (l’Islam etc). Mais je n’ai jamais cessé de le lire, d’y trouver parfois des qualités (son humour, son flair de l’époque) ; j’ai encensé ici-même le film sur son kidnapping qui était tordant. Pour le reste, et pour l’essentiel, je le trouve bien plus intelligent que ses admirateurs qu’il roule dans la farine avec habileté. Après le Goncourt à la quasi unanimité, dans quelques semaines il se fera remettre la légion d’honneur à l’Elysée par le président soi-même ; dans quelques mois, il se fera élire au premier tour à l’Académie française et en rira encore sous cap. Le mystère du succès interplanétaire d’une prose aussi indigente au service d’une pensée aussi médiocre demeurera et fera l’objet de thèses en Amérique. Tout le reste n’est que littérature.

Chantal dit: 9 janvier 2019 à 17 h 11 min

… oui je pense que le débat sur MH est biaisé par trop de commentaires et que si on s’intéresse à sa fresque piquante et désenchantée, il ne faut pas juger ses personnages, son talent pour passer l’encyclopédie en rif guitare et brocarder sans pitié ne va pas sans une tendresse malicieuse. J’ai lu Plateforme et l’Extension du domaine de la lutte dans le temps, avec une copine on s’amusait de son acuité et de ses audaces. Son côté mystique s’est développé avec une certaine islamophobie aggravée par les coincidences dramatiques. Certains bobos de gauche ne lui pardonnent pas sa radicalité qui dérange pas mal de ses anciens zélotes autrefois attirés par son aura réac à la gainsbarre, de sorte qu’il est un peu délicat de lancer le sujet sans précautions. Je céderai probablement à ses sirènes un de ces 4 quand l’inconfort de mes spasmes aura cédé le pas à l’attrait du Captorix lol.

Jacques R. dit: 9 janvier 2019 à 17 h 09 min

Assez de moraline à propos de Houellebecq. La seule question utile qu’on devrait poser au sujet de ce romancier (comme de tous les autres) est : ça vous accroche ou pas ? Les cinquante premières pages vous donnent-elles envie de lire la suite jusqu’au bout, ou pas ? ça vous donne du plaisir ou pas ? Je me moque qu’un écrivain soit un nihiliste complet, un parfait salaud ou tout ce qu’on voudra, pourvu que ses livres me captivent. Le moyen de chasser ce qui fait du plaisir ?

renato dit: 9 janvier 2019 à 17 h 08 min

Des goûts et des couleurs, on ne discute pas, dit le proverbe. Cela étant entendu — et étant aussi entendu que je lirais le dernier MH en 2020, peut-être en 2021—, il serait intéressant que ceux qui en causent aujourd’hui couchent quelque part leurs critères, c’est à dire les règles interne ou évidentes, implicites ou explicites, sur lesquelles sont fondés leurs évaluations et jugements subjectifs.

christiane dit: 9 janvier 2019 à 16 h 30 min

Chantal,
vos commentaires ne sont pas anodins. J’essaie de répondre à celui-ci.
M.Houellebecq c’est plus que ces scènes difficiles à supporter parce qu’elles sont réellement vécues par des inconnu(e)s en ce cette société qui prostitue des enfants, poussent des femmes et des hommes vers cette même prostitution avec violence, voire divagations (zoophilie). M.Houellebecq c’est aussi un grand lecteur d’une immense culture (perceptible lors de certains entretiens et dans ses livres), c’est encore un clown. Comment ne pas s’amuser dans ce roman de son tri non- sélectif, des alarmes-fumées qu’il dévisse dans les chambres d’hôtel pour fumer tranquillement, des bagages luxueux de la japonaise qu’il nomme Zadig et Voltaire ou bien Pascal et Blaise ! C’est ce personnage, son double qui peut habiter dans le treizième ou dans un château, qui se sent autant à l’aise dans la campagne normande que dans un supermarché ou un hôtel Mercure. Qui a la dent dure pour l’Europe du Nord qui s’enrichit sur le dos des clandestins maliens ou grâce aux horaires des camionneurs en manque de sommeil. Qui se moque malicieusement des bobos. Qui parle de l’amour intact qu’il porte à Camille dans le fatras de ses rencontres tarifées et joliment de l’amitié. Son regard sur la politique espagnole n’est pas triste non plus.
Je remarque dans les librairies que ceux qui expriment par une moue de dédain leur dégoût des livres de cet écrivain sont aussi bien souvent ceux qui ne l’ont pas lu.
Rien ne m’agace plus que la moraline (je ne parle pas de vous).
Que chacun fasse son choix : lire ou ne pas lire. Pour ma part, je le lis, fais des pauses, en parle avec ma libraire et deux fidèles lecteurs de passage dans la boutique. C’était un bon moment d’échanges, chacun écoutant, acquiesçant ou réfutant les impressions et arguments des autres.
Quant à Passou, je n’ai pas désiré déclencher cette opprobre. Il n’aime pas les livres de M.Houellebecq. Qu’on le laisse tranquille ! mais j’ai eu du bonheur à rapprocher certaines pages de ces deux livres, de ces deux écrivains.

Clopine dit: 9 janvier 2019 à 16 h 16 min

JJJ, excuses acceptées, bien sûr, avec reconnaissance, vu que c’est rarissime sur ce blog ! Bon, pour reprendre la discussion :  » dont la particularité est de jouer avec la provocation de l’immoralité ? », vous me reprenez sur cette expression.

Ce que je veux dire est simple, il me semble, et de bon sens. Que H. nous tende un miroir déplaisant mais juste, que ces héros soient désespérement pantelants, très bien, c’est cela qui fait son intérêt. Mais le malaise et l’ambigüité viennent qu’à aucun moment donné, (au moins jusqu’à Sérotonine, que je n’ai pas lu, mais dans Soumission, c’est ainsi), l’auteur n’invite son lecteur à prendre de distance, quand le héros, poussé par différents démons dont celui du désespoir, adopte un comportement particulièrement immoral ou sujet à caution. (par exemple, dans soumission, se convertir à une religion non par foi mais par confort social, et renier les droits des femmes par la même occasion, exemple entre cent). Au contraire : l’auteur fait mine de croire que, ce faisant, il ne fait qu’un juste portrait… Et du même coup, absous la lâcheté, l’égoïsme, la veulerie, etc., etc. Bien entendu, c’est provocateur : j’appelle cela « la provocation de l’immoralité » : nous dire « voilà, c’est totalement immoral ce que je dis de vous (de nous, hein, il se met dedans of course), mais c’est ainsi que nous sommes », c’est bien entendu provocateur et dangereux… car imaginez qu’on le suive… Que toutes les personnes qui, en ce moment même où j’écris sur ce blog, pratiquent effectivement, le partage, la solidarité, font passer avant leur intérêt individuel l’intérêt collectif, ou même pratiquent une religion sincèrement (ils se fourrent le doigt dans l’oeil, notez, m’enfin ils existent. Je pense par exemple aux prêtres ouvriers des années 50..). Imaginez que tous, collectivement, nous baissions les bras pour adopter la posture désabusée, cynique et provocatrice d’un H.

Ce serait accepter une immoralité universelle, qui bibi me fait plutôt frémir…

Alors H. joue sans arrêt là-dessus, oui. Comme il a le pinceau juste, on ne peut qu’admettre que ses portraits soient fidèles. Mais les ingrédients dont il se sert sont, eux, faussés. Du plomb dissimulé dans le blanc de céruse, à mon sens.

Et c’est bien entendu la dangerosité, l’attrait, et le reproche indépassable qu’on puisse faire à H. Bien plus que d’avoir des admirateurs, de l’argent, du succès, ou un service marketing performant…

DHH dit: 9 janvier 2019 à 16 h 07 min

@ clopine 14 h 44
Vous m’interpellez et en des termes qui me font rougir de confusion, mais puisque vous m’y invitez je me sens donc à l’aise pour formuler une observation que je n’osais pas vous faire . et de votre fait je viens sur ce fil ù je n’ai rien à dire n’ayant pas lu Serotonine
Vous écrivez : « S’il eût été écrit samedi soir…..,votre excellent graffiti aurait été……
Ce qui rend votre phrase un peu bancale n’est pas lié à la concordance des temps mais procede d’un mauvais emploi des modes.je m’explique
Dans un système conditionnel la subordonnée introduite par si (la protase)a toujours son verbe à l’indicatif(imparfait ou plus-que-parfait selon que la condition non réalisée ou encore réalisable concerne le présent ou le passé,) mais en aucun cas au subjonctif , comme vous le faites ici avec un subjonctif plus que parfait (eût été)
Quant à la principale(apodose) elle a son verbe à ce mode que je préfère appeler « éventuel »plutôt que « conditionnel » au présent ou au passé en fonction du sens ;parfois à la place d’un éventuel passé (aurait été ) on peut trouver un plus que parfait du subjonctif(eût été ) dit abusivement « conditionnel deuxième forme » dans cet usage.
La correction que vous donne Lavande est parfaite avec les modes et les temps qu’elle vous propose ,à savoir plus-que-parfait de l’indicatif dans la subordonnée et passé de l’éventuel dans la principale .
Mais cette concordance des temps n’est pas impérative ; et en fonction du sens on peut avoir une subordonnée au plus-que-parfait avec une principale au présent . Par exemple : »si tu avais fini tes devoirs hier ,tu serais plus tranquille aujourd’hui «
Enfin Clopine si vous avez un faible pour l’imparfait du subjonctif dans l’expression de la condition vous auriez pu écrire : « Eût-il été écrit samedi soir … ;votre graffiti eût été …(plus- que- parfait du subjonctif utilisé comme éventuel passé )

Janssen J-J dit: 9 janvier 2019 à 16 h 02 min

@ … dont la particularité est de jouer avec la provocation de l’immoralité ?

Pardon d’avoir été inélégant avec vous, comme l’un de nos amis comuns me le souffle avec raison. Mais que pouvez-vous bien vouloir dire par cette formule ?… Car enfin, l’oeuvre de MH est de part en part morale, et c’est bien pourquoi elle étincelle parmi la médiocrité littéraire générale en ce début de siècle ! Se complaire à relever ses « provocations » à deux balles, franchement est-ce bien digne de la rdl ? Votre avocature, je le crains, dessert vraiment l’humeur acariâtre de Passoul à l’égard de MH qui ne reprendrait pas vos argument. Vous me semblez enfermés chacun dans une mécompréhension totale du sens de cette entreprise littéraire originale. Peu importe, tout le monde peut se tromper en ce bas-monde.
(Pont des Soupirs).

Janssen J-J dit: 9 janvier 2019 à 15 h 31 min

Z’avez de la chance, Aide (Ed ?)… Je viens de retrouver cette notule dans ma correspondance privée de l’année dernière. Je vous la donne brute de décoffrage, puisque vous insistiez,

« (à ma frangine) Merci de m’avoir passé « My absolute darling » qui m’a bien emballé, je vais le présenter avec ferveur à mon cercle littéraire, ce dimanche, si tu me permets de le leur prêter… Je n’ai jamais rien lu d’aussi fort sur l’emprise mentale d’un pervers sociopathe sur sa gosse. Et le suspense du thriller psychologique est très convaincant dans le récit haletant et tordu du combat de la jeune héroïne pour essayer de s’en défaire. C’est bien un peu longuet et parfois touffu…, mais heureusement, il y a des scènes d’anthologie respirables qui nous plongent dans la grande nature et le grand large californien (j’ai souvent pensé aux romans de Jim Harrison) : faire du feu après le tsunami (on craint que l’épisode vire à la robinsonade, mais non, c’est juste du survivalisme…) ; le défi de faire bouffer un scorpion au père, etc. Ces passages font un temps oublier l’amour de Turtle pour les armes à feu (une culture complaisante très US – évidemment, mais que l’on admet fort bien à la lumière de l’intrigue). Le rendu d’ensemble est magistral dans le suspense instillé sur les horreurs que fait subir le monstre à la gamine… et le déni dans lequel elle se trouve d’avoir à les dénoncer à ceux qui les soupçonnent et lui envoient des signaux pour la mettre en garde (le grand père alcoolo, la prof du collège en joggeuse, et surtout le copain Jacob, une autre figure attachante en contraste, que j’ai trouvée fort bien réussie, en intello moqueur de sa famille accrochée à sa culture hippie). Il a du ‘Tallent’, ce jeune romancier de trente ans, et de l’imagination, vingt dieux !… Merci bien de me l’avoir conseillé, je l’avais pas vu passer. Bises ».

caulerpa dit: 9 janvier 2019 à 15 h 20 min

it: 9 janvier 2019 à 14 h 16 min,vous qui voulez faire la loi sur ce blog, je crois qe’en France on ne dit plus « mademoiselle, même aux jeunes personnes de genre féminin d’âge scolaire , je ne sais pas exactement l’âge ,ilfaut vérifier, et que c’est la loi de leur dire madame -si ce sontdes femmesévidemment,je ne parle des jeux en « chérie »;
peu m’importe ce que vous retenez des comices agricoles de Flaubert, monsieur!bonne journée ,bon film et/ou bon bordel et restez y à cueiillr des infos pour vous enluminer;

Chantal dit: 9 janvier 2019 à 15 h 17 min

@christiane votre compte rendu de lecture inconfortable ne fait que confirmer le sentiment que j’ai d’une sorte de perversité à nous plonger dans les remous et les affres d’une personnalité amorale qui se plait à ressasser ses infortunes et celles de ses contemporains. Il est un symptôme icônique avec sa tête de l’emploi si exploitée jadis dans sa laideur que les récentes photos nous le montrant métamorphosé sont une sorte de pied de nez à ceux qui seraient trop en empathie avec ses doubles. Il rend les coups, j’ai ce sentiment. Sa peinture du mâle blanc fait des dégâts et en révolte certain.e.s, c’est pas un scoop non plus. Je me demande aussi pourquoi cette fascination, hier j’étais chez un discounter de livres, et toutes ces piles d’ouvrages récents non lus m’a un peu serré le coeur, tout comme les soldes monstres sur l’alimentation fine après les fêtes. J’ai plus très faim du coup.

Clopine dit: 9 janvier 2019 à 14 h 49 min

Complètement pas d’accord. La partialité d’ Assouline est parfaitement justifiée, et pourquoi ne pas se servir de critères moraux pour critiquer une oeuvre dont la particularité est de jouer avec la provocation de l’immoralité ? Il faut donc du courage à Assouline pour ne pas bêler avec le troupeau, et le seul reproche qu’on pourrait lui faire (mais il s’en est justifié en soulignant qu’il n’est en rien « jaloux » de H.) et ce filigrane du reproche de la célébrité et du succès, via des insinuations sur les volontés de marketing et l’entourage de l’auteur? qui à mon sens sont bien les deux seules choses qu’on ne peut justement pas reprocher à Houellebecq; tant ce dernier ne cherche pas tant, à mon sens,l’argent ou la reconnaissance que l’estime littéraire et l’acuité du regard. IL possède cette dernière, indiscutablement, et il se lit « vite et bien », sait construire des personnages et trousse des intrigues qui tiennent debout. Mais en fait, là n’est pas le propos : moi, c’est moralement que je lui trouve des inélégances (ahahah).

Clopine dit: 9 janvier 2019 à 14 h 44 min

Lavande, « avait été » ou « eût », faudrait demandet à notre DHH ce qu’elle en pense. Car n’oublions surtout pas que la rdl est le seul blog qui dispose, en son sein et gratoche, des services d’une agrégée de grammaire. Et dont les explications sont toujours claires et frappées de justesse, en plus.

Le monde entier devrait nous l’envier, tiens.

Jacques R. dit: 9 janvier 2019 à 14 h 43 min

Janssen J-J dit: 9 janvier 2019 à 11 h 04 min

Complètement d’accord. Je pense, quant à moi, que P.A. souffre d’une véritable allergie à Houellebecq , à l’homme autant qu’à l’écrivain. Elle ne date pas d’hier. Ses dernières manifestations sont pour moins désolantes. On l’a connu critique autrement inspiré. Je pense qu’un critique conscient de voir ses analyses polluées par des a-priori extra-littéraires devrait rigoureusement s’abstenir. Un minimum d’empathie avec l’artiste est la garantie d’une critique éclairée.

Ed dit: 9 janvier 2019 à 14 h 37 min

Vu au Thalia à côté du bureau :
L’un des écrivains français les plus misogynes en tête de gondole à côté de… »Soirée entre filles »
Et je le répète. Très belle couverture, plus belle qu’en France.

Delaporte dit: 9 janvier 2019 à 14 h 37 min

Mort de Thierry Séchan, le frère de Renaud. Je crois qu’il habitait au-dessus de la Closerie des Lilas, où son frère venait boire son pastis, en de longues après-midi d’ivresse, dans lesquelles il trouvait son inspiration.

christiane dit: 9 janvier 2019 à 14 h 28 min

Merci, Chantal, pour la longue critique de Johan Faerber du 8 janvier écrite pour Diacritik. Il est cohérent dans sa démonstration glaciale mais ne m’a pas convaincue. Toutefois, je comprends qu’il puisse s’agacer des remous qui entourent la parution de ce livre de M.Houellebecq, des critiques dithyrambiques. C’est ainsi, en ces temps. Beaucoup de bruit autour de certains auteurs, un silence assourdissant ou un oubli pour d’autres. Il évoque Stendhal, Bérénice évoque Saul Bellow ( Paul Edel y fait écho, rappelant les lectures enchantées de « Herzog », et « La planète de Mr Sammler ». Livres que j’ai découverts grâce à lui.)
Alors, Michel Houellebecq, dans ce nouveau roman « Sérétonine », je le lis avec attention comme j’ai lu ses précédents livres. Je passe rapidement sur les scènes de sexe récurrentes (à croire que parfois il laisse monter en mots ce qu’il y a de pire en ses pensées…) et je reste sensible à ses interrogations, hors de son petit « moi » un peu envahissant, sur les gens qui l’entourent.
Ainsi, dans les pages 201 à 235 cette approche d’abord délicate de son ami Aymeric, de sa détresse consécutive au départ de sa femme et de ses filles, de la tristesse qu’il éprouve en constatant que sa maison est à l’abandon. Pas une scène de sexe, alors, juste cet embarras qu’il éprouve à ne savoir quoi lui dire pour le réconforter : « Il y eut de nouveau un silence, mais j’avais pas mal de moyens de meubler ce silence, reprendre un verre de Chablis, faire claquer les jointures des mes doigts. » Ironie cinglante à décrire son incapacité à dire ou faire ce qui aurait pu aider son ami.
Il le laisse endormi, « assis tout droit sur le canapé, les yeux grands ouverts » après avoir tenté de lui suggérer sans succès qu’il pourrait épouser une Moldave dure à la tache, une vraie fille de la campagne.
J’aime quand son narrateur est ainsi démuni, lâche, fuyant, présageant qu’il ne reverrait pas cet ami, puis, j’affronte cet enlisement bourbeux inattendu avec cette gamine qui vient frapper à la porte de bungalow où il dort et ce qu’il va découvrir avec un mélange de désespoir et de dégoût concernant son ami.
Comme si Houellebecq ne pouvait s’empêcher de nous entraîner vers le sordide.
Houellebecq fait mal à ses lecteurs, du moins à la lectrice que je suis, mais il écrit et de livre en livre capte ce qui est, hélas, au cœur de notre société comme un pourrissement. Il a besoin de l’écrire.
Et son narrateur repart avec son Captorix, ses doses d’alcool journalières, « dénué de désirs comme de raisons de vivre »…
Page 235 : Constat terriblement lucide « je maintenais le désespoir à un niveau acceptable, on peut vivre en étant désespéré, et même la plupart des gens vivent comme ça, de temps en temps quand même ils se demandent s’ils peuvent se laisser aller à une bouffée d’espoir, enfin ils se posent la question, avant d’y répondre par la négative. Cependant, ils persistent, et il s’agit là d’un spectacle touchant. »
Bon, je fais une pause. C’est trop désespérant.
Chantal, toutes ces critiques contradictoires tantôt élogieuses, tantôt éreintantes, laissent la place à la lecture modeste des lecteurs de passage. Le lire sans oublier d’autres livres à découvrir ou à relire comme celui de Jean-Pierre Ferrini Le pays de Pavese

Delaporte dit: 9 janvier 2019 à 14 h 27 min

Je suis d’accord avec Jacuzzi. Cet article qui met en parallèle Houellebecq et Homais n’est ni fait ni à faire.

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 14 h 16 min

Chère Mademoiselle caulerpa, il faut n’avoir rien compris au personnage de Flaubert pour en faire le modèle d’Houellebecq. Homais est un rationaliste obtus, imbu de sa personne, bardé de certitudes. Ne connaissant ni le doute ni l’humour et pas vraiment porté sur les femmes. En outre, sa notoriété ne dépasse pas les limites de sa modeste commune agricole. Rien de commun entre le prototype qu’il incarne et notre Droopy national et international…

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 14 h 09 min

C’est exactement la même stratégie éditoriale internationale, Lavande. L’une touche les ados, l’autre les adultes…

Lavande dit: 9 janvier 2019 à 14 h 05 min

Ed, bien sûr qu’il faut faire l’accord.

Jazzi je croyais faire de l’humour en imaginant pour la sortie de Sérotonine la même frénésie que pour la sortie d’un Harry Potter mais en fait on n’en est pas loin !

Lavande dit: 9 janvier 2019 à 14 h 01 min

« s’il eût été écrit samedi soir au lieu de dimanche, votre excellent graffiti aurait été la fève du samedi soir ! »
il me semble que j’aurais plutôt dit :
« s’il avait été écrit samedi soir au lieu de dimanche, votre excellent graffiti aurait été la fève du samedi soir »
(mais c’est vrai que la concordance n’est facile dans aucun domaine !)

J’espère que ce n’est pas la galette qui a donné à Chantal la fièvre du samedi soir, en même temps que la fève.

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 13 h 54 min

Oui, mais une galette sans roi est-ce encore une galette… des rois, Lavande ?

Hier, je suis passé devant la librairie Delamain au Palais-Royal. Une vitrine entière est consacrée à Houellebecq. Sérotonini, bien sûr, mais aussi la plupart de ses autres ouvrages dont plusieurs en collection de poche. Comme s’il avait eu le Nobel ou s’il était mort ! A côté, Amos OZ aussi avait les honneurs de la vitrine, mais dans une proportion bien moindre. Quant au Goncourt et autres primés de la fin de l’année passée, ils étaient remisés à l’intérieur. On comprends mieux, dès lors, que Yann Moix, qui fait partie des trois cents et quelques nouveautés de cette rentrée, ne sache plus quoi inventer pour se faire remarquer. Le problème, pour lui, contrairement à Houellebecq, c’est que personne ne s’attarde sur « Rompre » dont on ne sait pratiquement rien !

Ed dit: 9 janvier 2019 à 13 h 46 min

La question n’était pas sur le genre du mot, mais sur l’accord Clopine. Mais oui, ca s’accorde je pense.

Clopine dit: 9 janvier 2019 à 13 h 41 min

Lavande, s’il eût été écrit samedi soir au lieu de dimanche, votre excellent graffiti aurait été la fève du samedi soir !

(j’espère que j’ai bon sur la concordance des temps. C’est bien la dernière qui nous reste, dans le genre « concordance », tiens…)

Ed dit: 9 janvier 2019 à 13 h 39 min

L’épiphanie m’était complètement sorti de la tête. Encore un truc de plus dont je me fiche, c’est inquiétant.

Ed dit: 9 janvier 2019 à 13 h 21 min

La Chaloupe elle n’aime pas Houellebecq, mais elle voulait quand même acheter son livre. Mais à part ca, elle ne nous prend pas pour des jambons !waoih

caulerpa dit: 9 janvier 2019 à 13 h 20 min

t: 9 janvier 2019 à 12 h 32 min
vous insistez trop monsieur sur votre personne;vous n’êtespas sul et j’ai apprécié le lien Diacritik plus que tous vos assauts pour vous faire remarquersur la littérature française ;c’est un fait qu’il ya du lexique psy dans cet article ;vous préférez ce que vous opinez alors opinez ,je m’en fous je ne suis pas votre serviteur

tomtomlatomate dit: 9 janvier 2019 à 13 h 18 min

Commencer par arrêter de manger du kk. Acheter les produits directement chez les producteurs, mais quand on voit comment les citadins se font enfummer…

Clopine dit: 9 janvier 2019 à 13 h 08 min

Bah, Jazzi, aucune importance. Une amie vient de me fournir un petit nuage, qui va me servir de siège pour toute la journée, et même au-delà.

je voulais juste dire, pour préciser ma pensée, que le naufrage du monde paysan est ni plus ni moins le même que le naufrage généralisé de la planète, de la démocratie représentative, des valeurs humaines et de la solidarité. Qu’il participe des mêmes causes, en fait. Quel que soit le propos (je n’ose dire « le message » !) de Houellebecq, le constat à faire est qu’il y a quelque chose de tellement pourri dans le royaume qu’il conviendrait, sinon de couper la tête du roi, du moins de réfléchir sérieusement à comment on pourrait penser à sa place. Et si possible, collectivement…

Chantal dit: 9 janvier 2019 à 13 h 01 min

jB ben oui, c’est nébuleux, depuis le début il y en a qui profitent en sous -main de la colère populaire, Steve Bannon l’ex cabinetard de Trump est à BXL en toute discrétion …

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 13 h 01 min

« interdiction de m’énerver et de me faire secouer comme un prunier. »

Ne serait-il pas prudent d’éviter la RDL durant quelque temps, Chantal ?

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 12 h 57 min

« Non décidément, avec marie debenoît »

ça c’est inélégant, JJJ. Comme le procès d’intention fait au critique littéraire du Canard enchainé de n’avoir pas lu le livre de Houellebecq (un auteur qui ne présente aucune difficulté majeure et se lit rapidement). Vous n’avez pas besoin de ça pour exprimer votre désaccord. Votre critique du livre était excellente et de meilleur niveau.

Chantal dit: 9 janvier 2019 à 12 h 54 min

je ne souhaite pas m’en mêler, je crois que c’est l’amie de TKT, canadienne.

je me suis pris un virus alimentaire très désagréable aussi je suis au lit avec des biscottes et interdiction de m’énerver et de me faire secouer comme un prunier.

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 12 h 50 min

On ne sait pas vraiment qui sont ces Gilets jaunes, Chantal, mais quand on voit qui les soutient, on se pose des questions…

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 12 h 46 min

renato, ne perdez pas votre temps. Tout le monde sait que la personne aux pseudos tournants dont il est question ici est totalement givrées ! Seule, Chantal, qui semble la connaître, lui accorde un peu de crédit.

renato dit: 9 janvier 2019 à 12 h 32 min

« je n’ai aucun devoir d’information ,… »

À ce point vous êtes bouchée ! vous n’avez pas le devoir de donner des bonnes informations, mais vous les donnez et, comble du chic, vous n’apportez pas les preuves, et prétendez que ce soit l’autre qui porte la prove que votre information est fausse. C’est une pratique arbitraire et indigne, et je me demande quels cours d’éducation civique l’on vous a réservé ; mais peu importe, vu l’état de vos post j’imagine aisément celui de la courge qui vous sert de tête.

Chaloux dit: 9 janvier 2019 à 12 h 24 min

J’étais parti pour acheter le Houellebecq, mais je suis tombé sur la Correspondance générale de Ravel. 45 euros, Le Passeur. Donc pas de Houellebecq.

caulerpa dit: 9 janvier 2019 à 12 h 11 min

« J’ai bien peur que mes comices ne soient trop longs. C’est un dur endroit. J’y ai tous mes personnages de mon livre en action et en dialogue, les uns mêlés aux autres, et par là dessus un grand paysage qui les enveloppe. Mais si je réussis, ce sera bien symphonique. » 7 septembre 1853

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 12 h 10 min

« on devrait publier un recueil des critiques de Sérotonine »

ça sera fait quand il entrera dans la pléiade, Chantal ! Probablement de son vivant, si Dieu lui prête vie…

caulerpa dit: 9 janvier 2019 à 12 h 08 min

vous connaissez mieux: moi aussi; me too
Comices agricoles
On donne le nom de comices agricoles à des associations de cultivateurs se réunissant périodiquement pour étudier l’ensemble des moyens d’augmenter la production du sol, et pour encourager par des concours les améliorations qui peuvent se produire dans leurs moyens d’action.

caulerpa dit: 9 janvier 2019 à 12 h 05 min

9 janvier 2019 à 11 h 56 min
je ne pratique aucun sport; je n’avais pas compris que la RDL, c’était du journalisme sportif ou champêtre;à vos comices agricoles pour les compères et les commères ;merci La Fontaine!

Chantal dit: 9 janvier 2019 à 12 h 04 min

J’ai trouvé une critique dont le point de vue me paraît intéressant mais il faut être courageux elle est assez fouillée, d’une certaine manière on devrait publier un recueil des critiques de Sérotonine, si çà se trouve il dépasserait le roman, MH semble un accélérateur de particules pour un dépressif c’est assez drôle :

https://diacritik.com/2019/01/08/houellebecq-homais-romancier-serotonine/?fbclid=IwAR0oI1x0x6UYTVdaqPNodQxZLMD4C4XfNZxMClNr8p5t_JHVHH8LWNpap2A

caulerpa dit: 9 janvier 2019 à 11 h 59 min

je n’ai aucun devoir d’information , ni de raconter quelque vie que ce soit sur un blog qui se fout de l’orthgraphe de surcroit

Janssen J-J dit: 9 janvier 2019 à 11 h 57 min

@ 11.30, « et les critiques littéraires le savent bien, eux qui ont, sur le vulgum pecus, l’avantage d’avoir accès aux multiples voix d’une société »…
__________
Avoir accès, avoir accès !!!…, cela veut-il dire comprendre quoi que ce soit ? Est-elle niaise, notre C.T. nationale quand elle se met à fulminer pour défendre son hôte, comme s’il avait besoin de son secours ! Non décidément, avec marie debenoît, aucun terrain d’entente possible, c’est décidément un k trop à part. Et pourtant, nous sommes beaucoup plus « proches » qu’elle le pense. Tout contre, même.
Allez donc lire Sérotonine, ma bonne dame, moi je ne discute qu’avec celzéceux qui l’ont vraiment lu. Pas avec ceuzécelles à qui on a fait une fiche de lecture et mis le doigt sur le passage « intéressant » à discuter, comme dans le Canard, jzzm. Désolé.

caulerpa dit: 9 janvier 2019 à 11 h 56 min

9 janvier 2019 à 11 h 49 min
merci madame, mais je n’ai pas appris à bonne école, ni nulle part; je ferai un effort , si j’envoie encore quelque chose:ce n’est pas sur que je le fasse;

renato dit: 9 janvier 2019 à 11 h 56 min

« merci de vous trouver un autre interlocuteur;je ne suis pas un bon informateur,je ne vias pas aux pédéluves erdéliens »

Si vous n’êtes pas un bon informateur, vous ne devriez pas pratiquer le sport du lancer d’accusation non prouvée, spécialité sportive pratiqué surtout par les commères — tous sexes confondus —.

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 11 h 54 min

Oui, mais entre les blancs, faudrait-il encore que caulerpa se souvienne qu’une phrase se compose d’un sujet, un verbe, un complément, direct ou indirect…, Lavande !

Chaloux dit: 9 janvier 2019 à 11 h 52 min

Nous sommes tous dans le même bateau.

Évidemment non. Les élites, ou ce qui nous en tient lieu, feront tout, absolument tout, pour ne pas y monter. C’est bien le problème.

Lavande dit: 9 janvier 2019 à 11 h 49 min

Caulerpa pourriez-vous svp faire réparer la barre d’espacement de votre clavier. Entre les mots accolés et la typographie sans blancs, ça en rajoute à la difficulté intrinsèque de lecture de vos commentaires.
Je vais me faire traiter de vieille gâteuse maniaque mais je précise qu’on met un blanc après une virgule ou un point, un blanc avant et après un point-virgule, deux points, un point d’exclamation ou un point d’interrogation (un seul caractère : un blanc ; deux caractères : deux blancs. Facile non ?)

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 11 h 44 min

« Parce que, franchement, ce ne sont pas les « habitus » différents qui peuvent empêcher les empathies émotionnelles »

ça c’est bien vrai ! Grâce à Proust, Clopine circule dans le faubourg Saint-Germain comme un poisson dans l’eau…

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 11 h 39 min

Quoiqu’urbains, Houellebecq et moi, avons une connaissance sensible du monde agricole. Nous ne manquons aucuns épisodes de « L’Amour est dans le pré » !

Clopine dit: 9 janvier 2019 à 11 h 30 min

Alors là, le procès de JJJ à notre hôte

« Ce n’est pas votre faute, vos habitus de « critique littéraire » sont tellement éloignés du monde paysan d’aujourd’hui… Que pourriez vous en comprendre émotionnellement ? »

Est particulièrement à côté de la plaque, à mon sens.

Parce que, franchement, ce ne sont pas les « habitus » différents qui peuvent empêcher les empathies émotionnelles (appelons-ça comme ça !) et je prétends, moi, que la littérature, d’Homère à Giono, n’a certes pas eu besoin d’attendre un Houellebecq pour rendre compte du monde paysan. Au contraire : il y a là un rapport nourrissant, et les critiques littéraires le savent bien, eux qui ont, sur le vulgum pecus, l’avantage d’avoir accès aux multiples voix d’une société… Je n’ai pas lu Sérotonine, je présume bien évidemment que le « paysan de service », dans le roman, va se suicider à la fin, mais croire que le délabrement du monde paysan provient d’autres causes que ce qui cause le délabrement social, environnemental et politique est tout simplement une escroquerie intellectuelle. Nous sommes tous dans le même bateau

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 11 h 25 min

Afin de bien comprendre caulerpa, il me semble nécessaire de retracer l’histoire du pédiluve !

« Le lavage des pieds a des fonctions importantes depuis l’Antiquité. Il associe intimement des fonctions hygiéniques, religieuses (purification par les ablutions), et symboliques.

La religion hindouiste a développé des pratiques complexes d’ablutions, comme l’ont fait ensuite la liturgie yahviste (pour les prêtres pénétrant dans le sanctuaire), puis la religion musulmane (ablutions sèches ou humides). Pour ces grandes religions, l’ablution est un geste intentionnel de purification, une marque de dévotion.

Hors quelques rares exceptions, les catholiques et les chrétiens ont abandonné ce rite, mais leurs textes ; religieux en conservent le souvenir. Dans la Bible apocryphe, après l’épisode du buisson ardent, Moïse doit se purifier plusieurs fois en se lavant. Dans l’évangile de Jean, au cours de son dernier repas avec ses disciples, Jésus leur lave les pieds et leur demande de se laver les pieds entre eux. Avant cela, c’était Marie Madeleine, prostituée, qui avait lavé les pieds de Jésus avec ses larmes avant de les couvrir d’un parfum précieux, selon le texte de l’évangile de saint Paul.

En Thaïlande, le mariage traditionnel veut que l’épouse lave les pieds de son époux assis sur un tabouret après qu’il a passé deux portes symboliques (« porte de l’argent » et « porte de l’or » représentées par des jeunes filles tenant une chaine). Une fois les pieds lavés, l’épouse fait une salutation traditionnelle vers eux (WAI – ไหว้ ) qui est un symbole de remerciements, de respect et de fidélité au mari.

Certains voient aussi dans les rituels de lavage des pieds un rappel du baptême ou encore le passage dans le rite, la religion et l’inconscient collectif de règles élémentaires d’hygiène.

L’Antiquité semble avoir connu les pédiluves bien avant l’époque romaine et le lavage des pieds a été un rite (religieux ou laïque) courant dans cette période au Moyen-Orient, faisant partie de la salutation à l’invité ou au voyageur profitant de l’hospitalité de la maison.

Chez les riches, hormis les enfants qui pouvaient laver les pieds de leurs pères, ce rituel était effectué par les esclaves ou serviteurs (les serviteurs israélites en étaient dispensés par la coutume judaïque).

En Europe et Amérique du Nord, avant la généralisation des baignoires, puis des douches et bidets, on se lavait les pieds et le corps dans un « tub », bassine de bois ou bac en zinc.

À Paris en 1878, les 250 pensionnaires de l’école laïque privée Monge (devenue le Lycée Carnot), ne prenaient un bain que tous les 15 jours, mais devaient se laver les pieds deux fois par semaine dans un pédiluve à siège réglable. »
(wikipediluvia)

caulerpa dit: 9 janvier 2019 à 11 h 19 min

9 janvier 2019 à 11 h 06 minmerci de vous trouver un autre interlocuteur;je ne suis pas un bon informateur,je ne vias pas aux pédéluves erdéliens

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 11 h 16 min

« qu’attendez vous pour aller à votre pédiluve ? »

Qu’est-ce qu’ils vous ont fait mes pieds, caulerpa ?

Paul Edel dit: 9 janvier 2019 à 11 h 13 min

Bérénice, puisque vous êtes plongée dans ce merveilleux roman « Herzog », je vous conseille de lire « La planète de Mr Sammler », du même Saul Bellow…Sammler est un vieil intellectuel en exil à new- York. Il a vu de près les catastrophes du XX° siècle. Il a connu les pogromes de Pologne , a survécu miraculeusement à un camp de concentration , a vu sa fille emportée par la maladie mentale.. Alors il tente de trouver une issue de secours.. Il essaie de garder une espèce de foi humaniste, déchirée, laborieuse, quotidienne, entêtée, essayant de trouver une méthode pour se repérer dans ses propres pensées et son labyrinthe mental… Bellow ouvre la partie morale du cerveau de son personnage. il nous la dévoile dans ses tensions parfois clownesques, chaplinesques ses sophismes dérisoires, ses ruminations à l’ironie cruelle, avec des plages de profondes mélancolies. Il revient interroge Dieu ,nous faire partager ses sarcasmes, ses bouffées de colère, ses pitreries pour se consoler lui-même(comme son ami qui s’empare d’un pot de chambre pour vociférer dedans comme Hitler) donc égarements, bifurcations du flux mental ,réminiscences enfantines, histoire familiale incertaine, références culturelles qui brillent comme des tessons de verre .Son humanisme est fissuré ,délabré, depuis qu’il a vu la fosse commune des camps . Le plus étonnant du texte,- comme presque tous ceux de Bellow- c’est la sensation que le « moi » est devenu un noyau instable, un espace tordu qui a perdu tout centre de gravité un lieu de reflexion où rien ne peut plus trouver un ordre, une logique, une clarté, encore moins une illumination. Le chaos est là. La cruauté révélée par la seconde guerre mondiale rend impossible de se réfugier et se lover dans le douillet berceau de Dieu.
Pour finir voici un petit échantillon de cette voix de Sammler dans une de ses méditations au bord de l’Hudson:

« Durant la guerre, je ne croyais en rien, et j’avais toujours détesté les pratiques des Juifs orthodoxes. Je constatais que la mort n’impressionnait pas Dieu. L’enfer, c’était son indifférence. Mais l’incapacité à expliquer n’est pas une raison pour ne pas croire. De moins tant que persiste l’idée de Dieu. Pour ma part, j’aurais souhaité qu’elle ne persiste pas. Les contradictions sont trop douloureuses. Pas de souci de justice? Pas de pitié? Dieu n’est-il que le sujet de bavardage des vivants? Et puis nous voyons les vivants raser comme des oiseaux la surface de l’eau, et l’un d’eux va plonger pour ne pas remonter et disparaître à jamais. Et nous, à notre tour, une fois immergés, nous disparaîtrons. Seulement non n’avons aucune preuve de l’absence de profondeur sous la surface. »

Chaloux dit: 9 janvier 2019 à 11 h 11 min

Il y a un point sur lequel je rejoindrais Gigi, Assouline, c’est que je vous trouve complètement, et de plus en plus, déconnecté des réalités, et seulement préoccupé de défendre votre pré carré, si c’est bien le vôtre que vous défendez. Et je trouve cela très inquiétant. On a l’impression d’un naufrage, alors qu’à votre âge vous devriez prendre enfin la décision de vous affranchir. Sinon aujourd’hui, quand ?

renato dit: 9 janvier 2019 à 11 h 06 min

Qu’est-ce que c’est le « versant fraçais », caulerpa ? Géographiquement je ne peux comparer que les versants français et italien du Mont Blanc, et il me serait difficile de vous dire lequel des deux est le plus ennuyeux. Donc, lorsque vous dites « comparé au versant italien » je me demande de quoi parlez vous au juste.

caulerpa dit: 9 janvier 2019 à 11 h 05 min

: 9 janvier 2019 à 10 h 58 min
qu’attendez vous pour aller à votre pédiluve?
Je n’ai aucun devoir d’information envers les pedéluviens,d’où qu’ils soient originaires;
il y a despsys qui ont été ingénieurs agronomes, traducteurs, il suffit de savoir suivre la toile,qui a des liens, des archives;on rencontre des gens qui parlent dans les séminaires d’études,même ds poètes et des éditeurs

Janssen J-J dit: 9 janvier 2019 à 11 h 04 min

Pierre, j’ai le regret de vous dire que vous vous enfoncez vraiment en essayant de torpiller Sérotonine, en mélangeant les émois de son anti-héros aux prétendus engagements politiques de l’auteur.
Pourquoi lui reprocher des erreurs sur les abricots, sur la date de l’abandon des quotas laitiers et d’avoir « tout faux »…, en vous prévalant de ce médiocre et consternant papier de l’Express ? Allons-nous devoir ici ferrailler avec un Berretta sur l’abandon de la prime à la vache allaitante dont il ne dit pas un mot, par hasard ? Cela serait du dernier ridicule, pas vrai ?…
Et bien, nous en sommes là avec votre réaction. Je me moque bien de savoir si MH est au front national ou pour la sortie de l’UE, car ce n’est vraiment pas mon critère d’appréciation de Sérotonine. Je répète qu’iil est malheureux que nous en arrivions à la rdl, Passou !… Mais bon sang ! ne sentez-vous rien de ce que MH fait passer dans la tête de Florent-Claude à tenter de comprendre le marasme de son ami Aymeric, et de s’en montrer impuissant ?… FC a lui-même contribué à favoriser les politiques de libre-échange en tant qu’expert attiré par le fric de Monsanto, OK, et le voilà maitneantn aux prises avec une effroyable dissonance cognitive, dans son observation empiriques des effets incitatifs provoqués par la PAC sur des paysans pauvres et des paysans riches… Car Aymeric est un paysan intellectuellement riches et armé. Or l’intérêt de ce passage tient évidemment au fait qu’il se retrouve lui aussi, par l’effet de circonstances personnelles malheureuses, dans une condition identique à celle des vulgaires gilets jaunes, comme dirait l’autre : devoir exploiter seul, chaque jour, le produit de 300 vaches laitières, quand il n’y a plus moyen d’écouler la marchandise, à cause d eretournement de la conjoncture et d’une politique dés-incitatitve…
Il faut vraiment vivre dans le confort des journaux comme l’Express et des salons parisiens pour ne pas vouloir comprendre les messages que souhaite faire passer MH dans ce bouquin.
Votre dépit à l’égard du succès des romans MH (que vous ne comprendrez jamais parce qu’ils ne touchent rien en vous) ressemble à s’y méprendre à ce qu’un Macron ne peut pas comprendre de ce qui se passe dans le pays qu’il prétend diriger.
Votre aveuglement me déçoit vraiment, Pierre A.. Ce n’est pas votre faute, vos habitus de « critique littéraire » sont tellement éloignés du monde paysan d’aujourd’hui… Que pourriez vous en comprendre émotionnnellement ?
Non, il faut arrêter, je crois !
Bonne journée.

Chaloux dit: 9 janvier 2019 à 11 h 02 min

Bien avant les deux textes mis en parallèle, il y a une des plus belles pages de Quignard, auteur abondamment pillé, ce qui est bon signe pour lui. Pour ce qui est des pillards, on sera beaucoup moins catégorique.

Hurkhurkhurk!

caulerpa dit: 9 janvier 2019 à 10 h 59 min

ce n’est certainement pas élégant;mais je voulais dire que j’ai plus qu’entendu parler de questions d’agronomie, et que cette canadienne est mariée a un francais et qu’elle a pris la nationalité française comme son mari la canadienne,je connais beaucoup de gens polyglettes et bi nationaux et comme ils en plaisantent et de l’accent! la source de leur humour,sur quoi j’ai des réticences;

Ed dit: 9 janvier 2019 à 10 h 58 min

« made in France, des produits artisanaux, bons pour la santé »

Et encore…Ce sont souvent des arnaques (cf. le fameux saucisson « corse » qui est corse comme je suis Portugaise).

Clopine dit: 9 janvier 2019 à 10 h 57 min

Monsieur Court d’1 h 14 : wouarf ! Il est vrai qu’à votre contact, j’aurais dû apprendre ces qualités – la gentillesse, la bienveillance, l’urbanité – dont vous faites un si constant usage avec moi… (bon, au moins, vous, vous n’inventez pas des mots que je n’ai jamais écrits. Vous voyez : j’ai quand même de l’honnêteté, au fond de l’abysse de méchanceté de ma personnalité…)

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 10 h 55 min

Et caulerpa qui continue à nous parler de la soeur, du cousin, du fils de la voisine qu’elle n’a pas connue mais dont on lui a dit que… !

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 10 h 53 min

« Cette détestable confusion entre l’auteur, ses personnages et ses narrateurs pollue de façon récurrente la réception critique de chaque roman de Houellebecq. »

C’est bien vrai, Jacques R., moi je finis aussi par les confondre avec Delaporte et D. !

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 10 h 51 min

« L’abricot d’Argentine n’est pas aussi bon que la banane des canaries »

Oui, Phil, mais la banane des Canaries est toute petite ! Moi c’est long, plus c’est bon ?

christiane dit: 9 janvier 2019 à 10 h 38 min

Et la suite : « La planète de mr Sammler », Bellow (2)
le 17 juin 2017, sur le même blog « pres, loin ».

caulerpa dit: 9 janvier 2019 à 10 h 38 min

: 9 janvier 2019 à 9 h 16 min
je trouve votre commentaire aprèsune discussion avec une femme que j’apprécie,comme « individu »;elle est croyante catholique, d’une famille de profs, et a perdu son frère jumeau(accident de plongée)c’est une femme très bienveillante, on dirait »à l’écoute »;elle lit un peu a fait de la sophrologie ,et a l’esprit très ouvert, qu’ils’agit de gilets jaunes,de féminisme ou d’étranger(elle me parle souvent du Japon dont elle connait la sociétéet le système des entreprises)
je me souviens, là,je crois sans confusion, que quand la RDL était sur le monde, vous avez à plusieurs reprises dénigré le versant fra çais comparé au versant italien;sur quoi, je n’ai aucune opinion bien que j’aie connu plusieurs italiens grands lecteurs;l’un d’eux aimait raconter que les italiens aimaient la France pour le porno(playboy en ce temps là)mais cet homme était très investi politiquement(à gauche)à quoi il devait son poste;
pour mes « intérets », je ne cherche pas à multiplier les rencontres ni les expériences,j’écoute quand on me parle et je n’ai pas les identifications faciles,même aux auteurs que j’apprécie,je ne « fonctionne pas à la manipulation éducativo thérapeutique dont certains sont adeptes,pour faire réconcilier des gens par exemplepuisque c’est l’un desrécents dont j’ai entendu plusieurs cas(de frères fachés à mort),
chaque société a des traits ,comme les individus, ils sont étudiés, les gens racontent les histoires qui conviennent à leurs préjugés sur les profs, le théatren le sexe, les agriculteurs;je n’ai pas connu le frère d’une femme charmante et vaillante qui s’est suicidé tandis que l’autre a fait harvard;la femme a hérité de terres au canada,et a desreves de paysanne cultivatrice;elle a eu des filles et fait famille d’accueil en plus comme sa propre mère au canada;le père est mort récemment;

christiane dit: 9 janvier 2019 à 10 h 30 min

Bérénice,
un lecteur fameux a dit de ce personnage :
« […]Le vieil homme qui parle, qui rumine, dans les rues de new-York, sur les bords de l’Hudson. Par son ton, son sourire venant, par sa famille de vieux juif russes, son désarroi devant la civilisation américaine arrogante, triomphante, et consommatrice, sa recherche morale authentique qui rappelle le pessimisme ironique et inquiet de Tchekhov, publié en 1970, c’est une lettre à ses frères humains.
Sammler est un vieil intellectuel en exil à new- York. Il a vu de prés les catastrophes du XX° siècle. Il a connu les pogroms de Pologne, a survécu miraculeusement à un camp de concentration, a vu sa fille emportée par la maladie mentale.. Alors il tente de trouver une issue de secours.. Il essaie de garder une espèce de foi humaniste, déchirée, laborieuse, quotidienne, entêtée, essayant de trouver une méthode pour se repérer dans ses propres pensées et son labyrinthe mental…
Sammler est gardien de valeurs fragiles dont il se demande s’il n’est pas pas le nouveau Robinson tout seul, sans Vendredi, sur son île humaniste.. C‘est parfois pitoyable, parfois clownesque, nourri de la grande culture traditionnelle européenne (Montaigne, Goethe, Tolstoï, Musil..etc.).
Au cours de ses promenades entre l’Hudson et Columbus Circle, il observe la vie des passants new- yorkais, avec tendresse et surprise, ce qui nous vaut des descriptions subtiles. […] »
« Saul Bellow ou le poids du monde avec ironie », le 9/06/2017 – Paul Edel.

Jacques R. dit: 9 janvier 2019 à 10 h 26 min

« Le Monde des livres » ayant vu sans rire une « phénoménologie de la fellation » dans « Sérotonine », il était urgent de…

Cette notation de Jean Birnbaum était manifestement humoristique. Quand on ne sait pas lire, on s’abstient de commenter.

Phil dit: 9 janvier 2019 à 10 h 25 min

L’abricot d’Argentine n’est pas aussi bon que la banane des canaries, éliminée du marche européen par celle des Antilles pour raisons « domtomiques », bourrative et sans goût.

Jacques R. dit: 9 janvier 2019 à 10 h 21 min

Passou dit: 9 janvier 2019 à 9 h 41 min
A Janssen de 23.13, je ne voudrais pas enfoncer le clou mais enfin, puisque vous nous y invitez… Il se trouve que justement, sur la question des quotas laitiers, des abricots d’argentine, de la politique agricole de l’UE, tout diplômé de l’Agro qu’il est, Houellebecq a (presque) tout faux :

Au principe de toute lecture pertinente, s’agissant d’un roman, il y a la règle de ne pas confondre les assertions d’un personnage ou d’un narrateur avec les opinions et les connaissances de l’auteur. Houellebecq, dans « Sérotonine », n’écrit pas un essai sur l’économie contemporaine mais une oeuvre de fiction. Cette détestable confusion entre l’auteur, ses personnages et ses narrateurs pollue de façon récurrente la réception critique de chaque roman de Houellebecq.

Delaporte dit: 9 janvier 2019 à 10 h 11 min

« Oui, mais est-ce que le héros de Sérotonine vote pour Marine le Pen ? »

Il ne parle pas du tout de ça. C’est plutôt un abstentionniste, qui n’a plus aucune illusion sur rien… Macron a été élu grâce à une majorité d’abstentions ou de votes blancs (moi-même, j’ai voté blanc).

Delaporte dit: 9 janvier 2019 à 10 h 05 min

Houellebecq joue sur l’idée (avérée et juste) que l’Europe a détruit l’agriculture française, notamment. Il n’y avait déjà plus d’ouvriers (à cause des délocalisations) ; désormais, il n’y a plus d’agriculteurs. Toute notre bouffe provient, à vil prix, de l’étranger, où l’on fait travailler des « esclaves ». Seuls les riches peuvent se payer du made in France, des produits artisanaux, bons pour la santé, ceux-là. Le reste, comme disait Coffe, c’est de la m… !

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 10 h 02 min

L’abricot argentin, ça ajoute une petite note plus exotique et mondialiste que l’abricot italien ou espagnol, olé !

Delaporte dit: 9 janvier 2019 à 9 h 57 min

Houellebecq a cependant bien vu le phénomène suivant :

« Michel Houellebecq décrit cependant une réalité incontournable : la souffrance des petits exploitants agricoles à travers l’ami du héros (évitons de raconter la fin). »

renato dit: 9 janvier 2019 à 9 h 16 min

Bien, caulerpa, maintenant il faudrait tirer au clair une question qui semble vous fuire. Dans une société évoluée c’est à celui qui porte une accusation de porter la preuve qui fonde son accusation. J’attends donc que vous me disiez où et quand je me suis rendu responsable de la deuxième accusations que vous portez.

Tenez en compte le fait que je suis un cosmopolite par choix et de fait, car :

— je ne m’intéresse pas aux peuples, mais aux individus ;
— et, plus terre à terre, j’ai plusieurs nationalités.

Par ce fait je peux avoir fait l’expérience que certaines choses fonctionnent mieux dans un pays plutôt que dans un autre, et en conséquence l’avoir dit, ce qui est légitime ou alors on met la liberté d’expression à la poubelle. Vous, par contre, vous mettez en ligne un segment en le privant de son environnement, ce qui n’est pas le top de l’élégance. Donc, puisque envers et contre mon bon droit, j’ai fait le premier pas en mettant en ligne le lien « bon-beau », vous devriez maintenant donner une épaisseur à votre deuxième accusation.

christiane dit: 9 janvier 2019 à 9 h 01 min

Jazzi,
des points communs entre ces deux écrivains ? Je n’en suis pas là ! Je note seulement que par des chemins différents leur rapport à un Dieu contradictoire, paradoxal, injuste se vit par un questionnement sur la souffrance, sur ces non-réponses qui saisissent l’homme dans son approche du divin. « Il n’est de pire torture que de ne pas savoir pourquoi l’on souffre. » p.249 – VdJ). Refuser, douter, et en même temps être frôlé par cette frange de l’espérance. P.A. comme Job « accuse Dieu tout en lui restant fidèle. On n’est pas plus subversif » écrit P.A. Je pense aussi à Camus (La peste) et au personnage du docteur Rieux, un homme lassé du monde qui vit si douloureusement ses contradictions et refuse un Dieu qui laisse mourir et souffrir un enfant et à Quichotte et sa « leçon de liberté ».
Leur point commun ? Chercheurs du sens de la vie de livre en livre.
Et toi, qu’en penses-tu ?

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 8 h 58 min

closer, riche semaine pour la sortie des films. Entre les soldes et le cinéma, faudra choisir ! Pour « Roma », plébiscité par Passou, on devra encore attendre…

jazzi dit: 9 janvier 2019 à 8 h 24 min

JJJ, la nouvelle n’était pas dans l’annonce d’un mauvais papier sur Houellebecq dans le Canard enchainé, mais dans le fait que je l’avais lu. Je ne lis jamais ledit journal, cet humour potache me fatigue à la longue. Mais j’en ai trouvé un exemplaire dans le métro. Comment le journaliste pourrait-il donner un satisfecit écolo à Houellebecq sans avoir lu son bouquin ?

Christiane, sais-tu quel est le point commun entre Houellebecq et Passou ?

caulerpa dit: 9 janvier 2019 à 3 h 22 min

quant aux pesonnes qui parlent de verbiage des psys; je trouve que dansq un article assez bref; l’analyse est précise et sans jugements intempestifs :cela dit vous pouvez faire un dico de tous les jugements négatifs comme fainéant ,verbiage etc
 » C’est ainsi qu’on peut comprendre son sentiment de libération et de renaissance au moment de son exclusion du pce et la certitude qu’il aura, quelques semaines plus tard, en recevant le fameux exemplaire de son livre aux pages blanches, que cela allait changer sa vie.

21Mais faisons un saut dans le temps et suivons Semprun dans le fil de son témoignage. C’est le 11 avril 1987, jour anniversaire de la libération de Buchenwald, qu’il commence la rédaction du livre qui deviendra L’écriture ou la vie, mais auquel il a d’abord donné comme titre : L’écriture ou la mort. Après en avoir écrit quelques pages, il décide de ne pas continuer en s’apercevant qu’il a introduit la première personne et que cela envahit tout le récit. Le jour même où réapparaît le fantôme du jeune déporté, Primo Levi se suicide. Ce suicide rouvre alors son questionnement sur l’écriture et/ou la vie. Ce jour-là, une pensée s’impose : étant donné que Primo Levi était de cinq ans son aîné, il ne lui reste donc que cinq ans à vivre. Le titre L’écriture ou la mort lui paraît comme une sorte d’identification à Levi, car, pour ce dernier, l’écriture était ce qui l’avait maintenu en vie. Semprun est incapable de terminer ce livre.

christiane dit: 9 janvier 2019 à 2 h 58 min

Bonsoir, JJJ,
à ce stade du roman (p.180) le narrateur, Florent-Claude, est encore enlisé dans son propre désenchantement. Après s’être laissé ballotter par les rencontres hasardeuses de la vie, la fuite vers le « treizième » avec cigarettes et alcool ne lui ouvre dans son monde égoïste qu’une longue rumination sur ses échecs sentimentaux antérieurs, en particulier Camille. Il se retrouve seul et n’aime pas cette solitude qui le ronge. Il plonge dans une dépression terrible où même se lever, se laver, se nourrir lui paraissent actes impossibles. Ce médicament « Captorix » va lui permettre une sorte de fragile sortie du tunnel.
Dans ce marasme revient son questionnement sur l’existence de Dieu (qui a traversé ses romans précédents : Rester vivant (1991) avec Saint Paul, les Particules élémentaires, la Carte et le Territoire et son éventuelle conversion au christianisme, Problème abordé encore dans le livre d’entretiens avec Bernard-Henri Lévy, Ennemis publics. Livres traversés aussi par son refus de Dieu, cette béquille.) Il décrit alors un monde où Dieu est absent, vide, où aucune croyance ou espérance ne sont offertes.
Là, se place se paragraphe. Je ne serais pas surprise que ce questionnement revienne, plus tard dans le roman.
Il disait dans un entretien en 2015 :  » J’ai une vision de la religion plus proche de la magie. Le miracle m’impressionne ! Le moment religieux que je préfère dans tout le cinéma, c’est la fin d’Ordet, le film de Dreyer, qui se termine par un miracle. Voilà ce qui m’ébranle. (…) Je veux savoir si le monde a un organisateur et comment c’est organisé. J’ai fait des études scientifiques. Il y a une vraie curiosité chez moi pour la manière dont tout ça fonctionne. Ce qui fait qu’aujourd’hui je ne me définis plus comme athée. Je suis devenu agnostique, le mot est plus juste. » mais il écrivait dans le livre avec Bernard-Henri Lévy que l’inexistence de Dieu était «l’une des seules certitudes qui ne [l’ait] jamais quitté ».
Il semble plongé dans un épuisement métaphysique. (Il y a même eu une Journée d’études « Michel Houellebecq ou misère de l’homme sans Dieu ? », organisé par l’IPRA (Institut du Pluralisme religieux et de l’athéisme), avec le soutien de l’Université du Maine-Le Mans, en octobre 2015.)
Michel Houellebecq cynique et provocateur, soit, mais aussi mystique ! C’est aussi un lecteur passionné par Schopenhauer, Kleist… Sérotonine n’est pas un roman à thèse mais une fiction à l’ironie grinçante, traversée par des pages très belles sur l’amour, le sens de la vie, la transcendance où l’on pense alors plus à l’essai, au journal intime qu’au roman.
Je pense le terminer demain, JJJ. Je vous dirai mes impressions.

Faire le rapprochement avec ce grand livre de Pierre Assouline Vies de Job a donc tout son sens. Car P.A. à partir du Livre de Job (« un homme qui n’a jamais existé mais qui a été fabriqué pour illustrer le problème qu’il pose », une parabole ?) qui le hante part à la recherche des livres et des artistes qu’il inspire. Recherche qui accueille aussi des êtres souffrants proches ou lointains, des périodes de l’Histoire. L’inexplicable de la souffrance… « Ce texte envoûtant réussit à affronter le Mal depuis plus de deux millénaires, écrit-il, et aide les hommes à lui tenir tête ». Une voix, « celle d’un homme qui ne renonce pas à comprendre quand l’inexplicable le cerne ».
Un roman extraordinaire, « embrumé de biographie » où « le partage des eaux entre fiction et enquête s’est brouillé »
Dans les dernières pages, P.A. s’interroge sur la nature du roman (histoire ? personnage ?) et remarque que la Toile a emporté d’autres frontières dans son élan… une époque littéraire qui « verra triompher la confusion des genres ».
Le livre de Michel Houellebecq est dans cette confusion puisque s’y croisent un personnage de roman, une étude de la société et son propre questionnement, autant de voix qui disent « Je ».

caulerpa dit: 9 janvier 2019 à 2 h 58 min

A chaque rentrée à Ulm, Marc Mézard, le directeur, fait un discours d’accueil pour les nouveaux élèves. Signe que l’école a en partie conscience des difficultés rencontrées par les nouveaux arrivants, il donne ensuite la parole au psychiatre de l’école Jean-Christophe Maccotta. Avec ses mots, ce dernier explique que sa porte est ouverte à tous ceux qui souffrent. La direction de l’ENS Paris n’a pas donné suite à nos demandes d’interview. Le psy de la rue d’Ulm a cependant accepté de nous détailler le fonctionnement du pôle santé « important », avec deux infirmières et un médecin. Au téléphone, il semble toutefois gêné par le sujet et refuse de s’exprimer sur les dépressions dans son établissement. Lyon et Cachan, n’ont pas non plus donné suite à nos demandes d’interview.
là, ce n’est pas saisonnier,la déprim’;si c’est systémique, je ne sais; quoi qu’il en soit, je trouve que cette histoire de main tendue est aussi fumeuse que l’humour des erdéliens ;et de plus, je trouve que l’humour ne doit pas être un dogme

caulerpa dit: 9 janvier 2019 à 2 h 45 min

je n’apprécie pas particulièrement la qualité d’élégance en littérature,je connais une libraire assezsollicitée qui la flanque dans tous ses conseils,je n’y vais plus;je préfère les choix de l’aventure quand je n’ai rien arrêté;

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