de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
La poésie de Philippe Jaccottet comme une lame creusant dans l’opaque

La poésie de Philippe Jaccottet comme une lame creusant dans l’opaque

Si le comité Nobel de l’Académie suédoise, régulièrement sollicité en ce sens depuis des années, se décidait un jour à laurer Philippe Jaccottet, nul doute que ce volume d’Oeuvres (1728 pages, 59 euros, La Pléiade/ Gallimard) y serait pour beaucoup. Par « Œuvres », il faut entendre l’œuvre poétique. Encore faut-il s’accorder sur ce qui en relève. Le sommaire est éloquent. Il est le quinzième auteur à entrer de son vivant dans le temple, quatrième suisse à y être convié après Rousseau, Cendrars et Ramuz, mais-ceux-là à titre posthume ; encore est-il davantage fêté en France qu’en Suisse, où on l’étudie plus qu’on ne le lit.

C’est pourtant une histoire suisse que cette Pléiade puisque la maîtrise d’œuvre en a été confiée à la lausannoise José-Flore Tappy et la préface au tessinois Fabio Pusterla. Il  n’est d’ailleurs pas anodin de relever que celle-ci est traduite (de l’italien), ce qui n’est pas courant dans cette collection, mais qui est un discret hommage à l’une des principales activités de Philippe Jaccottet, à qui l’on doit tous les mots des éditions françaises de L’Homme sans qualités, Elégies de Duino, l’Odyssée, Malina, La Mort à Venise, Hypérion…

L’auteur est d’abord intervenu dans la sélection des textes. Puisqu’il n’y aurait qu’un volume, le travail de création serait privilégié. De la prose et des poèmes ( l’exception du tout premier Trois Poèmes aux démons, banni) à l’exclusion, donc, des essais critiques, correspondances, traductions, relations de voyages. Les éditeurs ont voulu mettre à jour les discordances que recèle cette œuvre, plutôt que ce qui fait consensus, grandement aidés en cela par l’examen minutieux de ses archives à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne auxquels l’auteur leur a donné un accès libre et total (Jaccottet n’est pas Saint-John Perse ni Kundera).

Cette œuvre décourage le commentaire car elle s’auto-commente au sein du texte même. Elle illustre parfaitement la réflexion de Hölderlin sur « L’entretien que nous sommes ». Jaccottet embarque le lecteur dans ses tâtonnements et ses intuitions, à la recherche du mot juste et de l’exact reflet. Chaque mot a un poids et Jaccottet en est le précis préposé au trébuchet. Il n’est pas de plus convaincante injonction à se méfier des rhéteurs. On ne saurait mieux provoquer l’empathie que de provoquer notre participation aux débats intérieurs du créateur. C’est pourquoi on a pu parler à son sujet d’une « poésie de proximité ». Ce n’est pas de la poésie qui réfléchit à la poésie, mais une quête permanente, inachevée, où l’on assiste au combat du poète avec la vie, ses contradictions et les moyens d’en sortir.

 Sa réputation d’austérité n’est pas seulement déduite de son œuvre ou d’une éducation protestante, mais de son choix de vie, loin des capitales, à Grignan (Drôme) qu’il a tendance à fuir quand l’été y ramène touristes et festivaliers. De là à en faire un ermite, voire un ascète ! Disons qu’il est discret jusqu’à l’effacement, pudique et tourmenté. Tout ce qu’il fait, dit, écrit le situe à un point d’équilibre, difficile à tenir mais tenu, au point de passage des frontières, propice aux transactions littéraires.Philippe_Jaccottet_(1991)_by_Erling_Mandelmann_-_3

C’est une poésie qui s’offre volontiers au lecteur, contrairement à celle de Paul Celan pour ne citer qu’elle, car sa forme la rend immédiatement accessible, car on croit y deviner le mouvement de la parole dans l’écriture. Ainsi va son rythme. Une écriture nourrie tant de son imprégnation des paysages que de son intime commerce avec les livres. Ceux des classiques, bien sûr, mais aussi ceux de ses contemporains car il est des rares à suivre de près ce qui se fait et se crée en Europe avec une attention soutenue et une curiosité inentamée. Peut-être est-ce dû à une qualité assez rare en ces temps de dérision généralisée : la faculté d’émerveillement. Le fait est que sous sa plume, tout entre en résonance des œuvres des autres, qu’ils soient romanciers, poètes, historiens de l’art, musiciens. Ainsi féconde-t-on un héritage menacé de se figer. Le doute anime le mouvement incessant qui l’habite. Le doute sans l’irrésolution. Ainsi un hésitant absolu parvient-il à édifier une œuvre. Un langage qui tend vers l’épure, qui se manifeste à bas bruit, sans concession à la rigueur qui l’anime. Un lexique qui tend vers la recherche de la justesse et de la clarté. C’est assez sombre, souvent désespéré, d’une musicalité assourdie qui résonne comme un chant étouffé ; l’expression de ce désarroi du poète au cœur de sa nuit  produit une émotion sans pareille.

Sa dilection pour le fragment s’y manifeste avec éclat –dans la double acception du terme. L’agencement chronologique des textes permet de voir comment la poète a progressivement dominé la violence qui l’habitait à ses débuts. On y voit l’âpreté céder du terrain à la sérénité. A la fin, sa poésie tend vers l’invisibilité, jusqu’à dissiper le tremblé de sa ligne d’horizon. Un phénomène des plus troublants que l’on ressent parfois face à des toiles de Rothko, de Turner ou de Morandi. Le préfacier estime d’ailleurs que c’est dans Le bol du pèlerin (2001), consacré par Philippe Jaccottet à ce dernier en appelant Pascal et Leopardi à la rescousse, qu’on trouve la quintessence de son art poétique :

« (…) J’aurais beau faire : mon émotion et mon admiration, indissociables, devant cette œuvre, et surtout son dernier état, son « plus haut cercle », seraient extravagantes s’il ne se produisait pas là une sorte d’assomption des choses qui culminerait dans leur presque disparition ; mais avec ceci d’essentiel que si elles se retirent, si elles s’effacent, d’abord : elles ne se réduisent nullement à des évanescences, à des soupirs, à des fantômes, à des lambeaux de brume – comme trop souvent dans une certaine peinture moderne qu’on serait d’en rapprocher, à tort- mais gardent étrangement quelque chose de monumental : comme, se risquerait-on à dire, des stèles d’air d’un roi sans royaume, et « sans divertissement », aurait fait dresser à des confins sans nom, à l’ultime bord du monde visible ; ensuite, et surtout, en s’effaçant presque, en disparaissant presque –dernier tremblement de la parole qui me rappelle aussi le « tremolar della marina » du tout début du Purgatoire, dernier rose, dernier jaune, dernier bleu ; ou plutôt toutes premières couleurs, celles du lever du jour – ce n’est pas le vide qu’elles font apparaître, ce n’est pas au vide qu’elles cèdent la place (sinon, nous ne pourrions les regarder qu’avec effroi) ; ce n’est pas devant le vide qu’elles reculeraient, vaincues ou trop dociles, mais devant la lumière envahissante qui va les absorber (… » »

Illusion de la facilité qui cache en vérité une recherche exigeante. Il y a un vrai travail derrière mais, preuve de sa réussite artistique, on ne voit ni ne sent l’effort. Ce qui lui a permis de longue date de balayer toute question sur ledit boulot en assurant que sa main se laissait guider par une pulsion plus forte que lui, quelque comme une puissance sans nom, le scripteur se contentant de tenir la barre. Sa part d’insaisissable demeure intacte, et inviolée sa part d’ombre. Le contraire serait décevant. On reste captif d’une œuvre inquiète tant qu’elle nous échappe. Or celle-ci, pétrie d’incertitudes, est par définition inachevée. Sa voix n’en est que plus présente et inoubliable. Et pas seulement dans son oeuvre : il faut le (re)voir et le (ré)écouter balayer « les anecdotes » sur Rilke, et surtout défendre haut et fort la mémoire de Paul Celan, côtoyé du temps de la revue L’Ephémère, face à sa diffamatrice Claire Goll dans un Apostrophes mémorable (le 15 octobre 1976) récemment réédité (INA/ éditions Montparnasse)

Rarement un recueil aura ainsi suggéré l’éthique à l’œuvre derrière un art poétique. Ce volume est d’une telle beauté et d’une telle richesse, l’enchantement qu’il suscite chez le lecteur est si continu, qu’on se demande si la maison Gallimard n’a pas choisi exprès le moment de sa parution pour faire passer en douce son projet de nous menacer des Œuvres de Jean d’Ormesson dans la même collection de la Pléiade.

(« Nature morte, 1955 » huile sur toile de de Giorgio Morandi ; « Philippe Jaccottet, 1991 » photo Erling Mandelmann)

P.S. du 9 mars : A signaler la parution d’un recueil de grande qualité consacré à Philippe Jaccottet « Juste le poète ». Des témoignages et des études sous la direction de Jérôme Thélot, éditions Aden, No 1, printemps 2014, 308 pages, 24 euros

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766 Réponses pour La poésie de Philippe Jaccottet comme une lame creusant dans l’opaque

christiane dit: 23 février 2014 à 9 h 41 min

Ne pas oublier que Jaccottet est un brillant traducteur (Musil – Mann- Hölderlin – Leopardi – Ungaretti – Montale – Rilke – Härtling – Benjamin – Mandelstam ) et un critique littéraire de ces écrivains très pertinent.

DHH dit: 22 février 2014 à 12 h 11 min

@clopine
Pour repondre,bien platement à votre demande
Ces historiettes un peu lestes et malicieuses valent plus comme votre petit conte par la manière dont elles sont racontées que par ce qu’elles racontent.
Sur le jardinier muet (j’avais ecrit sourd par lapsus) de Bocacce ,Jacques Barozzi vous a renvoyée au Decameron de Pasolini ,où il est avec d’autres contes transposé en images
Si vous voulez le terne squelette de l’histoire,,c’est celle d’un jardinier qui se fait passer pour muet au moment de son embauche dans un couvent.
Les bonnes sœurs voient dans cette infirmité une aubaine ,chacune ,à l’insu des autres utilisant les services virils du jardinier ,confiante dans le fait que personne n’en saura rien ,puisque le prestataire de ces services ne pourra en parler.
Comme toutes finissent par y venir ,le pauvre homme ne tient plus la cadence , et un jour devant une énième sollicitation ,il éclate dans un monologue rageur .
Alors les sœurs jouent l’émerveillement devant ce miracle voulu par Dieu qui lui a rendu la parole

JC..... dit: 22 février 2014 à 9 h 20 min

Vivre dans une cambrousse normande éloigne du bon sens élémentaire : une existence virtuelle n’est pas la réalité, n’est pas « possible » !

Sauf à vouloir souffrire de Lucien, suaf à être paranoïaque, par goût de l’égocentrisme.

L'honneur perdu de Clopina Trouille. dit: 22 février 2014 à 8 h 13 min

le 18 : 53 n’est pas de moi, mais d’un troll qui a usurpé mes identifiants ; je ne vois que Lucien Bergeret pour y avoir eu accès, et avoir le cerveau tellement tordu (il me trolle depuis des années, a appris mon blog par coeur, m’a prise pour « cobaye », ne supporte pas que j’ai lu Proust ou que je puisse parler d’Hegel, s’est amusé à m’insulter sans limites, bref : un cinglé doublé d’un pervers) pour les utiliser ainsi. Je remercie donc notre hôte de bien vouloir contrôler les adresses IP, parce qu’il est pénible qu’on subtilise ainsi une identité, même virtuelle.

kicking dit: 22 février 2014 à 6 h 27 min

renato dit: 21 février 2014 à 15 h 45 min

« s’asseoir sur son cul ? »

Pourquoi, il y a mieux ?

Tu ne vas tout de même pas me dire que tu n’as jamais vu un « intellectuel » s’asseoir sur celui d’un autre..

(excuses les plus plates possibles à clopine, mais le militantisme utilisé pour faire plus d’ombre que de lumière, enfin bref, modérément envie de faire partie des meubles par ici..)

Mme Michu dit: 22 février 2014 à 4 h 38 min

Avoir les dents qui raient le parquet pour entretenir une langue de bois ah que ça c’est de la tactique !

kicking dit: 22 février 2014 à 1 h 04 min

Qui serait assez courageux pour y militer à mes côtés ? (sourire)

ça fait un peu rose plouque qui a besoin de la m.rde pour pas la puer..

Sergio dit: 22 février 2014 à 0 h 15 min

Le gendarme est bon enfant dit: 21 février 2014 à 23 h 53 min
cette odeur de vodka de chez Aldi

Faut s’installer avec un tabouret, au pire se munir d’une canne-siège… Un bleuet pour faire diversion… Servir frais ! Et glou et glou et glou… Schmeckt !

Sergio dit: 22 février 2014 à 0 h 10 min

Jacques Barozzi dit: 21 février 2014 à 19 h
Ce tableau de Morandi, il me sort des yeux !

Wait a time faut pas dire qu’on boira pas de tonneau. Ca doit être de la restructuration de l’espace ou un truc comme cela… Pour l’opacité ça marche pas mal…

Le gendarme est bon enfant dit: 21 février 2014 à 23 h 53 min

cette odeur de vodka de chez Aldi

TKT n’ose même plus boire sa vinasse, il fait dans l’odeur low cost.
La peur de l’inspecteur de l’administration suisse nous réduit à bien des désagréments.

Aneth, estragon et cerfeuil dit: 21 février 2014 à 23 h 44 min

TKT dit: 21 février 2014 à 23 h 32 min

S’attaquer au pseudo, le jeu préféré du petit nain zürichois. Fier de son Kron pinardier, au moins papa aura fourni autre chose que l’héritage pour l’exilé.

TKT dit: 21 février 2014 à 23 h 37 min

@ jean Pierre 1ère classe.76/08 dit: 21 février 2014 à 22 h 05: Vous deviez draguer dans les hospices de vieillard, réfléchissez, vous avez confondu pampers et sling made in north-korea.

TKT dit: 21 février 2014 à 23 h 32 min

@ « récupérer les sommes qui font la différence entre l’équilibre et le déficit. »:
Il y a des pays, sans déficit et, ce ne sont pas ceux qui prennent le plus d’impôts. Ce langage de débile populo, sur les riches cause de tous les maux, sent le « mais lynchons ». D. vous êtes tout aussi bête qu’ignorant, le forfait fiscale ne concerne pas les revenus gagnés en Suisse. Gardez votre mouchoir pour vous laver le visage et chassez cette odeur de vodka de chez Aldi. Ciboulette est un pseudo qui vous va à ravir, cela sent bon son jardin potager. Ciboulette est aussi pseudonyme de petit cerveau, le votre sent le durian pourri.

Trente Glorieuses dit: 21 février 2014 à 23 h 31 min

Je sais que D’Ormesson entre à la Pléiade, mais M-F Garaud chez Taddeï, est-ce bien raisonnable ?
Pourquoi pas Dick Rivers sur Facebook (Ah bon, il y est, comme quoi !)
Allez MFG dis nous la pensée de Pompidou.

Le passé est le passé dit: 21 février 2014 à 22 h 25 min

« à notre ancien Président! »

Comme ce mot d' »ancien » est doux à l’oreille.
Définitivement (hommages à la polémique)

jean Pierre 1ère classe.76/08 dit: 21 février 2014 à 22 h 17 min

Avec les dents j’espère.

Laissons, s’il vous plait l’originalité de cette pratique à notre ancien Président!

jean Pierre 1ère classe.76/08 dit: 21 février 2014 à 22 h 05 min

D’ailleurs plutôt que de changer de caleçon tous les jours, il ferait mieux de s’ acheter des slips en papier.

Vous trouvez cette proposition loufoque?
Et bien que je peux vous dire que ça existe en Suisse, pays de l’ hygiène, en effet.
Une de mes premières amourette de vacances était Suisse et que ne fut pas ma surprise arrivé aux espaces intimes, au feu de dieu, de trouver un triangle de papier…J’ ai tout arraché avec la fougue de l’adolescent ayant peu d’ expérience. Ne restèrent que deux jolies guirlandes de couleur autour du haut des cuisses retenue par ce qui restait d’ élastiques!

Chambrée dit: 21 février 2014 à 21 h 53 min

D. dit: 21 février 2014 à 21 h 03 min

Mon cher D., vous qui « vécûtes » ses mois au service de la France, ne voyez vous pas la différence entre sergent et EOR.
L’un dépend d’un choix des militaires, l’autre d’un choix personnel.
Thierry ne pouvait se prévaloir d’aucun.
L’aurait bien voulu, l’a pas pu.

Inspecteur la rigueur dit: 21 février 2014 à 21 h 53 min

« Pauvre Thierry, même les suisses de Zürich vont le taxer. »
Mais vous n’ avez rien compris, il est prévoyant notre Suisse. Il pend une douche tous les jours car il sait bien qu’ il va un jour ou l’ autre se retrouver en caleçon!
Autant être propre sur lui.

Jacques à côté dit: 21 février 2014 à 21 h 48 min

J’ adore l’heure du D!
On dit aussi pour réconcilier la poésie et la peinture : bon pied, bon œil!

Mouchoir dit: 21 février 2014 à 21 h 46 min

« bêtement, refuse les impôts forfaitaires pour les nationaux étrangers domiciliés dans le canton de Zürich. »
TKT

Notre cher Thierry après avoir cracher sur le gouvernement qui confisque les sous des riches commence à s’apercevoir que l’ensemble des gouvernements mondial a décidé d’abandonner le laxisme pour enfin récupérer les sommes qui font la différence entre l’équilibre et le déficit.
Pauvre Thierry, même les suisses de Zürich vont le taxer.
Je pleure.
Pauvre Thierry.

des journées entières dans les arbres dit: 21 février 2014 à 21 h 39 min

Non mais avec cette histoires de pieds, autant repartir les poches crevées, D.
Le temps passe. Je viens de lire Tarzan, et. ça m’a fait du bien.
Priez, D. pour que l’on n’ait pas à déplorer une patte cassée.

La peur du caporal dit: 21 février 2014 à 21 h 37 min

Tkt pendant l’ armée prenait une douche tous les jours parce qu’il faisait tous les jours dans son froc…?

D. dit: 21 février 2014 à 21 h 03 min

TKT dit: 21 février 2014 à 16 h 28 min

Pfuitt ! Même pas devenu sergent le vontraube, ce qui prouve compte-tenu des tests de l’époque un niveau intellectuel tout juste moyen.
Confirmation avec le temps qui passe.

Pour prendre la défense de TKT, on voit que vous n’y connaissez pas grand chose.
Pour rejoindre les EOR ( Elèves officiers de réserve), il fallait certes avoir au moins 15 aux tests, pas trop difficiles, mais aussi être volontaire pour la réserve, ce que beaucoup refusaient).
Pour ce qui concerne les grades de sous-officier, c’était la loterie à 50 % en fonction des besoins et des savoirs-faire.
J’ai vu des informaticiens pupitrer sur des machines complexes, être soumis au secret absolu, et sortir militaire du rang comme ils étaient entrés…alors que dans le régiment d’artillerie d’à côté des types de tout en bas étaient pris presque au hasard pour encadrer tout simplement parce qu’il en fallait…

Bardamu dit: 21 février 2014 à 20 h 18 min

Monsieur TDK, dernier mot sur la veuve « russe »,
(justement elle m’appelle ‘Da, Da’ et vite je dois partir pour de bon… elle est terrible et irrésistible ma « Nathalie »)

Elle gère, elle gère… mais tous les biens sont sous une commission de contrôle fédérale; ‘elle ne peut disposer de tout en bref’, et elle et moi on est fort marri sur ce point.
Et puis sa venue régulière dans le chaudron du Vélodrome marseillais l’a aussi plutôt déconsidéré (personne ne résiste à ce contact ravageur de l’OM; Louis lui-même à s’y encanailler a bien failli partir en tôle comme « nanar »; bref elle s’est rangée à mes conseils, restons au chaud à Davos)
La vraie question je me la pose malgré tout, car elle ne me dit pas tout j’ai l’impression. Enfant des Komsomols, a-t-elle été envoyé là par Poutine ? (il y a un « blanc » dans son CV). Normal, de vouloir savoir où l’on met les pieds… (regardez Berezovs.. et qqls autres). Le pire pour moi, « pôte à Poûtine » ce serait de devenir agent double sans le savoir.

bON j’y vais, peut-être Adieu.

Bardamu dit: 21 février 2014 à 20 h 02 min

En fait j’étais parti pour dire quelque chose de très sérieux sur l’abstrait/figuratif en Poésie ou en Peinture (la Musique je ne la connais presque pas du tout)

C’est qu’on imagine toujours l’auteur/artiste seul face à son modèle/inspiration.

Mais supposons que le modèle du peintre soit un cube; le résultat sera abstrait, même si c’est très figuratif. Inversement, à représenter un corps humain en « bonhomme bâton » comme disait Rousseau, ce sera figuratif, mais très abstrait malgré tout.
En fait on (les critiques d’art..) oublie toujours que s’interpose la Formation du Peintre ou du poète. Pour le premier celle-ci invariablement va de la géométrie à la figure humaine, en dose variable, mais quelque soit les époques. Per exemple avec les « Demoiselles d’Avignon » (Picass) nous avons une formation de compromis exemplaire entre les deux termes du cursus (cube=femme) d’apprentissage (Sollers toujours lui, ne parlera jamais que de ce stade, or Picasso ne s’est pas arrêté là… lui). Dans le même esprit n’oublions pas le mystère des « Baigneuses » de Cézanne (« modèles » n’ayant jamais réellement existé).
S’agissant de ce dernier, il faut voir l’interdit à son égard pratiqué par toute une opinion (dont Destouche) pour avoir abimé en somme la perfection antique. oR la même souvent, loue Céline… lequel admirait Gen Paul (excusez du peu).
Finalement P. bERRICHON l’avait dit: Rimbaud a fait en poésie qql chose comme Cézanne EN PEinture (Sollers encore, s’approprie l’idée sans citer Paterne)

Bref, dans l’ iNTRO DE 57, Marx avait posé la question du « charme de l’art grec » sans jamais pouvoir y répondre (c’est une des limites profondes du marxisme, jusqu’à la bêtise de Trosky et Cie sur tout cela). Et aussi de l’Opéra avec les conditions écono-sociales… Or des Opéras il n’y en a plus (malgré la caisse de la Bastille pour les accueillir, et JM Jarreux), et c’est pour dire qu’il ne faut pas rêver davantage sur les moyens électro-numériques chargés de nous offrir l’Art Pictural au rendez-vous des Martiens venant sur Terre; Ca donne guère plus que des Tags pour l’instant.(ça fait meme penser à la « camera-stylo », à la vidéo qui devait bâtir le cinéma de demain… et la Télé la culture, et Internock où il y a tout touttout, et que tout branleur de Collège Germain Tillon, s’il n’a pas son Portable gratos… il pourrait être malade demain)

TKT dit: 21 février 2014 à 19 h 49 min

Ciboulette, l’idée que se lavent seuls les vieux dégueulasses, me parait très franchouillarde catholique de souche. J’imagine que vous n’aimez pas l’eau et le savon, ni les vêtements frais, quand vous changez de tenue après la douche ? Pourquoi avoir ajouter le mot vieux ? J’ai fait mon service militaire quand j’avais 19/20 ans. Votre commentaire est donc débile, comme votre pseudo sans « gender ».

TKT dit: 21 février 2014 à 19 h 42 min

@ Bardamu, si vous parlez de la famille Louis-Dreyfuss, propriètaire d’Adidas, il y a une veuve, d’origine russe, domiciliée à Sankt-Moritz. Elle dirige le groupe, et d’après les rumeurs, elle est très capable. Elle a quitté Zollikon, depuis que le gouvernement cantonale, bêtement, refuse les impôts forfaitaires pour les nationaux étrangers domiciliés dans le canton de Zürich. Cela a fait fuir des familles vers d’autres lieux, des Russes, des Allemands et même la très Helvétique héritière, une parmi les autres membres de sa famille, d’un des principaux groupes laborantins du monde.
C’est quoi l’UBSEU ? Notez, au passage, que l’UBS actuelle est née de la fusion de la SBG et de l’ancienne Union de Banques Suisses. UBS ne veut plus dire union de banque suisse, es steht für nichts…
Les médias continuent à parler d’Union de Banque Suisse, parfois on se demande ce que font les journalistes, pour s’informer.
il y a un know-how suisse, une manière de travailler typiquement helvétique. Je ne me fais pas trop de soucis pour les multinationales helvétiques.

Bardamu dit: 21 février 2014 à 19 h 31 min

Etudiante à la « surpression » l’EPHE, Germaine Tille n’osait pas draguer Jean Calvin. Aujourd’hui,
et comme à l’Elysée dans un même lit (rime spontanée), Fransoic, léonarda et Julie (re)
La voute du Panthéon peut réunir ces deux cœurs froids.
(La plus rigolote parait-être Geneviève 2 gaul.; mais c’est encore R. Debray qui avait la meilleure idée)

Jacques Barozzi dit: 21 février 2014 à 19 h 25 min

« DHH, non, mais je compte sur vous pour nous la raconter »

Cela a remarquablement été fait par Pasolini dans le premier volet de sa trilogie de la vie, Clopine…

TKT dit: 21 février 2014 à 19 h 22 min

@ Dans le mille dit:21 février 2014 à 18 h 50: Trollez, Ducornaud, c’est la seule chose qui puisse vous faire jouir. J’espère que ce commentaire, ne vous donne qu’un petit frison de plaisir, gardez votre orgasme pour la fin. Orgasme sec, pas de risque de « petite mort », hélas !

JC..... dit: 21 février 2014 à 19 h 09 min

Ciboulette dit: 21 février 2014 à 17 h 54 min
« changer de sous-vêtement tous les jours, TKT, faut vraiment être un vieux dégueulasse »

Vous connaissez notre Thierry, chère Ciboulette ?

Bardamu dit: 21 février 2014 à 19 h 09 min

Oui, j’ai oublié de dire l’essentiel… perdu avec les suisses, les russes, les..

Heureux que Jacottet soit venu s’y installer dans notre belle campagne drômoise; sUIsses achetez tous le Pléiade, avec deux de plus vous aurez en plus cette année l’album Cendras !! Après les boulettes Montegourde, on ne peut pas faire mieux pour vous. On pense même au Panthéon pour Jean CALVIN,

Bardamu dit: 21 février 2014 à 19 h 01 min

Sur le risque de plongée des Banques Suisses…
C’est vrai que l’UBSEU est littéralement traquée…
Ce qui est amusant et révélateur, c’est le grand groupe Dreyfusse (« l’oMEUH » pour les sportifs!).
La famille est bien sûr, française, et installée en cHuisse. L’homme d’affaire sentant ses jours comptés, à tout de même la sagesse de faire domicilier la Holding de son groupe à Singapour sous droit Néerlandais…
Heureusement Kodorkorsky vient d’arriver pour s’y reposer; sain et sauf, libre mais ruiné…
heureusement lui aussi avait de la famille par là-bas. S’il prend un compte courant à Singapour lui aussi, ça risque de le rapprocher de Vladivostooke et de Karanganda.
En notre pauvre France, le Crédite Agrikole se porte de plus en plus mal.

Dans le mille dit: 21 février 2014 à 18 h 50 min

« Ce mot, renouveler, est d’un usage ringard »

Sûrement plus précis et signifiant que votre  » ringard » d’ une imprécision d’ arpenteur du dimanche de Fiac.

consternation dit: 21 février 2014 à 18 h 41 min

« Connaissez vous l’histoire si bien tournée sous la plume de l’italien du jardinier d’un couvent qui s’est fait passer pour sourd pour se faire embaucher ? ,

Ce n’était pas plutôt un cordonnier, le si célèbre cordonner Pamphile ? »

Ils étaient peut-être deux!

TKT dit: 21 février 2014 à 18 h 28 min

@ Une, deux! dit:21 février 2014 à 17 h 40: “C’ est comme de renouveler la peinture figurative, il faut être très, très fort.
C’ est casse-gueule. »:
Ce mot, renouveler, est d’un usage ringard. Il ne s’agit pas de renouveler, mais de rendre le figuratif, encore attractif. C’est possible, c’est même intéressant, quand l’artiste ne veut pas en finir avec l’abstrait. Il est possible de passer de l’abstrait, au figuratif, de même mélanger les deux sur un même support. Pour ce qui est de bouleverser les arts plastiques, de faire du vraiment nouveau, d’inventer et de révolutionner, est-ce bien un concept qui vaille le coup d’être questionné ? Il y a les nouveaux médias qui entre dans la création artistique, le mélange des anciennes techniques et les nouvelles techniques issues de l’électronique.
Les gens, comme Pablo75, qui crachent sur le contemporain, le conceptuel, l’abstrait, le concret, me font penser aux vieilles barbes messes-en-latin, ils veulent prouver quoi, et à qui ? Querelle inutile, perte d’énergie, l’art est soit bon, soit mauvais, comme la musique (remember Leonard Bernstein). Je ne vois pas dans les pays étrangers, un tel engouement pour un art figuratif voulant prouver que l’abstrait est de la fumisterie. D’autre part, il y a toujours eut des artistes qui disparaissent de la première scène, qui passent du rang de star, à celui de has been. Paris est plein de galeries qui présentent de l’art figuratif, plutôt mauvais, mais, bon, tout ce qui est figuratif n’est pas bon. il y a des gens qui marquent leur époque, leur passage, non tant pour les objetes qu’ils produisent, mais par le manque de complaisance envers les gens en retard de plusieurs décennies.
Paris est quand même, une ville intéressante en tant qu’art contemporain et, certainement en tant qu’exposition de photographies. les Français, habitués des révolutions, sont en matière d’arts plastiques, assez en retard sur les voisins. il y a aussi un certain goût du kitsch, assez absent dans les pays du nord de l’Europe.

JC..... dit: 21 février 2014 à 17 h 57 min

L’usage de la poésie comme outil de séduction ?

Je suis amoureux de ma jeune kinésithérapeute, jolie et bien faite. Timide, je sélectionne un court poème d’amour, le recopie sur un beau papier, le glisse dans son manteau, au Gymnase, sans qu’elle s’en aperçoive. J’attends la séance suivante dans une anxiété délicieuse.

J’arrive en avance. Elle m’appelle et me fait entrer dans son bureau. Mon cœur bat la chamade. La belle me tient à peu près ce langage, son regard droit dans les yeux : « Je te remercie…! ton poème est très beau, il m’a fait plaisir… mais vois-tu, je suis bien trop vieille pour toi… » Je bredouille quelque chose et m’enfuis rapidement en salle, confus. Je me rends compte, alors, que pour progresser dans la carrière, il me faut faire une étude de marché vraiment sérieuse, en mettant de coté tout un domaine hors d’atteinte.

J’ai 10 ans …

renato dit: 21 février 2014 à 17 h 53 min

Le parlement ukrainien a approuvé une modification du code pénale qui pourrai amener à la libération de Julija Tymošenko.

Marcel dit: 21 février 2014 à 17 h 53 min

DHH dit: 21 février 2014 à 17 h 43 min
Connaissez vous l’histoire si bien tournée sous la plume de l’italien du jardinier d’un couvent qui s’est fait passer pour sourd pour se faire embaucher ? ,

Ce n’était pas plutôt un cordonnier, le si célèbre cordonner Pamphile ?

Marcel dit: 21 février 2014 à 17 h 48 min

DHH dit: 21 février 2014 à 17 h 43 min

Moi j’y verrais plutôt un remake de la chanson paillarde, « la digue la digue ».
Clopine, c’est un peu la fée carabin.

Marcel dit: 21 février 2014 à 17 h 44 min

Une, deux! dit: 21 février 2014 à 17 h 40 min
Versifier à la manière des poètes classiques, c’ est très dur, déjà la poésie romantique, à part quelques rare exceptions, dessine le début de l’ affaissement de la versification.
C’ est comme de renouveler la peinture figurative, il faut être très, très fort.
C’ est casse-gueule.

Heureux de vous l’entendre dire.

des journées entières dans les arbres dit: 21 février 2014 à 17 h 44 min

« des stèles d’air d’un roi sans royaume, et « sans divertissement », aurait fait dresser à des confins sans nom, à l’ultime bord du monde visible »
Voilà, ça par exemple, c’est du Pascal tout retransposé.
( on ne me le fait plus le coup du vrai-faux plagiat; qui paie ses dettes s’enrichit !)

DHH dit: 21 février 2014 à 17 h 43 min

@Chère clopine
Il est charmant votre petit conte, mélange réussi de paillardise souriante matinée d’écologie, ,d’humour et de malice
Mais s’il fallait vous trouver un devancier je ne dirais pas comme certain ici La Fontaine ,ou alors celui des contes et non des fables ,mais plutôt le Boccace du Decameron
Connaissez vous l’histoire si bien tournée sous la plume de l’italien du jardinier d’un couvent qui s’est fait passer pour sourd pour se faire embaucher ? ,

Marcel dit: 21 février 2014 à 17 h 41 min

Triolet (pas très respectueux des rimes) inspiré par une affiche représentant des rats hilares en train de dévorer « La peste ».

Quand les rats auront tout bouffé,
Même les bouquins d’Assouline,
De quoi pourront nous discuter,
Quand les rats auront tout bouffé ?

Mais ces rongeurs ont du respect,
Restera l’œuvre de Céline.
Quand les rats auront tout bouffé,
Même les bouquins d’Assouline.

Une, deux! dit: 21 février 2014 à 17 h 40 min

Versifier à la manière des poètes classiques, c’ est très dur, déjà la poésie romantique, à part quelques rare exceptions, dessine le début de l’ affaissement de la versification.
C’ est comme de renouveler la peinture figurative, il faut être très, très fort.
C’ est casse-gueule.

Une, deux! dit: 21 février 2014 à 17 h 33 min

Il est vrai que lorsque l’on a pas le pied marin, le pied glisse souvent de son piédestal!
De l’ armature du vers, je veux dire.

des journées entières dans les arbres dit: 21 février 2014 à 17 h 31 min

Phil dit: 21 février 2014 à 14 h 10 min
Ach Phil, puisqu’il est question ici de la poésie du paysage ( même si on voudrait nous faire accroire que c’est nature morte !) lorsque l’on remonte une vallée, il y a un adret et un ubac; non que cela change fondamentalement le paysage, mieux d’un côté que de l’autre, mais c’est différent.

Le plus beau de Goll, c’est sa femme ( quel couple durable, non ?) et ses eldelweiss, c’est mon coté botanique :

« mais tout cela n’est finalement qu’une question de patience … cette plante de la solitude et de l’altitude t’en enseignera peut-être un peu. Elle s’est patiemment adaptée à la glace et au soleil le plus ardent. Son petit pelage est aussi doux que celui d’un animal. Cet edelweiss vient de la chaîne des glaciers de Belledone.…  »

Il y a une lettre interessante de Celan du 30 juillet 1960, qui accable la « veuve abusive ». Sans preuve; et pour cause.

( La marquise de Sévigné dans le papier bible ?, voilà qui est très amusant)

Chambrée dit: 21 février 2014 à 17 h 02 min

TKT dit: 21 février 2014 à 16 h 28 min

Pfuitt ! Même pas devenu sergent le vontraube, ce qui prouve compte-tenu des tests de l’époque un niveau intellectuel tout juste moyen.
Confirmation avec le temps qui passe.

renato dit: 21 février 2014 à 17 h 01 min

« je regrette mon ignorance de l’anglais »

À un moment Borges s’en voulut de ne pas avoir lu Dante en italien. Il prit donc la Comédie dans la traduction anglaise avec l’original en miroir, et tous les jours, sur le tram qu’il prenait pour aller au travail, il en lisait trois lignes traduites puis il passait aux mêmes trois lignes en italien. Il me semble qu’au but d’un mois il ne se referait que rarement au texte traduit …

Lorsque j’ai entendu cette anecdote je me suis rappelle d’un ami Londonien qui avait appris l’italien en lisant Dante. Il appelait donc le “tosco” (variante poétique de toxique — “tossico”) le venin et il s’étonnait qu’à Venise, où il vivait, on ne le comprenne que rarement…

TKT dit: 21 février 2014 à 16 h 28 min

Marcel, le pire souvenir que j’ai gardé, de mon service militaire, c’est le manque d’hygiène. L’impossibilité de changer de sous-vêtements tous les jours, pour les douches, j’ai le souvenir que seulement deux bipasses en prenaient tous les matins, avec une eau glacée. Les deux étaient un camarade espagnol et moi-même. Quant aux pieds-plats dont parle Clopine, peu importe, depuis que le service militaire n’est plus une obligation.

renato dit: 21 février 2014 à 16 h 27 min

Montale raconte d’un officier allemand qui lui avait rendu visite à Florence qui, après un bon bout de temps passé en exposant son point de vue relatifs à la poésie, avant de se congédier lui avait dit : « La poésie n’existe pas »…

L'honneur perdu de Clopina Trouille. dit: 21 février 2014 à 16 h 25 min

Mais pour parler plus sérieusement, je regrette mon ignorance de l’anglais, car j’aurais aimé avoir accès à la poésie de Dylan Thomas. Je ne sais si des traducteurs s’y sont essayés ?

Je suis attirée par cet auteur parce que j’ai lu « portrait de l’artiste en jeune chien », un recueil de nouvelles absolument fantastique, génial. La boite de pêches en conserve, par exemple, et puis cette nuit d’errance où l’auteur perd la trace d’une femme qu’il aurait pu aimer, c’est vraiment bouleversant. Quand j’ai commencé à écrire, en 2000, j’ai pensé à lui, cela me faisait trembler tant je me trouvais insuffisante par rapport à lui, mais tant pis, n’est-ce pas ?

J’ai juste lu de lui ce recueil de nouvelles, et je sais seulement qu’il était principalement poète. J’ai l’impression que je ne pourrais jamais lire ces poèmes, et ça me fait souffrir un peu…

Marcel dit: 21 février 2014 à 16 h 11 min

La poésie se niche partout.
Au temps du service militaire, il y avait trois mois de classe et un petit livret qui n’avait rien à envier au catalogue Manufrance. Dedans, y était exposé en long et en large les vertus du pied. Un peu plus loin un questionnaire sur ce que le bleu avait pu retenir du cours formateur. Et je relève : « De quoi sont les pieds ? »
Un peu plus loin, la réponse : « Les pieds sont l’objet de soins constants », phrase du cours reprise en toute lettre.
De là à déduire que l’armée s’intéressait à la poésie, il n’y a qu’un pied, pardon un pas.
Depuis, je prends soin de mes pieds et je rends grâce à l’armée de m’avoir ainsi initié à la poésie.

J.Ch. dit: 21 février 2014 à 16 h 00 min

sur le rythme en prose ou en poésie et sur la traduction, voici ce que me disait Julio Cortázar (il aurait eu 100 ans cette année; un hommage lui est rendu au prochain salon du Livre)pendant notre entretien en février 1977 :
« mon style est basé sur une notion de rythme qui vient du jazz, qui est né en moi en même temps que le jazz, peut-être suis-je allé vers le jazz parce que ce rythme existait déjà en moi et n’étant pas musicien je l’ai exprimé en paroles, c’est-à-dire que si la phrase ne répond pas à un certain rythme elle ne contient pas ce que je veux exprimer et je crois que j’arrive à l’exprimer parce qu’elle a le rythme… ceci est perceptible surtout dans la fin de mes nouvelles; ce qui pose des problèmes terribles en ce qui concerne les traductions… je peux dire à un traducteur qui travaille dans une langue qu je connais assez bien comme le français qu’il TRADUIT ce que j’écrit mais qu’il ne le DIT pas parce qu’il manque le rythme, le swing, le beat… c’est le rapport du sens de la phrase, de sa communication et de la façon de l’exprimer; ce n’est pas une question de sonorités, non, on entrerait dans les allitérations, les trucs poétiques; c’est autre chose, c’est dans la prose, un rythme, un balancement »

L'honneur perdu de Clopina Trouille. dit: 21 février 2014 à 15 h 55 min

Bouguereau, qui vous dit qu’il l’était, à jeun ?

TKT, merci. Le petit texte sur les mains des hommes est, je crois, assez bien apprécié, j’espère qu’il vous a plu aussi ! (il faut cliquer dessus les mots « les mains des hommes » pour le lire.)

Marcel, je crois que je vais plutôt arrêter là ma carrière : je n’ai pas, comme vous, la vis poética. J’ai une tendance à tomber dans l’alexandrin de mirliton, très nette…

Sergio dit: 21 février 2014 à 15 h 21 min

bouguereau dit: 21 février 2014 à 14 h 59 min
pas dans lfonctionnariat

Ca dépend un fauteuil cinq roulettes y a un aspect compète… A true challenge !

renato dit: 21 février 2014 à 15 h 18 min

Bon, il neige…

La question n’est pas la possibilité de faire ou ne pas faire de la poésie après Auschwitz (Adorno a rectifié le tir, tout comme Barthes — la langue et le fascisme qu’elle porte en soi) ; mais la possibilité qui nous est aliénée d’être ingénus… comme, par exemple, croire qu’après ce génocide-là aucun autre aurait été possible… sans jamais se demander « mais combien, avant ? ». Et lorsque, par la force des choses, la question se pose, croire que le massacre de masse c’est un phénomène purement européen… sans se demander, par exemple (encore) qui vendait les Africains aux marchands Européens car cela pourrait élargir le champs des responsabilités et ce ne serait pas politiquement correct…

Lorsqu’une fille qui se voulait provocatrice politique se présenta à un cours d’Adorno en petite culotte, celui-ci ne perdit pas le nord et lui dit que ce qui la couvrait représentait bien son niveau culturel — sur qu’il pensa kulturel…

bouguereau dit: 21 février 2014 à 14 h 59 min

Tout dépend de qui se trouve dans la chambre à coucher

c’est dans l’jardin vontraube pas dans lfonctionnariat

bouguereau dit: 21 février 2014 à 14 h 58 min

Vous parlez de vous avec vérité, sans jouer votre « Marie-Antoinette à la ferme ». Particulièrement lu avec intérêt, votre initiation vers le fonctionnariat.

sapré vontraube

TKT dit: 21 février 2014 à 14 h 56 min

« Qu’il est donc difficile de rester ingénu
Quand on a l’habitude de dormir le cul nu »:
Tout dépend de qui se trouve dans la chambre à coucher.

TKT dit: 21 février 2014 à 14 h 51 min

Clopine, j’ai apprécié votre texte, sur votre Blog, cette liste de vos anciens compagnons et de ce qu’ils vous ont apporté. Je tiens à préciser, que prisant plutôt la critique négative à votre égard (nous jouons ensemble au ping-pong), il me fallait prendre le temps de vous critiquer en bien (comme diraient les Vaudois). Ce qui m’a plu ? Vous parlez de vous avec vérité, sans jouer votre « Marie-Antoinette à la ferme ». Particulièrement lu avec intérêt, votre initiation vers le fonctionnariat.

bouguereau dit: 21 février 2014 à 14 h 49 min

Qu’il est donc difficile de rester ingénu
Quand on a l’habitude de dormir le cul nu

bonne définition du talent, mais un derrière vermeil à jeun..

Le secrétaire de Marcel dit: 21 février 2014 à 14 h 44 min

J’ai surpris un dialogue entre mon patron et et le taulier :

Marcel – Je suis certain qu’un automne en août est la meilleure littérature des halls de gare depuis que le chemin de fer existe.
Passou – Vous n’avez pas l’impression que vos chevilles enflent ?
Marcel – Ah bon ! Vous m’arrivez quand même à la cheville.

kicking dit: 21 février 2014 à 14 h 39 min

ducon de la chochotte qui se vante de se montrer uniquement sur internet, y’en a surtout marre de supporter les mégalos-coucous ! et je te signale au passage qu’avoir une gueule chez les faux-culs, je sais ce que c’est !!!

versubtil dit: 21 février 2014 à 14 h 35 min

bravo les sportifs dit: 21 février 2014 à 14 h 02 min
Vous avez raison!
Je feuillette avec plaisir mon ouvrage, c’ est musical, inventif, rabelaisien à souhait.
Dire qu’il y en a qui n’ ont pas compris qu’il y a autant de style de poésie que de façon d’ écrire un roman. Et autant de mauvais romans de de livres de poésie!

Marcel dit: 21 février 2014 à 14 h 32 min

Histoire de se raccrocher aux branches :

Oubliés les combats d’Afrique,
Oublié le sort du chômeur,
Oublié que l’on prévarique
Oubliés les combats d’Afrique.

C’est l’heure des jeux olympiques
Ne ratons pas ce grand bonheur.
Oubliés les combats d’Afrique,
Oublié le sort des chômeurs.

L'honneur perdu de Clopina Trouille. dit: 21 février 2014 à 14 h 30 min

… Ou disons plus mauvais ; tiens, allez, je vais calquer ma conduite sur celle de Jean Calbrix, mon « pays » :

(il s’agissait d’écrire une fable, façon La Fontaine mais sans les animaux, avec deux moralités, une au début l’autre à la fin, et déclinant un titre donné. J’avais choisi « la baigneuse et le potiron »).

LA BAIGNEUSE ET LE POTIRON

Depuis Georges Brassens l’histoire est bien connue
Les fontaines attirent toujours les ingénues
Et ces dernières mues par la fatalité
Se retrouvent à poil (c’est la moralité).

La fable d’aujourd’hui nous le démontre encore
Une Vénus callipyge, point chétive pécore
Au sortir de l’onde dormait à poings fermés
Loin de ses vêtements, au coin d’un potager.

Certes, si le Grand Georges était passé par là,
Il n’aurait pas laissé la chose en cet état
Mais pour vêtir la Belle la Rose n’aurait suffi
Car, plus que son aînée, elle était épanouie

Et dévoilait ainsi, aux ardeurs du soleil,
Un derrière moelleux, d’un beau rouge vermeil,
Qui, pour la consistance et pour les dimensions,
Ne le cédait en rien à un gros potiron.

D’ailleurs, un jardinier, qui passait, sans malice,
S’y trompa. Il se dit que ce beau fruit, si lisse,
Au marché du canton trouverait bien preneur,
Car, dans cette région, on aimait les primeurs.

Il se rapproche donc, et s’en frotte les yeux
Jamais il n’avait vu pareil légumineux
La Baigneuse s’éveille. La scène devient leste.
Et puis ma foi, pardine, l’amour a fait le reste.

(deuxième moralité :)

Qu’il est donc difficile de rester ingénu
Quand on a l’habitude de dormir le cul nu.

TKT dit: 21 février 2014 à 14 h 26 min

« Vous n’aimez pas Clooney ? Il est censé plaire aux femmes. ».
Je voulais dire qu’étant un homme, Clooney peut ne pas vous plaire, loin de moi, l’idée que vous seriez une femme., donc………….

Marcel dit: 21 février 2014 à 14 h 25 min

Napoleon of temperance dit: 21 février 2014 à 13 h 38 min
OubliéE la guerre en Afrique

ça fout tout ton poème en l’air, mon pauvre Marcel ! Recommence !

Hélas ! Cela le fout doublement en l’air. La faute d’orthographe et la faute de prosodie !
Passou ne l’a pas effacé pour me mettre le nez dans mon caca.

Enfin, cent fois sur le métier…

Phil dit: 21 février 2014 à 14 h 23 min

dear tkt, Clooney plaît aussi aux Grecs…(il plaide pour le retour de la frise..sapré Clooney, trop pressé de la capsule)

TKT dit: 21 février 2014 à 14 h 20 min

Phil, peut-être qu’un jour, nous pourrons avoir des puces électroniques implantées quelque part, et pouvoir remplacer tous ces produits IT ?
Tout se démode, le fax et les téléphones fixes sont en train de disparaitre. Swisscom va supprimer le réseau téléphone fixe en 2017.
Vous n’aimez pas Clooney ? Il est censé plaire aux femmes.

L'honneur perdu de Clopina Trouille. dit: 21 février 2014 à 14 h 13 min

… Perso, le poète français le plus cher à mon coeur n’est même pas Apollinaire (et pourtant, il est fameux :
« un jour où je m’attendais moi-même,
Je me disais, Guillaume, il faudrait que tu viennes », ça je le lui ai carrément piqué) ; le hors catégorie, hors concours, hors tout, mais résolument fiché dans mon coeur, c’est Georges Brassens ; et le seul poème (une fantaisie, une fable papoue) que j’ai commis d’à peu près propre était un hommage au grand Georges ; non, pas tout à fait exact. J’en ai commis un aussi pour l’amour de Guillaume A. Mais il est bien moins bon.

Phil dit: 21 février 2014 à 14 h 10 min

Des journées,
veuve abusive, sûrement. Drôle de Paar, ces Goll.
Un volume pléiade de la Sévigné ne déçoit jamais. Le rouge de la couverture lui sied aussi bien que l’or et son siècle. Tant pis pour ceux qui sont édités dans le siècle brun.
Reste qu’il faut creuser la préface encéphalitique de Duchesne pour connaître simplement le nombre d’autographes en circulation aujourd’hui.
TKT, les nuances grisâtres offertes par les e-reader sont un doux rappel des folios aux pages pisseuses du père Gallimard. Question de temps pour que le public constate. ça passera, comme la trottinette pour hauts talons.
Quand je conversationne avec vous, je tâche de prendre un espresso non Clowney et sans carton et garde un alfa pur vélin à portée de main.

TKT dit: 21 février 2014 à 13 h 57 min

@ « La poésie, disait Cummings, c’est ce qui est intraduisible ».:
Certes, traduire de la poésie ou un texte de théâtre (Shakespeare, Goethe), c’est couper la musique originale.

Rien de plus poétique qu’un Opéra, car franchement les livrets sont souvent assez nuls…..et je suis polis.
La poésie est-elle transgression, sans avoir vraiment un besoin de réalisme ou de rationalisme ?

On peut voir de la poésie partout, ou nulle part, c’est une question de tempérament individuel.

u. dit: 21 février 2014 à 13 h 49 min

« mon malaise delecteur face à la poesie francaise genre Deguy, Char, Bonnefoy , Du Bouchet.. » (Paul Edel)

Ils sont quand même bien divers.
Il y a un côté modeste, retraite dans un jardin, poésie à la française chez Bonnefoy ou du B.

Deguy, c’est du bourratif.

Le mot-massue d’Adorno sur l’après-Auschwitz (il est revenu dessus) peut se lire en même temps que la Conversation à la Montagne de Celan, qui vient le contester.
On a l’anti-philosophie et l’anti-poésie qui sont font face, à une belle altitude.

Mais chez Deguy, la philosophie et la poésie veulent se mêler.
Ce mixte tombe des mains.

christiane dit: 21 février 2014 à 13 h 48 min

Curiosa dit: 21 février 2014 à 12 h 17 min
simple curiosité : puisque Christiane est revenue ici « en passant » voudrait-elle nous expliquer pourquoi elle ne va plus chez Paul Edel ?

réponse : – Je n’y vais plus ? Qui sait …

TKT dit: 21 février 2014 à 13 h 44 min

Les Français auraient-ils une aversion pour la poésie et les poètes ?
Jacques, pose la question, être poète, est-ce une profession pour coiffeurs ? Je ne crois pas qu’être artiste soit une profession, même si cela peut permettre de gagner sa vie. Avoir du talent, ne s’apprend pas, on n’apprend pas à être artiste. Idem pour les gens dont la vente, est une partie de leur travail. Le talent c’est aussi, savoir improviser.
Paul Edel parle d’un renouveau de la poésie, parmi les gens de plume germanophones. La plupart des auteurs germanophones, ou anglophones, écrivent aussi de la poésie. Les rîmes et les histoires de comptabilisation des pieds, ne fait pas d’un texte, un texte poétique.
La poésie en prose, et la peinture abstraite, sont tout à fait compatibles avec les formes plus classiques.
La poésie la plus mauvaise, est celle qui rime, sans savoir donner une certaine musique aux mots. Les poèmes envoyés parfois sur ce Blog, qui ne savent que rimer, sont comme les croutes en peinture. Quand un peintre, se prend pour Cézanne, il ne peut pondre que des navets.
En francophonie, Houellebecque écrit aussi des poèmes, est-il le seul ?
Les liseurs moyens (lecteurs si vous y tenez), n’ayant pas envie de travailler, préfèrent lire des textes plus faciles.

La « chanson française » est poésie, mais il en va de même dans les autres langues, je pense aux chansons d’Hildegard Kneff et les américains, Lou Reed, Dylan, la liste serait longue. Le blues, per se poétique et aussi, les chansons juives en langues anciennes issues de l’allemand et d’un espagnol arabisé.
J’ajouterai la chanson en mandarin, langue dont je connais que quelques mots, mais qui est tellement poétique. Les chanteurs chinois ont des voix extraordinaires.
Poésie aussi du flamingant Stromae, qui oserait dire qu’une chanson chantée avec l’accent du grand Jacques Brel, manque de poésie ?

bérénice dit: 21 février 2014 à 13 h 41 min

Ceci relu au hasard puisqu’une perche se tend ou un hameçon se présente, je n’ai rien contre, il a beaucoup écrit, je ne dispose que de 4 des ses distillations, trop lente hélas, il faut opérer des choix dans l’avalanche illimitée des publications.

des journées entières dans les arbres dit: 21 février 2014 à 13 h 40 min

« la querelle Goll-Celan est d’une autre trempe que les histoires internet pour culs rétrécis. »
c’est le syndrôme de la veuve du gran’écrivain; abusive toujours, la veuve, Phil, c’tédivent.
(mais sur la « maladie » de Celan, Ilana Shmueli est plus lucide)

« Claire Goll a pourri la vie de Paul Celan, déjà fragile et vulnérable, en se répandant dans les médias et les cercles allemands pour l’accuser d’avoir plagié son mari, sans la moindre preuve, et pour cause. »

Ben oui, pour cause toujours, tu m’interesses.
Comment plagier en poésie ? That is a question.
« En poésie, dit-il, le plagiat n’existe pas, parce que la poésie est reconstitution singulière, recomposition nouvelle, personnelle, de motifs, de mots, d’images. »

http://www.la-croix.com/Culture/Livres-Idees/Livres/La-creation-selon-Celan-_NG_-2007-11-27-528376

La météo suisse, si c’est comme en altitude, n’est pas très bonne aujourd’hui; à Grignan, sais pas.
Phil, faudrait voir Grignan, ses truffes, Mme de Sévigné, pour passer l’aprèm, jusqu’au beau temps.

renato dit: 21 février 2014 à 13 h 39 min

Je ne sais pas, Paul, je passé mon iPad à mas voisine de table et elle a beaucoup ri… Quelqu’un qui se voulait poète m’a un jour dit qu’après Montale on pouvait faire n’importe quoi… j’ai un peu sondé et compris qu’il n’avait pas lu Dante Isella… Montale non plus, du reste. enfin, c’est assez cocasse : beaucoup de monde se plait en faisant des vers sans aucune idée de la matérialité d’un vers… et cette conviction qu’il y a dans le temps un point après lequel on peut faire tout et n’importe quoi… enfin, ainsi va le monde…

Napoleon of temperance dit: 21 février 2014 à 13 h 38 min

OubliéE la guerre en Afrique

ça fout tout ton poème en l’air, mon pauvre Marcel ! Recommence !

u. dit: 21 février 2014 à 13 h 34 min

versubtil dit: 21 février 2014 à 12 h 51 min

Ce discours de Prigent, ça date un peu, on dirait une prise de parole par un étudiant.

Que de mots, que de mots…

Il boxe tous azimuts mais on sent bien que c’est un père tranquille.

versubtil dit: 21 février 2014 à 13 h 33 min

Il peut être très drôle parfois, Paul.
Avez-vous lu son  » Grand-mère Quéquette  » chez P.O.L. 2003.
Chapître 2,
La voix qui sort des cabinets et  » prologue au lieu d’ aisance  »
( Occasionnellement, avez-vous lu sa revue TXT du temps du terrorisme des lettres-années70-)

Marcel dit: 21 février 2014 à 13 h 31 min

La poésie ne se définit pas, elle se contraste.
Parfois, souvent, quelquefois, à jamais, le cloporte est pour elle, ce que la cave est au grenier.
Elle se fait caillou dans la chaussure, pou dans la tête ou parfum de rose, c’est selon, mais elle interpelle mieux qu’un long discours quand elle sait trouver les mots justes noyés dans le brouillard (l’indécis au précis se joint)

bérénice dit: 21 février 2014 à 13 h 30 min

OUi bien sur mais je n’ai rien compris, je l’ai vu, écouté attentivement, de cela très longtemps et plus récemment invité sur France Cul.

bérénice dit: 21 février 2014 à 13 h 27 min

je vois ( plissement des yeux pour gommer les détails ) dans ma bibliothèque cranienne, deux staffs d' »horribles travailleurs » :
_ Ceux, noirs au fond des soutes, qui piochent le tas des langues, l’extravagance atterante de l’amas de culture, d’expériences, de jouissances qu’elles coulent dans leurs tuyaux; ceux qui ramonent ces tuyaux, font pourrir cette masse et la refondent en une sorte de traitement énergétique, directement branché (ou fantasmant ce branchement?) à la matière verbale. Disons: Rabelais, Khlebnikov, Guyotat…
_ Et ceux (plissement plus crispé) qui montent une sorte d’allégorie, non pas tant de l’opération d’écriture que du terrain d’où elle s’arrache et du moment où prend, « réel » et « langage » s’affrontant, le ciment codé auquel « écrire » résiste, par rapport auquel le « style » produit un écart dynamique; ceux qui décrivent, au travers du système déplacé de la fiction, la scène primitive de ce viol qui fait du petit homme un animal parlant; ceux qui montrent perversement l’inadéquation traumatisante du « langage », de la « littérature », à la « vérité de l’expérience ».

La langue et ses monstres
Christian Prigent 1989.

« La poésie, disait Cummings, c’est ce qui est intraduisible ».

Napoleon of temperance dit: 21 février 2014 à 13 h 21 min

Comme on appâte une souris avec un morceau de gruyère, on appâte Christiane avec un peu de Jaccottet et de lame creusant dans l’opaque (un peu de Christian Bobin fait aussi l’affaire). Misère, elle n’aura pas tenu longtemps.

bérénice dit: 21 février 2014 à 13 h 19 min

je vois ( plissement des yeux pour gommer les détails ) dans ma bibliothèque cranienne, deux staffs d' »horribles travailleurs » :
_ Ceux, noirs au fond des soutes, qui piochent le tas des langues, l’extravagance atterante de l’amas de culture, d’expériences, de jouissances qu’elles coulent dans leurs tuyaux; ceux qui ramonent ces tuyaux, font pourrir cette masse et la refondent en une sorte de traitement énergétique, directement branché (ou fantasmant ce branchement?) à la matière verbale. Disons: Rabelais, Khlebnikov, Guyotat…
_ Et ceux (plissement plus crispé) qui montent une sorte d’allégorie, non pas tant de l’opération d’écriture que du terrain d’où elle s’arrache et du moment où prend, « réel » et « langage » s’affrontant, le ciment codé auquel « écrire » résiste, par rapport auquel le « style » produit un écart dynamique; ceux qui décrivent, au travers du système déplacé de la fiction, la scène primitive de ce viol qui fait du petit homme un animal parlant; ceux qui montrent perversement l’inadéquationtra

TKT dit: 21 février 2014 à 13 h 16 min

Phi, je ne comprends pas votre aversion pour les tablettes, liseuses/reader ou autres produits issus de l’informatique, qui nous libère d’objets plus encombrants. Oui, on voit des gens appliqués sur leurs instruments de communication, partout, so what ? Quand vous communiquez avec nous, vous êtes bien en tain d’utiliser de l’IT, non ?

bérénice dit: 21 février 2014 à 13 h 05 min

car si l’amour des corps
rend maigre (dit le poète) si
l’or des choses mangées fait que
les chairs s’affaissent peu
à peu dans l’immonde acquiescement
le fond écrit des hommes est un non
au monde une irruption un bond
d’âme animale un nœud de
bouffonne bestialité

L’Ame P.O.L éditeur, 2000
Christian Prigent

renato dit: 21 février 2014 à 13 h 05 min

Ces gars est d’une mégalomanie sans nom. Ce n’est pas parce que lui il n’arrivait pas à concevoir un projet que dans le présent il y en avait pas… enfin… ces révolutionnaires d’opérette… non, rien…

Jacques Barozzi dit: 21 février 2014 à 12 h 56 min

Clopine, vous savez parler aux (des) hommes, après votre père, vos deux derniers textes sont très beaux.

versubtil dit: 21 février 2014 à 12 h 51 min

Paul Edel, il décolle un peu Prigent, mais c’ est pour mieux atterrir…et très actuel!
Lisez la fin :

 » Mais la confusion d’un présent terrifié de n’ avoir pas de sens, de destin, de projet. On en est là. Wozu, alors ? Eh bien : faire du VIDE, de la différence, du graffiti individuel dans l’immense besoin d’idéologie (de collectif maternel). Faire appel d’air, du fond de l’angoisse, dissoudre, rendre poreux, mettre en travers des Bonnes Paroles, l’intransigeance folle du langage le plus merdique qui soit. Toute langue est étrangère, rien ne me parle naturel, la langue me fuit par tous les bouts : les organiser cette fuite pour « inoculer la désillusion », horribles travailleurs. Faire toucher à plus de réel. Danser avec cette mort baladeuse qui travaille le langage. Ne rien laisser croire. Pleins feux sur les déchets honteux, les pensées folles, les obsessions maniaques, les dissidences, les solitudes affreuses qui coupent le lien communautaire, lui interdisent de se serrer, de faire nœud, de tisser ce tissu dont vivent les pensées totalitaires et, sous elles, les germes des fascismes. Écrivains, on n’a rien à faire que ça. S’il y a aujourd’hui urgence d’écrire, si le Wozu mérite réponse, c’est qu’il y a à sortir réellement (et pas seulement dans le protocole déclaratif style « nouvelle philosophie ») des discours qui font rite, piéges-à-cons, rabotage télévisuel, prodromes insidieux de tous les fascismes qui se mijotent ici et là (et pas forcément du côté où on les attend le plus). Toutes proportions gardées, il y a à produire contre cette chape catéchistique une opération du type de celle qu’a produite Rabelais, à un moment où les conceptions du monde, les conceptions religieuses, se sont gélifiées, ont pris en masse dans un rituel qui a trouvé ses formes les plus bloquées et bloquantes dans la scolastique. Il se passe aujourd’hui quelque chose d’assez semblable : énorme blocage des possibilités de représentation idéologique, blocage qui a sa langue et n’existe pas sans (moyennant quoi la scolastique d’aujourd’hui a aussi ses querelles d’école, style « la-dictature-du-prolétariat-oui-ou-non », etc.). C’est pourquoi il y a aujourd’hui, sous l’institution, une telle multiplicité de luttes tous azimuts, en dehors des appareils, mais qui n’arrivent pas trouver leur mode de représentation. Si on (les « écrivains ») a une place, c’est là, dans cette mouvance protoplasmique, qui fait tache, « œil », noyau d’anarchie résistante. Et pour maintenir la protestation irréductible du corps et de sa langue, jamais identique, jamais collectivisable, jamais réductible à l’ idéologie, jamais non plus au divan.
Wozu Dichter ? : Sade disait, ou à peu près, que quoique dussent en souffrir les hommes « la philosophie doit tout dire » ; on voit bien aujourd’hui que la philosophie ne peut jamais tout dire, parce qu’elle ne le dirait jamais que dans la langue de ce qui a pour fonction d’estomper ce tout dans la croyance ou l’explication.
Aux «poètes», alors, de dire ce tout innommable, qui fait question pour l’espèce et sa socialité, avec toute la cruauté dont sont porteuses l’angoisse et l’étrangéité foncière de la langue. »
Christian Prigent opus cité 1978.

Paul Edel dit: 21 février 2014 à 12 h 28 min

Curiosa, rien à dire.
Versubtil, le Prigent, il décolle soudain en ski free style..mais dans la poudreuse il se perd un peu,Non?

renato dit: 21 février 2014 à 12 h 25 min

Denis Roche – Par tant de temps marchant

Par tant de temps marchant dans des Grèces rui-
nées, sans aimer j’admirerai d’en sortir une
lumière où je marche sur la ligne qui suit
Celuy qui sçait quel toast il découvre ni quand
Dans quelle demeure si ce ne sera pas pour nous
Une aise, une heure d’aise, l’abondance qui
Nous a si bien défigurés, tous les deux :
Au-dessus de quelques autres excellences, nous
Élevons pour les cultiver toutes les trouvailles
De peu d’importance la /tranquillité de l’ordre
(et si c’était la guerre) n’est que saloperie.
Ça fait 23 signes et, même alignés, on ne peut en
Ceinturer ton sein qui est infranchissable et
Que tu caches toujours quand je suis sur le
Point d’en associer la vue au plaisir de
Savoir ce qu’il en incombe à ton regard.

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