de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Le « swing » de l’aviron ou la poésie en mouvement

Le « swing » de l’aviron ou la poésie en mouvement

Qu’on se rassure : il n’est pas plus nécessaire d’avoir pratiqué l’aviron pour apprécier Ils étaient un seul homme (The Boys in the Boat, traduit de l’anglais/Etats-Unis par Grégory Martin, 456 pages, 21,90 euros, La librairie Vuibert) que de connaître les règles des soixante-quatre cases pour goûter Le joueur d’échecs de Zweig ou La défense Loujine de Nabokov. C’est justement l’un des miracles de la littérature que de nous sensibiliser par le biais de l’universel à un monde qui nous est étranger sans passer par le filtre de la connaissance, ni par celui de l’expérience directe. Encore que pour ce qui est des échecs comme pour l’aviron, j’avoue être de parti pris : je leur dois (presque) tout. Du moins un essentiel qui ne s’enseigne certainement pas sur les bancs des écoles fussent-elles grandes. Le jeu d’échecs, et son grand art de l’anticipation, on en reparlera une autre fois.

Tenons nous en à l’aviron. Pour certains, un sport ; pour d’autres, une torture ; pour d’autres encore, mystiques de la chose, un mode de vie, un état d’esprit, un supplément d’âme. J’ignore si Daniel James Brown en est. Même pas sûr. N’empêche qu’il signe là, avec ce récit inspiré, d’une vraie qualité d’écriture dans le genre, l’un des rares grands livres sur le sujet. Difficile surtout quand on vient après The Amateurs (1985) dans lequel David Halberstam racontait l’effort de quatre rameurs pour gagner la médaille d’or aux Jeux de 1984. Or non seulement l’auteur y parvient, mais il le dépasse de plusieurs longueurs par l’ampleur et l’ambition de son projet.82891

L’autre livre, aussi fort mais dans un registre différent, était paru en français en 1998. L’écrivain néerlandais H.M. van den Brink avait écrit un magnifique roman Sur l’eau (Over het water, traduit par Anita Concas, Gallimard) : à la veille de la seconde guerre mondiale, deux amis dont l’un était promis aux persécutions annoncées, ne vivaient que pour faire glisser leur Deux sans barreur sur l’Amstel, dans la perspective d’une compétition espérée par leur entraîneur allemand, mais qui n’aura jamais lieu. Avec Ils étaient un seul homme, la tonalité est différente bien que l’époque soit la même. Le titre même est déjà un programme. Il est tiré de Moby Dick :

« Ils étaient un seul homme ; non pas trente. Comme le vaisseau qui les contenait, tous étaient faits de choses différentes : chêne, érable, pin, goudron et chanvre (toutes se combinant néanmoins entre elles pour ne former qu’une unique coque lancée sur son chemin, équilibrée et dirigée par la longue quille centrale), les individualités différentes de l’équipage, le courage de cet homme, les craintes de cet autre, toutes les variétés humaines se trouvaient une seule » (traduction de Lucien Jacques, Joan Smith et Jean Giono).

Il faut savoir que le huit de pointe (chacun n’ayant qu’un seul aviron, bâbord ou tribord) est, dans l’univers des compétitions, le plus prestigieux des équipages. Celui qui requiert, une fois maîtrisée la technique dans ses moindres détails jusqu’à en faire un réflexe naturel, les plus grandes capacités d’endurance, de stratégie, de concentration, de volonté, de résistance à la douleur et, accessoirement, de puissance musculaire. Tout pour parvenir à l’harmonie, à l’équilibre et au rythme.

gal1936s_l_0539Il faut également savoir que dans l’entre-deux-guerres, l’aviron, l’un des rares sports où l’homme se bat farouchement tout en restant assis sur son cul, était presque aussi populaire dans les universitaires que le base-ball ou le football américain, si l’on en juge par la couverture médiatique dont il bénéficiait. De nombreux supporters suivaient les régates. L’université de Californie tenait alors la dragée haute à l’université de Washington dans la course qui les opposait chaque année sous les encouragements de plus de cent mille spectateurs ; elle n’avait rien à envier au rituel duel entre Oxford et Cambridge. Ce livre, dont je confesse humblement qu’il m’a transporté, et pour cause, raconte l’histoire de l’équipe américaine d’aviron qui humilia les Allemands en général, et Hitler en particulier, en remportant l’épreuve reine aux fameux Jeux olympiques de Berlin de l’été 1936.

Ils rament sur le Husky Clipper qu’ils appellent entre eux, tout simplement, « le bateau ». Comme s’il n’y en eut pas d’autre et comme s’il ne s’agissait que de cela alors que chaque exemplaire est une œuvre d’art unique, artisanale, conçue par George Pocock, l’un des héros de ce livre avec l’entraîneur, le barreur et, bien entendu, les huit rameurs. Un tel bateau lancé par de tels rameurs est transcendé par l’expérience partagée. Ils le cajolent comme leur enfant. Un huit sorti des mains de Pocock coûte alors le prix d’une Cadillac LaSalle neuve. Sa coque est souple, vivante, et lorsque l’équipage est à son meilleur, il ne fait qu’un avec la coque. L’artiste qui l’a façonné a eu quelques années avant l’idée alors révolutionnaire de remplacer le cèdre espagnol cloué en bandes pour tenir la coque, par du cèdre de l’Ouest (Thuja plicata) venu de Colombie-Britannique, plus poreux, plus léger, plus facile à façonner car moins dense, plus flexible tout en étant plus solide. Un miracle de l’avis de tous lorsqu’ils éprouvèrent l’exceptionnelle élasticité qui lui conférait une force invisible.jeux-olympiques-8292936

Voix grave de baryton amplifiée par le mégaphone, le barreur, le plus frêle et le plus petit (1,73m pour 54 kgs) à bord du bateau mais d’une force de caractère peu commune, malin, meneur et cérébral, il hurle des ordres, encourage, stimule, réconforte, admoneste, engueule huit types qui respectent son autorité alors que chacun pourrait d’une pichenette le balancer à l’eau. « C’est peut-être la relation la plus incongrue que l’on trouve dans le sport » observe justement l’auteur. Si le bateau reste dans la trajectoire, c’est grâce à lui et à sa dextérité dans le maniement des tire-veille ; s’il s’en écarte, c’est à cause de lui. Obéissant au rythme et à l’intensité que leur dicte chef de nage (le No 1), à l’alchimie mystérieuse des ajustements minutieux entre la puissance d’un côté et la cadence de l’autre, ils doivent coordonner et synchroniser leurs gestes dans une absolue précision avant de fouetter l’eau. Pas de temps mort, pas de remplacement, pas de feinte, pas de cinéma dans ce sport-là.

Un faux mouvement d’un seul rameur, souvent dû à un défaut de concentration, et la couleur à l’extrémité de la pelle est prise dans un tourbillon qui freine l’embarcation, ce qui peut non seulement fiche en l’air l’effort de tous, mais leur faire prendre l’eau. Il ne faut penser qu’à regarder la nuque du rameur devant soi et n’écouter que la voix du barreur. Or plus la cadence est élevée, plus il est difficile de bien ramer, plus la douleur est prégnante et plus le risque d’une catastrophe se précise. Que la couleur à l’extrémité d’une pelle fende l’eau avec une fraction de seconde de retard sur les autres et c’en est fini. L’effondrement de l’un entraîne celui de tous. On n’est pas plus solidaires. Pas de star ni de prima donna dans ce sport. La question ne se pose même pas tant elle est vitale : ils sont vraiment huit comme un seul homme, le titre du livre n’est pas abusivement lyrique, Melville avait tout compris. En ce sens, l’aviron, surtout en huit, est vraiment une école de la vie. Qu’on se le dise : « On ne rame pas pour soi mais pour les autres ».

Berlin_1936_olympiadenLa majeure partie du récit est consacrée à tout ce qui précède l’événement : le recrutement, les aléas de la sélection, les préparatifs, les courses, l’entraînement… Il est très américain dans sa narration, avec une foule de détails personnels sur chacun des rameurs, sur les doutes du coach, sur les environnements familiaux des uns et des autres, leurs histoires d’amour et une fine chronique en creux de l’Amérique de la Dépression. Le traducteur a parfaitement rendu en français non seulement l’esprit des choses, des personnes et des lieux, mais encore le lexique propre à l’aviron : prise d’eau, coulisse, dégagé, pale, fausse pelle etc. On regrettera juste, à une dizaine de reprises tout de même, l’emploi de « rame » en lieu et place d’ « aviron » ou de « pelle ». Qu’importe. On est avec ces étudiants de l’université de Washington, le pied sur le chemin de coulisse avant d’embarquer, puis dans leur sillage par tous les temps, sur le lac Washington au niveau de Union Bay, à Seattle. Le plus petit mesure 1,83m, le plus grand plus de de deux mètres. D’un poids moyen de 86 kgs chacun, à eux neuf, ils pèsent 750 kgs, un fardeau à faire oublier au bateau. C’est l’équipe des Freshmen.

Dans ce petit monde-là, le swing est l’autre nom de la grâce. C’est l’unisson des mouvements, la synchronisation absolue des souffles, nirvana quasiment impossible à préserver, à supposer qu’on l’ait atteint, lorsque la cadence est rapide (36 coups/minute plutôt que 26) et que l’instant du sprint approche. Alors l’effort se métamorphose en plaisir dans un au-delà de la souffrance, on entre dans une quatrième dimension et il faut bien du talent à Daniel James Brown, appuyé sur sa force de conviction, pour nous y faire pénétrer.

Et les Jeux ? Et l’Allemagne nazie ? On n’arrive que dans les cent dernières pages au bassin d’aviron de Grünau, et au village des rameurs, à Köpenick (sud-est de Berlin), les rameurs y étant logés… à l’école de police. Avery Brundage, le patron du comité olympique, peut se réjouir de ce que l’appel au boycott soit un échec : « Aucun pays depuis la Grèce antique n’a fait sien l’authentique esprit olympique comme l’Allemagne ». Ce qui n’empêche pas l’un des envoyés du New York Times, dans sa lettre quotidienne, de noter :

« Mr Brundage est arrivé à bon port (…) là où des robots faits par et pour Hitler tourmentent et persécutent des morts-vivants (…) Pendant deux mois, les morts vont rester enterrés. Mais après la clôture des jeux Olympiques en septembre, leurs tombes seront profanées (…) et les morts arpenteront de nouveau les rues des villes allemandes ».

Sur ce plan-là, celui du contexte, Daniel James Brown n’en fait pas trop ; on n’en regrettera pas moins qu’il verse parfois dans l’anachronisme : pourquoi se projeter dans la Nuit de cristal avec deux ans d’avance quand les libertés étaient déjà bafouées (dictature du parti unique, répression tous azimuts, législation raciale, création pour les opposants de camps de concentration dont celui de Dachau dès 1933) pour ceux qui voulaient bien les voir derrière la vitrine bien propre des Jeux ? L’équipe allemande, issue du club d’aviron dit des « Vikings », est la favorite. L’équipe italienne n’est pas composée de jeunes étudiants mais d’ouvriers plus âgés et plus robustes, et l’équipe australienne, de policiers aguerris.

Même pour filmer l’aviron avec ses collaborateurs et leur matériel (une trentaine de caméras, soixante cameramen sans compter les preneurs de son), Leni Riefenstahl dut encore se battre contre Goebbels, affronter à nouveau la colère du ministre de la Propagande, qui ne voulait pas que l’image du Führer offerte au public soit gâtée par la présence massive de techniciens et d’appareils à ses côtés ; il craignait qu’elle y perde en pureté, et donc en impact sur les foules ; la cinéaste eut le plus grand mal à lui faire admettre que le public visé par son film était bien plus important et plus durable.

Les rameurs allemands remportèrent toutes les compétitions d’aviron (7 médailles !), discipline alors la plus populaire des Jeux après l’athlétisme. Le Deutschlandlied et le Horst-Wessel Lied ne cessèrent de résonner, comme cela avait été le cas lors de la cérémonie d’ouverture sous la baguette du chef Richard Strauss, lorsque les délégations défilèrent devant le Führer, certains lui adressant le salut nazi, comme le firent les 110 000 spectateurs, d’autres le salut olympique inspiré à Coubertin par le salut du bataillon de Joinville, les deux n’étant pas sans ressemblance (à ceci près que, dans le second, la paume tournée vers le sol était maintenue sur le côté plutôt que vers l’avant). Les sportifs français avaient opté pour un entre-deux qui fut jugé ambigu ; les Américains avaient placé leur chapeau de paille sur le cœur et tourné leur visage vers lui ; seul leur drapeau semblait vraiment défier Hitler.

La finale du Huit de pointe avec barreur, la plus prestigieuse des épreuves nautiques, devait être l’apothéose du triomphe personnel du Führer sur « ses » Jeux, l’athlète noir américain Jesse Owens ayant déjà remporté ses quatre médailles d’or. L’assignation des lignes d’eau privilégia non les meilleurs temps des épreuves éliminatoires mais les rameurs allemands, italiens et suisses ; ils bénéficièrent des lignes à l’abri du rivage sur le Langer See ; les équipages hongrois, britannique et américain se retrouvaient à l’extérieur, les plus exposés au vent de tête ou de travers, et ce jour-là aux bourrasques de biais, position qui d’emblée les handicapait de deux longueurs. C’était scandaleux mais c’était ainsi et on se doute que bien peu auraient trouvé à y redire parmi les 75 000 supporters massés sur le parcours ; ils ne furent pas plus choqués lorsque le starter agita son drapeau au-dessus de la tête et lança un discret rapide « Messieurs, êtes-vous prêts ? Partez ! » en s’adressant aux lignes 1 et 2, ce qui valut aux britanniques et aux américains de partir quelques secondes après les autres, avec un coup et demi de retard… (suivre ici la course). Bientôt les huit embarcations à la coque enduite d’huile de blanc de baleine glissèrent sur l’eau « comme un essaim d’araignée aux longues pattes ». Le bateau allemand fit la course en tête galvanisé par des « Deutsch-land ! Deutsch-land ! Deutsch-land ! » et des « Sieg Heil ! Sieg Hiel ! Sieg Hiel ! » si puissants grâce à la réverbération que la voix des barreurs avait du mal à se faire entendre, même pour le chef de nage qui leur faisait face à 45 cm à peine.

 Les Britanniques avaient brûlé leurs réserves à mi-chemin ; pas les Américains ; il est vrai qu’aux 800 mètres, ils étaient encore bons derniers ; leurs temps intermédiaires étaient alarmants, ce qui plongeait dans l’angoisse leurs compatriotes au pays, dont beaucoup avaient l’oreille vissée au poste de TSF. A 500 mètres de l’arrivée, ils accusaient encore une longueur de retard derrière l’Allemagne et l’Italie. Alors Bobby Moch, le barreur de l’université de Washington, eut le coup de génie de mentir à ses équipiers. « Encore vingt coups ! » leur hurlait-il afin de les pousser à puiser dans leurs réserves insoupçonnées ; mais arrivé à quinze, il recommençait : « Plus que vingt coups encore ! » C’était un truc dont il n’avait jamais abusé auparavant afin de rester crédible le jour du grand jour. Ils ramaient à une cadence pour eux inédite (44 coups/minute) et le cœur suivait (200 battements/minute). Ils vivaient les six minutes les plus importantes de leur vie. Et leur Husky Clipper franchit la ligne d’arrivée avec six dixièmes de seconde d’avance sur les Italiens, et une seconde sur les Allemands.

Soudain, le silence se fit sur le stade nautique, comme si on avait baissé un interrupteur. Hitler fit volte-face et s’en alla sans dire un mot, suivi par Goebbels, Goering et les autres. Mais dans le film Les Dieux du stade (de son titre original Olympia) de Leni Riefenstahl, la scène de la course d’aviron n’en demeure pas moins l’une des plus spectaculaires. Daniel James Brown, lui, parvient à un résultat similaire avec d’autres moyens ; il maintient le suspens jusqu’au bout même si le lecteur connaît déjà la fin de l’histoire, annoncée dès la couverture et la quatrième de couverture du livre (Kenneth Branagh en fera bientôt un film -peut-être la version nautique des Chariots de feu…)

Ils s’appelaient Herbert Morris, Charles Day, Gordon Adam, John White, James McMillin, Joseph Rantz, George Hunt, Donald Hume, Robert Moch. Non des fils de grands bourgeois, malgré la réputation d’élitisme que la légende anglaise a donné à ce sport, mais de fermiers et de pêcheurs. Les neuf Américains n’avaient pas seulement uni leurs efforts pour se dépasser et produire quelque chose qui les dépassait. En lisant les journaux de leur pays, ils comprirent qu’ils avaient humilié le Führer chez lui. Mais sans attendre de rentrer à Seattle, ils savaient qu’ils avaient trouvé le « swing » et que ce moment de grâce resterait gravé à jamais dans leur mémoire. Celle de chacun et celle de l’équipage.

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commentaires

638 Réponses pour Le « swing » de l’aviron ou la poésie en mouvement

valentini dit: 14 décembre 2014 à 16 h 31 min

-ing et news

Monde est mardi-gras, casting,
Roi et empereur des plum-puddings.
Veau, mouton, poulet, brainstorming,
Farce fourrée d’objets de standing,
Dé, ancre, bréchet, livre mais sterling,
Un ensemble cousu-main, au feeling.

Trapézistes, acrobates, looping,
Quelque chose ding ding ding
God save or bless the shopping
Propre et neuf d’après-pressing.
Monde fut lumière ! Building,
Pile ou face, secouez, Coué, lifting.

Rouges pompiers shilling Killing
Des bachi-bouzouks en string
Sautent dans des bâches bashing
Droit au cimetière depuis le parking.
Bing! Allô ! Qui ? Quel camping ?
Histoire belge made in Beijing.

Les divins marquis du marketing
Au cerveau en neige, cocooning,
Le dynamisent à coups de timing.
Grues-mots dégueu jetés sur ring
Où fourbir des concepts à la Dühring
Solubles au contact du planning.

Sortant vêtus de noirs smokings
L’œil brillant laqué persil piercing
Au menton beurre-orange warning
Dindes, dindons tiennent meeting :
Au front ! Au feu ! Et débriefing.
Ça sent Soir-grand de Thanksgiving.

Esprit qui est, et body et building,
En paix, sur deux étriers, baby-sitting,
Après footing offre séances de shooting.,
Veau mouton poulet mondial pudding
Quelque cloche intranquille ding ding
Zapping dumping, il est crucial of being

Or not ingenious

DHH dit: 6 mai 2014 à 10 h 17 min

@Rose
sur les profs nous avons tous partiellement raison ,vous ,moi Wiedergânger,car nous ne parlons pas des mêmes realités et des mêmes eleves ;ce que nous aurions à dire releve de plus longs developpements sur lesquels me semble-t-il nous nous retrouverions en phase.

Sur ce que Daphnée imaginerait à tort me concernant ,je pense qu’il est rare qu’on revienne sur un prejugé a priori ;aussi je crois que tout ce qu’elle pourrait savoir ou voir de moi ne pourrait la detourner de sa conviction bien arrêtee que je suis une vielle C…aigrie. Elle trouverait sans peine en moi des traits allant dans ce sens et la confirmant dans son jugement.

Giovanni Sant'Angelo dit: 5 mai 2014 à 7 h 20 min


…chapeau,…le travail au noir,…des tabards aux lustres!,…chacun sa tactique,…etc!,…

rose dit: 4 mai 2014 à 19 h 49 min

JC….. dit: 3 mai 2014 à 7 h 08 min
ai lu votre réponse

>jc sur ce coup là vous avez eu du mal à vous exprimer et je ne vous avais pas compris.
– de privilégiés, car bons ou mauvais ils sont sûrs de conserver leur job « à vie ». Si ce n’est pas un privilège, cette anomalie, dites moi qu’est ce que c’est ????

ce n’est pas vrai ; des gens quittent ce métier, découragés, burnés out (cf. le dernier nouvel obs), dégoûtés, etc.
Certains sont virés. D’autres arrêtent au bout de quinze ans trois enfants. D’autres au bout de cinq ans doctorat et agrégation en poche. Ce métier est usant comme les métiers au service des autres.
Le privilège dont vous parlez est dû au passage d’un concours et non pas à une attribution divine ou de naissance : ce n’en est donc pas un.

– de miséreux, car supportant les défectuosités monumentales de l’éducation parentale, privés de l’autorité de leur tutelle, ils devraient être payés, et considérés, deux fois plus qu’aujourd’hui !!!!

La considération défaillante est celle attribuée par la société au corps enseignant, en premier. Le salaire fait partie intégrante de cette considération en berne.
Donc, nous nous retrouvons d’accord pour doubler le salaire des enseignants, merci de votre soutien.
Enfin pour l’instant c’est gel jusqu’à fin 2915 ai-je cru comprendre.

Mon retard à vous répondre a été suscité par l’entretien de mon jardin et la réception des livres commandés dont les deux Pynchon. J’ahane un peu donc, à la suite de l’un et au commencement de l’autre.
Je ne sais si vous accepterez mes excuses concernant ce délai.

JC..... dit: 3 mai 2014 à 7 h 08 min

rose dit: 2 mai 2014 à 23 h 26 min
« >JC sur caste de miséreux pas d’accord une seconde. Ni de privilégié. »

Si vous n’avez pas compris, c’est que j’ai du mal m’exprimer ! Les professeurs des écoles sont une caste :

– de privilégiés, car bons ou mauvais ils sont sûrs de conserver leur job « à vie ». Si ce n’est pas un privilège, cette anomalie, dites moi qu’est ce que c’est ????

– de miséreux, car supportant les défectuosités monumentales de l’éducation parentale, privés de l’autorité de leur tutelle, ils devraient être payés, et considérés, deux fois plus qu’aujourd’hui !!!!

rose dit: 3 mai 2014 à 1 h 04 min

Je reviens sur l’enseignement parce que ce métier m’a animée et que je l’ai vécu avec passion et enthousiasme : en quoi l’âge que j’ai désormais, je suis presque soixantenaire, a-t-il vu évoluer ma façon de penser ?

Jeune institutrice, je me croyais capable de soulever des montagnes. Les obstacles rencontrés ne me faisaient pas peur et m’ont montré mon rôle de fourmi.
Plus tard encore j’ai été mue par une foi indéfectible en les enfants que j’avais face à moi et qui étaient mes élèves et la conviction ferme que nous enseignants pouvions avoir un rôle premier sur leurs capacités d’apprentissage d’évolution et de sortir d’ornières. Je me sentais très puissante en terme d’évolution sociale et de chance donnée à tous et à chacun.

Avec le temps, je me sens plus petite qu’une fourmi. Aujourd’hui, je trouve que le rôle parental est bien plus influant que le rôle joué par les enseignants et je trouve biaisé par avance la conjonction avec la réussite sociale : il y a les biens nés et il y a tous les déshérités.

Et voilà.
Les choses il faut les regarder lucidement. Tout n’est pas donné dans le même panier à la naissance à chacun.

Bises
Bonne nuit,

rose dit: 3 mai 2014 à 0 h 33 min

Sur l’aviron, parce que c’est le sujet, c’est un beau sport d’équipe. Lorsque les gens s’engagent ils deviennent accros.
Cette victoire, sous le nez et à la moustache d’Hitler, symboliquement, cela a grande puissance et force prémonitoire.

rose dit: 3 mai 2014 à 0 h 31 min

DHH ne rabaisse en rien le concours. Là elle est juste. Elle dit que l’avoir ne veut rien dire sur l’individu et je pense bien qu’il y a d’autres critères que la réussite à un concours pour savoir ou comprendre qui est qui.

rose dit: 3 mai 2014 à 0 h 28 min

>DHH

oui je suis totalement d’accord avec vous et ce que vous m’avez expliqué de vive voix ; ce n’est pas l’obtention du concours qui fait l’intelligence du sujet. Je suis contente pour Widergänger qu’il ait obtenu ce statut, car pour quelqu’un d’investi dans son métier, ce qu’il semble être, le fait d’être agrégé est la certitude d’avoir un salaire correct, je dirai même décent.

Le nombre d’heures de travail pour un enseignant ne se comptabilise pas. Les enseignants chercheurs bossent sans interruption dans leur domaine de recherche.

En terme de salaire mirobolant, la vraie différence se situe auprès de ceux qui préparent les étudiants à passer les concours de Normale sup etc (les sevriennes de Sèvres, merci DHH de m’avoir expliqué ce terme)(être profs de prépa. pck’ils préparent aux concours d’entrée aux grandes écoles, font passer des colles etc.). C’est pour cela que Peillon a cédé en huit jours : c’est une caste privilégiée : ils gagnent 10 000 euros par mois et plus peut-être.

>Daaphnée vous accepteriez de prendre un café avec DHH et tous vos arguments fallacieux seraient balayés immédiatement : mais alors, toutes vos interventions envers elles deviendraient de facto nulles et saugrenues.
Franchement, vous devriez oser : cela vous épaterait. Tout ce que vous dites la concernant est faux de A jusqu’à Z.

rose dit: 3 mai 2014 à 0 h 13 min

Et, si tant il est possible de conclure sur un sujet aussi délicat, il me semble plus facile d’être déclassé et très au-dessus, que surclassé et très au-dessous.
Sans clin d’œil aucun.
J’ai, c’est vrai et c’est terrible, en travers de la gorge? le  » moi, je glande et j’échappe à ma femme » qui touchera sans doute quatre fois la retraite que je risque de toucher.
Je n’éprouve envers lui qu’un immense dégoût (même pas : je l’écris et c’est pas vrai)et, en parallèle, une incompréhension profonde du système qui nous gouverne et qui donne prééminence aux incompétents notoires. Pas toujours, mais souvent, me semble-t-il.

rose dit: 3 mai 2014 à 0 h 08 min

Neuf fois sur dix, (c’est comme dans l’autobus à Paris, et cela dégénère), trois qui sèment la m…. empêchent le bus d’avancer, bloquent les portes etc. Ds le système scolaire c’est pareil. Certains voudraient bien apprendre, ont soif d’apprendre et sont empêchés par d’autres dont le seul but est d’apprendre au monde entier qu’ils vivent une situation catastrophique et sachons-le.

C’est cela qui fait le succès de systèmes pervers comme donner des cours particuliers à des enfants de pauvres mais méritants et qui voudraient bien s’en sortir grâce aux ménages de leurs parents qui se saignent aux quatre veines, et du truc le plus pourri qui existe et qui est une pompe à fric qui s’appelle acadaomi-ahahaha et qui est du foutage de gueule : ce que les élèves ne font pas en cours, ils le font chez eux en cours particuliers. Honte à cela.

Nous sommes donc revenus à un système très inégalitaire qui fait le beurre de quelques très malins, l’indifférence de pas mal d’autres et le désenchantement de quelques passionnés, qui, il est vrai, fatiguent gravement et voudraient s’éloigner de ce mic-mac dans lequel ils ne se reconnaissent plus du tout.

rose dit: 2 mai 2014 à 23 h 58 min

Hop, cela recrée des classes de niveau. Les pires égalitaristes ont été les premiers à inscrire leurs mômes dans les écoles internationales où d’ailleurs les pires mômes sont les enfants d’enseignants : osons le dire et l’écrire. Petits cons gratinés.
Qui en tiennent une couche épaisse et se croient intouchables parce qu’issus du sérail : pauvres brebis galeuses. Intoxiqués à donf. Ils traitent leurs propres enseignants comme du bétail, des taillables et corvéables à merci. Ils seront les premiers à faire se suicider tous les employés sous leurs ordres. Ce tableau que je dresse est un cas général mais pas particulier ; je connais nombre (petit mais nombre quand même) de gosses d’enseignants adorables, respectueux de leurs enseignants discrets, et portant comme un faix ce rôle absurde et difficile d’être môme de prof, comme le christ sa croix.
Ceux-là ont cette fameuse curiosité insatiable qui est la clé de tout, la clé de voûte, la clé des apprentissages : ils ouvrent portes et fenêtres, la cave le garage le cellier et tout en grand.

Le clivage il est dû à la naissance et pas à l’école. Et, ô rage ô désespoir, l’école ne réduit pas les clivages. Pire elle les accentue.

rose dit: 2 mai 2014 à 23 h 50 min

DHH dit: 1 mai 2014 à 21 h 08 min

@wiederganger
tout à fait d’accord avec vous.
ce que vous denoncez est aussi le resultat d’une obsession egalitariste qui refuse l’elitisme democratique

>DHH

là-dessus je ne suis pas d’accord avec vous : le soi-disant système égalitariste est blackboulé par les premiers qui l’utilisent ; tout le mond ea compris qu’en faisant latin, allemand et anglais en même temps etc. en utilisant certaines ficelles grosses comme de l’amadou, on mettait ses enfants dans des classes excellentes. Rajoutez les options théâtre, handball et escalade et le tour est joué.
Hop, cela

rose dit: 2 mai 2014 à 23 h 44 min

Widergänger dit: 1 mai 2014 à 20 h 04 min

Quant à ce que vous dites des élèves, je me porte en faux : il y a deux problèmes
– un premier de curiosité (et jamais d’intelligence) allié à une disponibilité cérébrale fort entamée par des conditions de vie difficiles.

– un second d’antériorité : quand vous voulez franchir un obstacle donné (je pense au saut à la perche dernièrement où cela fut impressionnant)vous ne pouvez vous entrainez à des passages d’obstacles très bas. Pour l’avoir pratiqué avec immense bonheur l’an passé, les épreuves du bac de français sont resplendissantes d’intelligence d’ouverture et d’interdisciplinarité ; si, en amont (et qui donc est responsable en amont hein dites-moi ?) on a lu Oui Oui au Vatican et Martine à la plage et bien arrivé au bac on a quelques lacunes. Mais à qui la faute, hein ?

Le laxisme est que, les gens, et j’en fais partie, sont mal payés pour faire ce superbe métier d’enseignant : déclassés de par leur salaires, ils travaillent au prorata de ce qu’ils sont payés c’est à dire peu. Je suis témoin de visu des journées prises sous prétextes fallacieux surtout depuis que le premier jour de carence a été abrogé.

Se retrancher derrière le système, c’est aussi c.. que de se retrancher derrière le nombre d’élèves par classe. Ne seriez-vous pas populiste par hasard ?

Payez les enseignants en fonction de leur niveau d’études et de leurs compétences, comme en Allemagne et en Suisse -grosso modo doublez leur salaire- vous verrez les résultats des élèves. Les enseignants sont déclassés, leurs élèves trinquent.

rose dit: 2 mai 2014 à 23 h 35 min

Widergänger dit: 1 mai 2014 à 20 h 04 min

discours blablabla

attention au grand risque qui vous guette : les chevilles.
Ceci dit pour être agrégé par liste d’aptitude et je suis bien contente pour vous, bravo ! il faut être soutenu par son inspecteur, à fond les ciassons. Le mien m’a mis réservé : j’ai décidé de faire la même démarche que vous. Mon dossier n’est pas même arrivé au ministère. Et n’a pas franchi la case rectorat.
Vous êtes donc un privilégié de caste et surclassé.

Grand bien vous fasse : 25 % de salaire en plus et trois heures semaine de travail en moins.

Je ne vous considère pas meilleur pour cela.
Essayez de ne pas vous choper la grosse tête : je sais par expérience vécue que c’est bien difficile mais cela ne vous avancera à rien.

rose dit: 2 mai 2014 à 23 h 24 min

D. dit: 1 mai 2014 à 23 h 34 min

De toutes façons cela va cesser dans quelques années. Le monde change et l’on se dirige inéluctablement vers l’abolition des privilèges de caste.

Entièrement d’accord avec vous. Avec une nouvelle façon de faire de l’argent qui bouscule tous les codes établis ; rien à voir avec la talaala démocratie. C’est une histoire derrière nous les privilèges de caste.

rose dit: 2 mai 2014 à 23 h 19 min

Bloom dit: 1 mai 2014 à 18 h 39 min

Les plus grands sont les plus agréables.
Poncif.
Les plus grands peuvent être nuls à iech et très arrivistes.
Les très modestes, les très planqués peuvent être très grands ; nullement rasoirs & fascinants.
La gloriole va sans doute avec la gaudriole.

rose dit: 2 mai 2014 à 23 h 09 min

>Marcel
j’ai eu la chance inouïe de voir un épisode de Grey’a anatomy un truc du genre, une série amerlocaine, où j’ai cru vous reconnaître ; vous êtes-vous vu ?

rose dit: 2 mai 2014 à 23 h 02 min

Non les rameurs ne nous rasent pas,
rose
les pieds sont fixes ; les rails sont sous les sièges ce sont eux qui sont mobiles.
Dans les muscles mis en action, et même en branle, les bras aussi
————————————–
en anglais tongue et language
slip et slipering
chutney and shut Ney

Giovanni Sant'Angelo dit: 2 mai 2014 à 10 h 54 min


…a quoi çà sert!,…à faire le mariole chez les p….,
…vous avez l’agrégation,…Oui!,…à la Jeanne!, Dieu merci!,…un vicaire sur haut-talons,…
…en 69,…j’suis indisposée,…il à compris,…ne le prennez pas mâle!,…Ah!,…

Nothing else dit: 2 mai 2014 à 10 h 51 min

ce a quoi il sert

C’est un concours de recrutement pour enseigner dans le secondaire.

@DHH..... dit: 2 mai 2014 à 10 h 44 min

Les propos de Clopine Trouillefou étant souvent bêtes, nous ne comprenons pas que vous apportiez un soutien sans faille à cette idiote !

arthur dit: 2 mai 2014 à 10 h 42 min

marrant cette manière de rabaisser ce concours (et la thèse aussi ?!)! bientot vous allez dire qu’il faut être ignare et stupide pour le réussir

arthur dit: 2 mai 2014 à 10 h 38 min

Ce qui compte, c’est ce a quoi il sert, ce qu’en fait le titulaire, non ?

et alors en quoi c’est débile pov cruchon qui n’y connaît rien

DHH dit: 2 mai 2014 à 10 h 33 min

@daphnée
je constate que vous me rejoignez sur ce que j’ai depuis toujours -et par experience dit sur ce blog:
une peau d’ane quel que soit son prestige ne prejuge nullement de la culture ou de l’intelligence de celui qui s’en pare .
je n’ai jamais rien dit d’autre sur l’agregation et à cet j’ai toujours contredit ceux qui en faisaient un critere de classement des competences et des talents
Quoi de trouillefesque en cela ?

Daaphnée dit: 2 mai 2014 à 10 h 00 min

elle a des lueurs

Heu … il devait y avoir du brouillard ce jour-là parce que je n’ai pas vu la moindre lueur ..

JC..... dit: 2 mai 2014 à 9 h 57 min

C’est bizarre cet appui stupide aux délires trouillefouesques de la part de DHH car elle a des lueurs d’intelligence que je lui envie …

Daaphnée dit: 2 mai 2014 à 9 h 43 min

je m’en aperçois d’autant plus maintenant que je suis agrégé. ML

Par concours externe, interne ou par promotion au grade de .. ?
C’est tout de même amusant ce discours sur un concours de recrutement !
Comme si c’était un test de QI et comme si, en lettres, c’était la garantie d’une regard aigu sur la chose littéraire !
Bien sûr que non .

Ce n’est pour l’agrégation externe du secondaire – mais ce n’est pas rien non plus parce que c’est un concours – qu’un concours Bac + 4 .

Il faut quand même ramener les choses à leur modeste réalité quand on a pu lire les imbécilités trouillafesques que nous a sorties Deachach notamment !

JC..... dit: 2 mai 2014 à 8 h 53 min

Vu de l’extérieur, quel ridicule sujet d’avoir ou non un diplôme d’agrégation : système de caste débile !

Ce qui compte, c’est ce a quoi il sert, ce qu’en fait le titulaire, non ?

DHH dit: 2 mai 2014 à 8 h 11 min

@ML
Rejouissant retour des choses
ceux qui tentaient de vous ridiculiser en invoquant a tout propos et hors de propos cette agregation que vous n’aviez pas sont aujourd’hui ridiculisésdans leurs propos imbeciles par l’agregé que vous êtes

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