de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
#MeToo pulvérise aussi le comité Nobel

#MeToo pulvérise aussi le comité Nobel

Il y a deux manières de considérer l’affaire : soit la prendre au sérieux dans la mesure où le prix Nobel de littérature est le plus important, le plus célèbre et le plus prestigieux des prix littéraires sur le plan international ; soit hausser les épaules au motif que les prix n’ont d’autre impact que d’agiter la vie littéraire ici et là, autant de tempêtes dans des verres d’eau, et que celui-ci, issu du choix d’une poignée d’écrivains suédois n’engage jamais  que cette poignée d’écrivains suédois. N’empêche que cette fois, le comité Nobel de l’Académie suédoise va devoir faire preuve d’audace et d’imagination pour se remettre du choc. Plus encore que pour faire oublier sa lâcheté lorsque l’ayatollah Khomeiny avait mis à prix la tête de Salman Rushdie. Plus trivialement, sa réputation avait déjà été récemment écornée : ses membres s’étaient passablement ridiculisés en attribuant le Nobel de littérature à Bob Dylan ; puis ils avaient été sacrément humiliés par leur lauréat qui n’avait jamais pris la peine de leur répondre, avait fini par leur envoyer une vidéo pour tout discours et Patti Smith pour leur chanter une chanson et s’était finalement décidé à venir chercher son chèque quelques instants avant la date fatidique de prescription. Mais cette fois, le scandale prête moins à sourire et encore moins à rire, la réputation de l’Académie en étant sérieusement entachée par une sale affaire qui l’engage tant sur le plan moral, intellectuel, littéraire, financier et même criminel.

Il fallait cela pour que le roi, les académiciens, le gouvernement, la presse, tous aient finalement jugé impératif de reporter l’attribution du prochain prix à octobre 2019, date à laquelle deux prix seront décernés en même temps, uniquement ceux de littérature, les autres n’étant pas touchés par la tempête. Cela n’a rien d’exceptionnel puisque dans son histoire, le prix fut reporté à huit reprises, mais il y fallait des guerres ou de graves crises, et la dernière fois, ce fut en 1943. De toute façon, il était techniquement impossible de faire autrement, la moitié des membres de l’Académie ayant démissionné suite aux récentes « révélations » : Jean-Claude Arnault (Marseille, 1946), un Français se disant photographe et dramaturge, époux à la ville de Katarina Frostenson, poétesse renommée, académicienne depuis 1992 et membre du comité Nobel, est accusé d’abus sexuels et de viols perpétrés entre 1997 et 2007 dans le cadre de l’influent cercle culturel « Forum », considéré comme l’antichambre de l’Académie, animé par sa femme mais dirigé par lui avec des subventions de l’Académie suédoise ; certaines de ces « conduites inappropriées » (cruel euphémisme pour les victimes) ont eu pour cadre des dépendances de l’Académie et des appartements qu’elle possède rue du Cherche-Midi à Paris et Stockholm. A A ce jour, dix-huit femmes (sans compter la princesse héritière Victoria, fille du roi, qu’il aurait harcelée), dont la parole a été libérée par l’air du temps porté par #MeToo, ont porté plainte contre lui et le Dagens Nyheter l’a révélé en détail ; mais certains faits sont prescrits et pour d’autres, les « preuves » font défaut.jonas Ekstromer

De plus, on lui reproche d’être la gorge profonde qui faisait fuiter depuis des années des informations sur l’identité de l’heureux élu de l’année plusieurs jours avant, ce qui n’était pas sans effet sur la maison d’édition concernée et surtout sur les enjeux considérables des parieurs chez Ladbrockes à Londres. L’enquête a révélé qu’il l’avait fait pour Pinter, Jelinek et Modiano et qu’il se vantait d’avoir été un élément-clé dans le couronnement de Le Clézio ! En clair, un délit d’initié documenté avec force témoignages dans le cas de sept lauréats. Le pire, c’est qu’il apparaît que ses activités étaient un secret de polichinelle pour certains responsables de l’Académie qui le côtoyaient à leurs réceptions officielles ; mais une omerta protégeait depuis les années 1990 « le Weinstein de la littérature » (El Pais), ce qui explique qu’il ait pu sévir si longtemps impunément. Naturellement, l’intéressé dément en bloc, l’enquête est en cours.

La marque « Nobel », la plus prestigieuse en littérature sur le plan international quoi qu’on en pense, est entretenue depuis plus de cent ans par la Fondation Nobel, riche entreprise philanthropie très soucieuse de son image et de sa communication. Elle organise avec de grands moyens la liturgie autour du Nobel dès l’automne avec les spéculations, les démentis, les faux-tuyaux puis la proclamation et toute une semaine d’un ballet très réglé avec force discours, réceptions et un grand bal pour finir.  Elle mettra longtemps à remonter cette pente et à résister au processus d’autodestruction actuellement à l’œuvre au sein de l’institution. Déjà, les titres de la presse donnent le la : « Le prix Nobel de littérature est en lui-même un scandale » assure Tim Parks dans le New York Times ; il s’y demande ce qui permet à ces écrivains et ces poètes de juger une œuvre, et trouve absurde de mettre des écrivains en compétition ; cela étant, sa diatribe serait plus crédible s’il y englobait également le National Book Award, le Pulitzer et tous les autres sans exception. Las ! Cette année au moins, on n’aura pas à se demander si les académiciens suédois vont enfin découvrir l’existence de Philip Roth.

D’autres en profitent pour refaire le procès du jury en enfilant les mêmes perles depuis un siècle : ses lacunes, ses ratages, ses choix discutables etc. La confiance avec le public sera d’autant plus difficile à rétablir que les académiciens non-démissionnaires sont précisément ceux qui ont couvert le scandale et qui, après les plaintes des 18 femmes, continuaient à garder le couvercle sur l’affaire ; interrogés, ils présentaient volontiers Jean-Claude Arnault comme l’archétype du Français hâbleur, dragueur, salace, grivois, amateur de Bordeaux qui décoiffait la bonne société suédoise particulièrement rigide et coincée. On comprend que le roi de Suède, protecteur de l’Académie, ait jugé bon lancé un grand chantier de réforme de l’Académie, fondée naguère sur le modèle de la nôtre, ce qui explique en partie le tropisme francophile des Nobels pour les écrivains français, les plus souvent couronnés, mais qui apparaît désormais de plus en plus suspect. Décidemment, l’Académie suédoise a un problème avec sa french connection.

(Illustration D.R. ; « Jean-Claude Arnault et sa femme Katarina Frostenson », Photo Jonas Ekstromer)

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930 Réponses pour #MeToo pulvérise aussi le comité Nobel

renato dit: 14 mai 2018 à 8 h 51 min

Oups !
le même segment de population aujourd’hui me remémore > le même segment de population aujourd’hui remémore

renato dit: 14 mai 2018 à 7 h 57 min

Ps à 13 mai 2018 à 8 h 22 min
Les mots, Ed, déclenchent des actions à la seule condition qu’elles soient cohérentes avec l’époque. On cherchera donc la solution d’un problème par le biais de mots qui résument la situation comme elle est — depuis le XVIIe siècle on ne combat plus une guerre avec le mousquet !—. Il y aurait le problème des poncifs : si par le passé au mot « porc » une majorité de locuteurs pouvait rappeler à la mémoire l’image du gracieux animal se vautrant dans la boue ; le même segment de population aujourd’hui me remémore l’élevage intensif, abattoirs et mauvaises méthodes d’abattage ; une surcharge signifiante qui fait qu’autour du mot « porc » se forme une proposition inappropriée qui réduit drastiquement la complexité de l’approche linguistique par laquelle nous observons, interprétons et décrivons le monde.

renato dit: 13 mai 2018 à 8 h 22 min

« S’offusquer de l’expression « balance ton porc » est ridicule. »

Pas tellement, Ed, car ce jugement minimise les qualité de la faute : le porc n’est qu’un animal ; la chose dont on parle peut arriver au crime — il serait grand temps que la postmodernité se libère des survivances néolithique…

Jazzi dit: 12 mai 2018 à 9 h 59 min

Pour Genette, aller sur le billet suivant ! Où l’on apprend que Genette a abordé Proust par des morceaux choisis. Pauvre Marcel !

Widergänger dit: 12 mai 2018 à 9 h 51 min

En ce moment avec mes 4ème, je suis justement dans les exercices d’écriture avec analepse et prolepse dans le récit. On n’appelle pas ça comme ça (retour en arrière et anticipation) mais ça revient au même. G. Genette a complètement changé la nature même des études littéraire, en bien, en meilleur même, les rendant plus rigoureuses, plus profondes. Il y a un avant Genette et un après. On ne peut plus sérieusement lire Proust sans passer par Figures III.

christiane dit: 12 mai 2018 à 9 h 13 min

Bloom dit: 12 mai 2018 à 5 h 51 min
Vous enfoncez des portes ouvertes, Bloom, et d’une façon peu amène. Le « shtetl » c’était pour le grand-père ! (N’en parle-t-il pas dans le livre ?). Quant au film, je vous l’ai mis en lien mais s’il ne vous intéresse pas, c’est votre affaire.
Salutations.

« Je rappelle juste qu’il n’y avait pas de « shtetl » en Autriche, mais en Pologne »

Bérénice dit: 12 mai 2018 à 9 h 02 min

Pablo, j ai écouté les deux versions que vous proposez de sarabande de JS Bach. Leur expression est à mon oreille totalement différente, celle de RT laisse s épancher une mélancolie qui chez GG est dissimulée par son jeu sautillant, Allègre, le sentiment s y fait plus discret. J’entends vraisemblablement deux interprétations ayant donné choix à deux parti-pris très éloignés l un de l autre presque opposés.

Jazzi dit: 12 mai 2018 à 8 h 50 min

« pas d’ accord avec vous sur le visage »

C’était juste pour le jeu de mot, rose, pas un jugement de valeur…

renato dit: 12 mai 2018 à 8 h 49 min

Limiter la liberté des autres est un plaisir réactionnaire — presque fasciste —, il faudrait que quelqu’un le dise à certains génies politiques égarés dans les méandres du rêve révolutionnaire — il faudrait aussi leur expliquer que l’évolution seule a un sens, mais il ne faut pas trop compter sur leur intelligence…

Bérénice dit: 12 mai 2018 à 8 h 31 min

8h25 partez-vous déjà ? Nous allons regretter votre présence si … Te🐒xte à trou, pour libre initiative selon le sentiment que vous réussissez à inspirer dans les sensibilités plurielles qui se promènent sur ce blog. Je crains cependant que personne ne complète, je suis bien trop puérile n est ce pas pour un public de si haut niveau.

la vie dans les bois dit: 12 mai 2018 à 8 h 25 min

Les vieux blogueurs regardent jalousement leur nombre de likers.en chiens de faience .
Comme dit, en substance, là où il n’y a rien, même les scélérates deviennent indigents.

_________________

Delaporte, si vous avez la date de sortie « en cathédrale » de ce Livre d’image, cela réduira l’attente…
Je vous souhaite une belle journée.

Bérénice dit: 12 mai 2018 à 8 h 25 min

Chantal, pensez vous que ces moules en forme de cône aient inspiré le couturier célèbre en sus de l influence qu exerça sur lui les dessous tout en corsets de sa grand mère, peut être que en plus elle était pâtissière. Personne n a pensé à lui demander et il pourrait s en expliquer. Quel scoop ce serait , enfin des gâteaux JP G humoristiques dans les boutiques ! À prix d’or! Quel plan!https://goo.gl/images/Dy4GKS

renato dit: 12 mai 2018 à 8 h 12 min

«… il n’y a aucun filtre sur mon blog. Aucun. »

C’est beau comme le communiqué de presse d’un supermarché justifiante une fêlure dans un pot de confiture !

Bérénice dit: 12 mai 2018 à 8 h 08 min

Pablo, tout est bien qui finit bien ? Non je vous assure que dans de nombreux cas ce n’ est pas vrai, souffrance quand elle n’ est pas morale elle est physique, et avant que soient sedatés les patients trop jeunes pour accepter sereinement de finir je ne vois pas comment à moins de pouvoir les convertir à une croyance venir à bout de ce type de souffrance. Remarquez que quand des individus exempts de maladie souffrent trop ils vont jusqu’à choisir d’interrompre volontairement leur trajet.

renato dit: 12 mai 2018 à 8 h 02 min

Envers et contre l’opinion courante chez les minables porteurs d’une morale périmée ou erratique — peu importe la caste ! —, #metoo est une bonne expression : ça, ça leur est arrivé et elles le disent. Par contre, #balancetonporc me semble une proposition inapproprié, car il est vrai que le porc est un glouton parfois sale — cela c’est selon les conditions de vie donnée —, mais il est aussi gentil et utile et il ne mérite pas d’être confondu avec la canaille qui fonde les relations humaines sur la violence, l’abus de pouvoir, la vexation, la prédation. Et que l’on ne parle pas de « pauvres gens qu’il faut soigner », de « pauvres mecs laids comme tout rejetés par les femmes », et d’autres poncifs soi-disant humanitaires, humanistes ou émotionnels, car chacun peut cultiver ses fantasmes, certes, mais les réaliser relève de la nature du fantasme et au moment du choix, du savoir-vivre — une qualité qui ne court pas les rues, c’est vrai — ; il ne faudrait pas non plus oublier que l’homme qui se vaut civilisé sait contenir ses pulsions.

la vie dans les bois dit: 12 mai 2018 à 7 h 59 min

Godard, le Voyant forever.

« On y croise pêle-mêle Eddie Constantine, Johnny Guitar, C. F. Ramuz, Jean Cocteau transpercé par une lance comme Siegfried, un dromadaire, Pasolini en république de Salo, le père Jules dans L’Atalante, Roxy Miéville, Rosa Luxembourg, Gauguin, un lapin, une palme dorée frémissant à tout hasard dans les vents d’Arabie, et surtout Bécassine «dont les maîtres du monde devraient se méfier car elle se tait»… On gamberge pour retrouver le nom des personnages et le titre des films entrant dans ce patchwork grisant, mais le carrousel va trop vite. Aucune importance, ce n’est pas un quiz, mais un poème. »

https://www.letemps.ch/culture/jeanluc-godard-feuillette-passionnant-livre-dimage

Bérénice dit: 12 mai 2018 à 7 h 59 min

Nicolas, je préfère à l homme nu à la serviette le tableau d’H Sandrin.Dans celui que vous proposez en première vue je trouve un problème de couleur bien que le dessin et volumes soient bons. Sinon Degas? C est une plaisanterie motivée ? Par quoi ou qui?

rose dit: 12 mai 2018 à 6 h 57 min

au café Campana, musée d’Orsay, on a servi longtemps un Paris-Brest en forme d’ éclair, long comme un Paris-Brest.

jazzi
pas d’ accord avec vous sur le visage, mais liberté, liberté chérie.
Bonne journée.

Pour ma part, grâce à un voisin courtois qui m’ en a informé hier au soir, je vais aller admirer la patrouille de France, formation de haut niveau à qui je voue une admiration sans borne.

ai fini de ranger énorme pile de bouquins, sujet de grand bonheur et de belle stabilité. Les papiers c’est plus difficile mais je continue.

je vous souhaite une bonne journée, à vous les bloggeurs.

Sant'Angelo Giovanni dit: 12 mai 2018 à 6 h 37 min


…il y a, des connotations déclencheurs,…
…et d’autres, plus, qui restreigne la vie,…au genre morbides-inhalateurs,…

…et, cela, a deux sens,dans les conceptions, de tout,…

…se maîtriser, a ses sens, la synthèse objective, le temps de ses priorités,…

…la base technique, et l’évolution industrielle à dominer, sa production,…

…il en reste pas, moins,…un cerveau, reste un cerveau,…
…à son cadre de vie,…à variables,…et ses prédilections,…concurrentiels,…
…études, des images et films, pour nous mettre en boucheries, corrosives,… prétextes, pour s’encanailler, a l’obscurantisme gratuit,…en groupe, ou isolé marginalisé,…etc,…

…de bon,matin, etc,…

Bloom dit: 12 mai 2018 à 5 h 51 min

Qu’apporte le livre par rapport au film?

N’ayant pas vu le film, je suis un peu en peine de vous répondre. Je note qu’il existe et un livre et un film, et que les deux ne sont pas mutuellement exclusifs, comme on le prétend souvent.
Ce livre m’est très particulier, primo parce qu’il m’a été offert pour mon anniversaire par des amis très chers, deuxio parce ce que tout ce qu’écrit Robert Bober me touche dans ma chair, tertio parce qu’il est bellement dédicacé de la main de l’auteur.

Je rappelle juste qu’il n’y avait pas de « shtetl » en Autriche, mais en Pologne et en Russie. Le meilleur livre en français sur la question est celui de Rachel Ertel: Le Shtetl, la bourgade juive de Pologne de la tradition à la modernité, Payot.
Rachel Ertel dont je recommande également la lecture de la thèse « allégée »: Le Roman juif américain, une écriture minoritaire, éditions Payot.

Bloom dit: 12 mai 2018 à 5 h 32 min

Pour saluer Gérard Genette, un vrai plaisir de lecture augmentant la lecture des autres, prolepses sur syllepses et palimpsestes. Merci pour ces moments de vive vie. RIP.

Pablo75 dit: 12 mai 2018 à 2 h 14 min

Plus j’écoute Bach par Rosalyn Tureck et moins je l’aime par Glenn Gould:

« Capriccio sopra la lontananza del suo fratello dilettissimo », BWV 992 (écrit à 19 ans à l’occasion du départ en Suède de son frère Johann Jakob Bach, qui avait 3 ans de plus que Johann Sebastian et était hautboïste):

https://www.youtube.com/watch?v=HIxxnEkOjf0

Pablo75 dit: 12 mai 2018 à 1 h 51 min

« Il eut […] une fin malheureuse mais toutes les fins de vie le sont, il faut finir… »
(Bérénice)

« Tout finit bien, puisque tout finit » est un aphorisme de Chardonne (de sont livre « Propos comme ça ») qui est devenu l’une des devises de Cioran, selon le raconte ce dernier dans l’un de ses aphorismes à lui de je ne sais plus quel livre.

Toutes les fins sont, donc, heureuses…

Ed dit: 12 mai 2018 à 1 h 44 min

Lady S. a le bon ton en marketing, et surtout pas une faute d’orthographe, contrairement à la plupart des articles du Figaro. Rien que pour ça, vive les teupu.

Nicolas dit: 12 mai 2018 à 1 h 17 min

Pas eu le temps d’écouter, peut être demain si je suis d’humeur. Quant à Quequette la citation exacte de Libé est la suivante « Il avait beaucoup d’humour, on l’a dit, plutôt à froid, et l’un de ces «mots-chimères» était : «Proustituée : cocotte à la recherche du temps perdu.» Il faut malheureusement que Genette se passe. » Qui déforme pour faire son intéressant.e?

poussière dit: 12 mai 2018 à 0 h 34 min

les académiciens non-démissionnaires sont précisément ceux qui ont couvert le scandale

rien de nouveau sous le soleil

christiane dit: 12 mai 2018 à 0 h 26 min

@hamlet dit: 11 mai 2018 à 23 h 10 min
Oui, hamlet, c’est très beau et fort de voir Nathalie Stutzmann conduire son ensemble Orfeo 55 d’un geste impératif, puis se tourner vers le public et entonner le chant de sa voix grave de contralto, si rare, tout en continuant à battre la mesure. Sa voix mais aussi son phrasé et la façon dont elle exprime par ses gestes, ses regards tout le drame de la partition. L’écoutant, je pense aussi à Kathleen Ferrier.
Belle découverte, merci.

Sant'Angelo Giovanni dit: 11 mai 2018 à 23 h 44 min


…j’en suis, à éviter, les cloaques divers, que tout commerçants, met en exergue,…

…aux habitudes, ruses, et comportements, provocations, pour en douce, nous persuader, des bonnes affaires, ceci, dit,..rien, ne nous permet, d’investir, dans ses jeux de goûts, complices , pour nous réduire, nos porte-feuilles,…
…l’air du temps, rester couvert,…
…ne s’abonner, qu’à sa liberté,…retrouver,…etc,…
…sans passions, aux arts d’analyses,…
…etc,…

Delaporte dit: 11 mai 2018 à 23 h 43 min

« proustituette : cocotte à la recherche du temps perdu »

La nécrologie putride de Libé cite cette épiphanie digne d’un dieu, en concluant néanmoins : il faut bien que Genette se passe… Toute une vie de recherche littéraire pour arriver à ce gag !

Ed dit: 11 mai 2018 à 23 h 21 min

Bordel, un Francais dans l’Académie et devinez qui fout la m-erde ?

Bon sinon, dans le cinéma francais, bien à l’abri de la liberté suédoise, toujours pas de Weinstein, ni de Rozon. Continuez ainsi.

Pat V dit: 11 mai 2018 à 23 h 11 min

La littérature dans tout cela ?

Jazzi, apparemment Gérard Genette est nullement un naïf qui prendrait une vessie pour une lanterne littéraire… :)

Ed dit: 11 mai 2018 à 23 h 10 min

« proustituette : cocotte à la recherche du temps perdu »

J’adore. Une fille perdue (appellation donnée jadis aux prosituées) à la recherche du temps perdu.

hamlet dit: 11 mai 2018 à 23 h 10 min

oui christiane, pena tiranna, tyrannie de a pénitence, regardez à deux minute, après le dernier « né spero mai trovar pietà », « je ne souhaite pas trouver la pitié », quand elle se retourne vers ses musiciens, tout l’art de la sarabande est là, dans cette énergie, juste après avoir répéter plusieurs fois « je ne veux pas trouver la pitié », le visage dur, fermé, et quand elle se tourne pour demander de scander encore plus cette maudite sarabande, que voit-on sur son visage ? l’esquisse d’un sourire, un moment sublime où la légèreté et la lourdeur ne font qu’un, elle veut que la pulsation de la sarabande soit encore plus appuyée, elle y met toute sa force ! qui sait si « scander » est voisin de « scandale », je l’espère, ça expliquerait pas mal de trucs ?

comparez avec l’interprétation poussive de Minkowksi, limite léthargique, nullissime à côté de celle de Nathalie Stutzmann, Nathalie la magnifique

https://www.youtube.com/watch?v=TSxJwRTFcOY

Clopine Trouillefou dit: 11 mai 2018 à 23 h 04 min

Delaporte de 22 h 47, il était pourtant capable de pirouettes rigolotes, Genette !

« proustituette : cocotte à la recherche du temps perdu », par exemple, c’est de lui !(j’ai trouvé ça chez le fou de Proust, comme quoi…)

Jazzi dit: 11 mai 2018 à 22 h 55 min

« Bardadrac assume et prolonge d’ une certaine manière tous ses travaux théoriques précédents ( et à venir ). »

Tout ça pour arriver à ça ! La littérature dans tout cela ?

Pat V dit: 11 mai 2018 à 22 h 52 min

Vous plaisantez Dalaporte?
Bardadrac assume et prolonge d’ une certaine manière tous ses travaux théoriques précédents ( et à venir ).
Lisez sa définition analytique du médialecte et on en reparle.

Delaporte dit: 11 mai 2018 à 22 h 47 min

« Gérard Genette nous laisse un Bardadrac, un livre coruscant et pétulant à souhait où se mêlent humour et érudition extrême. »

Je préférais nettement ses textes théoriques, sérieux, universitaires. Le maniement de l’ironie n’était pas sa tasse de thé.

hamlet dit: 11 mai 2018 à 22 h 33 min

« Widergänger dit: 11 mai 2018 à 21 h 02 min
… En tout cas c’est un très bel héritage des Grecs, cette idée de mesure. »

hé ben voilà WGG ! c’est pas bien ça ! vous voyez quand vous voulez vien faire un effort vous y arrivez !

et la spéculation (entre autres immobilière) pour vous c’est de la mesure ou bien de la démesure ?

hamlet dit: 11 mai 2018 à 22 h 28 min

« Widergänger dit: 11 mai 2018 à 21 h 24 min
… La philosophie c’est précisément la science… »

et en voilà encore un qui n’a jamais lu Karl Popper… : non, la philosophie est tout sauf une science !

pas plus que l’histoire, la littérature ou la psychanalyse.

Pat V dit: 11 mai 2018 à 22 h 28 min

Arbre. Cache toujours la forêt. Quand il n’ y aura plus un seul arbre pour la cacher, on verra peut-être enfin la forêt.
G. Genette.

Pat V dit: 11 mai 2018 à 22 h 24 min

Gérard Genette nous laisse un Bardadrac, un livre coruscant et pétulant à souhait où se mêlent humour et érudition extrême.
Par exemple, son exercice sur le  » médialecte « , pages 220 à 274, son énumération de  » mots-chimères » ( équivalent de mot-valise) page 287.
Accueil. On le  » réserve  » toujours, à se demander s’ il aura jamais lieu.

la vie dans les bois dit: 11 mai 2018 à 22 h 15 min

Je ne suis pas du tout pâtisserie. Je laisse faire à ceux qui savent.

Ce qui me fait penser
« Comment on fait les tartelettes amandines. »
qu’hier chez Ultrabright ils ont beaucoup parlé d’Edmond Rostand. Et de Cyrano. Biographie de F. Tallandier.
Alors j’avais vu la même pièce que Ph Lançon (sorti d’affaire et revenu…Et toujours énervé…)
http://next.liberation.fr/theatre/2017/06/01/edmond-a-la-fin-de-l-envoi-michalik-louche_1573876
Mais contrairement à lui, je n’ai pas fait la fine bouche, tant j’avais trouvé la pièce de Michalak truculente et fort instructive.

Jazzi dit: 11 mai 2018 à 22 h 03 min

Gérard Genette, théoricien de la littérature. C’est un métier ? L’interview mise en lien par de nota me parait consternant d’irresponsabilité et d’autosatisfaction !

Jean dit: 11 mai 2018 à 22 h 00 min

Vers la fin des années cinquante, les lycéens de terminale littéraire avaient droit à deux heures de français. Le jeune prof qui en avait reçu la charge dans mon lycée — il devait avoir dans les vingt-cinq ans — ne s’embarrassait pas de nous concocter un cours magistral. Il préférait nous faire découvrir, en nous les lisant, des textes d’auteurs encore peu connus du grand public. C’est ainsi qu’assis sur le coin de son bureau « magistral » (un bureau qui n’avait jamais mieux mérité ce nom), il fit exister pour la première fois pour nous « La Cantatrice chauve », « Les Chaises », « En attendant Godot », « Murphy » ou « Malone meurt ». Quand j’y pense, quel cadeau de luxe pour les jeunes provinciaux ignorants que nous étions. J’ai encore dans l’oreille sa voix, claire, douce, un peu suave. Il s’appelait Gérard Genette. Merci à lui pour ces heures inoubliables. Merci.

Chantal dit: 11 mai 2018 à 21 h 54 min

@ la vie dans les bois, j’ai suivi une recette de grand mère, mais j’aurais dû mettre de la maïzena pour couper la farine d’épeautre qui est trop lourde pour la recette, mais j’avais la flemme et pas de moule en cône …

https://www.youtube.com/watch?v=zGjT6WBR5vc

Cette mamie est vraiment chouette !

la vie dans les bois dit: 11 mai 2018 à 21 h 42 min

Chantal, pour réussir ce gâteau il est nécessaire de mettre les petits plats dans les grands. Vous tenez la recette de Marie José de Belgique ?

« C’est le cuisinier du comte Amédée VI qui fut souverain de Savoie de 1373 à 1383 qui inventa le gâteau de Savoie. Celui-ci se présente en forme de château fort »

la vie dans les bois dit: 11 mai 2018 à 21 h 30 min

Enfin un anti depresseur doit faire le même effet, vu les malades de l ‘en qui ont échoué leur thérapie et qui de defoulent icitte…

Widergänger dit: 11 mai 2018 à 21 h 30 min

Ce que souligne Cl. Rosset dans son essai sur la mesure chz les Grecs, c’est qu’ils la voient comme une tentation délicieuse, un bonbon au miel, en citant Homère (qu’il lisait dans le texte, mon rêve !). Ce sont là d très fortes pensées qui vont au fond des choses, et que la psychanalyse met au jour et permet put-être de penser avec la pulsion de mort, thanatos.

Widergänger dit: 11 mai 2018 à 21 h 24 min

Mais la philosophie a-t-elle vraiment des prétentions ? La philosophie c’est précisément la science d’en rabattre des prétentions de la raison.

Widergänger dit: 11 mai 2018 à 21 h 19 min

Il dit aussi qulqu part qulqu chose qui m’a paru très juste, c’est que la joie tragique n’est pas du tout contradictoire avec la tristesse. Pour celui qui connaît par une expérience personnelle la joie tragique, il peut être triste mais cette tristesse il sait parfaitement bien qu’elle ne compte pas, qu’elle n’a aucune importance pour lui, sa tristesse n’est au fond qu’une modulation de la joie foncière, comme dans la musique de Mozart, de Chopin aussi. Il y a aussi de belles pages sur la philosophie de la musique à propos de Jankélévitch, le mystère de la musique, qui est véritablement pour le coup un excès de réel, le réel brut de toute médiation. Très belles et fortes pages sur la musique mais il en parle souvent dans ses ouvrages précédents, à propos de Nietzsche et la musique.

Le dernier essai qu’il a écrit porte sur la Bible…

la vie dans les bois dit: 11 mai 2018 à 21 h 18 min

Et puis cette histoire de cailloux pour se noyer, c ‘est d’un grotesque mélo. Son mari s’en tire bien. Il aurait pu être accusé.

Widergänger dit: 11 mai 2018 à 21 h 02 min

Clément Rosset parle de l’ubris chez les grecs et de leur éternelle leçon de mesure : « mèden agar » comme on dit en grec (il apprenait le grec lui aussi, mais ici il cite bizarrement cette inscription au fronton du temple de Delphes chez Horace en latin, Ne quid nimis, qu’on trouve d’ailleurs déjà chez Térence, qui l’a pris des Grecs : « Rien de trop »). C’est Castoriadis dans le film de Chris Marker qui en parle aussi, mais pour dire lui que si les Grecs sont obsédés par la mesure et hantés par les catastrophes qu’entraîne toute démesure, c’est bien parce que le fond de l’âme grecque est le meurtre. Qui peut savoir ? En tout cas c’est un très bel héritage des Grecs, cette idée de mesure.

la vie dans les bois dit: 11 mai 2018 à 20 h 54 min

De nota annonce la disparition de G. Genette.
Il va falloir des cadors de la mécanique textuelle pour faire l’éloge du concept.

Dans cette veine j’avais trouvé très amusant,au sortir d’ une nuit de fête, le livre de O. Cadiot « Providence »

Widergänger dit: 11 mai 2018 à 20 h 51 min

Jazzi dit: 11 mai 2018 à 12 h 49 min
Espérons que WGG donnera un avis plus détaillé, sur Joseph Roth !
___________
Je te dirai ça quand je l’aurais lu. Je viens déjà de le sortir de ma pile de bouquins à lire. Le voilà sur mon bureau. C’est déjà un premier pas.

Pour l’instant je viens d’achever le dernier livre de Clément Rosset, avec une certaine tristesse parce que c’est le dernier. Je les ai tous lus depuis le premier, même ceux qui sont désormais introuvables.

Il creuse le même sillon de la joie tragique. Mais ironie du sort, il écrit : « Ce petit livre est consacré à une drnièree (je l’espère pour moi et pour mes lecteurs) tentative d’analyse et de description de la joie de vivre et de la joie d’exister. » Il ne croyait pas si bien dire…! En fait, il décrit plus qu’il n’analyse, son analyse se bornant comme d’habitude à montrer l’impuissance de la raison à rendre compte d’une joie sans cause, donc en fait inanalysable et incompréhensible sinon par une expérience personnelle semblable à la sienne. Il semble confondre « vivre » et « exister » ; c’est presque pareil. Mais « exister » implique une sortie de soi, un élan vers l’autre, un ex- que n’implique pas forcément « vivre ». Mais il ne parle nulle part dans ce dernier livre de cette différence qu’il pose ou suggère néanmoins. Il est parti sur cette dernière énigme non résolue.

Chantal dit: 11 mai 2018 à 20 h 45 min

en fait ce qui m’intéresse Christiane c’est l’étape suivante celle dans laquelle je me débat car je ne fait pas que lire, je dessine sur des pages, il y a des crobards dans tous mes cahiers, je ne publie que l’infinitésimal de ce que j’écris, je m’adapte pour me glisser, comme un lémurien, j’ai des frissons, des petites mimiques, l’autre jour pendant la représentation, mon voisin suait à grosses gouttes, et l’acteur ne parlait en définitive que de ses désirs d’homme, de son besoin de femmes pour arrondir ses angles froissés, et pendant son monologue d’homme révolté par la guerre, son extase rétro/parfumée, j’avais comme une envie de sortir de la salle ou de crier et nous alors ? Que pouvons – nous vous demander ? Passe – moi le sel à table, l’extincteur est – il encore valide pour les assurances, j’ai d’autres souvenirs que vous, vous en rendez – vous compte ? Je suis sortie dès que le sortilège du texte s’est achevé, et dans le goût immodéré des fleurs qui dansaient comme des lucioles de synthèse, la partie légère s’est envolée dans le tramway, s’est dispersée dans l’air comme une tête de pissenlit rhizomique. L’autre a rejoint les étudiants de théâtre qui prenaient une bière sur la place après le spectacle et a pris part à leurs conversations discordantes …

la vie dans les bois dit: 11 mai 2018 à 20 h 44 min

Hier soir à la télé, il y avait des savants dans la grande bibli d’Ultrabright.

Un académicien a déniché un « vice-consul » improbable qui a voyagé vers Lahore. Sur le coup, je me suis dit, tiens, C’est une coïncidence.

« British India
A Rudyard Kipling.

Les bureaux ferment à quatre heures à Calcutta ;
Dans le park du palais s’émeut le tennis ground ;
Dans Eden Garden grince la musique épicée des cipayes ;
Les équipages brillants se saluent sur le Red Road…

Sur son trône d’or, étincelant de rubis et d’émeraudes,
S. A. le Maharajah de Kapurthala
Regrette Liane de Pougy et Cléo de Mérode
Dont les photographies dédicacées sont là…

– Bénarès, accroupie, rêve le long du fleuve ;
Le Brahmane, candide, lassé des épreuves,
Repose vivant dans l’abstraction parfumée…

– A Lahore, par 120 degrés Fahrenheit,
Les docteurs Grant et Perry font un match de cricket, –
Les railways rampent dans la jungle ensoleillée… »
H. Levet

christiane dit: 11 mai 2018 à 20 h 39 min

Hamlet
Pena Tiranna, Nathalie Stutzmann, Ensemble Orfeo 55, HAENDEL.
Magique à écouter dans cette fin de jour. Merci.

Nicolas dit: 11 mai 2018 à 20 h 36 min

Et si ce week end vous renonciez un peu « aux prétentions »? C’est celle qui le dit qui y est ^^
Bon week end

christiane dit: 11 mai 2018 à 20 h 25 min

@hamlet dit: 11 mai 2018 à 19 h 46 min
Ah, vous voilà. Chic alors ! Oui, à ce que vous dites.

christiane dit: 11 mai 2018 à 20 h 21 min

Chantal,
Musil… Il me fascine par son rapport au hasard, son ironie, son aventure intellectuelle. Un philosophe, dites-vous, mais un philosophe qui a renoncé aux prétentions de la philosophie ! J’aime passionnément le personnage d’Ulrich dans L’homme sans qualité car il est le reflet de l’importance du possible, du hasard, de l’instabilité, de l’indétermination, de l’indécision de l’époque et des actes des hommes. Déjà l’élève Törless et ses désarrois intellectuels dans un roman qui est celui d’un adolescent dans la vieille Autriche d’avant-guerre, l’annonce.
Pour moi, c’est l’écrivain de l’obscur des pensées, une vie que « les mots ne cernent point, oppressante, épuisante, une vie que l’on ne peut connaître que par fragments. Il est égaré. »
P. Jaccottet, présentant ce roman (Les désarrois de l’élève Törless) évoque les lueurs et l’obscur que le roman restitue. Il écrit « le clair-obscur » à propos des réactions du jeune Törless perdu dans l’atmosphère vénéneuse de ce collège très huppé et ne sachant comment se comporter envers Basani qui est torturé par ses camarades. Troublé par un ébranlement profond, le même ébranlement que ressentira Ulrich au début de L’homme sans qualité.
Musil, écrivain de l’insaisissable.
Dommage que hamlet ne soit pas là. Nul ici ne l’a mieux compris et peut-être Sergio sur un autre blog (le sien) qui nous a laissé goûter à un improbable roman inachevé.

Paul Edel dit: 11 mai 2018 à 20 h 01 min

Mais non jazzi, je t’aime bien tout balzacien que tu es.. simplement tu as le droit de renâcler devant « vers le phare » car Virginia Woolf fait une révolution du roman comme en peinture on est passé du Figuratif à l’abstrait.Ce n’est pas pour rien que le personnage le plus drole,charmant,perplexe, acharné, excitant,paumée, intelligente, est cette Lily Briscoe, sa peinture n’est plus qu’interrogation,doute,hésitation .. elle se demande si elle doit mettre un arbre au milieu de la toile ou à gauche.. on insiste jamais assez sur les flous, les hésitations,les traits de drôlerie semés par Virginia.

hamlet dit: 11 mai 2018 à 19 h 46 min

ouai, légèreté et lourdeur sont des notions assez curieuses, comme dit l’autre « là où la légèreté nous est donnée la gravité ne manque pas ».

mais je sais, c’est tellement compliqué ces histoires, ça change tellement vite, ce qu’on pense être frivole nous apparait soudain comme pesant, et toute la lourdeur du réel peut se transformer en légèreté sans qu’on y fasse gaffe, sans allez chercher du côté de Mozart, ou même remonter à Buxtehude, par exemple on n’imagine pas le lien qu’il peut y avoir entre le saudade d’une bossa nova légère comme une plume et la sarabande, qui est je vous le rappelle une vieille danse espagnole, trop peu présente à mon avis dans les romans, plus dans le cinéma, vous avez déjà vu danser une sarabande ? une danse gaie et légère, frivole, insouciante, et pourtant Haendel l’utilise à chaque moment de grande lourdeur, parce que la sarabande est scandée, sur un tempo par très rapide, un truc qui correspondrait à un andante, un andante scandé, bam – bam bam – bam – bam bam, une espèce de pulsation captivante qui vous prend, vous enveloppe et ensuite ne lâche plus sa prise, comme si vous retrouviez à la place d’un os dans la gueule d’un chien, ah qu’elle est loin la danse frivole, mais non pas si loin en fait, il suffit de tendre un peu l’oreille pour la percevoir, un résidu de ce qui a été autrefois une frivolité, elle n’a pas complètement disparue, et voilà comme le lourd et le léger s’entremêle et là la petite phrase de Blanchot prend tout son sens, cette phrase autrement incompréhensible soudain s’éclaire : là où la légèreté nous est donnée la gravité…, vous êtes un type frivole et léger jazzy, je le sais je vous connais bien, vous l’êtes autant que je suis un type lourdingue, vous pouvez en rire, le poids du monde m’a toujours écrasé, et pourtant quand j’entends cette sarabande le monde s’éclaire et devient beau, magnifique, juste quelques notes pour pardonner toutes les fautes et tous les crimes du monde, vous savez comment on appelle ça jazzy ? on appelle ça la Grâce
https://www.youtube.com/watch?v=lS20wC3h9aA

Chantal dit: 11 mai 2018 à 19 h 19 min

@ Paul Edel, à propose du personnage et des sauts ellipes abréviations, je ne parlerais pas de roman autour du je, de l’individu, mais de son résidu le dividu.

Jazzi dit: 11 mai 2018 à 18 h 53 min

Exact, hamlet, Musil est lourdingue-chiant, Roth est plus aérien et littéraire, je confirme !

Jazzi dit: 11 mai 2018 à 18 h 51 min

« on sourira-soupirera (les deux sont liés tout le temps chez elle) avec Mrs Dalloway ? »

Perso, je soupire plus que je ne souris à la lecture de Mrs Dalloway, Clopine ! Il paraitrait que j’en suis resté au roman balzacien, selon Paul Edel…

Paul Edel dit: 11 mai 2018 à 18 h 40 min

En ce qui concerne certaines « coupes » effectuées par Virginia Woolf, des passages considéres par son premier cercle de lecteurs comme des dissertations abstraites, il est évident,par exemple qu’à la fin de la section 7,sous le titre global « la fenêtre » , en dernière page, Mrs Ramsay parle » de « cacher des petites choses » et la difficulté de s’entendre sur l’aménagement d’une maison pour un couple.. « réparer une toiture » etc.. Virgina W. développera amplement tout ceci dans son essai « une chambre à soi » alors qu’ici cela fait à peine 15 lignes belles et bien intégrées .

hamlet dit: 11 mai 2018 à 18 h 27 min

« correspondant chacune à l’erreur et l’inexactitude, et ensuite analyser les dialogues de ses personnages pour repérer si leurs pensées sont entachées d’erreur ou d’inexactitude »

quand je dis « erreur » je veux bien sûr parler d’imprécisions : imprécision ou inexactitude, mais ça j’imagine que tout le monde l’avait compris.

Paul Edel dit: 11 mai 2018 à 18 h 25 min

Ce qui apparait de vraiment original et attachant dans cet art romanesque, Clopine, c’est que Virginia Woolf en multipliant les instants cloisonnés, les moments fugitifs nous permet de nous identifier à tel moment d’un personnage,mais jamais à un ensemble ensemble stable et solide. Chaque lecteur peut ainsi se projeter dans tel ou tel moment d’un personnage puis sauter et s’identifier à un autre moment d’un autre personnage.. comme dans un test de Rorschach .Il y a visiblement chez Mr Ramsay une grande dérive de solitude dans sa famille ;il est blessé par le fait d’être haï par un de ses fils. enfin, je crois que VW a bien montré la dissymétrie absolue dans ce couple. Mr Ramsay est conscient de l’insignifiance de son rôle dans la famille (lui qui est un universitaire respecté dans son milieu professionnel) car la beauté, l’attention et l’intelligence émotive envers les enfants c’est le rôle tenu avec une redoutable maestria par son épouse.

hamlet dit: 11 mai 2018 à 18 h 22 min

« Chantal dit: 11 mai 2018 à 15 h 04 min
c’est pas ce que j’ai voulu écrire, il paraît que Joseph Roth c’est du Musil exposant 4 ( peut – être est – ce exagéré ) »

oui c’est très exagéré, tellement très exagéré que ce n’est pas la peine de le mettre entre parenthèses.

Roth avait dit au sujet de Musil : « ach so voilà un écrivain qui écrit comme ein gross philosophe », autrement dit il le trouvait lourd et barbant.

et c’est vrai que Roth est plus léger, plus frivole, plus « littéraire ».

alors que Musil n’est pas trop « littéraire », je crois que Roth a aussi dit qu’il le trouvait « trop parfait », c’est vrai qu’on ne trouve pas chez Musil ces petites imperfections qui font le charme du travail artisanal, qui font le charme du roman, même de la littérature, en fait c’est parce qu’il n’était pas dans l’intention de Musil d’écrire un roman, mais bien plutôt un essai, ou plutôt un essai sur le roman qu’il aurait pu écrire à la place s’il avait écrit un roman au lieu d’écrire un essai, et autant les romans autorisent l’imperfection, autant l’essai non, à tel point que Musil a pris en compte les imperfections que son roman aurait pu contenir, en faisant même ce que nous pourrions appeler une classification des imperfections littéraires, deux catégories bien distinctes et bien séparées, correspondant chacune à l’erreur et l’inexactitude, et ensuite analyser les dialogues de ses personnages pour repérer si leurs pensées sont entachées d’erreur ou d’inexactitude, et pour y parvenir il faut déjà savoir la différence qu’il y a entre une erreur et une inexactitude, et ça Musil le savait parce qu’il avait fait une thèse sur Mach, et aussi parce qu’il vivait en Autriche à l’époque où naissait en son sein les prémisses de ce qui deviendra plus tard la philosophie analytique avec tous ses dérivés que sont la philosophie du langage et épistémologie ou philosophie des sciences, parce que Musil est un écrivain dans ce berceau, il est cousin de Wittgenstein, Popper, Frege, Russell, Carnap, Zilsel et tous les autres la liste serait trop longue pour tous les nommer : Musil fait partie du groupe !!! et ça, croyez-moi, peu de gens l’ont compris !

vous pigez ? Musil est plus proche de Popper ou de Russell que de Joseph Roth !!! et ça il faut bien se le rentrer dans le ciboulot sinon on ne pige rien à rien. Si on ne sait pas ce qu’est la réfutabilité, l’induction, les principes de certitude, la rationalité logique, l’empirisme logique, les critères de justification et tutti quanti on ne peut pas lire Musil, c’est pas possible, sinon on ne comprend pas tous ses efforts, et après on finit par le comparer à Joseph Roth ou à Hermann Broch, alors que non seulement ils ne jouent pas dans la même équipe mais en plus ils ne pratiquent pas le même sport !!!

Paul Edel dit: 11 mai 2018 à 17 h 18 min

je trouve bien votre analyse Clopine.d après ceux qui ont lu le premier jet puis les corrections de Virginia sur ce texte on retrouvera dans son journal et ses textes féministes ce qu’ elle développait dans son premier manuscrit. enfin elle écrit à Vita qu’ elle a voulu rendre hommage à la mémoire de ses parents ce qui explique peut-être la si réussie seconde partie sur la maison vide et funèbre et le thème de l absence qui trouve de si beaux accents .

Rajman dit: 11 mai 2018 à 17 h 16 min

Jean a écrit:

Rêve : je participe aux séances de torture d’ I. H. Dans un état d’intense jubilation sexuelle, je lui arrache ( c’est le cas de le dire ) ses coordonnées bancaires.
Au réveil, je me dis que c’est tout de même un sacré bonheur de péter la gueule d’un ****** de bon matin, ne serait-ce qu’en rêve.

I.H. = Ilan Halimi & ****** = juif.
Il faut qu’il continuer à rêver, à Jean, à rêver qu’une adresse IP, ça n’existe pas et que ça n’arrive qu’aux autres.
Fais de beaux rêves, Jean.

christiane dit: 11 mai 2018 à 17 h 07 min

@Bloom dit: 11 mai 2018 à 16 h 37 min
Vous parlez d’un livre, je ne connais que le film que j’avais évoqué ici, il y a quelques semaines.
« Vienne avant la nuit », documentaire de Robert Bober. Une « nuit » à double sens… Il part sur les traces de son grand-père qu’il n’a jamais connu, parti de Pologne pour finir sa vie à Vienne après avoir été refoulé de Ellis Island parce qu’il est malade. Il évoque un monde disparu et avec lui, les citant, ses contemporains : Stefan Zweig, Arthur Schnitzler, Joseph Roth, Thomas Bernhard, Franz Kafka… le Café Central. Images d’archives du passé alternant avec celles du présent, objets rescapés du désastre, sous son regard doux et douloureux. J’avais évoqué la biche qui traverse calmement le vieux cimetière où les tombes sont enfouies sous les hautes herbes.
Et DHH et W. m’avaient expliqué ce qu’était un Shetel.
Qu’apporte le livre par rapport au film ?
Oui, amnésie du peuple autrichien qui préfère l’oubli, (qui forma « 8 % de la population du Reich mais qui fournit aux camps d’extermination 40 % de leur personnel… »)
https://www.youtube.com/watch?v=AjQi2TSc06c

Bloom dit: 11 mai 2018 à 16 h 37 min

« Ainsi, alors que l’Autriche ne représentait que 8% de la population du Reich, elle a fourni 40% du personnel des camps d’extermination. »Robert Bober, Vienne avant la nuit, p.110

Clopine Trouillefou dit: 11 mai 2018 à 16 h 33 min

J’ai lu l’analyse de Paul Edel, qualifiée par notre hôte de « si lumineuse qu’elle permet de bien commencer la journée », sur la « promenade au phare » de Virgina Woolf. Bien sûr, Paul Edel a parfaitement raison sur la sensualité accordée par Virginia à ses personnages, et sa lecture est fort intelligente et recevable.

Bon, vous sentez venir le « mais », et je vais encore me faire écharper, mais…

Mais, donc, mais, (j’y vais courageusement) je trouve que Paul Edel ne souligne pas ce qui saute pourtant aux yeux, dès les premières pages : à savoir qu’à mon sens, c’est le personnage du père qui amène aussi l’obscurité, l’angoisse, et la tension : en prédisant au nom d’une « prévision cartésienne » (« il fera trop mauvais pour faire la promenade au phare ») l’espoir et le projet de son enfant, le père piétine littéralement non seulement le fils, mais aussi le fragile édifice de grâce que Mrs Ramsay tente d’établir autour de sa famille.

Et il est donc du côté obscur de la force, of course.

Je serais très très intéressée de pouvoir lire les « considérations féministes » écartées par Virginia Woolf, parce qu’à mon avis, même si in fine l’auteur choisit la métaphore pour les exprimer, elles sont néanmoins présentes, en sous-texte en quelque sorte.

Enfin, c’est ma lecture à moi,bien sûr. Qu’on ne me fasse pas l’injure de penser que je veux l’imposer… Mais enfin j’ai toujours pensé que si Woolf n’écrit pas « familles, je vous hais », ou si elle ne tue pas le Père explicitement, c’est pourtant ce dont il est question. Ses alliés, ses armes, sont ces phrases si fluides qu’on ne saurait se passer d’eau chez Woolf (et dire qu’elle s’est noyée. Je ne peux jamais évoquer la femme maigre qui a empli ses poches de cailloux avant d’aller se jeter dans l’Ouse sans être bouleversée), entre rivières et océans.

Voilà, voili, mais peut-être faut-il être fille pour lire cela chez Woolf ? (tout comme on lira différemment, à mon sens, suivant qu’on est fille ou garçon, le célèbre « Orlando », ou qu’on sourira-soupirera (les deux sont liés tout le temps chez elle) avec Mrs Dalloway ?

Chantal dit: 11 mai 2018 à 16 h 30 min

Le livre de Michel Clerq c’est Bakchich, j’aime bien son point de vue narratif,on sent qu’il est familier d’une approche anglo – saxonne des orientaux, cela me parle plus que les parodies ou préjugés simplistes de l’actu.

christiane dit: 11 mai 2018 à 16 h 11 min

Chantal dit: 11 mai 2018 à 15 h 32 min
Ah, quel est ce livre de Michel Clerq ? Ce peintre me passionne. Les premiers nus de Courbet datent des années 1840, je crois. Chacune de ses toiles provoqua un scandale. Comme il a su rompre avec les codes étroits de son époque ! Il a peint des vraies femmes, épanouies, aux formes robustes, des chairs puissantes. Sensualité éblouissante, intime. Trouver des modèles qui se déshabillent à Ornans ne devait pas être une mince affaire ! Je crois qu’il travailla beaucoup à partir de photos…

christiane dit: 11 mai 2018 à 15 h 58 min

Bérénice dit: 11 mai 2018 à 15 h 14
Vous écrivez : « j aime beaucoup les trois âges de Klimt « . je pense que vous évoquez « Les trois âges de la femme ». Trois corps entremêlés, une sorte de mue. Vision paradisiaque puis abîme de souffrance. Les chevelures de Klimt sont magiques, crinières bouclées et soyeuses. Femme jeune tenant l’enfant, d’une sensualité rêveuse. Apparition lumineuse puis tragique. Toile succédant au Baiser qui apparait un instant derrière cette toile-là. La femme devient féconde puis vieillit… C’est le principe de l’amour comme origine de la vie et la mort, toujours proche.
Il faut s’imaginer Klimt dans son atelier, entouré de femmes nues déambulant dans son atelier, aux aguets, prêtes à se figer sur un signe du peintre s’il apercevait une pose ou un geste qui l’interpellait, saisissant au vol, d’un coup de crayon rapide ces corps. Érotisation du corps féminin. Beaucoup de ces croquis vus à Vienne à l’Albertina. Très proches, dans le musée Léopold, les toiles et dessins torturés d’Egon Schiele.
La Vienne 1900, le Jugendstil et la Sécession viennoise : Klimt, Moser, Schiele, Kokosschka, Boeckl. tout un monde qui allait être broyé par la guerre…

Chantal dit: 11 mai 2018 à 15 h 32 min

Coucou Christiane, c’est curieux en effet ce dédicataire de l’origine du monde de Courbet, comme si l’orient s’invitait dans la jouissance de la contemplation … c’est le sujet du livre de Michel Clerq 😉

Chantal dit: 11 mai 2018 à 15 h 19 min

Si je n’expérimente pas un minimum je ne sais pas ensuite décaler pour le fourguer dans un personnage, je me comprend ( j’ai pas personnellement de prob de poids) mais mon personnage oui.

C’est vraiment une mode ces tutoriels pour tout, parfois avec des voix de synthèse

J’ai fini la nuit à comparer les taux d’intérêts nuls ou presque des différentes banques européennes et lire tout leur blabla commercial, les rubriques cibles, pris quques notes j’espère que çà va me servir aussi pour décrire un consommateur assommé.

Bérénice dit: 11 mai 2018 à 15 h 14 min

Christiane, j aime beaucoup les trois âges de Klimt, ne connais pas ce Gauguin, je chercherai. Je sors, ciao!

Bérénice dit: 11 mai 2018 à 15 h 12 min

Musil exposant 4, un cousin d Einstein? Un baleze auquel je ne pourrais dans ces conditions m attaquer.

Bérénice dit: 11 mai 2018 à 15 h 09 min

Bouh! Que de complications pour alimentation, la frugalité à de bon qu elle vous épargne des kilos superflus et f un temps perdu à chercher l ingrédient subsidiaire. Pour la somme calorique, de mon côté , aucun problème, système intégré, un an de cours de diététique bien digéré.

christiane dit: 11 mai 2018 à 15 h 05 min

Chantal dit: 11 mai 2018 à 14 h 21 min

à l’origine du monde ? Pour Khalil-Bey qui avait commandé cette toile à Courbet, un corps féminin interdit dans une ouverture libertine mais au-delà ? car le sexe de la femme n’est que passage, je renvoie la question à Gauguin et à cette toile peinte « du bout de la brosse, sur une toile à sac pleine de nœuds et rugosités », une composition mystérieuse qui se déroule de droite à gauche, de la naissance à la mort. « D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? ».
Il dira de cette toile : « Alors j’ai voulu, avant de mourir, peindre une grande toile que j’avais en tête et, durant tout le mois, j’ai travaillé jour et nuit dans une fièvre inouïe […]. Je crois non seulement que cette toile dépasse en valeur toutes les précédentes mais encore que je n’en ferais jamais une meilleure ni une semblable. »
C’est bon de vous lire à nouveau. Votre remarque sur la littérature autrichienne est juste aussi. Comme l’écrivait Max Frisch dans son Journal : « Ce qui est important : l’indicible, les blancs entre les mots […] Ce qui nous tient réellement à cœur, nous pouvons tout au plus le paraphraser, c’est-à-dire tourner autour en cherchant à le fixer. »

Chantal dit: 11 mai 2018 à 15 h 04 min

c’est pas ce que j’ai voulu écrire, il paraît que Joseph Roth c’est du Musil exposant 4 ( peut – être est – ce exagéré ) …

Je vais me plonger dans la cinématographie de Monky, je dois intervenir demain sur les compagnons de la Marguerite et rien n’est prêt.

Chantal dit: 11 mai 2018 à 14 h 58 min

moi j’ai raté un gâteau de Savoie hier et renversé de l’huile dans ma salle de bain, j’en ai trop fait aussi. Personne ne m’a vu, mais en regardant les tutoriels de cuisine sur le web si précis et minutés j’ai joué au gâte sauce avec une certaine chance malgré tout c’était mangeable lol. Ensuite avec une certaine perversité toute féminine j’ai essayé de calculer le nombre de calories ingurgitées (la recette enrichie du Paris – Brest par un chef basque au craquelin double choux praliné m’ayant fait réfléchir sur l’addiction au sucre + gras), ensuite j’ai été sur un site de recettes de grand – mère pour perdre du ventre avec les plantes ( salade d’ail des ours, oranges, menthe, poivre noir,bettrave rouge et graines de chanvre ouf !!!) et pour finir j’ai trouvé une radio fréquence pour stimuler la glande pinéale en dormant après avoir évité l’achat d’un extracteur de jus à crédit vendu par un chevelu vegan qui conseille de ne plus se laver mais uniquement se brosser la peau après avoir bu lentement tout du long du jour des jus alambiqués … C’est un divertissement moderne qui me permet d’oublier l’actu.

Bérénice dit: 11 mai 2018 à 14 h 47 min

Musil désespéré ? Non, lucide, analytique, philosophe. Il eut une vie difficile en dépit de son intelligence et une fin malheureuse mais toutes les fins de vie le sont, il faut finir , avez vous noté le suicide assisté de ce scientifique australien de 104ans?

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