de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Mille ans de solitude pour Gabriel Garcia Marquez

Mille ans de solitude pour Gabriel Garcia Marquez

Aracataca est en deuil. Macondo aussi. Isolé sur la côté caraïbe de la Colombie, le premier est un village réel, lieu de naissance de l’écrivain Gabriel Garcia Marquez, qui en fit un mythe sous le nom du second. Ce fut Cent ans de solitude paru en 1967 en Colombie et un an plus tard en français au Seuil dans une traduction de Claude et Carmen Durand. Histoire d’une dynastie familiale, fresque foisonnante et chronique luxuriante déployée sur six générations, ce fut son grand roman de chevalerie de l’Amérique latine en quelque sorte. Son grand livre, un roman il est vrai exceptionnel qui connut un tel succès à travers le monde, durable et profond, que, généralement, sa seule « victime » ne s’en remet pas. Entendez que quoi qu’il écrive par la suite, et quoi qu’il ait écrit avant, quoi qu’il ait fait, tout sera à la fois éclipsé et illuminé par ce seul livre dont le titre à lui seul agit comme un sémaphore dans l’histoire récente de la littérature.

«Bien des années plus tard, face au peloton d’exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l’emmena faire connaissance avec la glace…. »

L’incipit même figure dans les anthologies des plus fameux débuts romanesques. « Gabo », comme on l’appelait familièrement, y mêlait plusieurs registres d’écriture à plusieurs genres littérairesépopée, fable, folklore, mythe, merveilleux, histoire, politique, baroque, fantastique- avec une audace et une liberté formelles héritées de sa lecture passionnée et éblouie de son maître Faulkner, mais aussi de Rabelais. On voudra y voir le porte-drapeau, le chevau-léger et que sais-je encore d’une « école du réalisme magique » où le réel le dispute au merveilleux, l’impalpable au culte du surnaturel, les fantômes aux prémonitions transmis. Tant et si bien qu’en créant son poncif à son corps défendant, celui-ci avait gagné le statut de lieu commun, sinon de tarte à la crème, de toute analyse du roman latino-américain contemporain, la gloire de Garcia Marquez ayant voué à un injuste oubli le discret génie pionnier d’un Juan Carlos Onetti. Ecole ou pas, « Gabo » n’avait rien d’un maître, ni même d’un professeur bien qu’il ait favorisé la naissance d’écoles de cinéma et de journalisme en Amérique latine.

garcia marquez© Daniel Mordzinski

 Journaliste il fut journaliste il est resté car c’était sa manière d’agir sur l’histoire immédiate, de dénoncer les dictatures installées par les Etats-Unis sur son continent natal. Il essayait tout le temps, adaptant son style aux besoins de son histoire, mêlant si nécessaire le roman au reportage, qu’il s’agisse de célébrer une fois de plus le corps de la femme, de nouer le lyrisme à la lucidité, de louer la haute figure de Simon Bolivar. Ses derniers textes sont plus oubliables. Ses Mémoires furent décevants. Mieux vaut relire L’Automne du patriarche (1975) en y décryptant sa large part autobiographique, comme une confession d’écrivain butant sur sa notoriété revisitée à travers celle d’un dictateur.

 Il prenait sa gloire avec autant d’orgueil que d’humour. Son discours devant l’Académie suédoise, à l’occasion de son prix Nobel de littérature (1982), en témoigne. Avec en sus la constance politique qu’il faut lui reconnaître, celle du combat anti-impérialiste, anti-capitaliste et antiaméricain, assorti d’une fidélité à peu près sans faille à Fidel Castro et au castrisme. Il fit de la réception de Stockholm une tribune politique, l’occasion de dénoncer le pillage, l’oppression, l’abandon du continent latino-américain, achevant son discours sur une note utopique rêvant d’un monde « où personne ne peut décider pour les autres jusqu’à la forme de mourir, où vraiment soit vrai l’amour et soit possible le bonheur, et où les lignées condamnées à cent ans de solitude ont enfin et pour toujours une deuxième chance sur la terre ». N’empêche que son oeuvre était avant tout hantée par la solitude, ce dernier mot étant celui qui revenait le plus souvent dans son discours de Stockholm, dès l’intitulé « La soledad de América Latina ». La solitude et puis la mort, la mort, la mort… Il y a quelques mois, alors qu’il luttait à nouveau contre le cancer lymphatique, elle a fini par l’emporter à 87 ans. A chaque rémission, tandis que les journaux se livraient rituellement à une chronique de sa mort annoncée, il se désolait de ce que son passage dans l’au-delà serait la seule de ses expériences qu’il n’aurait pas le bonheur de raconter.

Lorsqu’il était étudiant, la découverte de La Métamorphose de Kafka lui avait fait abandonner le droit pour la littérature, autrement dit l’écriture de sa première nouvelle. C’était un écrivain, qui avait été, à ses débuts, prêt à crever de faim pour devenir et demeurer avant tout un écrivain. Même s’il ne remisa jamais l’habit du reporter. Même si sa gloire de romancier ne freina jamais en lui l’homme d’action et l’intellectuel engagé qu’il ne cessa d’être. La postérité dira si, comme le suggère le critique Philippe Lançon, il fut un “Hugo tropical”. Peut-être pas le nôtre mais certainement “leur “ Victor Hugo. Non seulement celui de la Colombie mais celui de toute l’Amérique latine. Un continent, un imaginaire, un univers, une langue dont Aracataca et Macondo demeureront à jamais les capitales inoubliables. Pas seulement pour eux mais pour nous aussi.

(Photos Isabel Steva Hernandez et Daniel Mordzinski)

Cette entrée a été publiée dans Littérature étrangères.

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commentaires

704 Réponses pour Mille ans de solitude pour Gabriel Garcia Marquez

la mala hora dit: 21 avril 2014 à 18 h 27 min

Sinon, il faisait assez frais en altitude pour que la glace ne fonde pas.

C’est pratique pour le ping-pong, mon grand-père déjà l’affirmait, d’une pierre, deux coups.

des journées entières dans les arbres dit: 21 avril 2014 à 14 h 51 min

« c’en est fini la technique du service volet nietzschéen. »

A la volée, Hamlet, à la volée.
Et cette histoire d’inceste et de fornication, de queue de cochon en tire-bouchon, vous m’excuserez mais ce n’est pas vraiment une idée d’avenir d’humanité.

Sinon, il faisait assez frais en altitude pour que la glace ne fonde pas.

Sergio dit: 21 avril 2014 à 14 h 16 min

Annie Lacroix-Riz dit: 21 avril 2014 à 12 h 59 min
c’est la goutte d’eau de trop.

Toutes les gouttes d’eau sont de trop… La goutte d’huile, en revanche…

hamlet dit: 21 avril 2014 à 14 h 14 min

ML, il veut se faire passer pour un littéraire et pour revenir sur un blog littéraire il prend quoi comme pseudo ? le nom d’un joueur de tennis !
en plus Wilander jouait comme un pied.

vous savez c’est quoi votre problème Wilander ?
votre problème c’est vous n’avez jamais compris que si ce monde était logique avec lui-même le nietzschéisme aurait prendre fin en 1945 !!! disparaitre dans les ruines de l’Europe.
au lieu de ça vous et vos petits chéris vous continuez de propager cette pensée prônant les bienfaits des vérités aristocratiques.
vous n’avez jamais compris le ressentiment de Nietzsche pour Paul, sa jalousie qui le poussait à des débordements de vanité prétentieuse.

Wilander enfoncez-vous bien dans la tête nous vivons l’époque du tie break de la pensée philosophique.
c’en est fini la technique du service volet nietzschéen.

vous connaissez le diction : montrez moi un nietzschéen et je vous montrerai un crétin ?
notre monde s’est effondré sous le poids de l’expertise philosophique qui veulent jouer le rôle des juges de ligne, ils nous gueulent dans les oreilles ‘out!!!’ alors que la balle est dans le terrain juste pour le plaisir de faire remarquer la grandeur de leur esprit nietzschéen !
Wilander de mes deux.

JC..... dit: 21 avril 2014 à 14 h 11 min

RE-CA-LE !
Les FEMEN m’ont recalé.
Je ne serai pas une Femen combative, j’ai échoué à l’examen ! Je m’en veux d’être exclus …

« T’as un tivoli trop proéminent, c’est pas normal » m’a dit la chef, après m’avoir tâté de partout … Je lui ai tout de même glissé mon n° de tel, sans me faire voir des autres brutes.

« Salut, Mathilda ! A bientôt ! » m’a t elle jeté à la figure… BOn, faut que j’aille activer les neurones. A demain !

jem dit: 21 avril 2014 à 14 h 08 min

Julio Cortazar ou Borges me semblaient plus importants.
Cortazar, on va fêter son centenaire l’été prochain.
Si on veut absolument faire un parallèle : Hugo, oui – mais Flaubert d’abord !

Widergong dit: 21 avril 2014 à 14 h 03 min

« A éviter à tout prix : la lecture des réactions des « grands » de ce monde (présidents, ministres & consorts) à la mort de Garcia Marquez.

au contraire : on n’a pas si souvent l’occasion de rigoler »

encenser un écrivain c’est azebine
(si encore c’est ml qui rédigeait les réactions, la planète (remplie de ploucs à part lui et son toutou) seraient enfin instruite ( élevée au niveau de la france)

JC..... dit: 21 avril 2014 à 13 h 48 min

Je viens de remplir ma demande d’inscription chez les FEMEN, fraichement installées à Clichy ! Faux nom pris au hasard, né en Colombie, faux seins, écrivaine, Mathilda Garcia Marquez, la sœur du génie … Pourvu que je réussisse aux tests !
(j’en ai vu une ….mmmh…adorable ! j’en ai vu une autre qui ressemble à Valentina Terechkova, hélas… Qui va faire la fouille à corps ?… )

JC..... dit: 21 avril 2014 à 13 h 36 min

rose, dans la nef des fous, on bande du soir au matin … car les fous sont déraisonnables

De toutes façons, encartés chez Descartes ou non, on meurt. Autant que ce soit glorieusement !

rose dit: 21 avril 2014 à 13 h 35 min

nouilles sautées, caramel, brocolis, omelette, petits pois, nuoc man.
Mmmmmhhhhh
Fous ou pas, bandez, vivants que vous êtes ;
et nous sautillons dans nos robes Lacroix, pantalons larges, chasubles rouges et or, vestons courts brodés.

rose dit: 21 avril 2014 à 13 h 31 min

Je ne pense pas que fou, l’on bande, mais je ne préfère pas m’avancer sur ce sujet.
Un roncier, des mûres alors, pas des roses.
Mais où est Madame, donc ?

Onésiphore de Prébois dit: 21 avril 2014 à 12 h 52 min

A éviter à tout prix : la lecture des réactions des « grands » de ce monde (présidents, ministres & consorts) à la mort de Garcia Marquez.

au contraire : on n’a pas si souvent l’occasion de rigoler

Onésiphore de Prébois dit: 21 avril 2014 à 12 h 49 min

Mon passage préféré dans Chrétien de Troyes, Yvain, c’est quand il erre nu dans la forêt, en proie aux plus intenses douleurs. (Rose)

Il bande si fort en pensant à Laudine qu’il se prend dans un roncier qui passait par là : ça fait très mal.

Onésiphore de Prébois dit: 21 avril 2014 à 12 h 44 min

Onésiphore, vous êtes parent avec Lucienne Ranjoux de Prébois ? (Jean Riosc)

Lucienne Ranjoux est en effet une amie à moi, du temps où nous allions ensemble cueillir les fraises dans les bois de Prébois.

DHH dit: 21 avril 2014 à 12 h 41 min

moi je n’ai aimé qu’une chose dans ce film temoin de la naissnce du boboïsme;mais cela m’a permis de le voir jusqu’au bout malgré mon ennui:les robes courreges que porte l’heroîne ,ces petites robes stricturéees aux couleurs de bobons qui faisait nos delices à cette epoque et auxquelles nous etions addict au detriment de nos finances

Onésiphore de Prébois dit: 21 avril 2014 à 12 h 40 min

Détendez-vous, Widergänger. C’est moi qui signais Annie Lacroix-Riz. (OneNote)

Et vous avez eu raison car, de fait, des archives authentifiant les origines juives de Chrétien de Troyes étaient bel et bien conservées au centre culturel juif de Donetsk. Malheureusement, elles ont été récemment brûlées par des émeutiers où figuraient, semble-t-il, des éléments antisémites. Mais je me suis laissé dire qu’il s’en trouve une copie au centre culturel juif de Dniepropetrovsk. Affaire à suivre.

la mala hora dit: 21 avril 2014 à 12 h 10 min

hier encore j’objectivais clairement le progrès du au vote dans ce trou où je vis

c’est ça pouet pouet et les roustons à l’air comme dit boudegras

au sujet de ggm dit: 21 avril 2014 à 12 h 06 min

>Widergänger non seulement je l’ai crue Annie Lacroix-Riz mais en plus cela m’a permis d’être contente pour vous ce qui était une bonne chose.

quelle nouille la rose

bof dit: 21 avril 2014 à 12 h 03 min

quand on pense que les petits hommes verts avaient envoyé une soucoupe volante sur l’esplanade des mosquées uniquement pour venir récupérer le Messie Michel Alba et que celui ci à refusé de partir avec eux, uniquement parce qu’il avait encore des choses à nous dire: ayons en ce jour de Pâques un pensée amicale pour ce sacrifié! merci Michel

berenice dit: 21 avril 2014 à 11 h 50 min

Richard, il doit se sentir bien seul dans notre beau pays, hier encore j’objectivais clairement le progrès du au vote dans ce trou où je vis et qu’une majorité concéda à ce parti oublieux du tout et du détail!

bouguereau dit: 21 avril 2014 à 11 h 47 min

Je n’ai pas été jusqu’au bout du film … Trop roman-photo à mes yeux

ou pas assez..déjà à l’époque jicé, une couverture de nouvelobs..sautet c’est une chronique des années 70’s comme les français se prenaient tous pour des pizaiolo….ha si y’avait eu force cul sur le siège arrière avec edvige..fénéque!..et un trait dhuile d’olive ici et une goutte de citron là..queqlues copeaux..mais pas trop!..là daccord, du chefdouevre

arthur dit: 21 avril 2014 à 11 h 21 min

Depuis le retour du dingue abruti ML Widergänger, le niveau ne cesse de baisser- c’était déjà pas bien brillant

rose dit: 21 avril 2014 à 11 h 15 min

je m’inquiète pour la personne qui propose, un deux trois cachetons et au lit. Ce soir, ce sera abrutissement complet.

>Widergänger non seulement je l’ai crue Annie Lacroix-Riz mais en plus cela m’a permis d’être contente pour vous ce qui était une bonne chose.

Ici galopin joue.
Bof.
Moi aussi quand je bosse, je joue.
C’est pour oublier la pénibilité du boulot : songez à lui, avec quelque apitoiement, qui trime un lundi de Pâques alors que nous nous apprêtons à partir au marché, tranquillou et oisive.

>JC quand tu n’auras plus besoin de moi, tu lâcheras la corde, hein, bêêêêê

bonne journée les p’tits loups,

OneNote dit: 21 avril 2014 à 11 h 06 min

Détendez-vous, Widergänger. C’est moi qui signais Annie Lacroix-Riz.

Et la plaisanterie n’était pas si mauvaise puisque certains l’ont prise au sérieux. Les archives sont impitoyables… les adresses IP aussi.

Joyeuses Pâques (chértiennes, hein !).

Trois cachetons et au lit dit: 21 avril 2014 à 11 h 06 min

Encore une journée entière non stop sur la RDL, Widergänger? Vous ne dormez pas, ne mangez jamais? Quelle tristesse, quelle solitude…

Widergänger dit: 21 avril 2014 à 11 h 03 min

Non, elle n’intervient pas du tout. Rose, C’EST UNE PLAISANTERIE D’UN PLOUC D’ICI. Rien d’intéresant en soi. Et encore moins qui concerne de près ou de loin Chrétien de Troyes.

Widergänger dit: 21 avril 2014 à 11 h 02 min

En revanche les auteurs allemands de la même période sont beaucoup plus proches du réel et en même temps beaucoup plus profonds que les auteurs français sur ce réel social comme cet extrait de Jahrestage, de Johnson, cité par le héros Brodbeck, de Peter Härtling :

« Mais l’enfant regardait une plage en Amérique. À côté des touristes, on travaille, une drague à godets se traîne, la gueule pleine à ras bord, sur ses chenilles jusqu’à la pointe du môle, verse son chargement dans le filet d’une grue capable de prolonger devant elle sa surface d’appui. À côté du large sentier fait de planches épaisses, des travailleurs de « couleur » découpent à l’aide de pinces-monseigneur les fondations de bungalows pourris sortis de terre, empilent avec ordre les dôsses. Mai remet tout à neuf, une saison ininterrompue de spéculation. »

C’est une scène qu’on pourrait facilement imaginer dans un film de Sautet. Et qui existe d’ailleurs, transposée en France, plus ou moins, dans certains de ses films, notamment dans Les Choses de la vie.

rose dit: 21 avril 2014 à 10 h 59 min

>Widergänger
vous parlez d’une historienne Annie etc. elle intervient, cela ne me choque pas. J’ai pensé qu’elle intervenait pour vous soutenir et que nous prêtions allégeance à vos propos.

>Si c’est plaisanterie collégienne de l’infâme JC, privons-le de chocolat, ce jour et les suivants, il se repentira.

Le passage préféré des gosses ce sont les combats dans les tournois ; le géant Harpin coupé en deux, les fieffés félons et tout ça. Parfois, on le joue : un fait le cheval, l’autre le chevalier ; ils caracolent en bondissant. Une fait la dame qui tisse sous son hennin*, les yeux baissés pudiquement à terre.
* http://medieval.lacorreze.com/tableaux/hennin.htm

Puis l’on déambule sous des charmilles diverses et variées tressées, les branches d’un arbre, avec les branches de l’autre, tout ça.

Cela ne change rien à rien : les plus fins, les plus intelligents, les plus déliés, se draguent les bas de plafond et bas de caisse : le drame.

Je ne suis pas découragée, non : mais je préfère Yvain. Lui, au moins, se remet illico de sa folie et se décarcasse pour retrouver Laudine. Un preux.

Je ne fais pas cela tout le temps ; mais lorsque cela me prend, nous le faisons. Cette année, je me demande si nous n’allons pas quitter l’amour (vu le résultat en troisième auquel j’ai du mal à croire) et mimer les combats, à terre et tout. Je vais y songer (comme cela on aura moyen de lutter contre les djihadistes et tous les autres inventoriés par JC). Je prendrai le jour où ils ont sport pour qu’ils aient la tenue.

Salut Widergänger.

Widergänger dit: 21 avril 2014 à 10 h 51 min

Tu as eu tort, JC.

J’avais autrefois un peu le même sentiment que toi à l’égard de Sautet. Mais aujourd’hui, je trouve qu’il a créé par ses films une véritable chronique des années 70 qu’aucun écrivain n’a su exprimer. En cela c’est un trésor précieux. Moi, ce film, je dois dire, m’a beaucoup ému au point que c’en était parfois difficile à tenir. Trop d’émotions. Trop de nostalgie aussi pour l’époque.

Widergänger dit: 21 avril 2014 à 10 h 47 min

Je sais bien que la culture fout le camp à la vitesse grand V, que les radios dites culturelles sont parfois au-dessous de tout comme cette Annie Morvan, mais la culture, le savoir, ça existe, contrairement à ce que pensent les ploucs d’ici et d’ailleurs.

JC..... dit: 21 avril 2014 à 10 h 44 min

Tu as raison sur certains points.

Mais par exemple on peut lire la colère de l’architecte contre les promoteurs -colère surjouée par Piccoli- comme une façon pour le personnage complètement coincé dans son indécision affective, d’exprimer par ces protestations un trop-plein, un cri qui le soulage, sans connotation autre…

Je n’ai pas été jusqu’au bout du film … Trop roman-photo à mes yeux.

Widergänger dit: 21 avril 2014 à 10 h 42 min

Mais non, rose, vous n’avez pas compris qu’il s’agissait d’une plaisanterie (stupide et de mauvais goût, comme la plupart des plaisanteries sur ce blog…!). Il y a des raisons objectives de penser que Chrétien était d’origine juive, mais ce ne sont pas celles-là.

De toute façon, c’est un détail insignifiant pour la compréhension de son œuvre. L’essentiel, c’est que c’est Chrétien qui a inventé le terme de « roman » au sens moderne et par ce qu’il appelle la « conjointure » créer une synthèse tout à fait géniale d’éléments culturels disparates d’horizon les plus divers (celtes, chrétien, merveilleux, réalisme social à la Zola, l’amour dans le mariage avec la bénédiction de l’Eglise qui au même moment créer le sacrement du mariage, tout cela très bien expliqué notamment par Jean-Louis Tains). Il a quasiment tout inventé dans l’art romanesque, que les suivants ne feront que développer.

au sujet de ggm dit: 21 avril 2014 à 10 h 38 min

Widergänger dit: 21 avril 2014 à 10 h 34 min

c’est triste que ni elle ni Garcia Marquez ne vous aint eu comme prof ils sauraient que tout vient de france, entre autre sources d’inspiration

Widergänger dit: 21 avril 2014 à 10 h 34 min

Beaucoup d’ignorances et de malentendus sur l’espression « réalisme magique ».

Annie Morvan semble supposer que le Surréalisme n’aurait jamais existé. Faut arrêter un peu, les bofs, les bœufs.

rose dit: 21 avril 2014 à 10 h 31 min

>Pourtant, et ce pour les esprits chagrins (et méfiants), Annie Lacroix-Riz nous a parlé des archives de Donetsk (en russe Донецк, et en ukrainien Донецьк) lieu sur la sellette ces temps, capitale industrielle.
Juste, pourquoi les archives concernant Chrétien de Troyes se retrouvent-elles à Donetsk ? Par quel biais, ou concours de circonstances ? Ce fait m’intéresse : si vous pouviez répondre à cela Annie Lacroix-Riz, je vous en serais gré.

Widergänger dit: 21 avril 2014 à 10 h 29 min

JC, je te trouve très injuste avec Les choses de la vie de Claude Sautet. C’est toujours un excellent film qu’on revoit avec plaisir, qui traduit quelque chose d’impalpable du début des années 70, restitué intact quarante ans plus tard. Je l’ai revu avec beaucoup d’émotions contrairement à toi. Mais j’ai zappé la fin, trop d’émotions, je ne pouvais pas. On le voit même aujourd’hui avec un regard enrichi quand on pense par exemple qu’à la même époque existait la Gauche Prolétarienne, Benny Lévy, etc. Dans la colère de l’architecte Michel Piccoli contre les promoteurs avides, on y entend aujourd’hui mille autres voix. C’est d’autant plus fort et émouvant. Il y a une profondeur de Sautet qui n’apparaît peut-être qu’aujourd’hui.

JC..... dit: 21 avril 2014 à 10 h 26 min

OneNote, votre plan est astucieux mais inhumain.

Par contre, un drône-magistrat qui juge et condamne le méchant, suivi à 10 secondes d’un drône-avocat qui se contente de dire « Désolé » et tout de suite après un petit missile guilleret tiré par un drône-démocrate … ça irait.

JC..... dit: 21 avril 2014 à 10 h 21 min

OneNote, bonjour ! Demander quelque chose à Annie Lacroix-Riz, en espérant obtenir une réponse claire, ouverte, objective, me parait peine perdue tant sa belle intelligence me parait dévoyée depuis longtemps !

Je l’imagine, Mélenchon élu… disons dans un délire… Première Dame.

OneNote dit: 21 avril 2014 à 10 h 20 min

JC pose un problème important. Concernant nos compatriotes musulmans partis faire le jihad en Syrie, je suis favorable à la politique de l’assassinat ciblé dès qu’ils poseront à nouveau le pied sur le sol français. À la façon des troupes spéciales israéliennes ou du GAL contre les terroristes basques. C’est une méthode très efficace.

JC..... dit: 21 avril 2014 à 10 h 08 min

Holà ! Oh ! Hé, rose !!!
C’est pas fini ces récriminations matinales pour une petite question sans importance : que fait-on des mille galopins terroristes fachos antisémites, anti républicains, antidémocratiques, quand ils reviendront du Parc d’Attractions syrien pour djihader sur place ???

rose dit: 21 avril 2014 à 9 h 58 min

JC….. dit: 21 avril 2014 à 6 h 51 min

Je te hue, dia.
Si vous trouvez cela malin de nous flanquer les boules le lundi matin au point du jour, de Pâques. Bravo, c’est gagné.

OneNote dit: 21 avril 2014 à 9 h 55 min

Bonjour, JC.

Hier soir sur TF1 il y avait Sur la piste du Marsupilami, avec Alain Chabat et Jamel Debouzze.

Quel rapport avec le billet, me direz-vous ? Il y en a un justement. L’histoire se passe en Palombie, petit état voisin de la Colombie. Or peu de gens le savent, mais les parents de Garcia Marquez, anciens guérilleros marxistes, étaient originaires de Palombie, qu’ils ont fui après le coup d’état fasciste (soutenu par la CIA) du général Pochero. Mais là on quitte le réalisme magique pour entrer dans la tragédie historique. Demandez à Annie Lacroix-Riz, elle prépare un livre choc sur le sujet.

rose dit: 21 avril 2014 à 9 h 55 min

Béhémoth dit: 21 avril 2014 à 1 h 54 min

pas bien du tout de pas finir un bouquin : pas fini, pas fait dit mon père. Et a dit mon grand-père.
22 ans après doit y avoir moyen. Surtout si c’est la moitié de la moitié de la moitié de la moitié doit pas rester tant que ça à lire.

jean claude dit: 21 avril 2014 à 9 h 50 min

ce culte de la personnalité qui rappelle parfois celui entourant certains dictateurs tropicaux qui entretiennent un rapport fusionnel avec leur peuple.

bonjour la condescendance!
ça n’a rien à voir avec un quelqconque culte de la personnalité (arrêtez de confondre avec votre admiration pathologiques pour les néonazes)

JC..... dit: 21 avril 2014 à 9 h 20 min

Politiquement, les pays du continent latino sont dans « l’irréalisme magique » depuis toujours et le goût de la dictature tropicale, immuable.
(pour l’irréalisme magique, on devrait bien se comprendre, eux et nous, en 2014)

OneNote dit: 21 avril 2014 à 9 h 07 min

je ne suis pas sûr que d’autres cultures peuvent comprendre l’intensité de l’amour que les Latino-américains portent à García Márquez. Je ne sais pas si le XXIe siècle et sa culture pop peuvent comprendre le niveau d’affection – et non d’idolâtrie – que nous portons à cet écrivain.

Mais si, mais si, on peut. Comme on peut trouver suspect ce culte de la personnalité qui rappelle parfois celui entourant certains dictateurs tropicaux qui entretiennent un rapport fusionnel avec leur peuple.

JC..... dit: 21 avril 2014 à 8 h 46 min

On parle peut être à tort de réalisme magique pour le continent latin ; comme si l’on parlait pour l’Europe de réalisme tragique : vrai et faux entremêlés…

JC..... dit: 21 avril 2014 à 8 h 19 min

García Márquez signifie beaucoup pour nous autres car il a donné à toute l’Amérique latine un mythe fondateur. En créant l’histoire et la nostalgie des Macondo, il nous a donné à tous une origine. Toute l’Amérique latine commence à Macondo. »

Bonne nouvelle, que d’avoir une origine… Et maintenant, elle va où, l’Amérique latine de Macondo et Gabo ? Au Vénézuela de Maduro…?

Au sujet de Garcia Marquez dit: 21 avril 2014 à 8 h 09 min

Le journaliste et écrivain mexicain Emilio Lezama rend hommage à l’auteur de « Cent ans de solitude », à celui qui était considéré comme l’un des plus grands écrivains de langue espagnole.

J’ai grandi en écoutant de multiples histoires « tropicales ». Mon père et mes grands-parents viennent deTenosique, un petit village perdu dans la jungle mexicaine où l’unique manière de communiquer avec le monde était de suivre le fleuve Usumacinta.

Ce n’est que de nombreuses années après que je me suis rendu compte que ces fameuses histoires que l’on me racontait enfant n’étaient pas aussi ordinaires qu’elles paraissaient l’être : celle de Laura qui attend 100 ans, assise devant son piano, le retour de son amant ; celle du capitaine Galvez qui navigue sur le fleuve Usumacinta jusqu’à la baie de New-York, et ramène de Manhattan des langoustes ; ou celle du vieil homme assis sous un acajou, contant aux enfants les « Mille et une nuits », alors qu’à chaque histoire contée, ils devaient lui arracher l’un de ses cheveux blancs…

J’ai appris très vite que la réalité et la fantaisie étaient entremêlées, que la vie était faite pour être racontée et non pour être soumise à la rigoureuse et ennuyeuse loi de la vérité chère aux Occidentaux.

Percer l’âme de l’Amérique latine

En lisant “Cent ans de solitude”, l’œuvre de Gabriel García Márquez, j’avais donc l’impression d’écouter mon grand-père. Les villages de Macondo et Tenosique devenaient des noms interchangeables, indissociables, faisant partie l’un de l’autre.

Lorsque j’ai terminé le livre, aussitôt après avoir refermé la couverture, j’ai ressenti un profond sentiment de nostalgie. Comme si ces fameuses cent années parcouraient mon corps. Comme si mes veines étaient remplies de l’histoire de la famille Buendía.

Un jour, un ami français fit devant moi l’éloge de l’étendue de l’imagination de García Márquez. “Ce type est un génie”, disait-il. “Comme s’il avait vécu tant de choses complètement folles, et magiques”. Je fus très surpris.

Car si García Márquez était bel et bien un génie, ce n’était pas tant pour sa folie ou la magie de son imagination que parce qu’il est parvenu, mieux que quiconque, à décrire ce qu’est l’âme de l’Amérique latine…

Un chroniqueur de la réalité

Si “Cent ans de solitude” est une œuvre dite de “réalisme magique” pour les Européens, pour nous, Latino-américains, elle est l’œuvre littéraire réaliste la plus importante de l’histoire. La réalité qu’il y décrit a une saveur magique pour beaucoup, mais pour nous, elle a l’apparence du quotidien.

L’écrivain Álvaro Mutis disait d’ailleurs, au sujet de ce livre :

“Je ne peux pas lire ‘Cent ans de solitude’ sans éprouver une sorte de panique un peu sourde. Il touche à des éléments très profonds de l’inconscient collectif américain. Il y a en lui quelque chose de mythique, une charge si profonde, que je suis toujours incapable de l’analyser”

Plus qu’un roman, pour beaucoup, “Cent ans de solitude” est une généalogie.

Il nous a donné à tous une origine
je ne suis pas sûr que d’autres cultures peuvent comprendre l’intensité de l’amour que les Latino-américains portent à García Márquez. Je ne sais pas si le XXIe siècle et sa culture pop peuvent comprendre le niveau d’affection – et non d’idolâtrie – que nous portons à cet écrivain.

Cet écrivain, qui a vu le jour dans les tropiques colombiennes, et qui fit du Mexique sa maison, aura parlé toute sa vie de l’Amérique latine comme d’une utopie, comme d’un rêve, comme d’une espérance.

Un jour, la femme d’un autre écrivain m’a expliqué à quel point “Cent ans de solitude” était un livre important pour elle et son mari.

« Nous avons grandi dans un village comme celui de Macondo. Il ne s’appelait pas Macondo, mais il aurait pu être ce village. Nous avons vécu ces cent années de solitude ! »

J’ai alors pensé à Tenosique, le village de ma famille, mais je n’ai rien ajouté. Chacun d’entre nous a son propre Macondo, et chacun d’entre nous pense qu’il est unique. Comme si, par le hasard du destin du village qu’a fondé José Arcadio, la vie de nos ancêtres était en tout point semblable. Voilà pourquoi le départ de Gabo fait autant mal à nombre d’entre nous.

García Márquez signifie beaucoup pour nous autres car il a donné à toute l’Amérique latine un mythe fondateur. En créant l’histoire et la nostalgie des Macondo, il nous a donné à tous une origine. Toute l’Amérique latine commence à Macondo. »
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1192355-gabriel-garcia-marquez-en-amerique-latine-sa-mort-cree-un-vide-douloureux.html

JC..... dit: 21 avril 2014 à 8 h 02 min

« .. Les esprits rationnels de ce côté-ci du monde n’ont pu, fascinés par la contemplation de leur propre culture, trouver une méthode satisfaisante pour nous interpréter ». Prononcée en 1982 à l’occasion de la remise du Prix Nobel, cette phrase est hélas toujours d’actualité.

Etant d’un grande arrogance, cette phrase s’inscrit bien dans l’actualité ! Elle conforte ceux qui, reconnaissant la qualité de son œuvre, n’adorent pas le bonhomme !

Au sujet de Garcia Marquez dit: 21 avril 2014 à 7 h 54 min

EN 1966, GABRIEL GARCIA MARQUEZ, alors âgé de 39 ans, avait déjà publié quatre livres et survivait à Mexico avec son épouse Mercedes Barcha et ses deux enfants, tirant le diable par la queue, livrant avec le papier et sa machine à écrire un combat de vie ou de mort. Le besoin dans lequel se trouvait sa famille était tel que lorsqu’il se présenta à la poste centrale de Mexico, il ne put envoyer à son éditeur de Buenos Aires que la moitié du manuscrit qu’il venait de terminer, car le tarif pour l’expédier tout entier excédait ses moyens financiers. Seize ans plus tard, il recevait, vêtu du traditionnel likiliki colombien, le Prix Nobel de littérature des mains du roi Carl Gustav de Suède.
Entre ces deux dates, un roman qui allait bouleverser la littérature de la seconde moitié du XXème siècle : Cent ans de solitude. Partant de son village natal d’Aracataca, transformé pour l’éternité en Macondo, et de ses souvenirs d’enfance, García Marquez avait créé un territoire et un univers où se bousculait le meilleur de la littérature de tous les temps : de la Bible à Rabelais et Cervantes, de la poésie du siècle d’Or au Yoknapatawpha de Faulkner, des contes des Mille et une Nuits à Flaubert et Victor Hugo, pour ne citer qu’eux. Et le miracle de la littérature s’était produit : tout à coup l’Amérique latine existait parce que quelqu’un l’avait écrite.
A l’heure d’aujourd’hui, cinquante millions d’exemplaires de Cent ans de solitude ont été édités dans le monde et le livre a influencé un grand nombre d’écrivains en Amérique Latine, en Europe, en Afrique et jusqu’en en Chine où Mo Yan, lui aussi prix Nobel de littérature, a déclaré un jour que la lecture de ce livre avait été pour lui un choc. On a beaucoup écrit et demain on écrira encore beaucoup sur Cent ans de solitude. Dans un très beau texte, « Pourquoi lire les classiques », Italo Calvino dit, entre autres, ceci : « Un classique est une œuvre qui provoque sans cesse un nuage de discours critiques, dont elle se débarrasse continuellement ». Autrement dit, toute grande oeuvre comporte une part de mystère qui nous incite à la lire et la relire à travers les générations, et toujours à la découvrir comme si on la lisait pour la première fois
Mais si Cent ans de solitude et les merveilleux romans et nouvelles qui l’ont précédé et suivi constituent l’œuvre médullaire de García Márquez, ils ne l’englobent pas toute entière. Avant d’être romancier, Gabo a été journaliste et n’a jamais cessé de l’être. Dans la période antérieure à Cent ans de solitude, de 1948 à 1960, il a écrit plus de 2.000 articles et reportages, plus de 3.000 pages trempées dans les drames politiques et la violence de la Colombie, ses élites corrompues, ses dictateurs, les massacres de ses paysans, l’exploitation de ses ouvriers. Des pages emportées par la passion : pour le cinéma, les livres, la musique, l’histoire, la politique, les discussions entre amis, qu’il tenait pour sacrées. Par la passion pour la vie et pour ce qu’il plaçait au-dessus de tout : l’écriture. Des reportages du nord au sud de l’Amérique et en Europe, dans les rues de Rome, Vienne, Paris, Berlin, Moscou. En mars 1956, alors qu’il est à Paris, c’est lui qui rend compte, longuement, pendant deux mois, du procès des « fuites » concernant des informations ultra confidentielles sur l’effort de guerre français en Indochine, qui auraient été transmises aux Soviétiques alors que Pierre-Mendes-France était ministre de l’intérieur et François Mitterrand Président du Conseil.
Ses reportages sont de véritables bijoux littéraires, des petites nouvelles, des contes, comme ses voyages en train à travers l’Allemagne et l’Autriche, ou ses séjours à Rome et à Cineccità, où il est fasciné par les films de Vittorio de Sica et le jeu d’Alida Valli. Un de ses premiers reportages est devenu un livre, Récit d’un naufragé, et plus récemment, en 1996, alors que lui-même ne pouvait entrer en Colombie en raison de la folie meurtrière des cartels de la drogue, il fit du témoignage de Maruja Pachón, enlevée et séquestrée par le bras armé du cartel de Medellín, un incroyable thriller. En 1985, il a créé à La Havane la Fondation du nouveau cinéma latino-américain et en 1995, à Bogota, la Fondation pour le nouveau journalisme ibéro-américain. Toutes deux, aujourd’hui encore, forment des jeunes de tous les continents aux métiers du cinéma et de la presse.
Le Gabriel García Márquez journaliste a parcouru l’Amérique Latine et le monde et s’en est forgé une vision : celle des pays que l’on disait alors du Tiers Monde et que l’on qualifie aujourd’hui d’émergents. Nul doute que sa rencontre avec Fidel Castro en 1958 à Caracas, qu’il relate dans un reportage intitulé « Mon frère Fidel » a été décisive dans son engagement aux côtés de Cuba. Un engagement qu’ont partagé des millions de sud américains et qu’il n’a jamais renié. Sa voix a résonné haut et fort pour condamner les dictatures de Pinochet et de Videla ainsi que la junte militaire uruguayenne, et son action en faveur des disparus et des prisonniers politiques nécessairement plus discrète n’en a pas moins été efficace, y compris à Cuba.
Gabo était un homme généreux, facétieux, timide et raffiné. Lorsque j’ai fait sa connaissance, en 1981, nous avons passé plus de deux heures dans un café à comparer, modifier, corriger, comme dans un jeu, le texte espagnol et le texte français d’une de ses nouvelles, « La trace de ton sang dans la neige», qui devait être publiée dans le numéro de fin d’année du Nouvel Observateur. Par la suite, la traduction de ses livres en français a été l’occasion de partager une authentique complicité et une véritable passion pour la langue. La même cohérence et la même exigence parcourent son œuvre et son engagement moral et politique. García Márquez, journaliste inconnu ou écrivain célèbre foulant non sans plaisir les tapis rouges du pouvoir, a été jusqu’à son dernier souffle un homme fidèle à son écriture, fidèle à sa conscience, fidèle à ses amitiés.
C’est ce qu’une certaine critique française n’a pas compris ou a refusé de comprendre. De la richesse d’une œuvre et d’une vie, elle n’a renvoyé qu’une image fabriquée par un « politiquement correct », où le droit à la différence n’inclut pas celui de penser et de voir le monde avec d’autres yeux que les siens : celle, réductrice, d’un écrivain compromis par une amitié honteuse avec un dictateur infréquentable. Ces attaques ont nui à la reconnaissance de son œuvre et l’avaient meurtri, alors qu’il aimait tant la France, qu’il avait sillonnée avec son ami le plus proche, Alvaro Mutis, et Paris, où il avait un appartement et où il venait de temps à autre, incognito.
« .. Les esprits rationnels de ce côté-ci du monde n’ont pu, fascinés par la contemplation de leur propre culture, trouver une méthode satisfaisante pour nous interpréter ». Prononcée en 1982 à l’occasion de la remise du Prix Nobel, cette phrase est hélas toujours d’actualité. Elle aurait pu être prononcée par un autre prix Nobel de littérature, José Saramago, et peut-être que Peter Handke ne la désavouerait pas. Mais reste l’œuvre de García Márquez et son mystère que de génération en génération les lecteurs tenteront de déchiffrer pour leur plus grand plaisir et sans jamais, peut-être, y parvenir.
http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/200414/garcia-marquez-journaliste-inconnu-et-ami-fidele

JC..... dit: 21 avril 2014 à 7 h 17 min

On ne lit pas « 1940-1945 » de Patrick Buisson, on ouvre 1500 pages d’un sac immense où tout est en désordre, défaite, occupation, collaboration, libération. Vie quotidienne, changements des rapports entre hommes et femmes, entre occupés/occupants/libérateurs, bref les conséquences de l’effondrement d’une nation …

Le contenu du sac répandu au sol, on comprend bien des choses qui vous avaient échappées.

L’essai, qui ne peut être qualifié de travail d’historien classique, est écrit sans plan strict, sans idéologie véritable. Il surprend connaissant l’auteur, mais le regard est pointu, la masse des faits documentés est énorme, et vous sortez de là en ayant terriblement enrichi votre connaissance de l’époque… et votre lecture de Sigmaringen !

Aucun livre ne m’a autant fait comprendre ce qui s’était passé durant ces années tragiques. Aucun. Ce n’est pas rien.

Bien entendu, je suis incapable d’en dire plus, n’ayant pas la qualité nécessaire, mais je conseille aux curieux de faire ce voyage, ils ne le regretteront pas.

JC..... dit: 21 avril 2014 à 6 h 51 min

Assommé par le traitement médiatique bisounours du retour de « nos otages », on en oublie volontairement de poser les bonnes questions : que faire des « jeunes Français » en formation terroriste en territoire de djihad, un millier, qui reviendront sur le territoire national comme le fit le sympathique et talentueux Merah ?

JC..... dit: 21 avril 2014 à 6 h 42 min

Le Temps est un juge cruel : comment comprendre l’enthousiasme des foules pour « Les choses de la vie », niaiserie tournée en 70 ?

Le film de Sautet est une catastrophe !

Malgré la beauté de Romy Schneider, le métier de Michel Piccoli, la séquence de l’Alfa Giulietta voletant dans les prés après avoir quitté la route, les plans rapprochés sont désastreux, le tournage ressemble à une immense pub pour le lobby des cigarettes et le désespoir vous prend, non pas à cause du scénario, mais pour le spectacle épuisant qui en est donné et qui vous cloue d’ennui devant la lucarne …

Misère du film culte devenant, avec le temps, culculte !

Béhémoth dit: 21 avril 2014 à 1 h 54 min

Gabriel Garcia Marquez, « Cent ans de solitude », et moi !.

Impossible,
ce bouquin est impossible…
J’ai essayé 03 fois.

Avoir trente ans,
tomber sur le livre de Gabo,
l’ouvrir, et lire…
sans discontinuer,
pendant 24 heures.
LA MOITIE DU TOUT.

Poser le livre,
et repos…

Deux, trois heures de décompressions,
agréable de lire au lit !.

Dix heures après,
la moitié de la moitié restante : lue.

Reposé le livre
et repos.

Puis de jours en jours,
de moitié de restant,
à moitié de restant,
d’essais de relecture de moitié par moitié,
sans avoir jamais compris que ce livre :
« jamais je ne le finirais »,
j’en suis devenu à :

le poser,
et repos.

BonuSS, le 21/04/2014. 01H54.

Béhémoth dit: 21 avril 2014 à 1 h 22 min

« Comprendre une chose est un pont et une possibilité de revenir sur le chemin.
Par contre, expliquer une chose est un acte arbitraire et parfois même un assassinat. »

… .. .

Ok, LML, je reste poli…

J’croyais, en tout bien,
tout honneur…
J’mets pas cela sur la même ligne,
ta religion incertaine, par inadvertance l’interdirait peut-être,
qu’en sais-je !.

Mais pour ce qui est de la Sologne,
et du Vélo Électrique ??? ?? ?

Béhémoth dit: 21 avril 2014 à 0 h 40 min

« Widergänger dit: 20 avril 2014 à 17 h 14 min
Définition du magicien par Marcel Mauss :… .. . »

Moi, BonuSS, je suis Ok avec vous.

Brulons les sorcières,
mais faisons nous sucer avant.

Avec risques et périls,
la dentition paraît-il !.

Béhémoth dit: 21 avril 2014 à 0 h 22 min

Well,
Votre (le « Mon », historiette d’un mec,
qui dans un back-room, n’a jamais compris,
qu’il fallait dire :
au petit matin,
sur un navire :
« Mes respects de ce jour, Mon Commandant »),
m’amuse.

Bonuss.

Sergio dit: 20 avril 2014 à 23 h 12 min

Mais… Plus personne a des moquettes, si ? donc elles sont toutes fumées, finalement… D’ailleurs pour les tapis Passou explique bien in Etat limite qu’il y a les horizontaux, où on marche dessus, et les verticaux, où on marche aussi, mais moins… Ca fait encore des menaces pour la République, déjà si fragile comme un colosse…

Deux cachetons et au lit dit: 20 avril 2014 à 22 h 56 min

Pauvre homme… Des années passées à hanter tous les blogs littéraires de France et de Navarre, des heures et des heures chaque jour… Quelle tristesse, quelle solitude.

Widergänger dit: 20 avril 2014 à 22 h 30 min

Et sa chute, tout aussi géniale :

« Abends, bin ich kurz bei mir, dann nimmt die Müdigkeit überhand. »

« Le soir, je suis vite chez moi, mais alors c’est la fatigue qui s’accroît. »

« Je titube tout au long de la journée et ne suis plus qu’une créature faite de phrases qui me restent étrangères. Et le soir, je me retrouve chez moi, mais c’est alors la fatigue qui s’accroît. »

Tellement beau ! Une phrase qui brise la hache en nous.

Un cacheton et au lit dit: 20 avril 2014 à 22 h 23 min

C’est bien, Widergänger, vous avez passé plus de 15 heures hier sur ce blog, vous le squattez encore sans relâche aujourd’hui, vous devriez dormir un peu

Widergänger dit: 20 avril 2014 à 22 h 20 min

Peter Härtling, voilà un écrivain qui a des couilles pour pouvoir écrire une phrase pareille !

Widergänger dit: 20 avril 2014 à 22 h 01 min

« Ich taumle durch den Tag und bin nur noch ein Geschöpf fremder Sätze »
(Peter Härtling

« Je titube tout au long de la journée et ne suis plus qu’une créature faite de phrases qui me sont étrangère. »

Ah ! que c’est beau ! Bon Dieu que c’est beau !

Giovanni Sant'Angelo dit: 20 avril 2014 à 21 h 50 min


…écrire parler,…concevoir,…comme,…

…un certain enseignement de l’art,…style économique,…d’élite,…sans caches,…ni passe-partout,…
…les pots de couleurs devant soi,…et tient avec un gros pinceau de la projection à la volée,…
…un certain humanisme éclairé,…etc,…
…Ah,…Ah,…ou sont les perspectives en rapport, les volumes,…etc,…

TKT dit: 20 avril 2014 à 21 h 29 min

@ renato dit: 20 avril 2014 à 18 h 47 min
“Déjà c’est quoi cette familiarité, Widergänger, est-ce que je vous ai tutoyé, moi ? et puis il faudrait quand même pas oublier à quoi vous avez attaché votre wagonnet… »:
Alba-Trost utilise le tutoiement de rejet.
Schlechter Kinderstube ?

TKT dit: 20 avril 2014 à 21 h 21 min

@ DHH dit:19 avril 2014 à 17 h 01: Vous êtes « kiasu », persistante ou têtue ? D’abord j’ai déjà rencontré des agrégés dans ma vie, même des profs d’université et je sais, que l’on peut être léger et fort diplômé. LM, ML pour les bienveillants, se croit le grand génie de sa génération, un peu comme D. se prend pour Dieu et JCouille se croit au dessus de tout et de tous.
Et puis, DHH, c’est Michel Alba-Trost lui même qui vint nous parler de son agrégation ratée.

Widergänger dit: 20 avril 2014 à 21 h 06 min

Yvain ne devient pas errant, rose, il devient fou.

C’est en effet le passage le plus célèbre du roman de Chrétien. J’imagine que vous connaissez son analyse par Jacques Le Goff, qui se réfère lui-même au travail de Claude Lévi-Strauss sur le cru et le cuit. Belle étude, n’est-ce pas ? C’est le passage que les élèves préfèrent avec celui de la fontaine merveilleuse.

rose dit: 20 avril 2014 à 20 h 52 min

J’écouterai + tard ce que dit JAM sur le roman « Une semaine de vacances » mais en attendant ce que vous en dites vous Onésiphore, c’est vraiment très fort.

rose dit: 20 avril 2014 à 20 h 31 min

Mon passage préféré dans Chrétien de Troyes, Yvain, c’est quand il erre nu dans la forêt, en proie aux plus intenses douleurs.
Laudine vient d elui dire, homme tu n’as pas tenu ta promesse, repars je ne veux plus de toi et youp. Il devient errant.Au milieu des essarts tout ça, il rencontre l’ermite, mange la viande crue et se jette sur la pain dont « la mouture dont on l’avait fait valait à peine vingt sous le setier ».

rose dit: 20 avril 2014 à 20 h 22 min

Onésiphore de Prébois dit: 19 avril 2014 à 22 h 33 min

Pire encore à mes yeux.
Il la tue et le faisant il lui demande de dire qu’elle aime ça cette salope.
Tuer quelqu’un en le laissant vivant cela me sidère.
Mais, il s’est chopé Alzheimer et a crevé au moment où elle publiait son livre.
Pas de possibilité de plus de commentaires.
Connais un peu la racine de Merveilles qui vient de mirabilis en bas latin
http://portail.atilf.fr/cgi-bin/getobject_?p.4:70./var/artfla/dicos/TLF_NICOT/IMAGE/

Salle Wagram..... dit: 20 avril 2014 à 19 h 30 min

Tweet/Tous les combats que nous avons essayé de monter avec le boxeur-éditeur Jean-Jacques Reboux ont été refusé pour la même raison.

« On a des légers, vraiment hyper-légers, mais ton Reboux, c’est rien. T’as vu comme il s’est couché devant le « Dément de Bab-el-Oued » ? Pas question qu’un de mes super-légers le tue. D’un simple regard …! »

Salle Wagram..... dit: 20 avril 2014 à 19 h 00 min

Souvenirs sportifs ! Renato, au sommet de son art, avait défié le Bouc de Porquerolles dans un combat pour le titre national.

Combat qui, je vous le rappelle n’a jamais eu lieu, JC étant victime d’un « penis captivus » caprin dans les vestiaires.

On raconte que sa copine Clopine était venu de Beaumec lui faire dédicacer son livre « En camping-car avec Heidegger à travers la Bavière », accompagnée de sa chère chèvre la jolie « mademoiselle de Lamballe ».

Le Bouc de Porquerolles avait choisi de baiser la chèvre, juste avant le combat …

renato dit: 20 avril 2014 à 18 h 57 min

Merdre ! je serais donc plus ennuyeux que vous ? Bon, c’est vrais que quelqu’un qui arrive à lire dans les cendres d’une ville, il est archéologue ou comique, mais dans votre cas quel triste comique…

renato dit: 20 avril 2014 à 18 h 47 min

Déjà c’est quoi cette familiarité, Widergänger, est-ce que je vous ai tutoyé, moi ? et puis il faudrait quand même pas oublier à quoi vous avez attaché votre wagonnet…

Widergänger dit: 20 avril 2014 à 18 h 45 min

L’article de Chantal Lévêque (mis en ligne indirectement par Brevel ici présent) sur le dernier roman de Pierre Assouline dit bien ce que j’en disais ici (avec quelques nuances supplémentaires). C’est un remake qui laisse sur sa faim. Tout cela est emprunté, dans tous les sens du terme. Manque d’originalité, manque d’imagination, manque de couilles pour dire ce qui nous tarabuste dans la confusion du temps. C’est de cette confusion qu’il faudrait partir pour créer du neuf, pour y trouver le tremplin vers un chemin personnel. Mais pour ça, il faut des couilles ! Ne pas craindre sans s’appuyer sur l’histoire de plonger dans l’esprit des profondeurs pour mettre tous nos connaissances au service de ce qui est inexplicable et qui va à l’encontre du sens. L’esprit des profondeur est ce qui d’abord nous prive de la parole et de l’écriture pour tout ce qui n’est pas au service de cette chose, cette fusion du sens et du contre-sens qui produit le sursens. Comprendre une chose est un pont et une possibilité de revenir sur le chemin. Par contre, expliquer une chose est un acte arbitraire et parfois même un assassinat.

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