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La République Des Livres par Pierre Assouline

Sade, ce fin rhétoricien

Par Michèle Vallenthini

35463_1492782168278_3813884_nSi la rhétorique classique préconise le modèle idéal d’une parole efficace et claire fondée sur des valeurs politiques, morales et spirituelles, les caractéristiques de l’« ars bene dicendi » sadien sont par contre totalement différentes. Pour simplifier les choses, on peut les réduire à deux : premièrement, la rhétorique sadienne se caractérise par une tendance à la surenchère, ce que Villeterque qualifie de « démesure », disloquant l’équilibre classique de la rhétorique, qui n’est pourtant jamais sans une élégance classique digne d’un Bossuet. Il y a de tout, et souvent il y en a trop : trop de mots, trop de pages, trop de répétitions, trop d’épisodes intercalés, bref, dans le raffinement même de la rhétorique, il y a quelque chose qui la fait exploser. Et surtout, il y a les digressions philosophiques des libertins, subvertissant ou exacerbant tous les sujets de prédilection des Lumières. C’est comme si les corps en mouvement, la fluidité des larmes et du sang rejoignaient la démesure protéiforme de la rhétorique qui fait passer le lecteur par un chaud-froid savamment ménagé.

Une deuxième caractéristique de la rhétorique sadienne est son exemplarité. La culture empiriste, dont un avatar est le triomphe de l’exemple tout au long du XVIIIe siècle, n’est pas sans incidence sur la rhétorique. Ainsi, si Sade est fin rhétoricien, il est aussi empiriste raffiné : en faisant passer ses personnages par le vaste laboratoire qu’est ce monde, il leur confère un caractère exemplaire. La vertu terrassée sous les traits de Justine est un de ces scénarios exemplaires que Sade ne cesse de reproduire à l’infini, faisant alterner séquences narratives et dissertations. Mais, par inversion, la vocation édifiante de ce topos est toujours gangrénée d’obscénité. Les fonctions du récit exemplaire, sa portée morale et didactique, sont honorées à rebours. Si les intentions édifiantes que Sade proclame au seuil des textes, les placent sous le signe du genre exemplaire, les attentes du lecteur sont rapidement déçues. Ainsi, dans Les infortunes de la vertu, le scénario de la vertu naïve reste-t-il poignant. Un renforcement du ton allant de pair avec un durcissement idéologique dans Justine ou les malheurs de la vertu et dans La Nouvelle Justine fait que le tableau exemplaire des malheurs d’une jeune fille modèle devient amoral, avant de tourner à l’immoral. Toute l’ambiguïté de la rhétorique sadienne réside dans la combinaison contre nature entre un côté éminemment classique et galant et les écarts, dérapages qui prennent source dans l’exigence, encyclopédique, de tout dire (…)

Qu’est-ce qui a changé pour que le marquis change ? Eh bien, tout ! La Révolution a basculé les anciens cadres de pensée et de vie, qui ont servi d’orientation à toute une génération d’écrivains et de penseurs qui est celle de Sade. L’avènement de la démocratie a ouvert un espace public insolite dont il faut savoir se servir. Le sang et la noblesse, auxquels Sade tenait tant, ne servent plus de grille d’interprétation. L’aristocratie est remplacée par une méritocratie, et l’argent vient remplacer le sang. Aussi la professionnalisation et la spécialisation des savoirs entraînent-elles un déplacement du militantisme philosophique vers une déontologie scientifique. Un autre versant de ce même mouvement pousse une Germaine de Staël à prendre ses distances vis-à-vis de la philosophie, et à se tourner vers la littérature. Cette nouvelle génération d’écrivains, marquée par l’expérience de la Révolution, formule une inquiétude fondamentale aussi bien envers les tropes anciens que les tropes nouveaux, et s’interroge sur le lien entre rhétorique et valeurs, entre éloquence et liberté.

L’époque thermidorienne et directoriale, le Consulat et l’Empire, enfin, achèvent de mettre en porte-à-faux les héritiers des Lumières, qui ne se reconnaissent plus dans cette unification morale autoritaire qui les marginalise. La grande littérature, pâtissant de la suppression de la liberté d’expression, se construit en marge de l’Empereur, souvent dans l’exil. C’est ainsi que la pensée politique, qui est en même temps celle de l’Histoire, devient synonyme de la pensée d’émigrés. Un gothique sombre et réactionnaire, remplaçant l’Antiquité révolutionnaire, et une émotion jaillissante prennent le dessus, et ce dans une époque coincée entre le classicisme expirant et le romantisme naissant, en quête de fondements anthropologiques pour une nouvelle société et une nouvelle littérature.de_sade

Dans un régime où il convient de dérober la politique et les allusions à une histoire ressentie comme problématique entre les lignes, on est, bien entendu, tout aussi chatouilleux sur certaines questions de morale. Voilà pourquoi Sade est arrêté de façon préventive. Il va être interné, sans jugement, à Sainte-Pélagie, à Bicêtre (1803), puis transféré à l’asile de Charenton. Il y écrit Les Journées de Florbelle, puis trois romans d’inspiration historique, dans lesquels on peut observer le passage de l’épistémè de la Nature à celle de l’Histoire, en même temps que la résistance de l’aristocrate déchue au progrès de cette dernière, mais surtout un certain revirement en matière de rhétorique.

On reconnaît Sade dans le choix des sujets, mais non pas dans le ton atténué. S’il reste fidèle à ses sujets de prédilection comme la vertu persécutée, la femme méchante, comme Juliette, ou insoumise comme Léonore, la rhétorique qu’on lui connaissait de ses romans pornographiques, la radicalité philosophique au nom de la Nature semblent avoir disparues (…) Tout se passe comme si l’obscénité avait cédé la place à la dignité de l’objet historique. D’où vient ce revirement subit, d’un côté, dans le sens de l’histoire aux dépens de la Philosophie dure, et, de l’autre, en faveur d’une rhétorique « gazée » ?

La rhétorique du tout dire exemplaire des romans d’avant 1800 est encore sensible dans les observations de Sade sur Les Journées de Florbelle ou la Nature dévoilée, ouvrage écrit entre 1806 et 1807, puis détruit par les soins de la famille du marquis. Ce dernier roman licencieux du marquis aurait compris entre autres un aveu formel que l’auteur de Florbelle est aussi celui de Justine, une « préface aux libertins de tout sexe et de tout âge », et une « épître dédicatoire à Dieu ». D’après ses notes, le texte aurait renfermé plusieurs passages de dissertations philosophiques, dont une sur la religion, une autre sur l’âme, et une troisième sur Dieu. Puis serait venu un traité de morale, en onze sections, et un traité de l’antiphysique, le tout truffé de supplices rares et terribles.

C’est vers la même période que Sade doit avoir conçu son premier roman historique. Si on le compare aux Journées de Florbelle, c’est non pas, comme dirait Annie Le Brun, « un bloc d’abîme », mais, au contraire, presque un rayon de soleil. La Marquise de Gange, publié de façon anonyme en 1813, retrace le sort tragique d’Euphrasie de Gange, assassinée par cupidité par son mari et ses frères. Adélaïde de Brunswick, princesse de Saxe (publié en 1953, écrit en 1812) met en scène une princesse insoumise, parcourant le continent européen et poursuivie par son mari qui la soupçonne d’infidélité. Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France (publié en 1954, écrit en 1813) décrit la vie criminelle de la reine allemande qui a perdu la France et encouragé la maladie mentale de son mari.

Outre une prédilection nette pour les choses historiques, les pièces de chevalerie et un Moyen Âge sombre, ces romans trahissent peut-être plus. On dirait, en effet, que les romans historiques de Sade tombent bien, en ce qu’ils se conforment à merveille aux devoirs hérités d’une tradition rhétorique classique que Bonaparte impute à l’histoire. Celle-ci doit avoir une portée didactique et transmettre un enseignement moral allant dans le sens du renouveau moral projeté par l’Empire. En trois mots : historia magistra vitae (…)

   Le « C’est maintenant, ami lecteur, qu’il faut disposer ton cœur et ton esprit au récit le plus impur qui ait jamais été fait depuis que le monde existe » et le « sois philosophe » des Cent Vingt Journées de Sodome avec ses sophistiques rhétoriques, la dédicace aux « voluptueux de tous les âges et de tous les sexes » du dialogue de la Philosophie dans le Boudoir, puis l’adresse « aux libertins » des Journées de Florbelle se muent en leur contraire : la dédicace aux libertins semble être devenue un « aux vertueux de tous les sexes et de tous les âges ». Les avatars du mal dans le monde, la vertu terrassée par le vice, tous ces sujets si chers au marquis sont toujours présents, mais de concert avec un nouveau ton. Une deuxième chose, plus significative encore, a changé : l’entreprise de corruption du lecteur a laissé la place à une rhétorique visant à l’amélioration morale de ce dernier.

À première vue, étant donné le changement de rhétorique, on dirait qu’en écrivant ces trois romans, Sade pourrait avoir eu conscience d’être entré dans un nouvel âge des mentalités. Mais, en optant pour le modèle rhétorique de l’« historia magistra vitae », il choisit un modèle révolu qu’il semble poursuivre avec un conformisme remarquable. Or, Sade ne serait pas Sade, s’il n’y avait pas un grain de malice. Sade à l’eau de rose ? Loin de là, car, si, comme je l’ai montré, l’auteur adhère ici à la tradition rhétorique en adoptant le topos de l’« historia magistra vitae », les métaphores d’une nature en révolte, et, avec elles, les périples désordonnés des personnages, les imbroglios identitaires, les malentendus, les corps meurtris, les catastrophes qui se multiplient expriment tout autre chose : quelque chose grouille dans les soubassements (…)

Les trois romans historiques du marquis sont autant d’assimilations métaphoriques d’une réalité devenue irreprésentable, autant de réflexions sur des questions devenues existentielles au tournant des Lumières. À quelles formes et quels tropes peut-on se fier, quand tout ce qui servait de repère a disparu ? Quels mots choisir pour peindre les secousses politiques, quand on ne peut pas les dire ouvertement ? Ces trois romans constituent la réponse de Sade à l’expérience révolutionnaire aussi bien qu’à la main de fer de l’Empereur. Témoin du déclin de l’Ancien Régime et de la naissance d’une société nouvelle, Sade, comme le fait aussi Joseph de Maistre, dénonce les apories des deux systèmes, et se place en plein terrain de tension entre le classicisme passé et le romantisme à venir, en pleine réflexion sur la portée des Lumières et celle de la Révolution.

Plus décent que dans Justine ou Juliette, Sade ne se laisse pas aller aux longues dissertations philosophiques. Il semble s’auto-censurer ou, plutôt, explorer le pouvoir et les apories de la langue classique, à la recherche d’une originalité propre qui assurera sa gloire d’homme de lettres.

Michèle Vallenthini

(en savoir plus ici et ici)

(« Michèle Vallenthini » photo D.R.; « Portrait imaginaire de Sade » par Man Ray, à l’origine un dessin pour Les mains libres, 1936)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire, LE COIN DU CRITIQUE SDF.

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commentaires

23 Réponses pour Sade, ce fin rhétoricien

ueda dit: 24 juillet 2014 à 21 h 44 min

Merci pour vos réponse, Michèle.
Le ton taquin du commentaire n’est qu’un amical hommage, vous l’avez deviné.

J’aime beaucoup les lettres de Sade à sa femme.
J’avais rencontré sa figure, il y a longtemps, à travers la pièce de Mishima…

Michèle Vallenthini dit: 24 juillet 2014 à 16 h 00 min

à ueda bis: le revirement consiste en ce que, à Charenton,après la rédaction de son dernier roman libertin, les journées de florbelle (dont le manuscrit a vraisemblablement été détruit), s’est mis à faire des romans historiques. c’est vrai qu’il y songeait déjà avant,mais il n’a réalisés ces projets que à la fin de sa vie

Michèle Vallenthini dit: 24 juillet 2014 à 15 h 55 min

à Wiedergänger:
je vous signale un autre ouvrage passionnant sur une question sadienne peu abordée jusqu’à présent: Sade et les femmes cheuz L’harmattan. J’y ai un article intitulé « La troisième femme »

Michèle Vallenthini dit: 24 juillet 2014 à 15 h 53 min

Effectivement Michel Delon est mon directeur de thèse.
Pour info, il vient de rééditer chez Folio, les contes du marquis qui sont également très intéressant en ce qu’ils montrent un autre Sade que celui des romans libertins: « Sade, Contes étranges », édition de Michel Delon

Michèle Vallenthini dit: 24 juillet 2014 à 15 h 51 min

Le texte publié est effectivement un extrait d’un article qui paraîtra au cours de cette année dans un ouvrage collectif chez Garnier.

En effet, j’aurais pu parler très longuement de la « philosophie dans le boudoir », mais comme l’ouvrage est très connu, je voulais contribuer à faire connaître des textes sadiens moins connus, donc des romans historiques du marquis. D’ailleus il y aura, dans le cadre du bicentenaire de la mort du marquis une exposition à la fondation Bodmer où l’on pourra voir, paraît-il, les manuscrits
Delon

ueda dit: 22 juillet 2014 à 10 h 23 min

On peut penser ce qu’on veut des idées de Mme Marcela Iacub, mais le fait qu’elle ne sépare jamais théorie et pratique est fort impressionnant.

Elle est au-delà de l’universitaire –à ses propres risques, naturellement.

ueda dit: 22 juillet 2014 à 10 h 21 min

Onésiphore de Prébois dit: 21 juillet 2014 à 9 h 17 min

Par des temps de trop fortes chaleurs, c’était pas un valet qui s’en chargeait?
(Ils ont chez Sade des noms assez stéréotypés, pour autant que je m’en souvienne.

— Mais cette apparente soumission au code dissimule en fait une révolution onomastique! Vous n’avez rien compris.
Là, je me retire sur la pointe des pieds.)

Paul Edel dit: 20 juillet 2014 à 11 h 41 min

« la fluidité des larmes et du sang rejoignaient la démesure protéiforme de la rhétorique qui fait passer le lecteur par un chaud-froid savamment ménagé. »alors,là, je suis en plein brouillard…

ueda dit: 13 juillet 2014 à 18 h 41 min

A quoi sert un Coin du/ de la critique, si il/ elle ne réagit pas?
Idem pour le traducteur (souvent plus réactif).

Devant un tel échange inégal (où mon camarade de blog Widergänger a généreusement contribué), je conclus que l’ouverture de commentaires est inutile.

(Aucun reproche, une interrogation sur le genre.
Est-ce seulement un autre billet, à parcourir parmi tant d’autres?)

Buona notte!

Widergänger dit: 10 juillet 2014 à 0 h 16 min

Beaucoup d’auteurs sont redevables à Sade : Balzac, Baudelaire, entre autres.

Eric Marty a publié récemment Pourquoi le XXè siècle a-t-il pris Sade au sérieux, Seuil.

Aussi, Michel Delon et Catriona Seth ont publié Sade en toutes lettres autour d’Aline et Valcour, chez Desjonquières, 2004.

ueda dit: 9 juillet 2014 à 8 h 31 min

Ce texte (il est vrai qu’on n’en reproduit que des extraits) me semble beaucoup charger sa barque.

Au vue de la simple chronologie de la vie de Sade, du 18ème au 19ème siècle, on pouvait craindre de retrouver les éternels schémas, qui sont souvent commodes mais que l’étude des vies ou des oeuvres singulières permettent souvent de mettre en question.

« Le passage de l’épistémè de la Nature à celle de l’Histoire! », « en plein terrain de tension entre le classicisme passé et le romantisme à venir! »…
On sort de là un peu accablé…

« La culture empiriste, dont un avatar est le triomphe de l’exemple tout au long du XVIIIe siècle »: il faut donner à « empirisme » un sens bien particulier pour que cette phrase ait un sens.

Je ne comprends pas très bien comment on peut caractériser le « second Sade » (si on veut l’appeler comme ça) par un « revirement subit, d’un côté, dans le sens de l’histoire aux dépens de la Philosophie dure », tout en signalant qu’il avait le projet d’écrire, sous l’Empire, un texte contenant des « passages de dissertations philosophiques, dont une sur la religion, une autre sur l’âme, et une troisième sur Dieu. »…

Je me demande si la continuité propre à cet Enfermé majeur n’est pas plus importante que les discontinuités d’une histoire conventionnelle qu’on veut projeter sur lui (« Qu’est-ce qui a changé pour que le marquis change ? Eh bien, tout ! »).

Je n’en sais rien, je lis ceci le temps d’un café, le temps d’une brève connexion d’hôtel.
(Sur le net chinois, on se lamente de ne pas pouvoir accès à la « Philosophie dans le boudoir » – Appartement des femmes on dit ici, ou Chambre à coucher selon une autre version du titre, qui ne reste qu’un titre…)
Les érudits comme M. Court iront peut-être de leur développement.

(Bravo pour la mèche, le rouge et l’épaule découverte).

aher de bassan dit: 8 juillet 2014 à 9 h 06 min

ainsi que le conseil de famille, réuni en 1787 par ordonnance du Châtelet de Paris ;
chaRenton 1789
C’esr donc entre 47 et 49 ANS que pivote le destin de de Donatien dont AIX en provence et ses environs ont gardé la mémoire pour les vacanciers

aher de bassan dit: 8 juillet 2014 à 6 h 59 min

un effort
avoir disparues=> disparu
. Puis serait venu un traité de morale, en onze sections, et un traité de l’antiphysique, le tout truffé de supplices rares et terribles.
=>seraient venus
UN traité de morale
+/ET
UN traité de l’antiphysique

vous ai-je assez erdéliennement torturée?
bonne journée et ..merci!

Widergänger dit: 7 juillet 2014 à 22 h 29 min

J’imagine que Michel Delon fait partie du jury de thèse. Il ne faut pas se priver de lire son Le savoir-vivre libertin, Hachette Littérature, 2000 ; et chez Albin Michel, Principe de délicatesse. Libertinage et mélancolie au XVIIIè siècle, sans compter son merveilleux petit ouvrage sur L’invention du boudoir, chez Zulma.

Widergänger dit: 7 juillet 2014 à 21 h 43 min

Baudelaire aussi est un fin rhétoricien. Il le prouve à plus d’un endroit de ses petits poèmes en prose, dont certaines parties sont parfaitement construites avec exorde et ses qualités (poser rapidement le problème à démontrer, rendre son auditoire docile, attentif et bienveillant), narration et péroraison ou conclusion.

Un exemple dans « Any where out of the world » :

«  »Dis-moi, mon âme, pauvre âme refroidie, que penserais-tu d’habiter Lisbonne ? Il doit y faire chaud, et tu t’y ragaillardirais comme un lézard. Cette ville est au bord de l’eau ; on dit qu’elle est bâtie en marbre, et que le peuple y a une telle haine du végétal, qu’il arrache tous les arbres. Voilà un paysage fait avec la lumière et le minéral, et le liquide pour les réfléchir ! » »

Un petit modèle du genre ! La digression ou « parekbasis » fait aussi partie de la partie de la rhétorique appelée « disposition ». Celles de Sade sont simplement surdimensionnées par rapport aux autres éléments de la « dispositio ».

Widergänger dit: 7 juillet 2014 à 21 h 27 min

Clément Rosset a écrit un excellent chapitre sur la grandiloquence chez Sade, et le problème de « l’émancipation du langage de la réalité », qui a un effet comique d’ailleurs, précise-t-il. C’est dans Le Réel, Traité de l’idiotie, p. 81-122. À relire.

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