Anthony Hopkins en sa muette insolence
Un grand acteur n’est pas tenu d’être doué de la plume. En dehors de Dirk Bogarde, l’exception plutôt que la règle son œuvre en témoigne, on en connait peu ; et s’agissant de Mémoires celles de Kirk Douglas (Le fils du chiffonnier) furent des rares à sembler vraiment personnels et portés par un souffle intime- le pire, le contre-exemple absolu étant les souvenirs de Charlie Chaplin, autosatisfaction et name dropping. Un style calibré par un nègre littéraire, de ces mercenaires qui fournissent une écriture sur mesure et une construction si typique de ce qui se fabrique là-bas à la chaine pour faire accoucher une célébrité devant un magnétophone. Le canevas en phrases brèves : description, dialogue, anecdote, description, dialogue, anecdote… Le cas d’On s’en est pas trop mal sorti, petit (We did OK, kid, traduit de l’anglais par Paul Matthieu, 405 pages, 24,50 euros, Flammarion) d’Anthony Hopkins. Il y a de cela mais ce serait injuste de les y réduire. Lorsqu’il se retourne sur sa vie, Anthony Hopkins a 87 ans. Disons que la première moitié de son livre est à oublier car le parfum de la fabrication n’est pas supportable lorsque le propos est banal ou parfaitement résumable en deux pages afin d’en conserver l’esprit. L’essentiel tient à ceci : une enfance de fils de boulanger de Commercial Road dans un village du Pays de Galles au début du siècle, des parents qui considèrent leur fils comme un bon à rien, un fruit sec, un raté tout juste capable de sécher les cours. Lui croit avoir trouvé sa voie lorsqu’un jour, paressant dans les coulisses d’une répétition du Spectacle de la Passion au YMCA local, il accepte de tenir un rôle vacant, celui de l’un des saints dans une scène de crucifixion avec le prélude de Lohengrin en tapis […]
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