de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Appel aux sains d’esprit

Appel aux sains d’esprit

« J’adresse aux sains d’esprit l’appel suivant:/ ne lisez donc pas toujours et exclusivement/ ces livres sains, faites donc aussi connaissance/ avec la littérature dite malade, où vous pourriez/ peut-être puiser un essentiel réconfort./ Les gens sains devraient constamment prendre/ des risques en quelque manière. A quoi bon,/ sinon, tonnerre de Dieu à la fin, être sain ?

Juste devenir idiot./ Il y a quelque chose de merveilleux à devenir idiot./ Mais il ne faut pas le vouloir, cela vient tout seul »

Robert Walser

On lit ces lignes en épigraphe de Dans la neige (118 pages, 13,90 euros, la brune au rouergue) d’Arnaud Rykner, auteur d’un poignant Le Wagon il y a cinq ans, et l’on sait déjà où l’on est à défaut de savoir où l’on va.

Il s’appelle Joseph. Interné à la demande sa sœur, il vit dans un asile dont il a le droit de sortir pour se promener en forêt ou boire un coup à l’auberge du village. Il s’émerveille de la nature omniprésente. Cela fait vingt ans qu’il écosse des petits pois et qu’il fait des sacs en papier. Son travail désormais. Autrefois il a écrit. Des livres, des chroniques. Il était même connu et célébré pour ça. Un journaliste lui rend visite et, de concert avec le directeur de l’établissement et le médecin-chef, le conjure de reprendre la plume. Rien n’y fait. On n’écrit pas au coeur de la folie sauf à être Artaud, un certain émerveillement dût-il se mêler à cette douleur. Sacs, petits pois, sacs, petits pois, sacs, petits pois. Il raconte le monde vu par lui, dit « je », « il », « on » alternativement et sans avertir. On le suit pourtant tandis que lui suit son chemin vers la lumière, s’éloigne sur la route et marche dans la neige jusqu’à en mourir et y rester. Il s’évanouit dans la nature.

Vertigineux dès lors que l’empathie nous gagne, et elle nous gagne dès les premières pages ; c’est d’autant plus facile lorsqu’on a en mémoire, c’est mon cas, la figure et les mots, les travaux et les jours de Robert Walser. Avant son internement dans un asile psychiatrique pour schizophrénie, à sa sa demande puis contre son gré ressentant un « effondrement de la main », il rédigeait des textes d’une écriture microscopique que des chercheurs opiniâtres mettront des années à déchiffrer. Ce qu’il appelait « le territoire du crayon », l’auteur le reconnaît, il ne s’est inspiré que lointainement de ces pans de biographie de l’écrivain suisse alémanique ; de même avec la vie du peintre suisse romand Louis Soutter qui se risqua lui aussi à être idiot en passant ses vingt dernières années dans un asile pour une sévère névrose d’échec accompagnée de profondes crises d’angoisse. Ce n’est donc pas directement d’eux qu’il s’agit. N’empêche que leur spectre hante discrètement ce livre tout en se faisant oublier. De même qu’il arrivait à Louis Soutter, violoniste à ses heures, d’arrêter de jouer en concert pour écouter les autres jouer, Joseph est capable d’arrêter d’écrire.soutter-souplesse

La figure de l’idiot n’est pas nouvelle en littérature, il s’en faut. On songe à Maury, cadet des trois fils Compson, celui qui s’exprime par des cris, Maury dit Benjamin ou Benjy afin qu’il ne souille pas le prénom de son oncle, l’idiot génial du Bruit et la fureur (1929) de William Faulkner, roman du grand désordre de l’esprit qui tire son titre de Macbeth (V,5) :  il y est dit que la vie est une fable « racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, qui ne signifie rien ». On pense aussi au prince Mychkine, l’idiot de L’Idiot de Dostoïevski encore que ce sont ses crises d’épilepsie qui le mettent dans cet état mental jusqu’à le faire interner.

Il y a parfois une double ou triple épaisseur de blancs entre les mots de Dans la neige. Il y a sûrement une raison. On ne sait pas toujours pourquoi ; on se retient de faire un rapprochement avec le nouveau roman de Nancy Huston le Club des miracles relatifs (Actes sud). Le procédé est destiné dans ce dernier à signaler la particularité du personnage, plus ou moins un schizophrène s’exprimant de manière saccadée an alternant les pauses. Un procédé dont on veut croire qu’il n’a rien de gratuit et qu’il trouve sa nécessité dans l’économie du récit. Le cas avec Dans la neige (jugez-en sur ces extraits) où chaque blanc fait entendre un silence. Le livre que Joseph refuse d’écrire ne serait fait, de toute façon, que de ces blancs une fois les mots dissipés, vanité suprême de l’écrivain. Ne plus écrire, le rêve… « Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! » disait René Char.

Le personnage réinventé par Arnaud Rykner tire sa force de son dépouillement, de sa solitude, de la richesse intérieure que l’on devine sous sa misère apparente. On le sent à l’écart, marginal, inclassable, fragile, mélancolique, solitaire, pauvre, nomade, vierge, rêveur, détaché des biens matériels et effrayé à l’idée de réussir quelque chose.

Ce beau personnage empreint d’une vraie sagesse et d’une totale simplicité est un promeneur absolu qui voudrait élever la marche à pied au rang d’un art de vivre. Son corps passe dans la langue. Incertain, sur le fil entre le normal et le pathologique, il vacille comme ces pantomimes qu’Arnaud Rykner, né en 1960, qui édite le théâtre de Nathalie Sarraute dans la Pléiade ou le met en scène lorsqu’il n’écrit pas ses livres, connaît bien. On se croirait dans une pièce montée par Claude Régy, pour la sobriété minérale du récit ; et pour cause : il fut son assistant. Le ton est si juste, la distance si mesurée, qu’on en est saisi du début à la fin, quand Joseph se sent enfin si léger qu’on le croit prêt à s’envoler.

(« Robert Walser, mort dans la neige, 1956 » photo D.R. ; Louis Soutter, « Souplesse, 1939 », Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne)

 

 

 

Cette entrée a été publiée dans Littérature de langue française.

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commentaires

532 Réponses pour Appel aux sains d’esprit

JC.... dit: 13 avril 2016 à 7 h 45 min

« dépouiller les morts »

Exemple parfait de démocratie directe : répartition des richesses et souci de l’autre ….

sse ? dit: 12 avril 2016 à 22 h 31 min

Mon voisin, qui vient de casser sa pipe, va être incinéré. La crémation, quel recul civilisationnel (poil aux aisselles) : on ne peut même plus dépouiller les morts.

sse ? dit: 12 avril 2016 à 18 h 22 min

En matant la photo du haut, je me dis que si j’étais passé par là au bon moment, je lui aurais piqué ses godasses, au Walser : apparemment des richelieus d’excellente qualité. Mon grand modèle aura toujours été Thénardier sur le champ de bataille d’Eylau (ou de Waterloo ?).

sse ? dit: 12 avril 2016 à 18 h 17 min

Effet « Nuit DEBOUT garanti »

Les palabres de Nuit Debout m’évoquent un passage de « L’éducation sentimentale » où Flaubert décrit une assemblée de révolutionnaires en 1848 ; c’est pas piqué des hannetons; on n’a pas le sentiment que Flaubert croyait aux vertus de la démocratie directe.

Janssen J-J dit: 12 avril 2016 à 17 h 57 min

Depuis 0h.08 jusqu’à maintenant, 18.00, des échanges et des dialogues tout à fait passsssssionnants sur la rdl ! Effet « Nuit DEBOUT garanti ». Retournons fissa nous coucher.

raymond dit: 12 avril 2016 à 17 h 38 min

bouguereau dit: 12 avril 2016 à 16 h 36 min

ce 12 avril à 16h36 bouguereau l’expert en nullité a causé

JC.... dit: 12 avril 2016 à 17 h 13 min

Je ne souhaite pas vous la jouer « commère », monsieur BERGERET, mais tout le monde sait que Madame de la Fayette était la maitresse du bourreau Charles-Henri Sanson !

« Charles-Henri ! Ne me coupez pas la parole, je vous prie » disait elle souvent … sans y penser.

bouguereau dit: 12 avril 2016 à 16 h 49 min

D’autant plus qu’ils étaient généralement bien remplis, le boug !

à pince souvent..pour être à l’aise
tu rmarquras que kabloom a pas cité jean lmuc lahaie..ça fsait trop bocage vendéen

bouguereau dit: 12 avril 2016 à 16 h 41 min

Salman Rushdie ne choisit pas et couronne les deux en maîtres du roman moderne

l’espaniol c’est une des langues offcielles d’obama..pas la peine de chercher plus loin

Sergio dit: 12 avril 2016 à 16 h 40 min

Un naufrage, un naufrage… On est dans l’eau halor ? Mais enfin les naufrageurs ils ont pas… Comment dire ? Une fiasque ? On va pas s’amener avec sa boutanche dans le zlip, comme ont dit dans le Sud…

bouguereau dit: 12 avril 2016 à 16 h 39 min

on repassera en analogique…

bonne question..ça sra hanalogique pasque naturellement codé ptête..l’analogique c’est du gros concèpe comme aurait dit deleuze

bouguereau dit: 12 avril 2016 à 16 h 36 min

Quichotte et le Roi Lear ne s’y retrouvent pus

comme hulisse..roland..le prête jean..une bille de cloune comme toi roule toujours au point l’plus bas c’est mathématique

bouguereau dit: 12 avril 2016 à 16 h 31 min

Dur, dur d’être ambassadeur et pédé, Bloom !

les culs sont pas internationaux baroz..pas d’extraterritorialité du paquet..sède lesque !

roland dit: 12 avril 2016 à 15 h 59 min

bouguereau dit: 12 avril 2016 à 13 h 12

(catastrophe toi-même épicétout)
leur monde à l’époque – Quichotte et le Roi Lear ne s’y retrouvent pus

Sergio dit: 12 avril 2016 à 15 h 13 min

les voisins dit: 12 avril 2016 à 11 h 35 min
1/4 de neurone est incapable de nuance de toute façon

Ce qui faut compter c’est les synapses les portes NOR, NAND et tout le toutim !

Mais ça doit pas marcher comme ça on est en analogique ; quand on aura des ordinateurs en matière vivante* on repassera en analogique…

*Sauf les pieds qui se barre pas comme ça quand même !

sse ? dit: 12 avril 2016 à 14 h 46 min

Entre Shakespeare et Cervantès, Salman Rushdie ne choisit pas et couronne les deux en maîtres du roman moderne.

Il ne doit plus trop savoir ce que c’est qu’un roman. La vieillesse est un naufrage.

Jibé dit: 12 avril 2016 à 14 h 28 min

« j’adore ses pantalons »

D’autant plus qu’ils étaient généralement bien remplis, le boug !
http://images.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fcps-static.rovicorp.com%2F3%2FJPG_400%2FMI0000%2F193%2FMI0000193387.jpg%253Fpartner%253Dallrovi.com&imgrefurl=http%3A%2F%2Fwww.allmusic.com%2Falbum%2Fthe-best-of-tom-jones-polygram-mw0000190563&h=400&w=400&tbnid=RZuwSDeburB5-M%3A&docid=1bdJ05JRm5qUrM&ei=OekMV86iAseqPpTEoJgG&tbm=isch&client=safari&iact=rc&uact=3&dur=655&page=6&start=106&ndsp=24&ved=0ahUKEwiOo8qNjInMAhVHlQ8KHRQiCGM4ZBAzCBcoCjAK

Chaloux dit: 12 avril 2016 à 13 h 51 min

boumou et Alba on fait un erreur de lecture : le titre n’est pas « Appel aux nains d’esprit ».

Ils peuvent rentrer.

(Smolett, c’est vraiment drôle).

MC dit: 12 avril 2016 à 13 h 44 min

Bloom, dans es études sur le roman, Scott place Lesage à doté de Fielding Smolett et Thackeray .
bien à vous.
MC

bouguereau dit: 12 avril 2016 à 13 h 12 min

Shalespeare et Cervantes, contemporains nostalgiques d’un monde finissant

lequel nomdedieu..un cliché dont à l’époque hon aurait rit..hou halors quel était le pays hou on lisoit hencre des romans de chevalries sinon chez les angliches..même kabloom il peut pas la parer celle là..halors pense..un kacochyme catastrophique comme toi..

bouguereau dit: 12 avril 2016 à 13 h 08 min

Tom Jones était enfant trouvé avant d’être crooner

mister sexbomb !..je suis comme les texans..j’adore ses patalons

bouguereau dit: 12 avril 2016 à 13 h 06 min

lui au moinsse il ne fait pas ses bonnejournément..comme les sénils humpuissant catastrophique..

bouguereau dit: 12 avril 2016 à 13 h 03 min

disponibles dans tous les bons temples

comme l’hénard que t’as acheté dans une bonne librairie…

JC.... dit: 12 avril 2016 à 12 h 51 min

CANNABIS TROUILLE

STOP. Le Guen fume la moquette. STOP. Nous répétons : Le Guen fume la moquette.STOP. Macron suce. STOP. Macron suce son pouce. STOP … Politiquement Show…

JC.... dit: 12 avril 2016 à 12 h 46 min

Il me semble, mais restons mesuré, qu’une société bien organisée devrait abattre sans jugement tout déviant à des règles divines, disponibles dans tous les bons temples …

JC.... dit: 12 avril 2016 à 12 h 43 min

« JC, vos propos sont ceux d’un dément. »

Ma voix est au service de ceux que l’on écoute pas !
(Salaire d’un porte-parole, 5.000 euros net mensuel, avantages en sus…)

Miroir, mon beau miroir dit: 12 avril 2016 à 12 h 25 min

Widergänger dit: 12 avril 2016 à 12 h 11 min
Jibé dit: 12 avril 2016 à 10 h 12 min

ça se veut… et puis c’est pas…

Widergänger dit: 12 avril 2016 à 12 h 11 min

Jibé dit: 12 avril 2016 à 10 h 12 min

« Dans la neige » (jugez-en sur ces extraits)

C’est même pas idiot, seulement affligeant : du maniérisme qui s’écoute écrire ou dire !
______________

Je trouve aussi, Jibé. ça se veut… et puis c’est pas…

roland dit: 12 avril 2016 à 11 h 34 min

Bloom dit: 12 avril 2016 à 11 h 02 min
Shalespeare et Cervantes, contemporains nostalgiques d’un monde finissant

JC.... dit: 12 avril 2016 à 11 h 29 min

GUIGNOL’S GANG
« Recep Tayyip Erdogan a déposé plainte en Allemagne contre un humoriste qui a lu récemment à la télévision publique ZDF un poème satirique visant le président turc. »

Le successeur intérimaire de Soliman manque d’humour, et « satyrique », ça a un côté grec… tout à fait déplaisant !

Giovanni Sant'Angelo dit: 12 avril 2016 à 11 h 28 min


…une bibliothèque,!…bien remplie et colorée,!…

…vous pouvez y trouver même du Sade, développé, comme,!…

…SADE UTOPISTE par Pierre Favre

…sexualité, pouvoir et état, dans le roman << Aline et Valcour <<

…série " science politique " – N° 12
…presse universitaire de france 1967

…pour vous servir, comme d'habitudes,!…
…mais si,!…Ah,!Ah,!…etc,!…

JC.... dit: 12 avril 2016 à 11 h 23 min

Chaloux, il me semble que l’égalité entre les bolos-marionnettes impose la disparition TOTALE des nuances, nuances qui génèrent d’EPOUVANTABLES inégalités …

Polémikoeur. dit: 12 avril 2016 à 11 h 15 min

Toujours pas de bandeau-menu
du portail des Républiques de la culture !
Suggestion temporaire : ajouter, dans la colonne droitière,
sous « Les Républiques de la culture »,
un lien vers chacune d’elles encore en vigueur.
Taquinement.

Bloom dit: 12 avril 2016 à 11 h 02 min

Si je comprends ce qu’écrit Rushdie, c’est Cervantes qui serait le maitre du roman moderne & Shakespeare le dynamiteur de genre. Ok pour associer Will à la poésie & au drame, mais au roman (« romance »), c’est un plus scabreux, niet? Enfin, ce que j’en dis…
Pour le monde anglophone, le roman moderne débute avec Fielding, Richardson et Smollett, dont les oeuvres singulières dérivent en droit fil des grands romans picaresques espagnols (l »Lazarillo de Tormes », Guzman, Quevedo).
Tom Jones était enfant trouvé avant d’être crooner.

Chaloux dit: 12 avril 2016 à 11 h 00 min

JC…. dit: 12 avril 2016 à 9 h 01 min

JC, il y a tout de même une petite nuance avec le totalitarisme esclavagiste qu’on nous prépare.

Chaloux dit: 12 avril 2016 à 10 h 55 min

bouguereau dit: 12 avril 2016 à 8 h 52 min

Je dois avouer que je pense rarement à boumou avant neuf heures.

Jibé dit: 12 avril 2016 à 10 h 16 min

Extrait, avec blancs :

« Se dit: J’écosse des petits pois. Les petits pois tombent. Ça tombe dans la casserole ça fait un bruit bizarre les petits pois qui tombent dans la casserole. J’écosse des petits pois. C’est mon métier maintenant. Écosser des petits pois. Alors j’écosse alors les petits pois tombent. Ça fait un tas dans la casserole. Aujourd’hui j’écosse des petits pois. Parce que c’est l’été. L’été c’est ça les petits pois les cosses tout ça qui tombe. D’autres fois je fais des sacs. C’est mon métier aussi les sacs. On prend du papier et de la colle. On plie le papier on colle ça fait un sac voilà. Sac en papier.Ici tout le monde écosse des petits pois ou fait des sacs. Ou les deux. De la ficelle aussi. Je fais comme tout le monde. Alors c’est mon métier faire ça. J’ai appris mon métier. Il est nouveau.J’écosse des petits pois les petits pois tombent. »

Jibé dit: 12 avril 2016 à 10 h 12 min

« Dans la neige » (jugez-en sur ces extraits)

C’est même pas idiot, seulement affligeant : du maniérisme qui s’écoute écrire ou dire !

JC.... dit: 12 avril 2016 à 9 h 01 min

Chaloux, ce n’est pas à un esprit brillant comme vous que j’apprendrai que nous sommes tous le nègre d’un riche marchand vénitien, le juif d’un méchant nazi mélomane instruit, le syndicaliste lâche d’une officine gouvernementale abritant de la volaille énarque, le pet de la nonne du coin de la rue qu’a pas eu de chance …

bouguereau dit: 12 avril 2016 à 8 h 59 min

On « donnait » au Club. On donnait aux autres, aux débutants, et sur l’eau, on donnait tout ce dont on était capable

tout tout..tout

bouguereau dit: 12 avril 2016 à 8 h 54 min

abdelkader enterré dans sa dune

tu frappes du pied il sort comme un gros vers de frank herbert

bouguereau dit: 12 avril 2016 à 8 h 52 min

« cheuloux vieil impuissant qui bavasse » c’est frappé au coin du bon sens rénateau..tu vois quand tu fais un effort

bouguereau dit: 12 avril 2016 à 8 h 50 min

aprés le coulis ça sra 50 kil de rapé..et haprés j’y balance un tonneau de napalm sur le rénateau..raf..des carbonara à la française

renato dit: 12 avril 2016 à 8 h 45 min

Prévoir une catastrophe semble être une tendance chez une bonne partie des plus de 70 ans, le fait est que c’est depuis mon plus jeune âge que j’entends des prévisions catastrophiques… prévisions sans conséquences, naturellement.

Bon, des plus jeunes aussi se consacrent à cette activité, mais c’est connu: il y en a qui viennent au monde déjà vieux.

renato dit: 12 avril 2016 à 8 h 31 min

Il semble difficile à comprendre: un écrivain-e (comme tous les artistes par ailleurs) c’est quelqu’un qui a ‘fait’ un travail sur lequel une masse d’impuissants bavassent… et si, pour manque de compétences, ne bavassent pas sur le travail, voilà qu’ils bavassent sur sa vie… bon, c’est vrai que rien comme la vie des autres se prête aux commérages…

Chaloux dit: 12 avril 2016 à 8 h 00 min

JC, vous préférez le consentement de l’esclave prôné par Maqueron? (Ma bonne dame, ce pays qu’on ne peut pas « réformer » etc.). JF Kahn prévoit un « cataclysme » pour 2017. A mon avis, très bien vu.

D. dit: 12 avril 2016 à 0 h 08 min

Je me permets de rappeler que le referendum sur le Brexit aura lieu le 23 juin 2016 et que la réponse sera : oui à cette sortie.
La fin de l’Europe communautaire entière est donc bel et bien programmé pour cet été, la France sortant toujours en septembre, tout cela étant par ailleurs parfaitement concordant avec la conjonction astrologique prévue.

Sergio dit: 11 avril 2016 à 23 h 16 min

D. dit: 11 avril 2016 à 20 h 45 min
Qu’est-ce que c’est que cette histoire de pipes d’admission

Ha ben je peux en causer c’est comme cela que la mienne était bridée : solution peu répandue ; étranglée, la pauvrette ! Heureusement que je suis tombé sur des gus qui détenaient le savoir… D’ailleurs quand ils m’ont vu avec mon entonnoir intégral ils ont laissé tomber les questions…

la vie dans les bois dit: 11 avril 2016 à 21 h 40 min

En fait Phil, c’est un peu strange.
Vous allez dire que je pinaille sur des détails.
Wikipedia, honni en ces colonnes, pour moult raisons, ne donne à l’entrée: Marcel Dassault qu’une référence bibliographique. C’est sans doute à cela qu’on reconnait la gloire …

la vie dans les bois dit: 11 avril 2016 à 21 h 18 min

Phil, vous êtes sûrement le seul à avoir causé d’Henri Pierre Roché sur ce blog.
Mais vous avez tort à propos de R. Walser. Un bambocheur de première.

Phil dit: 11 avril 2016 à 21 h 14 min

Sûrement, lavie. Perso, comme disait l’abdelkader enterré dans sa dune, j’opte pour le think tank. En relisant Henri pierre roché, moins deprimette que Walser, me demandais si le prestigieux passou en avait déjà causé. Rien trouvé du côté de Paul edel de la grappa.

Chaloux dit: 11 avril 2016 à 20 h 59 min

Il y aurait tout un travail à effectuer sur les temps. Pourquoi « il commença à pleuvoir »? Redondant : on a compris qu’il s’agit d’un souvenir : il commence à pleuvoir etc.

Chaloux dit: 11 avril 2016 à 20 h 50 min

Vide en les bois, je ne suis pas germaniste, mais un simple lecteur qui serait susceptible d’une brin de réflexion repousserait ce truc qui chateaubrianise dans un torrent de passés simples un écrivain qui n’est pas fait pour ça.

D. dit: 11 avril 2016 à 20 h 45 min

Qu’est-ce que c’est que cette histoire de pipes d’admission, Sergio ?
En littérature on peut tout-à-fait pénétrer un cercle, même étroit, sans se prêter à un tel rituel.

Phil dit: 11 avril 2016 à 20 h 31 min

Le pognon du père Dassault, c’était pas un mirage. Et le communiss sauveur a bien pu déraper dans l’inattaquable raccourci.
Me souviens d’une discussion chez le prestigieux passou sur Bergson qui a fini par la recette de la quiche lorraine.

la vie dans les bois dit: 11 avril 2016 à 20 h 27 min

Chaloupe, si vous avez lu Carl Seelig, comme vous l’aviez affirmé, ce devrait être un jeu d’enfant. J’attends.

la vie dans les bois dit: 11 avril 2016 à 20 h 24 min

Chaloux, allez vite vous mettre à plat-ventre dans la nef de St Nicolas du Chardonnet et pour faire pénitence, vous allez proposer au Poltergeist, votre propre trouduction.

Chaloux dit: 11 avril 2016 à 20 h 18 min

Vide en les bois, une traduction peut être publiée et mauvaise. On n’ a que l’embarras du choix.

la vie dans les bois dit: 11 avril 2016 à 20 h 03 min

Voilà une belle histoire courte.

« Célébration œcuménique dans un Grand Palais qui avait des airs de cathédrale, mais hommage familial aussi autour de la mémoire de Marcel Dassault, dans un discours très personnel de Serge rappelant les succès mais aussi les épreuves traversée par son père, de l’annulation de milliers de commandes par le gouvernement d’avant-guerre à la mise en accusation par Vichy pour avoir produit trop peu d’avions, jusqu’à la déportation à Buchenwald par les Allemands qui lui demanderont en vain de collaborer avec Messerschmitt. Et c’est dans ce camp de Buchenwald que se noue une amitié durable avec Marcel Paul, qui le met sous la protection du parti communiste français et lui évite l’évacuation finale du camp et la marche de la mort. “Sans la protection du PCF, Marcel Dassault ne serait pas revenu de Buchenwald et il n’y aurait pas de Rafale aujourd’hui”,conclut son fils dans un inattaquable raccourci. »
http://pierrebayle.typepad.com/pensees_sur_la_planete/2016/04/cent-ans-dassault.html

Inattaquable raccourci, c’est fort bien tourné.
N’ayant pas lu -un de ceux qui manquent à ma collec’- un ouvrage de référence sur Marcel Dassault, je ne peux que constater que le rafale est un avion militaire. Le reste demande certainement une histoire longue.

la vie dans les bois dit: 11 avril 2016 à 19 h 44 min

DHH à 14h33, peut-être préciser que R. Walser n’est pas venu tard, à l’écriture, et qu’écrivain n’était pas son métier.

la vie dans les bois dit: 11 avril 2016 à 19 h 41 min

pour le Poltergeist, only, je remets cette traduction, dont je m’excuse de l’imparfaite recopie précédente, faite dans l’urgence.

Sur la terrasse
C’était un jour quelconque. Je ne peux pas dire l’heure avec précision. Je me trouvais sur une sorte de terrasse taillée dans la roche, et, appuyé sur la simple balustrade, je regardais dans la douce profondeur. Il commença alors à pleuvoir à flots, d’une pluie tendre et caressante. Le lac changeait ses couleurs, le ciel était dans un émoi merveilleux et doux. Je m’abritai sous le toit d’un petit pavillon qui se trouve sur le rocher. Toute la végétation fut bientôt détrempée. En bas dans la rue, quelques personnes s’étaient réfugiées sous le feuillage dense des marronniers comme sous d’amples parapluies. Cela avait l’air si étrange que je ne pouvais me rappeler avoir jamais vu quelque chose de pareil. Pas une seule goutte de pluie ne pénétrait la masse compacte des feuilles. Le lac était en partie bleu et en partie gris obscur. Et dans l’air, cette chère et si agréable rumeur d’orage. Et cette douceur partout. J’aurais pu rester là des heures et me délecter de la vision du monde. Finalement, je m’en allai quand même.
traduction de Golnaz Houchidar pour les éditions Zoe.

Janssen J-J dit: 11 avril 2016 à 19 h 28 min

32 minutes de belle sagesse, pour une immense actrice partie chercher un fils au fin fond de la Chine ou… de nulle part.

Sergio dit: 11 avril 2016 à 19 h 28 min

boudegras dit: 11 avril 2016 à 19 h 04 min
le refuge

Houi mais c’est comme le chalet du CAF à Serre-Che faut y aller avec un sac à dos faut pas y aller avec une valise dans la neige, passeque la valise, dans la neige, en dehors de transporter le blanc…

Chaloux dit: 11 avril 2016 à 18 h 44 min

Il évident que pour notre distingué trouducteur, il n’y a dans cet extrait aucune place pour le présent de l’indicatif, ni pour le passé composé, qui entraîneraient le lecteur dans le temps de la contemplation. Alba n’a non seulement pas la moindre idée de ce qu’est une page de littérature, mais ne s’est jamais accoudé à un parapet pour regarder la mer, la montagne, ou simplement les gens autour de lui. Quand on n’a ni expérience de l’écriture ni expérience de la vie, le passé simple et des règles bonnes pour la classe de 6e paraissent évidemment la solution à tout.
Quel demeuré!

Bloom dit: 11 avril 2016 à 18 h 17 min

Gita et Ulli Spree, les deux filles du Bourgmestre de Miltenberg qui firent notre joie dans les années où l’Europe se bâtissait à coup de jumelages linguistiques. Ah, les seins des Spree…!

Janssen J-J dit: 11 avril 2016 à 18 h 05 min

Comme la sélection du Goncourt pour les premiers romans vient de s’ouvrir et qu’y a été retenue Catherine Poulain, pour « le Grand Marin », le seul de la sélection lu pour le moment, et bien je vous fais part de mon sentiment. Voilà un grand petit roman qui m’a enthousiasmé durant une bonne demi-journée. Eclat d’embrun sur le journal des lectures de février : « Incroyable épopée de Lili, petite bonne femme qui, partie de Manosque, traverse les States pour aller se perdre jusqu’au fin fond de l’Alaska sur un bateau de pêche à la morue, aux flétans et aux crabes. Une histoire de « grand large » menée tambour battant, dans une fureur et une rage de vivre, avec une idée fixe : vouloir à tout prix s’enrôler puis obstinément dominer les galères de mer, faire mieux que n’importe lequel des marins bourrus, y imposer sa place et le respect de tous. Je n’en avais plus lu d’aussi âpres et dures de ces histoires, depuis les Melville ou les Conrad. Il fallait donc bien l’apparition de cette petite météorite venue de nulle part pour renouveler le genre, nous faire encore gamberger sur les flots dangereux, la glace de congélation et les tripes de la poiscaille sanglante, au XXIe. Puissance d’envoûtement. Bravo Madame la romancière, tu as bien du talent ».

JC..... dit: 11 avril 2016 à 16 h 56 min

Il est demandé aux Grands Anciens qui fondèrent en 1961 ce Club — parti de rien pour arriver là où il en est aujourd’hui — de fouiller dans leur mémoire, de retourner sur leurs pas, de trier parmi des centaines de souvenirs quelques anecdotes sportives sur les débuts du club.
Naturellement, les plus croustillantes (et il y en a…) ne seront exprimées que par chuchotement discret, en tête à tête, compte tenu des lois en vigueur et du respect dû aux familles. Celles-ci n’ont pas à souffrir des manœuvres étranges, nautiques ou terrestres, tentées par quelques jeunes gens audacieux, comportement qui entachèrent leur blason familial, à jamais.
En ces temps reculés où la télévision c’était une seule chaîne en noir et blanc, les routes souvent désertes et l’essence bon marché, les honorables fondateurs empilaient sur de bizarres remorques ce qui ressemblait à un ou deux dériveurs, le tout tiré par des véhicules poussifs qui les amenaient malgré tout en Suède, en Angleterre ou à Kiel, pour la Semaine.
Le rêve se décidait souvent après un repas amical et gastronomique, propice aux grandes décisions. Le plus acharné lançait une proposition démente : « Et si, on allait à la Rochelle le mois prochain ? ». On allait à La Rochelle, le mois suivant, évidemment. La vraie question était de savoir si on s’arrêtait en route à Soustons chez la tante à Daniel Dahon, et combien de temps, on y resterait.
Rien n’était impossible aux jeunes régatiers : il manquait toujours quelque chose, le Club était pauvre et le reflexe « demandeur » n’existait pas. On « donnait » au Club. On donnait aux autres, aux débutants, et sur l’eau, on donnait tout ce dont on était capable.
C’est certainement pour cette raison (peut être uniquement, d’ailleurs ) que le YCS a perduré pendant 50 ans puisque en dépit des contraintes posées sur sa route et elles furent nombreuses,… et d’autorité souvent… le Yacht Club des Sablettes bouge encore !
Bon vent, belle mer, à tous et à toutes ! Signé : Jean Campanella

la vie dans les bois dit: 11 avril 2016 à 16 h 32 min

Sergio, pourquoi ne pas réserver vos considérations es-scatologiques sur votre « propre » blog , après tout c’est sa marque de fabrique.

Sergio dit: 11 avril 2016 à 14 h 45 min

la vie dans les bois dit: 11 avril 2016 à 14 h 31 min
enfoncez bien votre entonnoir, il dépasse !

C’est un huit reflets ! En comptant vite on le prend pour le bonnet d’âne de Brighelli…

bouguereau dit: 11 avril 2016 à 14 h 41 min

on a même les suffrages féminins

tu les achètes à pas cher..ha hon voit bien de qui tu causes halley

Sergio dit: 11 avril 2016 à 14 h 41 min

bouguereau dit: 11 avril 2016 à 14 h 32 min
comme ça hon laisse pas passer de fps et hon sfait pas descende

Faut hassurer le coup… Un kernel real-time !

bouguereau dit: 11 avril 2016 à 14 h 40 min

Trois mousquetaires(le roman bien fait)

ha je pensais que tu parlois de leurs fins dernières..c’est à cause de l’imparfait à tous les coups..j’y suis trés sensibe

bouguereau dit: 11 avril 2016 à 14 h 37 min

heu, comment dire…
A plus tard ?

..et tout ça pour haller sfaire hanculer par tchita..fais pas gaffe drh..c’t’un grossier personnage

Sergio dit: 11 avril 2016 à 14 h 37 min

Miroir, mon beau miroir dit: 11 avril 2016 à 14 h 26 min
ne jamais traiter de l’article de Passou.

Hon peut quand même essayer, mais très synthétique pour traverser la modération. En revanche la recette de cuisine là on peut en mettre huit pages avec un risque voisin de zéro ; naturellement après faudra becqueter l’horreur… Sinon quelques lignes bien senties sur comment chromer les pipes d’admission là c’est la martingale ; on a même les suffrages féminins elles croient que ça se passe chez Mauboussin !

bouguereau dit: 11 avril 2016 à 14 h 35 min

J’aurais pu rester là des heures et me délecter de la vision du monde. Finalement je m’en allai quand même

..et tout ça pour boire une bière..

DHH dit: 11 avril 2016 à 14 h 33 min

@ldvb
évidemment je ne parlais pas de Walser , mais l’opposition simpliste misère/ opulence était une manière d’exprimer à travers un exemple grossièrement parlant ce que je voulais dire sur notre regard porté sur les destinées, qui relevé plus des Trois mousquetaires(le roman bien fait) que d’Ulysse
On pourrait aussi bien, pour dire la même chose, opposer l’homme dont l’inspiration s’est tarie et celui qui vient sur le tard à l’écriture et réalise un chef-d’œuvre; on aura tendance à considérer la vie du premier comme marquée par l’échec et celle du second comme réussie

bouguereau dit: 11 avril 2016 à 14 h 32 min

faut un clavier mécanique serdgio..comme ça hon laisse pas passer de fps et hon sfait pas descende

bouguereau dit: 11 avril 2016 à 14 h 31 min

c’qui est hétonnant chez toi drh c’est que tes hanalyses sont souventes conséquentes..mais laoutpout vaut pas un karamel..comme si ton mobil secret c’étoyent dinsulter lintelligence

Sergio dit: 11 avril 2016 à 14 h 27 min

la vie dans les bois dit: 11 avril 2016 à 14 h 03 min
il manque des lettres à mon clavier

Il faut coincer la tringle porte-touche dans son logement sous la touche avec un très minuscule bout de papier ; bien fait, ensuite on peut soulever une machine de quinze kilos en la tenant uniquement par cette seule touche !

bouguereau dit: 11 avril 2016 à 14 h 27 min

N’est pas Walser qui veut. Suffit pas d’être fou et d’être sur la terrasse

si nimporte qui ou presque..la différance c’est dsavoir l’écrire..le rapporter..tu comprends raclure de keupu

Miroir, mon beau miroir dit: 11 avril 2016 à 14 h 26 min

Re-Beurk dit: 11 avril 2016 à 14 h 14 min
C’est surtout que ce type raconte con..rie sur con..rie, avec une règle : ne jamais traiter de l’article de Passou.

bouguereau dit: 11 avril 2016 à 14 h 21 min

ou plus exactement nous ne réussissons pas à nous remémorer la vie et à porter sur elle un jugement, qu’en la repensant sur le modèle d’un roman bien fait

l’avenir c’est une idée qui sert à vous à gâcher le présent lorsqu’il est bon, et que les autres instrumentalisent pour vous le faire accepter sans réaction lorsqu’il est mauvais

Re-Beurk dit: 11 avril 2016 à 14 h 14 min

Beurk dit: Votre commentaire est en attente de modération.
11 avril 2016 à 10 h 22 min

Clopine, définitivement un cas à part dit: 11 avril 2016 à 10 h 10 min

C’est surtout que ce type raconte con..rie sur con..rie, avec une règle : ne jamais traiter de l’article de Passou.

la vie dans les bois dit: 11 avril 2016 à 14 h 11 min

Non DHH, je n’ai écrit, ni lu d’ailleurs, que R. Walser avait vécu dans l’opulence. Mais je comprends dans vos propos que phase brillante, veut dire opulence, et pour résumer: money.
C’est ce que R. Walser avait bien pigé, aussi.

DHH dit: 11 avril 2016 à 14 h 02 min

@Lvdb 13 h 01
vous avez raison ;le mot « calamiteuse » était mal venu s’agissant d’un destin qui a eu sa phase brillante.
il reflète cet a priori inconscient de notre vision des choses de la vie qui nous les fait apprécier en termes de progrès ,donc bonnes ,ou de déclin ,donc mauvaises •
Ainsi on peut dire d’un homme qui a vecu dans l’opulence longtemps et qui est mort dans la misère , qu’il n’a pas eu de chance ,mais de celui qui a eu longtemps une vie difficile et pauvre et est devenu sur le tard riche et puissant qu’il a eu une belle destinée ?
Sous jacente donc à cette perception notre conception du destin en termes de progression -donc bien – et de régression -donc mal- et non en termes de juxtaposition dans le temps de bonnes et mauvaises choses
.
C’est ce que veut dire Eco ,quand il écrit que la vie ressemble plus à« Ulysse » qu’aux Trois Mousquetaires » ;mais chacun de nous est porté à la penser sur le modèle des Trois Mousquetaires plutôt que sur celui d’Ulysse , ou plus exactement nous ne réussissons pas à nous remémorer la vie et à porter sur elle un jugement, qu’en la repensant sur le modèle d’un roman bien fait .

la vie dans les bois dit: 11 avril 2016 à 14 h 01 min

oh merci.
Vous pouvez vous comparer avec celle-ci, c’est pas au bord de la mer:
C’était un jour quelconque. Je ne peux pas dire l’heure avec précision. Je me trouvais sur une sorte de terrasse taillée dans la roche, et, appuyé sur la simple balustrade, je regardais la douce profondeur. Il commença alors à pleuvoir à flots, d’une pluie tendre et caressante. Le lac changeait ses couleurs, le ciel était dans un émoi merveilleux et doux. Je m’abritai sous le toit d’un petit pavillon qui se trouve sur le rocher. Toute la végétation fut bientôt détrempée. En bas dans la rue quelques personnes s’étaient réfugiées sous le feuillage dense des marronniers comme sous d’amples parapluies. Cela avit quelque chose de si étrange que je ne pouvais me rappeler avoir vu quelque chose de pareil. Pas une sule goutte de pluie ne pénétrait la masse compacte des feuilles. Le lac était en partie bleu et en partie gris obscur. Et dans l’air, cette chère et si agréable rumeur d’orage. Et cette douceur partout. J’aurais pu rester là des heures et me délecter de la vision du monde. Finalement je m’en allai quand même.
traduction de Golnaz Houchidar pour les éditions Zoe.

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