de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Eric Reinhardt met à nu une femme qui ne s’autorise pas

Eric Reinhardt met à nu une femme qui ne s’autorise pas

Il y a des noms de personnages qui ne passent pas ; du début à la fin du roman, ils vous restent en travers la gorge, tant et si bien que vous ne croyez pas à ses émotions, ses sentiments, sa logique ou sa folie mêmes tant son identité vous paraît invraisemblable. D’autres au contraire semblent si singuliers qu’ils confèrent d’emblée une personnalité au personnage, s’imposent et vous emportent. C’est ainsi que je suis tombé amoureux de Béatrice Ombredanne, l’héroïne de L’Amour et les forêts (365 pages, 21,90 euros, Gallimard), l’un des romans les plus en vue de cette rentrée. Disons qu’elle m’a accroché dès les premières pages, cette femme dont Eric Reinhardt nous répète le prénom et le nom indissociablement en moyenne trois fois par page jusqu’à l’excipit. Ils sont le leitmotiv de cette histoire et lui accordent son rythme secret et incantatoire jusqu’à l’envoûtement.

Ce pourrait être l’histoire d’une bourgeoise de province, 38 ans, agrégée de Lettres passionnée de Villiers de l’Isle-Adam (un extrait de « L’Agrément inattendu » tirée de ses Histoires insolites, figure justement en épigraphe), enseignante dans le secondaire du côté de Metz, mère de deux jeunes enfants, mariée à un type assez odieux, jaloux, colérique, faible, névrosé, susceptible et qui de fait, pour oublier ce quotidien qu’elle vit mal, bovaryse. Les rayons de nos librairies en sont pleins. Même si ce copain d’enfance qu’elle a épousé en secondes noces dans un instant d’égarement, peut-être parce qu’elle était si brisée et désenchantée d’avoir été trompée si jeune par son premier mari, même si ce dossard numéro deux donc met toute son énergie de pervers narcissique à mépriser avec constance ce qu’elle aime et qui la constitue : les gens, les livres, les films, les musiques, les lieux…

Eric Reinhardt nous fait assister avec une délicatesse rare à la construction d’un puzzle. Tout commence par la rencontre entre l’écrivain, double de l’auteur, avec l’une de ses lectrices au café le Nemours, place Colette, sur le parvis de la Comédie-Française à Paris. D’une mise en abyme l’autre, elle ne lui confie pas que son admiration mais sa vie même. Son aridité, sa monotonie. Une vie sans amour. Elle se mm7883_100512_07372_slide-9c7a5f51c0f2299a679852c31a5efebe112c1105-s6-c30raconte par petites touches, par étapes : son couple, ses crises, les larmes de son mari qui réussissent à mettre les enfants de son côté à lui quand son désarroi à elle est trop discret, intériorisé, pour les émouvoir. Et puis n’est-elle pas la fautive après tout ? Car la seule fois qu’elle a franchi la ligne, Béatrice Ombredanne a décidé de mettre une annonce sur Meetic et de se livrer à un inconnu. Ce qu’elle fait après avoir testé en ligne un certain nombre d’obsédés et de goujats. Celui qu’elle rencontre enfin pour de vrai s’impose avec la tranquillité de l’évidence. Il est tout ce qu’elle aime : peau, sourires, odeur, douceur, voix, tendresse, conversation, goûts. Et c’est réciproque. Lui est un antiquaire, plus esseulé que solitaire, anachronique et généreux, qui se délasse au tir à l’arc mais avec des flèches fabriquées par un ami artisan plutôt qu’avec celles de Décathlon… Ils passent une après-midi de rêve à s’aimer d’un amour total, moralement, intellectuellement, charnellement, sexuellement dans sa maison près de Strasbourg, en lisière de la forêt, promesse d’inconnu, lieu magique de conte de fées, son rosebud. Elle n’en revient pas, ainsi qu’elle le confie aussitôt à son amant d’un jour qui veut déjà faire sa vie avec elle :

« C’est qu’aujourd’hui je suis heureuse, indescriptiblement, si vous voulez savoir. Notre rencontre, dans ma vie bien rangée, c’est un peu comme une révolution : ces sourires sont des débordements populaires, c’est la liesse, je ne peux pas les empêcher d’éclater, ils sont comme des clameurs, j’adore cette sensation. Ces sourires ne m’appartiennent pas, la magie de ce moment ne m’appartient pas non plus, je le sais, je le sens. Cette journée est miraculeuse, elle ne reviendra pas, c’est certainement la dernière journée heureuse de toute ma vie. Je suis en train de flamber intégralement : en même temps que cette journée irréelle se déroule, je me consume de bonheur tout entière, mais vraiment tout entière, de l’intérieur, vous comprenez ? Je suis en train de brûler de joie, de l’intérieur, intégralement. Quand je partirai d’ici, il ne restera plus rien qu’un petit tas de cendres. »

Plus dur est le retour de fugue. Les postillons de haine de son mari, à qui elle avoue tout très vite pour avoir manqué de la plus élémentaire prudence dans la mise en scène de son absence, se muent en crachats. Pas de coups mais, comme d’habitude, des gestes qui bousculent, l’humiliation permanente et des mots qui tuent.  Cela ne peut pas s’arranger : comment pourrait-il décider de ne plus la rabaisser, de lui adresser autre chose que des reproches ou des insultes, lui qui la supplie déjà à genoux, immature jusque dans l’abjection, de ne pas l’abandonner sous la menace de se suicider « en altruiste » avec leurs enfants ? Son propre sentiment d’échec professionnel, la conscience de sa médiocrité et de ses limites, son incapacité à se réaliser l’encouragent à le faire payer à sa femme. Il veut se convaincre qu’elle est allée chercher ailleurs une plus grosse queue que la sienne quand elle ne lui parle que d’harmonie des sensibilités, étoile inaccessible enfin trouvée. La suite…

C’est de rapports de domination qu’il s’agit, de violence au sein du couple et du pouvoir de la littérature. Car il y a du Mrs Dalloway en Béatrice Ombredanne, dans sa fascination pour un roman à l’ombre duquel elle aimerait placer sa vie. Sauf qu’il s’agit de la nouvelle « L’inconnue » issue des Contes cruels de Villers de l’Isle-Âdam et d’une héroïne à laquelle elle s’identifie. Mystère d’une femme supérieure à son mari mais qui lui reste soumise, tant elle se sent délabrée, mise au rebut, en proie au sentiment abandonnique. Enigme de cette emprise inexplicable. Elle veut mais ne peut inventer sa propre vie et qu’elle soit belle. Elle a toujours fait bonne figure, embarrassée à l’idée d’importuner les autres avec ses problèmes. Dix ans qu’elle retient ses désirs, ses pulsions, ses colères, ses révoltes au risque de s’en étouffer. Les quelques heures de totale liberté qu’elle s’est octroyées, par rapport à son mari mais aussi en regard de sa responsabilité de mère, elle les a vécues comme une insurrection. Fallait-il que celle-ci soit puissante pour balayer la culpabilité ! Tout risquer dans le fol espoir de recevoir de l’affection, d’être vraiment touchée, caressée, tripotée et de se sentir enfin vivante. La joyeuse sauvagerie avec laquelle elle dit son fait à son mari est, avec quelques autres (échanges sur Meetic, lettres, conversations amoureuses, apprentissage du tir à l’arc) l’un des morceaux d’anthologie de ce roman. Il y a quelque chose d’héroïque dans l’allègre violence avec laquelle cette femme se révolte contre un mari qui la nie.

PAR135509L’Amour et les forêts tire sa puissance de ce que Béatrice Ombredanne est une femme qui ne s’autorise pas. Comme si elle se croyait illégitime en toutes circonstances. L’auteur nous fera découvrir au fur et à mesure les raisons souterraines, anciennes naturellement, de cette incapacité à s’accorder des libertés. La seule fois qu’elle a osé le faire, ce fut en parfaite conscience que ce serait un moment unique et sans lendemain. Eric Reinhardt est à son affaire avec la femme dès lors qu’il s’agit de la désidéaliser. Son exploration de l’univers sentimental de son héroïne, au risque d’un romantisme que d’aucuns jugeront suranné mais qui est ici poignant, est d’une empathie inouïe pour la fragilité faite femme. Pas assez pour dire : « Béatrice Ombredanne, c’est moi ! » mais suffisamment pour reconnaitre son avatar féminin en elle. De toute façon, elle parle pour toutes celles dont l’existence est ressentie comme entravée par leur vie de famille. Le parti pris d’écriture de Reinhardt n’y est pas étranger, classique sans être conventionnel, d’une remarquable acuité dans l’observation des choses de la vie, proche sans être familier car tenu, d’une étonnante richesse lexicale, discret là où d’autres s’étendent, inventif là où d’autres se taisent. Il est capable de détailler un sourire pendant deux pages, de s’attarder sur la lumière d’automne lorsqu’elle fait miroiter les perles dont Jean-Michel Othoniel a coiffé l’entrée de la station de métro qui mène à la Comédie-Française. Peu s’y entendent comme lui, dans cette génération de romanciers (1965), pour crever la peau des apparences, et déployer le merveilleux dans le réel le plus aride. Il fallait bien ce tremblé-là pour donner sa grandeur à une ordinaire tragédie domestique minée par le harcèlement conjugal.

Si L’Amour et les forêts n’était qu’un livre sur la création littéraire et le désir de fiction, il ne m’aurait pas bouleversé comme il l’a fait ; les histoires d’écrivains ont le don de m’ennuyer, elles me rappellent le bureau. Heureusement il s’agit aussi et avant tout d’autre chose. C’est terrible de ne pouvoir vous en dire davantage sur le destin de Béatrice Ombredanne, la manière inespérée dont elle finit par s’en rendre maîtresse, elle qu’on avait associée au renoncement et à la résignation. Mais ce serait ingrat vis à vis de l’auteur et du bonheur mêlé d’âpre mélancolie que son splendide roman nous a donné.

(Photos Gérard Castello-Lopes, D.R. – pour le station de métro de Jean-Michel Othoniel avec le café Le Nemours en second plan- et Henri Cartier-Bresson)

Cette entrée a été publiée dans Littérature de langue française.

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commentaires

1 058 Réponses pour Eric Reinhardt met à nu une femme qui ne s’autorise pas

rose dit: 12 octobre 2014 à 13 h 45 min

>Eric Reinhardt

sur le repassage, vous vous trompez, c’est libérateur de repasser. Sur un autre point aussi, je le recherche, je vous le dis.

Sur tout le reste, vous êtes infiniment juste.

Merci de cela.

rose dit: 12 octobre 2014 à 13 h 42 min

Béatrice Ombredanne est une femme qui ne s’autorise pas.

depuis, un moment, avant d’avoir lu le livre, je me doutais bien que Béatrice Ombredanne est une femme qui ne se commet pas.
Plutôt.
Nuance encore.
Autant qu’entre une émeraude et un diamant.

rose dit: 12 octobre 2014 à 13 h 40 min

En fait, tu baises bien avec lui.
Ni parce que tu l’as rencontré sur meetic.
Ni parce qu’il est brocanteur dans le livre, et non pas antiquaire, nuance de taille, pareille qu’entre un saphir et un diamant.
Ni parce que vous ne baisez qu’un après-midi en somme.
Non.
Rien de tout cela.

Court dit: 5 septembre 2014 à 14 h 44 min

On signale au Vidangeur qu’hormis une allusion à L’Eve Future à 15H 19, je ne me suis jamais lancé dans une analyse de ce roman, ce qui me dispense « d’énormes contresens de lectures ».
En revanche, Des Journées a bien cité son impression Science-Fiction de cet aspect de Villiers.
La prochaine fois, apprenez à lire. Au fait, Alceste, tout Alceste qu’il fut, savait manier le beau style, lui.
MC

des journées entières dans les arbres dit: 5 septembre 2014 à 12 h 32 min

JB, faudrait revenir assez vite pianoter par ici.

Cher Monsieur,

Navré de vous décevoir, mais Elzéard Bouffier est un personnage inventé. Le but était de faire aimer l’arbre ou plus exactement faire aimer à planter des arbres (ce qui est depuis toujours une de mes idées les plus chères). Or si j’en juge par le résultat, le but a été atteint par ce personnage imaginaire. Le texte que vous avez lu dans Trees and Life a été traduit en Danois, Finlandais, Suédois, Norvégien, Anglais, Allemand, Russe, Tchécoslovaque, Hongrois, Espagnol, Italien, Yddisch, Polonais. J’ai donné mes droits gratuitement pour toutes les reproductions. Un américain est venu me voir dernièrement pour me demander l’autorisation de faire tirer ce texte à 100 000 exemplaires pour les répandre gratuitement en Amérique (ce que j’ai bien entendu accepté). L’Université de Zagreb en fait une traduction en yougoslave. C’est un de mes textes dont je suis le plus fier. Il ne me rapporte pas un centime et c’est pourquoi il accomplit ce pour quoi il a été écrit.
J’aimerais vous rencontrer, s’il vous est possible, pour parler précisément de l’utilisation pratique de ce texte. Je crois qu’il est temps qu’on fasse une « politique de l’arbre » bien que le mot politique semble bien mal adapté. Très cordialement Jean Giono

B, comme… que ma joie demeure.

http://www.youtube.com/watch?v=KA-FD2NRtms

Clopine Trouillefou dit: 5 septembre 2014 à 9 h 29 min

Excusez-moi tous, je n’étais pas là hier au soir. Le Brel/Brassens, ce n’était qu’un exemple pour illustrer ce qui, chez moi, différencie justement l’universel du particulier. Je veux dire que les chefs d’oeuvre (et Brassens fait partie de ceux-là, à mes yeux mais pas que : il existe une internationale d’amateurs qui va GRANDISSANT)se voient appropriés par TOUS, des inuits aux nippons, parce qu’ils parlent un langage universel. Cela les différencie des simples « bons faiseurs », comme Brel, que l’on peut apprécier bien sûr, mais dont le renom va DIMINUANT, et pour cause. Lors de la célèbre interview où posaient côte à côte Brel, Brassens et Ferré, la différence est particulièrement nette dans les propos de Brel et ceux de Brassens : l’un se sert de son art pour exprimer sa souffrance (notamment sa misogynie issue d’expériences douloureuses), l’autre créée, tout bonnement. Et quand vous les écoutez , cela se sent aussi, à mon sens : Brel s’écoute chanter, dans une sorte de ravissement lyrique. Brassens chante…

C’est la même chose, à mon sens, en littérature. Tous utilisent les mêmes matériaux (leurs expériences, leurs histoires, leurs sensibilités), mais certains dépassent le stade de l’expression de l’ego (appelons ça comme ça, c’est ce que je signifiais sous « se regarder écrire ») pour toucher directement, bing ! A l’universel. Ainsi Faulkner, ou encore une fille comme Doris Lessing. Ainsi aussi Mac Cullers. Par contre, un type comme Irving fait partie de la première catégorie, à mon sens. Aussi il passera.

Je peux bien entendu me tromper du tout au tout, mais le Reinhardt proposé par notre hôte, dans les extraits que j’ai lus, conjugue ce type d’expression avec un style qui n’est pas léger léger, Paul, vous devriez au moins reconnaître cela. Ce qui me fait penser tout dru qu’il passera très vite. Même couronné par le Goncourt.

Chaloux, vous savez, les bêtises des uns sont les intelligences des autres. Ca va, ça vient !

B comme BERLIN dit: 5 septembre 2014 à 3 h 25 min

« des journées entières dans les arbres dit: 4 septembre 2014 à 22 h 39 min »,

Tut-tut-tut—…—,
on se calme.

Bloom dit: 5 septembre 2014 à 1 h 48 min

Bloom par bonheur vous n’êtes pas écrivain !
___

Vrai. Comme 99% des scribouillards qui publient. Et comme eux, j’ai un petit bouquin qui sort en juin prochain, à l’occasion du Marché de la poésie, postfacé par un académicien de mes amis. Je ne suis que traducteur, cette fois-ci, en attendant la suite, qui vient car je ne change pas de main, la gauche…

Vous n’avez pas aimé ma caricature de Marc Lévy pseudo destroy? On s’ennuie tellement entre gens bien élevés à arpenter une littérature de châtrés…

Chaloux dit: 5 septembre 2014 à 0 h 45 min

« Des journées », je suis tout au bord de la Rolex à 50 ans.
La paix, dans une forêt hantée par la brume; Mathilde,mon amour divin, Gustave mon adoré greffier, d’autres chats entrés comme au hasard dans la maison, quelques chiens recueillis au bord des routes parce qu’ils ont bien voulu venir, une guenon pourquoi pas, des oiseaux ne sachant où voler,trois ou quatre pianos, un orgue, ma bibliothèque de 6000 livres, un bureau, et moi pour le temps que ça veut bien durer, -en un lieu où personne n’aurait l’idée de venir.
C’est tout ce qui compte aujourd’hui.
Avec ou sans dents, quelques livres à lire ou à achever, économisant une vieille Ami 8 de 71 pour aller chercher le pain que par ailleurs je ne mange plus.
Le reste, je m’en fous.
Accessoirement, le « petit marquis » vous emmerde.

des journées entières dans les arbres dit: 4 septembre 2014 à 23 h 47 min

Si les tuyaux se désencombrent- je pense qu’il y a affluence du côté de chez Drouant, je vous disais, chaloux, vos petits impôts de petit fonctionnaire,- un peu haineux, en plus, je trouve- et de vote pas assumé… nous n’avons pas les mêmes valeurs.

des journées entières dans les arbres dit: 4 septembre 2014 à 23 h 43 min

Ma réponse est perdue dans les tuyaux, mais je vous ai déjà répondu hier soir, chaloux, je crois.

Chaloux dit: 4 septembre 2014 à 23 h 22 min

Mon pauvre « des journées entières à bayer aux corneilles », si vous croyez que ce je paye (énorme par rapport à mes revenus et à mes charges) sert à financer votre dentier, continuez donc à voter à gauche.
(J’avoue) j’attends Bayrou et Juppée.
– Que les autres aillent se faire foutre.

Chaloux dit: 4 septembre 2014 à 23 h 15 min

Sergio, nous croulons sous les pianos, ceux avec lesquels nous vivons, aimés on ne peut davantage, adorés, (un poil moins que les chats) et ceux que nous rêvons de recueillir.
Un commencement d’explication.

Widergänger dit: 4 septembre 2014 à 23 h 12 min

La librairie de cinéma a aussi disparu dans le passage Joufroy. Les choses ne sont pas éternelles. On mourra aussi, à part D. qui est éternel. Faut s’y faire…

Sergio dit: 4 septembre 2014 à 22 h 56 min

Chaloux dit: 4 septembre 2014 à 22 h 42 min
(Très) Accessoirement, nous avons reçu notre feuille d’impôts ce soir.

Je me souviens d’une vieille chanson où, pour ne pas payer d’impôts, il fallait cacher son piano !

Enfin bon, au moins les plus de sept cent cinquante centimètres cubes ne sont plus signe extérieur de richesse…

Sergio dit: 4 septembre 2014 à 22 h 50 min

Paul Edel dit: 4 septembre 2014 à 17 h 35 min
Et puis surtout c’est quoi ce critère bizarre: « se regarder écrire » ,

Si, on comprend bien ; on peut se regarder tout faire, d’ailleurs, skier, monter à cheval, et bien sûr le terrible s’écouter parler. Sacré parasitage, c’est comme une ombre maléfique au point de paralyser, de bloquer, de démoraliser. Maintenant il faut bien trouver un peu de subjectivité, sinon c’est le contraire, on s’endort dans le brouillard. Le problème, c’est qu’on évolue sans cesse, d’où perte de repères. C’est cela qui est très gênant, et alors le refuge est par exemple pour Buffet de faire du Buffet, pour un écrivain de se recopier, bref de s’en remettre à la société pour lui resservir quelque chose qui à un moment lui a plu.

Chaloux dit: 4 septembre 2014 à 22 h 42 min

(Très) Accessoirement, nous avons reçu notre feuille d’impôts ce soir.
J’ai commencé à voter socialiste en 1986, ou 88. depuis, toujours.
Fin de partie.
La gauche est une imposture.
qu’ils aillent se faire foutre.

des journées entières dans les arbres dit: 4 septembre 2014 à 22 h 39 min

Une leçon de maintien:
« d’une remarquable acuité dans l’observation des choses de la vie, proche sans être familier car tenu, d’une étonnante richesse lexicale, discret là où d’autres s’étendent, inventif là où d’autres se taisent. »

Prenez-en de la graine, Hamlet:
De la souplesse dans la raideur, de la distance dans la chaleur, protocolaire dans la bonhommie, délicat et soigné dans l’intranquillité, serviable jusque dans la désobeissance.

des journées entières dans les arbres dit: 4 septembre 2014 à 22 h 18 min

« tout juste s’il s’est pas comparé à Albert Einstein. »
Non, mais en fait le moins futé de tous ces avatars, c’est l’antiquaire.
Il s’est improvisé employé de l’ONF et du coup, on sent tout de suite qu’il maîtrise pas son sujet.
Alors pour ce qui est du tir à l’arc,  » pas acheté chez décathlon », je ne sais pas ce que ça donne.

Widergänger dit: 4 septembre 2014 à 22 h 15 min

Arrêtez de nous raconter des histoire, mon pauvre Court !

Vous prétendez tout savoir sur l’occultisme et vous ne savez même pas l’importance de l’occultisme chez Villiers !

Vous êtes simplement un gros fabulateur.

Un type qui croit que L’Ève future fait l’éloge de la science alors qu’il se sert de la science comme moyen occulte. Vous faites d’énormes contre-sens de lecture en plus de votre ignorance crasse.

Et vous ne vous contentez pas de ça ! Vous méprisez ceux qui vous citent les œuvres critiques qui en parlent en connaissance de cause.

Moi, j’appelle ça tout simplement une attitude de barbare inculte et arrogant.

Je ne serai pas fier de moi à votre place pour quelqu’un qui se présente comme un savant. Vous n’êtes qu’un petit vaniteux, un prétentieux méprisant le savoir. Comme tant d’ignares de la Rdl qui passent leur temps à taper sur les gens de savoir comme hamlet. Ou l’autre ignoble Barozzi, qui aurait été à la gestapo en temps de guerre ou les les collabos qui dénonçaient leurs voisins ! Voilà ce que c’est la Rdl !

chaloux sans majuscule dit: 4 septembre 2014 à 22 h 15 min

Alba, mon gros brochet mayonnaise, mercipourPuech. Mais, – tu devrais le savoir, je suis tout le contraire d’un intellectuel.

(En passant dans le Palais Royal, cet après-midi, quelle ne fut ma peine de m’apercevoir que la vieille librairie dont j’ai toujours ignoré le nom, et qui semblait éternelle, avait disparu.)
Pendant des mois, un portrait de Monsieur frère du roi – par Nocret – vers l’âge de vingt ans, que j’allais voir chaque jour, m’y a tant appris sur Saint-Simon que j’aurais bien du mal à ne pas manifester, à celui qui tenait cette librairie, une immense reconnaissance.
A sa place, un de ces magasins de mode où l’on n’a d’autre choix que de se regarder.
La civilisation parisienne qui scrutait autour de soi aussi loin qu’il est possible (Saint-Simon, Michelet, Proust, Morand, Vialatte), – et ailleurs, si loin, Héraclite, Platon, Mishima, Malaparte, Yourcenar, tchekov, Golovanov, Gadda, a fait place à une civilisation du sac à main, du selfie, de la merde-soi.

Vivent les Ardennes, la Corrèze et le Périgord, vivent la montagne grecque, divine, – et le Magne-, l’Italie, la campagne bulgare, les déserts espagnols, le Portugal, le Liban et l’arrière pays syrien dont chaque page de l’histoire me fait saigner, – ces sanctuaires où l’on est, où l’on devrait être, si éloigné de tout cela.

hamlet dit: 4 septembre 2014 à 22 h 14 min

il ne faut insulter les ploucs.
parce que vous, tout comme Monsieur Court vous auriez le droit de lire des auteurs que même quand on recherche le nom dans wiki il les connait pas et que nous les ploucs il faudrait qu’un se tape le tout venant Reinhardt et Mauvignier !

désolé mais on est vraiment dans une France à 2 vitesses.
c’est comme en philo les cadors ils tapent des auteurs que personne ne connait et quand on leur pose une question il te dise si t’as pas compris qu’à lire Luc Ferry…

des journées entières dans les arbres dit: 4 septembre 2014 à 22 h 13 min

Barozzi, ma  » saison en enfer » !, voilà que le sado-maso de kicking me prend pour vous !

Giovanni Sant'Angelo dit: 4 septembre 2014 à 22 h 05 min


…puisque un élan vous pousse dans l’hermétique,…

…les métamorphoses d’Ovide,…

…il n’avait, rien à faire,…pour écrire,!…en plus de son art d’aimer,!…

…aujourd’hui, très loin de ses conceptions,!…
…mais, il écrivait par quel imprimeur,…en combien d’exemplaires,…qui censurait quoi, dans quels dogmes, la ligne constructive,…

…mystères hermétiques et boules de gommes ,!…surtout, de ce qu’il en reste de l’empire,!…des  » cons « , parjures républicains,!…etc,!…

…l’histoire, ce qui nous est parvenu,…maille que maille,!…etc,!…

hamlet dit: 4 septembre 2014 à 22 h 04 min

ML, je peux vous demander d’arrêter de balancer des insultes et m’accorder une seconde d’attention svp ?

ce n’est pas à vous que je m’adresse mais au professeur de lettres qui est en vous.

Reinhardt démarre son livre en racontant que cette dame, elle-même professeur de littérature le contacte après avoir lu son livre ‘Cendrillon’.
je ne sais pas si vous l’avez lu c’est l’histoire d’un auteur qui se fabrique plusieurs avatar, chaque avatar correspondant à une facette de sa personnalité, la somme de ces avatars correspondant la personnalité ‘globale’ de l’auteur, vous voyez le genre.

et donc cette dame lui écrit qu’elle est sidérée de découvrir en lisant son livre à quel point les individus possèdent plusieurs facettes.
vous me suivez, une prof de lettres ! qui découvre en lisant Django Reinhardt que chaque individu est multiple…

vous imaginez le niveau de cette prof ?
vous trouvez ça normal de la part d’un membre de l’éducation nationale qui plus est une littéraire, peut-être agrégée, qui découvre en lisant Reinhardt que les êtres sont multiples !

c’est pas la preuve qu’on a quand même un gros problème avec les enseignants de la fonction publique ?

ML je vous pose la question sans vous influencer : vous en pensez quoi de cette prof ? elle ne vaut pas clou non ?

à moins qu’elle se soit foute de sa gueule, elle lu a dit ça pour lui passer de la pommade, et l’autre du coup il était fier comme un bar tabac, je l’ai écouté, fallait l’entendre : elle m’a contacté pour me dire qu’elle avait découvert que les individus sont multiples en lisant mon livre… du genre avant moi persnne le savait, tout juste s’il s’est pas comparé à Albert Einstein.

Alba vous croyez que ça fait sérieux ?
et après vous vous étonnez que les gens se foutent de la figure des profs.

c’est comme si j’écris un bouquin de maths où je décris les lois de la géométrie riemannienne et qu’un prof de maths m’envoie une lettre en me disant grâce à vous j’ai découvert qu’Euclide n’était pas seul à avoir de la géométrie dans sa vie.

c’est pas sérieux.
et les critiques littéraires ils disent que c’est sérieux, Même Monsieur Assouline ça l’a pas choqué, il en parle pas mais le point le plus important du livre, parce que c’est au début : comment on lire la suite quand on démarre là dessus ?

désolé si j’ai fait long je tenais à vous expliquer la situation pour avoir votre avis.
d’ailleurs dès que j’ai eu vent de cette histoire je me suis il faut que j’en parle à ML lui il pourra me répondre.
j’ai bien fait non ?

kicking dit: 4 septembre 2014 à 22 h 02 min

ah non, c’est tellement meetic ici grâce à vous.. déjà vu ailleurs, il y a longtemps.. ça puait le même genre de désirs.. mais comme c’est bizarre..

des journées entières dans les arbres dit: 4 septembre 2014 à 21 h 58 min

kicking « mis à nu » par son fantasme même: Barozzi, il semble que vous ayez un ticket.

Court dit: 4 septembre 2014 à 21 h 57 min

Gracieux Wiederganger
Votre exquise bienveillance retouchée façon Gilles de la Tourette vous égare. Je n’ai pas dit que Béranger n’avait pas d’importance littéraire. J’ai dit qu’il n’a pas fait école dans la littérature de son temps, ce qui est tout différent. Voyez le mal que se donne Hugo pour composer quelque chose qui ressemble à une chanson de Béranger. Bornecque là dessus a montré la voie dans une page lumineuse de La Fantaisie de Victor Hugo, chez Corti. Votre phrase ne prouve rien, sinon qu’après la censure de Charles X suite au Sacre et quelques autres, la visite à Béranger est devenue un must parisien. Au fait, pourquoi édition de 1868? Ce ne serait pas 1858, date de l’E.O, qu’il faudrait lire?!
Pour le reste, oui, je m’intéresse à l’Histoire de l’ésotérisme en général, et pas avec de petites pointures, ne vous en déplaise. Quant à me taire,il me semble plutot que c’est vous qui n’étiez pas là.De là à dire*
« Un seul etre vous manque, et tout est dépeuplé, »
Personne ici n’ira si loin.
Vous voulez etre désobligeant, vous n’etes que lourd, et, depuis peu , grossier..On vous a signalé votre différence avec De Nota. Je n’y reviens pas. Bloy et Céline avaient peut etre l’imprécation facile, mais l’un au moins avait du style, et ne donnait pas le triste spectacle d’une régression au stade anal.
Bonne soirée.
MC

kicking dit: 4 septembre 2014 à 21 h 51 min

bon, les nouveaux m’excuseront de n’inviter personne dans aucun château dont je me vanterais de connaître le majordome.. bonne soirée et pets dans vos foyers!

des journées entières dans les arbres dit: 4 septembre 2014 à 21 h 44 min

kicking, encore une fois n’est pas vraiment sur le site adhoc. Il y en a certainement de plus adaptés pour les sado-maso-scato dans son genre – je précise pour les nouveaux qui n’ont pas trop fait attention à la teneur de ses  » posts ».

Hermétique ?

Hermétisme désigne deux courants de pensée :
une doctrine ésotérique fondée sur des écrits (les Hermetica) de l’époque gréco-romaine attribués à l’inspiration du dieu Hermès Trismégiste (nom donné par les Grecs au dieu égyptien Thot)
son développement dans la doctrine des alchimistes au Moyen Âge puis essentiellement à partir de la Renaissance.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Herm%C3%A9tisme

ueda dit: 4 septembre 2014 à 21 h 40 min

« Merci pour ce moment », dit-elle.

Comment contribuer à la paix des ménages?

Widergänger dit: 4 septembre 2014 à 21 h 31 min
Moi aussi, je peux sortir les vieux livre, gros connard de Court !

–> Moi aussi, il m’est loisible de consulter quelques livres anciens, mon bon Court.

Widergänger dit: 4 septembre 2014 à 21 h 32 min
Mais ça ne l’empêche pas de plastronner, une fois de plus etd e jouer les gros bras alors qu’en réalité c’est un vrai plouc ignare de Breton mal dégrossi !

—> Mais ces circonstances n’entament en rien le tranchant de ses arguments, qui sont redoutables, en dépit de cette saveur armoricaine qui a su garder toute sa fraîcheur.

Widergänger dit: 4 septembre 2014 à 21 h 38 min

Tous les gens cultivés devraient co,nnaître les bouquins de Henri-Charles Puech sur la gnose : En quête de la Gnose. Des ploucs ici qui savent rien.

kicking dit: 4 septembre 2014 à 21 h 38 min

ça cause « hermétique », donc, bonsoir

oui bon, pisser sur ses pompes en marchant sur les pieds d’autrui c’est tellement plus chic, n’est-ce-pas..

Chaloux dit: 4 septembre 2014 à 21 h 34 min

Michelet est immense et -presque- personne ne le sait. « Le plus grand poète du XIXe siècle » d’après Alexandre Viallatte, qui n’est pas bien éloigné d’être le plus grand poète du XXe.
J’ai rencontré Michelet par hasard, à 18 ans, ses tantes de Renwez, et j’en étais tout proche. Choc de la présence de l’histoire au même endroit. Château de Montcornet, Ardennes.*

(Un site magnifique pour mon pote Bloomy. Tapez Montcornet dans la recherche.)

http://www.jmbenoit.fr/

Widergänger dit: 4 septembre 2014 à 21 h 32 min

Court ne sait pas en tout cas l’importe de l’occultisme pour Villiers, c’est clair !

Mais ça ne l’empêche pas de plastronner, une fois de plus etd e jouer les gros bras alors qu’en réalité c’est un vrai plouc ignare de Breton mal dégrossi !

Widergänger dit: 4 septembre 2014 à 21 h 31 min

Ce connard de Court prétend en outre que Béranger n’a aucun rapport avec la littérature. Il montre une nouvelle fois son ignorance, comme pour la Symbolisme.

« C’est à la Force que V. Hugo vint faire ma connaissance et m’amena bientôt Sainte-Beuve. »
(Béranger, Ma Biographie, p. 240, édition de 1868)

Moi aussi, je peux sortir les vieux livre, gros connard de Court !

Court dit: 4 septembre 2014 à 21 h 29 min

Victor Emile-Michelet a laissé des Contes Surhumains avec frontispice de Rodin qui sont du mauvais Villiers, mais surtout Les Compagnons de La Hiérophanie,petit volume qui en dit assez long sur l’occultisme fin de siècle, sur lequel il est entendu que je ne sais rien….
Se voir dédier les Filles de Milton est en soi tout un poème.
Bien à vous.
MCourt

chantal dit: 4 septembre 2014 à 21 h 29 min

Whispering in enamounded tone
Sweet oracles of wood and dells
And summer wind in sylvan cells

When, from that stony gloom a voice arose,
Solemn and sweet, as when low wind attune
The midnight pines.

Shelley.

Mme Michu dit: 4 septembre 2014 à 21 h 26 min

Bon, et bien pour ma part je retourne à L’horreur économique de Viviane Forrestier, à peu près au milieu ça n’a pas pris une ride…

de nota dit: 4 septembre 2014 à 21 h 25 min

Sur Plotin,les livres de Jean Trouillard et celui de Maurice de Gandillac »la sagesse de Plotin », ouvrages cités dans la bibliographie de « Le savoir Grec » ouvrage collectif sous la direction de Jacques Brunschwig et Geoffrey Lloyd.
Kant à Porphyre, que pouic!

kicking dit: 4 septembre 2014 à 21 h 23 min

des poivrots assistés sifflant leurs bières dans un hall de gare regardant le film 3D offert en cadeau bononossuse par leur municipalité.. air connu..

des journées entières dans les arbres dit: 4 septembre 2014 à 21 h 16 min

imagine un peu l’histoire de l’histoire insolite:

Mon cher ami,

Par une série de circonstances incroyables, – de transpositions, de dédicaces, etc., – il se trouve une chose vraiment inouïe :

Sur les vingts nouvelles du volume Histoires Insolites, qui va paraître, c’est vous – c’est-à-dire celui auquel il me semble, il était non seulement d’amitié mais de devoir le plus élémentaire de dédier la moins niaise de ces anecdotes, – il se trouve qu’après en avoir eu deux (Hallidonhill et Conte de Fin d’été) vous avez été OMIS !! Par ces perpétuelles transpositions ! Et faute d’avoir mes tierces sous les yeux. – Je suis, en vérité humilié, je vous l’avoue humblement, de cette criminelle étourderie.

Je tâche, à l’instant, de la réparer du moins mal possible, en vous dédiant les Filles de Milton, qui vont paraître chez M. Baschet dans la Revue.

Mais, comprenez-vous ce qui est arrivé ! Est-ce assez inepte, assez ennuyeux !! Oh ! Je vous l’expliquerai de vive voix, et alors vous verrez la filière. Comment cette confusion s’est-elle produite, je ne peux pas moi-même le comprendre.

Remarquez-bien que ce n’est rien, une nouvelle dédiée ou non, qu’importe ! Mais c’est pour moi, bien plutôt qu’est la contrariété, parce que c’est absurde ! Parce qu’en vérité je suis honteux.

Mon cher Michelet, je pars pour Bruxelles demain matin, je vous serre la main en toute hâte, et vous prie, du fond du cœur, de comprendre, malgré tout, que ce n’est pas tout à fait de ma faute, et il est impossible d’en être plus vivement peiné que je ne le suis ; cette imprimerie où l’on confond les bons à tirer et les épreuves est une chose triste.

Mais je vous en dédierai deux, et je tâcherai qu’elles ne soient pas trop indignes de votre amitié et de votre intelligence ; j’ai l’air d’un ingrat et cependant ce n’est pas vrai : c’est incroyable, voilà tout.

Villiers de l’Isle-Adam

http://livrenblog.blogspot.fr/2010/12/victor-emile-michelet-villiers-de-lisle.html

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