de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

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L’Allemagne intérieure de Michel Tournier

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Il y a comme ça des écrivains très français qu’un réflexe nous fait associer automatiquement à un pays étranger tant ils l’ont loué, critiqué, décortiqué et habité jusqu’à en être à leur tour habité. Un pays, c’est à dire une langue, une culture, un passé, une littérature. Michel Tournier, c’est l’Allemagne. Ou plutôt les Allemagnes. Non à la façon d’un Mauriac qui se réjouissait qu’il y en eut deux tellement il l’aimait, mais à la Tournier. Il en voit quatre : l’Allemagne de l’Ouest, l’Allemagne de l’Est, l’Autriche et la Suisse alémanique (ça va grogner du côté de Zurich, ville qu’il […]

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DSM : le livre qui rend fou

DSM : le livre qui rend fou

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Les médecins ont toujours déconseillé à leurs patients d’ouvrir le Vidal, et plus encore les traités de médecine et autres dictionnaires spécialisés. Ils étaient d’avis, à juste titre, qu’il y a dans cette littérature de quoi se rendre malade tant les termes employés, d’autant plus mystérieux qu’ils sont incompréhensibles au commun, risquent d’ajouter la souffrance à la douleur. Encore fallait-il avoir les moyens de se procurer ce genre de livres, à supposer qu’on ait su où les trouver et qu’on ait su les choisir. Mais depuis que les patients peuvent obtenir n’importe quoi sur un clic, les médecins ont baissé […]

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Des personnages en état limite

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Il y a quelque chose de plus doux, en tout cas de moins violent, dans la désignation d’une personne comme étant limite plutôt qu’en état limite, et plus encore si on la dit borderline. Lorsqu’elle est simplement limite, on a l’impression qu’elle n’a pas encore basculé de l’autre côté, qu’on peut encore la rattraper, voire l’aider. Au-delà, c’est la pathologie, la camisole chimique. Ces gens qui seront peut-être nous un jour, mais qui sont un autre en attendant, sont au cœur d’un roman et d’une enquête. Le deuxième roman de Sylvie Le Bihan Là où s’arrête la terre (288 pages, […]

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Le Corbusier, lumière et pénombres

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Rien n’exaspérait Le Corbusier comme d’être appelé Charles Le Corbusier, d’autant que pour l’état-civil il était Charles-Edouard Jeanneret. Il fut « Doudou » pour sa famille, et « le fada » pour les Marseillais. A propos, un biographe peut-il appeler son héros par son prénom ?  Il y a là un abîme de réflexion. Tant et si bien que le quotidien The Guardian s’en est récemment ému en lui consacrant une enquête. Il est vrai qu’il y avait péril en la demeure : Robert Crawford n’ose-t-il pas donner du « Tom » à son héros dans sa nouvelle biographie de T.S. Eliot ? Il s’agit certes de l’écrivain dans […]

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La mort, la mort, la mort…

La mort, la mort, la mort…

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On en connaît qui célèbrent le culte des morts tous les jours de l’année sauf le 2 novembre, jour des Défunts. N’allez pas creuser leur psychologie. Ni fouiller dans le capharnaüm gothique. Disons qu’ils ont le goût des cimetières, ces îlots privilégiés dans une capitale où l’on enregistre le plus bas taux de décibels, ces lieux si calmes que les mamans y promènent leurs bébés entre les tombes. Rien des morbide là-dedans. On en connaît même, tel M. Landru, qui y consacre un blog. Nathalie Rheims est connu pour appartenir à l’internationale informelle des arpenteurs de cimetières. D’ailleurs on l’appelle […]

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Richard Millet sous le soleil de Depardieu

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Voilà encore un livre dont ils ne sauront pas que faire. « Ils », entendez les critiques, les medias, l’opinion. Il est vrai que depuis « l’affaire », ils se repassent les pamphlets de Richard Millet comme une patate chaude, en se disant qu’il faudra bien en parler si d’autres en parlent sur le mode incorrect, voire scandaleux, car il sent toujours le souffre, mais qu’en attendant il serait plus prudent de s’en abstenir. D’autant qu’il enfonce le clou avec Le corps politique de Gérard Depardieu (120 pages, 17,90 euros, Pierre-Guillaume de Roux). De quoi s’agit-il ? De la France et des Français, ce qui […]

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Pour saluer Pierre Ryckmans et Simon Leys

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On commettrait une erreur de jugement en ne voyant en Simon Leys qu’un grand sinologue. Ou uniquement l’expert qui a pourfendu les illusions meurtrières des maoïstes occidentaux. Ou le lanceur d’alertes des China watchers. Celui qui vient de disparaître à l’âge de 78 ans des suites d’un cancer était tout cela, bien sûr, mais c’est celui qu’il était en sus et au-delà de ces qualités de spécialiste qui nous manquera. Entendez : un intellectuel d’une remarquable tenue intellectuelle et d’une rare exigence morale. De ceux qui mettent leurs actes en accord avec leurs idées, espèce en voie de disparition. Quelque chose […]

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Des oiseaux et des oeuvres, mais sous quel nom et à quel titre ?

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Ces deux livres-là attendent sur ma table depuis près de deux ans. Comme quoi… Peur d’y toucher ? Pas vraiment. Plutôt l’appréhension de pénétrer dans une forme déroutante, mêlée au sentiment que certains livres s’inscriront dans la durée par leur étrangeté même. Il est vrai que les projets qui sous-tendent ces deux-là sont particulièrement originaux. Quel est le plus souvent notre réflexe naturel lorsque nous entrons dans un musée ? Le regard attiré par un tableau, nous nous précipitons vers le petit cartouche sur le bord du cadre, ou sur le cartel à côté, pour nous renseigner : titre, auteur, collectionneur… Le pedigree, […]

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Dans le potage de maître Gibault

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Etrange de constater combien le genre littéraire du dictionnaire correspond aux exigences de l’époque par sa forme et son esprit. Le principe alphabétique est censé mettre un peu d’ordre dans un chaos intime. Comme une règle qui corrigerait l’émotion. Ce foutoir autorise toutes le entrées possibles. On y vient à toute heure sans crier gare, dispensé de commencer par le début et de terminer par la fin. Idéal en ces temps de papillonnage triomphant. N’empêche que j’ai lu de A à Z le Libera me (418 pages, 23,90 euros, Gallimard) de François Gibault. Ce qui n’est pas un exploit tant […]

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Chaneliser en équipage pour la plus grande gloire de Coco

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Etrange ce sentiment qui nous prend à la lecture d’un livre lorsqu’on « sent » qu’il a été écrit à la lumière d’un autre. Rien à voir avec le plagiat, la copie, le décalque, ni même l’imitation. On a juste l’impression qu’il en a été secrètement nourri sinon irradié. Le cas en lisant Notre Chanel (276 pages, 20 euros, Bleu autour) de Jean Lebrun. Il en fait d’ailleurs l’aveu à la page 87, sous forme de reconnaissance de dette, en citant l’influence de Misia (1981, repris en poche chez Folio), récit à deux mains qu’Arthur Gold et Robert Fizdale avaient consacré à […]

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