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La République Des Livres par Pierre Assouline

Comment j’ai traduit « Albucius » de Pascal Quignard en japonais

Par Kei Takahashi

DSCN4011On me demande de temps en temps : « Comment avez-vous traduit ces livres quignardiens ? » Je sais très bien que c’est surtout de ma traduction d’Albucius, des Tablettes de buis d’Apronenia Avitia ou de La Raisonqu’on me parle. Je leur réponds les yeux baissés, gardant le sourire : « Ne me le demandez pas, je vous en prie. » Cela pour éviter toute excuse, mais intérieurement je me demande s’ils ont vraiment lu ces miraculeux romans à la fois romains et contemporains.

On parle souvent de l’érudition ou de la pédanterie de Pascal Quignard. C’est vrai qu’il y a de nombreuses citations latines, grecques, ou d’autres langues anciennes partout dans ses ouvrages. Mais il faudrait plutôt remarquer que l’auteur accompagne, chaque fois qu’il cite, sa propre traduction sous une forme quelconque. Je ne connais pas les langues classiques, mais j’aime bien lire les dictionnaires classiques, par exemple le Gaffiot ou le Bailly. C’est mon grand plaisir, à l’aide de ces dictionnaires, de voir – plutôt d’essayer de voir – comment l’auteur a traduit les anciennes langues en français moderne.

Pascal Quignard dit dans la préface rédigée pour la nouvelle édition du livre « stupéfiant » Sentences, divisions et couleurs des orateurs et des rhéteurs de Sénèque le Père (traduction du latin par Henri Bornecque, revue par Jacques-Henry Bornecque, chez Aubier, 1992) :

« J’ai déjà tenté dans deux livres de faire revivre deux de ces déclamateurs. Alors j’ai pillé Sénèque le Vieux. J’aime m’endetter de dettes infinies. Ce livre de Sénèque le Père fut pour moi un Plutarque, mêlé de Montaigne, et mêlé de Tshouang-tseu. Il est vrai que c’est plutôt l’art des déclamateurs qui a abouti à Plutarque lui-même. Qui a abouti aux vies de saints. Qui a abouti aux romans. »

Ces « deux livres » correspondent à Albucius et à La Raison, dans lesquels l’auteur a brillament réussi à faire revivre les deux déclamateurs romains Albucius Silus et Porcius Latron, à partir de ce grand recueil descontroversiae composées par les grands déclamateurs ou orateurs, et gardées miraculeusement dans la mémoirestupéfiante de Sénèque le Père. La préface de Pascal Quignard elle-même est à mes yeux aussi stupéfiante que magnifique. Lisons la phrase qui suit la citation précédente :

« La vierge arrachant le voile de son front pour couvrir la nudité de son fils sur la croix, les disciples recueillant son sang dans le vase qu’il avait utilisé lors de la cène : les évangiles apocryphes font penser auxcontroversiae, par exemple à la mort de Cicéron, ou encore à la légende de Parrhasios. Ils amplifient des scènes connues et systématisent dans l’imaginaire : ce sont des romans qui se font. […] Bientôt on ne distingua plus les declamationes et les fabulae : c’était devenu des histoires. Soixante ans plus tard, le roman de Pétrone s’ouvre sur une declamatio, la rejette et lui préfère une satura. En philosophie, la suasoria se transforma enconsolatio. »Pascal quignard  (4)

L’auteur met en valeur le rapprochement entre les controversiae et les évangiles apocryphes, entre lesdeclamationes et les fabulae, qui ensemble ont abouti aux romans modernes, et fait attention à la transformation de la suasoria en consolatio dans le domaine philosophique. Je pense personnellement que c’est très rare, très original, une telle manière de traiter de l’énorme question d’un énigmatique changement culturel produit dans la civilisation romaine. Il développe ses propres réflexions deux ans plus tard dans Le sexe et l’effroi comme suit :

« Je cherche à comprendre quelque chose d’incompréhensible : le transport de l’érotisme des Grecs dans la Rome impériale. Cette mutation n’a pas été pensée jusqu’ici pour une raison que j’ignore mais par une crainte que je conçois. Durant les cinquante-six ans du règne d’Auguste, qui réaménagea le monde romain sous la forme de l’empire, eut lieu la métamorphose de l’érotisme joyeux et précis des Grecs en mélancolie effrayée. Cette mutation n’a mis qu’une trentaine d’années à se mettre en place (de - 18 avant l’ère à 14 après l’ère) et néanmoins elle nous enveloppe encore et domine nos passions. De cette métamorphose, le christianisme ne fut qu’une conséquence, reprenant cet érotisme pour ainsi dire dans l’état où l’avaient reformulé les fonctionnaires romains que le principat d’Octavius Augustus suscita et que l’Empire durant quatre siècles qui suivrent fut conduit à multiplier dans l’obséquiosité. » (Le sexe et l’effroi, édition originale chez Gallimard en 1994, réédition Folio en 1996.)

Toutefois, Pascal Quignard n’est pas un historien, un chercheur, ou encore un critique aimant discuter en pur spectateur, mais un romancier, un écrivain. Il revient toujours aux destins individuels. Que sont alors devenus Albucius et Latron ? Je cite une fois encore une belle phrase de la préface pour l’œuvre de Sénèque le Père :

« Latron redescend. Albucius redescend. Latron se suicida. Albucius se suicida. »

Latron était le meilleur ami d’Albucius. C’était à la fin de l’hiver en - 4 avant Jésus-Christ, l’année où Jésus de Nazareth naquit, Latron mourut disant : « Quid me intempestivae proditis lacrimae ? » (Pourquoi me trahissez-vous, larmes inopportunes ?)

« Il avait le sexe humide encore et point tout à fait rabougri. Il se regarda dans le miroir de cuivre. Il vit son œil qui éclatait de bonheur. Il se trancha la gorge d’un coup sec. Le sang gicla avec un bruit de gargouillis. La fille osque s’enfuit avec son cheval et on ne la retrouva pas. » (Dernier chapitre de La Raison, éd. Le Promeneur/Quai Voltaire, 1990.)

L’auteur décrit ainsi la mort d’Albucius, qui se suicida vers l’an 10 :

« […] il ordonna qu’on éloignât sa fille, qu’on la fît asseoir sur un pliant et qu’on fît appeler la nourrice. Il lui demanda d’ajouter un peu de lait à la préparation. Elle défit le haut de la tunique. Il but. La salle où il était couché était comble. Au premier rang, sur un pliant, il y avait sa fille Polia. Tous ses élèves étaient présents. Au second rang, il y avait les esclaves les plus petits. Il demanda à la nourrice d’approcher de nouveau et pria de le laisser prendre sa main. On entendait des reniflements. Il se tourna et il dit :

  – Quid fletis, pueris ? (Pourquoi pleurez-vous, mes enfants ?)

  Il mourut en tenant serrée entre ses mains la main de la nourrice qu’il payait pour son lait. Chaque matin elle trayait sa mamelle au-dessus d’un bol. Il buvait tiède. » (Dernier chapitre d’Albucius, P.O.L, 1990.)

Deux mille ans plus tard, l’écrivain assistera à une pareille situation :

« Le mouvement de mai fut balayé en quelques heures. Le général de Gaulle, après avoir pris conseil auprès du général Massu, fit élire l’Assemblée la plus réactionnaire depuis le maréchal Pétain. Marcellin était à la Police. Messmer à la Guerre. Les bombes atomiques françaises explosaient à Mururoa.

  Nos dieux se mirent brusquement à mourir.

  Celan se suicida : ce fut Sarah qui me l’apprit postée dans l’encadrement de la porte de l’appartement d’André du Bouchet.

  Rothko se suicida : ce fut Raquel qui me l’apprit dans l’atelier de Malakoff. Je me souviens qu’elle se tenait assise devant la presse d’Orange Export Ltd. Elle ne dissimulait pas ses larmes. Elle caressait la tête de son chien effrayant. » (D’après « Prière d’insérer », insérée dans Écrits de l’éphémère, éd. Galilée, 2005)

Un jour que je traduisais La Haine de la musique – il y a une quinzaine d’années déjà –, j’ai rencontré cette scène :

  « Trimalchio rapporte qu’il se rendit à Cumes quand il était enfant. Il vit les restes desséchés de l’immortelle Sibylle conservés dans l’urne, cette dernière suspendue dans l’angle de pierre du temple d’Apollon. Rituellement, les enfants progressaient dans l’ombre du temple. Ils crient soudain au-dessous de l’ampoule : “Sybille, que désires-tu ?” Une voix caverneuse sortait de l’urne, sous la forme d’un écho issu de l’angle de la roche, répondant invariablement : “Je désire mourir.” »

C’est le chant.

   Apothanein thelô.

Je comprends aisément maintenant que apothanein thelô en grec correspond à « je désire mourir » en français. Mais je pensais alors désespérement que le traducteur se doit de vérifier, de trouver la preuve. J’ai donc commençé à lire Satyricon dès la première ligne à la recherche de la scène à laquelle l’auteur se réfère. Et je la vis. Mon visage était tout rouge d’enthousiasme, j’imagine. C’est ainsi que je me suis habitué à lire ou relire des classiques, non seulement gréco-latins, mais aussi sino-japonais, par exemple Confucius, Tshouang-tseu ou Lao-tseu, Sei Shônagon, Yoshida Kenkô ou Saïkaku, etc… tout en traduisant un écrivain français ! Moi aussi, je dois dire que je « m’endette de dettes infinies » envers Pascal Quignard, le grand rhéteur de notre temps.

Kei Takahashi

(d’après la version de l’article parue sur le site Ifverso.fr)

(« Kei Takahashi » photo D.R. ; « Pascal Quignard » photo Passou)

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Cette entrée a été publiée dans Littérature de langue française, traducteur.

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commentaires

9 Réponses pour Comment j’ai traduit « Albucius » de Pascal Quignard en japonais

u. dit: 25 mars 2014 à 22 h 22 min

« Ueda, je savais que j’allais m’exposer à votre érudition sur le sujet »

You are pulling my leg, aucune érudition bien sûr, juste des conversations et des lectures.

Sur ce sujet romain, plus aucune certitude.
Je regrette le temps où je pouvais en imposer avec une dichotomie simpliste actif (citoyen libre)/ passif (le contraire).
Fini, tout ça…

Affaire de pénétration.
Pénétration des théories franco-américaines sur les gender studies en territoire exotique?
Il y a de ça.

Hélas, j’ai dû me pencher sur cette affaire.
(Con rispetto)
Voyez le professeur Sommer, qui depuis en a fait sa thèse, et depuis encore aggrave son cas.
Avec talent, avec érudition…

http://www.jstor.org/discover/10.2307/189169?uid=3738016&uid=2&uid=4&sid=21103854019263

Donnez-moi plutôt les mots latins, les mots japonais, les mots arabes!
Là, on commence à causer.

xlew.m dit: 23 mars 2014 à 18 h 20 min

Takahashi Kei, pardon.
« Le haut pont », le héron sur le ponton, plouff, le petit goujon transpercé, faim de printemps dans le coeur des pêcheurs de thons blancs.

xlew.m dit: 23 mars 2014 à 17 h 56 min

Ueda, je savais que j’allais m’exposer à votre érudition sur le sujet, je l’ai fait à dessin, je vous tendais le pinceau, et vous nous rendez la calligraphie du temps. Ce que je voulais dire c’est qu’à partir d’Auguste, Rome semble chercher à ré-encoder la sexualité de l’époque, ce n’est pas un hasard si c’est sous le règne d’Octave qu’on voit de grands changements de structure dans le système juridique de la cité. Paradoxalement l’institutionnalisation du « mariage bourgeois » ne signifiera pas la mort d’une certaine exaltation de (presque) tous les sens, comme le dira un peu dans ces termes un jeune poète ardennais quelques temps plus tard, je dirais même plus comme les Dupont/d, au contraire ! Même si après les romans grecs à la Tatius (2 ème siècle), on verra quantité de témoignages aussi flamboyants qu’édifiants de la part de prostituées converties (au 6 ème siècle), mais c’est une autre histoire, je ne voudrais pas apparaître comme un Quignard au petit pied.
Ce que dit madame Dupont sur l’homosexualité active et passive contredit ce qu’écrit l’auteur du Sexe et l’Effroi. Cela ne m’étonne pas, la tolérance semble avoir connu une certaine endurance, malgré les persécutions commencées dès Constantin, Bernardin de Sienne, vers 1425, eut du mal à faire cesser les pratiques de same-sex entre les jeunes nobles, leurs parent préférant que leur progéniture mâle court le guilledou en galopant derrière les garçons avant le mariage plutôt que de ruiner les belles promesses d’alliance avec les familles des jeunes filles pures en engrossant ces dernières furtivement derrière l’église.
Pour en revenir à Albucius, je me souviens des livres de Robert Graves sur le dernier empereur romain Claudius, au style vraiment très vif, il a incontestablement ouvert la voie appienne du roman historique.
Takeshi Kei (est-ce une femme, est-ce un homme, j’avoue ne pas savoir, encore une lacune) dit avoir relu les classiques de la littérature japonaise (Sei Shonagon), je n’imagine pas une traductrice ou un traducteur européens se replonger dans Gottfried von Strassburg ou Chrétien de Troyes avant de proposer une version d’un grand texte de la poèsie d’amour du Japon ou de la Rome antique (la notion de volonté primant beaucoup trop chez les personnages de ces auteurs, elles et ils ne sont plus « soumis » à la fulgurante énergie des pouvoirs cosmiques, la « courtoisie’ polissant beaucoup trop leurs relations, non sans une beauté à couper le souffle, revoyons mentalement les images des murs translucides et du lit d’amour en cristal des héros du Tristan de G. von Strassburg, par exemple…); mais je dois me tromper.
Mata ne

u. dit: 23 mars 2014 à 10 h 31 min

Depuis une vingtaine d’année, le ‘scholarship’ sur l’histoire de la sexualité dans l’Antiquité et sous le christianisme primitif a évolué à une telle rapidité que j’ai du mal à suivre.

Chez Mme Florence Dupont, la notion tend à se dissoudre complètement:

« Le genre du partenaire n’intéresse personne. Et la distinction entre être «actif» et «passif» dans l’acte sexuel n’existe pas. Il n’y a même pas de termes latins pour l’indiquer… On peut dire que l’érotisme romain n’est pas sexué, il n’y a pas de comportement «féminin» ou «masculin», tout est possible., » etc.
Cf. entretien au Temps:
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/2f0e545e-5e90-11e3-bb27-411a889f2734|1

J’ai cru vraies à ce sujet tant de choses successives et contradictoire que je me tiens à distance des théories générales.
Les textes latins sont là, c’est parfait,
–et l’érudition imaginaire d’un Quignard, je prends aussi.

u. dit: 21 mars 2014 à 21 h 21 min

xlew et Chaloux, j’ai bien sût péché par concision et brutalité.

J’ai beaucoup apprécié le texte de Hakahashi-sensei.
Du reste, comme mon approche de Quignard est méfié par la passion d’une femme bonne lectrice, je ne suis plus objectif.

C’est seulement que, pour employer le jargon des théoriciens de la traduction, l’explication de M. Takahashi est plus sourciste que cibliste, et que je reste sur ma faim, s’agissant du Japonais.

« Je ne pense pas que le Japon ait eu autant de changement de paradigme dans sa morale sexuelle à partir de l’arrivée des canonnières du Commodore Perry »… (xlew)

Mais si.
Je me souviens de conversations avec Watanabe Hiroshi 渡辺浩, un vrai gentleman éminent spécialiste de la pensée politique, que M. Takahashi doit connaître.
Le bouleversement des rôles sexuels après Meiji, l’effacement de la « voie des adolescents » (shudô) constitutive de l’éthique des guerriers…

http://renqing.cocolog-nifty.com/bookjunkie/2010/05/2010-16e0.html

Dans la version anglaise de son grand livre, Watanabe dit sur l’époque Tokugawa, qui du reste n’accordait aucune valeur à la virginité et, où il était normal que la femme fasse la démonstration de ses charmes:

‘Ordinary women were courtesans in plain dress, courtesans were gaudier and more gorgeous wives’…

Après l’arrivée du christianisme occidental, eh bien, chez l’élite modernisatrice japonaise, c’est: couic.

Chaloux dit: 21 mars 2014 à 16 h 05 min

Le Japon semble (semble!) tout de même beaucoup plus tolérant sur certains points de sexualité que notre civilisation. Il y a une part d’obscurité acceptée, qui ressemble davantage à Rome qu’à l’Occident. Une acceptation du fait tel qu’il est.

xlew.m dit: 21 mars 2014 à 11 h 46 min

Ueda, j’ai beaucoup aimé lire les confidences de Takahashi-san, ses explorations du Gaffiot et du Bailly, faites par pur délice plus que par obligation, une façon de s’éloigner du dictionnaire Shogakukan français-japonais pour mieux y revenir avec un pouvoir de concentration augmenté, peut-être.
Quignard a beaucoup fait pour faire jaillir en plein jour (je rejoins Chaloux sur ce point) la part obscure de la société romaine, un monde que l’on pensait avoir bien cerné pourtant.
Quignard écrivit, je crois, ses livres après les recherches (et les trouvailles) de Veyne (« Le Pain et le Cirque », 1976, avec aussi son étude du corps dans la société, parue en 1986) et peut-être de Foucault avec son « Le Souci de soi. »
Si l’on peut être toujours d’accord avec ce qu’il dit (d’une manière un peu raide) sur la transformation des codes sexuels dans la société romaine du temps d’Auguste (la joie muée en mélancolie) des historiens ont affiné le propos depuis (je pense à l’excellent livre de Kyle Harper sur la morale sexuelle de l’Antiquité tardive.) Les Romains tinrent à garder intacte la notion de plaisir, en exaltant la jouissance dans les relations sexuelles jusque bien longtemps après la conversion de Constantin au Christianisme en 312.
Le roman d’Achille Tatius « Leucippé et Clitophon » a longtemps marqué les esprits comme tous les grands romans grecs de l’époque. On sait aujourd’hui que les Romains de la haute société faisaient l’amour dans la lumière tremblante de chambres éclairées par des lampes revêtues elles-mêmes de peintures érotiques. Ces mêmes nobles avaient conscience qu’il fallait « humaniser » les relations avec les esclaves, et l’enseignement stoïcien les imprégnait, mais, comme dans le roman de Tatius, le sexe était toujours l’histoire d’un lien majeur qui reliait les humains aux dieux, aux étoiles, aux planètes, il était un don des dieux, toujours présents, une communion avec eux.
C’est peut-être bien Paul qui voulut jeter bas cette notion de « porneia », mais les Romains, même du temps de Justinien ou de Constantinople (des périodes de grands serrages de « vices »), gardèrent quelque chose de cet état d’esprit, que l’idée de « péché » ne détruisit peut-être pas complètement (après tout les Chrétiens ne constituèrent jamais ce groupe compact qu’on leur prêtât d’être souvent), de plus Augustin, Jean Chrysostome, jusqu’à San Bernardino à Sienne au 15e siècle, eurent des prêches très difficiles à faire passer sur le sujet (clin d’oeil.)
Je ne pense pas que le Japon ait eu autant de changement de paradigme dans sa morale sexuelle à partir de l’arrivée des canonnières du Commodore Perry en vue de ses rivages mais je peux me tromper, le cinéma japonais de l’après 1945 commis peut-être des films évoquant certaines transformations souterraines, donc peu visibles, avec le génie que l’on sait.

Chaloux dit: 20 mars 2014 à 14 h 53 min

« Moi aussi, je dois dire que je « m’endette de dettes infinies » envers Pascal Quignard, le grand rhéteur de notre temps. »

Magnifique et très juste. C’est vrai que Pascal Quignard fait lire ce qu’on n’aurait peut-être pas lu sans lui et qui devient essentiel.
A certains moments, on jetterait bien ses livres par la fenêtre, – à condition cependant que cette fenêtre donne sur une bibliothèque.
Les présupposés sont parfois schématiques, et je lui reprocherais volontiers le flou qu’il entretient, savamment ou par jeu, entre savoir et imaginaire. Mais il ouvre tant de portes -trop de portes? comme s’il s’agissait de tout parcourir, presque de tout voler- qu’il est unique.

u. dit: 20 mars 2014 à 13 h 06 min

Cet article ne devrait pas s’appeler « Comment j’ai traduit « Albucius » de Pascal Quignard en japonais », mais « comme j’ai fait pour bien comprendre Quignard avant de le traduire en japonais ».

En effet, de ce passage à la langue japonaise, qui devait être l’essentiel, il n’est pas dit un mot.

それは残念だ、高橋さん。

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