de Pierre Assouline

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La République des livres
Dans le cerveau poétique de Jean Rouaud

Dans le cerveau poétique de Jean Rouaud

Il paraît que la littérature ne se vend plus et qu’il faut agir en conséquence. Du moins est-ce ainsi qu’un éditeur a récemment annoncé à ses collaborateurs que, la crise de la librairie aidant, un certain type de livres ne paraitrait plus sous son enseigne : ces livres qui ne se présentent ni comme des romans, ni comme des récits, ni comme des essais, ni comme rien du tout d’ailleurs et dont les libraires ne savent pas toujours quoi faire tant ça les désempare alors que tant de ces livres nous ont emmené au plus loin et au plus profond de ce qu’on appelle encore « littérature » sans trop savoir de quoi il en retourne au juste. Bref, le fantôme de Borges en rit encore.

Parmi eux, Jean Rouaud connu et célébré pour son cycle romanesque familial lancé avec l’attribution du Goncourt en 1990 (Les Champs d’honneur, Des Hommes illustres, le Monde à peu près, Pour vos cadeaux, Sur la scène comme au ciel). Depuis, des livres, il en écrivit d’autres de différentes formes jusqu’à sa série « La vie poétique » dont le tome 5 vient de paraître sous le titre Kiosque (281 pages, 19 euros, Grasset). Le kiosque à journaux de la rue de Flandre à Paris (XXème), c’est de là qu’il s’est lancé – et dès lors nombre de lecteurs s’y sont attachés. Un écrivain attachant, c’est quelqu’un dont on prend régulièrement des nouvelles à chacune de ses (ap)parutions, comme s’il se manifestait régulièrement à seule fin de nous parler à l’oreille.

Il se souvient à avoir donc été kiosquier, lecteur, écrivain en devenir, chanteur, commis de librairie, coupeur de dépêche d’agence à Presse-Océan. Mais kiosquier sept ans durant, tout de même, au temps où les NMPP, la centrale qui assurait la distribution des journaux, retrouvait régulièrement le syndicat CGT du Livre pour un bras de fer dont les lecteurs faisaient les frais. En ce temps-là, il c’était un métier vraiment physique ; les titres étaient beaucoup plus nombreux ; les kiosques n’étaient pas chauffés ; de loin le marchand ressemblait à un croisé avec son heaume de laine et ses mitaines. Aujourd’hui dans les kiosques à l’allure techno, on vend des jouets et gadgets comme on débite des popcorns dans les cinémas et il arrive même qu’on y trouve des gazettes

On ignore si Rouaud a aimé cela. Pas sûr qu’au bout de sept ans le métier lui soit rentré dans le corps. Pas du genre à rigoler des mêmes blagues avec les collègues. Mais enfin, cet homme de l’ouest humide a tenu bon et s’est nourri de conversations avec des clients dont la sédentarité a forcé la fidélité. Des déferlantes de vie du petit théâtre de la rue de Flandre, il a subi la séduction, en enrôlant aussitôt secrètement au titre de personnage dans son journal, simple petit carnet Rhodia dans lequel toutes ses rencontres étant réduites en haïkus avec Bashô pour seul maître, histoire de se désincarcérer de son évangile flaubertien – et aussi de L’Ere du soupçon de Nathalie Sarraute. Cela lui sera utile à l’heure de reconstituer la tapisserie de son enfance longtemps après. Déjà prêt à résister aux appels du réel au nom d’impératifs formels « au point de considérer comme dégradant d’appeler les choses par leur nom », il ne lui manquait que le déclic. Tout est parti de la découverte inopinée dans le grenier d’une photo de Joseph Rouaud mort pour la France en 1916 à 21 ans, oubliée dans un missel de tante Marie. Une image pieuse intitulée « les Champs d’honneur ». Kiosque est son comment-je-suis-devenu-écrivain, écrivain désignant quiconque a une place dans la littérature, mais bonne chance à qui voudra les définir, la place et la littérature. Il ruminera la grande leçon tirée des années de kiosque :

« Ce sont les gens qui parlent le mieux d’eux-mêmes. Aussi longtemps qu’ils sont là mieux vaut se tourner vers les acteurs et les témoins de leur propre vie que de donner la parole en leur nom aux experts qui, du haut de leur compétence, prétendent en savoir plus long que ceux-là, au premier chef concernés ».

Le goût pris à une lecture poussant de manière quasi obligatoire le lecteur à remonter en amont pour vérifier qu’il n’a rien manqué des rendez-vous avec son auteur, la curiosité m’a ramené à un autre livre du même, paru quelques mois à peine avant Kiosque, hors-série d’une toute autre facture La Splendeur escamotée de frère Cheval (279 pages, 19 euros, Grasset). Il ne relève pas de « La vie poétique » mais il est pourtant d’une puissance poétique sans pareil. Je confesse même avoir rarement lu ces derniers temps une coulée poétique aussi réchauffante et enjouée.

Cette plongée dans les secrets des grottes ornées est dédiée aux mains d’or du paléolithique supérieur qui ont fait tant de présences et de beauté des parois et à François d’Assise. Car Rouaud distingue nettement du refoulé paléolithique dans le christianisme des images. C’est là que se rejoignent la grotte Chauvet et la basilique Saint-François à Assise, dans une même manière de raconter que l’image est « l’expression d’un réel divinisé ». C’est peu dire que Jean Rouaud, ancien pensionnaire du lycée catholique Saint-Louis de Saint Nazaire, a gardé la foi, celle-ci devant se traduire avant tout par la conviction que Dieu est lumière et que celui qui fut cloué sur la croix était un homme-arbre, un humain greffé sur la puissance végétale et Dieu sait qu’il y en eut sur le chemin des Romains, même si celui-ci fut semble-t-il le seul appelé à ressusciter. Son admiration est sans mélange pour les cathédrales gothiques, monstres de dentelle et fruit d’un dépassement sans égal de l’esprit, assorti d’un dédain inentamé pour le goût de parvenu du château de Versailles ou encore le Sacré-Cœur de Montmartre et la Fondation Louis Vuitton « monuments de vacuité et enveloppes d’un vide conceptuel abyssal porté par la seule persistance d’un geste ancien dépouillé de son sens. » Il est vrai que l’on y chercherait en vain la moindre transcendance, un soupçon d’élévation.

Beauté des bisons de Font-de-Gaume, foisonnement du plafond de Rouffignac, rennes affrontés de la grotte des Combarelles, bisons rouges d’Altamira, oies gravées gardant l’entrée de l’hypogée dans la grotte de Cussac, parois muettes ou roches parlantes, toutes disent tant la beauté que l’effroi. Des cerfs-arbres y donnent leur langue au feu, des rhinocéros noirs y côtoient des chevaux-soleil pour ne rien dire des hommes-taureaux. Quel Barnum souterrain ! Mais si le mammouth est bien le permanent du lieu, le cheval en est le roi. La main d’or est habitée par l’esprit même du cheval. Le petit cheval noir, bête la plus craintive, l’ultime du bestiaire tapi au confins de la grotte, au plus profond de son ténébreux silence, c’est lui qui a le mot de la fin

On comprend bien pourquoi des spécialistes dédaignent cette littérature et cette poésie : il est en effet impardonnable qu’hors du sérail, un auteur prétende apporter un supplément d’âme, d’autres lumières, de nouvelles pistes à leur champ de recherche avec des moyens ignorée du CNRS. Il le leur rend bien qui se passe de citer leurs travaux et les leurs livres, n’incluent dans ses remerciements que le seul Boris Valentin, un savant  dont les recherches, nourries par l’ambition palethnologique dessinée par André Leroi-Gourhan et ses élèves, portent sur les modes de vie préhistoriques. Sinon, rares y sont les auteurs cités : Joachim du Bellay, Ronsard, l’Apollinaire de Zone,  Montaigne mais à peine, avec l’air de ne pas y toucher, le Malaparte de Kaputtdont seul Jean Rouaud se souvient que chacun des chapitres porte un titre d’animal. Et en prime un hommage à Paul Dardé, sculpteur de monuments aux morts et d’hommes primitifs, lointain, invisible et discret épigone de ces fresquistes pariétaux.

Il y a eu des Michel-Ange du côté de Chauvet et Lascaux mais gardons-nous d’idéaliser tant les tâcherons pullulent vers Rocamadour ou ailleurs, le trait laborieux, l’inspiration épuisée. Dans les strates géologiques de l’azilien près d’ Etiolles, les mains d’or ont perdu la main. Et de toute façon… :

« A quoi bon le progrès si l’humanité commence d’emblée par la chapelle Sixtine ? »

En nous restituant ce système de représentation du monde, où l’on dessine à destination de puissances extra-lucides, Rouaud se contente des traces. Foin des preuves ! Nul besoin de CQFD. Il sait, lui, l’architecture intérieure du cerveau poétique d’une main d’or. Il est devenu à son tour le spécialiste des phénomènes étranges en nous épargnant tout délire personnel sur chamanisme et pensée magique. Il sait dire comment un cheval à la crinière de rayons d’or se métamorphose en jument à tête noire au cours de sa traversée de la nuit.

« La roche nous dit »

C’est la leçon des mains d’or. Sa capacité d’émerveillement si longtemps après, ce fluide particulier, tient aussi, peut-être, au génie des lieux, que Jean Rouaud est des rares, parmi les écrivains, à avoir arpentés, explorés, troués du regard. A le suivre, nous sommes de plain-pied dans les entrailles de la terre et l’ambiance persuade vite que le secret des mains d’or ne pourrait y être qu’« éventré ».

« La modestie prudente du cheval à Chauvet est déjà une mesure de l’homme. Les mains d’or jureraient que non, mais le petit cheval de la grotte d’Ardèche est, métaphoriquement, inconsciemment, opportunément, prophétiquement, un autoportrait »

Manière de rappeler qu’au commencement il n’y avait que des animaux, Dieu compris. Jean Rouaud voit l’homme comme un parvenu, par rapport à ses lointains prédécesseurs dotés d’un art de la survie autrement plus admirable. Et pourtant, le constat est bien là : la  culture, c’est à dire la science, a bien vaincu, avili et dompté la nature. L’homme ayant pris son contrôle, il n’en finit pas de régler ses comptes avec l’animal qui la dominait autrefois. La tutelle a changé de camp. L’auteur en est hanté ; à tel point que lorsqu’il regarde des dessins d’oiseaux de Jean-Jacques Audubon, il songe au massacre qui s’en suivait puisqu’il l’artiste les faisait poser en l’air en les entrelardant de fils de fer.

Voilà un livre dont la musique intérieure est si envoûtante qu’on ne le referme pas sans un certain vertige. A se demander si à force d’observer ces parois par-dessus l’épaule d’un guide aussi inspiré, on n’y a pas vu l’homme s’extirper de l’animal qu’il fut.

( «  »Bisons rouges d’Altamira »; « Jean Rouaud, kiosquier émérite » ; « Geai bleu » dessin de Jean-Jacques Audubon ;  « Le panneau des chevaux de la grotte Chauvet » photos D.R.)

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1 217 Réponses pour Dans le cerveau poétique de Jean Rouaud

Jean Langoncet dit: à

Le radeau médusé tombe des nues

Claudio Bahia dit: à

Suite…
j’ajoute encore la note de bas de page sur Jean de Léry, ainsi qu’un court texte qui accompagne une phot que je ne peux pas transférer ici.

Jean de Léry, né vers 1536 en France, et mort vers 1613 à L’Isle, petit village du District de Morges (Suisse) à l’âge de 77 ans, était un voyageur et écrivain français. D’origine modeste, Jean de Léry apprend le métier de cordonnier. Il se convertit à la Réforme et se réfugie à Genève. En 1557, Jean Calvin l’envoie avec treize autres Genevois rejoindre la « France Antarctique » de Nicolas de Villegagnon, établissement français dans l’actuelle baie de Rio de Janeiro. Il y reste du 7 mars 1557 au 4 janvier 1558. La concorde religieuse semble d’abord régner mais en octobre les protestants sont chassés du Fort Coligny et doivent partager la vie des Indiens Tupinambá, avant d’être définitivement expulsés du Brésil. Ces quelques mois passés dans l’intimité d’anthropophages marquent profondément Léry, déchiré entre son admiration pour les « sauvages » et son rejet du paganisme.
De retour en France, ce n’est que vingt ans plus tard en 1578 qu’il publie le récit de ses aventures, sous le titre « Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil ». En France débutent les guerres de religion, et après le massacre de la Saint-Barthélemy en août 1572 il se réfugie à Sancerre. Il y connaît la famine lorsque la ville est assiégée par les catholiques l’année suivante. Il est notamment le spectateur d’une scène d’anthropophagie, où un couple affamé en vient à manger son enfant mort, ce qui lui rappelle les scènes de cannibalisme qu’il a pu observer lors de son séjour au Brésil. Ces événements sont relatés dans son « Histoire mémorable du siège de Sancerre », que Léry fait publier en 1574.
Pour Jean de Léry, le cannibalisme pratiqué par les Tupinambá est un rite traditionnel et guerrier, alors que le massacre des protestants lors de la Saint Barthélemy a consisté à tuer sans raison ni rite des milliers d’innocents civils. Léry suggère par ses réflexions que les cannibales du Brésil sont en fait plus civils ou humains que les catholiques qui ont massacré les protestants ce jour-là. Longtemps méconnue, l’œuvre de Jean de Léry a bénéficié d’un regain d’intérêt, notamment grâce à l’éloge qu’en a fait Claude Lévi-Strauss dans « Tristes Tropiques ».
Pour consulter le fac-similé du document original, écrit en vieux français, et qui fut imprimé à Genève en 1574, voir : http://gallicalabs.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k101057t/f243.image
A propos de Jean de Léry, consulter: http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Léry

Manteau Tupinambá, fait de plumes d’ibis rouge , identique à ceux que portaient les bourreaux de cette tribu lors du rituel de mise à mort publique. Cette pièce rare se trouve aujourd’hui au Musée National du Danemark (xxii).
La superbe couleur rouge-écarlate de l’ibis rouge (connu au Brésil sous le nom de guará) est due à la présence de caroténoïdes contenus dans son alimentation, constituée principalement de crabes et de crevettes des mangroves. Il a longtemps fait l’objet d’une intensive chasse clandestine; il a aujourd’hui le statut d’espèce protégée. Le nom guará vient de la langue Tupi et signifie « plume pour embellir ».

Claudio Bahia dit: à

Sur le cannibalisme des indigènes du Brésil (bien entendu, dans un passé très très lointain)
suite…

Plus précisément, ces tribus pratiquaient l’exo-cannibalisme, qui est l’acte de manger rituellement la chair d’un étranger au groupe ou à la tribu, généralement un ennemi fait prisonnier au cours d’une bataille. L’exécution et la consommation d’un prisonnier suivaient un rituel qui variait d’une tribu à l’autre; cependant, beaucoup de ces rituels avaient des points communs: d’une manière globalement acceptée, le rituel anthropophagique exprimait la férocité, la vengeance, mais aussi l’appropriation des valeurs guerrières de l’adversaire, principalement sa bravoure et sa force, mais aussi sa sagesse et ses savoirs. Ainsi, certaines tribus se récusaient-elles à consommer la chair d’un adversaire faible, peureux ou lâche; si tel était le cas, il n’était pas exécuté, mais pouvait être utilisé comme serf dans le village, ou aussi comme « géniteur exogène », une nécessité qui se présentait souvent dans des tribus peu nombreuses ((54)).
Il n’existe que très peu de récits de témoins directs de cette pratique. Seuls cinq de tous les récits qui furent publiés sur ce sujet étaient des témoignages directs: ceux de deux allemands, le lansquenet Ulrich Schmidl (1510-1580 ?) et l’arquebusier et aventurier Hans Staden (1525-1576), les autres de missionnaires français parmi lesquels Jean de Léry (1536 ? -1613) e André Thévet (1516-1590). Tous ces témoins oculaires ne mentionnent que la tribu Tupinambá (55). Hans Staden, qui fut un temps prisonnier des Tupinambá pour avoir aidé leurs ennemis Tupiniquins et les portugais, a écrit dans ses relations de voyage que l’anthropophagie pratiquée rituellement par les indiens n’était pas « … en raison de la faim, mais bien pour la grande détestation et le désir de vengeance lorsqu’ils combattaient contre leurs ennemis ». La description des rituels auxquels Staden a assisté montre comment les prisonniers étaient fêtés et honorés avant d’être tués et mangés. Le prisonnier était alimenté, chargé d’ornements divers et recevait même parfois une femme. Des tribus amies étaient conviées pour le repas anthropophagique et participaient à la fête qui précédait la mise à mort.
Lorsque des prisonniers étaient faits au cours d’un combat, ceux-ci étaient généralement emmenés dans le village vainqueur, pour y être mis à mort. Tuer publiquement un ennemi, puis le manger, était un événement central de la vie sociale des Tupinambá et de quelques autres tribus de la nation Tupi; il fallait que toute la communauté, femmes et enfants compris, puisse voir le ou les prisonniers. La mise à mort et la consommation du prisonnier étaient donc des actes rituels et communautaires.
Le prisonnier, ou plus rarement la prisonnière, était gardé dans le village pour quelques jours ou quelques semaines, parfois durant plusieurs mois. Il portait autour du cou la mussurana, la corde-calendrier qu’on lui avait attribuée; à cette cordelette étaient fixés divers petits objets tels que des piécettes de bois, des nœuds de cotons, plus tard des perles, qui marquaient le nombre de jours fixés d’avance, et peut-être en accord avec le prisonnier lui-même, qui le sépareraient du jour de son exécution. A chaque jour un élément de la corde-calendrier était retiré. Selon Jean de Léry, les futures victimes étaient libres de déambuler dans le village; le prisonnier était soigné, nourri, mais aussi excité et provoqué, en particulier par les femmes et les enfants, qui lui rappelaient qu’il serait mangé, que sa mort était attendue comme une vengeance, etc.
Le prisonnier ne cherchait pas à s’enfuir et devenait même joyeux lorsqu’arrivait enfin le moment d’être exécuté et mangé. Le jour venu de son exécution, le prisonnier était amené au centre du village, le corps peint et décoré, maintenu par la mussurana à laquelle n’était plus fixé aucun marqueur de jours, et attendait son bourreau. Celui-ci, vêtu d’un manteau fait de plumes d’ibis rouge (Eudocimus ruber) s’approchait du prisonnier en imitant un oiseau de proie; il tenait à la main l’ibirapema, une grande et forte massue de bois, décorée de plumes et s’adressait au prisonnier en lui disant qu’il allait être tué et mangé. Le prisonnier lui répondait alors qu’il en était bien ainsi, car lui-même en avait déjà mangé plusieurs de ce village et que les siens viendraient le venger et les manger tous. Et Jean de Léry ajoute qu’il vit un jour une jeune femme, qu’il avait lui-même convertie au christianisme lors d’un précédent passage, s’avancer tout en riant et faisant signe à son bourreau qu’elle était prête.
Après quoi le bourreau appliquait un puissant coup de sa massue sur le sommet du crâne, qui tuait instantanément sa victime. Tout de suite des femmes arrivaient pour recueillir le sang dans une calebasse et laver le corps; puis un homme coupait les membres dont les femmes s’emparaient pour danser et courir autour du feu préparé. Enfin le tronc était ouvert et dépecé, les viscères et la tête mises dans une marmite de terre cuite pour l’usage des femmes et des enfants, pendant que les membres étaient disposés sur des claies de bois au-dessus du feu. Le bourreau, lui, sera le seul à ne pas manger, se retirant hors du village pour jeûner durant une journée entière, et parfois pour plusieurs jours ((56)), (57).
Il va sans dire que cette pratique rituelle d’anthropophagie a probablement disparu en même temps que disparaissaient l’une après l’autre les nations Tupi il y a déjà plusieurs siècles. Cependant, bien que j’aie consulté de nombreux ouvrages sur ce sujet, aucun ne s’est jamais hasardé à donner une date précise de la cessation de ces pratiques parmi les indigènes du Brésil. Un rituel d’endo-cannibalisme est encore pratiqué aujourd’hui par les Ianomâmi, qui consiste à réduire en cendres les ossements d’un défunt (décédé de mort naturelle ou tué par des ennemis) et à les consommer, mélangées à une purée de banane (voir pages 257-259).

à suivre…

Claudio Bahia dit: à

Bonjour Phil,
très content de savoir que ce film vous a plu. Il y a quelques jours vous m’avez suggéré de mettre ici mon texte sur l’anthropophagie chez les indigènes du Brésil. J’y ai renoncé, principalement intimidé, mais j’avais aussi pensé que ce n’était ni l’heure ni le lieu. Toute la RDL était plongée dans Starobinsky, la psychiatrie, la peinture.
Aujourd’hui, sur votre aimable demande, je me décide finalement à copier ici mon texte, traduit du portugais. je le met en plusieurs tranches, comme le fait parfois Jazzi, pour raison pratique. L’extrait tiré de Montaigne est l’épigraphe de ce chapitre 6

6 L’anthropophagie

(…) Je pense qu’il y a plus de barbarie à
manger un homme vivant qu’à le manger mort,
à déchirer par tourments et par gênes un
corps encore plein de sentiment, le faire
rôtir par le menu, le faire mordre et
meurtrir aux chiens et aux pourceaux (comme
nous l’avons non seulement lu, mais vu de
fraîche mémoire, non entre des ennemis
anciens, mais entre des voisins et
concitoyens, et, qui pis est, sous prétexte
de piété et de religion), que de le rôtir
et manger après qu’il est trépassé (…)
Nous les pouvons donc bien appeler
barbares, eu égard aux règles de la raison,
mais non pas eu égard à nous, qui les
surpassons en toute sorte de barbarie.
Michel de Montaigne; “Des Cannibales” (Les
Essais; livre I, chapitre XXX, (1580) (52)

Lorsque les premiers colons arrivèrent sur le littoral sud-américain, ce ne fut pas seulement la nudité des autochtones qui les surprirent, mais aussi et par-dessus tout leurs rituels cannibales. Plusieurs tribus pratiquaient l’anthropophagie. Les plus connues étaient les Tupinambá, les Tupiniquins, les Caeté, les Potiguar, occasionnellement les Aymoré et les Goitacaze. Toutes ces tribus faisaient partie du tronc linguistique Tupi-Guarani, et toutes étaient concentrées le long du littoral. Il est possible que d’autres tribus de l’intérieur aient également pratiqué l’anthropophagie rituelle, mais il n’existe pas de preuves irréfutables sur ce point. Cependant, la grande majorité des tribus ne pratiquaient aucune forme de cannibalisme ((53)).
Plus précisément, ces tribus pratiquaient l’exo-cannibalisme, qui est l’acte de manger rituellement la chair d’un étranger au groupe ou à la tribu, généralement un ennemi fait prisonnier au cours d’une bataille. L’exécution et la consommation d’un prisonnier suivaient un rituel qui variait d’une tribu à l’autre; cependant, beaucoup de ces rituels avaient des points communs: d’une manière globalement acceptée, le rituel anthropophagique exprimait la férocité, la vengeance, mais aussi l’appropriation des valeurs guerrières de l’adversaire, principalement sa bravoure et sa force, mais aussi sa sagesse et ses savoirs. Ainsi, certaines tribus se récusaient-elles à consommer la chair d’un adversaire faible, peureux ou lâche; si tel était le cas, il n’était pas exécuté, mais pouvait être utilisé comme serf dans le village, ou aussi comme « géniteur exogène », une nécessité qui se présentait souvent dans des tribus peu nombreuses ((54)).
A suivre…

bouguereau dit: à

Trève de coconnades

tu tfais du mal

bouguereau dit: à

Et Dieu reconnaîtra les siens

ils le sont toutes dlalourde..qu’il fasse pas l’hypocrite

bouguereau dit: à

fais dbeaux rêves dédé..susse aux succubes attation

bouguereau dit: à

hon mange pas dlhomme au fouquets..enfin ‘au propre’ qu’elle dirait bonne clopine dirfiloo

D. dit: à

Mon Cher JJJ, je n’étais pas sur les Champs mais sur BFM. Je constate que cette manifestation était autorisée et il existe quantité de gilets jaunes non-« complices » qui ont regardé ces exactions avec consternation mais sans doute pas stupéfaction car l’on savait parfaitement dés hier dans le milieu gouvernemental et médiatique que leur survenue était très probable. On se posera aussi là question de savoir pourquoi des black blocs et extrémistes étrangers ont pu, assez probablement par centaines, passer les frontières françaises pour se joindre au contingent français. Autre question à se poser sur la présence du président de la république, avec encore la marque des lunettes de ski, dans la cellule de crise, une fois que tout est fini.

Bonne nuit à tous.

Delaporte dit: à

Cette journée de violences urbaines me fait penser à la chanson de Manset :
_____________________________

Animal, on est mal
On a le dos couvert d’écailles
On sent la paille
Dans la faille
Et quand on ouvre la porte
Un armée de cloportes
Vous repousse en criant
« Ici, pas de serpent! »
Animal, on est mal.
Animal, on est mal.
Animal, on est mal.
On a deux cornes placées
Sur le devant du nez.
On s’abaisse.
On s’affaisse.
On a la queue qui frise.
On a la peau épaisse.
On a la peau grise
Et quand on veut sortir
Avec une demoiselle,
On l’invite à dîner.
Quand elle vous voit,
Que dit-elle ?
« Il ne vous manque qu’une bosse.
Vade retro, rhinocéros! »
Animal, on est mal
Animal, on est mal
Animal, on est mal
On assiste à l’opération de la girafe.
La voilà qui se retrouve le cou plein d’agrafes.
Elle appelle au secours
On veut lui mettre un pantalon
Mais il est trop court
Animal, on est mal
On pond ses œufs dans le sable
Et quand on passe à table
Les chevaux-vapeurs
On pris peur
De se retrouver loin de leur étable.
Animal, on est mal
Animal, on est mal
Animal, on est mal
Et si on ne se conduit pas bien
On revivra peut-être dans un peau d’un humain
Animal, on est mal
Animal, on est mal
Et Dieu reconnaîtra les siens

Phil dit: à

samedi, pillage des Champs, anthropophages..ça rime, dear Bougreau

bouguereau dit: à

samdi..canibal..ça rime pas dirfiloo

bouguereau dit: à

C’est le préjugé propre à chaque époque de se figurer qu’elle est à la pointe de l’évolution

c’est pas qutu t’imagines aussi son meilleur produit mon couillon..

Jean Langoncet dit: à

C’est le préjugé propre à chaque époque de se figurer qu’elle est à la pointe de l’évolution ; il y a quelque chose de trop linéaire dans cet agencement, non ?

Jazzi dit: à

A cette époque de Renaissance cinématographique italienne d’après-guerre, que nous avons tous suivi ici en direct ou en léger différé, renato, il y avait de sacrés pointures scénaristiques, telle celle-ci, pour laquelle j’ai un faible…
https://fr.wikipedia.org/wiki/Suso_Cecchi_D%27Amico

Phil dit: à

Dear Claudio B, vu « Qu’il était bon mon petit Français », excellent film réalisé sous la dictature brésilienne, « régime qui a du bon » comme disait feu Lagerfeld parti avec son éventail.
et tout le monde est à poil, intournable aujourd’hui.
mettez donc en ligne vos textes sur les indiens cannibales, feront une agréable lecture de samedi soir.

G S'A dit: à


…les hommesse veulent êtres, bien supérieurs à ce qu’ils sont réellement,…

renato dit: à

Je me met très rarement en colère, Jacques, je me souviens de celle que j’ai piqué pour La cagnaLisa en fr. —. Je m’étais dit chic, un film de Ferreri avec Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni d’après Melampus de Ennio Flaiano… enfin, jamais vu rien de pire : l’idée de Flaiano pratiquement volé puis ridiculisée. Peu importe, Melampus reste un très bon livre.

Jean Langoncet dit: à

@l’eau dson bain

Dont on se lave les pieds et se frotte les mains, come Pilate joue au flipper en fait Fanny
Parfois tu lasses

bouguereau dit: à

comme Thé, Café ou Chocolat ? Une délicieuse exposition savamment mise en scène et consacrée à l’essor des boissons exotiques au siècle des Lumières

l’gilet jaune à l’époque y boivait l’eau dson bain comme jésus sur la croix baroz ! et comme bonne clopine passait en première..une fois l’an..la bouteille de 51 compléte! y fallait au moins ça qu’il dirait polo

bouguereau dit: à

fais pas la gueule claodiyo..brazil!
..samba..curaçao..cachaça..et gros culo!surtout gros culo..et bonne clopine..labas..à peine un demi caramel! qu’il dirait polo..mais voilà..ici c’est la france claodillo..on fait cqu’on peut

Claudio Bahia dit: à

« …Le Boug il est pudique, JJJ, mais il est drôle ! » ???????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????? comme ça c’est assez?

Jazzi dit: à

Message reçu,
suivez le guide
et n’oubliez pas le pourboire !

Musée Cognacq-Jay
8, rue Elzevir

Tél. : 01.40.27.07.21

Métro : Saint-Paul, Chemin-Vert ou Rambuteau
http://www.museecognacqjay.paris.fr

Pour retrouver la douceur de l’Ancien Régime, c’est l’adresse où il faut se rendre !
L’hôtel particulier que s’était fait bâtir dès 1575, au cœur du Marais aristocratique, Médéric de Donon, contrôleur général des Bâtiments du roi, fut acquis et entièrement rénové quatre siècles plus tard par la Mairie de Paris.
C’est ainsi que depuis 1990, l’hôtel de Donon sert d’écrin aux œuvres du XVIIIe siècle acquises entre 1900 et 1927 par Ernest Cognacq Jaÿ, fondateur des Grands magasins de la Samaritaine, et son épouse, Marie-Louise Jaÿ.
Léguées à la Ville de Paris à la mort du philanthrope, en 1928, ses précieuses collections furent longtemps présentées dans un espace du boulevard des Capucines.
L’actuel Musée Cognacq-Jay permet désormais de déployer sur plusieurs étages et dans un cadre mieux appropriés les trésors de sa collection permanente de meubles estampillés, de peintures, de sculptures, de porcelaines de Saxe, d’objets d’orfèvrerie ou décoratifs datant tous du XVIIIe siècle, tels que, à l’exception notable d’un important tableau de jeunesse de Rembrandt, les peintures de Canaletto, Tiepolo, Boucher, Fragonard, Greuze, Reynolds ; les pastels de La Tour et Perronneau ; les sculptures de Houdon et Lemoyne…
Tandis qu’au premier niveau, un espace est réservé aux expositions temporaires de qualité, comme Thé, Café ou Chocolat ? Une délicieuse exposition savamment mise en scène et consacrée à l’essor des boissons exotiques au siècle des Lumières (2015).
Le musée est doté, en outre, d’un service de documentation et d’édition, qui publie notamment ses catalogues d’exposition.
Des visites guidées peuvent y être organisées à la demande mais, compte tenu de sa configuration, il n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite.

bouguereau dit: à

Dites merci à votre mère de vous avoir fait connaitre ces films !

et les pornos milf aussi..mama mia..hach! l’italie ! comme disait mitterand

bouguereau dit: à

« Si les peuples se connaissaient mieux, ils se détesteraient davantage. »

ils en ont pas les moyens

« Je ne suis pas communiste parce que je ne peux pas me le permettre. »

il faudrait être assez riche

faut tout rmette sur ses pieds tout cqui est cul par dessus tête qu’il disoit marx..and not only good clopine

renato dit: à

Merci, Jean Langoncet, pour The Second Coming

— VO —

Turning and turning in the widening gyre
The falcon cannot hear the falconer;
Things fall apart; the centre cannot hold;
Mere anarchy is loosed upon the world,
The blood-dimmed tide is loosed, and everywhere
The ceremony of innocence is drowned;
The best lack all conviction, while the worst
Are full of passionate intensity.

Surely some revelation is at hand;
Surely the Second Coming is at hand.
The Second Coming! Hardly are those words out
When a vast image out of Spiritus Mundi
Troubles my sight: somewhere in sands of the desert
A shape with lion body and the head of a man,
A gaze blank and pitiless as the sun,
Is moving its slow thighs, while all about it
Reel shadows of the indignant desert birds.
The darkness drops again; but now I know
That twenty centuries of stony sleep
Were vexed to nightmare by a rocking cradle,
And what rough beast, its hour come round at last,
Slouches towards Bethlehem to be born?

Jazzi dit: à

Je sais bien, renato…
Dites merci à votre mère de vous avoir fait connaitre ces films !

bouguereau dit: à

bonne clopine ça lui suffit pas polo..il lui faut du brexit

renato dit: à

Oups ! 7 autre film > 7 autreS filmS

renato dit: à

Flaiano, Jacques, c’est La dolce vita, , Giulietta degli spiriti, et 7 autre film avec Fellini ; La notte avec Antonioni, et un tas d’autres films.

Clopine dit: à

Mais je ne voudrais jamais signer autre chose qu’en qualité de « gentlewoman », Jazzi. Oh ? Mais pourquoi cela n’existe-t-il pas ?

Pourtant, des « gentlewomen », j’en connais, n’oserais me compter parmi elles, mais j’ai des noms…

Jazzi dit: à

C’était un fin ironiste ce Flaiano, renato !

renato dit: à

Encore deux aphorismes de Flaiano :

« Si les peuples se connaissaient mieux, ils se détesteraient davantage. »

« Je ne suis pas communiste parce que je ne peux pas me le permettre. »

Jazzy dit: à

Soyons gentlemen, Clopine, et signons la pétition pour le retour de JC !

Clopine dit: à

Souvent, Jazzi l’est, « gentleman », veux-je dire. Mais pas tout le temps, hélas. Ca le classe quand même en tête du peloton. Et de loin.

Clopine dit: à

« Livarot » est un terme assez judicieusement choisi, Paul. Il y a l’éructation du rot là-dedans. « Camembert », par exemple, n’aurait pas du tout convenu… (euh, ahahah). Mais bon, cela ne saurait faire oublier la discourtoisie du sieur en question. Il est vrai que pour chercher un gentleman sur la Rdl, faut avoir de sérieuses illusions.

bouguereau dit: à

Il n’y a pas plus pacifique que moi, le Boug !

c’est certain..y a pas plus pti jésus que toi baroz..même que tu donnes furieusement envie à dédé de t’saucissonner avec un verre de chablis ce soir

bouguereau dit: à

le facho d’enkhulé antisémite en revient toujours à son vrai biberon

t’as pas faux baroz..c’est pas telment marrant..mais bon..c’est la vie

Paul Edel dit: à

Le Boug, il est comme le Livarot, c’est fort, mais c’est aut’ chose que du fromage lyophilisé .Lui, il palpite..c’est pas du bla bla wikipedia en tranches.

bouguereau dit: à

De nombreux politiciens se battent pour des idées sans en avoir aucune

c’est metaconcèptuel rénateau..en gros l’idée..c’est eux

Petit Rappel dit: à

il restera de Poulaille outre quelques livres d’art et le souvenir d’une colossale bibliothèque, une lecture intelligente et plein d’empathie de Ramuz in Pour ou Contre Charles Ferdinand Ramuz, écrivain dont il avait au moins l’Amour du Monde. Et la belle lettre de Ramuz, à lui adressée en 1924.

« Je suis né en 1878, mais ne le dites pas.
Je suis né en Suisse, mais ne le dites pas.
Dites que je suis né dans le pays de Vaud, qui est un vieux pays Savoyard, c’est à dire de langue d’oc, c’est à dire français, et du Bord du Rhone, non loin de sa source.
Je suis licencié-ès-lettres classiques, ne le dites pas.
Dites que je me suis appliqué à ne pas être licencié-ès-lettres classiques, que je ne le suis pas au fond, mais bien un petit-fils de vignerons et de paysans que j’aurais voulu exprimer.
Mais exprimer, c’est agrandir.
Mon vrai besoin, c’est d’agrandir…
Je suis venu à Paris tout jeune; c’est à Paris que je me suis connu et à cause de Paris.
J’ai passé durant douze ans, chaque année, plusieurs mois au moins à Paris; et les voyages de Paris chez moi et de chez moi à Paris ont été tous mes voyages.
Outre celui que j’ai fait par Religion jusqu’à la mer, ma mer, descendant le Rhone. »

Quelques lubies, façon Corneille a-t-il écrit le Théâtre de Molière, ne suffisent pas à déconsidérer le personnage, dont Grasset sut profiter.
MC

renato dit: à

Deux aphorismes très actuels d’Ennio Flaiano :

« Beaucoup de gens veulent la révolution, mais préfèrent faire des barricades avec les meubles des autres ».

« De nombreux politiciens se battent pour des idées sans en avoir aucune. »

Jazzi dit: à

Le Boug il est pudique, JJJ, mais il est drôle !

Janssen J-J dit: à

tu passes ton temps à commenter les aut’, c’est drôle un moment on rigole, mais très vite quand tu oses dire ce que tu penses et qu’on va te chercher, là, y’a pu personne, ou du moinsss, le facho d’enkhulé antisémite en revient toujours à son vrai biberon. C’est tjs comme ça, au fin fond d’la province. Et m’réponds pas, bouk bréhaigne, hein !

Janssen J-J dit: à

18.09, grasse à toi (?!), Mais on s’doit rien, mon pote, je sais pas qui t’es…, et tu t’assoies où qu’tu veux, si t’as pas trop mal au kul hein. C’que j’en dis, ma foué…

Jazzi dit: à

Il n’y a pas plus pacifique que moi, le Boug !

bouguereau dit: à

c’est l’anti mouvement des Gilets jaunes

et toi couocoué baroz havec tes désirs brûlant de guerre civile

bouguereau dit: à

c’est bien ton genre d’esprimer tes ptis souhaits en forme de conseil et d’avertissement jjj..et grace à moi c’est bien ton droit sacrénom d’en avoir le mérite..et c’est lmien dm’assoir dessus

rose dit: à

Je rends momentanément l’antenne :

à vous Cognak Jay
Léon Zitrone

Jazzi dit: à

En fait, la grande marche familiale pour la sauvegarde de la planète, place de la République, c’est l’anti mouvement des Gilets jaunes.

S’ils se rencontrent, c’est la guerre civile !
La nuit printanière s’annonce chaude à Paris.
Je rends momentanément l’antenne : à suivre…

Janssen J-J dit: à

@17.28, tu veux dire que sur l’internet on cite pas ses sources antispécistes, bougre de kon ? Tu vas sans doute aller voter pour raf gluxman et léa salamé aux eurokéennes ! mais t’hancules ce qu’tu veux, mon potre, pas vrai ? M’étonne pas de toué ! Quelle misère de voir ça ! Tu vas être bintôt reviré d’la rdl et de france interne à continuer tes cochoncetés. Foin.

bouguereau dit: à

cet homme de l’ouest humide

si l’polo est poilu ça doit rnauder….elle a ses raisons que la raison n’ignore pas la bonne clopine

bouguereau dit: à

La plupart des kiosquiers des Champs Elysées ont perdu leur outil de travail…

même au figaro y auraient peur dperde leur boulot..si cloclo et bonne clopine paillent pour celle là lassouline y prend 50%

bouguereau dit: à

A quoi correspond ce double langage ?

le premier qui rit prend la baffe baroz..ha hon voit qut’es cotché par un avocat marron..pas catholique pour un rond

Jazzi dit: à

La plupart des kiosquiers des Champs Elysées ont perdu leur outil de travail…

bouguereau dit: à

d’où sortez-vous ça ?

t’es sur internet ici dèçe..pas dans lcul dune vache

bouguereau dit: à

bonne plaidoirie dédé..le ‘non violent’ sonne touafait comminatoire jusqu’a la 4 éme génération..pointu comme l’halebarde du suisse à jules deux..c’est pas du mou d’veau sacrénom..t’es cotché par lavocat d’estréme gauche comme le boxeur?

Jazzi dit: à

Discours de fermeté d’un côté et actes de faiblesse de l’autre, avec des forces de l’ordre exclusivement sur la défensive.
A quoi correspond ce double langage ?

Janssen J-J dit: à

16.58, pas de panique, D., le ministre va danser ce soir. Que prépariez-vous à manger sur les champs ? aurez-vous le temps de regagner charenton par le pont ?

16.54, Rin compris à vot’ radio courtoisie, bouguereau. Est-ce un propos antisémite ou antisioniste, d’où sortez-vous ça ? Faut citer les sources, ça peut pas être de vous, c pas vot’genre d’écriture, pour l’instant.

Mes excuses à C.D. de si mal représenter la France, et à toutes celzéceux qui comprennent pas mon humour en ces heures tragiques. Et je le sais bien que l’heure est archi grave. On est à un tournant, et cernés de toutes parts, le fascisme est à nos portes. On a raison de la colère ! Interdit de rire, encore moins de ricaner. Comme c’est triss !…

D. dit: à

Je n’ai jamais touché un cocktail molotov de ma vie, Bouguereau, attention à la diffamation.
Je te rappelle que je suis catholique romain non violent. Mais j’ai le droit de m’intéresser à l’actualité en direct. L’air est meilleur à La Mongie qu’à Paris, Macron a eu raison d’y aller skier.

bouguereau dit: à

Presque au moment où j’écris ces lignes

le samsung d’une main et le coquetelle molotov de l’autre ya du quantique entre deux dédé..t’excuses pas..que ta main gauche cafte pas trop ta droite..castanère ça a l’air d’être un poto à dédède..et va savoir qui elle va trahir au finiche

D. dit: à

Les pompiers parviennent à accéder aux incendies et à les maitriser, les insurgés ayant été repoussés plus loin. Il s’en est fallu de peu que de nouveaux immeubles partent en flammes.
Il est urgent de déployer la totalité des forces de l’ordre à lutter contre les insurgés sinon la situation pourrait empirer.

D. dit: à

Presque au moment où j’écris ces lignes, des effectifs policiers sont mobilisés pour assurer la protection de Castaner et Philippe venus devant les caméras dans le secteur des Champs-Élysée pendant que, quelques centaines de mètres plus loin, de nouveaux incendies sont déclenchés par les insurgés sur des immeubles occupés sans que les pompiers puissent y accéder.

bouguereau dit: à

de courtoisie jjj:

Dans les grandes lignes, la loi de loyauté dans la culture entend soumettre les aides de l’Etat aux productions culturelles à certaines conditions, notamment celles de ne pas salir Tsahal, ne pas soutenir le terrorisme, ne pas inciter à la violence ou ne pas remettre en question l’Etat juif et démocratique d’Israël. Miri Regev a souvent répété que la liberté d’expression doit être maintenue mais ne doit pas arriver à une situation absurde dans laquelle l’Etat d’Israël subventionnerait de ses propres deniers des productions qui s’attaquent à lui ou à Tsahal, et qui font un tort énorme à l’Etat d’Israël à l’étranger.

Janssen J-J dit: à

@ « Voilà une extension du domaine de la lutte (finale, forcément) qui, en passant, plume Poulaille »
Pas sûr d’avoir bien compris l’allusion ni même le lien d’avec Steinbeck, mais un petit tour sous la charmille, et Paul et moi on en apprend de belles tantôt, Alexiane, merci :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Poulaille

bouguereau dit: à

Et rien à Passou, le Boug ?

il devrait se contenter d’un pti % symbolique en sousmain..sil est trop gourmand tu le menaces de le cafter à jicé..

bouguereau dit: à

du baratin baroz..du sale baratin pour un ‘gros’ lecteur de barresse que j’ai été..dailleurs un poing hinteressant..rénateau dit ‘le’ juif et ‘les’ harméniens..ceux qui ont des oreilles m’hentendront

Jazzi dit: à

« ..tu dvrais dmander une participation a tes frais à bonne clopine à cloclo et à polo »

Et rien à Passou, le Boug ?

Jazzi dit: à

Le Grand Remplacement ou comment les islamistes ont remplacé les juifs ?

« Cette théorie a été publiquement défendue pour la première fois par Renaud Camus dans l’Abécédaire de l’in-nocence, publié en 2010, avant d’être développée dans Le Grand Remplacement, l’année suivante. Il n’en est toutefois pas le véritable inventeur, puisqu’elle trouve son origine à la fin du XIXe siècle, chez Maurice Barrès, l’un des pères intellectuels du nationalisme français. Dans L’Appel au soldat (1900), Barrès, soutien de l’Action française, défend avec ferveur la terre et les racines et exalte la nation. Il y emploie pour la première fois le terme de « grand remplacement » par « l’étranger », c’est-à-dire le juif, qui serait « fatalement accompli à brève échéance ». « La France pourra toujours s’appeler la France, son âme sera morte, vidée, détruite », écrit-il.
Pour l’historien Emmanuel Debono, le grand remplacement puise même sa source plus loin dans l’histoire, avec les théories « évictionnistes » qui, à la fin XIXe siècle, prêtaient aux mulâtres des Antilles le dessein secret de vouloir évincer ou soumettre les colons blancs par un débordement démographique.
Mais la thèse d’un changement de population prend surtout de l’ampleur après la seconde guerre mondiale. Dans les cercles néonazis français grandit alors l’idée d’un « complot juif » favorisant « le métissage biologique et culturel » dans le but de « détruire l’Europe » pour « instaurer une dictature ploutocratique mondialiste », raconte Nicolas Lebourg dans les colonnes du Monde, de Libération et du Figaro. Selon l’historien, Renaud Camus n’aurait fait qu’actualiser cette thèse après le 11 septembre 2001, en la vidant de sa substance antisémite pour l’adapter au choc des civilisations et à l’islamophobie. » (Le Monde)

bouguereau dit: à

voici le film que je m’apprête à aller voir et dont je vous parlerai prochainement !

sapré dsapré baroz..

bouguereau dit: à

Il m’arrive d’aller au cinéma pour me divertir, mais vous aurez noté que ma préférence va aux films d’auteurs du monde entier

..tu dvrais dmander une participation a tes frais à bonne clopine à cloclo et à polo baroz..chus sur que t’épatrais dirfiloo..ça compte pour toi dis pas l’contraire

bouguereau dit: à

C’était le trip des nationalistes juste avant WWII

..la ‘pureté’ c’était une autre affaire..renaud camus a inventé un genre de ‘gros concèpe’ comme aurait dit deleuze..il n’y a qu’une chose à quoi ça peut servir..à celui qui l’a hinventé..c’est ça l’markettingue..et il ne le désavoue pas le créditeur

bouguereau dit: à

Il est 5 heures, Paris s’énerve !

calmos baroz !..c’est du grec haussi..himagine toi du 9/3 ça te rendra zène

bouguereau dit: à

la chasse aux sorcières de Mac Carthy, qui causa la perte morale de Kazan

..la cause et l’effet..t’es une grosse perverse bonne clopine..c’est ton droit

bouguereau dit: à

les troyens qui s’hanculent..que des cassos

je cite katon l’hancien dans le tesque latin baroz..dailleurs il dit que ‘cassos’ c’est du grec..dmande a dirfiloo

Jazzi dit: à

Toutes les séances de cinéma sont annulées sur les Champs-Elysées et le Fouquet’s a été pillé…
Il est 5 heures, Paris s’énerve !

bouguereau dit: à

Encore maintenant, nous en subissons les conséquences…

l’amérique bonne clopine n’a pas d’ancien régime sinon cette lèpre formidable de lesclavage..marx était décidément un analyste politque hors pair puisquil y voyait la révolution prochaine..les soviets hont servi la cause de droite en amérique..c’est pas du tout pour rien polo qu’un faulknère peut tétaniser n’importe quel lecteur du monde hentier

renato dit: à

C’était le trip des nationalistes juste avant WWII en France et en Allemagne, bouguereau.

bouguereau dit: à

Fut un temps quelques crétins prêchaient que les Arméniens et le Juifs auraient remplacé la population européenne de souche

ça n’a jamais été sinon en israel..faut faire gaffe rénateau de pas accrocher ses wagons..y’a rien qui hénerve plus qu’un noir américain que d’entendre un juif parler de suprématisme blanc comme s’il ne pouvait absolument pas en être..ça me rappelle keupu ici même disant qu’un juif était moins pris en stop..plus que le bon sens c’est le crétinisme qui est la chose la mieux partagée

Ed dit: à

16:00
Coquinou. Le livre est un moyen malheureusement presque disparu de draguer.
Un élégant « Vous lisez quoi ? Oh j’ai adoré » au parc relèverait d’une scène de film d’époque.

bouguereau dit: à

Il faut descendre des Troyens, renato, ce qui est le cas des Barozzi de Venise !

des troyennes baroz!..les troyens qui s’hanculent..que des cassos

Soleil vert dit: à

Bien qu’uniquement intéressé par la chose livresque (si, si), je m’aperçois que le salon du livre (LivreParis) est potentiellement un lieu de drague fantastique. Un foulard qui tombe, deux femmes sublimes hésitant au stand Actes Sud entre plusieurs volumes de Dostoievsky … J’ai recommandé Les frères Karamazov. Avais je en tête une saillie de Coluche ? Je suis reparti, outre mes habituels livres de genre, avec Grace de Paul Lynch, roman pas si éloigné de Steinbeck dit-on

Claudio Bahia dit: à

Paul Edel dit: 16 mars 2019 à 10 h 38 min
« …Il fut aussi marqué aussi par les reportages photo de Dorothea Lange… »
Accepteriez-vous que j’ajoute celles de Walker Evans)
Justement un autre livre à lire et garder éternellement en mémoire: « Louons Maintenant les Grands Hommes »; James Agee & Walker Evans (1941)
Voir par exemple cette étude du livre:
https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00381620/document
Un résumé de cette étude avait paru dans « Le Monde » du 14. 08.2009

Jazzi dit: à

Les Troyens sont donc à l’origine des Grands Remplacements, renato !

Jazzi dit: à

@Janssen J-J à 14 h 16 min

JJJ, il se pourrait que je me sois un peu moqué de vous, mais en aucun cas du film, que je suis allé voir illico et dont j’ai donné un compte-rendu honnête.
Il m’arrive d’aller au cinéma pour me divertir, mais vous aurez noté que ma préférence va aux films d’auteurs du monde entier. D’où mon premier choix du film de Xavier Dolan, sur lequel vous aviez ironisé à mes dépens…

Jazzi dit: à

« Les traditions grecques et romaines sur l’origine troyenne de certains peuples d’Italie faisaient d’Anténor le fondateur de Padoue. Certains auteurs anciens tels que Justin, Caton l’Ancien, Solin ou Strabon font même des Troyens qui accompagnaient Anténor les ancêtres de l’ensemble des Vénètes d’Italie du Nord. »

Jazzi dit: à

« il faut remonter avant la fondation d’Athènes ou celle de Rome suffit ? »

Il faut descendre des Troyens, renato, ce qui est le cas des Barozzi de Venise !

renato dit: à

D’ailleurs, il faudrait que quelqu’un arrive à établir combien de générations il faut compter pour être classé « européen de souche ». 10, 50, 100 ? il faut remonter avant la fondation d’Athènes ou celle de Rome suffit ?

Clopine dit: à

Paul Edel, ce n’est pas anodin si ce fut Elia Kazan qui adapta « A l’est d’Eden  » (en réduisant le propos au seul épisode des deux frères, façon Caïn et Abel) – et la chasse aux sorcières de Mac Carthy, qui causa la perte morale de Kazan, doit à mon sens être ajoutée aux motifs qui ont fait reculer jusque presque disparaître ce que vous appelez les épopées « prolétariennes » américaines, au profit des Parrains et autres. Je crois que cet épisode, le Maccarthysme, ne doit jamais être oublié – parce que les studios de cinéma ont participé à sa mise en place, et ont donc brisé le lien qui existait entre les « intellectuels de gauche parlant du peuple » et le reste de la population. Enfin, il me semble. Encore maintenant, nous en subissons les conséquences…

renato dit: à

«…les théories du grand remplacement… »

Fut un temps quelques crétins prêchaient que les Arméniens et le Juifs auraient remplacé la population européenne de souche.

Delaporte dit: à

Jacuzzi, je pense que vous trouverez le cinéma fermé, film social ou pas.

Delaporte dit: à

Camus se désolidarise du terroriste. Il fait un pas en arrière. Il est peut-être effrayé par ce que lui-même a provoqué par son apologie :

« L’attentat de Christ Church est d’abord atroce et criminel, c’est un monstrueux forfait. Très accessoirement, il est aussi imbécile, puisqu’il dessert gravement la cause que (peut-être) il prétend servir, la lutte contre le remplacisme global, crime contre l’humanité du XXIe s. » Renaud Camus

Jazzi dit: à

J’avais bien noté chez vous, renato, une tendance naturelle à la paresse. Goût que je partage et qui fera l’objet d’une prochaine publication…

Delaporte, j’irai sur les Champs voir mon film. Un film irlandais sur une thématique essentiellement sociale !
Je crains plus pour mon ami Chedly, responsable d’une boutique de luxe sur l’avenue de l’Opéra, face à la place où les Gilets jaunes se sont donné rendez-vous à 14 h.
Contrairement à moi, il est un inconditionnel du mouvement…

Delaporte dit: à

« L’extrémiste néo zélandais, inspiré par les théories du grand remplacement de Renaud Camus, ça donne à réfléchir ! »

Dans les apologies, il y a un pouvoir de conviction formidable. Je n’aimerais pas être à la place de Renaud Camus, qui a directement inspiré ce terroriste francophile, du ;moins dans ce que la France a de pire et de moins français. Car, la France, c’est avant tout les droits de l’Homme de 1789, la liberté, l’abolition de l’esclavage, etc. Cela m’intéresserait d’avoir l’avis de Camus, le « grand » coupable, puisque tout est « grand » avec lui.

Alexia Neuhoff dit: à

Intéressant le concept de « littérature prolétarienne » de P. Edel appliqué aux romans réalistes américains. Voilà une extension du domaine de la lutte (finale, forcément) qui, en passant, plume Poulaille. Cela dit, je ne vois pas de littérature sans sa parcelle prolétarienne, même infime, un ouvrier, un domestique, un palefrenier, un paysan… dans le décor.

renato dit: à

«…votre prof aurait été bien avisée de vous recommander aussi d’aller au cinéma… »

Pour ça j’avais une mère dont le cinéma était le dada, si on y ajoute le dada du père il y a eu de quoi gâcher mes journées : pour un qui aimait et aime perdre son temps en regardant les nouages se faire et se défaire, ce fut un supplice.

Delaporte dit: à

« En tête de gondole, le dernier livre d’Eric Neuhoff, Delaporte ! »

Mon cher Jacuzzi, aujourd’hui il y a des Black Blocks partout, notamment sur les Champs-Elysés. Donc, ce n’est pas le moment d’aller au cinéma voir votre film. Neuhoff publie encore des livres ? Cela m’étonne, tellement il est paresseux. En tout cas, il ne doit pas avoir beaucoup d’acheteurs, car tout le monde sait que c’est un écrivain raté, qui a cru trouver dans le journalisme une voie de garage où il pourrait être nourri gratuitement. Il aime manger et boire, le bestiau ! Ce serait sa seule définition de la littérature.

Janssen J-J dit: à

@14.05, pas de moqueries, ça, meuh, meuh, croa, crôa…

Jazzi dit: 15 mars 2019 à 14 h 43 min « c’est pour les jeunes » Merci, Delaporte ! JJJ n’a pas la sensibilité ni la juvénilité requise, mieux vaut pour lui d’aller voir les petroleuses de « Rebelles », où je vais de ce pas…

De bons bouquins pour vous délasser du cinoche, et pas trop difficiles à comprendre, jzmn !… Merci qui ?
http://theconversation.com/sept-livres-a-conseiller-absolument-aux-enfants-de-8-a-12-ans-113283?utm_medium=email&utm_campaign=TC%20week-end%20LA%20LETTRE%20DU%20SAMEDI%2016%20mars&utm_content=TC%20week-end%20LA%20LETTRE%20DU%20SAMEDI%2016%20mars+CID_2c759b1511b970fca192cb664d03a166&utm_source=campaign_monitor_fr&utm_term=Sept%20livres%20%20conseiller%20absolument%20aux%20enfants%20de%208%20%2012%20ans

Jazzi dit: à

« était pas la peine de t’moquer. »

Quand, où ça, JJJ !

Jazzi dit: à

18e édition, JJJ !

Jazzi dit: à

D., ta chère Marine Le Pen, amatrice de félins, jugée trop « molle » par l’extrémiste néo zélandais, s’est fait offrir un chat de race à 4 500 euros par les dévoués membres de son parti.
Que faut-il en penser ?

Janssen J-J dit: à

@ « pour saluer Renaud Camus ».

c’est Finkie qui s’y prépare… Li faut s’lever d’bonne heure pour ça… Non ! Passoul l’fera pas, sinon on l’déserte, lui c pas un collabo australoIde du gd remplacement, quand même !

merci jzman pour le CR des pétroleuses en GJ, tu vois bin que ça valait l’coup ! était pas la peine de t’moquer. Atta’tion aux Champs, ça craint pour la 16e éd., numérote tes abattis ! Ou dis leur de se calmer, parce qu’ils nous discréditent un brin.

Jazzi dit: à

A quoi sert la littérature ?

L’extrémiste néo zélandais, inspiré par les théories du grand remplacement de Renaud Camus, ça donne à réfléchir !

Jazzi dit: à

J’y suis passé hier, à la Fnac-Rennes.
En tête de gondole, le dernier livre d’Eric Neuhoff, Delaporte !
J’ai découvert qu’un étage a été reconverti en vêtements de la marque japonaise Uniqlo et que la grande librairie du boulevard Montparnasse est devenu un magasin de sport !
La librairie recule…

Jazzi dit: à

« y a encore moyen de vivre des aventures »

Le film que je veux aller voir aujourd’hui ne se donne que sur les… Champs-Elysées. Va encore falloir aller au charbon !

rose dit: à

désabusée ?
pas sûre.
amorosa ?
pas plus, tendresse distante ; pas sûre que ce soit suffisant pour supporter les odeurs. Les manies. Les habitudes.

rose dit: à

Le seul incident remarquable dont je fus témoin, fut,il y a quatre à la Fnac- Rennes,par un temps ouateux, à l’étage des bandes dessinées. Une étagère entière de plans de Paris est tombée avec lenteur sur une mamie dont la tête a heurté l’angle d’une table consacrée à la cuisine kabyle. Tout le monde criait .Un pompier qui a réussi le massage cardiaque a fait remarquer à cette femme choquée : « si vous vous étiez trouvé devant le rayon des dictionnaires, c’était fichu ».

ya encore.moyen de vivre des aventures : rassurant.

pas blasée du tout bouguereau

Phil dit: à

les miens aussi dear Baroz. préparez-nous un goût de la quiche lorraine

Jazzi dit: à

Oui, Phil, mais mes goûts sont très éclectiques !

Jazzi dit: à

qui précède…

Jazzi dit: à

Pour ne pas vous abrutir de foot, votre prof aurait été bien avisée de vous recommander aussi d’aller au cinéma, renato.
Rien qu’en Italie, durant votre jeunesse qui préfère de peu la mienne, les films étaient signés de Rosselini, Visconti, Fellini, Antonioni ou Pasolini.
De quoi se constituer un bon bagage culturel à vie.
Moi, je n’ai aucun mérite, il me suffisait alors de sécher les cours et d’aller rejoindre, clandestinement, la salle de l’ancien palais du festival de Cannes…

Janssen J-J dit: à

@12.20 avec humour, pas avec sarcasme,
mais je le pense vraiment, mine de rien… Cela dit, l’en fera rien, c’était rin qu’une suggestion à passoul, i reste le maître de marguerite, hein…, faut p’tête pas tout programmer, laisser le hasard se placer sur l’alignement des astres,

Phil dit: à

Laissez tomber dear Baroz, encore un film pour gilets jaunes. Voyez plutôt « Qu’il était bon mon petit Français », excellent film sur les cannibales, beaucoup plus actuel.

Ed dit: à

D’ailleurs Les raisins de la colère était déjà dans ma liste de livres à lire sur Goodreads.

Jazzi dit: à

Je recommande « Rebelles » d’Allan Mauduit à tous ceux qui ont aimé le cinéma d’Ennio Moricone.
Ponctué par une musique de western, le film est une fable sociale féministe se déroulant dans les plaines post industrielles du Pas de Calais.
Comment les hommes, flics ou truands, sont dégommés par la bonne grosse (Yolande Moreau), la fluette cagole (Audrey Lamy) et la bimbo à poigne (Cécile de France).
Quand les ex femmes battues du peuple de France passent à l’action et n’hésitent pas à couper la bite et débiter en petits morceaux les petits chefs harceleurs…
Belle leçon de rire jaune, loin des ronds-points, dans la pure tradition des séries noires !
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19581725&cfilm=265032.html

Ed dit: à

JJJ
Vous dites cela avec sarcasme, mais ce serait une bonne idée d’annoncer les billets à venir pour qu’on potasse.

Paul Edel dit: à

Closer je ne fais pas une recension complète des Hammershoi les critiques d art sont là pour ..

renato dit: à

Notre prof, Jacques, insistait sur la possibilité de ne pas nous abrutir avec le foot en lisant, et elle nous donnait des listes de livre à lire.

Janssen J-J dit: à

@ Case ou fosse-commune,

tant que ça sort pas des CDBF, hein, ça peut hancore le faire, c’est la base.

bouguereau dit: à

dans lfond j’en ai raz lcul de rien..chus dprovince..mon épitaf épicétou

Janssen J-J dit: à

@ tu penses trop a tfaire hanculer..moi jle fais épicétou

qu’tu dis, mais moi j’ai déjà donné et m’suis lassé. Mais mais toi t’as pas encore l’air d’avoir eu ta dose, t’en étais encore aux sextoys en god ste miche, avant ta censure… et maint’nant, tu veux nous faire accroire que t’as trouvé le vite de WL à ta conv’nance ? 9a te suffit pu apparemment, l’boudgrin !

P. comme Paris dit: à

« On a mal de les voir bien rangés dans des cases, des groupes, des catégories,… »

Case ou fosse-commune,
c’est le mot de la fin.

Janssen J-J dit: à

et pi il y a le retour de rrôs (selavy) ni dedans ni dehors, en gilet de corps jauni, avec putôt des bonnes news, alhors moi c’est mon printemps à moi, epi si ça se trouve est vraiment amorosa, sortie de sa nuit. Peut-être aussi à celzéceux qui l’M. L’Homme qui rit, faut que j’y en parle, bintôt. De Barkilphredo surtout. Lui…, il te décoiff les raisins, grave !

bouguereau dit: à

On a tjs de mauvais rebonds, des contretemps, des mélasses mentales

..tu penses trop a tfaire hanculer..moi jle fais épicétou qu’y dirait cloclo

Phil dit: à

Bientôt le prestigieux passou va pouvoir notuler « pour saluer Renaud Camus ». le grand remplacé des tricks barrèsiens et barthésiens reçoit des menaces, le préfet du coin lui de mettre son derrière se mettre au vert.
La vraie quiche lorraine sans fromage, au lard, est devenue inservable en avion. premier grand remplacement.

bouguereau dit: à

rose en a raz lcul dtout..tu peux la manger ta soupe..t’as dla route baroz..c’est ça la vraie morgue phransèze

Janssen J-J dit: à

@10.38, ahrg, paul e., cette notion de « littérature prolétarienne » ! Mais consacrée comment, quand, par qui ?… Pourquoi jamais d’usage de l’antonyme contrasté de « littérature bourgeoise » ? Cette confusion permanente du contenu par l’écrivain, quo’ pressent. Non, tous ces écrivains US peut-être fascinés jadis par la révolution bolchevique, n’étaient pas objectivement prolétariens (ni prolétaires a fortiori), étaient plutôt des petits bourgeois mal à l’aise… Epourvant le besoin de valoriser les souffrances du monde prolétarisé par la crise de 29, certes…
Mais quoi ? On va quand même pas découvrir que leurs fresques littéraires sur les nouvelles modalités de lutte des classes au 20e allaient s’être substituées à celles des français et des russes au 19e ! Allons donc, CT ! Si on veut croire à ça, dites nous plutôt où elle se niche, la lutte des classes dans la littérature mondiale du 21e s. , ce nous sera plus profitab’…
Sauf que de « littérature », il en existe pu… Et tout le reste du passé mythifié n’est-il pas plutôt une nostalgie fantasmée du mal à notre temps désemparé ?…
La littérature US de l’entre deux guerres, en quoi peut-elle encore nous édifier ? On retrouve Steinbeck par son journal édité aujourd’hui. Voilà à quoi se réduit la pamoison narcissisme contemporaine. Moi qui écris je connais les mêmes souffrances que Steinbeck à l’époque des Raisins…, je peux m’identifier. A quoi bon alors aller se relire les raisins de la colère pour nous en donner une lecture actualisée aujourd’hui, au regard du Journal, et pour faire dévier le cours de la macronie ? Personne icite, je pense. Alhors, Paul E., ça nous sert à quoi toute cette culture littéraire ? Voilà ce qu’on se demande en permanence…
Eh oui, j’ai lu les raisins de la colère en 1ère, au lycée, et j’étais en colère, mais pas pour les mêmes raisons que Steinbeck. C’est parce qu’on nous obligeait à lire ça, qui ne concernait pas ce qu’on vivait au quotidien.
Bon, je sais pas pourquoi je raconte tout ça, d’autant que Gilles Rouaut, le bègue, n’était pas encore un billet épuisé.
On a tjs de mauvais rebonds, des contretemps, des mélasses mentales à défaut de récriminations, des regrets, de temps en temps… peut-être de n’avoir pas été un « spécialisssss » de john steinbeck, ni de john dos passos, ni de william faulkner, ni n’voie été soi même d’aucun écri-vain prolétaire, prolétarien, ou prolétarisé… On a mal de les voir bien rangés dans des cases, des groupes, des catégories,… par les historiens de la bourgeoisie littéraire, assis devant leurs étagères empoussiérées.
Je dis tout ça, mais j’ai rin dit. Re-belles…

bouguereau dit: à

recette de quiche lorraine

à chaque fois que je mange une quiche lorraine je pense au cul d’andréa férréol..du proust updaté qu’elle dirait bonne clopine

rose dit: à

Loin d’être plumée.
Pour la justice sociale.
Les algériens-contre Boiteflicka-les jeunes-poir le climat et la banquise et leur mer en tongs devant Prisu, marquent le pas.
Initiés par les gilets jaunes qui, les premiers, ont manifesté leur ras le bol.
Comme on est dedans ou dehors on est pacifistes euh passéistes ou futuristes.
C une histoire de choix.

bouguereau dit: à

rose, toi tu sembles toujours autant à la ramasse…

..c’est à cause dtes assonnances coupabe baroz..un genre de programmation neurolinguistic pour ruiner bonne clopine

bouguereau dit: à

Dominique Noguez. Un homme charmant et passionné, qui nous projetait des bouts de pellicules grattées

himagine l’horaison quand tu vas souffler ton gaz dédé..

bouguereau dit: à

franchment polo..himagine hune seconde donald pour justifier sa détestation du commie par les procés de moscou et la guerre d’espagne..cloclo il a pas faux..t’es plétement à la ramasse polo..c’est samdi..c’est pas grave

Jazzi dit: à

« observateur ou acteur. Dehors ou dedans »

Et les pigeons finissent toujours plumés, rose, toi tu sembles toujours autant à la ramasse…

bouguereau dit: à

cloclo y se rêve en doc gynéco là ousque polo y voit ses couilles..sapré polo

bouguereau dit: à

‘totalment héroné et dirfiloo au finiche’..ça sonne son lafontaine haugmenté dédé..tu tiens quelquechose

Jazzi dit: à

Oui, renato, il semble que Steinbeck fasse un retour en force !
Un auteur qui défrise et que vous lissiez avant lecture !

rose dit: à

comme si les gilets jaunes se divertissaient.
Quand on est à côté, on y est.
Quand on est dedans, aussi.
C pas compliqué : observateur ou acteur. Dehors ou dedans.

D. dit: à

la causerie chez le prestigieux passou finit en recette de quiche lorraine.

Totalement erroné. Il s’agissait d’une pizza aux moules.

renato dit: à

Ah ! Steinbeck ! il suffit d’attendre et tout revient. Ça me renvoie à mes 13-14 ans ; on — ma génération — le lissait juste avant Hemingway et Kerouac… à côté des lectures imposé par le programme, ces années-là : Manzoni, Verga, Pirandello.

closer dit: à

Paul, vous n’avez sans doute pas vu l’expo Hammershoi sinon vous nous parleriez aussi de deux aspects méconnus (en tout cas en France) de son œuvre, les paysages et le nu. On peut même en ajouter un troisième, les portraits de groupe en grand format…Deux de ces portraits dans la première salle: les « Trois jeunes femmes » et « Cinq portraits ». Des personnages figés presque monumentaux, n’exprimant aucun sentiment, n’échangeant aucun regard, dans une gamme de couleurs très limités et sourde… Comme je l’écrivais à Christiane, les paysages élargissent la palette mais toujours dans un vide et un silence assourdissant, pas de présence humaine, pas de pittoresque. La salle des nus présente des esquisses et un nu monumental qu’on aurait qualifié autrefois d’impudique, mais d’une froideur clinique presque angoissante…

Le point commun de tout cela: l’absence totale de d’affect, la forme à l’état pur, la solitude, le silence. Evidemment on pense à Hopper, moins la couleur. Très beau.

Jazzi dit: à

« Rebelles », bon divertissement pour Gilets jaunes, JJJ…

Paul Edel dit: à

On oublie qu’il y eut une littérature prolétarienne aux états unis , souvent éclatante .Pierre- Yves Pétillon, historien de la littérature américaine, e nous le rappelle dans son « Histoire de la littérature americaine ».
Relire»La jungle » d’Upton Sinclair(1906) sur les abattoirs de Chicago..mais cette littérature se renforce considérablement après le krach de 1929.il faut avoir en tête l’importance de John Reed et la fascination de la révolution russe chez les intellectuels américains… La création de la « Partisan review », en 1934, sous l’égide du John Reed Club de New York » est une date capitale.
La revue se sonne pour objectif de défendre la littérature prolétarienne. 1932 fut l’année la plus noire. Il y eut sur les routes américaines plus de deux millions de chômeurs. Bcp d’écrivains se tournent alors nettement vers l’union soviétique :Upton Sinclair,Dos Passos, Sherwwood Anderson,etc..Ne pas oublier que plus de 5O écrivains soutiennent la candidature du communiste William S. Foster. aux présidentielles.. c’est curieux comme on a fait dans les histoires littéraires l’impasse sur ça au profit des « modernistes » en écriture :de Faulkner(bien que celui- ci dans « Lumière d’aout » fasse l’épopée d’une Noire pauvre..) à Fitzgerald et Hemingway..
Pourquoi y eut-il soudain un malaise chez ces écrivains prolétariens tournés vers l’ union soviétique ? Deux choses : les procès de Moscou, qui jettent un froid.. et la guerre d’Espagne avec le comportement des staliniens…
1939 donc. »les raisins de la colère » paraissent. Dès l’automne 1936 Steinbeck avait publié une série de reportages remarqués intitulés « « les gitans de la vendange » sur les journaliers de Californie ; c’est une documentation capitale pour son roman. Il fut aussi marqué aussi par les reportages photo de Dorothea Lange..Son roman » fut mal accueilli par une partie de la presse américaine de l’époque.. On reprocha à l’auteur son idéologie clairement marxiste

Alexia Neuhoff dit: à

Ah, Dominique Noguez ! Son humour, sa malice, cette distanciation salutaire manqueront dans le paysage littéraire. Un exemple entre cent : «C’est quand on est enfin arrivé au dégoût d’écrire, à la honte d’ajouter ne serait-ce qu’un mot à l’écœurante quantité de ce qui a déjà été publié qu’on a une petite chance de comprendre ce que c’est que d’être un écrivain.»

Jazzi dit: à

Un extrait avant terme ?

JOHN STEINBECK

Californian paradise

Publié en 1932, « Les pâturages du ciel » de John Steinbeck (1902-1968) nous conte la vie des habitants de la région de Salinas, la ville natale de l’écrivain, où il repose désormais pour l’éternité. Ce véritable roman choral emprunte son titre à la riante vallée aux plaines fertiles, située entre Salinas et Monterey, là-même où sont produits les plus beaux fruits de toute la Californie. Une sorte d’eldorado agricole, où sa famille, d’origine germano-irlandaise, s’était installée avant sa naissance. L’auteur Des souris et des hommes (1937) et des raisins de la Colère (1939) y dépeint le petit monde pittoresque des éleveurs et des cultivateurs locaux. C’est avec ces romans et nouvelles « régionalistes », des débuts de sa carrière littéraires, que Steinbeck a conquis une notoriété internationale, récompensée en 1962 par le prix Nobel de littérature. Plein d’empathie pour ses personnages aux destins entrecroisés, l’écrivain nous y présente une infinité de variations possibles sur le thème du rêve américain, dans sa version alternative bucolique (on y rencontre déjà un ancêtre des futurs hippies, Junius Maltby, dont on peut se demander à juste titre s’il ne s’agit pas de l’autoportrait caricatural de l’auteur !). Mais il arrive bien souvent que le rêve tourne au cauchemar. D’autant plus tragique, que le cadre est toujours idyllique. Visite de la ferme modèle de Raymond Bancks.

« De toutes les fermes des Pâturages du Ciel, la plus admirée était celle de Raymond Bancks. Raymond élevait cinq mille poulets blancs et mille canards blancs. La ferme était située sur un plateau, au nord, le lieu le plus joli de toute la région. Raymond avait divisé sa terre en carré d’alfa et de choux frisés. Ses poulaillers longs et bas étaient si souvent blanchis à la chaux qu’ils paraissaient toujours immaculés et neufs. Autour de la ferme de Raymond, il n’y avait jamais de fange, comme on en trouve si souvent autour des fermes où l’on élève de la volaille.
Pour les canards, il y avait un large étang circulaire, dans lequel coulait constamment de l’eau fraîche, d’un conduit de deux pouces de diamètres. L’eau débordant de l’étang descendait vers les rangées de choux épais et vigoureux, ou se répandait dans les pièces d’alfa. C’était chose plaisante de voir, par un matin ensoleillé, le grand troupeau des poulets propres, blancs, manger et gratter dans le sombre alfa vert, et c’était encore plus plaisant de voir les mille canards blancs voguer magnifiquement de-ci de-là sur l’étang. Les canards nagent lourdement, comme s’ils étaient aussi immenses que le Léviathan. Le ranch résonnait toute la journée du bruit affairé des poulets.
Du haut d’une colline voisine, vous pouviez abaisser vos regards sur les carrés d’alfa, où des milliers de petites taches blanches mouvantes tourbillonnaient et s’entrelaçaient comme des grains de poussière sur un étang vert. Alors, peut-être pouvait-on apercevoir parfois quelque épervier à queue rouge, planant haut, guettant attentivement la maison de Raymond. Les petites taches blanches arrêtaient instantanément leurs mouvements absurdes et se précipitaient vers les coqs protecteurs, et des champs montaient les cris aigus et désespérés de milliers de poulets effrayés par l’épervier. La porte de derrière la ferme claquait à grand bruit, et Raymond sortait nonchalamment, portant un fusil de chasse. L’épervier s’élançait à cent pieds de haut, dans l’air, et s’éloignait à tire-d’aile. Les petits tas blancs s’égrenaient de nouveau et le tourbillonnement reprenait.
Les carrés de verdure étaient séparés les uns des autres par des clôtures, de sorte que tel carré pouvait se reposer et se refaire tandis que les poulets travaillaient dans un autre. De la colline, vous pouviez voir la maison blanchie à la chaux de Raymond, posée à la lisière d’un bosquet de chênes. Il y avait beaucoup de fleurs autour de la maison : des calendules et de gros soucis d’Afrique, et des cosmos grands comme des arbres ; et, derrière la maison, se trouvait le seul jardin de roses digne de ce nom dans la vallée des Pâturages du Ciel. Les habitants de la région considéraient ce lieu comme la ferme modèle de la vallée. »
(« Les pâturages du ciel », traduit de l’anglais par Louis Guilloux, éditions Gallimard, 1948)
http://www.lefigaro.fr/livres/2012/04/11/03005-20120411ARTFIG00752-le-gout-de-la-campagne.php

Jazzi dit: à

Hélas, Passou ne parlera pas de « Voyage avec Charley », le dernier opus de Steinbeck, que j’ai découvert récemment, mais plutôt de son journal de travail !

Jazzi dit: à

Longtemps, j’ai suivi les cours de « cinéma différent » de Dominique Noguez. Un homme charmant et passionné, qui nous projetait des bouts de pellicules grattées, peintes, brûlées et tous les classiques du cinéma underground…

rose dit: à

et tous les revendeurs en ligne.

En fait les gens lisent.

Soleil vert à 19h31.
Oui.
En ce moment, lentement mais passionnément, je lis Je suis de nulle part d’ Olivier Weber, sur les traces d’ Ella Maillart.
Frappadingue, il, ce journaliste au Point, sale métier – bcp de porcs, le ministre de l’ Intérieur en tête et depuis nombre d’ années, sans vergogne- se met sur ses traces et il la cherche, lui.

Sinon, ça va : j’ ai invoqué dieu, mardi soir, et il m’ a offert le chagrin.
Flot.

Ma maman va bien, elle pose un christ en croix sur le lit de mon père et elle retrouve le sommeil. Elle n’ a pas la maladie d’ Alzheimer, ni de démence sénile. Mais qq. trous de mémoire accentués par ce qui est dérangeant.

Ai entamé carême depuis les cendres ; hier, ai oublié pas le petit morceau de poulet ds la paëlla mais ai donné la tarte aux pommes à mes potes.
Sinon, me suis trouvé un mari, plus jeune que moi.
Ça va se terminer comme Quio, dans les Éternels, je vais ouvrir un tripot, dont je serai la gérante, et l’ homme tant aimé, qui sera revenu vers moi pck je suis la seule à ne pas rire de lui, m’ écrira un sms un matin, je suis parti.

Sinon, vu la Mule aussi.
Ne crois pas à ce mythe que l’ on répare ce qui est abimé y compris sur son lit de mort.
Quio l’ a compris, elle. Chinoise. Et femme.
Longue errance 7700 km sur 17 ans. Vaste espace spatio- temporel. Modernité. Lucidité.

Mon chat, Ivy, m’ aime.
Bon shabbat à tous,

Gilets jaunes cet aprem. Le jardin attendra demain

Janssen J-J dit: à

Bon je sens que je faire comme Ch. : me dépêcher d’aller acheter les raisins de la colère, de lire toutes les pages, puis le Journal d’éclairage du même Stein., pour être prêt à discuter avec Passou et Cloclo et Delaporte, à la sortie du prochain bifton 🙂
On va quand même pas leur laisser toute la place, icite, hein ! Ni tous les liens utiles à LVDB !
NB / Passou aurait pas du dire à l’avance ce qu’il nous mijotait, il va se faire griller la cibiche, à force.
A moinss qu’il inaugure une révolution avec ses intervenautes : et leur donne son plan de billets pour le mois qui vient, comme ça, on sera tous prêts çà temps dans les startings, à dire moinsss de conneries, àdir de truques plus constructives… La RDL du bas serait infiniment plus cultivée et moins élitiste qu’elle se croit l’être, et elle aurait gagné son pari d’erdéliens musclés en gilets jaunes qui s’en laissent pas conter.
Et c’est l’Macron qui l’aura dans l’
(De quoi ? laura dl’air ?)- AU FINAL

Janssen J-J dit: à

(touite) Il avait un drôle d’humour ce Noguez, d’après son épitaphe. Je crois avoir manqué un non écrivain intéressant. On s’aperçoit toujours de qq chose, trop tardivement. Donc, je salue ce Noguez pour hier et l’Boug pour au jourd’hui, tjs bin vivant, lui, un brin lourd, mais qui demande à faire des efforts de décryptage, mais quand on a réussi le décodage…, on rigole. Rarement le cas avec CT et WL, for instance (Bon, je short… tirer une clop sans bout filtre, soupire).

Lavande dit: à

Clopine vous avez lu le 22h58 ?
Tout le monde pensait que vous alliez vous pâmer d’aise: que dalle, niente, nada, nothing.

bouguereau dit: à

bouguereau dit: 15 mars 2019 à 20 h 31 min

ha il l’a remis..jlavais vu a a sa sortie juste pour le roquènerol..le seul honnête du lot faut l’dire..j’lai rematé hier fissa..et jai rtrouvé un bout djeunesse grace a toi lassouline..c’était une mauvaise journée rachetée par un rien..beau beau et..le temps des bons comptes en somme

bouguereau dit: à

Clopine, Steinbeck c’est mon prochain billet, justement…

lassouline a bzoin d’aide mais bonne clopine est à la pêche au moule..si j’étais lui jdemandrai à polo..les mecs hont plus le sens du service qu’il dirait baroz

bouguereau dit: à

Castaner est un keke et il ne s’en est jamais caché

..l’a pas bzoin dède hen somme

bouguereau dit: à

je serai attentif au déroulement historique

dlalourde..témoin kapital

bouguereau dit: à

louyam n’y rtrouve pus ses fèces

P. comme Paris dit: à

Quand on crie au loup…

bouguereau dit: à

petite ou grosse entrède bonne clopine ?

bouguereau dit: à

Dans le cerveau poétique de Jean Rouaud

..et bien profond quelle dirait bonne clopine

Clopine dit: à

Ah, merci tout de même, Ed. Ainsi, on peut vous appeler… à l’Ed ?

(bon d’accord, je sors, mais avant, confirmer le côté « chef d’oeuvre » des Raisins ; le film de Ford avec Fonda ne reprend pas toutes les scènes, faut vraiment lire le livre. perso, mon préféré de tous les livres de Steinbeck, plus encore qu’à l’Est d’Eden -lui aussi « tronqué » qu cinéma- c’est « tendre jeudi »… La petite trilogie de bouquins courts de la vallée de Salinas est une petite merveille d’humanité, autour du personnage récurrent du biologiste étudiant le métabolisme des pieuvres. Tous les personnages, même les plus secondaires, comme le pauvre garçon un peu demeuré, sont esquissés d’un coup de crayon si net qu’ils se détachent instantanément du fond et viennent occuper, chacun à leur tour, le premier plan. Pourrait-on dire que c’est de la littérature de bûcheron ? Il faudrait alors imaginer une cognée rudement effilée ! Mais la puissance est là, évidemment. Autre mystère : comment ces sagas toutes plus « sociales » les unes que les autres, qui mettent en scène des parias, des exclus, des méprisés – bref, Hugo, Dosto et Dickens rôdent là autour, comment ces sagas sociales font-elles pour, tout en ayant comme un écho d’idéologie ou d’idéalisme communiste, comme on pouvait encore en avoir au mitan du vingtième siècle, être si profondément, si absolument, si complètement américaines ? Hein ? Je vous le demande un peu, mais je divague, là, allez, zou, je sors ai-je dit ! )

William Legrand dit: à

Passou, vous laissez encore ce bougros salir votre blog ?

Delaporte dit: à

« mais il me faudrait d’abord lire Les raisins de la colère. »

En effet, cela vaudrait mieux. C’est vraiment un grand roman, absolument sublime, et prophétique tant il est d’actualité aujourd’hui, avec une autre épopée de victimes du capitalisme : les gilets jaunes. Demain, ça va chier à Paris, cela va être un point d’orgue du mouvement. Je m’attends à tout et je serai attentif au déroulement historique des événements. Les gilets jaunes sont déjà entrés dans l’Histoire, et il ne leur reste plus qu’à devenir la pierre d’angle de notre présent. Le gouvernement ne leur apporte aucune réponse : « Une révolte ? – Non, Sire, une révolution… »

Bérénice dit: à

Autant qu’adulé
Correcteur

Bérénice dit: à

16h47 toujours eu en horreur les superlatifs , que je trouve stupidement ou à mauvais escient employés. C’est extrêmement difficile de porter au pinacle l’un ou l’autre ne serait ce qu’en regard de l’héritage infiniment varié que nous ont laisse les littérateur. Loin de moi en tout cas de dire que MH serait des meilleurs mais il possède ce quelque chose que d’autres n’ont pas, du moins, à mes yeux. Et je me fiche éperdument qu’il soit détesté autant qualifié. J’avais trouvé d’autres de ces romans plus travaillés que les deux derniers. Qu’importe, ils portent toujours son style et retiennent mon attention.

Ed dit: à

Castaner est un keke et il ne s’en est jamais caché. Pas de quoi en faire une bouillabaisse.

Ed dit: à

Clopine. Je veux bien vous suivre, mais il me faudrait d’abord lire Les raisins de la colère.

Bérénice dit: à

@17h.12 @ ED.

Bérénice dit: à

ED, 17h52 : j’évoquais l’introduction de son dernier. Et bien que tout soit imaginable ou possible , je crois tout de même que ce à quoi MH se réfère n’a lieu que dans un certain milieu qu’il désigne de plus comme representant l’élite sexuelle. Lisez le. Sans vouloir vous contredire, c’est tout ce à quoi mon dernier post se référait.

Delaporte dit: à

Steinbeck, beau sujet, qui aurait appelé à manifester demain, avec les gilets jaunes. Les raisins de la colère… sujet sublime, roman infernal, qui aurait également eu les faveurs d’une Ulrike Meinhof. C’est tout dire !

Marie Sasseur dit: à

Bonne idée Passou.

Marie Sasseur dit: à

Je le sais, car j’ai prix le cannery row, bordé de boutiques à souvenirs.

Passou dit: à

Clopine, Steinbeck c’est mon prochain billet, justement…

Marie Sasseur dit: à

Steinbeck remontait les rues qui puaient la sardine a Monterey.

Clopine dit: à

Perso, j’aimerais bien que quelqu’un d’autre que moi lise « jours de travail » (le journal de Steinbeck pendant qu’il écrivait les raisins de la colère), ça m’intéresserait d’en discuter : c’est humainement touchant et surtout, à mon sens, extrêmement intéressant concernant le « work in progress », la manière dont un écrivain écrit, quoi. Par exemple, j’ai été absolument renversée en lisant les différentes étapes de « Construire un feu » de London, et là je n’avais pourtant que les brouillons successifs du texte, sans les commentaires de l’auteur. Alors que pour Steinbeck, c’est carrément une sorte de « monologue intérieur » qu’il tient dans ce journal, et l’on peut discerner ainsi le poids du quotidien qui leste sa plume, en quelque sorte. L’impression est aussi grande que dans les lettres de Flaubert à Collet, et l’univers Steinbeckien est si particulier, en prime (parce que le type est touchant). Forcément, une fois la dernière page tournée, dont la dernière page des notes fournies par l’éditeur, (et il y en a des tas), cela vous met en face de vous-même, si vous écrivez ou tentez d’écrire (au niveau de l’investissement c’est pareil, pas vrai ?). Ce serait profitable d’échanger courtoisement là autour, ça éveillerait d’office ma curiosité, parce que je pense que les commentaires sur ce journal de Steinveck révèleraient forcément des pans de chacun, de chaque, comment dire pour éviter le mot « écrivain » qui peut paraître prouteur et illégitime ? Scripteur ? Bref… Mais je présume que personne ne va me suivre, soupir, et pourtant, je suis sûre que vous ne le regretteriez pas. Ed, peut-être ? Dites ?

Jean Langoncet dit: à

@Il ne doit pas non plus mettre en péril sa lucidité et se réveiller avec la gueule de bois…

Ainsi a-t-il eu le mauvais goût de se réveiller ?

Phil dit: à

indeed Closer, le paris-rio s’est écrasé précisément pour ces raisons, le pilote a fait la fête avec une greluche carioca et boum, perdu le manche.
ceci dit, de plus en plus souvent la causerie chez le prestigieux passou finit en recette de quiche lorraine.

closer dit: à

Ombelle, un ministre de l’intérieur, spécialement en période de crise de l’ordre public, doit être au front 24/24 et ne doit pas s’exposer sans garde du corps dans un groupe alcoolisé qu’apparemment il ne connaissait pas. Il ne doit pas non plus mettre en péril sa lucidité et se réveiller avec la gueule de bois…

Marie Sasseur dit: à

A mettre aux archives, Langoncet. Dûment répertorié.

Les jeunes, et très jeunes, qui ne doivent rien à cette mémoire de la caricature qui dénonce pour denoncer, sans solution, qui ont l’intuition de tout ce que vous avez desappris, ont d’autres préoccupations en tête. Ils l’ont fait savoir aujourd’hui.

bouguereau dit: à

test

Jean Langoncet dit: à

@essaie dvoir midi a ta porte de derrière

c’est exactement ce que je me disais à l’instant ; Wolinski a vécu dans un autre monde

bouguereau dit: à

la défonce intérieure, c’est une affaire de dent de sagesse

..haprés bonneclopine va dire qu’chus vulgaire

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