de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Deux manières d’écrire sur la musique

Deux manières d’écrire sur la musique

Il y a des écrivains de musique comme il y a des écrivains d’histoire. On les reconnaît au pas de côté qu’ils effectuent « en écoutant en écrivant » pour paraphraser un titre de Julien Gracq- sans la virgule afin de souligner qu’il s’agit bien dans leur cas d’une seule et même activité. Deux livres viennent de paraître qui reflètent avec brio deux manières très différentes quoique complémentaires d’écrire sur la musique, ceux qui la composent, ceux qui la dirigent et ceux qui l’interprètent.

D’abord la plus connue des deux : « la manière Tubeuf », qui s’est illustrée par le passé à travers trois romans et surtout une vingtaine d’essais consacrés à Beethoven, Verdi, Bach, Wagner, Mozart, le lied, l’opéra… Philosophe de formation, critique musical des plus répandus, André Tubeuf (1930) est apprécié pour la solidité de son érudition musicale, l’exigence de son écriture aussi classique que colorée, sa connaissance du milieu et son vécu des concerts, sa mémoire des enregistrements, ses choses vues en coulisses. C’est peu dire que ce monde lui est familier, personnel. On retrouve toutes ces qualités conjuguées dans l’hommage chaleureux qu’il rend cette fois à l’un des plus grands pianistes dans Rudi. La leçon Serkin (204 pages, 18 euros, Actes sud).

Le témoignage d’un auditeur reconnaissant qui eut le privilège d’être de ses proches des années durant. C’est bien le livre d’un écrivain. Nul besoin de passer par la case « roman » tant son héros est déjà un personnage romanesque ; c’est déjà assez subjectif de le raconter intimement tel qu’on l’a connu, inutile d’en rajouter. La leçon en question est d’abord une leçon d’incarnation tant son ami, Juif autrichien un peu tchèque sur les bords, tout en mains noueuses, était un concentré d’énergies, de conviction, de foi ; car c’est bien le portrait d’une amitié nouée dans la connivence d’une passion commune qu’il s’agit tout au long de ce récit. L’auteur ne le cache pas et s’en réjouit même : longtemps il a été sous son emprise et il n’a guère connu, parmi ceux qui ont approché l’interprète, d’hommes ou des femmes qui n’aient pas été sous la coupe de son magnétisme. Serkin selon lui, c’était une absence de complaisance avec soi et donc avec autrui, pas la moindre concession à l’air du temps, l’indifférence à la doxa, un tempérament inflexible, dans la règle plutôt que dans le siècle.

L’auteur avait déjà consacré un livre à un pianiste (Claudio Arrau en 2003) et récemment approché Serkin par la plume en en écrivant un autre sur son beau-père, le violoniste Adolph Busch La premier des justes (Actes sud, 2015). Cette fois, il a traité le gendre en cinquante courts chapitres vifs et enlevés où il réussit à nous rendre dès les premières pages si proches du personnage. Tout y est de l’homme même, de ses doutes, de ses découragements, de son caractère dans les guerres, les exils, les proscriptions, de son amitié indéfectible avec Pablo Casals, de sa façon de marcher sur scène vers le piano, de sa voussure dorsale lorsqu’il salue le public, de l’intensité du regard qu’il portait sur les autres, du nomadisme du musicien de festivals, des loges, de sa réaction aux si allemands Vier letze Lieder de Richard Strauss…

Tubeuf n’est pas un ingrat. Il doit à Serkin d’avoir été forcé à Bach en découvrant la cadence du Cinquième Brandebourgeois. En retour, Serkin lui doit d’avoir découvert Marilyn Monroe saisie par la Sehnsucht lorsqu’elle chantait River of No Return, exemple d’un chant sans voix et presque dénué de musique : « Mais c’est du Schubert… ». Bien sûr, ce récit sur « Rudi et moi » offre sa part d’anecdotes, mais elles sont de la même tenue littéraire que le reste. Certaines se déroulent à table, à la maison plus souvent qu’au restaurant ; l’auteur nous confie d’ailleurs qu’un jour, lui-même se mettra à table pour écrire un livre sur les musiciens lorsqu’ils sont enfin hors-micro, déboutonnés, loin de toute représentation, libérés du corset de l’interview questions-réponses, prêts enfin à s’abandonner  aux délices de la conversation et aux confidences sur leur ressenti des choses, après un ou deux verres…

Le lexique varié dont disposent les écrivains de musique, la richesse de leurs métaphores, l’inventivité parfois mystérieuse du vocabulaire technique dont ils usent pour faire entendre la musique par les mots, tout cela est de nature à impressionner le simple mélomane incapable de déchiffrer une partition. Mais avec André Tubeuf, il ne s’agit pas d’en mettre plein la vue ou d’écraser le lecteur au risque de l’exclure. Même si l’on ne saisit pas toujours la signification exacte d’une image, le sens flotte entre les lignes et c’est bien assez. Qu’importe après tout si dans les triolets inauguraux de la sonate Clair de lune, un mouvement implacable est vu comme « une pulsion qui est la nuit qui marche » ( ?)…

On s’en doute, la lecture d’un tel livre, à l’enthousiasme si communicatif, renvoie inévitablement aux enregistrements de Rudolf Serkin. C’est sa vertu. Impossible d’échapper au disque jugé miraculeux car « à lui seul il dit tout » de la vérité de l’artiste : l’opus 109 de Beethoven. D’autres encore, le tragique des Impromptus de l’opus 142 de Schubert, son autre dieu, ou « son » Mozart aussi car c’est avec lui que Tubeuf dit retrouver « le Serkin le plus total et le plus simple à la fois ».

« L’ai-je assez dit,  assez bien dit, que je l’aimais ? »

Oui, sans aucun doute. Voilà pour la manière Tubeuf. De l’autre, on pourrait dire déjà que c’est « la manière Gruber » bien que l’auteure soit plus jeune (1972) et que Trois concerts (592 pages, 24 euros, Phébus) ne soit que son troisième livre ; mais il est si original, doté d’une telle énergie et si vivant qu’il révèle un ton, un son, un univers qui suffisent déjà à savourer une autre façon d’écrire sur la musique. Cette fois, c’est bien d’un roman d’apprentissage qu’il s’agit, cette fiction fût-elle nourrie de toute évidence d’une longue et profonde fréquentation de celles et ceux qui la font et la servent. La musique dite classique est partout dans ces (nombreuses) pages remarquablement architecturées autour de trois personnages : Clarisse Villain, une petite violoncelliste, du genre renfermée, pas commode et plutôt paumée, qui n’a pas dix ans mais assez de personnalité pour téléphoner au grand violoncelliste Viktor Sobolevitz, désormais éloigné des grandes scènes, afin que le maitre la prenne pour élève, et Rémy Nevel, un important critique musical. Le pari narratif est ambitieux car le lecteur est invité à suivre leur évolution dans un écheveau de situations actuelles ou passées, que leurs routes se croisent ou qu’elles affrontent d’autres personnages. Un foisonnement d’émotions, d’observations qui démentent le manque de souffle, le nombrilisme et l’anémie généralement reprochés à la fiction française. L’incipit est habile :

« C’est par la suite que tout a commencé. La Suite, la première des trois que Paul Crespen  écrivait à Londres… »

On songe alors à un fameux incipit, celui du Fin de partie de Beckett, lorsque Clov dit, le regard fixe et la voix blanche :

« Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. Les grains s’ajoutent aux grains, un à un et un jour, soudain, c’est un tas, un petit tas, l’impossible tas. »

Clarisse, cette grande silencieuse qui a tant de mal trouver ses mots, ne fait pas de la musique en plus ou à côté d’autre chose. La musique, c’est sa seule vie et sa vraie langue. Il y a de l’enfant prodige en elle, mais cela ne suffira pas ensuite si les qualités humaines n’y sont pas. Pour faire carrière, on lui explique qu’elle doit assouplir un caractère trop rugueux, qu’elle doit abaisser un peu son niveau d’exigence en société. Le talent ne suffit pas -même dans les concours. Et encore… Comme dans la vie, les inégalités se manifestent dès le tout début. Si Clarisse est jalouse de la petite Violette Kelemen qui est encore plus jeune qu’elle, ce n’est pas seulement parce qu’elle est déjà professionnelle et que, dès qu’elle s’empare du violoncelle, elle a en elle la grâce, le son et l’aisance : ce qu’elle lui envie le plus, c’est d’avoir grandi dans une famille de musiciens, d’avoir été bercée par leurs amis musiciens, d’avoir été conçue dans la musique, d’être née dans la musique et de n’être jamais sortie de ce liquide amniotique : « Aussi dur que tu travailles, tu ne pourras jamais changer l’endroit d’où tu viens ». Clarisse, elle, sera toujours plus dans le sombre et l’effort.

Lorsque le maître l’envoie au casse-pipe, traduisez : à la sonate de Kodaly, elle n’est pas désarmée ; car à force, elle a intégrée une certaine perception de ce qui est juste, qui n’a rien à voir avec la technique mais qui est simplement la vérité même si, comme le Maître le lui fait observer, « elle est obscurcie par l’éclat de votre perfection ». N’empêche que la légèreté qui lui fait défaut lui manquera toujours ; ces choses-là ne s’apprennent pas ni ne se transmettent ; on croirait une fatalité génétique ; allez expliquer à une artiste, qu’elle soit musicienne, danseuse, comédienne, que même si ce n’est pas une raison pour renoncer, rien n’y fera. Nous sommes constamment dans l’intimité des musiciens, et pas que les grands : ceux qui, comme tant de comédiens, vivent de panouilles, cachetons, remplacements, dépannages, et doivent se résoudre à faire moins« de la petit musique que de la musique petitement ».

Un récit profus sans être bavard, une écriture cash, directe, allègre, mêlant les registres de voix et d’accents, interpellant ses personnages, les engueulant parfois. Lola Gruber tient le rythme sans faiblir, chose remarquable sur une telle distance (près de 600 pages, tout de même). Les biographies exhaustives des uns et des autres nous sont épargnées au profit de ce qui fait leur faille ; de toute façon, du vivant du concerné, c’est le plus souvent ennuyeux ; post mortem, c’est là que cela devient intéressant ; non dans la nécrologie, c’est trop tôt mais bien après, lorsque les langues se délient et que se fait jour le misérable tas de secrets et la somme de contradictions et de petites ou grandes corruptions qui nous constituent aussi. Tout sonne juste dans ce livre, tant de pages entrent en résonance avec ce que l’on a pu vivre de ce monde-là – à commencer par le nom sur la couverture, la vibration produite par « Lola Gruber » renvoyant étrangement à celle de « Dora Bruder »… On n’échappe pas à la technique, comme dans Rudi. La leçon Serkin. Ici aussi, il y a bien des passages qui demeureront obscurs au néophyte mais aussi d’autres plus accessibles sur la mélodie du tararariraradim-dam-yaaa lorsque ça rencontre le tarararariraradim-dam-yoo ! C’est ainsi : Beethoven était sourd et Liszt, hongrois, débrouillez-vous avec ça.

On s’en doute, la réflexion sur la musique, plus élaborée et plus dense que par les formules, est permanente dans ce roman dès que l’interprète est enjointe de se choisir un style :

« Je ne sais pas ce que c’est. Un musicien n’est pas là pour améliorer un chef d’œuvre. Je joue… je jouais ce qui est écrit du mieux possible. C’est tout ».

Un petit tout qui renvoie au grand tout, à la quête de l’inaccessible pureté, au tête à tête avec la solitude. Pas seulement la solitude des tournées et des chambres d’hôtel, mais la solitude face à la partition : que faire au juste du « Nicht zu schnell » lorsque c’est Schumann qui le précise ? Chacun a sa propre respiration dans l’art et la manière de ne pas aller trop vite. Mais qu’est-ce que cela peut bien être un tempo qui corresponde à quelque chose tout en étant « légèrement retenu » quand on sait que le violoncelle chante tout le temps dans ce concerto ? Le maître tranche en rappelant que tout est déjà dans le titre et que ce n’est pas un hasard si le compositeur n’a pas écrit un « Concerto pour violoncelle et orchestre » mais bien un « Concerto pour violoncelle avec accompagnement de l’orchestre ». Et voilà. Suffit de le savoir sans pour autant se laisser impressionner par les règles, fussent-elles énoncées en rappel par la-grande-critique, laquelle est définie comme une certaine pratique des « approches croisées, diagonales, savantes mais vivantes, limpides, légères ». Ne pas se laisser non plus abattre par les traditions. Encore que certaines en imposent : à Leipzig, on joue toujours Bach sans vibrato parce que c’est comme ça, foi de Konzertmeister, quoi qu’en pense Pinchas Zuckerman (le débat est un serpent de mer) ! Aussi indiscutable que la prise de l’instrument dès qu’on le sort de l’étui : le violoncelle dans la main gauche, l’archet dans la main droite.

« Vous ne devez pas manipuler la musique, ni vous laisser manipuler par elle. Si quelqu’un doit être manipulé, c’est moi qui vous écoute. C’est un pacte entre nous : si je suis venu au concert, c’est pour qu’il m’arrive quelque chose. Pour que m’arrive à moi, et pas pour contempler ce qui vous arrive à vous. Reprenez »

Si le personnage du Maitre sortait de ce roman et le lisait, il le trouverait tout sauf Schmaltz, son expression favorite pour enfoncer une interprétation jugée trop mièvre ou excessivement sentimentale. Car Trois concerts, ça secoue, ça vibre, ça vit. Pas de doute : Lola Gruber connaît la musique.

(« Rudolf Serkin en concert puis avec Pablo Casals au festival de Marlboro » photos Gjon Milli pour Life magazine ; « photos D.R.)

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1 853 Réponses pour Deux manières d’écrire sur la musique

Billy dit: 15 avril 2019 à 10 h 03 min

mais quel culot ce Tubeuf! Il s’est fait l’apologue de chacun des Nazis de chez EMI voir Schwarzkopf, Karajan, Cortot, et tutti quanti dans ses notes indignes de reedition pour leurs CD — maintenant il decouvre certains juifs ou anti-fascistes mais c’est un peu tard, qd meme!

Janssen J-J dit: 12 avril 2019 à 20 h 23 min

Et en plus, on était déjà le 12, aujourd’hui. Incroyable comment le temps a commencé de ralentir… Ne vous approchez surtout pas de l’aspirateur, ma soeur.

Janssen J-J dit: 12 avril 2019 à 20 h 05 min

Je crois que la journée du 11 avril 2019 restera dans les annales de la RDL comme un sommet himalayen.
Z’avez bien fait de prendre la tengente, ma soeur.
Que disions-nous sur cette page, déjà ? Ah oui…, le trou noir de l’anti-matière fécale de la RDL (c’est la 3e manière possible d’écrire la musique). Eh bien, figurez-vous qu’on n’a pas pu y placer notre petite commission, tant les places étaient chèrement occupées aujourd’hui.
Y’a des jours comme ça, des amours se décomposent, et se dématérialisent.
A croire que le maître de la pétaudière fait durer la sauce à plaisir pour voir jusqu’où ça va aller. C’est que tout Paris culturelle se presse aux portes. Le robot en plus, a décidé de partir à vau l’eau, plutot que de subir le sort d’HAL. Même Paul Edel est comme devenu fou, à être ainsi entré dans la danse.
Passoul a ben mis un peu d’humour avec Xavier Gorse, très drôle, d’ailleurs… Mais on sent que le coeur n’y est plus…
.
A bientôt.

Marie Sasseur dit: 11 avril 2019 à 9 h 14 min

Using a telescope the size of the planet, astronomers have captured the first image of this space oddity. Here’s why that matters.

christiane dit: 8 avril 2019 à 9 h 14 min

@rose dit: 8 avril 2019 à 6 h 45 min
Et dire qu’elle a partagé cette exploration avec nous, magnifiquement… C’est comme pour Ch. envers Clopine, ou JJJ, ou Bouguereau. Une sorte de jeu gratuit où ils s’essaient à être « affreux, sales et méchants » pour le plaisir. Dommage… On sent quand leurs habits lucifériens craquent, quelles belles personnes ils sont.
Oui, Rose, ce fut un partage enchanté et JJJ était émerveillé comme un être sur qui le temps n’émousse aucune passion.

rose dit: 8 avril 2019 à 6 h 45 min

christiane à 22h45

je partage tout à fait votre point de vue.
La part du rêve, celle du mystère, poétique.

Je partage également ce moment qui pour moi reste le point d’orgue : lorsque Hal est déconnecté par Bowman.

bien cordialement

Marie Sasseur dit: 7 avril 2019 à 23 h 12 min

Decouvrir 2001 space odyssey en 2019, à presque 70 balais, ça fait un drole d’effet, dans le cantou, on dirait.
Ne manquez pas cette année les festivités du 50 eme anniversaire d’on a marche sur la lune.

https://youtu.be/4Tr0otuiQuU

christiane dit: 7 avril 2019 à 22 h 45 min

@rose dit: 7 avril 2019 à 21 h 27 min
Cette rotation ne m’avait pas intriguée. Ce primate était tout occupé à casser ces os, à les jeter en l’air pendant que les autres sautaient partout. Beaucoup de violence aussi dans ces premiers pas de la vie sur terre.
Ces plans viennent juste après le lever de soleil somptueux sur les montagnes, après le plan de l’éclipse solaire que Marie Sasseur avait mis en ligne. Il manquait, avant, ces longues minutes où l’écran reste d’un noir profond, angoissant, attente avant le big-bang ? avec la bande sonore de « Ligetti »
Votre document est bien mystérieux, bien étrange. Si tous ces plans ont été prévus par Kubrick et Arthur C. Clarke, ce qui doit être vrai, le film reste un film quasiment muet.
Il y a eu tant d’interprétations sur le sens de ce film… J’aime qu’il reste mystérieux, une grande expérience visuelle, hypnotique, poétique. C’est pour moi une œuvre contemplative…
La scène la plus émouvante, par laquelle mon échange avec JJJ a commencé, reste l’agonie du super ordinateur Hal 9000.
Bonne soirée.

Marie Sasseur dit: 7 avril 2019 à 22 h 42 min

Je me passe de ta bénédiction. On ne peut pas dire que tu es tres bien placé, pour « suivre  » la mesure.

Janssen J-J dit: 7 avril 2019 à 22 h 30 min

Ne dites pas de mal de Ch., vous vous rabaissez. Restez concentrée sur la route du darkweb et ramenez-nous vos pépites, voilà ce qui vous grandit. Le reste, non. On n’arrive jamais à vous admettre longtemps, du fiel qui revient tjs, comme un boumerangue à chachal… Comprends pas une telle masse de haine gratuite, tjs à fleur de peau mouchetée. Pas mélodieux du tout.

Marie Sasseur dit: 7 avril 2019 à 21 h 44 min

Peux-t-on ajouter que des bourriques comme la folle dingo de 19h53, auront fait de tout pour s’approprier une vie de famille qui ne la concerne pas ?!

Marie Sasseur dit: 7 avril 2019 à 21 h 34 min

La folle dingo siffle la fin de la récré. Comme elle étouffe les p’tits anges.
Mais il me semble que son messie n’appreciait pas trop les croque- morts. C’est sans doute pourssa qu’il est parti sans leur laisser d’adresse.

https://youtu.be/eLYyCFuPCX8

Marie Sasseur dit: 7 avril 2019 à 19 h 07 min

A vrai dire on s’en fiche un peu d’la Louise.
Est-ce que je cause de William, un homme des bois, à Whistler, moi ?
Non.

https://youtu.be/6sjgoaS-qIQ

Figure-toi qu’après avoir traversé la France dans sa plus petite dimension, ie, vers l’occident, être tombée sur un commando en service pause déjeuner,
les bulles ont un goût bien sympathique vers la Charente.

Janssen J-J dit: 7 avril 2019 à 18 h 55 min

espère que vous n’étiez pas encore en vadrouille entre Jonzac et Barbezieux, à lire au volant de votre bagnole, par veaux et parchemins… vous auriez pu être victime d’un trou un nid de poule un peu plus sérieux, hein, MS !

Janssen J-J dit: 7 avril 2019 à 15 h 43 min

Oubliez louise, ms, c’est pas à vous que j’ causions. Et pour les poulets de bresse, désolé s’ils vous font des trous et vous poursuivent partout, mais j’y suis pour rin ; faudrait p’tête penser à consulter, fortunately, y a encore des psy en Marguerite 🙂 ouin, farceur

rose dit: 7 avril 2019 à 13 h 53 min

c en référence aux volutes qui composent la tête du violon

La tête du violon : la tête est constituée de la volute et du cheviller. La volute se présente le plus souvent sous forme d’une spirale qui s’enroule, mais les luthiers peuvent la sculpter sous d’autres formes : tête d’oiseau, de personnage ou autre

rose dit: 7 avril 2019 à 13 h 49 min

c difficilement croyable mais vrai pourtant
se nomme la fougère à l’ autruche
à plusieurs petites crosses dans la grande
pousse en Gaspésie, Canada

ne connaissais pas. merci
chez nous, ce sont les oreilles d’âne que l’ on consomme.

Marie Sasseur dit: 7 avril 2019 à 13 h 05 min

C’est bien ma veine. Je m’arrête sur une aire d’autoroute, et je tombe sur un nid de poulets.

Marie Sasseur dit: 7 avril 2019 à 13 h 03 min

« Louise, t’en souviens-tu ? »

Nan, mais la prochaine fois que je passe en Margeride, j’me souviendrai.

christiane dit: 7 avril 2019 à 11 h 20 min

Rose, Janssen J-J et Renato,
que de voyages sur ce mot « involuté ». Je crois qu’il est né, pour moi, de la mémoire d’un geste quand je dessinais les « volutes » intérieures des nautiles où en botanique (qui fut ma grande passion) les innombrables croquis où la tige naît de la tige, ou des fougères se déplient (JJJ), ou en sculpture de ces enroulements de la pierre dont on devine l’origine. Jazzi (au-dessus) nous renvoie aux volutes éphémères de la fumée d’une cigarette…
« Tu n’es qu’un fumeur de gitanes
Je vois tes volutes bleues
Me faire parfois venir les larmes aux yeux… » chantait C.Deneuve à S.Gainsbourg.
https://www.youtube.com/watch?v=AfBclJ85Ang

Janssen J-J dit: 7 avril 2019 à 10 h 27 min

Erreur. C’était au printemps, aux vacances de Pâques 1998, cette inoubliable cueillette des têtes de violons en Gaspésie… Louise, t’en souviens-tu ?

Janssen J-J dit: 7 avril 2019 à 10 h 20 min

@ rose et renato, connaissez-vous les « têtes de violon » involutées que l’on ramasse en Gaspésie, au bon moment, pour en faire des plats savouruex ?
Mon amie Louise B. m’avait initié à la cueillette de ces fougères naissantes un été dans les forêts de Ste Anne, entre Rimouski et Gaspé, et nous en avions consommé de belles quantités… On en trouvait également des congelées chez tous les dépanneurs du coin
https://mag.kanata.fr/gastronomie/produits-quebec/les-tetes-de-violon-jeunes-pousses-de-fougeres-comestibles.html
Hélas, je n’ai jamais retrouvé l’équivalent chez Picard en France, depuis lors. Dommage, nous sommes toujours passés à côté de ce mets délicat. J’espère que vous pourrez le découvrir un jour, si ce n’est pas encore le cas.
Bonne journée.

Janssen J-J dit: 7 avril 2019 à 10 h 06 min

@ « Mon très ardent souvenir à ceux qui me connurent et ma sympathie émue et mon admiration à tous les autres » (MàC).

C’est le plus bel adieu qu’un internaute ait jamais prononcé sur la toile à l’ensemble de ses collègues, ami.es et inconnu.es.
Nous ne vous oublions pas en dépit du temps et des trous de nos mémoires. Jamais.

christiane dit: 7 avril 2019 à 9 h 27 min

Bonjour Rose,
Tout ce silence m’a régénérée. Que des couleurs… Les pigments à l’huile sur la toile puis les rêves. Je me suis réveillée, reposée sur un fragment de rêve, ignorant ce qui avait précédé. J’étais dans une pièce dont les murs étaient couverts de tableaux. C’était chez ma première prof de dessin que j’ai perdue de vue avec le temps. Elle me demandait ce que je pensais des toiles accrochées. Ce n’était pas les siennes que j’aurais reconnues, même dans un rêve. C’était un test mais je me suis réveillée sans savoir ce que je lui aurais répondu. Les merles chantaient. Il faisait jour.
J’ai lu les échanges de la nuit. A quelques uns, vous faites mémoire de MàC, repiquant d’anciens commentaires de la RDL. Je crois qu’il faut laisser le temps recouvrir le temps… MàC n’est plus. Il a été. Il n’a pas laissé indifférent ceux qui l’ont connu, aimé ou l’inverse.

Hier matin, à 10h58, Marie Sasseur a mis en ligne le générique du film « 2001, l’odyssée de l’espace ». Je ne me souvenais pas de la beauté de cette éclipse solaire :
https://youtu.be/5HjTXZPnYso
l’alignement parfait entre la Lune, la Terre et le Soleil et l’introduction de l’œuvre de Richard Strauss : « Ainsi parlait Zarathoustra ».
Me suis demandé quel rapport il y avait avec le poème de Nietzsche. Zarathoustra s’est retiré dix ans dans la montagne, avant de revenir parmi les hommes pour prophétiser l’avenir de l’humanité. Ce mythe a-t-il inspiré et Strauss et Kubrick ? La lutte morale entre le bien et le mal ?
Strauss écrivit qu’il avait « proposé un tableau du développement de la race humaine depuis ses origines […] jusqu’à la conception nietzschéenne du Surhomme ».
Et l’on retrouve, donc, cette ouverture sur le générique du film de Kubrick avec ce lever du jour sur la montagne Au début il fait encore nuit et c’est l’orgue sur une note très longue, puis les trois notes de trompettes : les premiers rayons de soleil sur les cimes précédant l’illumination grandiose des sommets avant l’obscurité (éclipse du soleil). L’orchestre donne toute sa puissance avec les cuivres, l’orgue, les percussions.
« Tout se passe involontairement, comme dans une tempête de liberté, d’absolu, de force, de divinité » déclarait Nietzsche pour évoquer l’écriture de Zarathoustra. La musique de Strauss a le même élan dans cette ouverture qui figure l’aube de l’humanité… Mais si le compositeur et l’écrivain et peut-être Kubrick voient la transition de l’homme de ses origines jusqu’au «surhomme», je descends en route, n’aimant pas cette idée de surhomme.
MàC ne l’aimait pas non plus. Il restait fraternel avec les plus humbles malgré son érudition et celle du foyer de vaste culture dans lequel il avait grandi. Il aimait donner tout aux ados de son collège et à ses enfants, à ses amis. Un rêveur éveillé… Il était comme le voyageur contemplant une mer de nuages, dans ce tableau de de Caspar David Friedrich.
Georges-Arthur Goldschmidt, son père, a traduit de l’allemand Ainsi parlait Zarathoustra, cette œuvre philosophique majeure…
Voilà qui me conduit au billet de Passou qui attend à l’étage d’au-dessus…

renato dit: 7 avril 2019 à 0 h 14 min

Préfoliations : chiffonnées, circinée, convolutée, condupliquée, curvativée, involurtèe, réclinée, supervolutive, rédupliquée.

rose dit: 6 avril 2019 à 23 h 13 min

Retrouvé, marcel 🙂

renato dit: 5 avril 2019 à 16 h 47 min
JJJ, involuté vient de involutus — de involvere : envelopper —, mot employé en botanique — enroulé en dedans… pour une cigarette artisanale…

christiane dit: 5 avril 2019 à 16 h 39 min
Janssen J-J dit: 5 avril 2019 à 16 h 33 min

« la forme involutée » ? pas sûre du tout que ce mot existe, c’est du dessin !

rose dit: 6 avril 2019 à 23 h 06 min

la troisième, en hommage à la mer redressée en pente douce avec 1550 traces de la vie sous les eaux
https://www.youtube.com/watch?v=MNFJOBL5Lp0

je ne sais si c’est le terme précis -involution- employé par vous, renato et christiane, mais j’ai compris l’idée graphique de cette manière, tout à la fois végétale, médiévale et minérale.

bien cordialement à vous deux, avec mes remerciements

rose dit: 6 avril 2019 à 22 h 54 min

christiane

sur les mots de Chx

« creuser l’obscurité… recherche de la lumière »
« l’homme » etc.
si vous avez le temps de regarder (en lie avec valérie xenatti que je découvre)
https://www.youtube.com/watch?v=Kdyv4bLPBMA

etc.
« la pitié est la défaite du coeur

elle ne produit rien, rien du tout »

Marie Sasseur dit: 6 avril 2019 à 22 h 35 min

Razzia chez le disquaire 

Pour 2001, L’odyssée de l’espace, une fois les premiers rushs en main, Stanley Kubrick les illustre avec de la musique classique avant de les présenter à la société de production. Pour choisir les extraits, il demande, une semaine avant la présentation, à Tony Frewin, jeune assistant de 19 ans, d’aller acheter toute la musique classique qu’il trouve en ville, en lui donnant une belle somme d’argent. 

https://www.francemusique.fr/musiques-de-films/comment-la-musique-de-2001-l-odyssee-de-l-espace-est-devenue-mythique-62100

« And there were later, almost uncanny, instances of nature imitating art.
Strangest of all was the saga of Apollo 13 in 1970.
As a good opening, the Command Module, which houses the crew, had been christened Odyssey.
Just before the explosion of the oxygen tank which caused the mission to be aborted, the crew had been playing Richard Strauss’ Zarathustra theme, now universally identified with the movie.
Immediately after the loss of power, Jack Swigert radioed back to Mission Control: « Houston, we’ve had a problem. » The words that Hal used to Frank Poole on a similar occasion were: « Sorry to interrupt the festivities, but we have a problem. »
Arthur C. Clarke in « epilogue: after 2001, 1982

rose dit: 6 avril 2019 à 22 h 30 min

christiane
L’un s’en va, l’autre vient

aux obsèques de mon grand-père aimé, le père de mon père, âgé de 97 ans, l’homélie du curé comportait
 » si le grain ne meurt » d’André Gide et il expliquait comment pour que le blé pousse il fallait auparavant que la graine meure puis germe pour donner l’épi.

rose dit: 6 avril 2019 à 22 h 25 min

Pour le dialogue, cette nuit avec JJJ, sur le film de Kubrick, c’était magique.
christiane
je l’ai lu comme cela, magique. Suis restée en dehors pour ne pas troubler : beaucoup de gratitude envers vous deux pour ce moment à vous lire, comme une danse partagée, je passe les allégories (un moment de fête, une bénédiction, un instant béni des dieux etc. ne voudrai pas irriter les laïques)
vais chercher dans le twitt si je trouve la dite carte

rose dit: 6 avril 2019 à 22 h 22 min

voilà la réponse par Job donnée (sur la condition humaine)

« nu je suis sorti du sein maternel, nu j’y retournerai »

christiane dit: 6 avril 2019 à 22 h 08 min

Bonsoir Rose,
la carte de Clopine est à l’honneur dans les twitt de Passou, colonne de droite en 3e position.
Pour le dialogue, cette nuit avec JJJ, sur le film de Kubrick, c’était magique. Le film revenait tantôt par les scènes, tantôt par les décors ou encore la musique. Et JJJ a vécu la projection avec des élèves surpris, attentifs. J’aime bien votre interprétation. Bouguereau était déçu que pour moi ce fœtus était un petit humain en devenir, loin des anges et des super-héros de BD mais qu’y a-t-il de plus étonnant, de plus imprévisible qu’un être humain qui vient au monde. Il peut devenir si important pour ses proches, pour les autres. Devenir… Il a un chemin à parcourir dont nul ne connaît la longueur et c’est cela qui est beau. Oui, la mort et la naissance sont proches mais pas forcément en lien l’une et l’autre. L’un s’en va, l’autre vient. Et si on multiplie ce double évènement par toutes les naissances et les morts, cela fait un rythme de marée.
Moi aussi j’aime vous lire, souvent le matin car vous veillez la nuit comme les chouettes. Ici, beauté et laideur alternent, joie et tristesse, guerre et paix. Brusquement et d’une façon imprévue, j’en ai voulu à Ch. de gâcher la joie de Clopine. Il aurait pu verser sa colère sur tant de choses et d’êtres qui chardonnent (comme chardon piquant) la terre. Enfin bon… après c’était incompréhensible. Un jeu malsain de boue qui salit.
Allons, je retourne au silence du soir, nécessaire après toutes ces interventions. Les mots ça pèse lourd. Bonne soirée.
Je lirai le nouveau billet de Passou demain.

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