de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Dubois, qualité française

Dubois, qualité française

La qualité française, on voit bien que cela a pu être au cinéma depuis l’après-guerre. Il y eut les films de François Truffaut, puis ceux de Claude Sautet, les uns et les autres frappés de ce label, noble ou indigne selon les points de vue et surtout le ton avec lequel il est prononcé. L’expression est née d’ailleurs à la suite d’un article retentissant de Truffaut en 1954 dans les Cahiers du cinéma « Une certaine tendance du cinéma français » dans lequel il dézinguait Autant-Lara, Delannoy, Clément, Carné, Clouzot, Clair, Duvivier et surtout les scénaristes-dialoguistes au service de leur prétendu « académisme » Aurenche & Bost (ça les a tués professionnellement pendant de nombreuses années, jusqu’à ce que Tavernier les réhabilite). Au cinéma, on connaît et avec le recul, on se réjouit que cette qualité française ait existé. Ce pourrait être un label «  »NF » » (norme française) comme on en trouve sur les bons-produits-de-chez-nous. Mais en littérature ?

Chacun pourra y mettre qui bon lui semble (Modiano, Quignard, Michon ?…) comme des équivalents en qualité aux Renoir and co. Mais face à Sautet, s’il y en a un qui m’a toujours paru s’inscrire naturellement, c’est bien Jean-Paul Dubois. Non que l’univers de l’un (la bourgeoisie parisienne des années 70 dans ses bistrots, ses restaurants, ses dîners, ses maisons de campagne, ses villégiatures mais aussi ses échecs et ses désillusions) se reflète dans celui de l’autre. C’est juste que le tempo de Jean-Paul Dubois, sa voix, son rythme, correspond à l’idée que l’on peut se faire de romans bien français dans la meilleure acception de l’expression. Question de facture, de tournure, d’esprit, de musicalité plus que de clarté (ah, la fameuse clarté française héritée de Descartes…). Il y a chez lui une douceur, un rapport au temps (du genre à évaluer la vitesse d’une goutte de pluie), une tendresse pour ses personnages, qui font sa signature et laissent des traces chez le lecteur.

Dans Une vie française (2005) (« française », justement), le photographe arboricole Paul Blick semblait appartenir à la rare cohorte des personnages de roman destinés à rester gravés dans le disque dur de notre mémoire. Une histoire personnelle rythmée par les mandats des présidents de la Vème de De Gaulle à Chirac. Il est doté d’une vraie légèreté. On est heureux de l’avoir lu mais une fois refermé, il n’en reste rien, si ce n’est le souvenir d’un instant délicieux. Un humour exquis, qui rend plus soudaine et inattendue la fin si grave.riboud

Pour arriver d’un coup en série, les drames ne relèvent pas pour autant de la série noire. Parce que le récit, le personnage et l’auteur lui-même ont trop de charme pour assombrir. Trop nonchalant pour être vraiment désespéré, trop indolent pour succomber à la tristesse. Avec ce qu’il faut de mélancolie, et une touche de nostalgie, c’est cela qui reste au fond, un charme indéfinissable, et c’est déjà beaucoup, même s’il triomphe au détriment de la profondeur. On comprend que Rabbit en paix (1993) de John Updike soit l’un des romans étrangers qui ait le plus marqué Jean-Paul Dubois.

Les impressions provoquées il y a une dizaine d’années par la lecture d’Une vie française, puis par le Cas Snejder, sont du même ordre que celles suscitées ces jours-ci par son nouveau roman La Succession (240 pages, 19 euros, éditions de l’Olivier). Charme… légèreté… mélancolie… humour… Et le goût d’une certaine Amérique. On y suit un homme du nom de Paul Katrakilis, dans sa folle tentative de se débarrasser d’une malédiction familiale. Quelque chose de l’ordre d’une fatalité génétique : la volonté d’en finir. Entendez : une longue chaîne de suicides.

« Il ne faut jamais se tromper de vie. Il n’existe pas de marche arrière » aimait à lui répéter son père.

Il aime la vie pourtant. Surtout la vie d’avant semble-t-il. Du genre à écouter ronronner des voitures de collection, la Triumph notamment. On en connaît qui murmurent à l’oreille des chevaux ; lui est plutôt du genre à s’entretenir avec sa tondeuse à gazon (une Briggs & Stratton, tout de même, les connaisseurs apprécieront). Il a une âme de bricoleur. C’est dire que ce Paul ressemble à Jean-Paul. Un homme libre depuis qu’il a su se rendre propriétaire du temps, du moins le sien. Aussi décalés l’un que l’autre.

Il est vrai que la famille en question est si perturbée qu’elle en est perturbante. La famille, ce qu’on ne choisit pas. Ici, ce qu’on subit. Des grands dépressifs mais dépourvus de sens du tragique. On ne s’ennuie pas avec eux. Tous plus ou moins médecins de grand-père en petit-fils. Le grand-père débarqué de Russie a même réussi à ramener une lamelle du cerveau de Staline dans ses bagages. Sauf que notre héros, lui, quoique diplômé de médecine pour ne pas faire mentir l’atavisme, un rien immature, a la sagesse de se tirer de Toulouse après avoir appris le métier de pelotari au pays basque. Car c’est aussi un métier. Il a décidé de vivre de sa passion de la cesta punta en s’inscrivant dans le circuit des pros au World Jai-Alai de Miami qui cognent sur le fronton, et escaladent les murs pour rattraper une balle, pour un salaire tandis qu’autour d’eux des Américains déchainés lancent des paris insensés sur les performances et l’issue des parties.

ribC’est spectaculaire à souhait. Parfois violent mais dès qu’il en sort c’est pour flotter délicieusement dans le territoire de l’éphémère. Quelque chose en lui de Bartleby. Quand il ne joue pas, préfèrerait ne pas. Les quinielas sont rapides, brèves, intenses. La balle défonce parfois la chistera à 300 kms/h. Le public est très business/business, bigarré, poisseux, hurleur, véreux, on ne lui achèterait pas une voiture d’occasion, mais qu’importe. Vivre pour jouer et jouer pour vivre, il en rêvait sauf que lui, c’est vraiment le goût du sport pour le sport, l’art pour l’art. A ce niveau-là, la passion pour un sport devient un mode de vie, ce que Dubois rend remarquablement, sans forcer la note. Il y a en lui quelque chose d’une force intranquille.

A la faveur d’une grève pour obtenir une amélioration de leurs conditions de travail, il perd tout. Retour à Toulouse, case départ, un rien désenchanté ; il pourra toujours y faire de la voile et barrer son bateau tout en suçant des Fisherman’s Friend. D’autant que son père n’est plus. Il a sauté du troisième étage, mais pas comme n’importe qui : mâchoire scotchée (surtout éviter la tentation de crier) et lunettes solidement fixées (surtout ne pas rater le spectacle de sa propre mort). Il faut liquider la succession, reprendre le cabinet, ce qui ne se fait pas d’une main d’osier fut-elle douée. Dans la maison du défunt, ça sent encore la mort. Dramatique mais jamais morbide.

C’est que l’auteur a de la tenue en toutes circonstances, dans la vie comme dans son écriture l’une n’allant pas sans l’autre ; quelle que soit la circonstance, outre son goût de l’absurde bien tempéré, il y met la touche d’humanité qui change tout. Cette fois, il fait plus sombre à l’intérieur de lui que dans ses autres romans. Un rien de gravité probablement. Il est vrai que la succession n’est pas qu’une question d’héritages en toutes choses mais aussi de répétitions. Tout revient de retours en retours. Mais comment éviter la malédiction familiale qui finit par le rattraper malgré tout ?

(Les photos sont de Marc Riboud/ Droits réservés. Elles sont sans rapport direct avec le thème du billet, encore que… C’est juste une manière de saluer ce grand photographe qui nous a quittés aujourd’hui à 93 ans).

Cette entrée a été publiée dans Littérature de langue française.

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1 793 Réponses pour Dubois, qualité française

bérénice dit: 7 septembre 2016 à 19 h 42 min

Passou est un lâche qui nous laisse à ce happening dégénératif et se tamponne de la déshérence à laquelle il nous force, est-il en vacances sans livres, trop occupé pour changer d’auteur, en grève pour un motif secret?

bérénice dit: 7 septembre 2016 à 19 h 38 min

Sinin je vois que Jean s’est offert un Decaux et que tout le monde est en pleine pulsion scripteuse et imaginative, nous allons faire face au raz de marée littéraire avec magnanimité et la plus grande disponibilité, espace cérébral formaté, chargez les tuyaux!

bérénice dit: 7 septembre 2016 à 19 h 33 min

Je parle pas de rentrer en force au gode-ceinture, je précise.

D, la rentrée sexuelle n’a pas encore été officialisée. On n’en parle PAS.

la vie dans les bois dit: 7 septembre 2016 à 18 h 53 min

en réponse à Jibé dit: 7 septembre 2016 à 14 h 59 min

cher Barozzi, les habitués du blog savent que votre « splendide » insulte est à mettre sur le compte d’une intoxication.
Mais , faire pousser du kif dans les cimetières, n’est pas une idée originale. So pour vos goûts de l’herbe, faudra herboriser différemment.
http://www.gentside.com/fum%e9e/ils-cultivaient-du-cannabis-dans-un-cimetiere_art721.html

J’ai écrit, vous concernant : p.u.tes. Pas prostituées, qui comme chacun sait, eurent droit, avec les publicains, à une reconnaissance biblique.

Et puis at last, but not least, je suis cliente de la librairie, ne reçois pas mes livres en service de presse. Donc je choisis qui je lis. Et je continuerai de ne pas vous lire, Barozzi. Je pense que même à un niveau intellectuel- et pas que- aussi bas que le vôtre, vous pouvez comprendre cela.

Miss Tigris dit: 7 septembre 2016 à 18 h 17 min

ah une question de copine à copine, cri-cri : vous qui le connaissez si bien, il est gros ou pas gros le JC, moi je penche pour gros, non ?

Janssen J-J dit: 7 septembre 2016 à 18 h 02 min

@17.18 dis plutôt qu’on a jamais houblié de leur cracher à la gueule et de les traiter d’assassins pour s’en laver les mains

Ah vous revoilà, bouguereau ? Super ! Reprenons le fil : de qui parlez-vous au juste ? des philosophes occidentaux en général ? des chinois en particulier ? ou des philosophes chinois aux prises avec la bureaucratie céleste en catimini ? Je peine à vous suivre, j’y arrive pourtant bien d’habitude.

bouguereau dit: 7 septembre 2016 à 17 h 36 min

tiens baroz le cimetière de dorothenchtate..en voilà un qu’les franzosiche pourrait en prende de la graine pour relooker les leurs bien minabe

bouguereau dit: 7 septembre 2016 à 17 h 23 min

t’as filé la pièce à une pauve vieille ou une mineure sans papière pour haller tchercher les mures par 35°

berguenzinc dit: 7 septembre 2016 à 17 h 22 min

Assouline a bien mangé chez Drouant, il fait son petit dodo réparateur. 1800 pets pur un seul cul, du jamais vu…normalement , on change de train vers les mille. Mais là, on est bloqués sur la 11 , à « Goncourt ». Faut remeonter et prendre l’autobus. Le 46 ou le 75

bouguereau dit: 7 septembre 2016 à 17 h 18 min

@ »Pour penser l’Etat, il a fallu des philosophes »…
J’ai toujours éprouvé que leur aide avait été largement surestimée sur le sujet.

..vas dire ça à un chinois
dis plutôt qu’on a jamais houblié de leur cracher à la gueule et de les traiter d’assassins pour s’en laver les mains

Raymond Quedeau dit: 7 septembre 2016 à 17 h 17 min

« On ne sait plus quoi faire. Les peuples baissent les bras, ne croient plus en rien. Il n’y a plus d’étoile sur la mer pour nous guider. »

bouguereau dit: 7 septembre 2016 à 17 h 08 min

(Lire à ce propos Schopenhauer ou Kierkegaard sur Hegel et autres mégalomanes de la même espèce)

la philosophie c’est pas un combat de ptigros dans un tonneau

bouguereau dit: 7 septembre 2016 à 17 h 05 min

Sur ce, je vais me remplir un seau de mûres

vas y au pti matin..au lieu dfaire des pancake avec la rota et dmoquer les rèdenèques

la vie en cause dit: 7 septembre 2016 à 16 h 44 min

la numérotation des pages est une invention géniale, faudrait faire une oeuvre conceptuelle avec tout plein partout et tellement de quoi en jeter

Paul Edel dit: 7 septembre 2016 à 16 h 15 min

Janssen J-J
La fin du roman de Mauvigner « continuer » ? quel pathos.. avec le coma et l’hopital.. on dirait un mauvais telefilm.. quel roman pesant avec ses grosses ficelles mélo..

Delaporte dit: 7 septembre 2016 à 16 h 03 min

L’essai de Ian Kershaw, « L’Europe en enfer », doit être relativement intéressant, malgré une critique positive dans le Figaro.

Janssen J-J dit: 7 septembre 2016 à 15 h 57 min

@15.43, donc vous lisez vraiment les livres de la rentrée, vous ? Ben dites-donc : vous êtes le 2e de ce blog ! Incroyab’ ! Ne laissez pas tomber Mauvignier, vous allez voir à la fin, ça valait vraiment le coup, hein.

Delaporte dit: 7 septembre 2016 à 15 h 44 min

Hier j’ai écrit un commentaire peu aimable envers Attali, et je n’ai eu aucune difficulté avec la modération.

Regia dit: 7 septembre 2016 à 15 h 43 min

suis à la moitié de « Continuer ». ça me tombe des mains alors que j’estime être bon lecteur; comme un déf around midnight…s’ils sont contents ne les détrompons pas.
Et maintenant, la liste Renaudot : ON NE RIT PAS !!! (pochette surprise avec cotillons garnis)

Delaporte dit: 7 septembre 2016 à 15 h 40 min

« mais rien de plus stupide chez lui que ses attaques contre Wagner »

Ces attaques faisaient suite à une brouille, due à une révélation philosophique de Nietzsche. Cette position qui peut sembler légère était en fait très profonde. On la partage ou non, peu importe.

Chaloux dit: 7 septembre 2016 à 15 h 32 min

C’est très injuste : pourquoi peut-on écrire par exemple, Alba est une vieille saucisse qui trempe dans une vieille purée qui n’est certainement pas toute à lui.

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 15 h 29 min

« Je viens d’avoir la confirmation que je suis censuré systématiquement quand je parle d’Attal » (Pablo)

Apparemment le nom ne pose pas problème, c’est du côté des qualificatifs qu’il faut peut-être chercher ?

Chaloux dit: 7 septembre 2016 à 15 h 26 min

Pierre Assouline pourrait peut-être nous éclairer sur les problèmes que rencontre Pablo au sujet d’Attali.

Pablo écrit plutôt : »l’homme le plus intelligent de France », le conseiller particulier de François Mitterrand », tu n’as que l’embarras du choix.

berguenzinc dit: 7 septembre 2016 à 15 h 19 min

Pablo, écrivez donc A.ttali ou Arhalie ou encore Châteaubriand ou encore béarnaise….les modés so,t des imbéciles.

Lu une interview de Ian Kershaw sur les similitudes frapap,tes entre la période 1919-1939 et la nôtre.
Lu aussi une inteview de Salman Rushdie pas piquée des hannetons !
Le tout, tenez-vous bien dans l’Obs , que j’ai lu aux chiottes, par le fenestron desquels je vois la Margeride et en particulier le Montchauvet (1435m).

Entendu dire par le grand Mufti de la mecque, que les Iraniens étaient des apostats, adorant un mage, Zarathoustra…..Ffédo, reviens, ils sont dingues. Sur ce, je vais me remplir un seau de mûres et de framboises que je mangerai avec de la crème bien grasse et du sucre bien diabéteux.

Janssen J-J dit: 7 septembre 2016 à 15 h 14 min

@Il ne reste qu’une chose à faire: déguerpir.
Non non restez avec vous, ce n’est qu’un horrible malentendu. Votre apport à ce blog est une richesse méridionale de gauche inestimable, et votre genre n’est pas si courant. Croyez-moi, wgg et jaka-talli n’ont pas tant de pouvoirs que ça.

Janssen J-J dit: 7 septembre 2016 à 15 h 11 min

Je viens d’apprendre un nouveau mot : la sermocination (qui ferait partie de la prosopopée). Je regrette tous les jours de n’avoir pas fait mes lettres classiques ar je ne me sens pas toujours à la hauteur ici, mais baste, je mince truie tous les jours quand même. Et ce soir, je vais sans doute manger des pâtes fraiches. Que demande le peuple, au juste ?

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 15 h 08 min

« Non, une chose est la pensée et les penseurs qui donnent leur avis sur le monde et une autre la philosophie et les philosophes qui croient nous expliquer le monde avec des mots »

Distinction hasardeuse, Pablo ! Tu joues avec les mots. Penseurs ou philosophes, Socrate, Platon, Aristote, Plutarque, Plotin, Montaigne, Pascal, Kant ou encore Bergson, entre divers autres ?

Pablo75 dit: 7 septembre 2016 à 15 h 08 min

Je viens d’avoir la confirmation que je suis censuré systématiquement quand je parle d’Attali (grâce probablement à Widergänger). Même en changeant de pseudo et de mail, mes messages vont directement à la modération.

Et moi qui croyait que ce blog était l’un des derniers endroits libres de ce pays !

Il ne reste qu’une chose à faire: déguerpir.

Janssen J-J dit: 7 septembre 2016 à 15 h 06 min

D’après LIVRES Hebdo Que lire ?… un opuscule qui traîne à l’entrée de toutes les librairies, où la communauté épistémique de la RDL a l’air de puiser comme dans un puits sans fond pour « faire accroire », je note qu’une Jérôme Chantreau a écrit un premier roman qui célèbre quelqu’un : « avant que naisse la forêt » (p. 26); chronique intitulée ‘l’esprit des bois’. Elle pourrait nous en faire un bon compte rendu en allant à la pêche au fin fond de la toile pour donner le change, les jeauffritudes (p. 18) et les duboiseries (p. 22) étant apparemment taries. ‘Ecrire me procure de la joie de vivre’, dit-il en une, n’est-ce pas merveilleux, wgg ?

Bloom dit: 7 septembre 2016 à 15 h 05 min

Il y a ceux/celles qui vendent leur âme & pas leur corps, Baroz, infiniment plus détestables que ceux/celles qui vendent leur corps mais pas leur âme.
Lire la fleur (du Mal) du Capital (de Marx) pour défense et illustration.

la vie dans les bois dit: 7 septembre 2016 à 14 h 55 min

« Pouir sortir tant d’âneries qui plus est. »

Je répète ce livre de Jean-paul Dubois est autre chose qu’une histoire de médecin « un rien immature », comme le présente son lointain cousin de famille qui fait la chronique.

Bloom dit: 7 septembre 2016 à 14 h 55 min

Les peuples baissent les bras, ne croient plus en rien.

Vision européo-, ou plutôt franco-centrée, ML.en Inde, en Chine, au Japon, on continue à croire très fort en tout. Même aux States, il y en a des qui croivent à Trump, cad à n’importe quoi, n’importe qui…

Pablo75 dit: 7 septembre 2016 à 14 h 55 min

@ Widergänger

« Lisez plutôt l’essai d’un certain J. Attali sur Maïmonide, si vous voulez comprendre de quoi ça cause, mes pauvres petits chéris… »

Attali l’économiste, le haut fonctionnaire, le Conseiller d’État, le banquier, le pdg de plusieurs entreprises, l’administrateur d’un broker français et d’une société de biotechnologie, l’essayiste, le biographe, le dramaturge, le romancier, l’écrivain pour enfants, le mémorialiste, l’auteur de rapports, le blogueur, l’éditorialiste à L’Express, le président du conseil de surveillance de Slate, l’acteur, le pianiste, l’auteur de chansons, le directeur d’orchestre et metteur en scène d’opéras?

Janssen J-J dit: 7 septembre 2016 à 14 h 53 min

Il attend les 2000 commentaires pour que tout le monde meure asphyxié, c’est clair. La fumée tevernicole me dérange un peu, c’est humain. Je suggère de passer à Mauvigner : non, il n’est pas ennuyeux du tout. Quelle idée. « Continuer » est un très bon roman, Sybille a bien du mérite avec Samuel. Et puis, la si la fraîcheur des montagnes kirghizes n’a pas l’intensité dépeinte par des voyageurs de la trempe des E. Newby, S. Tesson ou B. Ollivier, soit, mais Mauvignier reste un très bon romancier. Il lui reste quelques « fans » qui ont bien du plaisir à le retrouver régulièrement.

Widergänger dit: 7 septembre 2016 à 14 h 48 min

Quelqu’un a dit : Que d’eau ! Que d’eau !

On pourrait dire pareillement : Que de commentaires ! Que de commentaires !

Pouir sortir tant d’âneries qui plus est.

Widergänger dit: 7 septembre 2016 à 14 h 46 min

Lisez plutôt l’essai d’un certain J. Attali sur Maïmonide, si vous voulez comprendre de quoi ça cause, mes pauvres petits chéris…

Pablo75 dit: 7 septembre 2016 à 14 h 42 min

@ Jibé

« Mais la philosophie, n’est-ce pas l’histoire de la pensée humaine, Pablo ? »

Non, une chose est la pensée et les penseurs qui donnent leur avis sur le monde et une autre la philosophie et les philosophes qui croient nous expliquer le monde avec des mots, qui nous parlent de cxnneries ontologiques ridicules tout en nous disant qu’on ne peut philosopher qu’en grec ou en allemand et confondant Hitler avec le Messie…

(Lire à ce propos Schopenhauer ou Kierkegaard sur Hegel et autres mégalomanes de la même espèce).

Korb dit: 7 septembre 2016 à 14 h 40 min

Ouille ouille ! Les listes.Va falloir encore trier entre les eternels premiers de la classe casse-pompons dressés d’année en année par Irène Lindon pour performer dans le style « grande caution Goncourt » et les « outsiders  » pensés d’avance.Le Faye, chanteur et noir, peut faire un bon candidat.Lu plusieurs en lice,et ça ne m’a pas donné envie de Continuer.Vivement que Passouline mette de la fraîcheur là-bas, ça sent le rassis.

Janssen J-J dit: 7 septembre 2016 à 14 h 40 min

la thénardier et ses javert à la bave, c’est toujours dans le même roman, non ? Pas de hasard chez les bla/o/gueuses.

Widergänger dit: 7 septembre 2016 à 14 h 39 min

Dieu est mort et l’Homme est dévasté, s’effaçant à l’horizon comme « un rêve de sable », écrit Michel Foucault, non sans talent, à la fin des Mots et les choses. Telle est la situation métaphysique où se trouve présentement l’humanité. Et c’est à partir de là qu’il faut vivre, penser et agir. Pas facile, vous avouerez !

Comment faire dans ces conditions ? Que faire ? Grande question depuis Marx, reprise par Lénine : Что делать? La Révolution ? On a vu tous les malheurs qu’elle engendre. L’étatisation des biens de production ? S’en est suivi l’Archipel du Goulag. Les réformes du capitalisme financier ? On voit chaque jour l’impuissance des peuples et de leurs représentants à imposer quoi que ce soit aux grands magnats de la finance mondiale qui sont en train de ravager la planète et détruire chez les peuples le vivre-ensemble et les fondements mêmes de la démocratie, accumulant, concentrant toujours davantage de richesses, de pouvoir et de crimes organisés par une mafia aux dimensions mondiales aux mains d’une poignée de possédants comme jamais encore dans l’histoire de l’humanité.

On ne sait plus quoi faire. Les peuples baissent les bras, ne croient plus en rien. Il n’y a plus d’étoile sur la mer pour nous guider. Nous sommes égarés. Et il n’y a même plus de guide possible des égarés, comme c’était encore possible du temps du grand Maïmonide.

Il ne nous reste que la prière comme celle du Roi Salomon dans l’Éclésiaste :

Buée de buée a dit le Sage buée de buée tout est buée.
On n’a pas souvenir des premiers hommes
Et non plus ceux d’après qui viendront
on n’en aura pas souvenir chez ceux qui viendront après.
J’ai vu toutes les œuvres qui se sont faites sous le soleil
Et tenez tout est buée et pâture de vent.

(Traduction de Henri Meschonnic)

la vie dans les bois dit: 7 septembre 2016 à 14 h 35 min

Ne laissez pas accroire Barozzi, que vous êtes une de ces p.u.tes, qui sous prétexte qu’on refuse de monter,-ici dans votre sida mental- crient au viol. Ce serait mauvais pour votre chiffre d’affaire.

Janssen J-J dit: 7 septembre 2016 à 14 h 34 min

@ »Pour penser l’Etat, il a fallu des philosophes »…
J’ai toujours éprouvé que leur aide avait été largement surestimée sur le sujet. Des sociologues non philosophes se sont montrés beaucoup plus profonds et précis, mais les connait-on assez au pays de la b… philosophique franchie ? Max Weber ? Charles Tilly ? Pierre Birnbaum ?… J’en passe et des meilleurs.

la vie dans les bois dit: 7 septembre 2016 à 14 h 31 min

Barozzi, faites gaffe quand même de ne pas devenir trop naze dans vos interpellations webesques.

Vous vous cherchez un bourreau ?
Pauvre larve !

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 14 h 30 min

Je n’en doute pas, Berzinc. Mais pour la défense des concierges du temps de l’Occupation, il faut se souvenir que beaucoup d’entre elles étaient mariées à des sergents de ville. A l’époque, il y avait une bonne synergie du renseignement. Ce serait peut-être utile aujourd’hui ? Pour le meilleur et pour le pire. Grâce à elles, informées par leur mari de la future rafle du vel’ d’hiv’, près de la moitié des Juifs, alertés par leurs soins, ont pu s’enfuir à temps. A t-on pensé à inscrire ces femmes et ces hommes sur le mur des Justes ? Avec LVDLB à la loge, bérénice et moi, tout goy que je sois, nous n’aurions pas manqué de faire le voyage pour Drancy…

JC..... dit: 7 septembre 2016 à 14 h 27 min

« Regardez ici, parmi tous ces commentateurs éduqués, combien sont prêts à assassiner leurs voisins, au nom de la raison ! » (JiBé)

Exact ! Les voisins ! et même plus ! si je m’écoutais je raserais la moitié de l’Ile de France de cette racaille sarkozyenne qui gâchent le paysage !

Elle est là, la véritable écologie.

la vie dans les bois dit: 7 septembre 2016 à 14 h 26 min

Ce petit aparté sur Maïmonide et Jean d’Ormesson, fait très vite s’interroger sur le fondement même de cette pensée de Maïmonide.

Cette introduction aux travaux des penseurs juifs Maïmonides et Spinoza, date de la fin du XIXème siècle.
Elle vaut pour sa délicieuse exactitude surannée.
https://fr.wikisource.org/wiki/La_Philosophie_des_Juifs_%E2%80%93_Ma%C3%AFmonide_et_Spinoza

Lu d’autres choses tout aussi intéressantes, mais plus le temps.

Jean dit: 7 septembre 2016 à 14 h 23 min

Un certain Maïmonide recherche dans Paris pour lui dire 2 mots un certain Jean d’Ormesson qui compte publier « Guide des égarés »

L’autre jour, mon libraire est parvenu à me convaincre de faire l’emplette d’un essai récemment paru chez Gallimard, Lumières du Moyen-Âge / Maïmonide philosophe. J’ai un peu oublié ses arguments mais le titre de l’ouvrage m’avait séduit. Ce n’est pas que j’ignorais complètement que le Moyen-Âge eût connu ses lumières qui, même si elles étaient fort différentes des Lumières du XVIIIe siècle, n’en furent pas moins admirables ; j’ai lu Duby, Le Goff et quelques autres. Cependant, il s’agissait d’un Moyen-Âge que je connaissais fort mal : celui du monde arabo-musulman et de quelques uns de ses penseurs, Al-Fârâbî notamment (872-950) , commentateur de Platon et d’Aristote. Mais le livre est principalement consacré à une autre figure, non moins prestigieuse, Juif celui-là, grand rabbin de la communauté juive d’Egypte, Maïmonide, qui vécut plus de deux siècles plus tard (1138-1204), et qui fut influencé par la pensée d’Al-Fârâbî. Maïmonide naquit à Cordoue et mourut au Caire ; cela nous rappelle qu’au Moyen-Âge, le monde arabo-musulman fut (en y mettant les nuances nécessaires) beaucoup plus tolérant que les pays chrétiens à l’égard des Juifs. Il ne l’est plus guère aujourd’hui, depuis l’implantation en terre musulmane de l’Etat d’Israël.

J’avoue qu’avant d’ouvrir l’essai que lui consacre Pierre Bourest, Maïmonide n’était guère pour moi qu’un nom. Mais il n’est jamais trop tard pour s’instruire : j’ai fait mienne la devise de Jean-Jacques : je deviens vieux en apprenant toujours.

L’ouvrage de Bourest n’est pas une biographie de Maïmonide et envisage, semble-t-il ( je ne l’ai pas encore lu en entier), surtout un de ses livres, dont il traduit le titre par Le Guide des perplexes ( Le Guide des égarés semble la traduction plus usuelle ; la nuance n’est pas petite ). Le peu que je sais de cet ouvrage me le fait considérer comme la tentative d’un théologien un peu plus retors que les autres pour réconcilier avec les exigences de la raison le bazar mythologique de la Torah et du Talmud, considéré a priori comme vrai. Nous voilà loin, me semble-t-il, d’une authentique entreprise philosophique, et à des années-lumière d’un Platon, d’un Aristote ou d’un Spinoza. Si lumières il y a, leur éclat ne me paraît pas dépasser celui d’une chandelle fumeuse. Tel n’est pas, semble-t-il, le point de vue de l’essayiste, qui tente plutôt de montrer que Maïmonide, surtout connu en effet comme un théologien, n’en fut pas moins aussi un philosophe, confronté à un problème qui fut celui de son temps : celui des rapports entre raison et loi religieuse au sein d’une société théocratique. Tel serait, selon Pierre Bourest, le mérite de Maïmonide (et, avant lui, celui d’Al-Fârâbî, mais aussi celui d’Avicenne et d’Averroès, sans doute le plus audacieux et le plus moderne de tous) : celui d’avoir tenté de penser loyalement ce problème, en faisant droit aux exigences de la raison, et c’est ce mérite qui vaudrait qu’on le considère comme un authentique philosophe. Certains exégètes du Guide des perplexes, auraient même repéré, dans cet ouvrage non exempt d’ésotérisme, des symptômes d’athéisme, à tout le moins d’agnosticisme.

C’est ainsi que s’esquisse pour moi, jusqu’à plus ample information (c’est-à-dire jusqu’à ce que j’aie fini de le lire), l’axe principal de la recherche de Pierre Bourest. Quant à moi, cependant, je regrette qu’il n’ait pas assorti le sous-titre de son ouvrage — « Maïmonide philosophe » — d’un point d’interrogation éminemment… philosophique. Tout historien de la philosophie, comme tout philosophe, devrait observer une élémentaire prudence.

Poursuivant ma lecture de cet ouvrage passablement difficile (du moins pour moi), je me dis que, pour être effectivement en mesure d’évaluer la pertinence des analyses de Bourest, il faudrait au moins avoir lu attentivement les deux ouvrages de Maïmonide auxquels il se réfère le plus souvent, le Mishneh Torah et le Guide des perplexes, et posséder, au surplus, en amont, une solide connaissance de la Torah et du Talmud, ce qui fait beaucoup, surtout pour quelqu’un qui, comme moi, est à peu près complètement étranger à cet univers spirituel. Autrement, on risque de s’y perdre un peu et de mal saisir les enjeux et leur exacte portée. Au demeurant, l’entreprise de Bourest s’éclaire mieux, ce me semble, si on commence à la lire … par la fin, en prenant connaissance de ses conclusions, intitulées par lui Envoi.

Et justement, comme, avant d’ouvrir ce livre, je ne savais à peu près rien de l’oeuvre et des préoccupations intellectuelles de Maïmonide (d’une manière générale d’ailleurs, tout ce que je sais, c’est que je ne sais à peu près rien), j’ai consulté la notice de l’encyclopédie en ligne Wikipedia et, au chapitre (relativement succinct) le Philosophe, j’ai eu la surprise de lire, sous la plume de l’éminent théologien, les lignes suivantes :

 » Tous les hommes qui n’ont aucune croyance religieuse ni spéculative ni traditionnelle, comme les derniers des Turcs à l’extrême nord, les nègres à l’extrême sud et ceux qui leur ressemblent dans nos climats, ceux-là sont à considérer comme des animaux irraisonnables ; je ne les place point au rang des hommes, car ils occupent parmi les êtres un rang inférieur à celui de l’homme et supérieur à celui du singe, puisqu’ils ont la figure et les linéaments de l’homme et un discernement au-dessus de celui du singe.  »

Sans en avoir la preuve, j’imagine que cette traduction est exacte. Si c’est le cas, ce texte, pour le moins gênant, fait, selon moi, du prestigieux grand rabbin du Caire un des inventeurs du racisme.

Passons sur l’affirmation pour le moins hasardeuse que « les derniers des Turcs à l’extrême nord » et « les nègres à l’extrême sud » n’ont « aucune croyance religieuse ni spéculative ni traditionnelle ». Elle procède sans doute de la conviction que les croyances païennes ne sont pas d’authentiques croyances religieuses et que seules doivent être considérées comme telles les croyances monothéistes, en l’occurrence les trois religions du Livre, judaïsme, christianisme et islam. L’insupportable vient ensuite. Sans états d’âme, Maïmonide exclut en effet de l’humanité tous ceux qui n’ont aucune croyance religieuse — non seulement les païens, mais aussi les agnostiques et les athées, qu’il vise peut-être d’ailleurs au premier chef. Ceux-là ne sont que « des animaux irraisonnables ». Mais Maïmonide précise ensuite sa pensée en assignant aux incroyants une place intermédiaire entre les hommes et les animaux : il est en effet tout de même bien obligé de reconnaître qu’ « ils ont la figure et les linéaments de l’homme et un discernement au-dessus de celui du singe « .

On sait quel nom, dans l’Allemagne des années trente, certains donneront à cette espèce intermédiaire : celui d’ untermenschen (sous-hommes) . Au-dessous des humains jouissant de leur pleine humanité, au-dessus des animaux, les incroyants ne sont pas autre chose que des sous-hommes. En scindant les humains entre humains authentiques et sous-humains, Maïmonide invente le discours raciste.

La faiblesse d’un tel discours saute aux yeux : on se demande notamment quelle peut bien être, dans un tel schéma, la place réservée aux convertis ; peut-être, par on ne sait quel miracle, de sous-humains qu’ils étaient, se trouvent-ils … convertis en humains à part entière . On peut surtout, sans autre forme de procès, le retourner contre celui qui le tient et affirmer que tous ceux qui ont une croyance religieuse spéculative et traditionnelle sont des animaux irraisonnables. De fait, quelques siècles plus tard, le discours sera retourné contre les coreligionnaires de Maïmonide. Le Juif Maïmonide est l’inventeur de la catégorie de sous-homme dans laquelle les nazis inscriront les Juifs.

Une société théocratique monothéiste telle que celle dans laquelle vivait Maïmonide et dont il était, au moins au sein de sa communauté, un des plus éminents représentants est une société totalitaire, ou tend du moins fortement à l’être. A cet égard, les nazis n’ont innové qu’en inventant un totalitarisme païen. Le trait distinctif du totalitarisme , quelle que soit l’idéologie dont il se réclame, est la violence extrême dont il use pour rejeter et éliminer ceux qui ne se plient pas à ses lois ou qu’il estime inaptes à s’y plier.

Même s’ils ont pratiqué l’esclavage, ni les Grecs ni les Romains (ni, à ma connaissance, les Egyptiens) n’ont jamais songé à exclure de l’humanité les Barbares auxquels ils étaient confrontés et qu’ils soumirent ; c’est ce qui facilita d’ailleurs leur assimilation. Aucun penseur de l’antiquité païenne n’a jamais songé à théoriser le concept de sous-humanité.  » Cette abomination était réservée à des dévots prêcheurs d’humilité et de patience « , aurait dit Voltaire.

Cette prise de position de Maïmonide exclut, à mon avis, qu’on puisse le considérer comme un philosophe, à la différence d’un Al-Fârâbî par exemple. Selon ce dernier en effet, le critère de l’activité philosophique est la pratique de la dialectique, qu’enseignèrent Platon et Aristote. Or on ne peut pas dialoguer avec quelqu’un qu’on a exclu d’emblée du cercle des humains, avant même d’avoir entendu ses raisons. En excluant a priori les incroyants du cercle des humains, Maïmonide s’exclut d’emblée du cercle des philosophes.

On peut se demander si la « modernité » de Maïmonide ne réside pas malheureusement dans sa radicale intolérance ; on la retrouve aujourd’hui en effet chez les plus intolérants sectateurs de Mahomet : les islamistes du « califat ».

J’attends donc Pierre Bourest au tournant de ses raisons : Maïmonide me paraît bien être un des inventeurs du racisme mais, après tout, Martin Heidegger, qui fut un des thuriféraires du nazisme, n’en est pas moins considéré par d’aucuns, pour de très valables raisons, comme un authentique philosophe !

En consultant les index très précis de son livre, j’ai constaté que Pierre Bourest fait effectivement allusion (page 419) au texte de Maïmonide cité par Wikipedia (apparemment dans la même traduction), mais en édulcorant fortement son côté déplaisant. Il écrit : « Certains propos de Maïmonide à ce sujet ont quelque chose de choquant pour le lecteur moderne » (c’est le moins qu’on puisse dire), « mais ne l’étaient sans doute pas pour ses contemporains » (voire), « en sorte que l’on peut gommer un peu pour aller à l’essentiel ». Gommer, dans le cas de Pierre Fourest, consiste à ne citer que le début du texte (jusqu’à « animaux irraisonnables ») en passant sous silence les dernières remarques, les plus inquiétantes. Il admet cependant un peu plus loin que cette distinction entre humains à part entière et sous-humains constitue, chez Maïmonide, « une véritable catégorie anthropologique ». Diable ! L’anthropologue Maïmonide me paraît partir de bases pour le moins discutables.

Et si le seul philosophe authentique qui ait jamais existé avait été Socrate, le seul qui, si l’on en croit les dialogues platoniciens, fit, à ses risques et périls, rigoureusement usage de l’outil philosophique par excellence, la dialectique, c’est-à-dire le dialogue loyal avec l’autre, le premier venu en principe, au service d’une recherche en commun et sans a priori de la vérité ? Déjà, chez son plus éminent disciple, Platon, la dialectique n’est plus que mimée et tourne en rhétorique. Il est vrai que, comme on le voit dans les dialogues « socratiques » de Platon, la recherche en commun de la vérité, laissant de côté l’urgence de la résolution des problèmes pratiques (politiques notamment), débouche le plus souvent sur une aporie. Cependant, le but de l’enquête philosophique n’est pas de parvenir à des certitudes à la noix de coco et, de toute façon, l’aporie vaut sans aucun doute mieux que les énormités péremptoires et mortifères telles que celle que servit un jour à ses lecteurs le savant rabbin Maïmonide.

Il est vrai que, dès Socrate, la dialectique pure et dure en a pris un coup, puisque ce n’est pas au quidam sorti de la foule et bardé de ses idées reçues que Socrate s’adresse, mais aux jeunes gens les mieux éduqués d’Athènes, voire à telle vedette intellectuelle du monde grec, comme Protagoras. On reste entre soi.

Le célèbre « tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien » de Socrate est généralement compris comme l’expression de son immense modestie. C’est une interprétation réductrice. Au vrai, cette formule est le fondement même de toute enquête philosophique digne de ce nom. Descartes retrouvera cet état d’esprit lorsqu’il décidera de faire table rase de ce que, jusque là, il croyait savoir. Une enquête philosophique, quel qu’en soit l’objet, ne saurait se fonder sur des « certitudes » admises a priori comme vraies, sans examen. C’est pourquoi il me paraît difficile de considérer Maïmonide comme un philosophe puisque, quelle que soit la subtilité de ses réflexions, il considère a priori comme vraie la révélation mosaïque et se contente de s’en faire l’exégète. Maïmonide reste pour moi un théologien dont les spéculations frôlent les spéculations proprement philosophiques sans jamais les rejoindre. Mais combien de gens, hier et aujourd’hui proclamés « philosophes » sont en réalité dans le même cas, dont l’enquête repose sur des postulats non soumis à l’examen ?

Quoi qu’il en soit, au long de ce détour par les intellectuels de haut vol du monde arabo-musulman médiéval, Pierre Bourest pose des questions qui, aujourd’hui restent actuelles et pendantes, comme celle des rapports entre le philosophe et la foule de ses contemporains et, plus essentiellement, celle de la nature de l’enquête philosophique, de ses conditions de possibilité, de ses visées, de ses modalités. Il semble, à le lire, que, pour se rapprocher du mieux qu’il pouvait, compte tenu des contraintes de son époque, d’une authentique démarche philosophique, Maïmonide ait dû, fort souvent, avoir recours aux ressources des ruses intellectuelles les plus sophistiquées. Mais pour en juger, il faudrait, encore une fois, avoir lu de lui au moins les deux ouvrages cités plus haut, puis relire le livre de Bourest !

JC..... dit: 7 septembre 2016 à 14 h 23 min

« Pour penser l’Etat, il a fallu des philosophes »

Penser ne sert à rien si on agit pas. Ce sont les actions qui comptent pour gouverner la polis, pas la bran.lette de mots de philosophes à la congres* !!!

* j’avais mis « à la Bloom », qui n’est pas philosophe… tant mieux.

JC..... dit: 7 septembre 2016 à 14 h 19 min

Enfin, Bloom, nous savons bien que Laurel et Hardy, pardon Marx et Engels, ce sont deux vrais c.ons…

Vous avez quel âge ?….

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 14 h 16 min

« Il n’y a aucune question de moralité là-dedans. Cet homme à été éduqué de cette façon. »

Tout à fait, D., cet homme et cette femme obéissaient aux règles de leur éducation. Ensuite, dans la rame, je voyais qu’ils se parlaient normalement et que celle-ci lui souriait. Mais c’est plutôt par instinct, plus que par éducation, que je suis venu à son aide à elle. Si moralité il doit y avoir pour nous, c’est que l’éducation ne prime pas toujours l’instincts chez l’animal humain ? Regardez ici, parmi tous ces commentateurs éduqués, combien sont prêts à assassiner leurs voisins, au nom de la raison !

la vie dans les bois dit: 7 septembre 2016 à 14 h 13 min

le livre de Jauffret est quant à lui, à l’image qu’il a des femmes « modernes ». Une sociologie de bobos.

Chaloux dit: 7 septembre 2016 à 14 h 10 min

Est-ce que Gluck n’a pas un peu plagié Rousseau (L’air d’Eurydice, « j’ai perdu etc.. »). Toujours entendu dire ça.

Ross dit: 7 septembre 2016 à 14 h 08 min

Le mauvignier est de qualité, mais toujours du même profond ennui, morne estampillé; Depuis qu’ombres blanches nous l’a élu, chaque rentrée ça ferraille dans les coins pour la rosette. Bizarre que Carrère ne se soit pas encore aussi mis sur les rangs, avec ou sans livre.
Liste du Renaudot,wouarf, PIRE !
A ce train, on est en route pour le discrédit des académies.

Petit Rappel dit: 7 septembre 2016 à 14 h 07 min

Pour penser l’Etat, il a fallu des philosophes, pour ne rien dire de l’éthique, ou meme de la réflexion sur le tragique.

William Legrand dit: 7 septembre 2016 à 14 h 06 min

Madame Verniglia nous confirme : « quand JC parle de copuler tout le monde rigole au Camp à Nella car pas une femme ne veut approcher ce gros porc prétentieux dans son gourbi deux pièces-cuisine, même les hommes se détourne, tout le monde se débine vite fait bicause l’odeur »

MC dit: 7 septembre 2016 à 14 h 05 min

Pas d’accord . Le Devin de Village a tout de meme tenu au répertoire, et peut s’écouter encore, meme si le génie de l’époque était incontestablement Rameau. Chez le germain , c’est bien pire. Nullité des nullités. Meme sa parodie chorale universitaire ne marche pas.

Bloom dit: 7 septembre 2016 à 13 h 57 min

La philosophie n’est que de la bran.lette de mots.

S’il existe une certaine philosophie se paie de mots, il est des mots philosophiques qui changent l’Histoire: ceux des philosophes des Lumières, de Marx & Engels, et pour ailleurs, de Kongzi, pour ne citer que les plus évidents.

D. dit: 7 septembre 2016 à 13 h 54 min

Jibé 12h 41

Il n’y a aucune question de moralité là-dedans. Cet homme à été éduqué de cette façon. La question, c’est l’éducation, pas là moralité.

la vie dans les bois dit: 7 septembre 2016 à 13 h 53 min

Barozzi, vos propos de cul-de-basse-fosse : no way !

revoyez voter benchmark: ne pas utiliser un pseudo, seulement quand ça vous « chante », et utiliser votre patronyme pour tapiner.

claer to you ?
If not, c’est pareil.

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 13 h 47 min

D’où vous vient cette âme de corbeau, consistant a afficher le nom de votre interlocuteur, LVDLB ? Vos parents étaient concierges sous l’Occupation et dénonçaient les locataires juifs à la gestapo ?

D. dit: 7 septembre 2016 à 13 h 46 min

country boy dit: 7 septembre 2016 à 12 h 50 min
Tu vas chez les femmes ? N’oublie pas la cravache.
Ainsi parlait Zarathoustra.

certes, mais n’est-ce pas exagéré?

Marcel dit: 7 septembre 2016 à 13 h 44 min

Pablo75 dit: 7 septembre 2016 à 12 h 34 min
…Je me rappelle que je faisais toujours les devoirs de philo de mes gosses quand ils étaient au lycée et j’avais toujours de mauvaises notes…

De mauvaises notes ? Il n’y a rien d’étonnant ni de scandaleux à cela, Pablo ! Tu es jugé à à ta juste valeur.
Maintenant tricher comme tu l’as fais, c’est vilain pas beau !

la vie dans les bois dit: 7 septembre 2016 à 13 h 39 min

Barozzi, je ne fais pas partie de vos clients-lecteurs, et non, je ne lis pas tous vos commentaires. « Va, je ne te hais point », traduit en web point zéro: je pratique très bien l’indifférence, pour tout un tas de raisons.
_________________________

J’espère qu’on reviendra début octobre, avec la parution de ce livre de Jean d4ormesson, sur le guide des égarés de Maïmonide, car en terme de mystification, il est exemplaire, d’après ce que je viens de lire.

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 13 h 34 min

« et à la limite, je me tape complètement de vos histoires de cul. »

De quelle limite s’agit-il, LVDLB ?
Dans mon histoire de poussette et d’escaliers, vous y avez vu du cul ?

Marcel dit: 7 septembre 2016 à 13 h 32 min

@country boy dit: 7 septembre 2016 à 12 h 50 min
Tu vas chez les femmes ? N’oublie pas la cravache.

Ainsi parlait Zarathoustra.

Nietzche savait parler des fauvesses !

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 13 h 31 min

« Les conséquences de la colère sont souvent beaucoup plus graves que les causes ! (Marc Aurèle »

Et pourtant çà passe, Jean-Marcel !

la vie dans les bois dit: 7 septembre 2016 à 13 h 31 min

C’est à dire Barozzi que je ne lis pas gai-pied, et à la limite, je me tape complètement de vos histoires de cul.

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 13 h 29 min

« Avant lui, le néant. Après lui, le déluge. »

Et inversement.
(on ne soulignera jamais assez le rôle essentiel de LVDLB dans les débats de la RDL !)

Marcel dit: 7 septembre 2016 à 13 h 27 min

@la vie dans les bois dit: 7 septembre 2016 à 13 h 23 min

Ah monsieur d’Ormesson, vous osiez déclarer, qu’un air de liberté, flottait sur Saïgon… (Jean Ferrat)

la vie dans les bois dit: 7 septembre 2016 à 13 h 23 min

tweet: Maïmonide recherche Jean d’Ormesson, pour lui dire deux mots ?

Lui passer un savon car il récupère un titre d’ouvrage qui s’adressait à ceux qui non contents d’avoir une démonstration scientifique, persistent à transformer toute prophétie biblique en allégorie ?

En complément d’un commentaire laissé sur un billet au Doyen des Académiciens consacré, le 1 mars dernier, il faut quand même bien reconnaître que la légèreté de Jean d’Ormesson confine à la frivolité.
Avant lui, le néant. Après lui, le déluge.

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 12 h 47 min

Janssen J-J, il ne s’agit pas de remuer le couteau dans la plaie, mais seulement de parler de l’usage de la philosophie…

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 12 h 46 min

« Justifier !!!! Grand dieu ! Pourquoi ? et… auprès de qui ?! Saint Pierre ?…. uhuhu ! »

Et auprès de qui veux-tu que je me repente donc, JC ?

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 12 h 41 min

Hier, comme je me dirigeais vers la station du métro Porte Dorée, je vis devant moi un couple de Noirs. L’homme, de corpulence trappue, était revêtu d’un costume gris anthracite, à l’occidental. La femme, jeune et aux formes généreuses, arborait une tenue africaine aux couleurs bariolées, le chef entouré d’un long voile. Elle portait un lourd sac noir et tirait une poussette dans laquelle se tenait une fillette. Arrivés en haut des marches, l’homme pris élégamment le sac à sa femme et s’engouffra dans l’escalier, abandonnant celle-ci à son destin. Relevant la tête, elle croisa mon regard, l’air perplexe. Je lui dis aussitôt que j’allais l’aider et enfourchais le bas de la poussette. Parvenus en bas le la longue volée de marches, je partis rapidement en direction de ma voie, passant sous le regard réprobateur du mari. Sur le quai, trois places libres. Je m’assieds sur l’une, le prochain métro étant annoncé dans 4′. Une femme vient s’installer au milieu, puis le couple arrive à son tour et le mari prend immédiatement la troisième place vacante, laissant sa femme debout.
Je vous laisse tirer la moralité de cette histoire…

Chaloux dit: 7 septembre 2016 à 12 h 40 min

Jeter toute la philosophie me semblerait bien hardi.
Aussi hardi que de conserver tous les romans!
(Voir la liste qu’on s’goure!).

JC..... dit: 7 septembre 2016 à 12 h 38 min

« Chacun justifie sa vie comme il peut. » (JiBé)

Justifier !!!! Grand dieu ! Pourquoi ? et… auprès de qui ?! Saint Pierre ?…. uhuhu !

Pablo75 dit: 7 septembre 2016 à 12 h 34 min

@ Jibé

« si je t’en crois, après le grec et le latin, et l’histoire, il faudrait supprimer la philosophie des programmes de l’enseignement »

Il faut supprimer la philo et remettre le grec, le latin et l’histoire. Je me rappelle que je faisais toujours les devoirs de philo de mes gosses quand ils étaient au lycée et j’avais toujours de mauvaises notes (il faut dire que je provoquais un peu, surtout dans les dissertations de mon fils qui était déjà à 16-17 un anarchiste terrible qui détestait son prof de philo).

Janssen J-J dit: 7 septembre 2016 à 12 h 27 min

@1.17 le musique de jean-jacques était tout aussi faiblarde, « le devin » par ex. n’a pas laissé augurer bien longtemps de l’éclosion d’un talent.
@7.25 « on lit sur nos écrans »… Oui, cela s’appelle une liseuse. So what ?
@10.37 G Hockène est mort la même année que mon frère. Il le savait atteint du même mal, sans avoir lu le journal de Jean Le Bitoux. Entre eux deux, Françoise Dolto, qui avait proféré pas mal de sottises sur le sujet, à la différence de l’impeccable Françoise Héritier-Auger, décédait à son tour (1988). Ne remuons pas le couteau dans la plaie de cette époque de panique, SVP, c’est trop facile et douloureux. Tout le monde faisait et disait un peu n’importe quoi, sauf quelques uns qui commencent à distribuer des brevets de sagesse rétrospectifs aux uns et aux autres.

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 12 h 25 min

Tu es drôle à te draper dans ta dignité de père, JC. Le plus drôle serait que tes enfants soient uniquement imaginaires ! Chacun justifie sa vie comme il peut.

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 12 h 22 min

« Le goût de la philosophie » n’a pas été fait, Pablo, mais je ne suis pas qualifié pour cela. Ce n’est d’ailleurs pas vraiment mon goût. Mais si je t’en crois, après le grec et le latin, et l’histoire, il faudrait supprimer la philosophie des programmes de l’enseignement ? JC dirait que l’on pourrait aisément ajouter la littérature dans la charrette !

Pablo75 dit: 7 septembre 2016 à 12 h 03 min

@ Jibé

Tu prépares un « Le Goût de l’Être » ou « Le Goût de l’Ontologie »?

Ou c’est « Le Goût de la bran.lette » que tu prépares?

Pablo75 dit: 7 septembre 2016 à 12 h 00 min

@ Jibé

« le concept d’Être a aussi ses admirateurs-vibreurs, Pablo, si ce n’est pas ton cas n’en dégoûte pas les autres ! »

C’est quoi la différence entre dire ce qu’on pense et dégoûter les autres?

JC..... dit: 7 septembre 2016 à 11 h 57 min

Jibé
C’est que la Terre est mal peuplée ! C’est la qualité qui compte : nous devons tous abandonner nos funestes distractions : littérature, arts divers, études inutiles, wrong ways,… et copuler classique, bon sang de bois ! Pardon, Dubois, qualité française….

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 11 h 56 min

Comme la musique, le concept d’Être a aussi ses admirateurs-vibreurs, Pablo, si ce n’est pas ton cas n’en dégoûte pas les autres !

Pablo75 dit: 7 septembre 2016 à 11 h 49 min

@ Jibé dit: 7 septembre 2016 à 11 h 34 min

« D’autres te diront que la musique n’est que de la bran.lette de notes »

Aucun compositeur bran.le un re mineur comme un philosophe bran.le le concept d’Etre, par exemple. L’une des spécialités les plus comiques de la philosophie est l’Ontologie. Que je sache il n’existe pas de discipline spéculative dédié à une tonalité.

Si tu veux rire, lis ça:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ontologie_(philosophie)

JC..... dit: 7 septembre 2016 à 11 h 46 min

Je suis comme Martial : ma braguette de toge n’est jamais fermée !

Efficacité, disponibilité, et si les conditions sont favorables un peu de sensualité pour la décoration copulaire.

Car le but de tout Croyant, n’est ce pas, est de donner des enfants à Dieu, ne l’oublie jamais JiBé ! … et repends toi, crapulet !

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 11 h 42 min

Il faut croire que Dieu ou Allah ait voulu conserver sur la terre les Juifs et les sodomites, JC ? Leur exterminations partielles et récurrentes n’étant que le fait des hommes…

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 11 h 34 min

« La philosophie n’est que de la bran.lette de mots. »

D’autres te diront que la musique n’est que de la bran.lette de notes, Pablo !

JC..... dit: 7 septembre 2016 à 11 h 28 min

« Il est navrant que le virus AIDS n’ait pas éliminé les sodomites de la terre d’Allah !

Abu Jissé al Porquerolli

Pablo75 dit: 7 septembre 2016 à 11 h 27 min

@ JC…..

« La philosophie aiderait à affronter la mort ? C’est comme si tu me disais qu’elle aide à affronter la vie … ça se saurait. »

La philosophie ne sert qu’à faire vivre les profs qui l’enseignent, moyennant finances.

On imagine un type agonisant à l’hôpital demandant à son entourage qu’on lui lise du Heidegger.

La philosophie n’est que de la bran.lette de mots.

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 11 h 25 min

Michel Foucault a nié sa maladie, au risque de la transmettre à ses partenaires, un peu comme Schubert, si l’on en croit Pablo ?
Guibert, lui, a eu une attitude impeccable. Les écrivains sont généralement moins décevants que les philosophes…

Pablo75 dit: 7 septembre 2016 à 11 h 21 min

@ Delaporte

« Nietzsche aimait beaucoup « Carmen »… pour emmerder Wagner. »

Non, il aimait beaucoup « Carmen » tout court (voir sa Correspondance avec Gast). Nietzsche a écrit beaucoup de cxnneries (il y a un Nietszche génial mais aussi un Nietzsche cré.tin – et quand il se met à dire des bêtises il y va à fond) mais rien de plus stupide chez lui que ses attaques contre Wagner.

JC..... dit: 7 septembre 2016 à 11 h 20 min

En Bretagne, on fait de temps en temps des processions cathos à travers la lande sous un ciel désespérément gris, le curé pédophile entouré des vieilles et des gamins en aube-dentelle, et ça chante, et ça gueule, c’est le pied ! Gai, mon dieu …

En fait c’est leur Gay Pride à eux, les adeptes du Crucifié : ils sont fiers, et aussi tarés que les autres fiottes …

Pablo75 dit: 7 septembre 2016 à 11 h 19 min

@ Chaloux

De Stenhammar je connaissais ses deux symphonies (version Neeme Jarvi), mais pas son oeuvre pour piano, qui a l’air intéressante.

Fantasy in B minor-Molto appassionato (from « Three Fantasies », Op. 11)

https://www.youtube.com/watch?v=hXyERS4C5tY

L’Impromptu par Jean Dubé est inécoutable. On dirait qu’il a été enregistré sous l’eau.

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 11 h 16 min

Après avoir douté de leur idéal de jeunesse qui leur faisait sacraliser le Petit livre rouge, certains de nos plus brillants intellectuels ont dû repenser le réel, Phil, avec ou sans Heidegger, et se sont recyclés dans des carrières plus pragmatiques. C’est ainsi que Finkielkraut est entrée à l’Académie Française, entre autres…

Phil dit: 7 septembre 2016 à 11 h 11 min

Un titre sympatique et toujours actuel, Baroz. Il faut simplement laisser du temps au temps et les gaipieds et autres miltants l’ont un peu trop leste (le pied). La résistance aux moeurs des médias donne parfois de bonnes surprises, comme ce Foucault peint en Muzil (avec un z comme ..) par Guibert.

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 11 h 07 min

Je suis bien conscient qu’il était tout à fait inélégant de ma part de poser cette question à Guy Hocquenghem à ce moment-là de sa vie. renato dirait mal élevé. Mais, brillant normalien et enseignant la philosophie à Vincennes, Guy Hocquenghem ne s’était-il pas autoproclamé porte parole de la militance gay ? Le capitaine abandonne-t-il le navire quand il fait eau de toutes parts ? Lui-même ne se gênait pas pour faire la leçon à ses petits camarades, leur reprochant de trahir leur idéal de jeunesse. A la même époque, il publiait un essai virulent : « Ceux qui sont passés directement du col Mao au rotary ».

JC..... dit: 7 septembre 2016 à 11 h 03 min

TWWET TWEET
D’Ormesson a raison de sortir un « Guide des Egarés » malgré l’antériorité Maimonide … Un Guide des Egarés, c’est bien ce que va publier Cambadélices en vue de 2017, non ?!

JC..... dit: 7 septembre 2016 à 10 h 44 min

La philosophie aiderait à affronter la mort ? C’est comme si tu me disais qu’elle aide à affronter la vie … ça se saurait.

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 10 h 37 min

Face à la mort impeccable de Socrate, avalant sans rechigner sa ciguë, je pensais naïvement que la philosophie aidait à affronter la mort. C’est ainsi que je suis allé interviewer un beau jour Guy Hocquenghem, chez lui à Montmartre, suite à la publication de son roman, « La colère de l’agneau », pour l’hebdomadaire le Gai Pied. Passées les questions d’usage sur son actualité littéraire, je lui ai dit que je savais qu’il était atteint du sida et lui ai demandé si l’on pouvait en parler. Je pensais que cela pourrait aider les lecteurs du journal, massivement atteints par le virus et alors en pleine détresse. Refus catégorique. Entre la théorie et la pratique, il y a souvent un gouffre semble-t-il…

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 10 h 15 min

Un peu de légèreté non sans une pointe de vulgarité, renato. Le fonds iconographique de MM semble sans fond. Comme un album infini. Elle aura passé chaque instant de sa courte vie à se faire tirer le portrait ! On en redécouvre toujours de nouvelles. Elle pourrait donner naissance à un musée de la photo à elle seule dont vous pourriez être le conservateur ?

JC..... dit: 7 septembre 2016 à 10 h 12 min

Jibé, comme beaucoup de spécialité intellectuelle, la philosophie ne sert à rien !

Ou plutôt, à distraire de problèmes plus difficile à résoudre car il faudrait mettre les mains dans le cambouis et donner à manger à tout le monde…

JC..... dit: 7 septembre 2016 à 10 h 09 min

Non seulement la frustration sexuelle peut rendre terroriste, mais dans le cas de ce petit porcelet rose mignon comme Boudegras le Fada, rendre complètement c.on.

Jibé dit: 7 septembre 2016 à 10 h 09 min

Oui, enfin, JC, WGG nous dit et redit, en gros, que Heidegger nous aide à « penser le réel ». Je veux bien le croire. Mais encore faudrait-il savoir ce qu’est le réel. Et surtout de quelle utilité, de quel usage, cette connaissance fut-elle suivie. Quand tout ce travail philosophique aboutit à déclarer qu’il faut suivre aveuglément H., sans plus se poser de questions, au prétexte qu’il a de jolies mains, on se demande à quoi sert la philosophie !

boudegras dit: 7 septembre 2016 à 10 h 03 min

JC à 7 heures 10 : « la frustration sexuelle rend terroriste »… bien sûr, il en sait quelques chose le gros porc comme dirait sa copine AR

Phil dit: 7 septembre 2016 à 8 h 23 min

Mr Court, soyez assez bon pour mander à Robinson que le film chorégraphie de Saura existe bien et mérite un double détour (dans sa version non dividi, of course).
(il faut bien pallier les barrières du blog à pauledel brejnev). Echanges de qualité française entre Olga et Robinson sur le dit blog.

renato dit: 7 septembre 2016 à 8 h 18 min

« … au lieu de se consacrer définitivement à la musique et de nous fiche la paix… »

Je me souviens d’un politique (maire d’une ville, pas fr.) qui était aussi chef de clinique. À l’hôpital tout le monde disait « Il parait qu’il est bon politique »; à la mairie tout le monde disait « Il parait qu’il est bon politique ».

JC..... dit: 7 septembre 2016 à 7 h 27 min

– Les enfants ! Qu’est ce que vous lisez, en ce moment ?
– Papa, tu veux dire, euh … quels livres ?!
– Oui ! qu’est ce que vous lisez ?
– Ben papa, on lit nos écrans : on a pas besoin de livres, et puis, on n’a pas le temps !…

JC..... dit: 7 septembre 2016 à 7 h 14 min

Découvrir la liste des candidats retenus par les membres du Goncourt Club donne envie d’aller à la pêche …

Je sais : ce jugement prospectif est non fondé, arbitraire, dénué de sens. Parlons alors « d’impression générale », ça passera mieux !

JC..... dit: 7 septembre 2016 à 7 h 10 min

CHARIA NEWS

« Deux couples, un ami et trois enfants sont sur la piste cyclable, quand ils sont pris à partie par un groupe d’une dizaine de personnes d’une cité « sensible » d’un quartier de Toulon.

Ce qui ne va pas? Ce sont les shorts que portent les deux femmes.

Elles sont insultées très vulgairement et on leur lance peu ou prou de se mettre carrément nue.Les trois hommes du groupe réagissent. Ils demandent qu’on les respecte. Le groupe venu de la cité va fondre sur eux et les passer à tabac. Le plus grièvement blessé s’est vu prescrire 30 jours d’ITT. Deux hommes ont été déférés ce mardi après-midi devant le parquet de Toulon. » (var matin)

Tahar ben Jelloun a raison … la frustration sexuelle rend terroriste.

JC..... dit: 7 septembre 2016 à 6 h 55 min

« Apportons notre apport », comme disait Nicolaï Ceaucescu, phare de la pensée contemporaine balkanique, dans un raccourci programmatique remarquable.

Le type qui a décapité sa mère, un jeune sénégalais dément de Courbevoie, a suscité bien des réflexions auprès des membres de notre Institut. La meilleure étant :
« Il n’avait plus toute sa tête »…

Clément, je vous épargne les pires, vous vous feriez une fausse idée du niveau intellectuel de nos amis insulaires… !

Phil dit: 7 septembre 2016 à 6 h 49 min

Les Tharaud, mister Court, ont toujours senti le vent venir, dans la société comme dans leurs livres. Court répit car bientôt les mêmes éditeurs qu’ils ont enrichis avant guerre, les banniront sur ordre. En 1945 Aragon n’était pas encore assis sur son maroquain du comité d’épuration, il avait simplement appelé à faire fusiller Gide, avec qui il partageait pourtant certain goût.
Rappelons qu’un des frères Tharaud fut le premier élève français du collège Ötvös, normale sup hongrois.

MC dit: 7 septembre 2016 à 2 h 27 min

Phil
Les Frères Tharaud obt réussi dés 1945-1946 à figurer dans un recueil consacré à la Résistance. Bel exploit, non?
Toujours pensé à leur propos à la remarque de Gide: « Ce qui a fait le succès est ce qui nuira le plus à la gloire ». Et ce n’est pas la Tragédie de Ravaillac qui me fera les réhabiliter!
Bien à vous.
MC

Pablo75 dit: 7 septembre 2016 à 1 h 33 min

« De toutes ses compositions, une seule aura assez d’importance pour que Nietzsche la fasse imprimer. « Hymne à l’amitié » d’abord, elle fut maintes fois réécrite et modifiée, devenue « Hymne à la vie », par l’intégration du poème de Lou Salomé, orchestré avec l’aide de P. Gast, Nietzsche ne cessera de le retoucher jusqu’à la fin de sa vie psychique active. Il souhaite l’entendre joué et chanté dans les cathédrales de Bâle, si ce n’est de son vivant, au moins à sa mémoire et désire que« cette musique puisse venir suppléer à la parole du philosophe, lorsque celle-ci par la nature même de la parole, doit rester indistincte. C’est l’élément affectif qui s’exprime dans cet hymne ». »

http://cheminstraverse-philo.fr/de-la-vertu-%C2%AB-rapetissante-%C2%BB-d%E2%80%99une-grande-biographie-curt-paul-janz-nietzsche-biographie-3-tomes

Widergänger dit: 6 septembre 2016 à 23 h 06 min

Je crois, Berzik, qu’il faut prendre les poèmes du Gai savoir comme des satires, un peu à la Martial. C’est comme ça à mon avis qu’il faut les lire.

Mais ce n’est pas la seule veine de Nietzsche poète. Il y a aussi le grand poème « Ô Mensch, gib acht » que Malher introduira dans une de ses symphonies (je ne sais plus laquelle). Très grand poème ! « La Chanson ivre » dans le Zarathoustra :

O Mensch ! Gib acht !
Was spricht die tiefe Mitternacht ?
« Ich schlief, ich schlief -,
Aus tiefem Traum bin ich erwacht : –
Die Welt ist tief,
Und tiefer, als der Tag gedacht.
Tief ist ihr Weh -,
Lust – tiefer noch als Herzeleid :
Weh spricht : « Vergeh ! »
Doch alle Lust will Ewigkeit –
– Will tiefe, tiefe Ewigkeit ! »

Ô, homme ! prends garde !
Que dit le profond minuit ?
Je dormais, je dormais —,
D’un rêve profond, je me suis éveillé : —
Le monde est profond,
Et plus profond que le jour ne le laisse penser.
Profonde est sa douleur —,
Le plaisir — plus profond encore que les souffrances du cœur :
La souffrance dit : « Va-t’en ! »
Mais tout plaisir veut vivre dans l’éternité —
— Vivre dans la profonde, profonde éternité ! »

Sergio dit: 6 septembre 2016 à 22 h 53 min

la vie dans les bois dit: 6 septembre 2016 à 20 h 44 min
sur les motos il n’y a pas de marche arrière,

Il y en a, ça c’est sûr, mais vraiment pas beaucoup. Il faudrait chercher du côté des énormes (Honda) Goldwin (comme le point !), je crois qu’elles en ont une.

Dans le passé, peut-être certaines Harleys…

Giovanni Sant'Angelo dit: 6 septembre 2016 à 22 h 49 min


…ne comptez plus, que sur votre insaisissable de votre salaire, c’est à dire , ce qui reste après les 1/5 de votre salaire saisissable,…
…et le fisc, et les factures inventés par le système à faire du  » faux chiffre « , électricité, systèmes d’internet, divers achats liés aux P.C., de gestion,!…jeux et gouvernements en gestions,!…
…tout, plus réels, que des factures inventés de toutes pièces,!…
…sauf,!…qu’elles sont à prouver fausses,!…mais sans jugements par de vrais juges,!…tout par pseudo-huissiers , auquel les gouvernements s’emploies à renchérir, sans jugements,!…des factures sur l’arbitraire en justice absente,!…c’est du belge,!…

…je devrais publiés tout le fatras de factures sans queue ni têtes, et d’aucuns suivis juridique et autres escroqueries de Visa-Paribas-Fortis, une vrais maffia au genre  » Luky Luciano, en lobbying Bruxelles,!…

…jamais riche, moi-même,!…
…Alors,!…
…tous aux précipices, comme des Apocalypses aux enfers,!…tout les régnants et leurs lèche-culs de ministres ,!…en somme le système des collabos, plus idiots tu meurt pétrifié debout,!…économies des sculpteurs,!…etc,!…Ah,!Ah,!…

…des gouvernements aux grandes-gueules et rien dedans,!…que des perpétuelles aux abus du capitalisme sur la peau des peuples,!…
…et ta sainte aux pieux en croix, pour les orfèvres hindous,!…Go,!…
…se faire la peau des régnants et abuseurs des peuples à vivre en dignité libre,!…

bérénice dit: 6 septembre 2016 à 22 h 17 min

20h55 je peux vous prêter une rame, vous avez l’air immobilisée à la page sans quatre vingt onze, il font des livres auxquels manquent des pages, c’est fâcheux un peu comme une autobiographie déchargée du noyau, la vie est atomique.

Phil dit: 6 septembre 2016 à 21 h 34 min

Un ton à la H.P. Roché est bien désirable, malheureusement inaccessible pour la plupart, tant la vie de cet auteur est plus goncourable que son livre. Même dans les livres de « Jim » je n’ai pu retrouver le ton de « Jules ».

Paul Edel dit: 6 septembre 2016 à 21 h 10 min

Je regrette que « Séduire Isabelle A. » de Sophie Bassignac chez Lattes.. ne soit pas dans la première liste des Goncourt. C’est un auteur qui,depuis qulques années rédige des livres charmeurs, intelligents, avec des personnages merveilleusement décalés, comme dans le parfait « Mer agitée à très agitée » mais ils possèdent tous leur vérité intime . Parfois un ton à la Jules et Jim de P.H. Roché,parfois une rêverie chez des personnages féminins qui ont un léger mal être iu un vertige à la Virginia Woolf.. Dans ce nouveau roman le ton espiègle, tendre, impertinent, est parfait. Une grande clarté dans dessin général de ses livres, un ton alerte…ignorer cet auteur est une faute.

Phil dit: 6 septembre 2016 à 20 h 49 min

Voulez- vous imposer une deuxième épuration aux frérots Tharaud, mister Court ? A qui profitaient leurs fabuleux tirages des années 20

MC dit: 6 septembre 2016 à 20 h 45 min

Possible que le commentaire sur la Kiplinguerie des Tharaud mette du temps à sortir des limbes…Egalement celui por Berguenzinc…

la vie dans les bois dit: 6 septembre 2016 à 20 h 44 min

Pas du tout Phil. Paul Edel a lu comme on bâcle un devoir maison.
En revanche, Sergio qui a bien compris que sur les motos il n’y a pas de marche arrière, gagne des points au pari.

Petit Rappel dit: 6 septembre 2016 à 20 h 43 min

L’Esprit du Goncourt… A propos de la Kiplinguerie des Tharaud , l’illustre Ecrivain (1907) La Presse s’étonne alors de voir cet ouvrage promu Goncourt par une bande placée un jour avant la délibération du jury . Source: Léon Deffoux, Chronique de l’Académie Goncourt.
Pour les poèmes de Nietzsche, je crois volontiers Berguiuenzinc, mais qu’il sache qu’il y a pire du meme: la musique du Monsieur. L’ami Peter Gast a beau orchestrer,au moins dans un cas, on ne sort pas d’un très mauvais plagiat de Mendelsohn. Ce qui ouvre, en y réfléchissant de singulières perspectives…
Bien à vous.
MC

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