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La République Des Livres par Pierre Assouline

Julien Blanc-Gras en terre inconnue

Par Roméo Fratti

roméoOn le savait journaliste et surtout globe-trotteur. En se penchant sur les ravissements de la paternité, Julien Blanc-Gras dévoile ses qualités de « reporter de grossesse ». Même si le caractère introspectif de l’écriture n’est pas sans rappeler le genre du journal intime, ce roman intitulé In utero (190 pages, 15 euros, Au Diable Vauvert) a bien un côté Livre des merveilles à la Marco Polo : après tout, la grossesse n’est-elle pas le plus « banal » et « universel » des périples ? Le plus beau aussi ?juju

« Beau » certes, mais prenons-la avec des pincettes cette beauté de la grossesse : avec un humour décapant, fleurant bon l’autodérision et l’ironie, l’écrivain devenu père évoque sans détour les doutes et les angoisses qui le taraudent : perte de liberté, désir de se sentir jeune malgré tout…les complications de la vie quotidienne y passent aussi, notamment les démarches administratives et les envies nocturnes de céréales de « La Femme ». Curieusement, c’est bien ce terme de « Femme » que Julien Blanc-Gras emploie pour désigner sa « compagne de voyage », sorte de prise de distance opérée par l’écriture pour universaliser l’heureux événement.

Une autre singularité de ce point de vue masculin sur la grossesse réside dans l’approche historique et démographique de la parentalité qui ponctue la lecture ; au fil des pages on apprend que « L’Organisation internationale des non-parents a vu le jour en 1972 en Californie », qu’il y a « Cent quarante millions de naissances chaque année dans le monde »…que le plus voyageur des écrivains-journaliste se rassure donc, ils sont cent quarante millions à être dans le même bateau.

Mais bien que talonné par cette apparence analytique et quasi-scientifique de la narration, l’humour sort toujours grand vainqueur et c’est un régal : petit coup de cœur à cet égard pour la digression sur les enfants qui, d’après une enquête « certes non scientifique » menée par l’auteur, sont « d’extrême droite » et ont une « moralité incomplète » car ils « chient » à table. Mais tout cela n’est que du second degré bien évidemment, c’est tellement beau un enfant qui arrive…

Roméo Fratti

Cette entrée a été publiée dans LE COIN DU CRITIQUE SDF, Littérature de langue française.

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commentaire

Une Réponse pour Julien Blanc-Gras en terre inconnue

Janssen J-J dit: 23 juillet 2016 à 9 h 41 min

A quoi tient la promotion (critique ?) d’un bouquin, d’un auteur, franchement ! Voilà sur quoi on s’interroge avec la plus extrême perplexité à la lecture du présent papier. Il en dit long sur l’insignifiance utérine du texte recensé et du copinage adultérin des deux larrons en foire. A côté d’un tel néant, « Métaphysique des tubes » d’Amélie Nothomb paraît un chef d’œuvre.

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