de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
La guerre, c’est le paysage qui vous tire dessus

La guerre, c’est le paysage qui vous tire dessus

Peu de lecteurs savent qu’Orages d’acier (1920), le grand livre d’Ernst Jünger (1895-1998) sur sa vision de la première guerre mondiale, s’intitulait à l’origine « Le rouge et le gris », l’un incarnant le 19ème siècle, l’autre s’y substituant pour refléter l’habitant d’un monde nouveau. Ce n’est donc pas un hasard si le photographe François Lagarde l’a repris en titre de son remarquable documentaire posthume, en salles à partir du 24 octobre. Du jamais vu que cette chronique allemande de la vie quotidienne sur les fronts de la Grande Guerre réalisée par un Français.

François Lagarde avait 18 ans en 1967 lorsqu’il découvrit Orages d’acier. Déjà passionné de photographie, il fut frappé par le caractère visuel de bien des scènes de guerre qui y étaient rapportées. Ernst Jünger avait 19 ans en 1914. Engagé volontaire, soldat puis officier dans les troupes de choc, quatorze fois blessé, il fut décoré de la plus haute distinction allemande (la croix « Pour le mérite »). Pourtant, sur les photos de lui trouvés aux archives de Marbach et mises en situation, on dirait un gamin, petite taille et épaules étroites ; c’est toujours lui le plus frêle, ce héros dont le courage au feu relève souvent de l’inconscience. Au fil de cette entreprise, Lagarde et Jünger se sont liés d’amitié. Le premier a même consacré une exposition photo au second à l’Historial de la Grande guerre (Péronne) en 1995.

En faisant du porte à porte dans les villages du champ de bataille, le documentariste aura passé une vingtaine d’années à patiemment collecter des clichés auprès des collectionneurs de cartes postales, à rechercher les photos prises par des milliers de soldats allemands, puis à les numériser, les restaurer, les monter en HD non sans en avoir auparavant acquis les droits, sans quoi ce projet titanesque eut été financièrement impossible à monter. Il paraît qu’un soldat allemand sur cinq avait emmené un appareil dans son paquetage. Ce qui paraît incroyable eu égard au poids et à l’encombrement de ceux-ci. Or Leitz, fameuse société d’optique basée à Wetzlar (Land de Hesse), n’a commercialisé qu’en 1925 les premiers boitiers Leica utilisant une pellicule 24×26.Il s’agit donc de clichés format 6×6 ou 9×14, tirés aussitôt. Le fait est qu’un siècle après, leur piqué est remarquable de précision au centre du champ de netteté de l’image. Ce qui ajoute encore à l’effet de réel.

Cartes, dessins, croquis extraits des carnets de guerre, lettres, plans, manuscrits et surtout des photos surréelles constituent le matériau de ce récit. Toutes ces images renvoient à des situations qui disent l’horreur, la sauvagerie, l’absurdité, la fascination, l’imprégnation, de l’affrontement comme de l’attente sur ceux qui en furent les acteurs en première ligne. Autant de presque morts en qui la vie reflue malgré tout. Pour seul commentaire, la voix du comédien et musicien Hubertus Biermann, au timbre à peine allemand, lit des passages d’Orages d’acier. Il ne s’agit pas d’illustrer le texte de Jünger par des images mais de les faire se rencontrer après les avoir mutuellement adaptées. Mais pas un mot d’allemand n’est prononcé. Le grain de la voix suffit. Saisissant.

Des mois à attendre dans l’ombre de la mort transformant les combattants en troglodytes. Tous pataugent dans des boyaux où l’eau plus encore que l’Autre en face devient le principal ennemi. Toutes ces images sont fixes ; pourtant, mieux que tant d’images animées de documentaires de forme plus classiques, on y perçoit les sueurs d’agonie, la fureur guerrière, le parfum enivrant des offensives, le fumet écoeurant des cadavres, la monotonie sévère de la vie sous abri de fortune et les moments où les hommes entrevoient pour la première fois que cette guerre signifie plus qu’une grande aventure. Dans ces chemins où tout homme qui marche est talonné par la mort, ce ne sont plus des Français et des Allemands mais des hommes en sursis. Quelque chose d’archaïque s’impose quand il ne s’agit plus de l’affrontement de nations modernes mais d’une apparition venue du fond des âges. En face, l’adversaire n’est plus qu’une forme ennemie bientôt réduite au chaos des corps et aux gémissements des blessés dans un spectacle de jugement dernier.

1917_Bois_St-Pierre-VaastSoudain, la réflexion d’un soldat des tranchées cueillie un jour dans le Journal de guerre de Guy de Pourtalès vous apparaît lumineuse : « La guerre, c’est le paysage qui vous tire dessus ». De quelque côté que l’on se trouve. Route de Bazancourt, Recouvrance, Perthes-lès-Hurlus, Tronville en Lorraine, Gravelotte, Saint Rémy la calotte, Prégny, Pagny en moselle, Monchy , Bohain, Brancourt, Fresnoy-le-grand, Sissonne, Bapaume, Flers, Regniéville, Vis en Artois, Douchy en Artois, Hendecourt-lès-Cagnicourt, Sauchy-Lestrée, Favreuil… Tout n’y est que bâtiments fracassés et forêts hachées en copeaux, émeutes de schrapnels et pluie d’obus, malgré les moments d’apaisement et le canotage dans le canal de Saint-Quentin. D’anciens bourgs opulents ne sont plus que pierrailles, barricades, barbelés, points d’appui bétonné. On aura compris que, une fois n’est pas coutume, c’est exclusivement le point de vue du vaincu qu’expose ce documentaire français. A la fin, chaque camp clame ses victoires mais seule la guerre a gagné.

Le rouge et le gris produit par Baldanders films sera présenté aux rendez-vous de l’Histoire de Blois en octobre, ainsi qu’au festival du film de Compiègne le 6 novembre en attendant d’être peut-être sélectionné au festival du film d’Histoire de Pessac. Ce film d’une forme sobre, rigoureuse, radicale parfois, sans concession ni compromis avec l’esprit du spectacle, dure 3 heures et 28 minutes. Mais combien de temps encore se trouvera-t-il dans ce pays des gens assez obstinés pour réaliser, produire, diffuser des documentaires d’une telle exigence formelle ? Car ce n’est pas un film de plus destiné à accompagner la célébration du centenaire de l’armistice, mais bien une œuvre à part, méditation universelle sur la guerre.

(« Champagne, 1915 », « Bois Saint-Pierre-Vaast, 1917 » © Collection privée Laureen Lagarde ; « Ernst Jünger » © Deutsches Literaturarchiv Marbach)

Cette entrée a été publiée dans cinéma, Histoire.

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1 174 Réponses pour La guerre, c’est le paysage qui vous tire dessus

christiane dit: 14 octobre 2018 à 17 h 14 min

@Janssen J-J dit: 14 octobre 2018 à 15 h 25 min
Chez moi, pas de pseudo. Christiane est mon vrai prénom et cela depuis le début de mes interventions sur la RDL.
Nos chemins d’amitié se séparent Jansen J-J. Vous devenez inutilement péjoratif. Gardez vos jugements, je garde les miens. War Requiem vous a ennuyé… ça ne m’étonne pas.
Fin de discussion.

Janssen J-J dit: 14 octobre 2018 à 15 h 25 min

christiane dit: 13 octobre 2018 à 13 h 10 min « L’avez vous écouté ? »

Oui, avec plein de bonne volonté. Hélas, ce War requiem n’était pas fait pour moi. Quel ennui. Mais l’essentiel est qu’il vous ait transportée. Je note votre formidable faculté d’apprentissage et d’admiration pour toutes les choses de la culture et surtout la reddition de vos émois, ce qui est assez rare. Je ne sais pas si je vous envie. Personnellement j’ai toujours mieux su expliquer ce que j’ai détesté. Je reconnais que c’est beaucoup plus facile que de faire part de ce que l’on aime et de rester juste à ce sujet.

Janssen J-J dit: 14 octobre 2018 à 15 h 15 min

christiane dit: 14 octobre 2018 à 11 h 36 min
« Alors vous appelez à votre attention les gens par un horaire ? C’est un peu froid… Donc, je vous nomme « 9h30″…

Je vous présente toutes mes excuses, christiane. Souffrez que je vous interpelle par votre pseudonyme, je ne connais pas votre patronyme. Le mien prend 2 S.
(Je crains que vous ne compreniez pas la substance de ce roman, hélas, peut-être devriez vous essayer « Générosité », sûrement plus accessible).

christiane dit: 14 octobre 2018 à 11 h 36 min

9h30
Alors vous appelez à votre attention les gens par un horaire ? C’est un peu froid… Donc, je vous nomme « 9h30″…

Dessiner un arbre ? C’est le temps de toute une vie, c’est une résistance. Avoir les mains vides, d’abord le regard, le toucher, le silence. Trouver un chemin vers les profondeurs de l’arbre. Ce n’est pas un roman qui « changera mon regard » mais les arbres eux-même.
Pour l’instant, (mi-temps du roman) Powers parle des êtres humains. L’arbre est présent, bien sûr mais ils revoient aux hommes et femmes de ce roman dans une relation affective.
Entre l’arbre et ma main qui dessine j’ai besoin de distanciation, d’étrangeté pour rencontrer sa présence, sa structure, ses enchevêtrements, sa rotation dans l’espace : les marques du vent (photos de Renato), retrouver son rythme de branche en branche, m’adapter à la vibration de la lumière qui traverse son feuillage et sculpte son écorce. Renoncer à l’intime des pensées vagabondes pour poser sur lui un regard libre. Être face au monde visible, cela demande beaucoup de silencieuse patience, d’essais, d’efforts, une tranquillité intérieure car l’arbre donne de la lenteur et de la rigueur. C’est accepter l’échec, souvent. Chaque dessin est la trace d’un face à face et tous ces états tracent un chemin comme l’écriture. J’aime suivre celle de Powers. Ne jamais oublier qu’il est un écrivain et cela donne la bonne distance avec ses livres…
L’acte de contempler, de scruter est très complexe autant que le langage. Comprendre la lumière est une longue patience… (Cézanne face à la sainte-Victoire ) : une tentative jamais aboutie…
Bonne journée, 9h30.

Janssen J-J dit: 14 octobre 2018 à 9 h 30 min

@ 15.34, Vont-ils devenir des activistes luttant contre ceux qui « massacrent » les arbres ?

Mais oui, et la force du roman sera de nous les rendre sympathiques dans les diverses modalités de leur actions désespérées, d’y participer avec eux, et de comprendre les raisons de la tragédie de leurs actes violents. On n’aime pas la violence en général mais là, on ne peut que l’approuver. Ils en paieront les conséquences bien sûr, chacun pour sa gouverne, mais ils le savaient, y étaient prêts. Des joueurs éthiques engagés.
Oui, c’est M. Chesnel qui vous avait « aiguillée ». Ne vous découragez pas. Maintenant, vous n’allez plus les lâcher. Je vous envie pour tous les rebondissements qu’il vous reste encore à affronter. Et quand vous peindrez un arbre, vous ne serez plus la même, désormais.

christiane dit: 13 octobre 2018 à 15 h 34 min

@Anna Fort & Jansen JJ & Jacques Chesnel
Oui, cet ami commun, Jacques Chesnel, a eu bien raison de me conseiller la lecture de L’Arbre Monde de Richard Powers.
Arrivée page 202, face à cet arrêté municipal décrétant que l’accumulation d’aiguilles de pin et d’écorces constituant un risque d’incendie, tous les pins seront coupés et remplacés par une espèce d’arbres « plus propre » !
Puis, « l’abattage » en pleine nuit pour précéder la manifestation des écologistes du coin.
Et son cri au matin. Elle « pousse un hurlement. Là où il devrait y avoir du feuillage, il n’y a plus » rien… « Pas un tronc, pas une branche épargnée (…) cette odeur de deuil, de pin fraîchement coupé.(…) La révolte la submerge, la sournoiserie de l’homme, un sentiment d’injustice plus vaste que toute sa vie, le deuil ancien qui jamais, jamais ne sera réparé. »
Je ne pensais pas, JJJ, copiant pour vous, hier au soir des fragments de la nouvelle de Di Brazza sur « la mort de l’arbre » être si proche de ce que devient le roman de Richard Powers.
Vraiment, Jacques, vous avez été de bons conseil. Mais la première partie, « Racine », une sorte de présentation, « les petites nouvelles » ou « chapitres » qui placent le décor et les neuf personnages principaux aux quatre coins des États-Unis, m’est apparue un peu comme une gangue, surtout avec l’épaisseur du temps puisqu’on remonte à leurs ancêtres et que leurs histoires n’ont pas lieu à la même époque. Je me perdais un peu dans la densité des histoires racontées et y perdais mes repères.
Puis l’histoire s’accélère. Deuxième partie : « Tronc ». Les destins commencent à s’entremêler dans le présent. Vont-ils devenir des activistes luttant contre ceux qui « massacrent » les arbres ? Car le rapport de l’homme a son environnement est au centre de ses préoccupations.

Bloom dit: 13 octobre 2018 à 13 h 32 min

la nouvelle cathédrale de Coventry, l’ancienne ayant succombé sous les orages d’acier chers au doux Junger…

Ernst l’ambigu serait là qu’il vous reprocherait de ne pas mentionner Dresde, voire Hiroshima & Nagasaki…la réversibilité est infinie.

Le bombardement de Coventry donna naissance à un mot-clé de la LTI, la novlangue du IIIe Reich, le verbe « conventrieren » qui signifie bombarder une ville jusqu’à la réduire à néant (le ciel qui vous tire dessus) En anglais, cela donne ‘to conventrize’, « conventriser », que l’on retrouve au tout début de la Storia d’Elsa Morante: « Entra dans le vocabulaire le verbe « conventriser » (‘conventrizzare’), du nom de la ville anglaise de Coventry, pulvérisée par les raids allemands ».

christiane dit: 13 octobre 2018 à 13 h 10 min

@Janssen J-J dit: 13 octobre 2018 à 10 h 44 min
Eh bien, j’ai regardé et écouté, ayant dans un coin de ma mémoire ce qu’ils avaient annoncé. Je découvrais l’orchestre, les chœurs, les solistes. Je me souvenais des poèmes d’Owen grâce aux traductions de Gisèle, des deux cathédrales de Coventry, celle à ciel ouvert, bombardée, l’autre accolée, la croix en clous fondus, les vitraux… C’était une joie (pour la musique) et une tristesse (pour l’ambiance de l’œuvre).
https://blogs.mediapart.fr/berjac/blog/140316/benjamin-britten-war-requiem
Oui, c’était un beau partage.
L’avez-vous écouté ?

Janssen J-J dit: 13 octobre 2018 à 10 h 44 min

@ ch. (suite) « mettre en place (des alternances)…
c’était ça que je n’ai pas compris. Comment avez-vous fait matériellement, voulais-je dire ?

Janssen J-J dit: 13 octobre 2018 à 10 h 42 min

Merci pour ces précisions C. Il n’en reste pas moins que la construction de votre phrase restait obscure, et que vos précisions ne la lèvent pas vraiment… Je ne vous le reproche pas, il convient toujours faire l’éloge de l’ombre, comme le faisait JT.

christiane dit: 13 octobre 2018 à 10 h 29 min

Janssen J-J dit: 13 octobre 2018 à 9 h 54 min

« Ch @9.14 dit « J’ai pu mettre en place toutes les alternances ». De quoi ?… »
Réponse : le grand orchestre et celui plus réduit qui accompagne les trois solistes, le chœur d’enfants, le chœur d’adultes.
M.Court écrivait le 9 octobre 2018 à 13 h 33 min : « En effet, le dispositif scénique du Requiem est fondamental. De ce point de vue, la version du compositeur le rend très bien avec la complicité des preneurs de son de Decca.
Une grande oeuvre pour l’inauguration de la nouvelle cathédrale de Coventry, l’ancienne ayant succombé sous les orages d’acier chers au doux Junger… Et pour les avoir vues l’une et l’autre, la première ouverte au ciel, avec dans le chœur, la croix de clous offerte par la ville de Dresde, la seconde, imposante, sise juste à coté, je peux dire que c’est un lieu ou il se passe quelque chose. »
Et Gisèle m’a donné accès aux poèmes d’Owen que hamlet avait signalés dans un premier commentaire.
gisèle dit: 9 octobre 2018 à 14 h 08 min
lien pour le poème de Wilfred Owwen « Strange Meeting » https://www.poetryfoundation.org/poems/47395/strange-meeting
Le War Requiem est magnifique, et Britten un musicien passionnant. Excellente idée.

hamlet dit: 9 octobre 2018 à 12 h 28 min
« Je pense que lorsqu’on l’écoute il faut avoir à l’esprit le dispositif de Britten : 3 chanteurs au premier plan représentant les belligérants plus une femme (mère ou épouse?), choeur d’enfants sur le côté pour le liturgique, et choeur général à l’arrière plan (invisible ?) représentant la foule humaine (l’humanité?), avec les chants liturgiques se mêlant au poème d’Owen etc… ce dispositif imaginé par Britten donne l’ampleur de cette oeuvre, avec au centre la question de l’ »espoir ». »
Voilà pour les alternances ! Bonne journée.

Bloom dit: 13 octobre 2018 à 10 h 27 min

Puissamment tordante sur « le fond » et la forme, la traduction du résumé du faux article de sociologie sur les réactions humaines aux comportements « queer » des chiens de l’Oregon cité dans l’article de Marianne (voir les gazouilles à Passou)

(…) Le but de cette recherche est de découvrir les thèmes émergents dans les modèles comportementaux interactifs humains et canins dans les parcs canins urbains afin de mieux comprendre la prise de décision humaine a-/morale dans les espaces publics et de découvrir les préjugés et les hypothèses émergentes concernant le genre, la race, et la sexualité. Plus précisément, et par ordre de priorité, j’examine les questions suivantes : (1) Comment les compagnons humains gèrent-ils, contribuent-ils et réagissent-ils à la violence chez les chiens ? (2) Quels sont les problèmes entourant la performativité queer et la réaction humaine aux rapports homosexuels entre chiens et parmi les chiens ? Il conclut en appliquant les catégories de la criminologie féministe noire à travers lesquelles mes observations peuvent être comprises et en déduisant des leçons pertinentes aux interactions humaines et canines pour suggérer des applications pratiques qui perturbent les masculinités hégémoniques et améliorent l’accès aux espaces émancipatoires. » (…)

Le chien: – Eh! qu’aimes-tu donc, ordinaire compagnon humain?
Son compagnon humain: J’aime les espaces émancipatoires… les espaces émancipatoires qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux espaces émancipatoires!

Bloom dit: 13 octobre 2018 à 10 h 03 min

Extrait de The Brooch (La broche), belle et tragique nouvelle de Faulkner, suivi de sa traduction par http://www.DeepL.com/Translator.

« Then she was clinging to him, flung onto his lap, crying wildly: « What’s happening to us? » striking herself against him with a wild abandon: « What is it? What is it? » He held her quiet, though after they were each in their beds (they already had two of them) he heard and then felt her cross the intervening gap and fling herself against him again with that wild terrified abandon not of a woman but of a child in the dark, enveloping him, whispering: « You don’t have to trust me, Howard! You can! You can! You don’t have to! »

« Puis elle s’accrochait à lui, se jetait sur ses genoux et pleurait à chaudes larmes : « Qu’est-ce qui arrive à Elle s’est frappée contre lui avec un abandon sauvage : « Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que c’est ? » Il a tenu de son calme, bien qu’après qu’ils aient été chacun dans leur lit (ils avaient déjà deux d’entre eux), il l’entendit et la sentit traverser l’espace intermédiaire et se jeter de nouveau contre lui avec cet abandon sauvage et terrifié non pas d’une femme, mais d’un enfant dans l’obscurité, l’enveloppant, chuchotant : « Tu n’as pas besoin de me faire confiance, Howard ! Vous le pouvez ! Vous le pouvez ! Tu n’as pas besoin de à ! »

De quoi regretter que Coindreau, Gresset ou Faulkner himself n’aient été des machines, n’est-il pas?
« Pas besoin de à » répondre.

Janssen J-J dit: 13 octobre 2018 à 9 h 54 min

Ch @9.14 dit « J’ai pu mettre en place toutes les alternances ». De quoi ?…
r @14.15 dit « IRL, je vous aime bcp ». C’est qui IRL ? Moi ?
D. @21.18, « Oui c’est une belle traduction, mais est-ce la meilleure ? 🤔 » Oui, car je n’aurais jamais su mieux faire…, et d…. sait comme j’y excelle en général, mais pas dans un temps si court, MC.
PDP et D. @23.44 « On ne doit pas avoir la même couleur de bite, D. »- Dommage pour vous deux…
anafore/vdb@8.10 : « je préfère l’intelligence végétale plutôt que le ricanement débile de Pet comme Paris ». Moi itou. Il est vrai qu’il fait pas dans la dentelle en ce moment, Pédlapine, ché pas ce qu’il a. Feu au c. pas éteint, croyez ? (veut-ti remplacer l’boug ?).
Bah, tout ça, c’est pas bin important. Mme Jonquières ? J’ai point trop d’opinions.
Faut se mettre en forme matinale, marcher, il parait qu’il faut marcher citoyen, ça ralentit la planisphère. Salut aux potes de Lamothe-Beuvron et de Landivisiau.

Lavande dit: 13 octobre 2018 à 9 h 41 min

Phil 8h59 : pendant mon dernier voyage en TGV mon voisin m’a demandé si ça ne me dérangeait pas qu’il utilise la prise électrique. Je lui ai montré mon livre et je lui ai dit : « Pas de problème, moi j’ai un truc génial qui n’a pas besoin d’électricité ».

x dit: 13 octobre 2018 à 9 h 26 min

Phil, je n’ai pas de quoi me vanter (souvenirs d’une claustration dans le Cotentin pendant laquelle la lecture de Walden avait un effet soporifique ; il fallait la corne de brume, surnommée « vache de mer », ou le « bang » signalant le passage du Concorde, pour me tirer du sommeil)
c’est simplement que chacun suit la pente de ses intérêts.
(Ce qui me confirme dans le soupçon que Th. M. place la barre très haut et que je n’avais tout simplement pas le niveau pour suivre les joutes Naphta-Settembrini)

Phil dit: 13 octobre 2018 à 9 h 15 min

Nous allons demander à Anelyze commentelleseporte.
La cinémathèque rétrospective au choix, Bergman, Ingmar, et les films japonais d’avant la bombe. scandinaves ramollis socialistes en route pour harakiri. Redonnez-nous des rétrospectives ala Jean Delannoye.

christiane dit: 13 octobre 2018 à 9 h 14 min

Gisèle et M.C
Merci pour votre partage de War Requiem. J’ai pu mettre en place toutes les alternances entre le grand orchestre et celui plus réduit qui accompagne les trois solistes, le chœur d’enfants, le chœur d’adultes (excellent), en regardant la belle retransmission d’hier sur Mezzo.
(Un petit pincement au cœur, me souvenant de la remarque de Phil, quand au début et à la fin, les chœurs d’enfants ont offert ces passages aériens, un peu surnaturels comme hors de la guerre, ne la comprenant pas.)
Quelle douloureuse méditation sur la guerre. Britten avait souhaité, lors de la création que les trois solistes soient de trois nationalités évoquant le conflit : une soprano russe (latin), un ténor anglais, un baryton allemand chantant les poèmes d’Owen. C’est vraiment une œuvre chorale, une dramaturgie.
Le Kyrie eleison, doux et implorant, est bouleversant. Le Dies irae est terrible. Le dernier Amen est presque murmuré et ouvre au silence. Comment représenter la guerre ? Ni consolant, ni apaisante cette œuvre intense me plonge dans le drame et les horreurs des guerres.

x dit: 13 octobre 2018 à 9 h 03 min

Phil : et même « quadrilogie » !
Et cependant même cause, autres effets : Joseph und seine Brüder vol 1, 2, 3, 4 sont, de loin, les livre de Th. Mann que j’ai préférés.

Phil dit: 13 octobre 2018 à 8 h 59 min

dear baroz, constate simplement le désastre du ipodage généralisé, en voyage plus personne ne lit, tous regardent des films sur écran à taille de paquet de cigarettes et pas « Les Dames du bois de Boulogne ». Pas vu le dernier opus tiré de Diderot, trop déçu des visions d’un JP Léaud aérophagique agonisant Louis Quatorze dans un château portugais.

renato dit: 13 octobre 2018 à 8 h 57 min

Quelqu’un m’a dit que Plus belle la vie est le standard de compréhension de l’intellectuel actuel, et je suis plutôt d’accord.

christiane dit: 13 octobre 2018 à 8 h 51 min

@x dit: 13 octobre 2018 à 0 h 47 min
Vraiment excellent. Quel regard pertinent et subtile façon de l’écrire !

Jazzi dit: 13 octobre 2018 à 8 h 46 min

A la manière dont rose nous commente sa perception du film, on a l’impression qu’elle a vu une sorte de « Plus belle la vie » en costume d’époque XVIIIe !

Jazzi dit: 13 octobre 2018 à 8 h 34 min

« Lecture impossible à l’ère numérique papillonnante. »

Seriez-vous devenu un ipodé à pop corn, Phil ? Au fait, vous en pensez quoi de ce Mademoiselle de Jonquières, qui agite tant le Landerneau RDL ?

Phil dit: 13 octobre 2018 à 8 h 31 min

x, bien d’accord, les échanges naphta settembrini me tombent des mains, consolation de lire même effet chez Gide. Comme dans sa trilogie des « Joseph », Mann met tout, charge le mulet littéraire à plus soif. Lecture impossible à l’ère numérique papillonnante.

Anna Fort dit: 13 octobre 2018 à 8 h 10 min

23 heures 18 : je préfère l’intelligence végétale plutôt que le ricanement débile de Pet comme Paris

rose dit: 13 octobre 2018 à 8 h 01 min

– » Oui, il recommencera : il a le vice des femmes dans le sang ».
-le pauvre.
-non, la pauvre. elle va se faire plaquer. Pas lui.
Tu te demandes pourquoi ? Pourquoi il se case avec une prostituée ? C’est peut-être pour avoir accès à toutes les prostituées.
C’est un homme à femmes.
-Tu y crois toi à l’histoire d’amour ?
-Pas du tout.

rose dit: 13 octobre 2018 à 7 h 55 min

quant à et sur la poésie

http://dechargelarevue.com/I-D-no-775-Maltraitance-de-la-petite-soeur.html

effectivement l’auto édition, l’auto promotion l’autosatisfaction sont les.meilleures manières.de.faire tourner sa marmite.

critique, oui, bêtement oui, mais.surtout je m’enfoutiste.

Le.retrait dans ses terres durera le temps de la baise.
Lui sera fatigué avant qu’elle ne commence à l’être ; il retournera en cour et en fera un sujet de commérage, n’hésitant pas à user de sa femme pour alimenter les rires.

Et il vivra comme cela le marquis en tombant follement amoireux de la prochaine donzelle qui lui fera croire qu’il donnera sa vie.

rose dit: 13 octobre 2018 à 7 h 38 min

les poncifs c’est vraiment pénible : être marseillais, la caractéristique n’est pas d’arborer une mine réjouie.

Mais c’est inouï ce que nous avons le vent en poupe. Je l’ai constaté hier aux Terrasses du port. À nous Barcelone !

rose dit: 13 octobre 2018 à 7 h 31 min

vous savez le terme intelligent qui qualifie quelqu’un, désormais je doute : e.m intelligent comme le président : qu’en font-ils de leur intelligence ?

je connais de manière proche une femme d’une ontelligence brillante et monstrueuse, calculatrice, manipulatrice, dominatrice.

L’intérêt de la vie ne porterait il pas sur vivre heureux en ne nuosant pas à autrui ?

Tous ces développements ne m’empêchent pas d’avoir aimé ce film, révélateur des turpitudes humaines.

rose dit: 13 octobre 2018 à 7 h 15 min

oui je médis sur Mouret qui n’est pas un jeune homme.
48 ans il est un homme mûr. Il est de.ces.hommes pour qui la profession de cinéaste nourrit son vivier féminin.

Maintenant, comme pour beaucoup de choses, je m’en fous.
il est à l’image de son héros. Futile et primesautier.

Delaporte dit: 13 octobre 2018 à 2 h 49 min

C’est plus marrant et plus frappant quand on met le vrai nom :

« Emmanuel Mouret est d’un rang médiocre, mais des grands le souffrent ; il n’est pas savant, il a relation avec des savants ; il a peu de mérite, mais il connaît des gens qui en ont beaucoup ; il n’est pas habile, mais il a une langue qui peut servir de truchement et des pieds qui peuvent le porter d’un lieu à un autre ; c’est un homme né pour les allées et venues, pour écouter des propositions et les rapporter, pour en faire d’office, pour aller plus loin que sa commission et en être désavoué, pour concilier des gens qui se querellent à leur première entrevue, pour réussir dans une affaire et en manquer mille, pour se donner toute la gloire de la réussite et pour détourner sur les autres la haine d’un mauvais succès ; il sait les bruits communs, les historiettes de la ville ; il ne fait rien, il dit et il écoute ce que les autres font ; il est cinéaste… »

Delaporte dit: 13 octobre 2018 à 2 h 24 min

Emmanuel Mouret est un peut le Celse des Caractères de La Bruyère :

« Celse est d’un rang médiocre, mais des grands le souffrent ; il n’est pas savant, il a relation avec des savants ; il a peu de mérite, mais il connaît des gens qui en ont beaucoup ; il n’est pas habile, mais il a une langue qui peut servir de truchement et des pieds qui peuvent le porter d’un lieu à un autre ; c’est un homme né pour les allées et venues, pour écouter des propositions et les rapporter, pour en faire d’office, pour aller plus loin que sa commission et en être désavoué, pour concilier des gens qui se querellent à leur première entrevue, pour réussir dans une affaire et en manquer mille, pour se donner toute la gloire de la réussite et pour détourner sur les autres la haine d’un mauvais succès ; il sait les bruits communs, les historiettes de la ville ; il ne fait rien, il dit et il écoute ce que les autres font ; il est cinéaste… »

Delaporte dit: 13 octobre 2018 à 2 h 16 min

« Et Mouret changera de muse.
C’ est un consommateur.
Profondément machiste. »

Mouret n’est à mon avis pas « machiste » du tout. Je l’ai rencontré une fois. C’est un jeune homme très bien élevé, extrêmement gentil, mais intelligent. Il arbore toujours une mine réjouie de Marseillais, malgré une petite barbe de trois jours. Il a toujours un mot chaleureux et amical à vous dire. Il est bien avec tout le monde, et n’a aucun ennemi. Car en retour tout le monde l’aime bien, y compris les femmes, qui se trouvent valorisées par ses fictions jouées par de si belles actrices (dont la femme de Hollande, Julie Gayet). La sensibilité de Mouret, son tempérament d’artiste, sa jeunesse, en font une coqueluche du petit milieu théâtre et cinéma parisien. Ce jeune ira très haut, sans qu’on le taxe jamais d’être ambitieux, car la réussite est naturelle chez lui. Bref, un petit miracle, qui ne risque pas de faire pschitt immédiatement.

P. comme Paris dit: 13 octobre 2018 à 1 h 50 min

« Socialement et sentimentalement, dans l’histoire comme dans le film, les choses restent bien à leur place. Sans danger ! ».

Manque le knout.

rose dit: 13 octobre 2018 à 1 h 06 min

merci titixe de votre point de vue.
D’accord sur les chasses gardées.
Pense que Mme de La Pommeraye, très supérieure, considère que sortir ces femmes de leur bouge et leur donner une vie décente est suffisant en échange du rôle joué (à ce titre, ne les trouve pas complices du complot: elles subissent en échange d’ une nette amélioration de leur vie quotidienne.)
C comme les riches qui donnent un quignon de pain à un pauvre en pensant que c’ est bien suffisant pour lui. Ou le fils qui dit à sa mère  » ah 50 euros c’ est bien suffisant pour toi ».

c tjrs le même modèle : l’ oppresseur / l’ opprimé, sans que jamais les premiers n’ envisagent un renversement total des rôles.

En fait, ces deux femmes mère et fille sont depuis le destin dans le mauvais rôle et y resteront. La mère plongera dans l’ alcool pour oublier et la fille sera plaquée quand elle aura tout donné. Elle sera nue comme un vers et crue.
Et Mouret changera de muse.
C’ est un consommateur.
Profondément machiste.

renato dit: 13 octobre 2018 à 0 h 48 min

« Excusez-moi, dit-elle, mais n’êtes-vous pas une romancière japonaise très célèbre ? »

Il se peut que Deep, le traducteur, ait développé un problème profession/genre : « Si c’est un novelist il ne peut être qu’une femme »… À un moment, il faudra s’habituer aux sentiments et aux opinions des machines.

x dit: 13 octobre 2018 à 0 h 47 min

Melle de J., le film.
Le côté extraordinairement faux-cul (et très commun, voir nombre de « scènes de reconnaissance » au théâtre ou dans le roman) : dommage qu’elle(s) soi(en) p.tain(s), pauvresse(s) mais au moins elle est/sont de TRÈS bonne famille. Rien de révolutionnaire (encore moins que Pamela, celle de Richardson)

Et par ailleurs, s’agissant de la fille, p.tain mentalement vertueuse, p.tain mais pas chaudasse, ouf ! (il est précisé qu’elle manquait déplorablement de talent et d’initiatives pour ranimer la libido défaillante des clients) : la dissimulation ne concerne finalement que des « accidents » (certes essentiels pour l’époque quand il y a mariage), le fait qu’elle n’est pas « intacte », le genre de vie (le « métier ») pas sa nature profonde.

Tout le sel de la vengeance est supposé résider dans le contraste absolu entre l’austérité de surface, la piété supposée, jouée, outrée d’un côté, et la corruption profonde de l’autre. La satisfaction pour Mme de la P. devait consister à faire passer du noir pour du blanc. Or ici les larmes viennent laver la salissure ; elle n’a pas adhéré car ses sens n’étaient pas atteints. 1) Elle n’a pas pris de plaisir avant (hors amour-toujours) Elle ne fera pas de comparaisons éventuellement désavantageuses pour son mari s’il ne lui procurait pas une jouissance à laquelle elle aurait été habituée ou dont elle aurait au moins connu l’existence
2) elle, la femme donc, a souffert, elle a eu le CŒUR brisé à (presque) en mourir. (Lui a été furax, humilié, rabaissé devant les gens de son monde. Malheur de tête)

Enfin, lorsqu’une femme s’avise de prendre en main le récit, d’inventer une histoire dans laquelle l’homme trop vite lassé se ferait prendre (« le récit est un piège »), cela se retourne à chaque fois contre elle. — Une première fois quand elle prêche le faux (à propos d’elle-même, prétendant ne plus trouver la même saveur à leur relation) pour savoir le vrai. La ruse « marche » : elle apprend ce qu’il n’osait pas lui dire. Mais cela a aussi pour effet de le libérer de toute obligation (ne serait-ce que celle d’y « mettre les formes »), de tous remords (éventuels).
— Une seconde fois puisque la vengeance longuement mûrie la transforme en improbable Cupidon, en instrument du destin lui permettant de rencontrer une femme qui lui convient parfaitement (de beaucoup sa cadette à lui évidemment, mais plus jeune que Mme de la P.) là où il ne serait jamais allé la chercher ET de l’obliger à changer de vie, à se retirer sur ses terres, comme il l’avait fait imparfaitement avec elle (sur ses terres à elle). Cette fois ce changement radical ne repose pas seulement sur la force de sa volonté (fluctuante dans la durée) mais sur une nécessité extérieure (le ridicule mondain qui ne s’effacera pas de sitôt).

Enfin, l’anecdote 18e siècle (étirée démesurément) présente (peut-être involontairement) des échos contemporains : le personnage qui dénonce la façon de faire des hommes et l’impunité dont ils bénéficient, sur l’air de « unissons-nous mes sœurs » (si tout le monde faisait comme moi on n’en serait pas là) est aussi celle qui est parfaitement indifférente aux souffrances qu’elle va infliger aux instruments de sa vengeance : deux femmes qui ont déjà beaucoup souffert. La solidarité de façade n’est qu’exploitation.

De son côté le spectateur s’est passionné pour les affaires de cœur de deux premiers de cordée (de genre différent mais avec un niveau de vie commun), a regardé tranquillement les serviteurs transporter les fauteuils, les arbres à planter, etc. sans se soucier plus que les protagonistes de ce qui se passe en coulisse. Le travail reste hors champ et nous trouvons cela tout à fait normal. Le peuple, ah, le peuple mon bon monsieur, tout juste bon à la « grogne » et à la cupidité, voyez quand ils ramènent la noyée…
Quant au féminisme des spectateurs, il ne va pas jusqu’à leur faire s’étonner du sort de l’amie/confidente : elle n’avait qu’à être ravissante, délicieuse si elle voulait prétendre à un premier rôle.
Socialement et sentimentalement, dans l’histoire comme dans le film, les choses restent bien à leur place. Sans danger !

P. comme Paris dit: 13 octobre 2018 à 0 h 26 min

Maintenant, pour la banquette,
on peut attaquer Henry Valentine Miller…

Les champs de maïs arasés,
c’est pas mal tant que l’on a le dessus.

rose dit: 13 octobre 2018 à 0 h 24 min

Rt en passant, on ne dit pas « haussez fort » mais hissez fort.
Et là, il s’ agit de hisser les voiles.

rose dit: 13 octobre 2018 à 0 h 20 min

« Excusez-moi, dit-elle, mais n’êtes-vous pas une romancière japonaise très célèbre ? »

je ne peux que penser qie vous le faites exprès.

Or, dans la vie, les relatîons sociales peuvent intervenir hors provocation.

bien à vous

P. comme Paris dit: 13 octobre 2018 à 0 h 17 min

Le couple border/choquer est la base de toutes les manœuvres.
Auriez-vous un troisième oreiller.

« On s’est coincés Caroline, ma mère et moi-même, si bien ficelés sur la banquette, empaquetés de telle façon, si fort souqués dans les nippes et par les agrès que seule ma langue a dépassé (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 80). » Merci Oui/Qui.

Delaporte dit: 13 octobre 2018 à 0 h 17 min

« Mais alors, dites-moi, qu’est pour vous Mlle de Joncquières »
Delaporte à 20h47
« veuillez ne pas me pousser dans mes retranchements : je suis très partagée. »

Il y a de quoi.

rose dit: 13 octobre 2018 à 0 h 04 min

Si je puis me permettte, on dit souquez ferme. Choquez signifie donner du mou aux écoutes du foc ou de la grand-voile.

P. comme Paris dit: 12 octobre 2018 à 23 h 44 min

« Tout cela est honteux et l’image de la France en prend de nouveau un sale coup. »

On ne doit pas avoir la même couleur de bite, D.

x dit: 12 octobre 2018 à 23 h 23 min

Tiens, pour rester dans les « clefs » : mademoiselle des Touches dans Beatrix est un bien beau personnage.
(pour Ed, Jansen JJ, etc.)

x dit: 12 octobre 2018 à 23 h 21 min

Phil 14h 44 relation asymétrique :

— oui, cela me donne envie de relire La Montagne magique (je ne connaissais pas Borgese quand j’ai lu le roman de Mann pour la première fois ; j’en ai relu des passages par la suite, tout en évitant les conversations Naphta-Settembrini qui m’avaient paru assommantes)
— Je reconnais que mon ignorance était certainement pour beaucoup dans mon ennui, MAIS il me semble tout de même qu’il y a un problème sur le plan artistique s’il faut connaître le(s) « modèle(s) » pour pouvoir apprécier les échanges, si ça ne se tient pas tout seul (ou pour le dire autrement, si l’intérêt du lecteur est présupposé ou pré-requis, et non suscité).

— Inversement, cette « clef » sans doute propice (dans mon cas) à une meilleure lecture du roman de Th. Mann aurait risqué de compromettre ma lecture des romans de G.A. Borgese (je ne parle pas des essais politiques ou critiques), de diminuer ma disponibilité au texte.

D. dit: 12 octobre 2018 à 22 h 41 min

Cette interminable attente de remaniement n’est pas que ridicule, elle commence à avoir des effets dommageables, les cabinets ministériels tournent au grand ralenti.
Du jamais vu une fois encore, après la déplorable affaire Benalla, les récentes photos que vous savez et les innombrables petites phrases aussi maladroites que scandaleuses à l’égard des français.
Tout cela est honteux et l’image de la France en prend de nouveau un sale coup.

rose dit: 12 octobre 2018 à 21 h 50 min

Mais alors, dites-moi, qu’est pour vous Mlle de Joncquières

Delaporte à 20h47
veuillez ne pas me pousser dans mes retranchements : je suis très partagée.

D. dit: 12 octobre 2018 à 21 h 18 min

Janssen J-J dit: 12 octobre 2018 à 19 h 39 min

@ Merci renato pour le lien. Voici une traduction française de ce papier pour nos charmants téléspectateurs et internautes de la RDL. En prévision d’un prochain papier de Passoulovitch.
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La veille de notre rencontre à Manhattan, une femme a arrêté Haruki Murakami à Central Park, où il était venu pour sa course du matin. « Excusez-moi, dit-elle, mais n’êtes-vous pas une romancière japonaise très célèbre ? » Une façon un peu étrange de poser la question, mais Murakami a répondu de la manière habituelle et équitable. « J’ai dit : « Non, en fait, je ne suis qu’un écrivain. Mais quand même, c’est un plaisir de vous rencontrer ! Et puis on s’est serré la main. Quand les gens m’arrêtent comme ça, je me sens très étrange, parce que je ne suis qu’un type ordinaire. Je ne comprends pas vraiment pourquoi les gens veulent me rencontrer. »
Ce serait une erreur d’interpréter cela comme une fausse modestie, mais ce serait également une erreur de le voir comme un véritable malaise face à la célébrité : pour autant qu’on puisse en juger, le Murakami de 69 ans ne savoure ni n’aime sa célébrité mondiale. Son point de vue est plutôt celui d’un spectateur curieux, quoique un peu déconcerté – à la fois des histoires surréalistes qui émergent de son subconscient, et du fait qu’elles sont dévorées par des millions de lecteurs, en japonais et en traduction. Ce n’est certainement pas un hasard si le protagoniste typique de Murakami est un observateur tout aussi détaché : un homme dans la trentaine, placide, retiré socialement et souvent sans nom, qui semble plus intrigué qu’alarmé quand un coup de fil inexplicable, ou la recherche d’un chat perdu, le conduit dans un univers parallèle de rêve, habité de chiens en explosion, d’hommes en costume de mouton, de jeunes filles énigmatiques et de personnes sans visage.
« Quand la Russie changeait de l’Union soviétique – il y avait une grande confusion et mes livres étaient très populaires ».
Murakami a une théorie selon laquelle cette formule littéraire fascinante séduit particulièrement en période de chaos politique. « J’étais si populaire dans les années 1990 en Russie, à l’époque où ils étaient en train de quitter l’Union soviétique – il y avait beaucoup de confusion, et des gens dans la confusion comme mes livres », explique-t-il, sirotant de l’eau dans une salle de conférence dans les bureaux de son agence littéraire américaine. « En Allemagne, quand le mur de Berlin est tombé, il y a eu de la confusion – et les gens ont aimé mes livres. » Si c’est exact, l’Amérique de Donald Trump et Brexit Britain devraient s’avérer des marchés particulièrement fertiles pour son 14e roman, Killing Commendatore, une dose de 674 pages de haute bizarrerie de Murakami, traduit par Philip Gabriel et Ted Goossen et publié au Royaume-Uni le 9 octobre.
Tenter de résumer ses intrigues est un jeu d’enfant, mais il peut suffire de noter que le narrateur anonyme du livre est un portraitiste inconsolable, récemment abandonné par sa femme, dont la tentative d’échapper à tout cela dans les montagnes de l’est du Japon se transforme en une aventure élaborée, impliquant un mystérieux entrepreneur technologique, une cloche qui sonne spontanément dans la nuit, un sanctuaire souterrain – puits et autres chambres souterraines, ainsi que des chats perdus, sont une marque de fabrique de Murakami – et un soldat samouraï de deux pieds de haut qui jaillit de la toile d’un tableau que le narrateur découvre dans un grenier. (Pour l’auteur, dévot de la fiction de F Scott Fitzgerald depuis son adolescence, ces ingrédients se combinent pour constituer « un hommage à The Great Gatsby » – une affirmation qui devient un peu moins improbable à mesure que le nouveau roman avance).
Il est logique que l’œuvre de Murakami puisse s’avérer populaire en période d’anxiété politique : elle exerce un effet envoûtant, parfois presque sédatif sur le lecteur, l’étrangeté des développements de l’intrigue est atténuée par une platitude émotionnelle qui peut sembler un refuge réconfortant face au monde réel et ses extrêmes. Murakami a dit un jour à un intervieweur qu’il aimait le baseball  » parce que c’est ennuyeux « , et ses mémoires de 2007 What I Talk About When I Talk About Running vante le plaisir – si c’est le bon mot – de courir comme un répit après avoir trop ressenti.
Cependant, vous ne devez pas vous attendre à ce que Murakami vous dise ce que le contenu fantastique de son œuvre est censé signifier. Il opère à partir d’une confiance fondamentale dans son subconscient : si une image surgit de ce puits intérieur sombre, il se dit que, par définition, elle doit avoir un sens – et son travail est d’enregistrer ce qui surgit, plutôt que de l’analyser. (C’est un travail pour les « gens intelligents », dit-il, son visage se plissant en un sourire. « Et les écrivains n’ont pas besoin d’être intelligents. » Dans son roman Kafka sur le rivage de 2002, par exemple, il y a une scène où les poissons commencent à tomber du ciel, comme de la grêle. « Les gens me demandent :  » Pourquoi pêcher ? « Et pourquoi tombent-ils du ciel ? » Mais je n’ai pas de réponse pour eux. Je viens d’avoir l’idée que quelque chose devrait tomber du ciel. Alors je me suis demandé : qu’est-ce qui devrait tomber du ciel ? Et je me suis dit:’Poisson ! « Du poisson, ce serait bien.
« Et vous savez, si c’est ce qui me vient à l’esprit, il y a peut-être quelque chose de juste là-dedans – quelque chose du subconscient profond[qui résonne] chez le lecteur. Le lecteur et moi avons donc maintenant un lieu de rencontre secret sous terre, un lieu secret dans le subconscient. Et à cet endroit, il est peut-être tout à fait juste que les poissons tombent du ciel. C’est le lieu de rencontre qui compte, ne pas analyser le symbolisme ou quoi que ce soit du genre. Je laisse ça aux intellectuels. » Le sens que Murakami a de lui-même comme une sorte de pipeline – un conduit entre son subconscient et celui de ses lecteurs – est si prononcé qu’il s’arrête même, après s’être référé à lui-même en passant comme un « conteur naturel », pour faire une correction : « Non, je ne suis pas un conteur. Je suis un observateur d’histoires. » Sa relation à ces histoires est celle du rêveur à un rêve, ce qui peut expliquer pourquoi il prétend ne jamais rêver la nuit. « Peut-être qu’une fois par mois, je rêve », dit-il. « Mais d’habitude je ne le fais pas. Je pense que c’est parce que je peux rêver quand je suis réveillé, donc je n’ai pas à rêver quand je dors. »
Les moments clés de l’émergence de Murakami en tant qu’écrivain partagent ce sentiment d’avoir surgi de quelque part au-delà de son contrôle conscient. Né en 1949 à Kyoto, pendant l’occupation américaine de l’après-guerre au Japon, Murakami déçoit ses parents en délaissant une carrière d’entrepreneur pour ouvrir un club de jazz à Tokyo, Peter Cat, du nom de son animal domestique. Quelques années plus tard, il se trouvait dans les gradins d’un stade de baseball en train de regarder le ballon sortir de la batte d’un joueur américain nommé Dave Hilton, lorsqu’il a soudain réalisé qu’il pouvait écrire un roman, une épiphanie qui l’a conduit à Hear the Wind Sing (1979). Peu de temps après, lorsque le magazine littéraire japonais Gunzo l’a réveillé un week-end par un coup de fil l’informant que le roman avait été sélectionné pour le prix des nouveaux auteurs, il a raccroché, puis est parti se promener avec son épouse, Yoko. Ils ont trouvé un pigeon blessé qu’ils ont transporté au poste de police local. « Ce dimanche-là était clair et lumineux, et les arbres, les bâtiments et les vitrines des magasins brillaient de mille feux sous le soleil du printemps « , écrivit-il des années plus tard. « C’est là que ça m’a frappé. J’allais gagner le prix. Et j’allais devenir un romancier qui connaîtrait un certain succès. C’était une présomption audacieuse, mais j’étais sûr à ce moment-là que cela arriverait. Complètement sûr. Pas de façon théorique, mais directement et intuitivement. »
Dans les années 60, nous pensions que le monde s’améliorerait si nous essayions. Les gens d’aujourd’hui n’y croient pas, et c’est très triste ».
Au Japon, l’accueil de la critique a été lent. « J’étais un mouton noir dans le monde littéraire japonais « , se souvient Murakami – en partie parce que ses livres, avec leur absence de tout sentiment d’enracinement au Japon et leur multitude de références culturelles américaines, étaient considérés comme « trop américains ». (Aujourd’hui, en revanche, on parle régulièrement de lui comme l’un des principaux candidats au prix Nobel, bien qu’il ait retiré son nom du « prix Nobel alternatif » créé en réponse au report du prix de cette année, disant qu’il préférait se concentrer sur l’écriture). « Nés juste après la guerre, nous avons grandi dans la culture américaine : J’écoutais du jazz et de la pop américaine, je regardais des émissions de télévision américaines – c’était une fenêtre sur un autre monde. Mais de toute façon, j’ai de plus en plus mon propre style. Pas à la japonaise ou à l’américaine, mon style. »
En tout cas, quoi qu’en pensent les critiques, son succès commercial ne cesse de croître et atteint son apogée en 1987 avec Norwegian Wood, un conte de nostalgie de l’amour juvénile, qui se vend à 3,5 millions d’exemplaires en un an de sa publication. Il a été écrit d’une manière réaliste à laquelle Murakami ne reviendrait jamais dans ses romans – même si, après réflexion, il rejette l’idée que ses histoires de poissons tombés et de femmes surnaturellement fécondées ne sont pas réalistes. « C’est mon réalisme », dit-il. « J’aime beaucoup Gabriel García Márquez, mais je ne pense pas qu’il ait pensé à ce qu’il a écrit comme réalisme magique. C’était juste son réalisme. Mon style est comme mes lunettes : à travers ces lentilles, le monde a un sens pour moi. » Au fur et à mesure que sa stature grandissait, il a aussi commencé à perfectionner le quotidien d’écriture pour lequel il est sans doute maintenant aussi célèbre que pour n’importe quel roman : se lever à 4 heures du matin pour écrire pendant cinq ou six heures, produire 10 pages par jour avant une course d’au moins six miles, et peut-être nager. « Quand je suis devenu écrivain, j’ai décidé de mener une vie très solide : me lever tôt, me coucher tôt, aller au lit tôt, faire de l’exercice tous les jours « , dit Murakami. « Je crois que je dois être fort physiquement pour écrire des choses fortes » : il n’est peut-être qu’un pipeline, mais c’est son devoir de maintenir le pipeline en bon état de marche. De l’extérieur, ça semble fonctionner – il pourrait passer pour 50 – mais le rythme est aussi une source de bonheur profond, ce qui explique probablement l’allongement de ses livres. « Ce sont des journées agréables, donc plus il y a de jours, plus c’est amusant et plus il y a de pages « , dit-il. « Je ne sais vraiment pas pourquoi les gens aiment lire mes longs livres ».
Sa routine hyper-productive lui procure également une capacité excédentaire, qu’il utilise pour les nouvelles, les documentaires (notamment Underground, basé sur de nombreux entretiens avec des survivants de l’attaque au gaz sarin de 1995 dans le métro de Tokyo, ainsi qu’avec des membres du culte Aum Shinrikyo responsable) et pour répondre personnellement aux questions de ses lecteurs, non seulement sur ses livres mais aussi dans son rôle d’oncle angoissant. « ( » Trente ans m’attendent, mais je n’ai pas l’impression d’avoir accompli une seule chose « , commence l’une des 3 716 questions auxquelles il a répondu dans un livre électronique publié au Japon en 2015). Murakami est également l’un des principaux traducteurs de fiction américaine en japonais : Fitzgerald, Truman Capote, Grace Paley, JD Salinger, et plus récemment John Cheever.
Il aime lire son propre travail en traduction anglaise, parce que c’est comme lire un roman tout neuf. « Il faut un an ou deux pour traduire ces gros livres, dit-il. « Quand j’ai lu la traduction, j’ai tout oublié. » Il mime en tournant les pages avec excitation : « Que va-t-il se passer ? Et puis le traducteur m’appelle : « Salut, Haruki, comment as-tu aimé ma traduction ? Et je réponds : C’est une belle histoire ! « J’aime beaucoup ! »
Ce n’est que lorsque notre conversation se tourne vers la politique américaine, comme il le doit inévitablement, qu’il adopte quelque chose de plus proche d’une mission d’auteur. Lorsqu’on lui demande ce qu’il pense de la crise qui sévit dans le pays dont il affectionne tant la culture, il pense, en silence, pendant presque une minute entière. Puis il dit : « Quand j’étais adolescent, dans les années 60, c’était l’âge de l’idéalisme. Nous pensions que le monde s’améliorerait si nous essayions. Les gens d’aujourd’hui n’y croient pas, et je pense que c’est très triste. Les gens disent que mes livres sont bizarres, mais au-delà de la bizarrerie, il devrait y avoir un monde meilleur. C’est juste que nous devons faire l’expérience de la bizarrerie avant d’arriver dans un monde meilleur. C’est la structure fondamentale de mes histoires : il faut traverser les ténèbres, le sous-sol, avant d’arriver à la lumière. »
Ce qui ressemble à une forme d’espoir bien adaptée au moment présent. Un protagoniste de Murakami ne termine pas nécessairement le roman en ayant appris autant, encore moins dans un état de bonheur parfait ; mais il a généralement été délivré de son monde de rêve hors du commun vers un lieu d’équanimité et de calme. La vie est peut-être abominablement étrange, disent les livres de Murakami, mais les cauchemars s’arrêtent là. Vous pouvez retrouver votre chat perdu. – Killing Commendatore est publié par Harvill Secker.

(Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator)

NB de Janssen J-J : Ce nouveau logiciel de traduction allemand gratuit est extraordinaire. Google translator peut aller se rhabiller à côté)

Oui c’est une belle traduction, mais est-ce la meilleure ? 🤔

Janssen J-J dit: 12 octobre 2018 à 20 h 53 min

Cher Passoul, la somme de notre estimé JM Berlière est enfin sortie chez Perrin avec une belle préface de Modiano.
A disposer sur votre mur de gauche. Vous allez le recevoir en service de presse. Ne le manquez surtout pas !

BERLIERE Jean-Marc,
Polices des temps noirs. Préface de Patrick Modiano.
Paris, Perrin, 2018, 1357 pages, 35 Euros

Présentation éditeur
__________
La  » police  » qui est au centre de ce travail est à comprendre au sens le plus
large, soit les polices proprement dites
– françaises, allemandes, officielles et
officieuses, en uniforme ou en civil, de zone libre ou occupée –, mais aussi
les organes d’une chaîne répressive que l’occupation allemande, les nazis et
le caractère autoritaire de Vichy ont multipliée et à laquelle participent des
catégories innombrables : douaniers, gardiens de camp et de prison, agents
de la police économique… Enfin, comment oublier toutes ces  » officines « , ces
 » milices « , ces  » services « , généralement officieux, travaillant au service des
Allemands, des partis ou groupuscules collaborationnistes et responsables
de tant de drames dans la Résistance ? Histoire, organisation, missions,
effectifs, armements, répartition géographique, mais aussi concurrences,
tout est ici remarquablement décrit et analysé.Néanmoins ce livre a l’ambition d’être aussi un outil de réflexion, de
synthèse, n’évitant pas les questionnements gênants le plus souvent
soigneusement contournés, les contradictions, les hypothèses iconoclastes ou politiquement incorrectes parce qu’elles dépassent le manichéisme attaché à cette période, au sujet d’acteurs qui ne sont réductibles à aucune
opposition simpliste.
Jean-Marc Berlière offre ainsi une somme
exceptionnelle, appelée à faire date, sur toutes les forces de police durant la
Collaboration.
______________

Delaporte dit: 12 octobre 2018 à 20 h 47 min

« bien ridicule la maman et la putain.
i-e : les femmes ne sont pas des putains, tenez le vous le pour dit. »

Mais alors, dites-moi, qu’est pour vous Mlle de Joncquières ? Une sainte ?

rose dit: 12 octobre 2018 à 20 h 44 min

D. dit: 12 octobre 2018 à 16 h 40 min


Oh ben si. égaux sommes, je pense.

c’est très beau D.
Pour moi, vous décrivez un idéal, utopique.
Merci quand même.

rose dit: 12 octobre 2018 à 20 h 42 min

D. dit: 12 octobre 2018 à 16 h 41 min
Merci, Édouarde, pour ces précisions.
Et cela va vous faire plaisir : je vois considère comme mon égale.

Évidemment, entre mecs, pas trop compliqué. On partage les bénéfs.

Delaporte dit: 12 octobre 2018 à 20 h 37 min

Diderot, sans vraiment le faire exprès, fait l’apologie du mariage chrétien. Mais c’est comme un vengeance du féminisme, en fait. Aujourd’hui, le féminisme grandiose a rejoint la morale sonnante et trébuchante. Et pourtant sa fable nous parle te nous plaît toujours autant.

Delaporte dit: 12 octobre 2018 à 20 h 34 min

Diderot prend d’ailleurs parti pour Mme de La Pommeraye, si vous lisez le texte. Elle une ancêtre des grandes féministes. Que de chemin parcouru jusqu’à Ulrike Meinhof. Quant à Edouard Baer, c’est vrai qu’en petit marquis bien gras et rongé par la syphilis il rend peu plausible le dénouement, qui est pourtant chrétien et catholique avant la lettre. Au fond, combien d’hommes ne rêvent-ils pas d’un tel mariage, voyez la Maman et la Putain de Jean Eustache, exemple flagrant.

Lavande dit: 12 octobre 2018 à 20 h 32 min

Phil : d’accord avec vous.
Avis aux amateurs:
Le disque sera en vente à la galerie Perrotin (Paris 3e), à partir du 13 octobre, au prix de 120 euros.

rose dit: 12 octobre 2018 à 20 h 30 min

Ce soir, il est à l’Alhambra Emmanuel Mouret, il eût été possible de lui poser quatre questions.
Que l’on ne vienne pas me dire que l’équilibre amoureux se niche chez les cinquantenaires épousant des nymphettes, ou des chinoises acculturées.

Par exemple, les deux parents des jeunes gens botanistes en herbe, mis en ligne par Lavande m’ont paru respirer une harmonie de couple enviable, lié à-j’imagine, des valeurs partagées dont leur fonction de naturalistes et un respect mutuel inaliénable.

rose dit: 12 octobre 2018 à 20 h 19 min

Quand à la beauté de la belle, mise sur le trottoir par sa mère, le soor, y avait une fiction sur la 4 (?) avec un avatar garçon de l’air et une fille aux cheveux blanc reine des eaux. Je l’ai trouvée splendide cette fille là.

rose dit: 12 octobre 2018 à 20 h 16 min

Edouard Bauer m’a autant passionnée par sa veulerie constante et son imbécilité première : ne va-t’il pas, le benêt, confier ses histoires de q. à son ancienne amoureuse en toute impunité.
Jusqu’à l’humiliation finale qui le couvre de honte.

Et là, on atteint un sommet autant imbécile que le dit personnage : le soi-disant mariage heureux.
Je me.gausse.
Du haut de ses quarante huit ans, Mouret nous fait croire à une fin heureuse et pacifiée et « merci de m’avoir fait rencontrer ma femme ».
Or, si sa fonction putassière est gentiment occultée parce que son âme est belle, mazette, à la demoiselle constamment bernée dans le commerce de son corps, il lui reste sa jeunesse vivifiante et c’est cela et rien d’autre qui sera transfusion sanguine au marquis : décati et à jamais libertin.
Non, ce ne sera pas un mariage heureux, ni une histoire d’amour et après consommation jusqu’à écoeurement, et/ou lassitude, il larguera la donzelle, qui, je l’espère, aura eu la présence d’esprit de thésauriser.

Elle trouvera ensuite de quoi se remarier, avec quelque force morale liée à ses biens.

La marquise de Pommeray (tel le passage de Nantes) elle, ne trouvera pas à se marier : idéaux trop élevés. Elle consacrera peut-être son énergie à des orphelins qu’elle éduquera patiemment.

Le marquis, lui, finira seul et avec la syphillis.

Les dialogues amoureux au début du film m’ont paru relever de la séduction : leur point d’ orgue étant leur confrontation quant au sentiment amoureux au bout de qq. années.
J’ai aimé cette peinture lucide et corrosive de relations retorses. Seule la fin en happy end m’a paru improbable.

christiane dit: 12 octobre 2018 à 19 h 57 min

@Janssen J-J dit: 12 octobre 2018 à 19 h 39 min
Merci pour la traduction. Ce texte est vraiment intéressant pour le mieux connaitre.

Phil dit: 12 octobre 2018 à 19 h 50 min

Dear Lavande, la dernière production artistique de S. Calle consacrée à son défunt chat, quarante chanteurs à son service mortuaire, frise l’indécence. Double indécence avec LeMonde qui célèbre la sortie « artistique » en une.

rose dit: 12 octobre 2018 à 19 h 49 min

>D

j’ai beaucoup apprécié La demoiselle de Joncquières.
L’élégance des costumes : fort étonnée par une espèce de petite cape -à 5 plis ?- dans le milieu du dos de la robe des dames et demoiselles.
L’harmonie des tons, saumon, vert dans des nuances diverses.
Les noirs et gris de madame et mademoiselle de Joncquières dans leur période de chasteté révérente.
Bcp apprécié les coiffures et les cheveux dénoués et les colifichets.
Moins attentive aux décors vaisselle et argenterie, c’est vrai.

Les personnages m’ont fascinée ; comme Lavande, je n’avais pas lu le texte de Jacques le Fataliste de Diderot, dont Emmanuel Mouret s’est librement inspiré, et n’ai pas été gênée par la tournure prise.

À mes yeux, la marquise de Pommeray (éblouissante Cécile de France) se leurre et encore et encore.
Dès le début, elle croit que le marquis va changer : bel aveuglement.
Puis lorsqu’elle croit lui apprendre à traiter autrement les femmes (c’est ainsi qu’elle argumente lorsque madame de Joncquières lui brandit le tesson à bouteille sur sa gorge, e k’avait aussi expliqué à son amie de cour).
Puis, elle se leurre encore lorsqu’in fine, elle assène « mon coeur est en paix ».
La vengeance n’a jamais conduit à mener un coeur à la paix.

J’ai été attentive à.comment elle conduit sa vengeance, d’une froideur vipérine.destinée à masquer son orgueil bafoué. Incessamment, je pensais à la comtesse (?) de Merteuil dans les Liaisons dangereuses.
La rouerie des deux amies qui conspirent et la bassesse des histoires de cour, tout cela m’a fascinée.

Janssen J-J dit: 12 octobre 2018 à 19 h 39 min

@ Merci renato pour le lien. Voici une traduction française de ce papier pour nos charmants téléspectateurs et internautes de la RDL. En prévision d’un prochain papier de Passoulovitch.
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La veille de notre rencontre à Manhattan, une femme a arrêté Haruki Murakami à Central Park, où il était venu pour sa course du matin. « Excusez-moi, dit-elle, mais n’êtes-vous pas une romancière japonaise très célèbre ? » Une façon un peu étrange de poser la question, mais Murakami a répondu de la manière habituelle et équitable. « J’ai dit : « Non, en fait, je ne suis qu’un écrivain. Mais quand même, c’est un plaisir de vous rencontrer ! Et puis on s’est serré la main. Quand les gens m’arrêtent comme ça, je me sens très étrange, parce que je ne suis qu’un type ordinaire. Je ne comprends pas vraiment pourquoi les gens veulent me rencontrer. »
Ce serait une erreur d’interpréter cela comme une fausse modestie, mais ce serait également une erreur de le voir comme un véritable malaise face à la célébrité : pour autant qu’on puisse en juger, le Murakami de 69 ans ne savoure ni n’aime sa célébrité mondiale. Son point de vue est plutôt celui d’un spectateur curieux, quoique un peu déconcerté – à la fois des histoires surréalistes qui émergent de son subconscient, et du fait qu’elles sont dévorées par des millions de lecteurs, en japonais et en traduction. Ce n’est certainement pas un hasard si le protagoniste typique de Murakami est un observateur tout aussi détaché : un homme dans la trentaine, placide, retiré socialement et souvent sans nom, qui semble plus intrigué qu’alarmé quand un coup de fil inexplicable, ou la recherche d’un chat perdu, le conduit dans un univers parallèle de rêve, habité de chiens en explosion, d’hommes en costume de mouton, de jeunes filles énigmatiques et de personnes sans visage.
« Quand la Russie changeait de l’Union soviétique – il y avait une grande confusion et mes livres étaient très populaires ».
Murakami a une théorie selon laquelle cette formule littéraire fascinante séduit particulièrement en période de chaos politique. « J’étais si populaire dans les années 1990 en Russie, à l’époque où ils étaient en train de quitter l’Union soviétique – il y avait beaucoup de confusion, et des gens dans la confusion comme mes livres », explique-t-il, sirotant de l’eau dans une salle de conférence dans les bureaux de son agence littéraire américaine. « En Allemagne, quand le mur de Berlin est tombé, il y a eu de la confusion – et les gens ont aimé mes livres. » Si c’est exact, l’Amérique de Donald Trump et Brexit Britain devraient s’avérer des marchés particulièrement fertiles pour son 14e roman, Killing Commendatore, une dose de 674 pages de haute bizarrerie de Murakami, traduit par Philip Gabriel et Ted Goossen et publié au Royaume-Uni le 9 octobre.
Tenter de résumer ses intrigues est un jeu d’enfant, mais il peut suffire de noter que le narrateur anonyme du livre est un portraitiste inconsolable, récemment abandonné par sa femme, dont la tentative d’échapper à tout cela dans les montagnes de l’est du Japon se transforme en une aventure élaborée, impliquant un mystérieux entrepreneur technologique, une cloche qui sonne spontanément dans la nuit, un sanctuaire souterrain – puits et autres chambres souterraines, ainsi que des chats perdus, sont une marque de fabrique de Murakami – et un soldat samouraï de deux pieds de haut qui jaillit de la toile d’un tableau que le narrateur découvre dans un grenier. (Pour l’auteur, dévot de la fiction de F Scott Fitzgerald depuis son adolescence, ces ingrédients se combinent pour constituer « un hommage à The Great Gatsby » – une affirmation qui devient un peu moins improbable à mesure que le nouveau roman avance).
Il est logique que l’œuvre de Murakami puisse s’avérer populaire en période d’anxiété politique : elle exerce un effet envoûtant, parfois presque sédatif sur le lecteur, l’étrangeté des développements de l’intrigue est atténuée par une platitude émotionnelle qui peut sembler un refuge réconfortant face au monde réel et ses extrêmes. Murakami a dit un jour à un intervieweur qu’il aimait le baseball  » parce que c’est ennuyeux « , et ses mémoires de 2007 What I Talk About When I Talk About Running vante le plaisir – si c’est le bon mot – de courir comme un répit après avoir trop ressenti.
Cependant, vous ne devez pas vous attendre à ce que Murakami vous dise ce que le contenu fantastique de son œuvre est censé signifier. Il opère à partir d’une confiance fondamentale dans son subconscient : si une image surgit de ce puits intérieur sombre, il se dit que, par définition, elle doit avoir un sens – et son travail est d’enregistrer ce qui surgit, plutôt que de l’analyser. (C’est un travail pour les « gens intelligents », dit-il, son visage se plissant en un sourire. « Et les écrivains n’ont pas besoin d’être intelligents. » Dans son roman Kafka sur le rivage de 2002, par exemple, il y a une scène où les poissons commencent à tomber du ciel, comme de la grêle. « Les gens me demandent :  » Pourquoi pêcher ? « Et pourquoi tombent-ils du ciel ? » Mais je n’ai pas de réponse pour eux. Je viens d’avoir l’idée que quelque chose devrait tomber du ciel. Alors je me suis demandé : qu’est-ce qui devrait tomber du ciel ? Et je me suis dit:’Poisson ! « Du poisson, ce serait bien.
« Et vous savez, si c’est ce qui me vient à l’esprit, il y a peut-être quelque chose de juste là-dedans – quelque chose du subconscient profond[qui résonne] chez le lecteur. Le lecteur et moi avons donc maintenant un lieu de rencontre secret sous terre, un lieu secret dans le subconscient. Et à cet endroit, il est peut-être tout à fait juste que les poissons tombent du ciel. C’est le lieu de rencontre qui compte, ne pas analyser le symbolisme ou quoi que ce soit du genre. Je laisse ça aux intellectuels. » Le sens que Murakami a de lui-même comme une sorte de pipeline – un conduit entre son subconscient et celui de ses lecteurs – est si prononcé qu’il s’arrête même, après s’être référé à lui-même en passant comme un « conteur naturel », pour faire une correction : « Non, je ne suis pas un conteur. Je suis un observateur d’histoires. » Sa relation à ces histoires est celle du rêveur à un rêve, ce qui peut expliquer pourquoi il prétend ne jamais rêver la nuit. « Peut-être qu’une fois par mois, je rêve », dit-il. « Mais d’habitude je ne le fais pas. Je pense que c’est parce que je peux rêver quand je suis réveillé, donc je n’ai pas à rêver quand je dors. »
Les moments clés de l’émergence de Murakami en tant qu’écrivain partagent ce sentiment d’avoir surgi de quelque part au-delà de son contrôle conscient. Né en 1949 à Kyoto, pendant l’occupation américaine de l’après-guerre au Japon, Murakami déçoit ses parents en délaissant une carrière d’entrepreneur pour ouvrir un club de jazz à Tokyo, Peter Cat, du nom de son animal domestique. Quelques années plus tard, il se trouvait dans les gradins d’un stade de baseball en train de regarder le ballon sortir de la batte d’un joueur américain nommé Dave Hilton, lorsqu’il a soudain réalisé qu’il pouvait écrire un roman, une épiphanie qui l’a conduit à Hear the Wind Sing (1979). Peu de temps après, lorsque le magazine littéraire japonais Gunzo l’a réveillé un week-end par un coup de fil l’informant que le roman avait été sélectionné pour le prix des nouveaux auteurs, il a raccroché, puis est parti se promener avec son épouse, Yoko. Ils ont trouvé un pigeon blessé qu’ils ont transporté au poste de police local. « Ce dimanche-là était clair et lumineux, et les arbres, les bâtiments et les vitrines des magasins brillaient de mille feux sous le soleil du printemps « , écrivit-il des années plus tard. « C’est là que ça m’a frappé. J’allais gagner le prix. Et j’allais devenir un romancier qui connaîtrait un certain succès. C’était une présomption audacieuse, mais j’étais sûr à ce moment-là que cela arriverait. Complètement sûr. Pas de façon théorique, mais directement et intuitivement. »
Dans les années 60, nous pensions que le monde s’améliorerait si nous essayions. Les gens d’aujourd’hui n’y croient pas, et c’est très triste ».
Au Japon, l’accueil de la critique a été lent. « J’étais un mouton noir dans le monde littéraire japonais « , se souvient Murakami – en partie parce que ses livres, avec leur absence de tout sentiment d’enracinement au Japon et leur multitude de références culturelles américaines, étaient considérés comme « trop américains ». (Aujourd’hui, en revanche, on parle régulièrement de lui comme l’un des principaux candidats au prix Nobel, bien qu’il ait retiré son nom du « prix Nobel alternatif » créé en réponse au report du prix de cette année, disant qu’il préférait se concentrer sur l’écriture). « Nés juste après la guerre, nous avons grandi dans la culture américaine : J’écoutais du jazz et de la pop américaine, je regardais des émissions de télévision américaines – c’était une fenêtre sur un autre monde. Mais de toute façon, j’ai de plus en plus mon propre style. Pas à la japonaise ou à l’américaine, mon style. »
En tout cas, quoi qu’en pensent les critiques, son succès commercial ne cesse de croître et atteint son apogée en 1987 avec Norwegian Wood, un conte de nostalgie de l’amour juvénile, qui se vend à 3,5 millions d’exemplaires en un an de sa publication. Il a été écrit d’une manière réaliste à laquelle Murakami ne reviendrait jamais dans ses romans – même si, après réflexion, il rejette l’idée que ses histoires de poissons tombés et de femmes surnaturellement fécondées ne sont pas réalistes. « C’est mon réalisme », dit-il. « J’aime beaucoup Gabriel García Márquez, mais je ne pense pas qu’il ait pensé à ce qu’il a écrit comme réalisme magique. C’était juste son réalisme. Mon style est comme mes lunettes : à travers ces lentilles, le monde a un sens pour moi. » Au fur et à mesure que sa stature grandissait, il a aussi commencé à perfectionner le quotidien d’écriture pour lequel il est sans doute maintenant aussi célèbre que pour n’importe quel roman : se lever à 4 heures du matin pour écrire pendant cinq ou six heures, produire 10 pages par jour avant une course d’au moins six miles, et peut-être nager. « Quand je suis devenu écrivain, j’ai décidé de mener une vie très solide : me lever tôt, me coucher tôt, aller au lit tôt, faire de l’exercice tous les jours « , dit Murakami. « Je crois que je dois être fort physiquement pour écrire des choses fortes » : il n’est peut-être qu’un pipeline, mais c’est son devoir de maintenir le pipeline en bon état de marche. De l’extérieur, ça semble fonctionner – il pourrait passer pour 50 – mais le rythme est aussi une source de bonheur profond, ce qui explique probablement l’allongement de ses livres. « Ce sont des journées agréables, donc plus il y a de jours, plus c’est amusant et plus il y a de pages « , dit-il. « Je ne sais vraiment pas pourquoi les gens aiment lire mes longs livres ».
Sa routine hyper-productive lui procure également une capacité excédentaire, qu’il utilise pour les nouvelles, les documentaires (notamment Underground, basé sur de nombreux entretiens avec des survivants de l’attaque au gaz sarin de 1995 dans le métro de Tokyo, ainsi qu’avec des membres du culte Aum Shinrikyo responsable) et pour répondre personnellement aux questions de ses lecteurs, non seulement sur ses livres mais aussi dans son rôle d’oncle angoissant. « ( » Trente ans m’attendent, mais je n’ai pas l’impression d’avoir accompli une seule chose « , commence l’une des 3 716 questions auxquelles il a répondu dans un livre électronique publié au Japon en 2015). Murakami est également l’un des principaux traducteurs de fiction américaine en japonais : Fitzgerald, Truman Capote, Grace Paley, JD Salinger, et plus récemment John Cheever.
Il aime lire son propre travail en traduction anglaise, parce que c’est comme lire un roman tout neuf. « Il faut un an ou deux pour traduire ces gros livres, dit-il. « Quand j’ai lu la traduction, j’ai tout oublié. » Il mime en tournant les pages avec excitation : « Que va-t-il se passer ? Et puis le traducteur m’appelle : « Salut, Haruki, comment as-tu aimé ma traduction ? Et je réponds : C’est une belle histoire ! « J’aime beaucoup ! »
Ce n’est que lorsque notre conversation se tourne vers la politique américaine, comme il le doit inévitablement, qu’il adopte quelque chose de plus proche d’une mission d’auteur. Lorsqu’on lui demande ce qu’il pense de la crise qui sévit dans le pays dont il affectionne tant la culture, il pense, en silence, pendant presque une minute entière. Puis il dit : « Quand j’étais adolescent, dans les années 60, c’était l’âge de l’idéalisme. Nous pensions que le monde s’améliorerait si nous essayions. Les gens d’aujourd’hui n’y croient pas, et je pense que c’est très triste. Les gens disent que mes livres sont bizarres, mais au-delà de la bizarrerie, il devrait y avoir un monde meilleur. C’est juste que nous devons faire l’expérience de la bizarrerie avant d’arriver dans un monde meilleur. C’est la structure fondamentale de mes histoires : il faut traverser les ténèbres, le sous-sol, avant d’arriver à la lumière. »
Ce qui ressemble à une forme d’espoir bien adaptée au moment présent. Un protagoniste de Murakami ne termine pas nécessairement le roman en ayant appris autant, encore moins dans un état de bonheur parfait ; mais il a généralement été délivré de son monde de rêve hors du commun vers un lieu d’équanimité et de calme. La vie est peut-être abominablement étrange, disent les livres de Murakami, mais les cauchemars s’arrêtent là. Vous pouvez retrouver votre chat perdu. – Killing Commendatore est publié par Harvill Secker.

(Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator)

NB de Janssen J-J : Ce nouveau logiciel de traduction allemand gratuit est extraordinaire. Google translator peut aller se rhabiller à côté)

christiane dit: 12 octobre 2018 à 19 h 26 min

Voici le texte de Di Brazza. pages 100 à 102 du premier recueil Chochottes blues (éd. L’esprit de suite)

Odilon
« Si au moins ils l’avaient tué. S’ils l’avaient tué. Même pas. Même pas : regarde. Moi je peux pas. Je peux pas regarder. Où sont ses mains, dis ? Où sont-elles ces mains brassant le ciel, halant sur les cordages ? Ses doigts si longs, si fins : qu’en ont-ils fait ? Et sa tête ou le jasmin courait, sa tête couverte des lianes du fruit de la passion : qu’en ont-ils fait de cette tête ? Du bois mort. Voilà ce qu’ils ont fait de cette tête, de ces mains, de ces bras : du bois mort. Comment, pourquoi ils ont fait ça, eux qui vont mourir ? Ils voulaient voir la mer, dis-tu. Mon arbre les gênait. Et alors ? Les gens qui vont mourir n’ont pas le droit de reprocher aux arbres d’être encore là, encore et toujours là et toujours là bien après eux. Trois ans, t’entends, trois ans qu’ils vont et viennent autour de mon jardin comme des mouches. Jamais foutus de dire bonjour. Ni à moi ni à personne depuis qu’ils habitent ici (…)
Celui-ci, c’était mon préféré. C’est pas moi qui l’ai mis au monde. Il est venu tout seul. Sans que je l’appelle. Ce genre d’arbre, on dit c’est des arbres de rien. Parce que ça donne rien. Pas de fruits. Pas de fleurs. Ou si peu. Et si petites. (…) Cet arbre c’était un miracle.(…)
Quand ils sont venus, dans ce début d’après-midi, sous ce soleil si écrasant, avec leur grande échelle et leurs scies qui riaient de toutes leurs dents, je leur ai dit (…)
Moi j’ai rien regardé. Je pouvais pas. Je pouvais pas être là.(…)
Dis-moi : as-tu jamais entendu le bruit terrible que ça fait une ombre quand on la précipite à terre ? L’as-tu jamais entendu ? Ce bruit là, ce cri terrifiant : on ne s’en remet pas. Ce cri c’est le cri du fils qui s’en va. Du fils perdu.(…)
Approche-toi petit. Oui oui : approche. Sais-tu parler aux arbres ? As-tu jamais appris ? Veux-tu essayer ? (…) »

christiane dit: 12 octobre 2018 à 18 h 59 min

@Janssen J-J dit: 12 octobre 2018 à 17 h 54 min
Pas de problème pour votre réaction. Je voulais seulement interroger ces mots sans aucune ironie. J’aime les arbres et vous le savez. Passerais-je mon temps à les dessiner si tel n’était pas le cas ? Mais je n’ai jamais penser les comprendre même s’ils sont des êtres vivants comme les plantes, même s’ils jouent un rôle important dans nos paysages et nos vies. Bien sûr que j’ai été sensible à cet homme et son fils qui photographient leur arbre tous les jours. Bien sûr que j’aime les arbres étranges de Renato. Pour autant je ne sais pas s’ils sont « splendides » hors du regard humain, ce sentiment de la beauté du monde naissant de notre conscience. Et je ne sais si une relation de compréhension me lie à eux…
Puisqu’ici beaucoup laissent un texte qu’ils ont écrit, je vais vous offrir un très beau texte, écrit par un ami maintenant mort. Il l’avait créé, au milieu d’autres sur son blog puis les avait édités. Un jour j’ai reçu ses quatre livres… Il intervenait souvent sur l’ancien blog de Passou et sur celui de Paul Edel avec sa signature abrégée DB pour Di Brazza.

Paul Edel dit: 12 octobre 2018 à 18 h 18 min

Ed
La place tenue par Zulma est si importante, sur tant d’années, qu’on peut admettre que ces lettres abondantes, vraie conversation tres franches, ont fait évoluer Balzac au fil du temps. Il attendait beaucoup de ses jugements, qui étaient toujours fiables et pertinents, n’ayant pas grande confiance dans les critiques de l’époque.. Et surtout il écoutait avec intérêt les suggestions de corrections de Zulma et ses idées amplement développées sur les femmes .
Pour cet homme devenu soudain célèbre avec sa « Physiologie du mariage »et qui se voulait « réaliste », et greffier de son époque, les conseils de Zulma étaient précieux et des guides. .. Lorsqu’il dédie « la maison Nucingen » à Zulma, il ne ment pas et ne flatte pas quand il dit qu’elle fait partie du tout petit cercle des lectrices (il en a nommé 3) dont il attend les jugements.
Il écrit :» Vous avez le courage de m’aider à arracher les mauvaises herbes de mon champ. » . Le 2 aout 1833, une longue lettre passionnante de Zulma lui parle de « Ferragus » qu’elle vient de découvrir.. Elle juge : « Ferragus est superbe, mais il a des taches qu’il faut lui enlever, parce qu’elles dénottent(sic) de l’irréflexion et que cela ne vous va pas. La grisette est de trop, toujours. Vous avez placé la lettre trouvée en mauvais lieu, etc. etc. (..) Mais c’est une discussion longue ; je ne l’entamerai dans une lettre qu’alors que j’aurai perdu l’espoir de la soutenir de vive voix avec vous. »

closer dit: 12 octobre 2018 à 18 h 16 min

Article très élogieux dans le TLS (pour les rarissimes RdLiens qui ne la connaîtrait pas, il s’agit du Times Litterary Supplement, le plus prestigieux magazine littéraire de langue anglaise avec la NYR of Books) sur Jean d’Ormesson à l’occasion de la réédition de la version anglaise de « La Gloire de l’Empire ». J’apprends que ce titre a fait l’objet de nombreuses traductions à sa parution en 1971, ce qui contredit certains propos condescendants exprimés ici sur le caractère purement franchouillard de notre regretté Jean d’O.

« Return of a french classic » « Jean d’O wants us to takee seriously the book’s opening epigraph that « history is a novel that happened, a novel is history that might happen… »

Janssen J-J dit: 12 octobre 2018 à 18 h 03 min

Il faut bien avouer que j’ai toujours eu une légère faiblesse pour le personnage de Marie-Louise Anaïs de Bargeton, née Negrepelisse.

Janssen J-J dit: 12 octobre 2018 à 17 h 58 min

2 rectifs…

Haruki M. et la chorégraphie de Gisèle, ça va mieux en le précisant…. et basta pour le reste.

Janssen J-J dit: 12 octobre 2018 à 17 h 54 min

@14.22 Oui, j’ai lu naguère « Traversée de la mangrove, de MC, épicétout. Dois-je vous donner mon compte rendu ?

OK Ch. je m’apprête à regarder le concert Britten sur mezzo., car j’ai fini pas m’équiper de cette chaîne à raison de 10 euros/mois et je ne regrette pas mon investissement. Cela a remplacé avantageusement la chaine cultureuse arte qui sombré + en + dans la facilité ces derniers temps,

@16.38 mais ejer épndais à CH. puisqu’ele m’avait posé une question. Un peu vivement je l’ai remarqué après coup et le regrette. Je ne coprends pas votre « inutile d’insister ». Non, je n’ai pas lu Stefano Mancuso, mais je vais tout faire pour le découvrir, je sais qu’il a bien inspiré Powers.

@ P.E., Ni ne connaissais Zulma Carraud. Etait-elle aussi pour H. de Balzac ce qu’était Constance Quéniaut pour G. Courbet. Ou plutôt une égérie n’ayant rien à voir ?

Je tiens à signaler que je n’avais jamais douté pour ma part que Gisèle fût une femme. Suis bien content qu’on en convienne, mais ne sais pas très bien pourquoi : le besoin de sentir une adéquation entre un prénom assez laid (depuis qu’on en a fait un opéra des plus lourds), et la possiblité d’une jolie personne, sans doute ou peut-être.

Je viens d’acheter les 2 tomes du dernier Murakami (le meurtre du commandeur), nouvelle tuerie : 23,90 € chacun… ils s’emmerdent pas chez Belfond. Mais c un tel plaisir en perspective, Huraki, qu’on fait parfois n’importe quoi. On réfléchit pas. Pourquoi pas un seul, et pi après, on voit.

Delaporte dit: 12 octobre 2018 à 17 h 37 min

C’est une bizarrerie de lui faire porter des bottes, même à la campagne. Moyennant quoi, Baer a du mal à se mouvoir. Il est sûrement en surpoids, et cela se voit.

Delaporte dit: 12 octobre 2018 à 17 h 33 min

« Et bien sûr j’ai beaucoup admiré les costumes » Lavande

Avez-vous trouvé qu’Edouard Baer porte bien le costume du XVIIIe ? Il est, me semble-t-il, très en embonpoint, avec un ventre très gros, et les bottes qu’il porte ne lui vont pas. On a l’impression qu’il se croit dans Barry Lyndon ! Mais les duels sont verbaux.

D. dit: 12 octobre 2018 à 16 h 58 min

LE LIVE

VIDEO. « J’espère que le pays ne vous le pardonnera pas » : la colère de François Ruffin après

Le député de La France insoumise a reproché aux députés LREM d’avoir rejeté ce texte porté par un élu des Républicains. 

« Vous n’avez pas honte ? Honte de votre paresse ? Honte de votre sectarisme ? » Le député de La France insoumise François Ruffin a exprimé sa colère dans l’hémicycle, jeudi 11 octobre, après le rejet d’une proposition de loi sur les élèves handicapés, portée par un député Les Républicains. Le député de la Somme s’est adressé aux élus de la majorité LREM : « J’espère que le pays ne vous le pardonnera pas. » 

La proposition de loi d’Aurélien Pradié (LR) prévoyait notamment un statut unique « d’accompagnant à l’inclusion scolaire », mieux rémunéré, pour les auxiliaires de vie scolaire (AVS) ou les accompagnants des élèves en situation de handicap. Elle visait aussi à « décloisonner »l’accompagnement entre scolaire et périscolaire.

« Personne ne peut décemment regarder dans les yeux ces familles, ces enfants, ces adolescents, ces accompagnants et leur dire que l’urgence est ailleurs », a plaidé Aurélien Pradié.

Un vote sans examen du texte

Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, avec le soutien de la secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées, Sophie Cluzel, a rétorqué que des mesures avaient déjà été prises en ce sens et a renvoyé ces propositions à la concertation prévue fin octobre devant le Conseil national consultatif des personnes handicapées.

Les députés LR ont vu « une trahison » dans le rejet du texte avant l’examen de ses articles, par 70 voix contre 54. Des élus d’autres groupes se sont aussi dits « attristés » et François Ruffin a lancé aux « marcheurs » que ce vote leur collerait « à la peau comme une infamie ».

« Nous avons dans le pays des femmes, des milliers de femmes qui accompagnent les enfants handicapés dans les écoles. Elles sont sous-payées, avec des contrats ultra-précaires. Pour changer ça, quelle proposition de loi avez-vous portée ? Rien, aucune ! » a-t-il lancé, reprochant aux députés LREM d’avoir voté « contre, contre, contre comme des Playmobil ».

(France info)

Lavande dit: 12 octobre 2018 à 16 h 53 min

DHH j’ai moi aussi vu Mademoiselle de Jonquières. Ne connaissant pas le texte de Diderot, je n’ai pas d’avis sur sur le fait qu’il soit trahi ou non. J’ai aimé le jeu des acteurs. Depuis « le gamin au vélo » j’ai un petit faible pour Cécile de France, à qui la perversité va assez bien.
Et bien sûr j’ai beaucoup admiré les costumes : en me posant des questions sur tel ou tel effet de pli ou de drapé, j’ai parfois tendance à oublier le fond de l’histoire !

Anna Fort dit: 12 octobre 2018 à 16 h 38 min

à JJJ, 12:52… vous avez raison en ce qui concerne christiane, inutile d’insister…
j’espère que vous connaissez les travaux de Stefano Mancuso, son livre « L’intelligence des plantes » (Albin Michel) et sa conférence/vidéo : « Les racines de l’intelligence végétale »

Ed dit: 12 octobre 2018 à 16 h 33 min

Normal est un terme sans doute très maladroit de ma part qui veut dire « de chair et d’os », pour reprendre l’expression de Simone de Beauvoir.

Ed dit: 12 octobre 2018 à 16 h 32 min

Merci pour cet éclairage biographique Paul Edel (et je ne vous félicite pas pour la typo !! Roh !). Mais s’est-il amélioré, sous l’influence de Zulma Carraud, dans ses peintures des femmes ? Telle est la question. Je n’ai lu « que » trois romans et une nouvelle de Balzac.

D. dit: 12 octobre 2018 à 16 h 29 min

Voyons-voir, je ne voudrais pas non plus mésinterpreter. Une femme normale serait donc une femme égale à un homme. Dites-moi si je m’égare ?

Paul Edel dit: 12 octobre 2018 à 16 h 23 min

Quelle fut la femme qui eut le plus d’influence sur Balzac ? Je dirais, sans grande chance de me tromper, Zulma Carraud. C’est auprès d’elle que Balzac a toujours trouvé réconfort, tendresse, attention, intelligence des êtres, conversations franches ,d’une grande intimité , notamment quand Zulma lui expliquait qu’il se trompait sur la conduite ou la psychologie des femmes dans tel ou tel de ses romans .Balzac en tenait compte car il avait une totale confiance dans ses jugements et appréciait son intelligence très vive, souvent ironique. ..- Elle était une sorte de première lectrice et première critique littéraire pour notre Honoré – elle donnait de judicieux conseils avec une franchise brutale après la lecture de ses romans.
De son côté Zulma avait définitivement mis une nette distance dans cette tendresse-amitié qu’elle savait amoureuse. La famille Carraud installa une chambre et un bureau pour l’écrivain « parisien » dans le château de Frapesle, pres d’Issoudun, lui permettant de séjourner quand il le voulait, notamment en 1834, 1835 et 1838. C’est dans ce château qu’il se réfugie dans les moments difficiles, c’est là qu’il écrit les pages de « Louis Lambert », c’est à la Frapesle, qu’il a placé le début de « César Birotteau »,et surtout qu’il a trouvé le cadre d’un de ses plus beaux romans ,d’une noirceur fulgurante,« La Rabouilleuse » ! C’est à » la Poudrière » ,période Angoulême , qu’il a improvisé et rédigé « la grenadière » (petite merveille mes amis ) entre deux parties de billard.. Et c’est à Limoges, où résidait la sœur de Zulma qu’il a placé « le curé de village », roman secret, harmonieux, si subtil dans ses harmonies et nuances affectives……On peut supposer qu’à travers la délicate figure de madame Graslin, Balzac nous offre un splendide portrait de femme et, visiblement, ce n’est pas loin du comportement et des sentiments de Zulma Carraud .ma était mariée à un homme assez fade, selon les contemporains, polytechnicien, officier d’artillerie longtemps fait prisonnier par les Anglais en 1806 en Italie(huit ans), il fut à sa libération nommé inspecteur de la poudrerie d’Angoulême (un placard à l’époque..). Zulma resta fidèle à cet homme.
Quand il allait mal Balzac écrivait à Zulma. Dans ses lettres, on sent un abandon et sincérité qu’on ne retrouve pas ailleurs, et aussi le regret, chez l‘écrivain, qu’elle n’ait jamais franchi la ligne de l‘amitié.
Zulma avait compris le génie de cet Honoré, et ses travers, s’en amusait, raillait les emballements enfantins de son grand homme , ses gouts de nouveau riche, sa vanité, et son « royalisme » qu’elle, en bonne républicaine, trouvait bien naïf. Elle le mit en garde quand il s’emballait sur des projets mirifiques et idiots(imprimerie, culture de l’ananas) qui devaient le mettre financièrement en danger.
C’est aussi très vraisemblablement son portrait que Balzac trace dans « la muse du département » sous les traits de Dinah Piédefer, la jeune berrichonne intelligente (la Muse) qui tombe amoureuse du journaliste Lousteau, un escroc du journalisme parisien qui vient se retremper dans ses racines provinciales .Car Balzac ne lui cachait rien des coulisses de la presse parisienne et de ses » tigres » en papier assoiffés de pouvoir .Ça n’a pas beaucoup changé.

Phil dit: 12 octobre 2018 à 16 h 20 min

Visconti passait beaucoup de temps à dresser les tables et astiquer les candélabres mais le décor devait servir Lampedusa. Bresson eut la chance cinéphilique de tourner son film pendant la guerre qui lui donna cette atmosphère unique de clair obscur renforcée par la diction monacale des acteurs menés par la Casarès. Depuis Sofia Coppola, l’évocation de l’Ancien Régime au cinéma ressemble à un défilé de mode à Tokyo.

Ed dit: 12 octobre 2018 à 16 h 14 min

Et alors les femmes dans les romans de Houellebecq, n’en parlons pas. Idéalisées au possible, de préférence avec 20 ans de moins et qui meurent à la fin. La misogynie du bougre n’est un secret pour personne, mais ses héros masculins sont si malheureux et avides d’amour qu’ils demeurent sympathiques en dépit de toutes les horreurs qu’ils peuvent dire sur les femmes.

Ed dit: 12 octobre 2018 à 15 h 59 min

Taper sur la barre « Espace » après un point ou une virgule, je crois que c’est à la portée de tous. Le rappeler semble pourtant quelque chose de très humiliant. Fiouuu.

Ed dit: 12 octobre 2018 à 15 h 57 min

Les personnages féminins sont carricaturaux chez Balzac. Une femme est soit immonde comme les filles du père Goriot, soit une victime à plaindre, comme la Vicomtesse de Beauséant. Cousine de Rastignac, elle est la seule femme un tantinet sympathique – en réalité, elle l’est énormément – du roman.
Balzac, comme la plupart des hommes de son époque, semble ignorer tellement l’Autre qu’il la rend parfaitement immmorale lorsqu’il ne l’idéalise pas.

Chez Stendhal, les femmes sont normales. Il est une exception. Mme de Rênal pourrait être n’importe qui (Brigitte, ah ah ah). Même chose pour Mathilde de la Mole.

C’est précisément toute la différence entre un misogyne et un homme qui accepte les femmes comme ses égales. L’un méprise ce qui n’est pas à la hauteur de son idéal. L’autre accepte l’imperfection de ce qui n’est qu’un être humain.

Delaporte dit: 12 octobre 2018 à 15 h 54 min

Et comment avez-vous trouvé le jeu des acteurs ? Je serais curieux d’avoir votre avis, car ce n’était pas gagné d’avance. Edouard Baer est un godelureau qui a toujours été d’une médiocrité affligeante dans ses rôles, et néanmoins, dans celui-ci, je trouve qu’il s’en sort pas mal, loin de tout amateurisme.

Delaporte dit: 12 octobre 2018 à 15 h 51 min

C’est dommage d’aller voir Mlle de Joncquières avec dans la tête le film de Bresson. A la limite, les deux films n’ont rien à voir, à part la trame, très ramassée dans le roman de Diderot. C’est presque une nouvelle. Par contre, je recommanderais de lire ce texte de Diderot avant d’aller voir le film. Diderot est tellement génial qu’il résiste à tout, même aux petits arrangements d’un cinéaste en vogue comme Emmanuel Mouret. C’était un réalisateur dont j’avais déjà apprécié des oeuvres ; celle-ci ne m’a pas déçu, pour le coup, à part quelques réserves qu’on pourrait émettre (par exemple dans quelques imperfections dans la structure du scénario).

Delaporte dit: 12 octobre 2018 à 15 h 39 min

DHH dit: 12 octobre 2018 à 15 h 26 min

Vous n’avez pas tort, à mon sens, dans la critique négative que vous décrivez ; mais un réalisateur n’a-t-il pas le droit, à partir du texte de Diderot, de faire évoluer ses personnages en imagination, dans un XVIIIe siècle recréé de toute pièce ? J’ai personnellement vu ce film comme un divertissement raffiné, non sans faux pas, mais sans jamais songer au chef-d’oeuvre de Bresson, évidemment. D’ailleurs, tel n’était pas le projet du jeune cinéaste.

Lavande dit: 12 octobre 2018 à 15 h 37 min

Dieu que la compréhension est difficile par blog interposé !!!
Gisèle, à 7h57 je me moquais (gentiment) de Rose, qui est persuadée que Ed et vous, êtes des hommes : elle l’a dit et redit !
« rose dit: 10 octobre 2018 à 21 h 30 min
Clopine
Gisèle est un homme.
Les femmes ici :
vous christiane DHH Lavande, Bételgeuse et moi.
C’est tout.
Nous sommes six.
Il en manque un peu pour une équipe de foot. 😊 »
Pour être certaine que mon post de 7h57 ne serait pas mal compris (!), j’ai précisé à 10h15 que moi j’étais persuadée du contraire : il me parait absolument évident que Ed et Gisèle sont des FEMMES (en plus il se trouve que c’est le prénom de ma soeur ainée ! ).

Pour ce qui est de la typographie, je regrette mon intervention. C’est l’absence de blanc après la virgule ou le point que je trouve dommage:
« Alde Manuce,l’école vénitienne.A la BN Richelieu,il y a des éternités,il y avait eu une expo sur la bibliothèque de Charles V … »
Je n’ai pas dit que ça « offensait l’oeil » ! N’exagérons pas !
Je suis une maniaque… mais je me soigne. Là j’avais fait une petite rechute. Je pensais que vous le prendriez avec plus de légèreté (ce que vous conseillez à Clopine)

Delaporte dit: 12 octobre 2018 à 15 h 35 min

« Impossible de communiquer ici. Les attaques personnelles sont légion, même quand on tente le pacifisme. »

Essayons le « pacifisme » : gente demoiselle, pourquoi « Balzac non » ?

DHH dit: 12 octobre 2018 à 15 h 26 min

@Rose
Hier vous êtes allée voir Mademoiselle de Jonquières
Coïncidence moi aussi ; qu’en avez-vous pensé ? moi j’y ai trouvé sans surprise ce que je redoutais, à savoir un somptueux document , certes non exempt de clichés et de poncifs , sur la vie aristocratique au 18 siècle ,mais qui noie et appauvrit l’histoire de cette machination par le flot exuberant d’images léchées faisant vivre ce monde .
Scènes gratuites ou complaisamment étirées, qui s’attardent sur les vêtements et leurs textures, sur les coiffures , sur les tables chargées de cristaux et d’argenterie où trônent les pyramides bien ordonnées de fruits, sur l’obséquiosité des armadas de domestiques en perruques et livrées ,le tout avec des clins d’œil appuyés à Watteau Lancret et Fragonard , et assorti de dialogues inutilement longs et souvent redondants, comme écrits pour le plaisir d’offrir des moments de langue écrite d’ autrefois , aux accents stylistiques de Laclos ou de Marivaux
Et c’est bien cette profusion visuelle qui affadit le sujet , occultant par sa présence et sa séduction ce qu’il y avait de cruellement impeccable dans la machination mise en place par madame de la Pommeraye pour broyer ses proies, dans la précision géométrique de son manège de monstre froid tout en intelligence destructrice
.C’est ce qu’on trouve aussi bien chez Diderot que dans le film en noir et blanc Bresson ou pas une seule description, pas un mot inutile ne vient perturber l’impeccable sécheresse d‘un récit , qui par son économie de moyens donne toute sa portée à l’essentiel .
Pour qui n’a jamais lu Diderot ou vu Les dames du bois de Boulogne c’est un joli film , une histoire bien enlevée, un récit psychologique prétexte à scènes chatoyantes ; pour les autres c’est une trahison , pire le dévoiement sauvage d’une œuvre et sa mention dans le générique est une usurpation .

Ed dit: 12 octobre 2018 à 15 h 22 min

Impossible de communiquer ici. Les attaques personnelles sont légion, même quand on tente le pacifisme.

Bon, j’aurais essayé au moins.

Delaporte dit: 12 octobre 2018 à 15 h 10 min

Stendhal oui
Balzac non (Ed)

Expliquez-nous pourquoi « Balzac non », si vous pouvez… Je crois que vous êtes une vraie tête de mule, en plus de vos « qualités » déjà pointées par tous sur ce blog.

Phil dit: 12 octobre 2018 à 14 h 44 min

oui « x », sujet rebattu, rebatet oserait-on dire, sur ce prestigieux blog. oeuvres lues au travers de préjugés sur leur auteur et Camus se retrouve en classes terminales, Morand en prison. Mais doit-on se priver du plaisir de cette gidienne mise en abyme avec Borgese qui serait le modèle de Settembrini dans « La Montagne Magique » ?

Ed dit: 12 octobre 2018 à 14 h 26 min

@renato

Ouf. Merci de remettre l’Église au milieu du village. En fait, je n’ai plus envie de me fâcher (je m’en fous sincèrement des supputations sur mon sexe), mais seulement de causer littérature sur un blog littéraire. Décidément, ca n’est pas si logique dans les faits que ca en a l’air.

renato dit: 12 octobre 2018 à 14 h 23 min

Dans la vie la question du genre est insignifiante — pour certains, évidemment —, dans un blog où l’identification n’est pas obligatoire elle devienne risible.

Ed dit: 12 octobre 2018 à 14 h 18 min

Stendhal oui
Balzac non

@rose
Quel sens de l’observation. Effectivement, les gros mots sont réservés aux hommes. Ravi de constater que vous m’ayez démasqué.

rose dit: 12 octobre 2018 à 14 h 15 min

Pardon.
IRL, je vous aime bcp.

me demande si je ne m’ avance pas trop. mais je crois vraiment vous aimer bcp.
vous pouvez être un homme et féministe sans vous faire passer pour une femme.

Delaporte dit: 12 octobre 2018 à 14 h 13 min

« Ed est un pseudo masculin qui renvoie à Edouard. »

Beaucoup de prénoms féminins commencent par Ed (Edmonde, Edmée, etc.). Georges Bataille avait rendu immortelle Mme Edwarda…

rose dit: 12 octobre 2018 à 14 h 13 min

Ed

j’ ai horreur souligné trois fois des hommes qui font ça.
Dslée vraiment du lien ( c mon contexte familial actuel qui induit ce rapprochement je pense), mais je pense au mec qui fait visiter un appary et viole et tue les jeunes femmes qui visitent.

Pardon.
IRL, je vous aime bcp.

L’ argument, je n’ osais le donner, vous venez de le faire : c’ est votre vulgarité.

Delaporte dit: 12 octobre 2018 à 14 h 11 min

Au reste, pour moi il est très important que des romanciers comme Stendhal ou Balzac soient des féministes. Bien plus que Flaubert, qui eut d’autres qualités. Même Kafka était féministe. Il y a une proximité foncière entre les grands romanciers hommes et le peuple des femmes.

Ed dit: 12 octobre 2018 à 14 h 09 min

Ed est un pseudo masculin qui renvoie à Edouard.
Rose n’a toujours pas argumenté en ce qui concerne mon sexe, mais oh surprise, je m’en b.ranle 😀

x dit: 12 octobre 2018 à 14 h 08 min

11 h 44 min : dear Phil, de mon côté je trouve que certaines restrictions ont du bon, ne serait-ce que pour protéger des projections inopportunes, des clefs psychologiques prêtes à l’emploi où l’auteur disparaît d’une autre façon.
C’est même assez souvent un gage du sérieux de l’attention et de concentration du lecteur sur le texte littéraire (nous parlons de ceux-là, pas des productions en série de l’industrie culturelle).
Malheureusement, l’expérience (y compris la mienne) montre qu’un lecteur ça s’empêche rarement de lire l’œuvre à travers certains éléments biographiques ou tout simplement la « réputation », bonne ou mauvaise, souvent liée à des motifs extra-littéraires (de genre (h/f), de nationalité, politiques, « moraux ») et/ou à la cote actuelle. La version littéraire du « délit de sale gu.le » ou de la mauvaise adresse sur le C.V. ou de l’emballement pour le « gendre idéal » (ou, à l’inverse, c’est selon les goûts, la crapule forcément sublime).

Cela dit, l’ordre initial dans lequel on a abordé les choses (la lecture de l’œuvre et les informations biographiques) a son importance, même si le lecteur est amené à faire des allers-et-retour entre les deux. Tout est évidemment une question de doigté, de mesure et de méthode.
Et je reconnais 1) qu’il est extrêmement rare de pouvoir faire une lecture sans aucun a priori, sans aucune anticipation ou préconception, c’est-à-dire de se retrouver dans les conditions d’un « test à l’aveugle » (beaucoup plus rare que l’écoute-surprise d’une œuvre musicale que l’on ne connaissait pas) et 2) que la « coupure » totale n’est pas tenable ni souhaitable (féconde) à long terme.
Vous avez assez de bon sens pour savoir que rien de tout cela n’est écrit « contre » vous !

Delaporte dit: 12 octobre 2018 à 14 h 05 min

Moi, personnellement, j’ai choisi un pseudo qui pourrait aussi bien convenir à une femme. Mais peut-être suis-je une femme ? Cela expliquerait bien de mes prises de position, à commencer par mon admiration pour Ulrike Meinhof et mon estime pour les Editions des femmes, etc.

rose dit: 12 octobre 2018 à 14 h 03 min

y compris pour celzéceux qui disent peu, il y a tournures, manies, obsessions récurrentes qui ne trompent pas.

ex. Lavande son goût pour la justesse typographique ds l’ emploi de la ponctuation.
si Lavande change de pseudo, ce trait là peut permettre de la reconnaître.

Ey je persiste Ed est un homme aussi.
Parce que les femmes avons des choses que n’ ont pas les hommes et vice versa.

Maintenant, je m’ en fous ; c’ était juste pour éclairer Clopine dans sa chasse aux trolls.
Si chacun d’ entre vous désirez appeler et comminiquer avec Ed et Gisèle au féminin, libre à vous. Ce sont des pseudos.

Delaporte dit: 12 octobre 2018 à 14 h 00 min

Après tout, Céline était un pseudo féminin. Je croyais que gisèle était un homme, suite à l’un de se commentaires. Quelle importance, finalement, à une époque où les hommes et les femmes sont égaux ?

DHH dit: 12 octobre 2018 à 14 h 00 min

@ gisele 2 h O8

Certes l’imprimerie Nationale a servi jusqu’à sa disparition de conservatoire de instruments et des savoir-faire de la typographie traditionnelle notamment avec sa magnifique collection de poinçons et ses inestimables incunables, et autres éditions originales plus récentes comme les documents établis a la suite de la campagne d’Egypte de Napoleon
Mais il faut bien avoir en tête que comme cette activité l’activité d’édition y était très marginale.
l’essentiel de la a production consistait en annuaires,en formulaires administratifs, en documents sécurisés (passeports )en documents électoraux .
il subsistait aussi une petite activité de reliure d’art qui se concentrait essentiellement sur lea agendas reliées en cuir et dorés au fer que l’IN offrait chaque année aux ministres au membres de leurs cabinets et à tous les hauts fonctionnaires a partir d’un certain niveau de responsabilité

Delaporte dit: 12 octobre 2018 à 13 h 58 min

« à l’heure où le pape mais toute son autorité morale dans la balance contre l’IGV »

C’est l’attitude traditionnelle de l’Eglise. Récemment, le pape a assoupli le régime pour celles qui voulaient se confesser, en autorisant les simples curés à donner l’absolution, et non plus seulement l’évêque. Il me semble que le pape a raison de ne pas rigoler avec ce thème, ce qui ne l’empêche pas en même temps d’être moins sévère que ses prédécesseurs.

rose dit: 12 octobre 2018 à 13 h 54 min

jazzi
pourtant colon pancréas foie cerveau cela ne pardonne pas

ellement sur son sort. Ce que fait continuellement Ruth Bader Ginsburg, qui a survécu à deux cancers redoutables : colon et pancréas…

qu’ a- t’ il fait ?

gisèle dit: 12 octobre 2018 à 13 h 51 min

DHH 11h50. Il est 13h45, je dois partir à 14h30, et je découvre en parcourant la RdL en vitesse, que la rumeur gronde et s’amplifie : »Gisèle est un homme »…
Vous écrivez : »il apparaît que dissimulée sous un pseudo féminin que vous avez intentionnellement choisi pour brouiller les pistes, vous n’êtes pas une femme dans la vraie vie.. »
Je tombe des nues. Justifiez svp: » il apparaît, dissimulée, intentionnellement choisi,pour brouiller les pistes. »
Une amie m’avait rapporté que Rose avait écrit sur ce blog ,quand ??, que Gisèle était un homme. Sans nul doute Rose va apporter des preuves patentes.

DHH, je suis une femme,dans la vraie vie,et sur ce blog !! Qui a lancé un tel bobard?? repris en choeur ? Lundi, mardi je serai de retour, et je pourrai lire un constat détaillé de cette affaire.
Je pense qu’il y a ,sur ce blog, des gens qui déraillent et auraient besoin de voir un psy, de toute urgence.
Il y a, sur ce blog, des gens qui savent qui je suis; qu’ils se taisent.
Beaucoup manquent d’humour. Il est vrai que j’achète mes chapeaux rue de Birague, superbes chapeaux pour…femmes, mes boucles d’oreilles, aussi !! que j’aime les pantalons à pinces et non les horribles pantalons serrés en elastisss qui transforment les femmes en boudins ou en secs èchalas. Peut-être, pourriez-vous me rencontrer dans le jardin de Rodin ou de… Chut, Chut Charlotte !!!
Il me semblait que peu lisaient mes maigres posts, qui ne racontaient ni ma vie, ni les cacas de mes chats, ni les malheurs de mes ânes, je n’en ai pas!
Je lis les posts, pas tous, certains propos doivent m’échapper,c’est sûr !!
***DHH, vous aviez raison- ou vous aviez plus de raison que certains- de douter que gisèle dissimulait un homme , intentionnellement,en plus.
Bon WE.

renato dit: 12 octobre 2018 à 13 h 40 min

Generation gap ou generational gap : dans les années 60 les différences culturelles — musique, politique, drogues, mode — qui nous séparaient de nos parents. Maintenant on connait le digital gap… le thigh gap… l’ideological gap… et ainsi de suite.

rose dit: 12 octobre 2018 à 13 h 40 min

moi je ne trouve pas ça grave un pseudo imaginé. Je songe pour ma part à Cheeta qui est un prénom de chimpanzé femellle. Mais, malgré mes cris perçants et sauts de branche en branche, que je ne vous fasse pas croire que je suis un chimpanzé.

Jazzi dit: 12 octobre 2018 à 13 h 30 min

DHH, à l’heure où le pape mais toute son autorité morale dans la balance contre l’IGV, il convient d’appliquer à Simone Veil la thèse de Marcel Proust dans son Contre Sainte Beuve : juger l’oeuvre et non l’homme, en l’occurence la femme, réduite ici à la première tueuse à cage et en série de France !

Jazzi dit: 12 octobre 2018 à 13 h 18 min

Tandis que la critique est enthousiaste, je n’ai pas été entièrement convaincu par le film d’animation « Dilili à Paris » de Michel Ocelot, qui donne une image un peu trop idéalisée du Paris des années folles. On y voit défiler, entre autres personnalités de l’époque, Marcel Proust ! Certes, le dessin est beau, peut-être même un peu trop, mais la vision bien pensante et bisounours des choses m’a un peu gêné. Dans ce film, les méchants cagoulards complotistes, agissant dans l’ombre du Paris souterrain, avec la complicité du préfet de Paris, ont des allures d’islamistes. Leur rêve, mettre les femmes à quatre pattes, entièrement voilées de noir, et exclusivement au service des hommes ! Les parents étaient venus avec leurs jeunes enfants et la plupart d’entre eux avaient l’air de s’ennuyer grave…

Non, incontestablement, le film de la semaine à voir, c’est « Girl ». Emouvant film transgenre !

Et Alii dit: 12 octobre 2018 à 13 h 11 min

mais contrairement à ce que prétendent les médecins de l’ordre,les femmes connaissent leur anatomie:
https://www.flair.be/…/lecart-entre-les-cuisses-ne-depend-pas-de-votre-poids-cette-blo…
22 mars 2018 – Communément appelé le « thigh gap », l’écart entre les cuisses est perçu comme l’idéal de beauté depuis quelques temps.

gisèle dit: 12 octobre 2018 à 13 h 05 min

*pour Lavande 7h57. Voudriez-vous avoir l’extrême obligeance de me faire savoir ce qui vous autorise à écrire: gisèle vous êtes un homme.
Merci de votre réponse, je serai de retour lundi ou mardi.

** Pour Lavande 08h53. Votre long discours sur les règles de la typographie m’a amusée.Je vous remercie de votre sollicitude. Voudriez-vous me faire savoir quelles règles de typographie ont été enfreintes dans mon post de 02h08 ? il y a un aller à la ligne qui est dû à la fantaisie du net : Jérôme Peignot.
Vous écrivez que ce post offense l’oeil. Merci de donner des explications détaillées.

DHH dit: 12 octobre 2018 à 13 h 02 min

@clopine
pour le cas où vous seriez sincere en pretendant ignorer le sens en franglais du mot anglais GAP, « fossé »?
le terme s’emploie avec une valeur figurée(difference significative de valeur ,de niveau ») ce qui n’est pas habituel pour le mot « fossé » lui-même qui reste très marqué par son image concrète
mais vous avez raison de me faire grief de l’usage de ce terme pour exprimer une idée qui doit pouvoir l’être avec des mots français,par exemple écart, distance

Janssen J-J dit: 12 octobre 2018 à 12 h 52 min

@Vous êtes bien trop « tordue » pour moi, Ch.
Néanmoins, je dirai simplement que la splendeur des arbres est une donnée objective de leur vivant, indépendamment du regard que nous ne leur avons pas porté quand nous n’étions pas là et quand nous n’y serons plus.
Nous ne sommes pas à la mesure des choses et des êtres de nos admirations centrées.
Vous voulez tout comprendre, mais n’y arrivez pas, alors… je pense que vous accumulez des admirations culturelles dont l’étendue ne fait aucune doute, mais en vain, comme un papillon butine de fleur en fleur sans les comprendre, bien qu’il soit ennivré de leur parfum et participe à quelque chose d’inobjectivable.
Et nous, nous ne comprenons pas leur splendide supériorité. Du moins, vous, car votre vaine obstination consiste à vouloir tout comprendre des créations humaines sans jamais vous soucier de désapprendre de comprendre quoi que ce soit en dehors de ce registre.
Mais chacun a son souci respectable.Je vous demande instamment de ne pas essayer de comprendre ce que je suis en train de vous dire, ni même de l’entendre. Il y a un moment où, à la différences des arbres communicants, nos circuits neuronaux d’humains ne peuvent pas s’atteindre. Voilà pourquoi, à la différence des arbres qui n’ont pas besoin d’AI comme béquilles, nous ne sommes pas immortels.

christiane dit: 12 octobre 2018 à 12 h 37 min

Jansen JJ – 10h31
« Je comprends la splendeur des arbres »
Voilà une phrase qui me pose un triple problème : – comprendre un arbre
– comprendre la splendeur
– comprendre la splendeur d’un arbre
Que veut réellement dire comprendre ? Qui êtes-vous face à un arbre ? face à la beauté ? Aimez-vous le mot splendeur ?
Pour moi de la joie à les regarder, à les dessiner.

Jazzi dit: 12 octobre 2018 à 12 h 33 min

La meilleure façon de rester vigilant(e), Clopine, c’est de ne pas perdre son temps et son énergie à se lamenter éternellement sur son sort. Ce que fait continuellement Ruth Bader Ginsburg, qui a survécu à deux cancers redoutables : colon et pancréas…

christiane dit: 12 octobre 2018 à 12 h 27 min

@gisèle dit: 11 octobre 2018 à 20 h 42 min
Laurent le Magnifique… Quelle vague poétique submerge ce blog ! Voici ses poèmes. Encore un amour secret qui est la source de celui-ci. A croire que seuls les amours contrariées et l’exil ou l’approche de la mort donnent les plus beaux chants… (Le prochain sera-t-il Leonardo Bruni ?) Florence, la Toscane : beauté dans les arts et l’écriture mais violence, complots et guerres aussi. Dante avec ces chefs-d’œuvre que sont La Divine Comédie et la Vita nuova. Le marbre de Carrare… Cette blancheur inégalée et ce métier des grands sculpteurs (Michel-Ange..). L’Italie, Florence, Toscane… lieux de la Renaissance italienne. Giotto, Fra Angelico, F.Lippi, Piero della Francesca, Uccello, Donatello, Raphaël, Botticelli, Leonard de Vinci…
Le Quattrocento florentin c’est une amie qui me l’a fait découvrir avec passion. Toujours des transmissions…
Le beau conduisait au divin… Le beau naissait de l’Antiquité…
Aujourd’hui une œuvre d’art n’est pas forcément belle… Le beau est-il encore un critère esthétique ? Inquiétante étrangeté… ou comme dans la poésie du Tasse : mélancolie et souvenir ou… imprévu.
Ici même, un commentateur rappelait, il y a peu, citant Rilke que « le beau n’est rien que le commencement du terrible et que tout ange est terrifiant… » (Elégies de Duino -Rilke).

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