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La République Des Livres par Pierre Assouline
L’Autre de « L’Etranger »

L’Autre de « L’Etranger »

Faut-il être gonflé pour s’emparer de L’Etranger et le détourner ! Un classique moderne par excellence, régulièrement placé en pole position des listes « mundial » des « 100 meilleurs livres du XXème siècle » et autres Jeux Olympiques littéraires, traduit en quarante langues et porté à l’écran par Luchino Visconti, figure imposée à tout lycéen de langue française, une oeuvre qui a résisté et survécu à l’avalanche d’exégèses universitaires qu’elle a suscitée… Kamel Daoud a osé et il a bien fait. Son Meursault, contre-enquête (153 pages, 19 euros, Actes sud), premier roman après deux recueils de nouvelles (écrit en français et non en arabe, faut-il le préciser?) est impressionnant. Le fameux incipit de Camus « Aujourd’hui, maman est morte » se traduit chez Daoud par un « Aujourd’hui, M’ma est encore vivante ».

Il a voulu prolonger cette histoire en faisant un pas de côté, la raconter à nouveau mais d’un point de vue décalé, qui aurait pu être celui de Marie Cardonna, petite amie du narrateur  ou celui de Raymond Sintès, son voisin, ou même ceux de personnages secondaires tels que les responsables de l’asile où vivait et où est morte sa mère, ou encore ceux du juge ou de l’avocat. Aucun d’eux. Le romancier a choisi, et là est son coup d’éclat, le point de vue d’un personnage essentiel mais qui y est nié dans son humanité même tout au long de L’Etranger. Il n’est qu’un au sein d’un groupe d’Arabes. C’est l’Autre de L’Etranger, l’Arabe sans nom. Il lui rend son identité. Ce n’est pas lui raconte puisqu’il est mort assassiné mais, longtemps après, son frère âgé désormais, qui vit à Oran auprès de leur mère avec laquelle il est en conflit permanent tant elle le chosifie, lui le célibataire sombre, mutique, lâche, dans cette ville moche et solaire, complexée par l’orgueil algérois, l’endroit le plus éloigné du désert et l’unique issue vers la mer. Il est le frère du mort, c’est son statut.

Reprendre  l’enquête à zéro, ce qui revient à s’interroger sur l’absence d’enquête, c’est partir à la recherche d’un corps perdu. Retour sur l’affaire : en Algérie française (le livre est paru en 1942 chez Gallimard dans la France occupée avec un visa de la censure allemande), Meursault, pied-noir sans prénom qui vient d’enterrer sa mère sans état d’âme, va se promener, puis nager avant d’aller au cinéma voir un film avec Fernandel avec sa nouvelle petite amie. Le lendemain, un dimanche, il se ballade sur la plage avec deux copains dont un proxénète, quand le trio croise un groupe d’Arabes avec lequel ce dernier est en querelle. Une rixe à l’arme blanche s’ensuit. Peu après, Meursault retourne sur la plage, seul cette fois. Un Arabe sort un couteau. Ebloui par le reflet du soleil sur la lame, Meursault l’abat d’une balle de pistolet. Puis s’approche du corps et l’achève de plusieurs balles. La seconde partie du roman est consacrée au procès ; l’avocat de l’accusé a du mal à soutenir la thèse de la légitime défense, et pour cause ; l’accusé lui-même, qui paraît étranger à son jugement comme il l’était déjà au monde, n’incrimine que le soleil.  Comme si la chaleur dégagée avait annihilé toute raison, la sueur l’engluant dans un état second, laissant la voie libre aux instincts les plus sauvages.tanger (61)

C’est sa manière de tenir la vérité pour un absolu. Une parodie de procès au cours duquel on lui reproche plus d’être indifférent à la mort de sa mère que d’avoir tiré sur un Arabe sans visage ni paroles qui faisait la sieste sur la plage. Et puis d’abord, que faisait-il au juste sur cette plage ? Fataliste, froid dans l’inventaire des actes dont l’enchaînement l’a conduit à tuer un homme, il semble déserté par toute volonté de résister à l’inéluctable, comme résigné. Distant par nature, il n’a jamais joué le jeu, et il continue, par refus du mensonge. En marge de la société, il le demeure encore alors que sa vie tient à un fil. Au plus profond de sa solitude, se reconnaissant coupable mais pas responsable, impassible face à la souffrance annoncée, celle de l’attente et du doute, il est condamné à la peine de mort et promis à la guillotine.

Kamel Daoud (Mostaganem, 1970) a donc déconstruit du long monologue de Meursault qui constitue le roman de Camus pour mettre celui-ci face à ses contradictions, ses trous de mémoire, ses blancs. Le soleil est omniprésent, comme la plage ; d’ailleurs, après avoir longtemps illustré ses couvertures de L’Etranger de manière platement figurative avec un solitaire, un esseulé, un isolé sur une plage, Folio, qui a choisi des tableaux de Nicolas de Staël pour illustrer toutes les œuvres de Camus a pris Figures au bord de la mer pour L’Etranger ; sur celle de Meursault, contre-enquête, assez réussie, un homme saisi par en plongée par l’objectif marche au bord de la mer,, mais on ignore s’il s’agit de Meursault, du narrateur ou de l’auteur. Il est vrai que Kamel Daoud déplace la perspective de l’absurde en la replaçant dans une autre vie que la sienne, celle de son frère, l’Arabe innommé. Qui avait un nom d’accident et aurait pu s’appeler « Quatorze heures ». Pour lui, il y a bien eu deux morts, et l’autre, il l’appellera Moussa pour lui redonner vie plus d’un demi-siècle après. Toujours plus facile de tuer un homme sans identité. Quant à son Meursault, c’est un Roumi, un étranger qui incarne tous les colons obèses et exploiteurs, même s’il n’est ni colon ni obèse, excès et caricature que l’auteur revendique, naturellement. Ce paragraphe donne une idée du ton :

« Récapitulons : on a là des aveux, écrits à la première personne, sans qu’on ait rien d’autre pour inculper Meursault ; sa mère n’a jamais existé et encore moins pour lui ; Moussa est un Arabe que l’on peut remplacer par mille autres de son espèce, ou même par un corbeau ou un roseau ou que sais-je encore ; la plage a disparu sous les traces de pas ou les constructions de béton ; il n’y a pas eu de témoin sauf un astre – le Soleil ; les plaignants étaient des illettrés qui ont changé de ville ; et enfin, le procès a été une mascarade, un vice de colons désoeuvrés. Que faire d’un homme que vous rencontrez sur une île déserte et qui vous dit qu’il a tué, la veille, un vendredi ? Rien »

Hanté par son double comme on l’est par un fantôme, l’auteur/narrateur se sent comme étranger à L’Etranger, dont quelques brefs extraits surgissent en italiques. Il finit par avouer son propre crime : dans la journée du 5 juillet 1962 à Oran, alors que des manifestants algériens fêtent l’indépendance de leur pays en massacrant au hasard ou enlevant pour les exécuter quelque 700 Européens sous les yeux des 18 000 soldats français, corps d’armée qui a reçu l’ordre de garder l’arme aux pieds, il tue Joseph, un pied-noir venu chercher refuge dans sa maison dans l’espoir d’échapper au lynchage. Dès lors, pour lui, la vie n’est plus sacrée. Ce qu’il a fait, il l’a fait tant pour venger l’Autre de L’Etranger et ainsi « faire contrepoids à l’absurde de notre situation » que pour se racheter aux yeux des siens : durant les événements, alors qu’il n’avait pas 30 ans, il n’a pas rejoint les moudhahiddines dans le maquis, mais il n’a pas non plus collaboré avec les colons. Dès lors, il n’est rien, même pas un traître. Juste un fonctionnaire à l’Inspection des douanes qui aura longtemps porté ce secret.

Cette histoire a été écrite par un cadavre, aussi révolté que son assassin était passif. Un cadavre qui prétend en être réduit à cet état de corps inerte par le moyen d’un meurtre et non par l’effet d’une insolation. La phrase de Kamel Daoud est aussi coupante, sèche, nerveuse, que celle de Camus s’est voulue blanche et neutre. L’une comme l’autre irradient d’un soleil brûlant d’Algérie, mais chacun la sienne, même si les deux ont une certaine lumière en commun. Sauf que Meursault, contre-enquête est également éclairé par une réflexion de Cioran placée en épigraphe :

 « L’heure du crime ne sonne pas en même temps pour tous les peuples. Ainsi s’explique la permanence de l’histoire ».

Grâce à Kamel Daoud, l’Arabe de L’Etranger d’Albert Camus a désormais un nom, un visage, une âme.Son frère de papier lui a donné une voix. Il existe enfin.

(Photo André Kertész, courtesy Attila Pocze, Vintage Galeria, Budapest, et photo Passou)

Cette entrée a été publiée dans Littérature de langue française.

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commentaires

1 061 Réponses pour L’Autre de « L’Etranger »

bérénice dit: 11 juillet 2014 à 12 h 49 min

Vous n’êtes ni spécialiste en littérature ni en linguistique, Bérénice, cela se comprend donc aisément.

Aucune revendication de ce style ni d’un autre, révisez vos cantiques et vos fichiers entre deux projections privées, rien ni aucun de vos nombreux intérêts ne pourra vous en détourner tout à fait, c’est très bien, pas adepte du 100 mètres haies ni de quelque compétition que ce soit, je vous laisse le soin d’affirmer vos prises de positions et d’étaler dans un souci pédagogique fort louable vos fichiers informatiques et références dûment étudiées, du moment que vous puissiez, ce dont je doute, laisser vos acolytes vivre en paix sans devoir vous rendre des comptes, votre comptabilité vous appartient qu’il ne m’appartient de relater et l’honnêteté qui semble la vôtre confine au cynisme mais en ceci, un reflet fidèle de cette époque propre aux prostitutions en tout genre et corruption bien ordonnée. Sans éprouver la moindre volonté de stigmatisation à votre égard je vous trouve en parfaite correspondance avec toute la saloperie, l’ignominie qui oriente le monde et ses occupants vers un délitement intéressant pourvu qu’on y prenne part et sa part de bénéfice tant en argent qu’en satisfactions qui naissent d’un galimatias bien pervers et bien puant; ce qui vous concernant et prenant appui sur l’art, non pas du roman auquel suffisante vous prétendez, de la manipulation et de l’insinuation douteuse étayée il est vrai par des références culturelles. Grande consommatrice de ce genre de produit sonne tout de même mieux que péripatéticienne ou mère maquerelle, c’est déjà ça en couverture ou adjuvant, et quoique ne disposant de l’étoffe et de la matière dont certains ici sont construits, je profite de l’apport indéniable du communiqué quand ce dernier capte mon attention. L’ascendant des grands sur les plus petits, vous savez comment c’est, cette pub pour les petits pois, à quoi seraient-ils utiles sinon à emplir les rayons des biblio dont l’usage serait restreint à une élite dont vous ne cessez de vous revendiquer mais pour laquelle il vous manque la noblesse, l’intégrité, le fil de l’écriture et l’encre, ceci expliquant cela et sans qu’aucune soustraction ne vienne à araser tout ou partie vos charmes pour la revue et votre insatiable appétit pour les nourritures. Et encore, je ne sais pas tout de vos terrains de jeu.

JC..... dit: 11 juillet 2014 à 8 h 10 min

Georges,
Egal à lui-même, çad nul !
(la foule, larmes aux yeux, compatit au spectacle de cette déchéance …)

georges dit: 11 juillet 2014 à 6 h 56 min

« sur ce blog admirer attire souvent les sarcasmes, les jugements hautains »
c’est la distraction favorite des psychopathes avinés et leur greluche racistes et antisémites
leur monde s’écroûlerait sinon

georges dit: 11 juillet 2014 à 6 h 46 min

« Synagogues en Algérie = parc d’attractions »
Les admirateurs de PQ et les salafiss : même jiâde-croisade

Abdelkader dit: 11 juillet 2014 à 1 h 54 min

‘…La plaisanterie en conserve est un crime…’
Pas grave…je les met en boîte et vous vous les mettez la ou le soleil ne Brille point…aie…ouille…certaines sont carrees…mais vous avez l’air d’aimer ca…ah oui…Elles proviennent d’une civilsation tres merdique et retournent a la source, pour ainsi dire…

D. dit: 10 juillet 2014 à 23 h 47 min

J’ai trois très beaux balcons ensoleillés jusque en début d’après-midi, avec des grands oliviers en pots, Daaphnée, situés à 150 m au dessus de la Seine, j’ai une vue magnifique vers l’Ile aux Cygnes, le XVIème.
Qu’est-ce que vous en pensez ? Dites-moi franchement ?

Daaphnée dit: 10 juillet 2014 à 20 h 24 min

Ce serait un roman d’espionnage et tout le monde se demanderait
mais qui est l’homme derrière la vitre ?????
Adapté au cinéma,
cela donnerait un très un long plan fixe. Enigmatique.

On se demande B.I.S. dit: 10 juillet 2014 à 19 h 50 min

bouguereau dit: 10 juillet 2014 à 9 h 12 min

chus un français sans super pouvoir, trés moyen

Comme disait Coluche, « paradoxalement, quand on est moyen, on est plus petit que la moyenne ». « Très moyen », c’est vraiment minus. Félix, c’est bien comme ça qu’on te lit.

L’ami Bloomy? ayant compris à quel point sa pensée est lourdingue, L.’A.T.T.A.C.H.E. M.A.I.N.T.E.N.A.N.T. A.V.E.C. D.E.S. C.L.O.U.S.

On se demande dit: 10 juillet 2014 à 19 h 34 min

Ce qu’il y a de plus chargé chez (Félix) Plotain, le philosophe en forme de jambonneau

bouguereau dit: 10 juillet 2014 à 19 h 18 min

ça m’énerve cette ombre derrière ce gros verre..il se tape une pignole contemplant la mer

Le foie ou l’inconscient.

bouguereau dit: 10 juillet 2014 à 19 h 33 min

vontraube quand il parle de bugatti ça me rappelle herman et sa me109..l’échappe au vent..évidemment faut pas quelle prenne dans la courroie d’alternateur qu’il dirait sergio..mais l’esthétique brave les probabilités

bouguereau dit: 10 juillet 2014 à 19 h 32 min

tu nous les brises avec ta Bugatti rouillée

nous..nous..tes 2 burnes et toi dédé..et encore vontraube il trouve que c’est l’inflation

D. dit: 10 juillet 2014 à 19 h 30 min

TKT dit: 10 juillet 2014 à 17 h 41 min

Phil, non, en 1946, Facel-Vega n’existait pas encore.
Je suis arrivé car mon père, homme pressé, roulait trop vite dans le tunnel de la Porte Maillot. La voiture, une Bugatti.

on t’a pas sonné, Thierry. tu nous les brises avec ta Bugatti rouillée.

D. dit: 10 juillet 2014 à 19 h 28 min

Vous avez vu ce qu’en une fraction de seconde je suis capable de capter, Bérénice ? Je suis comme uns sorte d’appareil photo extrêmement perfectionné, un modèle que vous pourriez vous offrir gratuitement si vous le vouliez.

Votre toujours bien-aimé,

D.

D. dit: 10 juillet 2014 à 19 h 26 min

Bérénice, je vous ai aperçue ce matin, enfin si ce n’était vous alors c’était un sosie.
J’avais oubilié à quel point émanait de votre personnne toute entière ce charme gracieux.
Par ailleurs vous avez légèrement minci. C’est bien, mais pas plus s’il vous plait.

Votre bien-aimé,

D.

bouguereau dit: 10 juillet 2014 à 19 h 19 min

t’es simplet et raciste? est-ce que tu te sens-tu visé

tu rechercfhes la compagnie des antisémites keupu..c’est normal pour un fils de collabo

bouguereau dit: 10 juillet 2014 à 19 h 18 min

ça m’énerve cette ombre derrière ce gros verre..il se tape une pignole contemplant la mer comme..comme..comme valery tiendre

bouguereau dit: 10 juillet 2014 à 19 h 16 min

je trouve ça émouvant dans la simplicité,et fraternel dans l’aveu

la fraternité des bannettes d’uboat..c’est mieux qula synagogue évidemment..qu’il disait deunitzzz

une lectrice de Camus dit: 10 juillet 2014 à 19 h 02 min

….la dame? La dame !..quelle expression désuète, des journées perdues dans votre arbuste. non, je ne suis la dame de personne, simplement j’aime lire Albert Camus , celui notamment des carnets et des journaux de voyage ou de ses chroniques algériennes. sur ce blog admirer attire souvent les sarcasmes, les jugements hautains. je préfère citer ce qu’écrit Camus le 3 juillet 1949, en route vers l’Amérique du sud, sur un paquebot :
« Nous sommes sur l’atlantique et le bateau roule beaucoup sous la grande houle.Je lis le journal de Vigny, où beaucoup de choses m’enchantent, sauf son côté cygne constipé. Et je préfère à tout cette cabine étroite et nette, cette couchette dure, et ce dénuement. Ou cette solitude sans superflu ou l’orage de l’amour, rien d’autre ne m’intéresse au monde. » je trouve ça émouvant dans la simplicité,et fraternel dans l’aveu.

humoriste dit: 10 juillet 2014 à 18 h 50 min

« tu f’ras le coussin qui pète épissétou »

t’es simplet et raciste? est-ce que tu te sens-tu visé

des journées entières dans les arbres dit: 10 juillet 2014 à 18 h 44 min

une lectrice de Camus dit: 10 juillet 2014 à 18 h 41 min
heu, la dame du lecteur de camus de 18h23 ?
bof.

des journées entières dans les arbres dit: 10 juillet 2014 à 18 h 40 min

« et que tout le monde sent bien qu’à cause d’un cinglé d’artiste autrichien frustré qui a commencé à débiter ses discours baveux de racisme et de revanche dans des brasseries de Munich, l’Europe va vers la guerre.. »

bof, ça fait un peu mec qui veut en découdre. Un truc qui pose son homme, au bout du comptoir, un soir de beuverie avancée.

Amateur de gastéropodes religieux dit: 10 juillet 2014 à 18 h 37 min

Sciences religieuses ? Contre sens absolu ! Synagogues en Algérie = parc d’attractions

Un lecteur de Camus, géopoliticien dit: 10 juillet 2014 à 18 h 28 min

Ne pas confondre la marionnette, Adolf le Grand, et les marionnettistes qui tirent les ficelles …

un lecteur de Camus dit: 10 juillet 2014 à 18 h 23 min

A propos de « L’étranger » d’Abert Camus il faut bien avoir en tête qu’ une grande partie de ce récit est rédigé pendant l’ été 39 , et que tout le monde sent bien qu’à cause d’un cinglé d’artiste autrichien frustré qui a commencé à débiter ses discours baveux de racisme et de revanche dans des brasseries de Munich, l’Europe va vers la guerre..
En septembre, donc, parallèlement à l’écriture de »l’étranger » Camus prend des notes dans la gare d’Alger ; elle est pleine de jeunes hommes appelés par la mobilisation, avec des femmes qui pleurent et de futurs soldats qui s’empilent dans les wagons.
Camus note :
« Mobilisation
Le fils ainé s’en va. Il est assis devant sa mère et il dit : « ce ne sera rien ».la mère ne dit rien. Elle a pris un journal qui traine sur la table. Elle le plie en deux, puis en quatre, puis en huit ».
Tout est dit, concision et tragique ; là c’est du grand Camus.

albert dit: 10 juillet 2014 à 18 h 02 min

L’humaniste de pécû, un des humoristes à la bourrelegras, s’y connaît – il connaît même parfaitement bien les récits de la conquête, ça le fait vibrer (un de ses plus grands regrets : ne pas y avoir participé)

bouguereau dit: 10 juillet 2014 à 18 h 01 min

les africains c’est de drole de paroissien..il se trouent le cul à faire un cercueil de la mort qui tue font des liturgies de trois jours et au moment de l’enterrer il n’ont plus rien a péter de rien, l’enfonce dans l’trou a coups d’lattes, casse tout le barnum..l’animisme c’est vraiment un truc pas évident a piger

ouaf ouaf ouaf rions dit: 10 juillet 2014 à 17 h 55 min

bouguereau dit: 10 juillet 2014 à 17 h 47 min
« keupu..ficelé dans l’coffre avec les chiens.. »

l’humour de bougras est irrestistble

JC..... dit: 10 juillet 2014 à 17 h 53 min

« Grâce à Kamel Daoud, l’Arabe de L’Etranger d’Albert Camus a désormais un nom, un visage, une âme.Son frère de papier lui a donné une voix. Il existe enfin. »

Plus je relis « ça », plus j’apprécie not’bon Maître Passou … Bonne soirée, les amis !

JC..... dit: 10 juillet 2014 à 17 h 47 min

Ah ! mourir dans son véhicule, quelle joie ! … une grenade dans un tank …

J’exige d’être porté en terre dans une ébénisterie complexe me contenant, moi et mon scooter rose, en cas de collision avec un laurier rose mal placé … ou dans l’Austin Healey 3OOO de mes rêves, vert anglais, capote déchirée, basse sur le sol comme un crapaud lubrique.

Si, par malheur, un camion d’éboueur m’écrase : pas de simagrée. Tuez le chauffeur et brûlez le tout, moi compris.

fred dit: 10 juillet 2014 à 17 h 45 min

« si ça avait été des corans il aurait ouvert un blog l’année prochaine..ou l’année d’aprés c’est pas grave »

avec des photos criantes de vérité

fred dit: 10 juillet 2014 à 17 h 44 min

« C’est Camus qui était le passager de ce con de chauffard de Gallimard….Phil  »

ils avaient pas voulu prendre de café avant de repartir

fred dit: 10 juillet 2014 à 17 h 42 min

« Camus n’avait pas seulement deux livres en poche. Son passager était fort connu. »

Il avait aussi son passager en poche?

(pour info ce n’était pas lui qui conduisait mais le proprio de la bagnole)

bouguereau dit: 10 juillet 2014 à 17 h 42 min

deux San Antonio annotés…

si ça avait été des corans il aurait ouvert un blog l’année prochaine..ou l’année d’aprés c’est pas grave

TKT dit: 10 juillet 2014 à 17 h 41 min

Phil, non, en 1946, Facel-Vega n’existait pas encore.
Je suis arrivé car mon père, homme pressé, roulait trop vite dans le tunnel de la Porte Maillot. La voiture, une Bugatti.

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