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La République Des Livres par Pierre Assouline
Gérard Rondeau sort le grand jeu

Gérard Rondeau sort le grand jeu

Vous voyez Star Wars ? Eh bien les photos de Gérard Rondeau, c’est le contraire. Ou quelque chose comme ça. Des visages, des silhouettes, des paysages. Des fantômes d’humanités. Autant de présences. De quoi faire un monde. Que du noir et blanc sur papier argentique. Ca fleure bon le XXème siècle mais sous un ciel bas, gris, sombre.

Parfois tout n’y est que solitude et désolation, mélancolie et oubli de soi. Mais de misérabilisme, jamais. L’homme est trop discret, trop pudique pour encourir l’ombre d’un reproche de ce type. Pas de pathos. On est là dans le nu de la vie, dans le vif du sujet, dans le motif du tapis. L’important n’est pas de percer le secret qui s’y dissimule mais de savoir qu’il existe et que par là ça palpite. J’avais posé le monde sur la table (288 pages en grand format, 59 euros, éditions des Equateurs) est le titre de l’ album publié dans le cadre de l’exposition où Gérard Rondeau a été invité à revisiter son œuvre. Présentée par la ville de Reims au Cellier, siège historique de trois maisons de champagne successives (Jules Mumm, Veuve Clicquot Ponsardin, Jacquart), jusqu’au 6 février, elle emprunte son titre à René Daumal, l’homme du Grand Jeu.© Gérard Rondeau - Sarajevo, janvier 1994 - Haute Def

Il se dégage de cette exposition monographique, et de l’album qui l’accompagne, tant sa vision du monde que son ars poetica. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : un artiste. Sinon ce Rémois voyageur pourtant si enraciné, compatriote des inspirés du Grand Jeu, n’aurait pu faire surgir un universel singulier de la seule Champagne, sa terre. Gérard Rondeau est de ces rares photographes dotés d’une sensibilité suffisamment aiguë pour révéler les traces, faire écho aux silences. Il y a dans certaines de ses images un tremblé, une vibration qui le rapprochent non de certains photographes mais d’un des plus grands peintres, Mark Rothko. Les livres et les écrivains ne le lâchent pas. Ils l’accompagnent par leurs textes, Olivier Frébourg, Bernard Frank, Bernard Noël, Jean Clair, André Velter, Jean-Paul Kaufmann.

Il s’est promené partout dans le monde et y a été exposé. C’est peu dire qu’il a l’esprit porté aux séries. Coulisses des musées, chronique de la vie comme elle va à Sarajevo, Maroc d’aujourd’hui en résonance avec celui de Delacroix. Lorsqu’une mission de Médecins du monde prend pied dans un territoire menacé par le Mal, il n’est jamais loin.

Il fut le portraitiste de la bande à Sagan avec Florence Malraux, Bernard Frank dont il était proche mais aussi de Jacques Derrida, Mohamed Choukri, Paul Bowles, Jean Genet d’outre-tombe face à la mer. Des peintres et des écrivains. Tous posent face à la caméra. Rien de volé. Ils dévoilent pourtant un pan de leur énigme. A chaque fois, on a l’impression qu’une œuvre transparait et s’impose dans toute son évidence à travers l’expression de tel artiste ou la gestuelle de tel penseur. C’est qu’avant de le photographier, Rondeau s’est longuement imprégné de ses écrits, de ses tableaux, de ses films. Juste de quoi rendre visible une part de leur invisible, mais pas trop afin de ne pas les heurter. Il a ses têtes. Des gens qu’il accompagne et qui l’accompagnent depuis longtemps : le peintre Rebeyrolle, l’écrivain Yves Gibeau. L’un dans son atelier ou à Rome visitant l’église Saint-Louis-des-Français ; l’autre dans son capharnaüm ou sur les champs de bataille de la première guerre. On dirait qu’ils ne le lâchent pas ; ce sont ses gardes du cœur. Si vous avez lu Remonter la Marne, le beau récit au bout du monde d’à côté de Jean-Paul Kaufmann, sachez que le personnage nommé Milan, c’est lui, Rondeau.

© Gérard Rondeau - Jacques Derrida, Paris, 2000 - Haute DefOn voudrait feuilleter, mais comment ne pas s’attarder à chaque page ? Ici, deux chemins se rencontrent et forment une croix surréelle dans un improbable carrefour de lignes au creux d’une forêt de bouleaux à Riga. Là, une silhouette dans un rai de clarté comme une apparition dans le parc de la Patte d’oie à Reims. Un peu partout au bout de l’archipel nippon, en Bosnie ou dans le Kurdistan irakien, des lignes de fuite sous le crachin ou sous un soleil écrasant, que l’on s’en voudrait d’abïmer par quelque commentaire. Face à ces photos, on voudrait juste être en situation de recevoir et de n’avoir surtout rien à dire. Des forêts, on en a vues d’autres sous d’autres regards ; mais sous le sien, on a l’impression qu’un arbre y rencontre un autre pour la première fois. En conclusion de l’un des textes de ce très Beau-livre, Olivier Frébourg qui en est le fier éditeur écrit :

« Cendrars tend sa main amie à Daumal : « j’ai en moi-même ce qui me rend heureux et distant/ Et que je porte et qui m’élève ».

Tout est saisi le plus souvent à hauteur d’homme. C’est que celui-ci ne triche pas. Il évite les effets et les trucs qu’autorise la technique. La sienne, une fois la composition acquise, semble entièrement gouvernée par la lumière et une maîtrise impressionnante des infinies possibilités du noir, des gris et du blanc, à laquelle le laborantin chargé de tirer ses photos rend admirablement justice.

En explorant la Chine profonde ou en remontant la Marne buissonnière, un même œil est derrière le viseur. Une même sensibilité à travers un même regard qui s’interdit l’anecdote, le clin d’œil, le poncif, la facilité. Parfois, Gérard Rondeau écrit sur ses photos. Non à propos d’elles mais bien sur elles, tout autour du cadre, sinon à l’intérieur de l’image, jamais gratuitement. Ce sont des légendes avec le supplément d’âme qu’autorise la graphie. Ainsi ses photos sont-elles griffées. Ne le seraient-elles pas, on saurait au premier coup d’œil que Gérard© Gérard Rondeau - Poème, René Daumal - Haute Def Rondeau a fait ça. Et qu’il est un lecteur de ceux qui l’ont aidé à écrire ici, Roger Gilbert-Lecomte, Joseph Sima, Roger Vailland, René Daumal. Cette exposition et cet album, c’est son grand jeu à lui. Nul n’a vu la cathédrale de Reims comme lui. Là-haut, depuis la crête de faîtage de la toiture, parmi les anges et cariatides, cela va de soi ; mais sur la façade et à l’intérieur ! On referme l’album, on clôt les yeux et l’on se croit transporté à la fin des années vingt, dans l’effervescence des réunions de la revue de Roger Gilbert-Lecomte, parmi son groupe, à ruminer sa profession de foi une fois pour toutes :

« Le Grand Jeu est irrémédiable ; il ne se joue qu’une fois. Nous voulons le jouer à tous les instants de notre vie ».

(« Ile d’Iriomote, Okinawa, 2000″ ; « Sarajevo, janvier 1994 »  ; « Jacques Derrida, Paris, 2000 »; « Poème, René Daumal » photos de Gérard Rondeau extraite de son album J’avais posé le monde sur la table)

 

Cette entrée a été publiée dans arts, Histoire Littéraire.

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commentaires

473 Réponses pour Gérard Rondeau sort le grand jeu

gérard lambert dit: 27 décembre 2015 à 0 h 27 min

Sergio dit: 27 décembre 2015 à 0 h 21 min
gérard lambert dit: 26 décembre 2015 à 23 h 58 min
un coup de clef à molette « bien placé entre les deux yeux » du petit prince

Houi mais c’est le seul truc de la chanson qui… que… enfin c’est pas ça, quoi… Plutôt sinistre, comme on dit… Sinon elle est bien, hein ! Je me souviens encore de pas mal de paroles…

D’un autre côté fallait une fin un peu insomniaque, c’est vrai… Le froid du petit matin ! Ca fait vraiment Terre des hommes, finalement…

Bon je rentre à la base…

Et à cette heure, ne jouez pas à Guillaume Tell avec votre épouse : parole de Burroughs

Sergio dit: 27 décembre 2015 à 0 h 21 min

gérard lambert dit: 26 décembre 2015 à 23 h 58 min
un coup de clef à molette « bien placé entre les deux yeux » du petit prince

Houi mais c’est le seul truc de la chanson qui… que… enfin c’est pas ça, quoi… Plutôt sinistre, comme on dit… Sinon elle est bien, hein ! Je me souviens encore de pas mal de paroles…

D’un autre côté fallait une fin un peu insomniaque, c’est vrai… Le froid du petit matin ! Ca fait vraiment Terre des hommes, finalement…

Bon je rentre à la base…

jem dit: 27 décembre 2015 à 0 h 09 min

« c’est très subjectif, et c’est là aussi l’un des problème : cette subjectivité »

Je ne crois pas que le mal réside dans la subjectivité – et de toute façon, il y a des sociologues et des statistiques. Vous allez presque m’inciter à en dire du bien…

gérard lambert dit: 26 décembre 2015 à 23 h 58 min

Sergio dit: 26 décembre 2015 à 23 h 47 min
Bon personne a une manivelle ? les flics vont venir et le bus est garé comme une loque comme dirait Renaud…

Depuis le temps que vous allusionnez sur le thème ; c’est un coup de clef à molette « bien placé entre les deux yeux » du petit prince qu’il s’agissait de chanter …

D. dit: 26 décembre 2015 à 23 h 54 min

JC….. dit: 26 décembre 2015 à 18 h 44 min

Judith,
Polytechnique n’est pas une grande référence, vous savez, question scientifique : ça se passe ailleurs ce qui compte.

100 % d’accord avec JC. Les polytechniciens, il en faut, pour tenir des directions à la SNCF et chez EDF, et ce sont des gens méritants mais ne comptez pas sur eux pour un quelconque prix Nobel.

D. dit: 26 décembre 2015 à 23 h 49 min

l’immense majorité de nos concitoyens d’origine maghrébine et de confession musulmane sont des gens très bien intégrés à la société française

c’est très subjectif, et c’est là aussi l’un des problème : cette subjectivité.

Widergänger dit: 26 décembre 2015 à 23 h 33 min

En France, chez les démagogues, on passe très facilement d’un incendie de poubelle à des slogans du genre « le fascisme est la solution politique de l’avenir ».

Encore un ou deux incendies de poubelles, et on va se retrouver avec notre Zonzon en tenue du Duce, vous allez voir. Il démarre au quart de tour, notre Zonzon. Et l’est même pas Corse en plus !

Sant'Angelo Giovanni dit: 26 décembre 2015 à 23 h 26 min


…laboratoire des  » idées « ,…à partager,!…

…plutôt des couvertures  » opaques « ,…à se retrouver isoler,!…

…du fou-rire,!…traitement de choc,!…

…les évènements de l’année 2015,…comme une odeur se soufre,…déposée dans Stalag 13,…aux €uros,!…

…vous voulez une allumette pour vous éclairer la bougie,!…Ah,!Ah,!…

…retient la nuit,!…pour certaines vies,!…Oh,!…toutes ces couches tectoniques,!…ces parfums d’élections,…
…etc,!…du bonheur à s’en fichtre,!…

christiane dit: 26 décembre 2015 à 23 h 18 min

@Sergio dit: 26 décembre 2015 à 23 h 11 min
Mais qui êtes-vous ? Chez vous : abasourdie par votre dernier commentaire.

Zoon dit: 26 décembre 2015 à 22 h 38 min

Les événements des 25 et 26 décembre à Ajaccio apportent de l’eau au moulin de mes analyses et de mes prévisions telles que j’ai eu l’occasion de les présenter par ailleurs. Cependant, ils ne présentent qu’une esquisse maladroite et contre-productive de la ou des solutions vraiment efficaces.

Il est clair que s’en prendre à l’ensemble de la communauté maghrébine de la ville et détruire un lieu de culte musulman sont les pires des réactions , même si, après les agression des pompiers et des policiers attirés dans un guet-apens, on pouvait s’attendre à de tels excès. Elles tombent légitimement sous le coup des accusations de racisme et de xénophobie.

Or, en Corse comme sur l’ensemble du territoire métropolitain, l’immense majorité de nos concitoyens d’origine maghrébine et de confession musulmane sont des gens très bien intégrés à la société française et qui ont de très bonnes raisons de ne pas se livrer à des provocations aberrantes comme celle à laquelle se sont livrés les voyous d’Ajaccio. On sait très bien à quelle frange de la communauté maghrébine musulmane — en Corse et en France métropolitaine — appartiennent ces voyous. Ils ont — grosso modo — entre quinze et vingt-cinq ans, et sont, pour la plupart, déjà connus des services de police pour des faits de délinquance et des incivilités. C’est là qu’il faut frapper, tout le monde le sait.

Malheureusement, pour diverses raisons connues de tous, il ne faut pas s’attendre à ce que les forces de police et les magistrats identifient et punissent à brève échéance les agresseurs des pompiers et des gendarmes. En revanche, on peut imaginer que des citoyens absolument déterminés, organisés en milices d’autodéfense, armés et renseignés en sous-main par des membres des forces de police et de gendarmerie acquis à leur cause, ainsi que par des citoyens ayant été témoins d’actes répréhensibles, se chargent du travail d’élimination des brebis galeuses, et s’en chargent de façon impitoyable. Il s’agirait de purger, pour son bien, la communauté maghrébine et musulmane de ses éléments indésirables, et de l’en purger définitivement. On peut imaginer que les individus à éliminer seraient exfiltrés nuitamment par la force de leur domicile ; les mineurs pourraient être éventuellement extraits manu militari de leurs établissements scolaires ou clubs sportifs ; des scènes d’exécutions publiques, filmées, seraient précédées de mutilations et de tortures. Les individus indésirables pourraient par exemple être étouffés avec leurs propres parties génitales préalablement tranchées, le fion défoncé par une barre de fer chauffée au rouge. A titre d’exemple, leurs cadavres pourraient être traînés derrière des véhicules à travers toute la ville.

Bien entendu, les exécuteurs agiraient cagoulés et camouflés, dans le plus strict anonymat. Après l’action, ils se fondraient dans le paysage, avec la complicité passive des forces de police officielle.

Il va de soi que les descriptions qui précèdent relèvent de la politique-fiction et ne reflètent nullement mon voeu personnel. Je me borne à tenter d’imaginer ce qui, malheureusement, risque de se passer. Hélas. Tout cela est bien triste.

Ce qui va se passer à Ajaccio et en Corse dans les mois qui viennent devra être suivi avec attention par tous ceux qui pensent que — devant l’impuissance de nos institutions « démocratiques » — le moment est venu pour les citoyens eux-mêmes de faire le ménage. Mais encore une fois, il ne s’agit pas de s’en prendre à une communauté innocente des dérives de quelques brebis galeuses. Ce sont celles-là qui seraient liquidées, et elles seules, y compris celles qui sont actuellement détenues dans les prisons. Bien entendu, ce travail de « nettoyage de propreté » ne viserait pas que la communauté maghrébine et musulmane. C’est toute une société à qui, selon d’aucuns, il faudrait ré-inculquer, par des moyens drastiques, le sens du respect de l’ordre public.

Après la victoire des autonomistes et des indépendantistes aux élections régionales, les Corses semblent s’être soudainement débarrassés de quelques unes de leurs inhibitions — qui sont aussi les nôtres. La Corse nouvelle semble appelée à jouer le rôle d’un laboratoire chargé de préparer les évolutions nécessaires à laquelle notre société et nos institutions doivent s’attendre.

Je pense très sincèrement que le fascisme est la solution politique de l’avenir.

Monsieur Lafeuille dit: 26 décembre 2015 à 20 h 38 min

Le sculpteur français Eugène Dodeigne s’est éteint à Bondue dans le nord à l’âge de 92 ans.

(Il n’ a jamais fait le plug des médias…)

Sergio dit: 26 décembre 2015 à 19 h 33 min

bernadette dit: 26 décembre 2015 à 18 h 52 min
nicolas!

Ha mais oui ! Informaticien chez Nicolas, ça c’est une planque alors… En plus ils mettront jamais de bombes, ils auraient bien trop peur de respirer les vapeurs !

Et puis c’est accueillant, ces petits magasins, nichteware ?

raymond dit: 26 décembre 2015 à 18 h 50 min

JC….. dit: 26 décembre 2015 à 18 h 45 min
Puisque c’est comme ça, j’en ai marre d’être méprisé à ce point

jicé en a marre parce qu’il le veau bien

Sergio dit: 26 décembre 2015 à 18 h 50 min

Chaloux dit: 26 décembre 2015 à 18 h 16 min
découvert cette idée il y a plus de trente ans

Non mais cette période avait au moins le mérite de la spiritualité qui fait tant défaut actuellement ; maintenant qu’il y ait eu de la bourde au kilotonne, c’est une autre paire de Sagan…

raymond dit: 26 décembre 2015 à 18 h 48 min

« le prolongement de la religion ; seulement lui en plus dit pourquoi : à partir du moment où le coup de la vie éternelle est devenu un peu trop gros (enfin il le dit en mieux…) ; moralité la belle vie autant la faire tout de suite. Pas con  »

trop con vaincant non maison apprend de ces trucs c’est fou! suffit de réfléchir épicétout

JC..... dit: 26 décembre 2015 à 18 h 44 min

Judith,
Polytechnique n’est pas une grande référence, vous savez, question scientifique : ça se passe ailleurs ce qui compte.

christiane dit: 26 décembre 2015 à 18 h 41 min

@DHH dit: 26 décembre 2015 à 18 h 32 min
Ouf ! que JC reste dans ses entêtements déraisonnables ! Merci. Oui, Lavande est un bonheur de lecture.

JC..... dit: 26 décembre 2015 à 18 h 36 min

« Je crois que vous aimeriez bavarder avec lui…. »

Curieux de tout, Christiane, j’en suis persuadé !

Il m’est souvent arrivé de parler avec des gens qui n’avaient rien à dire, ou venaient de se foutre sur la gueule dans la rue, et saignaient du nez, bêtement….

On apprend beaucoup à écouter les gens qui n’ont rien à dire.
(…évidemment, il ne faut pas voter pour eux !)

DHH dit: 26 décembre 2015 à 18 h 32 min

pourquoi certains ici s’accrochent à cette idée reçue que le dons scientifiques excluent la sensibilité littéraire .
il n’y a aucune fatalité à cela ;il y a des gens qui ont les deux, d’autres qui n’ont ni l’un ni l’autre
je crois savoir que sur ce blog Lavande est une scientifique de haut niveau ;est -elle moins connaisseuse en théâtre ou en littérature que d’autres qui n’ont pas eu la chance d’être également douées en math
D’avoir fait polytechnique n’a pas été incompatible pour Antoine Compagnon avec la place qu’il occupe dans le monde des lettres et croyez vous que NKM à 15 ans ,en math sup ressemblaient aux-rares- boutonneuses préparationnaires que vous avez croisées dans le métro?
une seule chose est vraie ;il y a des gens qui ont plus de talents que les autres; c’est leur chance

christiane dit: 26 décembre 2015 à 18 h 17 min

@JC….. dit: 26 décembre 2015 à 17 h 26 min
Tout faux, JC !
Michel Cassé a passé de longues heures avec mes petits élèves de cours moyen. Le dialogue était fascinant. Il avait accepté d’aller voir avec eux, l’épisode (?) de « La guerre des étoiles » (années 90) et les enfants l’avaient invité en classe. Il leur parlait du silence dans l’univers, de la poésie. Recevait leurs questions – parfois il ne pouvait y répondre (ex : qu’est-ce qu’il y a autour de l’infini ?). Il leur parlait des intuitions de Rimbaud, leur lisait « Le bateau ivre ». Je n’ai pas été étonnée quand ce livre est sorti.
Je crois que vous aimeriez bavarder avec lui…

Chaloux dit: 26 décembre 2015 à 18 h 16 min

Sergio, j’ai découvert cette idée il y a plus de trente ans en lisant un livre de Zoé Oldenbourg, Que Nous est Hécube? que j’avais acheté à la défunte librairie d’Ussel (jamais entendu « Pitchoun » en Corrèze).

Sergio dit: 26 décembre 2015 à 18 h 12 min

JC….. dit: 26 décembre 2015 à 17 h 19 min
y en a plus….

C’est pas Aragon, qui dit cela, justement, « ce qui n’est plus sera » ?

J’avance dans le Garçon (Journal), c’est pas une écriture coruscante, tout en trouvant sa place, et je viens d’y retrouver une pensée qui fut longtemps mienne jusqu’à ce que je l’oublie, à savoir que le communisme n’est rien d’autre que le prolongement de la religion ; seulement lui en plus dit pourquoi : à partir du moment où le coup de la vie éternelle est devenu un peu trop gros (enfin il le dit en mieux…) ; moralité la belle vie autant la faire tout de suite. Pas con ! Re-moralité dans le quart d’heure on a inventé le scooter et la Yam… Re pas con !

Paul edel dit: 26 décembre 2015 à 17 h 56 min

France terre d asile terre d asile je veux bien,mais il faudra bientôt corriger la formule en:terre d asile psychiatrique

JC..... dit: 26 décembre 2015 à 17 h 42 min

Il y a longtemps, Totor, me gonflait les voiles de l’humanité sensible, je le lisais avec intérêt, il y a du génie dans cet homme là.

Rapidement, il m’a fallu affaler le tissu qui gonflait mais avait perdu sa force propulsive. Chiant, le barbu coureur de bonnes à tout faire ! Je laissais volontiers Hugo en gonfler d’autres …

Victor Hugo en France, c’est comme un réfrigérateur dans une cuisine ou un Alcoran dans une madrasa : indispensable !

ils ont le droit de savoir dit: 26 décembre 2015 à 17 h 36 min

« C’est Mme Tonton qui m’a foutu par terre. »

Mais encore ? Que s’est-il alors passé ? Les citoyens veulent savoir

Chaloux dit: 26 décembre 2015 à 17 h 33 min

Paul Edel, j’aime beaucoup Hugo poète et sa virtuosité (je me suis même réconcilié avec Les Misérables), il n’est jamais « hors-sol », même s’il y a des creux.
« Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth ;
Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l’ombre
Brillait à l’occident, et Ruth se demandait,

Immobile, ouvrant l’œil à moitié sous ses voiles,
Quel dieu, quel moissonneur de l’éternel été,
Avait, en s’en allant, négligemment jeté
Cette faucille d’or dans le champ des étoiles. »

Hugo, c’est l’éternelle initiation.
Disons qu’il me semble toujours qu’Aragon a retrouvé le vieux manteau d’Hugo et qu’il s’en est abusivement paré quoiqu’il ne soit pas à ses mesures.

L’argument du « trottoir roulant » est une allusion à l’article de Proust sur Flaubert, lequel lui a été aimablement retourné par Gracq.

(@Ueda/ Quant à « la machine à dé-coudre, il y a beau temps qu’Alba en abuse, à ses dépens. Pan pan pan!).

JC..... dit: 26 décembre 2015 à 17 h 26 min

Christiane, avec le respect que je vous dois : cette citation de Cassé…. ça ne veut rien dire, hein ? ne me dites pas que ça vous touche …. c’est du papotage pouetpouétique !

masud al-bukhari dit: 26 décembre 2015 à 17 h 23 min

Le livre ridicule de Jack Lang soupesé chez mon libraire préféré (j’étais seul) m’a remis dans l’esprit le souvenir pénible d’une émission visionnée deux jours plus tôt.

Son concept est atroce, je me demande si je suis le seul à avoir vu ça.
Elle a pour animateur un ancien journaliste tellement cynique, tellement déchu à ses propres yeux qu’il pourrait porter un T-shirt: « À vendre ».
Elle oppose aux invités « trois agrégées » ou « trois philosophes », Mmes Abecassis, Muhlman et Tonton.
C’est Mme Tonton qui m’a foutu par terre.

Comment une telle chose est-elle possible?

JC..... dit: 26 décembre 2015 à 17 h 19 min

…. ça sert à rien de bluffer les Soviétiques, Sergio, y en a plus…. !

Y a plus que des démocrates poutiniens avec des grosses burnes et du pognon en Suisse et en Angleterre….

christiane dit: 26 décembre 2015 à 17 h 17 min

Widergänger dit: 26 décembre 2015 à 15 h 03 min

Littérature et mathématiques ?
« Cosmologie dite à Rimbaud »
Michel Cassé
Jean-Paul Bayol Editions, 2007, 195 pages

4e de couverture :
« J’ai en moi un Rimb’ et un Ponj. Certain matin le fou tue le sage et réciproquement. La nuit c’est le jour vu de dos. La pointe de l’un creuse la tombe de l’autre. Le un tue le deux et les nombres, et inversement. Et l’unité se fait et se défait sous le stylet. Frères ouvriers en formules, crayonnez ! Crayonnez avec le fusain de la critique les équations d’Einstein, instance du poème du ciel. Pour maintenir en fleur le cœur de la recherche j’ai choisi Ciel et Physique. Loyauté, royauté des lois. »(Michel Cassé)

Étrange et beau livre, peu attendu de la part d’un astrophysicien qu’on pourrait croire enfermé dans le monde austère des modèles d’univers aux mathématiques ésotériques… Michel Cassé est astrophysicien au CEA (Commissariat à l’Energie Atomique) et à l’Institut d’Astrophysique de Paris.
Et Jacques Roubaud et Raymond Queneau et tant d’autres…

Albert E dit: 26 décembre 2015 à 17 h 16 min

16h51 « leur seule perspective c’est précisément de faire math sup, puis la prépa d’une grande école pour finir ingénieuse minable mais très payée, obligée à vie par ses tableaux d’objectifs. »

pff qu’en savez-vous ! c’est vous qui êtes pitoyables car elles sont peut être au contraire nulles en maths et regardent leurs notes au dernier moment juste avant le cours d’une matière qui les ennuie à crever

Sergio dit: 26 décembre 2015 à 17 h 12 min

jem dit: 26 décembre 2015 à 16 h 45 min
On n’est d’ailleurs pas certain de la véracité de ce premier voyage sur la lune, qui, selon certains, aurait été mis en scène par la NASA pour bluffer les Soviétiques.

Maintenant avec la 3D on va pouvoir faire des miracles ! En plus ça sera joli…

masud al-bukhari dit: 26 décembre 2015 à 17 h 11 min

JC….. dit: 26 décembre 2015 à 17 h 08 min
et Dédé qui serre la presse lentement, lentement, amoureusement, et le juvénile jus

D. dit: 26 décembre 2015 à 16 h 52 min
…un potentiel de sensibilité peut-être énorme.

JC..... dit: 26 décembre 2015 à 17 h 08 min

Ah ! la vision : un pressoir géant où l’on introduit avec délicatesse des grappes de boutonneuses de 15 ans, et Dédé qui serre la presse lentement, lentement, amoureusement, et le juvénile jus qui jute dans les hanaps enchantés aux clairs reflets métalliques ….

D. dit: 26 décembre 2015 à 16 h 51 min

Ce qui me fait de la peine, souvent, le matin, dans le métro, c’est de boire des boutonneuses à lunettes de 15 ans complètement obnubilés par leurs équations, la mine maladive, leur seule perspective c’est précisément de faire math sup, puis la prépa d’une grande école pour finir ingénieuse minable mais très payée, obligée à vie par ses tableaux d’objectifs.
Ça, c’est coupable, quelque part c’est coupable de permettre que reste toute une vie à l’état embryonnaire une

masud al-bukhari dit: 26 décembre 2015 à 16 h 51 min

jem dit: 26 décembre 2015 à 16 h 45 min
« le scientifique américain Armstrong en 1969″
On n’est d’ailleurs pas certain de la véracité de ce premier voyage sur la lune

Surtout avec un simple vélo, malgré les amphétamines.

jem dit: 26 décembre 2015 à 16 h 45 min

« le scientifique américain Armstrong en 1969 »

On n’est d’ailleurs pas certain de la véracité de ce premier voyage sur la lune, qui, selon certains, aurait été mis en scène par la NASA pour bluffer les Soviétiques.

D. dit: 26 décembre 2015 à 16 h 38 min

Voyez-vous, JC et wgg, on peut être à la fois remarquable litteraire, remarquable scientifique et remarquable artiste. C’est en tout cas mon cas. La principale difficulté est alors de trouver le temps de tout faire à fond et de façon organisée sans trop se disperser.

hervé dit: 26 décembre 2015 à 16 h 37 min

Diagonal dit: 26 décembre 2015 à 12 h 52 min
« (…) je voudrais qu’on n’oublie pas non plus Hocine Aït Ahmed (…)un très grand résistant dans l’histoire de l’Algérie martyrisée.(…) »

« Un long rêve de liberté et de démocratie n’est plus »(Kamel Daoud)

Paul edel dit: 26 décembre 2015 à 16 h 36 min

L effet « trottoir roulant »dont parle chaloux peut avoir plusieurs significations:soit une allergie à des écritures virtuoses genre Hugo dans la légende des siècles mais la virtuosité n est pas la facilité mais recèle des merveilles et des vérités comme parfois les songes. Cantonale aussi ce trottoir roulant des effets de fatigue du lecteur, ou carrément une allergie à certains styles. Je connais des allergiques à Proust, à Dickens,à racine,à Beckett moi je le suis aux grands romans de Dostoïevski et notamment la philosophie filandreuse pan slave des frères karamazov et fes phrases boueuses

JC..... dit: 26 décembre 2015 à 16 h 12 min

Pour faire de la bonne science, il faut être étroit d’esprit, c’est prouvé ! D’ailleurs Cyrano de Bergerac a été dans la lune dès 1650 … il n’était pas scientifique et a fait le voyage bien avant le scientifique américain Armstrong en 1969, et les autres, qui ont marché sur le sol lunaire et en sont revenus vivants !

…..319 ans de décalage ! on mesure bien l’ouverture littéraire qui réalise ce que l’étroitesse d’esprit des malheureux scienteux met des siècles a réaliser !

Marrons nous…. c’est gratuit.

masud al-bukhari dit: 26 décembre 2015 à 16 h 09 min

Sergio dit: 26 décembre 2015 à 15 h 25 min
Vraiment au nord, le Limousin,
Enfin je l’ai toujours entendu, ça c’est sûr.

Gloire à Antoine Bouscatel!
Loin des tables de dissection, la rencontre de la cabrette et de l’accordéon à Paris a changé la France il y a un siècle.
Sauf erreur, le biniou n’a pas eu cette chance historique.

masud al-bukhari dit: 26 décembre 2015 à 16 h 03 min

Chaloux dit: 26 décembre 2015 à 15 h 20 min
Alba, je peux comprendre ta solitude et ton désespoir de vieux parapluie

Chaloux, ne souhaitons pas à notre ami de rencontrer un jour une machine à coudre sur une table de dissection!

masud al-bukhari dit: 26 décembre 2015 à 16 h 01 min

JC….. dit: 26 décembre 2015 à 15 h 43 min
« Le manque d’ouverture d’esprit des scientifiques est une chose affligeante en vérité. » (W.)

Allons plus loin, le manque d’ouverture d’esprit de la science peut être une forme d’inélégance et de goujaterie.

JC..... dit: 26 décembre 2015 à 15 h 43 min

« Le manque d’ouverture d’esprit des scientifiques est une chose affligeante en vérité. » (W.)

Il est vrai que l’ouverture d’esprit des littéraires est enviable, en vérité …. Las, la nature ne l’a pas voulu ! je n’ai pas cette chance …Eh ! contre mauvaise fortune faisons bonne figure et continuons à vivre sans le moindre goût pour la poésie….

Et vivons ce drame sereinement …. uhuhu ! qu’importe !

Sergio dit: 26 décembre 2015 à 15 h 25 min

D. dit: 26 décembre 2015 à 10 h 08 min
lou pitchoun est valable partout où est parlé la langue d’oc; se dit donc jusqu’aux confins septentrionaux du massif central

Vraiment au nord, le Limousin, c’est chez Richard Millet… L’accent en Haute-Loire on l’a encore pas mal, c’est pas l’authentique marseillais mais il y a quand même des tonalités bien caractéristiques ; maintenant pitchoun je l’ai toujours entendu, seulement d’où ? C’est quand même hypocoristique et comme on n’est pas beaucoup des tendres sur les hauts plateaux… Enfin je l’ai toujours entendu, ça c’est sûr.

Chaloux dit: 26 décembre 2015 à 15 h 20 min

Alba, je peux comprendre ta solitude et ton désespoir de vieux parapluie abandonné dans un autobus, mais je t’en prie lâche-moi.

Widergänger dit: 26 décembre 2015 à 15 h 14 min

Mon pauvre Chaloux, qu’est-ce qu’on peut bien répondre à une pauvre burne de ton espèce ? T’as simplement un pois chiche à la place du cerveau. Et encore !

Chaloux dit: 26 décembre 2015 à 15 h 10 min

Widergänger dit: 26 décembre 2015 à 15 h 08 min

Ce qui me différencie surtout d’un prof de collège mythomane comme Alba, c’est que je n’y ai jamais accès sans les avoir ouverts!

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