de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Ma soirée du XXe siècle – et autres petites incursions

Ma soirée du XXe siècle – et autres petites incursions

(Larges extraits de la conférence Nobel prononcée hier à Stockholm par le lauréat 2017 KAZUO ISHIGURO)

Si vous m’aviez croisé à l’automne 1979, vous auriez sans doute eu quelques difficultés à définir mon milieu social ou même, mes origines. J’étais alors âgé de 24 ans. J’avais les traits d’un Japonais, mais au contraire de la plupart des hommes japonais qu’on voyait en Grande Bretagne à l’époque, j’avais des cheveux longs jusqu’aux épaules, et une moustache tombante de gangster. Le seul accent perceptible dans ma voix était celui d’un garçon qui avait grandi dans les comtés du sud de l’Angleterre, avec parfois l’intonation langoureuse, déjà datée, du jargon de l’ère hippie. Si nous avions engagé la conversation, nous aurions peut-être discuté du Football Total de Hollande, du dernier album de Bob Dylan, ou de l’année que je venais de passer en compagnie des sans-abri de Londres. Si vous aviez mentionné le Japon, me posant des questions sur sa culture, vous auriez pu déceler une trace d’impatience dans ma réaction alors que j’avouais mon ignorance, l’imputant au fait que je n’étais jamais retourné dans ce pays – même pour des vacances – depuis que je l’avais quitté à cinq ans.

Cet automne-là, je suis arrivé avec un sac à dos, une guitare et une machine à écrire portative à Buxton, dans le Norfolk – un petit village anglais avec un vieux moulin à eau et tout autour, une étendue plate de terres agricoles. J’étais venu dans cet endroit parce que j’avais été accepté pour une année dans un programme postdoctoral en création littéraire à l’université d’East Anglia. Elle se trouvait à Norwich, la capitale, à seize kilomètres de là, mais je n’avais pas de voiture et mon seul moyen d’y parvenir était un service de bus qui ne fonctionnait que trois fois par jour, le matin, à midi et le soir. Je découvris bientôt que ce n’était pas vraiment un problème: ma présence à l’université était rarement requise plus de deux fois par semaine. J’avais loué une chambre dans une petite maison appartenant à un homme d’une trentaine d’années dont la femme venait de le quitter. Pour lui, cette demeure était sans doute remplie des fantômes de ses rêves détruits – ou peut-être voulait-il juste m’éviter; en tout cas, je passais des jours d’affilée sans le voir. En d’autres termes, après la vie frénétique que j’avais menée à Londres, je me retrouvais ici, disposant, pour me transformer en écrivain, d’une tranquillité et d’une solitude peu habituelles (…)

Dans cette pièce, j’étudiai avec soin les deux nouvelles que j’avais écrites pendant l’été, me demandant si elles étaient assez bonnes pour être soumises à mes nouveaux camarades de classe. (Je savais que nous étions un groupe de six, qui se réunissait tous les quinze jours.) À ce stade de ma vie je n’avais pas écrit grand-chose d’intéressant en matière de fiction, et c’était grâce à une pièce radiophonique refusée par la BBC que j’avais été admis dans ce cours. En réalité, ayant fait auparavant de solides projets pour devenir une rock star dès l’âge de vingt ans, mes ambitions littéraires ne m’étaient apparues que récemment. Les deux nouvelles que j’examinais avaient été écrites dans un état de panique, en réponse à la lettre m’apprenant mon inscription au programme de l’université. Un pacte de suicide macabre était le sujet de l’une, et le thème de l’autre, les combats de rue en Écosse, où j’avais passé quelque temps comme travailleur social. Elles n’étaient pas très bonnes. J’en commençai une sur un adolescent qui empoisonne son chat, située elle aussi dans la Grande Bretagne d’aujourd’hui. Puis un soir, pendant ma troisième ou quatrième semaine dans cette petite chambre, je me retrouvai en train d’écrire sur le Japon, avec un sentiment d’urgence d’une force inédite – sur Nagasaki, la ville de ma naissance, aux derniers jours de la Seconde Guerre Mondiale.

Ce fut, je dois le souligner, une surprise pour moi. Aujourd’hui, la tendance dominante pousse un jeune auteur débutant au bagage culturel métissé à explorer ses racines d’instinct, pour ainsi dire. Mais c’était loin d’être le cas alors. L’explosion de la littérature « multiculturelle » n’aurait lieu que quelques années plus tard en Grande-Bretagne. Salman Rushdie était un inconnu dont le seul roman publié était épuisé. Si on leur avait demandé de citer le jeune romancier britannique le plus renommé, les gens auraient peut-être répondu Margaret Drabble; et parmi les auteurs plus âgés, Iris Murdoch, Kingsley Amis, William Golding, Anthony Burgess, John Fowles. Les étrangers comme Gabriel Garcia Marquez, Milan Kundera ou Borges restaient des auteurs confidentiels, leurs noms n’évoquaient rien, même aux lecteurs passionnés.ob_93d1ae_assouline-hopkins

Tel était le climat littéraire en ce temps-là, au point que lorsque j’achevai cette première nouvelle japonaise, malgré ma certitude d’avoir découvert une direction essentielle, je me demandai aussitôt s’il ne fallait pas considérer ce début comme une œuvre complaisante; je devrais peut-être revenir sans tarder à un sujet plus « normal ». Je ne commençai à la montrer qu’après beaucoup d’hésitations, et jusqu’à aujourd’hui, je suis profondément reconnaissant à mes camarades étudiants, à mes professeurs Malcolm Bradbury et Angela Carter, et au romancier Paul Bailey – écrivain résident de l’université cette année-là – pour leur réaction résolument encourageante. S’ils avaient eu un avis moins positif, je n’aurais sans doute jamais plus écrit sur le Japon. En tout état de cause, je suis retourné dans ma chambre pour écrire et écrire encore.

Pendant l’hiver 1979-80, et une bonne partie du printemps, je n’ai parlé à presque personne, à l’exception des cinq autres étudiants de ma classe, de l’épicier du village auquel j’achetais les céréales du petit déjeuner et les rognons d’agneau qui me permettaient de subsister, et de ma petite amie Lorna (devenue aujourd’hui ma femme) qui me rendait visite un week-end sur deux. Ce n’était pas une vie équilibrée, mais au cours de ces quatre ou cinq mois je réussis à achever une moitié de mon premier livre, Lumière pâle sur les collines – situé aussi à Nagasaki, pendant les années de reconstruction après le largage de la bombe atomique. Je me rappelle avoir parfois joué avec des idées de nouvelles situées ailleurs qu’au Japon, mais mon intérêt déclinait rapidement.

Ces mois furent décisifs pour moi, dans la mesure où sans eux, je ne serais jamais devenu écrivain. Depuis, j’y ai souvent repensé et je me suis demandé: qu’est-ce qui m’avait pris ? D’où venait cette curieuse énergie ? J’en ai conclu qu’à ce point précis de mon existence, je m’étais engagé dans un acte de préservation d’une urgence extrême. Pour l’expliquer, je dois revenir un peu en arrière.

En avril 1960, à l’âge de cinq ans, j’étais arrivé en Angleterre avec mes parents et ma sœur, dans la ville de Guildford, comté de Surrey, riche banlieue cossue à cinquante kilomètres au sud de Londres. Mon père était un chercheur, spécialiste de l’océanographie, venu travailler pour le gouvernement britannique. La machine qu’il inventa par la suite, soit dit en passant, fait aujourd’hui partie de la collection permanente du musée des Sciences de Londres.

Les photographies prises peu après notre arrivée montrent une Angleterre d’une époque disparue. Les hommes portent des pullovers avec un col en V et une cravate, les voitures ont encore des marchepieds et une roue de secours à l’arrière. Les Beatles, la révolution sexuelle, les manifestations d’étudiants, le « multiculturalisme » étaient au coin de la rue, mais il est difficile d’imaginer que l’Angleterre s’en soit seulement doutée lorsque ma famille a découvert le pays. Rencontrer un étranger de France ou d’Italie était déjà extraordinaire – sans parler d’un Japonais (…)

Tous nos voisins fréquentaient l’église, et quand je venais jouer avec leurs enfants, je remarquais qu’ils disaient une petite prière avant de manger. Je suivais les cours de catéchisme, et bientôt je chantai dans la chorale, devenant, à l’âge de dix ans, le premier chef de chœur japonais jamais vu à Guildford. J’allais à l’école primaire locale – j’étais sans nul doute le seul enfant non-anglais de toute l’histoire de cet établissement – et dès mes onze ans, je pris le train pour me rendre au lycée d’une ville voisine, partageant chaque matin le wagon avec des rangées d’hommes en costume à rayures et chapeau melon, qui se rendaient à Londres pour travailler dans les bureaux.

(…) Lorsque je repense à cette période, je me rappelle que cela se passait moins de vingt ans après la fin d’une guerre mondiale pendant laquelle les Japonais avaient été les pires ennemis des Anglais, et je suis stupéfait par l’ouverture d’esprit et la générosité spontanée dont cette communauté anglaise ordinaire fit preuve en nous acceptant. L’affection, le respect et la curiosité que je conserve jusqu’à ce jour pour cette génération de Britanniques qui avaient réchappé de la Seconde Guerre Mondiale, et bâti un remarquable État-providence dans son sillage, proviennent largement de mes expériences personnelles pendant ces années.

Mais en même temps, je menais une autre vie à la maison avec mes parents japonais. Sous notre toit il y avait des règles différentes, des espoirs différents, une langue différente. À l’origine mes parents avaient eu l’intention de rentrer au Japon au bout d’un an, deux peut-être. En fait, durant nos onze premières années en Angleterre, nous vivions dans l’attente perpétuelle du retour « l’an prochain ». Par conséquent, le point de vue de mes parents restait celui de visiteurs, et non d’immigrants. Ils échangeaient souvent des remarques sur les étranges coutumes des autochtones, sans ressentir la moindre obligation de les adopter. Pendant longtemps demeura l’hypothèse que je rentrerais au Japon pour y passer ma vie adulte, et ils s’efforcèrent de maintenir l’aspect japonais de mon éducation.

Chaque mois arrivait du Japon un colis contenant les bandes dessinées, les magazines et les publications scolaires du mois précédent, que je m’empressais de dévorer. Ces colis cessèrent d’arriver pendant mon adolescence – peut-être après la mort de mon grand-père – mais les conversations de mes parents sur leurs vieux amis et les membres de leur famille, le récit des épisodes de leur vie au Japon, maintenaient un flux régulier d’images et d’impressions. Pour ma part, j’avais toujours ma propre réserve de souvenirs – étonnamment vaste et limpide: de mes grands-parents, de jouets préférés que j’avais laissés, de la maison japonaise traditionnelle où nous habitions (je peux aujourd’hui encore la reconstituer pièce par pièce dans mon esprit),de mon école maternelle, de l’arrêt local du tram, du chien féroce qui vivait près du pont, du fauteuil du coiffeur spécialement adapté pour les petits garçons avec un volant de voiture fixé devant la grande glace.

Par conséquent, pendant toute mon enfance, bien avant de songer à créer des mondes fictionnels en prose, je m’affairais à construire dans mon esprit un lieu riche en détails qui s’appelait « le Japon » – un lieu auquel j’appartenais en quelque sorte, où je puisais un certain sens de mon identité, et ma confiance en moi. Le fait que je n’étais jamais retourné physiquement au Japon pendant cette période ne servait qu’à rendre ma propre vision du pays plus vivace et personnelle.

D’où le besoin de préservation. Car à partir de l’âge de vingt-cinq ans – bien que je ne l’aie jamais clairement exprimé alors – j’ai pris conscience de certains éléments clés. Je commençais à accepter le fait que « mon » Japon ne correspondait peut-être guère à l’endroit où je pouvais me rendre en avion; que le mode de vie dont parlaient mes parents, et dont le souvenir me venait de ma petite enfance, avait en grande partie disparu pendant les années soixante et soixante-dix; que de toute manière, le Japon qui existait dans ma tête avait peut-être toujours été une construction émotionnelle élaborée par un enfant grâce à la mémoire, l’imagination et la réflexion. Et peut-être plus important encore, je me rendais compte qu’année après année, à mesure que je vieillissais, ce Japon inventé – ce lieu précieux qui m’avait accompagné jusqu’à ce jour – devenait de plus en plus flou.

Kazuo Ishiguro, one of the most celebrated contemporary fiction authors in the English-speaking world, having received four Man Booker Prize nominations, and winning the 1989 award for his novel The Remains of the Day. Photographed at his home in North London.

Kazuo Ishiguro, one of the most celebrated contemporary fiction authors in the English-speaking world, having received four Man Booker Prize nominations, and winning the 1989 award for his novel The Remains of the Day. Photographed at his home in North London.

Je suis aujourd’hui certain que ce fut le sentiment que « mon » Japon était unique et en même temps terriblement fragile – inaccessible à une vérification de l’extérieur – qui me poussa à travailler dans cette petite chambre à Norfolk. Je couchais sur le papier les nuances particulières de ce monde, ses coutumes, ses règles de savoir-vivre, sa dignité, ses lacunes, toutes les pensées que m’avait inspiré cet endroit, avant qu’elles s’effacent de mon esprit. J’avais le souhait de recréer mon Japon dans une fiction, de le garder à l’abri, afin de pouvoir ensuite désigner un livre et dire: « Oui, mon Japon se trouve dans ces pages. »

Au printemps 1983, trois ans et demi plus tard, Lorna et moi vivions désormais à Londres dans un logement de deux pièces, sous les combles d’une maison haute et étroite qui se dressait au sommet d’une colline, l’un des points les plus élevés de la ville. Il y avait une antenne de télévision tout près et quand nous essayions d’écouter des disques sur notre platine, des voix fantomatiques retransmises envahissaient nos hauts-parleurs. Notre séjour n’avait ni canapé ni fauteuil, mais deux matelas recouverts de coussins, posés à même le sol. Il y avait aussi une grande table sur laquelle j’écrivais pendant la journée, et où nous dînions le soir. Ce n’était pas luxueux, mais nous aimions vivre là. J’avais publié mon premier roman l’année précédente, et le court-métrage dont j’avais écrit le scénario serait bientôt diffusé par la télévision britannique.

Pendant quelque temps j’avais été assez fier de mon livre, mais ce printemps-là, un sentiment d’insatisfaction me taraudait. Il y avait un problème. Mon premier roman et mon premier scénario pour la télévision avaient trop de similitudes. Il ne s’agissait pas du sujet, mais de la méthode et du style. Plus j’y réfléchissais, et plus mon roman ressemblait à un scénario – dialogue plus indications. Rien de grave, jusqu’à un certain point, mais je souhaitais à présent écrire une fiction qui ne soit efficace que sur la page. À quoi bon écrire un roman qui ne procure rien de plus au lecteur que ce qu’il peut éprouver en allumant son poste de télévision ? Comment la fiction écrite pouvait-elle espérer de survivre face à la puissance du cinéma et de la télévision si elle n’offrait pas quelque chose d’unique, une œuvre que les autres formes de création n’étaient pas capables de réaliser ?

Vers cette époque, j’attrapai un virus et je dus m’aliter quelques jours. Lorsque je commençai à me sentir mieux, et que l’envie de dormir sans arrêt se dissipa, je découvris que le lourd objet dont la présence dans mes draps m’incommodait depuis quelque temps, était en réalité un exemplaire du premier volume d’À la recherche du temps perdu, de Marcel Proust. J’entamai donc sa lecture. Mon état encore fiévreux fut peut-être un facteur, mais la première partie, Combray, me captiva totalement. Je la lus et la relus encore. Mise à part la beauté pure de ces passages, je fus fasciné par la manière dont Proust enchaînait les épisodes. L’ordre des événements et des scènes ne respectait pas les exigences habituelles de la chronologie, ni celles d’une intrigue linéaire. Au lieu de cela, les associations de pensée décousues, ou les caprices de la mémoire, semblaient entraîner le récit d’un épisode à l’autre. Parfois je me surprenais à me demander : pourquoi ces deux moments sans lien apparent étaient-ils placés côte à côte dans l’esprit du narrateur ?

Je vis soudain comment composer mon second roman d’une façon plus libre, très intéressante; cela créerait une richesse sur la page, et introduirait des mouvements internes impossibles à capter sur un écran. Si je pouvais évoluer d’un passage à l’autre en fonction des associations de pensée du narrateur et de la fluctuation des souvenirs, je réussirais à composer une œuvre à la façon d’un peintre abstrait qui choisit l’emplacement des formes et des couleurs sur une toile. Je pouvais juxtaposer une scène survenue deux jours auparavant à une séquence remontant à vingt ans, et demander au lecteur de méditer le rapport entre les deux. De cette manière, pensais-je, il me serait possible de laisser entrevoir les multiples strates du déni et de l’aveuglement qui brouillaient la perception que chacun de nous a de son moi et de son passé.

Mars 1988. J’avais 33 ans. Nous possédions désormais un canapé et j’y étais allongé, écoutant un album de Tom Waits. L’année précédente, Lorna et moi avions acheté notre propre maison dans un quartier au sud de Londres, peu à la mode mais agréable, et dans cette demeure, pour la première fois, je disposais d’un bureau. Il était petit, n’avait pas de porte, mais j’étais enchanté de pouvoir étaler mes papiers sans avoir besoin de les ranger à la fin de la journée. Dans ce même bureau, je venais – du moins je le croyais – d’achever mon troisième roman. Le premier dont le cadre n’était pas japonais – mon Japon personnel ayant perdu de sa fragilité grâce à l’écriture de mes livres précédents. En réalité mon roman suivant, qui devait s’appeler Les vestiges du jour, paraissait anglais à un point extrême – mais, espérais-je, pas dans le style de nombreux écrivains britanniques de l’ancienne génération. Au contraire de la plupart d’entre eux, supposais-je, je ne partais pas du principe que mes lecteurs étaient tous anglais, dotés d’une connaissance innée des subtilités et des préoccupations anglaises.

À présent, des écrivains tels que Salman Rushdie et V.S. Naipaul avaient ouvert la voie à une littérature plus internationale, tournée vers l’extérieur, qui ne revendiquait pas la centralité de la Grande-Bretagne, ni son importance systématique. Leur œuvre était post-coloniale dans le sens le plus large du terme. Je voulais, comme eux, créer une fiction « internationale » qui franchirait aisément les frontières linguistiques et culturelles, même en écrivant une histoire située dans un monde qui paraissait typiquement anglais. Ma version de l’Angleterre serait en quelque sorte une version mythique dont les contours, j’en étais persuadé, étaient déjà présents dans l’imagination de beaucoup de gens dans le monde, même si certains n’avaient jamais visité le pays.

Le personnage principal du roman que je venais de terminer était un majordome anglais qui se rend compte trop tard qu’il s’est trompé de valeurs morales pendant toute sa vie; et qu’il a consacré ses meilleures années à servir un sympathisant nazi; qu’en évitant d’assumer une responsabilité morale et politique dans son existence, il a gâché cette vie au sens le plus profond du terme. Plus encore: dans son désir de devenir le domestique parfait, il s’est interdit d’aimer la seule femme qui lui tient à cœur, et d’être aimé par elle.

J’avais relu mon manuscrit à plusieurs reprises, et j’étais assez satisfait. Mais le sentiment lancinant qu’il manquait quelque chose persistait.

Je me trouvais donc un soir dans notre maison, ainsi que je l’ai dit, allongé sur le canapé, en train d’écouter Tom Waits. Et Tom Waits entonna une chanson intitulée « Ruby’s arms ». Peut-être que certains d’entre vous la connaissent. (J’ai même envisagé de vous la chanter maintenant, mais j’ai changé d’avis.) C’est une ballade sur un homme, sans doute un soldat, qui part en laissant son amante endormie. C’est le petit matin, il descend la rue, prend un train. Rien d’anormal. Mais la voix qui interprète la chanson est celle d’un clochard américain bourru fort peu habitué à révéler ce qu’il ressent au fond de lui. Puis vient un moment, au milieu de la chanson, où l’homme nous dit qu’il a le cœur brisé. L’émotion de cet instant est presque insupportable, à cause de la tension entre le sentiment lui-même et l’énorme résistance que le soldat doit visiblement surmonter pour l’exprimer. Tom Waits chante le vers avec une magnificence cathartique, alors que sous le poids d’une tristesse extrême, s’écroule le stoïcisme de toute une vie de dur à cuire.

En écoutant Tom Waits, je compris que ma tâche n’était pas terminée. Quelque temps auparavant, j’avais décidé sans réfléchir que mon majordome anglais conserverait ses défenses émotionnelles, qu’il parviendrait, grâce à ce bouclier, à se cacher de lui-même et de son lecteur jusqu’au bout. Je comprenais à présent que je devais revenir sur cette décision. Juste un moment, vers la fin de mon livre, un moment que je devrais choisir avec soin, je devrais percer son armure. Faire entrevoir un désir immense et tragique.

Je dois préciser qu’en de multiples occasions, les voix des chanteurs m’ont enseigné des leçons essentielles. Ici, je me réfère moins aux paroles qu’au chant lui-même. Nous le savons, une voix humaine qui chante est capable d’exprimer un mélange d’émotions d’une complexité insondable. Au cours des années, divers aspects de mon écriture ont été influencés par Bob Dylan, Nina Simone, Emmylou Harris, Ray Charles, Bruce Springsteen, Gillian Welch et mon amie et collaboratrice Stacey Kent. Je percevais quelque chose dans leurs voix, et je me disais: « Ah oui, c’est ça. C’est ce que je dois saisir dans cette scène. Une sensation très proche de cela. » Souvent, c’est une émotion que je ne peux formuler avec des mots, mais elle est là, dans la voix du chanteur, et je sais dans quel sens je dois aller.

En octobre 1999 je fus invité par le poète allemand Christoph Heubner, au nom de la Commission internationale d’Auschwitz, à consacrer quelques jours à la visite de l’ancien camp de concentration. J’étais logé au Centre de jeunesse situé sur la route qui part du premier camp d’Auschwitz et aboutit au camp de la mort de Birkenau, trois kilomètres plus loin. On me conduisit sur ces sites et je rencontrai trois survivants de manière informelle. Je sentis que j’étais proche, géographiquement du moins, du cœur de la force obscure à l’ombre de laquelle ma génération avait grandi. À Birkenau, un après-midi pluvieux, je m’arrêtai devant les décombres des chambres à gaz – aujourd’hui étrangement abandonnés sans surveillance – dans l’état où les Allemands les avaient laissés après avoir dynamité les bâtiments et s’être enfuis devant l’armée rouge.

Maintenant c’étaient juste des plaques de béton armé brisées et humides, exposées au rude climat polonais, se détériorant d’année en année. Mes hôtes parlaient de leur dilemme. Fallait-il protéger ces vestiges ? Construire des dômes en perspex pour les recouvrir, afin de les préserver à l’intention des générations futures ? Ou bien valait-il mieux les laisser se désagréger peu à peu, de façon naturelle, et disparaître ? Cela me parut être la puissante métaphore d’un dilemme plus vaste. Comment de tels souvenirs seraient-ils préservés ? Les dômes de verre transformeraient-ils ces reliques du mal et de la souffrance en de fades expositions muséales ? Comment choisir ce que nous devions garder en mémoire ? Ne vaut-il pas mieux oublier et aller de l’avant ?

J’avais 44 ans. Jusqu’à maintenant j’avais considéré que la Seconde Guerre Mondiale, avec ses horreurs et ses triomphes, appartenait à la génération de mes parents. Il m’apparut qu’avant longtemps, beaucoup de ceux qui avaient été les témoins directs de ces événements historiques ne seraient plus en vie. Et ensuite ? Le fardeau de la mémoire incombait-il à ma génération ? Nous n’avions pas vécu les années de la guerre, mais elles avaient façonné la vie de nos parents de manière indélébile. Avais-je désormais, en ma qualité de conteur, un devoir dont je n’avais pas eu conscience jusqu’à ce jour ? Le devoir de transmettre, du mieux que je pouvais, les souvenirs et les leçons de la génération de nos parents à celle qui suivrait la nôtre ? (…)

Un soir, au début 2001, dans le salon obscur de notre maison au nord de Londres (où nous habitions désormais), Lorna et moi commençâmes à regarder, sur une cassette VHS de qualité raisonnable, un film d’Howard Hawks sorti en 1934, qui s’appelait Twentieth Century (Train de luxe). Nous découvrîmes bientôt que le titre ne se référait pas au XXe siècle que nous venions de quitter, mais au célèbre train de luxe de cette époque, qui reliait New York à Chicago. Comme le savent certains d’entre vous, ce film est une comédie au rythme soutenu, qui se déroule en grande partie dans le train, et décrit un producteur de Broadway de plus en plus désespéré, qui essaie d’empêcher son actrice principale de se rendre à Hollywood pour devenir une vedette de cinéma. Le film est construit autour de l’extraordinaire performance comique de John Barrymore, l’un des grands acteurs de son temps. Ses expressions de visage, ses gestes, presque chacune de ses répliques sont chargés de l’ironie, des contradictions et des extravagances grotesques d’un homme qui se noie dans l’égocentrisme et la théâtralité.

C’est sous beaucoup d’aspects une performance brillante. Pourtant, alors que le film continuait de se dérouler, je me sentis curieusement détaché. Cela m’intrigua au début. D’habitude j’aimais bien Barrymore, et j’étais un grand amateur des autres films tournés par Howard Hawks à cette période – comme La dame du vendredi et Seuls les anges ont des ailes. Puis, au bout d’une heure environ, une idée simple, évidente, me traversa l’esprit. Si tant de personnages captivants, indéniablement crédibles dans les romans, les films et les pièces de théâtre, me laissaient si souvent indifférent, c’était parce que la relation humaine établie par les échanges avec leurs partenaires ne présentait pas d’intérêt. Aussitôt me vint la réflexion suivante sur mon propre travail: Et si je cessais de me préoccuper de mes personnages pour me soucier du rapport qui existait entre eux ?

Tandis que le train cliquetait en direction de l’ouest et que John Barrymore devenait de plus en plus hystérique, je songeai à la célèbre distinction établie par E.M. Forster entre les personnages en deux dimensions et en trois dimensions. Un personnage de roman était en trois dimensions, disait-il, dans le sens où « il nous surprenait de manière convaincante ». Il devenait ainsi un personnage « rond ». Et que se passait-il, me demandai-je alors, si un personnage était en trois dimensions, à la différence des hommes ou des femmes qu’il fréquentait ? À un autre moment de cette même série de conférences, Forster avait eu recours à une image humoristique, l’extraction aux forceps de l’intrigue d’un roman, brandie en l’air tel un ver qui se tortille, afin d’être examinée à la lumière. Je pourrais peut-être tenter un exercice similaire et étudier au grand jour les diverses relations humaines qui se tissent dans un récit ? Faire la même chose avec mon propre travail – pour des récits achevés et d’autres que je prévoyais d’écrire ? Par exemple, me pencher sur cette relation entre un mentor et son élève. Cela apporte-t-il quelque chose de neuf, de pertinent ? Ou bien, à présent que je l’étudie, ne devient-il pas évident que c’est un stéréotype usé, identique à ceux qu’on trouve dans des centaines de romans médiocres ? Ou encore, cette relation entre deux amis en concurrence: est-elle dynamique ? A-t-elle une résonance émotionnelle ? Évolue-t-elle ? Est-elle en trois dimensions ? J’eus brusquement l’impression de mieux comprendre pourquoi divers aspects de mon travail avaient échoué dans le passé, malgré les remèdes désespérés auxquels j’avais eu recours. L’idée me vint – alors que je continuais de regarder John Barrymore – que tous les bons romans, quel que fût le parti pris radical ou traditionnel du mode de récit, devaient contenir des relations essentielles à nos yeux; des relations émouvantes, amusantes, irritantes, surprenantes. Peut-être qu’à l’avenir, si je soignais mieux leurs relations, mes personnages prendraient soin d’eux-mêmes.

Il me vient à l’esprit en vous disant cela que j’affirme peut-être quelque chose qui vous a toujours paru évident. Mais tout ce que je peux dire, c’est que cette idée m’est venue étonnamment tard dans ma vie d’écrivain, et que je la perçois aujourd’hui comme un tournant comparable à ceux que je vous ai décrits aujourd’hui. À partir de ce moment-là, j’ai commencé à construire autrement mes livres. Lorsque j’écrivis Auprès de moi toujours (Never Let Me Go), par exemple, je me concentrai dès le début sur le triangle central de relations, et ensuite sur les autres relations qui en émanaient.

Les tournants décisifs de la carrière d’un écrivain – et peut-être de toutes sortes de carrières – se produisent ainsi. Ce sont souvent de petits moments échevelés. Des étincelles de révélation, silencieuses et secrètes. Ils surviennent rarement, et quand ils le font, c’est sans fanfare, sans l’accord des mentors ou des collègues. Ils doivent souvent se battre pour attirer l’attention, avec des exigences plus tapageuses, plus urgentes en apparence. Parfois ce qu’ils révèlent peut aller à l’encontre de l’opinion prédominante. Mais quand ils surgissent, il est important d’être capable de les reconnaître pour ce qu’ils sont. Sinon ils vous glissent entre les mains.

J’ai insisté ici sur l’aspect petit et secret, car c’est le fond même de mon travail. Une personne écrivant dans une pièce tranquille, s’efforçant d’entrer en contact avec une autre personne qui lit dans un lieu paisible – enfin, peut-être pas si paisible que ça. Les histoires peuvent distraire, et parfois vous instruire ou défendre un point de vue. Mais pour moi, l’essentiel est qu’elles communiquent des émotions. Qu’elles en appellent à ce que nous partageons en tant qu’êtres humains par delà nos frontières et nos dissensions. De grandes industries glamour se bousculent autour d’elles; l’industrie du livre, l’industrie du cinéma, l’industrie de la télévision. Mais à la fin, il s’agit d’une personne qui dit à une autre: Voici ce que je ressens. Vous comprenez ce que je dis ? Est-ce que vous éprouvez la même chose vous aussi ?

(…) Me voici donc, à soixante ans passés, en train de me frotter les yeux et d’essayer de discerner dans la brume les contours de ce monde dont je ne soupçonnais pas l’existence jusqu’à hier. Trouverai-je l’énergie d’observer ce lieu inconnu, moi qui suis un auteur harassé, d’une génération intellectuellement à bout de forces ? Me reste-t-il quelque chose qui puisse aider à proposer une perspective, à introduire des strates d’émotions dans les querelles, les conflits et les guerres qui surviendront alors que les sociétés luttent pour s’adapter à ces énormes changements ?

Je devrai m’acquitter de cette tâche du mieux que je peux. Parce que je crois encore que la littérature est importante, et le sera d’autant plus lorsque nous franchirons ce terrain accidenté. Mais je compte sur les écrivains des jeunes générations pour nous inspirer et nous guider. C’est leur époque, et ils en auront l’instinct et la connaissance qui me manquent. Dans le monde des livres, du cinéma, de la télévision et du théâtre je vois aujourd’hui des talents exaltants, audacieux: des femmes et des hommes de vingt, trente et quarante ans. Donc je suis optimiste. Pourquoi ne devrais-je pas l’être ?

Mais permettez-moi de conclure en lançant un appel – si vous voulez, mon appel du Nobel ! Il est difficile de refaire le monde, mais réfléchissons du moins à la manière de préparer notre coin de l’édifice, ce coin de « littérature », où nous lisons, écrivons, publions, dénonçons, et décernons des prix aux livres. Si nous devons jouer un rôle important dans cet avenir incertain, si nous devons tirer le meilleur parti des écrivains d’aujourd’hui et de demain, je crois qu’il nous faut devenir plus divers. Cela peut se faire en deux façons.

D’abord, nous devons élargir notre univers littéraire habituel pour inclure beaucoup d’autres voix au-delà des zones de confort des cultures d’élite des pays riches. Nous devons chercher avec plus d’énergie les joyaux de cultures littéraires qui demeurent inconnues à ce jour, que les auteurs vivent dans des contrées lointaines ou au sein de nos propres communautés. Ensuite: nous devons prendre grand soin de ne pas définir ce qui constitue une bonne littérature à nos yeux en des termes trop étriqués ou trop classiques. Les écrivains de la génération à venir vont inventer toutes sortes de manières nouvelles, parfois déroutantes de raconter des histoires essentielles et merveilleuses. Nous devons nous montrer ouverts à leur égard, en particulier en ce qui concerne le genre et la forme, afin de les stimuler et de rendre hommage aux meilleurs d’entre eux. En un temps où s’accélère dangereusement la division, nous devons écouter. Des écrits et des lectures de qualité briseront les barrières. Nous trouverons peut-être même une idée neuve, une grande vision humaine, autour de laquelle nous rassembler (…)

KAZUO ISHIGURO

Traduit de l’anglais par Anne Rabinovitch

MLA style: « Kazuo Ishiguro – Conférence Nobel: Ma soirée du XXe siècle – et autres petites incursions ». Nobelprize.org. Nobel Media AB 2014. Web. 7 Dec 2017. http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/2017/ishiguro-lecture_fr.html

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(« Kazuo Ishiguro » photo Andrew Testa ; « Anthony Hopkins et Emma Thomson dans Les Vestiges du jour de James Ivory d’après le roman de Kazuo Ishiguro » photo D.R.)

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882 Réponses pour Ma soirée du XXe siècle – et autres petites incursions

D. dit: 12 décembre 2017 à 0 h 45 min

Par contre, taxer de « contrepèterie » mon jeu de mots sur votre pseudo, qui jouait sur son l’homophonie avec le nom du coureur de fond Michel Jazy, ça c’est se planter. Grave.

sans commentaire.

la vie dans les bois dit: 11 décembre 2017 à 18 h 37 min

@à 17 h 59 min
Barozzi, inutile d’insister, on connait plein de branleurs qui se pâment devant des tableaux excel…

JC..... dit: 11 décembre 2017 à 18 h 06 min

« Il existe aussi des vérités générales, supérieures à celles de nos petits egos restrictifs, JC ! »

AUCUNE ! Absolument aucune !…
Inutile de rêver à un système supérieur à ton royal ego !

JAZZI dit: 11 décembre 2017 à 18 h 00 min

« Un peu de respect »

C’était une indication factuelle dépourvue de tout jugement personnel, JC. Un ton neutre !

JAZZI dit: 11 décembre 2017 à 17 h 59 min

« Tu vis comme tu veux, mon grand ! Tu penses ce que tu veux ! Je ne parlais que de moi et c’est ce qui compte, n’est il pas vrai ? »

Il existe aussi des vérités générales, supérieures à celles de nos petits egos restrictifs, JC !
Mais tu ne me dis pas en quoi les maths et le sexe sont plus que de simples distractions de corps et d’esprit ?

JC..... dit: 11 décembre 2017 à 17 h 56 min

Un peu de respect pour les soi-disant prédations coloniales qui ne sont que protection d’objets artistiques en voie de destruction temporelle par leurs sauvages créateurs !

JAZZI dit: 11 décembre 2017 à 17 h 53 min

« taxer de « contrepèterie » mon jeu de mots sur votre pseudo »

Ne sois donc pas pudibonde, Clopine, moi j’ai trouvé ça fort drôle, et rééquilibrant un peu le plateau à mon endroit !

« pas littéraire pour un sou, le couple Clopin-Clopine »

Mais la littérature c’est Clopine la narratrice qui doit l’apporter dans le livre, pas la Clopine partie prenante du couple avec Clopin.

JC..... dit: 11 décembre 2017 à 17 h 53 min

« Les mathématiques et le sexe, JC, que sont-elles d’autres que de pures distractions, au même titre que la poésie ou la masturbation ? »

Tu vis comme tu veux, mon grand ! Tu penses ce que tu veux ! Je ne parlais que de moi et c’est ce qui compte, n’est il pas vrai ?

Clopine dit: 11 décembre 2017 à 17 h 43 min

Jazzi, pas littéraire pour un sou, le couple Clopin-Clopine, navrée de vous décevoir : mais, ce printemps, nous réaliserons, lui et moi, un mini-clip qui illustrera ce que je mets derrière le mot « couple ». Je vous le montrerai (ce seront des images au drone) et je pense à tant de musiques qui pourraient l’illustrer que ma tête en tourne un peu – mais, puisque nous savons désormais qu’une phrase musicale peut être l’hymne national d’une histoire d’amour,il s’agit de ne pas se planter.

Par contre, taxer de « contrepèterie » mon jeu de mots sur votre pseudo, qui jouait sur son l’homophonie avec le nom du coureur de fond Michel Jazy, ça c’est se planter. Grave.

christiane dit: 11 décembre 2017 à 17 h 42 min

@JAZZI dit: 11 décembre 2017 à 17 h 26 min
Je te comprends… j’ai différé ma visite après avoir regardé un document de présentation qui m’a laissée dubitative…

christiane dit: 11 décembre 2017 à 17 h 40 min

@rose dit: 11 décembre 2017 à 14 h 38 min
Merci, Rose, magnifique ! (Lumineuse, féminine, intrépide, l’Antigone ou encore l’errance d’Œdipe sur la route d’Henri Bauchau)
Pour en revenir à mes taureaux, un cadeau Les noces de Cadmos et Harmonie de Roberto Calasso (Gallimard) :
« Sur la plage de Sidon, un taureau s’essayait à imiter un roucoulement amoureux. C’était Zeus. Il fut secoué d’un frisson, comme sous la piqûre des taons ; et cette fois, ce fut un doux frisson. Éros plaçait sur sa croupe la jeune fille Europe. Puis la blanche bête se jeta à l’eau, mais son corps imposant en émergeait assez pour que la jeune fille ne fût pas mouillée.(…)
Comment tout cela avait-il commencé ?(…)
Soudain, elles se voient encerclées par une bande de taureaux. l’un d’entre eux d’un blanc éblouissant (…) Son expression ignore la menace. Si bien qu’Europe, timide au début, approche ses fleurs de ce museau candide. Tel un petit chien, le taureau gémit de plaisir, se renverse dans l’herbe. (…) La princesse se risque jusqu’à monter sur lui, en amazone ; et alors, l’air de rien, la troupe se déplace du lit asséché du fleuve vers la plage. Avec une fausse incertitude, le taureau s’approche de l’eau…. »
400 pages de bonheur… (traduit de l’italien par J-P. Manganaro, paru en 1991). «ces choses n’eurent jamais lieu, mais elles sont toujours».

Phil dit: 11 décembre 2017 à 17 h 37 min

il est temps de clore la discussion par un conseil culinaire à dédé: préférez la quiche lorraine à l’omelette flasque au lard.

JAZZI dit: 11 décembre 2017 à 17 h 29 min

Les mathématiques et le sexe, JC, que sont-elles d’autres que de pures distractions, au même titre que la poésie ou la masturbation ?

JAZZI dit: 11 décembre 2017 à 17 h 26 min

Oui, Christiane, je sais bien et je t’avais bien comprise. Pourtant, spécialement au musée Branly, dont certaines pièces viennent aussi du Palais de la porte Dorée, ex-musée des Colonies, reconverti récemment en musée de l’immigration, juste à côté de chez moi, au musée Branly j’ai un malaise… Peut-être est-ce dû à la lumière zénithale un peu glauque ? Mais enfin, quand je vois en vitrine une superbe pierre sculptée et à côté la photo de la situation où elle se trouvait à l’origine : un lieu de culte, je me pose des questions…

JC..... dit: 11 décembre 2017 à 17 h 09 min

Dans un effort de simplification outrancier, et nous nous quitterons sur les conséquences de cet effort, en vérité je vous le dis, deux choses m’ont intéressé en ce bas monde au delà du raisonnable : les mathématiques et le sexe.

Les bases et la baise.

J’ai arrêté de faire des maths car il y a un réel danger a se passionner trop pour cet univers là, si riche, si passionnant, si captivant.

Le reste des activités humaines hors maths et sexe, est pure décoration, spéculation, occupation, distraction, à mes yeux ne nécessitant que le minimum d’intérêt.

Bonne soirée, les bolos !

Janssen J-J dit: 11 décembre 2017 à 17 h 07 min

@16.34, mais les inepties proférées, c’est à cette faculté rare qu’on aime les gens d’icite. On déteste par contrass, ceusses qu’en pro-fessent jamais, tel le couple macaroni chalou/vidänger, par exemple.

christiane dit: 11 décembre 2017 à 17 h 05 min

JAZZI dit: 11 décembre 2017 à 13 h 56 min
Vous écrivez :
« et objets funéraires leur appartenant étant spoliés et montrés aux yeux de tous dans des musées. »
ça viderait le musée Branly, voulu par Jacques Chirac, et que je n’aime pas trop pour cette raison : objets sacrés présentés hors de leur contexte. Mais Christiane, l’adore ! »

Ah, en avons-nous parlé ? Je ne me souviens pas. j’ai évoqué l’immense culture de Jacques Chirac, échangeant avec Jacques Kerchache sur l’art des sculpteurs taïnos et de mon arrêt devant une vitrine du musée du quai de Branly où étaient exposés des pierres à trois pointes, des duho et autres objets précolombiens.
Le musée est beau, oui, dont les collections viennent de l’ancien Musée de l’Homme mais aussi de collections privées. Ce qui était éparpillé dans les musées du monde entier, des expositions temporaires se trouve rassemblé et mis en valeur dans un lieu remarquable où le visiteur circule librement dans de vastes espaces subtilement éclairés, expliqués.
Qu’il y ait eu des pillages, des échanges, des cadeaux, c’est certain. Comme l’écrit Closer, ces objets existeraient-ils encore sans ces collections ouvertes à tous ?
Bijoux, objets divers, plumes et parures, peintures, colliers pectoraux, sculptures de pierre ou de bois, armes, totems… au gré des salles, sont de véritables chefs-d’œuvre, mémoires aussi des traumatismes de la conquête, des génocides qui y sont liés. Mémoire encore par des photos d’archives des découvertes de Paul-Emile Victor et de Claude Lévi-Strauss. Ethnologie et quête artistique liées.
Œuvres d’art qui retrouvent leur fonction originelle, nous transportant de notre présent vers un temps si éloigné, ouvrant des portes sur le rêve et sur l’autre. Passeurs de rêves d’une envoûtante beauté…
Ce que je ne supporte pas (comme au Louvre) ce sont des dépouilles humaines exposées dans des vitrines (momies). Quel qu’en soit l’intention, pour moi une sépulture est sacrée. Ces corps devraient être rendus à leur terre, à leurs tombeaux, à l’éternité.

Janssen J-J dit: 11 décembre 2017 à 17 h 02 min

Y a toujours une morale même chez les vendeurs de canon, regardez comme a fini le général Patreus !… après, se consacr’ à la littérature érogène (Mme Galerie de la Fayette, par ex.) pendant que bobonne veille au groin, l’est moinss dangereux.

bérénice dit: 11 décembre 2017 à 16 h 44 min

D,à la tête de lard, vous devriez essayer, c’est fameux et le côté désagréable de la chose fond à la cuisson. Le lard déjà c’est mieux que le lardon parce qu’il n’est pas issu du petit cochon mais du gros, pauvre bête tout de même maltraitée dans les élevages.

bérénice dit: 11 décembre 2017 à 16 h 34 min

D, ma triste expérience, mes lectures et cet attachement à l’actualité me conduisent à ce genre d’inepties.

bouguereau dit: 11 décembre 2017 à 16 h 33 min

Y ajouter quelques chars, des avions de chasse, des sous-marins, des lingots?

c’est pas dans les nouveaux montres baroz..où y’a un marchand d’arme qui veut arréter mais qui est dépotronminet par sa femme qui a peur de manquer

bérénice dit: 11 décembre 2017 à 16 h 33 min

Jazzi, ce serait volontiers mais je crois être encore utile à quelqu’un et j’aime beaucoup les fleurs et les oiseaux, la mer et les lacs et aussi, j’aimerais revoir les Alpes avant de disparaître.

bouguereau dit: 11 décembre 2017 à 16 h 30 min

Ou a se suicider de suite, bérénice !

ha le beau couple que vous feriez..mais vous avez pas l’gout dla litterature

bérénice dit: 11 décembre 2017 à 16 h 30 min

16h20 c’est dégoûtant, que faudrait-il réunir pour qu’un homme ne soit pas aussi obsédé qu’on peut le lire sur le célèbre portrait freudien légendé comme il suit: qu’est-ce qui occupe l’esprit ( le cerveau) de l’homme? Y ajouter quelques chars, des avions de chasse, des sous-marins, des lingots? Les lettres de toute évidence, ça ne fonctionne pas bien bien.

Jean dit: 11 décembre 2017 à 16 h 29 min

Jean dit: 11 décembre 2017 à 16 h 06 min
Je venais d’avoir soixante ans

Je rigole mais quand, après la séquence hagiographique, va commencer celle du déballage, c’est là qu’on va vraiment rigoler. On devrait penser à ce genre de mésaventure quand on choisit ses héros nationaux. Jekyll ? Hyde !

bérénice dit: 11 décembre 2017 à 16 h 25 min

lemonde.fr/economie/article/2017/12/11/l-industrie-de-l-armement-plus-prospere-que-jamais_5227888_3234.html

Nous sommes mal partis pour le désarmement, je ne sais trop si le fait d’être installés sur un tas de chaudières nucléaires nous fait danser avec la mort , le mieux pour ne pas en souffrir puisque nous sommes démunis en tant que citoyens de moyens d’action consisterait à ne pas être informés .

bouguereau dit: 11 décembre 2017 à 16 h 23 min

J’ai beau être un transfluide voili-voilà, je déteste qu’on me traite comme une grosse fiotte. oh… eh… hein ?… bon ! Balance ton porc !

entre les reliques et la morteau y’a hune différence bon dieu

Janssen J-J dit: 11 décembre 2017 à 16 h 20 min

@ femme d’aujourdhui ou modes & travaux… racontaient jadis que le père hugo comme le père simenon avaient besoin de décharger trois fois par jour, encore à 70 ans. Pouvaient pas avoir un coup’ stable, la bourgeoise fournissait pas. Quels zhommes ! JC en bave encore de rage.

bérénice dit: 11 décembre 2017 à 16 h 15 min

Rose, dans le journal du jour, T Piketty ose une comparaison entre la politique menée aux USA et en France et reste assez sceptique envers d’éventuels progrès européens.

bérénice dit: 11 décembre 2017 à 16 h 10 min

le père Simenon débitait autant de romans que de femmes.

que voulez-vous dire? Que cet homme aimait les femmes et en changeait aussi souvent que lui en prenait l’envie? Il faut posséder un charme, savoir séduire puis rompre sans que cela fasse scandale dans tout le quartier; renseignez moi svp, j’ignore tout de la biographie libertine de cet écrivain .

Jean dit: 11 décembre 2017 à 16 h 06 min

Je venais d’avoir soixante ans mais j’étais beau comme un enfant (frais comme un gardon aussi, mais ça ne rime pas) et, pour fêter ça, je décide de me payer un concert de Johnny. A la sortie, je m’en fus féliciter l’artiste dans sa loge, mais voilà-t-y pas qu’au moment où j’ouvre la bouche pour lui dire mon adoration, il me flatte la croupe en me disant : « Alors, on l’allume, ce feu ? ». J’ai beau être un transfluide voili-voilà, je déteste qu’on me traite comme une grosse fiotte. oh… eh… hein ?… bon ! Balance ton porc !

bouguereau dit: 11 décembre 2017 à 16 h 03 min

Tu finiras avec Sergio

à 250 sur les champs haprés havoir écrasé 40 chinois..cloclo va dire que c’est pas dlamour petibourgeois

bouguereau dit: 11 décembre 2017 à 15 h 54 min

Faisons d’une découpe du Braillard belge d’antiques reliques

daccord mais dlalourde va dire a condition qu’ça soit pour une cause juste et belle..et propre..pasque si c’est pour phinancer les 34heure1/2 c’est non!

JAZZI dit: 11 décembre 2017 à 15 h 50 min

« une découpe de reliques fraiches !
Qu’il y en ait pour tout le monde ! »

Comme pour Chopin, dont le corps et au Père-Lachaise et le coeur à Varsovie…

bouguereau dit: 11 décembre 2017 à 15 h 50 min

Le goût de l’amour, le goût de l’amitié, ça a déjà été fait, le boug

..le nez au milieu dla figure..le soleil qui luit..l’eau qui mouille..tu connais la dernière lettre d’un anglais suicidé fameux baroz ‘trop de boutons a mettre le matin et a enlver le soir’

bouguereau dit: 11 décembre 2017 à 15 h 48 min

Rose, si son témoignage ne montre pas qu’il l’a aimée, je ne sais pas ce qu’aimer veut dire

la maladie cloclo..la longue..le voyage d’huhu..dhuhuuuliçe à coté c’est du mou d’veau

JC..... dit: 11 décembre 2017 à 15 h 47 min

Jean a raison !

Faisons d’une découpe du Braillard belge d’antiques reliques, et des petits morpions adoptés, une découpe de reliques fraiches !
Qu’il y en ait pour tout le monde !

Aux larmes, citoyens …uhuhu !

JAZZI dit: 11 décembre 2017 à 15 h 45 min

Le goût de l’amour, le goût de l’amitié, ça a déjà été fait, le boug. Non, je parle du goût du couple. Comment va madame Bouguereau, si ce n’est pas trop indiscret ?

bouguereau dit: 11 décembre 2017 à 15 h 43 min

mbre 2017 à 15 h 42 min
des vénales phil..et franchment ça rgarde pas l’populo..hou halors faut un talent fou comme dsk et dodo..ça n’arrive qu’une fois par siècle ces trucs là

bouguereau dit: 11 décembre 2017 à 15 h 42 min

des putes phil..et franchment ça rgarde pas l’populo..hou halors faut un talent fou comme dsk et dodo..ça n’arrive qu’une fois par siècle ces trucs là

Phil dit: 11 décembre 2017 à 15 h 40 min

« Le chat » de Simenon, est une superbe histoire de couple

superbe, superbe…horrible, dear baroz (et prononcez à l’anglaise)
le père Simenon débitait autant de romans que de femmes.

D. dit: 11 décembre 2017 à 15 h 38 min

Pourquoi vous Closer ? Parce que j’ai une haute estime de vous et je sais que c’est réciproque. Je vous ai donc désigné pour m’assister dans la défense de cette cause à partir d’aujourd’hui.

bouguereau dit: 11 décembre 2017 à 15 h 37 min

« me suis dit si t’es amoureuse, t’es foutue »

bof..c’est dla théologie négative a la portée des..bref c’est convnu..hon dit ça a un pote..lui comprend 5 sur 5..il le prend pour lui

JAZZI dit: 11 décembre 2017 à 15 h 36 min

Tu me fais penser que « Le chat » de Simenon, est une superbe histoire de couple, et Passou ne nous le disait pas !

bouguereau dit: 11 décembre 2017 à 15 h 33 min

dans un couple de jour..ha si y’a ‘jolie couple’..la phisionomie dla marieuse..même si c’est un homme baroz..marieur ça fait sans entregens haucun

bouguereau dit: 11 décembre 2017 à 15 h 31 min

le thème du couple..hon scroirait dans un vieux femme d’aujourdhui à dédé baroz..’ce soir nadine propose a gontran une paupiette de veau’

Janssen J-J dit: 11 décembre 2017 à 15 h 29 min

15.21 Vous ne voudriez quand même pas faire un flop avant de commencer quand même ? Laissons colin et chloé tranquillos pour le moment… Un beau couple vianesque, pas vrai ? Et de deux !…

Clopine dit: 11 décembre 2017 à 15 h 15 min

Pour Jazzi, sur le couple : « Il ne nous restera donc qu’une chose: que dans notre perte à tous les deux, notre malheur soit à l’égal de l’amour que nous avons vécu jusqu’ici. »

( en fait, votre pseudo vous décrit bien : vous êtes en quelque sorte le coureur de fond de ce blog !)

rose dit: 11 décembre 2017 à 15 h 15 min

bérénice à 14h52

parce que l’on fonctionne dans une course sans fin. C’est cela qu’il faut inverser.

Apprendre à recycler les poubelles
rendre fertile le delta du fleuve Sénégal
rehausser le delta du Mississipi en cas d’ouragans pour éviter les inondations meurtrières

planter à quantités égales ce que l’on déférente
prendre des cours de la part des indiens d’Amazonie
construire des embarcations qui arrivent à bon port

construire des usines marémotrices
apprendre aux enfants à être fédérateurs de projets
faire confiance à la jeunesse, les laisser inventer

partager les terres spoliées et vivre en bonne intelligence
faire que le bénéfice ne soit pas le but mais que le but profite à tous
rendre la politique laïque et solidaire

vous avez autant d’idées que moi : on pourrait déterminer que le travail est spoliateur du temps, rendre du temps aux actifs, mélanger les générations pour quenthousiasme et expérience se tricotent habilement, donner un revenu de base aux gens qui le désirent, et permettre plusieurs fois dans sa vie et des pauses temporelles dans le travail et des réorientations très variées et un épanouissement personnel qui ne soit pas essentielement axé sur le travail.

Et puis, il faudrait apprendre aux chevaux à fuir lorsquil sentent l’incendie ; qu’ils soient maîtres de l’ouverture de leur boxes, dans leurs écuries.
Y a tant de choses que l’armement peut être remisé aux calendes grecques.

Giovanni Sant'Angelo dit: 11 décembre 2017 à 15 h 14 min


…à bien, réfléchir,…rare, sont, les gens, qui, réfléchissent et agissent, sans arrières – pensées,…de commerces, divers,!…

…se soucier, de rien!…tout est dans les normes, non évolutives standard,!…

…rien, à ajouter, pour ne pas, jouer, les second rôles,!…etc,!…
…à nos foutaises, dans la lignée des continuités, du seul commerce, et progrès technologique,!…

…les tarés, c’est, les conservateurs, contre les mutations sociales,!…

…tout, rentre dans l’ordre, même en toutes anarchies,!…
…conclusions, tout le monde il est beau, tout le monde, va au paradis, en ses variétés,!…
…tant, qu’à faire,!…aux indifférences conjuguées, la solitude éternelle,!…
…etc,!…Go,!…

JAZZI dit: 11 décembre 2017 à 15 h 08 min

«Mais laissez-moi : vous ne pouvez plus être avec moi. Laissez-moi souffrir, laissez-moi guérir, laissez-moi seule.»
Marcelle Sauvageot, Laissez-moi (Éditions Phébus, 2004), p. 83.

ça ressemble en effet beaucoup aux lettres de la religieuse portugaise, rose. Mais ce n’est pas vraiment sur le thème du couple…

Jean dit: 11 décembre 2017 à 15 h 06 min

Delaporte dit: 11 décembre 2017 à 14 h 49 min
Sylvie Vartan n’est pas contente que Johnny soit enterré à Saint-Barth

On la comprend et beaucoup de ses fans partagent son avis. C’est que e pèlerinage de St Barth sera forcément réservé aux plus aisés. Le gros des troupes adoratrices devra se contenter d’images, ce qui, d’ailleurs, ne les changera guère. J’ai indiqué, un peu plus haut sur ce fil, la solution à ce problème douloureux : le retour au culte des reliques. On pourrait découper Johnny en autant de morceaux que de communes françaises, les mettre dans des châsses, et les expédier aux maires et aux curés. Chacun pourrait ainsi venir se recueillir. On virerait de sous l’Arc le soldat inconnu (qui, depuis longtemps, n’intéresse plus personne, vu qu’il est inconnu) et on mettrait le chef du héros nazional à sa place. Quant à son zob sec, je le verrais bien en gloire sur l’autel de Notre-Dame, à la place d’une autre icône, qui a fait son temps.

rose dit: 11 décembre 2017 à 15 h 04 min

Un homme m’a expliqué samedi que l’amour (ai cru entendre de prime abord la mort) était retrouver chez l’autre un bout de soi et chez soi un bout de l’autre. J’ai vaguement cru comprendre un territoire commun se retrouver porter un bout de l’autre, kekchoz du genre.

Comme si tu portais un colibacille.
Après, t’es foutu.
moi foutue : je l’ai vivement ressentie récemment ; me suis dit si t’es amoureuse, t’es foutue.
Je pensais fondue au sens où la glace fond et fait une tache d’eau par terre, une flaque.

rose dit: 11 décembre 2017 à 14 h 59 min

Jazzi

vous avez Laissez-moi de Marcelle Sauvageot qui est une lettre de toute beauté, sur un homme qui la quitte, pourquoi, elle ne sait et moi non plus et elle meurt.

Je n’ai pas écrit elle en meurt. Grosse nuance.

Critique chez Juan par autre que lui.
https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&cad=rja&uact=8&ved=0ahUKEwi7hezGjoLYAhUnIMAKHZ52BxEQFggtMAE&url=http%3A%2F%2Fwww.juanasensio.com%2Farchive%2F2010%2F01%2F05%2Flaissez-moi-de-marcelle-sauvageot-par-elisabeth-bart.html&usg=AOvVaw3sNf1vP2FErudL2iCs8xi4

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