de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Mais malgré tout, ce monde était beau

Mais malgré tout, ce monde était beau

Sur 14-18, voyez Barbusse et Giono, voyez Dorgelès et Genevoix ! Ce conseil sous forme d’injonction, des générations de collégiens et de lycéens français l’ont entendu dans la bouche de leurs professeurs chaque fois qu’ils ont eu à plancher sur ladite Grande Guerre. Il est vrai que Le Feu, et Le Grand troupeau, Les Croix-de-bois et Ceux de 14 sont des livres puissants, des témoignages si incontestablement frappés du sceau de l’authenticité –et pour cause ! qu’on n’ose rappeler qu’ils se présentent comme des romans. Seuls les élèves les plus curieux osaient aller voir aussi ailleurs, du côté de La Comédie de Charleroi de Drieu la Rochelle, d’Orages d’acier d’Ernst Jünger, du Voyage au bout de la nuit de Céline. Et à ceux d’aujourd’hui, on ne saurait trop suggérer de lire le roman de David Diop Frère d’âme, coulée poétique d’une langue magnifique qui dit comme nul autre ne l’a fait avant lui dans une telle qualité d’écriture, la geste de deux tirailleurs sénégalais dans les tranchées. Trois autres, qui nous viennent également d’écrivains et non d’historiens, paraissent ces jours-ci, qui permettent d’approfondir notre vision de la première guerre mondiale au-delà des clichés sur la « grande boucherie », « la barbarie », « l’enfer ».

Refus d’obéissance (2 euros, 118 pages, Folio) permet de revenir à Jean Giono par un bref texte paru pour la première fois en 1934 dans la revue Europe ; on devine sans peine qu’il figurera dansEcrits pacifistes et qu’il doit certainement cette réédition, sous cette forme et à bas prix, à la commémoration du centenaire de l’armistice. C’est le cri d’un jeune Français qui a été à la guerre avec la ferme détermination de ne pas la faire. Soldat de deuxième classe dans l’infanterie de régiments de montagnards, il y est resté quatre ans, ce qui est exceptionnellement long, surtout pour un réfractaire. Il aura « fait » les Eparges, Verdun-Vaux, Noyon-Saint-Quentin, le Chemin des Dames, l’attaque de Pinon, Chevrillon, Le Kemmel… Sa compagnie n’a cessé de se vider et de se remplir. C’est peu dire qu’il en est l’un des rares survivants. Jamais blessé hormis les paupières brûlées par les gaz. Jamais décoré. Mieux même, du moins dans son esprit : en quatre ans, il a réussi à ne tuer personne, participant aux attaques avec un fusil rendu exprès inutilisable.

Il ne se reconnaît qu’un seul tort : s’être résigné à partir à la guerre. A 20 ans, c’est difficile d’oser dire non, d’avoir le cran de déserter, de défendre l’idée que c’était un acte de courage là où tous voyaient un signe de lâcheté. Il en veut aux responsables de l’Etat, aux chefs militaires, aux hommes politiques, aux écrivains et journalistes bellicistes :

« Ceux-là ont retardé mon humanité ».

Giono ne leur pardonnera jamais d’avoir exigé de sa génération qu’elle se fasse massacrer à la guerre pour la guerre, phénomène qu’il évoque comme aussi « inutile » qu’ « imbécile ». A ses yeux, il ne fait guère de doute que les soldats n’étaient que « les ustensiles de la société capitaliste », que celle-ci avait besoin de la guerre pour produire du capital. Lui aurait tant voulu tuer la guerre une fois pour toutes. En attendant, il se contente de faire guerre à la guerre. Dans des chapitre inédits du Grand troupeau joints à la suite de ce Refus d’obéissance, après l’évocation de maisons éventrées qui perdent leurs tripes de matelas et l’os brisé des meubles, il se souvient d’un camarade abattu alors qu’il avait bondi hors de la tranchée pour ramener des cartouches :

« Il y a un beau silence épais comme la fin du monde. On entend les vers qui mangent dans la poitrine du coureur mort ».

Comment revient-on de tout ça quand on a vu l’ennemi tirer sur des morts quand ils bougent ? A un moment, le narrateur du Grand troupeau dit à un camarade qu’il va l’aider à s’en tirer qu’il va le faire passer du bon côté du monde ; puis, le voyant s’enfoncer dans la terre, il ajoute :

« C’est pas pour ça qu’on a été créés »

La guerre, c’est ce que n’oublient jamais pour ceux qui l’ont faite. Celui qui y est entré n’en est jamais sorti car on n’est jamais lavé de la guerre. Cela se sent, se voit, s’entend. La marque ne s’efface pas avec le temps. Comment n’en sortirait-on pas pacifiste surtout quand, comme lui, on y est entré pacifiste ? Au-delà même de la portée des appels d’Alain et de Romain Rolland, tous les engagements postérieurs des écrivains et des intellectuels de la génération qui eut 20 ans pendant la première guerre mondiale, tout ce que les Giono, les Céline, les Berl et les autres ont dit et écrit pendant la montée des périls, au moment des accords de Munich, à la déclaration de guerre, tout est gouverné par un « plus jamais ça » exclusif de toute autre réalité, quitte à ce que leur appréhension du danger hitlérien en fut gravement faussée. En écrivant en 1938 dans les Cahiers du Contadour  « Pour ma part, j’aime mieux être Allemand vivant que Français mort », Jean Giono posait un choix que depuis toute guerre réactualise dans la conscience de chacun. Passée l’hécatombe de part et d’autre, le seul vrai vainqueur, c’est la guerre.

D’une moindre ambition, Derrière l’abattoir (170 pages, 13 euros, Editions de l’Arbre vengeur) est un roman animé d’une colère contenue, d’une grande intensité et d’une précision accablante, qui a valeur de témoignage sur un « détail » de 14-18 que peu de gens connaissent, et pour cause, il ne fut guère glorieux : les récupérés. Entendez : ces conscrits que le conseil de révision avait refusés, exemptés et réformés eu égard à leur état ou leur situation. Au mitan de la guerre, quand 27% de la classe d’âge des 18-27 ans avait déjà été engloutie à jamais dans les combats, on se tourna vers ceux que l’opinion publique désignait comme des planqués ou des embusqués- jugement d’une ironie amère lorsqu’on sait qu’il venait de l’arrière. Mais on n’alla pas quérir les frères ainés d’orphelins, les fils uniques de veuves ou de père aveugle de 70 ans et plus, les frères de soldats morts ou blessés en service ni le plus âgé de deux frères d’un même tirage, les profs, les soutiens de famille… En février 1917, on convoqua à nouveau surtout les gazés, tuberculeux, cardiaques et autres pour les récupérer en les affectant soit à des unités combattantes soit dans les services auxiliaires.

Dans son roman naturaliste paru pour la première fois en 1923, Albert-Jean (1892-1975) fait grand cas des épileptiques, des pleurétiques et des malades mentaux. Ici des silhouettes squelettiques à l’épaule déjà sciée par la bretelle de leur fusil. Là un grand gaillard tâtonnant menacé à tout instant au moindre choc par un décollement de la rétine. L’évocation des gueules cassées et pas encore soignées le ramène à la galerie de monstres de l’Ile du docteur Moreau de H.G. Wells. Sauf que les personnages de Derrière l’abattoir, chronique des plus noires qui se déroule surtout à Villefranche-sur-Yonne, ne relèvent pas, eux, de la science-fiction. Le préfacier Eric Dussert rappelle que dans sa critique du livre, Lucien Descaves exalta la saine colère vengeresse de l’auteur et confia que sa lecture l’avait autant frappé que Souvenirs de la maison des morts.

Sans pour autant élever le talent d’Albert-Jean à la hauteur du génie de Dostoïevski, il faut avouer que la peinture du quotidien de ces bataillons de malades et d’éclopés a quelque chose de surréel qui renverrait plutôt aux morts-vivants qui hantent le terrible J’accuse d’Abel Gance. C’est aussi que la charge d’Albert-Jean se veut moins politique qu’humaine. Ces récupérés n’en avaient pas fini avec les humiliations. Une fois au front, on ne les traitait plus de planqués mais de fond de tiroirs. Un jour qu’ils étaient de piquets d’enterrements, requis pour rendre les honneurs à un camarade qui avait lâché la rampe, les hommes s’entreregardèrent en entendant le mot « honneur »… :

« Et alors, malgré la présence de l’adjudant, ils se mirent tous à rire, de bon cœur, mais sans éclat, avec ce petit frémissement d’épaules qu’on ceux qui pleurent ».

Outre les grands romans cités en tête de ce billet, on retrouve généralement une telle émotion en Angleterre dans la poésie de guerre, un genre en soi brillamment illustré notamment par Siegfried Sassoon, Wilfred Owen, Rupert Brooke, Isaac Rosenberg. Tous des poètes combattants. Comme le fut Robert Graves auteur d’une inoubliable autobiographie Goodbye to All That (Adieu à tout cela, traduit de l’anglais par Robert M. Pépin, en poche chez Libretto). Ou encore Richard Aldington qui publia en 1929 le cinglant Death of a Hero. Pourtant le livre d’Edmund Blunden (en librairie le 9 novembre), se distingue du flot de ceux qui paraissent pour la commémoration. La Grande guerre en demi-teintes (Undertones of War, traduit de l’anglais par Francis Grembert , 25 euros, Editions Maurice Nadeau) a été écrit en 1924 quand l’auteur devenu prof était en poste à l’université de Tokyo. Hormis un carnet de bord personnel et deux cartes d’état-major, il ne pouvait s’en remettre qu’à sa mémoire. Ce qui n’est pas plus mal car la bibliographie sur le sujet a vite été saturée de compte rendus militaires. Paru la première fois à Londres en 1928, ce livre a été constamment réédité en anglais depuis mais demeuré inédit en français.

Edmund Blunden se battit sur le front en Artois, dans la Somme et à Ypres de 1916 à 1918. La guerre, il y était entré à 19 ans et au soir de sa vie en 1974, il devait reconnaître qu’elle lui collait encore à la peau. C’est bien en poète et non en officier qu’il veut se souvenir. Il l’assure même dans le sous-titre du livre. Pourtant, j’aurais du mal à y voir un long poème en prose. Plutôt un témoignage, plus littéraire que les autres dans sa facture et ses références, privilégiant dès l’incipit (« Je n’étais pas impatient d’y aller ») la figure de rhétorique de la litote que ne déteste pas l’esprit anglais (ce qui est déjà un understatement…). D’ailleurs, lorsqu’il se surprend à faire passer dans son texte du Hamlet en contrebande et qu’il s’égare dans des descriptions un peu trop imagées, il se reprend aussitôt : « Mais assez de cette futile poésie !… »

 « Munis de marteaux, hachettes, scies et clous, les hommes partaient chaque jour aux tranchées comme tout ouvrier britannique s’en allant à l’usine dans la lumière du petit matin (…) La zone entière était un cadavre, et la boue elle-même était mortifère »

On retrouve chez lui comme chez Genevoix, Barbusse et les autres tous talents confondus, le même lyrisme sobre, les mêmes métaphores, avec ses gerbes de balles, ses volées de schrappnels, ses fantômes errants dans le labyrinthe des tranchées, la danse furieuse des explosifs brisants, la lumière cendreuse du petit matin, l’odeur de poudre et de sang. Il cite Keats et Byron, ici une expression tout droit sortie du Roi Jean, l’une des pièces les moins connues et les moins jouées de Shakespeare, mais aussi Henri V ou le Roi Lear quand la situation s’y prête, là les Grenouilles d’Aristophane, un poème de Lewis Carroll et même le Paradis perdu de Milton ce qui surprend dans ce paysage infernal ; Tristram Shandy lui est mieux qu’un personnage de roman, un compagnon familier. Il ne s’en attache pas moins « aux petites choses » du quotidien guerrier, s’en excuse presque et se justifie en assurant qu’à un certain moment, ces contingences de la vie militaire ne sont plus petites ou grandes, et qu’elles le séduisirent autrement plus que « les hautes exaltations des dynastes ou le mouchoir incarnat de Desdémone pour lequel je n’oublie cependant jamais de remercier le ciel ». En témoignent les quelques 31 poèmes composés au front qui suivent son récit.

Rien ne ressemble plus à des mémoires de guerre que d’autres. Un poète aux armées demeure avant tout un soldat et sa mémoire, celle d’un ancien combattant semblable à tout autre ; seuls le distinguent les mots pour le dire. Son vécu lui avait appris la guerre mais avec le recul, il se jugea trop jeune pour en sonder la cruelle ironie dans toute sa profondeur. Blunden aura participé aux batailles de la Somme, il aura été à Ypres, il aura passé deux ans au front sans être blessé hormis par les gaz, ce qu’il attribuera à sa taille « trop petit pour constituer une cible ». Il n’évoque même pas sa Military Cross décernée au lendemain de la bataille de Passchendaele. N’empêche que c’est lui qui ose écrire dans la chute d’un chapitre :« Mais malgré tout, ce monde était beau » ; et cette pensée d’un survivant des combats de Beaumont-Hamel, d’un rescapé du piège de la Redoute des Souabes, d’un revenant de l’enfer de Thiepval, seul un poète pouvait oser l’écrire.

(« Des soldats de la 55e division britannique, aveuglés par une attaque au gaz, marchent les uns derriere les autres en se tenant l’epaule, 10 avril 1918 » ; « Jean Giono, à droite, pendant la guerre avec son ami russe ; « Après la bataille » ; « Edmund Blunden pendant la guerre » photos D.R.)

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738 Réponses pour Mais malgré tout, ce monde était beau

Ed dit: 7 novembre 2018 à 16 h 54 min

renato c’est pas la peine de râler parce que je n’ai pas répondu à votre question. Je vous ai demandé plusieurs fois des éclaircissements et malgré ce que vous avez pu m’apporter, je n’ai toujours pas compris ce que vous entendez par « nature de la poussière » ni le rapport avec le qualificatif de « poussiéreux » concernant un livre. Désolée, vous n’aurez pas de réponse. Wir reden aneinander vorbei.

Janssen J-J dit: 7 novembre 2018 à 16 h 51 min

@16.16 / une belle fiche de lecture… Trop brillante et broussailleuse pour être honnête. C’est un peu comme avec Passou, souvent on ne sait plus quoi en penser, du bien ou du mal ? du bon ou du mauvais… Il y a beaucoup d’acidité compensée in fine par un peu de charité et d’humanité concédée
et octroyée du bout des lèvresq.
Mais Chantal, vous ne semblez pas avoir lu ce roman pour le plaisir. Cela se sent au fait que vous ne dites rien du style, d’un merveilleux classicisme, rare chez un jeune romancier de ce type, engagé à racontre une décennie récente guère des plus reluisantes. Comme si la forme ne compensait en rien le contenu prolétaroïde de cette histoire de boutonneux qui grandissent…
Je trouve qu’il n’a rien à envier à des Virginie Despentes ou Michel Houellebecq, ce jeune Mathieu…, dans sa peinture d’une société contemporaine totalement invisibilisée.

Janssen J-J dit: 7 novembre 2018 à 16 h 40 min

Il faut toujours emporter Gomorrhe et Sodome sur une île déserte.
Et, oui, laisser tomber la biographie de Myriam Anissimov dédiée à la tragédie d’un optimiste qui racontait, me semble-t-il, ce parallélisme avec le destin de K.
Bon voyage ! Oubliez M. Court, qui contrairement à ce que vous en dites, est un très brave érudit, plein de bonne volonté à votre égard. Mais vous ne voyez ni ne comprendrez jamais comment vous contribuez incsmt à l’exaspérer et nous autres, de même, les erdéliens. C’est un peu dommage, vous vous gâchez. Mais pas grave, profitez bien des vagues et prenez soin de votre clan !

Lavande dit: 7 novembre 2018 à 16 h 34 min

« Je pars en vacances vendredi, à l’autre bout de la terre. »
Ciel, Clopine, et l’empreinte Carbone ?

Janssen J-J dit: 7 novembre 2018 à 16 h 29 min

… une aprèm grisâtre, certes, mais productive n’empêche, car j’ai enfin achevé la rédaction d’un gros papier qui, je l’espère, passera la rampe des pairs dans une revue de science politique où je n’ai encore jamais publié. Le plus pénible, c’est de peaufiner la biblio dans les normes de la revue. Ca te prend presque plus de temps que tout le reste ! Et la cerise pour finir : la bonne nouvelle de Nicolas M., qui va me porter chance.

et alii dit: 7 novembre 2018 à 16 h 24 min

clopine,sans doute êtes vous trop jeune pour vous souvenir du temps où l’on ne disait pas l’entre-soi pour les universitaires, mais le ghettouniversitaire dont lesdits universitaires cherchaient à échapper, s’évader,qui en apprenat la flute, qui en faisant du théatre, et surement qui en élevant des cochons?
AUTRE TEMPS,le temps dinternet où vous excellez, vous clopine, je me demande encore ce que peut conter et compter votre interlocuteur: » Renan disait que contait peu le nombre de lecteurs, » si vous parlez théorie des cordes , noeuds et orthographe ;allez, reprenez le flambeau en RDL,ce guetto où on ne vous voit pas assez souvent

Clopine dit: 7 novembre 2018 à 16 h 24 min

Bah, Jazzi, la soupe à la grimace, c’est plutôt sa tambouille à lui. Sur 10 posts de Monsieur Court, 8 sont exclusivement consacrés à me dénigrer, alors…

Je pars en vacances vendredi, à l’autre bout de la terre. J’emporte « Sodome et Gomorrhe », d’une part, j’hésite pour un autre livre. J’ai emprunté l’intégrale des livres de Primo Levi, j’ai un instant imaginé de l’emporter, et j’ai lu, à la fin de l’ouvrage, une interview passionnante qui (enfin, à mes yeux) donne la clé du suicide de l’écrivain, suicide qui me hante en fait.

L’interview est donnée à propos de la traduction que Primo Levi a proposée de l’oeuvre de Kafka, plus spécialement « le procès ». C’est vraiment passionnant, et plein d’intelligence et d’enseignement.

Mais le plus terrible et touchant est ceci, qui donne donc la clé à mon sens :

à la remarque « On tient Kafka pour un écrivain qui tue la vie, qui chante l’absence et la nostalgie de la vie et de l’amour. Ses atmosphères raréfiées sont la quintessence d’une vie perdue. On ne trouve jamais cela chez Primo Levi, pas même lorsqu’il parle des camps de concentration… »

Primo Levi répond :

« Nous avons eu des destins très différents. Kafak a grandi dans une situation de très profond conflit avec son père, il était le fruit de trois cultures mélangées – les cultures juive, pragoise et allemande- malheureux dans ses rapports sentimentaux, frustré dans son travail et, enfin, gravement malade. Il est mort jeune. Moi, malgré l’épisode du camp, qui m’a profondément marqué, j’ai eu une vie différente, moins malheureuse. Comme, pour moi, tout est bien qui finit bien, comme j’ai réussi à survivre au camp, cela m’a rendu bêtement optimiste.

(et là, attention, ça commence, lisez bien !!!)

Aujourd’hui, je ne suis plus optimiste. A cette époque, je l’étais; A cette époque, j’ai étendu, de manière illogique, le dénouement heureux de mon aventure personnelle -qui m’a considérablement enrichi, car elle a fait de moi un écrivain – à toutes les tragédies humaines.

Bien qu’il parle de choses terribles, le livre « si c’est un homme » est vraiment très éloigné de Kafka. De nombreux lecteurs l’ont remarqué, c’est un livre optimiste et serein, où l’on s’élève peu à peu, dans le dernier chapitre surtout. Il semblait absurde de penser que, du fond de la fasse, du Lager, ne dût pas naître un monde meilleur. J’ai une toute autre conception aujourd’hui. Je pense que le Lager ne peut donner naissance qu’au Lager, que cette expérience ne peut donner naissance qu’au mal. Quand on a vu comment un Etat moderne, organisé, technicisé, bureaucratisé, a pu engendrer Auschwitz, on ne peut pas ne pas penser avec effroi à la possibilité que cette expérience se reproduise (…).  »

Bien, j’en ai le coeur serré mais comment lutter contre la pensée de cet homme ?

Je n’emporterais pas ce livre « en vacances ». Ce serait… Non, ce ne serait pas possible, tout simplement. Je veux y renoncer, même si mes yeux sont en réalité terriblement avides de ces lignes-là… Je veux que mes yeux se reposent. Que le vert, le bleu, les lignes naturelles des volcans et des plages les envahissent. Je veux tourner le dos à Kafka et Levi, pour ne plus croiser leurs regards. Lâcheté, égoïsme ? Bah, ils m’attendront, tout simplement : ce dont ils témoignent est hélas aussi permanent que l’humanité. Et tout aussi patient.

Janssen J-J dit: 7 novembre 2018 à 16 h 23 min

Jazzi dit: 7 novembre 2018 à 13 h 41 min Les jurés Goncourt t-ont entendu, JJJ., Nicolas Mathieu a été primé avec « Leurs enfants après eux », heureux ?
Ben voui, je suis surtout heureux pour lui. Cela dit…, j’avais fait un pari gratuit avec une copine DHH qui a perdu. C’est la vie. Du copu, je suis allé m’acheter Diop, « frères de rêve », car les perdants méritent toujours mieux.
@ CH., mais ce que je vous ai dit n’a rien d’un malentendu, voyons… vous me reprochez de je ne sais quels contresens sur votre personne en expliquant n’avoir aucune des qualités que je vous prête. Mais comment faut-il parler aux gens d’ici, leur exprimer une estime simple sans les voir aussitôt prendre la cédille de travers ?… 😉

chantal dit: 7 novembre 2018 à 16 h 06 min

je vous copie ma fiche de lecture du roman datée du 25 septembre alors que le récipiendaire en proie au désarroi faisait part chaque jour de son angoisse sur les réseaux sociaux ( il est assez finaud en fait et maîtise bien sa com’ ).

Leurs enfants après eux.

Roman en queue de cheval.

Quand un récit à multiples facettes révèle un entomologiste à l’humour acide.
On peinerait à faire la sieste dans les phrases hachurées et saccadées de Nicolas Mathieu, il y a une rythmique imposée par l’auteur qui fait sourire et maugréer parfois …
On sent une habileté dans le dialogue, l’imprégnation, que dire, la cuite programmée dans ce récit qui sillonne entre les bas – fonds façon Maxime Gorki et Oké Magazine version mes couettes à la cafète. Les mecs sont plantés comme des arbustes tordus sur un sol peu fertile, en expansion des possibles, il y règne une ambiance de débrouille permanente, de suffocation du réel.

Certains passages sont là pour faire parler les murs en carton et accoucher des plus petits secrets de familles, fonds de culottes derrière un tas d’orties.
Pour les filles, forcément vipères et tentatrices dans ce non – éden lorrain, on se faufile de crêpages de chignons en déni de désir. Le héros boutonneux et auto centré y tord ses jalousies, ses flirts ratés et ses rêves majuscules de conclure. En défi permanent avec un mythique cousin doté de toutes les qualités de séduction et de hardiesse, point de vue d’infériorisé. Les pathologies récurrentes qui traînent entre les personnages, induisent des prétextes d’évitement, leur formulation est recherchée, choisie, moisie avec une sorte de délectation romanesque.

La passion pour les bolides est réduite à une camionnette et un bicycle volé; prétexte à une haletante recherche dans les zones les plus mal fréquentées: T5 de fortune aux parois fracturées, zones de non droit dont on ne sort pas sans quelques contusions ou noms d’oiseaux frappés sans vergogne.
Les étrangers, sous classés, soumis aux clichés usuels du délit de faciès, font des irruptions de rage muette dans le récit, se chargeant de chambouler la vie ordinaire des quelques notables sur – protecteurs et sectaires de cette contrée ravagée par le chômage de masse.

On ne compte malheureusement pas les name dropping de marques de survêt et autres habillements, de même que les condiments & bitures typiquement franchouillards qu’ingèrent surabondamment les désœuvrés.

C’est un roman qu’on peinerait à offrir pour Noël à sa propre sœur flanquée d’un ribambelle turbulente et sur – tatouée, car elle y devinerait une forme d’ironie presque belge qui finit en bord de canal sans explication franche.

Le pire ou le meilleur est qu’on s’y retrouve malgré soi portraituré dans sa tranche de vie, auto – dérision indispensable à la poursuite de la lecture. On note une certaine tendresse inhabituelle pour les vieillards, séquences nostalgiques de souvenirs télévisés sportifs, bribes de formulations passéistes au patriotisme buté.

On conseillerait volontiers cette lecture à ceux qui ont délibérément oublié leurs débuts tâtonnants dans le monde de l’érotisme prébubère, souvenirs de baisers qui sentent le tabac roulé et les chansons d’Hubert Félix Thiéfaine.

Un coup de frais, à lire à la dérobée.

avec l’assentiment de l’auteur 😉

Jazzi dit: 7 novembre 2018 à 16 h 00 min

C’est pas demain la veille que M. Court sera invité à la table de Clopine ! Une soupe à la grimace, peut-être ?

felix d dit: 7 novembre 2018 à 15 h 59 min

camille pascal prix roman academie francaise pascal camille academie francaise roman prix prix pascal camille academie pacal francaise roman camille pascal prix du roman de l’academie française camille pascal prix du roman de l’academie française . Camille pascal prix du roman de l’académie française……………..

D. dit: 7 novembre 2018 à 15 h 46 min

Je ne vous contredirais pas Paul Edel.
Produire un telle oeuvre demande à la fois une grande maturité et un esprit de jeunesse voire d’empathie.

Paul Edel dit: 7 novembre 2018 à 15 h 40 min

Nicolas Mathieu et son Goncourt a pas mal d’affinités et les mêmes qualités que le grand romancier italien Niccolo Ammaniti avec « Comme Dieu le veut »(traduit en français et en poche).
Mathieu comme Ammaniti décrit des jeunes désenchantés qui trainent et tentent d’échapper à la médiocrité ambiante en faisant des « coups » . Ils sont émouvants par leur vulnérabilité .Même sens du drame social et de solitudes qui se cherchent et zonent, et se rassemblent comme de singes en hiver..
Amminiti comme Mathieu sont des romanciers à fresque. Ils ouvrent une large fenêtre sur la lutte des classes moderne dans nos démocraties en crise ,et les régions et zones démunies commeà l’abandon .Ils font la part belle aux laissés-pour -compte. Même puissance dramatique et mêle sens des dialogues vrais , et même sens des situations de désespoir avec des touches d’ironie et de la compassion. Un des meilleurs Goncourt de ces dix dernières années.

Clopine dit: 7 novembre 2018 à 15 h 38 min

Monsieur Court, vous êtes donc à vous seul l’entièreté de la profession ? Ce que je vous reproche à vous, vous êtes persuadé que je le reproche à tous les universitaires ?

Vous ajoutez donc la mégalomanie à la sécheresse d’une érudition inutile et hautaine.

Car ce que je dis de vous ne concerne que vous, heureusement, dites donc. Si tous les professeurs d’université étaient à la fois si plein de mépris pour les non-universitaires et si incompétents dans la transmission de leurs savoirs, ça se saurait.

et si tous les diplômés faisaient comme vous, c’est-à-dire à la fois surestimer leur position et être d’un ennui pesant, ce serait à décourager des générations de normaliens.

Heureusement que je peux vous rassurer : j’ai rencontré, et j’ai même des amis, profs de fac. Aucun ne vous arrive à la cheville, dans la maladresse lourdingue de l’expression, dans l’inintérêt de vos recherches, dans le mépris de classe que vous pratiquez, et dans la grisaille persistante qui s’attache à votre silhouette accablée.

Mes amis universitaires (dont un prof agrégé de maths qui m’a offert, un jour, en cadeau, des… courbes mathématiques, mais oui, mais oui, qu’il s’apprêtait à publier avec un collègue chilien dans une revue spécialisée. Je les avais reçus tous les deux, et le lendemain, j’ai reçu dix magnifiques courbes – dont j’ignorais la signification, bien sûr, et l’usage, mais dont les formes et les couleurs ressemblaient étrangement à des volutes de fumée, et, ainsi baptisée la marraine de leur publication, j’ai savouré cette gentille dédicace !!!) mes amis universitaires,donc, sont ouverts et curieux. Et partageurs, et respectueux d’autrui. Je ne sais si c’est à cause de leur profession, mais en tout cas si leur seul point commun d’avec vous c’est le diplôme, nous dirons qu’ils n’en font pas tout-à-fait le même usage. Ouf !

D. dit: 7 novembre 2018 à 15 h 35 min

NIMPORTEQUOI, il ne s’agit pas de nier, il s’agit de tact. Et puis avait-on besoin d’aller célébrer la mémoire des généraux dont pas un seul n’est mort (sauf erreur de ma part) sur le champ de bataille ?!
On ne demande pas à Macron de faire de l’Histoire, mais de célébrer et surtout, dans la mesure du possible, de quitter sa fonction le plus vite possible.

chantal dit: 7 novembre 2018 à 15 h 33 min

en effet paul edel, dans un premier temps on a une espèce de choc en lisant, purée on est vraiment dans ce type de galère le portrait social est juste, millimétré; j’ai eu un peu mal au ventre, ensuite j’ai repris dans un autre état d’esprit et j’ai trouvé qu’il rendait bien les coups ( c’est son expression ) par le truchement de la plume que la vie lui a infligés.
Comme j’ai fréquenté un temps les paysages lorrains qui ne sont pas très éloignés de la Wallonie post – industrielle sinistrée, je me suis trouvée comme à la maison dans ce livre. ( je reviendrais peut – être mais en ce moment je dois étudier un très chiant syllabus de droit civil ) je passe des test demain, je dois hélas me trouver du taf …

Petit Rappel dit: 7 novembre 2018 à 15 h 26 min

Clopine, vous ne comprenez rien, et surtout pas les efforts de vulgarisation que représente chaque communication.
On est payé de sa peine, non par les peaux d’âne que vous avez tant et plus dénigrées sur ce blog , non par le succès, mondain et comme tel peu solide, mais par les félicitations du public, qui n’appartient pas à cet entre-soi, et à qui vous faites découvrir très simplement un personnage ou un aspect des choses.
C’est pourquoi quand je vous vois trainer régulièrement dans la boue une profession à laquelle vous ne connaissez rien, ou vous voyez de l’ entre-soi parce qu’il n’est pas toujours possible d’y réunir un public, les étudiants ayant leur tache quand bien meme on les y invite, et certains colloques ayant lieu pendant les vacances pour de basses raisons de location de salles, je forme des vœux pour que vous vous réconciliez avec cette noble profession, pour laquelle vous déployez, me concernant,tant de trésors d’incompréhension qu’ils en deviennent ridicules. Renan disait que contait peu le nombre de lecteurs, mais le souci de faire progresser la compréhension du problème. C ‘est la grace que je vous souhaite, ainsi qu’à votre fils.
MC
PS
Pierre Assouline, il y eut avant Diop le Bataillon Créole de Raphael Confiant.. le triomphateur de la rentrée sera-t-il le fantôme du Général Mangin et de sa » Force Noire »?

N'IMPORTEQUOI dit: 7 novembre 2018 à 15 h 23 min

D, je ne saisis peut être pas les aspects du problème mais que dit il qu’un livre d’histoire couvrant cette période de l’Histoire contredirait?

D. dit: 7 novembre 2018 à 15 h 18 min

« Je ne rentrerai pas dans cette mauvaise polémique », a déclaré Griveaux.

…inutile en effet : Macron est déjà rentré dedans à pieds-joints.

D. dit: 7 novembre 2018 à 15 h 13 min

Fallait-il être ballot pour aller parler de Pétain ? C’est vraiment se tirer une balle dans le pied. Quel amateurisme. À se demander comment il a pu briller en classe et faire l’ENA ?
Vous voyez bien de qui je veux parler. Celui qui nous sert de président.

Candide dit: 7 novembre 2018 à 15 h 11 min

Jazzi dit :
« Je peux témoigner de la générosité de deux erdéliens : Paul Edel et Clopine. Quand ils ne vous régalent pas à domicile, ils vous invitent de surcroit au restaurant : un excellent grec de la rue Mouffetard, pour le premier, et un savoureux couscous marocain du XIXe arr., pour la seconde ! »
Elle le cœur sur la main, Marie B.

D. dit: 7 novembre 2018 à 15 h 01 min

Je n’aime pas l’Afrique du Nord, mise à part l’Egypte et la Numidie.
Etonnement jaime bien le couscous mais c’est encore le mien que je préfère.
Une difficulté est de se procurer de bonnes merguez non-hallal mais ça y est, je sais chez qui, sur commande.
La semoule ce n’est pas le plus difficile à faire mais c’est long. Il faut prendre de l’ultra-dure et fine, qu’on trouve en épicerie orientale. Genre Regia.

Autre difficulté : savoir se servir des épices sans trop les utiliser « dans la norme standard ».

Paul Edel dit: 7 novembre 2018 à 14 h 45 min

le Nicholas Mathieu est un excellent choix des Goncourt.écriture vive qui ouvre les fenêtres sur le pays réel en crise dialogues percutants et personnages très attachants bref un vrai romancier.espèce rare.

D. dit: 7 novembre 2018 à 14 h 44 min

Moi je ne mets jamais les pieds dans le XIXème. Cest un arrondissement extraordinairement désagréable et mal famé.
C’est aussi simple que ça.

renato dit: 7 novembre 2018 à 14 h 25 min

La ½ des atomes dont nos corps sont faits, c’est de la matière produite hors de la Voie Lactée, un savant a dit : « l’azote de notre ADN, le calcium de nos dents, le fer de notre sangs, le carbone de notre tarte au pommes » ; c’est la cuisine des étoiles. Personne nie l’autre ½.

Jazzi dit: 7 novembre 2018 à 14 h 23 min

Je peux témoigner de la générosité de deux erdéliens : Paul Edel et Clopine. Quand ils ne vous régalent pas à domicile, ils vous invitent de surcroit au restaurant : un excellent grec de la rue Mouffetard, pour le premier, et un savoureux couscous marocain du XIXe arr., pour la seconde !

chantal dit: 7 novembre 2018 à 14 h 21 min

moi je l’ai lu cet été le Goncourt du jour, et après m’être interrompue page 82 pendant un mois, j’ai repris la lecture avec un autre angle.

N'IMPORTEQUOI dit: 7 novembre 2018 à 14 h 21 min

Lavande, non mais il annonce la couleur. Il me dédouane d’un esprit que d’ailleurs je ne possède pas, il m’exonere des taxes à l’exportation, me rend accusatrice également ,selon.

Jazzi dit: 7 novembre 2018 à 14 h 09 min

« la cuisine parce que c’est la seule activité créatrice qui ne requiert aucun talent inné »

La qualité suprême des cuisiniers, c’est la générosité !

D. dit: 7 novembre 2018 à 14 h 01 min

En fait renato nous ne sommes pas davantage poussière qu’énergie. Vous vous en rendrez compte un jour, comme chacun ici.

Delaporte dit: 7 novembre 2018 à 14 h 01 min

Ce Goncourt, un gros coup de blues :

« La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d’Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage. »

D. dit: 7 novembre 2018 à 13 h 59 min

la cuisine parce que c’est la seule activité créatrice qui ne requiert aucun talent inné 

Alors là ?! Faudrait m’expliquer parce que c’est pas du tout ce que j’ai pu observer.
Je dirais même qu’il y a des ethnies qui produisent naturellement de bons cuisiniers et d’autres pas. Oui je vais jusque là.

renato dit: 7 novembre 2018 à 13 h 57 min

Lorsqu’on se frotte les mains une impressionnante quantité de cellules mortes s’envole pour après tomber et s’accumuler avec les fibres des vêtements, les restes de combustion etc., sur les choses et dans notre système respiratoire, d’où la nocivité des matières particulaires. Plus poétiquement, donc en cohérence avec le réel, nous sommes poussière d’étoile… Un artiste que j’apprécie a joué avec la poussière :

https://pin.it/lpaxoveg2dnlhp

Delaporte dit: 7 novembre 2018 à 13 h 55 min

Le Goncourt 2018 dément tous les pronostics. Actes Sud à nouveau primé. Un roman sur le monde ouvrier, le chômage, les jeunes à la dérive, l’absence d’espoir… une grisaille sociologique qui ne va remonter le moral de personne. Je préférais le choix de l’année dernière, qui évoquait la grande histoire. Cette année, les Goncourt font dans le misérabilisme à tout crin :

« Après avoir rêvé de voir du pays, comme Hacine, son doppelgänger, il retrouve sa Lorraine sombre et malheureuse, tragique et déchirée. Et la place qui lui est assignée depuis toujours: celle d’un vaincu. » Figaro

DHH dit: 7 novembre 2018 à 13 h 53 min

@Gisele 12 h 59
J’aimerais que vous disiez vrai me concernant, mais en réalité je ne suis pas vraiment svelte et pas du tout élancée (je tangente le mètre cinquante ) et les merveilleuses images que vous avez mises en lien pour illustrer mes divers post culinaires d’hier relèvent d’un degré de professionnalisme dont je suis bien éloignée avec mon répertoire de plats familiaux dont les qualités visuelles sont banales et modestes ;
Il se trouve que j’ai pris goût à la cuisine parce que c’est la seule activité créatrice qui ne requiert aucun talent inné , et je pense que je ne m’y serais pas investie , si j’avais eu des dispositions naturelles pour l’écriture la peinture la musique, la danse ou même la couture comme Lavande .
Mais quand les gens qui ont le don d’écrire parlent cuisine quel régal ! A cet egard le texte de Gadda mis en lien était merveilleux ;ci_dessous (je le copie car je n’ai pas le lien correspondant) écrit par Geralde Nakam, universitaire de grande notorieté, specialiste de Montaigne, un texte du même tabac,qui est une ode à un classique de la cuisine d’Afrique du nord :la frita
« Prenez d’abord un canoun. C’est indispensable. Remplissez-le de charbon de bois. Les braises rougeoient. Ranimez le feu en éventant avec une feuille de carton. Tout cela est évidemment essentiel. Patience, surtout ! Les poivrons verts posés sur un gril au-dessus des braises juste à point commencent à grésiller ? Retirez-les au premier éclatement de leur peau. Mettez à refroidir dans un plat avant de les peler, de sorte que leur chair soit mise à nu sans blessure. Les tomates, à présent. Les griller de même, sans les brûler, puis les peler soigneusement. Que la chair reste intacte. Et qu’il n’aille pas rester non plus la moindre parcelle de pelure noircie !
Maintenant, une grande poêle d’huile d’arachide. Le canoun est en train de s’éteindre doucement. Mais c’est sur la plaque de cuisinière qu’on fait frire, d’abord, très rapidement, quelques quartiers d’ail épluchés – deux ou trois suffisent. On les retire ensuite. Plonger dans cette huile délicatement aillée, D’ABORD les tomates découpées en quatre. Saler. Cuire à feux doux. Dans la purée de tomate obtenue, juste épaissie, encore un peu liquide, verser les poivrons découpés en longues lamelles. Déjà attendris d’avoir été grillés, ils finiront de cuire dans les tomates.
Ah ! les couleurs chantantes et complémentaires de la frita rouge et verte ! Ses saveurs simples et son moelleux font d’elle la plus sublime des entrées. Servez-la seule, ou avec des œufs durs, ou, pour la fête, avec la méguéna. Mais si vous la prenez pour le goûter dans un sandwich, dont la mie s’imprégnera de son jus tandis que la croûte restera craquante, alors vous serez au paradis des saveurs… À la fois espagnole et juive, la frita est le vrai plat de l’Oranie. »
Dire son souvenir sous cette forme, c’est rendre son importance au geste. Et c’est aussi inscrire la signification dans ce qui la crée. Il ne faudrait pas essayer de faire une frita par le procédé décrit, mais plutôt de reproduire des gestes similaires pour celui des frichtis dont le souvenir nous a poursuivi. Et le vivre davantage alors qu’il est en train d’être préparé plutôt que lorsqu’il est mangé.

D. dit: 7 novembre 2018 à 13 h 49 min

Je n’ai jamais dénoncé un seul migrant de ma vie ni pointé le doigt vers lui ou elle pour une telle raison. Jamais individuellement.
Mais une chose est sûre pour moi : leur avenir n’est pas en France, dans leur intérêt et dans le nôtre.
Après chacun peut réécrire ça à sa sauce en essayant de se donner une conscience. Je connais par coeur les litanies en question, je viens d’en lire une encore.

Jazzi dit: 7 novembre 2018 à 13 h 47 min

« donc je passe l’aprem’ dans un établissement de bains, coquin-libertin, avec massages »

Seriez-vous un homme, gisèle ?

D. dit: 7 novembre 2018 à 13 h 42 min

Le truc pour la Lune, c’est p : premier quartier (donc pleine Lune à venir) et d : dernier quartier (donc pleine Lune passée).

Jazzi dit: 7 novembre 2018 à 13 h 41 min

Les jurés Goncourt t-ont entendu, JJJ., Nicolas Mathieu a été primé avec « Leurs enfants après eux », heureux ?

gisèle dit: 7 novembre 2018 à 13 h 41 min

N’IMPORTe QUOI 13h30. Non, rassurez-vous! je ne suis pas , c’est sûr, DHH. Cette manie qu’ont les erdéliens de vouloir coller à tout prix une identité sur des pseudos. Et je ne vais pas vous ennuyer tout l’aprem’. Des fuites d’eau chez moi, donc je passe l’aprem’ dans un établissement de bains, coquin-libertin, avec massages , dont je ne vous raconterai rien. Rideau.

Lavande dit: 7 novembre 2018 à 13 h 37 min

Christiane, ce que vous décrivez est typique des queues au festival d’Avignon, qui font plus, par le bouche à oreille, pour le succès d’un spectacle, que toute affiche ou flyer.

gisèle dit: 7 novembre 2018 à 13 h 32 min

** Si j’ai le temps, ce soir, je copierai un petit morceau du « festin chez Trimalcion » aussi bien que « Lucullus dîne chez Lucullus  » et une recette , de cuisine latine. C’est assez extraordinaire.
L’on sait que la salle à manger de Néron, dans l’extraordinaire Domus Aurea, était une pièce qui tournait sur elle-même.
M.Court pourrait certaine ment l’expliquer, mieux que moi ….

N'IMPORTEQUOI dit: 7 novembre 2018 à 13 h 30 min

Gisèle, il existe une parenté de style entre vous et dhh, pensez vous questionner et répondre tout l’après midi?

N'IMPORTEQUOI dit: 7 novembre 2018 à 13 h 27 min

Gisèle, très envie de vous rétorquer en écho, si tu crois pas celle là, tu en croirais une autre. Quelle mythomane vous faites.

renato dit: 7 novembre 2018 à 13 h 26 min

« Un lecteur contemporain » ?! C’est quoi ça ?

Et toujours en attente pour ce qui est de la nature de la poussière qui voilerait Lolita

Bon, il y a de bon que, puisqu’on vit sur terre entre humains, je ne compte pas sur des réponses.

Cela dit, étant donné la situation donnée, un souvenir refait surface. J’ai pendent quelques temps loué un atelier dans un village alsacien. Un jour j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres un prospectus qui annonçait une pièce de Thomas Bernhard. Je me suis dit qu’il aurait été intéressant de voir comment cet auteur était perçu au fond de la campagne alsacienne et me voilà, qu’après la représentation j’écoute les spectateurs avec un verre de Sylvaner à la main. Ce qui m’a le plus amusé de toute la soirée ce sont les spectateurs qui ont détesté — jusqu’à la haine — l’acteur qui avait interprété le rôle du méchant.

gisèle dit: 7 novembre 2018 à 13 h 23 min

DHH 12h45 (?) PA dans la collection Bouquins, c’est plus lourd que « LA Pléïade » mais c’est nettement plus lisible !
Chapître « cuisine »: n’aviez-vs pas dit que vs aviez créé un site ? quel est son nom ? vos recettes sont étonnantes, tant par leur valeur gustative, supposée! que par l’extrême précision de leur élaboration. Tout traducteur devrait être cuisinier..
Je ne sais pas faire la cuisine.. mais à vous lire je revois l’une de mes amies; elle habitait Carthage et m’avait fait découvrir la poutargue (que j’aime) et toutes les épices des marchés tunisiens. Elle était… »érudite » non seulement en cuisine, mais encore dans toutes les disciplines possibles. La cuisine? un art et une forme de penser.

N'IMPORTEQUOI dit: 7 novembre 2018 à 13 h 18 min

Gisèle, je m’attardais sur la traduction sachant depuis qu’un ami en fixa définitivement dans ma mémoire l’ordre pour la reconnaitre, gibbeuse,croissante ou décroissante. Pour les petits qui savent l’alphabet, lorsqu’elle dessine un C elle décroît, un D elle croît.

Lavande dit: 7 novembre 2018 à 13 h 11 min

Gisèle une anecdote: j’avais expliqué à ma fille toute petite qu’on disait en parlant de la lune un « croissant de lune ». Quelques semaines plus tard, elle m’appelle : « maman, viens voir, la lune c’est plus un croissant, c’est une brioche ! »

gisèle dit: 7 novembre 2018 à 12 h 59 min

à DHH ED N’importe quoi ….sur la cuisine. Le moment gustatif d’hier soir était magique . DHH- qui peut faire penser à la DAME, svelte,élancée, mystérieuse, des albums de Babar, DHH  » envoie du rêve  » et montre, s’il en était besoin, que la cuisine,simple ou portée à un haut degré de raffinement, est en lien avec la littérature ou tout essai de réflexion.
N’importe quoi, votre « lapsus calamar » était exquis. Quant à « luna mendax »,c’est un problème de « croissant » !
C resco (croître) est la forme du croissant de la lune qui décroît/ D ecresco (décroître) est la forme du croissant de la lune croissante.
Donc « luna mendax » lune menteuse …

Ed dit: 7 novembre 2018 à 12 h 57 min

Raconter l’histoire d’un vieux libidineux qui se tape une prépubère n’est pas incompatible avec l’écriture d’un chef d’oeuvre. Contrairement aux conclusions hâtives et primaires de jazzi, être féministe n’empêche pas d’apprécier l’art. C’est la voix narratrice insupportable d’HH qui fait qu’à mes yeux, Lolita est loin d’être un chef d’oeuvre. Du moins pour un lecteur contemporain.

Clopine dit: 7 novembre 2018 à 12 h 53 min

Cane m’étonne pas de vous, D., que vous souteniez le mouvement des « gilets jaunes ».

La vidéo virale vue plus de 2 millions de fois a été réalisée par «Frank Buhler » de la «Patriosphère» qui relaie des positions politiques les plus réactionnaires. Derrière cette vidéo, il y a une extrême droite
opportuniste dont le souci n’est ni la défense des intérêts des classes laborieuses, ni la politique d’aménagement du territoire, ni l’écologie.

La colère est juste, la forme est manipulée. (en plus, ces « gilets jaunes » qui hurlent qu’on « les empêche de travailler » et veulent « bloquer le pays » sont les premiers à se plaindre d’être « pris en otage » à la première grève des cheminots SNCF. M’enfin).

C’est d’ailleurs toujours comme ça que ça se passe : quand l’extrême droite se fait discrète, qu’on en entend plus parler, c’est qu’elle prépare un mauvais coup. Ce mouvement « bloqueur » s’appuie sur de bonnes questions (la politique du gouvernement antisociale, le sentiment d’effondrement de notre civilisation, le danger des extrémismes religieux…), mais fait appel à un soi-disant « bon sens » qui occulte tout point de vue véritablement politique, et manipule le quidam.

Premier pas vers une radicalisation d’une population exaspérée et, au fond, terrorisée par une situation qu’elle ne comprend pas et qui la menace collectivement d’effondrement. Fuite vers des « valeurs-refuge » qui occulte les réelles solutions.

Nous savons tous que les chauffeurs routiers peuvent effectivement « bloquer le pays ». Mais comme leur mouvement, corporatiste et à très court terme, s’éteint généralement dès obtention du pognon demandé dans le rapport de forces en leur faveur, cela ne porte généralement pas à conséquence. Ici, c’est plus grave, à cause de la manipulation, je le répète, organisée et consciente, d’un mouvement politique qui s’enracine partout en Europe. et qui, hélas, semble bien le seul à utiliser la colère des démunis, en leur désignant des « coupables », ces migrants pointés du doigt comme on désignait les juifs avant-hier, en leur flanquant la trouille et en mettant de côté les vrais problèmes (civilisationnels et écologiques) pour attiser les frustrations.

Qu’au moins ici, sur la Rdl, il y ait une voix pour dénoncer ce genre de procédé. Tant pis si c’est juste la mienne.

Ed dit: 7 novembre 2018 à 12 h 51 min

« À mes yeix, ce n’ est pas un chef d’ oeuvre, c’ est l’ histoire d’ un vieux libidineix qui se tape une môme mal dans sa peau. »

Merci.

christiane dit: 7 novembre 2018 à 12 h 45 min

Janssen J-J dit: 7 novembre 2018 à 10 h 27 min
Parfois, vous vous trompez à vouloir comprendre les gens qui s’expriment ici. Vous n’êtes pas le seul, du reste. Je lis bien des vilénies concernant DHH et Lavande… Des suppositions, pas mal tordues pour dresser un portrait négatif tout imaginaire de ces dames. Enfin, passons…
Donc les qualités et défauts que vous me donnez dans une file d’attente ( » être dotée d’une bonne nature en somme, bienveillante, veux-je dire, ne jamais râler contre les resquilleurs de files, les laisser passer, attendre la gorge nouée, prendre sa file en patience ») ne correspondent pas du tout à ce que j’ai vécu.
Prenant les billets par internet, je ne devais attendre que quinze minutes et uniquement parce que j’étais en avance sur l’horaire. Pas de resquilleurs dans la file puisque nous avions tous le même billet ! Dans l’autre file (sans billet) l’attente, hier, était aussi légère. Des groupes étaient régulièrement autorisés à entrer. Le jeune homme au talkie-walkie qui gérait tout cela, était si fier de cette ordonnance !
Donc, j’attendais paisiblement, bavardant avec mes voisins entre deux croquis des toits de Paris. Nous évoquions nos raisons d’être là et je leur racontais qu’un ami m’avait informé de la présence dans cette exposition de la toile d’Artémisia Gentileschi, en pied, jouant du luth, (habituellement à la Galerie Courtis à Minneapolis contrairement à l’autoportrait (même thème) exposé à la galerie Spada à Rome). Toile que j’allais rencontrer pour la première fois ! (et quelle joie cela a été. Je l’imaginais préparant sa toile, esquissant son personnage, posant les premiers aplats puis serrant le motif à petites touches, tantôt estompant, tantôt posant un éclat de blanc sue la dentelle du col ou sur la manche.) puis nous avons parlé de sa vie, de celle du Caravage, de ce qui les différenciait. J’ai beaucoup appris en les écoutant.
Il faisait doux, pas de pluie, juste des nuages lents que je regardais au-dessus des toits des immeubles du boulevard Haussmann.
Bien sûr on peut rêver en regardant « Passage des Arts » sur la cinq à la visite nocturne en solitaire de Lambert Wilson au Louvre, à celle de Carole Bouquet au musée de Branly, à Charles Berling à Orsay, à François Berléand au centre Pompidou… Quelle chance ils ont eu de déambuler seuls dans ces musées, la nuit, au gré de leurs envies. Mais n’être rien qu’un passant au milieu des autres et attendre un peu pour découvrir des toiles attendues, c’est aussi un grand bonheur. Bien sûr, on peut les voir sans la foule dans les musées où elles sont habituellement, tranquille, dans des salles parfois quasiment vides si on excepte un gardien de musée, assis sur une chaise, le regard rêveur.
Le saint Jérôme écrivant, du Caravage m’a beaucoup impressionnée. Oui, c’était une grande joie.

DHH dit: 7 novembre 2018 à 12 h 45 min

Ainsi Pierre Assouline entre dans Bouquins ; Bien sûr c’est moins chic qu’une entrée dans la Pléiade qui vous transforme ipso facto en classique, mais lui au moins pourra être sûr que ce livre rencontrera des lecteurs ,ce qui n’est pas toujours le cas des « pleiadés «dont les œuvres sont souvent achetées pour le cuir qui les emballe par des gens qui selon le mot de la Bruyere ne se constituent pas une bibliothèque mais une tannerie .

renato dit: 7 novembre 2018 à 12 h 43 min

« Et il parait qu’eux sont très remontés. »

C’est vrai que le coup d’état qui porta Pinochet au pouvoir eut comme origine visible la grève des routiers. Bon, c’est aussi vrai que la situation n’est pas la même : Pinochet avait l’appui d’un Auguste — condition essentielle pour donner une valeur ajoutée aux spectacles de clowns.

renato dit: 7 novembre 2018 à 12 h 23 min

Entre hate speech de droite et hate speech de gauche; entre hate speech nationalistes et hate speech pseudo-progressiste, quelle place il y a-t-il pour les gens avec un minimum de sens de la réalité.

Jazzi dit: 7 novembre 2018 à 12 h 23 min

« Je n’ai aucune idée de ce que donnera ce blocage »

Un de mes voisins, ancien flic, me dit qu’il suffit de cinq jours de blocages des routiers pour que plus aucunes marchandises n’entrent dans Paris. Et il parait qu’eux sont très remontés. Ils payent plein de taxes contrairement aux autres routiers européens, exonérés !

Paul Edel dit: 7 novembre 2018 à 12 h 13 min

la somme rassemblée de Pierre Assouline, « Occupation ». Robert Laffont, coll. « Bouquins », 376 p., 32 € est tout à fait magistrale.on s’en rend compte avec ce rassemblement de textes.Chapeau.

N'IMPORTEQUOI dit: 7 novembre 2018 à 12 h 10 min

Mais, cher D, je vous remercie pour certaines de vos explications de texte, à moins qu’elles n’aient été données par Hamlet.

N'IMPORTEQUOI dit: 7 novembre 2018 à 12 h 04 min

D, c’est comme quand vous êtes un peu naïf et trop confiant, un peu lent aussi en certaines circonstances à évaluer la tuerie,la perfidie, la fourberie,le perversité ordinaires et en circulation; il arrive aussi que les situations complexes ou des arguments nécessitent qu’on puisse y repenser afin de bien comprendre. Dans tous ces cas de figure il faut donc faire en sorte de ne rien oublier afin de mieux analyser les contenus seul à seul .

D. dit: 7 novembre 2018 à 11 h 45 min

Je n’ai aucune idée de ce que donnera ce blocage, Jazzi. Je roule peu mais je soutiendrai ce mouvement en posant mon gilet jaune fluo derrière le pare-brise.

Je sais simplement que plus d’une fois des mouvements citoyens ont dégénéré en faisant des blessés graves ou des morts d’autant plus qu’ils ne sont pas encadrés par des instances syndicales. On peut toujours ne pas s’inquiéter.

Chtimimi dit: 7 novembre 2018 à 11 h 39 min

Leurs enfants après eux – 2è partie, §10

( Les relations de Hacine, né en France, avec son père, naturalisé.)

‘ Avec ses potes, ils n’en parlaient jamais, mais c’était tout de même une épine considérable. Ils avaient tous grandi dans la crainte du père, ces hommes-là ne plaisantaient pas. Et en même temps, on ne pouvait pas vraiment tenir compte de ce qu’ils disaient. Les règles réelles de l’Hexagone leur échappaient en grande partie. Ils parlaient mal la langue. Ils énonçaient des préceptes qui n’avaient plus cours. Leurs fils étaient donc pris entre le respect qui leur était dû et un certain mépris qui allait de soi.’

Malgré les différences liées à l’espace et au temps, ses problèmes font penser à ceux de Franz K.

Janssen J-J dit: 7 novembre 2018 à 11 h 39 min

@ Il va avoir son quart d’heure de célébrité annuelle dans quelques instants,

question est de savoir s’il le mérite, ce quart d’heure, parfois je pense que non, mais aujourd’hui, oui. J’envie surtout ce qu’ils vont manger et boire, personne ne m’a jamais invité dans le restaurant des congourts.
Je dois qd même avouer que le plat concoté par DHH m’avait mis l’eau en bouche l’autre soir. Un très beau lot de consommation.
On va bien voir qui l’emportera de nos pronostics respectifs sur le prix 2018. Et si je gagne, j’offre du mousseux chambré à colpine et little rappel :-)

N'IMPORTEQUOI dit: 7 novembre 2018 à 11 h 39 min

D, la situation américaine ne tient pas compte de quelques vingt millions de chômeurs non comptabilisés, les usa sont le pays des gagnants, que les autres crèvent, telle pourrait être sa devise. Le sénat reste malheureusement républicain.

N'IMPORTEQUOI dit: 7 novembre 2018 à 11 h 33 min

Lavande, pire encore,convaincue de mensonges au premier degré, et qu’elle se fiche du monde depuis le départ.Bref, elle se joue de nous , de ceux qui lui accorde une supposée existence détachée de tout autre intervenant que pour ma part j’estime indésirable et indigne de crédit. Dans la vie, je suis assez confiante mais j’ai cette habitude de ramasser toutes les cacahuètes pour les décortiquer au calme et dans tous les sens chez moi, l’émotion et le charme du contact endort souvent mon sens critique , mes doutes.

D. dit: 7 novembre 2018 à 11 h 29 min

Il n’était même pas amusant, plutôt tragique, d’entendre hier sur les ondes une clique de journalistes politique mettre en garde contre le vote Trump, se posant en grands donneurs de leçond, en grand sachants, bien que les deux pieds profondément enfoncés dans la merde française : ses résultats économiques minables, ses faits divers quotidiens et sordides aux éternels relents d’immigration incontrôlée et pas gérée, la pauvreté d’une partie toujours plus grande
de sa population, ses communautarismes multiples, ses prisons surpeuplées et toujours en bouillonnement, ses campagnes desertées, ses minorités dictant seules les codes moraux.

Jazzi dit: 7 novembre 2018 à 11 h 26 min

« rendons un hommage supplémentaire au maitre de céans »

Il va avoir son quart d’heure de célébrité annuelle dans quelques instants, JJJ. J’espère qu’il n’a pas oublié son casque, il a le cuir déchevelu si fragile !

et alii dit: 7 novembre 2018 à 11 h 15 min

tatouage
quelqu’un a-t-il entendu paler de scarifications(en blanc)faites aux enfants de déportéesnés en ALLEMAGNE à la fin de la guerre?
je n’ai rien trouvé de tel dans tout ce que j’ai lu au CDJC

D. dit: 7 novembre 2018 à 11 h 15 min

Ce qui m’a terriblement choqué hier cest ce qu’a dit Pénicaud, presque du même niveau que la parole que l’on a à tort prêté à Marie-Antoinette en la déformant en en la sortant de son contexte. La brioche.

Pénicaud, au sujet du projet de blocage du 17 novembre prochain, s’est donc permis de dire « ça ne m’inquiète pas ».

Quel formidable égoïsme. Évoquer le niveau de son inquiétude en réponse aux grandes difficultés rencontrées par les familles rurales. C’est abject et du niveau de la brioche.
La différence entre Marie-Antoinette et Pénicaud, c’est que la première n’avait aucune formation à gouverner ni aucune éducation politique. Mais c’était une femme bonne et digne. L’exact contraire de la seconde.

Janssen J-J dit: 7 novembre 2018 à 11 h 07 min

Il est vrai qu’Olivia Newton Jones n’avait rien à envier à George Sand.
… comme nous le rappelle Michelle Perrot dans un livre magnifique dédié à la dame de Nohant. Je crois que MC l’a également pas mal apprécié, car litou (lui aussi qui lit tout), il sait où se trouve la valeur des choses en général et du rythme de la mazurka chopinesque en particulier.

DHH dit: 7 novembre 2018 à 11 h 05 min

je pense que le Goncourt ira à « frères d’âme. »je ne m’ai pas encore lu pour juger de ce choix si c’est le cas

Mais on dit et pas seulement Passou que c’est un bon roman bien écrit ;de plus centenaire de la victoire oblige et il permet de sécher un peu les sanglots de l’homme blanc ce qui est dans le vent

renato dit: 7 novembre 2018 à 11 h 04 min

Nous sommes désormais entrés dans l’ère de la politique de comptoir, il ne faudrait pas que de ce fait le personnel politique exagère avec les apéritifs…

D. dit: 7 novembre 2018 à 11 h 02 min

N’IMPORTEQUOI dit: 6 novembre 2018 à 21 h 25 min

21h11 D, je pense qu’elle manifeste l’envie d’en découdre à la moindre cédille posée de traviole, elle ne craint pas ses ennemis et prouve par sa bravoure qu’elle vaincra tous ces maudits serpents à lunettes, court, Es en, Christiane et j’en oublie. Levons une armée pour lui venir en renfort.

…sa bravoure ou son obstination orgueilleuse…

Janssen J-J dit: 7 novembre 2018 à 11 h 00 min

Vous êtes en verve ce matin, cher jz ! Donc… aucune chance pour NM, à cause du syndrome Actes Sud ?…
Bon. Puisque c’est jour de générosité à la rdl, rendons un hommage supplémentaire au maitre de céans, dont Bouquin Laffont comme publie une sorte de pot pourri. Quel homme et quelle consécration, notre Passoul ! Fiers pour lui.
https://www.en-attendant-nadeau.fr/2018/10/23/assouline-zone-grise/
Dans son CR, ledit Norbert Czarny (?de derrière les fagots) profère une opinion d’une insigne stupidité. Que voici : « Irène Némirovsky dont David Golder est (selon moi) un sommet de haine de soi, avec une figure stéréotypée de juif, presque aussi ignoble que la Silberman de Lacretelle », etc.
Non, trois fois nan… Comment peut-on énoncer de pareilles grosièretés quand on « sévit » dans ce journal littéraire en ligne, par ailleurs de grande et prestigieuse allure ?

D. dit: 7 novembre 2018 à 10 h 58 min

Jazzi dit: 7 novembre 2018 à 10 h 40 min

Acte Sud a déjà eu le Goncourt l’année dernière, JJJ, et c’est le sponsor publicitaire officiel de la RDL, semble-t-il…

On ne tient pas du tout compte de ça dans l’attribution du prix, Jazzi.

et alii dit: 7 novembre 2018 à 10 h 58 min

rose, je voudrais bien mais je ne peux plus me mouvoir avec l’arthrose;donc je ne peux pas danser,mais avec vous ça doit être chouette!je veux bien vendre des tickets de tourde piste avec vous je prendrai 1O°/ si vous êtes d’accord préparons un slogan avec l’accent:vous avez l’accent rose?

Jazzi dit: 7 novembre 2018 à 10 h 40 min

Acte Sud a déjà eu le Goncourt l’année dernière, JJJ, et c’est le sponsor publicitaire officiel de la RDL, semble-t-il…

Jazzi dit: 7 novembre 2018 à 10 h 33 min

Sacré programme de films à voir cette semaine !
Je crois que je vais commencer par l’adaptation du roman de Christine Angot, « Un amour impossible ». Bel hommage d’une écrivaine à sa génitrice, JJJ !

Janssen J-J dit: 7 novembre 2018 à 10 h 27 min

@ Christiane, « Vous savez, il y a beaucoup de gens simples et humbles qui attendaient que la file avance. Nous parlions, faisions connaissance et c’était des petites joies avant le face à face avec les œuvres et quelles œuvres ! » J’aimerais ade la sorte pouvoir bavarder avec les humbles inconnus dans les files d’attente des musées. Il faut vraiment y avoir des prédispositions, être dotée d’une bonne nature en somme, bienveillante, veux-je dire, ne jamais râler contre les resquilleurs de files, les laisser passer, attendre la gorge nouée, prendre sa file en patience. Quelle chance vous avez d’être ainsi faite !

@ Rose (au pays de Fabre d’Eglantine)… Parodonnez cette intrusion, mais les rapports avec votre maman me font penser à ce que raconte Chantal Thomas, émue, des souvenirs de sa mère fantasque, conformiste et anti conformiste, toujours ailleurs et prête à aller se foutre à la baille (in « Souvenirs de la marée basse »… un beau livre étonnant, rare, sous la plume d’une romancière rendant hommage à sa génitrice). En dehors du témoignage de S de Beauvoir et du vôtre, non, je ne vois guère d’équivalents. Je vous le dis : vous nous comblez en laissant les traces quotidiennes de vos aventures familiales, aussi difficiles et hallucinées soient-elles.

@ Béré Bétel NQ, c exact : les pb de couverture de ma bibli provinciale rurale me poursuivent au plus profond de mes rêves urbains. Les tuiles !

@A l’annonce du prix Goncourt par Pivot tout à l’heure, peut-être Mathieu ne serat-il pas honoré, ce que je regretterai inifiniment. Et comme notre Passoul a fait botusse et couche moussue à son sujet je crois (sauf erreur), je me permets de renvoyer à ce lien, c’est une très jolie critique avec laquelle je voudrais dire mon total accord enthousiaste. On ne pourra pas soutenir qu’on ignorait de quoi il retournait.
A plus tard.
https://www.en-attendant-nadeau.fr/2018/11/06/enfants-apres-eux-mathieu/

D. dit: 7 novembre 2018 à 10 h 23 min

Je suis un grand danseur de Disco, Jazzi. J’ai dansé avec Travolta dans Saturday night fever, mon nom est dans le générique.
Donc oui, sans problème je t’accorde cette Mazurka.

Lavande dit: 7 novembre 2018 à 10 h 02 min

Jazzi, quand j’étais jeune et jolie (!) je fréquentais de temps en temps des bals folk et votre Mazurka me rappelle de bons souvenirs !

Janssen J-J dit: 7 novembre 2018 à 9 h 58 min

Fort heureux de cette critique à contre courant de l’encensement général du roman de Ferrari. Je ne saurais mieux dire que cette critique:

« On croit toujours entendre la voix de Jérôme Ferrari souffler derrière l’épaule de sa créature ses propres questionnements abstraits. Et cet affleurement permanent de l’auteur et de ses préoccupations dans le roman fait que les péripéties traversées par Antonia – y compris sa mort elle-même et l’échec de sa vie – restent extérieurs au lecteur. Même la construction élaborée du roman, calquée sur les périodes de la messe, peine à éclairer les relations existant entre la photographie et la mort, sur lesquelles Ferrari voudrait nous inviter à réfléchir. Finalement, le roman donne l’impression de buter sur les mêmes écueils que ceux où achoppe son héroïne au cours de sa pratique de la photographie : une difficulté à exprimer. Il paraît frappé de la même impossibilité qui affecte la plupart des personnages enfermés dans des voies sans issues : impossible à Antonia de rencontrer sa vocation de photographe –elle y laissera sa vie–, impossible au parrain d’Antonia officiant le jour des funérailles de trouver la voix juste pour la remettre entre les mains de Dieu comme l’y invite sa mission. Impossible aussi, peut-être, aux amis d’enfance d’Antonia d’échapper au combat d’un nationalisme ancestral devenu stérile ».
Tout est dit.
https://www.en-attendant-nadeau.fr/2018/11/06/roman-etouffant-ferrari/

Lavande dit: 7 novembre 2018 à 9 h 58 min

N’IMPORTEQUOI:
êtes-vous aussi méfiante dans la vraie vie que dans la vie du blog ?
Ça doit être épuisant d’être constamment dans l’attitude  » je soupçonne l’émetteur de falsifications » (sic), qu’il s’agisse d’une recette de cuisine ou d’un boulot dont on vous dit qu’il a été obtenu sans piston.
Dur, dur de constamment croire que l’interlocuteur n’est pas celui qu’il prétend être et de penser qu’en plus il ne cherche qu’à vous entourlouper !
signé : Lavande qui continue, comme Passou vous l’a dit, à ne rien avoir en commun avec LVDLB.

Jazzi dit: 7 novembre 2018 à 8 h 47 min

rose, oublie un peu ton père, ta mère, tes frère et soeur, et va danser ! Pas seulement tout l’été mais toute l’année. C’est bon pour la santé.

Jazzi dit: 7 novembre 2018 à 8 h 28 min

Pourquoi danse-t-on ?

Pour exprimer sa joie d’être en vie, sa présence au monde, son désir de toucher l’autre, les autres, de faire corps avec eux…

Jazzi dit: 7 novembre 2018 à 8 h 26 min

Il semble, Delaporte, que les médias (de gauche) nous aient beaucoup menti sur le président (de droite) américain, de plus en plus majoritaire dans les urnes ?

renato dit: 7 novembre 2018 à 8 h 19 min

ps à 7 h 56

Dans Risotto patrio. Rècipe le sentiment de nostalgie est souligné dans la note au pied de page où à propos de l’usage d’un mot en dialecte romain il dit : « L’Auteur, en vieillissant exilé, a oublié la très italienne langue des impeccables censeurs. »

renato dit: 7 novembre 2018 à 7 h 56 min

« Gadda : « Risotto patriotique » »

Le titre du texte de Gadda, Ali Bab, est « Risotto patrio ». Patrio signifie de la patrie : p. ex., les confins de la patrie, l’histoire de la patrie.
Or, pour Gadda la patrie c’est Milan, donc le titre renvoie, elliptiquement, au risotto à la milanaise, dont CEG donne la recette — rècipe, dans le sens de remède, aussi* — sans tomber dans l’exaltation de la magnifique invention que l’on doit au peintre de la « Cena » dans le réfectoire de Santa Maria delle Grazie.

https://www.gadda.ed.ac.uk/Pages/resources/essays/risotto.php

* Remède pour soigner la nostalgie, car CEG à longtemps vécu loin de sa ville : Argentine, France, Florence, Rome.

Giovanni Sant'Angelo dit: 7 novembre 2018 à 6 h 45 min


…trop, Trumph c’est fini, à Capri,!…

…contrôles et sécurités en tout genres peux mieux faire,!…etc,!…

rose dit: 7 novembre 2018 à 5 h 29 min

Ed, Ed et Ed, et C.P à 0h06

dit en passant, non seulement Lolita n’ est pas perverse, mais elle est trimballée.

Lorsqu’ elle le peut, et cela prend du temps – le roman en fait, elle se case avec un mec ordinaire dans un petit confort banal.
Et lui, Humbery Humbery ? C’ est le type même du mec qui prend du sexe comme le pêcheur des truites, dans le plaisir immédiat. Sans perspective.

Nabokov dans tout ça ?
Il n’ est pas concerné par l’ histoire qui est en dehors de lui. Ce n’ est pas une représentation de lui- même ni de ses fantasmes potentiels.
Non, c’ est un décalque du monde tel qu’ il l’ observe, le juge et le critique. Un regard porté sur autrui : c’ est ainsi que les choses se passent dans la vie.
Je dirai comme dans Eyes wide shut de Stanley Kubrick.
Il dit  » voilà le sexe comme il se déroule : chez les femmes, c’ est comme ça, et quand elles ont trouvé un petit confory bourgeois, elles se calment, et les hommes comme ça, seules la bandaison et la baise comptent, tout le temps, n’ importe où. Ils ne pensent pas. »

Ceci est juste une interprétation personnelle.
À mes yeix, ce n’ est pas un chef d’ oeuvre, c’ est l’ histoire d’ un vieux libidineix qui se tape une môme mal dans sa peau. Lui ne lui apporte rien à elle. Pas même la sécurité.

En chef d’ oeuvre, y a Fortune de mer de Joseph Kessel.
Faut aimer les embruns. Et le grand large.

rose dit: 7 novembre 2018 à 5 h 10 min

moi, je ne sais pas récupérer l’ encre de la seiche, ni nettoyer un poisson.
Mais je sais jeter l’ ancre, pour qu’ elle ne dérape pas et que nous ne soyons pas drossés à la côte. C’ est un art, aussi, la navigation.

Crois bcp au psychosomatique.
bis , ter et quarto repetitat :
La maladie est l’ effort que fait la nature pour aider l’ homme à guérir..
Karl Jung

ai, pour ma part, le genou droit flingué et la nuit d’ avant me suis estropié le quatrième doigt de pied du droit pied
, contre un escabeau métallique posé à l’ entrée de la salle à manget. Je boite maintenant.

J’ ai reçu, par sms interposé à ma mère, un sms d’ injures de mon frère, avant hier au soir, dans lequel il me pourrit. Il y a un bloc contre nous deux, ma mère et moi, pauvres petits poulets déplumés, mais nous résistons vaillamment.
Mon frère est arrivé de Poitiers pour signer avec le notaire. Mon père vit depuis le 7 septembre chez ma soeur – d’ abord en convalescence pour deux semaines, et a choisi d’ y rester le 27 . Cela va vite la main mise, la depossession et déshériter l’ enfant du milieu. En un mois, c’ est fait.

Un homme me soutient, présent, constant, vaillant. Un homme doux, doux.
Ici.
Et je soutiens ma maman, qui, je vais vous le dire, se fout un peu de moi. Elle est focalisée sur mon père. Et moi, les coups que je prends, et les monceaux d’ injures, et bien, elle s’ en balance.

Bilou, pour moi, dormir, c’ est essentiel.
Sinon, comment repartir au front au réveil ?

Ed dit: 7 novembre 2018 à 3 h 15 min

DHH envoie du rêve. Comme c’est bien évidemment trop compliqué pour moi, il me faut un Tony Micelli pour mettre la recette à exécution. Car je suis un gourmet aussi fin que feignant.

P. comme Paris dit: 7 novembre 2018 à 0 h 37 min

A lire pour ceux que cela intéresse :

Vladimir Nabokov – Edmund Wilson : Correspondance, 1940-1971.

Giovanni Sant'Angelo dit: 7 novembre 2018 à 0 h 21 min


…bibliothèque nationale, Chêne
… » le livre des échecs amoureux « ,!…

…beau livre , pour essayez de comprendre, le sérieux des femmes, en général, un ami, un petit chien en attendant,…
…suffit ou pas,!…mystères et boules de gommes,!…

C.P. dit: 7 novembre 2018 à 0 h 06 min

Jacques, Nabokov a dit à plusieurs reprises, notamment dans « Speak, Memory / Autres Rivages » et dans les entretiens de « Strong Opinions / Partis pris », que si Humbert-Humbert était un personnage de salopard, sa Lolita était surtout une pauvre petite fille. Il refusait en tout cas l’idée (banale) qu’elle soit « perverse », aidé en cela par celui qu’il considérait comme son meilleur ami littéraire et son meilleur critique aux Etats-Unis, le merveilleux écrivain John Updike.
Evidemment, « Lolita » est un chef-d’oeuvre, comme le sont aussi par exemple « Ada or Ardor / Ada ou l’Ardeur » et, pour moi, « Pale Fire / Feu pâle ». Que Ed n’aime pas « Lolita », c’est son droit, mais parler de style « vieillot » est ahurissant.
renato a eu l’amabilité de rappeler des échanges avec Paul Edel à propos de Nabokov (et également de Updike). Paul Edel a d’ailleurs lui aussi un goût particulier pour « Feu pâle ».

N'IMPORTEQUOI dit: 7 novembre 2018 à 0 h 04 min

Gisèle, j’accepte votre création , cependant j’arrosai les spaghettis. Votre petit conte rappelle l’étrange noël de me Jack et bien que Burton soit un peu moins cruel chère Gisèle mais c’est très drôle et votre signature s’insère parfaitement dans cette galerie de personnages .

N'IMPORTEQUOI dit: 6 novembre 2018 à 23 h 53 min

P comme Paris, les recettes de dhhsont fameuses comme ses souvenirs , son personnage inventé serait une réussite et si tel est le cas quelle dommage que la personne qui s’abrite derrière n’en fasse rien de plus qu’un jeu d’ombres . Je rencontre tout de même quelques difficultés à apprécier un discours dont je soupçonne l’émetteur de falsifications.

Delaporte dit: 6 novembre 2018 à 23 h 45 min

Ce prix Médicis à Pierre Guyotat me paraît étrange pour cet écrivain non conformiste, qui a inventé une langue neuve, et pour ainsi dire grotesque, voire ridicule, pour exprimer ses fantasmes de dominants-dominés. Cela me rappelle une amie, fidèle lectrice de Guyotat, qui lui avait envoyé une lettre sur le livre de lui qu’elle lisait, admirativement, et qui n’avait jamais reçu la moindre réponse. Par contre, quand il s’agit d’un prix officiel et mondain, l’écrivain « subversif » est au rendez-vous et au garde-à-vous ! :

« Idiotie est un texte essentiel pour comprendre le parcours personnel et littéraire de Guyotat, son rapport au colonialisme, à la pornographie, à l’abjection. « Politique jusque dans l’intime, Idiotie donne vie et voix à un corps ayant vécu l’humiliation par le verbe », écrivait Claro, le feuilletoniste du « Monde des livres », lors de sa parution. »

Delaporte dit: 6 novembre 2018 à 23 h 36 min

Elie Semoun lance un appel pour sauver une abbaye où il a eu l’occasion de faire des séjours. Cela nécessite 800 000 €, pour la plus grande gloire de Dieu :

« C’est au tour d’Élie Semoun de se mobiliser pour sauvegarder l’un des joyaux du patrimoine cistercien en Provence, l’abbaye Notre-Dame de Sénanque, nichée près de Gordes au milieu des champs de lavande. »

P. comme Paris dit: 6 novembre 2018 à 23 h 34 min

« r dit: 6 novembre 2018 à 16 h 56 min »,

Bizarre de Bizarre,
Crétin comme je suis !…

Monsieur Court et Madame DHH sont deux personnes parmi quelques autres que j’ai plaisir à retrouver sur ce blog.
Je suis toujours preneur de leurs interventions.

Quant à être bienveillant pour un érudit…
Tout est dit.

gisèle dit: 6 novembre 2018 à 23 h 19 min

Ce soir, c’est Délices et Tralalas. Les smaghettis de Rose à l’encre de seiche, les tourterelles de N’importe où arrosées à l’encre de Chine, et les cris des encornets dépecés et écrasés au son des grillons.
Si l’on y ajoute deux gouttes de lapsus calamar avec les lacrimae christi, aucun doute,la fête peut commencer…pour honorer la pleine lune.
Luna mendax, comme l’on dit dans mon cabinet de curiosités:
Cresco, lune décroissante //Decresco, lune croissante
* ne donnez pas vos langues de chat-tes

N'IMPORTEQUOI dit: 6 novembre 2018 à 23 h 16 min

Dans le film, s’il respecte les personnages, lolita n’en a de toute évidence rien à faire du pitoyable Humbert Humbert.

Delaporte dit: 6 novembre 2018 à 23 h 00 min

Lolita est vraiment un très beau personnage, elle magnifie le genre féminin, et l’humanité. Elle met tout en oeuvre pour résister à Humbert Humbert. Elle joue une victime grandiose, et on pourrait lire des extraits de ce roman dans chaque tribunal qui traite d’une affaire de pédophilie, et justice serait rendue !

Delaporte dit: 6 novembre 2018 à 22 h 51 min

Jacuzzi, vous morigénez à juste titre Ed, qui n’en peut mais, la pauvre fille, mais vous développez exactement le même point de vue qu’elle sur Lolita. Votre conception du roman de Nabokov est foncièrement erronée. C’est un roman très humain, très normal. Humbert Humbert est présenté dès le départ pour ce qu’il est vraiment, un pervers, et Lolita pour une jeune fille, peut-être jolie, mais totalement commune. Elle n’est pas amoureuse de HH, comme le prétend Ed, elle lui fait du gringue,c’est tout, comme une fille délurée de son âge. C’est un roman réaliste, transcendé il est vrai par la manie érotique du vieux pervers, comme dirait Ed. L’érotisme, c’est la manifestation du genre humain chez l’homme, la métaphysique de l’amour, comme dirait Schopenhauer. Et Nabokov décrit tout cela avec maestria. Un grand catholique ne peut qu’être sous le charme, un musulman aussi, un athée de même, et même un Persan.

Delaporte dit: 6 novembre 2018 à 22 h 35 min

« Je comprends moins le soutien de Delaporte au livre et à son auteur, en l’occurence Nabokov ? »

Mon pauvre Jacuzzi, ça ne s’arrange pas. Lolita est un chef-d’oeuvre que tout catholique a même le devoir sacro-saint d’apprécier. D’abord pour sa qualité artistique, puis pour sa dimension morale. Nabokov, comme tout grand artiste, était très sage, un chasseur de papillons. Ce n’était pas le voyou à la Polanski, l’abuseur de fillette, le violeur. A votre avis, de quel côté est l’honorabilité, la dignité humaine ? Je mets Lolita au même niveau que Mme Bovary, un siècle plus tôt. Nabokov adorait ce roman, et il a bien rivalisé de talent avec Flaubert !

rose dit: 6 novembre 2018 à 22 h 34 min

JJJ à la même heure

cela participerait du même principe vital comme faire l’amour serait le meilleur expédient contre la mort.
hypothèse, sans plus.

closer dit: 6 novembre 2018 à 22 h 27 min

Annibal, je pense que LVDB est une femme relativement jeune (selon les standards de la RdL bien sûr!), active, voyageuse, et probablement un peu bipolaire, à en juger par les explosions de rage qu’elle manifestait pour un mot ou une phrase qui lui avait déplu et qui, à mon sens n’en méritait pas tant. Tu vois tout de suite que Lavande ne peut correspondre à cette description. Elle est courtoise, bienveillante et n’hésite pas à parler de sa vie personnelle et de sa famille, ce que LVDB ne faisait jamais.

Quant à Et Alii, c’est un homme, ce qui déjà exclut qu’il soit LVDB. Je le vois avec 20 ans de plus au moins que la susdite et ayant pataugé toute sa vie dans l’érudition universitaire. Ce n’est pas qu’une critique. Il y a même une pointe d’envie dans cette remarque. Son problème est qu’il croit qu’il sait tout sur tout ou à peu près. Il est très susceptible et ne comprend pas que l’on ne se prosterne pas à tout instant devant son immense culture et ses connaissances encyclopédiques.

Tu vois bien que ces deux-là n’ont rien à voir avec LVDB. A vrai dire la seule internaute qui m’évoque LVDB et une ancienne, dotée elle aussi d’une formidable personnalité: SMDR.

rose dit: 6 novembre 2018 à 22 h 26 min

JJJ à 13h46.

j’en pense que le second contre le premier.
Ou, dit autrement, que la guérison de la première s’avère envisageable par l’émergence du second.

nota : pensais à cela concernant les bronchites, au dit, libérateur, et à l’amour, tout autant.

Ma maman hier au soir, pendant que je cuisinais : « j’étais très amoureuse. »
Moi, négligemment « ah, et ça a duré longtemps ? ».
Ma mère, criant presque « ah oui, très longtemps ! ».
Comme c’était beau.
J’ai ri, ri.
( je crois que cela dure encore ; lui ai dit que je le reprendrai si cela avait été moi, elle n’admet pas la trahison, dit que non : mon dieu, mon dieu, l’amour).

N'IMPORTEQUOI dit: 6 novembre 2018 à 22 h 17 min

DHH, vous réussirez à rester la vieille dame de Babar pour de nombreux internautes, votre réputation ne souffrira d’aucun soupçon.

N'IMPORTEQUOI dit: 6 novembre 2018 à 22 h 10 min

Vous ne réduisez rien à néant, ce que j’en pense reste intact. On mettre cela sur le compte du lapsus calamar.

DHH dit: 6 novembre 2018 à 21 h 59 min

n’importe 21h 19
je voulais dire « hachés » evidemment et ce que vous appelez un écart de langage est en fait un symptôme classique des ravages de l’âge qui fait qu’il m’ arrive -pas trop souvent heureusement- de ne pas retrouver les mots les plus ordinaires correspondant à ce que j’ai en tête
Je regrette de réduire ainsi à néant votre explication et du même coup l’analyse psychologique si subtile et =originale sur laquelle elle débouchait

renato dit: 6 novembre 2018 à 21 h 50 min

Pas envie de me perdre dans une stupide histoire de chauvinisme culinaire, mais une correction s’impose : le risotto au noir de sépia est un plat pauvre croate — plat unique : riz + sépia avec son noir — ; on doit sa diffusion aux aux marchands Vénitiens.

rose dit: 6 novembre 2018 à 21 h 47 min

et alii et lavande

mais, n’ y aurait’ il pas un procédé ancien style brumisateur face cachée sous une serviette, avec une essence fleurie que vous respireriez ?
Ou bien la prise de Fleurs de Bach en cherchant la plus adaptée aux pbs respiratoires ?

Je vous souhaite un prompt rétablissement à tous deux jusqu’ à dormir couché.

Et alii
j’ habite aussi à Marseille, dont je suis née native. ❤ 🙆

rose dit: 6 novembre 2018 à 21 h 41 min

Car on le sent actuellement en grosse perte de vitesse.

C’ est le mariage.
Las.
Avec une chinoise.
Double peine.
Faudrait ne pas se marier. Dire non.

rose dit: 6 novembre 2018 à 21 h 37 min

je ne connais pas Condorcet : dslée.
Mais Ulriche Meinhof, ah çà oui.
Nous avons le portrait dans la cuisine.
Réussi à le faire décrochet ďe au dessus du lit. Six mois d’ âpres négociations, le couteau sous l’ oreiller.

N'IMPORTEQUOI dit: 6 novembre 2018 à 21 h 35 min

Jazzy, les adultes eux ne le sont jamais. J’ai vu une partie du film, j’ai du lâcher après la mort de la mère.pas lu le roman. Au départ même si elle est innocemment aguicheuse elle est innocente,de nombreuses jeunes filles sont assez tôt conscientes de leur pouvoir de séduction et il est flatteur pour elles de séduire leur père symbolique ou qui que ce soit représentant l’autorité ainsi soumise. Elles ne sont pas pour autant perverses. C’est une phase de la maturation psychique , du moins c’est ce que je crois et bien qu’il ne soit pas possible de faire de ce genre d’attitude une règle qui s’appliquerait à toutes sans exception

rose dit: 6 novembre 2018 à 21 h 29 min

« les vrais érudits, eux, sont généralement bienveillants, heureux de vivre, tournés vers autrui et curieux de tout »

j’ en ai pour ma part connu peu.
Ils étaient timides et silencieux, plutôt introvertis, courtois et discrets. Et jamais n’ étalaient leur science.
Un jour ancien, un a mis une video qui souvent m’ a paru coller à icelui.
Il s’ agissait d’ un homme – américain croyé- je- qui souffrait d’ une hypertrophie des testicules et ne savait comment faire. Il se portait cela comme un fardeau.

Giovanni Sant'Angelo dit: 6 novembre 2018 à 21 h 29 min


…tout, n’est pas permis, encore, qu’un flirt, ne passe au viol, calibrer, il y a pas comparaisons ou similitudes de faits, enfin, l’Amérique c’est l’Amérique, et il à bien fait de se retrouver en Europe, vite fait, bien fait, !…

N'IMPORTEQUOI dit: 6 novembre 2018 à 21 h 25 min

21h11 D, je pense qu’elle manifeste l’envie d’en découdre à la moindre cédille posée de traviole, elle ne craint pas ses ennemis et prouve par sa bravoure qu’elle vaincra tous ces maudits serpents à lunettes, court, Es en, Christiane et j’en oublie. Levons une armée pour lui venir en renfort.

Jazzi dit: 6 novembre 2018 à 21 h 22 min

Il est évident qu’Ed ne pouvait pas aimer Lolita. Avec ses visières étroitement féministes, pour elle, Lolita n’est qu’une nymphette de papier inventée par un vieux monsieur et destinée à faire bander le lecteur libidineux. Pire qu’un roman de gare, un porno soft !
Je comprends moins le soutien de Delaporte au livre et à son auteur, en l’occurence Nabokov ? Lolita, fantasme pur de l’écrivain (pour moi c’est son Chef-d’oeuvre), est l’exacte prototype de la gamine perverse, généralement pervertie par sa mère, qui fit tomber Polanski dans son piège. Une faiblesse, une erreur pour laquelle Delaporte crie au crime !

N'IMPORTEQUOI dit: 6 novembre 2018 à 21 h 17 min

Je me demande comment mame DHH fait pour écraser les tentacules, musclée la madame ou alors un super robot mais dans ce cas les tentacules seront mixés, hachés et pas écrasés. Si l’on pousse plus loin la psychologie de bazar on pourrait conclure qu’une courtoisie reconnue masque de sérieuses tendances sadiques. Ce qui me surprend plus encore résidé en cet écart de vocabulaire auquel cette érudite hadith ne nous avait pas habitué . Il faut bien passer ses nerfs à quelque chose toutefois je n’aurais pas cru que l encornet, le calamar serve d’exutoire à une dame si convenable en tout.

rose dit: 6 novembre 2018 à 21 h 16 min

ai acheté un petit pot de cette sauce à l’encre de seiche à Turin et n’au jamais osé le manger. Avec des smaghettis, donc. On peut.

rose dit: 6 novembre 2018 à 21 h 14 min

moi aussi. mes préférés sont les minuscules passés dans une pâte à beignets très légère style tempura. En Espagne, on les appelle chipriones.
Et ceux de ma mère, plus gros mais petits, farcis au jambon blanc et à l’ échalote. Dans une sauce au vin blanc.

christiane dit: 6 novembre 2018 à 21 h 11 min

@Janssen J-J dit: 6 novembre 2018 à 19 h 59 min
Merci pour cette visite virtuelle qui fait remonter l’émotion. Des snobs ? Cela ne m’a pas frappée. Des gens silencieux, attentifs, discrets, oui. Mais quelle que soit la virtuosité des ressources d’internet, JJJ, rien ne remplace le face à face avec une toile qu’on désirait voir depuis longtemps. La toile à 20 cm des yeux… presque à portée de main. Immersion… ou dans un recul (là c’était un peu difficile) en voir plusieurs sur un même mur et quelque chose du métier de l’artiste devient sensible. Là, Le Caravage en bonne compagnie ! mais ses toiles : aucun risque d’erreur. Pas plus pour la sainte Cécile d’Artémisia Gentileschi, un tableau que je revois les yeux fermés. Et ce poignet, cette main sur les cordes du luth, ces plis des étoffes : quelle maîtrise de son art.
Vous savez, il y a beaucoup de gens simples et humbles qui attendaient que la file avance. Nous parlions, faisions connaissance et c’était des petites joies avant le face à face avec les œuvres et quelles œuvres !

D. dit: 6 novembre 2018 à 21 h 08 min

Les pâtes à la botargue aussi c’est délicieux. Et ce n’est pas une invention italienne contrairement à ce qu’on essaye de nous faire croire. C’est provençal.

D. dit: 6 novembre 2018 à 21 h 07 min

Il n’y a pas besoin d’aller en Croatie pour manger du risotto au sepia. On en trouve d’excellents en bretagne.

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