Michel Jullien rend sa copie - La République Des Livres par Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Michel Jullien rend sa copie

C’est terrible, un incipit. Terriblement injuste car cela peut faire fuir ou captiver. Très précisément : rendre le lecteur captif du texte. Dès l’incipit, on sait si un écrivain se tient derrière la plume. Ainsi débute Esquisse d’un pendu (184 pages, 16 euros, Verdier), roman de Michel Jullien :

« La Machine n’est qu’ossature, rien mieux qu’un emboîtage architectural éviscéré, cubique, sans complexité de construction. C’est une pile creuse faite de niveaux amoncelés sur un empierrement mastoc, à répétition d’étages, une cage vide, libre au vent, des parois criblées de fenêtres sans vitres et protection.. Sa fonction fut d’exposer, de magasiner, de remiser à la vue dans une série de casiers verticaux des rufians, des ribauds, des malandrins et malfrats trépassés, de les montrer pendus, à tous, au plus grand nombre- dans l’avant-goût des grands cinémas-, non pas d’exécuter »

Nous sommes en 1375. Le personnage principal de cette parabole médiévale, Raoulet d’Orléans, est stationnaire, autrement dit l’un des copistes en titre de Charles V. Ils sont onze assermentés à Paris, travaillant avec quelques dizaines de libraires, enlumineurs, parcheminiers et relieurs. Il est en affaire avec tous les oiseleurs de la rive gauche. Il apprécie la bonne chair et ne passe pas pour dévot. Il œuvre dans un atelier familial rue Boutebrie, mais s’éloigne volontiers de la paroisse Saint-Séverin pour assister au spectacle du grand gibet de Paris, à Montfaucon, aux barrières de la ville. Du moins est-il le héros humain de cette histoire, le véritable personnage n’étant autre que la Machine à effroi, celle des grandes démonstrations morbides, métonymie de l’asticot et « fantasmagorie du ver grouillant à ciel ouvert ». Michel Jullien nous invite à la contempler, dans son théâtre de la putréfaction in vivo, comme on pénètrerait dans une bibliothèque publique ou un centre d’archives.

Qu’on le dise écrivain ou copiste, Raoulet moud l’alphabet pour retranscrire à l’identique un manuscrit, boulonné à son lectrin, conçu sur mesure et selon ses volontés par un huchier de la capitale, des jours et des nuits, jusqu’à ce que ses doigts ne soient plus que cals. Ses bévues calligraphiques peuplent ses cauchemars. Il se sait virtuose de la recopie mais aussi raté de la miniature. Il est vrai qu’il s’engage et signe à chaque copie : son nom apparaît en explicit, dans un cul-de-lampe à la dernière feuille, joliment appelé « congé de l’écrivain ». Parmi les œuvres issues de ses mains, pour satisfaire la commande Charles le Sage, on relève deux bibles, un traité d’échecs, un autre sur l’âme, une relation des voyages de Jean de Mandeville ainsi que le Policratique de Jean de Salisbury. On rencontre Raoulet d’Orléans alors qu’il s’apprête à réaliser la suite des Chroniques de France et les Politiques d’Aristote, l’éclat du premier étant désormais protégé par des hygromètres et une climatisation idoine dans un coffre-fort de la BnF. Lequel de ces deux textes, que 1700 ans sépare,  est le plus moderne ? L’auteur observe non sans ironie que le copiste reste sur son cul pendant des siècles avant que, avec l’avènement de l’imprimerie, sa situation d’ouvrier-typographe ne le fasse demeurer debout pendant des siècles, jusqu’à ce que l’ordinateur le fasse récemment rasseoir. C’est peu dire que ces copistes n’ont rien à voir avec les moines du Nom de la rose, soudainement fanés et anecdotisés par la comparaison.

Esquisse d’un pendu, qui se présente comme un livre sur le livre à l’orée des machines, en un XIVème siècle finissant qui verra bientôt l’imprimerie tuer le codex, témoigne d’une richesse lexicale étourdissante, trop parfois, quoique sans ostentation ni goût de l’épate. Si inconnu que nous soit le sens, jusqu’à supposer qu’il se soit perdu dans la nuit des temps comme tant d’autres, on ne cherche pas nécessairement à le retrouver dans un dictionnaire ; il se laisse deviner par le contexte ou l’étymologie quand il n’est pas aussitôt explicité : ainsi de ces cadavres devenus boules de carnes accrochées en bourriches aveugles « pendues à rideaux tirés (du bas, on pariait sur leur identité) ». Et tant pis si je meurs sans savoir à quoi peut bien ressembler une courbette de proboscidien ! Vaste est son registre pour décrire, par exemple, le vélin. L’empan d’un i peut y être discuté à l’égal d’une joute à l’enjeu considérable. Les évocations de pendus de toutes sortes, écartelés, roués, disloqués, décapités, et autres réduits en bouillis sont hallucinantes. Ces passages sont aussi maîtrisés que ceux où il entraîne le lecteur à suivre la lente chute d’une goutte de suance perlant au front d’un copiste sous la verrière écrasée par la chaleur d’août et allant s’écraser juste là où il ne faut pas, « étiolant l’encre, l’irisant en gadoue »

C’est écrit dans le ton, le tempo, la sonorité de ce temps. Non qu’il y ait eu une intention de pastiche ; mais un écrivain est ainsi fait qu’il absorbe et s’imprègne de ce qu’il lit d’une époque jusqu’en s’en pénétrer intimement, assez pour le ressortir avec naturel. Davantage qu’une tournure, un esprit.  Cela suppose un profond et ancien commerce avec cet univers, ses codes et ses us. Difficile de le lire sans se laisser envahir par la musique du Villon de la ballade des pendus : « Frères humains qui après nous vivez/ N’ayez les cœurs contre nous endurciz… ». On se dit que certains mots d’autrefois sont ignorés de nous car ils viennent justement du plus lointain autrefois. Mais les rares incursions dans le contemporain, dictées par le recours à l’analogie, ne sont pas moins déconcertantes. Généralement, un mot que l’on croirait égaré : « sudoku », « fissa », « bleu Klein », « jet-set »… Ainsi lorsque l’auteur nous dit que le langage des garces d’estaminets de la porte Saint-Martin n’aurait pas détonné dans Deux rouquines dans la bagarre d’Allan Dwann, on ne sait ce qui nous est plus énigmatique, du parler populaire des premières ou du film du second.  Ou lorsqu’il évoque le ciselé de la graphie d’un copiste, il suggère que c’est « non plus Erroll Garner mais quelque chose du doigté d’Art Tatum ». De toutes façons, ce voisinage, qui n’est jamais incongru ni même anachronique, est comme annoncé dès l’entame par la double épigraphe qui fait se chevaucher Louis-Ferdinand Céline et Christine de Pisan.

De l’intrigue, où l’on voit un faussaire, plagiaire et pirate s’immiscer dans les commandes royales de Raoulet pour se livrer à son petit trafic de parasite, je ne vous dirais rien pour n’en rien gâter, et surtout pas, à l’issue de l’enquête, lequel finira au gibet, même si là n’est pas l’essentiel ; il est dans la résurrection d’un monde à travers celle d’un microcosme par le moyen d’une langue à la splendide précision. Et je ne suis pas sûr que Verdier  (à moins que ce ne soit le choix de l’auteur, dans le civil éditeur de livres d’art) ait été bien inspiré de conclure sa quatrième de couverture (et sur le site) en soulignant que cette histoire suggère « une méditation sur l’avènement contemporain du numérique ». Inutile car ce texte est si fort avec ses propres armes, toutes de finesse et d’ intelligence, qu’il n’a pas besoin de ce genre de béquilles, même si on peut aussi le lire en résonance avec notre temps et même s’il a peut-être été conçu dans cet esprit-là. Me suis-je bien fait comprendre ? Peut-être pas : Esquisse d’un pendu est en tous points une rare merveille, la première bonne nouvelle de la rentrée.

(« Chevauchée de Faust et de Méphistophélès devant le gibet de Montfaucon », huile sur toile de Joseph Thierry, vers 1866. Huile sur toile, BNF, bibliothèque-musée de l’Opéra; « Charles V recevant de Jean de Vaudetar la Bible de 1372 copiée par Raoulet d’Orléans, enluminure de Jean de Bondol, Musée Meermanno-Westreenianum, La Haye)

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338 Réponses pour Michel Jullien rend sa copie

John Brown dit: 5 janvier 2013 à 21 h 35 min

« Il apprécie la bonne chair »

Cette ribaude bien en chère apprécie la bonne chair, ma chère, celle de msieur le curé descendu de sa chère — euh, de sa chaire voulons-je dire.

christiane dit: 5 janvier 2013 à 21 h 50 min

Là, il se passe quelque chose de singulier dans le monde de l’édition : un livre qui vaut le détour. Merci.

Mauvaise langue dit: 5 janvier 2013 à 22 h 53 min

Le problème, c’est qu’on ne le sait pas forcément toujours qu’un véritable écrivain se trouve derrière l’incipit. Il y a des contre-exemples célèbres. Le premier qui vient bien sûr à l’esprit, c’est Proust. Et pourtant quoi de plus beau, quoi de plus génial que l’incipit de la Recherche. Tout le début du roman est un véritable poème en prose, un chef d’œuvre du genre pour ainsi dire. Il emporte lentement dans les brumes du rêve le lecteur. Le début de la Recherche est d’une beauté quasi parfaite et pourtant on n’a pas su le lire ! Gide n’a pas senti du tout cette beauté pour nous pourtant aujourd’hui si manifeste.

On pourrait prendre aussi l’exemple de Moby Dick de Melville. Personne n’y a rien compris à sa sortie, les critiques étaient acerbes ; Melville a été complètement ignoré jusqu’à sa mort et il a fini ses jours comme inspecteur des douanes.

Par ailleurs, un incipit n’est pas seulement là pour captiver le lecteur mais il doit être, s’il est bien écrit, une sorte de modèle réduit de tout le roman, je dirais de toute la « machine romanesque ». Car un roman doit fonctionner comme une machine pour être réussi tout en faisant oublier au lecteur la machine. Un incipit doit aussi faire oublier au lecteur qu’il est en train de lire un roman. C’est dans cette tension qu’il existe vraiment. Inutile de dire que c’est très difficile à écrire et que ça ne s’invente pas… Un incipit vient du ciel, du dieu des romans… de nulle part ailleurs.

Celui-ci semble particulièrement réussi parce qu’il semble d’emblée être une métaphore de toute la machine romanesque justement.

Ce roman m’a tout l’air de raconter une histoire qui nous devient familière, celle de la décadence de l’art romanesque aujourd’hui. On est dans le plagiaire, le faussaire, le piratage, la parodie, la confusion des genres et des origines, et une forme de médiévisme. Ce sont là les marques attendues presque de la littérature décadente. Une littérature décervelée, mondialisée, qui n’est de nulle part ni de nulle époque et dont probablement il ne restera rien une fois que la mondialisation aura produit une nouvelle forme de littérature mieux adaptée à notre époque.

Je ne crois pas à la valeur littéraire de ce genre de chef-d’œuvre. Ce sont des objets trop bien faits pour être vrais…

Helléniste dit: 5 janvier 2013 à 23 h 10 min

L’exemple est mal choisi: « proboscidien » est une formation savante du XIXe siècle. Et un mot plutôt courant.

Mauvaise langue dit: 5 janvier 2013 à 23 h 23 min

PROBOSCIDIEN, -IENNE, adj. et subst. masc. plur.
I. Adj. [En parlant d'un animal] Peu usité
A. Qui possède une trompe. (Dict. XIXe et XXes.).
B. En partic. Qui est propre à l’éléphant; qui rappelle cet animal. Gazan venait le premier, le chapeau de travers sur les inégalités de son crâne, le vert végétal de l’habit accentuant encore la graisse terreuse, squameuse de son masque proboscidien (A. DAUDET, Immortel, 1888, p.159).
II. Subst. masc. plur., ZOOL. Ordre de mammifères ongulés comprenant des animaux munis d’une trompe, comme les éléphants et des espèces disparues. Les mammifères (…) vont s’épanouir et se multiplier, jusqu’à ce qu’ils trouvent leur suprême expansion dans les gigantesques proboscidiens du miocène supérieur et du pliocène (LAPPARENT, Abr. géol., 1886, p.422):
… les ossements de proboscidiens, que leur grande taille rendait facilement observables, donnèrent naissance, même au cours du XVIIe siècle et au début du XVIIIe, à une foule de légendes et de traditions sur une prétendue race de géants qui, dans les premiers temps, aurait peuplé la terre.
Hist. gén. sc., t.3, vol. 1, 1961, p.503.
Au sing. Synon. de éléphant. J’ai un intérêt sur un éléphant débarqué à Carthagène (…) Peut-être pourrais-tu l’utiliser dans ta prochaine pièce (…) mon proboscidien? (E. DE GONCOURT, Faustin, 1882, p.83).
——————

La référence aux Goncourt ici à propos de ce mot confirme mon intuition sur le caractère décadent de ce roman. Michel Jullien est une espèce (rare sans doute et en voie de disparition très certainement) de Goncourt de notre époque. La queue terminale du roman historique, un prolongement inattendu de la préciosité de Julien Gracq, un raffinement extrême comme en connaissent les fins du monde… On a connu ça aussi chez les amphibiens du crétacés…

au régal des v. dit: 5 janvier 2013 à 23 h 37 min

De l’intrigue, où l’on voit un faussaire, plagiaire et pirate s’immiscer dans les commandes royales de Raoulet pour se livrer à son petit trafic de parasite

il y a de l’aveu dans cette phrase..
stop aux parasites de la littérature. vive nabe contre les faussaires et les sangsues du siècle! du petit journaliste lécheur autodictate coopté à l’écrivaillon qui bricole ses légos en pastique.

sipour dit: 5 janvier 2013 à 23 h 45 min

Je ne crois pas à la valeur littéraire de ce genre de chef-d’œuvre. Ce sont des objets trop bien faits pour être vrais…
croire à la valeur littéraire ?
Cette approche marchande ne me semble pas justifiée même pour qui time is Monet !

D. dit: 5 janvier 2013 à 23 h 57 min

Moi, Thierry, j’aime bien la Carlsberg et la Corona, comme Chirac. Et pourtant je n’ai jamais été spécialement chiraquien.
J’ai beaucoup de mal avec les bières blanches.
J’apprécie beaucoup en revanche les brunes bien lourdes, genre Pelforth.

D. dit: 6 janvier 2013 à 0 h 09 min

Tous les profs reviennent de leurs petites vacances de Noël (seulement 15 jours, les pôvres…) après s’être bien tapé la cloche à droite et à gauche.
Maintenant ils vont s’ennuyer et revenir en force commenter.

D. dit: 6 janvier 2013 à 0 h 36 min

Cela n’a qu’un lointain rapport avec le sujet mais je me suis rendu compte qu’il existe un objet qui se transmet de génération en génération en subissant très peu les affres du temps.
Chacun peut avoir chez soi en héritage familial de vieux meubles de 3 siècles, de vieilles faïences, de vieilles fourchettes. Seulement tout ça a vraiment l’air vieux : fissures, trous, rayures, bouts recollé, parties remplacées, argenture enlevée, métal embouti et tordu etc.. Il en sera d’ailleurs de même dans l’avenir avec nos joujoux high-tech d’aujourd’hui.
Il existe pourtant un objet capable de traverser les siècles sans aucun souci et il se trouve dans nos boites à outil : le boulon inox 4 x 20 mm avec écrou. Sur les trente que contient la boite achetée, généralement deux sont utilisés, le reste remisé, emballé avec précaution, dans le triple sarcophage boite à boulons / boite à outil / placard. Si la boîte à outil elle-même finit un beau jour par être remplacée par une nouvelle plus pratique, plus moderne et moins déglinguée par le temps, si les outils finissent par lâcher, s’user, ou tomber en désuétude, le boulon inox 20 x 4 avec écrou n’a aucune raison de rencontrer un quelconque problème et statistiquement parlant, d’être jeté. D’ailleurs je pose la question : Qui a déjà dans sa vie jeté sciemment un boulon 20 x 4 sorti de sa boite ? J’attends – et je pense pouvoir attendre longtemps.
Cette considration m’est venue vers 3h 19 la nuit dernière, avec d’autres, plus délicates à vous exposer. Celle-ci n’a en revanche rien de confidentiel aussi me suis-je décide à vous la livrer.

D. dit: 6 janvier 2013 à 0 h 43 min

@Daaphnée :

Oublions cette histoire de cadeau, Daaphnée. J’ai bien compris que seule l’intention comptait et vous l’avez eue, j’y suis sensible.
J’ai déjà un petit objet « porte bonheur » dans ma poche, il s’agit de mon chapelet.

Bloom dit: 6 janvier 2013 à 1 h 36 min

mais un écrivain est ainsi fait qu’il absorbe et s’imprègne de ce qu’il lit d’une époque jusqu’en s’en pénétrer intimement, assez pour le ressortir avec naturel.
—-
Dans Joseph Anton, Rushdie dit à peu près la même chose à propos de l’écriture de l’histoire. alors qu’il était étudiant à King’s College Cambridge (Ibn Rushdie a une formation d’historien), un de ses Professeurs lui conseilla de ne pas commencer à écrire sur une période historique avant d’entendre distinctement parler les gens qui la peuplait.
A la lecture de ses romans, en particulier des Enfants de miniuit et du Dernier soupir du Maure, on se dit que le dsiciple a bien retenu la leçon de son maître, à qui il rend un hommage vibrant dans ce qui est, à mes yeux, un des livres les plus importants de ces vingt dernières années.

Bloom dit: 6 janvier 2013 à 2 h 18 min

C’est terrible, un incipit
—-
Je déteste ce terme d’ »incipit » – intilement pédant, passsablement laid à l’oreille (inne-ki-pitte), encore une vieillerie lexicale qui nous renvoie encore et toujours au clacissisme des anciens. Ras-le-bol de ces préciosités et de conformismes sédimentées qui figent la littérature en un truc pour
initiés.
Les journalistes parlent d’accroche, c’est beaucoup plus parlant.

Il est question de Melvile plus haut. Considérer que Melville a ‘fini comme inspecteur des douane » relève du solipsisme, d’une vision type star system. HM a vu le monde en marin, en a crée un autre, parallèle en écrivant, et avait besoin pour ce faire d’un job stable et sans tempêtes. Qu’il n’ait pas été publié de son vivant est assez désobligeant pour le business de l’édition, pas pour le service des douanes.
Kafka, employé d’une maison d’assurances, n’a rien publié non plus, et c’est le non respect de ses dernières volontés par Max Brod qui nous doit de le connaitre. Van Gogh a du vendre une toile avant de se trouer l’abdomen.
Il m’est plaisiant de penser qu’il existe en ce moment un(e)/es écrivain(e)/s de génie que les tous les Richard Millet de l’édition auront envoyer balader et qui sera/ont l’/les auteru(e)/s majeur(e)/s du début du siècle. Je suis sûr que c’est le cas: la médiocrité ambiante est une fabrication du star systeme de l’édition.

L’accroche de ce ‘roman’ (184 pages, c’est une longue nouvelle, un conte, non?) est tout à fait indigeste: « rufians, ribauds, malandrins, malfrats » reniflent le dico analogique à mille lieux. Non, décidement, n’est pas Hilary Mantell qui veut…

sipour dit: 6 janvier 2013 à 3 h 07 min

et c’est le non respect de ses dernières volontés par Max Brod qui nous doit de le connaitre.
pourquoi inverser ainsi , cher blomm!
ce n’est ps seulement au non-respect de Brod que NOUS DEVONS …. :la réponse à ma question toute rhétorisue , vous l’avez peut-êtr zpportée en parlant de star-système
mais je ne crois pas que le mot « incipit » soit pzrticulièrement pédant ;et il me semble encore moins synonyme d’ »accroche », monsieur double ou triple croche ! et quantà le dire lait ou moche , et-il plus laid que cheveu ?
tête ? en-tête ?

sipour dit: 6 janvier 2013 à 3 h 31 min

si tôt que l’on commence à dire qu’un mot est laid, de quelque langue que ce soit , je trouve cela inquiétant à en rendre son….. tablier, : I would prefer no to .

W dit: 6 janvier 2013 à 3 h 55 min

Oh vous savez certains descendent de la montagne sans rien écrire,l’origine n’a guère d’importance ,ce qui compte étant le résultat .Sont- ce des à priori qui devraient nous dicter quoi lire où pas?Je préfère suivre le conseil avisé de P A .

pling dit: 6 janvier 2013 à 4 h 43 min

A Pierre Assouline.
A mon avis tu vas faire pas mal d’oseille avec ton blog en dehors du Monde.
200 000 lecteurs bien gérés, avec de la pub, tu dois pouvoir en tirer 15 à 20 KE/mois en te démerdant bien.
Je te le souhaite.
Intelligent et fin, et puis quoi, simplement agréable et normal pour autant qu’on le puisse, il y en a assez de tous ces journalistes tarés, incultes, soumis qui nous fourrent la cervelles d’idioties inconsistantes, souvent de mensonges.
Toi, tu es un mec bien.
Tu mérites de la reconnaissance, de l’attention, et de l’oseille.
On dit ce qu’on veut, l’oseille n’a rien d’intelligent, etc, mais ça rend la vie agréable et fluide.
C’est important qu’un mec comme toi ait cette vie là.
bises/

Alexia Neuhoff dit: 6 janvier 2013 à 8 h 19 min

Je déteste ce terme d’ »incipit » – intilement pédant, passsablement laid à l’oreille (inne-ki-pitte)/ Bloom-le-rufian

Prononcez-le comme il se doit (ain/si/pit’)et cela sonnera mieux.

DHH dit: 6 janvier 2013 à 8 h 42 min

la prononciation du latin que vous preconisez ,vous condamnerait sans appel devant un jury d’agregation

DHH dit: 6 janvier 2013 à 8 h 49 min

il y a sur Wikipedia ,un article tres bien illustré et bien documenté sur le gibet de Montfaucon ,avec notamment le croquis qu’en a fait Viollet-Leduc .
l’expression » fourches patibulaires » qui le designe egalement m’a fait comprendre que la mine « patibulaire » qu’on trouve parfois aux gens est celle que prend un visage de pendu etranglé par sa corde

Magnus Pym dit: 6 janvier 2013 à 8 h 49 min

« De l’intrigue, où l’on voit un faussaire, plagiaire et pirate s’immiscer dans les commandes royales de Raoulet pour se livrer à son petit trafic de parasite, je ne vous dirais rien pour n’en rien gâter, et surtout pas, à l’issue de l’enquête, lequel finira au gibet, même si là n’est pas l’essentiel ; il est dans la résurrection d’un monde à travers celui d’un microcosme par le moyen d’une langue à la splendide précision »
Passou, il semblerait que la construction de cette envolée proustienne soit plusieurs fois bancale. Je ne vous dirai rien des vertus de la relecture, pour ne pas gâter la splendide confusion de ce passage… :)

Camarade Cassandra dit: 6 janvier 2013 à 8 h 54 min

La petite cruche aux cheveux courts porte la parole officielle dans les classes, faisant l’apologie de la déviance « avancée » devant des élèves qui ne demandent qu’à s’instruire plutôt qu’à être endoctriné, et ce petit sinistre de Saint Vincent des Ecoles a le culot de rappeller à l’ordre les catholiques ?! Finement joué ! Pendant ce temps là, on ne parle pas du chômage qui croît et resplendit sur ce fumier sociétal qui pue jusqu’au delà de l’Oural. Montfaucon ! Montfaucon ! Pour ces bandits de grand chemin !

renato dit: 6 janvier 2013 à 9 h 22 min

Moi, je déteste le terme « usager » et j’en fais pas toute une histoire… faudrait dire « client », puisqu’il paye… mais bon, l’arrogance on connaît…

Passou dit: 6 janvier 2013 à 10 h 02 min

Bloom, Non, c’est bien un roman. Ses pages sont touffues, denses. Un autre éditeur l’aurait étiré sur 40 pages de plus et cela vous aurait paru moins « nouvelle » ?
L’accroche est bien propre au journalisme, où l’on parle d’ailleurs d’ »attaque »: soigner la première où les deux premières phrases de l’article pour secouer le lecteur, l’attraper et le garder. L’incipit, non seulement peut concerner le paragraphe, mais il est conçu dans un tout autre esprit, plus naturellement porté vers l’exposition. Le rythme n’est pas le même.
Cela dit, si vous saviez comme on est loin du roman historique, de Hilary Mantell et de « Cromwell »…

Amicale des Malfaisants Inutiles dit: 6 janvier 2013 à 10 h 12 min

Bienvenue à l’AMI, M ! Vous serez le joyau de notre amicale pour la qualité de vos éructations.

John Brown dit: 6 janvier 2013 à 10 h 24 min

« Il y a des contre-exemples célèbres. » (rédigé par Mauvaise langue)

Contre-exemples ? Je dirais plutôt exemples parfaits de ce qu’est toujours un incipit, dès qu’on a affaire à un grand écrivain. Mauvaise langue le montre d’ailleurs très bien. La seule fonction d’un incipit, c’est de nous faire entrer dans le tempo, la respiration particulière de l’oeuvre, de nous introduire à son point de vue particulier sur le monde. C’est ce qu’on voit chez Proust, Flaubert, Stendhal ou Balzac. C’est pourquoi l’incipit des grandes oeuvres impose souvent un véritable ré-apprentissage de la lecture. L’incipit des grandes oeuvres est souvent déroutant à première lecture parce qu’il réinvente la technique de l’incipit. Souvent d’ailleurs, la compréhension réelle d’un grand incipit (comme celui de « A la recherche du temps perdu ») suppose qu’on y revienne après avoir lu la totalité de l’oeuvre.
Le tout-venant des oeuvres romanesques ne nous propose généralement que des exemples d’incipit réduit à sa fonction d’accroche, dans l’acception presque commerciale du terme. L’incipit n’est alors qu’un des éléments de la stratégie de séduction de la « captatio benevolentiae » chère à Cicéron. Au contraire, un Melville est un spécialiste de l’incipit presque ennuyeux à première lecture, comme celui de « Bartleby », qui nous introduit pourtant directement à la signification de l’oeuvre.

Amicale des Malfaisants Inutiles dit: 6 janvier 2013 à 10 h 24 min

Chère M comme Merveille, accepteriez-vous la chaire de théologie de notre amicale ? Ce serait sympathique. Bien ragoût !

W dit: 6 janvier 2013 à 10 h 39 min

Imprécision des termes.Usager en tant qu’il a déjà servi,peut se dire d’un individu pour une cause plus ou moins noble plus ou moins avouable(l’individu est alors usé pa , même sans autre cause que servir comme un objet dont la forme,la qualité définira la fonction,un peu comme un boulon doit correspondre au pas de vis .

W dit: 6 janvier 2013 à 10 h 42 min

Imprécision des termes.Usagé(au participe passé) en tant qu’il a déjà servi,peut se dire d’un individu pour une cause plus ou moins noble plus ou moins avouable(l’individu est alors usé par les principes défendus) , même sans autre cause que servir_comme un objet dont la forme,la qualité définira la fonction,un peu comme un boulon doit correspondre au pas de vis .

W dit: 6 janvier 2013 à 10 h 45 min

Votre Amicale s’ouvre-te-elle en dehors des heures du mariage pour ravir les conscience des plus jeunes par la catéchaise?

Amicale des Malfaisants Inutiles dit: 6 janvier 2013 à 10 h 57 min

Bien entendu, nous oeuvrons au décervellement des enfants par la catéchèse multiculturelle !
Nous avons des imams salafistes, des rabbins déments, des curés pédophiles, des marxistes attardés, des libéraux avaricieux, des anciens ministres, des Sinistres actuels, des moralistes de maison de passe, des écologistes égocentriques, des socialistes incompétents,… bref nous avons tout ce qu’il faut pour faire d’excellents Français !

Amicale des Malfaisants Inutiles dit: 6 janvier 2013 à 11 h 01 min

Et la Culture ? ça vous plairait, la Culture, M ? Ce n’est pas fatiguant comme poste et vous m’avez l’air aussi capable que bien d’autres !

Alexia Neuhoff dit: 6 janvier 2013 à 11 h 04 min

Ah me voilà ravie ! J’ai trouvé (à 8 h 42 min) un professeur de phonétique latine qui s’attache à ne prononcer les mots dérivés du latin qu’à la manière de Cicéron. Ravissement de courte durée : à 8 h 49 min, le même nous crucifiait Félix Gaffiot au patibulum.

Amicale des Malfaisants Inutiles dit: 6 janvier 2013 à 11 h 06 min

J’oubliais ! Nous avons aussi des pédés et des gouines, et une tapée de Phobes en tout genre : vous allez vous sentir chez vous.

Latiniste un jour, latiniste toujours... dit: 6 janvier 2013 à 11 h 43 min

Le Gaffiot fut, et demeure, une arme de destruction massive : un coup de cette somme sur la tête du « camarade de jeu », ça fait mal !

W dit: 6 janvier 2013 à 11 h 54 min

Oui c’est tout à fait ça ,n’étant pas moi-même experte en bricolage s’exerçant sur une réalité bien concrète ,quelques difficultés à ranger dans leurs casiers respectifs vis et écrous ,option pour « le tour d’écrou » de je ne sais plus qui.

W dit: 6 janvier 2013 à 11 h 58 min

ce n’est pas si sur que vous le supposez car une intense lumière pourrait déclencher une de ces crises en « phobe » ,vous savez ,celle dont personne ne veut se souvenir et qui vous pousse à courir chez l’opticien au rayon solaire.

Représentant du peuple : un sacerdoce. dit: 6 janvier 2013 à 11 h 59 min

Désolé pour les candidats nombreux ! Mais, la dernière place à Montfaucon Ltd vient d’être attribuée à Pascal Cherki, député du peuple de Paris pour sa déclaration :
«  »Bonne année à toutes et tous sauf aux exilés fiscaux et au MEDEF qui ne méritent que notre mépris républicain ».

N’angoissez-pas ! Une extension de Montfaucon est prévue au budget 2013, tant est grand le nombre d’éligibles.

W dit: 6 janvier 2013 à 12 h 04 min

toujours une dualité pas toujours contradictoire ,complémentaire
boire ou conduire,surveiller et punir,pouvoir et contre-pouvoir,grandeur et décadence,ordre et liberté,inepties et hiérarchie,vessies et lanternes,chef d’oeuvre et périls,ouverture et fermeture automatique des portes après 22heures.

Bloom dit: 6 janvier 2013 à 12 h 05 min

Je vois ce que vous voulez dire, Passou, mais j’y peux rien, le terme d’ »incipit » m’insupporte. ‘La première phrase’, ‘le premier paragraphe’, ‘les premiers mots’, ‘l’ouverture’ , etc.(en anglais on dit ‘opening [words])’ me semblent suffisants. L’absence de jargon ne nuit pas à la clarté de l’expression.

Bon, au-delà de l’annonce du projet narratif, le début (autre possiblilité) d’un roman doit accrocher le lecteur. Il arrive qu’on soit d’ailleurs déçu car la suite ne correspond pas aux attentes magistralement suscitées. Ca mest arrivé récemment avec Let the Great World Spin de Colum McCann, qui, après un fulgurant début, manque de souffle dès le deuxième chapitre. Too bad.

Le livre M.Jullien, lui, commence mal. Et en plus c’est pas un roman historique. Damned! Handicap rédibitoire.
On continuera à lui préférer Wolf Hall et Bring Up The Bodies, de la subtile chroniqueuse des noirceurs de Thomas Cromwell, homme de main de cet excellent tennisman que fut Henry VIII. En ces temps de radinerie génralisée, voilà de de quoi se sustenter sprituellement.

Amicale des Malfaisants Inutiles dit: 6 janvier 2013 à 12 h 19 min

Plutôt que de courir chez l’opticien au rayon solaire, il nous est toujours apparu, à nous autres marginaux nombreux, bien préférable de nous rendre à pas lents chez les péripatéticiennes au coeur léger…

Thierry Kron dit: 6 janvier 2013 à 12 h 36 min

Alexia Neuhoff: Cicéron ? Sa voix est enregistrée, on peut l’écouter sur YouTube ? Ceci dit, les mots latins ne devraient pas être trop francophonisés. D’ailleurs les habitants de l’Alsace profonde, de Paris, Lille ou Marseille, voir Grasse, n’ont pas le même accent même en français.

Polémikoeur. dit: 6 janvier 2013 à 12 h 54 min

L’objet du billet gagnerait grandement
à ce que ce dernier soit lu à l’envers.
Théâtricritement.

Jacques Barozzi dit: 6 janvier 2013 à 13 h 05 min

Il n’y a pas que l’incipit dans la vie… du roman !
Dans le genre réussi, il y a celui du neveu de Rameau, quelle merveille !
Mais le plus important c’est ce qui vient après et qui doit être une suite d’éblouissements continus, progressifs et inattendus. Là, je préfère nettement Jacques le fataliste, chez l’ami Diderot.
Enfin, capitale est la fin. Il y a des fins magistrales qui éclairent rétrospectivement l’ensemble du roman. Là aussi Proust a parfaitement réussi son coup. Mais on peut aimer aussi les fins plus discrètes, les sorties tout en surprise, inattendues, anodines : on tourne la page, est c’est fini, hi hi hi !

Mauvaise langue dit: 6 janvier 2013 à 13 h 19 min

La narratologie revue et corrigée par Bloom, ça vaut le détour… c’est Gege qui doit s’arracher les cheveux, le pauvre (Genette), quand il lit du Bloom ! Sans parler de Bartges qui doit se retourner dans sa tombe… Melville, lui, est furibard…

Mauvaise langue dit: 6 janvier 2013 à 13 h 28 min

En effet, je souscris tout à fait à ce que vous dites. Le mot « incipit » n’a absolument rien de pédant. C’est simplement un mot latin qui vient de la tradition rhétorique.

Il est assez plaisant de voir que c’est précisément celui qui hurle contre la médiocrité de notre époque qui se montre ici assez médiocre pour mettre au panier toute la tradition rhétorique de la culture occidentale…!

« Accroche » au lieu de « incipit », non mais quelle époque de barbares !

C’est le serpent qui se mord la queue…! Mais en a-t-il une au vrai…?

Jacques Barozzi dit: 6 janvier 2013 à 13 h 30 min

Parfois, une bonne citation en exergue vaut mieux qu’un insipide incipit et permet d’entrer de plain-pied dans le roman !

Alexia Neuhoff dit: 6 janvier 2013 à 13 h 35 min

[tu: ˈkʷokʷe], M. Kron ! Mais Cicéron (que je viens de d’avoir au téléphone et à qui je présentais mes voeux)m’a laissée sur un [tjuː ˈkwəʊkwɪ]qui me laisse penser qu’il a beaucoup fréquenté un certain bloom ®.

Mauvaise langue dit: 6 janvier 2013 à 13 h 38 min

Vous devriez plutôt apprendre à lire au lieu de donner des leçons de lecture aux autres…! Il n’y a de bancale ici que votre incapacité à construire du sens. La modestie est une vertu, l’arrogance un péché.

Polémikoeur. dit: 6 janvier 2013 à 13 h 41 min

Le propos n’interrogeait que le couronnement merveilleux d’un billet dont ce qui venait avant pouvait sembler contradictoire, sans toutefois condamner le principe d’un effet de surprise dû à un final contrasté par rapport au reste du texte. Dominichicanement.

Jacques Barozzi dit: 6 janvier 2013 à 13 h 44 min

« Esquisse d’un pendu est en tous points une rare merveille, la première bonne nouvelle de la rentrée. »

C’est pas en septembre, la rentrée, Passou ? En janvier, ce serait plutôt l’entrée !

Mauvaise langue dit: 6 janvier 2013 à 14 h 06 min

L’incipit, c’est à proprement parler uniquement la première phrase d’un roman.

L’incipit de La Recherche, c’est :
« Longtemps je me suis couché de bonne heure. »
Point barre !

Et c’est comme un coup d’archet au violon, disait jadis mon professeur de philosophie de khâgne à juste raison. L’analyse en a été déjà faite (admirable). On ne va pas la reproduire. Mais enfin, du point de vue du rythme de la phrase, c’est déjà remarquable. C’est un dizain, comme dans les épopées, comme si Proust voulait reprendre la tradition épique mais pour la mettre au service du roman, même ambition de Joyce avec Ulysse. Même ambition je dirais que toute la tradition romanesque depuis le moyen-âge qui s’est toujours coltinée avec la grande tradition épique pour construire un genre nouveau et lui donner un prestige qu’il n’avait pas au départ. Il fallait avoir toute l’audace de Chrétien de Troyes pour se lancer dans l’invention du genre romanesque, et avec quelle réussite ! Et puis il y a cette attaque de la phrase, ce mot, ici génial (parce qu’il renvoie d’emblée au Temps qui est le thème même du roman : « Longtemps », qui fonctionne un peu comme un spondée dans la versification latine et renvoie à nouveau à toute une tradition mais ici complètement réinventée, reprise au service d’un tout autre projet littéraire : — —, c’est ça que produit le mot « longtemps », une sorte de suspension du temps, de mystère qui s’installe l’air de rien. Et la fin de la phrase qui fonctionne comme une sorte de tribraque : ˘˘˘ ; « de bonne heure » sur lequel vient se concentrer toute l’attention de sorte que le lecteur est invité à se demander en quoi le fait de se coucher de bonne heure a une si grande importance. Et tout le début va s’efforcer de le lui expliquer de manière totalement poétique en l’emportant dans une rêverie extraordinaire qui le fait complètement décoller et en même temps l’introduit dans le monde enchanteur et tragique à la fois de Proust.

On est très loin de « l’accroche » d’un article de presse. « Accroche, mon Dieu, notre monde a sombré…

Mauvaise langue dit: 6 janvier 2013 à 14 h 16 min

Et il faudrait encore souligner le rôle merveilleux que jouent les « e » muets à la fin de la phrase : « de bonne heure », qui fait penser au vers fameux de Joaquim Du Bellay où les « e » muets jouent ce même rôle enchanteur paradoxalement produit par une déception et une musique qui semble s’éterniser dans l’infini ou le presque rien :
« Et les muses de moi comme étranges s’enfuient. »

Gazette du recalé dit: 6 janvier 2013 à 14 h 32 min

Ca frime, ça étale, mais l’agrèg dans tout ça, hein, le vrai test de niveau, c’est les autres …Louseur.

Amicale des Malfaisants Inutiles dit: 6 janvier 2013 à 14 h 37 min

Nous avons plein d’agrégés chez nous ! Des désagrégés, aussi ! C’est vrai que l’agrégation, c’est un by-pass pour rentrer chez nous direct, l’ENA aussi : on ne paie pas de cotisation pendant cinq ans. Méthode Cahuzac à l’envers !

renato dit: 6 janvier 2013 à 15 h 12 min

C’est bien, maintenant on nous explique qu’est-ce qu’un incipit… Et l’autre con nous fait même des exemples en piochant dans l’exotisme… bien que « The sea is high again today, with a thrilling flush of wind. », suffirait largement… m’enfin, on est parmi les gens kultivés, la crème de la crème de la Nation…

sipour dit: 6 janvier 2013 à 15 h 21 min

ce « longtemps » de la Recherche déplace en le reprenant le « il était une fois » des années « je , me … de l’enfant-roi lecteur – écouteur du théâtre et des galères des scènes des familles. …

Passou dit: 6 janvier 2013 à 15 h 44 min

Jacques Barozzi, Depuis une dizaine d’années, il y a deux rentrées pour les libraires/éditeurs/auteurs : la grande (septembre qui commence le 18 août) et la petite (janvier). On ne va sans plaindre, nous qui plaignons à longueur de temps de l’engorgement de l’automne.

bouguereau dit: 6 janvier 2013 à 15 h 49 min

..lassouline t’es lourd a insister que baroz n’a que l’entrée de derrière..dis tout de suite que c’est une petite porte qui grince en plus

sipour dit: 6 janvier 2013 à 15 h 53 min

. On ne va sans plaindre, nous qui plaignons à longueur de temps de l’engorgement de l’automne.écrit passouline :
d’une grammaire toute erdélienne , sansson traductuer ni sa traductrice :je ne m’en plains pas !je ne mens jamais le dimance de l’épiphanie

Jacques Barozzi dit: 6 janvier 2013 à 15 h 55 min

Les feuillets d’automne se ramassent à la pelle, Passou, alors que c’est toujours un plaisir de voir poindre les premiers bourgeons de l’année !

Bloom dit: 6 janvier 2013 à 15 h 57 min

Proust, c’est fastoche. Beaucoup sont allés se coucher avec Marcel sans aller plus loin.
Could do with a good editing, comme on dit en anglais.
Autrement plus coton, la première phrase de Brighton Rock, ou celle de Roman avec cocaine, ou encore celle de At-Swim-Two-Birds.

bouguereau dit: 6 janvier 2013 à 16 h 03 min

dis donc baroz je viens daller sur le site de clopine..ses incipits date de 15 jours..c’est inquiétant

alec dit: 6 janvier 2013 à 16 h 23 min

j’emmène partout avec moi le Joseph Anton de Rushdie (le nom de cet écrivain est un véritable incipit en soi-même, rush or die, il y a un je ne sais quoi de programmatique, pour tous, pas seulement pour lui). Bloom aurait pu (aurait dû) plutôt choisir le grandiose commencement de ce livre sacrément magnifique (en plus, glissé dans votre parka, c’est un gilet pare-balle idéal si vous croisez les regards anthracites de loups gris — je n’ose guère employer le mot ‘noir’ avec lui — , de Richard Millet dans le RER, je n’oublie pas que j’ai une tête de Sarrazin, le soir, après minuit) : dans la première phrase de son prologue (The first blackbird) Rushdie évoque les oiseaux annonciateurs de la mort qui ne sont déjà plus d’innocents merles moqueurs mais bien des volatiles de très mauvais augure qui rappellent d’ailleurs beaucoup les corbeaux freux de François Villon (« qui nous ont les yeux cavés…. »).

alec dit: 6 janvier 2013 à 16 h 28 min

l’incipit porte le ton du roman sur son dos de porc-épic ; ses poils hérissés comme des lances de hoplites choisissent l’un d’entre eux pour faire peur au lecteur (« tu ne le connais pas, lecteur, ce bel indélicat, – apocryphe lecteur, – mon dissemblable, mon faux-frère ») et le mènent en tête du cortège du corpus des phrases, divin fumet d’holocauste, (« Yes, you can keep it ! »), pour le présenter devant les yeux vifs et encore écarquillés du (ou de la) jeune vierge-ouvreur(ouvreuse)-de-livre, ivre de connaissance. c’est une pointe aiguisée qu’on avance sous le regard perçant qui se cache derrière le bouclier de lourdes paupières en bois ; l’Un-qui-Pique-l’Autre, perçant/percé, c’est une lutte à mort, le rituel d’un combat toujours renouvelé, le premier dont le secret est bercé par le ronron et l’ennui rend sa cuirasse à l’autre et meurt à petits feux, nu comme une malingre braise dans l’oeil lubrique de l’adversaire. quelquefois c’est le lecteur qui ne paume pas, mais le plus souvent c’est le romancier qui vainc et soumet l’esclave. c’est pour cela que les éditeurs recommandent que ce soit « la première ligne qui pique », afin que l’intérêt, la curiosité, l’éveil ne s’émoussent trop vite.

Jacques Barozzi dit: 6 janvier 2013 à 16 h 46 min

« Qu’il fasse beau, qu’il fasse laid, c’est mon habi- tude d’aller sur les cinq heures du soir me prome- ner au Palais-Royal. C’est moi qu’on voit, toujours seul, rêvant sur le banc d’Argenson. Je m’entre- tiens avec moi-même de politique, d’amour, de goût ou de philosophie. J’abandonne mon esprit à tout son libertinage. Je le laisse maître de suivre la première idée sage ou folle qui se présente, comme on voit dans l’allée de Foy nos jeunes dis- solus marcher sur les pas d’une courtisane à l’air éventé, au visage riant, à l’œil vif, au nez retrous- sé, quitter celle-ci pour une autre, les attaquant toutes et ne s’attachant à aucune. Mes pensées, ce sont mes catins. Si le temps est trop froid, ou trop pluvieux, je me réfugie au café de la Régence ; là je m’amuse à voir jouer aux échecs. Paris est l’en- droit du monde, et le café de la Régence est l’en- droit de Paris où l’on joue le mieux à ce jeu. »

Après ça, tirez le rideau et Bloom peut toujours invoquer ses anglaises !

Giovanni Sant'Angelo dit: 6 janvier 2013 à 16 h 53 min


…lire un roman,…tourner la page,…
…se prendre à s’habituer à jouer à Dames,…
…pendant que le jeux d’Echecs, se prend mieux à éclairer les réseaux de lois, de contraintes,…les fils de jeux de rôles,…
…les « apparatchiks »,…du conservatisme des marionnettes et épouvantails du Pouvoir,…étrangler les peuples, les privés de la liberté de raison de choix et de goûts,…prend çà et ferme ta gueule,…
…nous y somme à l’autorité « sociale »,…Stalag 13,…le « business-show » complice à connivence d’enfariné la raison du capital « juste »,…avec les ruses à loubards comme des « apiculteurs » agrandis en volume par les élections pour inciter à l’obéissance de la raison d’état,…en connivence par la protection acordée aux banquiers du système,…états-banques-systèmes,…à cloaque social de voleurs de grands chemins malfaisants,…
…voilà,…un incipit de traducteur de derrière les fa-gothiques en tranches au travail du bourrage de crânes à devenir « colonisés »,…par les pays du tiers-monde,…les affaires à la vénitienne,…Dieu pour tous,…et chacun en connivence pour soi,…
…Marco-Polo,…les voyage çà remplit l’échiquier,…of course,…
…le marché des blanches se porte bien,…avec des oignons, of course,…
…je vous aime mon peuple,…soyer parfait ainsi, il me reste quelque chose à vendre,…en échange de mes trônes,…à la chasse,…Philibert de mon joie à trou de balles,…Oui Sire,…la corvée d’Ô ,…il en manque à la douzaine,…les temps sont durs,…la débauche à explosée,…les fraîches ne sont plus que « mentaliste »,…nous avons l’ange  » bleu »,…en plusieurs versions plus vrais que nature,…garantis made of €urope,…blanc-satin,…rose-coquelicot,…
…les originaux sont réexpédier après usages intensifs pour la « révolution »,…du carburant Bio-Vert électrique,…c’est pas trop,…pour un dimanche,…Non,…
…il faut contre-vairé le pal, sur le champ,…de gueule semé de fleurs d’Ulysse à deux balles,…enfin,…la crise,…le T.G.V.,…à moi tout seul,…Ah,…Ah,…
…etc,…

C.P. dit: 6 janvier 2013 à 17 h 18 min

Mauvaise Langue, avec votre permission, je conteste,- la connaissant pourtant-, la comparaison de la première phrase de « Du côté de chez Swann » avec un vers… qui serait d’ailleurs un décasyllabe (le dizain est une composition de dix vers, mais votre langue a simplement fourché). Le décasyllabe épique comporte une pause à la quatrième syllabe, qui serait ici cocasse. Et d’ailleurs, s’il y a une « pause », elle est après longtemps : vous oubliez la virgule, je crois. Chrétien de Troyes, qui n’est pas un écrivain d’épopée au sens propre, use de l’octosyllabe. Les e du vers de Du Bellay font syllabes à l’intérieur du vers, vous le savez bien, mais si vous voulez parler du dernier e , non comptable, dans « s’enfuient » et lui trouver un équivalent prolongé dans « heure », c’est votre droit vocal, bien sûr. Enfin, on a dit bien avant moi qu’il n’y avait pas de prosodie au sens latin dans la versification française.

Je m’arrête, mais avec le sentiment que l’incipit de Proust, sur lequel la suite vous fait reporter une sorte de magie autonome, est surtout étrange par sa « banalité », et ainsi par la curiosité qu’elle suscite (à moins, mais je le dis pour le sourire, qu’on ne soit découragé par elle de poursuivre…). Au fond, il en va de même pour d’autres « premières phrases », celle de « L’Etranger », celle de « Bouvard et Pécuchet », celle de Paul Auster que citait Bloom, et d’autres… Après coup, elles sont en effet talentueuses.

J’espère bien que vous ne m’en voudrez pas de ces très simples rappels, qui n’ont pas tant d’importance.

Ô temps, suspends ton vol... dit: 6 janvier 2013 à 17 h 25 min

On demande un groupe d’intervention et de sécurité, d’urgence : ça va chauffer chez Passou …

Paul Edel dit: 6 janvier 2013 à 17 h 53 min

« Il faut.Il faut quoi? Rien, laissez le encore un instant. Tassé dans les relents de sa nuit,laissez le.Il faut.Il va falloir. »
début de « la crève » de François Nourissier.

Valeria Elena von Bank und Rottweiler dit: 6 janvier 2013 à 18 h 02 min

C’est fou ! Fou ! Ils vont me rendre folle !

Un olibrius indigène, Benslimane, journaliste, fourbe pathétique, intrigant notoire, explique dans les Dernieres Nouvelles d’Algérie comment Boutrefficace a organisé les bains de « foule en liesse » de mon petit chou à Alger ! Du pur stalinien années 60, soi-disant…
Mensonge ! Mensonge éhonté ! La foule de fonctionnaires, de lycéens, est venue spontanément ! pas en car, pas mise en congé exceptionnel, ni contrainte, ni forcée ! Admirative ! J’y étais !
Les mauvaises gens de Rue89 ne peuvent pas comprendre qu’il puisse être aimé partout où il se pavane, mon petit paon au chocolat. Ai-mé, vous dis-je ! Ah ! les monstres… Ils m’épuisent… Encore 4 ans à tenir en Gaule molle !

W dit: 6 janvier 2013 à 18 h 17 min

Doubtful it stood,
As two spent swimmers that do cling together
And choke their art…The merciless Macdonwald
(Worthy to be a rebel,for that
The multiplying villanies of nature
Do swarm upon him)from the Western isles
Of kerns and gallowglasses is supplied,
And fortune ,on his damned quarrel smiling,
Showed like a rebel’s whore:but all’s too weak:
For brave Macbeth (well he deserves that name)
Disdaining fortune,with his brandished steel,
Which smoked with bloody excecution,
Like Valour’s minion carved out his passage,
Till he faced the slave;
Which ne’er shook hands,nor bade farewell to him,
Till he unseamed him from the nave to th’ chops,
And fixed his head upon our battlements.

J.Ch. dit: 6 janvier 2013 à 18 h 34 min

« Allais-je rencontrer la Sibylle ? Il m’avait tant de fois suffi de déboucher sous la voûte qui donne quai Conti en venant de la rue de Seine pour voir, dès que la lumière cendre olive au-dessus du fleuve me permettait de distinguer les formes, sa mince silhouette s’inscrire sur le Pont des Arts, parfois allant et venant, parfois arrêtée contre la rampe de fer, penchée au-dessus de l’eau »
roman de ?

hercule burma dit: 6 janvier 2013 à 18 h 47 min

« je viens daller sur le site de clopine..ses incipits date de 15 jours..c’est inquiétant »

dafnoz est allée (en bus) la réduire au silence

Alcofribas dit: 6 janvier 2013 à 18 h 52 min

renato n’est pas grossier ! La grossièreté c’est tout autre chose … TKTT est vraiment grossier, au sens où nous l’entendons ici au FMI.

C.P. dit: 6 janvier 2013 à 19 h 40 min

J. Ch., il me semble que c’est un roman de Julio Cortàzar, je ne vois plus lequel. Mais alors, vous donnez un traduction.
C’est un très beau début « parisien », en tout cas.

rose dit: 6 janvier 2013 à 19 h 48 min

ah si, si, C.P la prosodie a une importance certaine et pour Louise Labé c’était décasyllabes aussi.
Je ne vous savais pas féru de poésie…

Daaphnée dit: 6 janvier 2013 à 19 h 52 min

Ce doit être Rayuela … non ?

On trouve sur la toile cet autre extrait, poétique et sensuel:

« Toco tu boca, con un dedo todo el borde de tu boca, voy dibujándola como si saliera de mi mano, como si por primera vez tu boca se entreabriera, y me basta cerrar los ojos para deshacerlo todo y recomenzar, hago nacer cada vez la boca que deseo, la boca que mi mano elige y te dibuja en la cara, una boca elegida entre todas, con soberana libertad elegida por mí para dibujarla con mi mano en tu cara, y que por un azar que no busco comprender coincide exactamente con tu boca que sonríe por debajo de la que mi mano te dibuja.
Me miras, de cerca me miras, cada vez más de cerca y entonces jugamos al cíclope, nos miramos cada vez más cerca y los ojos se agrandan, se acercan entre sí, se superponen y los cíclopes se miran, respirando confundidos, las bocas se encuentran y luchan tibiamente, mordiéndose con los labios, apoyando apenas la lengua en los dientes, jugando en sus recintos, donde un aire pesado va y viene con un perfume viejo y un silencio.
Entonces mis manos buscan hundirse en tu pelo, acariciar lentamente la profundidad de tu pelo mientras nos besamos como si tuviéramos la boca llena de flores o de peces, de movimientos vivos, de fragancia oscura. Y si nos mordemos el dolor es dulce, y si nos ahogamos en un breve y terrible absorber simultáneo del aliento, esa instantánea muerte es bella.
Y hay una sola saliva y un solo sabor a fruta madura, y yo te siento temblar contra mí como una luna en el agua. »

sipour dit: 6 janvier 2013 à 19 h 59 min

pour enforcer des portes ouvertes !
vous vous défoncez, là : attention! il y a d spécialistes sur ce blog, vous allez les faire sortir de leurs gonds

DHH dit: 6 janvier 2013 à 19 h 59 min

CP de quel texte parlez-vous ?.si c’est du passage cité par Jacques Barozzi,j’ai cru reconnaître le debut du neveu de rameau;mais je n’ai aucun moyen de verifier.dites moi si je me trompe Merci

bouguereau dit: 6 janvier 2013 à 20 h 03 min

Longtemps je me suis toutouché de bonheur.

..bref ça veut dire que dorénavant pour toi c’est papate en rond jean marron..ha t’en fais un de samourai qu’a perdu son katana

rose dit: 6 janvier 2013 à 20 h 06 min

non on dit un tour de vis. Car un écrou une fois qu’il est boulonné ne bouge plus. Boulon et rondelle. Anti grippant.

bouguereau dit: 6 janvier 2013 à 20 h 11 min

voilà je sèche sur le rock irlandais..u2..cranberries..kabloom écoute ça quand il lit les incipit de paul ostère..je vais écouter du rock écossien, c’est mieux

C.P. dit: 6 janvier 2013 à 20 h 15 min

John Brown, on a fait cent fois ce qui n’est pas même une contrepèterie. On peut faire mieux : « Long, quand je me suis touché de bonheur »…

Cela m’ennuie un peu, cet oubli de la virgule après « Longtemps ». Je n’ai pas du tout nié que la phrase d’ouverture de Proust comporte à sa manière particulière un suspens.

rose dit: 6 janvier 2013 à 20 h 17 min

je pense vraiment qu’il apprécie la bonne chère. Sinon, il aurait été écrit il aime les plaisirs de la chair.
Un incipit est plus que la première phrase qui elle, sert d’accroche, terme racoleur quand même ! Il annonce, prévient, établit, titille.
Mais le lecteur peut être patient car la réussite de l’un n’est pas inféodé à la réussite de l’ensemble.
Et puis ribaud je l’ai souvent croisé au féminin la ribaude : je découvre ici son pendant.
Le moyen-âge a le vent en poupe.

Le vélin servait aussi de support aux cartes marines : la peau de la bête non redécoupée servait directos à établir les plans des côtes, les repères côtiers ou en mer, les amers, les récifs affleurant, plus tard les mesures de sonde.

C.P. dit: 6 janvier 2013 à 20 h 26 min

DHH, non, je répondais à J.Ch. Mais Daaphnée a retrouvé le titre du roman de Cortàzar et un fragment en espagnol. On doit bien retrouver l’incipit en espagnol aussi.

Bien sûr, vous avez raison pour Diderot. Je persiste à dire que la « banalité » de ces débuts est un choc malicieux.

Heureuse année à vous, à Daaphnée, aux autres personnes du (beau) sexe !

C.P. dit: 6 janvier 2013 à 20 h 57 min

rose, parler de « prosodie » en versification française n’est qu’une équivalence assez vague (refusée par nombre de poéticiens), s’appliquant si l’on veut aux mesures rythmiques (se terminant par un accent), alors que la poésie latine est mesurée par divers « pieds », en fonction de la variété des accents dans un groupe.

Mais j’ennuie et hop !, un petit coup de « Down in the valley » (« Birmingham jail »), dont je vous ai déjà adressé un couplet (Ecoutez, si vous le voulez, ce « traditionnel », chanté par Lew Dite de préférence, mais bien d’autres l’ont enregistré, dont Otis Redding) :

« Down in the valley the valley so low
Hang your head over hear the wind blow
Hear the wind blow dear hear the wind blow
Hang your head over hear the wind blow

Roses love sunshine… »

Mauvaise langue dit: 6 janvier 2013 à 21 h 09 min

Oui, beaucoup de confusion, en effet, dans votre lecture…

En dehors du décasyllabe, ce que vous dites par ailleurs me semble être de la simple mauvaise foi…

Je ne nie pas du tout que le décasyllabe épique soit en 4/6. Je n’ai jamais dit non plus que Chrétien de Troyes écrivait en décasyllabe… Je dis simplement que Proust use d’une forme rythmique avec laquelle il joue, c’est tout.

Oui, oui, il fait pas du 4/6 effectivement, il fait du 2/5/3. Et alors ?

court dit: 6 janvier 2013 à 21 h 09 min

scéne primitive: la défaite de Jean le Bon, pere de Charles V, provoque le brulis et la destruction des « papiers du Roi » avec lequel le monarque se déplaçait.
Conséquence sous le fils: naissance des archives royales et de la Librairie. Charles V a contribué plus qu’un autre à garder la mémoire de la France.Cela vaut bien un roman.

Je n’ai pas le catalogue de ce qui subsiste de sa « Librairie », mais il me semble bien que le livre de Jean de Salisbury ne porte pas à l’époque de titre francisé. On écrit Poli(sic)craticus.
Il faudrait aussi noter l’aspect posthume de la glorification du Roi, essentiellement par Christine de Pisan et par Cuvelier. Georges Minois a donné sur le second un Du Guesclin d’anthologie.
Ce règne qu’on pourrait croire d’ un ntellectuel enfoui dans ses manuscrits fut au contraire un règne pragmatique. Sage signifie aussi avisé, rusé… la sagesse du philosophe, certes, mais aussi celle de l’homme d’Etat responsable, qui utilise tous les moyens existants pour redresser un royaume,et manque de peu d’y réussir.

Est-ce un hasard si c’est un des rares rois intégralement respecté par l’historiographie républicaine?!
Bien à vous.
MCourt

C.P. dit: 6 janvier 2013 à 21 h 39 min

Giovanni Sant’Angelo, oui, pas si mal adapté de :

« We’re sailing ‘cross the river from Liverpool
Heave aweigh Santiano
‘Round Cape Horn to Frisco Bay
Way out in Californio… »

Mauvaise langue dit: 6 janvier 2013 à 22 h 06 min

On ne voit pas d’ailleurs comment il se pourrait qu’un incipit ne soit pas banal. Citez-moi un incipit qui ne soit pas banal. Ce n’est pas le problème.

C.P. dit: 6 janvier 2013 à 22 h 20 min

Mauvaise Langue, vous aurez toujours raison… C’est seulement que je suis un grossier de ne pas voir nécessairement l’équivalence d’un vers dans cette phrase. Si enfin nous sommes en accord sur la virgule après « Longtemps », il y a un précipité ensuite, et cela me semble suffire. Je ne vois pas pourquoi avoir recours à un « pied » latin pour les trois dernières syllabes.
Encore une fois, je n’ai pas nié que cette ouverture constitue un curieux suspens.

Bonne soirée à vous.

Daaphnée dit: 6 janvier 2013 à 22 h 26 min

article 1:
ML n’a jamais tort
article 2:
s’il se prend les pieds dans un dizain qui n’existe pas, c’est que ce diz

C.P. dit: 6 janvier 2013 à 22 h 40 min

Philippe Régniez, mettons quelqu’un qui étudie la poétique et les formes de la poésie au sens traditionnel, cela suffira. Le terme existe, et il n’est pas bien attirant, en effet…

« Carpincho » est certes autrement plaisant.

C.P. dit: 6 janvier 2013 à 22 h 46 min

Daaphnée, j’ai retrouvé grâce à vous l’incipit de « Rayuela », assez intriguant : « Encontraria a la Maga ? Tantas veces… »

renato dit: 6 janvier 2013 à 22 h 47 min

Le poèticien pratique l’analyse critique de la poésie Ph. R. Maintenant, si vous avez une bonne réplique c’est le moment de la sortir.

Daaphnée dit: 6 janvier 2013 à 22 h 56 min

Ah, oui, CP !
 »
¿Encontraría a la Maga? Tantas veces me había bastado asomarme, viniendo por la rue de Seine, al arco que da al Quai de Conti, y apenas la luz de ceniza y olivo que flota sobre el río me dejaba distinguir las formas, ya su silueta delgada se inscribía en el Pont des Arts, a veces andando de un lado a otro, a veces detenida en el pretil de hierro, inclinada sobre el agua. Y era tan natural cruzar la calle, subir los peldaños del puente, entrar en su delgada cintura y acercarme a la Maga que sonreía sin sorpresa, convencida como yo de que un encuentro casual era lo menos casual en nuestras vidas, y que la gente que se da citas precisas es la misma que necesita papel rayado para escribirse o que aprieta desde abajo el tubo de dentífrico. »

Oui, fi de la vie platement organisée !
Cela dit, cette filiation avec le surréalisme laisse la place à une écriture qui n’est jamais blanche comme chez les nouveaux romanciers français, ceux que je n’aime pas, puisqu’il y a cela aussi (l’extrait que je donnais avec toutes ces répétitions qui donnent rythme tout en (paradoxalement) mettant à plat) surréalisme + nouveau roman. Mais avec cette langue, la chair, des mots en déborde .
J’aime beaucoup Rayuela.

Mauvaise langue dit: 6 janvier 2013 à 23 h 02 min

Je n’ai jamais dit que c’était un pied latin. J’ai simplement dit que ça y ressemble. Pourquoi faire exprès de ne pas vouloir comprendre ce qui est dit, et partir de là.

Il ne s’agit pas d’avoir raison ou tort. Il s’agit de regarder des effets de sens produit par un jeu littéraire avecd es formes.

Vous ne voulez pas voir l’équivalent d’un vers dans l’incipit de Proust parce que vous voulez avoir une rigueur qui ici n’est pas de mise. Vous n’êtes pas grossier mais suffisant…

C’est toujours comme ça avec vous. J’y suis habitué…

Le début du Neveu de Rameau est plein de malice mais pourquoi un « choc » ? Il entame simplement une conversation avec soi et le lecteur. Il appartient à l’art de la conversation comme dans bien d’autres œuvres de Diderot.

Daaphnée dit: 6 janvier 2013 à 23 h 09 min

mais « banal » ou pas « banal » ?

Je pensais à l’incipit de La Meprise de Nabokov – en substance, ne t’attends pas à ce que je te raconte ..etc …- forcément qu’on a déjà lu cela qqpart! Tiens, Jacques le fataliste …
alors l’incipit …

Il y a tout de même un rythme que l’on devine aux premières phrases, comme en musique où les premières mesures augurent .. ou non.
Certains, incipit, nous attisent plus notre curiosité que d’autres .

sipour dit: 6 janvier 2013 à 23 h 12 min

Ce que répondait David Bessis , poète t mathémaicien professionnel
« Est-ce la recherche d’énoncés irréfutables qui vous motive ?

Personnellement, non. Je me fiche un peu de la vérité. Un proverbe matheux dit que lorsqu’on aboutit à la démonstration d’un nouveau théorème, il faut le laisser reposer et regarder, trois semaines après, s’il est toujours aussi vrai. En ce qui me concerne, la démonstration ne me suffit jamais. Je reste sceptique tant que je ne me suis pas approprié l’objet. Les articles de mathématiques sont remplis de démonstrations. On peut les suivre ligne à ligne, être à peu près convaincu de leur exactitude et, pourtant, ne rien y comprendre. Du coup, pour soi, ils demeurent dans un purgatoire où ils ne sont ni vrais ni faux même si, formellement, ils ont l’air vrai.

Philippe Régniez dit: 6 janvier 2013 à 23 h 12 min

« … y que la gente que se da citas precisas es la misma que necesita papel rayado para escribirse o que aprieta desde abajo el tubo de dentífrico. »

Vraiment très fort, poésie insoutenable, et quelle profondeur…

Mauvaise langue dit: 6 janvier 2013 à 23 h 13 min

Un incipit est point stratégique du roman, légitimer d’une manière ou d’une autre le passage du silence à la parole, le fait de prendre la parole. Il s’agit de justifier un pur hasard qui, par nature, est injustifiable. Voilà l’enjeu d’un incipit. Chaque écrivain a une manière à lui de répondre à ce défi. Il n’y a pas de règle, il n’y a qu’un enjeu qui relève aussi d’un jeu.

Daaphnée dit: 6 janvier 2013 à 23 h 24 min

[Philippe Regniez, lisez-le en entier, ce Rayuela, vous nous direz! En plus, on peut le lire dans l'ordre, dans un desordre organisé (un jeu de marelle) voire dans un ordre très personnel ...
Oulala ! Je sens que cela va vous perturber !]

C.P. dit: 6 janvier 2013 à 23 h 40 min

Daaphnée, j’avais mis des guillemets à « banalité ». Mauvaise Langue d’un côté dit que tout incipit est banal, d’un autre il insiste sur une « prosodie » de la première phrase de Proust. Bien simplement, les phrases suivantes prennent peu à peu élan et ampleur, jusqu’à la fin de l’alinéa (sa dernière phrase est de dix lignes : « Je me
demandais…/… la douceur prochaine du retour. ») et bénéficient, je crois, de la cursivité de la première.

sipour, votre commentaire m’a beaucoup intéressé : il m’a fait -indirectement, c’est vrai- penser à André du Bouchet disant : « Axiome de la poésie : que cela soit indémontrable et jamais gratuit. »

Mauvaise langue dit: 6 janvier 2013 à 23 h 52 min

Et alors, ce n’est pas contradictoire du tout.

Banalité du sens et prosodie de la forme. Pourquoi vouloir y voir forcément une contradiction ?

Banalité ou plutôt énigme. Pourquoi cette précision : « Longtemps » ? Pourquoi cette autre : « de bonne heure » ? Quelle est l’importance de se coucher de bonne heure ou pas ? L’énoncé est banal mais cette banalité fait tout autant énigme. La modernité n’a-t-elle pas justement pour ambition de montrer que ce qui est banal est tout autant énigmatique. Le psychanalyste Sami Ali s’y est justement intéressé dans son livre « Le banal », où il analyse de nombreuses œuvres modernes. La pharse de Proust me semble tout à fait répondre aux interrogations sur l’art de Sami Ali. C’est très différent de l’incipit du Neveu de Rameau qui ne contient pas ces enjeux inconscients que Sami Ali détecte dans l’art « banal ».

Il y aurait d’ailleurs, à mon avis, une grande réflexion à mener sur la banalité (qui pourrait aller des réflexions de Sami Ali jusqu’à celles de Hannah Arendt sur la « banalité du mal ») pour essayer de comprendre le XXè siècle. Et l’incipit de la Recherche en ferait partie sans aucun doute.

Philippe Régniez dit: 6 janvier 2013 à 23 h 53 min

Malheureusement l’extrait que vous avez cité plaide en sa défaveur, on sent trop les ficelles d’un faiseur, et puis vous savez les tourments existentialistes des nombrilistes…

Mauvaise langue dit: 6 janvier 2013 à 23 h 56 min

Certes, mais ce n’est qu’une autre façon (et un peu alambiqué, je trouve) de dire que la poésie ne se prouve pas, qu’elle se ressent, et qu’elle est l’expression exact d’un mystère.

Du Bouchet a heureusement écrit des choses plus profondes que celle-là…

C.P. dit: 6 janvier 2013 à 23 h 57 min

Philippe Régniez, tout de même, vous provoquez, touchant Cortazàr ! Il a écrit ce que l’on appelle par tradition des « poèmes », et n’abuse pas par ailleurs, comme critique de lui-même, de l’expression « prose poétique ». Il est aussi coutumier de l’humour défensif qu’est le retour aux « realia », comme dans le cas que vous relevez. C’est un exemple d’ »attelage » rhétorique tout à fait réjouissant (un retour à la terre de la « Marelle », si vous voulez), que ses lecteurs connaissent bien, dans ses romans et ses nouvelles.

Philippe Régniez dit: 7 janvier 2013 à 0 h 06 min

C.P. Si ce genre de choses vous plaît, aucun problème.

Cependant j’aimerais savoir dans le tableau présenté en illustration où figurent D et Thierry. Sont-ce les deux pendus qui jamais dans leur solitude ne pourront se rencontrer, ou sont-ce les deux compères qui galopent en riant et en se défiant devant les horreurs du monde ?

Mauvaise langue dit: 7 janvier 2013 à 0 h 06 min

Mais la vérité en mathématiques est très spécifique. Elle n’a rien à voir avec la « vérité » dont parlent les œuvres littéraires.

En mathématiques, la vérité découle des axiomes. C’est un système très rigide. C’est sans rapport avec le monde réel d’un point de vue purement épistémologique.

Et depuis Gödel, on sait que tout système logique produit une proposition indécidable, dont on ne peut pas dire si elle est vraie ou fausse.

C’est infiniment plus complexe dès qu’on aborde les vérités de l’existence humaine et des énoncés qu’on trouve dans les romans.

C.P. dit: 7 janvier 2013 à 0 h 07 min

Mauvaise Langue, je vous écoute, mais je crois qu’il y a autre chose (de plus, ou de moins) que le ressentiment d’un « mystère » dans « jamais gratuit ». Au reste, je n’oublie pas que vous connaissez bien le travail d’André du Bouchet.

Mauvaise langue dit: 7 janvier 2013 à 0 h 17 min

Bien sûr qu’il n’y a pas que du « ressenti ». Du Bouchet parle de l’être/l’Être. Le mystère de l’Être. Mais ce qu’il dit de manière apparemment très scientifique ne va pas plus loin que ce qu’on a toujours dit de la poésie depuis les Grecs. Je ne vois pas ce qu’il y aurait en plus dans sa phrase.

Mauvaise langue dit: 7 janvier 2013 à 0 h 22 min

Enfin, il y aurait beaucoup à dire précisément sur cette notion de « non gratuité » de la poésie justement.

À mon avis, ce qui « est » chez Du Bouchet, c’est plus à prendre au sens d’ensemble des événements comme l’Être défini par Wittgenstein dès le début du Tractatus qu’au sens grec et heideggérien du terme « Être ». Vaste problème.

C.P. dit: 7 janvier 2013 à 0 h 38 min

Mauvaise Langue, en effet « de bonne heure » engage quelque chose : le premier alinéa se développe à partir d’un réveil après une demi-heure, et dès lors le narrateur revient aux livres lus, écoute siffler un train, ne sait plus quelle heure il est, avant de réfléchir à l’insomnie des malades, puis d’évoquer d’autres courts réveils, certains érotiques, et évidemment d’associer à ses souvenirs ses rêves. « Un homme qui dort tient en cercle autour de lui… ». Si je ne me trompe, les neuf premiers alinéas sont consacrés à cela, avant le blanc qui précède  » A Combray… », … et le re-départ sur le coucher difficile de l’enfant.

C.P. dit: 7 janvier 2013 à 0 h 51 min

Mauvaise Langue, ici je ne sais pas (et ne suis pas philosophe). Vous avez sans doute raison. J’ai pris la non-gratuité comme une espèce de garantie contre les « impostures de la poésie » (aurait dit Roger Caillois). Peut-être cette « garantie » rejoint-elle en partie ce que vous suggérez.

Mauvaise langue dit: 7 janvier 2013 à 0 h 52 min

Nous nous rejoignons alors, parfait. Il pose d’abord une énigme et ensuite l’ »explicite », en prenant le mot au sens étymologique, c’est-à-dire qu’il la déplie et se faisant ne la résout pas mais l’approfondit.

Vous en énoncez en effet les différentes éléments, les différents « plis » faudrait-il peut-être dire, comme les plis sur l’oreiller.

Il faudrait peut-être alors se servir du concept de « pli » cher à Deleuze (même s’il l’a employer pour parler de tout autre chose) pour rendre compte de cette composition poétique du début de la Recherche.

Mauvaise langue dit: 7 janvier 2013 à 0 h 59 min

Je pense que ce n’est pas clair non plus chez Du Bouchet lui-même.

Je ne pense pas, pour ma part, que Du Bouchet sache lui-même s’il parle de l’Être au sens grec dans la tradition venant de Hölderlin ou s’il parle comme s’il avait assimilé sans le savoir la vision qu’a de l’Être Wittgenstein, qui est très différente et qui semble rayer d’une phrase toute la tradition grecque dès la première proposition du Tractatus.

Mais il y a bien des éléments qui militent dans ce sens de Wittgenstein chez lui comme, pour partir des choses les plus simples, le fait qu’il composait ses poèmes en marchant, qu’ils étaient donc comme des événements en mouvement en réaction au paysage souvent montagneux qu’il avait devant lui dans ses promenades.

C.P. dit: 7 janvier 2013 à 1 h 37 min

Mauvaise Langue, je vais vous quitter. Nous sommes en accord en tout cas sur le fait que la première phrase, qu’elle soit lue avec une recharge poétique ou non, lance et motive la grande ouverture qui amène peu à peu des souvenirs locaux, des chambres, des lieux visités… et Combray (y compris -par précaution ?- ce qu’on a seulement raconté au narrateur, et qui fait l’objet de « Un amour de Swann »). Plis des draps, éveils, éveil plus complet, reconnaissance de la chambre « actuelle » après des erreurs, mémoire… Situer le « longtemps » dans la vie du narrateur est moins important (et il y a dans « La Recherche » des incertitudes chronologiques, ou des relations de temps pas complètement nettoyées, il n’importe ici). Je comprends bien l’analogie avec les plis de Deleuze, sinon avec l’usage un peu facile du « surf » et des surfeurs. Mais Deleuze parle de ceux-ci en souriant, je crois…

Sur Du Bouchet, L’exemple du mouvement physique et poétique « composant » avec les choses simples est convaincant. On a tant abusé du mot « authentique »…

Giovanni Sant'Angelo dit: 7 janvier 2013 à 2 h 38 min


…les éléments du rythme poétique en anglais moderne,…par Georges Faure,…

…une piste pour nos vernis de culture,…moi j’ai aussi autre chose à penser,…que de me cloîtrer dans ses recherches « pointues »,…

…Robespierre , Danton,…ou sont passer nos merveilleuses et extraordinaires,…si,…il en reste,…des échantillons,…of course,…
…etc,…

Giovanni Sant'Angelo dit: 7 janvier 2013 à 2 h 46 min


…les éléments du rythme poétique en anglais moderne, par Georges Faure,…

…une piste pour les intéressés,…etc,…

DHH dit: 7 janvier 2013 à 8 h 17 min

CP et ML
vos echanges sont à la fois reconfortants et inquietants:
reconfortants car il replacent la RDL sur les sommets souvent perdus de vue de la vraie reflexion litteraire.
Inquietants car ils tiennent du pilpoul et s’enlisent dans la sterilité du debat d’initiés , »qui pesent des oeufs de mouche dans des balances de toile d’araignée »,debat qui finit par n’avoir de sens que pour eux .
il faut toujours avoir en tête que quand on va au fond des choses on y reste

ueda dit: 7 janvier 2013 à 9 h 13 min

Salut à vous, Mauvaise Langue

Vous écrivez ceci:

« 1. Je ne pense pas, pour ma part, que Du Bouchet sache lui-même s’il parle de l’Être au sens grec dans la tradition venant de Hölderlin ou s’il parle comme s’il avait assimilé sans le savoir la vision qu’a de l’Être Wittgenstein, qui est très différente et qui semble rayer d’une phrase toute la tradition grecque dès la première proposition du Tractatus.

2. À mon avis, ce qui « est » chez Du Bouchet, c’est plus à prendre au sens d’ensemble des événements comme l’Être défini par Wittgenstein dès le début du Tractatus qu’au sens grec et heideggérien du terme « Être ». Vaste problème. »

Je me sens assez profondément en accord avec vous sur un point, c’est que c’est un vaste problème..

Il me semble que:

1. Wittgenstein n’a que faire de la notion d’Être, si vous vous référez aux premières proposition du TLP.
« Was der Fall ist » n’est pas non plus un événement.

(Tout cela est suspendue à une conception représentationnelle du langage (ou imageante: Bild) qui n’a pas manqué de s’effondrer sous ses propres contradictions.
Inutile d’aller y chercher une « ontologie » qui ne s’y trouve pas).

2. Dans la mesure où Heidegger a une conception de l’Etre qui lui est propre, elle n’est plus celle des Grecs (sauf sous la forme fantasmée qu’il attribue rétrospectivement aux pré-socratiques).

Jacques Barozzi dit: 7 janvier 2013 à 9 h 15 min

« la poésie ne se prouve pas, elle se ressent, elle est l’expression exacte d’un mystère. »

Ce qui devrait faire taire les vaines querelles explicatives des professeurs, des analystes de textes, des critiques de la forme et du sens.
Tout le monde sait que l’écrivain attend que « la première phrase » surgisse de l’intérieur, du plus profond de lui même. On peut appeler cela l’inconscient, si l’on veut. Mais c’est un peu comme le « la » en musique, cette première phrase, c’est le fil qu’on tire et qui va ordonner, permettre de dérouler, toute la narration à venir, jusqu’à la chute finale ou la non-chute. C’est selon. Quand l’écrivain « reconnait », par intuition plus que par raison, la justesse, la vérité, l’exactitude (vous pouvez toujours dire la banalité) de cette première phrase, il pourra alors poursuivre son labeur, adoptant la même rigueur dans ses phrases suivantes et préférant toujours la simplicité vraie à l’artifice mensonger caractéristique des faux monnayeurs…

ueda dit: 7 janvier 2013 à 9 h 18 min

Mais je comprends très bien que l’on puisse être fasciné par les incantations logicistes de ce livre.

Après tout, si vous aimez considérer Du Bouchet en philosophe, rien ne vous interdit de voir dans le premier LW un poète. C’est bien mieux, en effet, que d’en faire un chapitre oublié de l’histoire de la philosophie…

ueda dit: 7 janvier 2013 à 9 h 39 min

Jacques Barozzi dit: 7 janvier 2013 à 9 h 15 min
« la poésie ne se prouve pas, elle se ressent, elle est l’expression exacte d’un mystère. »
Ce qui devrait faire taire les vaines querelles explicatives des professeurs, des analystes de textes, des critiques de la forme et du sens.

Est-ce bien raisonnable?
Est-ce bien le moment de mettre à la rue des corporations professionnelles entières dans une année 2013 qui s’annonce si difficile?

« L’interprétation pour tous », ce serait un mot d’ordre un peu démagogique, d’accord, mais la priorité est de sauver l’emploi.

W dit: 7 janvier 2013 à 9 h 43 min

Ne trouvez-vous pas qu’exceptés les travailleurs qui paient de leur personne de leurs jours rudes inconfortables sans issue de secours et quelques autres qui sont là et dont le role consiste à « organiser »et de quelques supplémentaires qui récoltent il n’y a que des artistes en tout genre qui « font oeuvre » d’une façon ou d’une autre,à dresser l’inventaire,à sonder analyser décortiquer tous les termes de l’énoncé et que terminé le travail les memes déménagent et replient la marchandise comme des vendeurs de pacotille pour un villégiature dont ils garderont comme un secret l’adresse?

Jacques Barozzi dit: 7 janvier 2013 à 9 h 49 min

ueda, on manque de personnel dans le secteur du batiment et dans les emplois de service : restauration, aide à la personne, propreté, etc…

W dit: 7 janvier 2013 à 9 h 58 min

Ceci avancé ,les choses sont bien trop complexes et étendues pour s’arroger le droit à un résumé qui effacerait les variantes,les nuances,les diversités,les particularités;plus aucun schéma ne peut correspondre à ce monde qui s’offre en matrice à toutes les reflexions ,le fait est qu’au lieu d’avancer ,de progresser vers un mieux pour plus d’individus après toutes ces philosophies,ces études,ces propositions,ces investigations,ces intelligences traduites en effets et mises à disposition du plus grand nombre,un sentiment d’arret sur capital et retour en arrière.

DHH dit: 7 janvier 2013 à 10 h 04 min

nouvel essai d’envoi d’un commentaire incomprehensiblement sucré par la modreratio:
CP et Ml
vos echanges de cette nuit sont à la fois reconfortants et inquietants
Reconfortant parce qu’ils se placent,en fait d’analyse litteraire sur des sommets soubent perdus de vue des habitués de la RDL
inquietants,car vos debats tournent au pilpoul,et qu’ils s’enfoncent dans la sterilite qui caracterise l’esprit de ces de gens ‘qui pesent des oeufs de mouches dans des balances de toile d’araîgnée » et dont les propos finissent par perdre toute intelligibilité en dehors de leur champ clos
N’oublions pas que quand on va au fond des choses on y reste ,

John Brown dit: 7 janvier 2013 à 10 h 05 min

Fantasmatique à souhait, ce tableau de Joseph Thierry : des cavaliers chevauchent une houle ; le ciel est un suaire crevé d’abcès ; des foules se pressent sous les pendus; certains d’entre eux ne sont pendus à rien.

John Brown dit: 7 janvier 2013 à 10 h 09 min

Cauchemardesque à souhait, cette toile de Joseph Thierry : des cavaliers chevauchent une houle ; le ciel est un suaire crevé d’abcès; des foules se pressent sous les pendus; certains d’entre eux ne sont pendus à rien; le tout baignant dans une lumière crayeuse d’aube de fin du monde.

DHH dit: 7 janvier 2013 à 10 h 12 min

peut-on connaître les criteres de filtrage appliques par le moderateurs ?pour ma part je ne m’explique pas que la quasi totalité des posts que j’ai envoyés sur la nouvelle RDL depuis sa miseen place n’aient pas été jugés eligibles à la publication

Alcofribas dit: 7 janvier 2013 à 10 h 14 min

Nos analystes littéraires seraient bien en peine d’occuper, même à mi-temps, ces postes exigeants, pénibles, où il faut travailler dur…

Jacques Barozzi dit: 7 janvier 2013 à 10 h 18 min

Précisons que, contrairement à ce qui a souvent été écrit, le gibet de Montfaucon, surnommé « Fourches de la grande justice », était érigé non pas à l’emplacement de l’actuel parc des Buttes-Chaumont, mais plus au sud, entre la place Stalingrad et la place du Colonel-Fabien.

Jacques Barozzi dit: 7 janvier 2013 à 10 h 28 min

Tout à fait, JB. Le carrosse semble chevaucher la mer déchaînée et ce ciel menaçant évoque la colère de Dieu !
Colère contre les pauvres pécheurs pendus ou contre la justice (in)humaine ?

Jacques Barozzi dit: 7 janvier 2013 à 10 h 36 min

Eric Chevillard lirait-il la RDL ?
Voilà ce qu’il écrit dans son blog :

« Nous savons que les écrivains, par jeu, par ruse, par honte, par inversion puis diversion, mentent souvent sur le sexe de leurs personnages (les peintres aussi, d’ailleurs, puisque Mona Lisa serait en réalité un solide batelier florentin) : l’Albertine de Proust répondait d’une voix plus grave au prénom d’Albert ; Emma s’appelait Gustave.
Or si certains de ces masques sont transparents, il en reste quelques-uns à arracher. Don Quijote ? No ! Doña Quijota ! Ulysse ? Cette vieille Lucie ! Romeo et Juliette ? Renato et Julia. K. ? TKT. Et Lolita ? C’était Raoul.
Quant à Blanche-Neige, je l’ai vu, le boug, large d’épaules et noir de poil, qui courait les bois avec ses sept naines. »

bouguereau dit: 7 janvier 2013 à 10 h 38 min

il ne tient qu’à toi de vraiment mettre au point ta machine a effroi, de peaufiner ta vérole cosmique à la peau de requin et tes crépuscule mordorés au polissoir d’agate jean marron..sais tu qu’on trouve sur internet tout un tas de site pour s’équiper en lutrin, feuille dor et même en pigment au plomb pour une trés sainte intoxication

ueda dit: 7 janvier 2013 à 10 h 50 min

« Et je ne suis pas sûr que Verdier ait été bien inspiré de conclure sa quatrième de couverture en soulignant que cette histoire suggère « une méditation sur l’avènement contemporain du numérique ».

La « méditation » chez les critiques littéraires!
Signe infaillible qu’il faut prendre ses jambes à son cou.

- Alors, tu es enfin allé la voir, cette mise en scène de « Rodogune »?
- On m’y a traîné…
- C’est quand même une superbe méditation sur le pouvoir!
- Ouais… C’est vrai pour tout. Pour « Godot » aussi bien, ou tout ce qu’on voudra. C’est toujours une « méditation sur le pouvoir », sur « l’inconsistance des choses », etc…Tu vas au théâtre pour méditer, toi? Dans le noir et à plusieurs?… Je préfère ne pas ramasser les copies.

DHH dit: 7 janvier 2013 à 10 h 55 min

ce blog a une gestion surprenante .des commentaires que j’ai postés ce matin(7 janvier) et que je croyais écartés par la modération figurent bien en fait dans le fil du billet ,mais noyes au milieu de commentaires d’hier(6 janvier) et surtout se retrouvent antérieurs aux echanges ML CP,sur lesquels ils portent ,ce qui les rend inintelligibles.

ueda dit: 7 janvier 2013 à 11 h 03 min

Un deuxième café

J’ai cliqué le lien.
Aujourd’hui, l’éditeur d’un livre « exigeant » ne ne contente plus du blurb habituel.
Il engage un khâgneux, un agrégatif, un maître de conf’!

Voyez ces tirets et ces doubles points, le travail a déjà été fait, et les cancres peuvent retrouver leur dignité: le « bon papier » à la portée de tous, M. Régniez:

« En plongeant le lecteur dans l’univers du Moyen Âge, ce roman en forme de parabole met le doigt sur des notions on ne peut plus contemporaines :
– la préfiguration de la presse moderne, de l’accélération de l’information (…) ;
– la contrefaçon, le plagiat, (…) ;
Mais surtout :
– il restitue l’ombre de l’imprimerie planant sur le XIVe siècle finissant, la mort du codex (…);
– en filigrane, pour notre époque, les révolutions se répétant, ce récit évoque l’émergence du numérique (…). »

C’est tellement bon que c’est le programme qui donne l’impression d’avoir été écrit d’abord, le roman s’efforçant tant bien que mal de l’illustrer, en respectant les délais.

(En ce qui me concerne; comme j’ai l’impression d’avoir tout compris grâce à cette remarquable fiche de lecture, l’urgence de l’achat a baissé de plusieurs crans sur ma Priority List.)

Buona giornata!

DHH dit: 7 janvier 2013 à 11 h 29 min

cela devient ubuesque
mes commentaires d’aujoud’hui ,d’abord evanouis, sont apparus,mais à une mauvaise place ,puis à la bonne place,puis ont de nouveau disparu.
pourquoi? et cela s’ajoute à tous mes post qui depuis le debut de cette nouvelle RDL n’ont pas été jugés dignes de figurer dans le fil.Une fatwa contre moi?

John Brown dit: 7 janvier 2013 à 11 h 46 min

« Nous savons que les écrivains, par jeu, par ruse, par honte, par inversion puis diversion, mentent souvent sur le sexe de leurs personnages (les peintres aussi, d’ailleurs, puisque Mona Lisa serait en réalité un solide batelier florentin) : l’Albertine de Proust répondait d’une voix plus grave au prénom d’Albert ; Emma s’appelait Gustave. »

Et Daaphnée, il s’appelle comment ?

John Brown dit: 7 janvier 2013 à 11 h 50 min

« entre la place Stalingrad et la place du Colonel-Fabien »

ça ne m’étonne pas ! Prophétique, eût dit le Père Joseph (pas Thierry, l’autre) qui fut, comme on sait, un pieux séminariste, avant de se consacrer à la rédemption du prolétariat.

Thierry Kron dit: 7 janvier 2013 à 11 h 56 min

Jaques Barozzi: je fais partie des gens, nombreux puisque ce n’est pas une invention ponctuelle ou un sentiment personnel, que les personnages d’un roman sont construits sur diverses observations faites dans la vraie vie, sur divers personnages rencontrés ou seulement observés par l’Auteur. Une fiction est comme une traduction, c’est toujours autre chose que la réalité, Cette dernière tient plutôt du millefeuille, que disons, une pâte qui ne serait qu’eau et farine.
Expliquer LRdTP par le « gender » des personnages ou leurs activités diverses et diversifiées, me semble un peu facile. Il est toujours facile de faire fonctionner les commodes à tiroirs. Cela s’appelle se reposer sur les clichés, c’est à dire sur ce qui est rarement derrière l’apparence et jamais, sur ce que les voyeurs ou regardants pensent trouver sans se fatiguer.

John Brown dit: 7 janvier 2013 à 11 h 56 min

« Aujourd’hui, l’éditeur d’un livre « exigeant » ne ne contente plus du blurb habituel.
Il engage un khâgneux, un agrégatif, un maître de conf’! »

Le khâgneux et l’agrégatif, ça m étonnerait : ils n’ont pas encore décroché la peau d’âne-sésame. L’éditeur, mais aussi la presse intello : voyez le « Magazine littéraire » : il fonctionne presque uniquement à l’universita

C.P. dit: 7 janvier 2013 à 11 h 57 min

Chère DHH, ces échanges n’ont pas une telle importance. Je crois que l’on vient ici pour se distraire un peu de travailler (car je travaille, et beaucoup, après tout), de lire et d’écrire.
Il n’y avait pas que le débat tardif avec Mauvaise Langue, hier soir. Et l’on n’est pas obligé de me lire. Je me suis laissé embarquer du côté de l’incipit de « La Recherche » parce que celui que donnait Pierre Assouline dans son billet ne me disait pas grand-chose. Mais je n’ai pas lu la suite de ce court roman, c’est vrai. Bah ! Je peux aller tâter le livre à la FNAC et m’asseoir deux heures. Les employés sont indulgents.

« Tu verras bien qu’il n’y aura pas que moi
Assis par terre comme ça… »

En réalité, ce qui m’intéresse le plus vivement aujourd’hui, c’est le JOURNAL 1942-1944 de Jacques Lemarchand, que Claire Paulhan a édité et qu’elle vient de m’envoyer. Mais j’ai du plaisir aussi à venir écouter des commentaires sans en faire et, franchement, je n’interviens pas très souvent.

Jacques Barozzi dit: 7 janvier 2013 à 11 h 58 min

DHH, pour que votre commentaire figure à la bonne place, pensez au préalable à « répondre » au dernier intervenant !

John Brown dit: 7 janvier 2013 à 12 h 01 min

Foutue machine. je poursuis.

L’éditeur, mais aussi la presse intello : voyez le « Magazine littéraire », il fonctionne presque uniquement à l’universitaire besogneux. Il suffit de parcourir la liste des collaborateurs pour s’en convaincre. Ce qui ne sort pas de la plume d’un quelconque spécialiste je subodore que Macé-Scaron l’a pompé dans les numéros antérieurs, datant de l’époque où il n’était pas encore dans la boîte.

Jacques Barozzi dit: 7 janvier 2013 à 12 h 02 min

JB, ce n’est pas nouveau, voyez les médecins, les professeurs et les précieuses ridicules du grand Molière…

bouguereau dit: 7 janvier 2013 à 12 h 02 min

« Aujourd’hui, l’éditeur d’un livre « exigeant » ne ne contente plus du blurb habituel.
Il engage un khâgneux, un agrégatif, un maître de conf’! »

clopine dirait que rien ne vaut une mamelue analphabète comme ses jolies pieds pour doper dans les crans comme un lance amstrong..mais voilà..elle est pas là

bouguereau dit: 7 janvier 2013 à 12 h 07 min

grâce à cette remarquable fiche de lecture, l’urgence de l’achat a baissé de plusieurs crans sur ma Priority List

..l’effet est peut être escompté, qu’est ce qu’une « bonne » critique litteraire ?
« ils rapliquèrent tous, a commencer par les plus jeunes etc.. »

John Brown dit: 7 janvier 2013 à 12 h 12 min

« Parmi les collaborateurs de Scaré-Maçon figure Passou, JB ! »

C’est l’exception qui confirme la règle. Scanné-Marron est un filou, hou qu’il est filou.

John Brown dit: 7 janvier 2013 à 12 h 17 min

« En réalité, ce qui m’intéresse le plus vivement aujourd’hui, c’est le JOURNAL 1942-1944 de Jacques Lemarchand »

Avant de s’enthousiasmer pour Ionesco, quel théâtre Jacques Lemarchand allait-il voir en 42/44 ? Anouilh ? Il est vrai que, contrairement à ce qu’on pourrait croire, les années d’occupation furent une période plutôt faste pour le théâtre, à Paris du moins.

C.P. dit: 7 janvier 2013 à 12 h 30 min

Allons, John Brown, « pas obligé de me lire » était ironique. DHH n’a pas à s’inquiéter du trop ou du pas trop entortillé : il n’y avait personne pour écouter, c’est très bien ainsi et c’est seulement de la place prise sur le déroulé des commentaires, ce qui encombre un peu mais ne vous coûte rien.

W dit: 7 janvier 2013 à 12 h 38 min

Vous ne l’auriez pas lu au vu de vos échanges,trop simple et facile à digérer pour caler votre consistance affamée,votre métabolisme gourmand.Cette récréation littéraire ne vous correspond pas mais peut être suis-je un rien impérialiste concernant votre réelle intention?

W dit: 7 janvier 2013 à 12 h 53 min

« quand on va au fond des choses ,on y reste »n’avez vous pas précédemment posé ce fruit de votre intense réflexion?appliquer ce schéma à d’autres lieux en feraient de nombreux points de rétention,quand on va au supermarché ,on y reste;quand on va faire du ski,on y reste(bien qu’il y ait sommet qui s’oriente vers la descente)quand on va à la mairie ou à la poste on y reste…Je ne comprends pas votre logique qui vraisemblablement dissimule par modestie son développement,il me manque quelques étapes;les lieux où s’attardent la pensée sont des lieux de circulation prompts à accueillir des véhicules en état de marche.

Jacques Barozzi dit: 7 janvier 2013 à 13 h 04 min

En fait, et malgré ma petite provocation d’usage, votre échange avec ML, CP, était très intéressant. Et comme le disait Judith, on retrouvait le niveau d’antan !

W dit: 7 janvier 2013 à 13 h 05 min

Rassurez-vous la RdL laïque reste uniquement assez fantaisiste;invite tout de même à se demander s’il y a une règle,des hommes choisissant ou si l’éparpillement des post s’effectue de façon aléatoire

Alcofribas dit: 7 janvier 2013 à 13 h 11 min

Quel pervers, ce Jacky ! Il m’a fallu détourner le regard pour ne pas assister à la disputatio enfielleuse entre CP et ML, tant les cris des mouches sodomisées m’étaient devenus insupportables…

Giovanni Sant'Angelo dit: 7 janvier 2013 à 13 h 22 min


…notre vie du jour,…garantir la liberté des  » soubresauts  » individuels, dans le commerce des intérêts politiques et administratifs,…

…Alors,…je suis toujours à me demander, pourquoi,…alors qu’il y a des sauts à l’élastique sur des ponts et autres viaducs,…Oui,…comment ce fait t’il,…que dans les « buildings » ou grattes-ciels,…il n’existe pas de système d’évacuation d’urgence prévu, par l’exterieur des bâtiments et à chaque étage,…comment,…
…par un même système éprouvé à l’élastique renforcée avec une protection, et qui retient un parachute qui soutient une capsule genre « montgolfière »,…dans laquelle on s’immisce pour et par contre-poids de notre corps,…l’élastique se déclenche , le parachute toujours ouvert se déploie plus encore,…et la capsule dans la montgolfière s’ouvre à l’arrivé,…le ou les passagers sortent,…et le tout reprend sa place à l’étage d’expédition,…comme dans un ascenseur  » balisé »,…
…autre version,…par piloris sur bouées flottantes,…des mâts deux par deux articulés et amarrés en ligne droite ,…par exemple de Bordeaux à N-Y,…sur l’Atlantique pour des échanges de  » containers « , ou passagers ,…
…la mobilité des pétroliers et paquebots étant assurés de passage entre les hauteurs des piloris flottants équidistants qui sont soutenus par des structures rigides appropriés par ou circulent les nacelles soutenues,…
…économie d’avions et de carburants,…on n’a pas de pétrole mais on à des idées,…allez au travail,…une fois réalisé,…vous voyager plus vite dans ses capsules aéroportées avec la prévision de rester flottantes en cas de « sabotage » quelconque,…allez au boulots ,…mes aéroportés du futur-proche,…à mes deux,… capsules,…
…etc,…l’idée , le projet, ou est l’infrastructure solide qui bloque le contexte,…c’est pas un U.L.M. à atterrissage et décollage vertical,…quand même,…
…donc,…quelle science pour quel état,…uniquement comment  » saquer » les peuples,…de jour et de nuit,…
…etc,…dur das les coins à battre monnaie,…littératures,…pourquoi faire,…encore du sophisme,…du pythagorisme à deux balles de disciples,…à rien foutre,…là,…

W dit: 7 janvier 2013 à 13 h 24 min

pourtant les progrès de l’industrie pharmaceutique incontestables devraient pouvoir nous conduire à dépasser ce stade mais rien n’y fait ,je plaide coupable mais je voyage en zone non-impaludée ,pas envie de grelotter entre deux livres d’herméneutique incompréhensibles et incompressibles!

ueda dit: 7 janvier 2013 à 13 h 28 min

A la différence du tout venant, un philosophe asiatique sait se poser les bonnes questions avant toute opération.

En tant que philosophe, il se demande « Qu’est-ce qu’une mouche? »
En tant qu’asiatique, il se demande « Est-ce que je n’ai pas les yeux plus gros que le ventre? ».

bouguereau dit: 7 janvier 2013 à 13 h 38 min

tant les cris des mouches sodomisées m’étaient devenus insupportables…

mettons que les abeilles font bz bz..mais les mouches que font elles ? heureusement que le niveau remonte et que baroz et dracul vont me le dire

Mauvaise langue dit: 7 janvier 2013 à 13 h 38 min

Bon, alors si ça vous intéresse, je vais en remettre une petite couche. Mais faut me le dire si je vous ennuie, hein. Je comprends que ce qui peut me passionner en dégoûterait bien d’autres à jamais de la littérature… Faut de tout pour faire un monde littéraire. Moi, j’aime bien comprendre comment ça fonctionne un roman. Ça paraît tellement insensé de s’asseoir à une table pendant des décennies comme Proust pour écrire des histoires, et en plus des histoires qui fascinent des générations et des générations.

Pour en revenir à notre incipit donc… je veux simplement rajouter ceci :
Dès la première phrase du roman, le narrateur focalise l’intérêt du lecteur sur une période bien particulière de sa vie (« Longtemps » ; ce qui sous-entend aussi par ailleurs qu’il y a une autre période de sa vie où il ne s’est pas couché « de bonne heure » mais au contraire très tard voire même pas du tout, pour écrire, mais on ne peut le savoir encore ; il n’en demeure pas moins que c’est une potentialité du sens de la phrase possible une fois qu’on connaît la suite). L’intention de cette focalisation est bien sûr de préparer le récit du coucher de Combray qui apporte une résolution à l’énigme posée dès la première phrase sur cet intérêt qui peut paraître bizarre pour le fait de se coucher de bonne heure ou pas.

Les premières pages sont des rêveries d’ordre général qui viennent noyer la scène du coucher à Combray dans un halo de rêves. C’est une de leur fonction narrative à mon sens. Il aurait été un peu abrupt de commencer directement le roman par la scène du coucher à Combray sans doute. En outre ces pages de rêverie générale, de méditation imprime un élan au roman comme roman de méditation justement plus que de roman qui raconte des histoires à proprement parler. Les histoires ne sont là en vérité que pour servir à illustrer des lois générales de l’existence humaine telles que Proust se plaît à les voir.

Tout ça est contenu en germe dans l’incipit.

John Brown dit: 7 janvier 2013 à 13 h 39 min

« pas envie de grelotter entre deux livres d’herméneutique incompréhensibles »

On peut toujours se fabriquer sa propre herméneutique; c’est pas toujours étincelant (voyez les considérations de khâgneux attardé de Mauvaise Langue sur Proust et Wittgenstein), mais au moins on se comprend (quoique…).

ueda dit: 7 janvier 2013 à 13 h 44 min

(Suite à un message de bouguereau, je suis passé voir Clopineries.

Ca n’a pas l’air gai (une histoire de gougnaffier pollueur, si j’ai bien compris.

Salut à vous, Clopine, si vous passez par là, et bonne année quand même).

Mauvaise langue dit: 7 janvier 2013 à 13 h 56 min

Non, bien au contraire !

C’est précisément parce que la poésie en définitive ne s’explique pas qu’il faut chercher à expliquer ce qui est explicable pour délimiter avec le plus de rigueur possible le noyau dur, son obscure clarté. Sinon, on pourrait prendre comme mystérieux ce qui ne l’est pas et on se tromperait sur le fond.

En plus ce que la poésie recèle de mystère n’est pas un objet mystérieux, c’est le simple mystère d’être là qui est en effet indicible sinon par le mystère de la poésie. Mais la poésie n’a rien à nous révéler qu’on ne sache déjà. Comme l’écrit Du Bouchet : « Poésie ou rien. » C’est ça le mystère de la poésie et c’est très loin de ce que les lecteurs naïfs prennent généralement pour le mystère de la poésie.

Mauvaise langue dit: 7 janvier 2013 à 14 h 01 min

Eh bien venez donc me remplacer dans mes cours durant une petite semaine. Je vous retrouve sur les genoux au bout de trois jours.

C’est arrivé l’année dernière en début d’année à un nouveau prof de maths. Au bout de trois jours il a démissionné, il n’en pouvait plus le pauvre.

Vous êtes un grand naîf et une mauvaise langue…

Félix Popotin dit: 7 janvier 2013 à 14 h 08 min

comme faux-derche ya pas mieux que toi… c’est à cause de types comme toi avec tes remarques haineuses qu’elle est sans doute partie

sipour dit: 7 janvier 2013 à 14 h 10 min

Kafka a dit que « le style ést une corde à sauter » ( pas les pages ),non une corde pour -se – pendre
vous n’ête que des viiains (chenappendres)

Mauvaise langue dit: 7 janvier 2013 à 14 h 27 min

En fait d’histoire, je préfère lire la vraie. Je termine le Journal de Catherine Sayn-Wittgenstein : La Fin de ma Russie Journal 1914-1919. La révolution russe vue du point de vue monarchiste, des grands propriétaires terriens de Podolie, tout près de Cernowitz. Mais il faudrait le lire dans l’édition russe parce que tout une description de Cernowitz en 1918 a sauté. Dommage. Mais elle aprle de temps en temps d’Odessa, qui m’intéresse, située un peu au sud de Moguilev, d’où elle écrit le plus souvent. Ce journal en dit sans doute plus sur le monde d’aujourd’hui que le roman de Michel Jullien.

ueda dit: 7 janvier 2013 à 14 h 36 min

Mauvaise langue dit: 7 janvier 2013 à 13 h 50 min
Lire le Tractatus, première proposition : « Le monde est tout ce qui arrive. »

Je suppose que cette traduction est de Klossowski?

C’est un contre-sens.
Le monde n’est justement pas « l’être », dont vous parlez.

Ce qui est dit sur « le monde » n’est qu’une postulation logique, entièrement faite à partir de la nécessité de désigner un « quelque-chose » à quoi puisse renvoyer les propositions et les fonctions de vérité.

Ce qui est « le cas » n’est pas un événement qui « arrive » mais un état de chose auquel doit pouvoir se référer une proposition dotée de vérité (ou de sens).

Dans cette conception du langage comme image (Bild) c’est la proposition logique qui est première, le « monde » ainsi postulé ne vient, en quelque sorte, qu’après (et ce qui « précède » ce monde, on ne peut que le taire, comme vous le savez).

Enfin, il y a bien longtemps que je pas remis le nez dans ce livre…

christiane dit: 7 janvier 2013 à 15 h 13 min

Vous posez là le problème essentiel de ce blog. Un critique littéraire talentueux peut-il donner à un livre une importance qu’il n’a pas ? Il m’est arrivé très souvent d’acheter un livre suite à la lecture d’un billet de P.Assouline et de sentir un décalage entre ce qu’il « semblait » être, lu et commenté par lui et ce qu’il a été, dans le « réel » de la lecture pour moi. Comme si nous naviguions dans un monde d’échos où nous lisons un livre pour rencontrer plus longuement le bonheur de celui qui l’a lu. Une sorte de désir mimétique cher à R.Girard. La résistance à ce désir se faisant par le doute – comme dans votre commentaire- ou en minimisant l’objectivité du critique littéraire. Comme le disait récemment – Rose, je crois- sur un blog voisin : à lire les critiques fleurissant sur les magasines ou sur les écrans , nous sommes entourés de livres majeurs, incontournables, excellents… bien décevants quand nous les avons lus.
Ces billets créent une véritable fascination pour le lecteur de passage qui entre dans le désir de posséder cet objet source de tant de félicité. Le lecteur passionné cherche le livre introuvable, celui qui donnera à l’édition actuelle son oiseau rare !
La lucidité en matière de lecture vient après la lecture du livre. Il arrive que ce désir soit comblé, rarement… et que les billets des critiques littéraires – pas seulement sur ce blog – soient porteurs de chimères. Ne faisons-nous pas de même quand nous vantons à un ami la qualité exceptionnelle d’un livre que nous avons lu et aimé ? Chaque bibliothèque est emplie de « nos » bonheurs de lecture, parfois intransmissibles… (Cela donne d’ailleurs beaucoup de modération à notre travail d’écriture !)
Le réel et le possible… Nathalie Sarraute a bien exploré ce chemin qui va de l’un à l’autre…

bouguereau dit: 7 janvier 2013 à 15 h 14 min

..c’est ça que clopine aurait du s’acheter baroz..plutôt que de nous faire l’allégorie de l’hivers du xix eme..tu sais la grelottante sous un châle par devant..et la peau des fesses bien marbrée par derrière..

Bloom dit: 7 janvier 2013 à 15 h 39 min

Confirmation: on est gouvernés par de dangereux imbéciles. Mise à mort en règle du réseau culturel français à l’étranger.
Même les espagnols investissent là où on retire nos billes…
Epoque formidable. Tromperie sur la marchandise. Allo, la Russie?

A l'impossible............ dit: 7 janvier 2013 à 16 h 15 min

Comment peut-on s’acharner sur Clo-Clo ?
L’inconsistance du sujet ne le permet pas

frédé dit: 7 janvier 2013 à 16 h 38 min

Bloom
le consultant émérite va sûrement bientôt rendre les 60 petits milliards qu’il piqués dans la caisse

Bloom dit: 7 janvier 2013 à 17 h 38 min

Le message du haut est pour frédé le faible d’esprit bouffi par le keufri.

Baroz, c’est toutes les cartes que je rends, celles d’état major, celles avec un fou dessus, celle pour le transilien, paradigmatique,d’une utilité aussi relative que les services cult d’une ambassade.

Ami Alcolofibreux, certes pas, j’aime pas trop l’homme chez la bête, ni les 2 costards à 1000 euros aux frais du contribuable que le révolutionnaire dandy s’est fait faire pour fêter son secrétariat des tas.

Mauvaise langue dit: 7 janvier 2013 à 17 h 50 min

Et pourtant c’est pas moi qui le dit :

Le livre s’ouvre sur une série d’aphorismes traitant de questions d’ontologie. Ces propositions ne se voulant pas être des thèses, parler d’une « ontologie » wittgensteinienne n’est pas adéquat dans la perspective de l’auteur, et nous mettons donc ontologie entre guillemets7. C’est pourtant bien une ontologie que présente le début de l’ouvrage.
Fait[modifier]
L’une des notions les plus importantes du Tractatus Logico-philosophicus est la notion de fait. Elle intervient dès la seconde proposition (1.1).
« 1.1. Le monde est la totalité des faits, non des choses »
« 1.2. Le monde se décompose en faits. »

J’ajouterais qu’il y a tout de même un rapport entre Être (ce qui est) et Temps (ce qui arrive) ; il semble que pour Wittgenstein : Être = Temps. C’était la perspective de Heidegger déjà. Wittgenstein est plus radical.

Alcofribas dit: 7 janvier 2013 à 17 h 57 min

J’ai la nostalgie du temps où les blogs fonctionnaient correctement.
A cette heure, ici même, on a le sentiment que le métier de webmaster a été ouvert par négligence à des basketteurs de seconde zone, dopés au nougat colombien, adeptes du dressage de puces sauteuses.

bouguereau dit: 7 janvier 2013 à 18 h 06 min

il entraine le lecteur à suivre la lente chute d’une goutte de suance perlant au front d’un copiste sous la verrière écrasée par la chaleur d’août et allant s’écraser juste là où il ne faut pas

ma mère de ma mère..c’est torride

Mauvaise langue dit: 7 janvier 2013 à 18 h 07 min

Voilà ce que ça donne en allemand.

Tractatus logico-philosophicus

1 Die Welt ist alles, was der Fall ist.

2 Was der Fall ist, die Tatsache, ist das Bestehen von Sachverhalten.

3 Das logische Bild der Tatsachen ist der Gedanke.

4 Der Gedanke ist der sinnvolle Satz.

5 Der Satz ist eine Wahrheitsfunktion der Elementarsätze.
(Der Elementarsatz ist eine Wahrheitsfunktion seiner selbst.)

6 Die allgemeine Form der Wahrheitsfunktion ist: [p, ξ, N(ξ)].
Dies ist die allgemeine Form des Satzes.

7 Wovon man nicht sprechen kann, darüber muss man schweigen.

La dernière proposition (7) définit la poésie. C’ets d’ailleurs là-dessus que j’avais terminé ma dissertation au capes.

Mauvaise langue dit: 7 janvier 2013 à 18 h 09 min

Mais alors Bloom, comment faut-il nommer ceux comme vous qui votent pour de « dangereux imbéciles »…?

court dit: 7 janvier 2013 à 18 h 13 min

Bref, on peut se demander si cette Mauvaise Langue ne devrait pas plutot s’appeler Mauvaise Foi….
Bien à vous.
MC

Mauvaise langue dit: 7 janvier 2013 à 18 h 21 min

C’est vrai mais c’est juste pour vous permettre d’en parler…

Le plus drôle en ce début d’année, c’est Depardieu catapulté ministre de la culture de Moldovie. Il ne lui reste plus qu’à apprendre le russe et la culture russe… Ça va le changer…

Jacques Barozzi dit: 7 janvier 2013 à 18 h 33 min

Serions-nous revenus au temps de la grande Catherine de Russie et de Frédéric II de Prusse ? On a les Diderot et Voltaire qu’on mérite !

bouguereau dit: 7 janvier 2013 à 18 h 35 min

le plus drôle pour nous c’est que depardieu se tape dla vodka et des putes russes pour faire parler des gars comme toi dracul

bouguereau dit: 7 janvier 2013 à 18 h 39 min

..enfin le plus drôle..comme ça..ça va pas nous faire perler des gouttes de suances dans la raie du cul non plus..on est pas si facile que ça à embobiner dracul..même par des basquetteurs de seconde zone..il nous faut des façons..eh oui

bouguereau dit: 7 janvier 2013 à 18 h 43 min

..on merite mieux baroz..suffit de le vouloir..de serrer les fesses..de laisser le savon par terre..le français est sale..mais fier..dans les douches

ueda dit: 7 janvier 2013 à 18 h 43 min

@ christiane
« Comme si nous naviguions dans un monde d’échos où nous lisons un livre pour rencontrer plus longuement le bonheur de celui qui l’a lu. Une sorte de désir mimétique cher à R.Girard. »

Mais n’est-ce pas le cas non seulement de la critique, mais de la culture en général?

« La lucidité en matière de lecture vient après la lecture du livre. »
C’est la raison pour laquelle les billets de P. A. sur des livres que nous n’avons pas lus nous placent en position d’idiots structuraux.
Certains le vivent mal.
Moi, ça va.
Si j’ai rien à dire et que j’ai le temps, je taquine mes petits camarades.

ueda dit: 7 janvier 2013 à 18 h 49 min

@ bouguereau
..on merite mieux baroz..suffit de le vouloir..de serrer les fesses..de laisser le savon par terre..le français est sale..mais fier..dans les douches

Ouais…
Pour nous autres de l’orient lointain, et non de l’orient proche qui fait rêver Barozzi (pas moi, les femmes sont trop cachées), la douche au vestiaire est surtout l’occasion d’une prestidigitation (queue/ savon/ serviette).
En vue d’éviter l’humiliation, hein.

rose dit: 7 janvier 2013 à 19 h 02 min

pour vous qui rêvez de l’orient lointain flashmob devant le pavillon noir pour inaugurer l’année de la culture chez nous
je vous mets la vidéo pour que vous arriviez préparé. Je sais trop ce que ça donne les gens pas préparés : cela s’appelle les mille et une nuits, facile à apprendre oui.
http://player.vimeo.com/video/55617739

>CP vous n’ennuyez jamais j’ai un truc pour vous je reviens
pied aujourd’hui si on l’emploie on se fait conspuer si ce n’est pire ; faut dire syllabes à tout prix, sinon couic.

bouguereau dit: 7 janvier 2013 à 19 h 04 min

..mais là ou ya dla gène y’a pas de plaisir zouzou..l’humiliation c’est souvent un vilain mot que l’on brandi pour le déshonnorer

Jacques Barozzi dit: 7 janvier 2013 à 19 h 06 min

« le français est sale..mais fier..dans les douches »

Je le préfèrerais propre..mais viril..et pas farouche !

Chaloux dit: 7 janvier 2013 à 19 h 13 min

Je n’arrive vraiment pas à me faire à la nouvelle présentation. Les copier-coller pour se répondre les uns aux autres respectaient la chronologie des envois. Je trouve que ce gagdet « répondre » décourage la lecture.
Bonne soirée,

Sergio dit: 7 janvier 2013 à 19 h 16 min

Et puis alors moi ce gibet il me plaît bien… Lumineux, tout… Je l’avais bien dit c’est encore la république qui a tout détruit… Avec le machin du docteur Montgolfier… Euh non l’autre, là…

ueda dit: 7 janvier 2013 à 19 h 19 min

@ Mauvaise Langue

« Et pourtant c’est pas moi qui le dit :
Ces propositions ne se voulant pas être des thèses, parler d’une « ontologie » wittgensteinienne n’est pas adéquat dans la perspective de l’auteur, et nous mettons donc ontologie entre guillemets ».

Voilà. La notice que vous reproduisez met des guillemets.
Vous pouvez parler d’ « ontologie de LW » si vous voulez, mais c’est depuis une perspective logiciste très particulière.
Au sens où Quine, par exemple, parle de « ontological commitment ».
Quand vous réfléchissez sur le calcul des prédicats (comme depuis Russell), vous vous demandez quel est le nombre désirable d’entités que vous devez inclure dans votre système logique.
Naturellement le moins possible (rasoir d’Occam et compagnie).
Il ne s’agit en aucun cas d’un Andenken sur la Seinsfrage, etc, etc, mais plus techniquement de la décision que vous proposez relativement (par exemple) aux deux quantificateurs universel (pour tout x…) ou existentiel (il existe un x tel que…).

C’est pourquoi ce que vous écrivez est problématique :
« J’ajouterais qu’il y a tout de même un rapport entre Être (ce qui est) et Temps (ce qui arrive) ; il semble que pour Wittgenstein : Être = Temps. C’était la perspective de Heidegger déjà. Wittgenstein est plus radical. »
Il est difficile d’imaginer un texte plus éloigné de la Zeitlichkeit, Geschichlichkeit, etc., que le Tractatus. Pas d’historicité chez ce jeune homme, qui pourtant médite son texte en soldat pendant la première guerre mondiale (mais il n’est pas un homme ordinaire, c’est sûr).
Comme les deux perspectives de LW et de MH sont incommensurables, dire que l’un est plus (ou moins) « radical » que l’autre n’a aucun sens.

Enfin, écrit en passant, hein.

ueda dit: 7 janvier 2013 à 19 h 27 min

bouguereau dit: 7 janvier 2013 à 19 h 04 min
« ..mais là ou ya dla gène y’a pas de plaisir zouzou..l’humiliation c’est souvent un vilain mot que l’on brandi pour le déshonnorer »

Ouais, tu vas encore parler de la rue arabe.

Pourquoi pas, mais on a déjà donné, merci.
Demande plutôt à Baroz.

DHH dit: 7 janvier 2013 à 19 h 28 min

D’accord avec vous Chaloux ;on est perdu et de plus la chronologie de posts et de leurs reponses est tres fantaisiste.
je l’avais dit dans un post ancien, sucré par la moderation, et que vous n’avez pu voir :passer d’une RDL à l’autre c’est comme demenager et ne pas se faire à la nouvelle disposition des pieces

Giovanni Sant'Angelo dit: 7 janvier 2013 à 19 h 31 min


…finalement ce  » Tractacus logico-philosophicus « ,…c’est du niveau du contractant,… » j’ai autant reçu que j’aime donner en partage,…ou en inversant, « ,…y a pas à dire, le dogme comme les choux à l’oignon,…il faut bien en semer,…en partage pour en cueillir des Bio-diversités,…
…on n’arrête pas le progrès,…les échalotes,…à mastiquées,…en remplacement du mastic de Chios,…de l’arbuste Pistachier Lentisque aus larmes de cristal,…pour retrouver une seine haleine,…après les joutes de cour,…
…quelle ficelle,…c’est du gros en saucisse parbleu,…goûte y voir,…
…etc,…

Alcofribas dit: 7 janvier 2013 à 19 h 33 min

De toutes façons, on n’écrit pas pour être lu mais pour que ce soit dit…. alors ?!… peu importe où ça finit par mourir !

Giovanni Sant'Angelo dit: 7 janvier 2013 à 19 h 42 min


…Oui,…j’écris à 19 h 31 mn,…et je suis loger à 18 h 48 mn,…
…la relativité du temps avec le Boson de Higg’s.
…etc,…

bouguereau dit: 7 janvier 2013 à 19 h 43 min

Ouais, tu vas encore parler de la rue arabe.

je parlais de déshonnorer le plaisir zouzou..les femmes ont souvent raison de dire que les hommes le placent mal..l’honneur!, le plaisir on sait assez bien où il se trouve.
en somme c’est ça la vaie confusion des sentiments

Passou dit: 7 janvier 2013 à 19 h 44 min

A DHH en particulier et aux autres en général, Il n’y a pratiquement pas de posts sucrés, hormis les trolls insistants de M. Tout passe en direct. Le problème du chaos dans la chronologie est probablement dû au module. J’en ai moi-même souffert en ne retrouvant pas mes réponses à quelques uns. j’ai suggéré aux techniciens de supprimer la fonction « répondre » et de laisser les posts à la file. Ils étudient cela et me répondent très bientôt afin de régler le problème. Je vous tiens au courant.

bouguereau dit: 7 janvier 2013 à 19 h 46 min

Avec le machin du docteur Montgolfier… Euh non l’autre, là…

« juste un peu de fraicheur sur le col »..c’est de mémoire son marquettingue de l’époque

bouguereau dit: 7 janvier 2013 à 19 h 48 min

De toutes façons, on n’écrit pas pour être lu mais pour que ce soit dit…. alors ?!… peu importe où ça finit par mourir !

..ça sonne plutôt comme une profession de foi dans l’éternité..c’est donc là que ça doit crever

Giovanni Sant'Angelo dit: 7 janvier 2013 à 19 h 53 min


…avant le 06,…à 10 h 12,…
…Oui,…il faut activé la dernière touche « répondre »,avant d’écrire en ligne,…
…autrement le « système » vous renvoie aux oubliettes chronologiques,…comme fêtard ivre,..de Mol-da-vie à Vodka,…
…etc,…

Jacques Barozzi dit: 7 janvier 2013 à 20 h 11 min

Sergio et le boug, vous oubliez qu’entre la pendaison et la guillotine le travail se faisait à la hache !

D. dit: 7 janvier 2013 à 20 h 12 min

Depuis que je suis quasi-parti, c’est la chienlit ici, Chaloux.
Tout le monde le pense en cachette mais personne n’ose le dire.

Daaphnée dit: 7 janvier 2013 à 20 h 15 min

Mais qu’est-ce que vous nous faites, le Boug’ ?
C’est quoi ce petit truc en céramique taille bougie d’anniversaire ? Je vous sens un peu régressif .. non ?

D. dit: 7 janvier 2013 à 20 h 17 min

je fais partie des gens, nombreux puisque ce n’est pas une invention ponctuelle ou un sentiment personnel, que les personnages d’un roman sont construits sur diverses observations faites dans la vraie vie, sur divers personnages rencontrés ou seulement observés par l’Auteur.

C’est une très jolie phrase, Thierry. Vous n’auriez pas signé Château-Kron, je vous aurais reconnu quand même.

Daaphnée dit: 7 janvier 2013 à 20 h 24 min

Bon sans vouloir ennuyer personne par un petir détour par le sujet du jour …

Bon, à propos d’incipit – puisque je vois que certains font des trucs sous leur pupitre .. – il m’est venu à l’idée « A rebours » de Huysmans, entre le chapitre 1 in media res, précédé d’une notice où l’on est déjà dans la fiction, le tout précédé d’une introduction « rédigée 20 ans plus tard » … on se dit que là l’incipit est de fait, le titre lui-même …

Bref, il y aurait long à dire sur les incipit et sur ceux dont on se dit que là, l’auteur a su mettre le doigt sur qqc qui allait l’embarquer dans ‘écriture et nous, dans la lecture ..
Mais passons ..

au fait si Regniez P, veut lire rayuela je lui recommande l’édition catedra, j’ai retrouvé la mienne, qui comporte un appareil critique important et avec notamment- comme elle est à l’usage d’hispanophones- de nombeuses notes sur la géographie parisienne …. drôle d’effet de découvrir la ville que l’on connaît, décrite pour des gens qui ne la visiteront peut-être jamais … le tout avec moult citations d’auteur qui la mentionnent de Zola à … tout le XIX°, des Français qui en ont connu les grandes transformations, plus les surréalistes qui l’ont harpentée ..
Ou de quoi peut se nourrir l’imaginaire des lecteurs pour ré-inventer un espace … En fait, très intéressant et quelque peu vertigineux .. )

C.P. dit: 7 janvier 2013 à 20 h 24 min

Première fraîcheur :

« Maint’nant l’soleil blanchit les cieux
La nuit s’achève
Ils vont arriver ces messieurs
V’là l’jour qui s’lève
Et puis j’entends distinctement
L’peuple en goguette
Ils chantent sur l’air de l’enterr’ment
A La Roquette

Tout ça vois-tu ça n’me fait rien
C’qui m’paralyse
C’est qu’il faut qu’on coupe avant l’mien
L’col de ma ch’mise
En pensant au froid des ciseaux
A la toilette
J’ai peur d’avoir froid dans les os
A La Roquette… »

A.B.

ueda dit: 7 janvier 2013 à 20 h 29 min

« C’est quoi ce petit truc en céramique taille bougie d’anniversaire ? »

Hélas, ça nous fait en effet souffler des bougies, Daaphnée…
Cet objet bleu est absolument splendide. Tant pour le cuir que la céramique.
Quand je pense que devant lui je suis comme Dédé…
« De partout », hein.

« Mon père, ma mère, comme je vous en veux », comme on dit chez Molière.

rose dit: 7 janvier 2013 à 20 h 53 min

Un rêve
J’ai rêvé tant et plus, mais je n’y entends note.
Pantagruel, livre III.

Il était nuit. Ce furent d’abord, – ainsi j’ai vu, ainsi je raconte, – une abbaye aux murailles lézardées par la lune, – une forêt percée de sentiers tortueux, – et le Morimont(*) grouillant de capes et de chapeaux.

Ce furent ensuite, – ainsi j’ai entendu, ainsi je raconte, – le glas funèbre d’une cloche auquel répondaient les sanglots funèbres d’une cellule, – des cris plaintifs et des rires féroces dont frissonnait chaque fleur le long d’une ramée, – et les prières bourdonnantes des pénitents noirs qui accompagnent un criminel au supplice.

Ce furent enfin, – ainsi s’acheva le rêve, ainsi je raconte, – un moine qui expirait couché dans la cendre des agonisants, – une jeune fille qui se débattait pendue aux branches d’un chêne, – et moi que le bourreau liait échevelé sur les rayons de la roue.

Dom Augustin, le prieur défunt, aura, en habit de cordelier, les honneurs de la chapelle ardente; et Marguerite, que son amant a tuée, sera ensevelie dans sa blanche robe d’innocence, entre quatre cierges de cire.

Mais moi, la barre du bourreau s’était, au premier coup, brisée comme un verre, les torches des pénitents noirs s’étaient éteintes sous des torrents de pluie, la foule s’était écoulée avec les ruisseaux débordés et rapides, – et je poursuivais d’autres songes vers le réveil.

(*) C’est à Dijon, de temps immémorial, la place aux exécutions.

Aloysius Bertrand – Gaspard de la nuit – Livre III – 1842

DHH dit: 7 janvier 2013 à 20 h 59 min

cette chanson figure dans un disque – un microsillon pas un CD- que j’ai acheté il y a plus de 50 ans,où elle voisine avec nini peau de chien,dans la rue,à la Roquette et autres chansons d’aristide bruant .un vrai regal un peu triste
ma preferée c’est à saint lazare ,la lettre de la tendre putain qu’on vient d’enfermer dans cet asile hopital et qui se fait du souci pour son julot quiva se retrouver sans gagne -pain : »t’as trop de fierté pour ramasser des bouts de cigare,pendant que je bois des medicaments à Saint Lazare .

christiane dit: 7 janvier 2013 à 21 h 05 min

@ Ueda
Non, pas vraiment adaptable à la culture , en général. Car il y a une ligne de lecture que nous suivons par goût, intérêt, qui passe bien au-delà de ces blogs littéraires et, en-deçà, ce bonheur en venant sur ce blog et d’autres, d’entendre parler de livres, d’auteurs que nous n’aurions peut-être pas lus, d’échanger avec les uns et les autres.
Ici, il y a tant de tentations de lire… et ces billets, fort bien écrits, donnent l’impression que les livres évoqués sont vraiment très intéressants, voire indispensables.
Comme vous le soulignez : comment prendre de la distance par rapport à un livre que nous n’avons pas lu ?
Parfois, les billets évoquent un problème plus vaste (comme celui qui suit) sur « écrire l’histoire » ou sur la traduction ou sur l’accès à certains documents…
La culture ? elle se construit pas à pas, comme un paysage qui s’ordonne, grâce à l’art, aux lectures, aux rencontres, à l’expérience de la vie qui rapprochent la pensée et les actes, les évènements et la lecture que nous en faisons.
Bien sûr, il y a parfois cette contagion, ce mimétisme qui naissent du désir de l’autre pour telle œuvre d’art, tel livre et parfois, aussi… le grand bazar tumultueux où les commentateurs jouent à s’affronter, à se contredire, à délirer. Une sorte de théâtre absurde parfois drôle, parfois cruel, parfois complètement fou (avec emprunts de pseudos, par exemple…). C’est un espace très… particulier…
Merci pour votre réponse.

rose dit: 7 janvier 2013 à 21 h 15 min

>HDD vous êtes mûr, bon pour, ce me semble, lire Zola.
Vos quelques mots doux amers me font me remémorer un jour très lointain où une femme, à mon grand désarroi, m’avait envoyé un et deux sans doute coms. d’une pornographie repoussante. Un concernant un godemichet & l’autre des dés à jouer.
Il m’a fallu presque quatre ans, quasiment cinq pour comprendre à quel point ces objets sont partie prenante de son univers.

Je frémis, je tremble.

Je me brûle et me noie.

Je crois que chacun, jusqu’à sa mort, a la chance d’échapper à son destin, fut-il d’être un objet sexuel : chacun, sous la grâce de dieu.

de nota dit: 7 janvier 2013 à 21 h 20 min

L’incipit,Simon Leys appelle ça « ouverture »

« Il y a quelques années,comme je bouquinais dans une librairie,je tombai sur un roman de Chesterton dont je connaissais le titre,mais que je n’avais jamais eu entre les mains,le
Napoleon de Notting Hill.Poussé par la curiosité,je l’ouvris à la première page et lus le commencement de la première phrase du chapitre 1: »L’espèce humaine à laquelle appartiennent tant de mes lecteurs… »
J’achetai aussitôt le livre et m’empressai de quitter la boutique:le spectacle d’un vieux monsieur qui s’esclaffe tout seul dans un lieu public a toujours quelque chose d’un peu déconcertant,et je ne tenais pas à déranger les autres clients.
Je ne puis pas dire que le reste du livre ait vraiment réussi à tenir la promesse de ce glorieux début(mais quel roman pourrait se maintenir sur deux cent pages au diapason d’une telle attaque?)Néanmoins,le Napoléon de Notting Hill demeure une invention délicieuse ,et contient bon nombre de perles de sagesse(…)Cependant,la leçon la plus durable que je tirai de ma petite expérience dans la librairie fut cette découverte que,parfois,quand la première phrase d’un livre est vraiment inspirée,elle peut à l’instant même vous obliger à acheter l’ouvrage en question.Naturellement,des écrivains astucieux ont eût tôt fait de saisir tout l’avantage qu’il y aurait pour eux à déclencher ce genre de besoin irrépressible chez leurs lecteurs potentiels,et ils ont appris à manipuler leurs commencements un peu comme un pêcheur aguiche une truite avec sa mouche.Voyez par exemple comment Anthony Burgess fait démarrer son Earthly Powers: »c’était l’après-midi de mon quatre-vingt-unième anniversaire,et j’étais au lit avec mon giton,quand Ali annonça que l’archevèque était là et voulait me voir »
En l’occurence,le pêcheur marqua une touche-car j’achetai le livre-mais il ne réussit pas à mener le poisson sur la berge(du moins en ce qui me concerne),puisque ce massif volume continue depuis dix-neuf ans à s’empoussiérer majestueusement sur les rayons de ma bibliothèque:je ne l’ai toujours pas lu.Je me demande d’ailleurs si,dans sa roublardise même,cette phrase initiale du roman de burgess n’est pas à la vraie littérature ce qu’une mouche artificielle est à un insecte authentique:juste un peu trop brillante et,en fin de compte,irrémédiablement indigeste.Ici,la recherche de l’effet aboutit à un résultat qui rappelle de manière fâcheuse ces premières phrases sélectionnées chaque année par le prix Bulwer-Lytton.La compétition en question fut nommée en l’honneur de l’auteur,jadis célèbre,des Derniers jours de Pompei,et plus particulièrement notoire pour le début d’un autre de ses romans,Paul Clifford: »C’était durant une nuit sombre te tempétueuse… »comme tout le monde sait,cette attaque fameuse a été ressuscitée à notre époque par les tentatives littéraires du chien Snoppy dans la bande dessinée Peanuts.Cette compétition décerne chaque fois son prix au pince-sans-rire qui aura réussi à concocter la plus mauvaise phrase de roman.Voici par exemple un échantillon primé:
« stanislas smedley,un homme toujours à l’extrême pointe du narcissisme,s’apprêtait à livrer son corps et son âme à un chirurgien véreux,pour que celui-ci lui permette de devenir la femme qu’il aimait. »
Pour son Earthly Powers,Burgess avait fabriqué un commencement qui était assurément frappant;le seul problème est qu’il sentait la fabrication-et c’est probablement la raison pour laquelle il ne réussit pas à susciter chez le lecteur(à tout le moins en ce qui me concerne)un vrai besoin de poursuivre sa lecture.Un danger fréquent chez les écrivains de talent est que,dans leur désir d’impressionner le public,ils en viennent à ruiner leurs efforts les plus ambitieux.Dans notre monde contemporain,cette tentation de jeter de la poudre aux yeux,à laquelle cèdent tant d’artistes,reflète la domination exercée par l’industrie publicitaire sur presque tous les aspects de la lecture.
Ne vous méprennez pas,toutefois;en principe,je n’ai aucune objection contre des premières lignes qui suscitent une excitation immédiate,qui frappent le lecteur et qui enlèvent d’assaut son imagination.Une attaque efficace est d’abord et avant tout une attaque inspirée.En littérature,les attaques inspirées font penser à des ouvertures d’opéra;et d’ailleurs elles remplissent une fonction similaire.Avant le lever de rideau,l’introduction orchestrale augmente chez le spectateur l’intensité de l’attente-elle est une promesse de fabuleuses découvertes,d’étranges merveilles à venir.Le premier paragraphe de Moby Dick fournit-sur un allegro con brio à couper le souffle-un bon équivalent littéraire de cette fiévreuse anticipation qui s’empare du public à l’audition d’une grande ouverture dramatique.
L’attaque en coup de trompette est un trait fréquent des essais politiques.Jean_Jacques Rousseau en a fait un usage exemplaire pour son contrat social: »l’homme est né libre et partout il est dans les fers »
Près d’un siècle plus tard,Karl Marx a imprimé un élan semblable aux premiers mots de son manifeste: »un spectre hante l’europe,le spectre du communisme »
il y a des débuts de roman qui sont quasiment passés en proverbes.Songez par exemple aux premiers mots de A tale of tow cities,de Dickens: »c’était le meilleur des âges,c’était le pire des âges »

En revanche,il y a des chefs d’oeuvre monumentaux qui débutent de la manière la plus discrète,et c’est seulement d’un point de vue rétrospectif que ces commencements chuchotés à voix basse ont fini par s’amplifier d’échos sans fin.Quand Proust écrivit:longtemps je me suis couché de bonne heure…,ses premiers lecteurs n’avaient guère pu prévoir où un propos aussi insidieusement quelconque allait pouvoir les entraîner.
Dans les fables philosophiques,cependant,c’est une tactique plus traditionnelle qui demeure de règle;en général,il s’agit d’intriguer le lecteur,de provoquer sa curiosité en capturant d’emblée son imagination.Par exemple,dans la métamorphose,Kafka nous prend dans son piège
implacable dès les premiers mots:Quand Grégoire Samsa s’éveilla un matin après des rêves agités,il se trouva transformé dans son lit en un gigantesque cancrelat »
Dans une veine plus légère,il y a des contes de fées pour grandes personnes qui suivent avec succès cette même méthode;Quand vous lisez la première phrase d’un conte de Marcel Aymé,vous réagissez comme un enfant:il vous faut aussitôt découvrir ce qui va se passer ensuite.Voyez comment débute le nain:dans sa trente cinquième année,le nain du cirque Barnaboum se mit à grandir »

Simon Leys.Protée et autres essais.Gallimard

Je signale que j’ai quelque peu tronqué le texte de Leys,mais j’ai une soupe sur le feu et une fille qui réclame sa pitance.

C.P. dit: 7 janvier 2013 à 21 h 21 min

Mais oui, judith ! J’en connais une douzaine par coeur, j’ai une vieille édition de « Dans la rue », et deux ou trois disques, dont un avec la voix de Bruant. PMB est aussi un amateur de l’Aristide.

Je vois bien votre préférée. La prostituée recommande son julot à une autre, mais espère qu’il ne lui fera pas de boniment, pendant qu’elle prend des médicaments, à Saint-Lazare… Et puis ce couplet, que je tape pour vous mais aussi pour tous les ivrognes mâles de la RdL :

« Et puis mon p’tit loup bois pas trop
Tu sais qu’t'es teigne
Et qu’quand t’as un p’tit coup d’sirop
Tu fous la beigne
Si t’allais t’faire coffrer un soir
Dans un’ bagarre
Ya plus personne qui viendrait m’voir
A Saint-Lazare…

C.P. dit: 7 janvier 2013 à 21 h 35 min

de nota, je ne sais si vous voyez pourquoi votre citation de Simon Leys me fait tant de plaisir.

Par ailleurs, Simon Leys revient sur Chesterton, entre autres, dans les essais de « Le Studio de l’inutilité », recueil passionnant dont j’avais parlé un peu ici. Avec… S’en souvient-il ?

W dit: 7 janvier 2013 à 21 h 35 min

D,20h12, vous avez du apprendre dans la vie dessous dessus sous tous les angles qu’il est très mal vu de dénoncer ses camarades,personne n’avait remarqué quoique ce soit avant que vous rentriez!

de nota dit: 7 janvier 2013 à 22 h 01 min

C.P.

Je ne suis pas certain de savoir pourquoi la citation de Leys vous fait tant plaisir,mais qu’importe!Elle vous fait plaisir et c’est ce qui compte.
Bien cordialement.

ueda dit: 7 janvier 2013 à 22 h 33 min

C’est que, de nota (transmettez à votre fille les amitiés -et les regrets- de quelques uns), C.P. se réjouit d’un échange à fleuret moucheté avec Mauvaise langue.

Avec un sourire, bien sûr.

C.P. dit: 7 janvier 2013 à 23 h 32 min

ueda, c’est vrai. Mais ce n’est pas seulement parce que je suis de l’avis de Simon Leys (dont le texte sur les ouvertures est simple et alerte), c’est aussi que celui-ci m’est en pensée une sorte de frère… alors que je ne l’ai connu, en dehors de ses ouvrages, que par une ou deux rencontres en public et une dans une soirée. Cela arrive. Me comprenez-vous ?

L’échange que j’évoquais, sur « Le Studio de l’inutilité » concernait surtout Michaux, sa très regrettable révision de UN BARBARE EN ASIE, son envie tout de même de voir rééditée la version originale, et gommées les concessions à la Chine de Mao, avant de mourir. Ces questions ne vous sont pas étrangères.

Bloom qui ne décolère pas dit: 8 janvier 2013 à 5 h 15 min

L’incipit,Simon Leys appelle ça « ouverture »

Et pour cause:
- il utilise le terme communément en usage en anglais (il habite à G…, faubourg de Canberra)
- c’est un vrai savant qui est tout sauf pédant, comme de juste.

CP, le Studio de l’inutilité, quel bonheur. Quelle finesse…

renato dit: 8 janvier 2013 à 8 h 26 min

Bof, les Anglo-Saxons reprennent le terme employé en musique et pratiquement dans le même sens car, si mes souvenirs d’étudiant sont bons, l’incipit n’est que la première frase tandis que l’ouverture c’est le premier paragraphe.

Ce qui me laisse sans mots, c’est que jamais j’aurais cru devoir ressortir ces détails dans un environnement européen cultivé, d’autant qu’ils sont absolument inutiles pour le lecteur omnivore que je suis devenu. Mais comme dit, nous sommes ici sur un blog pour gens kultivés, et il faut que cela ressorte d’une manière ou d’une autre : « On n’a quand même pas fait une grande école pour rien, il faut que cela se sache ! ». Ce qui n’est que l’équivalent de s’acheter deux costars à mille euros afin de représenter une carrière réussite.

Thierry Kron dit: 8 janvier 2013 à 9 h 01 min

Je vais donc corriger ma phrase, il manquait en effet un élément pour plus de clarté. Tout le monde n’est pas capable d’imaginer un élément manquant dans une phrase écrite au galop.
“je fais partie des gens, nombreux puisque ce n’est pas une invention ponctuelle ou un sentiment personnel, qui considèrent les personnages d’un roman construits sur diverses observations faites dans la vraie vie, sur divers personnages rencontrés ou seulement observés par l’Auteur. »
La vérité, je voulais reprendre ma phrase, mais avais des difficultés pour trouver le verbe adéquat: considérer n’est pas le meilleur choix, imaginer ou croire auraient aussi fait l’affaire.
Amusant d’être épinglé par un d.bile qui ne donne jamais de solution, que vraisemblablement il est incapable de proposer.
Quel âge mental faut-il avoir pour jouer au puzzle ?

Bloom qui ne décolère pas dit: 8 janvier 2013 à 9 h 21 min

« On n’a quand même pas fait une grande école pour rien, il faut que cela se sache ! ». Ce qui n’est que l’équivalent de s’acheter deux costars à mille euros afin de représenter une carrière réussite.

En français, ça donne quoi?

non identifié dit: 8 janvier 2013 à 21 h 21 min

Salut, à vous ! Ravi (enjoy, kwôâ !) de votre réapparition – comme cricri –
(last but not least sensiblement touché par ce commentaire)

non identifié dit: 8 janvier 2013 à 21 h 44 min

I hope so qu’il ne vous en voudra pas, pardi !
Sur ce coup là, je dois aller rendre à la bibli Dickens, que vais-je etc …
(so Enjoy je suis, waouh !)

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