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La République Des Livres par Pierre Assouline
Ce que la Mitteleuropa doit à la nostalgie du monde d’hier

Ce que la Mitteleuropa doit à la nostalgie du monde d’hier

Milan Kundera aura beau tonner contre et dire que « ça n’existe pas », la Mitteleuropa est partout. Guère d’études, d’articles ou de conversations sur le devenir de l’Europe qui n’y fassent référence. Ainsi l’influent quotidien économique Les Echos a-t-il récemment baptisé « syndrome de la Mitteleuropa » l’attitude par laquelle plusieurs nations occidentales ont stigmatisé l’Allemagne en lui imputant une large part de responsabilités dans les situations d’austérité qu’elles traversent.

Entité floue aux frontières changeantes, notion diffuse s’il en est née au milieu du XIXème siècle, déjà difficile à cerner même en son âge d’or, la Mitteleuropa désigne traditionnellement en allemand l’Europe médiane ou centrale, de la Vistule aux Vosges, de la Baltique au sud de l’Autriche-Hongrie ; il s’agit moins d’un espace géographique que d’un ensemble politique, économique et culturel désignant des populations disparates qui avaient en commun deux éléments supranationaux : la langue allemande et la civilisation juive. Mais Mitteleuropa est tellement plus chantant à nos oreilles que « germanosphère » !stefan-zweig-et-son-chien

Stefan Zweig est sans aucun doute l’écrivain qui domine cet esprit. Son œuvre l’a si durablement imprégné que le titre de ses souvenirs d’un européen Le Monde d’hier (Die Welt von Gestern) est devenu le leitmotiv de ce courant. Il est vrai que par son caractère testamentaire, et cette vue imprenable qu’il offre sur un monde qui se défait, un univers en décomposition, il présente « une sorte de vue en coupe du génie européen » comme le souligne Georges-Arthur Goldschmidt dans la dernière livraison de Approches (No 156, 252 pages, 15 euros), revue de sciences humaines consacrée ce trimestre à cet écrivain. Jean-Pierre Lebfèvre y revient sur un point intéressant qui est peut-être l’une des clés les plus négligées de l’incroyable pérennité du succès populaire de cette oeuvre en France (contrairement à l’Allemagne ou l’Autriche, notamment, où il est assez méprisé) : le fait que ses traducteurs français successifs ont arrangé sa langue et son écriture pour le meilleur : ils lui ont rendu service « en évitant tout ce qui aurait pu surprendre les lecteurs francophones dans le contenu et surtout en allégeant la prose de l’auteur, parfois un peu chargée d’ornements ». Ils ont amélioré son allemand parfois archaïque et surchargé ; c’est également le cas de ses traducteurs espagnols qui ont révélé des virtualités du texte initial que celui-ci ne pouvait exhiber.

N’empêche que toute personne évoquant “le monde d’avant” plutôt que « le monde d’hier » est soupçonnée de lapsus. Juste rançon de la gloire, Zweig est également celui qui passe pour le responsable, sinon le coupable, de la mythification de la Mitteleuropa. A le lire, on n’a que regrets pour une monarchie habsbourgeoise qui n’aurait été que tolérance et ouverture, pour ses charmes évanouis, surtout en regard des cruautés de la domination ottomane. Le dernier film de Wes Anderson The Grand Budapest Hotel doit autant à la référence à cet univers romanesque de Zweig qu’au parfum de la nostalgie pour un monde disparu. Et pourtant, ce n’est pas à lui mais à Joseph Roth que l’on doit le grand roman sur l’apogée et le déclin de l’empire austro-hongrois La Marche de Radetzky. Malgré celle, comme l’avait fait remarquer Krzysztof  Pomian, on ne trouve pas trace de « conscience d’appartenance » à la Mitteleuropa chez ses habitants. Car s’il y a bien une vision allemande de l’Europe centrale, il n’y en pas de panslave qui ait réussi.

blog-josephroth-011912Mythe littéraire et artistique sublimé par le sentiment de la nostalgie, il réclame désormais une analyse politique renouvelée avant que le romantisme culturel ne fasse la conquête d’Européens déboussolés. Mais une fois établie la part du folklore qui en fausse la vision, ce qu’un Claudio Magris a magistralement réussi dans Danube, ceux-ci gagneraient à s’abreuver aux sources de la Mitteleuropa. Sa disparition a laissé un sentiment de l’exil, de la perte et du manque qui, mêlé au cosmopolitisme et au multilinguisme de son âge d’or, ont forgé l’identité culturelle européenne. En ravivant la flamme, les Européens perdraient en scepticisme ce qu’ils gagneraient en solidarité. Ainsi la nostalgie peut-elle être féconde lorsque l’urgence est de résister aux nationalismes avant de les dépasser.

(« La marche de Radetzsky », film d’Alex Corti ; « Stefan Zweig et son chien » ; « Joseph Roth » photos D.R.)

Cette entrée a été publiée dans Histoire, Histoire Littéraire, Littérature étrangères.

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1 265 Réponses pour Ce que la Mitteleuropa doit à la nostalgie du monde d’hier

Cupidon dit: 8 avril 2014 à 11 h 42 min

C’est le chien qui promène Gérard … et pourquoi pas ? C’est l’intelligence qui doit commander.

JC..... dit: 8 avril 2014 à 11 h 33 min

« Je me suis déjà fait contrôler (deux fois) par la police »

Il faut toujours se promener avec sa kalach soigneusement enfouie dans un étui de guitare…sinon … contrôle !

OneNote dit: 8 avril 2014 à 11 h 24 min

un pays est limité par des frontières, ce sont les humains qui les ont tracées

Merci de l’info, Gérard. Et si tu allais faire un tour ou promener ton chien, ça te fera prendre l’air.

OneNote dit: 8 avril 2014 à 11 h 20 min

J’y pense, il faut arrêter avec ces calomnies haineuses, la France n’est pas un état policier et raciste. Je me suis déjà fait contrôler (deux fois) par la police, et je suis blanc comme les neiges du Kilimandjaro.

OneNote dit: 8 avril 2014 à 10 h 33 min

 » Je connais une vingtaine de capitales. Peuh !  » Nos barbares modernes et cosmopolites sont amusants. Non content de saccager la planète en participant à l’extension illimitée du règne de la marchandise, ils s’en glorifient.

Ce débat est symptomatique du fossé qui se creuse entre une  » élite  » hors sol, hyper-mondialisée (« ouverte » disent-ils), toujours plus arrogante et féroce (la bourgeoisie, quoi !), et les laisser-pour-compte de la croissance mondiale, déclassés, méprisés, et que les imbéciles qualifient d’assistés, de conservateurs frileux, voire de beaufs pour ne pas dire pauvres, en reprenant par là le langage plein de morgue des dominants.

Evidemment que le rayonnement culturel est lié au dynamisme économique et à l’essor démographique. Evidemment que c’est malheureux qu’on taille dans des budgets importants. Mais comment voulez-vous que la France puisse lutter à armes égales avec la Chine, l’Inde, le Brésil, combien d’autres demain…? Les dés sont pipés, c’est un combat perdu d’avance, il ne peut y avoir que les gagnants et les perdants, les cocus de la mondialisation. L’égalité ? Mais elle se fait sur le dos des pays riches, nous en sommes les premières victimes. Malheur aux vaincus, comme d’habitude, et gloire aux vainqueurs. Seuls les lèche-bottes des puissants, les petits malins et les demi-habiles arriveront à tirer leur épingle du jeu. Dans un pays sinistré et en voie de paupérisation accélérée, qu’on ne vienne pas s’étonner de la montée des extrêmes et des populismes.

gérard dit: 8 avril 2014 à 10 h 16 min

un pays, c’est avant tout une géographie complète, cycle climatique, terroir, eau, animaux, et pour finir espèce humaine sur sol.

un pays est limité par des frontières, ce sont les humains qui les ont tracées

Leo (Bloom) Pold dit: 8 avril 2014 à 9 h 53 min

Méditons cet aphorisme d’un autre cosmopolite, qui quitta son plat pays pour s’installer & prospérer dans un pays continent de l’autre bout du monde, et à qui on ne la fait pas:
« On se flatte toujours de qualités illusoires, tandis que les compliments qui s’adresssent à nos vertus réelles ne nous donnent aucune satisfaction. »
Valable pour les êtres comme pour les peuples.

JC..... dit: 8 avril 2014 à 8 h 58 min

« mais un pays ,c’est avant tout des hommes et des femmes »

Non ! un pays, c’est avant tout une géographie complète, cycle climatique, terroir, eau, animaux, et pour finir espèce humaine sur sol.

JC..... dit: 8 avril 2014 à 8 h 50 min

Normal que les Africains bronzés soient plus contrôlés que les Gaulois bien blancs ! C’est plus confortable pour la Police : ils sont moins nombreux. En outre, leur beau visage bronzé les rend plus visible ! Ils sont loin de l’invisibilité discrète des Asiatiques.

Ce n’est donc pas du délit de sale gueule, bien au contraire, la Police s’arrête car elle tombe en admiration devant tant de beauté sur ces visages d’aventuriers urbains …urk..urk !

Bloom Léo dit: 8 avril 2014 à 8 h 44 min

Les clichés auto-promotionnels ont un bel avenir, les plaidoyer pro domo itou:
La France a un glorieux passé et une devise qui (a) fait rêver bien d’autres nations. Elle est limitée maintenant à un signifiant sans signifié au fronton des mairies. Si son présent faisait rêver tant que ça, les jeunes ne la quitteraient pas si nombreux, sans intention d’y revenir, ce qui est nouveau. Il existe une « scène française » en Inde, composée d’artistes, d’architectes, de musiciens, de photographes, de gens du cirque, qui goûtent le dynamisme et l’esprit d’entreprise qui caractérise cette société où plus d’un demi-milliard de la population a moins de 25 ans.
Hors d’Europe, Foucault, Derrida, Sartre, Camus, Hugo sont les porteurs de « civilisation française ». C’est dire de dire que l’on vit sur nos acquis. Et on les dilapide.
La France est certes un beau pays, pour ses paysages ruraux, son « désert » provincial. Demandez à un jeune agriculteur comment se décline sa douceur de vivre à lui.
Les approches de ses villes moyennes sont toutes les mêmes: succession de rond-points, de centre commerciaux, de panneaux publicitaires, d’hypermarchés glacés/glaçants; des centres-villes piétonniers où les mêmes boutiques de fringues confectionnées par les femmes-esclaves du Bangladesh ou du Cambodge se succèdent avec une monotonie tout juste rompue par les officines de vente de téléphones portables…N’y voir aucune influence américaine.
A suivre….

,
mais un pays ,c’est avant tout des hommes et des femmes,

christiane dit: 8 avril 2014 à 7 h 01 min

@ M.A 12h11
Oui. Votre analyse est lucide.
(il fallait lire :Kertész, Sebald… j’ai envoyé trop vite)

Bloom Léo dit: 8 avril 2014 à 4 h 35 min

En France aussi, il faut toujours avoir ses papiers sur soi, Abdelkader.
Le contrôle d’identité est à la vie parisienne ce qu’était autrefois le baiser à la Doisneau. Et certains de se faire contrôler plus souvent que d’autres…Le délit de sale gueule, c’est pas pour Eddy Bellegueule.
Sauf erreur de ma part, il n’est toujours pas obligatoire d’avoir sur soi une carte d’identité ou tout autre document d’identification en GB.

abdelkader dit: 8 avril 2014 à 0 h 34 min

#uck me! ML est de retour…vite, parlez d’aut’chose…n’importe quoi…tiens, les tendances de l’Euro contre le Dollar et le Bhat Thailandais depuis le 1er avril et les projections dont duquelles pour le trimstre a venir…m’est avis, il va trouver un angle juif sur le sujet et trouver moyen de citer Attali…

abdelkader dit: 8 avril 2014 à 0 h 28 min

Bloom Léo dit: 7 avril 2014 à 4 h 39 min

‘…A regarder la France de loin, à travers mes lunettes et celles des autres, j’ai le sentiment que l’Hexagone, beaucoup de ses habitants et nombre de leurs préoccupations me sont exotiques…’

Pas faux, Bloom…C’est ce que ressent tout expatrié envers sa contrée d’origine et qui est difficile a expliquer a quelqu’un qui est resté chez lui a se contempler le gros orteil…la perspective est tout autre…en plus, y’en a qui s’amusent a vous demander vos papiers…moi qui suis expatrié depuis des lustres et qui ai traversé le monde en long et en large, on m’a jamais demandé mes papiers…sauf une fois, en Caroline du Nord, dans un bar de red necks, ou ils ne servent personne sans une preuve d’identité…mais bon, ils sont comme ca , la-bas…en Algerie aussi, faut toujours avoir ses papiers sur soi…

xavier dit: 7 avril 2014 à 13 h 45 min

ml a besoin de se trouver un absolu, se rassurer en se réfugiant dans un ( son) absolu
(jc ( crétin qui se croit intelligent ) sous sa bêtise

robert dit: 7 avril 2014 à 13 h 31 min

« Quand Bloom parle des Français, on dirait toujours qu’il parle d’un peuple étranger »

pour les beaufs à la jc le nez sur et dans leur … , il est louche, interdit, d’avoir de la distance

renato dit: 7 avril 2014 à 13 h 26 min

Stradella,

apparemment des mots comme « métissage » ou « synergie » restent étrangers au vélocipédiste paresseux — reste le « matraquage » (à coups de fiches trouvées aux puces) et une « singerie » (la figure du grand érudit)…

JC..... dit: 7 avril 2014 à 13 h 09 min

Anschein von Boshaftigkeit dit: 7 avril 2014 à 11 h 53 min

Il est parfaitement aberrant de ne pas voir que Bloom est un véritable parasite de la République. Un imbécile qui se croit investit d’une mission culturelle.

Comment pouvez vous porter les mêmes œillères qu’un crétin pareil ? Mystère ? je vous croyais autre, Michel.

Stradella Road 2002 dit: 7 avril 2014 à 12 h 55 min

@ “au sommet du monde intellectuel et spirituel. »: Le retour de Langue Moisie. Mise aux oubliettes de l’histoire de l’Humanité, tout ce que les Chinois et les Indiens ont apporté, parfois même en passant par les Arabes colonisant la péninsule Ibérique.
Langue Moisie ou le vol au dessus d’un nid de coucous.

Anschein von Boshaftigkeit dit: 7 avril 2014 à 12 h 19 min

La civilisation occidentale a en effet une ambition universelle. Le mot catholique le dit en grec. Mais elle le dit aussi en hébreu. Elle le dit aussi en français. Elle l’a d’abord et avant tout dit en français. Elle a été dite en américain.

Elle n’a pas été dite en chinois. Elle ne sera jamais dite en chinois. La Chine n’aura jamais d’ambition universelle. La Chine se pense comme l’empire du milieu, pas comme universel. La France s’est toujours pensée comme universelle. L’universalité n’est pas un fait mais un idéal, une ambition, une dynamique de l’histoire.

Daaphnée dit: 7 avril 2014 à 12 h 15 min

« Mais il y a régné un temps un air de liberté, un cosmopolitisme culturel et intellectuel surtout grâce aux écrivains, penseurs et savants d’origine juive qui a placé l’Europe au sommet du monde intellectuel et spirituel. »

Pauvre ML ! En plein délire racialiste/raciste !

Daaphnée dit: 7 avril 2014 à 12 h 12 min

Opposer l’histoire du droit de vote pour les femmes en France , Bloom, à votre définition édulcorante du terme « shiksa » est parfaitement ridicule .

Faisons simple: wikiki .

« Une shiksa (ou « shikse » – yiddish : שיקסע), désigne en yiddish une femme non-juive, plus spécifiquement une jeune fille fiancée ou mariée à un homme juif.
Le terme pourrait être dérivé du terme hébraïque sheketz, qui signifie « abomination »1, « détestable », « haïssable » ou « souillure », selon le traducteur. »

Tiens, « Souillure », pour celui qui n’appartient pas à la communauté, cela devrait-il s’appliquer à ML qui n’est pas juif ?

Anschein von Boshaftigkeit dit: 7 avril 2014 à 12 h 11 min

La « civilisation française » comme dit à juste titre Finkielkraut est une des plus grandes civilisation du monde, une des plus belles, que le monde entier nous envie. Une civilisation unique au monde qui a inventé l’amour au 12è siècle, une conception des relations entre l’homme et la femme qui s’est répandue sur toute la terre à partir des troubadours, et de Chrétien de Troyes qui l’a intégré au mariage avec l’appui de l’Eglise pour en faire un sacrement.

La France c’est aussi Montaigne, un immense penseur, unique au monde lui aussi, d’origine sépharade par sa mère. Sans qui est inconcevable l’idée même de tolérance, et qui a eu une influence si profonde sur Pascal, et jusqu’à Thomas Bernhard.

La France, c’est un des pays où la terre entière reconnaît qu’il y fait bon vivre. C’est un des pays les plus beaux du monde par la variété des paysages, la douceur qui y règne, la douceur angevine comme dit Du Bellay comme de tant d’autres régions.

Le problème, ce n’est pas tant le FN qui s’est implanté dans telle ou telle ville, c’est ce qu’il adviendra quand les Français se rendront compte que le FN ne leur apporte aucune solution. Le pire alors risque d’arriver ou une dérive sans fin dans un pays ingouvernable voué au déclin. C’est un scénario possible.

Les solutions, on les connaît depuis longtemps. Des réformes qui tardent à se mettre en place. Il faut espérer que Vals ait suffisamment de poigne pour les imposer. Mais ce n’est pas gagné. La France a beaucoup d’atouts, l’Allemagne n’est pas si puissante qu’on le croit.

La Mitteleuropa, ce n’était certes pas le paradis. Mais il y a régné un temps un air de liberté, un cosmopolitisme culturel et intellectuel surtout grâce aux écrivains, penseurs et savants d’origine juive qui a placé l’Europe au sommet du monde intellectuel et spirituel. Georges Charpak, grand physicien, parlait dans sa jeunesse 5 ou 6 langues, une pour le boucher, une pour le boulanger, une autre encore pour les parents, une autre encore pour les copains à l’école. Et tout ce petit monde vivait ensemble sans trop de difficultés. Les tensions ethniques existaient bien, mais ce ne sont pas les peuples qui se sont fait la guerre, mais les impérialismes via les nazis qui ont exploité la situation à leur profit. Ne nous trompons pas d’ennemi. On vivait très bien pendant des siècles à Sarajevo.

Jacques Barozzi dit: 7 avril 2014 à 11 h 57 min

« C’est bien pourquoi, il est de plus en plus déserté. »

Oui, mais on finit toujours par y revenir, sur ce blog !

Anschein von Boshaftigkeit dit: 7 avril 2014 à 11 h 53 min

Que d’intolérances sur ce blog ! C’est bien pourquoi, il est deplus en plus déserté.

Bloom est ce qu’il est — peu importe au fond — mais ce qu’il dit est profondément juste. Aller l’accuser de vivre au crochet de la France sous prétexte qu’il officie comme conseiller culturel dans une ambassade est tout à fait ridicule et infantile. On n’a pas l’impression d’être sur un blog avec des gens cultivés et responsables de leur discours mais parmi des imbéciles ignares et incroyablement bébés. L’importance de la langue française à l’étranger est énorme, capitale. C’est le moteur de la croissance par les marchés qu’elle permettra d’ouvrir, en Asie, en Afrique, grâce à la Francophonie. Jacques Attali passe son temps à le dire à juste raison. Il est donc suicidaire pour la France de supprimer les crédits culturels sous prétexte de crise. C’est tout simplement de l’incompétence politique.

Un autre tappe à bras raccourci sur Israël. C’est devenu tellement banal, ici et ailleurs, toute cette haine contre Israël, qu’il n’est même plus besoin d’y répondre. La bête immonde de la bêtise est parmi nous depuis un bon bout de temps. On fera avec.

OneNote dit: 7 avril 2014 à 11 h 40 min

Poser la question c’est y répondre, Barozzi. L’universalisme français (oxymore) est une foutaise, l’Europe une moquerie, l’avenir est au tribalisme.

Jacques Barozzi dit: 7 avril 2014 à 10 h 50 min

Anschein von Boshaftigkeit, comment peut-on être Juif Allemand (la langue germanique + la « civilisation » juive) aujourd’hui et s’identifier cependant à la France (l’esprit de la lettre et des lettres) ?

JC..... dit: 7 avril 2014 à 10 h 01 min

« Pas facile de s’identifier avec un pays où les racistes simplistes dirigent une dizaine de gros villages, où l’intolérance devient source de fierté, où le niveau des médias est navrant de nullité… »

J’espère que ce petit monsieur intolérant de Bloom, vivant aux crochets de la République en faillite, y arrive tout de même « à s’identifier au pays « , car IL EST PAYE POUR CE TRAVAIL LA !!!

OneNote dit: 7 avril 2014 à 9 h 48 min

Pas facile de s’identifier avec un pays où les racistes simplistes dirigent une dizaine de gros villages, où l’intolérance devient source de fierté, où le niveau des médias est navrant de nullité

La belle excuse. Quelque chose me dit que tu es moins sévère avec Israël. Là-bas, ce ne sont pas de petites villes de province qui sont phagocytés par l’extrême-droite, c’est Jérusalem et le pays tout entier. Cela n’a pas l’air de trop te déranger. Penses-y bien avant de refaire ton visa.

Je te laisse, j’ai mon cours de yiddish. Il faut que je sois au point pour l’examen.

JC..... dit: 7 avril 2014 à 9 h 32 min

« Une communauté d’histoire, multiculturelle, de double appartenance qui se dissout dans cette Europe technocratique résignée à une économie de marché qui se dilate sans fin dans un abîme intellectuel et moral. »

Mitteleuropa ? Vision idéalisée !!! Fausse !

Quelle communauté ? Quel multiculturalisme ? quelle double appartenance ? Foutaises…Vous oubliez les énormes différences, les énormes inégalités sociales, les nationalismes exacerbés, qui ont conduit à la guerre. Cette période ne doit pas être « enjolivée » !

Vous croyez qu’une vingtaine de bons écrivains font oublier l’état de ces peuples ? Babel régnait à l’époque !

Le marché, et la technocratie actuelle, ne sont pas la panacée mais c’est bien mieux qu’à l’époque du Mitteleuropa qui ne fut qu’un Mittelopera, vu aujourd’hui avec l’indulgence et l’affection des bisounours …

christiane dit: 7 avril 2014 à 9 h 13 min

Anschein von Boshaftigkeit dit: 7 avril 2014 à 3 h 26 min et précédents (quel pseudo ! vous pourriez traduire ? est-ce « l’éternel arpenteur » ?)
passionnant votre approche du début de L’Homme sans qualités de Musil, de Berlin, de « Peter Härtling avec ses deux dernières nouvelles dont la première explore à travers l’idée d’ « œuvre ultime » chez les écrivains comme Döblin, Faulkner, Uwe Johnson, Joseph Roth, Thomas Mann, Theodor Fontane avec le Stechlin, Paul Kornfeld ou encore Max Frisch l’idée d’œuvres testamentaires qui disent la fin d’un monde… ».
Oui, aussi, pour Sandor Marai, Singer… Kertetész, Kafka, Sebalg (Les émigrants), Appelfeld (Le garçon qui voulait dormir)…
Une communauté d’histoire, multiculturelle, de double appartenance qui se dissout dans cette Europe technocratique résignée à une économie de marché qui se dilate sans fin dans un abîme intellectuel et moral.
Il nous reste tous ces livres sauvés de la destruction, cette écriture qui lutte avec elle-même et contre cette fatalité qu’elle pressentait le mythe de Babel ou « le livre de Job » ? la littérature reprend la quête, l’interrogation des textes sacrés…

DHH dit: 7 avril 2014 à 8 h 05 min

@Anschein……
A tout ce que vous dites de riche et documenté sur le monde juif berlinois ,je voudrais ajouter qu’une magnifique description de ce milieu ,qui loin d’etre homogene est rigoureusement stratifié se trouve dans le madnifique roman de Singer(pas le prix Nobel ,le frere) La famille Krasnovski.

renato dit: 7 avril 2014 à 7 h 49 min

Sa machine finalement réparée, le vélocipédiste paresseux a trouvé un cybercafé… et voilà…

Leo (Bloom) Pold dit: 7 avril 2014 à 7 h 21 min

Ne pas oublier Sándor Márai, autre exilé d’Europe centrale, autre suicidé de la société.
Ses « Mémoires de Hongrie » n’ont rien à envier au Monde d’hier de l’ami Zweig.

Bloom Léo dit: 7 avril 2014 à 4 h 39 min

Quand Bloom parle des Français, on dirait toujours qu’il parle d’un peuple étranger. C’est curieux.

Pas faux. A regarder la France de loin, à travers mes lunettes et celles des autres, j’ai le sentiment que l’Hexagone, beaucoup de ses habitants et nombre de leurs préoccupations me sont exotiques.

Pas facile de s’identifier avec un pays où les racistes simplistes dirigent une dizaine de gros villages, où l’intolérance devient source de fierté, où le niveau des médias est navrant de nullité…

Quant à l’action publique, c’est la Bérézina: à ce rythme là, il n’y aura plus de réseau culturel dans un très proche avenir: 70% de crédits en moins en 3 ans, et on ne partait pas de bien haut. Le MAEDI, nouvelle appellation des Affaires étrangères (qui inclut le développement international), représente moins d’1% du budget de l’Etat, et l’action culturelle 15% des 1%. C’est encore trop, visiblement. Les Hexagonaux s’en foutent…sinon que, quand ils sont en vacances (ah, les vacances!) à l’étranger, ils sont parfois bien contents de trouver un Consulat, une Ambassade, un Centre culturel, une Alliance française, pour les conseils, ou en cas de pépin.

Beaux-arts, le magazine, va prochainement consacrer un dossier au démantèlement de ce qui fut l’atout N°1 de notre pays à l’étranger, la diffusion de la langue française, la diffusion et coopération culturelle, scientifique et universitaire. Le « soft » power, en quelque sorte…car on ne saurait parler de « smart power » vu le niveau des politiques publiques et des consommateurs….

Anschein von Boshaftigkeit dit: 7 avril 2014 à 3 h 26 min

L’effet comique qui oppose dans la même phrase « tiefen » (profond) à « Seichtigkeit » (banalité, manque de profondeur, platitude) qui paraît en plus un mot tout à fait prétentieux pour parler de ladite banalité des places, ajoute une note ironique que la traduction de Jaccottet a fait malheureusement sauter. Sans parler de l’ambiguité d’une noire ironie du verbe choisi par Musil de « schiessen » qui veut dire « tirer » et « schiessen aus » « jaillir de quelque chose » que « filaient » édulcore presque complètement.

Anschein von Boshaftigkeit dit: 7 avril 2014 à 3 h 16 min

Un nom manque à l’évidence dès qu’il s’agit de la Mitteleuropa, c’est celui de Robert Musil. Il faudrait relire tout le début de L’Homme sans qualité, à la fois sublime et ironique, dont ne rend compte qu’imparfaitement la pourtant si bonne traduction de Ph. Jacottet :

Autos schossen aus schmalen, tiefen Strassen in die Seichtigkeit heller Plätze…

Du fond des étroites rues, les autos filaient dans la clarté des places sans profondeur…

avec ce mot bizarre et drôle de « Seichtigkeit » qui veut dire « platitude », le « caractère superficiel » de quelque chose, qui semble annoncer une méditation grandiose et cosmique (par le début météorologique du roman qui le situe dans une « dépression d’Ouest »… sur la platitude du monde de la K. u. K. Monarchie…

Anschein von Boshaftigkeit dit: 7 avril 2014 à 2 h 18 min

On peut lire aussi le Journal d’un jeune ethnographe hongrois qui arrive à Paris pour poursuivre ses études grâce à une bourse de l’Etat français, en janvier 1940 et qui raconte à la façon d’un ethnographe l’effondrement de la France de mai-juin 1940 :
— Zoltan Szabo, L’Effondrement Journal de Paris à Nice (10 mai 1940 – 23 août 1940), Exils Editeurs, 2002, traduit du hongrois et annoté par Agnès Jarfas et une préface de Gyala Sipos.

Anschein von Boshaftigkeit dit: 7 avril 2014 à 1 h 49 min

Il ne s’agit pas de déplacer le centre de la Mitteleuropa vers le nord à Berlin, il s’agit simplement de ne pas nier pour autant l’importance de Berlin dans le monde juif de la Mitteleuropa.

Certains ont besoin d’idées carrées et n’apprécient guère les nuances.

Delphine Bechtel parle pour sa part d’un monde juif bicéphale Ost/Westjuden.

Le fait qu’on s’y intéresse aujourd’hui comme le montrent de nombreuses publications en France (articles et revues) comme romans et nouvelles en Allemagne (Volker Weidermann, qui est aussi par ailleurs responsable des pages littéraires de la FAZ Frankfurter Allgemaine Zeitung ; Peter Härtling avec ses deux dernières nouvelles dont la première explore à travers l’idée d’ « œuvre ultime » chez les écrivains comme Döblin, Faulkner, Uwe Johnson, Joseph Roth, Thomas Mann, Theodor Fontane avec le Stechlin, Paul Kornfeld ou encore Max Frisch l’idée d’œuvres testamentaires qui disent la fin d’un monde, la seconde met en scène le dessinateur et peintre Carl Fohr, qui se rend à Rome et échoue à réaliser une vaste fresque des artistes du café Greco, symbole en quelque sorte de l’échec de l’intégration culturelle de l’Europe, de l’échec du nouveau monde à créer) montrent qu’on se pose la question de part et d’autre du Rhin de l’intégration européenne et d’une possible culture européenne qui d’un côté a existé, semble détruite en raison de la catastrophe qu’a constitué la Seconde guerre mondiale, et tarde à renaître en dépit d’obsessions communes.

Il me semble que les analyses de l’article mis en ligne sur la Mitteleuropa ne tiennent pas compte de l’influence des Etats-Unis sur les politiques européennes depuis 1900 mais surtout depuis la fin de la Première guerre mondiale. Pour cela il faudrait lire les ouvrages de l’historienne Annie Lacroix-Riz, notamment :

— L’intégration européenne de la France. La tutelle de l’Allemagne et des États-Unis, Le Temps des cerises, 2007 ;
— Aux origines du carcan européen 1900-1960 La France sous influence allemande et américaine. Delga-Le Temps des cerises, 2014

Anschein von Boshaftigkeit dit: 7 avril 2014 à 0 h 47 min

Le caractère national des langues n’est pas seulement redevable à Herder. Il n’est que de penser encore au livre de W. von Humboldt, Über den Nationalcharakter der Sprachen, traduit et publié au Seuil (coll. Points).

Anschein von Boshaftigkeit dit: 7 avril 2014 à 0 h 28 min

L’attraction de l’Allemagne et pour Berlin est d’autant forte pour le monde juif que le yiddish est la langue véhiculaire des Juifs de tous pays. C’est par ailleurs en 1909 qu’eut lieu à Czernowitz le fameux Congrès de la langue yiddish l’instaurant comme langue nationale juive en opposition à l’hébreu.

Lire notamment :
—Delphine Bechtel, La Renaissance culturelle juive en Europe centrale et orientale, 1897-1930, Belin, 2002 ;

http://monderusse.revues.org/4056?lang=en

Anschein von Boshaftigkeit dit: 7 avril 2014 à 0 h 10 min

On peut encore consulter en anglais et en allemand (traduction de l’anglais) :
— Amos Elon, The Pity of It All. A History of the Jews in Germany, 1743-1933, NY, Metropolitan Books, Henry Holt and Company, 2002;

ou dans la traduction allemande :
— Amos Elon, Zu einer anderen Zeit Porträt der jüdisch-deutschen Epoche 1743-1933, Hanser Verlag, 2003.

Anschein von Boshaftigkeit dit: 6 avril 2014 à 23 h 53 min

Je rappelle aussi que le mouvement juif de la modernité, la Haskalah, est originaire de Berlin, avec le grand Moses Mendelssohn, arrivé premier dans sa jeunesse au concours de l’Académie de Berlin devant un certain Emmanuel Kant…

Plus anciennement encore, la modernité européenne de la mondialisation doit beaucoup aux Juifs marranes exilés d’Espagne quand Amsterdam prend le relais d’Anvers, dans le commerce international qui prend naissance dès le 16è siècle dans le contexte des grandes découvertes par leurs réseaux commerciaux qui s’étendaient via Lisbonne et Séville, jusqu’aux Philippines et à l’Asie.

Pour plus de détails :
— Nathan Wachtel, La Foi du souvenir Labyrinthes marranes, Seuil, 2001.

Pour ceux qui ont besoin d’une bonne lessive dans leur cerveau malade :
— Jean Baumgarten, La Naissance du hassidisme Mystique, rituel ey société (XVIIIè – XIXè siècle), Albin Michel, 2006;
— Mille ans de cultures ashkenazes, Liana Lévi, 1994;
— Shmuel Triogano, Le Judaïsme et l’esprit du monde, Grasset, 2011;
— Christian Baechler, L’Allemagne de Weimar, Fayard, 2007;
— Georges Bensoussan, Auschwitz en héritage ? D’un bon usage de la mémoire, Mille et une Nuits, 2003.

christiane dit: 6 avril 2014 à 23 h 08 min

@Paul Edel dit: 6 avril 2014 à 21 h 01 min
Oui, « on comprend »…
mais je préfère la Duras de l’écriture. Pierre Assouline est un homme d’écriture aussi, pas seulement un journaliste-historien passionné de politique.
Dans ce film, je n’ai approché Duras que dans les premières minutes de l’enfance, dans la forêt, dans certaines paroles et quand elle ne parlait pas et qu’on voyait ce beau visage buriné de rides. Je ne pense pas qu’elle ait menti dans ces réponses ou paroles librement offertes mais elle dit mieux sa douleur, sa révolte avec de l’encre. J’étais à la fois frustrée et en attente. La voix écrite de Duras contre sa voix parlée, c’est périlleux. Vous-même êtes un homme d’écriture, peut-être comprenez-vous que je préfère sa voix écrite. Peut-être, sans caméra aurait-elle été plus simple, plus proche ? Mais elle aimait cela,l’enflure médiatique, être filmée, être célèbre, courtisée, « sublime, forcément sublime » ! alors elle s’écoute parler et c’est un peu factice. Elle est … imprudente : trop de maîtrise.
Ce n’est pas le travail de Pierre Assouline qui me déçoit mais elle dans cet enchaînement d’entretiens, encore que le pire ait été évité… (Au fond, je préfère P. Modiano qui est incapable de répondre à un journaliste ou critique littéraire devant une caméra.)

berenice dit: 6 avril 2014 à 22 h 45 min

Ceci posé, je ne me souviens pas non plus des Duras qui inondèrent la plaine de mes 20 ans, je devrais relire avant la prochaine guerre.

Anschein von Boshaftigkeit dit: 6 avril 2014 à 22 h 45 min

Je rappelle à ceux qui l’auraient oublié que Alfred Döblin était berlinois, un membre éminent de la communauté juive de Berlin, vivait (une partie de sa vie) dans le quartier juif de Berlin, le Scheunenviertel (la quartier des granges) derrière la grande synagogue où Einstein a joué du violon un jour. Alexanderplatz, pour ceux qui l’ignore encore, est à deux pas de l’ancien quartier juif de Berlin.

C’est à Berlin que s’est rendu Kafka un jour, pas à Vienne. À l’été de 1916 ; Berlin, d’où il écrit à sa fiancée Felice Bauer, pour lui parler du Jûdische Volksheim du quartier juif,

C’est à Berlin que vivait l’écrivain Erich Mühsam. C’est à Oranienburg, dans le premier camp construit par les nazis à Oranienburg, dans une ancienne brasserie aménagée pour ce faire, que Erich Mühsam fut torturé par les sbires de Röhm et retrouvé un matin pendu à la fenêtre de sa cellule.

C’est à Berlin qu’avant la guerre, à la fin des années 1920, on arrêta nombre de juifs venus de Pologne pour les enfermer dans deux camps de concentration, l’un construit au nord de Berlin, l’autre au sud, en pleine République de Weimar.

C’est à Berlin que vivait l’un des plus grands comédiens du théâtre yiddish, Alexander Granach, célèbre notamment pour son rôle de Shylock dans la pièce de Shakespeare.

C’est à Berlin qu’eut lieu la première de la pièce de Walter Mehring, mise en scène par Erwin Piscator, au théâtre de la Nollendorfplatz, Der Kaufmann von Berlin avec Paul Baratoff dans le rôle de Kaftan, l’homme d’affaire juif venu de l’est, en 1929.

C’est sur les Juifs de Berlin qu’écrivit Joseph Roth : Juden auf Wanderschaft. Berlin.
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Kein Ostjude geht freiwillig nach Berlin. Wer in aller Welt kommt freiwillig nach Berlin ? Berlin ist eine Durchgangsstation, in der man aus zwingenden Gründen länger verweilt. Berlin hat kein Ghetto. Es hat ein jüdische Viertel. Hierher kommen die Emigranten, die über Hambourg und Amsterdam nach Amerika wollen. Hier bleiben sie oft stecken. Sie haben nicht genug Geld. Oder ihre Papiere sind nicht in Ordnung.

Pas un Juif de l’est ne vient à Berlin de son propre gré. Qui dans le monde vient à Berlin de son propre gré ? Berlin est une ville de transition, où l’on séjourne un certain temps parce qu’on y est obligé. Berlin n’a pas de Ghetto. Il y a un quartier juif. Y arrivent les migrants de l’est qui, via Hambourg et Amsterdam, veulent émigrer en Amérique. Ici ils restent souvent, coincés. Ils n’ont pas assez d’argent. Ou leurs papiers ne sont pas en règle.

berenice dit: 6 avril 2014 à 22 h 43 min

Je ne me souvenais plus combien l’homme était beau, avez-vous connu ce bonheur, Jacques Barozzi, d’avoir à contempler pareil individu?

des journées entières dans les arbres dit: 6 avril 2014 à 22 h 23 min

Anschein von Boshaftigkeit n’a pas non plus fréquenté la Yeshivah… pour ce que j’en dis.

Mme Michu dit: 6 avril 2014 à 22 h 17 min

une vision du monde qui ne diffère pas de celle des nazis sur l’essentiel

Trouver un gros cul sur lequel rester assis ?

des journées entières dans les arbres dit: 6 avril 2014 à 22 h 17 min

Anschein von Boshaftigkeit n’a pas connu de mellah… pour ce que j’en dis.

Anschein von Boshaftigkeit dit: 6 avril 2014 à 22 h 01 min

Schikse : nichtjüdische Frau, die Bedeutungsnuancen reichen von ironisch über erotisch zu beleidigend. (Im Glossar des Buches)

Donc, le mot « poule » ne me semble pas déplacé (über erotisch) dans ce contexte juif orthodoxe.

Et seuls les ignorants du monde juif comme une certaine Daaphnée (qui n’en est plus à son coup d’essai depuis longtemps) peuvent y lire je ne sais quel manque d’ouverture d’esprit (réflexion typique des franchouillards ignares qui confinent à l’antisémitisme, de ces gens bourrés de préjugés et qui ont de la merde dans le cerveau) ; une vision lamentable des femmes et une sexualité moisie. De tels propos débiles ne montrent rien d’autre en effet qu’un manque criant d’ouverture d’esprit, une intolérance à couper au couteau pour le monde juif et pour la communauté juive orthodoxe et ses principes de vie qui n’ont rien de moisi, pas plus que la sexualité des juifs orthodoxes, et une vision du monde moisie qui n’y intègre pas l’existence des Juifs orthodoxe, autrement dit une vision du monde qui ne diffère pas de celle des nazis sur l’essentiel.

Pour plus ample informé :

http://www.salisverlag.com/title/thomas-meyer-wolkenbruchs-wunderliche-reise-die-arme-einer-schickse

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