de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Proust version Fallois, proustien capital

Proust version Fallois, proustien capital

A la mort de Bernard de Fallois (1926-2018), on a si bien rendu hommage à juste titre au grand éditeur qu’il fut  et au flair qui marqua l’ultime époque de sa carrière tout en étant aux antipodes de son univers littéraire (la révélation internationale du jeune romancier Joël Dicker) que cela a éclipsé son travail de pionnier au service de deux écrivains qu’il admirait : Georges Simenon, dont il fut l’éditeur et l’ami, et à qui il consacra en 1961 l’une des toutes premières monographies parues sur son œuvre, (Simenon, « La Bibliothèque idéale », Gallimard) ; et Marcel Proust. Non pas sa biographie, genre qu’il ne goûtait guère du moins s’agissant de cet écrivain, mais son œuvre, rien que son œuvre. D’ailleurs, la première de ses Sept conférences s’intitule : « La vie de Proust est-elle si intéressante que cela ? »… pour ne plus en reparler et se consacrer à l’unique objet de ses pensées : comment la cathédrale est sortie de terre, double exercice de exhumation et de résurrection que Fallois accomplit non sans génie tant son esprit est clair, pédagogique, informé et terriblement perspicace.

On ignore qui a eu l’idée de le baptiser « le proustien capital » mais c’est bien vu, même si quelques autres (Philip Kolb, Jean-Yves Tadié…) pourraient prétendre au titre. C’est peu dire que Fallois voit dans A la recherche du temps perdu un massif romanesque sans exemple et sans précédent malgré La Comédie humaine et les Rougon-Macquart, cycles romanesques qui sont pourtant eux aussi « plus qu’un roman ». Introduction à la Recherche du temps perdu (318 pages, 18 euros, éditions de Fallois) rassemble les préfaces qu’il avait écrites pour l’édition du roman par France-Loisirs, fameux club de livres avant l’invention d’Amazon. Elle avait ceci de remarquable qu’elle était vierge de notes infrapaginales, ce qui faisait la joie de Fallois, dont le propre commentaire en était également dénué. Manière de signaler au lecteur qu’il s’aventurait là dans un domaine où il ne risquait pas de croiser l’un de ces innombrables universitaires dont les tonnes d’exégèses n’ont pas réussi à ébranler la cathédrale de prose. On peut dire qu’il y a une « version Fallois » de la Recherche, comme s’il l’avait traduite d’une langue étrangère. Il n’est pas de plus claire initiation au monde de Proust que ce livre d’un écrivain sur le livre d’un écrivain, bien que Bernard de Fallois ne se soit jamais considéré comme tel. D’ailleurs, dans le No 1 du Bulletin de la société des amis de Marcel Proust et des amis de Combray (1950), il était présenté parmi les membres de fondation comme “Fallois, archiviste”…Marcel-et-Antoinette-mai-1886

En lisant en écrivant, Bernard de Fallois agit comme un guide très sûr et jamais dépaysé entre le boulevard Haussmann et le Grand Hôtel de Cabourg. Lorsque le narrateur dans le prologue de Combray navigue entre le sommeil et le réveil dans un état de semi-conscience,  il ne sait plus où il est et le lecteur tout autant. Lorsque l’auteur se fait le peintre des vices, défauts et travers humains, à commencer par le mensonge et la vanité, en poursuivant par le snobisme et l’hypocrisie, c’est de nous tous qu’il parle à travers quelques uns tant ce qu’il pointe est universel que l’on soit maître ou esclave. Lorsqu’il cerne implacablement la jalousie comme la maladie de l’amour, et la solitude, la souffrance et donc l’échec comme consubstantiels à l’amour même, c’est à notre intimité la plus enfouie qu’il s’adresse. Chaque volume de la Recherche est dominé par l’un de ses traits qui lui donne son unité, sa couleur, sa sonorité : l’oubli (Albertine disparue), la jalousie (La Prisonnière) etc

Tous les Proust, le comique, le poète, le créateur de personnages, le dialoguiste, se trouvent rassemblés dans le moraliste en lui.

« Jamais d’une histoire aussi « particulière » ne sont sorties autant de vérités générales, de lois profondes et universelles du cœur humain, rassemblées, inscrites et comme enchâssées dans les maximes d’un grand moraliste à la Pascal »

Parfois, bien que son enthousiasme soit si argumenté et son intelligence de la chose proustienne si aiguë, on se dit qu’il en fait trop. On hésite à le suivre lorsqu’il fait de son héros l’auteur d’une sorte de révolution copernicienne du roman et le plus grand génie comique “peut-être” depuis Molière. Ou lorsqu’il fait de la pédérastie « le grand sujet de son livre et la grande question de sa vie » à l’égal d’un prisme exclusif de sa vision du monde.Ou qu’il juge comique la scène si pathétique des souliers rouges, les Guermantes accordant tant d’importance à leur alliance avec la couleur de la robe alors que leur cher Swann vient de leur faire discrètement comprendre qu’il est condamné à brève échéance

Jeune diplômé (il fut reçu premier à l’agrégation de Lettres classiques), il visita André Maurois, l’un des rares biographes de Proust (A la recherche de Marcel Proust, 1949), à avoir côtoyé certains de celles et ceux qui inspirèrent ses personnages lequel intervint aussitôt auprès de Suzy Mante-Proust, nièce de l’écrivain et responsable moral et patrimonial à la mort de son propre père, afin qu’elle l’autorise à fouiller dans ses papiers pour la thèse qu’il préparait. Il s’agissait de quelques 70 carnets et cahiers d’écolier et d’un grand nombre de feuillets empilés dans un grand désordre et qui dormaient dans un garde-meubles. Un sacré foutoir, un vrac étourdissant, rêve et cauchemar de tout chercheur, l’écriture de Proust étant tout sauf linéaire, plutôt proliférante.

breyer_1-110713Fallois se mit au travail, s’immergea dans cette masse à la recherche du vrai Proust, découvrit un puzzle inconnu des proustiens, le reconstitua et révéla Jean Santeuil. Le scoop, reçu avec scepticisme sinon mépris par nombre de sorbonnards mais comme un heureux coup de théâtre par les familiers de Proust, fut suivi d’un autre publié en 1954 avec une préface d’une soixantaine de pages : des essais critiques inédits qu’il rassembla sous un titre de son crû : Contre Sainte-Beuve, intitulation qui a longtemps suffi à orienter nombre de ceux qui n’avaient pas pris la peine de le lire alors qu’un « Sur Sainte-Beuve » eut semblé plus approprié, plus nuancé mais doté certes d’un éclat moindre. Qu’importe puisque là encore, malgré sa nature non-fictionnelle, cet ensemble allait se retrouver absorbé dans la future Recherche. 

Nombre de ceux qui ne le connaissent que par son titre (certes tiré d’une lettre mais portant sur la préfiguration du roman et non sur ces textes précisément) en ont acquis la conviction que Proust était contre Sainte-Beuve, tout simplement ; elle a été il est vrai renforcée par l’analyse de ceux qui l’avaient lu et en ont déduit le syllogisme suivant : Proust distingue et oppose radicalement le Moi social du Moi créateur, l’un étant superficiel et l’autre profond ; il reprochait à Sainte-Beuve d’expliquer une œuvre par la biographie de son auteur ; Proust était donc contre la biographie. Ce qui a découragédes vocations de biographes, et singulièrement de biographes de Proust qui l’ont lu comme un bref traité de disqualification par anticipation. Il n’aurait pas aimé qu’un inconnu fouillât dans ses papiers, établît des concordances entre sa vie privée telle que exposée par sa correspondance et des pages de son roman, révélât son homosexualité, inventa des serrures etc

Jean Santeuil, écrit à la troisième personne, est d’un intérêt tout aussi puissant puisqu’il peut être lu comme un livre quasi autobiographique de Marcel Proust de vingt-quatre ans à vingt-neuf ans ; il livre ici ses souvenirs d’enfance et de jeunesse, la description des lieux qu’il a fréquentés, ses idées et sa vision de l’art. Non un roman, mais plutôt un essai sur l’âme d’un jeune homme, qui est de façon assez transparente Marcel Proust lui-même (il fait d’ailleurs une fois un lapsus et écrit Marcel au lieu de Jean). Proust l’a écrit à 25 ans, il y a renoncé quelques années plus tard sans que l’on sache au fond pourquoi et n’en a plus reparlé alors que c’est la matrice de son grand œuvre, sa genèse et l’annonce de son unité, celle à laquelle il faut revenir si l’on veut en déchiffrer certains des signes qui agitent secrètement cet avant-texte.

Par cette découverte, Bernard de Fallois a été de ceux qui ont permis de dissiper la fausse image d’un Proust mondain, la légende du oisif esthète et dilettante, drogué de mondanités et esclave de conversations brillantes et superficielles, qui se serait retiré du monde à la fin de sa vie pour écrire son œuvre. A l’inverse, le manuscrit de Jean Santeuil témoigne de ce que son auteur avait commencé bien en amont ce qui allait devenir la Recherche, ce que deux lettres de 1908 évoquaient. En dépit des interruptions, jamais il ne cessa d’être habité par l’invention de son long poème en prose. Sur une page de l’ours manuscrit d’un bon millier de pages de Jean Santeuil qui tenait de la préface, le jeune chercheur fut frappé par cette phrase qui sonnait comme un aveu, un signal et un encouragement à creuser encore :

« Puis-je appeler ce livre un roman ? »Proust1-1024x508

Entre Jean Santeuil et la Recherche, vingt années se sont écoulées. Le narrateur a pris de la bouteille : l’ironie l’a gagné un rien désabusé, ce qui lui paraissait tragique le fait sourire désormais, il est devenu « stupéfiant de lucidité ». Aux yeux de Bernard de Fallois, la Recherche est évidemment tout sauf un roman à clés. Plutôt un roman à lois : en lieu et place de jugements moraux, une recherche de la vérité qui vise à l’universel, gratte le masque des personnages pour trouver l’essence derrière l’apparence, se donne comme loi d’airain le relativisme en toutes choses, tente d’embrasser une totalité à travers une seule histoire qui en contient des centaines comme Balzac avant lui. En dehors de cette commune ambition, et sans reprendre la scie de « l’absence de style » reprochée à celui-ci,  tout les oppose à commencer par l’importance de la métaphore comme manière poétique d’exprimer une vérité et le génie comique qui caractérisent l’écriture proustienne.

Certaines des vues exprimées par Bernard de Fallois paraissent aujourd’hui évidentes tant on en a publié et lu sur le sujet ; mais il faut se replacer dans le contexte de la parution de ces commentaires, en un temps où cela n’allait pas de soi. Proust n’avait pas son pareil dans la mise en scène de la bêtise des gens intelligents, du néant abyssal de la vie mondaine ; il s’y entendait comme peu d’autres pour infiltrer dans son récit les infimes détails qui marquent le passage du temps ; dans son propre registre d’exégète éclairé mais non savant, Fallois n’a pas son pareil pour les relever. On a cru que Proust observait les gens en entomologiste au microscope alors qu’en réalité, c’est au télescope qu’il les regardait. Sous la sécheresse de cœur d’Oriane de Guermantes, Fallois croit déceler de la « méchanceté douce » nourrie de malveillante mondaine ; mais eu égard à sa jouissance au spectacle de la souffrance qu’elle déclenche chez l’autre, ne serait-il pas plus sûr de parler de perversité ? Sous la loupe bienveillante de Fallois, on voit Proust mitonner ses morceaux de bravoure (le magnifique monologue de Charlus bavardant avec le narrateur sur les boulevards, le bal de têtes où chacun porte son masque grimé d’un autre âge à la fin du Temps retrouvéetc) comme Françoise son bœuf en gelée.

manray-portrait-of-marcel-proust-480x365Fallois, qui en son temps a relancé les études proustiennes bien endormies au lendemain de la guerre, tient que la proustologie est généralement décevante :

« Une page de Proust, lue de près et « dans le mouvement », nous en apprend plus sur lui que toutes les thèses qui lui ont été et qui lui seront consacrées ».

Or on peut en exclure cette Introduction à la Recherche du temps perdu, consacrée moins à l’auteur qu’à ses livres. N’étant pas universitaire, sa démarche s’excluant d’emblée de ce champ au cahier des charges si contraignant, et bien qu’il n’ait jamais cessé de chercher sur, dans et au sujet de la Recherche mais en faisant bande à part, en marge, ailleurs, il s’est mis à son service, en humble serviteur, avec ses propres armes de grand lecteur et d’écrivain.

La Recherche, c’est l’aventure d’une vocation. En trois mots : « Marcel devient écrivain » comme Gérard Genette avait résumé ces quelques trois mille pages. Les professeurs en ont fait un classique, ce qui est bien le moins. Mais leurs louanges et leur admiration ont ceci de paradoxal qu’elles risquent souvent de dissuader le lecteur d’entrer dans cette somme romanesque, de s’y frotter, tant elle impressionne par ce qui lui est communément reproché : son extraordinaire densité, la longueur de ses phrases, l’emberlificotage des situations, l’absence d’intrigue romanesque, la complexité des sentiments, et surtout les analyses qu’elle a suscitées. Fallois tenait que Proust est peu lu tant il fait peur. Il inspire la crainte autant qu’il impressionne, ce qui tient à distance. C’était peut-être vrai autrefois mais l’est-ce encore ?

La thèse sur la Recherche que le jeune Bernard de Fallois avait entreprise en débarquant dans le grenier de Mme Mante-Proust, en un temps où nombre de témoins étaient encore visitables (Morand, Cocteau, Halévy, Colette etc), ne fut jamais achevée. Il y renonça au bout de dix ans au moment de quitter l’enseignement (il était prof au collège Stanislas) pour l’édition dont il fera son métier avec le succès que l’on sait – et, titre de gloire méconnu à son palmarès, l’entrée de la Recherche au Livre de poche dont il était le directeur général dans les années soixante… Ce fantôme de thèse surgit au fond opportunément à travers cet ensemble de préfaces lumineuses qui vient de paraître et qui, de l’histoire du roman fait un roman ; et un autre, Sept conférences sur Marcel Proust, qui paraitra au début de l’année prochaine. Deux recueils proustissimes de Bernard de Fallois publiés in abstentia aux éditions de Fallois, à la veille de 2019, année du centenaire du prix Goncourt attribué à A l’ombre des jeunes filles en fleurs

 

 

(« Vue du balcon de la chambre 414, celle que Proust occupait au Grand Hôtel de Cabourg » photo D.R. ; « Proust jeune puis avec ses amis » photos D.R. : « Sur son lit de mort » photo Man Ray)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire.

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commentaires

952 Réponses pour Proust version Fallois, proustien capital

hamlet dit: 6 décembre 2018 à 22 h 53 min

« la complexité des sentiments » chez Proust ?

faux dire à Fallois c’est absolument faux !

les sentiments chez Proust c’est toujours pareil, ce qui ne fait d’ailleurs pas de lui un écrivain mais un idéologue !

parce que les écrivains changent les situations, alors que chez Proust les sentiments et relations amoureuses sont toujours les mêmes !!!

toujours la même histoire d’une personne qui se trompe sur l’objet de son amour, parce que cette personne aime plus le fait d’aimer que la personne qu’elle aime.

c’est tellement toujours pareil que ça en devient presque lassant : au bout du 10ème couple on se dit que là non, c’est trop.

je veux bien que les humains ne soient pas l’espèce animale la plus lucide mais faudrait tout de même pas pousser le bouchon trop loin.

c’est ce qui fait le plus de toort à Proust : ses aprioris idéologiques sur les sentiments.

et là on se dit qu’on échangerait pas toute la Recherche contre 3 pages de Dostoïevski, qui lui est un véritable romancier et pas un idéologue de mes deux qui se noie dans ses préjugés !

Delaporte dit: 6 décembre 2018 à 22 h 53 min

Les lettres de Céline étaient beaucoup plus marrantes. Elles appartiennent de plein droit à sa littérature. Même les lettres de Drieu sont assez comiques, le délire était grandiose.

Berenice dit: 6 décembre 2018 à 22 h 51 min

Hamlet, la phrase est limpide.c’est un livre sur un livre dont l’auteur est mythique et le style pas donné , mais l’homme qui a écrit ce livre ne se considère pas lui même comme écrivain. On le situerait plutôt du côté de la recherche, de l’essai, de l’historiographie littéraire. Le tout présentant l’avantage de comprendre la genèse de la construction de cette oeuvre.

Delaporte dit: 6 décembre 2018 à 22 h 50 min

Dans le Figaro littéraire de ce jeudi, une semaine après le Monde des Livres, on parle de la correspondance Maritain-Claudel-Bernanos. Je suis heureux qu’on mette au pinacle trois grands catholiques, mais je trouve que ce qu’ils disent a beaucoup vieilli. Cela date d’une époque qui commence à dater. Dieu sait si j’aime la littérature de Claudel et de Bernanos, mais ce qu’ils pouvaient se raconter dans leurs lettres ne me fait pas sauter au plafond.

hamlet dit: 6 décembre 2018 à 22 h 46 min

« La Recherche, c’est l’aventure d’une vocation. » exact !

« En trois mots : « Marcel devient écrivain » » ça c’est pas un scoop

« comme Gérard Genette avait résumé ces quelques trois mille pages. » sans doute sa meilleure intuition…

« Les professeurs en ont fait un classique » exact !

« ce qui est bien le moins. » c’est vrai…

Mais leurs louanges et leur admiration ont ceci de paradoxal qu’elles risquent souvent de dissuader le lecteur d’entrer dans cette somme romanesque » hélas oui…

« de s’y frotter » oui

« tant elle impressionne par ce qui lui est communément reproché » : oui tellement…

« son extraordinaire densité » ce n’est pas faux

« la longueur de ses phrases » ça c’est pas un scoop

« l’emberlificotage des situations » exact !

« l’absence d’intrigue romanesque » c’est pas faux

« la complexité des sentiments » ça c’est faux ! c’est même une tarte à la crème proustienne

« et surtout les analyses qu’elle a suscitées » oui, surtout, énormément d’analyses le plus souvent pour ne pas dire grand chose…

« Fallois tenait que Proust est peu lu tant il fait peur. » même JJJ l’a dit

« Il inspire la crainte autant qu’il impressionne » je dirais même plus qu’il impressionne autant qu’il inspire la crainte, comme Dieu…

« ce qui tient à distance » exact !

« C’était peut-être vrai autrefois mais l’est-ce encore ? » autrefois quand ? en tout cas pas au 17è ? ni au 18è.

Delaporte dit: 6 décembre 2018 à 22 h 45 min

Pourquoi, ma chère Ed, ne voulez-vous pas que nous parlions ici des gilets jaunes, en grande livrée dès samedi. Est-ce parce que vous voyez cela par le petit bout de la lorgnette, depuis Hambourg ? L’apprenti-boucher Desnot ne vous a pas fait frémir, de toute sa violence révolutionnaire ? Vous vous dites aussi certainement qu’on ne va pas vous couper la tête, et la décoller admirablement ; et en effet, ce serait certainement dommage, mais si c’est un moyen pour arrêter vos paroles légères et écervelées. Une révolution, ça set à autre chose. Vous avez choisi l’exil, ce qui ne fait pas de vous une suspecte. Mais, de grâce, laissez-nous cogiter sur l’avenir de cette jacquerie, qui, samedi, risque de mettre la gomme et de, définitivement, faire l’économie d’un Macron. Je le souhaite, pacifiquement.

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 22 h 40 min

Eh bien, Jazzi… Je crois que c’est fait : si tu regardes bien l’affiche, tu constates que nos deux noms sont placés à égalité. Et dans le générique, je suis créditée tant de fois que ça me fait carrément rigoler (de l’assistanat aux choix musicaux en passant par la maintenance et donc le scénar’), jusqu’au « catering », c’est dire !!! (sourire !)

Mais défendre ce que je fais, c’est là la difficulté. D’autant que le vrai débat, à mon sens, au-delà de la question « comment s’y prendre pour amoindrir la catastrophe ? » est dorénavant posé plutôt dans les termes « comment faire prendre conscience aux « gens », à ces « gilets jaunes » légitimement courroucés, que leur combat n’est pas contraire au nôtre ?

Et ça, c’est une autre paire de manches. Je pense que le débat de demain soir (paraît que le cinéma sera plein à craquer, tant les gens ont réservé, ça rajoute encore à mon mouvement de recul absolu) ne peut surtout pas faire l’impasse sur cette question primordiale. Mais il est vrai qu’ici, il est malséant de parler de choses qui fâchent. Ne troublons pas le repos d’érudits réfugiés dans les silencieuses bibliothèques (du moins tant que le populo ne vient pas y foutre le feu !!!)

Ah oui, l’affiche : elle est ici, et nos deux n noms y sont définitivement accolés !

http://www.beaubecproductions.fr/

Berenice dit: 6 décembre 2018 à 22 h 38 min

21h45 pour être snob il faut connaitre du monde , dans le cas contraire à quoi cela servirait il de produire cet effort entre deux chats car on ne naît pas snob, on le devient et comme c’est une attitude ostentatoire , elle doit nécessairement avoir un public.

hamlet dit: 6 décembre 2018 à 22 h 37 min

« Il n’est pas de plus claire initiation au monde de Proust que ce livre d’un écrivain sur le livre d’un écrivain, bien que Bernard de Fallois ne se soit jamais considéré comme tel. » comprends pas cette phrase…

je viens de comprendre, c’est un syllogisme :

– pas de plus claire sur Proust qu’un livre d’écrivain.

– cet auteur ne se considère pas écrivain

– il présume donc que son propos n’est pas clair.

heureusement qu’au lieu de s’intéresser à Proust il n’ait pas eu la responssbilité d’une centrale nucléaire, c’eût été un coup à faire sauter la planète.

hamlet dit: 6 décembre 2018 à 22 h 34 min

« C’est peu dire que Fallois voit dans A la recherche du temps perdu un massif romanesque sans exemple et sans précédent » exact !

« malgré La Comédie humaine et les Rougon-Macquart, cycles romanesques qui sont pourtant eux aussi « plus qu’un roman » » c’est vrai

« l’édition du roman par France-Loisirs, fameux club de livres avant l’invention d’Amazon. » c’est vrai

« Elle avait ceci de remarquable qu’elle était vierge de notes infrapaginales, ce qui faisait la joie de Fallois, dont le propre commentaire en était également dénué ». belle idée…

« Manière de signaler au lecteur qu’il s’aventurait là dans un domaine où il ne risquait pas de croiser l’un de ces innombrables universitaires dont les tonnes d’exégèses n’ont pas réussi à ébranler la cathédrale de prose. » génial !

« On peut dire qu’il y a une « version Fallois » de la Recherche, comme s’il l’avait traduite d’une langue étrangère. » ça c’est pas un scoop…

« Il n’est pas de plus claire initiation au monde de Proust que ce livre d’un écrivain sur le livre d’un écrivain, bien que Bernard de Fallois ne se soit jamais considéré comme tel. » comprends pas cette phrase…

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 22 h 32 min

… D’ailleurs, Ed, vous devriez essayer. L’emploi de l’interrogatif, au lieu d’asséner vos perfidies avec aplomb, devrait vous y aider. Songez-y : point d’écriture sans maîtrise des modes, ahahah !

jazzi dit: 6 décembre 2018 à 22 h 31 min

Clopine, d’après ce que tu me dis, et je te crois volontiers, vous devriez signer les films de vos deux noms. Va à la projection et réponds aux éventuelles questions concernant plus directement ta partie ! Un livre, un film, ça se défend, comme un enfant, et il est toujours bon d’entendre les critiques…

Berenice dit: 6 décembre 2018 à 22 h 23 min

D, 20h25, la soprano a même eu besoin d’une couverture de survie pour affronter ce chant, Un col pour poser sa voix tant la perfidie du Beethoven est révélée dans l’oeuvre. Je me demande quand même combien avant la Studer sont mortes d’hypothermie avant la fin .

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 22 h 19 min

… Et de plus, vous confondez « l’insulte » et l’ironie. L’ironie peut-être lourde, ou infamante au fond, mais pas d’insultes directes sous mes doigts…

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 22 h 18 min

M’enfin, ça alors ! Parce que « la lourdeur », « l’ego très fragile », « le nombril que l’on regarde », et le conseil « d’aller consulter », vous appelez ça des petits mots doux, vous, Ed ??? Seriez pas en train de nous faire le coup de la paille et de la poutre, des fois ???

jazzi dit: 6 décembre 2018 à 22 h 15 min

Un superbe film que je vous recommande ! Un cinéaste. De la musique, des mouvements de caméra, des acteurs percutants sur le monde musical underground de Leningrad au début des années 1980. Rocker’s et punks russes, qui ne jurent que par les Beatles, Bowie, les Doors ou Blondie. Son titre « Leto » (l’été) de Kirill Serebrennikov. Le film était en compétition au dernier festival de Cannes. Le cinéaste, arrêté à la fin du tournage, est en résidence surveillée.
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19580853&cfilm=263780.html

Jacques R. dit: 6 décembre 2018 à 22 h 09 min

Je viens de finir de lire « Le Mal qui vient », de Pierre-Henri Castel (éditions du Cerf). L’auteur, sans fournir précisément ses raisons — sans doute considère-t-il que chacun aujourd’hui sait à quoi s’en tenir — affirme que la fin de l’humanité est proche. Nous faisons partie des dernières générations de notre espèce, avant l’apocalypse finale, que l’auteur situe, non pas dans quelques millions d’années, mais dans quelques siècles, trois ou quatre au mieux. Les effets sur les comportements individuels et collectifs de cet anéantissement de l’espèce seront catastrophiques : les derniers humains s’abandonneront à leurs penchants les plus cruels, les plus antisociaux, trouvant dans l’exercice du Mal, sous ses formes les plus abominables, les jouissances qu’un Bien désormais vaincu et inutile ne leur fournira plus. Ainsi triomphera cette pulsion de mort, découverte — inventée — par Freud et qu’il oppose à la pulsion de vie. Pierre-Henri Castel, psychanalyste de son état, n’a garde de l’oublier.

Pourtant, il ne faudrait pas sous-estimer la force de cette pulsion de vie, capable de contrebalancer à tout instant la violence de la pulsion de mort, même au moment où celle-ci paraît sur le point de tout submerger. Cette pulsion de vie, l’auteur l’évoque armée de griffes acérées et quelques peu sanglantes, car ce n’est pas un pacifisme bêlant prêt à tendre la joue gauche qui permettra de faire reculer l’adversaire.

Je me figure qu’à chaque instant de notre vie pulsion de vie et pulsion de mort s’affrontent en nous et que l’une, incessamment, l’emporte sur l’autre. La pulsion de mort est consentement à la mort, consentement souvent installé dans l’être depuis longtemps ; la pulsion de vie, je la vois comme un sursaut incessamment renouvelé, comme un choix violent, joyeux, exalté, dans le moment présent.

A la table où nous dînons chaque soir, ma femme et moi, notre commensal est un septuagénaire affecté d’une toux grasse, crachotante, irrépressible, résultat d’années de tabagisme et de consommation d’alcool. Il nous avouait ce soir que, faute d’avoir été fourni en temps voulu de sa ration de clopes, il avait moins toussé et respiré mieux. Je lui ai donné le conseil suivant : la prochaine fois que vous serez sur le point d’avaler la fumée d’une cigarette, prenez celle-ci et jetez-la loin de vous, ou, mieux, piétinez-la avec rage en la couvrant d’imprécation, dans un accès de haine aussi joyeux que furibard. Ainsi triompherez-vous de cette pulsion de mort tapie en vous sous la forme du poison nicotinien, produit de ces industriels du tabac dont les profits sont inséparables de votre lente mise à mort, sans compter que vous pourrez consacrer à des achats plus heureux les sommes ahurissantes que vous déposez sur l’autel de la mort.

Je me suis avisé, ce disant, que l’attitude des pouvoirs publics à l’égard de la consommation de tabac ne manquait pas d’hypocrisie. La seule attitude véritablement saine et irréprochable serait de l’interdire purement et simplement ; au lieu de quoi, on prélève dans la poche du contribuables des sommes considérables sous la forme de taxes.

De taxes ? Tiens, tiens. sujet d’actualité s’il en est. L’hypocrisie de ceux qui nous gouvernent n’est pas moins grande quand ils dénoncent la violence des (de certains) gilets jaunes. Car enfin, cette violence, ce sont eux qui l’ont suscitée en exerçant sur le peuple une violence non moins grande. Car enfin, qui nous a demandé notre avis au moment de supprimer l’ISF, d’augmenter lourdement la CSG, puis d’inventer cette malencontreuse taxe « écologique » sur les carburants ? Les gilets jaunes (souvent des femmes chargées de famille) aux revenus modestes veulent préserver les moyens financiers réduits qui leur permettent de vivre. De vivre, en somme de permettre à leur pulsion de vie de triompher sur la pulsion de mort, qui est renoncement, soumission et abandon passif au désespoir. Les promoteurs d’une fiscalité injuste, écrasante, sont au service de la mort et de la pulsion de mort.

En somme,dans son principe, la révolte des gilets jaunes me paraît des plus saines, en tant qu’elle est manifestation éclatante de la pulsion de vie, dans toute sa force.

Tout le problème, sans doute, dans notre société comme dans toute autre, reste à concilier la pulsion de vie des uns avec celle des autres. Si possible dans l’harmonie et dans la joie. On s’y met tous ?

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 22 h 05 min

Eh bien, vous fusez plus vite que votre ombre, Ed ! Seriez-vous une de ces épouvantables pestes, assez amusantes quand elles sont des « petites soeurs » dont le jeune âge excuse l’acidité, et fort encombrantes après, quand on s’aperçoit avec désespoir qu’elles ne changent pas ?

raymond dit: 6 décembre 2018 à 22 h 02 min

Charles Dantzig « dictionnaire égoïste », article Proust : « Romancier austro-hongrois ayant écrit en français. Il est psychologue, ironique, apparemment pernicieux, radiologue de fin du monde, citeur de musique légère et en déduisant l’utilité du leitmotiv en littérature, amateur du style crémeux. Et, dépassant ces caractéristiques autrichiennes, il a, comme tous les grands artistes, modifié la conception qu’on se faisait de son art… » A la fin de son article de neuf pages Dantzig ajoute:
 » Il a si bien modifié la conception qu’on se faisait de son art que le ‘roman proustien’ est devenu un genre, jusqu’au jour où un autre grand romancier en a cassé la routine etc. Proust nous fait de l’usage depuis quatre-vingts ans. Viendra un jour où il sera asséché, et nous le laisserons de côté, d’un seul coup et sans même nous en rendre compte. Cela durera vingt, trente, deux cents, trois cents ans; après quoi il reviendra peut-être, dans le calme, rafraîchi, éternisé, comme c’est arrivé à Shakespeare et d’autres grands artistes. Le risque alors, c’est que ce soit à l’état de statue dorée et froide, vénérée dans l’ennui, comme, je ne sais pas, moi, Dante. Une génuflexion, un bâillement, si on allait au café? Ils n’auront pas été à plaindre. »

Ed dit: 6 décembre 2018 à 21 h 45 min

Ce n’est pas une posture. Je n’aime sincèrement pas parler de ni vivre dans l’actualité et vis un peu dans ma bulle. RIen à voir avec du snobisme, peut-être de l’hypersensiblité ou peur de la masse. Ca oui. Mais clopine, si tu regardais autre chose que tu nombril, tu comprendrais mieux les gens, et ne projetterais pas ton arrogance sur eux :)

Ed dit: 6 décembre 2018 à 21 h 42 min

Et toi clopine tu as un côté bérénouche, on t’attaque une fois et tu ne t’arrêtes plus. Va consulter, tu as un ego très fragile. Mon Dieu, la lourdeur. Parle de tes poules et de tes vacances, on aime bien te lire dans ces moments-là. Et non ce n’est pas de l’ironie, puisque Madame se sent offensée au moindre compliment.

Chtimimi dit: 6 décembre 2018 à 21 h 38 min

Ed dit: 6 décembre 2018 à 18 h 46 min
Personne n’a réagi à l’extrait de Woolf. Vous faites iech les vieux.

Si nous ne faisons qu’accélérer votre transit intestinal, qui vous oblige à nous côtoyer ? La gastro, c’est contagieux.
Le billet de Passou, il est possible de le ‘ lire aux cabinets ‘ comme disait le Riton de Clichy. Et pissez tout !

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 21 h 36 min

… Et puis, Ed, sans vous offenser, il y a un côté « Marie-Antoinette » dans la posture « on ne va quand même pas parler des gilets jaunes ici, dans ce havre de paix consacré à la littérature ». Franchement…

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 21 h 32 min

Ed, Marcel Proust « l’hypersensible » savait aussi très bien être totalement exaspérant, égocentrique et assez infect, somme toute, dans la vraie vie. Lire le passage croquignolet du mariage de son frère dans les biographies…

Ed dit: 6 décembre 2018 à 21 h 26 min

J’aime les gens ultra sensibles. Vive les Proust et les Philippe Katerine.
« Mais il était doté aussi d’une très grande virilité » par exemple ?

jazzi dit: 6 décembre 2018 à 21 h 23 min

Il faut bien reconnaitre que Proust était du genre tapette, Ed. Mais il était doté aussi d’une très grande virilité. L’étendue de sa sensibilité était totale !

Ed dit: 6 décembre 2018 à 21 h 23 min

« Spécialiste » n’était pas ironique, clopine. Bref, je ne vais pas m’étendre sur votre personne parce que bon…hein.

La plupart du temps, je ne lis pas ce qu’écris JC sur mon blog, au même titre que Passou ne lit pas toutes nos co.nneries ahah

Soleil vert dit: 6 décembre 2018 à 21 h 07 min

« Lavande dit: 6 décembre 2018 à 0 h 38 min
Présentation de l’éditeur:
« Après la Seconde Guerre mondiale, Sartre déclarait péremptoirement que nous étions «enfin débarrassés de Proust». »

Ce n’est pas la première ni la dernière c… qu’est dite le grand Sartre.
Proust incarne une conception autobiographique de la littérature à l’opposé de celle de Flaubert. Opposition universelle que l’on rencontre avec Fitzgerald et Hemingway

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 20 h 56 min

Ed, excuez-moi de revenir sur des points qui vont certainement finir, si ce n’est déjà commencé, par vous agacer, mais je récuse formellement des expressions du genre « spécialiste de Prosut », me concernant. Je ne suis spécialiste de rien, même pas de moi-même, même si je connais parfois bien tel ou tel ouvrage, ou telle ou telle personne. Un « spécialiste », pour moi, c’est quelqu’un qui a consacré une approche quasi-scientifique à un sujet. Jean-Yves Tadié pour Proust, par exemple…

Merci donc de ne pas insister sur l’ironie qu’il y aurait à affubler la moins « capée » de ce blog de titres auxquels elle n’a jamais prétendu : on me doit bien ça, au moins !

Chtimimi dit: 6 décembre 2018 à 20 h 47 min

Ed dit: 6 décembre 2018 à 14 h 44 min
D. vous la fermez maintenant, je vous aime bien, mais vous la fermez. Ce n’est pas le café du commerce ici. Vous pouvez vous exprimer où vous voulez, notamment sur Twitter, mais mais sur un havre de littérature. On aimerait justement y avoir la paix.

Ed dit: 6 décembre 2018 à 18 h 42 min
Clopine,
On s’en fout de ton avis sur Gilles et John. C’est dingue que personne ne comprenne cela. Le café du commerce, c’est en bas de chez vous, pas sur un blog littéraire où tout n’est que calme et volupté. Parlez de Proust.

Quelle autorité ! Plus facile de faire la loi chez les autres que chez soi.
Supporter Boudu – sauvé du blog de Sergio – qui squatte sans vergogne, soliloque à longueur de journée, et n’hésite pas à s’en prendre aux rares visiteurs de passage.
S’ra pas facile à déloger, monsieur Pipelet. Sabotache, à l’Ed !
La case de Tata Tom-Tom n’est plus un havre littéraire. Devenue le café du commerce.

renato dit: 6 décembre 2018 à 20 h 01 min

Le caractère de chacun-e bien à part, Ed, les artistes qui sont apparus au cours du premier ¼ du siècle dernier — disons avant l’événement des fascismes — ont porté en surface les questions relatives aux diversités, car pouvaient vanter des mentalités ouvertes et une certaine tolerance naturalisée : Woolf ne traite pas Proust de fiotte, elle fait le constat d’une diversité.

https://pin.it/xv2lwpcb6qwi5g

Chtimimi dit: 6 décembre 2018 à 19 h 46 min

UNE CHAMBRE À SOI
Traduit de l’anglais
par Clara MALRAUX
10/18

De nos jours, Proust est complètement androgyne, peut-être même un peu trop féminin. Mais ce défaut est trop rare pour qu’on s’en plaigne, puisque, sans un certain mélange, l’intelligence semble avoir une trop grande prédominance et les autres facultés de l’esprit se scléroser et devenir infécondes.

D. dit: 6 décembre 2018 à 19 h 44 min

elle entendait les oiseaux du jardin s’exprimer en latin.

? Et en quoi voulez-vous qu’il s’exprime, bérénice ?

Delaporte dit: 6 décembre 2018 à 19 h 42 min

On ne voit pas encore se profiler à l’horizon Siéyès et son jeune général vainqueur. Il est encore trop tôt, mais l’histoire bégaie…

Berenice dit: 6 décembre 2018 à 19 h 39 min

19h18 avec le temps , son profil s’aggrava, psychose maniacodepressive avec de plus des hallucinations auditives pour finir ce qui je crois ne figure pas au tableau habituellement admis, elle entendait les oiseaux du jardin s’exprimer en latin. On peut supposer que la chimie actuelle l’aurait équilibrée et peut être sauvée du suicide, ce qui n’est pas assurée. Un de mes copains pensait quant à lui à une dégénérescence précoce ajoutée à sa maniacodepression . Mais elle fut tres active, mondaine, brillante avant tout ceci, dans les archives blog, ed, vous devriez extraire un billet, au moins un, qui lui fut consacré.

Delaporte dit: 6 décembre 2018 à 19 h 38 min

La tension monte. Certains gilets jaunes parlent d’investir l’Elysée. J’ai discuté avec ma vendeuse de journaux, qui était du même avis que moi : ça risque de chier gravement, samedi. Ses Paris Match étaient déjà tous vendus, les gens se ruent sur les reportages à propos de gilets. Il est probable que Match reviendra davantage en détail sur les événements la semaine prochaine, pour faire une sorte de bilan. Si la presse est encore libre. S’il n’y a pas de couvre feu. Si les journalistes putrides ne sont pas tous en prison. Beaucoup de choses peuvent arriver entre samedi matin 9 h et samedi soir 21 h. Ma vendeuse de journaux pensait que la révolte des gens était légitime, vu la conjoncture négative et le manque de réussite du gouvernement. Elle pense à ses enfants, aux étudiants qui, malgré un diplôme, ne trouveront pas de travail. Elle-même subit de plein fouet la crise, malgré son boulot régulier. C’est la plainte de tous les Français de la classe moyenne, qu’on a pu entendre ces jours derniers à la radio. Un extraordinaire échantillons de cahiers de doléances. Alors, oui, des « doléances » il y en a, et les gilets jaunes ont envie de les faire bouffer à Macron, jusqu’à étouffement, pour que la République, la démocratie s’en souvienne. Avant de retourner voter, – si l’Etat de droit est toujours en vigueur, si nous ne sombrons pas dans une période inédite et révolutionnaire où plus personne ne retrouvera son chemin. Ce sera le dernier chapitre d’une séquence ultra-libérale qui finira en eaux-de boudin. Avec peut-être, si nous n’y prenons garde, un dictateur à la clef.

D. dit: 6 décembre 2018 à 19 h 31 min

Je trouve le propos de clopine méprisant pour le prolétariat. C’est vraiment surprenant pour quelqu’un de gauche. Elle veut bien du prolétariat, mais juste la fleur. Le reste elle pisse dessus.

Ed dit: 6 décembre 2018 à 19 h 26 min

C’est tellement le café du commerce ici qu’on m’a serieusement disputée lorsque j’ai eu l’outrecuidance de parler de mes lectures au lendemain de la finale de la coupe du monde. Non mais franchement.

Phil dit: 6 décembre 2018 à 19 h 22 min

Le journal de Mansfield est bien agréable à lire, Dame Clopine, il repose des « vagues » d’humeur parfois répétitives de Miss Woolf. Sorte de répit, comme celui offert par Gide qui recense les fautes de français dans la prose nébuleuse de Proust.

Giovanni Sant'Angelo dit: 6 décembre 2018 à 19 h 16 min


…tout comptes faits,!…
…il vaut mieux, avoir de l’argent, de côté, que des livres,!…
…sauf, les indispensables  » métiers et langues « , et autres gestions de banques,!…
…alors, Proust ou Baudelaire,!…
…trigonométrie 3D,…etc,!…

Ed dit: 6 décembre 2018 à 19 h 15 min

Clopine, vous venez dire à une admiratrice de Calaferte que la littérature n’est pas pacifique…Quel truisme ! Évidemment que non. Mais la lecture l’est profondément. Lire de nos jours est un acte d’insoumission (puisque plus personne ou presque ne lit) profondément pacifique (puisqu’on ne s’adonne à aucune violence ni agitation, mais s’adonne à une activité silencieuse). Alors excuse moi de vouloir un petit salon à l’écart de l’agitation vulgaire de l’actualité. Les chats n’ont rien à voir avec les gilets jaunes. Ta mauvaise foi et ton orgueil te perdront clopine. Et je trouve particulièrement choquant qu’une spécialiste de Proust parlee l’actualité dans un billet consacré à son auteur de prédilection.

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 19 h 13 min

Quant à Woolf, il faudrait d’abord que vous traduisiez l’extrait mis en ligne, ne serait-ce que par respect des non-anglophones. Ensuite se souvenir que Woolf avait, entre autres caractéristiques psychologiques, un penchant pour la jalousie qui l’a amenée, par exemple, à craindre comme la peste Katherine Mansfield, qu’elle jalousait non seulement parce que Mansfield se permettait d’être ouvertement sceptique sur les féministes de son époque, mais encore parce qu’elle était bourrée de talent. Woolf non plus n’en manquait pas, mais elle n’avait ni la facilité ni la grâce de Mansfield. Bon, vous me direz que l’histoire littéraire a tranché : Mansfield est bien moins connue, de nos jours, que Woolf. (enfin, je crois !). Mais en tout cas, cela donne un aperçu sur l’esprit de rivalité qui régnait aussi à Bloomsbury. Et qui pouvait s’exercer contre ce Marcel Proust si… français…

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 19 h 08 min

Et puis je ne vois pas en quoi les chats seraient spécialement un sujet plus adapté qu’un autre. Vous le dites, Ed, « pacifique et littéraire ». L’association de ces deux termes est étonnante : la littérature n’est pas pacifique, enfin, de l’Iliade aux Raisins de la colère nous en avons la preuve. Et si Proust n’avait pas parlé de la guerre de 14-18, dans la Recherche, ni de l’affaire Dreyfus (qui n’était guère un sujet consensuel, à son époque…), l’oeuvre en serait sortie amoindrie.

Bon, ici ce n’est qu’une sorte de « salon », me direz-vous, et le « bon goût » veut que l’ambiance y soit douce, les lumières tamisées, et les sujets choisis… Si on veut,Ed, si on veut, et personne ne peut exiger (sauf notre hôte, qui, l’innocent, s’est toujours à ma connaissance refusé à le faire) déterminer le sujet et l’intérêt des conversations.

Ni le degré de leur « bon goût », de leur pacifisme, ou de leur littéralité…

Ed dit: 6 décembre 2018 à 18 h 58 min

Bon maintenant que j’ai mis une pièce dans le troll, qqn peut réagir à l’extrait de Woolf ? Jazzi ? Elle traite tout de même ouvertement Proust de fiotte.

Ed dit: 6 décembre 2018 à 18 h 56 min

Parce que c’est un sujet hautement pacifique et littéraire berenunuche. On ne peut pas m’en faire reproche car les chats ont pris le contrôle du net depuis bien longtemps. Y a pas que Proust que tu comprends pas, je te rassure.

Berenice dit: 6 décembre 2018 à 18 h 48 min

Vous parlez souvent de vos chattes et personne ne vous en fait reproche. Proust est un auteur qui nécessite des diplômes que je ne possède pas mais je dois concéder que cette lecture inachevée m’a procuré plaisir et fil à retordre. Paul, Jacques R, Chaloux, Phil sont en mesure d’analyser, disserter, penser le style proustien, attendons qu’ils convoquent les personnages et les temps révolus.

Ed dit: 6 décembre 2018 à 18 h 42 min

Clopine,

On s’en fout de ton avis sur Gilles et John. C’est dingue que personne ne comprenne cela. Le café du commerce, c’est en bas de chez vous, pas sur un blog littéraire où tout n’est que calme et volupté. Parlez de Proust.

Berenice dit: 6 décembre 2018 à 18 h 41 min

Ed s’est specialisee dans le fauvisme avec ses curieuses couleurs et devrait noir pour éviter que la couleur ne se barre à droite à gauche , peut être ces progressaient ils angoissés par la pensée du débordement, alors ma théorie est qu’ils ont tels des orfèvre encerclé leurs pigments et opté pour d’improbables teintes afin que personne ne légiférons, d’une pierre deux coups.

Ed dit: 6 décembre 2018 à 18 h 34 min

Et l’autre qui s’assoit en sortant des toilettes sur ma taie d’oreiller fraîchement lavée. Je rêve. Deux petits diables déguisés en anges.

renato dit: 6 décembre 2018 à 18 h 25 min

Fichiers bien à part, D., je ne risque pas d’oublier ce moment-là, car ce fut un petit chef-d’oeuvre dans la représentation de la vie de bureau.

Berenice dit: 6 décembre 2018 à 18 h 05 min

Oui, il semble que vous soyez plutôt que couard, perfide. Voilà qui est bien mieux . J’ai offert un tas de tintin alors qu’étant j’ai surtout lu les Astérix et Lucky L, peu de tintin. Heureusement que renato est là pour mettre à jour vos intentions.

Berenice dit: 6 décembre 2018 à 17 h 55 min

Clopine, les emissions carbones auxquelles on tente de remédier sont aussi le produit de la consommation, des consommations absurdes pas uniquement causée par l’auto. Et puis les avions. Le tourisme de masse, tout ce qui entretient ce qui est devenu industrie et génère profits mais pollutions , dégradations .En plus de l’accroissement démographique, en un siecle la population a triplé et adhere au modèle dominant en consommant immoderement pour se satisfaire et enrichir les capitalistes, forcement il y a problème.

renato dit: 6 décembre 2018 à 17 h 50 min

« Un peu comme dans tintin au Congo avec Milou et le lion… »

Vous n’irez quand même pas jusqu’à « piétiner son manteau » si l’occasion se présentera, n’est-ce pas, D. ?

Paul Edel dit: 6 décembre 2018 à 17 h 44 min

Clopine, qui nous dit qu’au XXII eme siècle -ou même avant- Proust ne sera pas considéré sur une étagère comme une sorte de Paul Bourget décadent?

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 17 h 40 min

Bérénice, en cas d’effondrement de civilisation, il est bien entendu à craindre des mouvements de tectonique des plaques !

Les gilets jaunes crient « ce sont les riches les pollueurs, eux qui prennent l’avion et roulent en 4X4 ! » Ils oublient leur prédilection pour les hypermarchés, leurs parkings et le nutella, mais baste, ils ont raison tout de même…

Bibi ce qui m’interpelle, c’est que ce mouvement est tout de même une lutte des classes, de celle dont on nous a prédit la mort depuis des décennies. Que cette lutte des classes aboutisse à une forme de populisme qui nie les fondamentaux de la démocratie (la représentativité électorale, la liberté de la presse, la séparation des pouvoirs) serait la vraie défaite.

Mais n’est-ce pas à tous les citoyens de le faire comprendre aux gilets jaunes ? Bien entendu, je dis ça, et en passant devant le rond-point de Mauquenchy, je suis tout bonnement incapable de klaxonner, comme on m’y invite, ou bien de simplement répondre aux saluts « amicaux » que l’on m’envoie. Je bloque, car je ne sais pas si la « brave dame » qui agite sa main a, ou non, voté front national. Vu les scores de ce parti dans le canton, il y a un pourcentage de risque que « oui », non négligeable… Et je ne peux pas ne pas le savoir.

Et qu’est-ce qu’elle a dans la tête, cette brave dame avec son gilet, payé règlementairement pour équiper sa twingo d’un crédit Cetelem qui s’en fout bien de la fonte de la banquise ? Que le travail c’est bien, que les migrants c’est mal, que les politiciens sont tous pourris, que les impôts sont insupportables.

Alors comment lui dire que l’impôt n’est pas insupportable, mais simplement injuste, que les politiciens ont des missions de bien public à accomplir, et qu’ils pourraient correctement le faire s’ils n’étaient pas une caste aveuglée par ses propres intérêts, que l’histoire de l’humanité voudrait qu’on arrête l’exploitation de l’homme par l’homme, qui est in fine la cause du drame des migrations, et que le travail, quand il est créatif, n’est pas forcément le signe d’un asservissement physique ou moral, que c’est le capitalisme qui le rend tel ?

Encore faudrait-il que la Dame au Gilet veuille bien l’entendre.

Mais en tout ça, je crois qu’effectivement, la lutte des classes peut amener ça : un bouleversement salutaire, s’il est dégagé de la dégueulasserie brune du populisme haineux. Et s’il s’élève au-dessus des intérêts particuliers, pour enfin discerner le danger que notre civilisation fait courir à la branche sur laquelle nous sommes tous assis : l’anéantissement, sous nos appétits et notre multitude, du monde sensible qui nous a engendrés. Vous avez dit « dette humaine » ???

Berenice dit: 6 décembre 2018 à 17 h 40 min

Jazzi, pour la photo sur son lit de mort, j’ai lu votre commentaire, sans m’être attardée à la légende je le voyais faire la sieste, le bras relevés les mains derrière la nuque. L’effet optique du drap blanc conjugué à une fatigue visuelle si ce n’est un rejet de l’ idée de mort . Cela vous donne un tout autre paysage!

Berenice dit: 6 décembre 2018 à 17 h 34 min

16h59 seriez vous couard? Vous me surprenez, jamais je n’aurais pensé que vous puissiez céder à l’autorité.

Berenice dit: 6 décembre 2018 à 17 h 30 min

Je me suis attachee aux deux premiers tomes de l’édition folio comme j’aurais pu signer un contrat pour une mission impossible, vu mon niveau qui hélas n’atteint pas la requisition. Que puis je en dire? C’est bien écrit.

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 17 h 25 min

Mais bien entendu, Jazzi, je suis bien consciente que, pour certains irréductibles, je continuerai à n’être que « celle qui porte les sacs », ou, au mieux, « qui a un problème de reconnaissance ». Le machisme va jusque là, en Bray…

Berenice dit: 6 décembre 2018 à 17 h 24 min

Delaporte, il y a eu deux morts, et des blessés plus nombreux chez les manifestants. Les lycées bougent pour des motifs différents, des propos forts. Lu dans le monde un titre où il était question d’une réévaluation du salaire minimum. L’Inde et la Chine n’ont jamais autant pollué qu’en ce moment et nous, sommes loin du compte à atteindre pours réduire nos emissions carbone. C’est le mode de vie planétaire qu’il faudrait changer, là les plus défavorisés ont le sentiment de porter une charge qui n’est pas la leur , les impôts indirects sont injustes mais d’un autre côté sur cet abandon de la taxe carburant les gilets jaunes ont obtenu satisfaction. Le pouvoir craint une confluence des mouvements avec à proximité des banlieues incertaines et quoique là où je vis c’est rural et il y a de la casse aussi.

Janssen J-J dit: 6 décembre 2018 à 17 h 24 min

Il faut en finir avec « l’optimisation fiscale » pour les riches (réimposer l’ISF et remonter à 57% ce qui, avec les flax tax était tombé à 30), et en finir avec la « pressoin fiscale » pour les pauvres (diminuer drastiquementla CSG et les taxes carb.). Autrement dit, rendre la fiscalité plus juste et beaucoup plus lisible, remettre tout à plat et expliquer le tout, jusqu’au plus petit échelon. Sinon, le rejet de l’Etat providence comme amortisseur social minimal déjà bien déchiré provoquera une déflagration telle chez les moyens et les appauvris qu’aucun régime démocratique n’y survivra. S’il est avéré que la mondialisation a pu des effets bénéfiques (et pourrait même en avoir sur le climat en s’y prenant bien), ce qui est épouvantable est qu’on n’ait pas su s’en rendre compte plus tôt . Les « GJ » ne sont rien d’autre que des victimes de la mauvaise répartition des bénéfices de cette mondialisation qui n’est pas incompatible avec pas mal de pratiques de décroissance reverdissantes qui viennent progresivement. La seule chose, c’est que ces GJ ne supportent plus la prétendue impuissance des Etats macroniens censés ne rien pouvoir faire (hormis de sauver les banques de leurs cochonneries), face au pognon devenu à ce point concentré dans les pognes de quelques-uns. S’il se poroduit de la violence et de la répression féroce, -j’espère que ce ne sera pas le cas-, la faute n’en sera imputable qu’à cette caste qui nous gouverne aussi mal, et à personne d’autre.
@ Manu Blancha : toutes mes excuses ce matin pour vous avoir salué comme un kouffar, ce qui a eu l’air de vous indigner. Or, c’était juste pour savoir si vous saviez ce que c’était. Et vous le saviez ! Incoroyab les bourdes qu’on peut commettre journellement à l’égard des collègues.
Roz, je vous admire de savoir ainsi résister derrière la porte. Tenez bon !

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 17 h 23 min

Jazzi, oui, je sais. Mais de plus en plus, nos films sont écrits « à quatre mains », et celui-là plus spécifiquement encore – j’en suis bientôt à m’approprier aussi les logiciels de montage, car dans l’histoire de ce documentaire, c’est cette phase-là qui a été la plus délicate en fait. Mais loin de moi l’idée de m’approprier ce qui et restera l’apanage de Clopin : son sens de l’image, du cadrage, et cette bienveillance qu’il a à capturer le monde. Simplement, je suis de plus en plus engagée dans… tout le reste !!!

Paul Edel, il faut tout de même reconnaître que, question immortalité, l’oeuvre de Proust lui a donné puissamment raison.

D. dit: 6 décembre 2018 à 16 h 59 min

Bérénice, je dois vous avouer que m’être fait remettre en place par la blonde hamburgeoise fit naître en moi un inexplicable frisson qui eut pour effet immédiat et sans doute durable ma totale soumission à cette artiste du dressage. Cela ne vous dérange pas trop ?

Delaporte dit: 6 décembre 2018 à 16 h 50 min

De plus en plus, on parle d’éventuels « morts », comme dans une vraie révolution. Les Gilets jaunes veulent venir à Paris terminer le travail. C’est la guerre, désormais. Macron et Castaner vont faire intervenir l’armée ?

Delaporte dit: 6 décembre 2018 à 16 h 47 min

Encore un écho négatif, ne vous en déplaise, Jacuzzi : samedi, ça va chier comme jamais !

____________________________
Les remontées du terrain sont « extrêmement inquiétantes » avec le resserrement du mouvement sur « un noyau dur de plusieurs milliers de personnes » qui viendraient à Paris « pour casser et pour tuer », a expliqué l’Élysée

Berenice dit: 6 décembre 2018 à 16 h 30 min

D, avez vous pris note de l’accident entre un ravitailleur et un avion de l’US Air Force, deux rescapés à 8 h ce matin , un flash info de sputnik, mer du Japon. Sinon, quant à moi, je vous autorise à vous exprimer dans toutes les dimensions bien que je doute que vous fassiez cas des autorisations ainsi que des interdictions.

Paul Edel dit: 6 décembre 2018 à 16 h 18 min

Clopine je continue
à ne pas croire au salut par l oeuvre d art mais je me réjouis chaque jour que Marcel y est crû avec une telle foi ,ce qui a donné La Recherche… comme j aime lire Claudel sans croire une seconde à son grand Gala de l au-delà.

Janssen J-J dit: 6 décembre 2018 à 16 h 06 min

NB/ J’ai oublié de remercier Hamlet (2e rebond, 22.38) pour son témoignage de consolation. Merci Hamlet, pour Shakespeare et Dostoievsky, ça va. Tchekhov, bien sûr, mais beaucoup moinsse (+ ‘tite pointure, à côté). Je ne voudrais surtout pas peiner notre communauté affinitaire, hein.

renato dit: 6 décembre 2018 à 16 h 04 min

« Ça sent le vieux qui souhaite se taper des gamines car il refuse de vieillir. »

Ce n’est pas une date sur un bout de papier, soit-il officiel, qui lui résoudra le problème, et puisque avec le Viagra s’expose à un bel infarctus, il aurait intérêt à s’habituer à la paix des sens.

https://youtu.be/HCTunqv1Xt4

Janssen J-J dit: 6 décembre 2018 à 16 h 00 min

Ce matin, en caguant dans ma toilette comme tout un chacun.e, ai pris au hasard de ma pile à portée de mains, à côté de mes mots fléchés force 6, un livre dirigé par Donatella Della Porta, Clandestine political violence, où j’ai lu, page 253-254, cette citation d’Ulrike Meinhof, de la RAF : « Nous disons que les policiers sont des porcs, qu’un homme en uniforme est un porc, pas un être humain. Et nous agissons envers lui en conséquence ». Mon sang n’a fait qu’un tour en pensant aux GJ de DLP, comme on peut bien l’imaginer.
Il s’agissait, pour cette grande romantique, de « déshumaniser l’ennemi », de le bestialier en quelque sorte, un grand classique de la littérature apologétique du terrorisme domestique.
Cela dit, on ne sait pas trop ce qu’elle aurait pensé de la souffrance endurée par les porcs d’aujourd’hui dans leur scandaleuse comparaison systématique d’avec des policiers. Résulat : je n’ai pas pu me l’expulser des boyaux. J’ai dû partir en 4e vitesse pour le cours, à cause de tout ce temps de réflexion perdu.
Bon, revenons à Proust maintenant, je ne perds pas le nord, voyons voir : qu’aurait-il pensé de la crise de son propre régime menacé par les GJ ? Je pose la question, mais j’ai bien évidemment la réponse. Je me la garde au chaud pour plus tard, néanmoins.

jazzi dit: 6 décembre 2018 à 16 h 00 min

Hier soir sur TF1, j’ai voulu regarder le premier épisode de la série « La Vérité sur l’affaire Harry Quebert », adaptée du roman de Joël Dicker par Jean-Jacques Annaud, avec Patrick Dempsey et Kristine Froseth, dans les rôles principaux.
J’ai assez vite décroché…

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 15 h 56 min

Jazzi, c’est horrible, mais je ne vais pas pouvoir y couper à cette soirée. Je ne sais même pas moi-même ce qui me fait la fuir ainsi. Tout m’est déjà insupportable, l’indifférence comme les applaudissements, l’empathie comme le dénigrement.

La seule chose qui vaille,c’est que je suis bien planquée derrière les larges épaules de Clopin. Mais même cela est un peu « trop » pour moi.

Je crois surtout que je connais trop les défauts du film, je souffre trop de ne pas avoir réussi totalement, à 100%, mon coup, j’ai trop fait de compromis et trop laissé passer de scènes qui n’étaient satisfaisantes que « grosso modo », bref, je suis pleine, à ras bord, de « repentirs »… Non esquissés, et qui ne le seront plus, de toute éternité..

Ah là là.

renato dit: 6 décembre 2018 à 15 h 51 min

« Nous pouvons aujourd’hui choisir notre travail, genre, orientations politique et sexuelle. Nous avons même le droit de changer de nom. Alors pourquoi ne pas avoir le droit de changer d’âge ? »

Parce que l’âge est une donnée qui decoule du Temps Burocratique.

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 15 h 49 min

Paul Edel, ben oui, je suis d’accord avec vous me semble-t-il : l’oeuvre d’art seule, pour vaincre la finitude… Mais qui la vainc, in fine…

Si je parle, en évoquant Proust, d’une voix provenant des intérieurs désespérés de la finitude, (bon dieu, à la relecture, cette phrase elle-même est désespérante, mais hélas, je ne vois pas bien par quoi la remplacer), j’essaie surtout d’exprimer une sorte d’intuition qui s’impose souvent lors de mes (re)lectures des passages proustiens. A savoir que les sentiments les plus ardemment célébrés d’habitude, comme l’amour, l’amitié, la droiture, la modestie, la générosité, la compassion, sont bien entendus broyés et disséqués à loisir dans la Recherche, retournés comme on dépouille un lapin de sa fourrure ou comme on éviscère la grenouille sur la paillasse du laboratoire. Et mon intuition est que c’est précisément le désespoir de la finitude humaine qui permet et inflige à Proust une telle lucidité désenchantée, dont il n’exclut, et encore, que l’amour familial et l’oeuvre d’art.

C’est en ce sens que Proust est, à mes yeux, le plus grand écrivain athée de tous les temps : en transformant le désespoir de la finitude en triomphe littéraire, en quelque sorte…

Mais je vais suivre votre conseil, et relire le Temps Retrouvé. Dès que j’aurai fini ce qui m’occupe en ce moment, et qui se situe plutôt du côté de Sodome et Gomorrhe…

Et puis, une petite question, puisque Proust, au fil de toutes ces années eredéliennes, est devenu un sujet récurrent entre nous, comme un marronnier quoi : il me semblait qu’autrefois, vous récusiez le « salut par l’oeuvre d’art », que je voyais, moi, dans le Temps Retrouvé précisément. Vous auriez donc changé quelque peu d’avis ???

Ed dit: 6 décembre 2018 à 15 h 28 min

Lavande,

J’ai entendu parler de cette histoire. Ça sent le vieux qui souhaite se taper des gamines car il refuse de vieillir. Des bananes comme lui, il y en a à la pelle.

christiane dit: 6 décembre 2018 à 15 h 13 min

Comme j’aime les esquisses, les questions plutôt que les réponses, cette nouvelle brève « La Villa » que Paul Edel a publiée sur son blog, hier, me semble une expérience de lecture qui ouvre à la relecture plus qu’à une suite. Une nouvelle évidée de tout superflu. J’y retrouve son regard acéré sur l’existence, tendre et cruel, des détails que l’on aurait négligés et qui montrent ce qui est décalé, non-dit des choses qui ne nous appartiennent pas, ces ellipses. Ici, le passé énigmatique d’une maison parmi tant d’autres, porteuse de mémoire et la mer, immuable, fidèle. Il y a bien là une histoire dont l’inachèvement ressemble à ce qui s’efface quand on fermé la porte d’une maison saisonnière. Une nouvelle évidée de tout superflu.
Proust écrivait dans Le Temps retrouvé :
« […] décrire des hommes […] plongés dans les années à des époques vécues par eux, si distantes, entre lesquelles tant de jours sont venus se placer – dans le Temps. […] »

Lavande dit: 6 décembre 2018 à 15 h 11 min

L’Usage du Temps
(Le Monde)
Aux Pays-Bas, un tribunal refuse de rajeunir de vingt ans un sexagénaire.
« Nous pouvons aujourd’hui choisir notre travail, genre, orientations politique et sexuelle. Nous avons même le droit de changer de nom. Alors pourquoi ne pas avoir le droit de changer d’âge ? »
d’où sa requête pour voir sa date de naissance passer du 11 mars 1949 au 11 mars 1969 dans son passeport.

C’est peut-être ça « le Temps Retrouvé » !

Ed dit: 6 décembre 2018 à 14 h 44 min

D. vous la fermez maintenant, je vous aime bien, mais vous la fermez. Ce n’est pas le café du commerce ici. Vous pouvez vous exprimer où vous voulez, notamment sur Twitter, mais mais sur un havre de littérature. On aimerait justement y avoir la paix.

Ed dit: 6 décembre 2018 à 14 h 40 min

Ce que j’ai lu sur Proust il y a deux jours dans « A Room of one’s own » de Woolf.

« In our time Proust was wholly androgynous, if not perhaps a little too much of a woman. But that failing is too rare for one to complain of it, since without some mixture of the kind the intellect seems to predominate and the other faculties of the mind harden and become barren. »

Assez culotté.

christiane dit: 6 décembre 2018 à 14 h 24 min

J’aime ce qui interpelle Paul Edel (à 13 h 14) quand il lit « La Recherche » mais j’aime aussi ce qui a interpelé Bernard de Fallois quand il a lu ces mêmes livres (il y en avait quinze à l’époque) et il avait 15 ans…

D. dit: 6 décembre 2018 à 14 h 22 min

Le 11 septembre 2001 Bush junior à continué à exercer le pouvoir depuis Air-Force one, qui faisait des bonds de bases en bases.
C’est une bonne stratégie relativement transposable en France et ses pays voisins alliés. On en est certes pas là mais ça peut basculer très vite.
Le mieux serait bien entendu que le Président donne sa démission ce soir. La pression retomberait grandement. Enfin je serais lui c’est ce que je ferais sans hésiter.

gisèle dit: 6 décembre 2018 à 14 h 21 min

Musique…de saison. Opéra Bastille, 2 dernières représentations de « Simon Boccanegra » de Verdi, Ludovic Tézier, baryton, dans le rôle de Simon Boccanegra, le corsaire devenu Doge. Superbe.

christiane dit: 6 décembre 2018 à 14 h 17 min

Cet entretien, « L’histoire d’un roman est un roman », paru dans « Genesis 36/2013 » permet à Nathalie Mauriac Dyer de poser à Bernard de Fallois les questions… que lui-même se pose sur ce qui a précédé la parution de son livre. Une sorte de mise en abyme… Ses réponses éclairent d’un peu d’adolescence le billet de Passou :
https://journals.openedition.org/genesis/1135

D. dit: 6 décembre 2018 à 14 h 13 min

Stratégiquement toutes ces personnes, qui se comptent en dizaines, doivent être placées dans des lieux inattendus, correctement protégés, et équipés de moyens de communication permettant un transfert en direct ou en léger différé d’une prise de parole filmée. Les bases aériennes militaires conviennent parfaitement, il faut prévoir des appareils prêts à décoller.

rose dit: 6 décembre 2018 à 14 h 11 min

Ce matin, plus de 30 personnes à la poste du village venant vider leurs comptes.
Restons calmes.
De nouveau, coups énergiques et sonneries ré pétées directement à la porte de l’ appartement. Sans s’annoncer.
Acharnement.
Avocate prévenue, en audience.
Nous n’ ouvrons pas.

renato dit: 6 décembre 2018 à 14 h 10 min

Ne mêlez pas tout, D. Il y a une difference entre la nature des conflits d’intérêts entre bandes rivales et celle de l’action de la police.

raymond dit: 6 décembre 2018 à 14 h 00 min

Je crois me souvenir que le projet initial de la Recherche était: 1.Swann, 2.Guermantes, 3.Temps retrouvé. L’ensemble devait s’appeler « L’adoration perpétuelle »… mon souvenir est flou. Je ne sais plus où j’ai lu ça… Peu importe. Le vrai projet était de faire une oeuvre immortelle contre le temps, c’était une vision esthétique finalement traditionnelle, une oeuvre qui traverse les époques et les siècles. La mort de Bergotte, la fin du Temps Retrouvé désignent s’il en était besoin, cette volonté farouche de créer une oeuvre pour demeurer et braver le Temps.
Certains l’aiment tellement qu’ils en viennent à penser: Proust est l’autre nom de la littérature (Barthes), ce que je partage largement.

D. dit: 6 décembre 2018 à 13 h 58 min

Oui renato je vous rappellerai quand même que la majorité des morts par balle aux Etats-unis chez les noirs sont le fait d’autres noirs.

D. dit: 6 décembre 2018 à 13 h 54 min

Si Macron ou certains hommes ou femmes occupant des fonctions-clé se faisaient accidentellement « coincer », par exemple au cours d’un deplacement nécessaire, ça canarderait certainement à balles réelles, voire à la petite artillerie. Il y a ça dans certaines voitures.
Je pense aux minustreses, aux chefs d’état-majors, aux préfets, aux directeurs de police ou d’administrations stratégiques.
C’est la ligne à ne pas franchir.

renato dit: 6 décembre 2018 à 13 h 54 min

« … à balles réelles. »

Dans nos États, démocratiques et fondés sur le droit, déjà les balles en caoutchouc sont de trop. Bon, d’accord, au USA ils tirent sur les noirs à balles réelles, et dans le dos. Encore heureux, donc ?

Lavande dit: 6 décembre 2018 à 13 h 50 min

« il répondit : « Si tu ne sais pas, pourquoi poses-tu la question ? ».

J’espère qu’il n’était pas enseignant.
On peut envisager que le questionneur trouve lui-même la réponse, avec un peu d’aide, c’est la maïeutique socratique. Mais le point de départ est quand même bien d’arriver à formuler la question.

D. dit: 6 décembre 2018 à 13 h 45 min

Delaporte, il peut y avoir un moment charnière : celui où les autorités encore aujourd’hui considérées comme légitimes tireront à balles réelles. Il faut espèrer qu’on ne l’atteigne pas.

renato dit: 6 décembre 2018 à 13 h 43 min

Sans erreurs typographie : 5 livres conseillés par Gates :

Tara Westover, Educated ;
Paul Scharre, Army of None ;
John Carreyrou, Bad Blood ;
Yuval Noah Harari, 21 Lessons for the 21st Century ;
Andy Puddicombe, The Headspace Guide to Meditation and Mindfulness.

jazzi dit: 6 décembre 2018 à 13 h 25 min

« Que nous préparent les Gilets jaunes pour samedi ? »

Si tu ne sais pas, pourquoi poses-tu la question, Delaporte ?

renato dit: 6 décembre 2018 à 13 h 23 min

5 livres conseillés par Gates :

Tara Westover, Educated ;
Paul Scharre,
Army of None ;
John Carreyrou,
Bad Blood ;
Yuval Noah Harari,
21 Lessons for the 21st Century ;
Andy Puddicombe,
The Headspace Guide to Meditation and Mindfulness.

Phil dit: 6 décembre 2018 à 13 h 18 min

sans oublier le pillage des appartements de BHL à l’Etoile, dear Delaporte. les vestes jaunes ne veulent oublier personne.

Delaporte dit: 6 décembre 2018 à 13 h 14 min

Que nous préparent les Gilets jaunes pour samedi ? Sera-ce la véritable insurrection ? Ce qu’on lit dans la presse putride (désolé, Lavande !) n’est guère optimiste. Les représentants de l’Etat s’attendent au pire, et même à des morts, comme si les insurgés allaient envahir les lieux de pouvoir, éliminer les gens qui y sont et les remplacer par un nouveau pouvoir insurrectionnel, une sorte de commune révolutionnaire. Voilà ce qui risque d’arriver. Plus de Macron, plus de Castaner, plus de Philippe, mais des profils patibulaires qui tiendront désormais les manettes. Non pas une « révolte », mais une « révolution », avec des Desnot à chaque coin de rue. Jacuzzi, les apprentis-bouchers en face de chez vous commencent-ils à remuer ? Avez-vous, avec vos jumettes de voyeur, des slogans apparaître ? des exercices militaires ? Et pour finir l’art de la découpe des têtes humaines…

Paul Edel dit: 6 décembre 2018 à 13 h 14 min

Clopine, vous écrivez : » on se dit que l’universalité de Proust ne provient pas seulement de l’universalité des thèmes abordés, de cette voix qui nous monte des intérieurs désespérés de la finitude, mais aussi de la violente interpellation du lecteur qui en résulte. » Excusez-moi d’exprimer de légères divergences. Ce qui m’intéresse dans Proust et sa « recherche » c’est que justement il introduit des situations et des expériences personnelles bien particulières et qui ne sont en rien « universelles »,mais socialement bien particulières..je n’ai pas vécu ce qu’il raconte ,en décrivant un milieu que j’ignore. Exemple : l’angoisse du soir du narrateur quand sa mère tarde pour le rite du baiser du soir .. je n ai jamais connu cette angoisse, mais cela m’intéresse de connaitre son expérience si singulière..enfant, j’avais surtout peur des sorcières dans les reflets de l’armoire, prêtes à me bouffer tout cru.. L expérience que me communique Proust pour m’introduire dans des milieux mondains me fascine comme si on me parlait de la planète Mars.. De plus, Je n’ai jamais connu ces petites extases de la « mémoire involontaire « qui surgit d’une madeleine trempée dans du thé, ou dans les plis d’ une serviette amidonnée.. Cela me parait aussi beau qu’un conte de fées pour adultes et que la métamorphose d’une citrouille en carrosse… . Enfin, Clopine, tout ce monde des Guermantes, des Charlus, des Norpois, des Cottard, je ne l’ai jamais connu et je remercie Proust de m’y introduire en qualité d’ambassadeur si indiscret, si méticuleux, avec les dons d’une mémoire si outrageusement fertile que je me demande pas si, parfois, il ne possède pas, comme un insecte, un sens supplémentaire ou démesurément développé.. Il arrive même de me demander si parfois, il ne laisse pas son imagination en roue libre, avec les délices d’un prestidigitateur devant une salle médusée par ses foulards sortis du chapeau…
Chez Proust c’est le monde des salons 1900 , disparu, qu il a fréquenté qui m’intéresse, et pas du tout son « universalité » à propos des sentiments comme par exemple « la jalousie »,qui tient une place démesurée, car la mienne de jalousie n’a rien à voir avec celle de ses personnages.
Quand vous évoquez « cette voix qui nous monte des intérieurs désespérés de la finitude »,pour dire simplement qu’on a peur de la mort », alors là, je n’avais pas compris du tout ça en lisant le Proust du « Temps retrouvé ».. J’avais cru comprendre que notre cher Marcel avait déployé des efforts incroyables dans son lit plein de miettes de madeleine, en écrivant sans cesse, pour s’ acharner à donner, avec « le temps retrouvé » une extase finale. Les jalons allaient de la madeleine aux pavés inégaux. J’avais cru que son effort pour faire exploser le Temps, avait été couronnée de succès par cette œuvre même dressée superbement contre l’oubli et la disparition. Là, donc, pas question « d’intérieurs désespérés de la finitude » mais au contraire une victoire contre l ‘oubli avec cette « Recherche » qui atteint ce qu’il nomme « la réalité spirituelle » Il insiste Marcel pour dire qu’il y a un absolu intemporel qui se dégage de son œuvre.., et que sa mission artistique fut de dégager « l’essence de nos sensations », selon ses termes.
Les arbres de Méséglise, aussi bien que la mare de Montjouvains, sont définitivement sauvés des remous fugitifs du fleuve temps.. Il nous fait accéder à l’intemporel, il libère dans ses révélations « des atomes d’éternité. »
Lisez bien Clopine la fin du passage de la soirée chez les Guermantes, et notamment les trois dernières pages de la « Recherche »(pas le temps de les recopier, j’ai faim..) ,là où le narrateur explique que devant ce vertige des années passées ,cramées, cerné par des vieillards à cheveux gris-comme les siens- son œuvre se tenait là pour protéger hors du Temps et de l’oubli « cette sonnette qui annonçait Monsieur Swann » .

renato dit: 6 décembre 2018 à 12 h 56 min

Voyons, Jacques ! Quelqu’un posa à David Tudor une question relative au processus ; il répondit : « Si tu ne sais pas, pourquoi poses-tu la question ? ».

Avant de me presenter à celui qui devint mon prof de composition, j’ai étudié son œuvre.

Avant de d’accepter le post d’assistent d’un artiste — dont je ne ferai pas le nom —, j’ai étudié son œuvre et l’apparat critique relatif.

« Si tu ne sais pas, pourquoi poses-tu la question ? », ne renvoie à rien rien d’élitiste. La difference entre Temps et Usage du Temps est tellement évidente que l’on peut recevoir comme une insulte n’importe quelle demande d’explication.

jazzi dit: 6 décembre 2018 à 12 h 48 min

Bref, à part agiter des noms, des titres d’oeuvres, pour faire chic, renato, faut pas compter sur vous pour en savoir plus ?

jazzi dit: 6 décembre 2018 à 12 h 40 min

Clopine, je ne sais pas trop quoi te répondre. Généralement, cinéastes, scénaristes ou acteurs de films aiment rencontrer leur public, guetter leurs réactions. Préférant sans doute entendre plutôt leurs éloges que leurs critiques ?
(juste un amateur de cinéma, pas de Monsieur stp)

renato dit: 6 décembre 2018 à 12 h 38 min

D’ailleurs, Sophia Coppola aussi pourait bien traduire en images quelques segments de la Recherche — voir Lost in Translation —.

jazzi dit: 6 décembre 2018 à 12 h 33 min

« perdre mon temps en expliquant quelque chose qui fait partie du bagage de n’importe quel créatif »

On a toujours l’étrange impression chez vous, renato, que la culture est matière à thésauriser, surtout pas à partager, et encore moins à discuter. Vous ne venez au commentarium que pour nous faire admirer votre collection de photo ?

renato dit: 6 décembre 2018 à 12 h 19 min

Jetez, éventuellement, un coup d’œil à De brevitate vitae de Sénèque ; du même, à propos de l’Usage du Temps, il y a aussi quelques lettres — Epistolae morales ad Lucilium —, mais pas envie d’épaissir ce contenant.

Cela dit, je ne vois pas pourquoi je devrais perdre mon temps en expliquant quelque chose qui fait partie du bagage de n’importe quel créatif.

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 12 h 14 min

Jazzi, toi qui es le Monsieur Cinéma de ce blog, sais-tu pourquoi il est si difficile de revoir un film qu’on a conçu ? Enfin, je dis ça parce que je pense n’être pas la seule dans ce cas.

La simple idée de voir une salle pleine de spectateurs et de « guetter » leurs réactions, de voir s’ils sourient bien à l’endroit où tu as pensé qu’ils allaient sourire, ou réagir au moment que tu as choisi, me remplit de… répulsion, oui, je crois que c’est le terme. OU d’une vague nausée.

Evidemment, et comme d’hab’, je suis seule sur ce coup-là. Clopin est tout bonnement scandalisé par ma réaction, et la rejette tant qu’il fait comme s’il n’a rien entendu de mes faibles évocations d’une possible absence de ma part à la prochaine projection du documentaire. Et pourtant, je suis, tel le rat bloqué dans la cage, en train de chercher une issue, même crapuleuse, pour NE PAS y aller…

Sais-tu s’il y a beaucoup de -ne disons pas « réalisateurs », mai au moins « scénaristes », dans mon cas ?

jazzi dit: 6 décembre 2018 à 12 h 13 min

Quel mépris, renato. Expliquez-nous plutôt quel est ce « processus » : l’usage du temps versus le temps ? Quant au cinéma de David Lynch, plus que la temporalité, c’est l’étrangeté, une forme de fantastique qui prédomine chez lui.

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 12 h 08 min

X, non, je ne connais pas, mais il semble, d’après l’article mis en ligne, qu’il ait été lui aussi victime du « syndrome de la recherche » : ce besoin de faire état de sa lecture.

Et de se « définir », après cette lecture … Par ce statut de « lecteur de Proust ». Cet envie de marquer le passage « avant » (avoir lu), « après ». Et pas seulement pour célébrer la « victoire » que représenterait l’aboutissement d’une lecture « difficile », qui serait ainsi un « marqueur » entre « ceux qui peuvent » (lire Proust, en ont la capacité), et « ceux qui ne peuvent pas » (taxés d’inculture ou de faibles capacités intellectuelles, ahahah !). Mais surtout parce qu’on est poussé par l’irrépressible besoin de s’expliquer à soi-même pourquoi il a fallu qu’on aille planter son drapeau sur cet Everest littéraire-là.

renato dit: 6 décembre 2018 à 12 h 02 min

Je parle d’Usage du Temps, pas du temps, Jacques. Lorsque vous n’avez pas l’expérience d’un processus, informez-vous ou taisez-vous ; ou plutôt, contentez-de nous raconter votre perception du dernier film que vous avez vu, c’est largement suffisant. Bien, cela étant dit, gin tonic.

jazzi dit: 6 décembre 2018 à 11 h 41 min

La narration cinématographique a intégrée depuis toujours, à coup de flashbacks ou de feedbacks, l’usage du temps, renato. On en parlait récemment avec Paul Edel à propos des « Fraises sauvages » de Bergman…

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 11 h 10 min

Lavande, oui, merci. Dommage que je ne puisse me les faire offrir pour Noël !!!

Avez-vous vous aussi participé au Proust Lu ?

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 11 h 08 min

Jazzi, bien sûr, bingo ! Le parti pris de Véronique revient en fait exactement à cela : en « faisant raconter » la Recherche, on la dépouille forcément des digressions et analyses, et on en arrive à un fort dépouillé « Albertine a disparu », par exemple…

L’autre avantage, et je ne sais si de Fallois (on dirait un nom de curé ou d’évêque chez Flaubert ou Balzac !) en a parlé, c’est que le phénomène absolument fascinant, à mes yeux au moins, du « lecteur de Proust » prend ainsi la place à égalité avec l’oeuvre.

Et quand on sait à quel point chaque lecteur de la Recherche (ou presque) ressent le besoin de faire état de sa lecture, met en avant sa posture de lecteur et en tire sa propre compréhension de l’oeuvre, on se dit que l’universalité de Proust ne provient pas seulement de l’universalité des thèmes abordés, de cette voix qui nous monte des intérieurs désespérés de la finitude, mais aussi de la violente interpellation du lecteur qui en résulte. Peut-être pas à parts égales (faut pas déconner, il y a ici un indépassable du style, de la littérature), mais au moins avec autant d’intensité. Pour bibi, bien sûr, pour bibi.

Giovanni Sant'Angelo dit: 6 décembre 2018 à 9 h 38 min


…la caricature, un livre qui en dit long,!…

…le sens du lucre, avant l’art, en moins,!…

Lavande dit: 6 décembre 2018 à 9 h 19 min

Clopine, vous avez vu que vous aurez les moyens de vous offrir les « Sept conférences » qui ont l’air effectivement très intéressantes.
De quoi surfer (ou kayaker) sur votre vague à larmes.

Phil dit: 6 décembre 2018 à 8 h 54 min

Deux photographies qui donnent la mesure de Proust, Freddy Mercury en raquette et profil profil cerné christique. pas sûr que Proust ressorte vivant de l’époque ipodée.

renato dit: 6 décembre 2018 à 8 h 46 min

En admettant que cela puisse l’interesser, je ne vois qu’un réalisateur qui a les qualités pour mettre Proust en images, David Lynch, car le sujet réellement develloppé dans la Recherche est l’Usage du Temps, et ça n’est que l’une des qualités du cinéma du réalisateur cité.

jazzi dit: 6 décembre 2018 à 8 h 12 min

Mais ainsi, La Recherche ne perdrait-elle pas son style (le style, c’est l’homme) et du coup ne se réduirait-elle plus qu’à un théâtre de marionnettes ?
Il me semble que c’est la démarche qu’a adopté, pour son adaptation télévisuelle, Nina Companeez. A l’opposée de celle de Raoul Ruiz, qui a essayé de traduire en images (plus baroques toutefois que gotiques) le style proustien proprement dit.

jazzi dit: 6 décembre 2018 à 7 h 56 min

A-t-on déjà tenté de publier une version de la Recherche « débarrassée » de toutes les annotations psychologiques et analytiques de l’auteur-narrateur Proust ? En ne conservant que les personnages en situation. Rien que pour voir si le roman, réduit à sa seule fiction, tient le coup. Ne serait-ce pas le scénario idéal pour son adaptation cinématographique ?

jazzi dit: 6 décembre 2018 à 7 h 37 min

« Ou lorsqu’il fait de la pédérastie « le grand sujet de son livre et la grande question de sa vie » à l’égal d’un prisme exclusif de sa vision du monde. »

Quand c’est moi qui le dis, on me rétorque que je ramène tout au sexe ! Là, Passou dit que Bernard de Fallois, qui fait loi, en fait trop. Ce qui revient au même ?

jazzi dit: 6 décembre 2018 à 7 h 22 min

Les fils de médecins seraient-ils les plus mal soignés ? Proust et Flaubert ont eu une très mauvaise hygiène de vie…

jazzi dit: 6 décembre 2018 à 7 h 19 min

Sur la photo de Man Ray Proust à l’air de sourire à la mort. Comme soulagé, apaisé de n’avoir plus à vivre, souffrir, écrire et pouvoir enfin dormir, d’un sommeil éternel !

rose dit: 6 décembre 2018 à 1 h 31 min

Préparez vos mouchoirs les deux premiers tiers.
Après, cela part en vrille dès que le QI à 158 entreprend son initiation sexuelle.
L’ apprentissage obligé de Mozart par Michel Serrault est un morceau d’anthologie. Ai hurlé de rire. Comme une andouille, êtes.
Les deux m’ font de la peine à tant vouloir comprendre. Mais Depardieu en marcel il y a trente ans crénom !
Et puis le gosse qui demande est- ce qu’ il y a des poils dedans ? Les questions des garçons. Feraient mieux de pêcher à la ligne, qu’ on ait de quoi becqueter ce soir.

Les gilets jaunes lâcheront pas le morceau pour des miettes. Macron va y laisser son poste. Ses chouchous aussi. L’ est pas obligé de finir comme Volpone.
Vais pas chercher non plus ce que j’ ai bien pu écrire de travers.
Demain, il fera jour.
On ira voir Pupille.

rose dit: 6 décembre 2018 à 1 h 22 min

Un opiomane s’ en fout des pavots.
Ce qui compte c’ est sa pipe à eau.

—-
dieu merci y a- t’ il des cordages sur un bateau

—-
Amazon à Port de Bouc est bloqué par ses propres chauffeurs : 6 jours de travail sir 7 à 12 heures par jour pour 1100 euros par mois.
—-

À Aix en provence autoroute bloquée et camions aussi. À Manosque pareil. À Forcalquier quatre Renault/Trafic de gendarmes partent à 14h à la queue leu leu. Les pompes à essence sont prises d’ assaut.

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 1 h 05 min

Lavande, l’oeuvre au long cours de Véronique, c’est « Proust lu » : elle fait lire à qui veut participer une page de la Recherche, en filmant le lecteur face caméra, sans aucun artifice, et cela donne quelque chose comme 6 à 7 journées ET nuits où les différentes « lectures » se succèdent. C’est projeté dans des salles garnies de coussins, on entre, généralement pour « se voir lisant », on croit qu’on va y passer un quart d’heure et puis on reste beaucoup plus longtemps, peso 3 à quatre heures d’affilée tout de même, car le film est fascinant. Les lecteurs vont de personnalités connues à de parfaits inconnus, ce sont eux qui choisissent l’environnement dans lequel ils interviennent. Je ne sais où Véronique en est, sans doute au début de La Prisonnière, parfois j’ai l’impression qu’elle mourra avant la fin de son « Proust Lu », mais je lui souhaite évidemment le contraire !

Dans ce cadre, elle est venue chez nous, en Bray, et comme elle n’est pas une réalisatrice pour rien, je veux dire qu’elle a ce don rare de conviction qui fait qu’il est extrêmement difficile de lui dire « non », elle a entraîné dans l’aventure à peu près tous les beaubecquois. Mais je suis sûre que si vous l’invitiez à Grenoble, elle ferait lire la Recherche à tout votre entourage, troupe de théâtre compris !!!

Oui, le projet que je concocte avec elle est un peu différent de ce Proust Lu, et il est né de mon adhésion totale à son dernier film. (après un remarqué : « je suis Anne-Marie Schwarzenbach », qui était son avant-dernier film). Ce film est presque un… documentaire, il ne ressemble à rien, dans sa forme, à ce à quoi on pourrait s’attendre, et au départ, il m’a fait bien peur…

En effet, ma conviction qu’on ne peut adapter Proust au cinéma est inébranlable, et voilà que le dernier film de Véronique s’appelait : « Albertine a disparu ». Mince, me suis-je dit (poliment, mais j’aurais tout aussi bien prononcer un « merde », retentissant), voici que Véronique, avec laquelle je partage la plupart de mes sentiments sur Proust, au premier rang desquels est que la Recherche est universelle et surtout pas « réservée » à un public particulier, élitiste ou non, bourgeois ou universitaire, merde, donc, me suis-je dit, voici que Véronique adapte Proust ! J’en ai gémi, intérieurement, tant je m’apprêtais, par amitié pour elle, à me consacrer très attentivement à la vision de son film, tout en, proustienne littéraire irréductible, n’y croyant pas du tout !!!

C’est dans cet état d’esprit que je suis allée à la projection d' »Albertine a disparu ». Et toutes mes craintes se sont envolées, car il s’agit de toute autre chose que d’une adaptation. En fait, ce que j’ai vu m’a tant ravie que… Commençant à concrétiser un vieux projet commun, j’ai fait une proposition à Véronique, que cette dernière m’a fait l’honneur et l’amitié d’accepter (avec enthousiasme, en plus.) Je n’en dis pas plus pour ne pas dévoiler trop nos « manigances », m’enfin si cela aboutit, ce qu’à dieu ne plaise, j’en serais à la fois infiniment fière et si reconnaissante à Véronique – en qui j’ai toute confiance, c’est dire.

Mais évidemment, cela demande du travail et des fonds. Je me fais confiance pour le premier terme, et on verra bien pour le second. Mais justement : j’ai passé mon après-midi a travailler là autour, j’ouvre l’ordi et… Je tombe sur l’article de notre hôte. Vous avouerez que certaines coïncidences sont troublantes : comme si un opiomane, de retour de fumerie, se trouvait transporté dans un champ de pavots !!!

Delaporte dit: 6 décembre 2018 à 0 h 45 min

Mais notre chère Lavande me fait comprendre qu’à propos de Blier j’aurais dû écrire « déjection putride ». Ouf, merci, cela manquait.

Delaporte dit: 6 décembre 2018 à 0 h 38 min

« Delaporte : un commentaire, de temps en temps, sans « putride » ou « années stupre », ce serait reposant non ? »

Ah, Lavande, vous aimez le repos ? Comme je vous comprends ! Je vais faire un effort, mais 1° tous mes commentaires ne comportent pas ces mots ; et 2° quand j’utilise ces mots, c’est par nécessité. Mais vous, Lavande, vous vivez d’amour et d’eau fraîche, comme une parfaite romantique.

Lavande dit: 6 décembre 2018 à 0 h 38 min

Présentation de l’éditeur:
« Après la Seconde Guerre mondiale, Sartre déclarait péremptoirement que nous étions «enfin débarrassés de Proust». Il revendiquait, en effet, pour lui-même la dignité de Premier Écrivain du Siècle, mais il savait bien que la place était déjà prise – définitivement – par Proust.
Nul ne conteste aujourd’hui cette évidence. Bernard de Fallois fut au début des années 50 l’un des premiers à la proclamer. Le présent recueil livre la quintessence de ses lectures et de ses recherches.
À l’intention de ceux qui partent à la découverte du plus grand monument littéraire du XXe siècle mais aussi de ceux qui l’ont déjà maintes fois visité, il résume, il éclaire, il condense en formules limpides et saisissantes les grands thèmes de l’œuvre en sept conférences magistrales: comment Prout a-t-il composé son livre, qu’est-ce qu’un «personnage proustien», quelle est la part du génie comique dans son œuvre, celle de l’amour, de la réflexion métaphysique et de l’art? Quelle est la place par rapport à ses plus illustres devanciers, Balzac ou Chateaubriand? Pour clore cet ensemble une longue étude intitulée Lecteurs de Proust retrace la postérité de l’écrivain dans les premières décennies du XXe siècle.
Proust comparait son livre à une cathédrale. C’est dire qu’il faut commencer par prendre du recul pour en comprendre la beauté, pour en apprécier chaque détail, chaque figure, chaque personnage.
Après l’Introduction à la Recherche du temps perdu, Bernard de Fallois s’impose comme l’un des guides les plus accessibles, les plus clairs et les plus sûrs. »

Lavande dit: 6 décembre 2018 à 0 h 30 min

Delaporte : un commentaire, de temps en temps, sans « putride » ou « années stupre », ce serait reposant non ?

Lavande dit: 6 décembre 2018 à 0 h 16 min

Clopine : Vous avez déjà participé et fait une lecture pour Véronique Aubouy ? S’agit-il d’autre chose ?

(remplie, oui : le COD c’est vous si je puis dire !)

Delaporte dit: 6 décembre 2018 à 0 h 06 min

Après avoir été voir Préparez vos mouchoirs avec un ami, la mère de celui-ci nous a demandé quand nous sommes rentrés de quoi ça parlait. Mon ami s’est mis à lui expliquer l’histoire, et c’était extrêmement torride. C’était l’ambiance des années 70, les années stupre, où le sexe était érigé (c’est le cas de le dire) en phénomène normal, et où nous, les grands catholiques, devions nous taire. Pourquoi Blier n’a-t-il jamais fait de film sur la religion ? Quelle déjection !

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 0 h 06 min

Coïncidence, ce papier de notre hôte, au moment même où je m’attelle à un projet (pas toute seule, pour une fois, en plus !) qui m’effraie, m’attire, m’enthousiasme (pour quelques solides raisons, dont la première et la plus intéressante s’appelle Véronique Aubouy), et pour lequel je cherche de nouvelles « entrées » sur l’oeuvre proustienne ?

Je ne savais certes pas que c’était à M. de Fallois qu’on devait le Contre Sainte-Beuve, ni le Jean Santeuil, et rien que cela le signale comme un proustien patenté.

Je note aussi, avec grand plaisir, que, visiblement, je partage avec lui le constat de l’entreprise de destruction à laquelle cette étrange « cathédrale » (le mot est de Proust, me semble-t-il, pas de Fallois) semble vouée : oui, il n’y a aucun sentiment humain, des plus communément admis, qui s’en sorte indemne, dans la Recherche, et seule l’oeuvre d’art, (à condition encore de s’y adonner en évitant tout bergottisme fatal), peut transcender la finitude humaine, comme seule l’involontaire réminiscence transcende le temps.

J’ajoute que c’est une oeuvre qui, pour moi, est totalement irréductible à l’image. On ne peut tout bonnement pas « adapter » la Recherche à l’écran. Aucune des versions que j’ai pu voir ne m’a satisfaite, encore heureux quand elles ne m’ont pas remplie d’indignation (c’est moi qui suis indignée, donc « e », euh ?).

Seuls, en matière de cinéma proustien, les projets de Véronique Aubouy, qui se garde bien d’adapter mais qui filme la seule manière de donner à voir ces livres, à savoir qui filme leurs lectures et conséquemment leurs lecteurs-lectrices, me satisfont vraiment.

Mais c’est bien entendu un challenge absolu. Je n’aurais trop de tout l’hiver pour m’y préparer, et la lecture des sept conférences sur Marcel Proust de Fallois, annoncée ici par notre hôte, pourrait très certainement m’y aider.

Malheureusement, on ne sait pas exactement quand, par qui, où, et combien de sous ça va coûter. Si c’est trop cher, ma seule issue de secours va être la médiathèque Marguerite Duras, qui accepte les suggestions de ses usagers et les prévient des acquisitions faites sur leurs conseils. Mais il faudrait que je les prévienne dès maintenant…

Soupir.

Pourquoi faut-il, quand le vent vient gonfler les voiles d’un navire, que des cordages viennent s’en mêler, s’emmêler, et gâtent la manoeuvre ? Hein ? Ou, pour être plus contemporaine, pourquoi les plus belles mécaniques ont-elles des moteurs bridés ???

Delaporte dit: 6 décembre 2018 à 0 h 02 min

Enfin, il ne me viendrait pas à l’idée d’aller revoir un film de Blier. Mais relire Proust, oui. Donc, entrons dans ce sujet, entrons résolument dans Proust.

Delaporte dit: 6 décembre 2018 à 0 h 01 min

« Ce soir sur Arte repassait Préparez vos mouchoirs, petit chef d’oeuvre du cinéma français. »

Je me souviens très bien d’être allé le voir le mercredi de sa sortie, à la séance de 14 h. Depuis, Blier est un cinéaste que j’ai appris à moins aimer, comme Gérard Oury. Il n’a pas fait que de la daube, sauf sur la fin.

D. dit: 5 décembre 2018 à 23 h 41 min

Une chose est certaine, ce soir En marche est en état de coma dépassé.
Ce parti est quasi-fini. Ses résultats aux prochaines elections, européennes, municipale parisienne, seront désastreux.

Place à Prout à présent.

D. dit: 5 décembre 2018 à 23 h 28 min

Et ce soir je vous rappelle une énième fois que, également, l’Europe communautaire telle qu’elle est structurée représente un danger considérable pour la survie-même de la France.
Cette crise devrait raisonnablement basculer sur ce sujet : l’organisation du Frexit, en douceur. Sinon je vous promets qu’elle aura lieu en don temps dans les larmes et peut-être le sang.

D. dit: 5 décembre 2018 à 23 h 24 min

Une chose est à considérer : seul dédé, votre serviteur, simple d’esprit de service, vous a alerté des mois et des mois durant sur le danger que représentait un type comme Macron.
Très peu ont écouté.

christiane dit: 5 décembre 2018 à 22 h 52 min

Bernard de Fallois découvrit et publia les manuscrits de Jean Santeuil et le Contre Sainte-Beuve en 1952, (œuvres laissées inachevées par Proust) mais qu’est-ce exactement que Proust, maximes et pensées ?
Nous fait-il découvrir un Proust moraliste ? Le rapproche-t-il d’un Cioran ?
Il écrit dans l’introduction : « Lire ainsi La Recherche, à partir des réflexions que l’auteur a disposées un peu partout dans son roman, c’est en quelque sorte lire Proust à l’envers. C’est passer de l’autre côté de la tapisserie. C’est renoncer à l’œil du peintre, au chatoiement des couleurs et de la vie, pour découvrir le trait sombre et sûr, léger, précis, épuré, du dessin. C’est abandonner pour un moment Odette, Charlus, Swann et Saint-Loup, et suivre ces autres personnages, qui font aussi partie du roman, et qui s’appellent l’amour-propre, la vanité, le mensonge, l’imagination, le désir et l’oubli. »
Qu’en pensez-vous, Passou ?

hamlet dit: 5 décembre 2018 à 22 h 38 min

@JJJ : je vous comprends bien, mais il ne faut pas se laisser impressionner. Sûr que sur la forme la Recherche c’est génial, une écriture sublime, mais sur le fond ça ne vole pas très haut, ce sont toujours les même thèmes qui reviennent, comme des variations, et sur le fond ces thèmes c’est du genre « on se met toujours le doigt dans l’oeil quand on croit aimer », ça ne cassent pas trois pattes à un canard, du coup vous pouvez le lire tranquille c’est pas ça qui va révolutionner votre vie, par contre Tchekhov, Shakespeare ou Dostoïevski c’est très différent,

Janssen J-J dit: 5 décembre 2018 à 22 h 11 min

 » Mais leurs louanges et leur admiration ont ceci de paradoxal qu’elles risquent souvent de dissuader le lecteur d’entrer dans cette somme romanesque, de s’y frotter, tant elle impressionne par ce qui lui est communément reproché : son extraordinaire densité, la longueur de ses phrases, l’emberlificotage des situations, l’absence d’intrigue romanesque, la complexité des sentiments, et surtout les analyses qu’elle a suscitées. Fallois tenait que Proust est peu lu tant il fait peur. Il inspire la crainte autant qu’il impressionne, ce qui tient à distance ». (dixit le nouveau post).

Merci Passoul pour le réconfort paradoxal que vous venez de me procurer dans ce long et formidable hommage à feu B. De Fallois. Vous venez exactement de décrire en somme l’appréhension de ma vie de lecteur qui n’a jamais franchi le pas, devant ce monument.
Qui réussira jamais à me guérir de cette inhibition ? Est-ce grave, docteurs en proustinisme, de n’avoir point encore consulté à ces sujets ? Je crois bien que je ne le saurai jamais.

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