de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Proust version Fallois, proustien capital

Proust version Fallois, proustien capital

A la mort de Bernard de Fallois (1926-2018), on a si bien rendu hommage à juste titre au grand éditeur qu’il fut  et au flair qui marqua l’ultime époque de sa carrière tout en étant aux antipodes de son univers littéraire (la révélation internationale du jeune romancier Joël Dicker) que cela a éclipsé son travail de pionnier au service de deux écrivains qu’il admirait : Georges Simenon, dont il fut l’éditeur et l’ami, et à qui il consacra en 1961 l’une des toutes premières monographies parues sur son œuvre, (Simenon, « La Bibliothèque idéale », Gallimard) ; et Marcel Proust. Non pas sa biographie, genre qu’il ne goûtait guère du moins s’agissant de cet écrivain, mais son œuvre, rien que son œuvre. D’ailleurs, la première de ses Sept conférences s’intitule : « La vie de Proust est-elle si intéressante que cela ? »… pour ne plus en reparler et se consacrer à l’unique objet de ses pensées : comment la cathédrale est sortie de terre, double exercice de exhumation et de résurrection que Fallois accomplit non sans génie tant son esprit est clair, pédagogique, informé et terriblement perspicace.

On ignore qui a eu l’idée de le baptiser « le proustien capital » mais c’est bien vu, même si quelques autres (Philip Kolb, Jean-Yves Tadié…) pourraient prétendre au titre. C’est peu dire que Fallois voit dans A la recherche du temps perdu un massif romanesque sans exemple et sans précédent malgré La Comédie humaine et les Rougon-Macquart, cycles romanesques qui sont pourtant eux aussi « plus qu’un roman ». Introduction à la Recherche du temps perdu (318 pages, 18 euros, éditions de Fallois) rassemble les préfaces qu’il avait écrites pour l’édition du roman par France-Loisirs, fameux club de livres avant l’invention d’Amazon. Elle avait ceci de remarquable qu’elle était vierge de notes infrapaginales, ce qui faisait la joie de Fallois, dont le propre commentaire en était également dénué. Manière de signaler au lecteur qu’il s’aventurait là dans un domaine où il ne risquait pas de croiser l’un de ces innombrables universitaires dont les tonnes d’exégèses n’ont pas réussi à ébranler la cathédrale de prose. On peut dire qu’il y a une « version Fallois » de la Recherche, comme s’il l’avait traduite d’une langue étrangère. Il n’est pas de plus claire initiation au monde de Proust que ce livre d’un écrivain sur le livre d’un écrivain, bien que Bernard de Fallois ne se soit jamais considéré comme tel. D’ailleurs, dans le No 1 du Bulletin de la société des amis de Marcel Proust et des amis de Combray (1950), il était présenté parmi les membres de fondation comme “Fallois, archiviste”…Marcel-et-Antoinette-mai-1886

En lisant en écrivant, Bernard de Fallois agit comme un guide très sûr et jamais dépaysé entre le boulevard Haussmann et le Grand Hôtel de Cabourg. Lorsque le narrateur dans le prologue de Combray navigue entre le sommeil et le réveil dans un état de semi-conscience,  il ne sait plus où il est et le lecteur tout autant. Lorsque l’auteur se fait le peintre des vices, défauts et travers humains, à commencer par le mensonge et la vanité, en poursuivant par le snobisme et l’hypocrisie, c’est de nous tous qu’il parle à travers quelques uns tant ce qu’il pointe est universel que l’on soit maître ou esclave. Lorsqu’il cerne implacablement la jalousie comme la maladie de l’amour, et la solitude, la souffrance et donc l’échec comme consubstantiels à l’amour même, c’est à notre intimité la plus enfouie qu’il s’adresse. Chaque volume de la Recherche est dominé par l’un de ses traits qui lui donne son unité, sa couleur, sa sonorité : l’oubli (Albertine disparue), la jalousie (La Prisonnière) etc

Tous les Proust, le comique, le poète, le créateur de personnages, le dialoguiste, se trouvent rassemblés dans le moraliste en lui.

« Jamais d’une histoire aussi « particulière » ne sont sorties autant de vérités générales, de lois profondes et universelles du cœur humain, rassemblées, inscrites et comme enchâssées dans les maximes d’un grand moraliste à la Pascal »

Parfois, bien que son enthousiasme soit si argumenté et son intelligence de la chose proustienne si aiguë, on se dit qu’il en fait trop. On hésite à le suivre lorsqu’il fait de son héros l’auteur d’une sorte de révolution copernicienne du roman et le plus grand génie comique “peut-être” depuis Molière. Ou lorsqu’il fait de la pédérastie « le grand sujet de son livre et la grande question de sa vie » à l’égal d’un prisme exclusif de sa vision du monde.Ou qu’il juge comique la scène si pathétique des souliers rouges, les Guermantes accordant tant d’importance à leur alliance avec la couleur de la robe alors que leur cher Swann vient de leur faire discrètement comprendre qu’il est condamné à brève échéance

Jeune diplômé (il fut reçu premier à l’agrégation de Lettres classiques), il visita André Maurois, l’un des rares biographes de Proust (A la recherche de Marcel Proust, 1949), à avoir côtoyé certains de celles et ceux qui inspirèrent ses personnages lequel intervint aussitôt auprès de Suzy Mante-Proust, nièce de l’écrivain et responsable moral et patrimonial à la mort de son propre père, afin qu’elle l’autorise à fouiller dans ses papiers pour la thèse qu’il préparait. Il s’agissait de quelques 70 carnets et cahiers d’écolier et d’un grand nombre de feuillets empilés dans un grand désordre et qui dormaient dans un garde-meubles. Un sacré foutoir, un vrac étourdissant, rêve et cauchemar de tout chercheur, l’écriture de Proust étant tout sauf linéaire, plutôt proliférante.

breyer_1-110713Fallois se mit au travail, s’immergea dans cette masse à la recherche du vrai Proust, découvrit un puzzle inconnu des proustiens, le reconstitua et révéla Jean Santeuil. Le scoop, reçu avec scepticisme sinon mépris par nombre de sorbonnards mais comme un heureux coup de théâtre par les familiers de Proust, fut suivi d’un autre publié en 1954 avec une préface d’une soixantaine de pages : des essais critiques inédits qu’il rassembla sous un titre de son crû : Contre Sainte-Beuve, intitulation qui a longtemps suffi à orienter nombre de ceux qui n’avaient pas pris la peine de le lire alors qu’un « Sur Sainte-Beuve » eut semblé plus approprié, plus nuancé mais doté certes d’un éclat moindre. Qu’importe puisque là encore, malgré sa nature non-fictionnelle, cet ensemble allait se retrouver absorbé dans la future Recherche. 

Nombre de ceux qui ne le connaissent que par son titre (certes tiré d’une lettre mais portant sur la préfiguration du roman et non sur ces textes précisément) en ont acquis la conviction que Proust était contre Sainte-Beuve, tout simplement ; elle a été il est vrai renforcée par l’analyse de ceux qui l’avaient lu et en ont déduit le syllogisme suivant : Proust distingue et oppose radicalement le Moi social du Moi créateur, l’un étant superficiel et l’autre profond ; il reprochait à Sainte-Beuve d’expliquer une œuvre par la biographie de son auteur ; Proust était donc contre la biographie. Ce qui a découragédes vocations de biographes, et singulièrement de biographes de Proust qui l’ont lu comme un bref traité de disqualification par anticipation. Il n’aurait pas aimé qu’un inconnu fouillât dans ses papiers, établît des concordances entre sa vie privée telle que exposée par sa correspondance et des pages de son roman, révélât son homosexualité, inventa des serrures etc

Jean Santeuil, écrit à la troisième personne, est d’un intérêt tout aussi puissant puisqu’il peut être lu comme un livre quasi autobiographique de Marcel Proust de vingt-quatre ans à vingt-neuf ans ; il livre ici ses souvenirs d’enfance et de jeunesse, la description des lieux qu’il a fréquentés, ses idées et sa vision de l’art. Non un roman, mais plutôt un essai sur l’âme d’un jeune homme, qui est de façon assez transparente Marcel Proust lui-même (il fait d’ailleurs une fois un lapsus et écrit Marcel au lieu de Jean). Proust l’a écrit à 25 ans, il y a renoncé quelques années plus tard sans que l’on sache au fond pourquoi et n’en a plus reparlé alors que c’est la matrice de son grand œuvre, sa genèse et l’annonce de son unité, celle à laquelle il faut revenir si l’on veut en déchiffrer certains des signes qui agitent secrètement cet avant-texte.

Par cette découverte, Bernard de Fallois a été de ceux qui ont permis de dissiper la fausse image d’un Proust mondain, la légende du oisif esthète et dilettante, drogué de mondanités et esclave de conversations brillantes et superficielles, qui se serait retiré du monde à la fin de sa vie pour écrire son œuvre. A l’inverse, le manuscrit de Jean Santeuil témoigne de ce que son auteur avait commencé bien en amont ce qui allait devenir la Recherche, ce que deux lettres de 1908 évoquaient. En dépit des interruptions, jamais il ne cessa d’être habité par l’invention de son long poème en prose. Sur une page de l’ours manuscrit d’un bon millier de pages de Jean Santeuil qui tenait de la préface, le jeune chercheur fut frappé par cette phrase qui sonnait comme un aveu, un signal et un encouragement à creuser encore :

« Puis-je appeler ce livre un roman ? »Proust1-1024x508

Entre Jean Santeuil et la Recherche, vingt années se sont écoulées. Le narrateur a pris de la bouteille : l’ironie l’a gagné un rien désabusé, ce qui lui paraissait tragique le fait sourire désormais, il est devenu « stupéfiant de lucidité ». Aux yeux de Bernard de Fallois, la Recherche est évidemment tout sauf un roman à clés. Plutôt un roman à lois : en lieu et place de jugements moraux, une recherche de la vérité qui vise à l’universel, gratte le masque des personnages pour trouver l’essence derrière l’apparence, se donne comme loi d’airain le relativisme en toutes choses, tente d’embrasser une totalité à travers une seule histoire qui en contient des centaines comme Balzac avant lui. En dehors de cette commune ambition, et sans reprendre la scie de « l’absence de style » reprochée à celui-ci,  tout les oppose à commencer par l’importance de la métaphore comme manière poétique d’exprimer une vérité et le génie comique qui caractérisent l’écriture proustienne.

Certaines des vues exprimées par Bernard de Fallois paraissent aujourd’hui évidentes tant on en a publié et lu sur le sujet ; mais il faut se replacer dans le contexte de la parution de ces commentaires, en un temps où cela n’allait pas de soi. Proust n’avait pas son pareil dans la mise en scène de la bêtise des gens intelligents, du néant abyssal de la vie mondaine ; il s’y entendait comme peu d’autres pour infiltrer dans son récit les infimes détails qui marquent le passage du temps ; dans son propre registre d’exégète éclairé mais non savant, Fallois n’a pas son pareil pour les relever. On a cru que Proust observait les gens en entomologiste au microscope alors qu’en réalité, c’est au télescope qu’il les regardait. Sous la sécheresse de cœur d’Oriane de Guermantes, Fallois croit déceler de la « méchanceté douce » nourrie de malveillante mondaine ; mais eu égard à sa jouissance au spectacle de la souffrance qu’elle déclenche chez l’autre, ne serait-il pas plus sûr de parler de perversité ? Sous la loupe bienveillante de Fallois, on voit Proust mitonner ses morceaux de bravoure (le magnifique monologue de Charlus bavardant avec le narrateur sur les boulevards, le bal de têtes où chacun porte son masque grimé d’un autre âge à la fin du Temps retrouvéetc) comme Françoise son bœuf en gelée.

manray-portrait-of-marcel-proust-480x365Fallois, qui en son temps a relancé les études proustiennes bien endormies au lendemain de la guerre, tient que la proustologie est généralement décevante :

« Une page de Proust, lue de près et « dans le mouvement », nous en apprend plus sur lui que toutes les thèses qui lui ont été et qui lui seront consacrées ».

Or on peut en exclure cette Introduction à la Recherche du temps perdu, consacrée moins à l’auteur qu’à ses livres. N’étant pas universitaire, sa démarche s’excluant d’emblée de ce champ au cahier des charges si contraignant, et bien qu’il n’ait jamais cessé de chercher sur, dans et au sujet de la Recherche mais en faisant bande à part, en marge, ailleurs, il s’est mis à son service, en humble serviteur, avec ses propres armes de grand lecteur et d’écrivain.

La Recherche, c’est l’aventure d’une vocation. En trois mots : « Marcel devient écrivain » comme Gérard Genette avait résumé ces quelques trois mille pages. Les professeurs en ont fait un classique, ce qui est bien le moins. Mais leurs louanges et leur admiration ont ceci de paradoxal qu’elles risquent souvent de dissuader le lecteur d’entrer dans cette somme romanesque, de s’y frotter, tant elle impressionne par ce qui lui est communément reproché : son extraordinaire densité, la longueur de ses phrases, l’emberlificotage des situations, l’absence d’intrigue romanesque, la complexité des sentiments, et surtout les analyses qu’elle a suscitées. Fallois tenait que Proust est peu lu tant il fait peur. Il inspire la crainte autant qu’il impressionne, ce qui tient à distance. C’était peut-être vrai autrefois mais l’est-ce encore ?

La thèse sur la Recherche que le jeune Bernard de Fallois avait entreprise en débarquant dans le grenier de Mme Mante-Proust, en un temps où nombre de témoins étaient encore visitables (Morand, Cocteau, Halévy, Colette etc), ne fut jamais achevée. Il y renonça au bout de dix ans au moment de quitter l’enseignement (il était prof au collège Stanislas) pour l’édition dont il fera son métier avec le succès que l’on sait – et, titre de gloire méconnu à son palmarès, l’entrée de la Recherche au Livre de poche dont il était le directeur général dans les années soixante… Ce fantôme de thèse surgit au fond opportunément à travers cet ensemble de préfaces lumineuses qui vient de paraître et qui, de l’histoire du roman fait un roman ; et un autre, Sept conférences sur Marcel Proust, qui paraitra au début de l’année prochaine. Deux recueils proustissimes de Bernard de Fallois publiés in abstentia aux éditions de Fallois, à la veille de 2019, année du centenaire du prix Goncourt attribué à A l’ombre des jeunes filles en fleurs

 

 

(« Vue du balcon de la chambre 414, celle que Proust occupait au Grand Hôtel de Cabourg » photo D.R. ; « Proust jeune puis avec ses amis » photos D.R. : « Sur son lit de mort » photo Man Ray)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire.

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commentaires

936 Réponses pour Proust version Fallois, proustien capital

Jacques R. dit: 8 décembre 2018 à 10 h 08 min

celui-ci n’aurait-il pas dû lui répondre : « Mais la Loi, ici, c’est moi » ? (jazzi)

Très juste. Tout fasciste et néo-nazi que je suis, je suis tout de même sidéré par l’inculture civique d’un nombre ahurissant de nos concitoyens. Que, comme on a pu l’entendre sur les radios, à peu près la moitié des Français ne saisissent pas l’utilité de l’impôt en dit long sur la question, mais l’incapacité de beaucoup d’entre eux à saisir la différence entre légitimité et légalité n’est pas moins effrayante. Si les revendications du mouvement des gilets jaunes ont leur légitimité est une chose, mais s’installer dans l’illégalité, comme ils le font en bloquant les routes en est une autre. Le devoir de tout citoyen, dans notre République, c’est de respecter la loi. Et, si l’on souhaite la changer, les procédures démocratiques sont là pour ça. Que d’évidences cette crise aura eu au moins le mérite de remettre au premier plan.

renato dit: 8 décembre 2018 à 10 h 07 min

Enfin, Jacques ! je veux bien que ce ne soit pas une grande trad., mais votre animal spinale vous a eu, car j’ai pris soin de donner la source — alez voir vous trouverez ça : Valery dans Regards sur le monde actuel. Mais, bon, nous sommes sur terre, entre humains !

jazzi dit: 8 décembre 2018 à 10 h 03 min

« Pupille » fait l’impasse sur l’adoption étrangère. En revanche, il aborde le cas de l’adoption par une famille monoparentale.

jazzi dit: 8 décembre 2018 à 10 h 01 min

« il y a des familles adoptives maltritantes »

Il y a aussi des familles adoptantes et aimantes maltraitées par l’enfant adopté.

jazzi dit: 8 décembre 2018 à 9 h 58 min

« CRS et gardes mobiles. Les vrais Français sont à vos côtés, sans réserve. »

Quand Jean-Luc Mélenchon dit au jeune flic qui lui interdit l’entrée de sa permanence : « La République, ici, c’est moi ! », celui-ci n’aurait-il pas dû lui répondre : « Mais la Loi, ici, c’est moi » ?

Jacques R. dit: 8 décembre 2018 à 9 h 50 min

Fallois tenait que Proust est peu lu tant il fait peur. Il inspire la crainte autant qu’il impressionne

Euh… J’ai lu deux fois la Recherche dans son intégralité, sans peur ni crainte, même si, en tant que néo-nazi, je n’ai pu faire taire certaines réserves. Mais la jouissance, incomparable, ah ça oui.

Jacques R. dit: 8 décembre 2018 à 9 h 45 min

En espérant ce putsch salvateur, toute ma solidarité, toute ma sympathie vont à nos amis CRS et gardes mobiles. Les vrais Français sont à vos côtés, sans réserve.

et alii dit: 8 décembre 2018 à 9 h 42 min

Adopter n’est pas une mince affaire… La mémoire d’un abandon, d’une disparition est là comme une ombre. Pire, peut-être , ceux qui n’étant pas nés sous x, connaissent ce désert au sein d’une famille non aimante voire maltraitante.effectivement christiane;
ça laisse des traces et à l’enfant et à la famille qui a adopté;on ne sait pas assez qi’il y a des familles adoptives maltritantes (coups ,humiliations du batard etc) bonne journée

Jacques R. dit: 8 décembre 2018 à 9 h 37 min

Il est clair que, pour le fasciste et le néo-nazi que je suis, un bon putsch militaire est la solution idéale pour sortir de la crise.

jazzi dit: 8 décembre 2018 à 9 h 34 min

« Un choc nous frappe brusquement dans une direction qui nous donne une nouvelle sensation de l’existence de notre corps comme inconnu; nous ne savions pas encore ce que nous étions et il se trouve que cette situation brutale nous rend sensibles, grâce à un effet secondaire, à une grandeur et à une figure inattendue de notre domination vivante ». C’est ça la Jeune Parque.

Certainement pas ce charabia, renato. Quand on ne sait pas, mieux vaut ne pas citer !

Non. C’est plutôt ça !
https://fr.wikisource.org/wiki/La_Jeune_Parque

christiane dit: 8 décembre 2018 à 9 h 31 min

Bonjour Rose,
« La strada »… Régalez-vous.
Vous parlez bien de Sandrine Kiberlain. L’assistante sociale (Clotide Mollet) m’a fait penser à Françoise Dolto et son conseil de parler aux bébés même si nous pensons qu’ils ne comprennent pas ce qu’on leur dit. Dans le film, j’ai trouvé juste ce manque de la présence de la mère pour l’enfant né sous x, comme si il la cherchait désespérément. Pour cet enfant (imaginaire) d’autres tendresses, peu à peu, rempliront ce manque mais il est possible qu’il revienne avec des questions sans réponse, plus tard.
Quand au bébé dans le lit de sa mère adoptive (fébrile Elodie Bouchez), on place bien les grands prématurés dès qu’ils sont en autonomie respiratoire, contre la peau du père ou de la mère pour des reconnaissances de cœur à cœur.
Adopter n’est pas une mince affaire… La mémoire d’un abandon, d’une disparition est là comme une ombre. Pire, peut-être , ceux qui n’étant pas nés sous x, connaissent ce désert au sein d’une famille non aimante voire maltraitante.
Quant au réseau social autour de l’adoption, il reflète le travail en équipe, le dialogue en amont comme dans beaucoup de structures qui gravitent autour de l’enfant, des ados, des adultes en souffrance ou en psychiatrie.
C’est un film lumineux.

jazzi dit: 8 décembre 2018 à 9 h 12 min

« Qu’est-ce que cela aurait changé à « Don Quichotte », au « Procès » et à « Crime et châtiment » si leurs héros avaient été des… héroïnes ? »

Peut-on imaginer que le Narrateur de la Recherche soit une Narratrice ?

Delaporte dit: 8 décembre 2018 à 6 h 44 min

Il y a déjà (6 h 45) des gilets jaunes sur les Champs-Elysées. Ils sont prêts à manifester, voir en découdre. Qu’est-ce que le tiers état ? Nous l’allons voir tout à l’heure.

rose dit: 8 décembre 2018 à 2 h 24 min

eh oh réveillez- vous.
moi j’aimerai bien dormir 😟😩

ai connu aussi qq chouettes assistants sociaux. dont un allemand qui a stoppé la guerre définitivement en épousant une française et en lui faisant quatre vrais mômes.

rose dit: 8 décembre 2018 à 2 h 00 min

moi j’ ai tout connu des assistants sociaux
cui qui violait les deux garçons petits (8ans) de la mère archi paumée et étrangère
celle qui pour trois de la même fratie ( séparez les fraties) touchait 3000 balles par mois ; mais c’ était tellement invivable qu’ elle a rendu gosses et 3000 balles.

et la detnière qui en avait douze plus le sien. Une femme géniale.( pour de vrai)
Un cauchemar.
Me souviens de ces deux enfants africains : elle pleurant à Turin à l’ AJ. Pas su si c’ étaot ses deux parents morts déjà ou la famille que nous constituions ou l’ avenir qu’ elle ne pouvait concevoir.
L’ autre -petit- grimpant haut à un arbre aux portes du ciné- club.
Et l’ enfant légitime de la mère d’ accueil le rabrouant méchamment :  » nous ( sa maman et lui) te payons des vêtements très chers et tu ne les respectes pas.
Lorsque l’ on sait les sommes que donne la DDASS pour l’ aide sociale à l’ enfance.
20 pulls il aurait pu arracher le petit, qui s’ est tu, humilié devant ses camarades.

Bah, pétri de bons sentiments ce film.
Y aurait un travail en amont à faire sur la contraception.
Et ultérieur sur l’ interdiction absolue de louer des ventres.
Entendu MOF ce soir. À gerber. Elles ont demandé cela ses filles ?
Un bon film toutefois, pour la scène d’ étranglement du début.
Faudra que le petit frère soit vu par un médecin légiste, trois mois après les faits.

Tous ces gens très copains les uns avec les autres.
Et en dehors du prix du fuel à la pompe.

rose dit: 8 décembre 2018 à 1 h 43 min

Sandrine K
haribo mais aussi chewing gum. Incessamment. Elle m’ a aussi fait penser à Annelise tout le long du film et je l’ ai trouvée incroyablement belle. Son nez busqué lui donne du caractère (et deux baffes pour moi).

C’ est une célivataire- née. Pourtant elle conçoit bien l’ amour.

Et l’ assistante sociale, j’ ai trouvé que c’ était christiane. Digne, posée, humaine, attentive, respectueuse.
N’ ai pas aimé que Théo change de prénom ni que sa mère le prenne ds son lit.

rose dit: 8 décembre 2018 à 1 h 34 min

demain matin, je compte aller voir la Strada à 10h40 au César à Castellane, chouette quartier. Chouette ciné.
Le petit train qui mène à la Bonne mère ne roulera pas, lui non plus.

rose dit: 8 décembre 2018 à 1 h 30 min

non, il est évident que non, il suffit de croiser un couple de vieilles personnes, qui se tiennent par la main comme s’il revenait de leur premier rendez-vous, ils ont passé plus d’un demi siècle ensemble et ils continuent de s’aimer comme au premier jour, il suffit que l’un meurt pour que l’autre le suive dans la tombe la semaine suivante.

Euh.
Un apprend qu’ il va mourir.
Il quitte l’ autre qui l’ aime passionnément et à qui la vie que le premier – crétin absolu et machiste fini- lui a mené lui a convenu du tout au tout.
Vous parlez d’ un programme !
Un cauchemar, oui.

renato dit: 8 décembre 2018 à 1 h 00 min

La Jeune Parque un « poème obscur » ?!

Restons prudents, me disait hier soir un ami français nonobstant la sympathique coloration lombarde derrière laquelle il aime désormais se dissimuler ; mais que non, maintenant je ne veux pas rester prudent, car voilà, finalement, un pot de miel où l’entusiaste de tout et de n’importe quoi ne peut tremper son bisquit moisi : la Parque, cette belle même si obscure image qui se pose en miroir de l’âme de chacun-e, qui dit la manière de chacun-e de penser, ainsi que ce que nous sommes et comme notre réalité est faite.

Enfin, l’interprétation de la Jeune Parque comme poème de la conscience et de l’auto-conscience, de la pensée réflexive, est largement acceptée, il me semble.

Pas envie de faire ici l’analise de chaque vers, d’autant plus que je ne suis qu’homme de peu de lettres — par rapport aux génies, femelles et mâles confondus, qui fréquentent ces lieux — : les textes sont à la disposition de tout le monde ; mais — e che cazzo ! — pour faire court : le Cimitière Marin nous parle de la nécessité opérative ; la Jeune Parque de la nécessité de recognition. Puis, comprendre la trame et la chaîne ce n’est qu’une question de recherche en tenant en compte que V. était obstile au roman, car il le tenait pour arbitraire — cul sur une chaise, donc, et tête dans les bons papiers, en d’autres mots —.

Valery dans Regards sur le monde actuel (cité de mémoire) dit : « Un choc nous frappe brusquement dans une direction qui nous donne une nouvelle sensation de l’existence de notre corps comme inconnu; nous ne savions pas encore ce que nous étions et il se trouve que cette situation brutale nous rend sensibles, grâce à un effet secondaire, à une grandeur et à une figure inattendue de notre domination vivante ». C’est ça la Jeune Parque.

Cela dit, moins de miel, S.V.P., moins d’adjectifs et surtout moins de poncifs.

PS, nous aimons les autres pour ce qu’ils-elles sont. Aimer « l’autre comme on aimerait être aimé », ce n’est qu’une forme sordide d’onanisme.

D. dit: 8 décembre 2018 à 0 h 58 min

Delaporte, ce qui est en train de se passer est assez impressionnant. Je ne pensais pas que les astres auraient raison de cette façon. Si vite, si efficacement.
Vous parlez de prise de L’Élysée. Ceux qui le feraient prendraient un risque énorme. Lisez ceci :

Article 412-3

Constitue un mouvement insurrectionnel toute violence collective de nature à mettre en péril les institutions de la République ou à porter atteinte à l’intégrité du territoire national.

Article 412-4

Modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 – art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002

Est puni de quinze ans de détention criminelle et de 225 000 euros d’amende le fait de participer à un mouvement insurrectionnel :

1° En édifiant des barricades, des retranchements ou en faisant tous travaux ayant pour objet d’empêcher ou d’entraver l’action de la force publique ;

2° En occupant à force ouverte ou par ruse ou en détruisant tout édifice ou installation ;

3° En assurant le transport, la subsistance ou les communications des insurgés ;

4° En provoquant à des rassemblements d’insurgés, par quelque moyen que ce soit ;

5° En étant, soi-même, porteur d’une arme ;

6° En se substituant à une autorité légale.

Article 412-5

Modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 – art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002

Est puni de vingt ans de détention criminelle et de 300 000 euros d’amende le fait de participer à un mouvement insurrectionnel :

1° En s’emparant d’armes, de munitions, de substances explosives ou dangereuses ou de matériels de toute espèce soit à l’aide de violences ou de menaces, soit par le pillage, soit en désarmant la force publique ;

2° En procurant aux insurgés des armes, des munitions ou des substances explosives ou dangereuses.

Article 412-6

Modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 – art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002

Le fait de diriger ou d’organiser un mouvement insurrectionnel est puni de la détention criminelle à perpétuité et de 750 000 euros d’amende.

Article 412-7

Modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 – art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002

Est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d’amende le fait :

1° Sans droit ou sans autorisation, de prendre un commandement militaire quelconque ou de le retenir contre l’ordre des autorités légales ;

2° De lever des forces armées, sans ordre ou sans autorisation des autorités légales.

Article 412-8

Modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 – art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002

Le fait de provoquer à s’armer contre l’autorité de l’Etat ou contre une partie de la population est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

Lorsque la provocation est suivie d’effet, les peines sont portées à trente ans de détention criminelle et à 450 000 euros d’amende.

Lorsque la provocation est commise par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables.

renato dit: 8 décembre 2018 à 0 h 52 min

« Je croyais qu’on taxait de « romantiques » ceux qui croyaient à l’amour ? »

Je comprends l’ironie, x, plutôt amusant, d’autant plus que le lecteur de courte memoire tombe dans le paneau comme un kaki trop mûr tombe de l’arbre — splasch —, maintenant j’ai écrit « mûr » et voilà qu’un chat vient parasiter mes pensées… peu importe, en un sens, il y a du vrai dans votre faux foux-pas — un guet-apens ? —, car, puisque le Romantisme se caractérise diversement selon les zones culturelles, il n’a pas une définition univoque. Dans la pratique, et pour tout le monde, il s’agit d’une manière de percevoir le réel à partir de laquelle se developpe un’expression qui s’adaptera à la subjectivité de celui qui expérimente, ce qui détermine une grande diversité dans les manifestations nationales ; p. ex., et je reviens à votre propos, le differences entre le R. allemand et le R. anglais qui se developpe, justement, autour de l’amour — conceptions sentimentales, etc. —.

Incidemment, et pour le plaisir de donner une touche de stupidité au tout, on dit que les Anglais sont obsessionés par l’argent et les Italiens par le sexe, toutefois les scandales anglais tournent autour du sexe, tandis que les scandales italiens autour de l’argent. Cela bien à part, envers et contre l’âge (1809), le Cours de littérature dramatique d’August Schlegel reste une lecture intéressante pour comprendre les à mont du R.

christiane dit: 8 décembre 2018 à 0 h 21 min

Mais non, hamlet, non ! On ne devient conscient que par la douleur et ici, le manque irréversible de celle qui n’est plus. Ce visage qui vient le cueillir entre deux rencontres ratées avec ses amants et amantes et ses désirs inavouables, avec sa chair et ses fantasmes de sauvagerie qui le taraudent et ses désirs de possession qui font d’Albertine la prisonnière, et son ennui, et sa maladie, c’est celui de la tendresse inconditionnelle que deux femmes lui ont porté : sa mère et surtout, dans ce passage, sa grand-mère. Non, ce n’est pas la tristesse qui l’emporte mais cette immense contradiction qui nous égare quand surgit de la nuit de la mémoire la présence de ceux et celles que nous avons aimés vraiment, ceux qui nous ont aimés en vérité. Un geste, une voix, un visage, un objet, une musique et la magie d’un amour que nous n’avions peut-être pas réalisé, dont on était séparés, vient nous illuminer pour nous aider à retrouver un sentiment proche de la joie. Non, hamlet, non. L’enfance indocile du petit Marcel qui était certain d’être aimé est libérée de ces deuils, de ces pertes, de ces larmes pour entrer dans le ravissement éphémère du visage aimé. Il était parti à la recherche du temps perdu et la musique de ses mots donne respiration à cette mémoire.
Et Bernard de Fallois avec « Jean Santeuil » nous offre le milieu de cette « Recherche » et la route que l’écrivain a suivi de paperole en annotation pour composer ce monde imaginaire qu’il faut lire avec gourmandise, traversant la fatigue, l’épuisement provoqués par le déferlement de ces longues phrases, cet enchevêtrement d’histoires enlacées. Soudain, un bruissement de mots, une clairière et tout s’ouvre. Est-ce mémoire, est-ce invention, est-ce de l’art, une musique ? On ne sait plus. On ne voit plus la rive… Quelque chose a eu lieu.
Bonne nuit.

Delaporte dit: 8 décembre 2018 à 0 h 08 min

Les troupes se préparent, ceux qui vont attaquer l’ordre établi, ceux qui sont là pour le défendre. Ils reprennent des forces, avant de se mettre au travail. De destruction pour les uns, de maintien de l’ordre pour les ordres. Le Palais de l’Elysée sera-t-il pris d’assaut ? Réponse dans quelques heures :

« De nombreux radicaux – peut-être plusieurs milliers – envisagent de se rendre à Paris avec la ferme intention de «porter l’assaut final» sur le palais de l’Elysée. » Libération

hamlet dit: 7 décembre 2018 à 23 h 36 min

christiane dit: 7 décembre 2018 à 22 h 47 min

Christiane, très bel extrait, très bien choisi pour montrer tout ce qu’il y a de plus problématique chez Proust.

que voyons-nous dans ce passage ? une personne qui ne parle que d’une chose : de lui.

son « amour » pour sa grand-mère devient prétexte à examiner ses sentiments.

là on voit bien que Proust est un romantique attardé, car ce qui est flagrant dans ces lignes est qu’il aime son amour pour sa grand-mère plus qu’il n’aime sa grand-mère elle-même, sa seule préoccupation c’est sa tristesse, il aime sa tristesse parce qu’elle est la conséquence de l’amour qu’il éprouve pour SON amour pour sa grand-mère.

au final on y trouve que des « je » et des « me » et des « moi » : Proust est envahi de lui-même, il déborde de lui-même comme le faisaient ces bataillons de poètes romantiques qui passaient leur temps à se regarder aimer et être triste etc…

et toutes les relations « sentimentales » entre les personnages de Proust sont du même tonneau nombriliste.

et donc ces lignes confirment ce que j’essaie maladroitement de dire : que l’agapé (à savoir l’amour désintéressé de l’autre, l’amour charitable, empathique etc..) est un mot qui lui est totalement étranger.

Delaporte dit: 7 décembre 2018 à 23 h 17 min

« Un amour de Swann » est en soi un roman qui se suffit à lui-même. Un roman sur l’amour, d’une perfection inextinguible, toujours aussi moderne aujourd’hui que dans mille ans. Les débiles qui croient que ça va vieillir ! Dans La Recherche, il y a des passages moins bons que d’autres, certes, peut-être, mais nous sommes toujours au moins d’intensité maximale de l’art littéraire.

christiane dit: 7 décembre 2018 à 22 h 47 min

Bien sûr, hamlet, que Proust sait écrire la brûlure de l’amour. Les pages sublimes dans « Sodome et Gomorrhe II » où il évoque sa grand-mère, ce que cette mort lui enlève à jamais, lui révèle à jamais, cet amour inconditionnel qu’elle lui portait, juste parce que se baissant, il touche le bouton de sa bottine…
 » […] ma poitrine s’enfla, remplie d’une présence inconnue, divine, des sanglots me secouèrent, des larmes ruisselèrent de mes yeux. L’être qui venait à mon secours, qui me sauvait de ma sécheresse de l’âme, c’était celui qui, plusieurs années auparavant, dans un moment de détresse et de solitude identiques, dans un moment où je n’avais plus rien de moi, était entré, et qui m’avait rendu à moi-même, car il était plus que moi. […] Je venais d’apercevoir, dans ma mémoire, penché sur ma fatigue, le visage tendre, préoccupé et déçu de ma grand-mère,[…]
Et maintenant ce même besoin renaissait, je savais que je pouvais attendre des heures après des heures, qu’elle ne serait plus jamais auprès de moi, je ne faisais que de le découvrir parce que je venais, en la sentant pour la première fois vivante, véritable, gonflant mon cœur à le briser, en la retrouvant enfin, d’apprendre que je l’avais perdue pour toujours. Perdue pour toujours ; je ne pouvais comprendre et je m’exerçais à subir la souffrance de cette contradiction : d’une part, une existence, une tendresse, survivantes en moi telles que les avais connues, c’est-à-dire faites pour moi, un amour où tout trouvait tellement en moi son complément, son but, sa constante direction, que le génie des grands hommes, tous les génies qui avaient pu exister depuis le commencement du monde n’eussent pas valu pour ma grand-mère un seul de mes défauts ; et d’autre part, aussitôt que j’avais revécu comme présente, cette félicité, la sentir traversée par la certitude, s’élançant comme une douleur physique à répétition, d’un néant qui avait effacé mon image de cette tendresse, qui avait détruit cette existence, aboli rétrospectivement notre mutuelle prédestination, fait de ma grand-mère, au moment où je le retrouvais comme dans un miroir, une simple étrangère qu’un hasard a fait passer quelques années auprès de moi, comme cela aurait pu être auprès de tout autre, mais pour qui, avant et après, je n’étais rien, je ne serais rien. »

Vous voyez, hamlet, c’est pour des pages de ce genre que La Recherche m’est un livre insurpassable.

x dit: 7 décembre 2018 à 22 h 18 min

Jazzi, j’avais employé le mot au sens courant, au sens large ou « lâche », parce que l’appartenance de Proust au mouvement romantique ne me semblait pas aller de soi.
Ce terme faisant partie de ceux qui sont utilisés dans des acceptions tantôt ordinaires, tantôt spécialisées les malentendus sont inévitables !
Même chose pour « romanesque », que l’on peut comprendre comme ce qui relève du genre littéraire de la « romance » (et il est alors synonyme de « romantique » au sens ordinaire) mais que René Girard a opposé au « mensonge romantique »: la « vérité romanesque » c’est alors la lucidité sur soi-même et son désir, le renoncement à un mimétisme d’autant plus agressif qu’il ne se reconnaît pas comme tel (c’est toujours l’autre qui m’imite ou me méprise, qui rend le mal pour le bien, etc.) et à l’éternelle rivalité. Dans cet emploi particulier il est l’apanage des plus grands romanciers, passés d’abord par un certain « romantisme » avant de le dépasser (et dont les héros, tel Julien Sorel, suivent la même évolution): Stendhal donc, mais aussi Proust et Dostoïevski que Girard, lui, réunit…

Mais avant d’en arriver là, ce « médiateur » (encore une appellation girardienne spécialisée)/modèle secrètement admiré/ rival que le sujet trouve toujours sur son chemin le fascine, l’obnubile (même et surtout sous la forme de l’exaspération, de la détestation affichée). Seules ses railleries, ou son indifférence (que le sujet « médiatisé » interprète comme arrogance et mépris) l’atteignent.
Tous les autres, quand bien même ils seraient aimables, secourables, complaisants, ne comptent pas : il ne les voit pas, ne les entend pas. Seules une estime, une considération, une affection qui se refusent lui paraissent dignes d’un quelconque intérêt…

Berenice dit: 7 décembre 2018 à 22 h 16 min

À propos des Poiriers, et si quand il déposait ces aubepines il respirait leur parfum, si l’évocation avait suffit à faire revivre ces emotions d’enfant. Je peste souvent, car il sort d’une mémoire ancienne une miette mais la madeleine n’est jamais entière.

Berenice dit: 7 décembre 2018 à 22 h 09 min

D, pensez vous que les autorités auraient pu intervenir autrement auprès de ces élèves de cet établissement de banlieue, qu’une pédagogie civique eut pû prendre une forme différente tout en promettant d’être efficace?

Berenice dit: 7 décembre 2018 à 22 h 04 min

Les femmes aussi ont droit au tourisme sexuel, donc j’irais au nord, à l’ouest, à l’est , au sud pour des repérages d’âmes qui peut être correspondraient à la mienne.

Berenice dit: 7 décembre 2018 à 21 h 54 min

D, j’ étais assez solitaire ou accompagnée le plus souvent d’un garçon, les filles faisaient des messes basses et je n’aimais pas celles qui s’y livraient.

Berenice dit: 7 décembre 2018 à 21 h 52 min

20h23 chacun ses refuges, pourquoi pas les poiriers sinon pourquoi l’art , on conserve le droit de célébrer la beauté des choses, de déposer une gerbe , un humble hommage, des milliers de pages. Chacun à sa mesure. Proust n’est pas Zola, on ne peut tout de même pas toujours se sentir concerné par la détresse des pauvres.

Berenice dit: 7 décembre 2018 à 21 h 41 min

Jazzi, si il y croit mais il assiste à leur transformation jusqu’à leur disparition. Dans ce que j’ai lu , des amitiés éphémères, des amours , des amitiés durables, des admirations, des sympathies,des rencontres
Rien qui me persuade que Proust n’ait pas cru en elles.

Berenice dit: 7 décembre 2018 à 21 h 36 min

Quand j’étais petite fille, je ramassais les pétales des roses , les diluais après les avoir écrasés avec un caillou lisse pour faire de l’encre.

jazzi dit: 7 décembre 2018 à 21 h 11 min

Dans le langage courant, x, un romantique est en effet une personne sentimentale. Mais en littérature, l’école romantique, c’est tout autre chose, à ne pas confondre avec les romans romanesques ou à l’eau de rose…

jazzi dit: 7 décembre 2018 à 20 h 48 min

Je n’ai jamais été d’accord avec Proust sur sa perception de l’amour et de l’amitié, il n’y croit pas moi oui, mais ça ne m’empêche pas d’admirer l’écrivain, hamlet.

x dit: 7 décembre 2018 à 20 h 41 min

Ah, ben je n’y comprends plus rien, moi ! Je croyais qu’on taxait de « romantiques » ceux qui croyaient à l’amour ?

Paul Edel dit: 7 décembre 2018 à 20 h 40 min

Hamlet, votre colère contre l’oeuvre Proust est saine et vivifiante bien que je ne la partage pas ..mais autant je comprends un auteur » classique » comme Thomas Mann dans sa tradition Goethéenne . Tout lecteur sait qu’il n y a rien en commun avec la façon de faire d’un Robert Musil et d’un Mann. Dans La Montagne magique, Mann et analyse les voies philosophiques possibles avec les dialogues et discussions de Settembrini et Naphta à propos d’une Europe politiquement malade et en proie au vertige… ceci écrit au moment, dans des décisives avant que les fascismes émergent.. J’en ai longuement parlé sur mon blog.
Quand je lis « les désarroi de l’élève Toerless » je comprends le magnifique avertissement lancé par Musil sur l’irruption d’une génération de jeunes fascistes. Mais l’ironie caustique de Musil-dont vous avez un peu hérité dans vos commentaires- je la comprends mal. Comme si la démystification et le « démontage de la réalité « creusait immense distance avec le lecteur moyen que je suis.
Tant pis pour moi.. direz-vous.. Je vois bien qu’il y a un renversement des anciennes certitudes, mais je n’oublie pas que la vivisection du monde, aussi intelligente soit-elle pour annoncer l’ère technocratique, dans » l’ Homme sans qualités », je n’ arrive pas à la saisir.. .. J’essaie de comprendre de quoi il s’agit. Soyons francs, c’est en vain .je n’apprécie que les amours d’Ulrich et d’Agathe. Je préfère les proses d’ Herman Broch, car sa méditation sur la mort dans « la mort de Virgile » me touche.. Tout confus qu’il est parfois dans sa « religiosité » qui m’interroge. il me semble qu’il avait pressenti l’effondrement d’un certain nombre de d’assises spirituelles européennes. En revanche, les discours d’un Brecht de la Finlande ou de la Californie, les sermons radiophoniques d’un Mann à la radio, aux Etats unis en43-44, je les apprécie. Ecrivains engagés et rationnels.. j’avoue mes limites de lecteur.. Je ne souhaite qu’une chose : que vous défendiez et expliquiez le message et le point de vue de Musil dans l’HSQ. Je l’attends toujours avec curiosité et empathie.

hamlet dit: 7 décembre 2018 à 20 h 23 min

et il suffit pas de savoir bien décrire un poirier en fleur pour passer sous silence ces aspects terrifiants.

qu’est-ce qu’on en a à taper des poiriers en fleur !!!

hamlet dit: 7 décembre 2018 à 20 h 21 min

ce qu’il faut demander c’est pourquoi Proust avait cette vision défaitiste des relations entre les êtres ?

une vision masochiste ? un masochisme hérité des frustrations maternelles ?

on sait qu’il aimer enlever les pattes aux mouches alors que ces mouches ne lui avaient rien fait.

c’est terrifiant d’aimer enlever les pattes des mouches ! d’ailleurs Proust est un type terrifiant !

hamlet dit: 7 décembre 2018 à 20 h 18 min

c’est pour cette raison que j’ai énervé Paul Edel, lui aussi voit bien que j’ai raison mais il refuse de l’admettre m’accusant de penser être le seul à détenir la vérité…

mon Dieu quelle misère.

hamlet dit: 7 décembre 2018 à 20 h 16 min

christiane dit: 7 décembre 2018 à 18 h 44 min

alors là pas du tout d’accord avec Christiane, enfin si je suis d’accord sur le fait que Proust ne nous parle que de ce « leurre », et de cette lucidité qui revient avec le temps nous mettant face à nos erreurs et au fait que seule notre imagination avait créé cet être aimé.

entre parenthèses sur l’imagination et l’illusion il faudrait revoir ce qu’en dit Hume qui a tout dit sur ces questions.

mais revenos à cette vision proustienne des sentiments qui se résume à une perpétuelle erreur de jugement et à une imagination qui tel un malin génie se joue de nous, la question est : est-ce bien toujours le cas ?

à savoir : est-ce que le sentiment amoureux nous entraine toujours et immanquablement sur la mauvaise voie ?

non, il est évident que non, il suffit de croiser un couple de vieilles personnes, qui se tiennent par la main comme s’il revenait de leur premier rendez-vous, ils ont passé plus d’un demi siècle ensemble et ils continuent de s’aimer comme au premier jour, il suffit que l’un meurt pour que l’autre le suive dans la tombe la semaine suivante.

Proust a tort ! c’est évident ! ou alors relisez Levinas !

la question est de savoir pourquoi dit qu’il a raison alors qu’il est évident qu’il a tort ?

c’est quoi ? une secte ? une religion ?

ou bien votre imagination qui vous joue des tours et dont les leurres qu’elle provoque vous font aimer cet écrivain pour de mauvaises raisons ?

amusant de voir que les lecteurs de Proust se comprtent avec lui comme Swann avec Odette…

hamlet dit: 7 décembre 2018 à 20 h 00 min

misère de misère… si Pablo était là nous pourrions parler musique, je pourrais lui faire écouter ce magnifique luthiste et ses improvisations baroques dans lesquelles on trouve une pertinence de chaque note et une parfaite fluidité du phrasé, même qu’à 1mn35 ce phrasé évoque, comme chez Schubert, une angoisse de la mort…

https://www.youtube.com/watch?v=IaH2C2Qe97Y&feature=share&fbclid=IwAR2TqipP2BiufBsLGwbH9qgq40KAKOjC9oXpglYgBgtUSqVjwnLuMz1GAeM

D. dit: 7 décembre 2018 à 19 h 57 min

P. comme Paris dit: 7 décembre 2018 à 18 h 32 min

Du 17 au 29 décembre, on vous donne, Hamlet, à l’Opéra Comique.

le seul problème c’est que personne en veut.

jazzi dit: 7 décembre 2018 à 19 h 57 min

Théâtres, musées, monuments, grands magasins seront également fermés. Demain, Parisiens et touristes n’auront d’autre choix de spectacle que dans la rue, c’est fou !

hamlet dit: 7 décembre 2018 à 19 h 51 min

Pablo reviens !!! je me suis trompé sur ton compte et je m’en excuse ! pour Paul Edel tu avais raison depuis le début !

hamlet dit: 7 décembre 2018 à 19 h 49 min

Paul Edel dit: 7 décembre 2018 à 19 h 22 min

non non, jamais de mépris pour moi, au contraire j’ai toujours dit mon admiration pour les personnes comme vous et d’autres qui fréquentent ce blog et partagent cette culture livresque pour laquelle je n’éprouve qu’éblouissement.

Jamais de mépris seulement des interrogations. Comme là, pour Proust et sa vision des sentiments pour lesquelles il est écrit « complexe » dans l’article de passou, alors que je n’y vois que répétition du même, d’où ma question : est-ce bien la réalité ?

Pour ce qui de notre dernière discussion sur la « critique littéraire », vous avez mal pris que je vous demande si le fait de toujours caresser les écrivains dans le sens du poil allait de pair avec une carrière « tranquille ».

Il n’y avait aucun mépris dans ma question mais juste une question qui aujourd’hui devrait préoccuper tous les lecteurs.

Rien à voir avec les viles attaques de Pablo à votre encontre, attaques vis à vis desquelles je vous ai défendu comme j’ai pu, à vous lire il me semble que j’aurais mieux fait d’aller dans son sens et d’appuyer ses critiques à votre encontre…

jazzi dit: 7 décembre 2018 à 19 h 32 min

J’ai reçu un mail de la médiathèque du 12e qui m’annonce que demain elle sera « exceptionnellement » fermée. Vélib, à l’instant me prévient que toutes les stations seront bloquées et les vélos enlevés. Demain, Paris sera ville morte. Que vont faire les Parisiens ? Aller à la manif !

Paul Edel dit: 7 décembre 2018 à 19 h 22 min

Hamlet, du haut de votre amour si légitime pour « l’Homme sans qualités »,de Musil, et de votre cinglante ironie à notre égard,nous plusieurs commentateurs, vous avez passé votre temps (souvenez vous) à manifester du mépris pour le nos post .oui, souvenez vous,pendant si longtemps vous moquiez et tourniez en ridicule avec constance les gouts littéraires, les opinions, les lectures de pas mal d ‘entre nous.Vous seul déteniez la Vérité! avec des paradoxes que vous n’aviez pas le souçi de les expliquer et de les justifier , car nous étions des ânes, visiblement. ..nous n’avions visiblement rien compris à rien et n’étions pas à votre altitude pour discuter philosophie et littérature. il est évident que parfois votre ironie et votre humour ont des qualités et m’ont fait sourire. Bien sur vous avez le droit de ne pas aimer Proust, et mê de détester son ton et ses thématiques mais n’enrobez pas tout cela d’un ton hautain et sans réplique. Les RDliens ont a assisté à votre match dix fois recommencé avec Pablo sans trop avoir vraiment envie de vous défendre. Et puis, franchemnt les poussées de haine si régulières(comme une fièvre cyclique) de Pablo méritaient elles cette pluie de vos post?

x dit: 7 décembre 2018 à 19 h 09 min

Pour le [18:00] dire autrement :

— le roman n’est pas sans référent mais il ne coïncide pas pour autant avec la réalité : il la recrée. D’où le danger de le considérer seulement comme un « document »
— « Il est essentiel à une œuvre littéraire, à une œuvre d’art en général, qu’elle transcende ses propres conditions psychosociologiques de production et qu’elle s’ouvre ainsi à une suite illimitée de lectures, elles-mêmes situées dans des contextes socioculturels différents. Bref, le texte doit pouvoir […] se décontextualiser de manière à se laisser recontextualiser dans une nouvelle situation : ce que fait précisément l’acte de lire. » (Ricœur, mais cette synthèse n’a rien d’original)

— dans le cas qui nous occupait, il s’agissait évidemment d’un « labour of love » de la part du biographe. Il ne saurait être tenu pour responsable du mauvais usage qui peut parfois être fait de son travail.
(« Mauvais » au sens d’erroné plutôt que de malveillant, du moins consciemment.)
Mais il arrive que le mauvais usage de la biographie ait quelque chose à voir avec le refus de « s’exposer » véritablement au texte (on préfère aller chercher « derrière », ce qu’il cache) et la « mise à nu » des matériaux avec une volonté de maîtrise, de désenchantement, de réduction au plus petit dénominateur commun : ce n’était que cela ; on serait bien bête d’admirer l’imagination de l’auteur ou sa cruelle lucidité, les originaux étaient encore plus excentriques ou plus sordides.

jazzi dit: 7 décembre 2018 à 19 h 04 min

hamlet, La Bruyère, répond parfaitement à tes doléances, dans « Les Caractères », au chapitre « De la société et de la conversation » :

29 – Entre deux personnes qui ont eu ensemble une violente querelle, dont l’un a raison et l’autre ne l’a pas, ce que la plupart de ceux qui y ont assisté ne manquent jamais de faire, ou pour se dispenser de juger, ou par un tempérament qui m’a toujours paru hors de sa place, c’est de condamner tous les deux : leçon importante, motif pressant et indispensable de fuir à l’orient quand le fat est à l’occident, pour éviter de partager avec lui le même tort.

christiane dit: 7 décembre 2018 à 18 h 44 min

Hamlet, mais alors là pas d’accord du tout ! On lui en fait porter à l’autre de notre histoire tue, de nos manques, de nos failles, de nos blessures d’enfance. On projette sur lui ou elle tout ce merveilleux dont la vie nous a frustré. On ne le voit pas, l’autre, on voit un être créé par notre imagination que l’on plaque sur l’être réel. Plus tard, quand la passion s’assagit, il ou elle commence à être imparfait(e) et là on entre dans sa vérité. Proust est très fort dans ce registre quand il se demande des années après comment il a pu l’aimer.
On remballe ce temps exquis où on aimait pouvoir aimer ainsi, où ce désir d’être aimé nous invitait à être « magnifique ». Et parfois on ferme une porte… parfois on s’apprivoise différemment. On sauve ce qui peut être sauvé jusqu’au prochain leurre ou jusqu’à la solitude si bien chantée par Léo Ferré :
https://www.youtube.com/watch?v=ZH7dG0qyzyg
Le plus belle chanson de son répertoire.

hamlet dit: 7 décembre 2018 à 18 h 35 min

quand je pense que moi-même j’ai failli laisser ma peau pour vous débarrasser de ce crétin de pablo !

et quels remerciements ai-je retiré de ce sacrifice ?

quand je me battais seul contre lui sur ce ring qui est venu me soutenir ? m’apporter un peu d’eau pour me désaltérer, une banane pour me donner quelques vitamines, quelques onguents pour soigner mes plaies ???

qui d’entre vous l’a fait ?

personne !

et maintenant vous venez ici me tenir des propos suaves et dégoulinants sur votre amour de Proust ?

on croit rêver !

hamlet dit: 7 décembre 2018 à 18 h 30 min

Jazzi sois patient mon ami elle te reviendra ton Annelise ! et tu pourras à nouveau parler de tes films avec elle…

christiane voyez comme c’est beau parfois l’amour !

D. dit: 7 décembre 2018 à 18 h 25 min

quand le gosse arrive à 8 ans et qu’il dit à sa mère célibataire, à Vincennes, dans une crise de rage 

Pourquoi à Vincennes, JJJ ?

Sinon je vous informe que France l’adoption internationale est encadrée pat l’adhésion à la convention de La Haye qui interdit toute transaction financière. En revanche les orphelinats sont libres de recevoir des dons.
Dans l’immense majorité des cas les enfants se retrouvant en orphelinat le sont suite à une décision juridique irréversible. Donc ces enfants doivent parvenir à comprendre, à l’âge adulte, qu’ils n’ont en aucun cas été « acheté » et qu’au contraire leur adoption est une grande chance. Certains n’étant pas adoptés (car trop grands déjà, malades, handicapés, etc..)

Ce qui pourrait être très destructeur en revanche c’est d’apprendre qu’ils sont nés d’une mère porteuse payée par les parents.
Car dans un tel cas à été créée intégralement et sciemment la situation dégradée, dans le seul but de satisfaire une envie, en niant le l’intérêt fondamental de l’enfant qui doit toujours prevaloir.

hamlet dit: 7 décembre 2018 à 18 h 25 min

christiane dit: 7 décembre 2018 à 18 h 14 min

je ne crois pas christiane, je crois qu’au contraire, parfois, l’amour permet de révéler et de découvrir.

en fait ce que je crois est l’exact contraire de ce que croit Proust, c’est juste un romantique attardé, l’amour n’est pas un problème entre soi et soi mais une relation entre soi et l’autre, l’amour éclaire, l’amour révèle.

il y a peut-être un seul mot qui n’entre pas dans le dictionnaire de Proust : « agapé », le problème est ce mot détermine à lui seul non seulement notre humanité mais le destin des hommes.

alors oui cet amour/agapé on le trouve chez Dostoïevski au milieu des déchets, des détritus humains, et l’on surprend à penser que si Proust avait commencé sa vie dans un bagne de Sibérie il aurait peut-être eu une autre vision de l’humanité !

jazzi dit: 7 décembre 2018 à 18 h 24 min

« la Sandrine K. avec sa gueule et ses chewing-gum »

C’est pas des chewing-gum, JJJ, mais des bonbons haribo. Avec son air de chien battu et ses longs cheveux qui pendouillent, elle me fait penser à Annelise. Tu dis un peu comme moi quand je parlais de situation modèle à destination des élèves des métiers de la protection de la petite enfance. De la propagande, au bon sens du terme. Dans l’idéal, voilà comment les choses devraient se passer, alors que l’on sait que dans la réalité c’est plus complexe que ça !

hamlet dit: 7 décembre 2018 à 18 h 17 min

« et alii dit: 7 décembre 2018 à 17 h 36 min
au regret,hamlet:proust et la question de la sptialité, des « côtés »
https://philolarge.hypotheses.org/1614
bonsoir »

pourquoi « au regret » ? il n’y a rien à regretter !
le lien que vous me donnez ne parle que de paysages, le foisonnement visuel du paysage, effectivement Proust est un « visuel », il est capable de vous décrire une par une toutes les feuilles d’un poirier pour vous en montrer les différences ?

mais pour les êtres qui peuplent ces paysages et les liens qui les unissent ? ces liens sont-ils aussi divers que les feuilles de son poirier ? non ! ces liens sont toujours les mêmes !!! il revient toujours au même leurre, aux même illusions, aux même malentendus, aux mêmes désillusions… est-ce le vrai monde ou bien n’est-ce que son monde à lui selon vous ?

moi je dis que ce ne que son monde, ou l’idée qu’il se fait de ce monde, mais dans aucun cas il ne s’agit du vrai monde !!!

sauf que c’est bien dit, et comme vous ne vous fiez qu’à la forme et jamais au fond vous vous laissez enfumer par le premier beau parleur venu et c’est comme ça qu’on se retrouve avec des débiles comme Macron ou Trump comme président !

esthétique – éthique et…. politique.

christiane dit: 7 décembre 2018 à 18 h 14 min

Enfin, hamlet, vous savez très bien que dans notre monde aussi aucune personne n’aime jamais un individu pour ce qu’il est véritablement. On aime l’autre comme on aimerait être aimé et l’autre ne s’y retrouve pas… On lui demande ce qu’il ne peut pas donner et que, comme dans la fin du poème de « La jeune Parque », on se comble de soi-même on renaît du fond de soi-même. Après on peut tenter d’aimer l’autre avec toute l’attention et la tendresse nécessaires et surtout beaucoup d’espace entre l’un et l’autre. Des concessions, de l’estime et beaucoup beaucoup de patience…

jazzi dit: 7 décembre 2018 à 18 h 08 min

Les casseurs actuels, sont un peu comme les personnages de Proust, constitués à partir de diverses sources. Mais le plus étonnant ici, chose inédite dans notre histoire, c’est que ces casseurs, regroupent l’extrême droite, l’extrême gauche et les pilleurs de banlieue. Un peu comme si les anarchistes et les cagoulards du début du siècle précédent faisaient alliance !

Janssen J-J dit: 7 décembre 2018 à 18 h 00 min

faire assaut d’érudition avec des liens en croisant la bibliothèque proustinienne avec n’importe quel terme. On trouvera bin toujours quelque Macherey pour te bluffer, te faire accroire que d’autres maîtriseraient mieux que toi l’entièreté de la glose dédiée.
Même le Tadié…, ça le ferait rire qui pensait, après 40 balais à s’y être usé, que tout ça n’avait pas servi à grand chose, et surtout pas à la « science littéraire ».
Tai, on a oublié le père et le fils Enthoven qui ont pondu leur dictionnaire amoureux pour nous faire comprednre à quel point ils étaient pas d’accord dans la lecutre de Proust.
Brefl, Proust, ça sert d’abord à régler d’autres comptes, j’ai tout comme l’impression. Je sais fort bien que dans mes dîners en ville, personne ne l’a jamais lu, mais personne ne voudra jamais le reconnaître, normal. Tout le monde a sa technique au poing, à commenrc par celle de faire savoir qu’on n’en pese pas moins des françoises, des odettes, des verdugadins, des charlus et autres razafindranalie pour clouer le bec à 98 % de l’assistancielle. J’adore jouer asap…

Vu Pupille, ouaip… J’en connais des confrontés à l’adoption internatonale. Et aux risques bien réels quand le gosse arrive à 8 ans et qu’il dit à sa mère célibataire, à Vincennes, dans une crise de rage : « et tu m’as acheté combien ? ».
Mais surtout, toute cette pléiade d’acteurs tous formidables pris les uns après les autres, seulemnt voilà, qui peut imaginer une seule minute la crédibilité de cette brochette de bienveillances collectives. Vraiment trop,
Non la seuile qui vaille, c’est comme d’hab. la Sandrine K. avec sa gueule et ses chewing-gum, qui nous pête un cable d’amour sur les falaises. Voilà la seule vraie scène attendrissante à sauver dans cet étouffe-chrétien lourdingue.

x dit: 7 décembre 2018 à 18 h 00 min

Paul Edel à 16h08
Sans nier le moins du monde que l’on puisse s’intéresser aux originaux des personnages proustiens, aux personnes réelles de l’entourage de l’écrivain qui les ont inspirés (seules ou sous forme de cocktail), sans contester non plus la qualité du travail de Painter, on peut tout de même rappeler cette évidence : l’intérêt du lecteur et le travail du chercheur sont seconds par rapport à l’œuvre littéraire. Seconds dans le temps, secondaires parce que dérivés, dépendants de la lecture et du génie propre de l’œuvre.
Et quant au pôle inverse, celui de l’écriture : s’il y a eu œuvre c’est bien à travers une forme de distanciation.
Le paradoxe c’est que la réussite extraordinaire de l’opération de distanciation (la prise de recul, le retrait et le travail épuisant) nous donne un sentiment de proximité avec celui qui raconte, ceux dont il parle, les lieux où se déroulent leurs histoires et qu’il suscite notre curiosité pour « ce qui se cache derrière ».

Souligner que c’est un paradoxe de s’acharner à défaire ce que l’auteur a construit, à démonter sa « cathédrale » pour en retrouver les éléments (et la source d’un personnage fût-elle unique ce personnage en diffère radicalement parce qu’il fait désormais partie d’un système ou d’un organisme et ne peut plus être « compris » ou analysé en dehors de ce système) n’a rien de scandaleux.

D. dit: 7 décembre 2018 à 17 h 55 min

C’est très intéressant ce que vous écrivez-là, hamlet et je n’y avais jamais pensé de cette façon. Oui en effet c’est un monde trop simple dont la description si longue et détaillée a un caractère puéril.
C’est ce qui fait qu’une personne réellement intelligente ne peut que s’ennuyer avec de telles lignes.

jazzi dit: 7 décembre 2018 à 17 h 47 min

« et après on se demande pourquoi notre monde marche sur 3 pattes ? »

La révolte des gilets jaunes, c’est la faute à Proust, hamlet ?

hamlet dit: 7 décembre 2018 à 17 h 24 min

je n’ai jamais trouvé de subtiles dosages chez Proust, le fait même de n’avoir que deux directions possibles après le petit portail du fond du jardin dénote un esprit en deux dimensions, sinon en une seule, si tant est que ces deux directions ne concernent qu’un seul chemin, une cartographie simpliste pour un esprit étriqué.

Chez Proust il n’y a bien que la forme qui sauve le tout, son écriture possède le sens du détail, mais pas son monde, son monde est simple, simpliste…

un monde dans lequel aucun personnage n’aime jamais un individu pour ce qu’il est véritablement ?

un monde où même l’amour ne permet jamais de découvrir une personne pour ce qu’elle est véritablement ? de révéler sa vraie nature ?

on se moque de qui ?

à l’évidence ce monde-là n’appartient qu’à Proust !

et il suffit que les choses soient bien dites pour que vous y croyiez tous ? et après on se demande pourquoi notre monde marche sur 3 pattes ? hého réveillez-vous !!!

Delaporte dit: 7 décembre 2018 à 16 h 39 min

L’écrivain américain Truman Capote avait voulu écrire sa Recherche avec les personnages de son temps. Il s’est mis à tout déballer, et s’y est pris de telle façon qu’il est devenu persona non grata, ce qui l’a poussé à une sorte de suicide. Moralité : il n’est pas facile d’imiter Proust.

Delaporte dit: 7 décembre 2018 à 16 h 36 min

Ed dit: 7 décembre 2018 à 16 h 25 min

Excellent, Ed ! Pour une fois, vous êtes sur la bonne voie. Continuez comme ça.

Ed dit: 7 décembre 2018 à 16 h 25 min

Sa critique sans pitié du fameux esprit de cour est malheureusement si contemporaine. La Ve République est une monarchie et tous les présidents sont entourés de courtisans qui les empêchent d’entendre le peuple.

Delaporte dit: 7 décembre 2018 à 16 h 24 min

« J’en garde un excellent souvenir. La majorité des saillies s’applique parfaitement à notre époque. »

C’est un volume que j’ai toujours à portée de la main. J’en relis des passages fréquemment. J’aime ce qu’il dit sur la religion. C’était un grand catholique, un homme simple et charmant, pour qui le spectacle putride de la Cour et du monde était une déliquescence.

Petit Rappel dit: 7 décembre 2018 à 16 h 08 min

Il semble qu’il soit interdit d’admirer Le Temps retrouvé de Ruiz et d’utiliser la Biographie de Painter.
Ce qui s’appelle scier la branche sur laquelle on est assise, sauf à ne vouloir se contenter que d’un texte vampirisé par la lectrice.
Il y a des gens à qui ça suffit…Pas moi.
Bien à vous.
MC

Paul Edel dit: 7 décembre 2018 à 16 h 08 min

Vous écrivez Clopine :« Proust n’utilise jamais un seul contemporain pour construire ses personnages, mais panache à tout va ».. c’est contestable cette affirmation, et il faut vraient beaucoup nuancer . Sans parler de sa famille, de sa grand-mère, de ses parents(oui ils sont ses contemporains) ou.. de sa fidèle Céleste Albaret,portraits incontestables puisés directs dans sa vie .. Proust ne « panache pas à tout va »comme vous l’affirmez avec aplomb..
On sait que La Berma, c’est d’abord et en premier lieu Sarah Bernhardt et un petit peu de Réjane.. .. on sait par exemple que Swann c’est d’abord Charles Haas. Charlus, reste dans son ensemble et sa cohérence psychologique un portrait de Robert de Montesquiou même si quelques autres traits sont empruntés à un ou deux autres personnages réels.
Tout l’intérêt du travail de George D. Painter (il est anglais, Clopine) , c’est de montrer justement les nuances et les subtiles dosages auxquels Proust s’est livré à partir des personnes réels rencontrés tout au long de sa jeunesse et de sa maturité .Oui, il a mélangé savamment pour quelques grands personnages, notamment pour créer Albertine, avec Agostinelli et Louisa de Mornay ou Hélène d’Ydeville,et d’autres ; cela fait pari du précipité chimique et littéraire de cette « albertine » Passionnant aussi de comprendre les transformations que Proust fait subir à des lieux comme Riva-Bella,ou Cabourg(qui mélange Dieppe , Trouville,et Evian !..).. Là-dessus Painter est précis , convaincant parce que argumenté.

Ed dit: 7 décembre 2018 à 16 h 01 min

J’avoue n’avoir lu que « Du Côté de chez Swann ». J’ai adoré, bien évidemment et ne regrette pas de m’être accrochée au début. Proust est terriblement rebutant au début, mais il faut insister !

D. on verra si vous êtes sage.

D. dit: 7 décembre 2018 à 15 h 59 min

Suivrait une législative à la proportionnelle et une sénatoriale tenant compte des nouvelles dispositions mises en place par la 6ème. Ainsi le nouveau sénat pourrait voir ses effectifs substantiellement réduits et comporter un moitié de citoyens volontaires tirés au sort sur liste électorale.

D. dit: 7 décembre 2018 à 15 h 49 min

Dans l’éventualité d’une démission de Macron dimanche ou lundi, que l’on ne peut exclure absolument, se poserait, Delaporte, la question du gouvernement de transition.
Les français se retrouveraient avec Larcher et Petit lequel s’était démissionnaire aussi en toute logique. Situation évidemment pas favorable à l’apaisement bien au contraire. C’est celle que désire secrètement Wauquiez.
La meilleure solution seraient que tous les protagonistes admettent la nécessité d’un Gouvernement provisoire panaché de toutes les composantes politiques actuellement représentées dans les deux chambres. Ce serait à Larcher de prendre les devants pour le constituer en usant de proportions réalistes. 1/7ème de chaque de LR, FN, DLF, LFI, PS, MD, DG.
Ce gouvernement aurait pour mission, outre l’expédition des affaires courantes, la constitution d’une 6ème Republique, sa soumission à l’avis du peuple par Référendum et l’organisation avec le Conseil constitutionnel des élections du Ier Président de la 6ème, élu pour 7 ans.

Ed dit: 7 décembre 2018 à 15 h 34 min

« Je suis en train de lire « Les Caractères » de Jean de La Bruyère. »

Oeuvre au programme quand j’étais en terminale L. J’en garde un excellent souvenir. La majorité des saillies s’applique parfaitement à notre époque.

DHH dit: 7 décembre 2018 à 15 h 16 min

@clopine
Je ne suis pas d’accord avec vous et je partage l’avis de Paul Edel et de Jazzi sur la biographie de Painter
Ce livre n’est pas qu’une relation minutieuse des évènements et des gens qui ont traversé la vie de Proust ; et je ne crois pas que cela ait pour Painter l’unique objectif au demeurant bien pauvre
Ce qu’il semble avoir ambitionné et qu’à mes yeux il a réussi avec cette cette biographie, c’est la mise en miroir qui en est le fil directeur ,et qui associe à la relation d’ événements vécus ou observés par Proust , leur transfiguration dans l’œuvre .
Le livre nous fait mesurer ainsi comment ,réfracté à travers le prisme de sensibilité et du talent de Proust, du vécu ordinaire se retrouve magnifié en moments littéraires .Une leçon sur l’art de Proust .

D. dit: 7 décembre 2018 à 15 h 06 min

Delaporte, avez-vous déjà lu la Bible d’Amiens traduite par Marcel Proust (bien qu’en réalité ce fut surtout sa moman qui fit le boulot de traduction, Marcel s’étant surtout chargé de bien tourner les phrases) ?
Cet ouvrage est fort intéressant dans la mesure où il traite des Francs.

Clopine dit: 7 décembre 2018 à 14 h 36 min

Il est anglais ou américain, Painter ? En tout cas, sa biographie en deux volumes m’est à peu près tombée des mains. Pour le coup, on aurait envie de s’exclamer, à mon sens « Contre Saint-Painter », parce que la biographie factuelle poussée à ce point-là, ça me rappelle « la marquise sortit à cinq heures » : je veux dire que je m’en fous.

Ca irait presque jusqu’à classer la Recherche dans le genre « roman à clefs » (quel personnage réel est caché derrière qui…), ce dont ma manière à moi d’être lectrice de Proust se fiche absolument. D’autant que Proust n’utilise jamais un seul contemporain pour construire ses personnages, mais panache à tout va. Bref. Sans doute précieuse pour les érudits et les acharnés du dévoilement biographique, la biographie de Painter est inutile pour ceux qui lisent Proust sans autre souci que de se laisser aller à une phrase étonnante, pleine de détours mais sans cahots, et de partager de l’intérieur le regard singulier d’un être humain, tout entier à lui-même livré. Enfin, d’après moi, hein, forcément. Question boulot, par contre, chapeau, hein !

Giovanni Sant'Angelo dit: 7 décembre 2018 à 14 h 23 min


…Jazzi, GS’A; rien, d’équivalent, avec Paris, ou ses provinces,!…
…c’est, mieux, que rien,!…

Paul Edel dit: 7 décembre 2018 à 14 h 20 min

Jazzi, comme toi, je trouve que c’est l’anglais Painter(mercure de france, ta boite..) qui a défriché le mieux la biographie et les relations de Proust.et en ce qui concerne l’établissement du texte de « la Recherche » et de docs d ‘époque,et des variantes, reprises et raccommodages et expansions de cette prose proliférante c’est l’édition établie sous la direction de Jean Milly en GF Flammarion.remarquable. avec, en annexe documents et résumés parfaits, et critiques de l’époque.Une mine d’or .

christiane dit: 7 décembre 2018 à 14 h 10 min

Paul Valéry, La Jeune Parque, un long poème obscur, publié chez Gallimard, marque son retour à la poésie, après vingt-cinq ans de silence. C’est le monologue d’une jeune femme qui vient de s’éveiller au bord de la mer, sous un ciel étoilé… Une femme qui ne connaît pas ce monde travaillé par la mort, l’absence, le néant, l’éternité et les pleurs, « qui respire et sur qui l’éternité s’écoute » avec la mer et la lumière. Un rêve…
(Les Parques étaient, à Rome, les divinités du Destin, identifiées aux Moires grecques. On les représentait comme des fileuses, mesurant à leur gré la vie des hommes…)
Archives Éditions Gallimard :
 » […] dans sa « Parque », il juge légitime d’opposer au désordre extérieur une étrange et presque surnaturelle sérénité de forme. Il se décrit lui-même comme un de ces « moines du premier Moyen Âge qui écoutaient le monde civilisé […] crouler […] et toutefois […] écrivaient difficilement, en hexamètres durs et ténébreux, d’immenses poèmes pour personne. »

Clopine dit: 7 décembre 2018 à 14 h 01 min

Sodome et Gomorrhe. Celui du basculement et des yeux dessillés. Celui où le sexe entre dans la vie du narrateur, par la petite porte, bien sûr, ou plutôt par l’escalier d’où, bien planqué, le narrateur assiste à la rencontre entre Jupien et Charlus (on est toujours planqué dans les scènes de sexe chez Proust, voyer impénitent). Et celui où Albertine fait son entrée triomphale, revêtue d’une toque au voile vert et portant ses grosses joues…

D. dit: 7 décembre 2018 à 13 h 59 min

Tu t’rends compte. Penser qu’à vendre ses cassettes à la veille de la Révolution française… L’Histoire s’en souviendra.

Clopine dit: 7 décembre 2018 à 12 h 59 min

Candide, et le DVD est aujourd’hui à tarif promotionnel « solidaires » de 14 euros seulement : foncez pour commander, suffit d’aller dans la page « contact » et de demander un DVD avec mention de « tarif solidaire » et la date.

Toutes les recettes sont partagées entre les deux structures bénévoles qui ont présidé au film. Et leur utilisation future va, d’une part, aux actions de formation et de sensibilisation à la défense des abeilles (insectes et environnement, on espère avoir suffisamment de pognon pour attaquer Monsanto au tribunal), d’autre part, à la continuation du travail cinématographique et de sensibilisation pédagogique à l’environnement en zone rurale (on y tient) de Beaubec Productions.

Alors, si vraiment vous applaudissez à la démarche, vous pouvez acheter le DVD. C’est plus simple que de venir habiter aux champs et d’en respecter les contraintes, et ça montre de la solidarité envers ceux qui tentent de faire bouger les choses… (et la FNSEA…)

Ceci étant la fin de mon quart d’heure militant, je retourne à Marcel, qui me harcèle.

christiane dit: 7 décembre 2018 à 12 h 49 min

Jean-Yves Tadié. Quelle lucidité et quel humour…
«Oubliez un peu Proust…».Jeu de questions-réponses avec David Caviglioli – Publié le 04 août 2013 à 14h52 sur le site de bibliobs :
https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20130801.OBS1961/jean-yves-tadie-oubliez-un-peu-proust.html
Donc, Bernard de Fallois et ses recherches… celles sur Proust mais aussi son métier d’éditeur. Tous ces écrivains qu’il a fait connaître, toutes ces préfaces, postfaces, introductions qu’il a rédigées.
J’avais beaucoup aimé le portrait qu’avait fait de lui, Passou, le 3 janvier 2018, sous le titre : « Pour saluer Bernard Fallois ».

D. dit: 7 décembre 2018 à 12 h 00 min

Delaporte, n’essayez pas de faire des parallèles avec les révolutions passées, la situation est absolument inédite.
Réseaux sociaux, mobiles, infividus haïssant viscéralement la nation française dans les quartiers, présence dans ceux-ci de milliers d’armes et de munitions.

Janssen J-J dit: 7 décembre 2018 à 11 h 11 min

remontée des filets…, quelques perlouses :

@ -< "Du côté de chez Swatch », ce qui est après tout une bonne façon de rechercher le temps perdu, montre en main" (mais montre suisse quand même !)

-< Y'en a qui savent rester dans le sujet du proust. Hamlet, par ex., qui nous en apprend plus sur Le temps perdu à Marcel que Passoul et Fallois réunis. Superbe exercice ! Une petite précision en passant dans les filets : je n'ai pas vraiment eu peur du monument… j'avais lu "du côté de chez swann" et "à l'ombre des jeunes filles" à 17 ans pour complaire à ma prof de français Jeannine A., mais je dus (?) lui avouer ne plus pouvoir avancer dans les suivants, en dépit de ma bonne volonté. Elle me le pardonna : "n'ayez plus peur, mon élève chéri, me dit-elle". Et je n'eus plus jamais peur. En revanche, je me tins définitivement à l'écart du proustinisme durant 40 ans, et… avec de plus en plus de proscratination dans l'entrée en 3e âge.

@ Marie de Benoit et Jean-Yves Ferret, bravo et bonne chance pour votre travail sur les abeilles jaunes. Rien à voir avec Lola Rastaquouère, au demeurant. Mais je suis pas content, cf. suite infra.

@ Voirie. On ne peut quand même pas lâcher une vacherie sur Onfray, "fils de cantonnier" (ouvrier agricole en fait), puis essayer de s'en tirer à bons comptes, en lui reprochant d'avoir du mal à frayer avec les GJ. Ce n'est pas si simple.

-< Je n'aimerais pas voir jazzm la tête ensanglantée au bout d'une pique, contrairement à DLP, notre internaute très haut chrétien de souche. Petit rappel cuistre (à la MC) qui pourrait ne pas faire trop de mal à icelui : "Ecclesia abhorret a sanguine". https://www.persee.frhttps://www.persee.fr/doc/dreso_0769-3362_1994_num_28_1_1292

Tout le monde (?) cherche à se fait peur pour samedi. Mais il ne se passera rien de spectaculaire. Les "gens" sont auto-gouvernables en ce moment, dasn une affordance collective existentielle. Comme dans un désir de révolution et d'improvisation amoureuse 'anamoramento" (comme quand nous étions sur la place Tahir du Caire lors de la chute d'Hosni Moubarak). Yves Lefebvre, à la tête de la FSMI-FO vient de remporter les élections professionnelles au comité technique ministériel. C'en est fini du système de cogestion. Masi tout va bien : Castaner a dû faire pas mal de concessions, en leur promettant que les heures supplémentaires non payées seront défiscalisées. Ce syndicat avait bien fait de ne pas signer le protocole de 2016, voilà pourquoi il vient de faire un carton et a dépassé les autres, notamment Alliance + la CFE-CGC de J.-C. Delage.
Vital de bien comprendre ceci pour estimer l'impact du travail en MO à Paris et dans tout le pays, demain.

@ Cl. Bahia : "l'ours de Buenos-Aires" ? Une nouvelle inédite de Jules Supervielle, non ? – Ne craignez pas autant pour nous autres et notre Jupiler suprême, que nous pour vous avec votre nouveau chef. Au pire, nous risquerions le général de Villiers qui vient d'écrire un ouvrage de circonstance : "qu'est-ce qu'un chef". Un essai prophétique qui va reléguer aux oubliettes celui de notre Manu, Révolution.

Les suites aux prochains épisodes, qui ne seront guère que du menu fretin (aux mailles qui m'aillent, Giovanni S'A. ?) bonjour, Go… TVB pour vous, on pressent la sérénité revenue depuis quelques.

Giovanni Sant'Angelo dit: 7 décembre 2018 à 10 h 59 min


…c’est trop, ridicule,!…de se mobiliser,

…le mieux,  » arrêter tout les travaux en cours, grève contre le capitalisme éhonté, toute l’année, « , seuls fonctions, les super-marchés, aux tiquetés de rationnements,!…
…et, services sociaux aux nécessiteux, etc,…

Ed dit: 7 décembre 2018 à 10 h 56 min

« En fait Delaporte je vois que ça vous réjouirait beaucoup qu’il y ait quelques morts. Allez … au moins un ! »

Excellent, Lavande. Comme d’habitude. On dirait qu’il n’attend que cela depuis son canap. Je ne le lis plus car c’est vraiment immonde.

@rose
Merci. Je m’attendais à tout comme réaction, sauf à une demande de renseignement sur le statut de l’héroine ahah. Avec ses récents passages télé (cf. Chap I), je pense qu’elle n’est plus autoentrepreneuse à cause de la limite de revenus. Mais si cette limite a été augmentée récemment (ce que je pense avoir compris…), alors oui, Morganne est autoentrepreneuse.

Berenice dit: 7 décembre 2018 à 10 h 13 min

Delaporte, j’ai regardé hier soir le compte rendu d’un enquête criminelle, le mec, boucher de son métier, se fache avec sa maîtresse qui lui colle une tarte, gifle qui eut le malheur de déclencher une tornade de violence. Il étrangle la jeune femme, puis le petit de quatre ans qui vient défendre sa maman , enfin le chien qui trottine subît le meme sort. Trois strangulations qui finiront en morceaux dans les poubelles de la ville de Paris. L’assassin indemne de toutes pathologies psychiatriques avouera trois mois apres , trente ans de réclusion. L’indice décisif déclenchant le soupçon, une clé cassée dans la serrure de la chambre froide du boucher charcutier au moment de la disparition de cette famille et rapporté par un employé à l’inspecteur de police. Cela dit bien que cette sordide histoire n’y ressemble pas, pour nous consoler, revoir L’amour est un crime parfait, un trou noir également pour le personnage principal.

Delaporte dit: 7 décembre 2018 à 10 h 04 min

Chère Lavande, j’espère pour ma part très sincèrement qu’il n’y aura pas de morts. Je relevais simplement une crainte de certaines autorités de l’Etat, qui ont très peur. Me proposer moi-même en martyr n’aurait que peu d’intérêt. Aucun Desnot ne daignerait lever les yeux sur moi, qui suis d’apparence tout à fait commune, à l’inverse du flamboyant Jacuzzi. Lui, Jacuzzi, imprudent et impudent comme il l’est, a par contre d’une chance d’y passer, et de belle façon ; ça resterait dans les annales…

Lavande dit: 7 décembre 2018 à 9 h 55 min

A moins que vous n’ayez l’intention de passer votre WE sur votre canapé, un oeil sur la télé, l’autre sur la RDL.

Lavande dit: 7 décembre 2018 à 9 h 53 min

En fait Delaporte je vois que ça vous réjouirait beaucoup qu’il y ait quelques morts. Allez … au moins un ! Je sens que vous allez vous porter candidat au martyr : ce serait une belle fin pour un « vrai » catholique comme vous ! Imaginez : un Desnot qui vous coupe la tête. Sublime !

Delaporte dit: 7 décembre 2018 à 9 h 50 min

Peut-être qu’après cette journée, cela donnera l’idée à Jacuzzi d’écrire un « goût des apprentis-bouchers », pour autant que le nombre de têtes décollées artistiquement soit élevé ? Le livre commencerait évidemment par la Révolution, la prise de la Bastille, l’apprenti-boucher Desnot, la tête du gouverneur sur une pique… Joli programme.

Delaporte dit: 7 décembre 2018 à 9 h 45 min

Faire les comptes :
_____________________
Calcul d’écrivain. Le romancier Pierre Lemaître rappelle sur Twitter que le 1% le plus riche a gagné «4,5 milliards d’euros. Parmi eux, 5034 personnes ont gagné 253800 euros » et «le smic va être augmenté de 21 euros par mois ». «Pas de jaloux, tout le monde peut profiter », s’agace-t-il. (Parisien)

Delaporte dit: 7 décembre 2018 à 9 h 37 min

Lors des précédentes journées, il y a eu environ quatre morts accidentelles, mais aucune tête coupée. Aucun Desnot, le garçon-boucher, n’a eu l’occasion d’illustrer son tour de main, son art assassin et révolutionnaire. Samedi, les garçons-bouchers vont inonder les rues de Paris, à la recherche de têtes.

Delaporte dit: 7 décembre 2018 à 9 h 34 min

Je crois qu’il est encore trop tôt pour faire appel à un général. Le moment n’est pas propice. Il faut laisser pourrir la situation dans une violence sans issue. Et alors, par un coup d’Etat, nous aurons un Siéyès qui fera appel à un Bonaparte, et qui saura faire marcher les Français à la trique !

Delaporte dit: 7 décembre 2018 à 9 h 31 min

« Surréaliste, cette supplication générale demandant aux Gilets Jaunes de ne pas détruire Paris ! »

Vous avez peur qu’ils cassent votre jouet, Jacuzzi ? Le gouvernement aurait dû y réfléchir à deux fois lui-même avant de « casser » leurs vies. Ils n’avaient rien demandé à personne. Tout ça me semble assez logique, c’est, voyez-vous, le symbole « Desnot », du nom de cet apprenti-boucher qui s’illustra lors de la prise de la Bastille, qui joue à plein. Samedi, Paris sera plein de Desnot parmi les rues. Ne vous promenez pas dans le secteur, Jacuzzi ; avec votre apparence d’esthète hyper-bourgeois, et de rentier à l’aise, qui passe ses journées au cinéma et sur la Rdl, vous y auriez droit…

Jacques R. dit: 7 décembre 2018 à 9 h 26 min

Le pronunciamiento de samedi prochain devrait porter le général de Villiers au pouvoir. Vive l’armerdre !

rose dit: 7 décembre 2018 à 9 h 04 min

Ed

Morganne est une autoentrepeneuse ?
Modernité : pas de congés payés ni de maternité.
St..b..k coffee pour des bureaux improvisés où les salariés -précaires- en rencontrent d’autres. Tout aussi précaires.

J’aime bien Ed votre regard lucide.

Giovanni Sant'Angelo dit: 7 décembre 2018 à 8 h 47 min


…tout, pour saboter, en France,!…Vive la Sicile,!…la Suisse, l’Écosse, le Benelux,!…
…etc,…

rose dit: 7 décembre 2018 à 8 h 11 min

Ed

ouaip : y a pu de dimanche ; ni de temps libre : c’ est taf non stop.

ouaip, ils s’ aiment.
C’ est vraiment trop injuste Cruz et Bardem.

En découdre, donc, pour se venger des injustices ?

Phil dit: 7 décembre 2018 à 8 h 07 min

Bonne nouvelle dear Baroz, vu hier un excellent reportage sur les pédophiles chez les hassidim en Israël, par Yolande Zaubermann, « M ».
M comme maudit, of course…pas Marcel resté au tripotage de ses grooms dans les hôtels à considérables tapis. sortira en Mars en France. Si médiaradiofrance n’est pas détruite par les vestes jaunes, le team journaleux pourra lâcher la grappe des catholiques. l’année suivante ce sera la fête aux musulmaniaques.

jazzi dit: 7 décembre 2018 à 7 h 43 min

Vous avez raison, Claude Bahia, Passou devrait corriger ainsi :

« double exercice d’exhumation »
« établît des concordances entre sa vie privée telle qu’exposée »

jazzi dit: 7 décembre 2018 à 7 h 39 min

Claude Bahia, « l’ours est — dans l’édition, l’imprimerie et la presse — un pavé, un encadré ou un espace, situé généralement au début ou à la fin d’un ouvrage, qui recense les noms et adresses de l’éditeur et de l’imprimeur, et les fonctions et les noms des collaborateurs ayant participé à la fabrication de l’imprimé. » (wikipedia)

jazzi dit: 7 décembre 2018 à 7 h 36 min

Surréaliste, cette supplication générale demandant aux Gilets Jaunes de ne pas détruire Paris !
Ils doivent en bander dans leurs frocs les casseurs de banlieue…

renato dit: 7 décembre 2018 à 7 h 33 min

La bonne expression Claudio est « histoire de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours ». L’expression est employée lorsque quelqu’un rapporte des faits dont il n’a pas été temoin en grandissant les détails ou, plus banalement, rapporte des ragots.

Giovanni Sant'Angelo dit: 7 décembre 2018 à 7 h 03 min


…le centre déborder, par tout, par tous, çà sera, Pinochet-France-Banque, ou rien, Ah,!Ah,!
…Vive la révolution à Zapata, Ha,!…Ah,!…
…et, l’enseignement, etc,!…
…la jeunesse sacrifiée, quel enseignement,tout deviner,  » la tenaille « , Ah,!Ah,!…C.R.S.,…S.S.,…et U.S.A.,Go Home,!…Go Home,!…aux paradis fiscaux internationaux, les rex – compris,!…
…épargnants sans investir, le peuple,!…
…etc, misères et misères pour tous,!…
…la queue du loup,!…

rose dit: 7 décembre 2018 à 6 h 51 min

bonjour Gianni

dix camions de CRS hier sur le Vieux port.
Des barrières triplement renforcées devant les santons et le marché de Noël.

Giovanni Sant'Angelo dit: 7 décembre 2018 à 6 h 47 min


…achats-ventes; des couilles-Suisse, pour les présidents français,!…Vive de Guaulle,!…
…Nom de Dieu, tout ce fatras politique, en vente, aux super-marchés,!…
…avec les C.R.S. DE LEURS CULS,!…
…Ah,!Ah, la fessée aux gendarmes, et retro Satanas-président, sans couilles-morales,!…
…le fric, c’est chic, pour les autres aussi,!…les égalités, et mourir, pour la France, à vos dignitaires conservateurs, plus tu meurs,!…etc,!…
…Vive l’Europe réactionnaire,!…Himell,!…

rose dit: 7 décembre 2018 à 6 h 38 min

Lola Rastaquouère c’est Méry Laurent, de son vrai prénom Marie Rose que Mallarmé appelle mon petit paon ?
« Elle habite rue de Rome, à quelques pas de chez lui, mais elle passe bcp de temps boulevard Lannes, dans une maison tendue d’andrinople rouge, la Villa des Talus. Elle a fait graver sur la façade des vers de son ami poète*, d’un style inimitable :

Ouverte au rire qui l’arrose
Telle sans que rien d’amer y
Séjourne, une embaumante rose
De jardin royal est Méry.

Leur préfère-t-on ces deux autres ?

Heureux pour qui, souriante et farouche
Méry Laurent met le doigt sur la bouche.

*Mallarmé

modèle également d’Édouard Manet, le frère d’Eugène, le mari de Berthe et père de Julie, leur fille qui pendant dix sept vivra collée serrée à sa mère jusqu’à ce que celle-ci meure.
Parce que il faut bien mourir un jour.

Claudio Bahia dit: 7 décembre 2018 à 2 h 36 min

merci à P comme Paris. C’est vraiment amusant et étrange comme expression; je suppose que ça n’a rien à voir avec c’est un homme qui a vu l’ours (une expression que j’ai entendue en Suisse.

Berenice dit: 7 décembre 2018 à 2 h 07 min

Pour l’amour, non, pas d’accord. Je le vis plutôt comme MC Solar, une amphetamine, un e source d’energie, de bonheur, d’allégresse .

Berenice dit: 7 décembre 2018 à 2 h 04 min

Ed, au départ, oui, il fait la cour à une demie mondaine et c’est un passage assez déplaisant. Ensuite il s’accommode de la situation, il s’en fiche .

Delaporte dit: 7 décembre 2018 à 1 h 44 min

Ed nous parle d’amour. Cela me fait penser à ça :
_____________________________
Lola Rastaquouère

Comment oses-tu me parler d’amour toi hein
Toi qui n’as pas connu Lola Rastaquouère
Je lui faisais le plein comme au Latécoère
Qui décolle en vibrant vers les cieux africains
Elle avait de ces yeux un vrai chat abyssin
Et ses seins deux sphères
Entre lesquelles j’abandonnais deux mois de salaire
Pour y rouler mon pauvre joint
Quand dans son sexe cyclopéen
J’enfonçais mon pieu tel l’Ulysse d’Homère
Je l’avais raide plutôt amère
C’est moi grands dieux qui n’y voyais plus rien
Dans la moiteur torride de sa croupe d’airain
On pouvait voir éclore des renoncules par-derrière
Et par devant un conifère
Me rappelait un air jamaïcain
(Gainsbourg)

Ed dit: 7 décembre 2018 à 1 h 07 min

Swann n’est-il pas niais ? Roh j’ai trouvé que si. Je me suis même plutôt identifiée à ses pensées et agissements ridicules dès qu’ils tournent autour d’Odette (la plupart du temps donc).

Ed dit: 7 décembre 2018 à 1 h 03 min

Je n’ai même pas parlé de jalousie tant c’était une évidence pour moi. Je vois une grande niaiserie dans les comportements que cet horrible sentiment génère. Bref, l’amour est beau parce qu’il rend bête et jaloux et c’est parce qu’il rend bête et jaloux qu’on peut se féliciter d’y échapper !

D. dit: 7 décembre 2018 à 0 h 16 min

Je trouve que Proust sur la photo du bas n’avait vraiment pas bonne mine. Faisait-il au moins du sport au grand air comme son ami Morand ?

D. dit: 7 décembre 2018 à 0 h 14 min

vous êtes jeune et fraîche, un bon sommeil devrait vous permettre de le rester longtemps.

Figurez-vous que si c’était vrai ça se saurait.
Par contre moi je connais une véritable recette d’immortalité.

Berenice dit: 7 décembre 2018 à 0 h 00 min

23h35 pas lu ce sentiment, cet état de niaiserie auquel vous faites allusion, c’est un raccourci, une mutilation.

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 23 h 50 min

Merci, Ed, faut vraiment que j’aille me coucher là, tant pis pour les soubresauts à prévoir. Et à vous aussi, je vous souhaite une bonne nuit : vous êtes jeune et fraîche, un bon sommeil devrait vous permettre de le rester longtemps.

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 23 h 39 min

ah, Ed, décidément, ce soir… Plus que la niaiserie, Proust en décrit les souffrances – surtout et avant tout. Pas d’amour sans jalousie, chez lui. Et la jalousie n’est pas niaise : elle est cocue, en fait. Bon bibi je vais me coucher, je vous conseille de bien fermer votre petit appartement, et de regarder, si possible sans niaiserie aucune, vos chats adorés et mieux traités que n’importe quel gilet jaune…

Ed dit: 6 décembre 2018 à 23 h 35 min

C’est agréable de ne pas aimer aussi. Ne pas être soumis à cette aliénation qui rend bête. J’admire Proust pour cela : rendre avec sincérité et réalisme la niaiserie que provoque l’amour.

Claudio Bahia dit: 6 décembre 2018 à 23 h 10 min

une petite adresse aux littéraires et grammairiens, en relation au papier de Passou:
que signifie l’expression Sur une page de l’ours manuscrit ?
Á deux reprises Passou utilise cette forme, sans apostrophes:
double exercice de exhumation
établît des concordances entre sa vie privée telle que exposée
s’agit-il d’une inattention ou les règles de grammaires acceptent-elles cette forme ?

à l’attention de D:
demain je part pour 8 jours à Buenos Aires avec mon fils. J’irai à l’Office du tourisme pour leur demander de bien vouloir vous envoyer une invitation en due forme, car sans invitation vous restez à vie entière dans votre chambre; je leur expliquerai votre cas, ils comprendront.
Cela dit, j’ai de nombreux amis en de nombreux endroits de France; je suis inquiet pour eux et pour vous tous si vraiment, comme vous le dite ici ça va dégénérer en batailles. Il n’y a plus que l’Alsace d’heureuse, mais la France… j’ai mal d’elle.

Berenice dit: 6 décembre 2018 à 23 h 04 min

C’est tellement bien d’aimer, peu importe qui mais aimer. Vous verrez si un jour ce sentiment s’absente comme c’est ennuyeux. Je crois qu’il est admis que chacun reproduit inconsciemment les conditions conduisant aux memes situations affectives.

Clopine dit: 6 décembre 2018 à 23 h 04 min

Bérénice, une bouée ou une porte dérobée feraient plus mon affaire… (sourire !)

L’article d’Onfry est intéressant : ce dernier en remonte évidemment à la révolution française, dans le droit fil de son évolution actuelle, l’occasion est trop belle. Mais on le sent cependant gêné aux entournures, tant ses « bons conseils » au peuple le désigne irrémédiablement, désormais, comme « en-dehors ». Onfray n’a jamais aimé s’affubler des défroques d’autrui. Le voilà dans l’incapacité d’enfiler vraiment un quelconque gilet jaune !!!

Delaporte dit: 6 décembre 2018 à 23 h 00 min

Son texte sur Saint-Just est aussi une sorte d’adieu à Gonzague, mais historiquement agencé, avec la culture de l’écrivain français qui a des lectures. Il avait publié ça pendant la guerre dans la Nrf. Il pouvait tout se permettre. Je suis sûr que Drieu aurait « compris » Ulrike Meinhof, et même en aurait été amoureux. Après la guerre, s’il avait eu la vie sauve, je parie que Drieu serait devenu d’extrême gauche et philosémite, comme tous ses camarades.

Delaporte dit: 6 décembre 2018 à 22 h 56 min

D’ailleurs, en lisant certaines lettres de Drieu sur la politique étrangère (même de l’époque), on n’est pas étonné qu’il ait loupé l’examen de Sciences Po. Récemment, j’ai lu un texte de Drieu sur Saint-Just, ça au contraire c’était magnifique. Je suis sûr que Drieu aurait approuvé la révolution nationale des gilets jaunes. Il y aurait vu la signature historique de nouveaux Saint-Just (et moi de nouvelles Ulrike Meinhof).

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