de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Républicain comme Jean Moulin

Républicain comme Jean Moulin

Lorsque paraît une nouvelle biographie consacrée à un personnage souvent raconté, qui plus est sur un fond historique dont le champ a déjà été largement balayé par les historiens, l’auteur est attendu au tournant. Quoi de neuf ? La question se pose avant même d’ouvrir Jean Moulin l’affranchi (414 pages, 24 euros, Flammarion). Il fallait une certaine audace à Bénédicte Vergez-Chaignon pour se lancer dans un tel projet après la somme monumentale de Daniel Cordier (Lattès puis Gallimard, 1989-1999) et celle si rigoureuse de Jean-Pierre Azéma (Perrin, 2003), les deux visions qui ont dominé le sujet. Or il se trouve que cette historienne, déjà remarquée pour sa minutieuse biographie de Pétain (Perrin, 2014), son étude sur Les Vichysto-résistants de 1940 à nos jours(Perrin, 2008) et son édition critique très équilibrée du Dossier Rebatet (Bouquins, 2015) a été à ses débuts en 1989 et pendant dix ans la collaboratrice de Daniel Cordier.

En ce temps-là, l’ancien secrétaire de Jean Moulin dans la Résistance se débattait dans les milliers de documents d’archives inédits qu’il avait accumulés. Il est de pire école que d’apprendre le métier dans l’ombre d’un acteur de l’Histoire devenu son greffier, un maniaque de la vérification des faits, des dates et des détails, l’un des rares qui avait été au cœur du sujet et l’un des très rares à être encore capables de déchiffrer des télégrammes de Londres quand ce n’étaient ceux qu’il avait lui-même chiffrés (pour base de son propre code, Jean Moulin avait choisi une strophe de son cher Tristan Corbière). Aussi était-elle bien placée non pour refaire vingt-cinq ans après ce qu’elle avait déjà fait naguère mais, tout en en tirant les enseignements, pour offrir autre chose tant à la sagacité des lecteurs affutés qu’à la curiosité des jeunes générations.préfet

Loin des polémiques éculées (Jean Moulin était-il un cryptocommuniste ? un traitre ?), stériles (un agent américain ?), datées (un agent soviétique ?), douteuses (un homosexuel ?), Bénédicte Vergez-Chaignon a revisité à nouveaux frais le mythe attaché au personnage et la légende accrochée à son action. En un temps où la Toile donne une nouvelle vigueur au révisionnisme, il était bon de mettre les choses au clair avec un personnage tel que Jean Moulin jouissant d’un tel surplomb sur l’histoire de la Résistance, avant qu’il ne soit zemmourisé avec un retentissement susceptible de balayer des pans entiers d’une historiographie patiemment édifiée pierre à pierre pendant des décennies. L’auteure y est parvenue avec cette synthèse remarquable de clarté, de rigueur et de fluidité.

Bien sûr, rien n’est omis des grandes heures du résistant, y compris les plus sombres et controversées. Mais, je l’avoue, c’est autre chose que j’en ai retenu. En public ou en société, Moulin était homme à ne jamais évoquer la mort de son frère par pudeur, mais à toujours exalter la mémoire de son grand-père « qui a connu les prisons du Second Empire pour avoir osé proclamer son attachement à la République » au prix d’un léger bricolage chronologique. A travers le portrait de ce fils d’un professeur de français et d’histoire à Béziers, conseiller municipal radical –socialiste, franc-maçon, dreyfusard, président local de la Ligue des droits de l’homme, c’est un modèle de républicain qui s’impose. Un passionné de la chose publique (res publica), de la recherche du bien commun. Comme si c’était héréditaire, génétique, irréductible et que la transmission de telles valeurs et de telles convictions relevait davantage de l’inné que de l’acquis. Un héritage ? C’est peu dire.

static_6778Juriste de formation, il fit dès le début carrière dans la préfectorale. Puis il grandit en politique dans l’ombre de Pierre Cot, membre puis chef de son cabinet d’abord au Quai d’Orsay puis au ministère de l’Air du Front populaire ; durant cette période délicate où l’aide en avions et en pilotes aux républicains espagnols engagés dans la guerre civile se doit d’être clandestine, il en devient la cheville ouvrière et gagne la réputation d’être celui qui« outrepasse ce à quoi le ministre aurait consenti ». Moulin est déjà l’homme des missions délicates. On mesure alors avec plus de justesse le déchirement qui fut celui du haut-fonctionnaire Jean Moulin, préfet d’Eure-et-Loir, lorsqu’il  décida de rompre avec la légalité républicaine qui l’habitait depuis sa naissance et qu’il servait avec une foi ardente depuis près de vingt ans, en s’engageant dans l’action clandestine.

La grande vertu de la biographie de Bénédicte Vergez-Chaignon est justement de donner du relief à l’homme avant le héros qu’il deviendra, et à montrer en quoi la fibre républicaine sans cesse revitalisée par les rencontres, les lectures, les combats, en a été le secret fil d’Ariane. En mars 1939, chargé d’un discours pour le 170 ème anniversaire de Marceau, le 50 ème de son entrée au Panthéon et le cent cinquantenaire du début de la Révolution, le préfet se livre à une véritable profession de foi républicaine qu’il n’hésite pas à personnaliser en évoquant les siens tant cet atavisme a ondé son roman familial. Laure Moulin, sa sœur, a été bien inspirée d’intituler Premier combat (Minuit, 1965) le récit par le préfet de l’arrivée des Allemands à Chartres en juin 1940, de son refus de céder à leurs exigences par principe, de la violence de leur réaction et de sa tentative de suicide longtemps passée sous silence par les historiens comme si elle les gênait à l’égal d’un inexplicable paradoxe. Or, l’auteure en convient, c’est bien lorsqu’il décide de se donner la mort qu’il « entre dans l’Histoire (…) A cet égard, il n’existe pas beaucoup de suicides manqués qui occupent une place si importante dans notre histoire ». C’est cet homme qui deviendra le deuxième personnage de la France combattante derrière le général de Gaulle.jm10

Nul doute que, même si son rôle du temps du Front populaire est encore dans certaines mémoires, c’est d’abord l’ardent républicain en lui qui est visé lorsque Jean Moulin est révoqué par décret par Vichy le 3 novembre 1940. Jusqu’à cette date, en bon préfet fidèle à sa fonction, il remplit parfaitement ses tâches de transmission et d’exécution de Vichy bien que l’Etat français s’y soit substitué à la République française. On peut imaginer pourtant à quel point les dites tâches font tache sur sa conscience : recensement des francs-maçons, application des interdictions professionnelles contre des Français d’origine étrangère, application du premier statut des Juifs… Même si cela écorne sa légende, il est bon de rappeler que ce ne sont pas ces mesures mais la privation de leurs mandats (conseils généraux, conseils municipaux etc) de nombre d’hommes politiques qui a constitué pour lui le point de non-retour, celui qui le fera refuser de rester en place à la préfecture. A son départ, ceux d’entre eux qui exerçaient dans son département lui offrirent lors d’une cérémonie d’adieu dans un bistro une sculpture et une édition originale de Jean-Christophe de Romain Rolland.

On connaît aujourd’hui des hommes politiques (Jean-Pierre Chevènement…) et des parlementaires qui ont encadré la photo de Clemenceau dans leur bureau. Dans le mien, celle de Jean Moulin. Pour tout cela, et pour une phrase. C’était à l’été 1942. Daniel Cordier, 22 ans, engagé dans la France libre dès juin 1940, tout à sa haine du maréchal Pétain à qui il ne pardonnera jamais de s’être couché en signant l’armistice au lieu de continuer le combat, venait de passer plusieurs mois à être formé aux techniques du Renseignement par le BCRA en Angleterre. Après y avoir suivi une spécialisation en transmissions radio (codage, décodage etc), il fut parachuté en France, en zone libre près de Montluçon, pour servir de radio à Georges Bidault, alors l’un des chefs du mouvement Combat. Sauf qu’à l’arrivée, le jeune homme vit son affectation modifiée et il retrouva secrétaire d’un autre dirigeant de la Résistance dont « Rex » était le pseudonyme (et dont il apprendra bien plus tard qu’il s’appelait Jean Moulin). Le soir où il lui fut présenté, le « patron » l’emmena dîner dans un restaurant de la place Bellecour et lui demanda de raconter sa vie. Alors deux heures durant, Cordier lui raconta son jeune passé d’activiste : antisémite, antiparlementaire, anticommuniste, antidémocrate, antirépublicain, antimaçon… Animateur d’un Cercle Charles Maurras et responsable des Camelots du roi à Bordeaux, peu avant de trouver un bateau pour l’Angleterre à défaut de l’Afrique du nord, il en était encore à briser les vitres des magasins juifs de sa ville à la tête de son petit groupe de nervis. Durant tout le récit, Rex/Jean Moulin ne dit mot. Puis il commenta simplement :

 « En vous écoutant, je mesure la chance que j’ai eue d’avoir une enfance républicaine ».

document05Et en faisant quelques pas dans la rue, cet homme qui allait devenir le plus recherché de France à la fois par la police de Vichy et par la Gestapo, celui à qui l’on doit d’avoir unifié les mouvements de résistance derrière le général De Gaulle, l’engagea comme son secrétaire particulier ; il lui témoigna une absolue confiance dans la clandestinité en lui confiant la tâche de le remplacer en son absence auprès des mouvements pour leur distribuer l’argent de Londres et les consignes du chef de la France libre.

Depuis que, il y a un quart de siècle, Daniel Cordier m’a rapporté cet échange, allez savoir pourquoi, mon inconscient convoque la figure de Jean Moulin chaque fois que la République est menacée, méprisée, insultée, piétinée à travers ses symboles et incarnations. Quand on est français, on peut toujours discuter la démocratie, la contester, la critiquer jusqu’à en remettre en cause les fondements ; mais pas la République dans ce qu’elle a de plus totémique, au risque d’être sanctuarisée, car les valeurs républicaines sont ce qui nous unit encore quand tout ce qui faisait lien se dissout. Ce qui nous rattache encore à une certaine idée de la France bien au-delà de l’adhésion à tel parti, tel mouvement, telle association tant l’esprit républicain les transcende. Et avec le recul, je me dis qu’au fond, ce n’est pas tout à fait un hasard si, il y aura bientôt quinze ans, lorsque sur le balcon ensoleillé du Monde.fr où nous célébrions la naissance de ce blog alors pionnier on m’interrogea sur son nom de baptême, en quelques secondes jaillit naturellement de mes lèvres « La République des livres » tant rien ne m’apparaissait mieux s’imposer que la réunion de ces deux mots parmi les plus prometteurs de la langue française.

(« La pointe de Penhir dans la presqu’île de Crozon, Jean Moulin avec ses parents et sa sœur, août 1930. Coll Escoffier ; « Sous-préfet d’Albertville en 1928 », photo D.R. ; « Le major von Gütlingen et Jean Moulin dans les jardins de la préfecture de Chartres, Juin 1940 » photo D.R.)

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891 Réponses pour Républicain comme Jean Moulin

Marie Sasseur dit: 26 janvier 2019 à 21 h 15 min

Ne laissons pas dire n’importe quoi.
D. Cordier qui dechiffre ses propres « codages », tendrait à faire passer Alan Turing pour un bleu.
« En un temps où la Toile » fabrique des legendes et accroche des icônes aux cimaises, il est bon de remettre les choses au clair.

Janssen J-J dit: 25 janvier 2019 à 9 h 55 min

L’expression « mon chou » est uniquement réservée à Chalu pour eD. / chacha-blabla, un autre registre historiquement documenté.
Un autre billet vient d’arriver sur Léonard Kohen, allons y voir de ce pas. Peut-être obtiendra-t-on la guérison commune.

Janssen J-J dit: 25 janvier 2019 à 9 h 48 min

@ Bérénice (0.30)
Il le sait très bien. Je epsne que c’est JJJ @ 19.57 (JJJ) in : « Cette quête d’approbation puérile, je l’ai déjà dit, indigne des vraies femmes d’aujourd’hui »…

… Il évoquait simplement celles qui n’avaient pas cette niaiserie victimaire doublée d’un féminisme de pacotille chevillées au corps, c’est-à-dire la plupart d’entre elles, à l’exception de l’hargneuse éplorée.
On attend qu’elle mette en pratique à l’avenir sa veilleuse (i.e Non vraiment je laisse tomber @23.59). Mais voyons voir jusqu’à quand…, on est tellement habitués au « syndrome D », icite.

Bėrėnice dit: 25 janvier 2019 à 0 h 30 min

Chaloux, excusez mon insistance mais comme vous suivez cet échange , pouvez vous me dire qui a utilisé l’expression – femme_femme.J’ai dû manquer l’embarquement.

Bėrėnice dit: 25 janvier 2019 à 0 h 24 min

C’est parce que wgg est où était enseignant et conserve l’habitude de la mixité des classes et le masculin l’emporte sur le féminin,quel que soit le nombre.

Chaloux dit: 25 janvier 2019 à 0 h 17 min

Non Ed, mon petit chéri, mes petits chéris, toute une série d’expressions d’individu à goûts vaguement interlopes, mais jamais ma petite chérie, mes petites chéries, ce qui ne laissait point de m’étonner.

Bėrėnice dit: 25 janvier 2019 à 0 h 15 min

23h59 j’ai la flemme de chercher dans le flux, quelqu’un pourrait il renseigner la s.d. source du litige? Vraie femme, femme-femme, femme fleur. On entend ces expressions qui ,selon ,peuvent être bien ou mal reçue. Chaque individu étant par nature unique, je peux comprendre qu’elles puisse blesser ou agacement instaurant un standard. Personnellement, je m’en fiche.

Chaloux dit: 25 janvier 2019 à 0 h 02 min

Ed dit: 24 janvier 2019 à 23 h 54 min
18:42

Ed, as-tu lu Sur la lecture de Proust?

(C’est vrai que vraie femme est une expression débile).

Ed dit: 24 janvier 2019 à 23 h 59 min

Une personne qui emploie l’expression « vraie femme » est disqualifié à tout jamais. Quelle bêtise. Et s’il n’était que bête…Mais non, il est hargneux avec ça. Non vraiment je laisse tomber, comme berenice. Nuls.

Bėrėnice dit: 24 janvier 2019 à 23 h 57 min

Chacun va où le porte sa nature certes, avec quelques les aménagements prévus par la Lou, les tueurs aux tueries, les violeurs aux viols, les pédophiles aux enfants, les paves aux vitrines mais est ce la nature du pavé que d’être porté sur la vitrine?

Ed dit: 24 janvier 2019 à 23 h 54 min

18:42

C’est très juste. La chanson a un pouvoir nostalgique – c’est ce que je comprends de cet extrait – que la lecture n’a pas, et ce justement parce qu’elle est dans l’immédiateté. Une chanson peut vous ramener à votre jeunesse ou à telle ou telle période de votre vie, avec son décor et son entourage, de façon immédiate. D’où l’expression « la bande-son de ma vie ».

Bėrėnice dit: 24 janvier 2019 à 23 h 53 min

Avec tout ce remu ménage autour de la loi, vous avez une chance supplémentaire de pouvoir vous expliquer. Que pensez-vous du projet de réforme de la loi anti casseurs

Bėrėnice dit: 24 janvier 2019 à 23 h 43 min

Chaloux, c’est la première fois que Delaporte vous héle de cette façon. Je ne vois pas de comparaison possible.

Chaloux dit: 24 janvier 2019 à 23 h 32 min

Béré, l’homosexualité ne me pose aucun problème. Chacun va où le porte sa nature, comme dirait Dante (je ne cherche pas la citation exacte), dans un contexte il est vrai différent. Blabla avait aussi cette déplorable habitude de distribuer les « mon chéri ». Lui était-ce indispensable?

Bėrėnice dit: 24 janvier 2019 à 23 h 24 min

À moins que mon chou soit un copyright réservé et que l’usage entraine des poursuites judiciaires ou qouasi..

Chaloux dit: 24 janvier 2019 à 23 h 23 min

Je crois tout de même que Gracq est important. Il m’a révélé tout un pan de la langue française et de ses possibilités. De plus, c’est un prosateur qui, du fait de choix qu’il affirme sans la moindre concession, pose de grandes questions aux apprentis écrivains. Quant à ce qu’il a voulu, bien malin qui pourrait le dire : c’est un esprit supérieur bien difficile, voire impossible, à saisir.
Enfin, contrairement à ce qu’affirme ce nigaud de Delaporte qui, comme ce pauvre Blabla, se croit un esprit supérieur et omniscient, les meilleurs livres, La Presqu’île, Les eaux étroites, En lisant en écrivant, La forme d’une ville, les Carnets du grand-chemin, suivent, parfois de loin, le Goncourt,- et donc ne le précèdent pas.

Bėrėnice dit: 24 janvier 2019 à 23 h 14 min

Chaloux, vous me faites penser à ( comment s’exprimait elle?) un chien dans un jeu de quilles, à cette difference que le chien ne cherche pas à les renverser.

Bėrėnice dit: 24 janvier 2019 à 23 h 10 min

Pour le divertissement, j’aime , je me refugiais dans les policiers de Westlake, il en a écrit une guirlande sous son nom et son pseudo. De quoi occuper un bon moment. Je n’ai pas encore tout lu .

Bėrėnice dit: 24 janvier 2019 à 23 h 05 min

Closer, dans ce passage, il y a à mon avis beaucoup de poésie, ces images qui sont les siennes et sont ,comme vous l’ecrivez, une composition soignée, peut être travaillée , exigeante réussissent à faire naitre de l’image des sensations presque physiques. En tout cas, de mon côté, s’y accrochent comme avec des pinces à linge des éléments qui me sont personnels ou du moins je n’éprouve pas son écriture avec la reserve ou la critique qui est la vôtre.

Chaloux dit: 24 janvier 2019 à 22 h 43 min

Je ne vois pas ce qu’il y a d’homophobe à qualifier de vieille tante un vieux monsieur qui vient de vous appeler mon chou. Ce serait plutôt faire preuve d’esprit logique.

closer dit: 24 janvier 2019 à 22 h 43 min

Mais j’aime aussi la littérature de divertissement, Bérénice. Tous les Pierre Benoit que j’ai lus m’ont enchanté. Je tiens « La madone des sleepings » de Maurice Dekobra pour une sorte de chef d’œuvre (tiens, il faudra que je lise « Macao l’enfer du jeu », du même). Pourquoi ces auteurs d’avant guerre plutôt que des « page- turners » récents? A cause de l’exotisme, du décalage temporel de cet univers qui lui donne un charme unique.

Le problème de Gracq est qu’il est entre deux. Il vise de toutes ses forces à faire une œuvre classique, qui durera, mais il n’y arrive pas. Il n’a pas le génie, tout simplement. Le passage cité par Paul l’illustre de façon éclatante: ça sent l’effort, la fabrication, le précieux, pas loin du ridicule.

Delaporte dit: 24 janvier 2019 à 22 h 39 min

« Ne m’appelle pas mon chou, s’il te plait, vieille tante. » Chaloux

Voilà une sorte de réplique vulgaire qui exprime un propos homophobe. Et une haine viscérale de vipère contre tout ce qui lui est supérieur. Bref, une catastrophe. Chaloux qui n’a même la reconnaissance du ventre, que Passou tolère, on ne sait pourquoi, et qui aurait dû logiquement disparaître avec Blabla. On a envie de lui dire, comme dans le sketch fameux de Lafesse avec la baby-sitter de Mme Picouly : « Quoi, vous êtes encore là, vous ? »

Chaloux dit: 24 janvier 2019 à 22 h 31 min

Delaporte dit: 24 janvier 2019 à 22 h 05 min.
Mon chou

Ne m’appelle pas mon chou, s’il te plait, vieille tante.
Pour le reste, il va de soi que tu étais mort-né bien avant la naissance du monde, comme dirait Racine…

Jean Langoncet dit: 24 janvier 2019 à 22 h 28 min

@caulerpa dit: 24 janvier 2019 à 21 h 45 min
on appréciera:
, en présence et sous les auspices de l’Etre suprême,

J’attire votre attention sur l’article 10

closer dit: 24 janvier 2019 à 22 h 15 min

« qu’est ce qui dirige votre sélection? »

Très bonne question, chère Bérénice, à laquelle j’ai bien du mal à répondre. De plus en plus de classiques, c’est certain, mais j’ai du retard, je n’ai toujours pas relu l’Odyssée traduite par Jacottet, lue il y longtemps, ni Lucrèce lu il y a encore plus longtemps. Une récente causerie sur Gatsby, que j’ai adoré, m’incite à lire Tendre est la Nuit. Pas mal d’essais politiques, philosophiques, religieux…Peu de choses sont aussi passionnantes que la théologie chrétienne, même si l’on est pas croyant. J’ai fermement l’intention de lire Sérotonine et Sagesse. Onfray n’est pas un phare pour moi, mais le sujet abordé est tellement intéressant, la philosophie romaine, que je n’y résisterai pas malgré l’énervement garanti que me procurera les diatribes primaires que j’anticipe contre la philosophie grecque et le christianisme…L’un des problèmes d’Onfray est qu’il ne peut rien aimer ou admirer sans détester symétriquement autre chose…

Jean Langoncet dit: 24 janvier 2019 à 22 h 15 min

C’est supposé être le cas. Que le grand débat citoyen qu’on annonce commence par être l’occasion de rappeler ce qui constitue la république française dans ses principes.

Delaporte dit: 24 janvier 2019 à 22 h 05 min

« Il faut ajouter à cela que si Delaporte était mort juste après le Goncourt de Gracq, on n’aurait pas perdu grand-chose non plus. »

Mon chou, en 1951 je n’étais pas encore né.

Chaloux dit: 24 janvier 2019 à 21 h 59 min

Delaporte dit: 24 janvier 2019 à 21 h 51 min.

Il faut ajouter à cela que si Delaporte était mort juste après le Goncourt de Gracq, on n’aurait pas perdu grand-chose non plus.

Hurkhurkhurk!

Delaporte dit: 24 janvier 2019 à 21 h 51 min

Pour ma part, j’avais apprécié Le Rivage des Syrtes. Je préférais cela aux élucubrations bretonnes (le summum est atteint dans Lettrines). Quant à Un balcon en forêt, c’est presque bien, mais souvent raté. Gracq est un bon écrivain, ce faisant, mais qui a trop écrit. Il serait mort après son Goucourt, on n’aurait pas perdu grand chose. N’en déplaise à PaulEdel, l’inimitable.

Jean Langoncet dit: 24 janvier 2019 à 21 h 37 min

Bien ; ici c’est comme ça. Comparons

Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée Nationale,
considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’Homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs; afin que les actes du pouvoir législatif et ceux du pouvoir exécutif, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous.

En conséquence, l’Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Etre suprême, les droits suivants de l’Homme et du Citoyen.

Jean Langoncet dit: 24 janvier 2019 à 21 h 34 min

Sans doute est-ce trop simple …

l’oubli ou le mépris des droits de l’Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements

Bėrėnice dit: 24 janvier 2019 à 21 h 33 min

Et oui, on ne sait où donner de la tête, il faut bien arrêter un choix. Lui un autre , , qu’est ce qui dirige votre sélection? Mon ignorance et ma lenteur font que j’en suis à penser que l’important c’est de lire , trouver nourriture, j’essaie aussi de ne pas trop penser à ceux à côté desquels je passe . Sinon , c’est décourageant.

closer dit: 24 janvier 2019 à 21 h 27 min

« Un balcon en forêt », sûr, Bérénice. « Le rivage des Syrtes », je ne sais plus. Aucune envie d’y retourner. Je ne dis pas que c’est négligeable, encore moins mauvais, mais il y a tellement d’autres livres.

Bėrėnice dit: 24 janvier 2019 à 21 h 26 min

Chaloux, cette histoire rue du cherchee midi ????? Excusez moi de ne savoir décrypter ou comprendre l’allusion.

Bėrėnice dit: 24 janvier 2019 à 21 h 14 min

Jazzi 19h56, depuis longtemps j’y passe un peu de temps, autant qu’il m’est possible sans avoir parcouru tous ses rivages, visité ses villes. J’aime cette region , Je me suis toujours dit qu’il me faudrait y vivre les quatre saisons pour en avoir un ressenti plus objectif. J’ai de la chance, le soleil m’a souvent accompagnée, je ne sais si ce que j’éprouve est attaché à l’enfance mais je m’y sens bien. Ce livre est aussi pour moi .

caulerpa dit: 24 janvier 2019 à 21 h 11 min

A 82 ans, Salo Muller, ex-kiné de l’Ajax Amsterdam, vient, seul et sans en passer par un procès, de contraindre la compagnie ferroviaire néerlandaise à verser des indemnisations aux survivants de la déportation vers les camps nazis ou à leurs descendants. le monde

D. dit: 24 janvier 2019 à 21 h 06 min

Mais vous vous rendez compte où il en est Jean Langoncet ? Où et dans quoi il s’est laissé aller par son incompétence ? Il s’est cru compétent mais il a largement atteint sa limite d’incompétence.
Je suis extrêmement préoccupé. ça ne peut que très mal finir et je ne comprends pas que vous ne vous en rendiez pas compte. L’obstination à tenir n’est…plus tenable. Indépendamment de sa légitimité théorique.

Bėrėnice dit: 24 janvier 2019 à 21 h 04 min

Il y a aussi un livre d’entretiens, les rares qui couvrent sa vie d’écrivain . Ils donnent une idée de l’homme, sa sobriété, ses influences qu’à priori je n’aurais pas soupçonnées.

Chaloux dit: 24 janvier 2019 à 21 h 00 min

J’adore quand Langoncet, le meilleur d’entre nous, se met à parler politique. Épique époque…

Hurkhurkhurk!

Bėrėnice dit: 24 janvier 2019 à 20 h 57 min

20h05 Closer , avez vous lu le rivage des Syrtes et un balcon en forêt?
D’accord avec vous pour remarquer la diversité des musiques en Amérique latine.

Jean Langoncet dit: 24 janvier 2019 à 20 h 57 min

@MACRON DÉMISSION

Réaction typique d’un sujet, soumis, indigne d’une république qu’au demeurant il méprise tant qu’il peut. Quel effet ? Que faites-vous du gouvernement, et surtout du parlement ? Vous vous contentez de dénigrer leur légitimité sur les réseaux sociaux ?

D. dit: 24 janvier 2019 à 20 h 46 min

Situation pitoyable, mais surtout extrêmement préoccupante, retransmise en ce moment-même en direct sur BFM : le président de la République transformé en assistant social incompétent et malmené au centre d’un cercle de citoyens dont certains lui tendent des papiers concernant leur situation personnelle. EN DIRECT.

Voilà à quoi est réduite ce soir la fonction présidentielle.

MACRON DÉMISSION

Chaloux dit: 24 janvier 2019 à 20 h 35 min

Pauvre Jazzi, qui touche mille balles retraite, vit en HLM et joue les princesses versaillaises. Quelle misère intellectuelle et morale, mais surtout quelle bêtise…

Marie Sasseur dit: 24 janvier 2019 à 20 h 32 min

Saint-Pol Roux

« À quelques mètres des alignements de Lagatjar, se trouvent les ruines du manoir de Pierre Paul Roux, alias Saint-Pol-Roux, alias Le Magnifique.

Immense poète, reconnu dès ses débuts par Mallarmé, précurseur du mouvement surréaliste, il tourna le dos au milieu littéraire parisien et vint s’installer en juin 1905 avec femme et enfants dans ce manoir qu’il fit construire sur la falaise de Pen Hat. Son isolement volontaire était néanmoins relatif : il était très impliqué dans la vie quotidienne camarétoise, et nombre de ses amis venaient régulièrement lui rendre visite ici (Victor Ségalen, Max Jacob, Pierre Mac-Orlan, André Breton…). »
https://www.crozon-bretagne.com/tourisme/decouverte/camaret/manoir-saint-pol-roux.php

jazzi dit: 24 janvier 2019 à 20 h 26 min

« une pépinière hors sol de vieilles casseroles en cuivre ! Lordon, Pinçon-Charlot … »

ça c’est bien vrai, Langoncet !

Chaloux dit: 24 janvier 2019 à 20 h 25 min

renato dit:24 janvier 2019 à 17 h 10 min
L’hygiène intime fut un réel progrès. Vous imaginez la fellation et le cunnilingus avant cette innovation ?

Renato, vous oubliez qu’il n’y avait pas non plus de dentifrice. Sur la langue, l’oignon devait avoir un goût… d’oignon.

Hurkhurkhurk!

Jean Langoncet dit: 24 janvier 2019 à 20 h 19 min

Alors Moulin et les valeurs de la république, face à une resucée marxisante, vous pensez bien qu’il ne pèse pas grand chose

Jean Langoncet dit: 24 janvier 2019 à 20 h 16 min

@Force est de constater que ce « bon fils » coincé entre deux laïcards de la IIIème de stricte obédience( son père et sa frangine, donc, tous deux profs inféodés post 1905) a peu manifesté, peu eu l’occasion, pour cause de protocole, de manifester une certaine spiritualité.

Aujourd’hui, le protocole et l’humeur du temps aidant, il faut regarder du côté du CNRS pour admirer une certaine spiritualité aux forts accents XIXème : une pépinière hors sol de vieilles casseroles en cuivre ! Lordon, Pinçon-Charlot …

Marie Sasseur dit: 24 janvier 2019 à 20 h 06 min

Il y a quelque chose de touchant à imaginer Jean Moulin quitter les montagnes, au volant de son Amilcar ( rouge), pour rejoindre la finis terrae. La pointe des Tas… Et son compère Saint Paul Roux , qui en breton, cause le provençou…
Et ces poètes parnassiens. Pas toujours inspirés…
« Je suis ce soir la chose est claire,
l’heureux meunier du Finistère
J’ai le Moulin de Pont Aven
Et le Moulin de Chateaulin »
Max Jacob

Force est de constater que ce « bon fils » coincé entre deux laïcards de la IIIème de stricte obédience( son père et sa frangine, donc, tous deux profs inféodés post 1905) a peu manifesté, peu eu l’occasion, pour cause de protocole, de manifester une certaine spiritualité.
C’est donc, étonnée, que je découvre cette Pieta sur céramique,visible à Quimper, mais plus encore de savoir qu’il a fait des eaux fortes de Ste Anne la Palud… Souvenirs de longues marches…
Anyway, foutu dehors, pour engagements trop voyants, voilà Jean, qui regagne les montagnes, complètement baroques, forcément, en 1933.

http://www.chateaulin.fr/histoire/personnalites-chateaulinoises/jean-moulin

closer dit: 24 janvier 2019 à 20 h 05 min

« Le voile bas des grains se déchirait et l’éclaircie déplissait son mouchoir bleu : pour quelques minutes, sur les toits vernissés par l’averse, sur le vert cru de l’herbe arrosée, sur les sarabandes neigeuses du linge, il tombait avec le soleil neuf une gaîté acide, claquante, de printemps. »

Totalement indigeste Popaul! Quelle affectation, quel maniérisme, quelle préciosité…Je n’ai jamais mordu à la prose de Gracq et ce n’est certainement pas cet extrait qui va me convaincre d’en lire davantage.

renato dit: 24 janvier 2019 à 20 h 02 min

La chasse ça va, P. comme Paris, les produits de la mer me laissent plutôt dubitatif. Pour les intelligences il faut voir leur nature et la qualité du vieillissement : certaines vieillissent bien d’autres mal.

Janssen J-J dit: 24 janvier 2019 à 19 h 57 min

@ elle est bien gentille, elle est comme la maman des poissons (comme sur un air 😉 de Boby Lapointe)

@ CT / Il fallait lire : nous serons tous jugés sur NOTRE capacité (c’était un plagiat sur l’habituel humour pisse-froid de D. gouverné par l’Esprit sain, z’avez pas vu l’orthographe ?). Faut-il mettre des émoticones partout pour vous aider à lire entre les lignes, bord.el ? Aérez-vous, décentrez-vous, de temps en temps, respirez, bon sang ! Tournoyez vous un brin au-delà de vos 2 autres ombilics, une fois.
@ Le 2e fragment s’adressait à la ‘fille de hambourg » (en lien avec ses démêlés et réconciliations d’avec le très chrétien D.).
Je suppliais donc eD et TC de cesser de se croire ce qu’elles voudraient être et advenir, … des écri-vaines (ou romancières de nouvelles, adoubées ou pas par le RDL). ADOUBEES !… Quel vocabulaire !
On a le sentiment que ttes deux se réfugient toujours dans les bras des derniers qui leur ont causé avec gentillesse/nian-nian. Cette quête d’approbation puérile, je l’ai déjà dit, indigne des vraies femmes d’aujourd’hui. Aucune distance, aucun amour-propre, aucun humour, tout au premier degré. On a honte… il n’y a qu’avec elles qu’on a affaire à ce spécimen anxiogène. Les autres erdéliennes me semblent quand même un peu mieux constituées et chaussées. Enfourchées ou chevauchées, walkyriennes ou pétroleuses, en un mot, couillues, pas bouillues.

NB: Pas de charabia de ma part, non. Je ne me relis jamais ni ne corrige après coup. Mais à quoi bon vouloir être intelligible, quand toutes bafouilles ne sont guère qu’un passe-temps en galops d’essai sans lendemain ? Admettons plutôt toustes notre inaptitude à nous comprendre entièrement, le monde virtuel de la rdl n’en sera pas plus éviscéré pour autant.

NB. Je viens encore de régler un litige ce soir en haussant un peu le ton. On compte bcp sur mes médiations, faudrait pas croire.

@ merci pour le rappel d’Annie Ernaux. Je la ressens souvent dans ses déambulations en grandes surfaces des villes nouvelles.

P. comme Paris dit: 24 janvier 2019 à 19 h 51 min

Donc, les intelligentes faisandées ne sont pas bonnes, renato ?
Seules les bécasses savent charmer vos papilles.

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