de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Sarraute, Guyotat et l’entretien que nous sommes

Sarraute, Guyotat et l’entretien que nous sommes

Chez la plupart des écrivains, il y a l’œuvre proprement dite, et que nul ne s’avise de prendre ce « proprement » en mauvaise part, et les à-côtés, essentiellement le Journal et la correspondance, qui souvent la complètent et parfois la surpassent. Quand ils cessent d’écrire, ils n’en continuent pas moins à parler. Le livre-entretien est même devenu un genre en soi. Dans le pire des cas, une interview étirée destinée à pallier la paresse ou la sécheresse d’un auteur. A son meilleur, une confession qui ne dit pas son nom. Entre les deux, ce qu’on peut attendre de mieux de ce type d’exercice : une conversation qui n’abdique pas l’esprit critique dû à ceux que l’on admire. Si l’interlocuteur est de qualité, oreille attentive et regard plein de délicatesse, le résultat est de nature à enrichir notre intelligence de l’œuvre.

Conversations avec Nathalie Sarraute (176 pages, 17 euros, Seuil), le titre choisi par Rolande Causse, ne doit pas induire en erreur. S’il s’agit bien de cela, la forme dépasse le stade du dialogue. Récit de ses rencontres avec l’écrivain de 1985, année de la mort de son mari, à sa propre mort en 1999, le livre a la force du témoignage car il est véritablement écrit et ne se contente pas de rapporter des propos. Les choses vues y côtoient sans cesse les choses entendues. Au début, amenée là par un ami commun, on la sent embarrassée, intimidée, comme le serait un jeune auteur venu chercher l’adoubement d’un maître avant de frapper à la porte de la république des lettres. Sauf que ce n’est pas cela, pas du tout. Rolande Causse ne sollicite par l’auteur de Tropismes, elle ne la brusque pas dans ses 94 ans. Elle a juste envie de l’écouter.sarraute

De quoi se parlent-elles ? De peinture, de la guerre, des éditeurs, de la vieillesse, de la luminosité du silence, « cette forme qui se dessine vaguement » évoquée dans Ici (1995). Et puis de l’écriture, bien sûr. Cette conviction qu’il n’y a pas de lien entre le moi privé et le moi qui écrit, puisqu’elle ne cherche pas au plus profond de ses souvenirs personnels mais uniquement à partir de sensations. Parfois, l’échange est directif, comme si les deux femmes avaient mis un sujet au programme de leur après-midi. Parfois, cela part sur une phrase ou un détail. Le fameux « Ich Sterbe » prononcé par Tchekhov sur son lit de mort les entrainent dans une réflexion à deux voix sur l’intemporalité de ses pièces. Ou une déconcertante « trouée d’irréel ou de trop réel » dans l’Ulysse de Joyce. Ou encore des questions toujours posées mais jamais résolues, Watteau n’en ayant pas livré la clé : les amoureux du Pèlerinage à l’île de Cythère s’embarquent-ils ou reviennent-ils ?

Son œuvre est là, partout, le plus souvent en filigrane. Enfance se taille la part du lion. Dommage que ce soit aux dépens du reste, notamment L’Ere du soupçon, si décisif et si éclairant pour toute une génération de lecteurs et d’écrivains (Jean Rouaud lui a consacré de belles pages). Ce n’est pas que les analyses sur le Nouveau roman nous manquent tant on a glosé sur la disparition de l’intrigue et la désintégration du personnage ; mais comment n’être pas frustré lorsqu’elle s’interrompt pour dire ce que la défense de cet essai par Alain Robbe-Grillet a eu pour conséquence :

« Cela m’a aidée et m’a permis de sortir de la solitude ».

Qu’importe puisqu’elles se parlent comme on lit, à sauts et gambades., passant de la Woolf de Mrs Dalloway à l’œuvre d’Ivy Compton-Burnett rencontrée en 1959. Et soudain, au détour d’une analyse sur la sous-conversation dans les dialogues de celle-ci, un aveu qui ne serait peut-être pas venu autrement:

« A l’époque, je pensais que tout écrivain se devait de rechercher une forme qui perce l’invisible, l’impalpable, cette idée me poursuivait… Ces romancières anglaises m’ont montré la voie… »

Même si on ne sait pas toujours qui parle, les tirets étant confusants, un livre pareil, il ne faut pas en attendre des informations, et encore moins des « infos ». Plutôt un frémissement à la nuit tombée, un battement d’ailes dans la rosée, un bouquet d’impressions. Bref, une sensation du monde. On s’y sent « en compagnie », sa voix ne nous lâche pas une fois le livre lu « à pas de loup », comme on chuchote à l’oreille, et c’est rare. On sent bien alors que Nathalie Sarraute n’aura vécu que pour une idée fixe selon laquelle les mots sont des choses vivantes. M’est revenu alors in fine un souvenir…

Un soir d’octobre 1999, alors que ma matinale du lendemain sur France Culture était bouclée, tomba la nouvelle de la disparition de Nathalie Sarraute. Il fallut tout chambouler. Trouver un autre invité. Le convaincre de se lever si tôt. Isabelle Huppert eut été l’idéal. Je tentais vers 23h. Elle décrocha et n’hésita pas un instant : « Vous pouvez compter sur moi. » Le lendemain, quelques minutes avant sept heures, elle débarqua dans le studio quasiment en pyjama et baskets sous son grand manteau. Claustrophobe, elle ne supportait pas l’ascenseur. Ayant donc gravi les huit étages doubles de la maison de la radio, donc les seize étages, il lui fallut reprendre son souffle avant de témoigner de la grande dame qu’était Sarraute, livrant une analyse pointue de son univers. Elle n’avait pas joué ses pièces mais elle en était une lectrice assidue, s’estimant reliée à elle par son habitude de la lire à haute voix pour elle seule. Puis, sans même s’en faire prier, elle sortit sa Pléiade de sa poche et lut des extraits. Comme je la raccompagnais à l’escalier pour la remercier vivement, elle me dit simplement : « Elle m’a tant donné, je lui devais bien ça ».

 img_6132-2C’est à un autre type d’entretien que se sont livrés l’essayiste Donatien Grau et l’écrivain Pierre Guyotat dans Humains par hasard (240 pages, 21 euros, Arcades/Gallimard). Quelque chose d’à la fois familier et tenu, proche et respectueux, exercice rendu possible par l’admiration critique que le premier voue au second. Nous sommes pourtant bien dans le jeu classique des questions/réponses, mais l’osmose est telle entre les deux esprits que nous nous retrouvons rapidement auditeurs d’une conversation. L’œuvre de Guyotat, révélée au Seuil par Jean Cayrol, y est bien sûr centrale, à commencer par les piliers, les subversifs Tombeau pour cinq cent mille soldats (1967) et Eden, Eden, Eden (1970, adoubé en préface par le trio infernal Leiris, Barthes, Soles), où la confrontation radicale de la guerre et du sexe ne pouvaient éviter de déclencher le scandale et la censure.

Ses engagements politiques ne sont évidemment pas absents. Quoique trop jeune pour avoir participé à la seconde guerre mondiale (il est né en janvier 1940), il a été marqué par le rôle de ses oncles résistants dans la création du mouvement Défense de la France. Rebelle dans la guerre d’Algérie après avoir servi l’armée et la nation là-bas dans la douleur de 1960 à 1962 jusqu’à son inculpation pour atteinte au moral de l’armée, complicité de désertion et possession de livres et de journaux interdits (après trois mois de cachot « au secret », il fut transféré dans une unité disciplinaire), ce fut un moment de sa vie dont il a gardé une conception très réaliste du corps à corps dans la guerre, des usages de l’arme blanche, de l’égorgement. Adhérent distrait du PCF dans les années 60 en raison de son aura parmi les intellectuels, et dans l’espoir d’« être utile », activiste dans les années 70 (comité de soldats, soutien aux immigrés et aux prostituées etc), pétitionnaire à l’occasion, de quoi se faire une idée forte et pas seulement théorique d’un sentiment qui le bouleverse encore : la solidarité, mais dont on sent bien, à l’entendre l’évoquer, qu’elle n’existe plus ou qu’elle est devenue introuvable.

Jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’il lui était impossible d’assumer la fonction classique de l’écrivain en représentation tant politiquement que socialement. Impossible pour celui qui veut marcher sur le fil instable entre dignité et indignité, accordant une même noblesse aux putains et au Christ, ne cessant de payer sa dette aux prêtres « camusiens » qui l’ont élevé au pensionnat. Elevé, éduqué, instruit « autant que ma mère », il a conservé de ce temps-là une considération intacte pour tous les prêtres. L’empreinte, esthétique mais pas seulement, est évidente sur son œuvre sans même qu’on ait besoin de trop creuser tant elle regorge de supplices, portements de croix et calvaires.

Mais le vrai sujet, ou plutôt leur préoccupation principale, le commun souci de Guyotat et Grau, c’est bien la langue française, son rayonnement, sa puissance, ses formes successives, des plus poétiques (la conférence des oiseaux) aux plus crochues (le langage mathématique), bref : ses aventures et métamorphoses. Son monde est peuplé de figures inquiétantes fécondées par son observation permanente de gens ordinaires dont seule la vie intérieure l’intéresse :

« C’est comme le feu dans la caverne. C’est la vie qui rassure ».

Bonne chance à l’artiste qui aura à illustrer Tombeau ou Eden ! Quant à la pureté, c’est chez Poussin et Fra Angelico qu’il la trouvera, le premier surtout dont il ne peut voir les tableaux sans se sentir comme enveloppé dans un rêve. L’entretien entre les deux hommes est si riche qu’il engage dans l’instant à se reporter aux tableaux évoquées ou lire des textes qu’il cite tel celui de Pascal sur les grandeurs d’établissement. Son personnage, celui qui traverse tous ses livres, c’est lui : un non-étant, ainsi qu’il le définit, désaliéné de tout. Et ne vivant que dans et par l’écriture. Ca lui est venu très tôt, très jeune, à la lecture non des livres de Sade mais de la biographie de Sade par le poète et éditeur de ses œuvres Gilbert Lély, parue en plusieurs tomes à partir de 1952. Sade, le non-étant absolu. Guyotat à ses débuts était scandaleux, lui aussi, par sa volonté de transgresser les normes alors que seul lui importait de « fournir un élément de l’abjection généralisée ». Il convainc là davantage que lorsque, au reproche d’abstraction qui lui est souvent adressé à juste titre, il répond en excipant de son approche au contraire très « concrète » du réel car tout ce qu’il écrit est bâti sur le tronc de sa « vie réelle » et non de sa vie rêvée.

Sur les photos, Pierre Guyotat arbore presque toujours un large ou un léger sourire. Il n’est pas d’un homme comblé par les choses d’ici-bas mais de celui qui a toujours fait de l’espérance sa vertu cardinale. Non pour ceci ou cela, mais tout le temps et pour tous, une espérance générale. On comprend qu’il soit du genre à s’émerveiller chaque jour un peu plus du spectacle du monde. Autant il récuse la « stupidité » de tout roman national, autant il se révèle dans ces pages d’une extrême sensibilité au paysage national, avec une attention renouvelée à la beauté des vallées, l’imagination des tracés, l’équilibre des édifices. Si l’on imagine bien l’adolescent Guyotat se réfugiant avec bonheur dans la lecture de Molière au pensionnat, on conçoit encore mieux que l’adulte n’ait cessé de se royaumer en Michelet.

Si tous les livres d’entretiens étaient de l’encre de ces deux-là, on en redemanderait… Car il y a là de quoi honorer indirectement le mot de Hölderlin : « l’entretien que nous sommes », manière de rappeler la part mystérieuse occupée par les autres dans nos réflexions les plus solitaires. On n’a jamais raison tout seul.

(« Donatien Grau poussant Pierre Guyotat dans ses derniers retranchements » photo Elliott Erwitt ; « Nathalie Sarraute » photo D.R.; « Pierre Guyotat » photo Passou)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire.

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commentaires

1 241 Réponses pour Sarraute, Guyotat et l’entretien que nous sommes

Nicolas dit: 4 décembre 2016 à 20 h 25 min

C’est très particulier ces Conversations, très écrit et selon moi un peu trop dévot… pour être approfondie, le peu de question ne trouve aucune réponse… les codes de cette « amitié » me semblant irréel. La fixette de Sarraute pour cette place à trouver, un petit rien qui change tout, c’est très impressionnant. Et puis pas d' »écriture féminine »…

christiane dit: 30 novembre 2016 à 11 h 26 min

JC….. dit: 30 novembre 2016 à 11 h 04 min

Les mots sont-ils conditions de sa vérité dans les commentaires de JC ?
Quel rapport ont-ils avec la réalité de cet homme ?
Que pense-t-il en son for intérieur ?

JC..... dit: 30 novembre 2016 à 11 h 04 min

Continuons dans nos efforts de simplification.

 » Les problèmes philosophiques sont-ils des problèmes de mots ? Les mots sont-ils conditions de la vérité ? Quel rapport ont-ils avec la réalité ? »

1/ OUI/NON
2/ NON/OUI
3/ AUCUN

Chaloux dit: 30 novembre 2016 à 10 h 52 min

« Dommage, vous pourriez apporter tant de joie »

Christiane, je ne suis pas de votre avis. Blabla nous apporte déjà beaucoup de joie. Évidemment, ceci n’est rien comparé à « la joie » qu’il pourrait apporter dans une contrée ravagée par la famine. Une bien grande « joie ».

christiane dit: 30 novembre 2016 à 10 h 10 min

Merci Pat V (29 novembre 2016 à 22 h 51)
Grâce à votre lien,(Ce blog est tentant, j’y retournerai…) j’ai pu trouver sur le net (theoremes.revues) cet essai de Norman Malcom Wittgenstein, un point de vue religieux ?.
Il en ressort que des marques religieuses affleurent dans toute l’œuvre de Wittgenstein, mais de façon imprécises, éparses, énigmatiques, difficiles à réunir dans un ensemble cohérent. Une sorte d’instabilité de ses idées en ce domaine. Son attitude semble ambivalente, tanguant entre christianisme et religion naturelle pour promouvoir la religion du cœur car il semblait préoccupé par des actes, des manières d’agir plus que par des rites trouvant que le Mal n’est pas dans le monde mais seulement dans l’homme. Ses sources (Augustin, Dostoïevski, Tolstoï, Kierkegaard, la bible, les évangiles…) figurent par exception dans ses écrits.
Cet essai, paru il y a plus de 20 ans émane d’un proche de Wittgenstein et à ce titre prend valeur de témoignage.
Reste, au-delà de ces approches de la foi et de la religion, son questionnement principal, celui qui me touche profondément : les problèmes philosophiques sont-ils des problèmes de mots ? Les mots sont-ils conditions de la vérité ? Quel rapport ont-ils avec la réalité ?
Dans ses derniers écrits, un texte explore le visage des mots, ce « guêpier philosophique », nos préjugés, ce qui est caché à autrui et qui couve dans notre for intérieur, ces liens qui unissent L’intérieur et l’extérieur (éd. T.E.R. – traduits de l’allemand par G.Granel)

JC..... dit: 30 novembre 2016 à 9 h 47 min

Christiane, en Walkyrie redoutable et précise, chassant le Wiwi apeuré fuyant la queue entre les jambes, on aura tout vu !

christiane dit: 30 novembre 2016 à 8 h 44 min

@Widergänger dit: 29 novembre 2016 à 23 h 20 min
Que faites-vous de tout votre savoir encyclopédique, de vos analyses brillantes de maint texte de littérature, quand vous mijotez dans votre hargne ? alors, il serait interdit d’échanger avec plaisir avec ces personnes que vous snobez et détestez ? Alors, il n’y a que vous qui possédiez la vérité en toutes choses ? Hors votre admirateur patenté, ne vous trouvez-vous pas un peu seul, ici, n’entendant comme réponse que l’écho de votre voix.
Pauvre W., vos sarcasmes me font le même effet que l’eau sur les plumes des canards du parc Montsouris ! Dommage, vous pourriez apporter tant de joie, ici… Un conseil de lecture ? Relisez donc « Le géant égoïste » d’Oscar Wilde.
Bon hiver, cher géant, avec vos fantômes.

JC..... dit: 30 novembre 2016 à 8 h 42 min

Pas d’accord avec Bérénice !

Moins on en fait, moins on se perd, moins on s’égare, moins on se trompe, plus on se réalise totalement dans la sagesse épanouie : l’imaginaire tue, l’immobilité sauve.

bérénice dit: 30 novembre 2016 à 8 h 28 min

Qu’est-ce qu’il faut pas lire comme c…

Resterait à déterminer s’il c’est mieux de ne rien lire que d’en lire ( des co..eries) , elles appellent à un débat contradictoire réactif alors que le silence radio ou la raréfaction de l’émission, la paupérisation du discours , le formatage des esprits sont une porte ouverte soit sur le néant de la pensée , soit sur une expectative (attendons…), le doute ( dans quelle étagère?), la suspicion( ils se moquent ), l’exploration désorientée( où trouver substance vivrière?) l’extrapolation coupable ( on n’a pas le droit, on prend le gauche), la créativité débridée mais non déclamatrice( une vie intérieure insoupçonnable) soit encore libère de l’entrave du dogmatisme à la mmln qui comme chacun sait se présente en une limitation , une restriction, une fermeture éclair, des barreaux de prison, un enfermement mortifère, une censure, un mur portant une interdiction d’afficher, la mort de l’expression , un fascisme, enfin bref interdit tout ce qu’une imagination fertile n’aura pas le droit d’y coller.

bérénice dit: 30 novembre 2016 à 8 h 09 min

Jean Langoncet, son son c’est ça que j’adore! ( dans come on everybobody, un souvenir de tapage nocturne mais nous avions 20 ans…) sauriez-vous sur quelle guitare il joue?

etudiant en lettres dit: 30 novembre 2016 à 7 h 37 min

« Leur tolérance était systématique, et logique. »
Qu’est-ce qu’il faut pas lire comme c…

JC..... dit: 30 novembre 2016 à 6 h 22 min

Il est évident que l’on peut être un monothéiste obtu et forcené, alors qu’un polythéiste ne peut être qu’épanoui par Vénus.

Plutôt Vénus que la Vierge, par Priape… !!!

Paleine dit: 30 novembre 2016 à 5 h 45 min

« Méfie toi de l’homme d’un seul livre » selon Thomas d’Aquin. religion du livre versus religion des livres versus divinités sans livres

Sant'Angelo Giovanni dit: 30 novembre 2016 à 1 h 47 min


…toujours, rien à prouvé, rien à justifier,!…
…passons notre chemin, aux sons des cloches,!…
…Ah,!Ah,!…etc,!…

Jean Langoncet dit: 29 novembre 2016 à 23 h 45 min

Sergio dit: 29 novembre 2016 à 23 h 40 min
bérénice dit: 29 novembre 2016 à 23 h 14 min
repasser le code de la route

J’ai un habonnement je les connais tous, leurs manies ec… Et pour les cônes on vient me voir du monde entier même des Esquimaux ! Forcément…

(Comme le sand drag chez les aussies, ça va de soi
https://www.youtube.com/watch?v=ySpNV_3Qxz8 )

Sergio dit: 29 novembre 2016 à 23 h 40 min

bérénice dit: 29 novembre 2016 à 23 h 14 min
repasser le code de la route

J’ai un habonnement je les connais tous, leurs manies ec… Et pour les cônes on vient me voir du monde entier même des Esquimaux ! Forcément…

Chaloux dit: 29 novembre 2016 à 23 h 30 min

Widergänger dit: 29 novembre 2016 à 23 h 20 min
« Je ne discute qu’avec des gens compétents. »

De là, sans doute, son absence de dialogue intérieur.

Widergänger dit: 29 novembre 2016 à 23 h 20 min

Je ne discute qu’avec des gens compétents. Les autres, qui ne savent pas de quoi ils parlent, c’est inutile. C’est s’énerver pour rien. Basta, le café du commerce.

Lisez, cultivez-vous, posez-vous les bonnes questions. Après vous pourrez parler et tenir lieu d’interlocuteur avec des gens comme moi qui ont lu et savent de quoi ils parlent. Vos commentaires stupides n’ont absolument aucun intérêt. C’est à hurler de rire quand je lis ce que cette brave christiane a compris de Wittgenstein. Affligeant. Le blog a sans doute été inventé d’ailleurs pour les affligés du bulbe…

bérénice dit: 29 novembre 2016 à 23 h 20 min

Ce matin, conversation avec deux voisins, elle catholique intégriste, lui juif (très) pratiquant avec barbouze, chapeau melon et ramistouflettes

Jean, toujours pas sortie de ma période zéro de conduite, vous z’habitez quel quartier? si oui est-il équipé des panneaux de signalisation adéquats attention intégristes! un peu comme pour les sorties d’engins de travaux ou les sorties d’école où les cerfs qui risquent de périr en endommageant votre véhicule si leurs trajectoires imprévisibles viennent à rencontrer les vôtresen un hasard nocturne et brouillardeux. .

bérénice dit: 29 novembre 2016 à 23 h 14 min

l’Ancien atteste et ment.

sergio en aussi brillant que vous: ancien test amant, peut mieux faire, repasser le code de la route, avec les apports de la technologie le nouveau devrait être plus réjouissant.

Chaloux dit: 29 novembre 2016 à 23 h 10 min

Au passage, vous noterez la charpente impeccable de la phrase d’Alain Daniélou, presque totalement dénuée de ponctuation.

Sergio dit: 29 novembre 2016 à 23 h 08 min

Jean dit: 29 novembre 2016 à 22 h 39 min
Histoire de déplomber l’ambiance, je leur ai sorti ma blague du jour : l’Ancien Testament = l’Ancien atteste et ment. Ouarf ! J’ai été le seul à m’esclaffer.

Oui… Enfin j’aurais surtout fait gaffe que l’essence se mette pas à déborder…

Chaloux dit: 29 novembre 2016 à 23 h 06 min

« La pensée religieuse de l’Inde n’est pas pour nous une pensée exotique ou étrangère. L’Inde a seulement su préserver l’histoire d’une recherche cosmologique, religieuse, mystique et philosophique qui a été l’expérience commune d’une grande partie de l’humanité et particulièrement celle d’un monde indo-méditerranéen proto-historique dont nous avons presque perdu le souvenir par suite du fanatisme de religions nouvelles agressives et colonialistes telles que le Bouddhisme, Le Christianisme et l’Islam dans lesquelles la fois aveugle et naïve et le prosélytisme ont trop souvent pris la place de la recherche de la connaissance et de l’humble respect des intentions mystérieuses des dieux.
Avant l’arrivée de ces religions simplistes et populaires de caractère principalement social utilisées à des fins politiques, il n’existait pas d’opposition entre les religions ».

Alain Daniélou, Mythes et dieux de l’Inde.

Chaloux dit: 29 novembre 2016 à 22 h 57 min

Widergänger dit: 29 novembre 2016 à 22 h 00 min
« C’est l’invention de la Vérité ».

Très amusant.

Blabla, c’est l’invention de la culture.

Pat V dit: 29 novembre 2016 à 22 h 46 min

@Christiane,
@Pablo 75
Wittgenstein, un point de vue religieux? Cela tombe bien, un travail de fond sur son œuvre vient d’ être publié. Ci-dessous une analyse :

http://blog.ac-versailles.fr/oeildeminerve/index.php/post/25/11/2016/Norman-MALCOLM%2C-Wittgenstein%2C-un-point-de-vue-religieux-Suivi-d-une-r%C3%A9ponse-de-Peter-Winch-%3B-traduit-et-postfac%C3%A9-par-Michel-Le-Du-%3B-%C3%A9ditions-de-l-%C3%A9clat%2C-philosophie-imaginaire%2C-2014-Lu-par-Marc-KUSZEL.

Bonne soirée.

Jean dit: 29 novembre 2016 à 22 h 39 min

Ce matin, conversation avec deux voisins, elle catholique intégriste, lui juif (très) pratiquant avec barbouze, chapeau melon et ramistouflettes (c’est comme ça qu’on dit ?). Ils m’ont prié de les aider à régler un différend sur l’essence divine. J’avais beau sortir de la station-service où je venais de faire le plein, je leur ai avoué mon incompétence. Je leur ai benoîtement fait part de mon athéisme. Ma profession de non-foi les a plongés dans un état d’incrédulité teintée d’indignation furibarde. J’étais l’incarnation de ce qu’ils avaient toujours eu la plus grande peine à admettre, et même à concevoir, une insulte vivante à l’Ordre Divin, le Mal Absolu là, tout d’un coup, sur ce coin de trottoir. J’ai tenté de me rattraper en leur vantant l’état de satisfaction intense, pour ainsi dire béate, où m’avait maintenu depuis l’âge de dix ans mon athéisme résolument matérialiste, version épicurienne progressivement complétée par la lecture de Nietzsche et de Marx. Rien à craindre de la mort ; elle vient à son heure, sans faire d’histoires ; j’ai cité Lucrèce, en latin ; je leur ai avoué avoir abondamment joui, en guise de préparation à la mort, de tous les plaisirs de la vie, à commencer par ceux que j’ai si souvent goûtés dans les bras des dames (je suis marié, qu’on imagine leur tête) ; j’ai confessé me moquer des tables de la Loi et avoir bafoué au quotidien les dix commandements et les autres ; je me suis fait une gloire de n’avoir perdu aucune minute de ma vie en génuflexions, prosternations et autres salamalecs inutiles, dans aucune église, temple, synagogue ou mosquée ; j’ai avoué en ricanant avoir toujours mis les écrits du Divin Marquis à cent lieues au-dessus des paroles divines. Dans une alerte péroraison, j’ai conclu sur le délicieux sentiment d’irresponsabilité où se complaît, a priori, l’athée convaincu : du sort de l’univers en général et de celui de ses semblables en particulier, il se contrefiche. Après lui, le déluge.

Histoire de déplomber l’ambiance, je leur ai sorti ma blague du jour : l’Ancien Testament = l’Ancien atteste et ment. Ouarf ! J’ai été le seul à m’esclaffer.

Sur ce, les priant de vouloir bien m’excuser de céder à un besoin pressant, je me suis retourné contre le mur pour pisser un coup.

Ils ont filé sans demander le reste en marmonnant des imprécations.

christiane dit: 29 novembre 2016 à 22 h 38 min

Gontrand,
vous en posez de drôles de questions au seuil de la nuit ! vous me faites penser à Wittgenstein, en juillet 1916, écrivant dans ses petits carnets le début de son Tractatus alors qu’autour de lui, c’est la guerre et la mort, la déroute de l’armée austro-hongroise
Et lui se pose une question : « Que sais-je de Dieu et du but de la vie ? ». Il fonctionne alors par négation. Il retire tout ce que Dieu n’est pas pour lui. A la fin, il ne reste que le silence, l’innommable et la contemplation.
Eh bien, pour la vérité c’est pareil : bonnet blanc et blanc bonnet ! Qu’est-ce que la vérité n’est pas ? Et à la fin il reste un monde sans origine, sans révélation première et où l’homme avance, incertain, puisant dans son cœur le bien comme ce qui est lumière. Mais là bonjour Platon et saint-Augustin ! ou alors il fait quelques pas avec Camus et là, insomnie assurée. Sur ce, bonne nuit, je vais continuer la lecture d’un livre dense : La solitude de la fleur blanche

Delaporte dit: 29 novembre 2016 à 22 h 32 min

« Il ne s’agit pas d’insulter, WGG, mais de convaincre. »

Certes, et surtout lorsqu’on aborde dans la discussion les rivages de la Vérité, avec un V majuscule, il ne s’agit pas de s’insulter. Ce serait contre-productif. Mais s’agit-il même de « convaincre » ? En 2016, peut-on encore « convaincre », avec tout ce qui va se passer ?

Sergio dit: 29 novembre 2016 à 22 h 30 min

gontrand dit: 29 novembre 2016 à 21 h 39 min
je me dis que ces cinglés auraient mieux fait de profiter de la pax romana comme tout le monde.

On s’emmerde ferme, je fais ce que je peux pour chauffer la salle…

Et ça se tient pas mal quand même, comme raisonnement.

Nicolas dit: 29 novembre 2016 à 22 h 25 min

Aimez vous les uns les autres qu’ils disent. Bon! on n’en saura pas plus sur la jouissance du surmoi, pour une autre fois peut être. Ce papier de Passou est très fin parce qu’à chaque pointe de phrase il y a une relation a une idée, un commentaire de ce blog, comme les ramifications des branches d’un arbre et de ses feuilles qui bruissent, une totalité résumée pour que le vent porte de petites graines et que d’autres arbres naissent et ainsi le monde sera reboisé d’une forêt dense et fini le réchauffement climatique. À demain !

Jibé dit: 29 novembre 2016 à 22 h 22 min

Vous croyez à la Vérité, WGG ?
Donc à Dieu, mais lequel, celui de votre père ou celui de votre mère ?
Bouddha peut-être ?

Jibé dit: 29 novembre 2016 à 22 h 19 min

« Il ne s’agit pas de modestie, pauvre imbécile. »

Il ne s’agit pas d’insulter, WGG, mais de convaincre. A moins que vous n’ayez pas d’autres arguments ?

Widergänger dit: 29 novembre 2016 à 22 h 00 min

Il ne s’agit pas de modestie, pauvre imbécile. Vous ne comprenez rien et ne comprendrez jamais rien à ce qu’est le Judaïsme et le christianisme et la différence radicale d’avec le polythéisme. C’est l’invention de la Vérité, qu’on voit déjà chez Socrate.

Delaporte dit: 29 novembre 2016 à 21 h 46 min

Les Romains, parfaits polythéistes, avaient en effet toujours un temple dédié au dieu inconnu, car ils étaient ouverts aux cultes nouveaux. Leur tolérance était systématique, et logique. Le problème, maintenant, était de savoir où se logeait la vérité, c’est-à-dire le vrai dieu…

gontrand dit: 29 novembre 2016 à 21 h 43 min

« Ce Bettini » est un grand savant et ne prêche évidemment pas un retour au monothéisme. Il veut seulement en tirer quelques leçons…et inciter les monothéismes à un peu plus de modestie.

Dans son très beau dialogue avec André Chouraki, Jacques de Romilly défend une position très similaire.

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