de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Tintin a 90 ans mais il ne les fait pas

Tintin a 90 ans mais il ne les fait pas

La Belgique est en fête, et pas qu’elle : le 10 janvier 1929, Tintin naissait dans Le Petit Vingtième, supplément jeunesse du quotidien bruxellois, catholique et conservateur dirigé par le très mussolinien abbé Wallez, Le XXème siècle. Les lecteurs découvrirent ce jour-là les aventures au pays des Soviets d’un reporter un peu particulier en ce qu’il est adolescent, qu’on ne le verra guère écrire et jamais manipuler d’argent, et que son chien lui parle, et en français de surcroit. Mais on y a crû et on y croit encore. On peut même dire que cet invraisemblable grand reporter a suscité des vocations de journalistes au long cours. Pour bien faire, une version recolorisée, et uniquement en format numérique, de Tintin au Congo (1931) a été lancée par Moulinsart S.A. sans Casterman, l’éditeur historique d’Hergé en raison des nombreuses controverses qui font cortège à cet album régulièrement la cible de campagnes politiquement correctes sur son caractère “raciste” et “colonialiste”, qui finissent en vain devant les tribunaux. A l’occasion de toute cette tintinofolie, il y aura aussi des expositions à Barcelone, Lisbonne, Séoul…. De quoi vérifier sa modernité, son actualité, son intemporalité, son universalité. Combien de personnages de fiction peuvent en dire autant ?Hommage-de-Tibet

Le Congo était la deuxième aventure de Tintin reporter, après le séjour en bolchévie. Hergé, qui n’avait jamais quitté sa Belgique natale, avait puisé sa documentation au Musée colonial de Tervueren et dansLes silences du colonel Bramble, roman à succès d’André Maurois dans lequel il avait carrément transposé toute une scène de chasse. C’est à peu près tout même si plus tard, dans un essai remarqué, Roger Nimier établira un rapprochement avec Les vertes collines d’Afrique d’Hemingway. Tintin au Congo est donc paru en 1931, époque à laquelle la Belgique était coloniale avec bonne conscience. Il n’y eut aucune controverse. Ce n’était pas perçu comme raciste mais comme paternaliste. Même si trois ans avant Gide avait publié son Voyage au Congo où perçait l’indignation contre les abus, et si un an avant, Albert Londres avait lancé une série d’articles dénonçant l’exploitation criminelle des Noirs dans la construction du chemin de fer Congo-Océan. Gide et Londres étaient français ? Soit mais Georges Simenon était bien belge et dès 1932, dans Voilà, il publiait un reportage accablant qui s’achevait par ces mots :

« Oui, l’Afrique nous dit merde et c’est bien fait ! »

Autrement plus percutant qu’un communiqué du Cran visant à faire réviser l’album. Hergé, qui évoluait dans un milieu très conservateur d’où jaillira l’extrême-droite rexiste, n’eut aucun cas de conscience. Il reflétait la Belgique et sa mission civilisatrice. Les enfants adoraient et l’album fut un succès. Après guerre, quand il entreprendra un travail de refonte (mise au format, mise en couleurs) avec Edgar P. Jacobs, Hergé transformera sensiblement le voyage d’un Belge au Congo en séjour d’un Européen en Afrique afin de lui donner une dimension plus universelle. Dans le même élan, non seulement il le dénationalisera mais il le laïcisera : Tintin cessera de recommander son âme à Dieu. Il n’en demeure pas moins que dans les années 60, Tintin au Congo de même qu’Au pays des Sovietsétaient introuvables en librairie alors que 800 000 exemplaires du Congo avaient été écoulés.

Casterman ne les rééditait pas, moins par peur des Africains eux-mêmes que par crainte d’une campagne d’opinion de l’intelligensia tiers-mondiste. Dans une lettre du 26 juin 1963, Hergé implorait son éditeur de ressortir Tintin au Congo au moins en Europe. Pour lui, la cause était entendue : ses personnages étaient «  »des noirs de fantaisie », caricaturaux comme tous les personnages de son oeuvre. Il en voulait pour preuve les lettres admiratives de ses jeunes lecteurs africains et un article laudateur paru dans le No 73 de la revue Zaïre (2.12.1969) :

« Si certaines images caricaturales du peuple congolais données par Tintin au Congo font sourire les Blancs, elles font rire franchement les Congolais, parce que les Congolais y trouvent matière à se moquer de l’homme blanc qui les voyait comme cela ».

ob_a49175_tintin-sovietsAu moment où cet article paraissait, Hergé n’en demandait pas moins à Casterman de remplacer «  »nègre » »par » »noir » »à la case 8 de la page 31… » N’empêche. Selon un sondage réalisé il y a une dizaine d’années, Tintin est le personnage de bande dessinée préféré des Français. Il arrive en tête avec 22%, talonné par Astérix(20%). Très loin derrière, à moins de 10% ce qui ne laisse pas d’être inquiétant quant au mental et à l’imaginaire de nos compatriotes, dans la meute des suiveurs, on trouve Lucky Luke, Gaston Lagaffe, Titeuf, Mickey et, légèrement au-dessus de zéro, ce qui est vraiment désespérant, Boule et Bill, Spirou, Cortese et Blake et Mortimer.Le détail de ce sondage est édifiant même s’il n’est pas surprenant : le profil du tintinophile est celui d’un individu de plus de 35 ans qui vote plutôt à droite …

Quand on songe que l’oeuvre d’Hergé (ou de Hergé, les deux s’écrivent, avis aux amateurs, de toute façon le pseudonyme vient de R.G., initiales inversées de Georges Remi, son vrai nom)) est définitivement fermée depuis la parution du dernier album puisque Hergé, contrairement à Edgar P.Jacobs ou Jacques Martin, a interdit qu’on poursuive son oeuvre sans lui, on se demande comment faire vivre une oeuvre close. Par des dessins animés, des films, des produits dérivés ? Ca ne suffit pas à entretenir le mythe. Alors ? La vérité est autrement plus simple : les Français qui ont aimé Tintin quand ils étaient petits n’ont pas lu d’autres BD depuis. Ils aiment Tintin, pas la BD, et à travers lui, leur enfance et leur jeunesse.

A sa naissance à la fin des années 20, Tintin avait environ 14 ans selon son créateur ; dans les années 70, Hergé lui donnait environ 16 ans. C’est une prouesse de ne pas grandir à ce point. C’est à peine s’il troque la culotte de golf pour un jean. Tintin reste étonnamment adolescent pendant un demi-siècle, ce qui est tout de même moins étrange que d’avoir un chien qui parle. Gardons-nous ne jamais faire parler les morts mais n’oublions pas que le bouddhiste belge en lui, qui considérait Tintin au Tibet comme son album préféré, eût été comblé de constater que celui-ci  représentait toujours un enjeu politique. Car le chef spirituel du bouddhisme tibétain ne s’y est pas trompé : Tintin est son meilleur agent de propagande. La preuve : il y a une quinzaine d’années, lors de sa parution en mandarin, l’album était abusivement intitulé Tintin au Tibet chinois. La Fondation Hergé diligenta des plaintes afin d’obtenir que le dernier mot indûment rajouté soit dûment retiré; on n’en attendait pas moins de la part de ses dirigeants, Fanny, la veuve d’Hergé, et son mari Nick Rodwell, étant tous deux convertis au bouddhisme. Aux yeux du Dalaï Lama, qui accepta leur invitation d’inaugurer une grande exposition «  »Tintin au Tibet » » à leurs côtés, l’album d’Hergé n’a pas seulement « révélé au monde la beauté du Tibet », il a également « suscité une prise de conscience internationale plus aiguë du Tibet ». Combien de bandes dessinées peuvent-elles en dire autant ? Le destin de celle-ci est d’autant plus étonnant qu’il n’était pas prémédité.une-case-de-tintin-au-tibet-superposee-a-un-paysage-reel

Tintin au Tibet est né d’une grave dépression d’Hergé, déchiré par un cas de conscience qui ne le laissait pas très zen, rongé par la culpabilité à l’idée de quitter sa femme pour sa maîtresse. Irrésolu, il se reprochait d’être trop vertueux, de ne jamais dévier du chemin du devoir, comme son héros de papier. Il s’immergea dans le travail, se lança dans plusieurs projets successifs, passant d’espions trafiquant des pilules radioactives à l’expropriation de Peaux-Rouges de leur réserve avant de tout laisser tomber pour une intuition écrite à la hâte :

« Thème général très simple. Mais quoi ? Sagesse tibétaine- Lama. Abominable homme des neiges. Pourquoi partent-ils au Tibet : le yeti… »

Il se documenta aussitôt et se mit au travail mais à mi-parcours hésita à renoncer : ses nuits étaient hantées par des rêves de blanc. Tant et si bien qu’il se rendit pour la première fois chez le professeur Ricklin, psychanalyste jungien, lequel ne lui suggéra pas seulement d’abandonner son travail :

 « Vous devez exorciser vos démons, vos démons blancs. Il faut tuer en vous le démon de la pureté ! »

En le quittant, Hergé était enfin résolu : il décida de poursuivre son album et d’abandonner le psychanalyste. La 63ème et dernière planche de Tintin au Tibet parut dans le journal Tintin le 25 novembre 1959, huit mois après la sanglante répression d’une révolte populaire à Lhassa par l’armée chinoise, le départ en exil du Dalaï Lama et de 100 000 de ses compatriotes. L’album sortit en 1960. Cette œuvre intime, émouvante et hantée par la mort était l’exact reflet de la crise morale qu’il venait de traverser. Elle est mélancolique, nostalgique, comique et historique. La couverture ? une tache blanche, pendant de l’autre pilier de son œuvre, la tache rouge du Lotus bleu. Un chant dédié à l’amitié dans ce qu’elle a de plus pur. De quoi se réconcilier avec lui-même. Il s’accepta enfin après avoir vaincu le mauvais en lui, jusqu’à évoquer dans une dédicace à un ami « l’adorable homme des neiges ». Rien à changer dans cet album. A peine un détail : Air India étant fâchée d’être associée à une catastrophe aérienne, Indian Airways devint Sari Airways dans les rééditions. Pour le reste, plus d’un demi-siècle après, il demeure d’une brûlante actualité même si Hergé ne l’a pas fait exprès. Tingting et son fidèle Neige blanche n’ont pas fini leur longue marche.

Quant aux Bijoux de la Castafiore…Nous sommes enfin en mesure de rassurer nombre de nos lecteurs qui souffrent de longue date de n’en avoir jamais bien saisi l’intrigue. Cette non-aventure axée sur un anti-héros, où tout le monde se parle sans que les gens ne communiquent entre eux puisqu’ils usent de la même langue mais pas du même langage, apparaît aussi lumineuse que Tintin au Tibet traduit en tibétain par un moine d’une lamaserie d’Anvers (en plus, c’est vrai). Mais restons sur les Bijoux de la Castafiore, qui s’est d’abord appelé « L’affaire Castafiore », puis « Le Saphir de la Castafiore » et même « Le Capitaine et le Rossignol ».

Cet album à part dans l’œuvre d’Hergé est une histoire de fous rythmée par la nonchalance d’un réparateur pas pressé de réparer, de bijoux deux fois disparus mais jamais volés et de roms toujours suspects mais pas coupables)… Hergé y avait mis son talent à inventer la confusion et son génie à l’organiser. Les intellectuels en feront une œuvre-culte louée pour sa postmodernité, sa densité, sa sophistication, son autodérision et son grand art de l’understatement. Le philosophe Michel Serres y vit même la production par le « comics » de son Traité de la solitude monadique, manière toute personnelle de dévoiler à quoi fut la bande destinée.

Qu’est-ce que cela aurait été s’il l’avait lu en monégasque, expérience cruciale dont nous pouvons aujourd’hui témoigner ! Si les aventures de Tintin sont déjà traduites dans 98 langues, en attendant que le chiffre soit rond avec les publications annoncées en wolof et picard rural du Tournaisis, les Bijoux de la Castafiore demeure le favori des langues régionales par la volonté de l’éditeur :

« Tintin au Congo n’est pas un bon choix pour une langue régionale européenne ; les albums sur la lune non plus car ils contiennent trop de termes techniques absents des lexiques régionaux. A l’inverse, les sujets traités dans les Bijoux sont familiers, ruraux, quotidiens… La traduction de ce titre est très naturelle dans les parlers régionaux. De plus c’est un album très finement construit, sans artifices. On y joue finement avec les sentiments, les conventions, les petits travers »

C’est ce qu’explique Etienne Pollet, éditeur des traductions régionales de Tintin chez Casterman, qui préconise les Bijoux aux éditeurs européens tant la conversation y est familiale et donc plus apte à donner du naturel à la traduction. Ici comme ailleurs, le but est avant tout culturel ; il déclenche une fierté identitaire qui se lit comme un événement socio-politique en raison de la dimension mythique de Tintin.

(Dessins d’Hergé, copyright Moulinsart sauf le deuxième « Hommage du dessinateur Tibet »)

Cette entrée a été publiée dans Bandes dessinées.

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commentaires

1 050 Réponses pour Tintin a 90 ans mais il ne les fait pas

DHH dit: 18 janvier 2019 à 21 h 04 min

@Jazzi
je ne trouve pas dans votre post la reponse à la question que je posais.
avez vous voulu dire que sa relation avec son beau-fils s’inscrivait dans le cadre d’habitudes pédophiles

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 20 h 20 min

« faites vous allusion à Bertrand de Jouvenel ? »

Après Claudine lesbienne, nous avons eu Claudine pédophile, DHH ! Comme Gide et Montherlant !

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 20 h 18 min

« Le premier livre de Colette que j’ai lu »

Vous commencez par la fin, renato ! Au moins, en avez-vous lus d’autres ?

D. dit: 18 janvier 2019 à 20 h 03 min

Les Vosges ont vu naître la brillante Edwige mais également Maurice Barrès et Stanislas de Guaïta, deux personnes exceptionnels et malheureusement trop peu connus. Ou très injustement décrié pour ce qui concerne Barrès. Gaïta et Barrès étaient d’ailleurs de grands amis.

Bėrėnice dit: 18 janvier 2019 à 19 h 35 min

Vu aussi dans le Monde que la cession industrielle d’Alstom refait surface avec quelques remous. Un cadre emprisonné plusieurs années aux USA a témoignę et s’interroge, arrêté et jugé emprisonné pour corruption. Il n’y a pas qu’au Japon que sont retenus des dirigeants ou ailiers, cet homme raconte entre autres choses qu’il a bénéficié par chance de la protection d’un détenu avec qui il avait lié, rien ne lui a été épargné, aucun régime de faveur.

renato dit: 18 janvier 2019 à 19 h 35 min

Bėrėnice, l’adresse de l’herbier est sur une clef usb oubliée dans l’atelier de Turin, je ne la récupérerai vers fin février.

Delaporte dit: 18 janvier 2019 à 18 h 47 min

L’affaire Benalla est désormais une histoire de parjure. Le mot a été lâché, fatidique. Ils sont tous exaspérés de passer devant la commission d’enquête du Sénat : les arrogants ! Ils n’ont pas su voir venir. La maison n’était pas tenue, contrairement à ce que déclare le chef de cabinet. Il faut vraiment remplacer tout le monde. Se rend-on compte dans le public la gravité du mot « parjure » ? C’est puni d’au moins cinq ans de prison et d’une grosse amende. En Chine, ce serait la peine capitale ! Et Carlos Ghosn, dans sa prison japonaise, vous ne croyez pas qu’il morfle ? Bientôt, ce sera au tout de Benalla…

Bėrėnice dit: 18 janvier 2019 à 18 h 23 min

Vachette, les tartines! Je retiens l’idée de l’herbier, toujours ajourné ce vague projet qui nécessite un minimum de materiel et de l’espace pour entreposer les plantes, herbes, fleurs. Renato j’ai perdu votre référence en cette matière, une femme qui fit des prodiges, la redonneriez-vous?

Bėrėnice dit: 18 janvier 2019 à 18 h 18 min

14h59 c’est au moins une citation de Kierkegaard . Vous lirez toute son oeuvre pour la peine au lieu d’écrire des âneries picard.

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 17 h 50 min

Colette se dit « lucide » et « demeure [son] juge le plus sévère ». Elle estime que « l’écrivain qui perd le doute de soi » et « se fie à une soudaine euphorie, à l’abondance » se doit de poser sa plume. Elle s’interroge fréquemment au sujet de sa vocation, notamment dans ses lettres, mais elle écrira jusqu’à la fin de sa vie.
Concernant celle à qui elle succède à l’Académie, Colette n’entre pas dans les louanges mais fait le portrait d’une belle femme. Les rencontres, rares et brèves, n’ont pas pris la forme de rapports confidentiels et familiers. Leurs divergences ont été pour elles salutaires quant à leurs places respectives dans le monde et dans la littérature : Agora et poésie pour Anna de Noailles, « modestie passive » et prose pour Colette. La reconnaissance mutuelle permet à Colette de se démarquer de la poétesse et de prendre la première place du « roman féminin ». Elle fera plus tard le portrait d’Anna de Noailles dans Trait pour trait.

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 17 h 48 min

e Réception de Madame Colette/Discours de M. Valère Gille et de Madame Colette et le texte publié par Grasset le 30 avril 1936 en un petit volume de 59 pages intitulé « Colette/Discours de Réception à l’Académie Royale belge de Langue et de Littérature française ».

Le texte de Grasset est certainement postérieur de quelques jours au fascicule belge, peut-être distribué aux invités à l’issue de la cérémonie. Une dédicace autographe montre qu’en toutes circonstances Colette gardait le sens des réalités : « Ah ! quel trac ce jour-là ! — seul le dîner, belge et royal lui aussi, m’a rendu mes forces. »
Elle se sent légitimée du fait que sa famille est belge par Sido. Elle trouve le ton pour vanter la gastronomie, et assure que l’esprit et l’amour abattent les frontières. Elle évoque ensuite son amitié avec Anna de Noailles, qui fut tardive et discrète. Mais Colette, rappelant l’environnement familier d’Anna de Noailles, veut la rendre vivante et présente jusque dans la voix qui lui demandait : « Vous n’aimez donc pas la gloire ? » Colette conclut qu’elle aime la gloire de la poétesse et prend à témoin son auditoire pour s’assurer qu’elle l’a bien servie. C’est un discours équilibré et habile.

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 17 h 42 min

Colette et la Belgique : une longue histoire de proximité et d’amour. L’écrivain y fut fêté et honoré, bien sûr, jusqu’à entretenir une amitié faite de connivences avec la reine Élisabeth, et être élue à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, où elle succéda à Anna de Noailles, et où Jean Cocteau, qui lui était si proche, la remplaça à son tour.

Ce livre nous révèle les antécédents de ces marques de prestige. Et ce que l’on découvre est étonnant. Son grand-père maternel, Henri Landoy, avait combattu à Waterloo. Sa mère, l’illustre Sido, vécut de longues années à Bruxelles et entretint sa fille des charmes de cette ville où elle avait grandi dans une «chocolaterie», située Longue rue Neuve. Ces souvenirs se trouveront un jour magnifiés dans La Maison de Claudine. Eugène, frère de Sido et oncle de Colette, exerça l’essentiel de son activité de chroniqueur, éditeur, critique d’art à Bruxelles, où il signait sous le nom de Bertram. Son autre oncle, Paul, fut directeur du casino d’Ostende! Lorsque Colette, en tant que comédienne et danseuse, vint se produire sur les scènes belges, à Bruxelles, à Liège, à Gand, notamment dans Pan, la pièce de Van Lerberghe, la Belgique lui était familière, puisqu’elle y avait étendu les frontières de sa patrie de cœur, la Bourgogne…

C’est tout cela, et bien davantage, que l’auteur nous conte dans cet ouvrage où l’acharnement de l’enquêteuse va de pair avec l’intuition de l’admiratrice complice.
https://www.arllfb.be/publications/essais/colette.html

Janssen J-J dit: 18 janvier 2019 à 15 h 19 min

(Au Rond-point, Fontaine Colette en début d’aprèm)J’ai dit à Yvon, un GJ, de toute façon ça te coûte rien d’aller voir de près ce questionnaire gouvernemental. Y répondre, c’est autre chose, surtout si tu peux rien dire des choix non négociab’. Sûr que t’as pas le droit de dire où redistribuer les 40 milliards donnés aux entreprises pour rien (CICE). T’as pas à proposer qu’il remette l’ISF, voudra jamais, préférerais crever… Donc, si tu fais une affaire de principe (« c’est ça ou tu dégages, macron »), tu vas finir par te lasser, et il dégagera pas. Parce qu’il est là, conformément à cette majorité de cons qui l’ont porté aux nues sans avoir lu dans son bouquin ce qu’il était, et c’est pas difficile à voir : le porte parole de son milieu, on va dire la fraction la plus aisée des couches moyennes. Et son milieu, il lui a implicitement demandé de démanteler l’Etat social républicain (oui l’ESR !) comme tous ses prédécesseurs, et le voilà qu’il s’exécute avec d’autant plus d’allant et de zèle qu’il est convaincu du besoin d’accélérer le mouvement, histoire de rendre le processus irréversible. Et il est djeune, empressé, décidé comme pas mal de djeunes bien formatés par hachécé d’aujourd’hui. L’peut pas aller contre ses intérêts et ceux des siens, défendra toujours les riches qu’il trouve injustement critiqués, notamment les banquiers d’affaire, les spéculatifs de la haute finance, parce que sa conviction intime, la voilà : on doit se plier aux conditions des plus forts pour négocier ce qui peut l’être, mais d’abord, faut amadouer les milliardaires, comme dirait Gégé. Or c’est au nom du préjugé de sa classe et de sa propre trajectoire de petit merdeux qu’il imagine qu’elle vaudrait pour tous et toutes, un modèle à suivre. Peut pas comprendre dans sa chair, le pôvr vu qu’il l’a jamais ressenti, que la plupart des citoyens ordinaires comme toi et moi (on va dire) n’ont pas, ou pas eu les moyens de choisir leur vie (à part qq exceptions). Et pour ce macron-là, il y a pas de classes populaires, ça n’existe ou ça n’existe plus. Il n’a qu’une vision misérabiliste des gens du peuple, tous des aigris, des jaloux, des envieux, des frustrés, et surtout de fainéants, des bandes de tire-au-cul. Il est, a été et sera toujours dans les rails de cette droite libérale qui se cabre sur ses privilèges quand le vent tourne et que la masse se paupérise petit à petit et que crève le sous prolétariat qu’est même pas là, avec nous, mais qui pactise en silence avec son balai pour ramasser nos merdes. Faudrait faire gaffe à ça quand même. Et les siens lèveront toujours les matraques, les fusils et les balles contre nous autres, du populo moyen. Alors mon coco-gilet, on n’est pas dans la merde, mais si tu sais pas lui expliquer ce que tu veux ou déborder du questionnaire comme zézette, alors c’est marine ou jean-luc qui te pendouillent au nez, et tu vois bin ce qu’ça donne à côté, ont bonne mine les « angliches ». Je sais que c’est pas vraiment ce que tu veux, il y a jamais rien à imiter, faut inventer en évitant les chausse-trape qu’on nous tend de partout, c’est pas facile et je voudrais point te démoraliser. Alors, on n’a plus qu’une solution, sans rêver à la fin de la 5e, ni à des RIC qui seront toujours RAC, elle en a vu d’autres, la 5e ! Apprendre dans ton petit rond-point coin-coin avec tes nouveaux potes, ta copine et ton maire que tu connaissais pas encore très bien, à imaginer comment on pourrait tous ensemb’ commencer à vivre dans l’idée d’une sobriété heureuse (rhabi ?) pas celle de mélanie ou des actrices qui veulent maigrir, c peut-être pas pour nous, mais au moins pour nos entourages. Je vais te dire, réfléchissons ensemble, mon pote. Même là, dans l’immédiat, faut qu’on aille voir dans la salle des fêtes si y en pas qu’auraient de bonnes idées. Qu’est-ce que ça peut bien nous coûter ? Se reparler, même avec les cons, en gardant son calme, souvent derrière les con.nes apparent.es, il y a du bon sens. Bien sûr, on aura toujours besoin d’un bouc-émissaire d’en haut à mépriser et à rigoler, çui-ci ou un autre, hein… (te trompe pas de cib’, qu’il a dit Sarko à Fion : y’a une seule tête à l’Etat, la 2e tête, c’est celle du chef du gouv.fr, nuance, et c’est celle-là, le fusible qui sautera en premier…, surtout quand tu vois l’ampleur des casseroles pourries qu’il se traîne).
Faire simplement attention à ce que l’macr-cormick vienne pas nous enfumer avec ses belles paroles et ses bifurcations, un virage à 180 degrés, sur les déficits à laisser filer. Tant qu’il se barrera pas de lui-même du poste (jusqu’aux européennes au moins), -et m’est avis qu’il est pas prêt vu qu’il s’accrochte, trop addict…,- tu risques de l’avoir encore longtemps dans les pattes. Donc, va pas te rendre malade, mon pote. Viens plutôt voir ce qu’on peut faire de différent, ensemble et/ou avec les autres gilets. Pas la peine d’écouter les grandes gueules du mouvement, s’ils sont pas un brin rigolos et dérisoires, car toi, t’es un peu taiseux, et tu les fantasmes pas, mais moi, ce que je vois surtout, c’est que si t’es à cran, t’as pas mal souvent de bonnes idées… Faut les dire. Bon, à tout à l’heure, Yvon. Je reviens prendre un jus vers 5 heures. Avant ça, je vais tenir l’bistrot dpassoul, mais ils ont fini par épuiser Tintin, c pas tjs drôle là bas non plus !

D. dit: 18 janvier 2019 à 14 h 59 min

Moi je me souviens qu’avant ma naissance je ne me souvenais de rien puisque, comme le poisson j’étais pas né.

DHH dit: 18 janvier 2019 à 14 h 58 min

@jazzi 11h09
faites vous allusion à Bertrand de Jouvenel?
cela va plus loin ue le blé en herbe on est dans Phèdre
relation difficile à imaginer pour ceux qui comme moi ont rencontré bien plus tard sous ce nom un vieillard venerable ,grand figure de la pensée economoque

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 14 h 53 min

Je me souviens qu’avant ma naissance, la vieille Colette venait en villégiature à Grasse et se faisait pousser en fauteuil roulant le long de la Croisette :

« Je retourne volontiers à mes vallons de Grasse. Mais en même temps je quitte la mer ; elle reste de l’autre côté des collines, là, tenez, derrière ces deux petits seins du paysage qui respire si doucement »
(…)
« Je n’ai jamais vu, je crois, une foule moins amoureuse, ni plus nue, que ce Cannes 48. Serrés, ils ont l’air voluptueux autant qu’une caque pleine. Pourtant, qu’il fait beau, alors que partout ailleurs il pleut ! “Encore un tour ?” On me l’accorde au ralenti, entre la mer et les couturiers, la mer et les joailliers, la mer et les marchands de sandales, de soutien-gorge et de jus de fruits, la mer et les hôtels et les voitures et les éventaires de fleurs et les insolés et les femmes au brou de noix. Un hôtel jaune dépasse toutes les proportions raisonnables, se rit de l’harmonie architecturale. Un orchestre essaie de faire entendre en plein air sa petite voix maigre. »
(« La Naissance du jour »)

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 14 h 40 min

Je me souviens aussi que lorsque ma mère nous emmenaient rendre visite à l’un de ses amies à Grasse, la ville toute entière était parfumée !

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 14 h 29 min

STEPHEN LIEGEARD

Fleurs de démocratie

Le guide La Côte d’Azur, publié en 1888 par Stéphen Liégeard, et titré ainsi par analogie à sa Côte-d’Or natale, eut un tel retentissement, que, par la suite, cette appellation se substitua à celle de Riviera française, par laquelle on désignait alors la portion comprise entre Hyères et Menton : la Riviera proprement dite s’étendant jusqu’à Gênes. De ce livre « fondateur », tout à la fois poétique, historique et touristique, et illustré de merveilleuses gravures de l’époque, nous extrayons, ici, un petit bouquet aux délicieuses fragrances.

« Les fleurs ! Partout il y en a ; mieux que Florence, Nice mériterait d’en retenir le nom. Entre les trois brins de violettes que la petite boutiquière vous jette en passant, et les adorables fantaisies de ces lyres ou de ces corbeilles dont s’émaillent les éventaires, il n’y a place pour l’hiver, ni pour la mélancolie. Etabli à Nice depuis 1854 jusqu’à son exode vers Saint-Raphaël, l’auteur de Sous les Tilleuls n’a pas peu contribué à cette mise en valeur des corolles. Il en fut comme le révélateur, et longtemps Paris se disputa ses envois. C’était l’époque où Lamartine adressait à Alphonse Karr, jardinier, des vers tout imprégnés de balsamiques senteurs :

… Nice t’a donc prêté le bord de ses corniches
Pour te faire au soleil le nid d’algues où tu niches ?…
On dit que d’écrivain tu t’es fait jardinier ;
Que ton âne au marché porte un double panier ;
Qu’en un carré de fleurs ta vie a jeté l’ancre,
Et que tu vis de thym au lieu de vivre d’encre ?
On dit que d’Albion la vierge au front vermeil
Qui vient comme à Baïa fleurir à ton soleil,
Achetant tes primeurs de la rosée écloses,
Trouve plus de velours et d’haleine à tes roses ?
Je le crois ; dans le miel plante et goût ne sont qu’un :
L’esprit du jardinier parfume le parfum.

Aujourd’hui encore, près du Jardin Public, le nom de Karr s’inscrit en lettres de cuivre, comme mémoire et porte-bonheur, sur la vitre de la boutiquière qui continue son odorant commerce.
Cannes possède un incomparable artiste, Solignac, qui, dans la science de grouper les tiges, demeure sans rival ; les Labrousse et les Vaillant-Rozeau ne lui viennent point à la racine. Mais ses boutonnières de corsage, ses guirlandes de bal, ses paniers-glaneuses ou ses miroirs encadrés ne sont pas le lot de tout acheteur. C’est un délicat, ciselant pour clientes armoriées, un inspiré floral que les princesses de la Maison de France tiennent en particulière estime. A Nice, au contraire, la fleur est l’apanage du peuple. Elle se fait bonne fille, elle se démocratise sans perdre son parfum, et l’ouvrière en jouit tout comme la grande dame, la trouvant à portée de sa bourse. Des panerées de violettes doubles arrivent, chaque matin, sur le marché, écloses aux tièdes abris de Vence ou sous la pyramide élancée de Saint-Jeannet. Les jardins de la banlieue ne chôment pas non plus. Le camélia et la rose s’y multiplient, cependant que cent villas rivalisent entre elles à qui peindra le sol des plus vives couleurs, à qui saura le mieux embaumer les brises flottantes de la plage*. »

*Stéphen Liégeard vivait régulièrement à Cannes, où il avait acquis la villa Les Violettes. En note de cet extrait, il indique : « Dans chacun des derniers hivers, la gare de Nice n’a pas expédié moins de 70 000 boîtes de fleurs fraîches ». Il précise aussi que Solignac était un fleuriste cannois réputé. Ajoutons encore, pour ceux qui n’auraient pas bien compris, qu’Alphonse Karr, installé à Nice à la fin de sa vie, y avait ouvert un commerce d’expédition de fleurs fraîches, plus lucratif que sa production poétique !

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 14 h 16 min

Jetant leur fantaisie exquise de couleurs
A l’étalage des fleuristes
Elles sont tour à tour ou joyeuses ou tristes,
Les fleurs !

Joyeuses, elles vont porter les mots frôleurs
A l’oreille des biens aimées,
Disant : bonheur, espoir, ivresses enflammées,
Les fleurs !

Tristes, elles s’en vont mourir, vagues pâleurs,
Dans la nuit des tombes glacées,
Disant : désespoirs, deuils, soupirs, âmes blessées,
Les fleurs !

Joyeuses, elles vont, par groupes enjôleurs,
Briller en nos têtes frivoles,
Disant : luxe, plaisir, insouciances folles,
Les fleurs !

Tristes, avec novembre, elles viennent en pleurs,
Dire les chers anniversaires,
Les souvenirs aimés et les regrets sincères
Les fleurs !

Ainsi, s’associant aux gaîtés, aux douleurs,
Selon que le veut notre envie,
Elles sont nos témoins et nos sœurs dans la vie,
Les fleurs !

Colette

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 14 h 07 min

Jardins Ouverts de Belgique / Visitez plus de 200 jardins et parcs privés dans toute la Belgique
Depuis 2002, sous l’égide de l’asbl « Enfants d’un même Père », les membres de « Jardins en Pays de Liège » organisent des visites de jardins privés dans la province de Liège. Chaque année, une vingtaine de jardins ouvrent leurs portes et accueillent plus de 10.000 visiteurs.

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 14 h 00 min

POUR UN HERBIER
L’histoire de l’oeuvre

Ce livre est l’un des ultimes écrits de Colette, rédigé en 1947. Il regroupe vingt-deux textes qui sont autant d’évocations de fleurs. En effet, comme le précise la préface à l’édition Fayard de 1991:
« En 1947, l’éditeur suisse Mermod proposa à Colette de lui envoyer régulièrement un bouquet de fleurs à chaque fois différentes ; Colette, en contrepartie, ferait le « portrait » de l’une ou l’autre de ces fleurs. Le résultat fut un petit recueil qui parut en 1948 sous le titre Pour un herbier à Lausanne chez Mermod, dans la collection ‘‘Le Bouquet’’ ».
Les textes qui composent Pour un herbier seront ainsi « La rose », « Lys », « Monologue du gardénia », « Orchidée », « Mœurs de la glycine », « Tulipe », « Faust », « Fétidité », « Souci », « Bleu » [les fleurs], « Le lackee et le pothos », « Muguet », « Camélia rouge », « Jacinthe cultivée », « Anémone », « Broutilles », « L’adonide chez le concierge », « Jeannettes », « Médicinales », « L’arum pied-de-veau », « Pavot », « Ellébore ». Chaque texte représente environ quatre à six pages selon les éditions.

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 13 h 40 min

Le mimosa est surtout remarquable pour son parfum enivrant, caulerpa !
C’était toujours une fête d’aller en cueillir de gros bouquets à la Croix des Gardes, à Cannes, dans mon enfance, et d’embaumer ainsi toute la maisonnée !
A Paris, je guette son arrivée chez les fleuristes. Cette année, ce fut précoce…

Delaporte dit: 18 janvier 2019 à 13 h 19 min

« On pourrait jouer à « quelle actrice française pour interpréter Colette ? » »

On pourrait demander à Sylvie Testud, qui a déjà composé une Sagan à se tordre de rire…

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 13 h 03 min

ponge la rage de l’expression le mimosa
Chaque branche de mimosa est un perchoir à petits soleils tolérables, à petits enthousiasmes soudains, à joyeuses petites embolies terminales. (Oh ! qu’il est difficile d’approcher de la caractéristique des choses!) Il est réjouissant de voir un être en développement aboutir par un si grand nombre de ses extrémités à de pareils éclatants succès. Comme dans un feu d’artifice réussi les fusées se terminent en éclatements de soleils.
Cela est plus vrai du mimosa que des autres plantes à fleurs, parce que vraiment aucune autre fleur n’est aussi simplement une éclosion comme telle, purement et simplement un déploiement d’étamines au soleil.Chaque branche de mimosa est un perchoir à petits soleils tolérables, à petits enthousiasmes soudains, à joyeuses petites embolies terminales. (Oh ! qu’il est difficile d’approcher de la caractéristique des choses!) Il est réjouissant de voir un être en développement aboutir par un si grand nombre de ses extrémités à de pareils éclatants succès. Comme dans un feu d’artifice réussi les fusées se terminent en éclatements de soleils.
Cela est plus vrai du mimosa que des autres plantes à fleurs, parce que vraiment aucune autre fleur n’est aussi simplement une éclosion comme telle, purement et simplement un déploiement d’étamines au soleil.Chaque branche de mimosa est un perchoir à petits soleils tolérables, à petits enthousiasmes soudains, à joyeuses petites embolies terminales. (Oh ! qu’il est difficile d’approcher de la caractéristique des choses!) Il est réjouissant de voir un être en développement aboutir par un si grand nombre de ses extrémités à de pareils éclatants succès. Comme dans un feu d’artifice réussi les fusées se terminent en éclatements de soleils.
Cela est plus vrai du mimosa que des autres plantes à fleurs, parce que vraiment aucune autre fleur n’est aussi simplement une éclosion comme telle, purement et simplement un déploiement d’étamines au soleil.

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 12 h 55 min

« Claudine à Hollywood » n’était pas prévu au programme, mais pourrait bien rapporter un Oscar à la belle Keira Knightley !?

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 12 h 53 min

Et de mimosa, Soleil vert !
C’est la saison et la maison de ma soeur, sur la colline de Mandelieu et sur la route de Tanneron, en est entouré !

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 12 h 02 min

sido
Hors une corne de terre, hors un bosquet de lauriers-cerises dominés par un junko-biloba – je donnais ses feuilles, en forme de raie, à mes camarades d’école, qui les séchaient entre les pages de l’atlas – tout le chaud jardin se nourrissait d’une lumière jaune, à tremblements rouges et violets mais je ne pourrais dire si ce rouge, ce violet dépendaient, dépendent encore d’un sentimental bonheur ou d’un éblouissement optique. Étés réverbérés par le gravier jaune et chaud, étés traversant le jonc tressé de mes grands chapeaux, étés presque sans nuits… Car j’aimais tant l’aube, déjà, que ma mère me l’accordait en récompense: J’obtenais qu’elle m’éveillât à trois heures et demie, et je m’en allais, un panier vide à chaque bras, vers des terres maraîchères qui se réfugiaient dans le pli étroit de la rivière, vers les fraises, les cassis et les groseilles barbues.

A trois heures et demie, tout dormait dans un bleu originel, humide et confus, et quand je descendais le chemin de sable, le brouillard retenu par mon poids baignait d’abord mes jambes, puis mon petit torse bien fait, atteignait mes lèvres, mes oreilles et mes narines plus sensibles que tout le reste de mon corps… J’allais seule, ce pays mal pensant était sans dangers. C’est sur ce chemin, c’est à cette heure que je prenais conscience de mon prix, d’un état de grâce indicible et de ma connivence avec le premier souffle accouru, le premier oiseau, le soleil encore ovale, déformé par son éclosion…

Ma mère me laissait partir, après m’avoir nommée  » Beauté, Joyau-tout-en-or « ; elle regardait courir et décroître – sur la pente son oeuvre –  » chef-d’ceuvre « , disait-elle. J’étais peut-être jolie ; ma mère et mes portraits de ce temp-là ne sont pas toujours d’accord… Je l’étais à cause de mon âge et du lever du jour, à cause des yeux bleus assombris par la verdure, des cheveux blonds qui ne seraient lissés qu’à mon retour, et de ma supériorité d’enfant éveillée sur les autres enfants endormis.

Je revenais à la cloche de la première messe. Mais pas avant d’avoir mangé mon saoul, pas avant d’avoir dans les bois, décrit un grand circuit de chien qui chasse seul, et goûté l’eau de deux sources perdues, que je révérais L’une se haussait hors de la terre par une convulsion cristalline, une sorte de sanglot, et traçait elle-même son lit sableux. Elle se décourageait aussitôt née et replongeait sous la terre. L’autre source, presque invisible,, froissait l’herbe comme un serpent, s’étalait secrète .au centre d’un pré où des narcisses, fleuris en rende, attestaient seuls sa présence. La première avait goût de feuille de chêne, la seconde de fer et de tige de jacinthe… Rien qu’à parler d’elles je souhaite que leur saveur m’emplisse la bouche au moment de tout finir, et que j’emporte, avec moi, cette gorgée imaginaire…

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 11 h 44 min

COLETTE

L’adieu en grappes

Entre 1925 et 1939, Colette (1873-1954) passait tous ses étés à La Treille Muscate, sa villa rose de Saint-Tropez, bien avant que la station balnéaire ne devînt à la mode. Là, elle y disposait d’un vaste jardin plein de fleurs, de fruits, de légumes et de… bêtes. Un véritable paradis, parfumé par le jasmin, la lavande ou la glycine, ombragé de pins, de mimosas, de tilleuls, d’eucalyptus et prolongé vers la mer par les rangées de ceps de vigne : le muscat, qui a donné son nom à la propriété qui était baptisée à l’origine Tamaris-les-Pins. Dans Belles Saisons, écrit après la guerre, période durant laquelle elle restera pratiquement recluse dans son appartement du Palais-Royal à Paris, Colette évoque longuement les rituels de ces étés tropéziens, qui commençaient en juin, avec la descente en voiture par la Nationale 7 et l’arrivée dans le sud-est sous le chant des cigales, et s’achevait en septembre, juste après les vendanges. Enivrantes ou pas, dur, dur, la fin des grandes vacances !

« Un tam-tam de guerre divulgue, à grands coups sourds, sur quatre ou cinq notes, que l’heure est venue de vendanger en Provence. Quand le verjus dans « leur Nord » pend encore opaque sur le cep, ici le picardan ovale, bleu, finement sucré, l’alicante lourd et doré, le muscat à peau épaisse, l’olivette longue, la clairette ronde couvrent nos tables.
« Ils sont là-haut à la Belle-Isnarde… Ils sont sur Borély… Ils descendent mercredi aux Cannebiers… » On parle d’eux, les vendangeurs, comme d’une horde envahisseuse. Mais l’embauche est petite, cet été, quoique le raisin abonde ; de vignoble à vignoble on se donne la main, par équipes bénévoles. Que fera-t-on du vin, de tant de vin, de si bon vin ? Que paiera la « copé » ? Pas plus de quarante, quarante-cinq francs, au lieu de quatre-vingts… Ces graves soucis ne sont pas les miens, mais ils m’entourent. Tout ce qui mûrit sur mon lé de vigne se boit sans effort d’un an sur l’autre. Le sable salé et le soleil, en lui faisant la vie dure, ont formé, au produit d’une vigne trop vieille, un curieux caractère. Chaque fois qu’un cep meurt, je le remplace par un mimosa, méritant ainsi, sans l’avoir méritée, l’approbation d’une politique de crise vinicole…
Mévente, malaise… Le voisin qui foule mes grappes ne me l’a pas envoyé dire : « Ne comptez guère que je vous loge, votre vin, cette fois. Il vous faut le trouver, le tonneau ! » Ainsi il m’a fait comprendre qu’il garderait, follement, son vin nouveau et l’espoir de le vendre, qu’il ne mêlerait pas son « rosé », couleur de rubis balais, bouqueté et franc, au fleuve anonyme qui se déverse dans les citernes de la « copé ».
Depuis trois semaines la mer berce une fange de tonneaux vides, que rince le flot-court. Le beau son caverneux qu’ils rendent sous les maillets nous éveille tôt, retentit encore la nuit tombée, annonce la fin d’un l’été que de loin Paris nous mesure. Ces quelques semaines heureuses, rapides, la bénignité des jours, la brièveté des fraîches nuits, cela a donc suffi pour porter à mon passif un an de plus ? Mon Dieu, j’y consens, mais il est un peu amer de laisser ici le port et sa paix recouvrée, tout ce qui se défait et recommence… Un printemps de septembre refleurit la capucine pimpante, la rose, l’infatigable pourpier aux cinq couleurs, les petits pétunias sarmenteux. Sauf que l’argent détrône l’or dans la lumière matinale, septembre ne vaut-il pas juin ? »
(« Belles Saisons », éditions Flammarion)

Clopine dit: 18 janvier 2019 à 11 h 40 min

Oui Jazzy, et on pourrait parler delà période music hall de Colette, de son sein dénudé, de sa profonde empathie pour les « petites femmes ». Mais surtout de la simplicité stylistique qui lui allait à mervey

caulerpa dit: 18 janvier 2019 à 11 h 35 min

proust a Colette
Mai 1919,
Madame,

J’ai un peu pleuré ce soir, pour la première fois depuis longtemps, et pourtant depuis q[uel]q[ue] temps je suis accablé de chagrins, de souffrances et d’ennuis. Mais si j’ai pleuré, ce n’est pas de tout cela, c’est en lisant la lettre de Mitsou. Les deux lettres finales, c’est le chef-d’œuvre du livre (j’entends de Mitsou car je n’ai pas encore lu En Camarades, j’ai de très mauvais yeux, je ne lis pas vite). Peut-être s’il fallait absolument pour vous montrer que je suis sincère dans mes éloges, vous dire que je ne me permettrais pas d’appeler une critique, appliquée à un Maître tel que vous, je trouverais que cette lettre de Mitsou si belle, est aussi un peu trop jolie, qu’il y a parmi tant de naturel admirable et profond, un rien de précieux. Certes quant au restaurant (au prodigieux restaurant – auquel je compare avec un peu d’humiliation mes inférieurs innombrables restaurants des Swann que vous ne connaissez pas encore et qui paraîtront peu à peu) (au restaurant qui me fait aussi penser avec un peu de mélancolie à ce dîner que nous devions faire ensemble et qui, comme rien dans ma vie depuis ce moment-là, et déjà longtemps auparavant — ne s’est réalisé), le lieutenant bleu parle d’un joli vin qui sent le café et la violette, c’est tellement dans le caractère et le langage du lieutenant bleu. (À ce restaurant comme j’aime le sommelier, les dédains rêveurs etc…) Mais pour Mitsou il y a dans sa lettre des choses qui me sembleraient pas trop « jolies » si je n’avais trouvé dès le début (comme vous n’est-ce pas?) que Mitsou est beaucoup plus intelligente que le lieutenant bleu, qu’elle est admirable, que son mauvais goût momentané en matière d’ameublement n’a aucune importance (je voudrais que vous vissiez mes « bronzes », il est vrai que je les ai simplement conservés, non choisis), et que du reste ce progrès miraculeux de son style rapide comme la Grâce, répond exactement au titre: « Comment l’esprit vient aux filles. » (…)

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 11 h 32 min

COLETTE

Tu croqueras la vie à pleine dent

Pour la très sensuelle Colette, le bonheur commence souvent dans l’assiette, où, la succulence d’un plat, enraciné dans son paysage, et accompagné d’un bon vin local, est le plus à même d’enchanter plusieurs de nos sens. Attention au coup de pied !

« Naturellement, vous aimez la Provence. Mais quelle Provence ? Il y en a plusieurs. […] Il y a des morceaux de Provence gras, herbus, baignés de sources, de petites Provences italiennes, même espagnoles ; une Provence – peut-être est-elle ma préférée – maritime, pays de calanques d’un bleu qui n’est point suave mais féroce, de petits ports huileux qu’on ne déchiffre qu’à travers une grille de mâts et de cordage… […]
En forêt du Dom*, il est une auberge… Son renom se fait si vite qu’il n’est pas besoin de la désigner plus clairement. Le lieu est beau, en pleine forêt profonde, et la route romantique tourne à souhait pour l’attaque des diligences… Les soirs d’été, deux, trois tables rudimentaires, égaillées sous les acacias attendent les amateurs de gibier, et les friands du poisson que j’appelle « le poisson au coup de pied ».
Est-ce une recette ? Non. Un accommodement culinaire primitif, vieux comme l’olivier, comme la pêche au trident. Jamais cuisson n’a demandé moins d’apprêts – il n’y faut que la manière.
Ayez seulement… une forêt provençale, tout au moins méridionale. Fournissez-vous-y de bois choisi : bûches cornues d’olivier, fagot de ciste, racines et branches de laurier, rondins de pin pleurant la résine d’or, menue broussaille de térébinthe, d’amandier, n’oubliez pas le sarment de vigne. A même la terre, entre quatre gros éclats de granit, bâtissez, allumez le bûcher. Pendant qu’il flambe, rouge, blanc, cerise, léché d’or et de bleu, il n’y a rien à faire que le regarder. Le ciel vert du crépuscule provençal au-dessus de lui, tourne au bleu de lac.
Les flammes baissent, se couchent ; vous avez sous la main, n’est-ce pas, une ou plusieurs belles pièces de poisson méditerranéen, tout vidé ? Vous avez acquis à Saint-Tropez une rascasse monstrueuse, à gueule de dragon, ou vous avez apporté de Toulon les malins mulets à dos noirs, et vous n’avez pas omis, vidant ceux-ci ou celle-là, de glisser, tout le long de leur ventre creux, un fuseau de lard ? Bon. Apprêtez votre balai, j’appelle ainsi ce bouquet odorant de laurier, de menthe, de pebredaï**, de thym, de romarin, de sauge, que vous avez noué avant d’allumer votre feu. Apprêtez donc le balai, c’est-à-dire qu’il trempe dans un pot empli de la meilleure huile d’olive mêlée de vinaigre de vin – ici nous n’admettons que le vinaigre rose et doux. L’ail – vous pensiez naïvement qu’on pouvait se passer de lui ? – pilé, jusqu’à consistance de crème, rehausse le mélange comme il convient. Du sel, du poivre, assez.
Attention. Votre feu n’est plus que braise bientôt. Un lit épais de braise qui chante bas, des tisons qui flambent encore un peu ; une fumée translucide, légère, porte à vos narines l’âme consumée de la forêt… C’est le moment de donner le magistral coup de pied qui envoie, au loin, bûches, brandons et fumerolles, qui découvre et nivelle le charbon ardent d’un rose égal, met à nu le cœur pur du feu sur lequel halète un petit spectre igné, bleuâtre, plus brûlant encore que lui. […]
Le « poisson au coup de pied » saute de son vieux gril dans votre assiette. Vous verrez qu’il est roide, vêtu d’une peau qui craque, s’exfolie et bâille sur une chair blanche, ferme, dont la saveur se souvient de la mer et des baumes sylvestres. La nuit résineuse descend, une lampe faible, sur la table, dénonce la couleur de grenat de vin qui emplit votre verre… Marquez, d’une libation reconnaissante, cet instant heureux. »
(« La Treille muscate » in « Prisons et paradis », Bibliothèque de la Pléiade, Œuvres III, éditions Gallimard, 1991)

* La forêt domaniale du Dom s’étend sur les pentes du massif des Maures.
** La sarriette.

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 11 h 16 min

COLETTE

Rustique aisance

Avec la série des Claudine, écrite sous la houlette de son mentor de mari Willy, dont la seule signature apparaitra longtemps sur la couverture, Colette (1873-1954) fit une entrée remarquée en littérature, où elle occupa une place singulière durant plus d’un demi siècle. Après Claudine à l’école, publié en 1900, Colette, dans Claudine à Paris, prête à nouveau ses propres souvenirs de petite bourguignonne délurée à son héroïne, que nous retrouvons, à dix-sept ans, transportée brutalement dans la capitale, sur un coup de tête de son fantaisiste de père. Arrivée en plein hiver, la sauvageonne de Saint-Sauveur-en-Puisaye (Montigny-en-Fresnois, dans le roman), subit un tel choc, qu’elle dut rester alitée jusqu’au printemps. Avec la belle saison revenue, elle retrouva un peu de force et découvrit enfin les rues, les jardins et les grands magasins parisiens. Elle fit alors la connaissance de son petit cousin Marcel, un garçon de son âge, beau comme un cœur, mais passablement maniéré. Celui-ci se montre particulièrement intéressé par les histoires d’amours saphiques que lui raconte sa pittoresque cousine. Notons qu’à l’époque, Colette, déjà lancée dans le « beau monde », où Willy l’a introduite, avait rencontré Marcel Proust, et que Claudine préfigure Albertine ! Car, par sa liberté de ton, les Claudine, présentés sous la forme d’un journal intime de jeune fille pas vraiment rangée, ne sont en rien destinés à garnir les rayons de la bibliothèque rose. Mais plutôt ceux, plus grivois, de la littérature érotique du bon bourgeois gaulois de la Belle époque, volontiers paillard. Ainsi qu’en témoigne cet extrait, où, malgré sa joie de vivre retrouvée, notre héroïne est toujours la proie, à l’occasion d’une « madeleine » quelconque, d’un redoutable mal du pays. Amateur de senteurs délicatement bucoliques s’abstenir !

« Ma gaieté n’a pas duré. J’ai eu une brusque rechute de nostalgie fresnoise et scolaire. Et pourquoi ? A cause de Bérillon ; à cause de ce crétin de Bérillon, de cet idiot de Bérillon. J’ai épousseté, dans mon petit bureau, mes livres rapportés de l’école, et j’ai ouvert machinalement La Bonne Ménagère agricole, simples notions d’économie rurale et domestique à l’usage des écoles de jeunes filles, par Louis-Eugène Bérillon*. Cet ineffable petit bouquin était, pour toutes les grandes de l’école, une source de joies pures (y en avait déjà pas tant, des joies pures) et nous en redisions des passages à voix haute, la grande Anaïs et moi, sans nous lasser. Les jours de pluie, sous le préau neuf de la cour carrée, alors qu’on ne pouvait jouer ni au pot ni à la grue, nous nous poussions des colles sur La Bonne Ménagère.
« Anaïs, parlez-moi de La Bonne Ménagère agricole et de son ingéniosité en matière de vidanges. »
Le petit doigt en l’air, sa bouche plate serrée en une moue d’extraordinaire distinction, Anaïs récitait avec un sérieux qui me faisait mourir de rire :
«La bonne ménagère a amené son mari à lui construire, où elle a construit elle-même, au nord du jardin, dans un coin retiré, au moyen de quelques perches, de quelques planches et de quelques poignées de glui** ou de genêt – une sorte de cabane qui sert de lieu d’aisances » (C’est comme j’ai l’honneur de vous le dire…) « Cette cabane littéralement cachée sous le feuillage et les fleurs de plantes grimpantes et d’arbustes sarmenteux, ressemble moins à des latrines qu’à un joli berceau de verdure. »
– Charmant ! Quelle poésie de conception et de style, et que ne puis-je
égarer mes pas rêveurs vers cette tonnelle fleurie, embaumée, et m’y asseoir une minute… Mais, passons au côté pratique. Anaïs, continuez, je vous prie.
– « Comme les déjections de cinq ou six personnes, pendant un an, sont
bien suffisantes pour fumer un hectare de terrain, et que rien en matière…
Chut, chut, n’appuyez pas !
… « en matière d’engrais, ne doit être perdu, la fosse d’aisance est, ou
un trou creusé en terre et recouvert de glaise battue, ou une sorte de vase profond en terre cuite, ou tout simplement un vieux tonneau hors de service. »
Adieu, tonneau, vidanges sont faites ! Ma chère enfant, c’est parfait. Je
ne vous apprendrai rien en vous disant qu’il sied de mélanger intimement l’engrais humain avec deux fois son volume de terre, et que cinq kilos suffisent pour fumer un are, et pour en empoisonner deux cents. En récompense de votre assiduité, je vous autorise à embrasser cinq fois le docteur Dutertre, délégué cantonal.
Tu blagues ! murmurait Anaïs rêveuse, mais s’il ne fallait que ton
autorisation… »
Ô Bérillon, que tu as amusé ces sales petites filles, dont j’étais ! »  
(« Claudine à Paris » Œuvres I, Bibliothèque de la pléiade, éditions Gallimard, 1984)

*Colette cite littéralement un guide en usage à l’époque, auquel les tenants actuels de la culture bio pourraient utilement se référer !
**Paille dont on fait des liens pour attacher les gerbes ou couvrir les toits de chaume.

jazzi dit: 18 janvier 2019 à 11 h 09 min

Le film ne traite que la période 1897-1906. La jeunesse de Colette seulement. Un autre film serait à faire sur sa vieillesse, sous le signe du « Blé en herbe », mis en pratique dans la réalité, et tout aussi « scandaleuse »…
Colette, c’est tout un style !

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